Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Et oui, je me suis ennuyé de vous et de la production des épisodes de toPot. J’ai profité de ce repos pour travailler sur le prochain projet que je vous présenterai officiellement dans quelques jours.

Le site www.bonstock.quebec avance bien hors ligne. J’ai mis en ligne une version minimaliste pour les gens qui voudraient s’inscrire à l’infolettre qui accompagne le site.

J’ai écrit une dizaine d’articles pendant mes vacances pour que toutes les catégories du site aient du contenu pertinent. J’ai hâte de vous présenter les nouveaux producteurs autorisés (PA) que j’ai rencontrés. Je pense à Vincent de Green Culture Verte. Je pense aussi à Alexandre de Teca Canna. J’ai aussi trouvé, par hasard, un PA qui paye les études de ses employés… Et le microproducteur Julien de Juste Feu qui nous montre l’agrandissement de son usine pour fournir à la demande. Entre autres…

L’industrie du cannabis ne va pas très bien, mais il y a des belles histoires à raconter et Bon Stock va pouvoir relayer très efficacement ces informations.

ToPot aura d’ailleurs sa page sur Bon Stock. Évidemment, il y a une page et un groupe Bon Stock sur Facebook et LinkedIn. Je vous invite à venir nous rejoindre. 

Alors de quoi allons-nous discuter aujourd’hui? De cannabis! Mais de quoi en particulier? Et bien, je me suis levé un jour cette semaine et je me suis dit : c’est quoi la différence pour les poumons entre la fumée d’une cigarette commerciale de tabac et un joint de cannabis? 

La fumée tue. Ce ne sont pas les pompiers qui le disent. Ce sont les médecins qui s’intéressent aux problèmes de la cigarette de tabac. Mais qu’en est-il de la fumée du pot? De la boucane, c’est de la boucane, diront certains. Mais les amoureux des courses automobiles vous diront que ce n’est pas vrai et que la fumée des pneus Pirelli est aphrodisiaque…

Bonne écoute!

 

Transcription Intégrale de l'épisode #114

#114 Tabac vs  cannabis, c’est quoi la différence pour les poumons? 

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Et oui, je me suis ennuyé de vous et de la production des épisodes de toPot. J’ai profité de ce repos pour travailler sur le prochain projet que je vous présenterai officiellement dans quelques jours. Le site www.bonstock.quebec avance bien hors ligne. J’ai mis en ligne une version minimaliste pour les gens qui voudraient s’inscrire à l’infolettre qui accompagne le site. J’ai écrit une dizaine d’articles pendant mes vacances pour que toutes les catégories du site aient du contenu pertinent. J’ai hâte de vous présenter les nouveaux producteurs autorisés (PA) que j’ai rencontrés. Je pense à Vincent de Green Culture Verte. Je pense aussi à Alexandre de Teca Canna. J’ai aussi trouvé, par hasard, un PA qui paye les études de ses employés… Et le microproducteur Julien de Juste Feu qui nous montre l’agrandissement de son usine pour fournir à la demande. Entre autres… L’industrie du cannabis ne va pas très bien, mais il y a des belles histoires à raconter et Bon Stock va pouvoir relayer très efficacement ces informations. ToPot aura d’ailleurs sa page sur Bon Stock. Évidemment, il y a une page et un groupe Bon Stock sur Facebook et LinkedIn. Je vous invite à venir nous rejoindre. 

Alors de quoi allons-nous discuter aujourd’hui? De cannabis! Mais de quoi en particulier? Et bien, je me suis levé un jour cette semaine et je me suis dit : c’est quoi la différence pour les poumons entre la fumée d’une cigarette commerciale de tabac et un joint de cannabis? 

La fumée tue. Ce ne sont pas les pompiers qui le disent. Ce sont les médecins qui s’intéressent aux problèmes de la cigarette de tabac. Mais qu’en est-il de la fumée du pot? De la boucane, c’est de la boucane, diront certains. Mais les amoureux des courses automobiles vous diront que ce n’est pas vrai et que la fumée des pneus Pirelli est aphrodisiaque. Les fins observateurs savent que Pirelli ouvre maintenant les pages de son calendrier sexiste aux hommes. Les fans d’Iggy Pop, Brian Adams et de Bohan Phenix apprécieront leur présence cette année. Pirelli et l’industrie du cannabis ont plus que la fumée en commun. Une certaine idée de l’homme, disons.

Pour simplifier la discussion, on va aborder la discussion en segmentant informellement notre questionnement de la façon suivante :

Quelle différence entre la fumée de cannabis et la fumée de cigarette?

Le cancer et les fumées

Le fonctionnement des poumons et les fumées

Les fumées et les COPD

Ok, nous savons que la fumée du tabac tue. Parfois à petit feu, parfois en grande pompe. La fameuse bronchopneumopathie chronique obstructive, oui la bronchopneumopathie chronique obstructive qui est une affection à développement lent, dont les symptômes n’apparaissent généralement que vers la quarantaine ou la cinquantaine, et dont l’une des causes principales est le tabagisme. Elle touche autant les hommes que les femmes selon le Grand Dictionnaire terminologique du Québec où j’ai trouvé cette définition. En anglais on dit le COPD et je ne savais pas que cela voulait dire chronic obstructive pulmonary disease. En français, on dit BPCO ou broncho pneumo pathie chronique obstructive.

Beaucoup d’études semblent prouver que la fumée du cannabis ne provoque pas les mêmes effets que la fumée du tabac. Et c’est le moment de vous dire que je ne suis pas une personne de science. Je tente de comprendre dans mon coin avec vous. C’est ma seule prétention. Pour le reste, consulter votre pusher d’opinion habituel.

Alors, quelle est la différence entre la fumée de cannabis et la fumée de cigarette?

La première étude que j’ai trouvée sur la différence entre la fumée du tabac et du pot date de 2005. Le chercheur Robert Melamede a démontré que même si les deux sont similaires, on peut observer des différences fondamentales dans leurs propriétés pharmacologiques respectives. D’un côté des cannabinoïdes et de l’autre, de la nicotine. La conclusion de sa recherche est la suivante : 

Les données scientifiques disponibles, qui examinent les propriétés cancérigènes de l’inhalation de la fumée et ses conséquences biologiques, suggèrent les raisons pour lesquelles la fumée du tabac, mais pas celle du cannabis, peut entraîner un cancer du poumon.

Je vous résume les points saillants de son étude : 

  1. Les deux types de fumée génèrent des activités pharmacologiques différentes. 
  2. Les composants de la fumée de cannabis minimisent certaines voies cancérigènes 
  3. La fumée de tabac en renforce certaines. 
  4. Les deux types de fumée contiennent des substances cancérigènes pouvant renforcer les effets cancérigènes de la fumée. 
  5. Cependant, le cannabis régule généralement à la baisse la production de radicaux libres d’origine immunologique 
  6. Le THC inhibe l’enzyme nécessaire à l’activation de certains des carcinogènes présents dans la fumée. 
  7. La fumée de tabac, par contre, augmente la probabilité de carcinogenèse en surmontant les mécanismes normaux de protection des points de contrôle cellulaires 
  8. La nicotine présente dans le tabac favorise l’angiogenèse tumorale alors que le cannabis l’inhibe. 

Entre vous et moi, l’angiogenèse, c’est juste le processus de formation des vaisseaux sanguins. Angio veut dire vaisseau et génèse formation. Angiogenèse donc.

Robert Melamede avance que le vieillissement de la population des fumeurs de pot pourrait avoir des conséquences similaires à celui des fumeurs de tabac. C’est une affirmation qui est rarement relayée quand on parle de sa recherche. Évidemment, si tout le monde utilise des vaporisateurs, les dangers potentiels du cannabis disparaissent totalement.

Melamede suggère que les composés du cannabis «se sont avérés capables de tuer de nombreux types de cancer, notamment le cancer du poumon, le cancer du sein et de la prostate, la leucémie et le lymphome, le cancer de la peau et le phéochromocytome.»

Je ne savais pas ce qu’était un phéochromocytome… C’est juste une tumeur qui se manifeste par des accès d’hypertension selon mon dictionnaire.

Melamede est un chercheur remarquable. Les curieuses pourront consulter le lien dans les notes de l’épisode pour regarder sa remarquable conférence sur le système endocannabinoïde. 

Les fumées et le cancer

Que savons-nous vraiment des dangers de la fumée du cannabis pour le cancer? Dans une étude qui donne le vertige par son ampleur, le chercheur Donald Tashkin de l’université de Californie à Los Angeles s’est dit surpris de voir ses hypothèses négatives contrariées par sa recherche… 

Ce pneumologue qui étudie la marijuana depuis plus de 50 ans a trouvé que fumer du cannabis régulièrement et en grande quantité, n’entraine pas de cancer du poumon.

Il croyait qu’il allait prouver une association positive entre le cancer du poumon et la consommation du cannabis. Sa recherche à prouver l’inverse, il n’y a pas de corrélation ou de causation entre le fait de consommer du cannabis par combustion et le fait de développer un cancer du poumon. D’autres recherches prouvent la même chose, celle du chercheur Hashibe qui concluait ainsi en 2006 sa recherche intitulée Marijuana Use and the Risk of Lung and Upper Aerodigestive Tract Cancers :

«Nos résultats peuvent avoir été affectés par un biais de sélection ou une erreur dans la mesure de l’exposition au cours de la vie et des antécédents des facteurs de confusion; mais ils suggèrent que l’association de ces cancers avec la marijuana, même à long terme ou en cas de forte consommation, n’est pas forte et peut être inférieure aux limites pratiquement détectables.» 

Cette étude a porté sur 1 200 personnes de Los Angeles atteintes d’un cancer du poumon, du cou ou de la tête et sur 1 040 autres personnes sans cancer. Le niveau de la consommation forte était défini comme le fait d’avoir fumé entre 11 000 et 22 000 joints dans sa vie. 

22 000 joints c’est 5 joints par jour pendant 12 ans. Même les consommateurs qui avaient plus de 22 000 joints derrière la cravate ne présentaient aucune incidence accrue des trois cancers étudiés.

La mauvaise nouvelle pour les fumeuses de tabac c’est que les plus récentes recherches indiquent que les ex-fumeurs et les fumeurs «raisonnables», ceux qui fument que quelques fois par jour, et bien, ils souffrent tous d’une réduction de leur fonction pulmonaire par rapport aux personnes n’ayant jamais fumé de tabac. La morale de cette histoire? Tous les gens, qui fument du tabac et peu importe la quantité, vont souffrir de lésions pulmonaires.

Une méta-analyse publiée en 2014 dans le Journal of cancer rapporte des résultats similaires. Dans le bouquet des études recensées, plusieurs présentaient des données contradictoires. Dans tous les cas, les chercheurs ont réalisé que les fumeurs de cannabis étaient également des consommateurs lourds de tabac…

Le fonctionnement des poumons et les fumées

On va maintenant s’intéresse à une recherche publiée en 2015 intitulée Les effets de l’exposition à la marijuana sur le flux d’air expiratoire. Les chercheurs ont tenté de déterminer les conséquences de l’exposition récente et chronique à la fumée de cannabis en fonction de paramètres spirométriques mesurables de la fonction pulmonaire et les symptômes de santé respiratoire dans une grande cohorte d’adultes américains. Les conclusions, encore une fois, vont à l’encontre des idées populaires sur le sujet…

Ainsi, pour un large échantillon d’adultes américains, fumer du pot pendant toute une vie n’a pas été associée à des changements négatifs dans les mesures spirométriques de la santé pulmonaire. 

Je rappelle qu’un spiromètre est un appareil qui mesure la capacité respiratoire des poumons

Les fumées et les BPCO ou broncho pneumo pathie chronique obstructive.

Il existe un consensus scientifique pour qualifier le tabagisme comme étant un facteur de risque majeur pour développer une inflammation chronique des voies respiratoires. Mais la fumée de cannabis est différente et c’est un médecin chercheur de l’Université McGill, M. Mark Ware, qui affirme ce qui suit :

«Fumer du cannabis ne semble pas augmenter le risque de maladie pulmonaire obstructive chronique ou de cancers des voies respiratoires… Les efforts pour développer des systèmes d’administration de cannabinoïdes plus propres peuvent et doivent se poursuivre, mais au moins pour le moment, (ceux) qui fument de petites quantités de cannabis à des fins médicales ou récréatives peuvent respirer un peu plus facilement.»

En résumé :

  1. Fumer du cannabis ne se compare pas à fumer du tabac en ce concerne les risques respiratoires 
  2. Les substances cancérigènes, gaz toxiques et autres particules présentes dans le cannabis en combustion ne semblent pas augmenter le risque de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou de cancers des voies respiratoires. 
  3. À faible dose, la fumée de cannabis pourrait être protectrice pour ces deux maladies. 

Maintenant La fumette technologique

Et le bong? Est-ce que le bong est un outil qui aide à préserver la santé des consommateurs de cannabis? D’après ce que j’ai pu lire et comprendre, le bong ne sert à presque rien, si ce n’est de refroidir la fumée. Et pour refroidir la fumée, on peut aussi fumer dans une banane ou une pomme congelée, si on est mal pris. Et je n’aborde même pas l’état de propreté des bongs que je vois sur les réseaux sociaux. Ça fait peur…

Non, pour éliminer les produits dangereux générés par la combustion, cela prend un autre genre d’outil. Un vaporisateur. Le vaporisateur chauffe le cannabis en dessous de son point de combustion. Cela réduit la création et l’absorption de monoxyde de carbone et de goudron, par exemple. Le buzz peut être rapide et la technique permet d’éviter ou de réduire les problèmes respiratoires communs comme la toux. Les vaporisateurs sont de plus en plus populaires. J’avoue que j’en ai acheté plusieurs dans ma vie sans jamais trouver un modèle qui me plaise. C’est à ça que servent les Clubs Sociaux de Cannabis. Entre autres. On peut y tester de façon sécuritaire ce type d’équipement avec des gens qui sont près à partager leurs expériences et leurs savoirs. Les curieuses pourront écouter ou réécouter l’épisode #60 intitulé Les Clubs Sociaux de Cannabis, la solution pour le Québec? . Si vous avez des recommandations pour le meilleur vaporisateur au monde, votre partage est bienvenu.

Pourquoi aborder un tel sujet? 

Le Québec et le Canada peuvent être des influenceurs dans la marche mondiale du cannabis vers sa légalisation. La France dans sa grande expérimentation sur le cannabis médical exclut la combustion de son protocole de recherche. Pauvre France qui a oublié de lire la recherche scientifique disponible… Elle agit comme certains États américains qui interdisaient la combustion pour légaliser le cannabis médical… Les préparations orales de cannabis ont leur place dans la pharmacopée. Pour les patients très souffrants, la combustion apporte un soulagement immédiat dont ils ne devraient pas être privés. Et si effets secondaires il y a, on pourrait les comparer aux effets secondaires des médicaments les plus populaires… Y’a pas photo…

Je vous donne un exemple pour le ZOPICLON, qui est un médicament très populaire pour les gens qui ont des problèmes de sommeil

Les effets secondaires connus sont les suivants :

  • agressivité;
  • anxiété ou agitation pendant le jour;
  • confusion (plus fréquente pour les aînés);
  • difficultés de coordination (plus fréquentes pour les personnes âgées);
  • effets de sevrage (par ex. des crampes abdominales, des vomissements, de la sudation, des tremblements, des crises convulsives);
  • essoufflement;
  • hallucinations (voir ou entendre des choses qui n’existent pas);
  • maladresse ou manque de stabilité (plus fréquemment pour les personnes âgées);
  • modifications du comportement (par ex. excitation, hyperactivité, comportement violent);
  • problèmes de mémoire (plus fréquents pour les personnes âgées);
  • respiration difficile ou laborieuse;
  • signes de dépression (par ex. un manque de concentration, des fluctuations pondérales, des changements du sommeil, désintérêt à l’égard de nombreuses activités, des pensées suicidaires);
  • somnambulisme;
  • somnolence (importante).
  • pensées relatives à l’automutilation ou au suicide;

La liste est plus longue, mais vous avez compris le principe.

Pour y voir plus clair, j’ai trouvé une remarquable recherche longitudinale. Le Dunedin Study a documenté l’usage du cannabis et des fonctions pulmonaires de plus de mille adultes. Il s’agit peut-être du corpus de données le plus exhaustif au monde sur la consommation de cannabis et la fonction pulmonaire. Les chercheurs ont constaté une forme d’emphysème chez certains patients parmi les 1037 participants. Ils appellent ça le Bong Lung.

Trois méthodes ont été utilisées pour cette étude. La spirométrie que nous connaissons déjà. La plé-thys-mo-graphie également qui est un ensemble de méthodes servant à mesurer des volumes. 

Comment on fait ça? On installe les personnes dans des cabines étanches qui permettent de mesurer les variations de pression. C’est ainsi que l’on teste le facteur de transfert du monoxyde de carbone.

La conclusion est intrigante. L’usage du cannabis est relié à des volumes pulmonaires plus élevés. Cette étude apporterait donc une première preuve d’une altération du transfert gazeux causée par la consommation du cannabis. Mais personne ne comprend pourquoi ce phénomène apparait. Le Bong Lung serait une réalité à ne pas balayer sous le tapis…

Si vous le permettez, je vais conclure avec une recherche qui remet en cause beaucoup de certitude. Il n’y a pas longtemps, le SEC n’était connu de personne. PERSONNE. Il n’est toujours pas enseigné dans les écoles de médecine, mais en 2022, personne ne remet en cause l’existence du SEC.

L’étude Le microbiome pulmonaire régule l’auto-immunité du cerveau, et la je cite texto démontre l’existence d’un axe poumon-cerveau dans lequel le microbiome pulmonaire régule la réactivité immunitaire du tissu nerveux central et influence ainsi sa susceptibilité au développement de maladies auto-immunes.

Juste pour nous orienter, un microbiome décrit l’ensemble des microorganismes d’un environnement donné. Il y a un microbiome intestinal comme il y a un microbiome pulmonaire. 

Pour la thérapie, cette découverte ouvre de nouvelles fenêtres de traitements pour les troubles infectieux ou dégénératifs.

D’un point de vue médical, c’est énorme. Les infections pulmonaires, le tabagisme, les manipulations thérapeutiques et les facteurs environnementaux pourraient donc tous agir sur le microbiome pulmonaire et donc influencer la réactivité immunitaire du cerveau. Il est largement documenté que les gens riches vivent dans des quartiers où l’air est meilleur. On a qu’a pensé aux gestionnaires du pont Champlain qui étaient très à l’aise pour faire circuler des milliers de voitures dans des bretelles de contournement qui touchaient uniquement des populations pauvres. 

Ok on revient au cannabis et à une question que je me posais depuis très longtemps…

Est-ce que le fait de retenir son souffle dans l’espoir d’augmenter le buzz fonctionne?

Avoir le visage rouge et être sur le point d’exploser peut donner l’impression que l’effet du cannabis est plus fort. L’idée derrière le geste repose sur le gonflement des poumons qui ouvriraient des zones jusque-là intouchées par les vapeurs de cannabis. Cette action créerait une plus grande disponibilité pour transférer le THC dans le sang par le biais des alvéoles pulmonaires exposées par le gonflement. J’appelle ça l’effet pruneau. Avant d’être tout ratatiné, le pruneau est une belle prune rondelette. 

Dans les faits, il faut à peine 3 secondes pour que le THC fumé soit transféré dans le sang. Et le fait de tousser produit l’effet inverse à celui recherché… La quantité d’oxygène dans le corps augmente instantanément, réduisant du même coup la concentration de THC.

Quand on retient son souffle assez longtemps, le corps, privé d’oxygène, subit une baisse de pression provoquant du même coup un étourdissement léger jusqu’à la prochaine respiration. Voilà comment des millions de gens se croient plus stones alors qu’ils ne sont qu’étourdis par le propre comportement. Cela me fait penser à la première fois que j’ai fumé. C’était en France il y a des millions d’années. Je que je croyais être l’effet du hach n’était que l’effet du tabac que m’a rendu plus ou moins malade. 

Le parodoxe du cannabis

Pour conclure, j’aimerais évoquer le paradoxe du cannabis. Le cannabis, dans toute sa splendeur, propose un conflit d’interprétation. L’évolution humaine à donner au SEC un rôle d’homéostasie. L’homéostasie, ce n’est que la stabilisation des différents phénomènes physiologiques chez les organismes vivants. On peut aussi parler de l’homéostasie du risque qui consiste, quand on a des meilleurs freins sur son vélo ou sa voiture à freiner plus tard. Le risque reste le même en dépit des avantages technologiques. C’est exactement ce qui se passe dans le cyclisme professionnel ou les freins à disque se sont imposés dans les 4-5 dernières années. 

Les cannabinoïdes sont présents naturellement dans le lait maternel. Un des premiers doping officiellement reconnus dans les Jeux de la Grèce Antique consistait à boire le lait d’une femme enceinte avant la compétition. Déjà, les athlètes avaient une intuition précise du système endocannabinoïde.

Pour le reste des humains rampants comme vous et moi qui ne sont pas des dieux du stage, et bien, toute notre vie, les endocannabinoïdes participent à la gestion de notre corps en réduisant l’inflammation ou en régulant le rythme du cœur. Le SEC nous aide à réduire les dommages que nos activités génèrent. Le SEC est donc particulièrement actif pour réduire les dommages causés par le vieillissement.

Est-ce que fumer du cannabis est aussi dangereux que fumer du tabac?

On peut, je pense, affirmer que la fumée du cannabis est beaucoup moins dangereuse.

Est-ce que fumer du cannabis est sans danger?

Non. Tout comme manger peut être un danger si on mange mal ou trop.

Est-ce que fumer du cannabis est bon pour la santé?

Je vais me contenter de dire que le cannabis semble très utile pour réduire ou éliminer certaines pathologies.

Alors est-ce que la fumée du cannabis vous fait encore peur? Vous avez surement raison de ne pas croire les arguments que je vous ai présentés. Après tout, je ne suis pas un spécialiste.

Vous croyez qu’exposer vos poumons à des fleurs que l’on fait pousser légalement avec près de 100 produits agrotox autorisés par Santé Canada n’est pas une bonne chose?

Ça tombe bien, car vous allez bientôt pouvoir tester des nanoémulsions fabriquées au Québec par une famille québécoise…  

Et voila, c’était le 114e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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