L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans l’année nouvelle qui s’offre à nous. On va donc flâner dans le passé et le futur. C’est légal. 😉

1435cm

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    How Much Does an Ounce of Weed Cost in America? (2023 Update)

    Canadians want lower prices, higher THC limits: survey

    Can lower prices and higher THC limits persuade illegal cannabis buyers to go legal?

    Canada Destroys a Record Amount of Cannabis

    La Cour suprême de Californie estime que les bongs n’ont pas besoin d’être accompagnés d’avertissements concernant les substances chimiques cancérigènes.

    Le marché noir pourrait bénéficier des règles strictes sur le «cannabis comestible»

    Canada must help legal cannabis sector compete with the illicit market, experts say

    Access to Cannabis for Medical Purposes in Canada: Gathering information on views and practices of patients and health care practitioners

    The 5 Most Intriguing Cannabis Research Studies Of 2022

    Cannabis Researchers Published 4,300 Scientific Papers in 2022

    Christmastime hospital-room raid busts dying man for using marijuana extract | Opinion

    THC-O

    OCal

    Why Cannabis Is Your Best Friend for a Dry January

    2023 Cannabis Industry Predictions: Data, Operations, Technology, Employment, and Events

    Données sur les demandes de licence et les licences commerciales liées au cannabis

    Micro licences continue to grow in popularity

    Photo de Mojor Zhu sur Unsplash

    Transcription Intégrale de l'épisode #133

    INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    Je suis passé tout droit la semaine passée. Est-ce par le biais d’une vraie déconnexion ou grâce aux extraits très puissants que j’ai consommé? Je ne le saurai jamais j’ai tout fait pour déconnecter et j’ai consommé des hash inédits pour moi. Boum Shakala! La vie est belle.

    Alors pour le premier épisode de 2023, on va revenir sur les 12 derniers mois pour mieux se projeter ensuite dans l’année nouvelle qui s’offre à nous. On va donc flâner dans le passé et le futur. C’est légal.

    OK. Je commence maintenant les épisodes en vous présentant les entreprises québécoises qui ont obtenu une licence de Santé Canada. Et bien cette semaine, aucune nouvelle licence octroyée par Santé Canada, bien qu’il soit possible et humain que les fonctionnaires n’aient simplement pas eu le temps de faire la mise en ligne. 

    Il ne faut jamais sous-estimer l’importance de leur travail. 

    Vous ne me croyez pas? 

    J’ai une belle histoire pour illustrer ce fait.

    Vous avez déjà pris le train? Vous aimez prendre le train? 

    J’ai rencontrer plusieurs femmes importantes dans ma vie sur des trains. Mais jamais au Canada. Je ne prends pas le train en Amérique… Pas encore en tout cas.

    L’écartement standard des rails américains (distance entre les rails) est de 4 pieds et 8,5 pouces. Pourquoi? Parce que les ingénieurs anglais ont conçu les premiers chemins de fer américains.

    Pourquoi les Anglais construisent des rails qui ont 4 pieds et 8,5 pouces d’écart?

    Parce que c’est l’écart des rails de tramways construit par les mêmes spécialistes.

    Pourquoi avoir construit des rails de tramway avec un écart de 4 pieds et 8,5 pouces?

    Parce que les véhicules qui utilisaient les routes anglaises avaient des roues avec un écart de 4 pieds et 8,5 pouces pour se conformer aux ornières causées par des siècles d’usages.

    Les routes anglaises à ornières ont été construites par la grande Rome Impériale.

    Et les ornières ont été formées par le passage des chars de guerre romains qui avaient tous le même écart…

     

    Par extension, on peut donc affirmer que c’est un fonctionnaire de la Rome antique qui a déterminé l’écart entre les roues des trains aux États-Unis. En 2023, 60 % des rails de train dans le monde ont un écart, et oui, de 4 pieds et 8,5 pouces ou 1 435 mm. Pour bien faire, je suis allé mesuré l’écart des rails de la voie ferré qui passe à Boucherville. 1435mm également. Il y a deux trois photos dans les notes de l’épisode pour les curieuses

    Donc, on peut penser que les fonctionnaires canadiens, comme les fonctionnaires romains il y a quelques siècles, sont en train de créer des normes qui pourraient avoir une longue vie. J’en entends dans le fond du café qui disent qu’ils veulent un exemple…

    On va prendre le format de 28 grammes. Pourquoi 28 grammes. Parce que les pushers nord-américains vendaient en format impérial… Et oui, notre fameuse once… 

    2022

    Alors on va commencer notre bilan de 2022 en constatant que le prix de l’once est a chuté en 2022. Tout le monde parle de gramme, mais la mesure, c’est l’once ou la livre. Même la SQDC a adopté le standard hérité du marché noir en proposant l’once… Elle aurait pu s’affranchir de ce standard et proposer un 30 grammes par exemple. En 2022, le prix moyen de l’once aux États-Unis était de 280 $. Cette semaine, l’once la plus chère à la SQDC est le Kush Mints de Broken Coast pour 245,30 $. La moins chère se vend pour 125,50 $. Évidemment, on est loin de l’once à 20 $ sans taxe dont je vous parlais récemment. Mais de façon générale, on peut penser que l’offre de la SQDC combinée à celle des spécialistes du médical est intéressante quand on compare notre situation avec celles des Américains. Mais, mais, mais… cela ne suffit pas.

    Les Canadiens veulent des prix plus bas et des limites de THC plus élevés… C’est le résultat d’une enquête qui se poursuivra en 2023. La société Pollara est derrière cette étude qui s’appelle Growing Green.

    Dans un autre registre, on sait maintenant et plusieurs recherches le prouvent, on sait qu’une personne qui a consommé du cannabis dans les 12 derniers mois est plus susceptible de croire que les prix illégaux sont plus bas que ceux du marché légal. Mais les gens qui se procurent des produits illégaux affirment aussi qu’ils vont acheter des produits légaux. D’une façon générale, de plus en plus de consommateurs achètent sur le marché légal. Et beaucoup plus le rejoindrait ce marché légal si la limite de THC pour les mangeables passait de 10 à 100 mg.

    Pour les curieuses, il y a un PowerPoint très intéressant qui détaille tout ça. C’est dans les notes de l’épisode où vous trouverez également une transcription de l’épisode.

    • 2022 c’est aussi l’année où on commence à avoir plus de détails sur la destruction de quantités records de cannabis au Canada. 

    C’est le temps d’une devinette… Combien de grammes de pot ont été détruits en 2021?  

    SFX

    • Santé Canada confirme la destruction de 26 % de la récolte de fleurs non emballées, soit 425 millions de grammes. Je viens de consulter le Cannabis Spot Index et la valeur moyenne du gramme au Canada le 30 décembre 2022 est de 5,21 $. Donc, juste pour l’année 2021, l’industrie canadienne du cannabis a détruit pour 2 milliards 214 millions de dollars de fleurs non emballées. Et ça, c’est ce que l’on sait.
    • Mais ce n’est pas tout. Si on reste dans les produits non emballés, 140 millions de grammes d’extraits non emballés (17 %) de mangeables (4 %) et de produits topiques ont été détruits (4 %).
    • Mais, mais, mais, il y a aussi 7 millions de produits emballés qui ont été détruits. J’ai déjà posé la question, mais je cherche toujours la réponse : comment détruit-on 7 millions de produits emballés? On creuse un trou et on enterre du plastique? On met tout ça dans un incinérateur? Je ne sais pas, mais je soupçonne le pire dans une industrie qui lutte pour sa survie…  

    Certains experts avancent que la quantité réelle de produits détruits serait encore plus grande et Santé Canada est toujours incapable de préciser, par exemple, le % des produits détruits à cause d’un rappel. C’est dingue, mais c’est comme ça. 

    Pourquoi une telle surproduction? La spéculation et un groupe d’entrepreneur prêts à tout risquer pour vivre leur rêve dans un contexte légal. 

    L’impact environnemental de cette surproduction est affreux pour ne pas dire hideux. C’est dégueulasse de produire pour ensuite détruire sa production et l’environnement qui n’appartient à personne et à tout le monde en même temps. Combien de tonnes d’engrais et de produits agrotox répandus dans l’environnement sans même enrichir le producteur? Oh, le PIB est heureux, le législateur aussi. La bizness roule. Sauf pour l’industrie. 

    Vous échappez une fleur coupée à terre dans votre salle de culture? Vous devrez signaler le poids de cette fleur avant de la détruire. Mais Santé Canada qui veut savoir combien de fleurs ont été échappées ne peut rien dire sur la quantité de produits agrotox répandus dans la nature… Cela serait tellement utile pour calculer le vrai cout de production d’un gramme de pot… On ne sait même pas combien d’eau utilisent les PA… alors que la planète Terre au complet vit des problèmes de ressources d’eau. Les prévisions pour 2023? Selon Santé Canada, le tiers de la production canadienne sera détruit…

    • On ne peut considérer le marché canadien sans réfléchir à ce qui se passe chez nos voisins américains. Alors que s’est-il passé aux États-Unis en 2022? Alors rapidement, au pas de course!

    • Le président Biden et plusieurs états ont accordé des pardons. A ma connaissance, aucune des 6500 libérations promises par Biden au moment des élections mid term n’a eu lieux. Zéro. AUCUN prisonnier libéré.
    • Le président Biden a aussi été incapable de faire passer une simple loi sur la sécurité bancaire.
    • On protège les droits des travailleurs de consommer dans leur vie privée
    • L’acceptabilité sociale augmente dans tous les états, mais à vitesse variable.
    • Le FBI est toujours incapable de préciser le nombre d’arrestations relié au cannabis sur son territoire.
    • Il est plus facile de faire de la recherche grâce à la loi passée. The Medical Marijuana and Cannabidiol Research Expansion Act est devenu une loi.
    • L’industrie légale emploie près de 430 000 personnes à temps plein.
    • Une immense majorité des patients souffrant de douleurs disent réduire leur consommation d’opioïdes après avoir consommé du cannabis médical.
    • Les autorités américaines ont détruit près de 11 % de leur récolte de chanvre au-dessus de la limite de 0,3 % de THC. 11 %, c’est la moyenne. Au Tennessee c’est 42 % des récoltes qui ont été détruites.
    • Plus finement, du côté commercial, les DDC ou Dormant Commerce Clause ont été mise en cause dans plusieurs États. Les DDC permettent aux producteurs autorisés de recourir à la clause de commerce de la Constitution pour éviter certains types de contraintes en donnant au Congrès américain le pouvoir de règlementer le commerce entre les États.
    • Dans les petits irritants de nature commerciale, la Cour américaine du commerce international vient d’autoriser l’importation des outils de consommations de cannabis.
    • Impossible d’oublier la joueuse de basket Brittany Griner qui est revenu à la maison avec un détour par le goulag.
    • En 2022, la Cour suprême de Californie a aussi été sollicitée et elle a décidé que les bongs n’ont pas besoin d’être accompagnés d’avertissements concernant les substances chimiques cancérigènes. Une drôle d’histoire… Le U.S. Centers for Disease Control and Prevention aurait des preuves que la consommation chronique de cannabis pourrait provoquer un cancer des testicules. De son côté, le National Institute on Drug Abuse, se demande officiellement depuis 2020 si la fumée de cannabis provoquerait un cancer du poumon. Alors le fabricant de bongs Sream a été poursuivi pour ne pas avoir vendu ses bongs avec une étiquette qui devait informer l’acheteur des dangers des substances cancérigènes résultants de la combustion du cannabis…

    La Cour suprême de l’État vient de donner raison au fabricant de bongs qui ne sera donc pas obligé d’alerter ses clients… La loi s’applique uniquement aux fabricants des substances selon la Cour. Les fabricants de briquets l’ont échappé belle!

    OK, on a fini notre détour aux États-Unis. On pourrait aller faire un tour en Europe, mais on serait encore là demain matin. Je vais me contenter de souligner la plus récente avancée en France où le gouvernement Macron va devoir accepter la vente de fleurs de CDB destiné à la combustion.

    2022, c’est l’année où le cannabis subit l’assaut des autres drogues dans le pipeline de la légalisation… Les bureaux-conseils en obtention de licence et permis divers salivent déjà et la plupart affichent en 2022 le volet psychédélique dans leur offre de service.

    Les champignons sont partout et le LSD attend patiemment son tour. Le LSD se produit en laboratoire facilement avec des chimistes de talents. Si le LSD devient légal, sa production sera facile et peu couteuse pour un effet qui variera en fonction de la dose… Les thérapies de ce genre, on en trouve dans des émissions de télé comme The Good Fight. On parle donc déjà d’un niveau d’acceptabilité sociale très élevé. Si l’alcool recule dans les régions où le cannabis apparait, on peut légitimement penser que le marché du cannabis, à son tour, sera érodé par l’apparition des psychédéliques. C’est d’ailleurs le Québec qui est la première province à rembourser les thérapies au champignon psilocybe.

    2022 c’est aussi l’année où la Cour suprême du Canada à accepter de se prononcer sur la légalité des 4 plants maison. Quelle tristesse de voir la plus haute cour canadienne perdre son temps pour amuser le législateur québécois qui semble ignorer qu’un enfant peut aller chez un fleuriste pour acheter des fleurs qui permettent de faire des trips aussi puisssants que le LSD. Par exemple. 

    2022, c’est aussi l’année où l’industrie a vraiment organisé son lobbying. 

    On ne va pas discuter de la qualité de ce lobbying. C’est une saga pour une autre fois.

    Mais juste cette semaine, j’ai vu une série d’articles comme celui-ci dans un journal en ligne qui s’appelle néomédia et que l’on retrouve dans les petits marchés comme la BEAUCE JOLIETTE LAVAL RIMOUSKI RIVE-NORD RIVIÈRE-DU-LOUP — SOREL-TRACY TROIS-RIVIÈRES

    Chou-fleur au pot, betterave au cannabis, champignon reishi à la marijuana : voilà quelques-uns des atours étonnants que prennent des produits comestibles en vente au Québec dans les magasins de cannabis de la société d’État.

    Le gouvernement du Québec ne permet pas que les produits comestibles à base de cannabis vendus dans ses magasins de la Société québécoise du cannabis (SQDC) puissent être un peu attrayants pour les jeunes. Les consommateurs qui ne veulent pas fumer doivent donc choisir parmi une sélection de produits moins «friandises», comme les figues séchées. Mais des acteurs et des observateurs de ce secteur estiment que ces règlementations strictes aident le marché noir à prospérer.

    L’article cite ensuite M. Fabrice Giguère, le porte-parole de la SQDC qui offre l’excuse habituelle : ces produits ne peuvent être commercialisés au Québec.

    Que disait le journal Le Devoir au même moment?

    Des règles strictes sur le «cannabis comestible» à l’avantage du marché noir titre

    Et le Soleil de Québec?

    Le marché noir pourrait bénéficier des règles strictes sur le «cannabis comestible» 

    In English?

    Canada must help legal cannabis sector compete with the illicit market, experts say

    Évidemment, vous savez que le législateur canadien est en train de réviser sa Loi sur le cannabis… C’est le meilleur moment pour faire de la propagande, des relations publiques et du lobbying.

    La conclusion de la révision de la Loi sur le cannabis devrait être remise au gouvernement au printemps 2024… 

    Le 3C ou Cannabis Council of Canada qui représente l’industrie canadienne estime que la règlementation actuelle qui est censée protéger la santé publique nuit à la conquête du marché noir. Tiens tiens, on n’est pas surpris… Le 3C réclame :

    • baisse de la taxe d’accise sur les produits du cannabis
    • réduction du nombre de restrictions sur l’étiquetage et la publicité des emballages
    • la fin de la taxation du cannabis médical

    Pierre Killeen, un ancien cadre d’HEXO si ma mémoire est bonne, et maintenant vice-président des affaires législatives et règlementaires de C3 a récemment dit à CBC News que «Nous avons un système règlementaire qui n’a pas beaucoup de sens, qui interdit franchement la capacité des producteurs de cannabis légal à concurrencer les produits du marché illicite»

    Ça le mérite d’être clair.

    On en a discuté à de multiples reprises sur toPot… La taxe d’accise est punitive également pour l’alcool. Comment soulager l’industrie du cannabis de cette taxe alors qu’on vient de soumettre les producteurs de vin et de cidre à un effort similaire?

     En effet, entre 2006 et 2022, le vin et le cidre de produits fabriqués avec des ingrédients locaux étaient exonérés de droits d’accise au Québec. Ce geste permettait à l’industrie de se développer agressivement. Mais, mais, mais, ce congé de taxe vient de prendre fin il y a quelques mois à cause d’une plainte de l’Australie auprès de l’Organisation mondiale du commerce pour cause de «mesures discriminatoires». 

    Je vois beaucoup de demandes venant de l’industrie à propos de cette fameuse taxe d’accise, mais zéro réflexion sur le fonds. Zéro. 

    Et si on regardait ce qui s’est passé en 2022 du côté du cannabis médical…

    Access to Cannabis for Medical Purposes in Canada: Gathering information on views and practices of patients and health care practitioners

    Le cannabis médical? Ça ne va pas bien… Et Santé Canada a bien documenter tout ça et vient de publier le résultat d’une recherche dont l’objectif principal était de rassembler des données sur l’état de l’accès au cannabis à des fins médicales au Canada. 

    Voici texto un premier extrait qui a retenu mon attention :

    Plus de la moitié des patients interrogés (58 %) qui ont été motivés pour commencer à utiliser du cannabis à des fins médicales à la suite de sa légalisation plus large ont déclaré que c’était parce que le cannabis était devenu plus accessible et plus facile à acheter.

    Une spécialiste de Toronto qui s’appelle Trina Fraser affirme que ces statistiques indiquent que la grande majorité des Canadiens qui utilisent le cannabis à des fins thérapeutiques le font en dehors des garanties du cadre médical parce que c’est «plus facile». On parle réellement d’un tiersmondialisation du Canada. 

    Un deuxième extrait de cette recherche de Santé Canada?

    Un tiers (34 %) des patients n’ont pas discuté de l’utilisation du cannabis à des fins médicales avec un médecin ou une infirmière praticienne.

    Donc le marché du cannabis médical se transforme et les patients souffrent.

    Quelle tristesse. Mais 2022 a aussi été l’occasion de se réjouir des recherches sur le cannabis.

    Je vais commencer par une recherche qui est intéressante pour le soja…

    Il parait que les gens qui consomment du cannabis ont un risque plus élevé d’infarctus du myocarde que le reste de la population. On parle ici d’une étude statistiquement très robuste avec un groupe test d’un demi-million de personnes.

    La consommation du cannabis déclenche une réponse du système immunitaire qui endommagerait les vaisseaux sanguins et qui pourraient entrainer des maladies chroniques du système circulatoire, dont l’infarctus. La découverte est ailleurs. Un composé très abondant dans le soja, la génistéine, pourrait bloquer les effets négatifs du cannabis sur le système de circulation tout en n’affectant pas le buzz du cannabis.

    Alors rapidement voici les recherches qui ont retenu notre attention en 2022.

    • La chercheuse Arianne Wilson-Poe a révélé que les terpènes jouent un rôle essentiel pour déterminer le caractère désirable d’un cultivar. Elle avance que l’odeur d’un produit est un meilleur prédicteur du plaisir que sa teneur en THC. 
    • Le CBD ne permet pas de diminuer le buzz du THC. Non, le CBD n’agit pas comme tampon.
    • Le cannabis aurait des bénéfices pour le cerveau adulte vieillissant
    • La classification THC + CBD ne suffit pas pour prédire l’effet d’une fleur de cannabis.
    • Le cannabis et le sommeil? Tout se confirme. J’ai même vu passer une recherche publiée dans le Journal of Sleep Research qui démontrait qu’après deux semaines de traitements, 60 % des participants n’étaient plus officiellement qualifié d’insomniaques.
    • La bipolarité pourrait aussi être traitée avec des effets bénéfiques uniques propres au cannabis…

    Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous avez reconnu certaines de ces études, car je les ai déjà évoquées.

    Si on prend un peu de recul, on peut tenter d’appréhender l’importance de la recherche sur le cannabis

    Le groupe de pression NORML avance que plus de 4 300 articles de recherche scientifique sur le cannabis ont été publiés en 2022. En 2021, c’est 4200 articles qui ont été publiés. Donc une centaine de plus en 2022. C’est aussi 30 000 recherches publiées dans les 12 dernières années pour un total de 42 500 recherches recensées.

    Le législateur québécois croit qu’il faut encore plus de recherches. On a hâte de voir le résultat des recherches qu’il a commandé à la communauté scientifique du Québec. Il s’agit évidemment de recherche sur la réduction des méfaits causés par le cannabis.  

    Des années 70 au début de 2000, les recherchent tentaient de mesurer le soulagement temporaire de certains symptomes. On peut penser aux nausées causées par la chimiothérapie par exemple. Aujourd’hui, toujours selon NORML, les gens de science s’intéressent à la modulation des maladies et l’interaction avec les cannabinoïdes. 

    Au Québec, on va tenter de prouver que le cannabis fait tousser, mais on laisse la Fonderie Horne empoisonner toute une région. Et c’est aux habitants du coin de décider quoi faire. Le législateur? Il est déjà en train de se laver les mains. 

    • Est-ce que l’on devrait parler d’investissement? 
    • Perso, je n’ai rien à dire. Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter au fait qu’il est ridicule d’investir dans une industrie que les banquiers ne respectent pas… Évidemment, je ne suis pas un expert. Et je ne connais personne assez informé pour me dire quoi acheter. Certains journalistes québécois ont eu cette chance, mais pas moi. 

    Alors rapidement en conclusion pour 2022…

    Après le CBD qui est devenu le Watson du THC, c’est le CBN qui a connu une formidable expansion avec beaucoup de nouveaux produits en 2022. C’est toujours intéressant de voir de nouvelles molécules apparaitre aux nouvelles des chaines de télévision généraliste comme Radio-Canada.

    2022, c’est aussi l’année des premiers lavages de linge sale de famille en public. Je pense précisément aux frères Ross and Zach Lipson qui viennent de se faire expulser de la société Dutchie qu’ils ont fondée. Au Canada, on ne sait toujours rien sur le départ de M. St-Louis de chez HEXO, par exemple. C’est typiquement canadien… 

    La nouvelle la plus délirante de l’année? Non, ce n’est pas l’histoire de la basketteuse américaine stoppée en Russie avec des produits illégaux aussi bien en Russie qu’aux États-Unis… 

    On doit se déplacer au Kansas où la police de la ville de Hays a effectué un raid pour saisir le vaporisateur d’un patient en phase terminale. Elle a également saisi un extrait de cannabis que le patient utilisait pour mieux vivre ses derniers jours…

    Magnanime, la police a décidé d’annuler sa contravention pour possession de drogue.

    OK. Après ce long retour en arrière, on va tenter de flâner un peu en 2023.

    2023

    • Après le THC, les consommateurs ont apprivoisé le CBD. Quelle sera la prochaine molécule à connaitre son heure de gloire? Perso, je crois que le CBN va prendre de plus en plus de place en 2023. Pourquoi? Parce que les problèmes de sommeil accablent de plus en plus de gens et que le CBN a fait ses preuves.
      • Accessoirement, une molécule comme le THC-O pourrait connaitre son heure de gloire. Le THC-O comme le HHC est créé à partir de plants de CBD qui échappent aux règlementations habituelles.
      • Il ne faut pas oublier le Delta-8 évidemment.
    • Les terpènes vont continuer de nous révéler leurs secrets. Leur importance dans le buzz du cannabis est à peine comprise. Et c’est pareil pour leurs propriétés médicinales dont on sait encore peu de choses.
    • Comment on dit Live Rosin en français? Je pense que ce produit va connaitre une expansion en 2023 et particulièrement au Québec. Pourquoi? On va y revenir en conclusion.
    • Va-t-on avoir un salon sur le cannabis au Québec en 2023? Peut-être. S’il a lieu, pourra-t-on y voir des fleurs? Non, on ne verra pas de fleurs dans un salon sur le cannabis au Canada. Si l’industrie américaine n’arrive pas à le faire à Las Vegas… ça regarde mal pour les petits Canadiens…
    • La superficie de culture de chanvre pour le textile et l’alimentation va diminuer en Amérique et augmenter en Europe. Le chanvre est partout présent et je suis même surpris de n’avoir entendu aucune mention du chanvre dans la série Netflix Emily in Paris qui est un véhicule incroyable pour l’industrie française du luxe.
    • On devrait commencer à voir des producteurs autorisés se regrouper pour développer un programme de certification bio comme le programme OCal en Californie. Voici texto ce que l’on trouve sur le site de l’organisation : OCal est un programme de certification à l’échelle de l’État qui établit et applique des normes comparables à celles du cannabis biologique. Le programme OCal garantira que les produits du cannabis portant le sceau OCal ont été certifiés selon des normes cohérentes et uniformes comparables à celles du National Organic Program.
    • La stratégie du porte-parole vedette va continuer de se développer. Au Québec, la famille Charlebois a réussi son atterrissage dans l’industrie du cannabis. M. Charlebois père est un des plus grands artistes québécois dans la qualité, mais aussi dans la durée. Il est un phénomène. On peut penser que l’entreprise sera prête à envahir le marché français dès que cela sera possible.
    • Les jeunes consommateurs adorent vapoter du cannabis. Malheureusement, des cas d’accidents pulmonaires causés par des métaux lourds et autres saloperies vont hypothéquer cette croissance, le temps que les manufacturiers de cartouches améliorent leur produit et leur service d’assurance qualité.
    • Vous connaissez le Dry January? C’est une sorte de défi ou de promesse de s’abstenir de boire de l’alcool durant le mois janvier. Au Québec, cela se passe en février avec le Défi 28 jours sans alcool. Et bien, en 2023, plus de Québécois vont utiliser le cannabis pour passer à travers leur défi personnel…

    On peut substituer le pot pour l’alcool. C’est bien. Mais on sait aussi que la consommation de cannabis peut être bénéfique pour réduire les dommages causés au foie par une consommation excessive d’alcool. Les cannabinoïdes seraient bénéfiques pour atténuer la toxicité hépatique due à l’éthanol, le composé chimique actif de l’alcool. 

    D’une étude chinoise, on apprend que le CBD pourrait aider à protéger le foie contre les méfaits de l’alcool. C’est le potentiel thérapeutique du cannabis qui s’illustre ici.

    Est-ce que vous allez faire une pause alcool en 2023? 

    Je suis curieux… lucprevost@hotmail.com

    Quoi d’autre en 2023?

    • Peut-être un petit scandale sur les Timbres d’accise qui sont mal employés par certains revendeurs de cannabis médical au Québec et dans le ROC.
    • Les banques canadiennes seront toujours frileuses en 2023, car elles attendent le feu vert de leurs collègues américains. En fait les banques canadiennes sont inféodés à leur contre partie américaine. C’est comme ça.
    • Quels seront les effets de la récession sur l’industrie du cannabis? On peut imaginer le pire, mais il est absolument certain que le pouvoir d’achat des consommateurs va diminuer.
    • Cela veut dire que les producteurs autorisés vont se battre sur les prix pour obtenir de nouveaux clients.
    • La série de Fusion acquisition va continuer. Plusieurs PA québécois ont mis leur commerce en vente de façon officielle. On parle d’une petite dizaine d’entrepreneurs.
    • Les préférences changent…

    USA

    • Flower: 40.8%
    • Vapor Pens : 23,5 %
    • Pre-roll : 12,2 %
    • Edible: 11.8%
    • Concentrates: 8.0%
    • Beverage: 1.1%
    • Tincture and Sublingual: 1.0%
    • Capsules : 0,9 %
    • Topical: 0.7%

    Au Québec…

    • Les jeunes consommateurs préfèrent le vapotage aux fleurs 
    • Les hommes = fleur  
    • femmes = produits topiques 
    • Microproduction à la hausse

    OK, je continue mon énumération des éléments à retenir pour l’année 2023 :

    • Une forte pression sur les prix pour qu’ils baissent.
    • AUGMENTATION la concurrence illicite avec des opérateurs qui n’hésitent pas a adopté un modèle d’affaires basé sur l’esclavagisme.
    • Nouveaux marchés émergents qui vont vouloir un accès au marché canadien, Le Dossier Importation pour le législateur est important… surtout avec l’éléphant américain qui peut refaire le coup du bois d’œuvre sur le cannabis quand cela pourra l’avantager.
    • Les ventes vont ralentir après la nouveauté initiale de la légalisation.
    • SQDC et le métier de conseiller qui ne décolle pas. Aucune perspective d’avenir pour ces travailleurs contrairement aux cadres de la SQDC qui semblent collectivement s’épanouir.
    • Emplois et compétence. Pour maintenir la cadence, cela va prendre de la main-d’œuvre qualifiée et bien payée. Cela ne se fera pas en criant sécateur.
    • Cannatourisme???
    • Marketing… Une lente évolution.

    Résultat : 

    • premiumization où une migration vers le haut de gamme.
    • + innovation comme des joints préroulés avec embout de verre par exemple.
    • Ne rien attendre des États-Unis pour se refaire une santé financière

    J’aimerais terminer le premier épisode de 2023 avec une perspective pour le Québec. J’ai trouvé un document fascinant qui rassemble toutes les données sur les demandes de licences dans la file d’attente de Santé Canada.

    Il y a 42 demandes qui proviennent du Québec. Seule la Colombie-Britannique fait mieux avec 49 demandes. Sur les 42 demandes provenant du Québec, il y a 13 demandes de licences standards, 27 demandes pour obtenir une licence de microproduction et 2 demandes pour vendre du cannabis médical. Les Kuzen et Teedy du Québec vont avoir encore plus de compétition très bientôt. Fait important à noter, il y a aussi des demandeurs autochtones. 6 pour le Québec, mais 24 en Colombie-Britannique… Le Québec qui a démarré très lentement en 2018 comble progressivement son retard historique et seule la Colombie-Britannique fait mieux avec un total de 49 demandes. L’Ontario? 36 demandes de licences.  

    Par contre, les chiffres de Santé Canada démontrent que 109 licences ont disparu dans l’année, soit par expiration sans renouvèlement ou par révocation.

    Le document de Santé Canada montre que le Québec est distinct. Comment? 17 des demandeurs québécois dans le pipeline de Santé Canada veulent obtenir une licence pour la culture EXTÉRIEURE. Ici le Québec domine le Canada… Pourquoi autant de demandes de cultures extérieures?

    Je vais partager avec vous mon premier OVNI de 2023. Une OVNI est simplement une Opinion Vulgaire Non Informée…

    Je pense que le Québec se lance dans la culture extérieure pour mieux produire des extraits de qualités à bas cout. Je prédis un cout du gramme à 7 sous pour les meilleurs maitres cultivateurs. Cette production extérieure permet un cout de production plancher tout en laissant une grande marge de manoeuvre pour produire de la live rosin ou du bon vieux hash qui se converve mieux que des fleurs.

    2023 va redonner une partie des lettres de noblesse au cannabis d’extérieur. C’est une bonne nouvelle pour les petits futés qui vont se démarquer de leur concurrence. Et c’est une nouvelle extraordinaire pour l’environnement mis à mal par l’industrie du cannabis.

    Et voila, c’était le 133e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. Bonne année 2023.

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

    130 Pot flânage (2022.12.07)

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    #125 Pot flânage (2022.11.02)

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    Alors aujourd’hui, par où va-t-on commencer à flâner? C’est important de tourner en rond à la bonne place… Et je pense que j’ai trouvé un bon spot pour nous lancer. Vous avez tous bien vu que l’industrie canadienne du cannabis tente de faire des pressions sur le...

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