Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre licences micro. La compagnie québécoise qui a obtenu une licence de microculture s’appelle Origine Nord-Est Inc. Je suis allé voir qui était propriétaire au registre des entreprises. C’est une femme et elle est l’actionnaire majoritaire. Qu’est-ce qu’on dit? Merdoum pour la suite! 

On débute notre flânage. Voici les liens qui vous donneront un apercu des discussions.

Bonne écoute!

Nouveau recours contre un corps policier

Cannara annonce une proposition de regroupement d’actions

HEXO Corp. annonce le dépôt d’un supplément à la circulaire de sollicitation de procurations pour la nomination de l’auditeur 

Riel Roussopoulos-Indispensable

HEXO annonce cinq nouvelles variétés de cannabis 

Cannabis sector rails against unfair taxes, fees

Effet d’un traitement de quatre semaines au cannabidiol sur la fonction cognitive

Dan Sutton encore!

Le chien de garde de l’industrie alimentaire est (presque) né

Chemical and Biological Studies of Cannabis sativa Roots

Reuse: The Canadian Cannabis Industry’s next step for Dried Cannabis Packaging

Expérimentation sur le cannabis médical : premiers résultats favorables

En Alberta, les consommateurs de cannabis sont invités à faire preuve de modération

Quand l’alcool dans les relations intimes ne fait pas bon ménage

Atomic Flower Cannabis ferme ses magasins en raison de la «saturation du marché»

Trop de magasins de cannabis font chuter les prix, s’inquiètent des détaillants

Des entrepreneurs ouvrent de plus en plus de magasins de cannabis au Manitoba

Pediatric Hospitalizations for Unintentional Cannabis Poisonings and All-Cause Poisonings Associated With Edible Cannabis Product Legalization and Sales in Canada

Canadian-Israeli Cannabis Company Goes Public on Canadian Exchange

The Promised Land of Cannabis?

Getting Control of the Cannabis Post-Harvest Process by Ed Rosenthal

Productivité végétale : premier engagement électoral concrétisé

L’avenir incertain des microdistilleries québécoises

Should Canada follow U.S. lead and make anti-impaired technology mandatory in all new cars?

 

Photo de Gaelle Marcel sur Unsplash

Transcription Intégrale de l'épisode #135

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Il y a eu quelques nouvelles au Québec. L’industrie se dégèle après la trêve des Fêtes.

D’abord il y avait quelques Québécois à l’Expo Lift à Vancouver. C’est toujours bien de voir que le Québec qui fait sentir sa présence à l’autre bout du pays.

Nouveau recours contre un corps policier

Parlant de faire sentir sa présence, la police, en janvier 2022, a fait un raid pour aider un patient médical qui avait évidemment le bon et parfait permis de culture personnelle. La police a tout de même saisi tout son cannabis, lui laissant uniquement 150 gr. Presque un an plus tard, une décision de la Cour du Québec condamne le même citoyen pour avoir possédé plus de 150 grammes dans un lieu autre qu’un lieu public. 

Le groupe SGF a décidé et là je cite leur propre texte :

… nous nous sommes portés volontaires afin de faire appel de cette décision, mais aussi pour poursuivre au civil le corps policier pour le préjudice causé au patient!

Du travail pro bono pour le cannabis? Cela mérite notre respect.

On va suivre ce dossier qui est important. 

Imaginez un raid de la police dans la pharmacie de votre salle de bain…

«Y’a trop de Valiums ici, madame!»

Évidemment, je caricature. Je ne sais rien de cette cause.

Toujours au Québec, Cannara a annoncé une proposition de regroupement d’actions. Cannara est la société en bourse la plus aimée au Québec. Peut-être au Canada. Et peut-être pas uniquement dans le contexte du cannabis. Mais il est vrai que la plupart des consommateurs de cannabis ne savent pas que Cannara est à la Bourse. La qualité du produit et son prix sont très appréciés et très soutenus sur les réseaux sociaux. Cannara a aussi son groupe sur Discord où le lien entre les consommateurs et le boss Nicholas Soziak, est ultra direct. C’est beau à voir. Il y a une fusion réelle. Peut-être le premier bien de consommation courante, le fameux consumer package good, dans le domaine du cannabis au Québec, viendra de chez Cannara.

Donc Cannara a annoncé une proposition de regroupement d’actions.

Là je vous lis texto le communiqué de Cannara :

Cannara est un producteur verticalement intégré de cannabis et de produits dérivés de qualité supérieure avec deux méga-installations de culture situées au Québec et couvrant plus de 1 650 000 pieds carrés, a annoncé aujourd’hui les détails de sa proposition de regrouper toutes les actions ordinaires émises et en circulation de la Société à raison de dix (10) actions ordinaires avant regroupement pour une (1) action ordinaire après regroupement, sous réserve de l’approbation des actionnaires à la prochaine assemblée des actionnaires qui aura lieu le 25 janvier 2023, ainsi que de l’approbation de la TSXV.

Pourquoi Cannara fait ça? 

Son conseil d’administration estime et là, je cite texto de nouveau :

… que le regroupement des actions donnera à la Société une plus grande souplesse dans l’élaboration de ses plans.

D’accord. Que puis-je dire?

Ahhhh, deux grosses nouvelles chez HEXO aussi. 

Un fleuron québécois.

D’abord HEXO Corp. annonce le dépôt d’un supplément à la circulaire de sollicitation de procurations pour la nomination de l’auditeur 

C’est que PricewaterhouseCoopers qui était l’auditeur de HEXO a décidé de ne plus exercer ces fonctions après le dernier exercice que se terminait le 31 juillet 2022. Donc HEXO veut simplement remplacer son auditeur. Pourquoi PricewaterhouseCoopers a pris cette décision? Je ne sais pas et je n’ose même pas une OVNI… 

Des belles nouvelles aussi de chez HEXO dont j’ai pris connaissance dans la presse française initialement. Ensuite, le classique communiqué de presse français-anglais. Rien dans les médias québécois. 

Cette semaine, j’ai le plaisir de vous présenter un ami de l’industrie du cannabis. C’est un montréalais qui a une grande expérience dans le secteur du cannabis. Voici donc Riel Roussopoulos qui nous parle en moins de 5 minutes de la nouvelle qui retenu son attention dans le commerce du cannabis au Canada avec sa propre expérience professionnelle pour éclairer notre compréhension. Riel propose chaque semaine sa vision de l’actualité en format video sur youtube. Les curieuses vont trouver le lien pour aller l’écouter.

Le communiqué est généreux d’informations. Je vais tenter de synthétiser tout ça :

  • D’abord trois nouveaux produits Redecan de HEXO, trois cultivars à THC de 23 à 35 % avec des profils terpéniques élevés. Les maitres cultivateurs de HEXO optimisent leurs souches exclusives.

  • Sex Panther indica
  • Violet Fog indica 
  • Animal Rntz, une combinaison Animal Cookie et RNTZ

Rick Redekop est un maitre cultivateur chez HEXO, mais aussi le cofondateur de Redecan. Il dit que… Moins de 0,5 % de toutes les souches de cannabis que nous avons évaluées ont satisfait les critères internes de HEXO pour faire partie de la nouvelle série TnT de Redecan.

OK. Maintenant HEXO lance aussi deux nouveaux cultivars qui intègrent la gamme Original Stash Brand :

  • Atomik Sour Haze, un sativa
  • Ghost Gelato, un indica

Ces deux cultivars sont l’expression de Brad Carter qui travaille à l’installation HEXO de Masson au Québec. Comme maitre cultivateur, il travaille déjà avec son équipe sur de nouvelles fleurs qui seront disponibles dès l’été 2023. Donc une autre affaire à suivre.

OK. C’est tout pour les nouvelles du Québec…

NON! J’allais oublier.

Vendredi passé était Vendredi le 13 de la SQDC. C’était le vendredi le 13 janvier que la SQDC tranchait et annonçait ses décisions. Pour faire de la place pour de nouveaux produits, la SQDC doit retirer des produits. S’agit-il d’une décision mathématique? Vélocité des ventes genre…

C’est l’impression que j’ai de loin. Une OVNI quoi. J’ai déjà appris que certains produits qui étaient vraiment appréciés par les connaisseurs ne seront plus vendus en succursale.

 La SQDC a donc appelé les PA (producteurs autorisés) à soumettre des offres de produits pour remplir sa matrice. La SQDC peut se permettre de demander un produit qui ne correspond pas aux tendances actuelles du marché. C’est le producteur qui veut entrer à la SQDC qui prend le risque. C’est à la fois la force et la faiblesse du monopole dans sa formule québécoise. Donc on se retrouve avec des PA qui peuvent soumettre 25 produits pour en caser au final deux ou trois. Un PA peut donc simultanément perdre des revenus de la SQDC et devoir engager de nouvelles dépenses pour remplir la commande acceptée. 

C’est en observant l’offre à la SQDC que l’on pourra d’ici quelques semaines déterminer la nouvelle configuration des fournisseurs de la SQDC.

Je parlais de l’Expo Lift au début de l’épisode. L’industrie en a profité pour discuter de l’iniquité de sa situation d’industrie mal aimée.

Cannabis sector rails against unfair taxes, fees est le titre d’un article de Glen Korstrom dans le magazine BIV ou Business Intelligence Vancouver.

Le sous-titre : Les dirigeants, les entrepreneurs et les défenseurs du cannabis se sont attaqués aux taxes élevées et injustes, ainsi qu’aux frais gouvernementaux et aux majorations, lors de la conférence Lift à Vancouver.

 George Smitherman, le boss du Cannabis Council of Canada était là avec ses statistiques. Dan Sutton aussi. C’est un PA très impliqué depuis le début de ce combat. 

Un gars qui s’appelle Jeremy Jacob que je ne connaissais pas à répéter des choses intéressantes.

La Colombie-Britannique permet la vente à l’usine, au bunker ou à la ferme. Farmgate. Donc un PA peut vendre directement aux consommateurs, mais la British Columbia Liquor Distribution Branch (BCLDB) va lui facturer une marge de 15 % pour couvrir les frais logistiques qui sont effectué par le PA. Là je cite texto le texte de Korstom :

Si vous êtes un petit producteur et que vous bénéficiez de la livraison directe, qui est censée améliorer votre compétitivité et vous donner accès au marché, le gouvernement vous fait payer les mêmes 15 %. Mais vous devez maintenant l’entreposer vous-même, l’assurer vous-même, vous occuper de l’exécution de vos commandes, et tout cela a un coût qui s’ajoute à la majoration de 15 %

Jeremy est l’actuel président de l’Association canadienne des détaillants de cannabis et est grandement impliqué dans la réforme règlementaire.

Finalement, Deepak Anand, un consultant de Toronto dans le cannabis continue son action pour faire abolir la taxe sur le cannabis médical.

On a dit qu’on allait flâner. Une drôle d’étude que j’ai vue passer cette semaine.

Est-ce qu’un traitement de 4 semaines au CBD peut avoir un impact sur la fonction cognitive? L’hypothèse de l’équipe de recherche est simple : un traitement au CBD améliorerait la cognition mesurée au début et à la fin des 4 semaines. Et tout ça comparé à un placébo.

Les 70 participants présentaient, selon l’étude, un trouble modéré ou sévère de la consommation de cannabis selon le DSM-5. Tous les participants avaient l’intention d’arrêter de consommer du cannabis. 

La j’y vais texto, il s’agissait… d’un essai clinique de phase 2 a randomisé, en double aveugle, en groupe parallèle et contrôlé par placébo, portant sur l’administration quotidienne de 4 semaines de 200 mg, 400 mg et 800 mg de CBD pour le traitement du trouble de la consommation de cannabis. 

Les conclusions? Encore une fois texto : 

Dans cet essai clinique sur le trouble de la consommation de cannabis, le CBD n’a pas influencé la mémoire verbale différée. Le CBD n’a pas eu d’effets cognitifs larges, mais un traitement de 800 mg par jour peut améliorer la manipulation de la mémoire de travail.

Avant d’aller plus loin, cela veut dire quoi «améliorer la manipulation de la mémoire de travail»?

Et bien, selon Merlin, l’extension pour Chrome qui répond avec des phrases complètes, la manipulation de la mémoire de travail est une forme d’entrainement cognitif qui implique des activités destinées à améliorer la capacité à se rappeler et à traiter rapidement des informations. Il s’agit généralement d’activités telles que des jeux de mémoire, des puzzles et d’autres exercices qui font appel à la mémoire à court terme.

Le CBD le moins cher à la SQDC est le Tyche CBD 250 à 19,90 $ pour 250 mg. Donc pour faire des puzzles plus rapidement, ça coute genre 60 $ avant taxe par jour pendant 40 jours. C’est sur que si tu dois acheter pour 2400 $ de CBD, tu vas arrêter de fumer du THC simplement parce que tu n’as plus d’argent. 

Je trouve que la description de l’étude Un essai clinique sur le trouble de la consommation du cannabis est un peu dévoyé par rapport à son titre :

Le cannabidiol rend-il le cannabis plus sûr? 

On va se trouver un spécialiste, un de ces jours. Une personne qui regarderait cette recherche comme un garagiste inspecte une voiture.

J’ai appris un nouveau mot cette semaine. Grâce à Dan Sutton que j’ai déjà nommé une fois. Il a publié en janvier 2023, juste à temps pour l’Expo Lift, le document CANADIAN CANNABIS POLICY THROUGH AN ECONOMIC LENS C’est signé #StandForCraft. Il y a un lien pour le document dans les notes de l’épisode évidemment. Le document aborde les différents risques potentiels comme un monopole, on peut penser au Québec, mais aussi au Nouveau-Brunswick. Je m’arrête là. Les curieuses iront lire le document. Mais le chapitre suivant s’intéresse aux acheteurs monopsone… C’est quoi un monopsone? Texto du document :

Un monopsone est une structure de marché dans laquelle il n’y a qu’un seul acheteur d’un bien ou d’un service particulier. Lalalalalalala… L’un des effets d’un monopsone est qu’il a la capacité de fixer des prix plus bas que le prix du marché concurrentiel. 

Le plus grand monopsone au monde? J’ai demandé à Merlin :

Le plus grand monopsone est le ministère américain de la Défense, qui est responsable de l’achat de biens et de services d’une valeur de plus de 400 milliards de dollars chaque année.

Je vous dis Son Étymologie avant que je l’oublie :

de l’affixe d’origine grecque mono⁠-, «un seul», et du grec ancien opsōnein, «acheter des victuailles»

Et il y a du nouveau dans l’histoire du cannabis… On connait le refrain : il y a 10 000 ans en Asie… C’est l’hypothèse de la domestication unique. La plus récente hypothèse avance que des cultivars domestiqués d’origine européenne auraient coexisté avec la filière asiatique. Les enseignements des données moléculaires permettent uniquement une estimation de la date. Les plus récentes études archéobotaniques soutiennent cette hypothèse. Plus de recherches sur le sujet permettront de mieux comprendre l’histoire de la plante, mais pourraient aussi nous informer des espèces autochtones et de leur adaptabilité aux territoires.

Et si on flânait un peu côté alimentation?

Une idée à copier… 

Je suis toujours à l’affut d’informations qui nous intruisent sur l’évolution de l’industrie du cannabis. Et l’actualité de l’industrie alimentaire est une toujours une vraie source d’inspiration. Cette semaine j’ai vu passer cette nouvelle :

C’est le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne qui a annoncé le résultat de deux ans de travaux dont les consommateurs seraient les premiers bénéficiaires. On parle ici d’un code de conduite visant à assainir les relations commerciales entre les réseaux d’épicerie et leurs fournisseurs. 

«Si la chaîne [d’approvisionnement] est vraiment en santé, ça veut dire que le consommateur va avoir les bons produits au bon prix…» a dit le le ministre Lamontagne. Cela favorise aussi l’innovation, la création de nouvelles entreprises et l’investissement.

Pourquoi ne pas imiter cette initiative et introduire un code de conduite pour la SQDC qui est dans une situation de monopole? Un tel code de conduite serait-il utile dans l’industrie du cannabis? Quand j’écoute les plaintes officielles et celles faites sous le sceau de la confidence, il est clair que l’industrie du cannabis au Québec et dans le ROC sent le besoin d’assainir ses relations d’affaires. Si je réussis à mettre la main sur ce code de conduite, je vous en reparle évidemment.

Est-ce que vous avez aimé mon idée de recherche sur les racines de cannabis? Dans le dernier épisode, j’ai évoqué la mise en valeur des racines des plants de cannabis qui regorgent de molécules qui valent très chères et qui sont absentes des fleurs et feuilles… Je suis tombé presque par hasard sur plusieurs études qui quantifiaient la quantité et la diversité des molécules présentes dans les racines.

Dans une étude de 2018, près d’une dizaine de composés ont été isolés et identifiés à partir d’une variété de racines de cannabis à forte teneur en CBD. Certains de ces composés présentent des activités antimicrobiennes intéressantes. Les chercheurs commencent à trouver des composés qui pourraient être des marqueurs pour distinguer les racines de la variété CBD. Le monde à l’envers.

J’ai aussi vu passer une belle recherche canadienne qui tentait de répondre à la question suivante :

Que faudrait-il pour que l’industrie du cannabis adopte un centre de recyclage en circuit fermé comme le magasin de bière?

L’étude date de 2020, mais la situation n’a guère changé. Dorotea Bajic, l’auteure de la recherche nous présente le problème, le besoin/la volonté, les mesures déjà prises, le cadre de la solution et, enfin, une proposition de la solution. On ne fera pas le tour de tout le problème, car on serait encore ici demain matin. Mais il existe un problème et l’industrie qui demande de l’aide aux gouvernements va devoir y songer un jour ou l’autre. D’ailleurs, comment une industrie qui détruit une grande partie de sa production peut-elle demander de l’aide au gouvernement? Cela ne sera pas une opinion populaire, mais j’ose dire que cela ne fait pas très sérieux…

Et si on regardait la situation en France?

L’expérimentation française continue d’accoucher de résultats au compte-goutte. Nicolas Authier a présenté les premiers résultats après douze mois d’expérimentation. J’ai déjà eu la chance de l’interviewer dans un direct en France. M. Authier présente plein de résultats, mais j’ai retenu seulement une petite phrase… Voici texto, le contexte et la phrase du Dr Authier :

«Le cannabis médical est un traitement du patient souffrant de douleur neuropathique, plutôt que de la douleur neuropathique elle-même»».

Si vous fréquentez le groupe FB Bon Stock, vous avez peut-être vu le vidéo de la campagne de modération diffusé en Alberta.

La Commission des jeux du hasard, de l’alcool et du cannabis de l’Alberta invite les consommateurs de cannabis à faire preuve de modération. «Find Your Own Moderation» est un vidéo qui présente des gens qui réagissent différemment après avoir consommé des quantités similaires de cannabis. 

C’est un vidéo qui n’est pas alarmiste. Une bonne qualité de production. La conclusion de la campagne est typique… 

Les personnes qui choisissent de consommer du cannabis doivent vraiment le faire de façon mesurée et être entourées de personnes qui peuvent les aider si elles ont des effets secondaires.

J’aimerais que des conseils similaires soient obligatoires pour l’alcool. Pourquoi je dis ça?

En deux secondes, j’ai trouvé un document de l’Association pour la Santé publique du Québec publié il y a quelques mois. Le document s’appelle Stratégie pour prévenir et contrer les violences sexuelles et conjugales : Quand l’alcool dans les relations intimes ne fait pas bon ménage.

Je vais donc reprendre l’énoncé précédent et l’appliquer symétriquement :

Les personnes qui choisissent de consommer de l’alcool doivent vraiment le faire de façon mesurée et être entourées de personnes qui peuvent les aider si elles ont des effets secondaires.

La violence et le battage de femmes, je pense que c’est un effet secondaire de l’alcool. Mais c’est un effet secondaire auquel les politiciens sont habitués. Le cannabis, ce n’est pas pareil. Pourquoi? Parce que.

Une statistique officielle avec ça?

Au Canada, selon des données de 2004, on estime que les agresseurs avaient consommé de l’alcool dans près de la moitié (43 %) des cas observés de violence et d’agression.

OK.

Cette semaine, j’ai encore eu plusieurs discussions sur la non-prolifération des points de vente de cannabis au Québec. Des consommateurs et des acteurs de l’industrie croient que le salut viendrait d’un plus grand nombre de points de vente au Québec. Alors il est toujours pertinent et presque fatigant de constater ce qui se passe ailleurs au Canada… 

Atomic Flower Cannabis ferme ses magasins en raison de la «saturation du marché» à Winnipeg. Le Manitobain Gabriel Fortin-Barbier, propriétaire des deux magasins Atomic Flower Cannabis à Winnipeg a décidé de fermer ses commerces à cause, entre autres de la «saturation du marché».

On se retrouve des fois avec des magasins à chaque coin de rue dans certains coins de la ville. Il y a beaucoup de gens sur la liste d’attente pour d’autres magasins dit-il et «Il y en a encore plus qui vont ouvrir bientôt. […] Avec ce qu’on sait de ce qui s’en vient, on s’est dit qu’on allait fermer et essayer de vendre. On voulait en sortir avant que ça soit trop saturé», dit-il.

Sur la même page du site de Radio-Canada, d’autres titres renvoient à d’autres articles déjà publiés : 

  • Gabriel Fortin-Barbier et ses partenaires ont de nouveaux projets d’affaires. 
  • Aucun dans l’industrie du cannabis.

Et alors que l’on discute de contrariétés, j’ai aussi vu passer une étude transversale qui va faire plaisir au premier ministre du Québec. Cette étude démontre que les provinces qui ont légalisé les mangeables enregistrent une hausse importante des hospitalisations pour empoisonnements pédiatriques non intentionnels. Ces résultats et la je cite encore une fois plus ou moins texto, ces résultats suggèrent que la restriction de la vente des mangeables légaux pourrait être la clé pour prévenir les empoisonnements pédiatriques après la légalisation du cannabis récréatif.

On entend parler des avancements en Israël toutes les semaines. Méchoulam par ici, des exportations par la, y’a toujours des belles nouvelles pour le cannabis en Israël… Encore une bonne nouvelle cette semaine, mais dans le contexte canadien, car une compagnie israélienne de cannabis, Atlas Global Brands Inc, dit vouloir se faire une place au Canada et aux États-Unis. Atlas se négocie maintenant à la Bourse canadienne des valeurs mobilières. Le montage financier est intéressant et là je vais citer Adam Jackson qui est la personne derrière le Green Market Report

L’entrée d’Atlas sur les marchés publics d’Amérique du Nord intervient après la fusion d’un ensemble de sociétés canadiennes et israéliennes par le biais d’une prise de contrôle inversée. En vertu de l’accord, deux sociétés canadiennes de cannabis contribueront à la culture, à la fabrication et à la mise à l’échelle, tandis que les trois sociétés israéliennes fourniront des services d’importation, de marketing, de distribution et de vente de cannabis à des fins médicales.

Richard Carleton qui est à la tête du Canadian Securities Exchange croit que les compagnies comme Atlas vont pouvoir profiter d’aubaines sur le marché canadien, car beaucoup d’entreprises sont a vendre clé en main avec toutes les licences de Santé Canada.

Les compagnies qui ont des sous à investir et qui sont intéressées par le cannabis vont trouver en 2023 d’excellent investissement.

Le métavers et le cannabis font-ils bon ménage?

L’entreprise Cannaverse Technologies croit que oui. Avec son projet Cannaland, Cannavers Technologies veut aider le marché mondial du cannabis. Rien de moins. L’idée est de permettre aux entreprises de créer des marques 100 % numériques. J’ai trouvé ça dans un white paper, un rapport de Cannaverse :

Construit sur la blockchain, Cannaland immerge les consommateurs dans une expérience numérique axée sur le commerce électronique, le divertissement et les jeux, la personnalisation, l’éducation, les dernières recherches et connaissances médicales, les politiques publiques.

Ça va être drôle.

Ah oui, j’ai aussi vu une machine pour les séchages du cannabis pour les petits cultivateurs maison. C’est une machine qui était présentée par Ed rosenthal. Et là je vous présente texto la traduction :

Pour les cannabiculteurs maison, le système Cannatrol Cool Cure ne ressemble à aucune autre solution postrécolte. Grâce à la technologie de pointe exclusive Vaportrol, ce processus unique utilise la puissance de la pression de vapeur pour obtenir des conditions précises et uniformes, quelle que soit la durée de stockage des bourgeons.

Cette machine élégante et stylée élimine le besoin du «burping» et permet de sécher, de traiter et de stocker les bourgeons en une seule opération. Les unités scellées Cool Cure donnent aux cultivateurs la possibilité de surveiller et d’ajuster avec précision la température et le point de rosée de l’environnement autour des bourgeons pour créer des conditions optimales de séchage.

Ces avancées proviennent de l’industrie du fromage et de la viande qui utilisent ce type d’équipements pour faire vieillir plus efficacement les produits. Certains producteurs en Amérique et en Europe utilisent ce genre de procédés pour faire vieillir le hash.

Tout passe par le contrôle de la perte d’eau en n’oubliant jamais que le cannabis, comme la viande et le fromage, est vendu au poids. Un mauvais séchage résulte en un produit de qualité inférieure et irrégulière ou par une perte de revenu. Le Cannatrol Cool Cure se vend 1 600,00 $ US

  • Le système entièrement programmable 
  • 1 kilo de fleurs humides par cycle 
  • L’unité peut aussi stocker 2 k de fleurs finies dans des conditions idéales.
  • Le Cannatrol est préprogrammé, mais chaque paramètre est modifiable

On revient au Canada?

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M. André Lamontagne a annoncé que son gouvernement allouera des sommes qui atteindront 20 M$ en 2024 pour améliorer l’efficacité de la main-d’œuvre et des travaux agricoles dans le secteur végétal.

Des ressources pour le cannabis? Impossible de savoir et personne au Québec ne s’intéresse au sujet.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

Je vous parle souvent des microbrasseries pour trouver des terrains de comparaisons. Dans le contexte du Vendredi 13 de la SQDC, la comparaison est plus pertinente que jamais. Mais cette fois-ci, j’utilise le secteur de microdistilleries comme exemple.

La SAQ est fière de commercialiser près de 650 produits du Québec de façon régulière dont 70 vodkas et 200 gins distillés au Québec. Comme à la SQDC, le consommateur n’a jamais eu autant de choix.

Il y avait combien de microdistilleries au Québec il y a 10 ans?

Deux. Versus 70 en 2022.  

Là, je vais citer plus ou moins texto un reportage de Radio-Canada.

… ce développement extraordinaire a un effet pervers : les microdistilleries doivent se battre pour vendre leurs produits et dénoncent le poids des taxes qu’elles doivent remettre au gouvernement.

La compétition est très féroce, ajoute le responsable de la gestion de l’offre et des produits Origine Québec, Simon Bourbeau, à la SAQ.

La SAQ connait le même problème d’espace que la SQDC. Personne n’a encore inventé de tablettes élastiques. 

La SAQ et le SQDC ont exactement le même discours :

C’est le client qui va donc être au cœur de ces décisions.

Et les microdistilleries se plaignent que l’ensemble des taxes représentent environ la moitié du prix de la bouteille. Les producteurs d’alcool peuvent vendre sur les lieux de fabrication. Et la je reviens texto aux explications de Radio-Canada juste pour marque la similitude entre les deux industries :

Depuis 2018, les distilleries ont le droit de vendre leurs produits sur le lieu de fabrication. Un avantage, mais qui représente des coûts : manutention, main-d’œuvre, entretien de la boutique, etc.

Or, les microdistilleries, même quand elles vendent sur place, doivent remettre à la SAQ un montant évalué à 6,52 $ par bouteille qui correspond aux frais d’exploitation de la société, qui n’a évidemment pas engagé de frais puisque le produit a été vendu sur place.

«Est-ce qu’au Québec un maraîcher qui vend des carottes sur place, IGA ou Metro vient piger dans ses poches parce qu’il vend ses carottes sur place? C’est totalement absurde!»

— Une citation de Joël Pelletier, président, UQMD

La SAQ se dédouane exactement comme la SQDC en affirmant que ces montants sont remis au Gouvernement du Québec.

Trois microdistilleries sur quatre disent être en péril financier.

Une petite vite pour finir?

D’ici 2026, toutes les nouvelles voitures fabriquées aux États-Unis devront être équipées d’une technologie permettant de tester la sobriété des conducteurs. Est-ce que le Canada devrait imiter les États-Unis? Je suis curieux de connaitre votre opinion. lucprevost@hotmail.com

Et voilà, c’était le 135e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

130 Pot flânage (2022.12.07)

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