#115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

#115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit : 

Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis?

Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois renoncer à quelque chose de très important. Je vous en reparle dans la conclusion…

Alors Luc, est-ce le temps de réinitialiser ton corps? 

Est-ce le temps non pas d’un reset mais de ce que j’appelle affectueusement un freeset? 

Oui, est-ce le temps de faire une pause? Je me permets de partager ces réflexions parce qu’on est entre nous. Si vous avez écouté un seul épisode de toPot, vous savez que je ne suis pas vraiment contre le cannabis. Pas du tout en fait. Est-ce une raison pour arrêter de se poser des questions? Ben non. Donc, je me suis dit :

  1. Que se passe-t-il dans mon corps quand j’arrête de consommer?
  2. Est-ce le temps de faire une pause comme j’en fais régulièrement depuis que j’ai consommé à consommer il y a 40 ans?
  3. Est-ce que les récepteurs du SEC sont comme nettoyés par une abstinence suffisante? 

Et très rapidement, je me suis trouvé une vraie excuse pour reporter ma pause. Mon excuse? 

Bonne écoute! 😉

Transcription Intégrale de l'épisode #115

# 115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis?

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Oh que j’ai vécu un beau retour au potcast avec l’épisode précédent, le 114e de toPot. L’épisode de la semaine passée, le premier depuis mon retour de vacances, a été beaucoup partagé et apprécié. Un gros merci à toute la communauté pour l’aide et l’accueil. Des fois, au détour de ma veille sur les réseaux sociaux, je découvre des gens qui apprécient mon travail et qui le partagent. Ahhhhm c’est toujours précieux, très précieux. 

Beaucoup de gens se sont aussi abonnés à bonstock. quebec. WWW.bonstock.quebec est un magazine en ligne sur le Cannabis. Le lancement officiel est dans quelques jours. Pour ne rien rater, vous pouvez vous abonner à l’infolettre Bon Stock en vous rendant sur www.bonstock.québec. Vous ne serez pas seul. Il y a des membres connus de l’industrie et de simples consommateurs. Il y a une seule condition pour s’inscrire gratuitement… Il faut aimer le cannabis. 

OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit : 

Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis?

Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois renoncer à quelque chose de très important. Je vous en reparle dans la conclusion…

Alors Luc, est-ce le temps de réinitialiser ton corps? 

Est-ce le temps non pas d’un reset mais de ce que j’appelle affectueusement un freeset? 

Oui, est-ce le temps de faire une pause? Je me permets de partager ces réflexions parce qu’on est entre nous. Si vous avez écouté un seul épisode de toPot, vous savez que je ne suis pas vraiment contre le cannabis. Pas du tout en fait. Est-ce une raison pour arrêter de se poser des questions? Ben non. Donc, je me suis dit :

  1. Que se passe-t-il dans mon corps quand j’arrête de consommer?
  2. Est-ce le temps de faire une pause comme j’en fais régulièrement depuis que j’ai consommé à consommer il y a 40 ans?
  3. Est-ce que les récepteurs du SEC sont comme nettoyés par une abstinence suffisante? 

Et très rapidement, je me suis trouvé une vraie excuse pour reporter ma pause. Mon excuse? En descendant les marches du patio dans ma cour pour enterrer mon chat qui venait d’être euthanasié pour cause de leucémie, j’ai glissé dans l’escalier. J’avais la main sur le garde-personne heureusement. Mais l’angle de mon bras était mauvais et mon épaule s’est disloquée. Et j’ai amorti ma chute dans la dislocation en arrachant tout au passage. C’était la première fois que cela m’arrivait. Un choc vagal en plus, juste pour bien marquer l’occasion. Après 2-3 jours où mon épaule était comme un bloc de béton, j’ai regagné presque toute la mobilité perdue, mais la douleur est énorme, surtout la nuit. Donc, je me suis dit que c’était une très bonne excuse, presque une bonne raison pour ne pas faire une pause maintenant. Je suis un bas répondeur aux molécules comme l’acétaminophène d’un côté et le cannabis me relaxe alors que le choix est simple. Ce n’est pas le bon moment pour faire une pause cannabis.

Par contre, c’est le temps de la pause café. 

Quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

OK. Avant de reprendre le fil de mon raisonnement, j’aimerais simplement citer une évidence qui permet de relativiser non pas mon questionnement, mais la dangerosité du cannabis, bien que je n’aime pas ça en général. La semaine passée, une étude publiée par The Lancet, LA référence dans le genre, donc The Lancet à publier une étude reprise par tous les grands médias mondiaux et même La Presse qui conclue 44,4 % des décès par cancer dans le monde était attribuables à un facteur de risque connu, soit la consommation de tabac et d’alcool.

Donc je disais quoi? Ah oui, je parlais de la dislocation de mon épaule. Donc, est-ce le temps d’une freeset?

Mais si le cannabis est une substance anodine, pourquoi à chaque fois que je pense faire une pause, je pense aux effets du sevrage qui l’accompagne? Hein? Pourquoi?

Je suis ici toutes les semaines à vous parler de cannabis et je me cacherais le fait que je pourrais être dépendant, car je redoute, sans les craindre, les effets du sevrage?

Ben oui, si le pot n’est pas une drogue comme je lis tous les jours sur les réseaux sociaux, pourquoi vais-je vivre des effets physiques déplaisants? Si le pot est un médicament, c’est que je soumets mon SEC à un stress qui pourrait le rendre moins performant quand j’en aurai besoin? 

Je me suis dit que c’était une piste intéressante, car elle me force a réfléchir à contrecourant. 

Je vous donne un autre exemple…

Hey merci MJ!

Je me questionne aussi sur le fait que le CBD ne serait pas une drogue de performance… Si tous les athlètes en consomment, c’est qu’ils y trouvent un avantage. Et cela nous amène à discuter de la définition du mot psychotropique versus psychoactif. L’amplification versus la lubrification… Est-ce que le psychoactif impliquerait seulement qu’une substance puisse traverser la barrière érigée entre le système sanguin et le cerveau, la barrière hématoencéphalique? Est-ce qu’une substance psychotropique en est une qui affecte l’état mental de l’utilisateur? Mais si le CBD procure un mieux-être qui affecte mon état mental? Vous voyez le genre. Mais c’est aussi une saga pour une autre fois.

Pour amorcer ma réflexion sur le sujet du jour, j’ai commencé par me poser la question incontournable… Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis? Quels sont les effets de ce sevrage? Car, je ne connais personne qui n’a pas vécus des effets réels occasionnés par l’arrêt de la consommation du cannabis.

Et cela nous recherche à une grande question existentielle :

Est-ce que le cannabis crée une dépendance? 

Car si le cannabis crée une dépendance, cela change beaucoup de choses…

Pour répondre à cette question, on doit d’abord décrire ce qu’est une dépendance… 

Une dépendance s’installe parfois de manière sournoise, à l’insu de nos préoccupations immédiates. Parfois de manière immédiate et douloureuse. Je pense ici à la dépendance amoureuse qui peut démarrer sur un coup de foudre… Hollywood nous raconte cette histoire depuis l’invention du cinéma. Le classique du genre est Liaison fatale de Adrian Lyne avec Glenn Close et Michael Douglas. 

Dans le monde des drogues, chaque humain réagit différemment. Je connais du monde qui s’effondre après un zopiclon ou un verre de vin. J’en connais d’autres qui ne perdre jamais le nord même s’ils ont une pharmacie derrière la cravate.

On peut donc être dépendant affectivement, dépendant au tramadol, dépendant au café, au tabac, à l’alcool, au travail, au sucre… La dépendance a le dos large. Certains iront jusqu’à dire que le Québec vit une dépendance par rapport au Canada… Mais c’est une saga pour une autre fois.

Si on s’en tient aux problèmes de substances, la dépendance transforme la consommation occasionnelle en usage puis en abus. La dépendance, aussi appelée addiction, finit par controler la vie de l’usager en imposant un fil ininterrompu de pensées reliées à la consommation.

Et pour lancer notre conversation à distance, je vais prendre le café comme exemple, car il est moins stigmatisé que le cannabis et que l’introspection volontaire est réellement facile tellement le café est une drogue banalisée.

Tout le monde boit du café. Certains philosophes ont dit qu’il n’y a jamais eu de grandes civilisations sans café comme drogue de grande consommation. Pourquoi j’utilise le mot drogue pour parler du café? Si vous vous posez la question, c’est que vous n’avez jamais tenté d’arrêter d’en boire. Et si vous avez déjà tenté de stopper de boire du café, vous comprenez exactement ce que je veux dire… Le café peut provoquer de l’insomnie, de l’hypertension, il peut aussi déshydrater et donner des maux de tête. Comme le THC qui est présent dans plus d’une plante, on retrouve de la caféine dans une soixantaine de plantes dont le thé et le cacao sont les plus connus.

Je ne reviendrai pas sur le mécanisme qui fait passer la caféine de l’estomac à la circulation sanguine pour ensuite stimuler le système nerveux central. Certaines personnes peuvent boire du café avant de se coucher sans problème. D’autres doivent limité leur consommation, car le café leur donne des brulements d’estomac. Voilà ce que je disais dans l’épisode 5 dédié au café et au cannabis.

Je vous pose une question personnelle : pour bien dormir le soir, vous devez limiter votre consommation à combien de tasses de café par jour?

Je vous entends de loin là : 2, 3, 5, 6 cafés par jour, ça dépend pour chacun. Ça dépend de quoi? Ça dépend entre autres de votre SNC… et de ce qui s’appelle la loi de l’effet. La loi de l’effet est un concept très simple, mais très puissant qui s’articule en trois temps.

  1. Chaque être humain est une usine différente de celle du voisin ou même du frère ou de la sœur. On peut être haut répondeur à telle ou telle molécule et faible répondeur à telle ou telles autres molécules. Moi je suis haut répondeur au café et bas répondeur à l’acétaminophène. 
  2. La substance consommée n’est jamais la même dans le cas des drogues récréatives. 
  3. Troisième et dernier élément de la loi de l’effet, le contexte. Boire du champagne quand on est triste ne provoque pas les mêmes effets qu’après avoir gagné la Coupe Stanley… 

Voici ce que je disais dans l’épisode 5 à propos du café…

… faut que je vous raconte l’histoire de Floyd Landis. Landis est un producteur de CBD aux États-Unis. Mais avant ça, c’était un coureur cycliste. Toujours dans la drogue. Le champion Lance Armstrong l’avait repéré et voulait l’avoir comme équipier. Alors Armstrong donne rendez-vous à Landis dans un café à Gérone en Espagne. Quand Armstrong arrive, Landis est déjà assis à la terrasse et boit un cappucino. Il en offre un à Armstrong. Et un deuxième. Et un troisième. Armstrong lui demande alors : «Heille gars, ça fait combien que tu bois?»

 

28 répond Landis. 

28 cappucinos juste pour commencer la journée…

Je vous raconte cette histoire pour illustrer plusieurs éléments différents. Les éléments de ce que la science appelle la loi de l’effet. 

Landis est l’exemple parfait du problème d’accoutumance ou la dose doit être augmentée sans cesse pour maintenir le niveau et la qualité de l’effet. C’est bon pour le café, mais aussi pour les amphétamines par exemple, la drogue des ploucs en cyclisme.

OK, luc, mais c’est quoi les symptômes génériques de la dépendance? Ça tombe bien, je les ai recensés.

Les symptômes génériques de la dépendance sont les suivants :

  • Tremblements
  • Transpiration excessive
  • Irritabilité
  • Concentration difficile
  • Troubles du transit 
  • Sommeil troublé
  • Anxiété 
  • Attaques de panique
  • Maux de tête
  • Vertiges
  • Douleurs physiques
  • Fatigue
  • Hallucinations…

Ça ressemble aux symptômes de sevrage du café… sauf pour les hallucinations.

Pouvant survenir 12 heures après la dernière ingestion, ces symptômes dureront entre 2 et 10 jours selon les individus et les habitudes de consommation.

La recherche Caffeine Withdrawal publiée en avril 2022 résume bien la situation… et là c’est plus ou moins texto…

La caféine est un stimulant du système nerveux central (SNC) de la classe des méthylxanthines et l’une des drogues les plus utilisées dans le monde. La caféine est légale, pas cher et non règlementée dans presque toutes les régions du monde. De multiples études ont démontré que le syndrome de sevrage à la caféine est une entité cliniquement pertinente et qu’il est inclus dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e édition; DSM-5; American Psychiatric Association, 2013).

Les médecins travaillant dans les services d’urgence (ED) et à l’hôpital doivent connaitre ce syndrome lorsqu’ils rencontrent des patients présentant des symptômes pertinents, car ils se superposent à des symptômes tels que l’anxiété, la dépression, les troubles de l’humeur, l’insomnie. Ils peuvent également être à l’origine de signes vitaux anormaux, comme la tachycardie, l’augmentation de la fréquence respiratoire et une pression artérielle basse ou élevée, et à ce titre, ils peuvent présenter un défi diagnostique et/ou être à l’origine d’un bilan inutile aux urgences.

Maintenant que nous avons un terrain commun, grâce au café, pour comprendre la base du concept de dépendance, on peut regarder comment la dépendance et le sevrage du cannabis opèrent…

Quels sont les signes de la dépendance au cannabis avant de voir les symptômes du sevrage?

Est-ce que tu passes tes journées à penser à ta consommation et tes achats de produit? Ça commence mal… Quand la vie quotidienne est centrée autour de la consommation, il y a une perte évidente de qualité de vie et d’autonomie. Qu’il s’agisse d’héroïne ou de cannabis… La France a déjà eu un immense ministre de la Culture qui était un consommateur fonctionnel d’opium. Alors oui, on peut consommer des substances tout en étant fonctionnel. Mais un consommateur peut être fonctionnel et en état de dépendance face au cannabis ou à l’héroïne.

La traitrise des substances provient de leur accaparement progressif, mais sournois de l’espace mental… 

Il y a plein de gens, la majorité peut-être, qui ne développeront jamais de problèmes d’accoutumance lourds au cannabis. Par contre, c’est officiel, le cannabis fait maintenant partie du fameux DSM-5, le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. En français, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.

La plus récente version combine les diagnostics d’abus et de dépendance à un nouveau et unique trouble d’utilisation d’une substance.

Dans les Critères diagnostiques du trouble d’utilisation du cannabis, une utilisation problématique du cannabis est révélée par l’apparition d’un minimum de 2 des 11 critères suivants sur une période de 12 mois.

Le DSM-5 propose des niveaux de sévérité. 

La présence de 2-3 symptômes indique une sévérité légère.

4—5 symptômes? Sévérité modérée

6 symptômes ou plus? On tombe dans la sévérité sévère.

Voici donc ces critères du DSM-5 pour reconnaitre une consommation de cannabis qui relève de la dépendance : 

  1. Augmenter la consommation en quantité et fréquence
  2. Tenter de diminuer ou de controler la consommation du cannabis
  3. Consacrer de plus en plus de temps à l’obtention et à la consommation
  4. Penser à sa consommation de plus en plus fréquemment
  5. Manquer à ses obligations pour consommer ou à cause de la consommation
  6. Ne pas stopper sa consommation pour rectifier l’apparition de problèmes causés par cette dernière
  7. Réduire ses activités sociales et autres pour consommer
  8. Consommer à des moments de risques physiques
  9. Consommer en dépit d’être conscient des problèmes causés par le cannabis
  10. Tolérer de plus en plus le cannabis
  11. Vivre un sevrage sévère ou consommer pour éviter le sevrage.

En complément, le DSM-5 propose des critères et des symptômes nouveaux pour le sevrage du cannabis.

 Critère 1 Il faut arrêter de consommer après une utilisation quotidienne sur plusieurs mois

Critère 2 Il faut, après une semaine sans consommation, oui justes 7 petits jours, faire l’expérience de 3 ou plus des états suivant :

  • Irritabilité, agressivité ou colère
  • Nervosité ou anxiété
  • Trouble du sommeil
  • Diminution de l’appétit ou perte de poids
  • Agitation
  • Humeur dépressive
  • Une gêne physique réelle causée par l’un des facteurs suivants : douleur abdominale, tremblements, sueurs, fièvre, frissons ou maux de tête

Le DSM-5 propose ensuite un critère sur les effets du sevrage que nous venons de voir. Si le sevrage crée globalement de la détresse ou une modification des comportements sociaux et professionnels, il y a un problème. Merci DSM-5!

Le DSM-5 propose également de vérifier que les signes, les symptômes, que nous venons de détailler ne sont pas causés par une condition médicale ou mentale différente. C’est gentil. 😉

Finalement le DSM-5 nous informe que la majorité des symptômes apparaissent rapidement, soit entre un et trois jours après l’arrêt de la consommation. Les symptômes culminent dans la première semaine, mais peuvent durer jusqu’à deux semaines. Les troubles de sommeil? Ça peut prendre un mois…

Ne reculant devant aucun sacrifice, j’ai regardé sur YouTube des tonnes de vidéos ou l’on explique les difficultés pour stopper l’usage du cannabis. Tous reprennent les symptômes que je vous ai déjà présentés. Beaucoup de ces vidéos m’ont aussi parlé de Dieu qui était là pour m’épauler dans mes choix d’abstinence. Je remercie aussi tous ces Dieux-là! Ce que je retiens de ces vidéos, c’est qu’il y a beaucoup plus de gens qui ont des problèmes de consommation que je le croyais. Les témoignages sur les difficultés pour arrêter sont parfois très émouvants.

Il est important de dire que le DSM-5 ne fait pas l’unanimité. On accuse ses auteurs de vouloir transformer en besoin de soins, des états humains normaux. Tous les symptômes que nous avons vus précédemment peuvent exister chez une personne en bonne santé physique et mentale.

Alors la question qui s’est ensuite imposé à mon esprit est la suivante :

Quel est le % de la population qui va développer des problèmes de consommations? 

Il y a peu de chiffres. J’ai trouvé une recherche publiée en 2015 par le National Institute on Drug Abuse, le NIDA, qui affirmait alors que 30 % des consommateurs de cannabis vont développer un problème d’utilisation. La recherche conclut que l’augmentation de la prévalence des troubles liés à la consommation de marijuana est due à une augmentation de la prévalence des consommateurs dans la population adulte américaine et non pas à une augmentation du risque. Donc selon cette étude, un consommateur de cannabis sur 3 va développer des problèmes de consommation. Si on accepte ce %, cela veut dire que 70 % des consommateurs n’auront jamais aucun problème de dépendance au cannabis. C’est une bonne nouvelle, je crois. Même si je ne crois pas trop au chiffre de 30 %. Si vous connaissez des chercheurs qui ont des chiffres pour le Québec ou le Canada, faite-moi signe. Il est clair que je préfèrerais faire parler un spécialiste. Si vous êtes un spécialiste et que je dis des bêtises, vous avez l’obligation morale de m’appeler pour me corriger. Luc Prévost. 450. 552.35.05.

J’ai été chanceux de découvrir une étude de 2007 dans laquelle le même NIDA affirmait que seulement 9 % des consommateurs qui allaient développer un problème de consommation de cannabis. En quelques années, le profil des consommateurs à risque serait donc passé de 9 % à 30 %… Je n’ai pas d’explication. J’ai bien sur une OVNI, une opinion vulgaire non informée sur le sujet, mais elle est trop ridicule pour que je la partage…

Alors, sait-on pourquoi certaines personnes vont devenir dépendantes et d’autres pas? Moi, je ne sais pas. Et je n’ai pas trouvé d’explications scientifiques récentes assez substantielles pour les partager. 

Par contre, je peux vous parle de Rat Park. C’est le nom d’une expérience du chercheur Bruce Alexander qui date déjà des années 70. À l’époque on savait déjà que des rats isolés seuls dans une cage avec deux bouteilles de liquides, une remplie d’eau pure et l’autre remplie d’eau coupée avec de la cocaïne ou de l’héroïne, et bien ces rats allaient boire de l’eau coupée avec de la drogue jusqu’a une overdose mortelle. Alexander à osé penser, à l’extérieur de la cage si je peux me permettre. Le chercher a osé se demander s’il s’agissait d’un problème de rat ou d’environnement. Son expérience était simple à réaliser… Il a repris les mêmes deux bouteilles, mais il les a disposées dans un parc à rat, comme un skate park, où les rats pouvaient jouer, socialiser et baiser. Le résultat final? Les habitants du parc à rat préféraient l’eau plate. Les rats qui prenaient de la drogue dans la deuxième bouteille le faisaient par intermittence, sans compulsion et sans surdose. 

Je connaissais l’existence de cette étude depuis plusieurs années, mais c’est aussi la première fois que je lisais dans ma recherche pour l’épisode que d’autres chercheurs ont tenté de reproduire l’expérience d’Alexander sans succès. Cela ne veut pas dire qu’elle est mauvaise. Cela veut dire qu’il y a des doutes.

L’augmentation supposée des niveaux de THC depuis les années 70 est souvent avancée comme raison des problèmes d’accoutumance. J’avoue ne pas trop y croire, mais je ne vous demande de me croire. 

On sait que les enfants de parents alcooliques peuvent avoir une prédisposition génétique pour l’alcool. Une étude de 2020 soutient que l’usage problématique du cannabis pourrait avoir une composante génétique similaire. Du coup, il serait possible de faire une une distinction entre la responsabilité génétique dans l’usage inapproprié du cannabis versus le trouble de l’usage du cannabis qui serait de la responsabilité de l’individu. Il est évident que les enfants de parents alcooliques ont des tonnes d’autres bonnes raisons pour vivre un dérèglement de leur pilote automatique dans la vie. Tout comme l’obésité est un phénomène contagieux, une enfance pas normale a de fortes chances de venir nous embêter aux détours de nos consommations et autres excès. Après tout, la santé mentale est aussi importante que la santé physique pour évoluer sereinement dans son environnement.

Je ne ferai pas le tour des traitements disponibles pour les gens qui voudraient arrêter de consommer. J’ai envie de dire… Faites vos recherches et consultez! Mais en gros, j’ai trouvé 3 grands types de thérapie.

  1. Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
  2. Gestion des imprévus par la récompense
  3. La thérapie d’amélioration de la motivation 

Une thérapie ne vous amuse pas?

Vous avez trois solutions de type volontaristes.

  1. Vous pouvez changer votre environnement social 
  2. Vous pouvez vous concentrer sur vos raisons spécifiques pour arrêter de consommer 
  3. Vous pouvez trouver des nouveaux passetemps.

J’imagine que votre médecin pourrait aussi vous prescrire un assommoir chimique pour vous calmer le pompon pendant que vous décrochez de votre dépendance. Le problème de cette solution est que vous risquez de devenir accro à une substance plus dangereuse que le cannabis…

On a vu ce que le corps peut subir comme stress ou symptômes quand on arrête de consommer du cannabis. Mais que se passe-t-il au niveau du SEC? Ça tombe bien, il y a une recherche de 2012, ce n’est pas la seule évidemment, qui a trouvé ceci et la je cite texto :

La consommation chronique de cannabis peut entraîner une dépendance. Des études sur les rongeurs montrent une régulation réversible à la baisse des récepteurs cannabinoïdes CB1 (récepteurs cannabinoïdes de type 1) du cerveau après une exposition chronique au cannabis. Cependant, on ne sait pas si cette régulation se produit chez les humains qui fument du cannabis de façon chronique.

Cette recherche a donc démontré qu’après 4 semaines d’abstinence, la densité des récepteurs CB1 est revenue à la normale. Vue négativement ou dans une perspective du contrôle des méfaits du cannabis comme dirait le législateur québécois, la régulation négative des récepteurs cannabinoïdes CB1 corticaux en tant que neuroadaptation pourrait favoriser la dépendance au cannabis dans le cerveau humain. Autrement dit, trop consommer stresse le SEC et crée une dépendance.

On sait aussi que le cannabis pour l’humain peut être soit gratifiant soit aversif. Je connais plein de gens qui doivent arrêter de consommer dans la soixantaine, car les effets négatifs du cannabis sont devenus exorbitants en comparaison des plaisirs obtenus.

Et là on retrouve la réponse à la question posée dans cet épisodique. Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis? Et bien cela peut varier d’un individu à l’autre, car l’expression des récepteurs CB1 et CB2 peut différer dans le cerveau de différents sujets. 

C’est comme le café. Ou le ritalin. 

Alors, que se passe-t-il quand on arrête le cannabis?

J’ai lu une belle histoire dans un article sur le cannabis.

Une fois, c’est l’histoire d’un gars qui trouve que sa consommation d’alcool devient problématique. Ok. Il arrête de boire et commence a fumer du cannabis. Le gars réalise qu’il est super bon pour ses enfants quand il a un peu consommé avant de mettre sa casquette de papa. Tout est devenu plus facile, même de transporter ses enfants au soccer. Et que se passe-t-il quand il doit faire ces taches à jeun? S’occuper de ses enfants devient plus lourd et pas drôle…

Il n’existe aucune drogue sans effets négatifs. Aucune. On sait que le syndrome de la bouche sèche est un effet secondaire connu qui serait dû à l’activation des récepteurs CB1 par le THC tandis que simultanément le CBD s’y oppose, avec une puissance similaire. 

C’est un effet secondaire qui se remarque facilement. Il est impossible qu’il n’y ait pas d’autres effets secondaires plus discrets. Si notre SEC existe pour réguler le corps par homéostasie, on peut penser que chaque bouffée de fumée ou chaque mangeable de cannabis ingurgité vient noyer notre SEC dans un déluge supplémentaire de molécules exogènes, qui ne proviennent donc pas naturellement de notre corps. 

Je prends le sang comme exemple. Chaque humain a une quantité X dans son corps. Je connais des gens qui vont en Suisse pour le faire changer. Cela permet d’éviter de faire une longue cure de désintoxication de cocaïne par exemple. Mais je ne connais personne qui va tenter d’augmenter son volume total de sang.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

On se ramasse!

Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis?

La majorité des gens semble sortir d’un état qui ressemble à une intoxication.

Du latin classique toxicum, «poison». Comme dans le mot toxine.

Je ne suis pas sur que le mot intoxication soit le bon.

Mon dictionnaire me dit qu’une intoxication est l’Effet nocif d’une substance toxique sur l’organisme ainsi que l’ensemble des troubles qui en résultent.

Le corps humain ne fabrique pas d’alcool. Voilà la différence. L’humain à un SEC. Pas une distillerie.

Mais même s’il n’y a pas d’intoxication, on pourrait parler d’un surplus, disons, il est clair que la plupart des humains qui cessent de consommer vont vivre un sevrage et des problèmes biopsychosociaux. 

Le prix à payer va différer pour chaque individu. 

Personnellement, en fumant, j’ai appris que je dois renoncer à me rappeler de mes rêves. C’est un prix qui parait ridicule. Mais les rêves ont une fonction. Cette fonction est-elle moins importante dans l’histoire de l’humanité que la découverte du cannabis? Je ne sais pas, mais j’en rêve… quand je suis réveillé.

Et voila, c’était le XXe épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Et oui, je me suis ennuyé de vous et de la production des épisodes de toPot. J’ai profité de ce repos pour travailler sur le prochain projet que je vous présenterai officiellement dans quelques jours.

Le site www.bonstock.quebec avance bien hors ligne. J’ai mis en ligne une version minimaliste pour les gens qui voudraient s’inscrire à l’infolettre qui accompagne le site.

J’ai écrit une dizaine d’articles pendant mes vacances pour que toutes les catégories du site aient du contenu pertinent. J’ai hâte de vous présenter les nouveaux producteurs autorisés (PA) que j’ai rencontrés. Je pense à Vincent de Green Culture Verte. Je pense aussi à Alexandre de Teca Canna. J’ai aussi trouvé, par hasard, un PA qui paye les études de ses employés… Et le microproducteur Julien de Juste Feu qui nous montre l’agrandissement de son usine pour fournir à la demande. Entre autres…

L’industrie du cannabis ne va pas très bien, mais il y a des belles histoires à raconter et Bon Stock va pouvoir relayer très efficacement ces informations.

ToPot aura d’ailleurs sa page sur Bon Stock. Évidemment, il y a une page et un groupe Bon Stock sur Facebook et LinkedIn. Je vous invite à venir nous rejoindre. 

Alors de quoi allons-nous discuter aujourd’hui? De cannabis! Mais de quoi en particulier? Et bien, je me suis levé un jour cette semaine et je me suis dit : c’est quoi la différence pour les poumons entre la fumée d’une cigarette commerciale de tabac et un joint de cannabis? 

La fumée tue. Ce ne sont pas les pompiers qui le disent. Ce sont les médecins qui s’intéressent aux problèmes de la cigarette de tabac. Mais qu’en est-il de la fumée du pot? De la boucane, c’est de la boucane, diront certains. Mais les amoureux des courses automobiles vous diront que ce n’est pas vrai et que la fumée des pneus Pirelli est aphrodisiaque…

Bonne écoute!

 

Transcription Intégrale de l'épisode #114

#114 Tabac vs  cannabis, c’est quoi la différence pour les poumons? 

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Et oui, je me suis ennuyé de vous et de la production des épisodes de toPot. J’ai profité de ce repos pour travailler sur le prochain projet que je vous présenterai officiellement dans quelques jours. Le site www.bonstock.quebec avance bien hors ligne. J’ai mis en ligne une version minimaliste pour les gens qui voudraient s’inscrire à l’infolettre qui accompagne le site. J’ai écrit une dizaine d’articles pendant mes vacances pour que toutes les catégories du site aient du contenu pertinent. J’ai hâte de vous présenter les nouveaux producteurs autorisés (PA) que j’ai rencontrés. Je pense à Vincent de Green Culture Verte. Je pense aussi à Alexandre de Teca Canna. J’ai aussi trouvé, par hasard, un PA qui paye les études de ses employés… Et le microproducteur Julien de Juste Feu qui nous montre l’agrandissement de son usine pour fournir à la demande. Entre autres… L’industrie du cannabis ne va pas très bien, mais il y a des belles histoires à raconter et Bon Stock va pouvoir relayer très efficacement ces informations. ToPot aura d’ailleurs sa page sur Bon Stock. Évidemment, il y a une page et un groupe Bon Stock sur Facebook et LinkedIn. Je vous invite à venir nous rejoindre. 

Alors de quoi allons-nous discuter aujourd’hui? De cannabis! Mais de quoi en particulier? Et bien, je me suis levé un jour cette semaine et je me suis dit : c’est quoi la différence pour les poumons entre la fumée d’une cigarette commerciale de tabac et un joint de cannabis? 

La fumée tue. Ce ne sont pas les pompiers qui le disent. Ce sont les médecins qui s’intéressent aux problèmes de la cigarette de tabac. Mais qu’en est-il de la fumée du pot? De la boucane, c’est de la boucane, diront certains. Mais les amoureux des courses automobiles vous diront que ce n’est pas vrai et que la fumée des pneus Pirelli est aphrodisiaque. Les fins observateurs savent que Pirelli ouvre maintenant les pages de son calendrier sexiste aux hommes. Les fans d’Iggy Pop, Brian Adams et de Bohan Phenix apprécieront leur présence cette année. Pirelli et l’industrie du cannabis ont plus que la fumée en commun. Une certaine idée de l’homme, disons.

Pour simplifier la discussion, on va aborder la discussion en segmentant informellement notre questionnement de la façon suivante :

Quelle différence entre la fumée de cannabis et la fumée de cigarette?

Le cancer et les fumées

Le fonctionnement des poumons et les fumées

Les fumées et les COPD

Ok, nous savons que la fumée du tabac tue. Parfois à petit feu, parfois en grande pompe. La fameuse bronchopneumopathie chronique obstructive, oui la bronchopneumopathie chronique obstructive qui est une affection à développement lent, dont les symptômes n’apparaissent généralement que vers la quarantaine ou la cinquantaine, et dont l’une des causes principales est le tabagisme. Elle touche autant les hommes que les femmes selon le Grand Dictionnaire terminologique du Québec où j’ai trouvé cette définition. En anglais on dit le COPD et je ne savais pas que cela voulait dire chronic obstructive pulmonary disease. En français, on dit BPCO ou broncho pneumo pathie chronique obstructive.

Beaucoup d’études semblent prouver que la fumée du cannabis ne provoque pas les mêmes effets que la fumée du tabac. Et c’est le moment de vous dire que je ne suis pas une personne de science. Je tente de comprendre dans mon coin avec vous. C’est ma seule prétention. Pour le reste, consulter votre pusher d’opinion habituel.

Alors, quelle est la différence entre la fumée de cannabis et la fumée de cigarette?

La première étude que j’ai trouvée sur la différence entre la fumée du tabac et du pot date de 2005. Le chercheur Robert Melamede a démontré que même si les deux sont similaires, on peut observer des différences fondamentales dans leurs propriétés pharmacologiques respectives. D’un côté des cannabinoïdes et de l’autre, de la nicotine. La conclusion de sa recherche est la suivante : 

Les données scientifiques disponibles, qui examinent les propriétés cancérigènes de l’inhalation de la fumée et ses conséquences biologiques, suggèrent les raisons pour lesquelles la fumée du tabac, mais pas celle du cannabis, peut entraîner un cancer du poumon.

Je vous résume les points saillants de son étude : 

  1. Les deux types de fumée génèrent des activités pharmacologiques différentes. 
  2. Les composants de la fumée de cannabis minimisent certaines voies cancérigènes 
  3. La fumée de tabac en renforce certaines. 
  4. Les deux types de fumée contiennent des substances cancérigènes pouvant renforcer les effets cancérigènes de la fumée. 
  5. Cependant, le cannabis régule généralement à la baisse la production de radicaux libres d’origine immunologique 
  6. Le THC inhibe l’enzyme nécessaire à l’activation de certains des carcinogènes présents dans la fumée. 
  7. La fumée de tabac, par contre, augmente la probabilité de carcinogenèse en surmontant les mécanismes normaux de protection des points de contrôle cellulaires 
  8. La nicotine présente dans le tabac favorise l’angiogenèse tumorale alors que le cannabis l’inhibe. 

Entre vous et moi, l’angiogenèse, c’est juste le processus de formation des vaisseaux sanguins. Angio veut dire vaisseau et génèse formation. Angiogenèse donc.

Robert Melamede avance que le vieillissement de la population des fumeurs de pot pourrait avoir des conséquences similaires à celui des fumeurs de tabac. C’est une affirmation qui est rarement relayée quand on parle de sa recherche. Évidemment, si tout le monde utilise des vaporisateurs, les dangers potentiels du cannabis disparaissent totalement.

Melamede suggère que les composés du cannabis «se sont avérés capables de tuer de nombreux types de cancer, notamment le cancer du poumon, le cancer du sein et de la prostate, la leucémie et le lymphome, le cancer de la peau et le phéochromocytome.»

Je ne savais pas ce qu’était un phéochromocytome… C’est juste une tumeur qui se manifeste par des accès d’hypertension selon mon dictionnaire.

Melamede est un chercheur remarquable. Les curieuses pourront consulter le lien dans les notes de l’épisode pour regarder sa remarquable conférence sur le système endocannabinoïde. 

Les fumées et le cancer

Que savons-nous vraiment des dangers de la fumée du cannabis pour le cancer? Dans une étude qui donne le vertige par son ampleur, le chercheur Donald Tashkin de l’université de Californie à Los Angeles s’est dit surpris de voir ses hypothèses négatives contrariées par sa recherche… 

Ce pneumologue qui étudie la marijuana depuis plus de 50 ans a trouvé que fumer du cannabis régulièrement et en grande quantité, n’entraine pas de cancer du poumon.

Il croyait qu’il allait prouver une association positive entre le cancer du poumon et la consommation du cannabis. Sa recherche à prouver l’inverse, il n’y a pas de corrélation ou de causation entre le fait de consommer du cannabis par combustion et le fait de développer un cancer du poumon. D’autres recherches prouvent la même chose, celle du chercheur Hashibe qui concluait ainsi en 2006 sa recherche intitulée Marijuana Use and the Risk of Lung and Upper Aerodigestive Tract Cancers :

«Nos résultats peuvent avoir été affectés par un biais de sélection ou une erreur dans la mesure de l’exposition au cours de la vie et des antécédents des facteurs de confusion; mais ils suggèrent que l’association de ces cancers avec la marijuana, même à long terme ou en cas de forte consommation, n’est pas forte et peut être inférieure aux limites pratiquement détectables.» 

Cette étude a porté sur 1 200 personnes de Los Angeles atteintes d’un cancer du poumon, du cou ou de la tête et sur 1 040 autres personnes sans cancer. Le niveau de la consommation forte était défini comme le fait d’avoir fumé entre 11 000 et 22 000 joints dans sa vie. 

22 000 joints c’est 5 joints par jour pendant 12 ans. Même les consommateurs qui avaient plus de 22 000 joints derrière la cravate ne présentaient aucune incidence accrue des trois cancers étudiés.

La mauvaise nouvelle pour les fumeuses de tabac c’est que les plus récentes recherches indiquent que les ex-fumeurs et les fumeurs «raisonnables», ceux qui fument que quelques fois par jour, et bien, ils souffrent tous d’une réduction de leur fonction pulmonaire par rapport aux personnes n’ayant jamais fumé de tabac. La morale de cette histoire? Tous les gens, qui fument du tabac et peu importe la quantité, vont souffrir de lésions pulmonaires.

Une méta-analyse publiée en 2014 dans le Journal of cancer rapporte des résultats similaires. Dans le bouquet des études recensées, plusieurs présentaient des données contradictoires. Dans tous les cas, les chercheurs ont réalisé que les fumeurs de cannabis étaient également des consommateurs lourds de tabac…

Le fonctionnement des poumons et les fumées

On va maintenant s’intéresse à une recherche publiée en 2015 intitulée Les effets de l’exposition à la marijuana sur le flux d’air expiratoire. Les chercheurs ont tenté de déterminer les conséquences de l’exposition récente et chronique à la fumée de cannabis en fonction de paramètres spirométriques mesurables de la fonction pulmonaire et les symptômes de santé respiratoire dans une grande cohorte d’adultes américains. Les conclusions, encore une fois, vont à l’encontre des idées populaires sur le sujet…

Ainsi, pour un large échantillon d’adultes américains, fumer du pot pendant toute une vie n’a pas été associée à des changements négatifs dans les mesures spirométriques de la santé pulmonaire. 

Je rappelle qu’un spiromètre est un appareil qui mesure la capacité respiratoire des poumons

Les fumées et les BPCO ou broncho pneumo pathie chronique obstructive.

Il existe un consensus scientifique pour qualifier le tabagisme comme étant un facteur de risque majeur pour développer une inflammation chronique des voies respiratoires. Mais la fumée de cannabis est différente et c’est un médecin chercheur de l’Université McGill, M. Mark Ware, qui affirme ce qui suit :

«Fumer du cannabis ne semble pas augmenter le risque de maladie pulmonaire obstructive chronique ou de cancers des voies respiratoires… Les efforts pour développer des systèmes d’administration de cannabinoïdes plus propres peuvent et doivent se poursuivre, mais au moins pour le moment, (ceux) qui fument de petites quantités de cannabis à des fins médicales ou récréatives peuvent respirer un peu plus facilement.»

En résumé :

  1. Fumer du cannabis ne se compare pas à fumer du tabac en ce concerne les risques respiratoires 
  2. Les substances cancérigènes, gaz toxiques et autres particules présentes dans le cannabis en combustion ne semblent pas augmenter le risque de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou de cancers des voies respiratoires. 
  3. À faible dose, la fumée de cannabis pourrait être protectrice pour ces deux maladies. 

Maintenant La fumette technologique

Et le bong? Est-ce que le bong est un outil qui aide à préserver la santé des consommateurs de cannabis? D’après ce que j’ai pu lire et comprendre, le bong ne sert à presque rien, si ce n’est de refroidir la fumée. Et pour refroidir la fumée, on peut aussi fumer dans une banane ou une pomme congelée, si on est mal pris. Et je n’aborde même pas l’état de propreté des bongs que je vois sur les réseaux sociaux. Ça fait peur…

Non, pour éliminer les produits dangereux générés par la combustion, cela prend un autre genre d’outil. Un vaporisateur. Le vaporisateur chauffe le cannabis en dessous de son point de combustion. Cela réduit la création et l’absorption de monoxyde de carbone et de goudron, par exemple. Le buzz peut être rapide et la technique permet d’éviter ou de réduire les problèmes respiratoires communs comme la toux. Les vaporisateurs sont de plus en plus populaires. J’avoue que j’en ai acheté plusieurs dans ma vie sans jamais trouver un modèle qui me plaise. C’est à ça que servent les Clubs Sociaux de Cannabis. Entre autres. On peut y tester de façon sécuritaire ce type d’équipement avec des gens qui sont près à partager leurs expériences et leurs savoirs. Les curieuses pourront écouter ou réécouter l’épisode #60 intitulé Les Clubs Sociaux de Cannabis, la solution pour le Québec? . Si vous avez des recommandations pour le meilleur vaporisateur au monde, votre partage est bienvenu.

Pourquoi aborder un tel sujet? 

Le Québec et le Canada peuvent être des influenceurs dans la marche mondiale du cannabis vers sa légalisation. La France dans sa grande expérimentation sur le cannabis médical exclut la combustion de son protocole de recherche. Pauvre France qui a oublié de lire la recherche scientifique disponible… Elle agit comme certains États américains qui interdisaient la combustion pour légaliser le cannabis médical… Les préparations orales de cannabis ont leur place dans la pharmacopée. Pour les patients très souffrants, la combustion apporte un soulagement immédiat dont ils ne devraient pas être privés. Et si effets secondaires il y a, on pourrait les comparer aux effets secondaires des médicaments les plus populaires… Y’a pas photo…

Je vous donne un exemple pour le ZOPICLON, qui est un médicament très populaire pour les gens qui ont des problèmes de sommeil

Les effets secondaires connus sont les suivants :

  • agressivité;
  • anxiété ou agitation pendant le jour;
  • confusion (plus fréquente pour les aînés);
  • difficultés de coordination (plus fréquentes pour les personnes âgées);
  • effets de sevrage (par ex. des crampes abdominales, des vomissements, de la sudation, des tremblements, des crises convulsives);
  • essoufflement;
  • hallucinations (voir ou entendre des choses qui n’existent pas);
  • maladresse ou manque de stabilité (plus fréquemment pour les personnes âgées);
  • modifications du comportement (par ex. excitation, hyperactivité, comportement violent);
  • problèmes de mémoire (plus fréquents pour les personnes âgées);
  • respiration difficile ou laborieuse;
  • signes de dépression (par ex. un manque de concentration, des fluctuations pondérales, des changements du sommeil, désintérêt à l’égard de nombreuses activités, des pensées suicidaires);
  • somnambulisme;
  • somnolence (importante).
  • pensées relatives à l’automutilation ou au suicide;

La liste est plus longue, mais vous avez compris le principe.

Pour y voir plus clair, j’ai trouvé une remarquable recherche longitudinale. Le Dunedin Study a documenté l’usage du cannabis et des fonctions pulmonaires de plus de mille adultes. Il s’agit peut-être du corpus de données le plus exhaustif au monde sur la consommation de cannabis et la fonction pulmonaire. Les chercheurs ont constaté une forme d’emphysème chez certains patients parmi les 1037 participants. Ils appellent ça le Bong Lung.

Trois méthodes ont été utilisées pour cette étude. La spirométrie que nous connaissons déjà. La plé-thys-mo-graphie également qui est un ensemble de méthodes servant à mesurer des volumes. 

Comment on fait ça? On installe les personnes dans des cabines étanches qui permettent de mesurer les variations de pression. C’est ainsi que l’on teste le facteur de transfert du monoxyde de carbone.

La conclusion est intrigante. L’usage du cannabis est relié à des volumes pulmonaires plus élevés. Cette étude apporterait donc une première preuve d’une altération du transfert gazeux causée par la consommation du cannabis. Mais personne ne comprend pourquoi ce phénomène apparait. Le Bong Lung serait une réalité à ne pas balayer sous le tapis…

Si vous le permettez, je vais conclure avec une recherche qui remet en cause beaucoup de certitude. Il n’y a pas longtemps, le SEC n’était connu de personne. PERSONNE. Il n’est toujours pas enseigné dans les écoles de médecine, mais en 2022, personne ne remet en cause l’existence du SEC.

L’étude Le microbiome pulmonaire régule l’auto-immunité du cerveau, et la je cite texto démontre l’existence d’un axe poumon-cerveau dans lequel le microbiome pulmonaire régule la réactivité immunitaire du tissu nerveux central et influence ainsi sa susceptibilité au développement de maladies auto-immunes.

Juste pour nous orienter, un microbiome décrit l’ensemble des microorganismes d’un environnement donné. Il y a un microbiome intestinal comme il y a un microbiome pulmonaire. 

Pour la thérapie, cette découverte ouvre de nouvelles fenêtres de traitements pour les troubles infectieux ou dégénératifs.

D’un point de vue médical, c’est énorme. Les infections pulmonaires, le tabagisme, les manipulations thérapeutiques et les facteurs environnementaux pourraient donc tous agir sur le microbiome pulmonaire et donc influencer la réactivité immunitaire du cerveau. Il est largement documenté que les gens riches vivent dans des quartiers où l’air est meilleur. On a qu’a pensé aux gestionnaires du pont Champlain qui étaient très à l’aise pour faire circuler des milliers de voitures dans des bretelles de contournement qui touchaient uniquement des populations pauvres. 

Ok on revient au cannabis et à une question que je me posais depuis très longtemps…

Est-ce que le fait de retenir son souffle dans l’espoir d’augmenter le buzz fonctionne?

Avoir le visage rouge et être sur le point d’exploser peut donner l’impression que l’effet du cannabis est plus fort. L’idée derrière le geste repose sur le gonflement des poumons qui ouvriraient des zones jusque-là intouchées par les vapeurs de cannabis. Cette action créerait une plus grande disponibilité pour transférer le THC dans le sang par le biais des alvéoles pulmonaires exposées par le gonflement. J’appelle ça l’effet pruneau. Avant d’être tout ratatiné, le pruneau est une belle prune rondelette. 

Dans les faits, il faut à peine 3 secondes pour que le THC fumé soit transféré dans le sang. Et le fait de tousser produit l’effet inverse à celui recherché… La quantité d’oxygène dans le corps augmente instantanément, réduisant du même coup la concentration de THC.

Quand on retient son souffle assez longtemps, le corps, privé d’oxygène, subit une baisse de pression provoquant du même coup un étourdissement léger jusqu’à la prochaine respiration. Voilà comment des millions de gens se croient plus stones alors qu’ils ne sont qu’étourdis par le propre comportement. Cela me fait penser à la première fois que j’ai fumé. C’était en France il y a des millions d’années. Je que je croyais être l’effet du hach n’était que l’effet du tabac que m’a rendu plus ou moins malade. 

Le parodoxe du cannabis

Pour conclure, j’aimerais évoquer le paradoxe du cannabis. Le cannabis, dans toute sa splendeur, propose un conflit d’interprétation. L’évolution humaine à donner au SEC un rôle d’homéostasie. L’homéostasie, ce n’est que la stabilisation des différents phénomènes physiologiques chez les organismes vivants. On peut aussi parler de l’homéostasie du risque qui consiste, quand on a des meilleurs freins sur son vélo ou sa voiture à freiner plus tard. Le risque reste le même en dépit des avantages technologiques. C’est exactement ce qui se passe dans le cyclisme professionnel ou les freins à disque se sont imposés dans les 4-5 dernières années. 

Les cannabinoïdes sont présents naturellement dans le lait maternel. Un des premiers doping officiellement reconnus dans les Jeux de la Grèce Antique consistait à boire le lait d’une femme enceinte avant la compétition. Déjà, les athlètes avaient une intuition précise du système endocannabinoïde.

Pour le reste des humains rampants comme vous et moi qui ne sont pas des dieux du stage, et bien, toute notre vie, les endocannabinoïdes participent à la gestion de notre corps en réduisant l’inflammation ou en régulant le rythme du cœur. Le SEC nous aide à réduire les dommages que nos activités génèrent. Le SEC est donc particulièrement actif pour réduire les dommages causés par le vieillissement.

Est-ce que fumer du cannabis est aussi dangereux que fumer du tabac?

On peut, je pense, affirmer que la fumée du cannabis est beaucoup moins dangereuse.

Est-ce que fumer du cannabis est sans danger?

Non. Tout comme manger peut être un danger si on mange mal ou trop.

Est-ce que fumer du cannabis est bon pour la santé?

Je vais me contenter de dire que le cannabis semble très utile pour réduire ou éliminer certaines pathologies.

Alors est-ce que la fumée du cannabis vous fait encore peur? Vous avez surement raison de ne pas croire les arguments que je vous ai présentés. Après tout, je ne suis pas un spécialiste.

Vous croyez qu’exposer vos poumons à des fleurs que l’on fait pousser légalement avec près de 100 produits agrotox autorisés par Santé Canada n’est pas une bonne chose?

Ça tombe bien, car vous allez bientôt pouvoir tester des nanoémulsions fabriquées au Québec par une famille québécoise…  

Et voila, c’était le 114e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas trop. C’est que je vous prépare un nouveau projet. Une sorte de magazine numérique avec beaucoup de vidéo, une infolettre, des textes sur l’actualité… Je vous en reparle à la fin de l’épisode et je vous propose de vous inscrire à l’infolettre Bon Stock pour ne rien rater. Ben oui, ça s’appelle Bon Stock. On ne peut pas faire plus Québécois. Je vous en reparle donc. Pour les impatients, c’est bonstock.quebec .

Que sait-on des gens qui sont fiers de consommer sur le marché noir? 

 Des centaines de fois par jour, des citoyens se font traiter d’épais parce qu’ils achètent simplement des produits légaux… Mais s’agit-il vraiment d’une hargne ou d’un état affectif que je n’ai jamais pris le temps d’identifier? Alors c’est aujourd’hui que j’explore pour comprendre un phénomène qui semble échapper à la raison, à la mienne en tout cas…

Donc, je me suis dit que j’allais comprendre la nature de ma propre réaction… Celle d’un découragement momentané doublé d’un jugement sur ma propre incapacité à répondre efficacement à de telles positions. Évidemment, je ne suis pas en croisade. Qu’un citoyen consomme des produits remplis de merde ou pas ne m’affecte aucunement. Pas une seconde en fait. Qu’il s’agisse de pot ou de mélatonine que Santé Canada ne recommande pas pour les enfants. Je ne dis pas que cela m’indiffère. Je précise que chaque citoyen est responsable de sa consommation. Alors, par où commencer?

Bonne écoute!

Lien pour le rapport des citations!

#113 Sexy, le refus du marché légal?

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#112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

#112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

Cette semaine, on reçoit sur toPot un entrepreneur québécois qui pourrait travailler dans plusieurs industries différentes! Heureusement, on est chanceux, il a choisi le cannabis! Maxime Paris est donc le fondateur et PDG d’EXKA, une entreprise spécialisée dans la génétique et l’extraction du cannabis. La vision d’EXKA est à la fois simple et complexe : devenir le standard de référence dans le domaine de la génétique et de l’extraction du cannabis.

Et que diriez-vous d’un cultivar qui ferait 37 % de THC?

Nous en discutons dans l’épisode. Et les curieuses vont trouver la fiche technique du Black Mountain Side… 

Le temps de floraison est de 9 à 10 semaines. Peu de feuilles. Pousse au début dans un Jiffy et ensuite dans du coco. La culture peut se faire en bunker, en serre ou en extérieur. C’est un des phénotypes de la variété «Girl Scout Cookies» qui contient du «Durban Poison» et du «0G Kush». Il s’agit d’une variété indica qui a fini à la troisième place de la Seattle Cannabis Cup en 2014. Ses bourgeons très denses sont verts avec des traces de violette. L’arôme du produit est doux et mentholé avec du linalol, de la caryophillene et de la limonène. Les curieuses et les PA intéressés vont aussi trouver dans les notes de l’épisode plusieurs rapports de laboratoire en prime. Merci à EXKA pour ce partage.

Bonne écoute!

LIEN pour le cultivar  37% de THC

https://mbe.io/BMS-EXKA

#113 Sexy, le refus du marché légal?

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#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important acteur de la distribution et de la vente légale du cannabis au Québec.

Voici les questions que je lui ai posées :

  • Vous êtes un dirigeant assez discret. Vous pouvez vous présenter succinctement?
  • Après une première année à la tête de la SQDC, de quel résultat êtes-vous le plus fier?
  • La SQDC veut être LA référence de l’industrie du cannabis responsable. Quels faits saillants du bilan 2020-2021 expriment le mieux ce souhait?
  • Le premier paragraphe du bilan annuel évoque le marché noir. Sur ce point précis, la SQDC n’a pas atteint son objectif de 66 %. Pourquoi?
  • Êtes-vous satisfait du succès commercial des producteurs autorisés québécois à la SQDC?
  • Comment et pourquoi la SQDC a-t-elle bonifié les espaces réservés aux produits afin que ses magasins soient adaptés à l’enrichissement du catalogue de produits?
  • Le succès de “Cliquez et ramassez” se mesure comment?
  • Pourquoi le volet Accessibilité est-il si important pour la SQDC?
  • Comment les concepts de rotation et de pépinière vont bénéficier à la clientèle de la SQDC?
  • Les microproducteurs québécois représentent moins de 1 % des ventes de la SQDC. Quels sont vos plans pour les aider?
  • Seulement 6 % des ventes de la SQDC sont effectuées en ligne. Est-ce que vous avez l’ambition de revaloriser cette filière?
  • Les charges nettes ont augmenté pour le dernier exercice. Quelles sont les conséquences pour la SQDC (grèves, etc.)?
  • Quel est le bilan environnemental de la SQDC?
  • La question du public : Pourquoi tout le monde est carté? 😉

    Bonne écoute!

    LIEN:

    Connaissez-vous le programme Pépinière de la SAQ?

    #113 Sexy, le refus du marché légal?

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    Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas...

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    Jimbo Jones fait pousser légalement du pot à des fins médicales. Il a une carrière professionnelle normale, mais il reste anonyme pour plein de raisons que j’évoque fréquemment sur toPot… comme le facteur d’acceptabilité sociale qui est plus faible au Québec...

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    Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je m’intéresse aux nanoémulsions de cannabis depuis au moins l’épisode #62 Les nanoémulsions, le cannabis 4.0?. Aujourd’hui, on va donc échanger avec Jean-Christophe Parisien-Lasalle pour comprendre la...