Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec. 

Oui, la compagnie québécoise 9403-2968 Québec Inc. a obtenu le 6 janvier 2023 une licence de microcultivation.  😉

Aucune licence standard dans tout le Canada.

Que des micros. La tendance se poursuit donc.

Cela veut dire quoi ? 

Qu’il y a un ajustement de la vision des entrepreneurs ! Le cout d’acquisition d’une licence standard coute plus cher, c’est vrai. Et les opérations quotidiennes aussi. Mais l’attrait des micros n’est pas qu’une histoire de sous. Les micros qui apparaissent semblent être poussés par le même vent local qui pousse fièrement les microbrasseries. C’est intéressant d’ailleurs de voir que même si les alcools « faibles » comme le vin et la bière perdent des parts de marché, ce sont les microbrasseries qui progressent dans un segment de marché de la drogue qui recule. Ça fait drôle hein quand quand on dit vin, bière et drogue dans la même phrase. 

Voici la fleur de Julien avec sa perle, telle que promise.

Une guttation de Runtz bio.

Study Summary: Chemical Composition of Cannabis Roots

Wikipédia Ulmus davidiana

https://pubchem.ncbi.nlm.nih.gov/compound/Friedelin#section=3D-Conformer

Google opens door, just barely, for advertising of CBD products

Cannabis au Maroc : plus de 100 licences d’exploitation octroyées

T-4-130 – Exigences en matière d’étiquetage des engrais et des suppléments

Analyse obligatoire du cannabis pour les résidus de principes actifs de pesticides

Massachusetts becomes first state to incorporate marijuana education in driver’s ed

Make Way For the Next Cannabis King

For young people, emotions are highly contagious social viruses

Bon flânage!

luc

PS: l’image de l’épisode a été créée par ChatSonic avec la demande suivante:
«Young adults loitering in urban landscape». L’Intelligence artificielle peut tout faire, sauf comprendre le français.

Transcription Intégrale de l'épisode #134

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

J’espère que l’épisode #133 vous a plu. 2023 va être une année importante pour l’industrie canadienne et québécoise du cannabis et je suis heureux d’être ici avec vous. 

Avant de continuer notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine.

Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec. 

Oui, la compagnie québécoise 9403-2968 Québec Inc. a obtenu le 6 janvier 2023 une licence de microcultivation. Aucune licence standard dans tout le Canada. Que des micros. La tendance se poursuit donc. Cela veut dire quoi? Qu’il y a un ajustement de la vision des entrepreneurs! Le cout d’acquisition d’une licence standard coute plus cher, c’est vrai. Et les opérations quotidiennes aussi. Mais l’attrait des micros n’est pas qu’une histoire de sous. Les micros qui apparaissent semblent être poussés par le même vent local qui pousse fièrement les microbrasseries. C’est intéressant d’ailleurs de voir que même si les alcools «faibles» comme le vin et la bière perdent des parts de marché, ce sont les microbrasseries qui progressent dans un segment de marché de la drogue qui recule. 

Ça fait drôle hein quand quand on dit vin, bière et drogue dans la même phrase.

On peut même penser que des microproducteurs autorisés pourraient s’inspirer, voir s’allier avec l’industrie des microbrasseries. Leur mission est similaire et on peut penser que le profil sociodémographique des propriétaires est semblable. En tout cas, il y en a beaucoup qui portent des casquettes. 

Sinon, c’était tranquille au Québec. Je n’ai pas vu de transaction ou de grosse déclaration. 

Faut pas oublier que tout change cette semaine à la SQDC pour les PA québécois. Oui, cette semaine, un vendredi 13 en plus, la SQDC va communiquer ses décisions de commercialisation. Cela devait avoir lieu le 9 décembre 2022, mais la SQDC a unilatéralement décidé de repousser d’un mois son processus. Pas facile quand ton métier consiste à faire pousser des fleurs de voir ton calendrier chamboulé à la dernière minute. Mais c’est le privilège des monopoles d’avoir toujours raison. Je vais sans doute écrire un article sur Bon Stock vendredi avant de pouvoir vous en reparler la semaine prochaine. En tout cas, ce vendredi 13 sera une date historique pour l’industrie. Il y aura forcément plus de malheureux que d’heureux.

Mais on flâne aujourd’hui. Alors je vais m’amuser, puisqu’on flâne, je vais m’amuser donc à faire comme si j’étais au pouvoir. Oui comme dans Si j’étais au pouvoir…, je ferais telle ou telle chose pour développer l’industrie du cannabis. OK. Ça va? Le président français François Hollande a donné une entrevue où il répétait : Moi, président de la République. C’est une anaphore. C’est la répétition d’un mot, d’un groupe de mots au début de phrases successives pour produire un effet de symétrie ou de renforcement. 

Moi, Président du Québec… genre.

 Vous connaissez l’épifriedélanol ou epifriedelanol en anglais. C’est un triterpène. Oui, encore une substance organique présente dans la résine de certains arbres. Comme l’orme de David par exemple.

Wikipédia dit ceci :

Ulmus davidiana, également connu sous le nom d’orme de David, ou orme du Père David, est un petit arbre à feuilles caduques largement répandu en Chine, en Mongolie, en Corée, en Sibérie et au Japon, où on le trouve dans les zones humides le long des cours d’eau à des altitudes de 2000-2300 m (6 500–7 500 ft). L’arbre a été décrit pour la première fois en 1873 dans les collines au nord de Pékin, en Chine.

Depuis une grosse recherche qui date de 2010, on sait que l’épifriedelanol est des inhibiteurs les plus efficaces contre la sénescence cellulaire ou le vieillissement des cellules. Entre autres… Ça vaut 86 $ le gramme pour un acheteur commercial.

Il n’y a pas d’épifriedélanol dans la partie visible d’un plant de cannabis. Mais, mais, mais, il y en a plein de l’épifriedélanol dans ce que jette les producteurs autorisés. Oui, l’épifriedélanol se trouve dans les racines du plant de cannabis. 

Moi, président du Québec… 

Alors si j’étais au pouvoir, je lancerais une recherche scientifique sur la mise en valeur des racines de cannabis. Les Chinois utilisent les racines de cannabis depuis toujours. Je ne vais pas me lancer dans la liste moderne ou ancienne des vertus de l’épifriedélanol. Les deux sont très longues. Mais si j’étais au pouvoir et que je tenais un discours cohérent sur l’économie circulaire, je ferais tout pour valoriser ce que les producteurs jettent et qui vaut plus cher que la plus chère des fleurs disponibles à la SQDC.

Si j’étais au pouvoir, je pourrais aussi aider à la création d’une coopérative qui ramasserait les racines pour faire des études sur l’extraction de toutes les molécules présentes dans les racines de cannabis.

Il s’agit peut-être de très très bonnes mauvaises idées. J’en suis conscient. Mais si j’étais au pouvoir, je rassemblerais 3-4 sachantEs et après une heure, on aurait un projet. Ou pas, si c’est une mauvaise idée. Mais j’ai trouvé une étude qui date de 2021 qui démontre la quantité massive de triterpénoïdes dans les racines des plants de cannabis. Les chercheurs ont réussi à quantifie l’épifriedelinol en fonction du chémovar, de la période de récolte, des conditions de séchage et de l’efficacité de l’extraction à l’éthanol et au CO2 supercritique. Ce n’est pas merveilleux! On transformerait des déchets en or…

C’est quoi la différence entre des terpènes et des triterpènes? J’ai posé la question à un système de recherche doté d’intelligence artificielle. Voici sa réponse texto!

Les terpènes sont des composés volatils responsables de l’arôme et de la saveur de nombreuses plantes et fruits, tandis que les triterpènes sont des composés non volatils qui se trouvent dans les parois cellulaires des plantes et ont diverses activités biologiques.

Une très bonne pour l’industrie du CBD en Amérique du Nord

Google va permettre la publicité pour les produits à base de CBD en Californie, au Colorado et à Porto Rico. C’est tout ce que je sais pour l’instant, mais c’est l’équivalent d’un mouvement de plaques tectoniques.

Vous avez vu la nouvelle, je suis sur… Canopy Growth se retire du marché canadien de la vente au détail de cannabis. On ne va pas faire un chapitre sur ce sujet. C’était écrit dans les astres comme dans désastres… M. David Klein, le PDG, affirme que ce geste permettra à Canopy de se concentrer sur l’atteinte de la rentabilité grâce à des opérations rationalisées au Canada.

Qu’est-ce qu’on dit? 

Merdoum pour la suite.

Ça ne va pas mieux pour Tilray. On parle d’une perte de 61,6 millions US pour le dernier trimestre alors que l’an passé, pour la même période, la société dégageait un profit net de 5,8 millions US.

Dans un registre complètement différent, je voudrais vous parler rapidement d’une photo que j’ai reçue cette semaine de Julien Raymond. Julien est le proprio et le maitre cultivateur de Juste Feu, un microproducteur établi dans la région de Lachute. Cela m’a pris une seconde pour comprendre ce que je voyais. Et soudainement, je me suis rappelé d’un mot que j’avais oublié. Guttation. Oui, la guttation, c’est un phénomène d’excrétion d’eau par les plantes. La photo d’une fleur de son cultivar à succès Runtz parle d’elle-même. Il y a littéralement une grosse goutte foncée sur une de ses fleurs en période de séchage. Les curieuses vont trouver une photo dans les notes de l’épisode. Je vais aussi la mettre sur le groupe Facebook de Bon Stock. 

La sève contient des aliments et des déchets. Ce que je ne savais jusqu’à ce matin, c’est qu’il y a deux types de sève. La sève du xylème s’occupe de tout ce qui transite du sol vers les feuilles. L’autre sève, dite du phloème, transporte les nutriments des feuilles vers les autres parties de la plante. Le sirop d’érable est une sève xylème. La définition de xylème est tissu végétal constituant le bois qui conduit la sève brute.

Et si on faisait un détour par le Maroc! Ça bouge très très vite là-bas. Le Roi s’arrange pour prendre de vitesse tout le continent africain et une partie de l’Europe. Le royaume aurait déjà accordé une petite centaine de licences de production. Selon le journal ObservAlgérie et là je cite texto :

 Ces licences ont été octroyées au bénéfice des agriculteurs exerçant dans des régions spécifiques. En effet, ces agriculteurs sont issus de l’une des trois régions codifiées à savoir Chefchaouen, Taounate et Al Hoceima. Il faut aussi souligner que la deuxième activité concerne la production et l’exploitation de plants, l’importation de semences et plants, ou l’exportation de ces derniers, et il s’agit d’activités menées par des personnes et non par des entreprises. Le reste des activités est réalisé par des entreprises, soit celles liées à la transformation, au transport, à la commercialisation et à l’exportation de cannabis et à l’importation de produits à base de cannabis.

On est très très loin de la bulle financière créée au Canada. Et c’est tant mieux pour les Marocains.

Le radar des consommateurs se rafine depuis les débuts de la légalisation… Certains d’entre eux commencent à se plaindre de l’utilisation des PGR ou régulateurs de croissance des plantes, les plant growth regulators en anglais. Pour augmenter leur production, les PA se servent de ces produits qui sont en fait des hormones synthétiques. Certains de ces produits sont permis par Santé Canada. Le consommateur à deux choix en l’absence de mentions de ces produits sur les étiquettes des produits légaux qu’il achète. Soit tu achètes du bio, soit tu apprends à reconnaitre les fleurs qui ont été traitées avec ce genre de produits. Pour les curieuses, il y a un lien pour 2 articles sur le sujet. Perso, je n’ai pas été convaincu par la description de ces signaux… Le plus fou, c’est que les régulateurs de croissances sont efficaces pour obtenir des cocottes qui sont jolies, mais ils réduisent aussi généralement le % de THC. Et ils donneraient aussi une saveur artificielle aux fleurs… D’un côté, un bag appeal à la hausse et de l’autre un cultivar qui n’a pas accompli tout son destin…

Vous avez fait ce genre de constat avec des produits légaux que vous avez achetés à la SQDC? Vous travaillez dans l’industrie et votre entreprise utilise des régulateurs de croissance permis par Santé Canada? Je suis curieux d’en savoir plus. lucprevost@hotmail.com

Le lien pour tous les produits permis par Santé Canada est dans les notes de l’épisode. Il y en a 96 en tout.

Il est important, par contre, de comprendre que leur utilisation n’est pas forcément illégale. Voici ce que dit le site de Santé Canada :

Les régulateurs de croissance des plantes constituent un sous-ensemble des suppléments qui déclenchent des réactions de croissance spécifiques chez les végétaux (par exemple, une augmentation de la croissance des racines, le développement des pousses, le déclenchement de la floraison, etc.). Les régulateurs de croissance des plantes sont réglementés soit par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), soit par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada, selon le mode d’action, le profil d’utilisation et les allégations de rendement.

Fin de la citation.

Le sujet des régulateurs de croissance est captivant. On va y revenir quand j’aurai trouvé un spécialiste pour en discuter avec moi. Vous connaissez un spécialiste… Vous savez où me rejoindre… lucprevost@hotmail.com

Y a pas que des mauvaises nouvelles dans le cannabis. J’en ai vu une bonne nouvelle cette semaine qui provenait du Massachusetts. Il est fort probable que le SEC n’est pas encore enseigné dans les facultés de médecine là-bas, mais si tu suis un cours de conduite dans cet état américain, tu vas devoir étudier un module sur les déficiences cognitives et physiques causées par la consommation du cannabis.

Le nouveau module, intitulé «Shifting Gears: the Blunt Truth about Marijuana and Driving» est une réalisation de l’American Automobile Association. Le programme devrait commencer ce mois-ci, en janvier donc et serait le premier du genre aux États-Unis.

Cela veut dire que 50 000 conducteurs débutants recevraient la formation par an…

La fondation de l’AAA croit que les États américains, à cause de la légalisation du cannabis, seront confrontés à des problèmes provenant de la conduite sous influence du cannabis. 

On va bientôt en reparler, ici ou sur Bon Stock, car j’ai trouvé un document incroyable que je suis en train d’étudier avant de le partager avec vous.

J’ai beaucoup parlé récemment des tonnes de cannabis qui ont été détruits. On vient d’avoir les chiffres pour 2021 et ceux de 2022 et 2023 ne seront pas meilleurs. Si tu produis plus que tu peux vendre, tu fais quoi avec ton surplus?

L’extraction semble être la réponse habituelle et naturellement, il y a de plus en plus d’offres sur le marché, ce qui devrait faire baisser le cout de l’extraction… Oui, c’est un sujet en soi l’extraction au Québec et au Canada. Mais c’est une saga pour une autre fois. On peut par contre dire sans se tromper qu’il y a beaucoup d’avancées technologiques dans ce secteur, des avancées qui seront des facteurs de différenciation dans un marché qui est peut-être déjà surdimensionné par rapport aux besoins réels de l’industrie du cannabis. La Rosin fait à partir de fleurs congelées qui semble être un produit qui va éclater en 2023. Le produit final est génial et peut être consommer de multiples manières dont le vapotage qui plait tant aux consommateurs légaux les plus jeunes. Sa conservation est aussi beaucoup plus simple et sa durée de vie plus longue et plus simple à gérer.

Est-ce que l’on va voir une nouvelle génération de créateurs de produits qui vont simplement agencer les ingrédients actifs pour générer des produits inédits et faciles à consommer? 

La production à façon devrait aussi décoller. Je vous donne un exemple. J’achète depuis quelques années un produit fait à base de margousier. Je mets ça sur le chamois de mes cuissards de vélo. Cela permet de ne pas s’user certaines bouts de peau qui sont assez tendres. La compagnie qui fabrique ça s’appelle Ferlow Botanical. Et bien, je pourrais demain matin demander à Ferlow de me créer un produit de cannabis fait avec des fleurs de mon choix. La compagnie me soumettrait 4 -5 versions initiales et après quelques tests, elle pourrait me fournir des produits que je pourrais vendre partout au Canada. Ce genre de service existe peut-être également au Québec, mais je n’ai pas encore fait la recherche. Vous connaissez une boite québécoise qui offre ce service de fabrication à façon? Faites-moi signe… 

Le premier produit qui me vient à l’esprit serait la création d’un baume cannabis pour aider la cicatrisation des tatouages… Cela pourrait être même une sorte de cheval de Troie pour lancer toute une gamme de produits «styles de vie»! Comment me demandez-vous?

Par contagion qui n’est pas unique à la propagation des maladies…

Nos émotions, la science le prouve régulièrement, nos émotions sont socialement transmissibles. La contagion émotionnelle va être la bonne façon de faire du marketing pour le cannabis. Bienvenue en 2023!

Parlant de contagion et par extension d’absence au travail, la recherche de personnel qualifié s’avère un gros défi pour l’industrie canadienne du cannabis. La grande majorité des salaires ne rendra personne riche et on peut même penser que beaucoup de petites mains de l’industrie vivent sous le seuil de la pauvreté et donc dans la misère. Cela n’est pas propre à l’industrie du cannabis évidemment. Je lisais cette que l’industrie française du luxe fait également face à un problème similaire. 

Le joailler Van Cleef & Arpels, par exemple, fabrique tout en France. Et le grand patron de cette entreprise est très focalisé sur la transmission des savoir-faire essentiels pour la pérennité de l’entreprise. L’industrie du luxe en France a perdu de son lustre, car les petites mains se détournent de ce secteur d’activité très exigeant, mais connu pour être peu payant. Historiquement, l’appel du prestige suffisait. Plus maintenant. Exactement comme dans l’industrie du cannabis où le facteur de nouveauté a dépassé sa date de péremption. Et oui, le cannabis légal ne fait plus rêver. Plus de la même façon en tout cas. Heureusement, l’industrie peut recruter à l’étranger et là, ce qui fait rêver, c’est le salaire qui parait dérisoire aux Québécois… C’est comme pour les racines… Ici on les jette. Ailleurs, on les transforme en profit. En France, les marques de luxes se livrent à des efforts non concertés. À vue de nez, c’est dû chacun pour soi. Au Canada, les principaux acteurs de l’industrie du cannabis n’ont pas cette marge de manœuvre. Verrons-nous un effort commun pour nous assurer d’une relève compétente? Peut-être. Ce que l’on sait pour sûr, c’est que ceux qui savent, les ex du marché noir, eux ne sont pas bienvenus dans l’industrie canadienne. Tant pis pour l’industrie… 

Et si on flânait un peu côté chirurgie? Une grosse recherche est sortie il y a quelques semaines. Je vous lis les prémisses de cette recherche en commençant par le contexte.

Les deux dernières décennies ont vu une augmentation de la consommation de cannabis en raison à la fois de changements réglementaires et d’un intérêt pour les effets thérapeutiques potentiels de la substance, mais de nombreux aspects de la substance et de leurs implications pour la santé restent controversés ou peu clairs. 

Alors en novembre 2020, l’American Society of Regional Anesthesia and Pain Medicine a élaboré des directives pour l’utilisation périopératoire du cannabis. 

La définition de périopératoire?

Qui a trait à toute la période qui entoure une intervention chirurgicale. Par exemple, l’expression soins périopératoires désigne les soins à donner à un patient avant, pendant et après une intervention chirurgicale.  

Alors pour les besoins de l’étude, on a conçu neuf questions. Comme :

Tous les patients qui subissent une intervention chirurgicale ou une procédure nécessitant une anesthésie devraient-ils subir un dépistage des cannabinoïdes avant l’intervention et, dans l’affirmative, quelles informations devraient être obtenues?

Les sujets abordés comprenaient le dépistage périopératoire, le report d’une chirurgie élective, l’utilisation concomitante d’opioïdes et de cannabis en périopératoire…

Les premiers résultats de la recherche?

Les patients chirurgicaux qui utilisent des cannabinoïdes présentent un risque potentiellement accru de résultats périopératoires négatifs. 

Conclusions?

Les médecins doivent-ils dépister le cannabis chez les patients qui subissent une anesthésie? Selon l’Americans Society of Regional Anesthesia (ASRA), les patients qui subissent une anesthésie devraient faire l’objet d’un dépistage pour le cannabis. Pourquoi? Entre autres, parce que selon une recherche produite par le Cleveland Clinic, les non-consommateurs de cannabis souffrent moins que les consommateurs de cannabis le lendemain d’une opération.

Évidemment, les militants procannabis se demande comment on peut réduire les libertés civiles des patients et troubler leur vie privée sur la foi d’une seule étude. C’est le même type de raisonnement auquel se livre le législateur québécois en rendant le cannabis légal pour les plus de 21 ans.

Je ne dis pas que le raisonnement de l’ASRA est faux.

Je dis qu’il y a plus de 42 000 études sur le cannabis, mais le gouvernement français dit qu’il manque encore de recherche. OK.

Dans le cas dont je vous parle, il y a une seule recherche. Et cela est suffisant, semble-t-il, pour tirer des conclusions qui vont impacter des milliers de gens en attente de chirurgie… On dirait que les exigences de la science se modulent en fonction de critères corporatifs ou financiers. Est-ce vraiment raisonnable?

Je disais dans la revue de l’année 2022 la semaine passée que de bas prix, voilà ce que désirent les consommateurs. Cela nous emmène en Colombie où les choses bougent aussi vite qu’au Maroc on dirait.

Prenons l’entreprise Flora (NASDAQ : FLGC). Il s’agirait du plus grand cultivateur commercial de cannabis en Colombie.

On parle de cannabis extérieur qui pousse dans des conditions idéales. Il s’agit donc de culture économique et potentiellement naturelle, c’est-à-dire sans intrant agrotoxique ou même des produits qui pourraient être qualifiés de biologiques. Flora a commencé en septembre 2022 à livrer des isolats de CBD aux États-Unis et des fleurs en Suisse et en République tchèque. Donc l’Amérique du Sud sait aussi naviguer dans les labyrinthes de la réglementation internationale. Flora a depuis vendu et livré des fleurs de cannabis aux États-Unis et en Europe. Juste pour se donner une idée des volumes produits, Flora avait initialement plafonné ses exportations à 43 000 k, mais la forte demande l’a forcé à relever ses objectifs initiaux. L’entreprise a même finalisé l’achat la semaine passée de Franchise Global Health pour ouvrir les vannes en Europe. Franchise Global Health est une société de cannabis médical entièrement intégrée et axée sur l’Europe, avec des expertises en génétique et en culture. Cet achat lui permet aussi d’attendre activement la légalisation du cannabis nonmédical en Europe.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

J’ai une dernière nouvelle à partager. Je suis attentivement toutes les publications d’un média qui s’appelle The Cannigma. Je vous ai souvent parlé d’eux et du fait que chaque article publié est vérifié par un scientifique. Il y a pharmacien dans l’équipe qui s’appelle Cody Peterson. Et bien ce matin, il a lancé un appel à l’aide, car l’argent provenant de la première levée de fond pour lancer le projet est épuisé. Malgré plus de 5 millions de visites sur son site, The Cannigma va devoir cesser ses activités si de l’argent frais ne rentre pas rapidement. Le cannabis n’est pas facile pour les producteurs autorisés, c’est un fait. Mais toutes les industries en périphérie n’ont pas la vie plus facile. Ce projet était remarquable, mais cela ne semble pas suffire…

Bon j’ai le temps d’encore vous faire rire ou pleurer… 

VOus savez c’est qui du snus? C’est de la Poudre de tabac mélangée avec de l’eau et des arômes, qui se consomme en la plaçant entre la gencive et la lèvre supérieure selon mon dictionnaire. Et bien il semblerait que beaucoup d’enfants en Islande se retrouvent aux urgences parce qu’ils ont piqué le snus de leurs parents. Presque un tiers des 18 – 34 ans consomment ce type de produits. Les intoxications à la nicotine ne sont pas un phénomène nouveau, mais le format des snus rend la consommation plus intéressante, car on parle d’aromes choisis avec soin. Ça ne sent pas le fond de cendrier ces machins-là.

Alors si vous avez des enfants en bas âge, vous pouvez laisser vos cigarettes sur la table de cuisine, mais pas vous snus. Votre enfant ou votre chat vous remerciera un jour!

Et voilà, c’était le 134e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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