L’irradiation est une technologie. Un outil pour certaines taches. Rien de plus.

Mais pourquoi est-il impossible de savoir si nos produits de cannabis préférés à la SQDC sont irradiés?

Pourquoi le logo de l’irradiation, le radura, est-il absent des étiquettes de tous les produits vendus au Canada?

On tente de faire le tour de la situation en explorant les alternatives disponibles et en faisant une petite enquête!

L’irradiation n’est ni un remède ni une garantie.

Bonne écoute!

 

Liens de l’épisode

Research looks at effects of irradiation on cannabis

Quelles variétés de cannabis de la SQDC préférez-vous?

Cannabis Irradiation: Canada’s Hot Topic

THE SCIENCE OF IRRADIATION

The effect of cannabis dry flower irradiation on the level of cannabinoids, terpenes and anti-cancer properties of the extracts

Irradiation des aliments

Ce qu’il faut savoir sur l’irradiation du cannabis

Plasma treatment as an alternative to cannabis irradiation

Effects of cold plasma, gamma and e-beam irradiations on reduction of fungal colony forming unit levels in medical cannabis inflorescences

Effects of cold plasma, gamma and e-beam irradiations on reduction of fungal colony forming unit levels in medical cannabis inflorescences

Maladies d’origine alimentaire

Comparison between eb, gamma, and x-rays facilities for radiation processing

Innodal

DES PROCÉDURES À GÉOMÉTRIE VARIABLE

OGM Québec

Cell phone popping popcorn!

Transcription de l'épisode 97

#97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot…  votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous ! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ?

Aujourd’hui on discute des produits irradiés qui sont vendus à la SQDC. 

Existe-t-il un problème de cannabis irradié de la SQDC?

Et si oui, de quelle nature?

Quoi, vous ne saviez pas que les producteurs autorisés utilisent l’irradiation? 

C’est un peu normal que vous ne le sachiez pas…

On va y revenir.

Alors ensemble pour tenter de comprendre la situation, on va faire le tour de ce questionnement.

Pourquoi les producteurs autorisés utilisent-ils l’irradiation?

Quels sont les avantages pour eux? Et pour vous, il y en a des avantages?

Quelle est la position de la SQDC dans ce débat?

Etc.?

Alors, par où commencer? 

Peut-être par le traitement journalistique initial au Québec. 

La première fois que les Québécois et les Québécoises peuvent lire un texte qui évoque l’irradiation du cannabis, c’est le 4 janvier 2019 dans un article d’Annabelle Blais du Journal de Montréal. Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode. 

À l’époque il y avait seulement 47 variétés de fleurs à la SQDC et déjà l’irradiation était au coeur de la discussion sur la qualité des produits. Mme Blais sollicite dans son article l’avis de José Martinez qui dit et là je cite l’article texto:

«Ça tue les bactéries, mais attaque aussi l’intégrité des terpènes», déplore José Dominguez, qui est un maître cultivateur.

Quelques jours plus tard, le concurrent La Presse donne la parole à un américain qui affirme que l’irradiation n’est pas une bonne idée. Donc, on positionne d’emblée l’irradiation au centre de la discussion sur les qualités organoleptiques du cannabis. Dans un ouvrage intitulé Le Petit Livre vert du cannabis publié en 2018, les journalistes de La Presse  et auteurs du livre Tristan Péloquin et Philippe Mercure évitent le sujet. C’est très surprenant. Je vais y revenir plus tard pour expliquer autre chose.

Et si on commence par simplement comprendre, c’est quoi l’irradiation?

 

Hein, pourquoi ne pas essayer de comprendre précisément ce qu’est l’irradiation? 

Pour ne pas faire compliqué, on commence avec les explications de la SQDC

L’irradiation, peut-on lire sur son site, est le procédé par lequel on expose un produit à des rayons (généralement gamma ou rayon X), dans le but d’éliminer les bactéries, de prévenir la contamination et la moisissure et ainsi, de prolonger le temps de conservation.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Qu’est-ce que je disais?

Ah oui, c’est quoi l’irradiation?

Vous avez un four microonde?

Pas moi. J’ai une bouilloire. 

Et je fais mon popcorn à l’air chaud ou dans un chaudron familial qui a  au moins 80 ans…

Donc le four microonde est inventé en 1947 par un chercheur américain. Le gars travaillait sur des technologies de radar quand il s’aperçoit que tout fond autour de lui. Après plusieurs développements technologiques, en 2022, le four microonde a perdu en popularité sauf dans la restauration ou il est toujours très utilisé. De plus en plus en fait. Ma belle m’a raconté que lors de son dernier voyage en France, elle a vu une petite affiche dans la fenêtre d’un restaurant qui disait Cuisine faite maison

Que ce soit dans votre microonde ou dans un centre de traitement du cannabis, un rayonnement, c’est de l’énergie sous forme d’ondes invisibles.  Il existe plusieurs types d’irradiation. On va y revenir. 

Mais il est important et utile de contextualiser la dangerosité du cannabis en la comparant aux intoxications alimentaires avant d’aller plus loin.

Santé Canada explique que les maladies d’origine alimentaire, les empoisonnement ou intoxication alimentaire surviennent lorsqu’une personne tombe malade à la suite de l’ingestion de nourriture contaminée par un microorganisme nuisible, qu’il s’agissent de bactéries, de parasites ou de virus. 

Pensez à ce que représente le danger de manger… 

Quand avez-vous été malade la dernière fois après avoir mangé un plat transformé ou une salade? Et bien, c’est 4 millions de personnes qui chaque année vont être victimes d’une intoxication alimentaire. 4 millions. Juste pour le Canada.

Hey merci MJ!

Cela représente 240 morts par an.

11 500 hospitalisations.

Combien de rappels alimentaires? Entre 60 et 80…

Voici quelques chiffres:

Juste pour nous donner une perspective, l’irradiation commence en 1958 aux États-Unis.

L’industrie du cannabis, comme toutes les autres industries canadiennes ont des obligations et un devoir de protection. Mais ses dangers intrinsèques sont toujours évoqué de façon spectaculaire. Une simple comparaison avec l’industrie de la transformation alimentaire permet de relativiser cette vision apocalyptique.

Revenons à l’irradiation. Dans un contexte plus large, cette technique et ses variations ont beaucoup d’autres usages. L’irradiation sert à stériliser les instruments médicaux ou à zapper certains cancers. Dans l’industrie alimentaire, l’irradiation est vraiment employée à toutes les sauces pour réduire les risques de contamination tout en augmentant la durée de vie des produits. 

La SQDC affirme ensuite que et la, je cite texto, Contrairement à la croyance populaire, la pratique d’une irradiation réglementée ne dégrade pas la qualité du cannabis. Elle réduit plutôt les risques de contamination, pour les produits et pour les consommateurs. 

L’humidité de la fleur ne serait pas modifiée par l’irradiation, mais réduirait un peu la présence de certains terpènes. Comme tout le monde, la SQDC cite l’étude de Arno Hazekamp réalisé en 2016. Au final, ce sont les exigences de Santé Canada qui dirigent les actions des producteurs autorisés afin de satisfaire à ces dernières. Donc certains PA irradient tous ce qu’ils produisent. D’autres se contentent de faire traiter uniquement certaines récoltes problématiques. Enfin, certains grâce à leur méthode de production efficace n’ont pas besoin d’irradier leur production. 

Parce que le mot irradiation fait penser à l’énergie atomique, la SQDC consacre un petit chapitre à l’absence de dangerosité du processus pour les humains, quelque soit sa consommation de cannabis. Elle conclut en affirmant ce qui suit:

Les producteurs de cannabis utilisent l’irradiation pour les mêmes raisons que les producteurs agroalimentaires : pour détruire les bactéries, les moisissures et les levures potentielles, et pour lutter contre une éventuelle infestation de parasites. Pour les producteurs, cette méthode constitue le moyen le plus efficace de respecter la réglementation stricte de Santé Canada en matière de sécurité des produits.

Pour en savoir davantage au sujet de l’utilisation de l’irradiation sur les produits que vous consommez, vous pouvez communiquer avec nos fournisseurs accrédités.

L’irradiation ne sert pas que dans le domaine de l’alimentation ou dans le cannabis.

L’irradiation, c’est aussi la stérilisation des objets. Pensez à un scalpel…ou à une sonde.

Il y a quelques années, une enquête journaliste a révéler que certaines sondes qui devaient servir une seule fois étaient systématiquement réutilisées… après irradiation évidemment.

L’irradiation sert dans de nombreux traitements contre le cancer.

Il y a aussi des applications industrielles. Dans l’industrie de la joaillerie, on utilise l’irradiation pour transformer la couleur de certaines pierres précieuses comme la topaze. Je ne savais pas…

En passant, votre téléphone aussi émet des radiations… Mais pas assez forte pour souffler votre, mais, c’est sur.  

Ohohohohoh. Je retire ce que je viens de dire. Par curiosité, je me suis dit, est-ce possible de faire éclater du maïs avec plusieurs téléphones? La réponse est oui. Avec un seul téléphone? Oui aussi. Les curieuses vont trouver un vidéo dans les notes…

OK.

En 2022, quels sont les produits alimentaires qui peuvent être légalement irradiés? 

Le site de Santé Canada précise que seuls les pommes de terre, les ognons, le blé, la farine, la farine de blé entier, les épices entières et moulues ainsi que les assaisonnements déshydratés. Le cannabis ne fait pas partie de cette liste.

Mais l’irradiation n’est pas obligatoire et  reste un choix du producteur alimentaire. Est-ce que tous les cas d’intoxications sont causés par des produits irradiés, non irradiés ou mal irradiés? Impossible de savoir. Pour moi en tout cas.

Là où ça devient intéressant, c’est que les produits irradiés doivent être signalés par le symbole international de l’irradiation. Mais ce n’est pas tout…l’étiquette doit mentionner le produit irradié. Si l’ingrédient irradié constitue plus de 10% du produit final, il sera mentionné comme irradié sur l’étiquette. Par exemple, imaginons un produit qui contient 10 ingrédients irradiés. Parmi ces 10 ingrédients, un seul fait moins de 10% du produit final. Alors l’étiquette devra mentionner les neuf autres comme étant irradiés en plus d’afficher le radura…

Le radura est le nom officiel du logo qui signale l’irradiation.

En soi, l’irradiation n’est pas une garantie. Il s’agit d’une mesure de réduction des risques. Si votre pot a un mauvais gout avant l’irradiation, il aura un mauvais gout après l’irradiation. Et ainsi de suite.

Dans la vraie vie, on ne peut pas zapper n’importe quoi, n’importe comment. 

Au Canada, c’est l’Agence canadienne d’inspection des aliments, l’ACIA, qui gère l’application des règles qui soutiennent la Loi sur les aliments et drogues.

C’est le Règlement sur les aliments et drogues qui s’occupe de toute la poutine comme les types et sources de rayonnement approuvés et le protocole du traitement. 

Quoi?  

Il y a plusieurs sortes d’irradiations? 

Et oui… 

Et les producteurs autorisés ont leurs préférences. Au Canada, il y a 3 sources de radiation approuvées pour dans le domaine alimentaire. Les faisceaux d’électrons, les rayons X et les rayons gamma…

Les rayons gamma proviennent du Cobalt 60 ou du Césium 137. Ils sont utilisés couramment pour stériliser les produits médicaux, dentaires et ménagers et sont également utilisés pour le traitement du cancer par rayonnement.

Les rayons X que tout le monde connait sont une réflexion d’un flux d’électrons, une sorte de rayonnement électromagnétique comme la lumière, mais avec une longueur d’onde plus petite qui lui permet de traverser la matière.

Finalement le faisceau d’électrons ou e-beam qui est similaire aux rayons X. 

 Mais les 3 technologies offrent des avantages et des inconvénients discutent. 

Donc dans un monde parfait, chaque facilité devrait offrir les 3 solutions pour faire face à chaque type d’usage. J’ai trouvé une étude qui date de 2020 qui démontrerait que les faisceaux d’électrons seraient la meilleure solution pour le cannabis car elle couterait moins cher et serait plus facile à utiliser que les rayons gamma… En fait, chaque source à ses particularités physiques. Les faisceaux d’électrons sont unidirectionnels et fonctionnent bien une boite à la fois sur un système de convoyage simple. Les rayons X peuvent traiter plusieurs objets sur un système de convoyage élargi, mais le traitement est plus lent qu’avec les faisceaux d’électrons. Finalement, les rayons gamma émettent dans toutes les directions. Cela permet d’utiliser une dose plus faible pour traiter plusieurs objets, boites ou contenants sur des systèmes de convoyages complexes.  J’ai trouvé un document fascinant d’une centaine de pages qui fait le tour de la question. Son titre est Comparaison entre les installations de traitement des rayonnements Eb, gamma et rayons X. Il y a un lien dans les notes de l’épisode.

Toute l’industrie du cannabis utilise une recherche, la même que celle mise de l’avant par la SQDC, pour prouver que l’irradiation est une bonne solution pour le cannabis.  

Il s’agit d’un papier d’Arno Hazekamp.  Hazekamp, né en 1976, est un néerlandais qui s’est créé une belle réputation en travaillant avec la société Bedrocan en Hollande. Il a déjà 61 publications derrière la cravate. Une licence en biologie moléculaire, une  maitrise en sciences biopharmaceutiques et une thèse publiée en  2007 sur l’utilisation médicale du pot. En 2016 Hazekamp décide de s’intéresser aux effets de l’irradiation du cannabis avec les rayons gamma. Ses conclusions sont claires: 

1. L’irradiation n’affecte pas la qualité des fleurs de cannabis.

2. L’irradiation ne rend pas le cannabis plus sec.

3. Les terpènes souffrent de l’irradiation, mais leurs profils restent facilement identifiables.

Cette recherche confirme des résultats similaires obtenus avec de la coriandre quelques années plus tôt. Avec le pragmatisme des Bataves, Hazekamp affirme que cette perte de terpènes causée par l’irradiation correspond à une perte similaire quand on laisse une fleur de cannabis sur le comptoir de sa cuisine pendant une semaine. Si vous procédez à la décarboxylation de votre stock avant de le fumer, il y a de fortes chances que vous avez fait disparaitre des terpènes. 

La bonne nouvelle ? 

Si l’irradiation détruit certains terpènes, aucun nouveau composé n’est formé donc aucune dégradation qui produirait des nouveaux composée. On peut parler d’une simple évaporation des terpènes.

J’ai déjà écouté Hazekamp discuter de cannabis… Il est brillant. Mais, mais , mais, rappelons que Hazekamp travaille pour Bedrocan, le géant du cannabis médical qui utilise largement l’irradiation. Je ne dis pas que le chercheur est de mauvaise foi. Je dis qu’il ne nomme aucun conflit d’intérêts dans sa recherche, ce qui est discutable en soi. Pas la personne. Le contexte.

Comme toute l’argumentation de la SQDC ou de l’industrie repose sur cette recherche unique, je vais mettre sur pause pendant quelques secondes pour prendre un peu de recul…

Le Canada a légalisé le cannabis en se basant sur de multiples études. En même temps, la France se sent obligée, malgré les tonnes de recherches publiées, la France donc se sent obligée de procéder à ses propres recherches. Et hop on part pour une expérimentation de trois ans afin de  vérifier que les Canadiens ne se sont pas trompés. Chaque pays semble vouloir faire ses propres recherches malgré tout ce que l’on sait déjà. C’est bien. 

Le Québec fait la même chose avec le gouvernement actuel qui va financer des recherches pour démontrer la dangerosité du cannabis. J’en ai parlé dans l’épisode #78 intitulé Balade dans la tête du législateur. Voici ce que je disais:

Le but ultime du programme de recherche proposé est clair: il vise à améliorer les connaissances sur la consommation de cannabis à des fins non médicales dans une perspective de prévention et de réduction des méfaits.

On ne tente absolument de comprendre les bienfaits du cannabis. Ici, le gouvernement ne s’intéresse qu’à la dangerosité du cannabis. Aucunement à ses  bienfaits. C’est la vie, c’est comme ça. 

OK. Ça prend beaucoup de recherches pour prouver ce que tout le monde sait. Ça prend beaucoup, beaucoup, beaucoup de recherches dans beaucoup, beaucoup, beaucoup de pays.

Mais ici,  on a une étude, une seule étude, publiée par un scientifique qui utilise commercialement la solution qui est le sujet de son étude. 

Précaution oratoire. J’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de respect pour Bedrocan qui s’est retiré du marché canadien qu’il trouvait trop tout croche et pour Hazekamp, un vrai phare dans son genre. 

Mais d’un côté, il faut faire des recherches pendant des années, les mêmes recherches d’ailleurs, mais ici, comme ça, par hasard, une seule étude doit suffire pour faire taire ceux et celles qui ont des doutes. L’étude est publiée en 2016. Pourquoi personne ne s’intéresse aux autres recherches sur le même sujet? Je vous donne un exemple, un seul exemple. Une recherche de 2020. Une recherche menée avec une licence de Santé Canada. Une recherche sans accroc éthique. Le titre original The effect of cannabis dry flower irradiation on the level of cannabinoids, terpenes and anti-cancer properties of the extracts.

Ma traduction: L’effet de l’irradiation de la fleur sèche de cannabis sur le niveau des cannabinoïdes, des terpènes et des propriétés anticancéreuses des extraits.

Les chercheurs ont testé 4 variétés de cannabis. Après irradiation, les cannabinoïdes et les terpènes ont été testés.

L’irradiation des fleurs a entrainé une augmentation du niveau de cannabinoïdes. 

On a également constaté une augmentation de la teneur en terpènes chez certains cultivars. 

Si on arrête là, on peut de dire, mais c’est merveilleux l’irradiation si elle permet une augmentation du niveau de THC… MAIS, MAIS, MAIS… La recherche démontre que l’irradiation des fleurs a modifié les propriétés anticancéreuses de trois des quatre extraits testés.

Et là je vais citer texto une partie de la conclusion de l’étude: 

L’analyse de l’effet antiprolifératif des extraits sur plusieurs cellules cancéreuses a également révélé des changements dépendant du cultivar. Cela peut potentiellement poser un problème si les propriétés médicinales de cultivars spécifiques ont été étudiées avant l’irradiation et que le produit effectivement utilisé pour traiter les patients a été fabriqué à partir de tissus irradiés. Notre recherche met en évidence ce problème potentiel qui peut être évité en étudiant les propriétés médicinales d’un cultivar de cannabis donné après l’irradiation des fleurs. 

Vous réalisez l’importance de la conclusion? L’irradiation détruit les propriétés anticancérigènes des fleurs irradiées… C’est immense. C’est très perturbant comme résultat de recherche. Une étude, je le répète, effectuée avec une licence de recherche octroyée par Santé Canada. 

J’en entends dans le fond du café qui se moque en disant: OUINN Luc, c’est juste une recherche. Une seule recherche… 

Voyez la situation dans laquelle on se retrouve?

D’un côté, les autorités justifient l’irradiation sur la base d’une seule recherche. Une bonne recherche. Une belle recherche. Avec Bedrocan et Hazekamp, une gang de génie. Une gang de génie qui utilise l’irradiation pour survivre commercialement.

De l’autre côté, une recherche canadienne qui prouve que l’irradiation nuit à certaines propriétés médicales du cannabis. Mais ce n’est pas tout. Imaginons qu’on producteur québécois réussisse à produire une fleur qui flirte avec la limite de 30% de THC. Et bien, si ce PA fait irradier ses fleurs, il pourrait théoriquement se retrouve avec du stock qui serait au-delà de la limite permise et pourrait être obligé de reprendre sa production qui serait refusée par la SQDC… 

Alors on fait quoi quand plus de 80% des producteurs autorisés canadiens font irradier leur production?

Une étude de 2016 dit que l’irradiation, c’est du bonbon et une autre de 2020 qui dit que l’irradiation détruit certaines propriétés du cannabis… On fait quoi? 

La première question qui me vient à l’esprit? Quelles sont les alternatives?

Oui, il y a des alternatives… Les traitements au plasma par exemple.

Les supporteurs de cette technologie affirment que l’irradiation pour tuer le méchant dans les cocottes de pot, c’est comme utiliser un bazooka pour tuer une mouche. Pourquoi traiter tout le matériel biologique quand la contamination n’existe qu’à la surface des fleurs? Pourquoi irradier quand on sait que certains pays européens interdisent cette pratique? 

Ici l’idée est stérilisée sans irradier. Et c’est possible avec le plasma.

  • En biologie, le plasma est une Partie liquide du sang au sein de laquelle les cellules sanguines sont en suspension. En physique, le plasma est un état de la matière portée à très haute température, composé de molécules gazeuses, d’ions et d’électrons. Ainsi un gaz peut être transformé en plasma.
  • Il y a aussi du plasma dans le vaisseau Entreprise de la série Star trek. 
  • Ma belle et moi on s’amuse souvent à reprendre la séquence d’un épisode ou le capitaine crie PLASMA VENTING après avec été frappé par une torpille quantique. Le capitaine Picard si ma mémoire est bonne…
  • Un traitement au plasma ne pénètre pas profondément le cannabis. Il agit uniquement en surface pour tuer  les bactéries  et microbes sans toucher le reste de la fleur. Si la technologie est complexe, son utilisation ne nécessite pas un doctorat… C’est aussi simple que de mettre une pizza au four. Ou comme faire chauffer de l’eau dans un four microonde/.
  • Tu ouvres la porte, tu places ton stock et tu choisis le programme et hop tu attends la sonnerie. Comme sur tous les nouveaux fours, tu peux choisir un programme qui autonettoie l’appareil après un traitement pour éviter de contaminer la fournée suivante. 
  • Voilà une alternative intéressante. Il y en a d’autres.
  • J’ai découvert une société québécoise qui s’appelle Innodal. Innodal offre une nouvelle gamme de solutions antimicrobiennes. J’ai écouté un court vidéo sur YouTube et j’ai décidé d’appeler la compagnie pour en savoir plus. Vous auriez dû me voir au téléphone quand j’ai reconnu la voix du gars qui faisait la démonstration dans le vidéo. C’était Laurent Daillaire, le grand boss, qui a répondu… On a eu une longue discussion et il m’a dit qu’Innodal avait pensé explorer les problématiques spécifiques à l’industrie du cannabis. La solution qu’il propose utilise des peptides qui ne produisent aucune modification de la composition de l’aliment ou de ses propriétés organoleptiques. C’est aussi une solution facile à installer et à utiliser qui permet un

dosage précis dans un environnement de Grade alimentaire.  Une telle solution pourrait facilement être installée chez le producteur autorisé, ce qui évite des frais de transport et de manutention, entre autres. 

Ça, c’est une solution québécoise.

  •  

Si on veut intervenir encore plus en amont, on peut regarder ce que fait un producteur autorisé comme Flowr qui a décidé d’offrir un produit sans irradiation pour se différencier de la compétition en développant des systèmes de culture intégrés dans des environnements hypercontrôlés pour faire pousser des cultivars de qualité supérieure.  Évidemment, ils ne sont pas les seuls à être capables de produire de fleurs non irradiées. Il y a aussi des producteurs québécois qui réussissent le même exploit. Juste Feu est un bel exemple chez les maitres cultivateurs. Il y a peut-être des PA avec une licence standard qui procèdent de façon similaire. Si vous en connaissez, faites-moi signe. 

En 2020, une fleur non irradiée peut être un différenciateur important. Malheureusement, il est impossible de savoir si un produit est irradié quand on achète à la SQDC… Pourquoi? C’est là que la situation devient intéressante.

J’ai écrit à la SQDC pour bien comprendre la situation. Dans mon courriel, je mentionne l’obligation pour les produits irradiés d’être clairement identifiés par le sceau, / appelé radura qui porte la mention bilingue Irradié/irradiated…

Dans le même courriel à la SQDC, je rappelle l’article de Tristan Péloquin de La Presse dont j’ai parlé au début de l’épisode

Dans son texte du 22 janvier 2018 intitulé Des procédures à géométrie variable, soit 8 mois avant l’adoption des textes définitifs de la Loi sur le cannabis  M. Péloquin dit ceci:

Bon à savoir : l’emballage doit indiquer que les produits sont irradiés, au moyen d’un logo et d’une mention. Le cannabis irradié devrait donc s’afficher ainsi. 

J’ai donc demandé à M. Fabrice Giguère  de m’expliquer les raisons pour lesquelles ce logo est absent de tous les produits irradiés vendus à la SQDC. 

Dans le fond du café, je viens d’entendre c’est comme ça partout au Canada… Ce n’est pas mieux… 

Avant de partager avec vous les éléments de réponse du porte-parole de la SQDC, je veux simplement préciser que les fleurs de cannabis ont toujours été depuis le début de l’humanité, un produit comestible. Que ceux et celles qui ne se sont jamais fait une tisane d’herbes lèvent la main… 

Pas une main de levé ici…

D’ailleurs je viens de vérifier qu’un produit qui s’appelle Tisane Lavande Camomille de la compagnie Everie est disponible à la SQDC. Il s’agit officiellement d’une infusion selon la description officielle sur le site du pusher d’État. 

Je vous cite maintenant texto la première partie de la réponse de M. Giguère de la SQDC:

Tout d’abord, sachez que le cannabis comme tel n’est pas catégorisé comme un produit comestible. Le cannabis comestible est l’une des grandes familles de produits de cannabis. Ce n’est pas parce que l’on peut théoriquement manger une fleur séchée qu’il s’agit d’un produit de cannabis comestible aux yeux de la loi. Cependant, nous pouvons en faire des produits comestibles qui sont définis comme suit dans le Règlement sur le cannabis de Santé Canada : 

 

« Substance ou mélange de substances qui contient, y compris superficiellement, une chose visée aux articles

1 ou

3 de l’annexe 1 de la Loi et qui est destiné à être consommé de la même manière qu’un aliment. Sont exclus de la présente définition le cannabis séché, le cannabis frais, les plantes de cannabis

et les graines provenant de telles plantes. » 

Fin de la citation.

En retirant les fleurs à fumer de la catégorie des produits comestibles, il devient donc normal que les producteurs autorisés n’aient plus l’obligation d’utiliser le radura et les mentions écrites sur l’étiquette.

M. Giguère me fait ensuite remarquer que l’article de Péloquin précède de plusieurs mois l’adoption du texte final de la Loi sur le cannabis de 2018 et qu’il n’est peut-être plus à jour.

Évidemment, je le savais. 

J’espérais que la SQDC apporterait des informations supplémentaires pour éclairer les changements de dernières minutes adoptés par le législateur canadien. 

Il est possible de consulter les échanges entre les élus au moment des négociations sur les éléments de langage finaux, mais je n’ai pas eu le temps. On peut penser que les lobbyistes du cannabis ont négocié cet aménagement sémantique qui simplifie leur travail au niveau de l’étiquetage. Entre autres.

Nous sommes ici, je crois, dans une guerre classique de l’étiquette. Je vous donne un exemple ridicule, mais très parlant. 

Vous avez déjà utilisé un aérosol d’huile comme PAM? C’est un contenant rempli d’huile végétale et sur l’étiquette, c’est écrit qu’une portion de ce produit, un pussshhhttt à la fois, contient zéro calorie. Le contenant est plein d’huile et le pussshhhttt de base représente zéro calorie. Comment est-ce possible? 

Facile, tu t’arranges pour que la dose de ton produit soit inférieure à la dose minimale reconnue par SC. Tu calibres avec tes ingénieurs le pussshhhttt idéal qui va faire moins que la dose minimale reconnue par Santé Canada. Et hop ton pussshhhttt contient maintenant zéro calorie et les gens qui suivent des régimes aiment ton produit car chaque pussshhhttt contient zéro calorie. Alors 20 pussshhhttt égales 20 fois zéro. Donc on peut en toute sécurité consommer le contenant au complet sans prendre une seule calorie.

La prochaine fois que vous passez dans cette rangée au supermarché, vous pourrez penser à toPot…

Parce qu’il est très professionnel, M. Giguère termine son message en me disant

Si vous désirez avoir plus de détail sur les raisons qui justifient cette règlementation ou pourquoi les fournisseurs prennent la décision de ne pas indiquer que leurs produits sont irradiés sur leur étiquettes, je vous invite à contacter directement Santé Canada ou différents producteurs qui seront mieux placés pour expliquer leurs décisions.  

Je remercie M. Giguère et la SQDC pour leur aide dans mes démarches pour vous expliquer l’absence du radura sur les étiquettes de vos produits préférés.

J’ai tenté de discuter avec quelques acteurs canadiens dans le monde de l’irradiation. Au Québec, j’ai laissé un message à une compagnie situé à Laval. Une compagnie avec un beau site unilingue anglais. On ne m’a pas rappelé. C’est mon erreur. J’ai laissé un message uniquement en français. 

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

OK. Je me ramasse.

J’ai aussi discuté avec Gordon R. Dobrindt du labo Steris en Ontario et Nina Ackah qui est la personne responsable de la qualité des produits chez le PA Freedom cannabis. J’attends des réponses. 

Ma compréhension du texte de Péloquin, le gars de La Presse, est que le législateur a changé d’avis entre le 22 janvier et le moment de l’adoption du texte final. Je cherche à confirmer cette hypothèse et la réponse de la SQDC ne nous a pas éclairés à ce sujet. Aucunement. Mais ce n’est pas son mandat.

Alors on va conclure du mieux que je peux.

Les terpènes qui réagissent le plus à l’irradiation sont les monoterpènes. On parle de pertes qui peuvent varier entre 10 et presque 40%. Cette perte a été comparée à la perte qui se produit quand on entrepose son cannabis dans un sac de papier selon une étude de 1996. On sait aussi que les effets de l’irradiation sur un terpène en particulier peuvent varier en fonction de différents cultivars. C’est peut-être une conséquence non documentée de l’effet d’entourage. Est-ce que le gout et l’odeur des fleurs peuvent être modifiés par l’irradiation? On n’a pas encore de preuves formelles même si on sait que les terpènes sont affectés.

Par contre, ce qui est clair, c’est que l’irradiation ne remplace pas de bonnes procédures normalisées de production. L’absence de ces procédures est une invitation au désastre et à des couts de production plus élevés.

D’ailleurs, un aliment ou une fleur qui a été irradié et identifié comme tel n’est pas un gage d’absence de danger. Pourquoi? Parce qui si vous envoyez vos fleurs sur des palettes, vous allez devoir les conditionner après l’irradiation. Et il est possible de les recontaminer. Non seulement c’est possible, mais ça arrive souvent. Des fleurs irradiées dans le meilleur labo au monde peuvent être manipulées ensuite par des cabochons dans des conditions d’insalubrités totales.

J’ai pris le temps d’écouter un webinaire organisé par l’association C-45 dont j’ai parlé ici deux ou trois fois. Voici ce que j’ai retenu des trois spécialistes, Nina Ackah, Gordon Dobirndt et Raj Mattu. 

1)

Irradier un produit ne veut pas dire qu’il était mauvais au départ. 

2)

Plus votre produit reste longtemps dans les étagères, plus le danger augmente. Surtout si vous ajoutez des boveda pour humidifier votre produit.

3)

Dans un monde idéal, on n’irradie pas les fleurs pour régler un problème. L’irradiation devrait être perçue une mesure de sécurité supplémentaire.

Dans les bruits de couloirs et autour des moulins à rumeurs, les histoires d’irradiation qui ont mal tourné sont nombreuses. Trop nombreuses. L’épisode d’aujourd’hui nous a à peine permis d’entrouvrir une fenêtre sur cette pratique qui semble être souvent utilisée comme une béquille plutôt qu’un remède précis.

Je pense que les consommateurs ont droit à plus d’égard. Et à défaut d’une déférence de bon aloi, je crois que le consommateur a droit à de l’information.

Dans ma tête, beaucoup de questions persistent et si je trouve des réponses, je les partagerai dans de futurs épisodes. Forcément, nous reviendrons sur l’irradiation.

Est-ce que le fait de catégoriser comme des produits non comestibles les fleurs destinées à être fumées est le résultat du lobbying de l’industrie du cannabis? 

Si la catégorisation des fleurs à fumer comme produits non comestible n’est pas le fait de pression de l’industrie du cannabis, une nouvelle question surgit… Si l’irradiation est un procédé est si merveilleux et bénin, pourquoi les producteurs autorisés ne sont-il pas fiers d’apposer le radura, le logo de l’irradiation sur leurs étiquettes? Cela serait une façon subtile de dire aux consommateurs: on vous aime tellement qu’on réduit nos profits afin de vous faire bénéficier d’un peu d’irradiation. 

Pourquoi obliger les consommateurs à contacter le PA pour savoir si ses fleurs sont irradiées? À défaut d’être une mention obligatoire sur l’étiquette, les commis de la SQDC devraient pouvoir communiquer cette information au consommateur. 

Finalement, est-ce que les PA qui n’irradient pas leurs fleurs devraient créer leur propre logo pour confirmer sur les étiquettes l’absence d’irradiation qui signalera plus de terpènes?

Nous sommes ici dans une situation qui rappelle la présence des organismes génétiquement modifiés sur les étiquettes. Voici ce que dit le site OGM Québec :

Pour l’instant, il n’existe au Canada aucune norme particulière visant à rendre l’étiquetage obligatoire pour les aliments avec OGM. 

On est en 2022.

C’est plate, mais c’est plus facile de savoir ce que tu mets dans le moteur de ta voiture que ce que tu mets dans ton corps…

Et voilà, c’était le 97e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire: lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre !

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Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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