#129 Pot flânage (2022.11.30)

#129 Pot flânage (2022.11.30)

Toujours en mode flânage sur toPot. Et on se promène un peu partout:

  • Cara Delevingne
  • La victoire du BC Budtenders Union 
  • Deux arnaques planétaires
  • Les terpènes du gui
  • La joke de Karl von Linné
  • Se faire bannir à vie des États-Unis pour du CBD? 
  • La révision de la Loi sur le cannabis fait déjà des malheureux
  • Investissement Québec et l’éclairage intelligent
  • Les «pensées profondes» et votre insula
  • Les étoiles qui éclairent après leur mort
  • Quand l’OCS fait plaisir à l’industrie, presque…

 Bonne écoute!

Lien pour les liens de  lépisode #129

Transcription Intégrale de l'épisode #129

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Notre série Pot flânage continue. Et cette semaine, on va encore s’amuser…

ToPot et Bon Stock ont échangé à beaucoup de monde cette semaine. Ruth Fisher, Michel Dion, Xavier Magrino, Jérome Brassard-Duperré, Dhili NAKEERAN, Fabrice Giguère, Fabricant d’arbres que j’ai qualifiés de Marchand d’arbres la semaine passée, Samuel Maheux, Egzoset, Phil Cathelin de Tahiti qui fait bouger les choses là-bas, Stephane Pacoma, Christina Parsons… et plein d’autres à qui je parle à toutes les semaines comme Dragan.Dragan est un cruncheur de chiffre dans l’industrie.

On commence avec quoi cette semaine? Pourquoi pas avec Cara Delevingne? La dame a une très belle structure osseuse. C’est un mannequin qui semble être célèbre parce qu’elle est célèbre… Elle vient de réaliser un documentaire qui s’appelle Planet Sex. Elle y discute de sa bisexualité et d’une tentative de suicide relié à une homophobie intériorisée. Le cannabis est mentionné dans le documentaire, car Madame Delevingne a mesuré les cannabinoïdes dans son corps juste avant de faire l’amour et juste après… Je ne vous en dis pas plus. 

Et la grève à la SQDC?

Non, on en parle pas.

Par contre je peux vous dire que ça bouge ailleurs dans le ROC.

Un syndicat représentant les budtenders, les cannabissiers de la Colombie-Britannique a ajouté deux nouveaux magasins à ses membres au cours des dernières semaines. 

Le BC Budtenders Union célébrait la semaine passée l’inclusion de deux établissements Seed & Stone. Les cannabissiers auraient obtenu une augmentation de 15 % plus plein d’autres garanties.

Le propriétaire fondateur de Seed & Stone semble heureux de la situation et a accordé les mêmes avantages négociés aux employés de ses magasins, pas encore syndiqués. Mais il avoue ne pas comprendre pourquoi on vise sa chaine qui est si petite comparée aux géants de l’industrie.  

Ce que je comprends de cette information, c’est que les budtenders qui peuvent donner des conseils et vraiment exercer leur fonction ne sont pas plus heureux de leur paye que les conseillers de la SQDC…

Et on va maintenant un peu flâner du côté des arnaques reliées au commerce du cannabis. Ça pourrait ressembler à un hommage à la créativité des voleurs. Je vous donne un premier exemple par relié au cannabis. Il y a un an, en Chine, un groupe de voleurs a construit un faux magasin Apple. Oui, un faux magasin Apple qui ressemblait à un vrai commerce de Apple. Pourquoi construire un vrai faux magasin? Pour vendre de vrais faux téléphones Apple. Le magasin est resté ouvert seulement quelques jours avant d’être abandonné… C’est fort.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Alors, maintenant deux arnaques planétaires dans le domaine du cannabis…

Vous avez entendu parler de l’Amsterdam Cannabis Expo qui devait accueillir 10 000 entreprises du 24 au 26 novembre 2022. L’arnaque semble avoir commencé dès 2020 avec la création d’un site web qui proposait des opportunités de commandites et des visiteurs provenant d’une centaine de pays. Le site de l’organisation à disparu la semaine passée.

Le média BusinessCann a commencé à vérifier qui étaient les commanditaires. Si vous ne connaissez pas BusinessCann, c’est une entreprise qui propose des nouvelles, des articles, des commentaires et des analyses sur les personnes et les entreprises qui façonnent les secteurs du chanvre, du cannabis médicinal et du bienêtre au CBD en Europe. 

Alors BusinessCann a rapidement découvert que les gros commanditaires étaient des entreprises inventées. TOUTES, de A à Z.

D’autres participants potentiels ont réalisé que le plan d’occupation de l’espace d’exposition était non conforme à ce que l’on doit s’attendre de ce type d’évènement. 

Beaucoup d’entreprises qui se sont fait enfirwaper se cachent, car c’est mauvais pour leur réputation. Évidemment, le compte bancaire de l’organisateur a été vidé depuis que les doutes sont devenus publics… 

Pendant qu’on parle de bandits et d’escroquerie, c’est le temps de revenir sur une autre histoire incroyable, je parle évidemment de l’affaire Juicy Fields. Un bref résumé si vous revenez d’une autre planète.

Hey Merci MJ!

Juicy Fields se présentait comme une plateforme d’investissement en ligne. Cette plateforme était censée permettre d’investir dans la production de cannabis médical et devait rapporter 100 % de l’investissement en 12 mois. Derrière le projet Juicy Fields, on retrouve une compagnie néerlandaise nommé Juicy Holding BV mais le site de la compagnie mentionnait une autre compagnie enregistrée en Suisse, la Juicy Fields AG. Je vous passe les détails sur de multiple enregistrement d’autres compagnies qui tissent un voile de confusion sur les responsabilités des uns et des autres. Dans les faits, il semble que cette organisation était un système de Ponzi. Je vous propose texto la définition de Wikipédia :

Un système de Ponzichaîne de Ponzifraude de Ponzi ou pyramide de Ponzi, est un montage financier frauduleux qui consiste à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants. Si l’escroquerie n’est pas découverte, elle apparaît au grand jour au moment où elle s’écroule, c’est-à-dire quand les sommes procurées par les nouveaux entrants ne suffisent plus à couvrir les rémunérations des clients. Elle tient son nom de Charles Ponzi qui est devenu célèbre après avoir mis en place une opération fondée sur ce principe à Boston dans les années 1920.

L’affaire Juicy Fields est très très très intéressante, car les poursuites engagées pourraient mettre en cause les réseaux sociaux qui seraient accusés de ne pas avoir fait disparaitre le contenu d’une arnaque planétaire. Certains influenceurs seraient aussi visés.

Plus de 500 000 personnes auraient investi dans Juicy Fields et on parle de 700 millions $ qui auraient disparu… On parle aussi de la Suède qui aurait adopter une nouvelle loi qui responsabiliser les banques qui n’agissent pas avec diligence pour stopper les arnaques dont elles ont connaissance. Un avocat suédois. Lars Olofsson va déposer un recours collectif pour 800 personnes provenant de 50 pays différents. L’action en justice va s’attaque à des banques, des avocats et des médias comme Facebook, Google, CNN et même YouTube… L’avocat à une liste de presque 200 facilitateurs qui aurait participé à la fraude qui aurait, aux dernières estimations, atteint 2,5 milliards de dollars.

Dans le contexte actuel où la justice vient de condamner Élizabeth Holmes pour avoir menti et tricher les résultats des recherches de son entreprise Theranos et l’affaire de l’effondrement de la bourse de cryptomonnaies FTX, les criminels en col blanc comme les acteurs du scandale Juicy Fields, peuvent s’attendre à se prendre plus qu’une petite tape sur les doigts….

Je me permets de vous signaler trois grosses initiatives intéressantes qui roulent pour l’instant. BudBlockz (BLUNT), Ravencoin (RVN) et Chainlink (LINK). Je ne les compare pas aux scandales précédents. C’est l’inverse. Je dis que ce sont des initiatives à suivre. Budblock est un projet de cryptomonnaie décentralisé appliqué au cannabis. Dans le contexte où les banques n’aiment pas le cannabis, ce système pourrait permettre à tous les acteurs de l’industrie de se payer en eux, sans problème et sans les frais auxquels les banques sont coutumières….

Pour l’instant, au Canada, dans le domaine des arnaques, rien de l’envergure des scandales précédents mais quelques dossiers dont on devrait bientôt entendre parler. Le premier est la contribution des producteurs autorisés au marché noir. Oui, il semble que des détenteurs de licences de Santé Canada revendent du stock dans les marchés illicites. Cela serait courant dans toutes les provinces. Le deuxième mini scandale en devenir concerne l’utilisation dans tout le Canada de timbres de taxe d’accises inappropriés… Si vous avez des infos à partager, lucprevost@hotmail.com

La semaine passée, j’ai parlé de la présence des terpènes dans les canneberges. C’est la période de l’année qui impose son agenda. Mais il n’y a pas que les attaqua qui contiennent des terpènes. Vous avez déjà pensé au gui? Vous savez les petites boules rouges sous lesquelles on doit s’embrasser? Il existe plus de 1500 espèces de gui. Et le gui est considéré comme un parasite qui s’alimente en squattant d’autres plantes. On le retrouve souvent dans les pins. Cette présence modifie les réponses chimiques des pins squattés… comme la teneur en monoterpènes qui augmente avec la présence du gui.

Comme le cannabis, le gui produit du pinène. Je ne sais pas par contre s’il s’agit d’alpha-pinène ou de bêta-pinène. Je ne ferai pas le tour des propriétés de ce terpène, cela serait inutile, car vous savez tous déjà tout… Mais je confirme qu’il y a des études qui prouve que le gui, le Viscum Album L. À des propriétés qui permettent de lutter contre le cancer. 

Vous avez remarqué que j’ai dit Viscum Album L. ça vous rappelle Cannabis Sativa L.? 

C’est le même gars qui a catalogué les deux. Oui, le fabuleux Karl von Linné qui mettait son L. de Linné un peu partout. Voici ce que dit Wikipédia de lui :

Linné est… un naturaliste suédois qui a posé les bases du système moderne de la nomenclature binominale. Considérant que la connaissance scientifique nécessite de nommer les choses, il a répertorié, nommé et classé, systématiquement, l’essentiel des espèces vivantes connues à son époque, en s’appuyant sur ses observations, ainsi que sur celles de son réseau de correspondants. La hiérarchie des classifications qu’il met en avant s’impose au XIXe siècle comme la nomenclature standard.

C’est un sujet captivant. Je vous donne un exemple. Pour réaliser ses travaux, Linné était commandité par la famille royale. Et comme par hasard, sa hiérarchie des classifications va ainsi…

(vivant) (empire règne ( sous-règne)  embranchement  classe  ordre  famille  genre  espèce

Von Linné construit sa structure toujours utilisée aujourd’hui en décrivant la suprématie de la famille royale. Empire comme dans empereur. Règne comme dans royauté, etc.

Pas bête pour deux sous, von Linné sera anobli le 20 avril 1757 par le roi de Suède Adolf Frederick. Dans sa vision du monde, il décrit l’humain comme descendant du singe. La maison royale et l’église lui disent que c’est impossible, car c’est Dieu qui a tout créé. Von Linné ne s’obstinera pas et va modifier ses écrits pour ne pas déplaire à Dieu mais surtout au roi de l’époque…

Ahhhhh oui. On doit changer de continent pour aller flâner aux États-Unis.  

J’allais passer tout droit avec cette histoire-là.

Une fois, c’est un Canadien qui oublie une bouteille de CBD dans sa voiture et qui se voit interdire l’accès aux États-Unis à vie. Le gars qui s’appelle Jonathan Houweling va probablement devoir fermer son entreprise à cause de condamnation à vie d’interdiction de séjour. C’est une suite à une fouille inopinée au poste frontière de Peace Arch en Colombie-Britannique que les douaniers américains ont trouvé le CBD qui est pourtant légal aux États-Unis. On l’a retenu pendant plusieurs heures, on a pris ses empreintes et son ADN en plus d’une amende de 500 É.-U. $…

Il y a une basketteuse américaine en prison en Russie… Et les Américains qui emprisonnent leurs citoyens pour la même raison ne se posent même pas de questions.

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) s’est permis de rappeler encore une fois que … transporter du cannabis à la frontière sous quelque forme que ce soit, y compris toute huile contenant du tétrahydrocannabinol (THC) ou du cannabidiol (CBD), sans un permis ou une exemption autorisée par Santé Canada demeure une infraction criminelle grave passible d’arrestation et de poursuites, malgré la légalisation du cannabis au Canada.

OK, on va aller flâner dans les platebandes de Santé Canada. Parce que c’est formellement inscrit dans la loi, on s’active actuellement a revoir les bons et les mauvais aspects de la légalisation pour améliorer le cadre légal actuel. C’est l’honorable Jean-Yves Duclos, ministre de la Santé, et l’honorable Carolyn Bennett, ministre de la Santé mentale et des Dépendances et ministre associée de la Santé qui ont annoncé la semaine passée les noms des membres du groupe d’experts chargés de l’examen législatif de la Loi sur le cannabis.

Le communiqué bilingue de Santé Canada affirme que :

Le groupe d’experts fournira des conseils éclairés indépendants aux deux ministres quant aux progrès accomplis dans l’atteinte des objectifs de la Loi, et aidera à cerner les domaines potentiels d’amélioration du fonctionnement de la Loi.

Pour faire leur choix, les ministres ont tenu compte d’un certain nombre de facteurs, tels que la géographie, le savoir-faire et la représentation démographique. Ils ont soigneusement sélectionné des personnes qui représentent la diversité du Canada et qui, collectivement, possèdent une vaste expérience du secteur public, une expertise en santé publique et en justice, et une expérience de la collaboration avec les communautés et les organisations autochtones.

Le groupe d’experts, présidé par Morris Rosenberg mènera une étude crédible et inclusive avec les membres suivants :

  • Dr Oyedeji Ayonrinde
  • Dre Patricia J. Conrod
  • Lynda L. Levesque
  • Dr Peter Selby

Les ministres ont chargé le groupe d’experts de s’entretenir avec le public, le gouvernement, les Autochtones, les jeunes, les communautés marginalisées et racisées, les représentants de l’industrie du cannabis, et les personnes qui ont recours au cannabis à des fins médicales, afin de recueillir leurs points de vue sur la mise en œuvre et l’application de la Loi sur le cannabis. Le groupe d’experts indépendant doit également rencontrer et consulter des experts dans des domaines pertinents, comme la santé publique, la consommation de substances, la justice pénale, l’application de la loi, la gouvernance et droits des autochtones et les soins de la santé. 

Fin du communiqué.

Alors, rapidement, les experts ont exprimé leur déception sur la composition du groupe. Les critiques allaient de «Y’a juste des spécialistes des méfaits» à «Pourquoi on n’a pas été capable de trouver des membres de l’industrie pour faire partie du groupe». Une grande déception, d’un océan à l’autre.

Mais, mais, mais, il se peut que l’industrie fasse erreur dans son appréciation de la composition du groupe d’expert. Je suis un gars qui s’appelle David Brown. Il a passé une partie de sa vie professionnelle à Santé Canada dont il connait très bien tous les rouages. Il revient sur le fait que l’industrie se plaint du fait qu’aucun membre de l’industrie ne fait partie du groupe d’expert… Brown rappelle qu’il ne s’agit pas d’un examen règlementaire, mais bien d’un examen législatif. Un examen législatif s’intéresse aux répercussions sociales des grands objectifs de la Loi. 

Le bout qui intéresse l’industrie, c’est ISDE ou Innovation, Sciences et Développement économique Canada qui est responsable de l’organiser. Et c’est écrit en toutes lettres dans le communiqué dont je vous ai parlé…

  • ISDE est actuellement à créer un forum sur le cannabis pour faciliter le dialogue entre l’industrie et le gouvernement et permettre un examen des questions relatives à la compétitivité et à la stabilité à long terme du secteur.

Je vais reprendre texto la conclusion de Brown qui semble en profiter pour régler ses comptes avec certains acteurs de l’industrie :

… s’attendre à ce qu’un examen qui est spécifiquement destiné à examiner les impacts sociétaux globaux vise à donner du pouvoir à l’industrie montre un manque fondamental de compréhension des mécanismes clés en jeu ici. 

Et bing bang…

J’ai vu passer un truc intéressant et je vous le présente juste parce que je sais que vous êtes curieux.

Et là je vous lis texto, un communiqué… 

Montréal, Québec, Canada, le 28 novembre 2022 — Afin de souligner les avantages de l’éclairage intelligent pour les entreprises horticoles québécoises, Investissement Québec, à titre de mandataire du gouvernement du Québec, a accordé à Sollum Technologies un financement d’un montant de 350 000 $ pour un projet inédit de vitrine technologique portant sur les fraises qu’elle réalise en partenariat avec SAVOURA.

Moi je dis qu’on en veut des projets comme ça dans le cannabis. Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que ce genre de programme existe déjà en Ontario pour le cannabis. Plusieurs millions de dollars. Ils font bien les choses en Ontario. On va y revenir plus tard.

Parlant de perception et de compréhension, j’ai vu passer un article intéressant dont le titre m’a fait rigoler comme rarement.

Pourquoi avons-nous des pensées profondes lorsque nous sommes sous l’effet du cannabis?

Et oui, les curieuses vont trouver un lien dans les notes de l’épisode pour ce lien et tous les autres. L’auteur du texte, un gars qui s’appelle Joseph Billions, sans doute un nom de plume, avance que sous l’influence du cannabis, nos schémas cognitifs changent. Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je parle habituellement de changement de perspectives. 

Alors Billions définit son concept de «high thoughts» et la j’y vais texto de l’anglais :

Les «high thoughts», c’est-à-dire la façon dont nous pensons et ressentons lorsque nous sommes sous l’emprise du cannabis, peuvent nous prendre au dépourvu par leurs brusques changements. Les pensées hautes peuvent être hilarantes ou ridicules, innovantes ou apparemment créatives, ou simplement sombres et dangereuses. Ces divers schémas cognitifs peuvent se manifester de manière imprévisible selon les individus. Cependant, ils sont principalement dus à la façon dont le THC et les autres composants du cannabis affectent le cerveau.

Récepteurs endocannabinoïdes? 

Activer, mon capitaine.

Augmentation du flux sanguin au cerveau par le THC?  

Activer, mon capitaine.

Augmentation de l’activité fonctionnelle dans certaines zones ciblées?

Activer, mon capitaine.

Altération mentale et comportementale? 

Activer, mon capitaine.

L’auteur propose que cette mesure du flux sanguin cérébral indique plus précisément une diminution des facultés causée par le cannabis que la mesure des cannabinoïdes dans le sang. Mais comment mesurer ça sur la route en hiver au Québec? C’est une saga pour une autre fois.

La première zone visée par cet afflux sanguin est la partie frontale du cerveau. Cette zone intervient pour gérer des fonctions cérébrales cognitives de la pensée critique dont le traitement du données provenant de nos sens. Une plus grande circulation, une sorte de doping du sang pour reprendre le vocabulaire sportif. D’ailleurs je comprends mieux le mini rush que l’on ressent à la tête. Mais il n’y a pas que lobe frontal qui est singularisé. Vous connaissez votre insula? L’insula est, selon Wikipédia :

Le cortex insulaire ou insula — terme latin signifiant île — est une partie du cortex cérébral et constitue l’un des lobes du cerveau. Son rôle est encore mal connu mais il est généralement associé aux fonctions limbiques et interviendrait notamment dans le dégoût, la dépendance ou encore la conscience.

L’insula est la partie du cerveau responsable de la réponse cardiovasculaire causée par le stress. J’ai cherché 2-3 minutes avant de la trouver dans une illustration. C’est que l’insula n’a pas visible, car elle est cachée par les autres lobes. D’où son nom, l’ile. Puis il y a une troisième région qui est affectée. 

1— le lobe frontal 

2— l’insula, l’ile ou cortex insulaire 

Et 3 — le cortex cingulaire. Une augmentation du flux sanguin et hop, l’effet du THC se révèle. Comme par hasard, le Cortex cingulaire participe à la modulation des comportements et réponses aux informations relatives aux émotions.

Comme toujours avec le cannabis dont les effets biphasiques sont connus, il semble aussi qu’une surconsommation provoquerait l’effet inverse, c’est-à-dire une diminution du flux sanguin et une réduction, dans certaines régions, de l’activité neuronale. 

Je ne suis pas un docteur, ni en philo, ni en sociologie, ni en médecine. J’ai surement oublié d’autres régions qui sont affectées par une augmentation de la circulation sanguine. Mais déjà le premier buzz que j’ai eu depuis cette lecture est éclairé d’une nouvelle perspective. L’image mentale que j’ai de l’insula est très forte. 😉 Et c’est la première fois que je visualisais, dans ma tête, mon insula avec la petite bouffée de chaleur qui annonce le buzz. Pour les curieuses, il y a un lien pour une animation 3D (GIF) qui permet de visualiser votre insula. Pas la mienne, la vôtre.

OK assez pour les hautes pensées…

Mais encore plus haut, il y a les étoiles. Aujourd’hui deux géants qui ne disent plus rien n’ont personne. J’ai nommé Louis Armstrong et Bing Crosby.

Louis Armstrong est né en 1901. joueur de trompette, chanteur, comédien et activiste. C’est ce que je viens de découvrir.

Je savais que Louis Armstrong consommait du pot mais j’ai appris qu’il considérait le cannabis comme un médicament le cannabis médical quoi. Il préférait l’herbe à l’alcool. Il disait que le pot était essentiel pour son sommeil. Il a même été arrêté pour avoir fumé en public en novembre 1930. À cause de ça, le FBI va faire un dossier sur lui. La même chose pourrait arriver aujourd’hui. Armstrong était un ami avec Bing Crosby. Vous connaissez sa voix, c’est lui qui chante LE White Xmas. Le simple le plus vendu au monde a plus de 50 millions de copies. 

Alors, Bing Crosby aimait lui aussi le cannabis et il avait obtenu un permis pour en cultiver. Une sorte de dérogation. Il parait que Armstrong a demandé le même privilège. Armstrong, en 1954, écrit une lettre à Eisenhower, le président américain pour lui demander de légaliser le cannabis. 1954. C’est si bon! Et vous pourrez entendre Armstong dans le film La vie est belle ou It’s a wonderfull life à la télé pendant les fêtes. C’est un film génial de Frank Capra qui s’écoute avec un p’tit joint. L’histoire ou le High Concept comme on dit a Hollywood est géniale. Vous allez pleurer, c’est sur et rire. 

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

OK, je me ramasse.

Au début de l’épisode, j’ai parlé du groupe d’experts qui participaient à la révision de la loi. Dans un autre contexte, cela va nous permettre de comparer le OCS, The Ontario Cannabis Store à la SQDC. L’équivalent de la SQDC en Ontario OCS est le grand pusher de la province ontarienne. Un pusher qui compétitionne aussi les 1600 boutiques qui sont obligées de s’approvisionner à la OCS. Ça, c’est pour la petite histoire.

L’OCS prend position dans le débat à venir sur la révision de la Loi sur le cannabis. Elle fait même 8 propositions précises. La diffusion la semaine passée du document «Opportunities to Improve the Canadian Federal Cannabis Framework: Perspectives from the Ontario Cannabis Store» constitue une prise de position qui va plaire à l’industrie. 

L’OCS souhaite que Santé Canada reconsidère à la hausse les limites de THC. Le document fait 30 pages. Voici les 8 recommandations. Je vous demande de repérer la demande qui vous semble la plus importante… On va en parler après.

  1. Ajuster les limites de THC pour les mangeables. 
  2. Élargir les promotions pour le cannabis comestible et les produits topiques à base de cannabis. 
  3. Clarifier l’admissibilité des évaluations de produits en ligne pour les détaillants légaux 
  4. Ajuster les exigences en matière d’étiquetage des produits 
  5. Ajuster les exigences en matière d’étiquetage pour les produits à dominante de CBD 
  6. Ajuster la déclaration de concentration pour les mangeables. 
  7. Établir des normes nationales pour les tests effectués par des tiers.
  8. Examiner les possibilités de réduire l’impact environnemental de l’emballage du cannabis.

David Lobo, le président directeur général de l’OCS a confirmé que son organisation s’engageait à coopérer avec Santé Canada pour assurer la santé et la sécurité du public tout en luttant contre les activités illégales du marché du cannabis et en favorisant le développement de l’industrie du cannabis récréatif. Vous avez entendu la SQDC prendre position? Je pense que M. Farcy, son PDG, n’a pas cette liberté d’expression même si son salaire est supérieur à celui du premier ministre Legault. 

On a les institutions et le gouvernement que l’on mérite et il n’y a aucun doute que les Québécoises et les Québécois aiment la frilosité du gouvernement actuel envers le cannabis. Sinon, la CAQ ne serait pas au pouvoir. Noël et ses beuveries habituelles n’y changeront rien. 

Par, il serait intéressant de savoir si l’Opération Nez rouge aide beaucoup de citoyens qui ont avant tout les yeux rouges. 

Et voilà, c’était le 129e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire: lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre !

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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128 Pot flânage (2022.11.23)

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Cette semaine, on flâne encore une fois dans l’actualité du cannabis et on s’amuse!

  • Les nouvelles licences de cannabis au Québec
  • Réduction des effets du THC par le CBD… La science parle
  • Bonsaïs de cannabis
  • Le cannabis au Vietnam, une découverte
  • La pyrogazéification du chanvre en France
  • Compression du prix des fleurs au Canada et aux États-Unis
  • Documentaire du magazine Forbes sur l’industrie américaine 
  • New York incapable de vendre du cannabis légal
  • Première Conférence africaine sur les risques en santé à Marrakech
  • Santé Canada tente de faire disparaitre le cannabis médical
  • Quand les scientifiques canadiens font des niaiseries
  • Des vaches stones pour la science

Bonne écoute!

Liens pour l’épisode #128

Transcription Intégrale de l'épisode #128

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Beaucoup de bon stock cette semaine sur toPot. Mais avant de se lancer, je tiens à dire bonjour à quelques-unes des personnes avec qui j’ai échangé cette semaine. Stéphane Plante, Benjamin Vachon, Hank Vargas, Dragan Radulovic, Jean-François Lévesque, Daniel Blackburn, Jean-François Gaudrault, David Sinte, Sandrime Grimm, Michael Baril, Mathieu Bochamp, le duo dynamique dit la paire, j’ai nommé Kim Bercet et Marine Zanini, Julien Raymond, Roxanne Casavant, Ghyslain Coutu, Valérie Vedere, Katherine Murray, Karine Desjardins, Dominic Laflamme, Loukas Labelle, Micheal Reeves et Jonathan Messier… C’est n’est pas la totale, mais c’est un début de reconnaissance. Merci à tout le monde de partager vos infos et vos intuitions. 

À partir de cette semaine, on a une nouvelle capsule sur toPot. Oui, j’ai décidé de vous présenter les compagnies québécoises qui viennent d’obtenir leur licence de Santé Canada. Beaucoup de postulants utilisent des compagnies à numéro. C’est moins drôle… 

On leur souhaite un bon début! 

Si vous désirez parler des progrès de votre entreprise après l’obtention de votre licence, les portes de toPot et Bon Stock sont grandes ouvertes. 

C’est intéressant de constater que beaucoup d’entreprises ne partagent aucune information pour les rejoindre. Pas de téléphone, pas de courriel, pas d’instragram. RIEN. Je pourrais nommer les gens qui sont derrière ces entreprises grâce au registraire des entreprises du Québec et l’adresse de l’entreprise. Mais je n’en vois pas l’intérêt. Pas dans le contexte actuel au Québec ou les entrepreneurs doivent cacher leurs intentions pour ne pas avoir de problème bancaire par exemple. 

Qu’est-ce que fait votre entreprise, dit le banquier? 

Le producteur autorisé répond : «Recherche et travaux agricoles divers».

Un classique du genre.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Vous avez déjà entendu que consommer une fleur qui contient beaucoup de CBD diminuerait l’effet du THC… Un peu comme les gens qui prennent de la coke pour dessouler… Et bien il y a une équipe de chercheurs qui s’est intéressée à la question. Ils ont utilisé quatre dosages différents de CBD et de THC.

Le cannabis vaporisé contenait 10 mg de THC et soit 0, 10, 20 ou 30 mg de CBD.

46 volontaires consommateurs occasionnels de cannabis, sains et âgés de 21 à 50 ans ont participé à l’étude. Pour connaitre l’effet de la dose, les sujets participants ont été évalués avec le test Hopkins Verbal Learning Task.

Le test est simple. Il demande aux participants de mémoriser une liste de mots. On teste ensuite pour un rappel immédiat et 20 minutes plus tard pour un rappel différé. Les participants ont également été soumis à l’Échelle des symptômes positifs et négatifs (ESPN) (PANSS). En anglais : Positive And Negative Syndrome Scale (PANSS). C’est une échelle qui permettrait de mesurer la sévérité des symptômes chez les patients atteints de schizophrénie. 

Et alors? Je rappelle que la quantité de THC restait la même dans tous les cas. 

  • Ses effets furent similaires, quel que soit le ratio THC/CBD.
  • La moitié des participants ont vu leur score PANSS-P augmenter de trois points, quel que soit le ratio et sans différence significative entre les ratios. 
  • Les pensées psychotiques? Elles ont augmenté sans différence, quel que soit le ratio.
  • L’euphorie? Le buzz? Pareil quel que soit le ratio CBD : THC. 
  • Le cœur battait plus fort chez tous les participants, mais sans augmentation de la pression sanguine ou de la température corporelle.

Alors quel est l’enseignement principal?

Là, j’y vais plus ou moins texto.

Aux ratios CBD : THC les plus courants dans les produits de cannabis médicinal et récréatif, nous n’avons trouvé aucune preuve que le CBD protège contre les effets indésirables aigus du cannabis. Ce point doit être pris en compte dans les décisions de politique de santé et de sécurité concernant le cannabis médicinal et récréatif.

J’adore ce genre de recherche qui nous force à recalibrer nos croyances… 

Hey Merci MJ!

J’ai fait une autre belle exploration cette semaine.

J’ai découvert formellement cette semaine les bonsaïs de cannabis… D’ailleurs, comment concilier la petite taille d’un plant avec le désir d’avoir la meilleure récolte possible? On peut même penser que la variété Ruderalis qui est plus rustique et plus petite s’y prêterait très bien. Quand on y pense bien, le bonzaï de cannabis, ça ressemble aux mandalas de sable coloré que réalisent les moines tibétains. Tu fais un truc merveilleux et tu le détruis à sa plénitude, preuve de la temporalité des objets terrestres… L’article que j’ai trouvé explique tout. Une fois la récolte terminée, la plante peut survivre assez longtemps en mode végétatif en l’éclairant adéquatement. Trois cultivars sont recommandés. 

Évidemment, comme d’habitude, le lien est disponible dans les notes de l’épisode. 

Alors cette semaine, j’ai découvert la culture traditionnelle du chanvre au Vietnam. Comme au Maroc, sa culture se fait dans les montagnes et principalement le long de la frontière chinoise. Historiquement, comme dans beaucoup de régions du monde, on fait des cordages, mais aussi des vêtements. Il existe des témoignages écrits qui datent du 6e siècle. Et le Vietnam a même une légende qui raconte l’histoire d’une princesse et d’un fermier dans une région où le chanvre abondait. Elle finira par le marier… parce qu’il était nu quand elle l’a croisée la première fois… Ce que les preuves écrites racontent et c’est important dans le contexte actuel, les producteurs de chanvre étaient davantage taxés que les cultivateurs de riz par exemple. On sait aussi que dès le 16e siècle, le Vietnam exportait du chanvre en Europe et en Asie. Comme aujourd’hui, les cultivars étaient choisis en fonction de leur utilisation finale. Des cultivars pour les cordes et autres productions plus rustiques et d’autres cultivars uniquement pour le chanvre qui sera transformé en textile. Après l’arrivée de la France au Vietnam, tout change et le chanvre textile restera populaire uniquement pour la confection de certains vêtements traditionnels. Aujourd’hui, le chanvre a presque disparu au Vietnam. Sera-t-il de retour bientôt? Est-ce que le cannabis médical et non médical y trouvera sa place? Impossible pour moi d’affirmer quoi que ce soit. Si vous connaissez le Vietnam et la place que le cannabis y occupe, faites-moi signe. Vous êtes bienvenue sur toPot et Bon Stock.

Après le Vietnam, naturellement on se retrouve en France où l’entreprise Qairos Energies veut créer une usine de fabrication d’hydrogène à partir de chanvre. Sont incroyables ces Français. En dépit de tous les freins, ils osent se lancer dans des projets insensés. Pourquoi je dis insensé? Parce que pour réussir, il faudra approvisionner le réacteur avec la récolte de 1500 hectares de chanvre. Les tiges de chanvre devront être conditionnées avant de passer dans un réacteur pour compléter le processus de pyrogazéification. On parle d’une production d’hydrogène pur, de CO2 liquide et de méthane qui au final représente 40 GWh, une production suffisante pour subvenir à la consommation de 6000 logements… Le projet va nécessiter des investissements de 25 M€, avec la création de 45 emplois. Pour bien faire, une députée du coin soutient la création d’une filière chanvre pour approvisionner l’usine.

J’adore l’idée que l’on va récupérer une partie de la fibre pour la revendre à l’industrie textile et aux producteurs de produits pour la construction. On pense ici aux briques de chanvre, aux isolants, etc.

«L’enjeu de la souveraineté énergétique est plus que jamais d’actualité avec la guerre en Ukraine, rappelle Jean Foyer, un des promoteur. Avec ce projet, on est dans du gaz produit localement avec des matières premières locales et une utilisation locale. C’est de l’économie circulaire!»

Pourrions-nous faire un jour un tel projet au Québec? Va falloir importer des Français si on veut faire ça rapidement. Leur importance est d’ailleurs grandissante dans l’écosystème québécois du cannabis. Et je ne pense pas à Jacques Farcy, le PDG de la SQDC.

Le prix des fleurs, ça vous intéresse? 

J’ai trouvé un rapport qui s’appelle Fleur de cannabis : examen de la compression des prix aux États-Unis et au Canada.

Le rapport est produit par le vendeur d’intelligence commercial Headset Insights. La Californie, le Colorado le Michigan et l’Ontario ont été pris en compte. Faut tout de même retenir que c’est au Québec que les prix sont les plus bas au Canada. En gros voici les conclusions qui ne surprendront personne :

  • Tout baisse. Le prix moyen et le prix moyen équivalent (EQ) de la fleur sont à la baisse depuis deux ans sur les marchés observés. Le prix moyen équivalent est le prix par gramme.
  • La compression des prix s’accélère aux États-Unis, mais ralentit en Ontario. 
  • Le pourcentage de marge en Ontario baisse inéluctablement. 
  • Un des principaux effets de cette compression des prix est que l’achat moyen, le panier comme on dit dans le jargon marketing et bien le panier moyen diminue puisque les clients achètent les mêmes produits pour les moins chers.

Ce rapport va plaire aux consommateurs et faire peur aux producteurs autorisés. 

Parce qu’on flâne, j’ai le gout de vous parler d’un beau documentaire que j’ai regardé hier soir.

Un très beau reportage vidéo produit par la revue de commerce Forbes. 

Le documentaire donne la parole à des acteurs du marché légal qui expliquent tous comment la légalisation américaine a été botchée en bon québécois. Un vrai travail de cochon ou de cabochon si vous préférez. C’est exactement la même chose qui se passe au Canada où les petits et moyens producteurs ont un accès limité aux services bancaires. Beaucoup ne pourront financer leur besoin de croissance avec de prix partout à la baisse. Ce qui revient le plus souvent est que le travail de producteur autorisé est un travail de maraichage de proximité. Les géants du cannabis ont toujours des problèmes, 4 ans après la légalisation canadienne à réaliser une mise à l’échelle de leur production qui soit rentable avec des produits de qualités similaires à ceux des producteurs artisanaux. Il y a un lien dans les notes de l’épisode pour les curieuses qui aimeraient voir des témoignages très touchants.

On pense souvent à nos voisins américains comme les plus habiles pour faire de l’argent. La légalisation montre bien les limites de capitalisme à l’américaine. Les Canadiens ne font guère mieux quand on pense aux épargnants qui ont perdu plus de 130 milliards en investissant dans l’industrie du cannabis. Mais les Américains, même quand ça va mal, et bien, ils continuent de battre des records.

Prenons l’état de New York. L’État a distribué 200 licences de culture à des fermiers l’an passé. Et là tenez vous bien, les producteurs autorisés ont fait ce qu’ils savent faire. Ils ont fait pousser collectivement près de 300 000 livres de pot. Et qu’ont-ils fait avec toutes ces fleurs? Rien. 300 000 livres de pot dorment parce qu’aucun point de vente légal n’a été ouvert… En donnant une valeur moyenne de 2500 $ la livre, on parle d’un manque à gagner ou à vendre de 750 millions de dollars. Même en ajustant le prix de la livre à 700 $, ce qui est plus réaliste, on peut parler d’un vrai gâchis industriel. 

La tentation d’écouler le stock sur les marchés illicites est tentante et pourrait forcer d’anciens acteurs du marché noir à y retourner pour survivre. On les a attirés avec des promesses d’un avenir meilleur et légal. L’État les laisse tomber sans se soucier de leur survie. C’est d’une tristesse abyssale. Et les magasins illégaux sont partout sans que la police intervienne. 

Et tout ça arrive au moment où un rapport de Leafly nous informe que le cannabis est la 6e culture la plus rentable aux États-Unis. Le marché du cannabis est estimé à 5 milliards de dollars. On parle de 2834 tonnes récoltées soit une hausse de 554 tonnes par rapport à l’année précédente alors que la demande réelle potentielle serait de 12 à 15 millions de tonnes métriques.

Certains États produisent trop de cannabis. On pense à l’Oregon, au Colorado et à la Californie. D’autres régions comme le Midwest ont sous-produit. Il faut comprendre que les producteurs ne peuvent pas vendre d’un État à un autre. Donc le cannabis a le vent dans les voiles, mais le bateau n’avance pas. En fait, il recule. Et cela se passe au pays emblématique du capitalisme qui est incapable d’organiser le commerce de fleurs… 

Au même moment, l’Afrique se réveille et veut se lancer aussi dans le cannabis. La semaine passée avait lieu la Première Conférence africaine sur les risques en santé à Marrakech. On y a discuté des opportunités économiques d’une filière du cannabis médical. Le thème de la table ronde organisée était «Comment réussir le lancement de la filière du cannabis médical en Afrique». C’est amusant dans le contexte ou je viens de démontrer l’échec nord-américain.

LÀ, j’y vais un peu texto :

… l’usage thérapeutique, médical, cosmétique et industriel du cannabis présente des opportunités importantes pour l’économie africaine, appelant à promouvoir le cannabis médical en tant que nouveau traitement contrôlé pour des symptômes et des maladies spécifiques et à établir des principes directeurs éthiques pour réglementer le cannabis médical afin de les mettre en œuvre comme mesure de réduction des risques.

Le Maroc, un des plus grands producteurs de hach au monde, vient d’adopter une loi autorisant, tiens tiens, les usages du cannabis à des fins médicales, cosmétiques et industrielles. Israël était présent à la conférence et entend se positionner comme un leadeur dans la recherche sur le cannabis médical. C’est étonnant comme déclaration car j’ai l’impression que l’État hébreu est déjà en tête de peloton. Alors que le Canada a abandonné les patients du cannabis médical, là-bas, au Maroc, on parlait la semaine passée d’un programme qui permet aux patients de suivre un traitement avec des produits dont le prix serait plafonné. Prix plafonné toi… Mais ces malades sont malades…

Le Maroc s’est doté une Association consultative d’utilisation du cannabis. L’AMCUC veut mettre le Maroc au centre du monde du cannabis. Elle désire aussi que les cannabiculteurs soient formés aux plus récentes techniques pour revamper la culture ancestrale du cannabis.

Chez nous, au Canada, on dirait que nous allons dans le sens inverse. Santé Canada songerait actuellement à abolir le programme médical en place… Cela ne serait pas la première fois. C’est arrivé en 2013. Sans succès heureusement grâce à la décision Allard dont j’aimerais bien vous parlez, mais cela sera une saga pour une autre fois.

Neuf ans plus tard, les experts pensent que Santé Canada va tout simplement éliminer le Règlement sur l’accès au cannabis à des fins médicales (RACFM) en prétextant que la Loi sur le cannabis prévoit déjà la possibilité de faire pousser quatre plants à la maison et que cela serait suffisant pour les malades au Canada. Dans le pire des cas, on pourrait passer, pour certains malades de 4 à 8 plants à la maison.

On s’en prend aux malades plutôt que de serrer la vis aux médecins prescripteurs de permis improbables. Il n’y a pas de lobby pour les malades alors que les médecins, eux, sont des pros dans ce domaine…

Oui, le Canada prétend encore à la domination mondiale du cannabis, mais est incapable de s’occuper de son industrie et pire, de ses malades.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

Une histoire d’horreur, ça vous dit pour terminer?

Vous avez vu passer cette recherche partout au Québec et dans le reste du monde à l’effet que l’inflammation des voies respiratoires et l’emphysème étaient plus fréquents chez les fumeurs de marijuana que chez les non-fumeurs et les fumeurs de tabac. Je ne sais pas comment qualifier ces chercheurs ou ces journalistes qui ont publié des phrases faites pour semer la confusion alors que la conclusion de la recherche spécifiait précisément qu’il fallait prendre l’étude avec un grain de sel parce que les fumeurs de cannabis étaient aussi de consommateurs de tabac… Une vraie niaiserie. Il n’y a pas d’autres mots et ce sont des mots que je n’utilise pratiquement jamais…

Ça n’a pas rapport avec le cannabis, mais juste pour démontrer que la drogue semble faire partie du destin humain, les douaniers belges rapportent qu’ils ont saisi tellement de cocaïne en 2021 qu’ils ne sont pas capables de s’en débarrasser adéquatement. En effet, comment se débarrasse-t-on de 100 tonnes de coke? Il est impossible de bruler plus de 1000 k de coke à la fois car cela bloque les filtres de l’incinérateur qui est utilisé.

OK. Puisque les patients médicaux n’intéressent pas notre gouvernement fédéral, pourquoi ne pas s’intéresser aux vaches? Qu’arrive-t-il quand on nourrit des vaches laitières avec des rebuts de chanvre industriel? Là je vous cite texto les conclusions de cette étude :

L’alimentation au chanvre a entraîné des changements dans la consommation d’aliments, le rendement laitier, les fréquences respiratoire et cardiaque, et le comportement. 

Les vaches qui mangeaient du chanvre plutôt que du foin et du maïs bâillaient plus, elles étaient plus détendues. Comme les animaux humains, leurs yeux sont devenus rouges et tombants. Elles sont même devenues temporairement un peu fofolles. C’est bien pour les vaches. Par contre leur lait contenait trop de THC pour être considéré comme sécuritaire selon les normes édictées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments. 

Après le syndrome de la vache folle, le syndrome de la vache défoncée vient de naitre. 

La science du cannabis nous prépare une vache relax, cool, bien dans sa peau. Probablement qu’elle va aussi, au passage, produire plus de lait. 

Je parie que l’on va investir plus d’argent pour le bienêtre des ruminants que les humains.

Les patients canadiens vont trouver ça… vache

Et voilà, c’était le 128e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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#127 Pot flânage (2022.11.16)

#127 Pot flânage (2022.11.16)

Pot flânage!

On fait le tour de l’actualité en prenant notre temps…

  • L’influence de la musique sur la germination des graines
  • L’effet du cannabis sur les cerveaux vieillissants
  • Le cannabis pour faire du bois aggloméré
  • Les effets du marché noir en Californie et à New York
  • Les serviettes hygiéniques et le chanvre
  • Les problèmes de main-d’œuvre dans l’industrie du cannabis
  • La canneberge, c’est comme le pot?
  • Etc.

Bonne écoute!

Liens pour l’épisode #127

Transcription Intégrale de l'épisode #126

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Avant que je passe en mode flânage, j’ai deux ou trois remerciements à faire. J’ai fait un double lapsus la semaine passée. Dans le segment sur le nouveau service de livraison d’Uber, j’ai dit Leafy au lieu de Leafly. Merci à Marchand d’arbre pour sa remarque sur mon erreur.

J’ai reçu un courriel extraordinaire d’une personne qui a fait le tour des épisodes de toPot en quelques jours. Merci pour le courriel hypermotivant. 

Finalement sur Bon Stock, mon nouveau magazine numérique, j’ai publié un article sur la productrice Karine Desjardins, la propriétaire de Vertuose. Un beau partage de Karine et une super réception un peu partout sur le Net. 

Alors, aujourd’hui, ToPot continue de flâner parce que c’est une formule qui fonctionne. C’est ce que vous me dites en tout cas. On m’a dit que j’étais plus coquin… C’est un bon signe. 

OK. Tant qu’à flâner, je me permets de revenir sur un partage de la semaine passée. Je racontais comment Puff Diddy avait acheté une entreprise de cannabis pour 180 millions de dollars. Et bien il a suffi de moins d’une semaine ouvrable pour que des experts remettent en cause son achat…

Un bref rappel si vous n’avez pas eu le temps d’écouter l’épisode 126. Diddy a acheté les actifs de production et de vente de Columbia Care et Cresco Labs. Juste 185 millions de dollars. Pour les vendeurs, c’était une obligation de vendre à cause des exigences règlementaires des législateurs américains suite à leur fusion de 2 milliards de dollars, 

Un marché d’acheteurs quoi… Et là les spécialistes questionnent la diligence raisonnable, en anglais la due diligence effectuée ou pas par l’équipe de Diddy.

Si Combs pourrait devenir le plus grand opérateur d’une entreprise appartenant à une minorité visible, il n’est pas le premier black à investir dans le cannabis. «Jay-Z» Carter, est propriétaire de la marque Monogram depuis 2020. La ou Diddy innove, c’est qu’il pourrait le premier MSO noir à être intégré verticalement… Évidemment, si les autorités antitrusts américaines autorisent la transaction.

Au final tout le monde affirme que la transaction de Diddy est bonne pour tout le monde, mais beaucoup de gens pensent qu’il a payé trop cher… Personnellement, je suis enclin à penser que Diddy a tout réussi dans sa vie. Il semble bien conseillé. Et plus généralement, pourquoi aurait-il perdu soudainement sa perspicacité? 

Parlant de perspicacité, pourquoi ne pas regarder celle du gouvernement irlandais…

La Haute Cour de l’Irlande, un de ses juges en fait, vient d’affirmer qu’il faut interdire la vente d’huile de chanvre importée qui pourrait contenir des traces de THC. Pourquoi? Parce que cela est interdit par la Convention de 1971 sur les substances psychédéliques. 

M. Alexander Owens, c’est le juge, rejette aussi le précédent de l’affaire KanaVape. Cette position de l’Irlande pourrait avoir un gros impact sur les projets de légalisation dans d’autres pays comme l’Allemagne. Donc toute la communauté européenne vient de faire un gros pas en arrière.

Le Canada s’est affranchi de la Convention de 1971. Je me souviens que dans les mois qui ont précédé la légalisation canadienne, Poutine disait que le Canada se positionnait en marge de la communauté mondiale… On souhaite bonne chance aux Russes pour la suite. 

Comment rendre le cannabis plus acceptable? Peut-être en passant par le chanvre et l’alimentation… 

Pour donner une forme à cette vision, un groupe d’industriels américains qui dormait depuis une vingtaine d’années vient de renaitre de ses cendres. Le Hemp Food Association (HFA) croit que leur industrie pour générer un milliard de chiffre d’affaires très rapidement.

Le marché alimentaire et la graine de chanvre sont généralement encadrés par une législation stable et claire pour tout le monde. La FDA n’a pas ou peu de problèmes avec ce type de produits. Donc on parle de produits sans danger, facile à produire et à exporter. 

C’est le pionnier Richard Rose qui relance le groupe qu’il avait mis sur pieds en 1998.

Le chanvre alimentaire dit Rose est le seul produit à base de chanvre vendu partout depuis des années

Il existe des dizaines de millions de clients réguliers 

Ce genre de produit permet de lutter contre le changement climatique 

Il répond aussi à plusieurs des objectifs de développement durable. 

Le raisonnement de l’asso est simple : tout le monde doit manger. Donc le marché potentiel est énorme.

On peut s’abonner gratuitement à l’association, ce que j’ai fait. Je vous encourage à vous inscrire pour comprendre les enjeux et les écueils qui ne manqueront d’apparaitre. Mais aussi tous les bons coups. M. Rose est très présent sur LinkedIn et il est très généreux. Je lui ai parlé il y a quelques mois pour lui demander quel était le produit le plus facile à produire avec des déchets de l’industrie du cannabis. Dans le secteur non alimentaire, il m’a parlé de la fabrication de bois aggloméré. Je voulais être sûr de ne pas dire des bêtises alors voici la définition de Wikipédia pour ce matériau :

Le bois aggloméré — appelé communément aggloméré de façon raccourcie — désigne des panneaux fabriqués à partir de fibres ou de particules de bois. L’ensemble est lié par une colle et pressé à chaud.

OK. C’est bien la vertu. Mais ça prend du monde pour le faire pousser ce cannabis-là. Il est difficile d’avoir des chiffres au Canada, encore plus au Québec, mais on peut tenter de comprendre notre situation en regardant chez nos voisins du sud… Et le problème de main-d’œuvre s’étend évidemment à tout ce qui pousse dans les serres et les pépinières.

J’ai trouvé une enquête qui s’est penchée sur cette problématique. Il s’agit d’une collaboration entre deux universités, Davis en Californie et de l’Université d’État du Michigan, deux universités donc et une association qui s’appelle AmericanHort.

AmericanHort veut représenter l’industrie horticole afin de cultiver des entreprises prospères, et pour que notre industrie améliore les vies grâce aux bienfaits des plantes.

Ça pourrait être la mission d’un groupe de représentation des intérêts de l’industrie du cannabis.

Les buts de leur enquête étaient simples :

  • Mesurer la prévalence des problèmes de main-d’œuvre
  • Comprendre l’impact de la pandémie COVID-19 
  • La mesure de l’impact réel des technologies d’économie de main-d’œuvre 

Les résultats sont pour l’année 2021.

On parle de serres et de pépinières sur tout le territoire américain.

  • OK, au pas de course, une synthèse de la conclusion de l’enquête :

  • 2/3 des répondants n’ont pas pu embaucher toute la main-d’œuvre dont ils avaient besoin et que le COVID-19 avait aggravé la situation en 2021
  • 20 % de la main-d’œuvre nécessaire pour fonctionner à pleine capacité manquait
  • La moitié de producteurs ont investi dans des technologies de réduction de main-d’œuvre. 
  • Dans la moitié de ces projets, les sommes investies dépassaient 100 000 dollars.
  • Un peu plus du tiers des producteurs interrogés ont utilisé le programme H-24 qui permet d’engager des travailleurs agricoles temporaires.

Cela ressemble au Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) qui permet aux producteurs autorisés d’embaucher des travailleurs étrangers temporaires (TET).

La première condition est simple. Des Canadiens et des résidents permanents ne sont pas disponibles pour le travail. 

Que doit-on retenir de ces études? Même les technologies couteuses ne solutionnent pas tous les problèmes. 

On va continuer de flâner aux États-Unis.

Born in the USA, la première poursuite pour publicité mensongère…

Il y avait de l’action ces dernières semaines donc avec, entre autres, une poursuite en Californie de deux consommateurs contre les sociétés DreamFields Brands, Inc. et Med for America pour publicité mensongère. 

La marque annonçait que leur joint vous transporterait sur Mars plus rapidement qu’Elon Musk. Le produit aurait été mal étiqueté et contiendrait moins de THC qu’annoncé. Les gens sont prêts à payer plus cher pour un produit à forte teneur en THC. Ici, l’argument décisif est que l’écart entre la teneur annoncée et la teneur réelle après évaluation dans un laboratoire est plus grand que la marge permise de 10 %.

La poursuite parle de concurrence déloyale, de publicité mensongère et de fausse représentation. Elle exigerait, entre autres, en fait la poursuite demande, elle ne peut pas exiger, des dommages et intérêts. Au Canada, je ne crois pas que cela soit déjà arrivé. J’ai entendu parler d’un écart de 9 % pour un produit au Nouveau-Brunswick la semaine passée. Ce producteur aurait été sauvé par la règle du 10 % également adopté par le Canada. 

C’est une saga pour une autre fois, mais le 10 % c’est une compétence fédérale de santé, Statistique Canada hein, mais une province pourrait-elle tenter d’imposer une autre norme? 

Impossible d’entrer dans la tête du législateur. C’est un fait. Mais le cannabis lui peut entrer dans le cerveau de tout le monde. M. Legault est né en 1957. On peut dire qu’il n’est pas jeune en termes d’âge. Et que vient-on d’apprendre? Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode… On vient d’apprendre grâce à la recherche de Karli K. Watson que consommer du cannabis pourrait être une bonne chose pour le cerveau des personnes âgées.

Avant d’aller plus loin, c’est quoi une personne âgée? Est-ce que M. Legault est une personne âgée? On va se trouver une réponse facile en utilisant la définition de la recherche. L’âge d’une personne âgée est compris entre 60 et 88 ans. Le premier ministre du Québec est considéré comme une personne âgée… dans cette recherche. Pas au Québec où il pourrait au pouvoir pour les 40 prochaines années. 

En gros, le cerveau d’un animal humain de 60 à 88 ans, un vieux quoi, réagit mieux au cannabis que celui d’un adolescent. Ce n’est pas une opinion. Ça se mesure. 

Une fois c’est un étudiant universitaire qui s’appelle Bharat Biswal. On est en 1992 dans le Wisconsin. Le gars découvre que le cerveau de l’animal humain, même au repos, et bien notre cerveau au neutre nous informe de son déclin. r Son test s’appelle rsFC ou Resting state functional connectivity. En français, connectivité fonctionnelle à l’état de repos. Le sujet a sa page Wikipedia en anglais avec quelques traductions. J’y vais par ordre alphabétique :

Arabe, cantonais, chinois, Perse. Suivant une demi-douzaine de variations, un pour Macau. Oh Macau. Le paradis des mauvais garçons. Pour vrai, c’est le titre d’un film de Josef von Sternberg avec Robert Mitchum et Jane Russel. 

Nick Cochran, un américain en exil à Macao, peut sauver sa réputation s’il aide à capturer un seigneur du crime international. Infiltré, peut-il tromper les méchants et, en même temps, courtiser la belle chanteuse et petite escroc, Julie Benson?

C’est le résumé de Imdb.

Le titre de la recherche dont je vous parle est «Consommation de cannabis et connectivité fonctionnelle de l’état de repos dans le cerveau vieillissant». En voici les grands constats :

  • La retraite est le début d’une consommation de cannabis qui quadruple. Les chiffres de ventes confirment que les boomers sont une cible de choix pour les producteurs autorisés.
  • Le cannabis nous affecte différemment selon notre âge. Vulnérabilité en bas âge d’un côté et avantages évidents en vieillissant de l’autre.
  • Il y aurait une association entre le fait de consommer du cannabis et une connectivité fonctionnelle de l’état de repos amélioré.

Est-ce que le cannabis provoque des transformations positives dans le cerveau? On ne peut l’affirmer.

Est-ce que le cannabis ralentit ou empêche le déclin normal de la connectivité du cerveau dû à l’âge? On ne peut l’affirmer. Mais la consommation de faibles doses quotidiennes à partir de 55 ans aiderait à diminuer la dégénérescence du cerveau.

On flâne.

Plus on avance dans le déploiement de la légalisation au Canada, plus on apprend des choses intéressantes. Ici, par exemple, je vous présente une étude transversale qui existe depuis 2019. Plus de 15 000 répondants d’âge légal qui étaient des consommateurs de cannabis au cours des 12 derniers mois

Voici plus ou moins texto la traduction de la conclusion…

Trois ans après la légalisation, les consommateurs canadiens de cannabis avaient généralement des perceptions de plus en plus favorables des produits légaux par rapport aux produits illégaux — à l’exception du prix — avec des variations selon les provinces et la fréquence de consommation de cannabis. Pour atteindre les objectifs de santé publique de la légalisation, les gouvernements fédéral et provinciaux doivent s’assurer que les produits de cannabis légaux sont préférés aux illégaux, sans pour autant attirer les non-consommateurs.

Capter le marché sans faire de promotion en d’autres mots. Le leitmotiv de la SQDC.

C’est au Québec que les prix sont les plus bas au Canada. Mais pour beaucoup de gens, c’est encore trop cher.

Dans un autre genre, j’ai vu passer une recherche sur l’effet de la musique sur les plantes. Il n’y avait pas de cannabis dans cette expérience qui a confirmé l’influence de la musique sur le développement des plantes. Il a été observé comment ces organismes modifient leur cycle de vie en réponse à des stimuli sonores externes. 

Moi je serai un PA et je me mettrais sur ce dossier-là rapidement. Bientôt on va voir des tests du même cultivar soumis à du heavy metal ou de la musique classique. Une belle histoire à suivre, non?

On disait il y a quelques minutes que les produits de chanvre dans l’alimentation nourrissent un marché captif. Ben oui, on doit tous manger. En flânant, j’ai trouvé un autre type de produit qui concerne la moitié des gens qui doivent manger… Les femmes. Quelle est la caractéristique dont je parle? Les menstruations. Et oui, en flânant j’ai trouvé une recherche qui s’intéresse aux produits de chanvre et à l’hygiène féminine. En fait on a évalué l’effet des serviettes hygiéniques en chanvre sur la microécologie vaginale.

La conclusion? J’y vais texto encore une fois.

 Pour les femmes sans inflammation vaginale, l’utilisation de serviettes hygiéniques en coton de chanvre pendant les menstruations peut aider à maintenir l’équilibre de la microécologie vaginale pour prévenir les infections de l’appareil reproducteur.

Parlant de gros bon sens, vous avez sans doute remarqué que les élections récentes aux États-Unis ont excité la planète cannabis qui rêve d’y faire fortune… Même chose en Allemagne. Mais dans les deux cas, c’est un pas en avant et deux pas en arrière. 

Le grand spécialiste de ce genre de truc, c’est Kenzi Riboulet-Zemouli dont j’ai parlé à plusieurs reprises sur toPot. Il juge le document de 12 pages publié par l’Allemagne «parsemé d’erreurs» et «mal conçu». Matt Lamers de MJBiz a dit quelque chose de similaire lorsque le papier de la position allemande a été publié ou coulé par on ne sait qui à la presse. Personne n’a encore vu les arguments juridiques allemands. Par contre, sans défier les cadres légaux déjà en place, l’Allemagne semble vouloir contourner les problèmes sur la route de sa légalisation.

Malgré tous ces bémols, les géants canadiens continuent de s’énerver le poil des jambes en pensant que le chemin est déjà déblayé pour envahir ces nouveaux marchés… Ce n’est pas demain la veille. Mais ça plait aux boursicoteurs.

OK. Un dernier partage… La canneberge à beaucoup de choses en commun avec le cannabis. D’abord, la période de la récolte qui va de la fin septembre à la fin d’octobre…

Mais il y a beaucoup plus évidemment, sinon je n’en ferais pas tout un plat d’accompagnement. C’est d’autant plus pertinent que dans beaucoup d’endroits où la canneberge dominait l’activité économique, elle est maintenant dépassée par la culture du cannabis. C’est déjà le cas chez nos voisins du Massachusetts.  

Vous avez sans doute deviné que la canneberge et le cannabis ont en commun les terpènes. Et oui, les fameux terpènes. La canneberge contient beaucoup de terpinéol, de limonène et de nérol. Mais comme pour le cannabis, il y a d’autres terpènes et plus faibles quantités. On sait d’ailleurs depuis le début des années 60 que les terpènes déterminent l’arome et la saveur de la canneberge.

Si vous souffrez d’un choc posttraumatique, il vous faudra peut-être éviter les attaqua à Noël car le pinène qu’elles contiennent pourrait selon certains experts potentialiser le souvenir des évènements ayant causé le traumatisme initial.

Vous ajoutez de la cannelle et des clous de girofles dans votre recette de canneberge? Ces deux épices contiennent beaucoup de caryophyllènes. Le gingembre? Il est rempli de bisabolol que l’on retrouve aussi dans le cannabis, mais pas que… Le bisobolol est antiinflammatoire  et on le retrouve aussi dans la camomille sauvage et l’huile de bergamote, donc dans le thé Earl Grey. Je me demande si les spécialistes de la cuisine au cannabis tiennent compte des propriétés spécifiques des épices qu’ils utilisent dans la confection de leurs repas… 

OK. Un dernier partage flânage… 

Si on veut comprendre la réalité du marché noir au Canada, il faut regarder aux États-Unis pour avoir des chiffres et des opinions précises. Il semble que le marché noir de la Californie domine le marché légal 6 ans après la légalisation. On blâme là aussi les taxes et la frilosité des différents législateurs. Alors que New York à légaliser en 2021, on craint que la lune de miel provoqué par la nouveauté de la légalisation arrive à sa fin. Les acteurs de l’industrie croient que la solution réside dans la prolifération des points de vente. On sait que cela n’est complètement vérifié dans les faits. La SQDC en est la preuve. Dans les derniers mois, la croissance de ses ventes était plus forte que celles des provinces où le privé domine.

Mais le marché noir mine aussi la confiance des investisseurs potentiels… Pourquoi investir dans un secteur économique où les tricheurs ont pignon sur rue et des sites internet qui promettent la livraison dans la demi-journée? Si on veut de nouveaux investissements dans le secteur du cannabis, ce ne sont pas des profits qu’il faut promettre. C’est une absence de marché noir… Un marché noir qui s’affiche d’ailleurs sans retenue sur les réseaux sociaux. Facebook va vous éjecter pour avoir osé contredire votre gouvernement, mais vous pouvez y faire concurrence à la SQDC sans problème. Facebook, comme le marché noir, marche à l’argent…

Et voilà, c’était le 127e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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126 Pot flânage (2022.11.09)

126 Pot flânage (2022.11.09)

Pot flânage!

On fait le tour de l’actualité en prenant notre temps.

  • Extraction à partir de la fumée de cannabis
  • Culture verticale et désillusion technologique
  • Diminution de l’intérêt du chanvre chez les agriculteurs américains
  • Technologie brésilienne dans le cannabis canadien 
  • Le nez intelligent des consommateurs sans expertise
  • Etc.

 

Liens pour l’épisode #126

Transcription Intégrale de l'épisode #126

#126 Pot flânage (2022.11.09)

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis.

 Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil.

 Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix.

 Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast.

 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

On continue notre série «Pot flânage» cette semaine.

 

Parce que vous me dites que ça vous plait.

 Pas compliqué.

 

Évidemment, il y a des interviews dans le pipeline.

Des personnes très intéressantes.

Qui font aussi des choses très intéressantes.

Si vous avez des sujets qui vous intéressent particulièrement, n’hésitez pas à m’écrire.

 lucprevost@hotmail.com.

Si vous connaissez des gens qui font des choses remarquables dans le cannabis, écrivez-moi.

J’oublie toujours de le dire.

Cette fois-ci, je me suis fait une note.

 Je partage plein de liens pour chaque épisode.

 

Même une transcription.

J’ai commencé à faire ça il y a quelques semaines.

 

J’ai juste oublié de le dire.

On peut trouver ça sur le site de toPot.

Ou dans les notes de l’épisode si vous écoutez le potcast sur Spotify par exemple.

Ou sur Youtube.

 

Y’a des gens qui aiment recevoir des alertes quand toPot sort le mardi soir à 11 h 59. C’est pour cela qu’ils écoutent toPot sur Youtube.

Pot flânage…

OK.

 Une drôle de nouvelle pour commencer.

 

La compagnie privée de biotechnologie Real Isolates a reçu un brevet de l’Office des brevets et des marques des États-Unis pour une nouvelle méthode d’extraction.

 Selon vous, la compagnie va extraire à partir des fleurs et feuilles ou à partir d’un concentré? 

Je vous laisse y penser pendant que je me commande un café.

Alors ce brevet concerne l’extraction à partir de la matière végétale ou à partir de concentré? 

Vous faites erreur, peu importe votre réponse.

 

C’est comme ça.

La nouvelle méthode va extraire des cannabinoïdes à partir de la fumée de cannabis.

Incroyable, non! 

Le produit extrait a été baptisé Smokenol™.

 

La compagnie affirme que sa méthode lui permet d’extraire les cannabinoïdes habituels, mais aussi d’autres, beaucoup plus rares.

Real Isolates prétend qu’il une nouvelle catégorie de produits de cannabis oraux, topiques et inhalés.

La méthode utilise zéro solvant.

Le boss de l’entreprise, un monsieur Westerkamp, affirme que les producteurs de mangeables, les produits comestibles dans le lingo de la SQDC, et bien ils pourront proposer des produits avec des effets similaires à ceux de la combustion.

Parce que son procédé utilise des températures élevées, le produit final proposerait une plus grande diversité de cannabinoïdes.

Le Smokenol est déjà disponible pour les producteurs de mangeables.

 Personnellement, je suis enchanté par le concept.

 Mais la preuve est dans le pouding.

 Une autre affaire à suivre.

J’ai vu passer un autre truc du genre, mais décalé dans la chaine de production.

 J’ai échangé deux secondes avec le PDG de WestCan, Monsieur Andreas Gedeon.

 Sa compagnie Westcann a maintenant accès à la technologie brésilienne de IOTO initialement conçu pour l’industrie du tabac et qui est maintenant appliquée au cannabis.

 Cette technologie, c’est la promesse de M. Gedeon, devrait perturber le marché des préroulés.

 Westcann fait des préroulés qui ressemblent à 100 % à des cigarettes de tabac.

 Mais ça, c’est le bout facile que d’autres compagnies comme Redecan maitrisent parfaitement.

 Non, la promesse est dans la reconstitution de la matière végétale du cannabis.

 Et là je vais citer le communiqué de presse texto :

Développées à l’origine pour le traitement primaire du tabac, les technologies d’IOTO permettent une homogénéisation complète du cannabis ainsi qu’un contrôle total du processus sur les ingrédients actifs et les caractéristiques de fumage.

 En conséquence, les équipements de précision pour la fabrication et le conditionnement des cigarettes peuvent être utilisés pour la fabrication des rouleaux de tabac, créant ainsi un produit de consommation très cohérent et reproductible, avec des avantages significatifs en termes de qualité et de coûts.

Fin de la citation.

Je disais quoi? Ah oui, les préroulés de Westcann.

WestCann veut débuter la production de ses préroulé dès décembre 2022 à son usine en Saskatchewan et les préroulés devaient être disponible dans le premier trimestre de 2023.

Comme toutes les cigarettes de tabac qui sont exactement pareilles, M. Gedeon croit que les consommateurs des préroulés apprécieront l’expérience et le prix qui devrait être inférieur a celui de ses compétiteurs.

Les préroules seraient vendus dans un emballage qui offre le fameux look des paquets de cigarettes tout en étant sécuritaire pour les enfants.

L’entreprise a des visées sur plusieurs marchés à l’extérieur du Canada.

Les États-Unis évidemment, mais aussi l’Allemagne et la Thaïlande.

On flâne, on flâne.

Par hasard, je suis tombé sur des chiffres de vente par point de vente pour tout le Canada.

Les chiffres datent de presque un an, mais ils donnent une belle idée de la bataille dans les provinces où la vente du cannabis se fait au privé.

Les points de vente qui appartiennent à des monopoles dominent largement.

#

Province

Sales/Store

1

Quebec

$728,765

2

New Brunswick

$317,950

3

Nova Scotia

239 600 $

4

Saskatchewan

194,955 $

5

Newfoundland

$157,367

6

Ontario

143,269 $

11

Alberta

$  93,708

Techniquement, à vue de nez, cela veut dire que la SQDC est quand même assez  bien placée pour mieux payer ses employés.

 Je vais revenir sur le sujet dans les prochains mois, car je viens de finaliser un premier partenariat avec une entreprise qui vend de l’intelligence.

 Je vais donc bientôt pouvoir commenter plein de choses grâce à cette nouvelle source d’information dont j’ai très hâte de vous parler.

Dans le contexte de la grève actuelle, c’est tout ce que je voulais dire, mais cela me permet d’affirmer que si ça va mal pour les employés de la SQDC, que se passe-t-il dans l’industrie? 

Les producteurs autorisés se plaignent.

 Et on les entend dans les médias.

 C’est bien.

Les conseillers de la SQDC se plaignent.

 Et on les entend dans les médias.

 C’est très bien.

Les employés de l’industrie se plaignent.

 Et on n’entend rien.

 Et ce n’est pas bien.

SFX bruit de criquets

Ça gagne combien une trimmeuse au Québec? Est-ce que son salaire lui permet de vivre? 

J’ai eu la chance de faire de la trime à la main à quelques reprises.

 Ce n’est pas facile.

 Ça demande du doigté.

 Et c’est très dur physiquement.

 Si vous avez le gout de partager des infos sur votre travail et votre salaire dans l’anonymat et le respect de votre employeur, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

 Merci d’avance.

 

Vous vous souvenez qu’il y a à peine quelques jours, la planète cannabis était en feu à cause de la nouvelle du nouveau service de livraison proposé par Uber et Leafy.

Après le buzz de la nouvelle, la réalité semble plus convenue.

Les acteurs de l’industrie commencent à admettre qu’il ne s’agit que d’un autre service de livraison et que si le nombre d’utilisateurs de ce genre de service n’augmente pas, et bien, les profits devront maintenant se partage avec un joueur de plus.

 C’est tout.

 Les grossistes provinciaux y gagnent un outil de plus dans leur stratégie omnicanale.

 Les consommateurs et les petits revendeurs légaux n’y gagneront rien.

 Mais Uber et Leafy ont accès aux médias et les retombés publicitaires de la simple mention de leurs noms sont remarquables.

C’est comme le pardon de Biden.

 La nouvelle a fait le tour du monde.

 Zéro personne sortie de prison à date.

 Biden le nouveau héros qui propose une action qui fait plaisir, qui peut être contre la vertu, mais qui dans les faits ne change rien.

Dans un autre registre maintenant… Pour moi, c’est une première.

Vous me direz si c’est aussi le cas pour vous. 

Une femme du Nouveau-Brunswick, Mme Pam Staples-Wilkinson n’a jamais consommé de cannabis de sa vie.

Mais on peut être sobre et avoir un accident de voiture et c’est exactement ce qui lui arrive en mars 2021.

 La dame n’est même pas en faute.

C’est une voiture qui circulait dans l’autre sens qui la frappe.

 Elle est évidemment ébranlée et pourrait souffrir d’une commotion cérébrale.

 Mme Pam Staples-Wilkinson appelle le 911 et donne le mauvais modèle de voiture, car elle conduit habituellement un autre véhicule. Elle est sous le chox la dame.

 Le répartiteur du 911 informe les policiers que la dame pourrait avoir conduit sous influence.

 Le policier qui arrive sur le lieu de l’accident lui fait passer un test physique qu’elle échoue.

On oublie pas qu’elle vient de subir une commotion. Et on lui demande de  prendre une posture comme le Karaté Kid. 

 On la menotte pour l’emmener au poste de police afin de l’interroger pendant deux heures en plus de lui faire passer un test en 12 étapes.

 Jugeant qu’elle avait été mal traitée, elle porte plainte.

 Et bien, la Commission de police du Nouveau-Brunswick vient de lui donner raison.

 Il y aurait eu négligence et plein d’autres gestes incorrects.

 Heureusement, le test de dépistage prouvera qu’elle n’avait pas consommé de cannabis.

 Les agents recevront une petite tape sur la main et Mme Staples-Wilkinson a reçu une lettre d’excuses de la part du chef de la police de Fredericton.

 Ce genre d’incidents devraient exploser au cours des prochains mois.

On salut le manque d’empathie des policiers.

Ça, c’était une bonne nouvelle.

Une mauvaise nouvelle, ça vous tente?

OK.

 

La semaine passée, l’Office of Cannabis Management de New York a éliminé les critères de limitation des bactéries, des levures et des moisissures pour ses producteurs autorisés suite à leurs plaintes. 

Les PA affirmaient que les limites imposées les empêchaient de commercer.

Le Bureau de gestion du cannabis (Office of Cannabis Management) à décider de remettre à jour ses exigences.

Comment?

Simplement en suprimant l’obligation de déclarer le résultat des tests.

Ohhh, les PA doivent continuer de faire des tests, mais maintenant l’OCM leur demande de simplement tenir compte des résultats… pour en parler seulement si ça les amusent.

Des producteurs autorisés qui sont incapables de faire pousser du pot qui passe des tests standards et on pense leur rendre service en abolissant l’obligation de déclarer le résultat des tests. 

Les autorités et certains PA affirment que leur stock sera plus propre que celui du marché noir.

 Je ne sais pas qui ça rassure.

 Évidemment les propriétaires des services d’irradiation vont se réjouir de cette nouvelle.

 Le casse-tête américain ne fait que commencer.

Doit-on craindre queSanté Canada diminue ses exigences dans un proche avenir? 

Pas à court terme.

Pas avant que les producteurs autorisés américains décident qu’ils veulent leur portion du marché canadien.

Ce jour-là, Santé Canada diminuera ses exigences pour respecter la liberté de commercer des PA américains.

Pour ceux qui ne s’en doute pas, Santé Canada accepte les médicaments américains approuvés par la FDA sans se livrer aux mêmes tests, car elle n’a a pas ni les moyens ni l’autorité réelle face au bulldozer américain.

Beaucoup d’observateurs croient que cette mesure aura un impact négatif sur le marché.

C’est peut-être une occasion en or pour les producteurs canadiens.

 

OK.

 Une vedette à mon attention cette semaine.

 Et oui, Sean «Diddy» Combs devrait acheter pour 185 millions de dollars des opérations de production et de distribution de cannabis.

 Cet investissement permettrait la création du premier MSO d’envergure nationale contrôler et géré par une minorité visible.

 Un MSO, c’est un Multi State Operator.

 

Ma mission a toujours été de créer des opportunités pour les entrepreneurs noirs dans des secteurs où l’accès nous a traditionnellement été refusé et cette acquisition fournit l’échelle et l’impact immédiats nécessaires pour créer un avenir plus équitable dans le domaine du cannabis… a déclaré M Combs.

Bon, c’est le temps de flâner ailleurs.

On entend parler de chanvre partout en Amérique par les temps qui courent.

On parle de le transformer en matériau isolant, en chaussure, en vêtement, en plastique, en bouffe pour animaux, en brique… Vous voyez le genre.

Dans les faits la réalité est toute autre.

Chez nos voisins du Sud, année après année, la superficie des surfaces de chanvre cultivées diminue.

En 2019, les fermiers américains cultivaient 511 442 acres de chanvre et en 2022, la surface totale est passée à 107 702 acres.

En Europe, c’est l’inverse.

Et oui, entre 2018 et 2021, la superficie totale consacrée au chanvre a augmenté de 30 % et ce n’est pas fini.

La diminution de la surface de culture aux États-Unis serait due à un ajustement suite à la course vers l’or du marché du CBD.

 La promesse d’une culture de rente extraordinaire n’a pas tenu et les producteurs de chanvre s’ajustent à la vraie dimension du marché américain. 

En quelques années, on est passé d’un cash crop a un crash cop.

Comme à NY où l’on diminue les normes d’inspection, beaucoup d’agriculteurs sans expérience dans le chanvre n’ont pas été capables, par simple manque d’expérience, de produire des fleurs qui correspondaient aux exigences des producteurs de CBD.

Ce mini désastre américain va encourager plusieurs nations européennes à augmenter leur production de chanvre.

Après la culture extérieure, on va rentrer à l’intérieur et discuter 2 secondes de culture verticale.

 Si vous avez un intérêt pour la culture des fruits et légumes, vous avez entendu parler de la culture verticale.

 Si vous aimez le pot de haute technologie, vous savez aussi que les fournisseurs de technologies promettent le fameux pot of gold, le pot d’or au bout de l’arc-en-ciel.

 Cette semaine, j’ai vu le commentaire d’un gars qui s’appelle Jim Plamondon sur LinkedIn.

 J’aime bien sa façon de penser.

 Il a aussi écrit deux ou trois trucs très très brillants sur le cannabis.

 Il s’est éloigné du domaine depuis quelques mois, mais à l’occasion, il lâche un coup de gueule.

 Donc il a évoqué la faillite de la startup d’agriculture verticale Fifth Season.

 

Fifth Season qui est établie à Pittsburgh, en Pennsylvanie, a fermé ses portes il y a quelques jours.

 L’entreprise possédait des installations d’agriculture verticale dernier cri avec beaucoup de robotique pour faire pousser des légumes.

 Juste avant de fermer, l’entreprise avait pourtant ramassé un capital supplémentaire de 35 millions de dollars US.

 

Jim Plamondon a dit que la seule façon que l’agriculture verticale pouvait réussir c’est quand l’argent et la technologie seraient gratuits.

 Le gars est un peu baveux, mais toujours très logique.

 Donc d’un côté, beaucoup de promesses des vendeurs de technologies et de l’autre peu de données probantes sur les résultats et les retours sur investissement.

 L’installation que Fifth Season devait construire dans l’Ohio en 2023 nécessitait des investissements surprenants.

 Pour une ferme verticale de 180 000 pieds carrés, Fith Season prévoyait investir 70 millions de dollars.

 Ça fait tout de même environ 17 millions de dollars par acre.

 Et Fifth Season, j’adore ce nom, n’est pas la seule à fermer.

 L’entreprise française Agrocool vient d’être rachetée pour 50 000 euros malgré des investissements totaux de plus de 25 millions d’Euros.

 Il y a toute une flopée d’entreprises similaires qui ont fermé dans les derniers mois.

 Sommes-nous rendus à ce moment où la désillusion technologique devient un phénomène contagieux? Je ne sais pas.

Je sais qu’il y a des expériences en cours au Québec dans le cannabis et dans la fraise par exemple.

 Je ne sais rien de leur vrai résultat en termes de qualité et de profitabilité.

 Rien.

 Ce genre d’entreprise communique peu.

 Est-ce que la fermeture de Fifth Season résulte d’un problème de gestion ou d’un problème technologique? Je connais quelques personnes qui œuvrent dans le domaine, mais personne ne parle.

 C’est OK.

 On espère juste de bonnes nouvelles.

 

Est-ce qu’il y a des compagnies qui font de l’argent dans le cannabis?

C’est une question légitime.

OUI . Y’a des gens qui font de l’argent dans le cannabis.

 Et pas juste la SQDC.

 Sont pas difficiles à trouver en plus.

 Je vous donne un exemple.

 La compagnie Scotts Miracle-Gro qui est un des leadeur mondial des produits de culture intérieure et hydroponique annonce des profits.

 Leur chiffre d’affaires de 168,5 millions de dollars pour le quatrième trimestre augmente de 9 % par rapport au trimestre précédent. 

 

Et même si l’avenir de la culture verticale n’est pas assuré, il y a plein d’entreprises qui croient à la haute technologie.

 La compagnie canadienne Eteros Technologie par exemple qui veut développer de l’intelligence artificielle pour l’industrie du cannabis.

Pour y arriver, elle vient d’acquérir Bloom Automation.

Fondée en 2016, Eteros Technology est maintenant le plus grand fabricant d’équipement d’automatisation au monde pour tout ce qui se passe après la récolte.

En achetant Bloom, Eteros se donne les moyens de ses ambitions pour mettre l’IA aux services des producteurs autorisés de cannabis.

L’automatisation dans le contexte de la difficulté de recruter du personnel compétent et de bien les payer est une solution qui devrait plaire aux gestionnaires.

J’ai l’impression que toute cette IA pourrait servir à remplacer plein de tâches manuelles.

OK. Je me ramasse.

 Je connaissais la théorie et la pratique, mais pas l’expression scientifique.

 L’effet biphasique du cannabis.

 À petite dose, le THC, par exemple, démontre de propriétés qui diminuent l’anxiété.

 Une dose plus forte peut provoquer une réaction inverse.

 Je suis tombé par hasard sur l’expression dans un article qui discutait du microdosage du cannabis.

 L’idée du microdosage est de maintenir un état positif sans jamais déborder dans l’ivresse du THC. Ou minimalement.

 Une dose trop forte avant de se coucher peut provoquer des réactions adverses au sommeil.

 Le CBD ne serait pas biphasique.

 L’eau non plus.

 Si je me trompe dans mon interprétation, n’hésitez pas à me signaler mes erreurs.

 

OK.

 Un dernier partage.

 Un truc brillant en plus.

 C’est une recherche réalisée par Anna L. Schwabe.

 Sur Discord la semaine passée, un gars que je croise à l’occasion m’a parlé de la dame et m’a mis en contact avec elle.

 Par hasard, quelques jours plus tard, j’ai vu qu’elle publiait une recherche assez originale.

Les cultivars de cannabis sont souvent associés par les consommateurs à des odeurs et une certaine teneur en cannabinoïdes.

 Parallèlement, le nom des souches est parfois incohérent avec la nature réelle des plants analysés.

 Alors Mme Schwabe et son équipe se sont demandé si les consommateurs pouvaient détecter ces incohérences en fonction de l’odeur des produits.

Je vous propose la conclusion plus ou moins texto :

… Nous avons trouvé des preuves que la variation génétique au sein d’une même souche de Cannabis est associée à une altération de la perception des arômes.

 La variation phénotypique de la production d’odeur mérite une attention particulière, car elle est détectable par des consommateurs non experts et peut avoir un impact sur leurs jugements de la qualité du produit et leurs décisions d’achat.

 

Fin de la citation.

En d’autres mots? On savait que les consommateurs étaient capables de se servir de leur tête pour consommer intelligemment.

 On sait maintenant qu’ils savent aussi se servir de leur nez.

Et oui.

 L’argent n’a pas d’odeur.

 Mais pas nos fleurs.

Et voilà, c’était le 126e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : 

lucprevost@hotmail.com.

 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine.

 

Beaucoup de bienêtre.

 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

#129 Pot flânage (2022.11.30)

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128 Pot flânage (2022.11.23)

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Cette semaine, on flâne encore une fois dans l’actualité du cannabis et on s’amuse! Les nouvelles licences de cannabis au Québec Réduction des effets du THC par le CBD… La science parle Bonsaïs de cannabis Le cannabis au Vietnam, une découverte La pyrogazéification du...

#127 Pot flânage (2022.11.16)

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Pot flânage! On fait le tour de l’actualité en prenant notre temps… L’influence de la musique sur la germination des graines L’effet du cannabis sur les cerveaux vieillissants Le cannabis pour faire du bois aggloméré Les effets du marché noir en Californie et à New...

126 Pot flânage (2022.11.09)

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Pot flânage! On fait le tour de l'actualité en prenant notre temps. Extraction à partir de la fumée de cannabis Culture verticale et désillusion technologique Diminution de l'intérêt du chanvre chez les agriculteurs américains Technologie brésilienne dans le cannabis...

#125 Pot flânage (2022.11.02)

#125 Pot flânage (2022.11.02)

Alors aujourd’hui, par où va-t-on commencer à flâner? C’est important de tourner en rond à la bonne place… Et je pense que j’ai trouvé un bon spot pour nous lancer. Vous avez tous bien vu que l’industrie canadienne du cannabis tente de faire des pressions sur le...

#124 Pot flânage (2022.10.26)

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? On continue notre série Pot flânage. Ensemble, on va faire le tour des nouvelles et sujets d’intérêts dans l’univers du cannabis. Beaucoup de choses à partager avec vous. Et comme on vient tout juste de célébrer le...

#125 Pot flânage (2022.11.02)

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Alors aujourd’hui, par où va-t-on commencer à flâner? C’est important de tourner en rond à la bonne place… Et je pense que j’ai trouvé un bon spot pour nous lancer. Vous avez tous bien vu que l’industrie canadienne du cannabis tente de faire des pressions sur le gouvernement pour faire annuler ou tout au moins réduire la taxe d’accise. Si vous écouter toPot depuis un bout de temps, vous savez déjà tout. L’épisode #107 de toPot Comment tuer une industrie du cannabis fait le tour du sujet en s’inspirant du travail de Dan Sutton.

 Évidemment, ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

Voici l’initiative StandForCraft.com 

Dan Sutton est le PA derrière @TantalusLabs. Voici ce que l’on peut lire sur son site :

«CANNABIS DURABLE EN PETITES QUANTITÉS, FABRIQUÉ EN C.-B.

Tantalus Labs se concentre sur la production de cannabis exceptionnel avec des méthodes de culture durables. La meilleure façon de prédire l’avenir est de le construire.»

Ça commence bien une session de flânage, non? 😉

Bonne écoute!

Liens pour l’Épisode #125

Transcription Intégrale de l'épisode #125

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, c’est encore un épisode Pot flânage! J’ai eu beaucoup de REX très positifs. Un REX, c’est un retour d’expérience… Merci pour vos encouragements. D’ailleurs, cette semaine, en parcourant les réseaux, je suis parti à rire. Une belle émotion. Dans un échange sur un site qui compte plus de 35 milles personnes, je lis la réponse d’un internaute qui dit en répondant à quelqu’un d’autre :

C’est une saga pour une autre fois…

J’ai vérifié et cette personne que je ne connais que sous son nom de compte écoute bien toPot et oui l’expression lui a plu. 

WOW!

Salut fjoergyn_23

C’est toujours un peu renversant. J’ai vu aussi des gens parler d’OVNI. Ça aussi ça m’a fait rigoler. Si vous n’êtes pas un voyageur fréquent sur toPot, une OVNI, c’est une opinion vulgaire non informée. On a tous le droit de dire n’importe quoi. Moi je vous avertis avant… Par délicatesse je dirais.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Alors aujourd’hui, par où va-t-on commencer à flâner? C’est important de tourner en rond à la bonne place… Et je pense que j’ai trouvé un bon spot pour nous lancer. Vous avez tous bien vu que l’industrie canadienne du cannabis tente de faire des pressions sur le gouvernement pour faire annuler ou tout au moins réduire la taxe d’accise. Si vous écouter toPot depuis un bout de temps, vous savez déjà tout. L’épisode #107 https://mbe.io/Comment-tuer-une-industrie-du-canabis fait le tour du sujet en s’inspirant du travail de Dan Sutton.

 Évidemment, ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

StandForCraft.com 

J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Seulement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

Dan Sutton est le PA derrière @TantalusLabs. Voici ce que l’on peut lire sur son site :

CANNABIS DURABLE EN PETITES QUANTITÉS, FABRIQUÉ EN C.-B.

Tantalus Labs se concentre sur la production de cannabis exceptionnel avec des méthodes de culture durables.

La meilleure façon de prédire l’avenir est de le construire.

Hey Merci MJ!

Et bien cette semaine, j’ai croisé M. Sutton sur Twitter et j’ai pu lui poser LA question que je me posais depuis des mois. Personne au Québec ne semblait intéressé ou capable de répondre à cette question : 

Qui se qualifie pour être un producteur de cannabis artisanal? 

En Anglais, Craft Cannabis….

La réponse de Dan Sutton a le mérite d’être simple et là je le cite texto :

Let’s call it small to medium enterprise under 100 employees for the purposes of this discussion!

In french:

Appelons-la petite ou moyenne entreprise de moins de 100 employés pour les besoins de cette discussion!

Quand tu fais du lobbying, c’est important de préciser qui sont les bénéficiaires de tes actions. Pour moi, cela reste très vague. Et je connais plein d’entreprises de moins de 100 personnes qui ne méritent pas cette appellation. L’artisanat mérite mieux qu’une définition toute croche ou inachevée. On peut tous comprendre que l’industrie ne veut pas se priver de certains joueurs dans cette bataille. Et il s’agit d’une industrie qui se structure en tentant de survivre. Rien de facile en soi.

 Mais l’engagement de M. Sutton est remarquable et sur la simple foi de son travail bénévole pour l’industrie, je suis enclin à lui faire confiance. Son discours est droit. Évidemment, il défend aussi son biftèque au passage, mais comme son site l’affirme LA meilleure façon de prédire l’avenir est de le construire.

Alors, comment engager le public dans le combat d’une industrie? Pourquoi ne pas tenter de recruter les consommateurs qui sortent massivement de l’illégalité? Il y a 4 ans, on achetait tous du marché noir avec tous les risques que cela comporte. Cette semaine, j’ai commencé à mettre les épisodes de toPot sur mon nouveau site Bon Stock. J’ai écrit récemment un article sur l’existence de l’esclavagisme dans le marché noir du cannabis au Canada. J’ai pu mettre un lien qui renvoyait à l’épisode #72 qui expliquait une recherche sur la dangerosité des produits illégaux au Nouveau-Brunswick. En gros je disais ceci :

Les échantillons de cannabis provenant du marché légal et illégal ont été testés uniquement par les scientifiques du Conseil de la recherche et de la productivité (CRP) du Nouveau-Brunswick qui est une société d’État sans but lucratif avec toutes les accréditations ISO pertinentes. Le CRP détient aussi les licences d’analyse et de recherche sur le cannabis de Santé Canada.

On ne peut pas faire plus légal que ça.

L’équipe de Mme Betelho à tester 7 échantillons différents de fleurs et 6 échantillons différents de mangeables ou produits comestibles provenant du marché noir. 

Parallèlement, l’équipe a aussi testé 4 échantillons de fleurs et 5 échantillons de produits mangeables provenant du marché légal.

OK. Et bien, un lecteur m’a écrit pour me dire qu’il arrêtait d’acheter sur le marché noir…

Pour des raisons de confiance. Le détour valait la peine, non?

Et voilà, je pense, où se trouve la pierre angulaire de la participation du public au combat de l’industrie du cannabis. La CONFIANCE!

Et cela nous emmène à la première nouvelle de la semaine. Le journaliste Patrick Williams du média Cannabis Business Times s’intéresse au magasinage de labo dont est coupable l’industrie… Il écrit sur la réalité du marché É.-U., mais l’industrie canadienne, et c’est largement documenté, donc l’industrie canadienne du cannabis se livre aux mêmes manipulations. Et le sous-titre de son article est l’entrée en matière parfaite : 

Selon les experts en matière de tests et de conformité, les pratiques frauduleuses pourraient nuire à la confiance des consommateurs.

Je pourrais nommer des labos et des intervenants canadiens. Mais c’est plus simple de parler des Américains. Personne ne va m’accuser d’être de mauvaise foi. Je constate, et ce n’est pas un aveu, car tout le monde peut le voir aussi clairement que moi, que de plus en plus de producteurs autorisés prennent position publiquement contre leur compétition. Personnellement, je trouve que ces acteurs de l’industrie se tirent une balle dans le pied. 

Revenons à l’article du journaliste Patrick Williams qui affirme que non seulement l’industrie triche sur la teneur en THC, MAIS AUSSI SUR LA TENEUR EN PRODUITS CONTAMINANTS… Le magasinage des résultats les plus favorables s’étendrait aussi contaminants microbiologiques, aux pesticides et même aux solvants résiduels dans les concentrés. L’inverse est également vrai. Il y a des producteurs de chanvre qui veulent des résultats inférieurs à la limite fédérale de 0,3 % de THC delta-9. 

Et l’industrie ne se cacherait même pas en formulant des demandes explicites… Je veux tant ou tant sinon je vais travailler avec un autre labo. Et les bonnes pratiques de fabrication et production? Aux poubelles. 

Aux États-Unis, il existe maintenant un test conforme et parfaitement applicable à tous les États. Le «National Hemp Testing Panel» teste 18 cannabinoïdes, 105 pesticides, 24 métaux lourds, 55 solvants résiduels potentiels, 17 microorganismes différents, ainsi que la teneur en humidité, l’activité de l’eau et les terpènes affirment l’article du CBT.

Il s’agit d’une initiative du labo ACS Laboratory qui affirme être le plus grand centre d’analyse du chanvre et du cannabis de l’est des États-Unis. Ce labo tente en fait de se suppléer aux régulateurs fédéraux qui n’ont pas jugé bon de proposer des protocoles précis. 

La situation canadienne est différente, mais il n’existe pas de protocole précis pour l’échantillonnage. Et c’est un énorme problème. Aux États-Unis, il y a des producteurs qui évitent complètement les tests de contamination dans le secteur du chanvre.

Là je vais citer texto l’article de Williams :

Il est donc possible d’envoyer un échantillon pour tester les métaux lourds, puis le même échantillon pour les pesticides et les solvants résiduels, en essayant de collecter tous les points de données différents qu’ils veulent. Il s’agit donc d’un seul lot qu’ils envoient ensuite à tous ces différents laboratoires, en essayant de recueillir les chiffres qu’ils veulent pour refléter leur produit.»

Au moment même où l’industrie canadienne du cannabis tente de convaincre le gouvernement fédéral de revoir sa taxe d’accise, on assiste à une perte de confiance des consommateurs dans la qualité de l’information de l’étiquetage des produits vendus sur le marché légal médical et non médical. Ces doutes, je les vois quotidiennement exprimés sur les réseaux sociaux. 

  • Les curieuses qui veulent mieux comprendre les enjeux de l’échantillonnage peuvent écouter l’épisode 57 de toPot qui fait le tour de certains problèmes dans le contexte canadien avec un biochimiste québécois.

Je vois toutes les semaines des rapports qui confirment que l’étiquetage des produits de CBD en Europe et aux États-Unis est catastrophique. En Europe, c’est ridicule. Des produits sont vendus avec l’objectif de tromper les consommateurs. Vous voyez que j’évite de parler de la situation canadienne… Mais j’entends toutes les semaines des producteurs autorisés se plaindre en public et en privé de ce magasinage de laboratoires. Ces PA se plaignent d’une compétition qui triche. Ils ont raison. Mais le lien de confiance entre le consommateur et l’industrie qui est la raison d’être de la légalisation, et bien ce lien de confiance s’effrite semaine après semaine. Et personne n’en parle.

 Si comme consommateur, je ne peux pas me fier aux étiquettes de l’industrie, c’est une victoire pour le marché noir. Pas de confiance, pas de vraie bizness. C’est une loi fondamentale des affaires.

Dans un autre registre, je relève que je n’ai pas vu un seul article sur les cadres de CannTrust qui ont plaidé non coupables la semaine passée.

Parlant de lobbying, j’ai vu passer une drôle de nouvelle la semaine passée. 

Le comté de San Diego doit-il taxer les entreprises de cannabis? Par voie de proposition, la proposition A, on demande aux électeurs de décider!

C’est intéressant comme point de vue, non?

San Diego va demander à ses citoyens de se prononcer sur l’opportunité d’imposer une taxe de vente sur les produits de cannabis… La mesure A ou la proposition A suggère de taxer les recettes brutes des ventes des entreprises de cannabis. Il s’agit des gains totaux avant déduction des couts. Ainsi l’industrie aurait des taux d’imposition maximums pour chaque type d’opérations. Là je cite l’article texto :

La mesure autoriserait des taxes locales allant jusqu’à 6 % pour la vente au détail, 3 % pour la distribution, 2 % pour les tests, 3 % ou 10 $ par pied carré pour la culture et 4 % pour les autres activités connexes. Les superviseurs du comté pourraient fixer des taux inférieurs à ces limites, mais ne pourraient pas les dépasser.

Fin de la citation.

Le cannabis médical serait taxé à des taux inférieurs et les plants maison qui sont permis ne seraient pas imposés. La proposition est assez étoffée pour parler d’une uniformisation avec les taxes perçues par les villes voisines. Les recettes escomptées varient en 3 et 5,6 millions de dollars par an et pourraient financer la construction ou l’entretien de parc, des routes, etc. Dans l’argumentaire de la proposition, on affirme que ces taxes permettraient aussi de lutter contre les commerces illégaux.  

Les curieuses vont trouver un PDF qui expose tous les détails de la proposition. 

Il y a des gens qui sont contre la proposition A. Ils avancent que rien ne garantit que les nouvelles recettes fiscales bénéficieraient aux communautés visées. L’iniquité à son pire, disent les opposants… Une taxe injuste… 

Faut savoir qu’en Californie, les gouvernements locaux peuvent imposer des taxes générales ou des taxes spéciales qui seront obligatoirement affectées à des usages spécifiques. Or la proposition A est présentée comme une taxe générale…

Évidemment, cette taxe locale serait en surplus des taxes de l’État qui culminent à 26 %.

Est-ce que vous aimeriez que le gouvernement vous consulte sur la taxation des entreprises de cannabis? La réponse est non si on se fie à l’absence de débats sur le cannabis à la dernière élection provinciale au Québec. Et si l’industrie a encore des doutes, il est important de rappeler que ce sont les Québécois qui ont élu le gouvernement actuel en pleine connaissance de cause. Donc, c’est la population qu’il faut convaincre de l’importance d’une industrie du cannabis forte et prospère. Pour l’instant, c’est au Québec que le taux d’acceptabilité du pot est le plus faible au Canada. C’est également au Québec ou le cannabis médical est le moins considéré comme une solution. Il y a des tonnes de facteurs à évoquer, mais cela sera une saga pour une autre fois.

OK. Ça vous tente d’aller flâner en Europe? Dans quelques heures, une chaine de télé régionale française va diffuser un reportage sur la Mocromafia… C’est quoi la Mocromafia? Je vais reprendre texto l’annonce du reportage :

En quelques années, les Pays-Bas et la Belgique sont devenus les plaques tournantes du trafic de drogue en Europe. Près de 80 % de la cocaïne consommée sur le continent transite par les ports de Rotterdam et d’Anvers. Ce «marché» a entraîné l’émergence d’une nouvelle organisation criminelle : la «mocromafia», essentiellement composée de Hollandais d’origine marocaine. À l origine, leurs filières servaient à acheminer le haschich du Maroc jusqu’aux Pays-Bas. Désormais, ils les utilisent aussi pour la cocaïne, avec des rendements bien plus rémunérateurs que les produits à base de cannabis. Et même les cartels d’Amérique latine se sont mêlés aux trafics.

Je vais tenter d’écouter le reportage et je vous en reparle. 

Il n’y a pas de hasard. Ce reportage arrive au moment précis où le Maroc organise sa production du cannabis pour donner vie à une industrie qui permettrait, entre autres, aux habitants du RIF de sortir de l’illégalité et surtout de la pauvreté.

C’est un labo privé du Maroc qui a créé cette vision pour transformer le Maroc en un leadeur mondial du cannabis. Pas LE leadeur. Un des leadeurs. Déjà on voit une belle dose de réalisme dans cet énoncé. La domination mondiale, c’est notre truc à nous les Canadiens. Comme Canopy qui voulait envahir les États-Unis la semaine passée avant de se faire remettre à sa place par certaines institutions américaines.

C’est le même labo qui est mis en vedette dans un reportage récent de Arte, la chaine de TV franco-allemande qui a fait un topo sur la future place du cannabis dans l’économie marocaine. Exactement le genre de reportage qui devrait faire peur aux industries canadienne et américaine du cannabis. J’ai vu une feuille de route détaillée. 

Le document produit par le labo privé Pharma 5 dit ceci…

Comme la France a son champagne ou le Japon a son bœuf de Kobe, le Maroc doit créer son appellation d’origine contrôlée, gage de qualité supérieure et de responsabilité écologique et sociale.

Le document prend 3 marchés comme repères : Israël, les États-Unis et le Canada. Le constat fait mal, mais ne surprend personne qui s’intéresse un tant soit peu au marché :

  • Surproduction
  • Compétitivité déclinante
  • Couts et qualité à la dérive
  • Normes GMP pharmaceutiques non respectées
  • Débouchés limités

Le Maroc ne veut pas se contenter de faire du cannabis de terroir, ce qu’il fait depuis le protectorat français. Le Maroc veut aussi dominer la production en Bunker et en serre. Le trifecta parfait.

Le Maghreb exporte déjà ses ingénieurs au Québec. Des francophones trilingues qui excellent en science. Sans attendre la signature du roi, on parle déjà du label «Made in Rif».

Il existe même un cultivar vedette que l’on veut remettre au centre de la production. Ce cultivar s’appelle la Beldiya et on considère au Maroc qu’il s’agit d’un trésor national à sauver. Il s’agit d’une variété plus respectueuse de l’environnement. La Beldyia est cultivée en hiver, car les eaux de pluie suffisent à sa croissance et nécessite pas ou peu d’intrants agrotox.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

Donc le Maroc devrait être très bientôt un compétiteur du Canada pour l’obtention des marchés européens. Et je pense que nous serons tous d’accord. Même en triplant le salaire des ouvriers marocains, leur cannabis sera beaucoup moins cher que celui produit au Canada… Je ne connais pas un être humain qui doute de cela. Et cet écart va, inéluctablement, s’agrandir au fur et à mesure que la syndicalisation va apparaitre dans l’industrie canadienne. 

OK, j’ai encore le temps de partage au moins une info pertinente. On a tous vu passer sur les réseaux sociaux des affirmations à l’effet que le cannabis pouvait traiter efficacement les symptômes du COVID long…

Et bien j’ai vu une recherche très intrigante dont le but était de mesurer l’efficacité d’un produit qui s’appelle Formula C™. Il s’agit d’une préparation de CBD et de terpènes de fleurs pour gérer les symptômes du syndrome postaigu du COVID-19. Le fameux COVID long. 

Don, un groupe a reçu le produit Formula C et l’autre un placébo.

En cours d’expérimentation, une seconde analyse du placébo a confirmé l’absence de CBD, mais, mais, mais, la présence d’une concentration médicale inattendue de terpènes. Donc, un faux vrai placébo. On a décidé de tout de même poursuivre l’étude. Au final, on s’est aperçu que les deux groupes allaient mieux. Donc, malgré l’absence d’un vrai placébo pour comparer, cette recherche pourrait être le début d’une preuve que ce n’est pas le CBD qui est l’ingrédient actif le plus important… 

Je trouve ça assez fort…

Partout on entend que le CBD va sauver le monde. Cela me fait penser à ce fait divers incroyable. Cette semaine on a appris qu’un tableau de Piet Mondrian a été accroché à l’envers dans différents musées depuis qu’il a été exposé pour la première fois il y a 75 ans.

Mondrian est un artiste abstrait néerlandais. Son tableau qui date de 1941 est un mélange de lignes noires, jaunes, rouges et bleues qui sont en fait des bouts de rubans adhésifs. Du tape quoi… Ce tableau avait un sens pour Mondrian, mais il a toujours été accroché à l’envers. Tous les musées, sans se poser de question, accrochaient le tableau comme le musée précédent. 

Parfois, j’ai l’impression que c,est la même chose pour le CBD. Ou encore la fameuse phytoremédiation qui, selon toutes les histoires que l’on peut lire, permettrait de décontaminer le sol radioactif sur les lieux de l’expérimentation française à Tahiti. C’est un exemple fictif. D’après ce que je peux comprendre, un, cela n’a encore jamais été prouver et deux, personne n’a jamais pu m’expliquer ce que l’on fait avec les plants de cannabis qui auraient capté la radioactivité présente dans le sol. Tu fais quoi avec ces plants? Tu les brules? Tu fais un trou plus loin et tu les enterres? Je ne sais pas. Je n’ai pas de réponses. Mais je ne suis pas le seul. Chose certaine, si on transforme les plants qui auraient capté la radioactivité en feuille de contreplaqué aggloméré de 4 x 8, je n’en achèterais jamais. Pas dans l’état actuel de la science. Faut pas rire, car l’industrie de la construction s’est déjà retrouvée avec un problème de contreplaqué radioactif il n’y a pas longtemps. Suite à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, plusieurs pays exportateurs de bois comme la Russie, l’Ukraine, le Belarus, la Pologne, la Slovaquie, l’Allemagne, la Finlande et la Suède ont vendu du bois radioactif partout dans le monde entier.

Et oui Ikea a admis avoir acheté du bois de ces pays.

Mais la société surveille et teste les produits provenant de pays touchés par les retombées de Tchernobyl… Fiouuuu on est sauvé.

OK. Une dernière nouvelle. Une nouvelle adorable… Rien de moins. 

Il y a des gens qui ont commencé à entrainer des chiens pour repérer les parasites qui affectent les plants cultivés en serres. Le concept est simple et on se demande pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt : chaque insecte a une odeur propre et les chiens pourront détecter cette odeur…

 Quand tu penses acheter des drones pour inspecter tes salles de cultures, la recherche de petites bébittes devient un problème… Alors pour aider toutes les industries qui cultivent en bunker ou en serre, une entreprise de Seattle dans l’État de Washington fait actuellement un test dans une serre de poivrons au Mexique. La compagnie qui veut réinventer la chasse aux insectes nuisibles s’appelle Green Dog Pest Service. Le type de chien utilisé est le malinois belge. Je ne connais pas grand-chose aux chiens alors j’ai cherché et j’ai trouvé cette description :

Le Berger Belge Malinois est un extraordinaire chien de protection, de garde et de défense. Il est attachant, intelligent, vif et se montre d’une fabuleuse loyauté envers son maître. Il est joueur et présente un avantage à l’entretien par rapport à ses cousins belges. De plus, sa santé, solide, ne demande aucune dépense superflue. Le Berger Belge Malinois est notamment reconnaissable à son masque s’étendant des lèvres aux paupières.

 

Les chiens utilisés seraient aussi des rescapés. J’imagine que cela veut dire qu’ils viennent d’un refuge animal… 

AU départ, l’entreprise voulait dépister des punaises de lits. 

Les chiens peuvent détecter plein de trucs. Au Québec, dans l’industrie de la construction, il y a une compagnie qui loue ou louait un chien pour détecter de l’humidité dans les murs. 

C’est suite à une demande d’un producteur autorisé de cannabis de la Colombie-Britannique que l’entreprise a pivoté vers ce genre de détection.

Les chiens peuvent être facilement entrainés à détecter uniquement les insectes qui ne sont pas bénéfiques. Non, le chien ne sait pas encore téléphoner au maitre cultivateur. Il doit être accompagné d’un maitre chien qui confirme le diagnostic initial de son animal. Un des principaux avantages de l’utilisation d’un chien est qu’il permet la détection d’une toute petite population d’insecte, une population qui peut être éliminée avant qu’elle se démultiplie rapidement. Plus la détection se fait tôt, plus les ravages sont faibles.

Les pucerons présents dans les plants de cannabis sont immédiatement détectés par un chien bien entrainé… L’entreprise veut étendre ses services aux cultures extérieures et croit que ses animaux pourraient aussi détecter très facilement les maladies racinaires.

Je sais que dans la culture chinoise, depuis au moins deux-mille ans, on peut louer les services de canards qui se promènent dans des parcelles cultivées en mangeant des parasites. C’est une job qui revient à la mode en Amériques.

Alors, qui sera la première entreprise québécoise dans le cannabis à utiliser des chiens détecteurs de parasites? 

J’ai une ovni, une opinion vulgaire non informée.

Je pense qu’il va s’agir d’une entreprise qui fait du cannabis de terroir sur une grande surface. Cela coute moins cher que de s’acheter un système de drone autonome. 

Et voilà, c’était le XXe épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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#129 Pot flânage (2022.11.30)

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#124 Pot flânage (2022.10.26)

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