Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui on va de nouveau flâner ensemble. On va discuter de l’Expo Cannabis Montréal, de Mike Tyson et de l’article du journal La Presse sur le détournement du programme médical canadien. L’Association des directeurs de police du Québec (ADPD) à la chance de s’y exprimer et ça fait dure… 

On va aussi parler de magasinage de labo (lab shopping), un truc utilisé par les producteurs autorisés pour obtenir des pourcentages de THC très élevés dans leur rapport. Et finalement, on va s’amuser à revisiter la récente décision de l’Agence Mondial Antidopage (AMA) qui choisit de continuer de bannir le cannabis pour les sportifs. Par respect pour le sport! 😉 

Bonne écoute.

Transcription Intégrale de l'épisode #120

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Cette semaine on reprend notre flânage. J’ai eu beaucoup de bons REX sur le dernier épisode. Un REX, c’est le fameux retour d’expérience des french people from France. Je remercie particulièrement François Parenteau qui a eu des bons mots pour le flâneur que je suis devenu. 

Alors aujourd’hui on va de nouveau flâner ensemble.

Et si on commençait par l’Expo Cannabis Montréal… 

J’y ai choppé un virus et je suis sur le cul depuis vendredi. J’ai même porté ce weekend un manteau d’hiver dans la maison tellement j’avais froid. Je vais beaucoup mieux, mais on verra pour la voix.

Et c’est parti. L’Expo Cannabis Montréal ça se passait au Palais des congrès, cette année. Quand tu sors du métro Place d’armes, c’est majestueux. Presque un décor d’aéroport. La classe. Assez différent de la Place Bonaventure que j’aime beaucoup pour d’autres raisons.

Je vais cracher un peu de venin avant d’aller plus loin. Il y avait dans l’expo des tonnes d’exposants qui ne savaient même pas dire bonjour en français. C’est plate, mais c’est la vie commerciale. Si l’exposant à un produit irremplaçable, tu fais avec. Si tu as besoin d’infos utiles, tu fais avec. Si tu n’as pas besoin de ses services ou de ses produits, tu le respectes comme n’importe quel humain. Le gars dans le kiosque qui regarde son téléphone n’a peut-être pas demandé de venir de Brampton pour aller chez les Papoues pendant 2-3 jours. Il est peut-être bilingue anglais-latin ou anglais — malinké, une des sept langues officielles du Sénégal. Donc, c’est plate, mais c’est la vie. 

Par contre, quand tu t’installes au bar du resto les 3 amigos dans le Palais des congrès et qu’on refuse de te servir en français, c’est un geste politique. Et rien dans la prochaine élection ne va changer cette situation…

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

OK de retour.

On va flâner sans aucune prétention à l’exhaustivité. Alors, j’ai discuté avec beaucoup d’exposants qui offraient des produits d’assurances. C’est le signe d’un marché qui se professionnalise. Les marchands de fertilisants étaient partout. Beaucoup moins de vendeurs de quincailleries comme les machines pour l’effeuillage, les supports de séchage. Vous voyez le genre. À vue de nez, j’ai l’impression que les entreprises québécoises dans ce secteur d’activité privilégient maintenant les salons à l’extérieur du Québec au moment où le marché québécois commence à saturer. Ça, c’est du pif. Rien de scientifique. Si vous avez un autre scénario, je suis curieux.

Comme pour les éditions précédentes, il y avait des conférences sur deux scènes différentes passées. De bons sujets, du bon monde. Mais mon accent était de serrer des mains et de rencontrer du monde pour faire du contenu pour toPot et Bon Stock, mon nouveau magazine numérique sur le cannabis.

Peu de producteurs québécois de cannabis avaient un kiosque. Très très peu. C’est un peu normal, car c’était un salon professionnel. Par rapport aux dernières années, j’ai l’impression que le nombre d’exposants a considérablement diminué. Il y avait également peu de mégakiosques qui ressemblent à des châteaux. La sobriété était de mise. La fin de l’abondance comme dit le président Macron en France.

Ma plus grande surprise? Les labos de Toronto qui viennent au Québec explorer un nouveau marché. Le plus smatte de ces labos avait une représentante qui parlait français, qui avait des tatouages vraiment intéressants et un vrai bonus, la dame a le titre d’agronome. Ce labo offre un service spécial dont je vous reparlerai bientôt. Une offre unique d’après ce que je peux comprendre.

Mon coup de cœur? J’ai discuté avec le PDG de PurCann Pharma qui est une filiale du Groupe SiliCycle. Le monsieur s’appelle Hugo St-Laurent. Pendant qu’on discutait, il prenait des notes sur une feuille de papier. Cela ne veut pas dire qu’il va me rappeler. Mais lors de notre échange, j’ai eu l’impression que toute sa bande passante était dirigée vers moi. PurCann Pharma produit et commercialise des extraits purifiés et standardisés THC, CBD, CBG, CBN, CBC, CBDA et THCA) sous forme d’huiles, de gélules, de vaporisateurs, de crèmes, de jujubes, genre. PurCann Pharma offre aussi des services de fabrication à façon et sous contrat (CMO) et toute une gamme de services de pointe. 

Ma découverte? Le centre d’innovation en technologie en bio-innovation de la Cité située à Ottawa. En fait je les redécouvrais à ma plus grande surprise. Il y avait sur place une équipe de jeunes gens, dont une technicienne de labo allumée, que je salue au passage. 

J’ai aussi discuté avec deux grandes femmes blondes, Gisèle et Marika, qui vendent de l’intelligence chez EZ Focus. Ez Focus est une société pan canadienne qui offre des services comme ceux de Weed Crawler, si vous savez de quoi et de qui je parle. 

Ahhhh oui, j’ai aussi rencontré Jimbo Jones, un créateur de contenu qui ne montre jamais son visage. Il a une chaine youtube avec différent type de contenu. Forcément, c’est lui qui m’a reconnu. Dans un autre registre, j’ai parlé avec trois personnes différentes de ferblanterie. Eux n’avaient pas de kiosque, mais ils étaient sur place pour prendre le pouls du marché.

OK, c’est tout pour l’instant. Je reviendrai à l’Expo Cannabis Montréal si j’ai un flash.

Dans l’épisode précédent, je parlais des critiques sur les réseaux sociaux dont faisaient l’objet les entreprises de cannabis présentes à la bourse. Bien sûr, certaines ont perdu des milliards pendant que leurs dirigeants s’enrichissaient. Mais vous le savez… une promesse n’engage que celui qui y croit. 

L’éternelle histoire des gros contre les petits. Comme au Québec il y a 30 ans quand les microbrasseries sont apparues. Oh, ce genre de discussion n’annonce pas la fin du monde. Juste la fin du cannabis ou d’une certaine idée que les consommateurs se font de l’industrie du cannabis avec de microproducteurs comme il y a des microbrasseurs.

J’ai vu apparaitre sur mon radar un pic de discussion dont l’essentiel, en gros, se résume à ceci : Big Tobacco, Big Pharma et plein d’autres big tentent actuellement de contrôler le marché légal du cannabis. 

Et je n’ai même pas encore nommé Amazon qui a déjà le plus grand réseau au monde pour distribuer rapidement n’importe quoi… Si on regarde ce qu’Uber a réussi à faire ou à défaire au cours des dernières années, l’hypothèse d’une mainmise par quelques géants sur l’industrie du cannabis n’a rien de farfelu.

L’argument omniprésent dans ces discussions est simplissime : après la prohibition de 1919 aux États-Unis, chaque État a pu passer de lois et des règlementations qui ont su empêcher toutes formes d’intégration verticale. Non seulement la santé publique fut protégée, les niveaux de consommation le prouvent, mais ce formatage a permis l’émergence d’entreprises petites et moyennes qui ont longtemps pu prospérer. Cependant, le lobbying étant l’arme des dominants, il y a eu une reconsolidation de l’industrie de l’alcool partout dans le monde. Au Canada, j’aime le répéter, l’alcool, c’est 400 hospitalisations et 10 morts par jour. Si le cannabis tuait autant de monde, on mettrait en prison les producteurs autorisés canadiens. 

On voit donc apparaitre des groupes de juristes qui disent qu’il faut dès maintenant s’assurer que le marché américain du cannabis ne soit pas contrôlé par quelques conglomérats. Certains influenceurs se moquent de cet activisme. D’autres prédisent encore pire. Quand on voit les efforts déployés par YouTube pour éradiquer le contenu cannabis de sa plateforme, il est évident que certains BIG agissent déjà selon leur propre intérêt. La vraie question est YouTube protège quoi? La jeunesse ou ses revenus?

Est-ce que vous croyez que ce type de raisonnement relève du complotisme? Si oui, faites-moi signe. Pour l’instant, les producteurs canadiens font amplement la démonstration que l’intégration verticale n’est pas à la portée du premier venu. 

OK, on s’en va flâner ailleurs… 

Vous avez entendu parler du refus de la SQDC de distribuer et de vendre les produits de cannabis qui utilisent l’ex-boxeur Mike Tyson comme porte-parole. Certains médias ont félicité la SQDC de ne pas transiger avec lui tandis que d’autres lui ont reproché. Vous savez sans doute aussi que l’un des produits signatures de Tyson est un mangeable en forme d’oreille à laquelle il manque un morceau. C’est qu’il a déjà mordu l’oreille d’un boxeur lors d’un combat. Le nom du produit est brillant : «Mike Bites» 

Certains États américains interdisent, je pense à la Californie, tout produit du cannabis ayant la forme ou portant l’empreinte de la forme, réaliste ou caricaturale, d’un être humain, d’un animal, d’un insecte ou d’un fruit. Dans un secteur économique qui fait encore appelle à des babe bong, le fait que Tyson ait été condamné pour viol ne semble pas déranger beaucoup. Là aussi par contre, il y a des changements réels de mentalités et ce qui était normal il y a 3 ans ne passe plus en 2022. 

SFX

Vous avez lu l’article de La Presse publié lundi? Le titre était Cannabis médicinal Le programme fédéral détourné par le crime organisé. D’abord, il faut remarquer la taille du projet. J’ai compté 3087 mots. Un texte habituel dans ce journal fait 1000 mots. Mais cette fois-ci on parle de journalisme, pas d’une chronique d’opinion. Le Journal de Montréal a fait exactement le même topo il y a deux ans. Le contexte politique, par contre, est totalement différent. Santé Canada est tenu par la Loi sur le cannabis fédérale d’organiser cette consultation. Au même moment, la SQDC fait son propre sondage. Un sondage très ambitieux qui devrait lui permettre de mieux comprendre son marché. Pas pour vendre davantage, juste pour mieux vendre. L’article de La Presse propose des statistiques intéressantes, entre autres. Mais je dois avouer que j’ai éclaté de rire plutôt que de pleurer en lisant certains propos relayés par l’article. Non, je n’ai pas éclater de rire quand j’ai lu que le marché noir était en croissance. Ce n’est pas parce que je le dis depuis des années que je me réjouis. Non ce qui m’a fait rire est l’absence totale de jugeote de l’Association des directeurs de police du Québec, l’ADPD et l’absence de réactions des journalistes élites de La Presse. L’ADPQ se plaint de la situation du cannabis médical. Je ne dis pas qu’elle a tort. Au contraire. Sur les réseaux sociaux, à ciel ouvert quoi, des gens prouvent tous les jours que les abus sont nombreux et connus de tous dans le programme médical. Mais va-t-on interdire les véhicules moteurs parce qu’il y a des conducteurs dangereux, sans empathie et ivres. Jamais et c’est bien ainsi. Là, je vais citer le passage qui m’a fait rire…

Les dirigeants de l’association ne veulent pas pénaliser les consommateurs qui ont besoin de cannabis à des fins médicales, mais ils réclament un moratoire sur la délivrance des certificats d’inscription et la formation d’un comité pour harmoniser les mandats de la sécurité publique et de la santé dans l’approvisionnement du cannabis à des fins médicales.

Ils demandent également que la réglementation actuelle soit abrogée et recommandent que les détenteurs d’une ordonnance qui habitent au Québec s’approvisionnent uniquement à la Société québécoise du cannabis (SQDC).

C’est gentil ça, l’ADPQ ne veut pas pénaliser les gens malades. Elle veut seulement les envoyer s’approvisionner les succursales en grève… ou dans les succursales ouvertes il n’y a pas un seul être humain formé adéquatement pour des malades. PAS UN.

Pourquoi pas alors une opération a cœur ouvert dans une pharmacie Jean Coutu? Y’a plein de monde compétent sur le plancher, plein d’universitaires avec des diplômes et en général, il y a un bureau de médecins juste un étage plus haut pour prescrire des pilules. Évidemment vous sentez la caricature… 

Le reportage relaie la parole de l’ADPQ sans la questionner. Avouez que c’est un peu normal. La police c’est elle qui normalement est payée pour poser des questions. Attendez-vous une réaction de la profession médicale aux recommandations de l’ADPQ? Pas moi. 

L’industrie peine à survivre. On lui jette des grenailles pour le moral. Quelle tristesse. Les patients? Qu’ils se débrouillent.

En même temps, on apprend qu’un audit interne au ministère des Anciens Combattants révèle que le ministère aurait pratiquement perdu le contrôle du programme de cannabis thérapeutique pour les vétérans.

Pas de supervision, pas d’encadrement et même pas de données probantes sur les bénéfices pour la santé des vétérans. Cela me fait penser au récent gouvernement libéral provincial qui donnait trop d’argent aux médecins québécois, mais sans jamais pouvoir le réclamer faute d’avoir noté adéquatement les remises d’argent. Plouc 101.

SFX

Si vous êtes passionné par le cannabis et son écosystème, vous avez compris que le pourcentage de THC est devenu un outil de marketing. Alors que la science nous informe de l’importance des terpènes dans le buzz et de l’immense complexité de l’effet d’entourage, le manque d’information laisse les consommateurs croire que le cannabis est comme l’alcool où il existe un lien de causalité réel entre le pourcentage d’alcool et l’inévitable intoxication. 

Dans ce contexte, il existe maintenant dans l’industrie québécoise du cannabis un niveau de suspicion, de méfiance, de défiance et de scepticisme face aux rapports de laboratoires. Certains acteurs de l’industrie accusent plus ou moins ouvertement certains laboratoires de fournir des rapports de complaisance. Je suis en train de monter un épisode sur le sujet. On va s’en reparler. En attendant, pour ne froisser personne, on peut parler d’un exemple bien documenté ailleurs. Et j’ai choisi la Floride parce que les Québécois y sont un peu chez eux. Au minimum, nous y sommes en terrain connu alors que si je parle du Luxembourg ou de la Croatie, c’est plus vague.

Les autorités de la Floride, consciente de l’importance de son marché dans lequel il faut compter 100 millions de touristes par an, et bien les autorités ont décidé de mettre fin a ce qu’on appelle le Lab shopping qui permet aux producteurs de cannabis d’obtenir le taux qu’ils désirent. 

Quand les consommateurs commencent à douter du travail des labos, et c’est ce qui se passerait en Floride, c’est toute l’industrie qui est a risque. C’est aussi un clin d’œil inutile au marché noir qui n’a pas besoin de ce genre d’encouragement pour prospérer. Pourquoi les labos sont-ils complaisants? Pour rester en affaire. 

L’éditeur de MJBizDaily, Bart Schaneman a récemment documenté toute l’histoire. On a ainsi appris que l’Office of Medical Marijuana Use (OMMU) de la Floride a imposé à deux labos des amendes de 20 000 $ pour usage de méthode non conforme à la réglementation. On les accuse rien de moins que d’avoir fournis de certificats d’analyse faux et inexacts.

Des labos concurrents se plaignent de perdre des parts de marché parce que leurs analyses indiquent systématiquement des niveaux plus bas de THC. C’est comme si la science était au service du marketing… Et tout indique que la compétition entre les laboratoires ne fait que commencer. 

Est-ce que les labos vont se battre uniquement sur les prix? Non. Un nouvel élément de différenciation existe. Oui, la rapidité du traitement des échantillons serait devenue un facteur très important pour l’industrie. 

Dans ce phénomène de lab shopping, quel genre d’écart peut-on voir? C’est ÉNORME… On parle de 10 % d’écart. Un produit annoncé à 30 % de THC serait en réalité à 20 %… La marge d’erreur type pour ce genre de test est de 5 %. 

Si vous êtes un voyageur fréquent sut toPot, je ne vous apprends rien. On a en discuté dans l’épisode #57. Entre autres. Il est important de rappeler que si les labos sont une partie de l’équation, les producteurs autorisés ont la responsabilité de proposer des échantillons représentatifs de leurs récoltes… Et là aussi, c’est n’importe quoi, car même en toute bonne foi, il n’y a aucune méthode standard d’échantillonnage pour l’industrie canadienne. Santé Canada n’a pas jugé bon d’imposer un protocole précis. Donc entre les différents protocoles et les simples abus, il y a une marge de progression pour protéger les consommateurs et créer une compétition saine.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ, merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis-lui bonjour de ma part! OK Merci.

OK je me ramasse.

Je pense que je vais conclure avec une autre nouvelle qui m’a fait rire… Oui. Le sport et le cannabis sont une source inépuisable d’amusement et de mise à nu des niaiseries extraordinaires dont sont capables les États-Unis. 

L’Agence mondiale antidopage, l’AMA en français et la Wada en anglais, et bien elle a décidé que le cannabis est toujours une substance interdite. Depuis que l’AMA existe, les américains ont milité très activement que le cannabis demeure une substance interdite. Malgré leurs pleurnichements quand la sprinteuse américaine Sha’Carri Richardson fut exclue des Jeux olympiques de Tokyo pour avoir consommé du cannabis.

Le comité exécutif de l’AMA a décidé de maintenir l’interdiction parce que la consommation de ce produit violerait l’esprit du sport… Avant 2021, un athlète positif à une drogue récréative était suspendu 2 ans… Ça coute cher le joint hein! Aujourd’hui on parle d’une suspension de 1 à 3 mois si ma mémoire est bonne ou pas trop grippée.

L’ironie est palpable. D’un côté, la science médicale doute globalement de l’efficacité du CBD et du THC, il suffit de regarder ce qui se passe dans la grande expérimentation française qui va d’échec en échec et de l’autre, l’AMA qui affirme que le cannabis nuit à l’équité sportive. Expliquez-moi quelqu’un! 

Et je vais en rajouter une couche pour bien montrer la différence de traitement selon que les molécules incriminées viennent d’une plante ou d’un laboratoire. Je m’intéresse depuis quelques années à une drogue qui s’appelle Tramadol. Le tramadol a longtemps été en vente libre. Tu pouvais ramasser ça juste à côté de la mélatonine. Pourquoi cette drogue m’interpelle? Parce que les équipes de cyclisme professionnelles en fournissaient comme des smarties à leurs coureurs sans même se cacher même s’il s’agit d’un opioïde très dangereux. Les conséquences furent et sont toujours spectaculaires… Quand tu vois un coureur qui tombe en montant un col à 25 km/h, tu te dis forcément que quelque chose cloche. Des coureurs oublient de prendre un virage dans une descente, tu te poses des questions. Le champion américain Tyler Phinney avait alerté les autorités en 2012, cela fait donc 10 ans… Le cycliste canadien Michael Barry en parle dans son autobiographie. Barry courait pour l’équipe anglaise Sky. Voici son témoignage…

Quand je me suis cassé des côtes sur chute au deuxième jour du Tour de France, j’ai pris du Tramadol pour calmer la douleur. Il m’a fait ressentir une légère euphorie. Je ne ressentais aucune douleur aux jambes. Je pouvais appuyer plus fort que d’habitude sur les pédales. Cela améliorait autant la performance que n’importe quel produit dopant que j’avais pris, avec une différence de taille : c’était légal.»

Les cyclistes ne sont pas les seuls athlètes à consommer sans raison ce genre de produits. Dans une récente coupe du monde de football, 39 % des joueurs ont déclaré prendre des antidouleurs comme le tramadol avant de jouer. Le cyclisme est un sport extraordinaire à gérer par des ploucs et contrôlé dans les faits par 2 ou 3 organisations dont le groupe de presse Amaury, propriétaire du journal l’équipe. Comme il n’existe aucun syndicat pour la défense des coureurs, quand un athlète est coincé, on le jette sous l’autobus sans problème. Par contre, les coureurs finissent toujours par parler. Alors tout se sait un jour ou l’autre. Alors que dans le hockey, on ne sait toujours rien de ce que pouvait consommer les joueurs à l’époque de Maurice Richard… Et j’ai aussi quelques un vidéo d’un compteur de 50 buts et ancien entraineur d’une équipe assez connu au Québec déclaré en direct à la télévision que pendant les éliminatoires de la coupe Stanley, les joueurs, entre les périodes supplémentaires recevaient des transfusions sanguines. À sa décharge, il parlait probablement de solutés. L’autre commentateur, également entraineur de plusieurs grandes équipes a tenté de diffusé la tension en disant que dans une situation similaire, ses joueurs mangeaient de la pizza. Je viens de réécouter le vidéo pour être sûr que mon souvenir est précis. Manger de la pizza pour récupérer entre les périodes supplémentaires de la coupe Stanley. C’est fort. Le plus intéressant, c’est l’absence totale de réaction de la presse sportive et de la presse tout court.

Je reviens au tramadol et au cycliste canadien Michael Barry.

Un médecin français a répondu à l’époque aux commentaires de Barry et là je cite texto Gerard Guillaume le médecin de l’équipe FDJ :

«Comment Michael Barry, avec tout ce qu’il prenait, pouvait faire la différence entre l’effet de l’EPO, des hormones de croissance, des corticoïdes et du Tramadol

Ce genre de commentaires est exclusif au vélo. Peut-être dans le bodybuilding aussi, mais je ne m’avancerai pas davantage. Vous comprenez ce que je dirais.

Alors Luc accouche… C’est quoi le lien entre le tramadol et l’interdiction du cannabis? On flâne, on flâne.

L’usage du tramadol est de plus en plus restreint. Pour des raisons de santé publique évidentes.

Mais l’AMA, avec sa sagesse légendaire a annoncé que l’antidouleur tramadol sera ajouté à la liste des substances interdites aux athlètes en compétition à partir de… 2024. Il est urgent d’attendre…  

Pendant ce temps-là, les États-Unis font des pieds et des mains pour rapatrier Brittney Griner la basketteuse américaine emprisonné en Russie pour possession de cannabis. Tant mieux pour l’athlète qui ne mérite pas ça. En même temps, il suffit de lire les nouvelles, les autorités américaines arrêtent des sportifs sur leur territoire pour possession de cannabis. Ils font exactement comme les Russes, mais avec leurs propres citoyens…

Le 4 aout 2022, le récent retraité de la NBA, Iman Shumpert a été arrêté pour possession de cannabis à l’aéroport international de Dallas Fort Worth. 

Ainsi va la vie!

Et voilà, c’était le 120e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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