132 Pot flânage (2022.12.21)

132 Pot flânage (2022.12.21)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de vrai!

Un ado sur cinq

L’étude ELDEQ

Les mangeables de Gayonica

Navaya en Ontario

Le Québec dit oui à la psilocybine

Le législateur du New Jersey fait mal aux cannabistrots

Cliniques Apollo

HiBnB aime le cannabis

Le Maroc cherche un cultivar moins assoiffé

Je ne fumerai pas avec vous

Des nutriments végans!

Enquête canadienne sur le cannabis de 2022

Kamloops réduit les couts de la licence de vente du cannabis

Transcription Intégrale de l'épisode #132

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

 

Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. Une seule pour tout le Canada et c’est en Colombie-Britannique. Il s’agit d’une compagnie à numéro qui a obtenu une licence de microtransformation. 

 

Un ado sur cinq

J’ai décidé d’ajouter un nouveau segment qui va couvrir toutes les nouvelles du Québec. 

Il y a maintenant assez de nouvelles pour en faire un segment de toPot.

Alors dans l’ordre où je les ai croisés.

Le gros titre de la semaine, c’est : Un ado sur cinq a consommé du cannabis à 15 ans.

Tout de suite il faut contextualiser. Ces données précèdent la légalisation canadienne et la règlementation québécoise qui exige que les clients de la SQDC soient âgés de 21 ans. Elles proviennent ces données de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ) qui s’intéresse à un groupe de jeunes nés au Québec en 1997-1998. Ils ont aujourd’hui 25 ans. La principale nouvelle pour moi? Selon Mai Thanh Tu, une chargée de projet pour l’ELDEQ : «Ce n’est pas parce que quelqu’un consomme durant l’adolescence que la consommation est importante par la suite».

Évidemment, comme d’habitude, il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode. Si vous allez sur toPot.ca, il y a aussi une transcription de l’épisode.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

OK, toujours au Québec…

Les mangeables de Gayonica

«Directement de SAINTE-CÉCILE-DE-MILTON, le 15 déc. 2022 Gayonica, un groupe de spécialistes en développement de produits de cannabis innovants et en extraction de cannabinoïdes fait son entrée dans les marchés canadiens. Gayonica a annoncé le lancement de sa première gamme de produits comestibles. Des bouchées de fruits enrichies de cannabinoïdes seront commercialisées sous deux marques distinctes. Les produits de la marque Blee seront exclusivement disponibles au Québec dès le 15 décembre, tandis que ceux de la marque Jublee arriveront en Ontario en février 2023. La distribution dans le reste du Canada est prévue au cours de l’année 2023.»

Merdoum pour la suite.

Navaya en Ontario

Navaya inc., un chef de file de la production novatrice de cannabis, annonce son expansion dans la province de l’Ontario grâce à sa marque phare, Cactus. Offerts sous forme de fleurs séchées en pots de 3,5 grammes, les produits Cactus seront vendus dans les magasins de détail autorisés et en ligne sur le site Web de l’Ontario Cannabis Store, OCS.ca.

Même chose… 

Merdoum pour la suite.

Le Québec dit oui à la psilocybine

Une nouvelle incroyable qui ouvre la porte a des avancés pour le cannabis même s’il s’agit d’une autre substance. Deux médecins québécois, M. Houman Farzin et Jean-François Stephan ont été payés par le gouvernement du Québec pour leur rôle dans une thérapie à la psilocybine, un extrait provenant du psilocybe, un champignon hallucinogène de l’Amérique centrale. C’est la première fois au Canada qu’un remboursement pour ce type de thérapie est autorisé. Et c’est au Québec que cela arrive. Y’a de l’espoir! 

Hey Merci MJ!

Ah oui, j’ai vu une belle communication de 5 Points Cannabis sur FB, je pense. 

Bonjour à toute la communauté!

En toute transparence, nous vous informons que quelques clients ont récemment remarqué une poudre blanche sur certaines unités de notre Haschich 2 g.

Après de rigoureuses vérifications et tests de laboratoire sur les produits touchés les produits affectés par cette poudre blanche demeurent dans les spécifications de Santé Canada, ne présentent aucun risque pour la santé et pour cette raison, ne cadrent pas avec un rappel de produits.

L’entreprise prend donc la décision de retirer ce produit de la SQDC, le temps d’identifier le problème de production. Les autres produits de hach ne sont pas touchés et sont disponibles à l’achat comme d’habitude. Si vous avez acheté ce produit, vous pouvez le retourner à la SQDC. Bravo 5 Points pour ce respect de la clientèle.

Je n’ai rien vu d’autre au Québec. 

Si j’ai raté des grosses nouvelles, faites-moi signe! lucprevost@hotmail.com

OK. J’ai vu une discussion musclée, mais polie cette semaine. Cette discussion était initiée par Jonathan Wilson qui est le Directeur général de Crystal Cure au Nouveau-Brunswick. Crystal Cure est un micro producteur doublé d’une licence de microproduction. C’est lui qui emballe les produits de Tom Devost de Golden Peak qui est venu sur toPot pour plusieurs épisodes.

Il commence son partage en disant :

Vous ne savez pas ce qu’est l’irradiation du cannabis et pourquoi certains peuvent l’éviter? 

Son analogie est simple. Vous me direz après si vous la trouvez juste…

Imaginons que deux voisins sur la même rue organisent un gros party dans 2 jours. Le voisin A avec sa famille a une discipline exigeante qui consiste à toujours garder la maison propre, la piscine sans feuille, vous voyez le genre. Alors la seule préparation pour le party du voisin A dans deux jours, c’est être sur d’acheter de la bouffe et de quoi à boire pour tout le monde. Peut-être même de quoi à fumer…

Le Voisin B? Juste du bon monde aussi, mais avec moins de discipline et de partage efficace des tâches. La piscine est presque OK. La maison aussi. Ça se toffe bien. Pour le party dans deux jours, les préparations sont forcément différentes. Le voisin B doit se lancer dans une opération de dernière minutes pour être sur que tout paraisse propre. On va peut-être faire venir quelqu’un pour s’occuper de la piscine et de la qualité de l’eau… Juste pour être sur…

M. Wilson termine son texte en disant que le consommateur a le droit de savoir comment se déroule la préparation du party dans le cannabis aussi. L’irradiation peut témoigner de la discipline du producteur autorisé. C’est au consommateur de décider.

C’est exactement pour cette raison que plusieurs types de commerce (alimentation rapide ou hôtel de luxe) informent leurs clientèles de la chronologie du nettoyage de leur bol de toilette. C’est une question de confiance. Je suis sûr que vous avez déjà vu cette liste que l’employé doit initialisée. C’est une vraie forme de transparence.

Parlant de confiance, vous avez vu le prix de la livre de pot récemment? Selon l’organisme Cannabis Benchmarks, le prix de gros a dégringolé, juste dans les deux dernières années, de 40 %. La livre est passée de 1 658 $ à 955 $ en moyenne en deux ans sur le territoire américain. À cause de cette baisse des prix, la Californie réagit en diminuant drastiquement sa production légale. Cette baisse vient perturber les plans d’affaires des producteurs autorisés américains comme au Canada. Quand le prix de vente projeté doit être divisé de moitié, il ne reste plus grand-chose pour faire tourner les opérations.

Ça me fait penser à une autre nouvelle qui a fait peu de bruits même si elle pourrait faire plaisir aux grands consommateurs de l’Ontario. Le Spirit River Cannabis à London en Ontario est un commerce de cannabis autochtone qui ose faire un pas vers la réconciliation économique. J’adore ce terme. Réconciliation économique… Le magazin est ouvert 24 heures sur 24 et vend, sans taxe, une once à 20 $. Cela revient à 71 sous du gramme.

«Nous exerçons nos droits constitutionnels et nos droits issus de traités pour repousser le génocide économique», a déclaré le propriétaire de Spirit River Cannabis, M. Maurice French qui est aussi membre des Chippewas de la Première Nation Thames.  

Je discutais il y a une semaine avec un PA québécois qui produit des fleurs extérieures avec des serres minimalistes pour moins de 10 sous le gramme… 

J’ai l’impression que le pot d’extérieur va connaitre un boum au Québec en 2023. Cela n’aura probablement pas de répercussions immédiatement, mais on peut penser que le prix de hach va baisser l’année prochaine. Beaucoup de fleurs de qualité et une deuxième récolte pour quelques PA qui augmenterons significativement la quantité et la qualité de leurs récoltes.

On va rester flâner un peu en Ontario. Une chose très triste est arrivée cette semaine. Selon l’article de Tara Deschamps de la Presse canadienne publié dans Le Devoir, la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario affirme qu’elle n’a plus aucune perspective raisonnable de faire condamner les trois anciens dirigeants de la société CannTrust.

L’organisme de règlementation a demandé l’autorisation de retirer les accusations portées contre les ex-dirigeants.

Alors la justice a accouché d’une punaise, encore. On reviendra une autre fois sur l’ensemble des détails de cette capitulation. Mais on peut déjà dire que c’est une belle occasion de rater pour rassurer la population canadienne. Et si ces trois dirigeants n’ont jamais rien fait de mal, on peut affirmer sans danger qu’aucun être humain ne mérite de vivre ce genre de stress juste pour amuser la Couronne. 

Le législateur du New Jersey fait mal aux cannabistrots

Un peu partout sur la planète, les législateurs se cassent la nénette pour trouver de nouvelles façons de troubler l’industrie du cannabis. La dernière trouvaille nous vient du New Jersey. Le New Jersey accepte la création de salons de consommations de cannabis. Une sorte de cannabistrot quoi… Mais, mais, mais… Dans sa très grande sagesse, le législateur dit : vous pouvez vendre du cannabis, mais juste du cannabis et rien que du cannabis… Pas d’alcool et même pas de nourriture. Les consommateurs peuvent discuter pendant des heures du prix élevé des fleurs de cannabis, mais n’hésiteront pas une seconde pour se payer 8 ailes de porc — Buffalo pour 12,25 $. Les spécialistes de l’industrie de l’hospitalité disent tous qu’il existe une corrélation entre l’offre de nourriture et la rentabilité d’un cannabistrot. Certains opérateurs acceptent que les restaurants locaux livrent leur produit. D’autres installent un camion de cuisine de rue devant leur commerce. 

J’ai lu plein d’arguments différents, mais le plus sage me semble être le suivant : l’absence de nourriture pousserait la clientèle à surconsommer le cannabis. Les cannabistrots veulent vivre de leur commerce. Pas pousser leur client à la consommation. Pas juste celle du cannabis en tout cas. La plus-value est ailleurs…

Ahhhh, un rappel de produit au Canada cette semaine…

Le rappel vise un lot de joints préroulés de Weed Me Inc. qui a été vendu par la Société ontarienne du Cannabis et par des détaillants autorisés en Ontario.

Le produit s’appelle Diamond District Sativa et le problème en est un d’étiquetage et conditionnement (emballage)

Cliniques Apollo

Dans un autre registre, j’ai découvert un réseau de cliniques de cannabis que je ne connaissais pas. Apollo, c’est le nom de la compagnie. 

Les cliniques de Cannabis Apollo se spécialisent dans la prescription de cannabis médical aux patients partout au Canada depuis 2014. En tant que notre pratique clinique est fondée sur des données scientifiques, Apollo a fourni à plus de 120 000 patients le plus haut niveau de soins et une meilleure qualité de vie grâce à l’accès aux prescriptions de cannabis médical, avec des sessions d’éducation personnalisées et des plans de traitement à votre mesure et du soutien continu 7 jours sur 7. L’équipe clinique d’Apollo, composée de médecins, de professionnels de la santé et d’une grande équipe de soutien, partage l’objectif d’aider les Canadiens à gérer leurs symptômes de manière sûre et efficace.

Vous connaissez Apollo? Vous avez déjà travaillé avec eux? Je suis curieux d’en savoir plus. lucprevost@hotmail.com.

HiBnB aime le cannabis

J’ai découvert une autre plateforme très intéressante. HiBnB qu’elle s’appelle cette plateforme. En gros, c’est une plateforme comme Airbnb, mais avec le cannabis comme dénominateur commun. Vous allez à Vancouver? Vous cherchez une place pour deux nuits et vous avez le gout de gouter les meilleurs produits de l’Ouest canadien? HiBnB vous promet que votre hôte aime le cannabis. Pas de problème pour la fumée et les odeurs. 

HiBnb prendrait même en charge le panier de bienvenues pour l’hôte, tout en soutenant les marques et produits locaux — sans frais supplémentaires pour l’hôte. Si j’ai bien compris, il n’y aura pas un chocolat sur votre oreiller, mais une fleur… Si vous avez déjà utilisé le service, je suis curieux d’en savoir plus sur votre expérience. Il semble y avoir des opportunités au Québec, car pour l’instant, il n’y a aucune offre dans la belle province. Un commerce à suivre!

Le Maroc cherche un cultivar moins assoiffé

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je regarde souvent ce qui se passe au Maroc pour comprendre comment le reste de la planète va réagir à la légalisation du cannabis. Cette semaine sur Bon Stock, j’ai publié une entrevue avec Pierre-Arnaud Chouvy sur la notion de terroir du hachich. C’est génial de comprendre comment un géographe regarde la production du cannabis sur un territoire précis.

Et bien le Maroc bouge de plus en plus vite. L’Agence nationale de règlementation des activités liées au cannabis (ANRAC) réfléchit à la création d’une nouvelle variété de cannabis. Pourquoi? Pour réduire la pression hydrique de cette culture. Ce n’est pas un problème propre au Maroc. En Californie, dans certaines régions, seuls les producteurs de cannabis médical ont le droit d’arroser leur production tellement l’eau manque. J’avoue ne pas tout comprendre, car historiquement, le Maroc avait des cultivars adaptés à la géographie locale. C’est la dutchification de sa production qui les a fait disparaitre. Forcément, on va en reparler.

Je ne fumerai pas avec vous

 Mike Adams est un journaliste. Il a écrit un article qui m’a interpelé. Le gars écrit pour le magazine en ligne The Bluntness, mais aussi pour High Times et Forbes. Alors il raconte qu’on lui offre souvent de fumer lors des conventions et des salons auxquels il participe. Il décrit avec beaucoup de détails comment il doit s’expliquer quand il refuse. Comme s’il était une mauvaise personne parce qu’il ne veut pas partager un joint avec la personne ou le groupe qui l’invite… Est-ce que vous acceptez de partager vos joints avec des inconnus? Est-ce que le COVID a modifié vos habitudes? Et finalement, vous a-t-on déjà reproché de ne pas participer à cette communion? Je suis curieux! lucprevost@hotmail.com

Des nutriments végans!

J’ai découvert par hasard une marque de produits qui s’appelle Re-nuble. L’entreprise a une gamme de produits pour la culture en bunker. ON parle de nutriments hydroponiques liquides, végétaliens, biologiques et hydrosolubles à des prix comparables aux sels minéraux synthétiques habituels. Le but de l’entreprise est de participer activement à l’assainissement des techniques de culture intérieure en réduisant la quantité de déchets produits.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis lui bonjour de ma part! Ok Merci.

Enquête canadienne sur le cannabis de 2022

OK on termine avec les principales conclusions de l’Enquête canadienne sur le cannabis de 2022 que je reprends plus ou moins texto. Beaucoup de détails très intéressants.

  • Après avoir augmenté entre 2018 et 2020, la consommation de cannabis chez les jeunes de 16 à 19 ans est revenue aux niveaux observés avant la légalisation en 2021 et en 2022.
  • Dans l’ensemble, le nombre des personnes qui déclarent consommer du cannabis tous les jours ou presque est stable depuis 2018, même chez les jeunes de 16 à 19 ans.
  • Le pourcentage des personnes classées à «risque élevé» de développer des problèmes liés à leur consommation de cannabis est demeuré stable depuis 2018.
  • La proportion de répondants fumant du cannabis a continué de diminuer depuis 2018, tandis que le vapotage de cannabis à l’aide d’un vaporisateur stylo a augmenté depuis 2021.
  • Fumer demeure la méthode de consommation du cannabis la plus courante. Suivent les mangeables et le vapotage.
  • Une plus grande proportion des répondants ont déclaré que leur cannabis provenait habituellement d’une source légale comparativement à 2021
  • Parmi les personnes qui ont consommé du cannabis, la conduite d’un véhicule après une consommation récente a diminué entre 2018 et 2021 et est restée inchangée en 2022.

Kamloops réduit les couts de la licence de vente du cannabis

Ok un dernier partage… Et une très bonne nouvelle sur l’évolution de la perception du cannabis au Canada. Le conseil municipal de la ville de Kamloops vient de décider de réduire les couts de la licence de vente du cannabis.

Kamloops est une ville de la Colombie-Britannique située à 350 km au nord-est de Vancouver dans la vallée du Thompson. En 2022, une licence d’exploitation d’un magasin de vente de cannabis coutait 5000 $. En 2023, le prix sera le même que pour tous les autres commerces de la ville. Alors selon vous combien va couter un permis pour vendre du cannabis en 2023 à Kamloops? 196,40 $.

Oui, le cout passe de 5000 $ à 196,40 $.

Et c’est ainsi, un geste à la fois, que le cannabis devient une substance comme les autres.

Et voilà, c’était le 132e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

131 Pot flânage (2022.12.14)

131 Pot flânage (2022.12.14)

Nous sommes toujours en mode «Pot flânage!». On passe du sérieux à l’insignifiant en quelques secondes… Comme d’habitude, c’est une nouvelle habitude d’ailleurs, je commence l’épisode en vous parlant des licences obtenues par le Québec la semaine passée. En tout...

130 Pot flânage (2022.12.07)

130 Pot flânage (2022.12.07)

Cette semaine, les flâneurs, on va se promener dans une foule… de nouvelles.  Bonne écoute! Pourquoi on vend juste de l’alcool dans le plus grand show de cannabis au Monde? La grande dame de l’investissement aux États-Unis Les jeunes consommateurs de pot boivent moins...

#129 Pot flânage (2022.11.30)

#129 Pot flânage (2022.11.30)

Toujours en mode flânage sur toPot. Et on se promène un peu partout: Cara Delevingne La victoire du BC Budtenders Union  Deux arnaques planétaires Les terpènes du gui La joke de Karl von Linné Se faire bannir à vie des États-Unis pour du CBD?  La révision de la Loi...

128 Pot flânage (2022.11.23)

128 Pot flânage (2022.11.23)

Cette semaine, on flâne encore une fois dans l’actualité du cannabis et on s’amuse! Les nouvelles licences de cannabis au Québec Réduction des effets du THC par le CBD… La science parle Bonsaïs de cannabis Le cannabis au Vietnam, une découverte La pyrogazéification du...

#127 Pot flânage (2022.11.16)

#127 Pot flânage (2022.11.16)

Pot flânage! On fait le tour de l’actualité en prenant notre temps… L’influence de la musique sur la germination des graines L’effet du cannabis sur les cerveaux vieillissants Le cannabis pour faire du bois aggloméré Les effets du marché noir en Californie et à New...

126 Pot flânage (2022.11.09)

126 Pot flânage (2022.11.09)

Pot flânage! On fait le tour de l'actualité en prenant notre temps. Extraction à partir de la fumée de cannabis Culture verticale et désillusion technologique Diminution de l'intérêt du chanvre chez les agriculteurs américains Technologie brésilienne dans le cannabis...

131 Pot flânage (2022.12.14)

131 Pot flânage (2022.12.14)

Nous sommes toujours en mode «Pot flânage!». On passe du sérieux à l’insignifiant en quelques secondes… Comme d’habitude, c’est une nouvelle habitude d’ailleurs, je commence l’épisode en vous parlant des licences obtenues par le Québec la semaine passée. En tout 6 licences à travers le Canada. Une en Alberta, une en Colombie-Britannique, trois en Ontario et une au Québec. C’est la compagnie Labo 79lef Inc qui a reçu une licence de microculture. Une seule licence standard dans les six octroyés par Santé Canada. Toutes les autres sont soit des licences de microtransformation ou de microculture. La tendance lourde est vraiment à la microproduction… Bonne écoute!

Mitchell Osak 

Les aliments qui transforment le buzz

La Saskatchewan et les Premières Nations s’entendent

Le retour du cultivateur de cannabis original/nel

Stiiizy? Not so easy.

Les pressions de l’inflation sur la consommation de cannabis

L’arnaque Juicy Fields

Système d’extorsion «Payer pour jouer» en Ontario?

Les standards sanitaires de New York trop bas?

Les cultivars les plus populaires en 2022

Livraison le jour même de la SQDC

Grosse nouvelle pour les PA!

Les pas gênés de chez CannTrust

Le marketing abusif de Juul va lui couter 1,2 milliard $ 

Le cannabis et l’effet placébo

Photo de freestocks sur Unsplash

Transcription Intégrale de l'épisode #130

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Nous sommes toujours en mode Pot flânage. On passe du sérieux à l’insignifiant en quelques secondes… Comme d’habitude, c’est une nouvelle habitude d’ailleurs, je commence l’épisode en vous parlant des licences obtenues par le Québec la semaine passée. En tout 6 licences à travers le Canada. Une en Alberta, une en Colombie-Britannique, trois en Ontario et une au Québec. C’est la compagnie Labo 79lef Inc qui a reçu une licence de microculture. Une seule licence standard dans les six octroyés par Santé Canada. Toutes les autres sont soit des licences de microtransformation ou de microculture. La tendance lourde à vraiment à la microproduction.  

On sait que les micros ne sont pas avantagés. D’aucune façon. Il semble même y avoir une fuite vers l’avant où des niveaux de production plus élevés promettent des économies d’échelle et de meilleures marges de profits. Alors est-ce que les demandeurs de licences micros font le pari d’agrandir une fois qu’ils auront l’assurance de pouvoir augmenter leur production? C’est possible. Si on compare le sort des distillateurs et des microbrasseries, les temps sont durs pour tout le monde.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Que’est-ce que je disais? Ah oui, les temps font dur…

Alors que devraient faire les PA vigilants en 2023? 

J’ai vu passer sur LinkedIn un billet de Mitchell Osak qui affirmait qu’une compagnie ne sort jamais d’une période de crise par une gestion saine. Une compagnie navigue plutôt avec succès des zones de turbulences par un leadeurship adéquat… Et selon Ozak, les leadeurs les plus éveillés vont concentrer leurs énergies sur trois grandes priorités. Ozak a comme titre «Consultant chargé de la mise en œuvre de la stratégie et de la transformation organisationnelle». Il est spécialisé dans le cannabis et la prochaine bulle des psychédéliques. Cette bulle est arrivée au Québec cette semaine avec un article dans le magazine québécois Urbania.

Alors le super PDG, quand tu es microproducteur, cela veut pouvoir dire que c’est le gars qui arrose les plants le matin…, alors le PDG smatte devrait faire quoi en 2023?

1. Une réduction plus intelligente des couts

  • La réalité
    • baisse des prix de gros et de détail pour les produits de cannabis
    • Les couts des engrais et les emballages augmentent
    • Les réductions d’effectifs peuvent aider, mais la tronçonneuse n’est plus de mise. Il faudra utiliser un scalpel pour couper le gras sans toucher aux muscles.  
  • Les meilleurs gestes
    • Réduire le nombre de produits
    • Améliorer la gestion du cout des intrants et des fournisseurs
    • se débarrasser des stocks obsolètes qui coutent cher en espace de stockage
    • Externaliser les activités non essentielles comme l’informatique et le recrutement.  

2. De véritables efforts pour améliorer l’engagement des employés

  • La loyauté et la productivité d’une personne exigent plus que des promesses. 
  • Toxicité culturelle + l’instabilité financière + marché du travail serré = une rotation élevée du personnel et un désengagement.  
  • Les meilleurs gestes
    • Les dirigeants doivent donner l’exemple
    • Amélioration des programmes de formation 
    • Promotion de la libre communication dans l’ensemble de l’organisation 
    • Clarifier la vision et les objectifs de l’entreprise.

3. Une meilleure innovation des produits

  • La croissance dépend de l’introduction régulière de produits «à succès».  
    • Les consommateurs n’ont aucune fidélité. Ils sont très réactifs aux prix. Et finalement, ils veulent des nouveautés.
    • L’entreprise doit avoir une meilleure connaissance de sa clientèle 
    • Trouver le bon phénotype d’un gène exige de comprendre votre environnement de culture

2023 va être une grosse année pour les PA canadiens. Ils ont beaucoup de pain sur la planche…

Hey Merci MJ!

Les aliments qui transforment le buzz

Et parlant d’aliments, vous savez que certains sont réputés être capables d’avoir un impact sur le buzz du cannabis. Parmi ces aliments, on retrouve évidemment le chocolat…

En passant, c’est un article de Ben Hartman sur le site de The Cannigma. Les articles publiés font l’objet d’une révision scientifique. Dans ce cas précis, l’article a été relu par Codi Peterson, PharmD un autre gars que je lis tous les jours sur LinkedIn. Voici ce que le site dit :

Nous adoptons une approche fondée sur des preuves pour chaque question relative au cannabis — de la sécurité à la cuisine en passant par la recherche médicale — et nous rendons toutes ces informations digestes et utiles.

Nous nous engageons à faire en sorte que ces informations scientifiques soient accessibles à tous ceux qui en ont besoin, que ce soit pour soulager leurs propres souffrances ou celles d’un proche, pour en apprendre un peu plus ou même *gasp* pour le plaisir.

J’aime bien tout ça!

Donc, le chocolat contiendrait des substances qui, par imitation, sont capables d’activer des récepteurs du SEC. Une des molécules est l’anandamide alias «la molécule du bonheur». Le high du coureur serait causé par une plus grande production d’anandamide.

Les voyageurs fréquents sur toPot se souviennent de l’épisode #84 L’euphorie du coureur : un vrai high! On a déjà tout discuté ça ensemble, mais c’est toujours utile de rafraichir notre mémoire…

L’alcool aurait aussi un effet sur l’effet sur le high. Cela parait normal puisque l’alcool affecte le système nerveux central. En fait on parle d’une augmentation de l’altération des performances observée dans les combinaisons cannabis-alcool. Cela veut dire la capacité de conduire un véhicule moteur, par exemple. La libération, encore elle, la libération de l’anandamide augmenterait sous l’influence de l’alcool.

Puisqu’on parle de cannabis, il faut penser aux terpènes et donc aux herbes aromatiques comme le basilic et l’origan. La théorie est que la consommation de ces herbes dans le cours d’un repas pourrait potentialiser les effets du cannabis. 

Enfin, les acides gras omégas 3 que l’on retrouve dans les noix, les légumes verts et les petits fruits, par exemple. Là je cite texto l’article, ces types d’acides gras interagissent avec le système endocannabinoïde, et l’anandamide elle-même est dérivée de l’acide arachidonique, un acide gras oméga-68.

C’est un sujet intéressant, non? Si on me promettait une consommation avec des fleurs et des herbes fraiches, je n’hésiterais pas une seconde. Vous?

Même si la révision de la Loi sur le cannabis est à peine commencée, les choses continuent de bouger dans l’industrie.

La Saskatchewan et les Premières Nations s’entendent

Le magazine Stratcann rapportait la semaine passée et là je cite texto le premier paragraphe de l’article que le gouvernement de la Saskatchewan a présenté une nouvelle loi qui, si elle est adoptée, permettra aux Premières Nations de la province d’obtenir une licence et de règlementer la distribution et la vente de cannabis dans les réserves. 

Le but est de créer des règles du jeu plus équitables. Ainsi, les Premières Nations ne feront plus affaire avec la Saskatchewan Liquor and Gaming Authority (SLGA) pour l’obtention de leur permis, ce qui est le parcours habituel depuis les débuts de la légalisation. Un nouveau cadre juridique confère aussi aux Premières Nations toute la légitimité pour l’application des lois et des règlements sur leur territoire.

Derek Sunshine, le chef des Premières Nations de Fishing Lake, lui, n’entend pas suivre ce chemin. Il rejoint ainsi un large groupe de communautés qui exercent leurs droits complètement à l’extérieur du cadre provincial — fédéral. Mais ça, c’est une saga pour une autre fois.

Le retour du cultivateur de cannabis original/nel

Les cultivateurs qui alimentent le marché original ou originel, oui le marché noir quoi, et bien, ils sont encore très actifs on dirait. En Californie, le cannabis, on a légalisé le cannabis médical en 1996, et le cannabis nonmédical fin 2016. Malgré ce travail d’avant-garde, les experts estiment que le marché légal ne représenterait que 25 % du marché californien. Donc, 3/4 des ventes proviennent des cultivateurs originaux. Ces exploitants agricoles sont souvent en activité depuis plusieurs générations.

Il y a donc une forme de perception romantique du cultivateur originel. Rien à voir avec ces réseaux ontariens qui utilisaient des Mexicains dans une forme d’esclavagisme dénoncé par le consulat mexicain il y a quelques semaines. On parle ici de gens qui cultivent dans l’illégalité depuis 20-30-40 ans et qui ne réussissent à intégrer le marché légal pour plusieurs raisons.

Dans une industrie qui ne cesse de grandir, les problèmes de main-d’œuvre existent depuis les débuts de la légalisation. On peut penser que les prochains pays qui vont légaliser vont trouver une façon plus intelligente pour intégrer les talents du marché original.

Stiiizy? Not so easy.

La guerre du THC continue de faire des victimes, mais cette fois-ci, ce n’est pas le consommateur.

C’est plutôt la compagnie californienne Stiiizy qui est poursuivie pour avoir menti sur les taux de THC de ces joints préroulés. Des millions d’anciens clients ont intenté un recours collectif en plus de demander une injonction pour stopper la vente des produits visés par le recours.

La différence entre le % de THC annoncés et le taux réel est bien supérieure à l’écart de 10 % qui est permis. Un exemple? Le «40s Strawnana 2G Preroll» était supposé contenir 50,57 % de THC alors que des tests indépendants ont mesuré le % réel entre 33 et 34 %.

Le monde s’essaye!

Les pressions de l’inflation sur la consommation de cannabis

Et comment les consommateurs réagissent-ils aux pressions générales de l’inflation sur les prix des produits?

Le MSO Jushi Holdings Inc, un opérateur de cannabis verticalement intégré dans plusieurs états américains, vient de publier les résultats de son deuxième sondage annuel «Cannabis Consumer Insights Holiday Poll». Plus de 1000 consommateurs de cannabis ont été interrogés.

63 % des personnes interrogées ont déclaré l’inflation leur faisait très mal. Par contre la consommation ne baisse pas pour autant. En fait 1/4 des gens ont déclaré une augmentation de leur consommation.

L’enquête nationale, menée par Pollfish, a recueilli les réponses de 1 000 consommateurs de cannabis dans les États américains où la vente de cannabis est légalisée pour les adultes de 21 ans et plus. La solution adoptée par les consommateurs pour endiguer l’inflation a consisté à acheter des produits moins chers qu’avant. La fleur continue sa domination avec une préférence avouée par 58 % des consommateurs. Le prix et le pourcentage de THC demeurent les facteurs déterminants. Les préférences Indica, Sativa, Hybride tendent à diminuer. Comme si ces catégories ne voulaient plus rien dire de précis.

L’arnaque Juicy Fields

On a discuté il y a quelques semaines de l’arnaque planétaire Juicy Fields. Les poursuites contre les grands médias sociaux se précisent. L’avocat Lars Olofsson à identifier les serveurs de Facebook, alias Meta, qui furent installés a Lulea en 2011. Lulea est une ville suédoise située à une centaine de km du cercle arctique.

«C’est là que le crime s’est produit… Mes clients sont entrés en contact avec l’escroquerie de JuicyFields par le biais de ces serveurs» a déclaré Olofsson.

Olofsson avance que Meta aurait contourné les lois antifraudes suédoises. Ça va être une affaire fascinante à suivre qui pourrait avoir un impact majeur sur les activités de publicité et de propagande sur les réseaux sociaux. Pour l’instant, l’avocat a dans sa mire 70 personnes, 60 banques et 40 entreprises liées aux activités et à la publicité de JuicyFields.

Système d’extorsion «Payer pour jouer» en Ontario?

 

Un autre scandale? 

Cette fois-ci, on parle d’un stratagème qui s’appelle Payer pour Jouer ou Pay to Play en anglais. La gammick est simple. Tu es un PA. Tu veux vendre dans une chaine de magasins en Ontario. Et bien pour être sûr d’obtenir une bonne place dans les étagères, certaines chaines vont exiger de l’argent. Pour justifier ce paiement, la chaine va, en retour, partager des données de vente. Un gros fichier Excel quoi… Tu es un petit PA qui ne peut se payer ce genre de pseudoservice? Tant pis pour toi. Ce genre de manière de faire de l’argent existe depuis toujours dans les chaines d’alimentation. Tous les produits qui se retrouvent aux extrémités des rangées d’étagères sont l’objet d’un commerce… 

C’est le journaliste Matt Lamers qui a révélé la chose la semaine passée. Ces frais remettent en cause l’existence du réseau de détaillants que l’industrie juge nécessaire pour sa survie. On parle de dizaines de milliers de dollars de frais de référencement, en anglais les fameux slotting fees. Ces frais sont impossibles à considérer pour des microproducteurs. Le Québec n’a pas ce genre de problèmes à cause du monopole de la SQDC. Mais l’Ontario avait prévu ce type d’action en interdisant formellement aux PA de payer les détaillants pour un traitement préférentiel… Donc, l’Ontario ferme actuellement les yeux… en faisant semblant de croire que la combine d’échange de données pour de l’argent est légitime. Les petits magasins tant souhaités par l’industrie sont détruits par l’industrie…

Les standards sanitaires de New York trop bas?

Alors que le Canada fait la promotion des produits propres de la légalisation, je vous ai raconté il y a quelques semaines que New York semblait emprunter la voie inverse. Oui l’État de New York a réduit ses exigences sur le nombre de bactéries aérobies viables et sur nombre total de levures et de moisissures pour les produits de cannabis non extraits… 

Certains joueurs de l’industrie comme Roger Brown, un propriétaire d’un labo, croient que si les exigences initiales étaient trop élevées, les nouvelles normes sont trop faibles. Et ce qui arrive à NY pourrait avoir un impact sur toute l’industrie américaine. M. Brown suggère au législateur Newyorkais de s’inspirer des normes de la Floride ou de la Californie. 

Les cultivars les plus populaires en 2022

Je n’accorde généralement aucune importance aux listes des produits les plus vendus pour ma consommation. Mais pour comprendre les produits qui se vendront peut-être à la SQDC dans en 2023, c’est toujours utile de voir les produits qui sont fréquemment mentionnés. C’est la société Leafly qui propose cette liste d’une dizaine de cultivars. Leafly mentionne avoir une base de données de plus de 6000 cultivars. 

  • Ice Cream Cake
  • Blue Dream
  • Wedding Cake
  • Gelato
  • Original Glue
  • Pineapple Express 
  • Sour Diesel
  • MAC
  • Purple Punch
  • Durban Poison

Est-ce que vous y retrouvez des tendances que vous avez observées pendant l’année? Est-ce que vous voyez des candidats pour le prochain cultivar à la mode? Faites-moi signe! lucprevost@hotmail.com.

Livraison le jour même de la SQDC

Si vous habitez à Saint-Jean-sur-Richelieu, Mirabel ou Saint-Jérôme, je vous informe que la SQDC étendra temporairement son service de livraison le jour même à ces trois municipalités pour améliorer l’accessibilité aux produits de cannabis légaux à moindre risque pour la clientèle habitant dans certaines régions affectées par le conflit de travail en cour.

Grosse nouvelle pour les PA!

Santé Canada a apporté des modifications concernant la recherche sur le cannabis, les essais menés avec du cannabis et les boissons contenant du cannabis. Voici texto ce que dit Santé Canada :

«La plupart des recherches non thérapeutiques sur le cannabis seront règlementées uniquement par le Règlement sur le cannabis, à quelques exceptions près. La recherche non thérapeutique sur le cannabis peut comprendre des études qui examinent l’apparition et la durée des effets d’un produit du cannabis, des études qui éclairent l’élaboration de produits et des études liées à la santé publique. Auparavant, la plupart de ces recherches étaient règlementées à la fois par le Règlement sur le cannabis et par le Règlement sur les aliments et drogues à titre d’essais cliniques.»

J’ai questionné 2 producteurs autorisés pour tenter de comprendre ce que signifient ces deux paragraphes, mais personne n’a pu me renseigner…

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis lui bonjour de ma part! Ok Merci.

OK, je me ramasse!

Les pas gênés de chez CannTrust

Le premier grand procès de l’industrie légale du cannabis est complètement oublié par les grands médias. Cette semaine on a appris que le scandale des salles de culture non autorisées était très largement discuté par les employés de Canntrust. Un ancien employé a dit que personne ne se cachait.

Peter Aceto, Eric Paul et Mark Litwin sont accusés de fraude et tous les trois ont plaidé non coupables. D’autres accessions de délit d’initié et de fausse documentation pèsent sur les trois hommes. 

L’employé qui est venu témoigner, M. Graham Lee, avait écrit des courriels pour alerter le personnel, mais aussi pour se protéger avec des traces écrites. Ces preuves lui semblaient importantes et là je le cite texto «parce que j’avais l’impression qu’on me jetterait sous le bus assez rapidement».

Le marketing abusif de Juul va lui couter 1,2 milliard $ 

On n’est pas dans le cannabis, mais presque.

Juul, le fabricant de cigarettes électroniques va payer 1,2 milliard de dollars pour mettre fin a plus de 10 000 poursuites pour avoir ciblé avec son marketing des consommateurs mineurs.

Juul vient tout juste de payer 439 millions dans un autre cas de marketing abusifs auprès d’une clientèle d’âge mineur.

On peut évidemment s’attendre à la même chose dès maintenant dans l’industrie du cannabis.

Le cannabis et l’effet placébo

En Ontario, le gouvernement Ford veut aider au développement de l’industrie touristique du cannabis! Comment? M.Daniel Safayeni, de la Chambre de commerce de l’Ontario, dit qu’il faut permettre des évènements spéciaux et des salons pour la clientèle qui vient de l’extérieur de la province.

«Regardez, a dit M. Safayeni, ce que les régions de Niagara et du comté de Prince Edward ont fait pour le vin. Ça pourrait être la même chose pour le cannabis.»

 

OK, une dernière… 

CNN a largement discuté la semaine passée d’une recherche sur le cannabis et les effets placébo.

La communication scientifique en question est une méta-analyse de 20 études portant sur 1459 personnes. La recherche est intitulée :

Réponse au placébo et attention des médias dans les essais cliniques randomisés évaluant les traitements de la douleur à base de cannabis 

Et que nous apprends cette recherche? 

Voici plus ou moins texto la conclusion :

Le placébo contribue significativement à la réduction de la douleur observée dans les essais cliniques sur les cannabinoïdes. L’attention positive des médias et la large diffusion peuvent maintenir des attentes élevées et façonner les réponses au placébo dans les essais futurs, ce qui a le potentiel d’affecter le résultat des essais cliniques, les décisions règlementaires, la pratique clinique et, finalement, l’accès des patients aux cannabinoïdes pour soulager la douleur.

Je ne dis pas que les résultats de cette méta-analyse sont faux. Je dis que CNN oublie de mentionner que l’effet placébo joue aussi pour tous les médicaments de prescription.

Je retiens également ce que les chercheurs appellent le rituel du traitement. Le fait d’avoir des l’attention de professionnels en sarrau qui s’affairent pour appliquer un traitement peut influencer la manière dont notre corps et notre esprit recevront les soins. Je retrouve dans ce rituel du traitement des conditions similaires à celle créée par le rituel de la préparation d’un joint, par exemple.  

Je ne dis pas que le buzz est un effet placébo. Jamais je ne dirais ça. Mais j’observe des gens qui se roulent des joints depuis une cinquantaine d’années. Et j’ai vu des tonnes de gens incapables de se concentrer et devenir soudainement de vrais bouddha le temps de rouler un joint. Le cannabis réagit avec le système endocannabinoïde, c’est vrai. Mais le cannabis agit en premier lieu sur notre odorat… Et si on regarde ce que nous savons déjà des huiles essentielles, cela devrait nous permettre de voir, collectivement, plus loin que le bout de notre nez.

Et voilà, c’était le 131e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

131 Pot flânage (2022.12.14)

131 Pot flânage (2022.12.14)

Nous sommes toujours en mode «Pot flânage!». On passe du sérieux à l’insignifiant en quelques secondes… Comme d’habitude, c’est une nouvelle habitude d’ailleurs, je commence l’épisode en vous parlant des licences obtenues par le Québec la semaine passée. En tout...

130 Pot flânage (2022.12.07)

130 Pot flânage (2022.12.07)

Cette semaine, les flâneurs, on va se promener dans une foule… de nouvelles.  Bonne écoute! Pourquoi on vend juste de l’alcool dans le plus grand show de cannabis au Monde? La grande dame de l’investissement aux États-Unis Les jeunes consommateurs de pot boivent moins...

#129 Pot flânage (2022.11.30)

#129 Pot flânage (2022.11.30)

Toujours en mode flânage sur toPot. Et on se promène un peu partout: Cara Delevingne La victoire du BC Budtenders Union  Deux arnaques planétaires Les terpènes du gui La joke de Karl von Linné Se faire bannir à vie des États-Unis pour du CBD?  La révision de la Loi...

128 Pot flânage (2022.11.23)

128 Pot flânage (2022.11.23)

Cette semaine, on flâne encore une fois dans l’actualité du cannabis et on s’amuse! Les nouvelles licences de cannabis au Québec Réduction des effets du THC par le CBD… La science parle Bonsaïs de cannabis Le cannabis au Vietnam, une découverte La pyrogazéification du...

#127 Pot flânage (2022.11.16)

#127 Pot flânage (2022.11.16)

Pot flânage! On fait le tour de l’actualité en prenant notre temps… L’influence de la musique sur la germination des graines L’effet du cannabis sur les cerveaux vieillissants Le cannabis pour faire du bois aggloméré Les effets du marché noir en Californie et à New...

126 Pot flânage (2022.11.09)

126 Pot flânage (2022.11.09)

Pot flânage! On fait le tour de l'actualité en prenant notre temps. Extraction à partir de la fumée de cannabis Culture verticale et désillusion technologique Diminution de l'intérêt du chanvre chez les agriculteurs américains Technologie brésilienne dans le cannabis...

130 Pot flânage (2022.12.07)

130 Pot flânage (2022.12.07)

Transcription Intégrale de l'épisode #130

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Beaucoup de Bon Stock à partager cette semaine dans notre séance de flânage.

Mais la reconnaissance de la semaine commence avec mes rencontres sur les réseaux sociaux. Alors dans le désordre, un gros bonjour a El Jako, Laurence Gauthier, Mélanie Forget, Stéphane Pacoma, Kim Bercet et Marine Zanini, les créatrices de l’application miuk qui explique tout sur le CBD, Michel Dion (Mike) qui est le propriétaire du site touristique Fc101 Formation cannabis médical et finalement Kimberly dit Mme Frenchy Cannoli.

Je vous rappelle également qu’il y a une transcription de disponible pour tout le contenu de l’épisode.

Et finalement, avant de se lancer dans l’épisode de la semaine, une seule entreprise québécoise a obtenu une licence la semaine passée. Le nom officiel de l’entreprise dans la base de données de Santé Canada est 

Les génétiques Monette inc

Micro-Culture

Plantes/Graines

2022-12-02

Comme la raison sociale est évidente, je vous communique les détails de l’entreprise tels que décrits dans la fiche du registraire des entreprises du Québec.

Je ne savais pas où était la municipalité de Saint-Jacques. J’ai fait une recherche pour découvrir que c’est dans le coin de Joliette et Rawdon. 

OK. 

Récemment avait lieu le MJBizcon. Le plus grand show au MONDE. Au moment où la planète découvrait qu’il n’y aurait pas de bière dans les stades du Mondial de football, et bien, dans le plus grand show au monde sur le cannabis, c’était l’inverse. De l’alcool partout et interdiction totale de fumer. Des flots d’alcool auxquels s’est intéressée la journaliste Sarah Friedman pour le média Cannadelics. Mme Friedman dit que cette interdiction est importante pour trois raisons que je vais vous résumer.

Iriez-vous à une expo sur les voiliers s’il n’y avait que des bateaux moteurs? Et si vous étiez un marchand de chats, pourquoi participer à une activtivé commerciale qui ne vous permet que de vendre des chiens?

Et le show n’avait pas lieu en Caroline du Nord, mais bien à Las Vegas.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

C’était la première raison. 

La deuxième?

Comment accepter que le cannabis soit traité comme un produit plus dangereux que l’alcool? L’alcool tue 140 000 personnes par an aux États-Unis et serait la drogue la plus meurtrière après le tabac. L’industrie du cannabis doit créer des emballages spéciaux pour tous ses produits mais une canette de bière ressemble parfaitement à une canette de Pepsi et cela ne fait peur à personne. D’ailleurs les enfants sont bienvenus dans les SAQ à moins que je fasse erreur. J’ai vérifié avec des membres du groupe Bon Stock sur Facebook et j’ai été surpris d’apprendre que l’on peut y rentrer avec ses enfants. Mais, mais, mais, plusieurs parents m’ont confirmé que si vous allez à la SAQ avec un ado, le personnel sur le plancher peut exercer son jugement en posant des questions.

La troisième raison relevée par la journaliste souligne l’incohérence et l’incompréhension de la règlementation du cannabis. Pas juste à Las Vegas. Au Canada également. Les législateurs encouragent la consommation de l’alcool. Partout. Le cannabis peut être un médicament mais l’alcool ne sera toujours qu’un jus de toxines. Comment une industrie fonctionnelle peut-elle évoluer dans un contexte où le législateur crée des conditions d’inégalités économiques entre deux industries pourtant légales?

Dans une exposition où les plus grands joueurs de l’industrie et les sociétés de cannabis les plus innovatrices se rencontrent pour échanger et apprendre, le législateur traite MJBizCon comme s’il s’agissait d’une école ou d’un terrain de jeu. Une industrie admirée par les pays qui veulent légaliser est pourtant traitée comme un mineur sans droit qui doit être protégé contre lui-même.

Ce qui est arrivé à Las Vegas il y a quelques jours est arrivé partout au Canada. Comment discuter sobrement avec un gouvernement d’une taxe d’accise meurtrière quand il croit que votre produit est plus dangereux que l’alcool? 

Voilà ce que doit affronter l’industrie du cannabis… La peur du législateur. Mais si le législateur ne change pas d’avis, après tout il a été élu pour ses idées, c’est peut-être aux citoyens que l’industrie devrait s’adresser… Mais c’est une saga pour une autre fois. 

Par contre, je peux partager une autre recherche sur le recul de l’alcool par rapport aux gains du cannabis. L’analyste Vivien Azer a étudié une vingtaine d’années de données de toutes sortes. Dès 2014, Madame Azer, qualifiée par les experts de première analyste séniore de Wall Street, a commencé à couvrir le secteur émergeant du cannabis. Elle travaille chez Cowen & Co.

La perle de cette étude? 

 60 % des consommateurs de cannabis ont déclaré avoir réduit leur consommation de boissons alcoolisées. 60 %… Madame Azer croit que les compagnies d’alcool vont progressivement délaisser les marchés du vin et de la bière pour se tourner vers les spiritueux qui sont plus populaires chez les jeunes consommateurs de cannabis.

Hey Merci MJ!

Mais, mais, mais, si vous pensez que le législateur taxe moins l’industrie de l’alcool, vous faites erreur. Toute l’industrie québécoise de l’alcool souffre. Je l’ai dit et je le redis, le législateur fait payer aux producteurs des produits qu’il juge mauvais une taxe du péché pour reprendre l’expression de la journaliste Friedman. On a le législateur qu’on mérite. 

Heureusement, il y a de l’espoir dans la recherche. 

D’autres recherches.

Cela fait des années qu’on entend dire que le chanvre pourrait remplacer le bois pour la production du papier… Quand est-il vraiment? Et ça tombe bien, car j’ai trouvé une fondation, la Hemp Innovations Foundation qui vient de financer un projet qui s’appelle Hemp Recycles. Il parait que le papier de chanvre pourrait être recyclé 8 fois au lieu de seulement 3 fois comme le papier traditionnel. Et bien cette fondation va vérifier cette affirmation. Le projet sera réalisé avec la Western Michigan University (WMU) dans le cadre d’un programme pilote de recyclage. Là je vais citer texto le communiqué :

L’étude proposée fournira des données quantifiables qui seront largement diffusées et qui démontreront les avantages de préserver la canopée des arbres pour lutter contre le changement climatique tout en produisant un produit papier plus robuste, qui séquestre le carbone, qui est moins coûteux et qui peut être recyclé plus de fois que le papier à base d’arbres. 

Fin de la citation.

Le projet ne vise pas seulement à démontrer les avantages théoriques et pratiques du papier à base de fibres de chanvre non ligneuses. Il va également créer des chaines d’approvisionnement régionales avec les agriculteurs locaux.

Le microcosme québécois de l’industrie du cannabis avait une rencontre importante avec la SQDC la semaine passée. En gros, le monopole québécois voulait préciser la révision de son processus de commercialisation standard. Cela veut dire évaluer son portfolio de produits, son processus de sélection des innovations, son plan de commande, la création de produits et finalement leur lancement. Au plus simple, la SQDC annonçait à ses fournisseurs qu’elle repoussait de 4 semaines son processus actuel. Si j’ai bien compris ce que l’on m’a raconté, la prochaine période de lancement serait reportée au 27 mars, soit un mois plus tard que prévu. 

Quelles sont les conséquences de ce report pour les activités de culture des producteurs autorisés? Je ne sais pas. Si vous avez des infos pertinentes à partager, vous savez où me rejoindre : lucprevost@hotmail.com.

Hey! 

Vous avez entendu parler du Delta 10 THC?

Souvent confondu avec le CBC ou le CBL, le delta-10-tétrahydrocannabinol est un composé naturellement présent sous forme de traces dans le cannabis. Parce qu’il est présent en infime quantité, il a peu été étudié jusqu’à maintenant même s’il peut être détecté lors d’un test de dépistage. Les chercheurs pensent qu’il sera populaire dans les prochaines années, car il induirait moins d’anxiété et de paranoïa que le delta-9. Le Delta 10 serait sans danger pour la consommation. Après tout, on en consomme depuis toujours. La question est de savoir ce qui se passe quand on en consomme une louche plutôt qu’une infime trace. 

On produit actuellement le delta 10 comme le Delta 8 en modifiant un isolat de CBD ce qui lui confère un statut légal particulier. Une sorte de zone légale confuse. Comme le HHC d’ailleurs. Certains États américains ont pris les devants en l’interdisant formellement. Les spécialistes disent que les consommateurs devraient exiger des certificats d’analyses. Les effets secondaires peuvent être violents, semble-t-il. On parle d’hallucinations… Et les pushers lui prêtent des qualités qui ressemblent à des approximations ou à des mensonges…

J’ai récemment présenté le Fruit Tartar Haze sur Bon Stock. C’est un cultivar unique à JMF Grower. C’est le bébé de Michael Baril et Ghislain Coutu. Cela m’a fait réfléchir deux secondes… Comment peut-on protéger une propriété comme un cultivar? Si vous connaissez un avocat spécialisé sur ce sujet, faites-moi signe. Je n’ai rien trouvé de spécifiquement québécois ou canadien mais c’est l’occasion de commencer à se faire une idée sur un sujet très important pour les années à venir. On va faire le tour du sujet au pas de course juste pour s’orienter. Et j’ai trouvé ces infos sur un site américain… Donc il pourrait y avoir un sérieux écart entre ce qui s’y passe et ce qui est notre réalité au Canada. 

Il existe trois types de propriété intellectuelle qui peuvent être utilisés pour protéger les nouvelles souches de cannabis : 

  1. Les brevets de plante
  2. Les brevets d’utilité 
  3. La loi sur la protection des variétés végétales. 

Alors les brevets sur les plantes offrent une protection pour les nouveaux cultivars capables de reproduction asexuée. Ce type de brevet fonctionne bien et coute peu mais la protection est relativement faible. Il faut prouver que le cultivar copié est génétiquement identique et qu’il a été produit de manière asexuée. Autrement dit, il faut cloner le plant breveté. Cela implique de fournir, par exemple, des preuves de vol…

Après le brevet de plante, un PA qui voudrait protéger un cultivar peut tenter d’obtenir un brevet d’utilité. C’est le chemin privilégié dans la plupart des cas. Oh la route est plus difficile et beaucoup plus onéreuse mais la protection est meilleure.

Typiquement, le brevet d’utilité protège des procédés, des systèmes et des composés chimiques. Dans le cas du cannabis, un PA qui possède un cultivar unique peut breveter un plant et son séquençage génétique particulier. Un plant breveté de cette façon permet à son propriétaire d’interdire l’utilisation de graines provenant du plant. Évidemment, dans le cannabis, on utilise des plants ou les graines sont hautement indésirables… Alors je ne sais pas comment évaluer la protection réelle de ce type de brevets. Surtout que le PA doit détailler son processus de façon assez précise pour qu’une personne compétente puisse le reproduire à la fin de la durée de protection du brevet.

Finalement, le producteur autorisé peut tenter d’utiliser la Loi sur la protection des obtentions végétales. Cette protection ressemble à un brevet de plante mais couvre les plantes qui se reproduisent sexuellement. Le PA doit déposer 3000 graines du cultivar à protéger mais il y a un gag. Cette protection est exclue pour les substances contrôlées comme le cannabis…

Je ne connais aucun producteur autorisé qui a protégé un cultivar. Si vous en connaissez un, faites-moi signe. lucprevost@hotmail.com.

Est-ce que vous avez engraissé depuis le début de la légalisation? La question est légale, car la consommation de cannabis est toujours associée aux fringales, les fameux Munchies. C’est un sujet que nous avons déjà abordé dans l’épisode #118 https://mbe.io/Munchies_et_Cannabis.

Ben il semblerait que le taux d’obésité est plus faible dans les États qui ont légalisé le cannabis non médical. C’est une équipe de l’université du Dakota du Nord qui vient d’arriver à cette conclusion. La recherche avait un titre sympa :

Cloudy with a chance of munchies: Assessing the impact of recreational marijuana legalization on obesity

Voici la conclusion des auteurs plus ou moins texto.

Alors que de plus en plus d’États gravitent vers la décriminalisation, l’élargissement de l’usage médicinal et la légalisation de l’usage récréatif de la marijuana, nos résultats fournissent des indications importantes sur la politique contemporaine en matière de drogues.

Cette recherche vient étayer des travaux suédois de 2016 qui avançaient que les consommateurs de cannabis en Suède étaient moins à risque d’avoir un diabète de type 2 que les non consommateurs.

Vite vite, un article a attiré mon attention. Son titre est Les drones en appuie de la Gendarmerie Royale pour la traque des trafiquants de cannabis

Ce n’est pas dans les habitudes de la GRC de documenter ses méthodes pour lutter contre les plantations de culture illégale de cannabis. J’ai vite compris que l’article ne parlait pas du Canada mais plutôt du Maroc. Il s’agit d’un article de Mohamed Jaouad EL KANABI 

qui s’intéresse à plein de sujets comme les ressources hydriques du royaume marocain. Le Maroc dans le contexte actuel de sa légalisation du cannabis entend lutter contre l’ubérisation de la vente des drogues. Alors que les trafiquants utilisent des drones pour protéger leurs activités illégales, la GRM a décidé d’utiliser des drones pour ses propres actions antitrafic mais également pour endiguer l’immigration illégale. Les drones seront utilisés pour trouver les caches de stock de cannabis dans les montagnes. La GR a d’ailleurs récemment effectué une saisie de 40 tonnes de cannabis dans la commune de Zâaroura. Elle vise aussi les autres trafics comme celui de la cocaïne. Juste pour l’Afrique de l’Ouest, les autorités évaluent le trafic à 1140 tonnes, ce qui représente une valeur de 57 milliards d’euros. 

On a déjà parlé de drone sur toPot mais pour la culture et la sécurité. C’est l’épisode 4 si ma mémoire est bonne. C’est le futur de la culture extérieure sur de larges surfaces. 

Du Maroc à la Hollande, il y a un lien naturel qui provient de la route des approvisionnements des Koffee shops bataves. Il a aurait même une mafia hollando-marocaine qui est aux commandes des marchés illicites mais surtout des réseaux de distribution empruntés pour le trafic du cannabis mais aussi des autres drogues comme la coke.

Comme beaucoup d’autres grandes villes européennes prise d’assaults par le tourisme débridé, Amsterdam tente de reprendre le controle de son périmetre en adoptant une nouvelle série de mesures. C’est une sorte de monstre du loch Ness qui réapparait régulièrement. La Hollande s’est voté des lois mais Amsterdam avait réussie a s’en affranchir jusqu’a maintenant. Et ce n’est pas non plus la première série de gestes du genre. Amsterdam s’est longtemps vendu comme Montréal, la ville des danses à 10 $. Une ville de cul et de fun. 

Amsterdam veut délaisser ce créneau pour devenir une destination culturelle. Amsterdam entend lancer une campagne en 2023 qui limiterait l’ouverture des bars, des clubs et des bordels. Le commerce du cannabis pourrait être interdit les fins de semaine. Certaines zones de la capitale pourraient même interdire la consommation d’alcool et de cannabis. Évidemment, les autorités ont aussi décidé de revoir la règlementation visant les Airbnbs et les commerces similaires. On parle même d’une taxe de séjour spéciale pour les visiteurs qui circuleraient aux heures de pointe. Ça va être beau à gérer.

Les autorités disent vouloir intervenir parce qu’ils aiment Amsterdam et que le temps est venu de développer une vision à long terme. La ville attend des suggestions jusqu’à la fin de décembre. Quand on parle de vision à long terme, le Québec peut apprendre de la Hollande. Les Pays-Bas n’étaient pas naturellement un pays de cyclistes. Il a fallu des politiciens avec beaucoup de vision pour développer une nation vélo. Et maintenant, pour se réinventer, Amsterdam va devoir bien déterminer ses priorités. Amsterdam appartient aux Hollandais. Pas aux hordes de touristes. On peut raisonnablement penser que la ville d’Anvers va faire la même chose bientôt surtout qu’il s’agit, comme Montréal d’une ville portuaire empruntée par tous les trafics de drogues. Anvers n’a pas le pouvoir d’attraction d’Amsterdam mais la dérive que connait Amsterdam existe aussi depuis longtemps en Belgique. Juste un peu plus glauque… avec des locaux moins grands. Oui, les Hollandais sont une des nations avec la plus grande taille moyenne des hommes et des femmes.

Bosnie-Herzégovine 183,9 cm (6 ft 1⁄2 in)    171,8 cm (5 ft 7 + 1⁄2 in)

Netherlands 183,8 cm (6 ft 1⁄2 in) 170,7 cm (5 ft 7 in)

Canada                     175,1 cm (5 ft 9 in)     162,3 cm (5 ft 4 in)

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que j’aime le français. Je ne suis pas un expert. Je fais des fautes mais j’aime notre langue commune. Récemment, je me suis posé la question suivante : comment traduire le mot Blunt en français. Vous ne savez pas ce qu’est un blunt? Un blunt ressemble à un cigare, mais n’en est pas un. Le blunt est roulé avec une feuille de tabac comme un joint est roulé avec une feuille de papier. Et alors on traduit comment le mot Blunt? Et bien on ne traduit pas. Moi je ne sens pas le besoin de traduire pour une raison d’histoire précise. C’est que Blunt est une marque de cigare. Oui les produits de la marque Phillies Blunt furent initialement utilisés pour produire à la main ses propres «cigares» un peu comme on évide une cigarette de tabac pour la remplir de cannabis quand on n’a pas de papier à rouler. La marque est d’ailleurs célébrée dans le tableau Nighthawks du peintre Edward Hopper. C’est le visuel que j’ai utilisé pour l’épisode. Au-dessus du café, on voit une illustration d’un cigare avec la mention Phillies Seulement 5 sous. Alors personnellement, je ne vois aucune bonne raison pour tenter de traduire le mot blunt qui nous informe de l’histoire américaine et de l’histoire du cannabis.

Cette semaine j’ai partagé le visuel d’un sapin de Noël fait avec une fleur de cannabis. Le visuel a été produit avec un logiciel d’IA comme DALL-E 2. Ce genre de logiciels est de plus en plus populaire et est utilisé par des créatifs partout dans le monde. On peut penser à la mode, au cinéma et à la rédaction de textes plus ou moins complexe. Cela pose aussi de plus en plus de problèmes aux artistes dont le patrimoine est pillé pour constituer les nouvelles images. Ce weekend, j’ai même lu que ce type de logiciels est utilisé pour écrire du code et maintenant les programmeurs, comme les artistes visuels, commencent à se plaindre du vol de leurs lignes de codes. Bon jusque là, pas tout est logique. Presque pas de surprise.

Mais, mais, mais, les labos de biotechnologies utilisent maintenant de type d’IA pour concevoir de nouvelles protéines. Il y a au moins deux laboratoires qui se vantent d’utiliser ces processus. Le but n’est pas de faire des steaks de protéines végétales. Non, le pari est de développer des médicaments plus efficaces. Un des dirigeants de Generate Biomedicines, Gevorg Grigoryan, dit que son groupe espère découvrir en quelques minutes ce qui a pris des millions d’années à l’évolution.

Je vous parle de cette nouvelle, car la création de médicaments à base de cannabis pourrait sans doute profiter de cette nouvelle technologie.

C’est le genre de recherche qui va profiter à plein d’industries. Cette nouvelle est passée complètement inaperçue. Alors que j’ai vu passer une recherche sur l’angle parfait ou l’angle magique pour qu’un urinoir remplisse au mieux sa fonction. Oh la science des urinoirs, c’est important aussi. L’angle magique serait de 30* et le modèle d’urinoir le plus fonctionnel serait le Nauti-Loo. Il se distingue par sa longueur et son étroitesse. Mais cela nous éloigne de notre sujet…

Avant le Canada, l’Uruguay à légaliser le cannabis. Et là aussi, le législateur apprend à connaitre le marché du cannabis et ses consommateurs. Lors de la neuvième édition de l’Expo Cannabis Uruguay, Juan Ignaci Tastas qui le directeur général de l’Institut pour la régulation et le contrôle du cannabis déclarait ceci :

«Cette troisième variété, d’une certaine manière, va avoir un niveau de THC inférieur ou égal à 15 %; elle serait donc beaucoup plus proche de ce que beaucoup de clients ou de personnes demandaient. C’est beaucoup plus proche des niveaux de THC que vous pouvez avoir dans les clubs. 

Pour réduire la part du marché noir, l’Uruguay adapte son offre pour satisfaire les consommateurs. J’aime bien la création d’un registre de semences et de boutures pour les particuliers. Le succès de la légalisation dépend uniquement de l’appui des citoyens. Refuser de comprendre leur besoin crée des obstacles qui viennent réduire voir miner l’acceptabilité sociale.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis lui bonjour de ma part! OK Merci.

OK pour terminer, je vous propose une nouvelle qui nous arrive d’Allemagne. Les Clubs Sociaux de Cannabis allemands se sont regroupé pour forme l’Association des Clubs Sociaux de Cannabis d’Allemagne. 

L’absence des CSC dans la loi canadienne est peut-être la plus grande erreur du législateur. Mais c’est quoi Luc un CSC?

Nous en avons déjà discuté dans l’épisode #60 et je vous repasse la définition que j’avais trouvée à l’époque :

OK. On revient en Allemagne. La nouvelle asso appuiera ses membres dans l’apprentissage de la culture des plants pour leur consommation. Évidemment, le but est de pouvoir consommer des produits de qualité à un bas prix. L’Allemagne, qui représente un marché en or pour les géants canadiens du cannabis, fait tout ce qu’elle peut pour échapper au piège de la légalisation canadienne. Tant mieux. 

Et voilà, c’était le 130e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

131 Pot flânage (2022.12.14)

131 Pot flânage (2022.12.14)

Nous sommes toujours en mode «Pot flânage!». On passe du sérieux à l’insignifiant en quelques secondes… Comme d’habitude, c’est une nouvelle habitude d’ailleurs, je commence l’épisode en vous parlant des licences obtenues par le Québec la semaine passée. En tout...

130 Pot flânage (2022.12.07)

130 Pot flânage (2022.12.07)

Cette semaine, les flâneurs, on va se promener dans une foule… de nouvelles.  Bonne écoute! Pourquoi on vend juste de l’alcool dans le plus grand show de cannabis au Monde? La grande dame de l’investissement aux États-Unis Les jeunes consommateurs de pot boivent moins...

#129 Pot flânage (2022.11.30)

#129 Pot flânage (2022.11.30)

Toujours en mode flânage sur toPot. Et on se promène un peu partout: Cara Delevingne La victoire du BC Budtenders Union  Deux arnaques planétaires Les terpènes du gui La joke de Karl von Linné Se faire bannir à vie des États-Unis pour du CBD?  La révision de la Loi...

128 Pot flânage (2022.11.23)

128 Pot flânage (2022.11.23)

Cette semaine, on flâne encore une fois dans l’actualité du cannabis et on s’amuse! Les nouvelles licences de cannabis au Québec Réduction des effets du THC par le CBD… La science parle Bonsaïs de cannabis Le cannabis au Vietnam, une découverte La pyrogazéification du...

#127 Pot flânage (2022.11.16)

#127 Pot flânage (2022.11.16)

Pot flânage! On fait le tour de l’actualité en prenant notre temps… L’influence de la musique sur la germination des graines L’effet du cannabis sur les cerveaux vieillissants Le cannabis pour faire du bois aggloméré Les effets du marché noir en Californie et à New...

126 Pot flânage (2022.11.09)

126 Pot flânage (2022.11.09)

Pot flânage! On fait le tour de l'actualité en prenant notre temps. Extraction à partir de la fumée de cannabis Culture verticale et désillusion technologique Diminution de l'intérêt du chanvre chez les agriculteurs américains Technologie brésilienne dans le cannabis...

#129 Pot flânage (2022.11.30)

#129 Pot flânage (2022.11.30)

Toujours en mode flânage sur toPot. Et on se promène un peu partout:

  • Cara Delevingne
  • La victoire du BC Budtenders Union 
  • Deux arnaques planétaires
  • Les terpènes du gui
  • La joke de Karl von Linné
  • Se faire bannir à vie des États-Unis pour du CBD? 
  • La révision de la Loi sur le cannabis fait déjà des malheureux
  • Investissement Québec et l’éclairage intelligent
  • Les «pensées profondes» et votre insula
  • Les étoiles qui éclairent après leur mort
  • Quand l’OCS fait plaisir à l’industrie, presque…

 Bonne écoute!

Lien pour les liens de  lépisode #129

Transcription Intégrale de l'épisode #129

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Notre série Pot flânage continue. Et cette semaine, on va encore s’amuser…

ToPot et Bon Stock ont échangé à beaucoup de monde cette semaine. Ruth Fisher, Michel Dion, Xavier Magrino, Jérome Brassard-Duperré, Dhili NAKEERAN, Fabrice Giguère, Fabricant d’arbres que j’ai qualifiés de Marchand d’arbres la semaine passée, Samuel Maheux, Egzoset, Phil Cathelin de Tahiti qui fait bouger les choses là-bas, Stephane Pacoma, Christina Parsons… et plein d’autres à qui je parle à toutes les semaines comme Dragan.Dragan est un cruncheur de chiffre dans l’industrie.

On commence avec quoi cette semaine? Pourquoi pas avec Cara Delevingne? La dame a une très belle structure osseuse. C’est un mannequin qui semble être célèbre parce qu’elle est célèbre… Elle vient de réaliser un documentaire qui s’appelle Planet Sex. Elle y discute de sa bisexualité et d’une tentative de suicide relié à une homophobie intériorisée. Le cannabis est mentionné dans le documentaire, car Madame Delevingne a mesuré les cannabinoïdes dans son corps juste avant de faire l’amour et juste après… Je ne vous en dis pas plus. 

Et la grève à la SQDC?

Non, on en parle pas.

Par contre je peux vous dire que ça bouge ailleurs dans le ROC.

Un syndicat représentant les budtenders, les cannabissiers de la Colombie-Britannique a ajouté deux nouveaux magasins à ses membres au cours des dernières semaines. 

Le BC Budtenders Union célébrait la semaine passée l’inclusion de deux établissements Seed & Stone. Les cannabissiers auraient obtenu une augmentation de 15 % plus plein d’autres garanties.

Le propriétaire fondateur de Seed & Stone semble heureux de la situation et a accordé les mêmes avantages négociés aux employés de ses magasins, pas encore syndiqués. Mais il avoue ne pas comprendre pourquoi on vise sa chaine qui est si petite comparée aux géants de l’industrie.  

Ce que je comprends de cette information, c’est que les budtenders qui peuvent donner des conseils et vraiment exercer leur fonction ne sont pas plus heureux de leur paye que les conseillers de la SQDC…

Et on va maintenant un peu flâner du côté des arnaques reliées au commerce du cannabis. Ça pourrait ressembler à un hommage à la créativité des voleurs. Je vous donne un premier exemple par relié au cannabis. Il y a un an, en Chine, un groupe de voleurs a construit un faux magasin Apple. Oui, un faux magasin Apple qui ressemblait à un vrai commerce de Apple. Pourquoi construire un vrai faux magasin? Pour vendre de vrais faux téléphones Apple. Le magasin est resté ouvert seulement quelques jours avant d’être abandonné… C’est fort.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Alors, maintenant deux arnaques planétaires dans le domaine du cannabis…

Vous avez entendu parler de l’Amsterdam Cannabis Expo qui devait accueillir 10 000 entreprises du 24 au 26 novembre 2022. L’arnaque semble avoir commencé dès 2020 avec la création d’un site web qui proposait des opportunités de commandites et des visiteurs provenant d’une centaine de pays. Le site de l’organisation à disparu la semaine passée.

Le média BusinessCann a commencé à vérifier qui étaient les commanditaires. Si vous ne connaissez pas BusinessCann, c’est une entreprise qui propose des nouvelles, des articles, des commentaires et des analyses sur les personnes et les entreprises qui façonnent les secteurs du chanvre, du cannabis médicinal et du bienêtre au CBD en Europe. 

Alors BusinessCann a rapidement découvert que les gros commanditaires étaient des entreprises inventées. TOUTES, de A à Z.

D’autres participants potentiels ont réalisé que le plan d’occupation de l’espace d’exposition était non conforme à ce que l’on doit s’attendre de ce type d’évènement. 

Beaucoup d’entreprises qui se sont fait enfirwaper se cachent, car c’est mauvais pour leur réputation. Évidemment, le compte bancaire de l’organisateur a été vidé depuis que les doutes sont devenus publics… 

Pendant qu’on parle de bandits et d’escroquerie, c’est le temps de revenir sur une autre histoire incroyable, je parle évidemment de l’affaire Juicy Fields. Un bref résumé si vous revenez d’une autre planète.

Hey Merci MJ!

Juicy Fields se présentait comme une plateforme d’investissement en ligne. Cette plateforme était censée permettre d’investir dans la production de cannabis médical et devait rapporter 100 % de l’investissement en 12 mois. Derrière le projet Juicy Fields, on retrouve une compagnie néerlandaise nommé Juicy Holding BV mais le site de la compagnie mentionnait une autre compagnie enregistrée en Suisse, la Juicy Fields AG. Je vous passe les détails sur de multiple enregistrement d’autres compagnies qui tissent un voile de confusion sur les responsabilités des uns et des autres. Dans les faits, il semble que cette organisation était un système de Ponzi. Je vous propose texto la définition de Wikipédia :

Un système de Ponzichaîne de Ponzifraude de Ponzi ou pyramide de Ponzi, est un montage financier frauduleux qui consiste à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants. Si l’escroquerie n’est pas découverte, elle apparaît au grand jour au moment où elle s’écroule, c’est-à-dire quand les sommes procurées par les nouveaux entrants ne suffisent plus à couvrir les rémunérations des clients. Elle tient son nom de Charles Ponzi qui est devenu célèbre après avoir mis en place une opération fondée sur ce principe à Boston dans les années 1920.

L’affaire Juicy Fields est très très très intéressante, car les poursuites engagées pourraient mettre en cause les réseaux sociaux qui seraient accusés de ne pas avoir fait disparaitre le contenu d’une arnaque planétaire. Certains influenceurs seraient aussi visés.

Plus de 500 000 personnes auraient investi dans Juicy Fields et on parle de 700 millions $ qui auraient disparu… On parle aussi de la Suède qui aurait adopter une nouvelle loi qui responsabiliser les banques qui n’agissent pas avec diligence pour stopper les arnaques dont elles ont connaissance. Un avocat suédois. Lars Olofsson va déposer un recours collectif pour 800 personnes provenant de 50 pays différents. L’action en justice va s’attaque à des banques, des avocats et des médias comme Facebook, Google, CNN et même YouTube… L’avocat à une liste de presque 200 facilitateurs qui aurait participé à la fraude qui aurait, aux dernières estimations, atteint 2,5 milliards de dollars.

Dans le contexte actuel où la justice vient de condamner Élizabeth Holmes pour avoir menti et tricher les résultats des recherches de son entreprise Theranos et l’affaire de l’effondrement de la bourse de cryptomonnaies FTX, les criminels en col blanc comme les acteurs du scandale Juicy Fields, peuvent s’attendre à se prendre plus qu’une petite tape sur les doigts….

Je me permets de vous signaler trois grosses initiatives intéressantes qui roulent pour l’instant. BudBlockz (BLUNT), Ravencoin (RVN) et Chainlink (LINK). Je ne les compare pas aux scandales précédents. C’est l’inverse. Je dis que ce sont des initiatives à suivre. Budblock est un projet de cryptomonnaie décentralisé appliqué au cannabis. Dans le contexte où les banques n’aiment pas le cannabis, ce système pourrait permettre à tous les acteurs de l’industrie de se payer en eux, sans problème et sans les frais auxquels les banques sont coutumières….

Pour l’instant, au Canada, dans le domaine des arnaques, rien de l’envergure des scandales précédents mais quelques dossiers dont on devrait bientôt entendre parler. Le premier est la contribution des producteurs autorisés au marché noir. Oui, il semble que des détenteurs de licences de Santé Canada revendent du stock dans les marchés illicites. Cela serait courant dans toutes les provinces. Le deuxième mini scandale en devenir concerne l’utilisation dans tout le Canada de timbres de taxe d’accises inappropriés… Si vous avez des infos à partager, lucprevost@hotmail.com

La semaine passée, j’ai parlé de la présence des terpènes dans les canneberges. C’est la période de l’année qui impose son agenda. Mais il n’y a pas que les attaqua qui contiennent des terpènes. Vous avez déjà pensé au gui? Vous savez les petites boules rouges sous lesquelles on doit s’embrasser? Il existe plus de 1500 espèces de gui. Et le gui est considéré comme un parasite qui s’alimente en squattant d’autres plantes. On le retrouve souvent dans les pins. Cette présence modifie les réponses chimiques des pins squattés… comme la teneur en monoterpènes qui augmente avec la présence du gui.

Comme le cannabis, le gui produit du pinène. Je ne sais pas par contre s’il s’agit d’alpha-pinène ou de bêta-pinène. Je ne ferai pas le tour des propriétés de ce terpène, cela serait inutile, car vous savez tous déjà tout… Mais je confirme qu’il y a des études qui prouve que le gui, le Viscum Album L. À des propriétés qui permettent de lutter contre le cancer. 

Vous avez remarqué que j’ai dit Viscum Album L. ça vous rappelle Cannabis Sativa L.? 

C’est le même gars qui a catalogué les deux. Oui, le fabuleux Karl von Linné qui mettait son L. de Linné un peu partout. Voici ce que dit Wikipédia de lui :

Linné est… un naturaliste suédois qui a posé les bases du système moderne de la nomenclature binominale. Considérant que la connaissance scientifique nécessite de nommer les choses, il a répertorié, nommé et classé, systématiquement, l’essentiel des espèces vivantes connues à son époque, en s’appuyant sur ses observations, ainsi que sur celles de son réseau de correspondants. La hiérarchie des classifications qu’il met en avant s’impose au XIXe siècle comme la nomenclature standard.

C’est un sujet captivant. Je vous donne un exemple. Pour réaliser ses travaux, Linné était commandité par la famille royale. Et comme par hasard, sa hiérarchie des classifications va ainsi…

(vivant) (empire règne ( sous-règne)  embranchement  classe  ordre  famille  genre  espèce

Von Linné construit sa structure toujours utilisée aujourd’hui en décrivant la suprématie de la famille royale. Empire comme dans empereur. Règne comme dans royauté, etc.

Pas bête pour deux sous, von Linné sera anobli le 20 avril 1757 par le roi de Suède Adolf Frederick. Dans sa vision du monde, il décrit l’humain comme descendant du singe. La maison royale et l’église lui disent que c’est impossible, car c’est Dieu qui a tout créé. Von Linné ne s’obstinera pas et va modifier ses écrits pour ne pas déplaire à Dieu mais surtout au roi de l’époque…

Ahhhhh oui. On doit changer de continent pour aller flâner aux États-Unis.  

J’allais passer tout droit avec cette histoire-là.

Une fois, c’est un Canadien qui oublie une bouteille de CBD dans sa voiture et qui se voit interdire l’accès aux États-Unis à vie. Le gars qui s’appelle Jonathan Houweling va probablement devoir fermer son entreprise à cause de condamnation à vie d’interdiction de séjour. C’est une suite à une fouille inopinée au poste frontière de Peace Arch en Colombie-Britannique que les douaniers américains ont trouvé le CBD qui est pourtant légal aux États-Unis. On l’a retenu pendant plusieurs heures, on a pris ses empreintes et son ADN en plus d’une amende de 500 É.-U. $…

Il y a une basketteuse américaine en prison en Russie… Et les Américains qui emprisonnent leurs citoyens pour la même raison ne se posent même pas de questions.

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) s’est permis de rappeler encore une fois que … transporter du cannabis à la frontière sous quelque forme que ce soit, y compris toute huile contenant du tétrahydrocannabinol (THC) ou du cannabidiol (CBD), sans un permis ou une exemption autorisée par Santé Canada demeure une infraction criminelle grave passible d’arrestation et de poursuites, malgré la légalisation du cannabis au Canada.

OK, on va aller flâner dans les platebandes de Santé Canada. Parce que c’est formellement inscrit dans la loi, on s’active actuellement a revoir les bons et les mauvais aspects de la légalisation pour améliorer le cadre légal actuel. C’est l’honorable Jean-Yves Duclos, ministre de la Santé, et l’honorable Carolyn Bennett, ministre de la Santé mentale et des Dépendances et ministre associée de la Santé qui ont annoncé la semaine passée les noms des membres du groupe d’experts chargés de l’examen législatif de la Loi sur le cannabis.

Le communiqué bilingue de Santé Canada affirme que :

Le groupe d’experts fournira des conseils éclairés indépendants aux deux ministres quant aux progrès accomplis dans l’atteinte des objectifs de la Loi, et aidera à cerner les domaines potentiels d’amélioration du fonctionnement de la Loi.

Pour faire leur choix, les ministres ont tenu compte d’un certain nombre de facteurs, tels que la géographie, le savoir-faire et la représentation démographique. Ils ont soigneusement sélectionné des personnes qui représentent la diversité du Canada et qui, collectivement, possèdent une vaste expérience du secteur public, une expertise en santé publique et en justice, et une expérience de la collaboration avec les communautés et les organisations autochtones.

Le groupe d’experts, présidé par Morris Rosenberg mènera une étude crédible et inclusive avec les membres suivants :

  • Dr Oyedeji Ayonrinde
  • Dre Patricia J. Conrod
  • Lynda L. Levesque
  • Dr Peter Selby

Les ministres ont chargé le groupe d’experts de s’entretenir avec le public, le gouvernement, les Autochtones, les jeunes, les communautés marginalisées et racisées, les représentants de l’industrie du cannabis, et les personnes qui ont recours au cannabis à des fins médicales, afin de recueillir leurs points de vue sur la mise en œuvre et l’application de la Loi sur le cannabis. Le groupe d’experts indépendant doit également rencontrer et consulter des experts dans des domaines pertinents, comme la santé publique, la consommation de substances, la justice pénale, l’application de la loi, la gouvernance et droits des autochtones et les soins de la santé. 

Fin du communiqué.

Alors, rapidement, les experts ont exprimé leur déception sur la composition du groupe. Les critiques allaient de «Y’a juste des spécialistes des méfaits» à «Pourquoi on n’a pas été capable de trouver des membres de l’industrie pour faire partie du groupe». Une grande déception, d’un océan à l’autre.

Mais, mais, mais, il se peut que l’industrie fasse erreur dans son appréciation de la composition du groupe d’expert. Je suis un gars qui s’appelle David Brown. Il a passé une partie de sa vie professionnelle à Santé Canada dont il connait très bien tous les rouages. Il revient sur le fait que l’industrie se plaint du fait qu’aucun membre de l’industrie ne fait partie du groupe d’expert… Brown rappelle qu’il ne s’agit pas d’un examen règlementaire, mais bien d’un examen législatif. Un examen législatif s’intéresse aux répercussions sociales des grands objectifs de la Loi. 

Le bout qui intéresse l’industrie, c’est ISDE ou Innovation, Sciences et Développement économique Canada qui est responsable de l’organiser. Et c’est écrit en toutes lettres dans le communiqué dont je vous ai parlé…

  • ISDE est actuellement à créer un forum sur le cannabis pour faciliter le dialogue entre l’industrie et le gouvernement et permettre un examen des questions relatives à la compétitivité et à la stabilité à long terme du secteur.

Je vais reprendre texto la conclusion de Brown qui semble en profiter pour régler ses comptes avec certains acteurs de l’industrie :

… s’attendre à ce qu’un examen qui est spécifiquement destiné à examiner les impacts sociétaux globaux vise à donner du pouvoir à l’industrie montre un manque fondamental de compréhension des mécanismes clés en jeu ici. 

Et bing bang…

J’ai vu passer un truc intéressant et je vous le présente juste parce que je sais que vous êtes curieux.

Et là je vous lis texto, un communiqué… 

Montréal, Québec, Canada, le 28 novembre 2022 — Afin de souligner les avantages de l’éclairage intelligent pour les entreprises horticoles québécoises, Investissement Québec, à titre de mandataire du gouvernement du Québec, a accordé à Sollum Technologies un financement d’un montant de 350 000 $ pour un projet inédit de vitrine technologique portant sur les fraises qu’elle réalise en partenariat avec SAVOURA.

Moi je dis qu’on en veut des projets comme ça dans le cannabis. Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que ce genre de programme existe déjà en Ontario pour le cannabis. Plusieurs millions de dollars. Ils font bien les choses en Ontario. On va y revenir plus tard.

Parlant de perception et de compréhension, j’ai vu passer un article intéressant dont le titre m’a fait rigoler comme rarement.

Pourquoi avons-nous des pensées profondes lorsque nous sommes sous l’effet du cannabis?

Et oui, les curieuses vont trouver un lien dans les notes de l’épisode pour ce lien et tous les autres. L’auteur du texte, un gars qui s’appelle Joseph Billions, sans doute un nom de plume, avance que sous l’influence du cannabis, nos schémas cognitifs changent. Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je parle habituellement de changement de perspectives. 

Alors Billions définit son concept de «high thoughts» et la j’y vais texto de l’anglais :

Les «high thoughts», c’est-à-dire la façon dont nous pensons et ressentons lorsque nous sommes sous l’emprise du cannabis, peuvent nous prendre au dépourvu par leurs brusques changements. Les pensées hautes peuvent être hilarantes ou ridicules, innovantes ou apparemment créatives, ou simplement sombres et dangereuses. Ces divers schémas cognitifs peuvent se manifester de manière imprévisible selon les individus. Cependant, ils sont principalement dus à la façon dont le THC et les autres composants du cannabis affectent le cerveau.

Récepteurs endocannabinoïdes? 

Activer, mon capitaine.

Augmentation du flux sanguin au cerveau par le THC?  

Activer, mon capitaine.

Augmentation de l’activité fonctionnelle dans certaines zones ciblées?

Activer, mon capitaine.

Altération mentale et comportementale? 

Activer, mon capitaine.

L’auteur propose que cette mesure du flux sanguin cérébral indique plus précisément une diminution des facultés causée par le cannabis que la mesure des cannabinoïdes dans le sang. Mais comment mesurer ça sur la route en hiver au Québec? C’est une saga pour une autre fois.

La première zone visée par cet afflux sanguin est la partie frontale du cerveau. Cette zone intervient pour gérer des fonctions cérébrales cognitives de la pensée critique dont le traitement du données provenant de nos sens. Une plus grande circulation, une sorte de doping du sang pour reprendre le vocabulaire sportif. D’ailleurs je comprends mieux le mini rush que l’on ressent à la tête. Mais il n’y a pas que lobe frontal qui est singularisé. Vous connaissez votre insula? L’insula est, selon Wikipédia :

Le cortex insulaire ou insula — terme latin signifiant île — est une partie du cortex cérébral et constitue l’un des lobes du cerveau. Son rôle est encore mal connu mais il est généralement associé aux fonctions limbiques et interviendrait notamment dans le dégoût, la dépendance ou encore la conscience.

L’insula est la partie du cerveau responsable de la réponse cardiovasculaire causée par le stress. J’ai cherché 2-3 minutes avant de la trouver dans une illustration. C’est que l’insula n’a pas visible, car elle est cachée par les autres lobes. D’où son nom, l’ile. Puis il y a une troisième région qui est affectée. 

1— le lobe frontal 

2— l’insula, l’ile ou cortex insulaire 

Et 3 — le cortex cingulaire. Une augmentation du flux sanguin et hop, l’effet du THC se révèle. Comme par hasard, le Cortex cingulaire participe à la modulation des comportements et réponses aux informations relatives aux émotions.

Comme toujours avec le cannabis dont les effets biphasiques sont connus, il semble aussi qu’une surconsommation provoquerait l’effet inverse, c’est-à-dire une diminution du flux sanguin et une réduction, dans certaines régions, de l’activité neuronale. 

Je ne suis pas un docteur, ni en philo, ni en sociologie, ni en médecine. J’ai surement oublié d’autres régions qui sont affectées par une augmentation de la circulation sanguine. Mais déjà le premier buzz que j’ai eu depuis cette lecture est éclairé d’une nouvelle perspective. L’image mentale que j’ai de l’insula est très forte. 😉 Et c’est la première fois que je visualisais, dans ma tête, mon insula avec la petite bouffée de chaleur qui annonce le buzz. Pour les curieuses, il y a un lien pour une animation 3D (GIF) qui permet de visualiser votre insula. Pas la mienne, la vôtre.

OK assez pour les hautes pensées…

Mais encore plus haut, il y a les étoiles. Aujourd’hui deux géants qui ne disent plus rien n’ont personne. J’ai nommé Louis Armstrong et Bing Crosby.

Louis Armstrong est né en 1901. joueur de trompette, chanteur, comédien et activiste. C’est ce que je viens de découvrir.

Je savais que Louis Armstrong consommait du pot mais j’ai appris qu’il considérait le cannabis comme un médicament le cannabis médical quoi. Il préférait l’herbe à l’alcool. Il disait que le pot était essentiel pour son sommeil. Il a même été arrêté pour avoir fumé en public en novembre 1930. À cause de ça, le FBI va faire un dossier sur lui. La même chose pourrait arriver aujourd’hui. Armstrong était un ami avec Bing Crosby. Vous connaissez sa voix, c’est lui qui chante LE White Xmas. Le simple le plus vendu au monde a plus de 50 millions de copies. 

Alors, Bing Crosby aimait lui aussi le cannabis et il avait obtenu un permis pour en cultiver. Une sorte de dérogation. Il parait que Armstrong a demandé le même privilège. Armstrong, en 1954, écrit une lettre à Eisenhower, le président américain pour lui demander de légaliser le cannabis. 1954. C’est si bon! Et vous pourrez entendre Armstong dans le film La vie est belle ou It’s a wonderfull life à la télé pendant les fêtes. C’est un film génial de Frank Capra qui s’écoute avec un p’tit joint. L’histoire ou le High Concept comme on dit a Hollywood est géniale. Vous allez pleurer, c’est sur et rire. 

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

OK, je me ramasse.

Au début de l’épisode, j’ai parlé du groupe d’experts qui participaient à la révision de la loi. Dans un autre contexte, cela va nous permettre de comparer le OCS, The Ontario Cannabis Store à la SQDC. L’équivalent de la SQDC en Ontario OCS est le grand pusher de la province ontarienne. Un pusher qui compétitionne aussi les 1600 boutiques qui sont obligées de s’approvisionner à la OCS. Ça, c’est pour la petite histoire.

L’OCS prend position dans le débat à venir sur la révision de la Loi sur le cannabis. Elle fait même 8 propositions précises. La diffusion la semaine passée du document «Opportunities to Improve the Canadian Federal Cannabis Framework: Perspectives from the Ontario Cannabis Store» constitue une prise de position qui va plaire à l’industrie. 

L’OCS souhaite que Santé Canada reconsidère à la hausse les limites de THC. Le document fait 30 pages. Voici les 8 recommandations. Je vous demande de repérer la demande qui vous semble la plus importante… On va en parler après.

  1. Ajuster les limites de THC pour les mangeables. 
  2. Élargir les promotions pour le cannabis comestible et les produits topiques à base de cannabis. 
  3. Clarifier l’admissibilité des évaluations de produits en ligne pour les détaillants légaux 
  4. Ajuster les exigences en matière d’étiquetage des produits 
  5. Ajuster les exigences en matière d’étiquetage pour les produits à dominante de CBD 
  6. Ajuster la déclaration de concentration pour les mangeables. 
  7. Établir des normes nationales pour les tests effectués par des tiers.
  8. Examiner les possibilités de réduire l’impact environnemental de l’emballage du cannabis.

David Lobo, le président directeur général de l’OCS a confirmé que son organisation s’engageait à coopérer avec Santé Canada pour assurer la santé et la sécurité du public tout en luttant contre les activités illégales du marché du cannabis et en favorisant le développement de l’industrie du cannabis récréatif. Vous avez entendu la SQDC prendre position? Je pense que M. Farcy, son PDG, n’a pas cette liberté d’expression même si son salaire est supérieur à celui du premier ministre Legault. 

On a les institutions et le gouvernement que l’on mérite et il n’y a aucun doute que les Québécoises et les Québécois aiment la frilosité du gouvernement actuel envers le cannabis. Sinon, la CAQ ne serait pas au pouvoir. Noël et ses beuveries habituelles n’y changeront rien. 

Par, il serait intéressant de savoir si l’Opération Nez rouge aide beaucoup de citoyens qui ont avant tout les yeux rouges. 

Et voilà, c’était le 129e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire: lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre !

131 Pot flânage (2022.12.14)

131 Pot flânage (2022.12.14)

Nous sommes toujours en mode «Pot flânage!». On passe du sérieux à l’insignifiant en quelques secondes… Comme d’habitude, c’est une nouvelle habitude d’ailleurs, je commence l’épisode en vous parlant des licences obtenues par le Québec la semaine passée. En tout...

130 Pot flânage (2022.12.07)

130 Pot flânage (2022.12.07)

Cette semaine, les flâneurs, on va se promener dans une foule… de nouvelles.  Bonne écoute! Pourquoi on vend juste de l’alcool dans le plus grand show de cannabis au Monde? La grande dame de l’investissement aux États-Unis Les jeunes consommateurs de pot boivent moins...

#129 Pot flânage (2022.11.30)

#129 Pot flânage (2022.11.30)

Toujours en mode flânage sur toPot. Et on se promène un peu partout: Cara Delevingne La victoire du BC Budtenders Union  Deux arnaques planétaires Les terpènes du gui La joke de Karl von Linné Se faire bannir à vie des États-Unis pour du CBD?  La révision de la Loi...

128 Pot flânage (2022.11.23)

128 Pot flânage (2022.11.23)

Cette semaine, on flâne encore une fois dans l’actualité du cannabis et on s’amuse! Les nouvelles licences de cannabis au Québec Réduction des effets du THC par le CBD… La science parle Bonsaïs de cannabis Le cannabis au Vietnam, une découverte La pyrogazéification du...

#127 Pot flânage (2022.11.16)

#127 Pot flânage (2022.11.16)

Pot flânage! On fait le tour de l’actualité en prenant notre temps… L’influence de la musique sur la germination des graines L’effet du cannabis sur les cerveaux vieillissants Le cannabis pour faire du bois aggloméré Les effets du marché noir en Californie et à New...

126 Pot flânage (2022.11.09)

126 Pot flânage (2022.11.09)

Pot flânage! On fait le tour de l'actualité en prenant notre temps. Extraction à partir de la fumée de cannabis Culture verticale et désillusion technologique Diminution de l'intérêt du chanvre chez les agriculteurs américains Technologie brésilienne dans le cannabis...

128 Pot flânage (2022.11.23)

128 Pot flânage (2022.11.23)

Cette semaine, on flâne encore une fois dans l’actualité du cannabis et on s’amuse!

  • Les nouvelles licences de cannabis au Québec
  • Réduction des effets du THC par le CBD… La science parle
  • Bonsaïs de cannabis
  • Le cannabis au Vietnam, une découverte
  • La pyrogazéification du chanvre en France
  • Compression du prix des fleurs au Canada et aux États-Unis
  • Documentaire du magazine Forbes sur l’industrie américaine 
  • New York incapable de vendre du cannabis légal
  • Première Conférence africaine sur les risques en santé à Marrakech
  • Santé Canada tente de faire disparaitre le cannabis médical
  • Quand les scientifiques canadiens font des niaiseries
  • Des vaches stones pour la science

Bonne écoute!

Liens pour l’épisode #128

Transcription Intégrale de l'épisode #128

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Beaucoup de bon stock cette semaine sur toPot. Mais avant de se lancer, je tiens à dire bonjour à quelques-unes des personnes avec qui j’ai échangé cette semaine. Stéphane Plante, Benjamin Vachon, Hank Vargas, Dragan Radulovic, Jean-François Lévesque, Daniel Blackburn, Jean-François Gaudrault, David Sinte, Sandrime Grimm, Michael Baril, Mathieu Bochamp, le duo dynamique dit la paire, j’ai nommé Kim Bercet et Marine Zanini, Julien Raymond, Roxanne Casavant, Ghyslain Coutu, Valérie Vedere, Katherine Murray, Karine Desjardins, Dominic Laflamme, Loukas Labelle, Micheal Reeves et Jonathan Messier… C’est n’est pas la totale, mais c’est un début de reconnaissance. Merci à tout le monde de partager vos infos et vos intuitions. 

À partir de cette semaine, on a une nouvelle capsule sur toPot. Oui, j’ai décidé de vous présenter les compagnies québécoises qui viennent d’obtenir leur licence de Santé Canada. Beaucoup de postulants utilisent des compagnies à numéro. C’est moins drôle… 

On leur souhaite un bon début! 

Si vous désirez parler des progrès de votre entreprise après l’obtention de votre licence, les portes de toPot et Bon Stock sont grandes ouvertes. 

C’est intéressant de constater que beaucoup d’entreprises ne partagent aucune information pour les rejoindre. Pas de téléphone, pas de courriel, pas d’instragram. RIEN. Je pourrais nommer les gens qui sont derrière ces entreprises grâce au registraire des entreprises du Québec et l’adresse de l’entreprise. Mais je n’en vois pas l’intérêt. Pas dans le contexte actuel au Québec ou les entrepreneurs doivent cacher leurs intentions pour ne pas avoir de problème bancaire par exemple. 

Qu’est-ce que fait votre entreprise, dit le banquier? 

Le producteur autorisé répond : «Recherche et travaux agricoles divers».

Un classique du genre.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Vous avez déjà entendu que consommer une fleur qui contient beaucoup de CBD diminuerait l’effet du THC… Un peu comme les gens qui prennent de la coke pour dessouler… Et bien il y a une équipe de chercheurs qui s’est intéressée à la question. Ils ont utilisé quatre dosages différents de CBD et de THC.

Le cannabis vaporisé contenait 10 mg de THC et soit 0, 10, 20 ou 30 mg de CBD.

46 volontaires consommateurs occasionnels de cannabis, sains et âgés de 21 à 50 ans ont participé à l’étude. Pour connaitre l’effet de la dose, les sujets participants ont été évalués avec le test Hopkins Verbal Learning Task.

Le test est simple. Il demande aux participants de mémoriser une liste de mots. On teste ensuite pour un rappel immédiat et 20 minutes plus tard pour un rappel différé. Les participants ont également été soumis à l’Échelle des symptômes positifs et négatifs (ESPN) (PANSS). En anglais : Positive And Negative Syndrome Scale (PANSS). C’est une échelle qui permettrait de mesurer la sévérité des symptômes chez les patients atteints de schizophrénie. 

Et alors? Je rappelle que la quantité de THC restait la même dans tous les cas. 

  • Ses effets furent similaires, quel que soit le ratio THC/CBD.
  • La moitié des participants ont vu leur score PANSS-P augmenter de trois points, quel que soit le ratio et sans différence significative entre les ratios. 
  • Les pensées psychotiques? Elles ont augmenté sans différence, quel que soit le ratio.
  • L’euphorie? Le buzz? Pareil quel que soit le ratio CBD : THC. 
  • Le cœur battait plus fort chez tous les participants, mais sans augmentation de la pression sanguine ou de la température corporelle.

Alors quel est l’enseignement principal?

Là, j’y vais plus ou moins texto.

Aux ratios CBD : THC les plus courants dans les produits de cannabis médicinal et récréatif, nous n’avons trouvé aucune preuve que le CBD protège contre les effets indésirables aigus du cannabis. Ce point doit être pris en compte dans les décisions de politique de santé et de sécurité concernant le cannabis médicinal et récréatif.

J’adore ce genre de recherche qui nous force à recalibrer nos croyances… 

Hey Merci MJ!

J’ai fait une autre belle exploration cette semaine.

J’ai découvert formellement cette semaine les bonsaïs de cannabis… D’ailleurs, comment concilier la petite taille d’un plant avec le désir d’avoir la meilleure récolte possible? On peut même penser que la variété Ruderalis qui est plus rustique et plus petite s’y prêterait très bien. Quand on y pense bien, le bonzaï de cannabis, ça ressemble aux mandalas de sable coloré que réalisent les moines tibétains. Tu fais un truc merveilleux et tu le détruis à sa plénitude, preuve de la temporalité des objets terrestres… L’article que j’ai trouvé explique tout. Une fois la récolte terminée, la plante peut survivre assez longtemps en mode végétatif en l’éclairant adéquatement. Trois cultivars sont recommandés. 

Évidemment, comme d’habitude, le lien est disponible dans les notes de l’épisode. 

Alors cette semaine, j’ai découvert la culture traditionnelle du chanvre au Vietnam. Comme au Maroc, sa culture se fait dans les montagnes et principalement le long de la frontière chinoise. Historiquement, comme dans beaucoup de régions du monde, on fait des cordages, mais aussi des vêtements. Il existe des témoignages écrits qui datent du 6e siècle. Et le Vietnam a même une légende qui raconte l’histoire d’une princesse et d’un fermier dans une région où le chanvre abondait. Elle finira par le marier… parce qu’il était nu quand elle l’a croisée la première fois… Ce que les preuves écrites racontent et c’est important dans le contexte actuel, les producteurs de chanvre étaient davantage taxés que les cultivateurs de riz par exemple. On sait aussi que dès le 16e siècle, le Vietnam exportait du chanvre en Europe et en Asie. Comme aujourd’hui, les cultivars étaient choisis en fonction de leur utilisation finale. Des cultivars pour les cordes et autres productions plus rustiques et d’autres cultivars uniquement pour le chanvre qui sera transformé en textile. Après l’arrivée de la France au Vietnam, tout change et le chanvre textile restera populaire uniquement pour la confection de certains vêtements traditionnels. Aujourd’hui, le chanvre a presque disparu au Vietnam. Sera-t-il de retour bientôt? Est-ce que le cannabis médical et non médical y trouvera sa place? Impossible pour moi d’affirmer quoi que ce soit. Si vous connaissez le Vietnam et la place que le cannabis y occupe, faites-moi signe. Vous êtes bienvenue sur toPot et Bon Stock.

Après le Vietnam, naturellement on se retrouve en France où l’entreprise Qairos Energies veut créer une usine de fabrication d’hydrogène à partir de chanvre. Sont incroyables ces Français. En dépit de tous les freins, ils osent se lancer dans des projets insensés. Pourquoi je dis insensé? Parce que pour réussir, il faudra approvisionner le réacteur avec la récolte de 1500 hectares de chanvre. Les tiges de chanvre devront être conditionnées avant de passer dans un réacteur pour compléter le processus de pyrogazéification. On parle d’une production d’hydrogène pur, de CO2 liquide et de méthane qui au final représente 40 GWh, une production suffisante pour subvenir à la consommation de 6000 logements… Le projet va nécessiter des investissements de 25 M€, avec la création de 45 emplois. Pour bien faire, une députée du coin soutient la création d’une filière chanvre pour approvisionner l’usine.

J’adore l’idée que l’on va récupérer une partie de la fibre pour la revendre à l’industrie textile et aux producteurs de produits pour la construction. On pense ici aux briques de chanvre, aux isolants, etc.

«L’enjeu de la souveraineté énergétique est plus que jamais d’actualité avec la guerre en Ukraine, rappelle Jean Foyer, un des promoteur. Avec ce projet, on est dans du gaz produit localement avec des matières premières locales et une utilisation locale. C’est de l’économie circulaire!»

Pourrions-nous faire un jour un tel projet au Québec? Va falloir importer des Français si on veut faire ça rapidement. Leur importance est d’ailleurs grandissante dans l’écosystème québécois du cannabis. Et je ne pense pas à Jacques Farcy, le PDG de la SQDC.

Le prix des fleurs, ça vous intéresse? 

J’ai trouvé un rapport qui s’appelle Fleur de cannabis : examen de la compression des prix aux États-Unis et au Canada.

Le rapport est produit par le vendeur d’intelligence commercial Headset Insights. La Californie, le Colorado le Michigan et l’Ontario ont été pris en compte. Faut tout de même retenir que c’est au Québec que les prix sont les plus bas au Canada. En gros voici les conclusions qui ne surprendront personne :

  • Tout baisse. Le prix moyen et le prix moyen équivalent (EQ) de la fleur sont à la baisse depuis deux ans sur les marchés observés. Le prix moyen équivalent est le prix par gramme.
  • La compression des prix s’accélère aux États-Unis, mais ralentit en Ontario. 
  • Le pourcentage de marge en Ontario baisse inéluctablement. 
  • Un des principaux effets de cette compression des prix est que l’achat moyen, le panier comme on dit dans le jargon marketing et bien le panier moyen diminue puisque les clients achètent les mêmes produits pour les moins chers.

Ce rapport va plaire aux consommateurs et faire peur aux producteurs autorisés. 

Parce qu’on flâne, j’ai le gout de vous parler d’un beau documentaire que j’ai regardé hier soir.

Un très beau reportage vidéo produit par la revue de commerce Forbes. 

Le documentaire donne la parole à des acteurs du marché légal qui expliquent tous comment la légalisation américaine a été botchée en bon québécois. Un vrai travail de cochon ou de cabochon si vous préférez. C’est exactement la même chose qui se passe au Canada où les petits et moyens producteurs ont un accès limité aux services bancaires. Beaucoup ne pourront financer leur besoin de croissance avec de prix partout à la baisse. Ce qui revient le plus souvent est que le travail de producteur autorisé est un travail de maraichage de proximité. Les géants du cannabis ont toujours des problèmes, 4 ans après la légalisation canadienne à réaliser une mise à l’échelle de leur production qui soit rentable avec des produits de qualités similaires à ceux des producteurs artisanaux. Il y a un lien dans les notes de l’épisode pour les curieuses qui aimeraient voir des témoignages très touchants.

On pense souvent à nos voisins américains comme les plus habiles pour faire de l’argent. La légalisation montre bien les limites de capitalisme à l’américaine. Les Canadiens ne font guère mieux quand on pense aux épargnants qui ont perdu plus de 130 milliards en investissant dans l’industrie du cannabis. Mais les Américains, même quand ça va mal, et bien, ils continuent de battre des records.

Prenons l’état de New York. L’État a distribué 200 licences de culture à des fermiers l’an passé. Et là tenez vous bien, les producteurs autorisés ont fait ce qu’ils savent faire. Ils ont fait pousser collectivement près de 300 000 livres de pot. Et qu’ont-ils fait avec toutes ces fleurs? Rien. 300 000 livres de pot dorment parce qu’aucun point de vente légal n’a été ouvert… En donnant une valeur moyenne de 2500 $ la livre, on parle d’un manque à gagner ou à vendre de 750 millions de dollars. Même en ajustant le prix de la livre à 700 $, ce qui est plus réaliste, on peut parler d’un vrai gâchis industriel. 

La tentation d’écouler le stock sur les marchés illicites est tentante et pourrait forcer d’anciens acteurs du marché noir à y retourner pour survivre. On les a attirés avec des promesses d’un avenir meilleur et légal. L’État les laisse tomber sans se soucier de leur survie. C’est d’une tristesse abyssale. Et les magasins illégaux sont partout sans que la police intervienne. 

Et tout ça arrive au moment où un rapport de Leafly nous informe que le cannabis est la 6e culture la plus rentable aux États-Unis. Le marché du cannabis est estimé à 5 milliards de dollars. On parle de 2834 tonnes récoltées soit une hausse de 554 tonnes par rapport à l’année précédente alors que la demande réelle potentielle serait de 12 à 15 millions de tonnes métriques.

Certains États produisent trop de cannabis. On pense à l’Oregon, au Colorado et à la Californie. D’autres régions comme le Midwest ont sous-produit. Il faut comprendre que les producteurs ne peuvent pas vendre d’un État à un autre. Donc le cannabis a le vent dans les voiles, mais le bateau n’avance pas. En fait, il recule. Et cela se passe au pays emblématique du capitalisme qui est incapable d’organiser le commerce de fleurs… 

Au même moment, l’Afrique se réveille et veut se lancer aussi dans le cannabis. La semaine passée avait lieu la Première Conférence africaine sur les risques en santé à Marrakech. On y a discuté des opportunités économiques d’une filière du cannabis médical. Le thème de la table ronde organisée était «Comment réussir le lancement de la filière du cannabis médical en Afrique». C’est amusant dans le contexte ou je viens de démontrer l’échec nord-américain.

LÀ, j’y vais un peu texto :

… l’usage thérapeutique, médical, cosmétique et industriel du cannabis présente des opportunités importantes pour l’économie africaine, appelant à promouvoir le cannabis médical en tant que nouveau traitement contrôlé pour des symptômes et des maladies spécifiques et à établir des principes directeurs éthiques pour réglementer le cannabis médical afin de les mettre en œuvre comme mesure de réduction des risques.

Le Maroc, un des plus grands producteurs de hach au monde, vient d’adopter une loi autorisant, tiens tiens, les usages du cannabis à des fins médicales, cosmétiques et industrielles. Israël était présent à la conférence et entend se positionner comme un leadeur dans la recherche sur le cannabis médical. C’est étonnant comme déclaration car j’ai l’impression que l’État hébreu est déjà en tête de peloton. Alors que le Canada a abandonné les patients du cannabis médical, là-bas, au Maroc, on parlait la semaine passée d’un programme qui permet aux patients de suivre un traitement avec des produits dont le prix serait plafonné. Prix plafonné toi… Mais ces malades sont malades…

Le Maroc s’est doté une Association consultative d’utilisation du cannabis. L’AMCUC veut mettre le Maroc au centre du monde du cannabis. Elle désire aussi que les cannabiculteurs soient formés aux plus récentes techniques pour revamper la culture ancestrale du cannabis.

Chez nous, au Canada, on dirait que nous allons dans le sens inverse. Santé Canada songerait actuellement à abolir le programme médical en place… Cela ne serait pas la première fois. C’est arrivé en 2013. Sans succès heureusement grâce à la décision Allard dont j’aimerais bien vous parlez, mais cela sera une saga pour une autre fois.

Neuf ans plus tard, les experts pensent que Santé Canada va tout simplement éliminer le Règlement sur l’accès au cannabis à des fins médicales (RACFM) en prétextant que la Loi sur le cannabis prévoit déjà la possibilité de faire pousser quatre plants à la maison et que cela serait suffisant pour les malades au Canada. Dans le pire des cas, on pourrait passer, pour certains malades de 4 à 8 plants à la maison.

On s’en prend aux malades plutôt que de serrer la vis aux médecins prescripteurs de permis improbables. Il n’y a pas de lobby pour les malades alors que les médecins, eux, sont des pros dans ce domaine…

Oui, le Canada prétend encore à la domination mondiale du cannabis, mais est incapable de s’occuper de son industrie et pire, de ses malades.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

Une histoire d’horreur, ça vous dit pour terminer?

Vous avez vu passer cette recherche partout au Québec et dans le reste du monde à l’effet que l’inflammation des voies respiratoires et l’emphysème étaient plus fréquents chez les fumeurs de marijuana que chez les non-fumeurs et les fumeurs de tabac. Je ne sais pas comment qualifier ces chercheurs ou ces journalistes qui ont publié des phrases faites pour semer la confusion alors que la conclusion de la recherche spécifiait précisément qu’il fallait prendre l’étude avec un grain de sel parce que les fumeurs de cannabis étaient aussi de consommateurs de tabac… Une vraie niaiserie. Il n’y a pas d’autres mots et ce sont des mots que je n’utilise pratiquement jamais…

Ça n’a pas rapport avec le cannabis, mais juste pour démontrer que la drogue semble faire partie du destin humain, les douaniers belges rapportent qu’ils ont saisi tellement de cocaïne en 2021 qu’ils ne sont pas capables de s’en débarrasser adéquatement. En effet, comment se débarrasse-t-on de 100 tonnes de coke? Il est impossible de bruler plus de 1000 k de coke à la fois car cela bloque les filtres de l’incinérateur qui est utilisé.

OK. Puisque les patients médicaux n’intéressent pas notre gouvernement fédéral, pourquoi ne pas s’intéresser aux vaches? Qu’arrive-t-il quand on nourrit des vaches laitières avec des rebuts de chanvre industriel? Là je vous cite texto les conclusions de cette étude :

L’alimentation au chanvre a entraîné des changements dans la consommation d’aliments, le rendement laitier, les fréquences respiratoire et cardiaque, et le comportement. 

Les vaches qui mangeaient du chanvre plutôt que du foin et du maïs bâillaient plus, elles étaient plus détendues. Comme les animaux humains, leurs yeux sont devenus rouges et tombants. Elles sont même devenues temporairement un peu fofolles. C’est bien pour les vaches. Par contre leur lait contenait trop de THC pour être considéré comme sécuritaire selon les normes édictées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments. 

Après le syndrome de la vache folle, le syndrome de la vache défoncée vient de naitre. 

La science du cannabis nous prépare une vache relax, cool, bien dans sa peau. Probablement qu’elle va aussi, au passage, produire plus de lait. 

Je parie que l’on va investir plus d’argent pour le bienêtre des ruminants que les humains.

Les patients canadiens vont trouver ça… vache

Et voilà, c’était le 128e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

131 Pot flânage (2022.12.14)

131 Pot flânage (2022.12.14)

Nous sommes toujours en mode «Pot flânage!». On passe du sérieux à l’insignifiant en quelques secondes… Comme d’habitude, c’est une nouvelle habitude d’ailleurs, je commence l’épisode en vous parlant des licences obtenues par le Québec la semaine passée. En tout...

130 Pot flânage (2022.12.07)

130 Pot flânage (2022.12.07)

Cette semaine, les flâneurs, on va se promener dans une foule… de nouvelles.  Bonne écoute! Pourquoi on vend juste de l’alcool dans le plus grand show de cannabis au Monde? La grande dame de l’investissement aux États-Unis Les jeunes consommateurs de pot boivent moins...

#129 Pot flânage (2022.11.30)

#129 Pot flânage (2022.11.30)

Toujours en mode flânage sur toPot. Et on se promène un peu partout: Cara Delevingne La victoire du BC Budtenders Union  Deux arnaques planétaires Les terpènes du gui La joke de Karl von Linné Se faire bannir à vie des États-Unis pour du CBD?  La révision de la Loi...

128 Pot flânage (2022.11.23)

128 Pot flânage (2022.11.23)

Cette semaine, on flâne encore une fois dans l’actualité du cannabis et on s’amuse! Les nouvelles licences de cannabis au Québec Réduction des effets du THC par le CBD… La science parle Bonsaïs de cannabis Le cannabis au Vietnam, une découverte La pyrogazéification du...

#127 Pot flânage (2022.11.16)

#127 Pot flânage (2022.11.16)

Pot flânage! On fait le tour de l’actualité en prenant notre temps… L’influence de la musique sur la germination des graines L’effet du cannabis sur les cerveaux vieillissants Le cannabis pour faire du bois aggloméré Les effets du marché noir en Californie et à New...

126 Pot flânage (2022.11.09)

126 Pot flânage (2022.11.09)

Pot flânage! On fait le tour de l'actualité en prenant notre temps. Extraction à partir de la fumée de cannabis Culture verticale et désillusion technologique Diminution de l'intérêt du chanvre chez les agriculteurs américains Technologie brésilienne dans le cannabis...