#120 Pot flânage (2022.09.28)

#120 Pot flânage (2022.09.28)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui on va de nouveau flâner ensemble. On va discuter de l’Expo Cannabis Montréal, de Mike Tyson et de l’article du journal La Presse sur le détournement du programme médical canadien. L’Association des directeurs de police du Québec (ADPD) à la chance de s’y exprimer et ça fait dure… 

On va aussi parler de magasinage de labo (lab shopping), un truc utilisé par les producteurs autorisés pour obtenir des pourcentages de THC très élevés dans leur rapport. Et finalement, on va s’amuser à revisiter la récente décision de l’Agence Mondial Antidopage (AMA) qui choisit de continuer de bannir le cannabis pour les sportifs. Par respect pour le sport! 😉 

Bonne écoute.

Transcription Intégrale de l'épisode #120

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Cette semaine on reprend notre flânage. J’ai eu beaucoup de bons REX sur le dernier épisode. Un REX, c’est le fameux retour d’expérience des french people from France. Je remercie particulièrement François Parenteau qui a eu des bons mots pour le flâneur que je suis devenu. 

Alors aujourd’hui on va de nouveau flâner ensemble.

Et si on commençait par l’Expo Cannabis Montréal… 

J’y ai choppé un virus et je suis sur le cul depuis vendredi. J’ai même porté ce weekend un manteau d’hiver dans la maison tellement j’avais froid. Je vais beaucoup mieux, mais on verra pour la voix.

Et c’est parti. L’Expo Cannabis Montréal ça se passait au Palais des congrès, cette année. Quand tu sors du métro Place d’armes, c’est majestueux. Presque un décor d’aéroport. La classe. Assez différent de la Place Bonaventure que j’aime beaucoup pour d’autres raisons.

Je vais cracher un peu de venin avant d’aller plus loin. Il y avait dans l’expo des tonnes d’exposants qui ne savaient même pas dire bonjour en français. C’est plate, mais c’est la vie commerciale. Si l’exposant à un produit irremplaçable, tu fais avec. Si tu as besoin d’infos utiles, tu fais avec. Si tu n’as pas besoin de ses services ou de ses produits, tu le respectes comme n’importe quel humain. Le gars dans le kiosque qui regarde son téléphone n’a peut-être pas demandé de venir de Brampton pour aller chez les Papoues pendant 2-3 jours. Il est peut-être bilingue anglais-latin ou anglais — malinké, une des sept langues officielles du Sénégal. Donc, c’est plate, mais c’est la vie. 

Par contre, quand tu t’installes au bar du resto les 3 amigos dans le Palais des congrès et qu’on refuse de te servir en français, c’est un geste politique. Et rien dans la prochaine élection ne va changer cette situation…

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

OK de retour.

On va flâner sans aucune prétention à l’exhaustivité. Alors, j’ai discuté avec beaucoup d’exposants qui offraient des produits d’assurances. C’est le signe d’un marché qui se professionnalise. Les marchands de fertilisants étaient partout. Beaucoup moins de vendeurs de quincailleries comme les machines pour l’effeuillage, les supports de séchage. Vous voyez le genre. À vue de nez, j’ai l’impression que les entreprises québécoises dans ce secteur d’activité privilégient maintenant les salons à l’extérieur du Québec au moment où le marché québécois commence à saturer. Ça, c’est du pif. Rien de scientifique. Si vous avez un autre scénario, je suis curieux.

Comme pour les éditions précédentes, il y avait des conférences sur deux scènes différentes passées. De bons sujets, du bon monde. Mais mon accent était de serrer des mains et de rencontrer du monde pour faire du contenu pour toPot et Bon Stock, mon nouveau magazine numérique sur le cannabis.

Peu de producteurs québécois de cannabis avaient un kiosque. Très très peu. C’est un peu normal, car c’était un salon professionnel. Par rapport aux dernières années, j’ai l’impression que le nombre d’exposants a considérablement diminué. Il y avait également peu de mégakiosques qui ressemblent à des châteaux. La sobriété était de mise. La fin de l’abondance comme dit le président Macron en France.

Ma plus grande surprise? Les labos de Toronto qui viennent au Québec explorer un nouveau marché. Le plus smatte de ces labos avait une représentante qui parlait français, qui avait des tatouages vraiment intéressants et un vrai bonus, la dame a le titre d’agronome. Ce labo offre un service spécial dont je vous reparlerai bientôt. Une offre unique d’après ce que je peux comprendre.

Mon coup de cœur? J’ai discuté avec le PDG de PurCann Pharma qui est une filiale du Groupe SiliCycle. Le monsieur s’appelle Hugo St-Laurent. Pendant qu’on discutait, il prenait des notes sur une feuille de papier. Cela ne veut pas dire qu’il va me rappeler. Mais lors de notre échange, j’ai eu l’impression que toute sa bande passante était dirigée vers moi. PurCann Pharma produit et commercialise des extraits purifiés et standardisés THC, CBD, CBG, CBN, CBC, CBDA et THCA) sous forme d’huiles, de gélules, de vaporisateurs, de crèmes, de jujubes, genre. PurCann Pharma offre aussi des services de fabrication à façon et sous contrat (CMO) et toute une gamme de services de pointe. 

Ma découverte? Le centre d’innovation en technologie en bio-innovation de la Cité située à Ottawa. En fait je les redécouvrais à ma plus grande surprise. Il y avait sur place une équipe de jeunes gens, dont une technicienne de labo allumée, que je salue au passage. 

J’ai aussi discuté avec deux grandes femmes blondes, Gisèle et Marika, qui vendent de l’intelligence chez EZ Focus. Ez Focus est une société pan canadienne qui offre des services comme ceux de Weed Crawler, si vous savez de quoi et de qui je parle. 

Ahhhh oui, j’ai aussi rencontré Jimbo Jones, un créateur de contenu qui ne montre jamais son visage. Il a une chaine youtube avec différent type de contenu. Forcément, c’est lui qui m’a reconnu. Dans un autre registre, j’ai parlé avec trois personnes différentes de ferblanterie. Eux n’avaient pas de kiosque, mais ils étaient sur place pour prendre le pouls du marché.

OK, c’est tout pour l’instant. Je reviendrai à l’Expo Cannabis Montréal si j’ai un flash.

Dans l’épisode précédent, je parlais des critiques sur les réseaux sociaux dont faisaient l’objet les entreprises de cannabis présentes à la bourse. Bien sûr, certaines ont perdu des milliards pendant que leurs dirigeants s’enrichissaient. Mais vous le savez… une promesse n’engage que celui qui y croit. 

L’éternelle histoire des gros contre les petits. Comme au Québec il y a 30 ans quand les microbrasseries sont apparues. Oh, ce genre de discussion n’annonce pas la fin du monde. Juste la fin du cannabis ou d’une certaine idée que les consommateurs se font de l’industrie du cannabis avec de microproducteurs comme il y a des microbrasseurs.

J’ai vu apparaitre sur mon radar un pic de discussion dont l’essentiel, en gros, se résume à ceci : Big Tobacco, Big Pharma et plein d’autres big tentent actuellement de contrôler le marché légal du cannabis. 

Et je n’ai même pas encore nommé Amazon qui a déjà le plus grand réseau au monde pour distribuer rapidement n’importe quoi… Si on regarde ce qu’Uber a réussi à faire ou à défaire au cours des dernières années, l’hypothèse d’une mainmise par quelques géants sur l’industrie du cannabis n’a rien de farfelu.

L’argument omniprésent dans ces discussions est simplissime : après la prohibition de 1919 aux États-Unis, chaque État a pu passer de lois et des règlementations qui ont su empêcher toutes formes d’intégration verticale. Non seulement la santé publique fut protégée, les niveaux de consommation le prouvent, mais ce formatage a permis l’émergence d’entreprises petites et moyennes qui ont longtemps pu prospérer. Cependant, le lobbying étant l’arme des dominants, il y a eu une reconsolidation de l’industrie de l’alcool partout dans le monde. Au Canada, j’aime le répéter, l’alcool, c’est 400 hospitalisations et 10 morts par jour. Si le cannabis tuait autant de monde, on mettrait en prison les producteurs autorisés canadiens. 

On voit donc apparaitre des groupes de juristes qui disent qu’il faut dès maintenant s’assurer que le marché américain du cannabis ne soit pas contrôlé par quelques conglomérats. Certains influenceurs se moquent de cet activisme. D’autres prédisent encore pire. Quand on voit les efforts déployés par YouTube pour éradiquer le contenu cannabis de sa plateforme, il est évident que certains BIG agissent déjà selon leur propre intérêt. La vraie question est YouTube protège quoi? La jeunesse ou ses revenus?

Est-ce que vous croyez que ce type de raisonnement relève du complotisme? Si oui, faites-moi signe. Pour l’instant, les producteurs canadiens font amplement la démonstration que l’intégration verticale n’est pas à la portée du premier venu. 

OK, on s’en va flâner ailleurs… 

Vous avez entendu parler du refus de la SQDC de distribuer et de vendre les produits de cannabis qui utilisent l’ex-boxeur Mike Tyson comme porte-parole. Certains médias ont félicité la SQDC de ne pas transiger avec lui tandis que d’autres lui ont reproché. Vous savez sans doute aussi que l’un des produits signatures de Tyson est un mangeable en forme d’oreille à laquelle il manque un morceau. C’est qu’il a déjà mordu l’oreille d’un boxeur lors d’un combat. Le nom du produit est brillant : «Mike Bites» 

Certains États américains interdisent, je pense à la Californie, tout produit du cannabis ayant la forme ou portant l’empreinte de la forme, réaliste ou caricaturale, d’un être humain, d’un animal, d’un insecte ou d’un fruit. Dans un secteur économique qui fait encore appelle à des babe bong, le fait que Tyson ait été condamné pour viol ne semble pas déranger beaucoup. Là aussi par contre, il y a des changements réels de mentalités et ce qui était normal il y a 3 ans ne passe plus en 2022. 

SFX

Vous avez lu l’article de La Presse publié lundi? Le titre était Cannabis médicinal Le programme fédéral détourné par le crime organisé. D’abord, il faut remarquer la taille du projet. J’ai compté 3087 mots. Un texte habituel dans ce journal fait 1000 mots. Mais cette fois-ci on parle de journalisme, pas d’une chronique d’opinion. Le Journal de Montréal a fait exactement le même topo il y a deux ans. Le contexte politique, par contre, est totalement différent. Santé Canada est tenu par la Loi sur le cannabis fédérale d’organiser cette consultation. Au même moment, la SQDC fait son propre sondage. Un sondage très ambitieux qui devrait lui permettre de mieux comprendre son marché. Pas pour vendre davantage, juste pour mieux vendre. L’article de La Presse propose des statistiques intéressantes, entre autres. Mais je dois avouer que j’ai éclaté de rire plutôt que de pleurer en lisant certains propos relayés par l’article. Non, je n’ai pas éclater de rire quand j’ai lu que le marché noir était en croissance. Ce n’est pas parce que je le dis depuis des années que je me réjouis. Non ce qui m’a fait rire est l’absence totale de jugeote de l’Association des directeurs de police du Québec, l’ADPD et l’absence de réactions des journalistes élites de La Presse. L’ADPQ se plaint de la situation du cannabis médical. Je ne dis pas qu’elle a tort. Au contraire. Sur les réseaux sociaux, à ciel ouvert quoi, des gens prouvent tous les jours que les abus sont nombreux et connus de tous dans le programme médical. Mais va-t-on interdire les véhicules moteurs parce qu’il y a des conducteurs dangereux, sans empathie et ivres. Jamais et c’est bien ainsi. Là, je vais citer le passage qui m’a fait rire…

Les dirigeants de l’association ne veulent pas pénaliser les consommateurs qui ont besoin de cannabis à des fins médicales, mais ils réclament un moratoire sur la délivrance des certificats d’inscription et la formation d’un comité pour harmoniser les mandats de la sécurité publique et de la santé dans l’approvisionnement du cannabis à des fins médicales.

Ils demandent également que la réglementation actuelle soit abrogée et recommandent que les détenteurs d’une ordonnance qui habitent au Québec s’approvisionnent uniquement à la Société québécoise du cannabis (SQDC).

C’est gentil ça, l’ADPQ ne veut pas pénaliser les gens malades. Elle veut seulement les envoyer s’approvisionner les succursales en grève… ou dans les succursales ouvertes il n’y a pas un seul être humain formé adéquatement pour des malades. PAS UN.

Pourquoi pas alors une opération a cœur ouvert dans une pharmacie Jean Coutu? Y’a plein de monde compétent sur le plancher, plein d’universitaires avec des diplômes et en général, il y a un bureau de médecins juste un étage plus haut pour prescrire des pilules. Évidemment vous sentez la caricature… 

Le reportage relaie la parole de l’ADPQ sans la questionner. Avouez que c’est un peu normal. La police c’est elle qui normalement est payée pour poser des questions. Attendez-vous une réaction de la profession médicale aux recommandations de l’ADPQ? Pas moi. 

L’industrie peine à survivre. On lui jette des grenailles pour le moral. Quelle tristesse. Les patients? Qu’ils se débrouillent.

En même temps, on apprend qu’un audit interne au ministère des Anciens Combattants révèle que le ministère aurait pratiquement perdu le contrôle du programme de cannabis thérapeutique pour les vétérans.

Pas de supervision, pas d’encadrement et même pas de données probantes sur les bénéfices pour la santé des vétérans. Cela me fait penser au récent gouvernement libéral provincial qui donnait trop d’argent aux médecins québécois, mais sans jamais pouvoir le réclamer faute d’avoir noté adéquatement les remises d’argent. Plouc 101.

SFX

Si vous êtes passionné par le cannabis et son écosystème, vous avez compris que le pourcentage de THC est devenu un outil de marketing. Alors que la science nous informe de l’importance des terpènes dans le buzz et de l’immense complexité de l’effet d’entourage, le manque d’information laisse les consommateurs croire que le cannabis est comme l’alcool où il existe un lien de causalité réel entre le pourcentage d’alcool et l’inévitable intoxication. 

Dans ce contexte, il existe maintenant dans l’industrie québécoise du cannabis un niveau de suspicion, de méfiance, de défiance et de scepticisme face aux rapports de laboratoires. Certains acteurs de l’industrie accusent plus ou moins ouvertement certains laboratoires de fournir des rapports de complaisance. Je suis en train de monter un épisode sur le sujet. On va s’en reparler. En attendant, pour ne froisser personne, on peut parler d’un exemple bien documenté ailleurs. Et j’ai choisi la Floride parce que les Québécois y sont un peu chez eux. Au minimum, nous y sommes en terrain connu alors que si je parle du Luxembourg ou de la Croatie, c’est plus vague.

Les autorités de la Floride, consciente de l’importance de son marché dans lequel il faut compter 100 millions de touristes par an, et bien les autorités ont décidé de mettre fin a ce qu’on appelle le Lab shopping qui permet aux producteurs de cannabis d’obtenir le taux qu’ils désirent. 

Quand les consommateurs commencent à douter du travail des labos, et c’est ce qui se passerait en Floride, c’est toute l’industrie qui est a risque. C’est aussi un clin d’œil inutile au marché noir qui n’a pas besoin de ce genre d’encouragement pour prospérer. Pourquoi les labos sont-ils complaisants? Pour rester en affaire. 

L’éditeur de MJBizDaily, Bart Schaneman a récemment documenté toute l’histoire. On a ainsi appris que l’Office of Medical Marijuana Use (OMMU) de la Floride a imposé à deux labos des amendes de 20 000 $ pour usage de méthode non conforme à la réglementation. On les accuse rien de moins que d’avoir fournis de certificats d’analyse faux et inexacts.

Des labos concurrents se plaignent de perdre des parts de marché parce que leurs analyses indiquent systématiquement des niveaux plus bas de THC. C’est comme si la science était au service du marketing… Et tout indique que la compétition entre les laboratoires ne fait que commencer. 

Est-ce que les labos vont se battre uniquement sur les prix? Non. Un nouvel élément de différenciation existe. Oui, la rapidité du traitement des échantillons serait devenue un facteur très important pour l’industrie. 

Dans ce phénomène de lab shopping, quel genre d’écart peut-on voir? C’est ÉNORME… On parle de 10 % d’écart. Un produit annoncé à 30 % de THC serait en réalité à 20 %… La marge d’erreur type pour ce genre de test est de 5 %. 

Si vous êtes un voyageur fréquent sut toPot, je ne vous apprends rien. On a en discuté dans l’épisode #57. Entre autres. Il est important de rappeler que si les labos sont une partie de l’équation, les producteurs autorisés ont la responsabilité de proposer des échantillons représentatifs de leurs récoltes… Et là aussi, c’est n’importe quoi, car même en toute bonne foi, il n’y a aucune méthode standard d’échantillonnage pour l’industrie canadienne. Santé Canada n’a pas jugé bon d’imposer un protocole précis. Donc entre les différents protocoles et les simples abus, il y a une marge de progression pour protéger les consommateurs et créer une compétition saine.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ, merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis-lui bonjour de ma part! OK Merci.

OK je me ramasse.

Je pense que je vais conclure avec une autre nouvelle qui m’a fait rire… Oui. Le sport et le cannabis sont une source inépuisable d’amusement et de mise à nu des niaiseries extraordinaires dont sont capables les États-Unis. 

L’Agence mondiale antidopage, l’AMA en français et la Wada en anglais, et bien elle a décidé que le cannabis est toujours une substance interdite. Depuis que l’AMA existe, les américains ont milité très activement que le cannabis demeure une substance interdite. Malgré leurs pleurnichements quand la sprinteuse américaine Sha’Carri Richardson fut exclue des Jeux olympiques de Tokyo pour avoir consommé du cannabis.

Le comité exécutif de l’AMA a décidé de maintenir l’interdiction parce que la consommation de ce produit violerait l’esprit du sport… Avant 2021, un athlète positif à une drogue récréative était suspendu 2 ans… Ça coute cher le joint hein! Aujourd’hui on parle d’une suspension de 1 à 3 mois si ma mémoire est bonne ou pas trop grippée.

L’ironie est palpable. D’un côté, la science médicale doute globalement de l’efficacité du CBD et du THC, il suffit de regarder ce qui se passe dans la grande expérimentation française qui va d’échec en échec et de l’autre, l’AMA qui affirme que le cannabis nuit à l’équité sportive. Expliquez-moi quelqu’un! 

Et je vais en rajouter une couche pour bien montrer la différence de traitement selon que les molécules incriminées viennent d’une plante ou d’un laboratoire. Je m’intéresse depuis quelques années à une drogue qui s’appelle Tramadol. Le tramadol a longtemps été en vente libre. Tu pouvais ramasser ça juste à côté de la mélatonine. Pourquoi cette drogue m’interpelle? Parce que les équipes de cyclisme professionnelles en fournissaient comme des smarties à leurs coureurs sans même se cacher même s’il s’agit d’un opioïde très dangereux. Les conséquences furent et sont toujours spectaculaires… Quand tu vois un coureur qui tombe en montant un col à 25 km/h, tu te dis forcément que quelque chose cloche. Des coureurs oublient de prendre un virage dans une descente, tu te poses des questions. Le champion américain Tyler Phinney avait alerté les autorités en 2012, cela fait donc 10 ans… Le cycliste canadien Michael Barry en parle dans son autobiographie. Barry courait pour l’équipe anglaise Sky. Voici son témoignage…

Quand je me suis cassé des côtes sur chute au deuxième jour du Tour de France, j’ai pris du Tramadol pour calmer la douleur. Il m’a fait ressentir une légère euphorie. Je ne ressentais aucune douleur aux jambes. Je pouvais appuyer plus fort que d’habitude sur les pédales. Cela améliorait autant la performance que n’importe quel produit dopant que j’avais pris, avec une différence de taille : c’était légal.»

Les cyclistes ne sont pas les seuls athlètes à consommer sans raison ce genre de produits. Dans une récente coupe du monde de football, 39 % des joueurs ont déclaré prendre des antidouleurs comme le tramadol avant de jouer. Le cyclisme est un sport extraordinaire à gérer par des ploucs et contrôlé dans les faits par 2 ou 3 organisations dont le groupe de presse Amaury, propriétaire du journal l’équipe. Comme il n’existe aucun syndicat pour la défense des coureurs, quand un athlète est coincé, on le jette sous l’autobus sans problème. Par contre, les coureurs finissent toujours par parler. Alors tout se sait un jour ou l’autre. Alors que dans le hockey, on ne sait toujours rien de ce que pouvait consommer les joueurs à l’époque de Maurice Richard… Et j’ai aussi quelques un vidéo d’un compteur de 50 buts et ancien entraineur d’une équipe assez connu au Québec déclaré en direct à la télévision que pendant les éliminatoires de la coupe Stanley, les joueurs, entre les périodes supplémentaires recevaient des transfusions sanguines. À sa décharge, il parlait probablement de solutés. L’autre commentateur, également entraineur de plusieurs grandes équipes a tenté de diffusé la tension en disant que dans une situation similaire, ses joueurs mangeaient de la pizza. Je viens de réécouter le vidéo pour être sûr que mon souvenir est précis. Manger de la pizza pour récupérer entre les périodes supplémentaires de la coupe Stanley. C’est fort. Le plus intéressant, c’est l’absence totale de réaction de la presse sportive et de la presse tout court.

Je reviens au tramadol et au cycliste canadien Michael Barry.

Un médecin français a répondu à l’époque aux commentaires de Barry et là je cite texto Gerard Guillaume le médecin de l’équipe FDJ :

«Comment Michael Barry, avec tout ce qu’il prenait, pouvait faire la différence entre l’effet de l’EPO, des hormones de croissance, des corticoïdes et du Tramadol

Ce genre de commentaires est exclusif au vélo. Peut-être dans le bodybuilding aussi, mais je ne m’avancerai pas davantage. Vous comprenez ce que je dirais.

Alors Luc accouche… C’est quoi le lien entre le tramadol et l’interdiction du cannabis? On flâne, on flâne.

L’usage du tramadol est de plus en plus restreint. Pour des raisons de santé publique évidentes.

Mais l’AMA, avec sa sagesse légendaire a annoncé que l’antidouleur tramadol sera ajouté à la liste des substances interdites aux athlètes en compétition à partir de… 2024. Il est urgent d’attendre…  

Pendant ce temps-là, les États-Unis font des pieds et des mains pour rapatrier Brittney Griner la basketteuse américaine emprisonné en Russie pour possession de cannabis. Tant mieux pour l’athlète qui ne mérite pas ça. En même temps, il suffit de lire les nouvelles, les autorités américaines arrêtent des sportifs sur leur territoire pour possession de cannabis. Ils font exactement comme les Russes, mais avec leurs propres citoyens…

Le 4 aout 2022, le récent retraité de la NBA, Iman Shumpert a été arrêté pour possession de cannabis à l’aéroport international de Dallas Fort Worth. 

Ainsi va la vie!

Et voilà, c’était le 120e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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#119 Pot flânage! (2022.09.21)

#119 Pot flânage! (2022.09.21)

Aujourd’hui, on va flâner. 

Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile.

Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le high du coureur, les mangeables, le pot extérieur versus le pot intérieur… Vous voyez le genre. Tous des sujets que j’ai déjà abordés. Mais j’ai envie de papillonner. OUI, papillonner comme dans une discussion plus informelle. Une discussion avec des chums au coin d’une table. Oui, un café, un bat. On discute. J’aimerais faire ça en direct un jour en prenant vos appels… Un jour. 

Je me demande même si je pourrais faire des pauses musicales… Je vais en mettre une dans cet épisode et vous me direz ce que vous en pensez.

Donc, cette semaine, on flâne ensemble avec une thématique très, très large. Oui, on discute en flânant de la croisée des chemins pour l’industrie du cannabis. On flâne, mais vous allez pouvoir consulter des liens pour tous les sujets dont je vais parler. On flâne, mais on flâne en pro…

Alors on flâne. À zéro on commence 3-2-1 ZÉRO.

Transcription Intégrale de l'épisode #119

#119 Pot flânage! (2022.09.21)

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, on va flâner. 

Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile.

Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le high du coureur, les mangeables, le pot extérieur versus le pot intérieur… Vous voyez le genre. Tous des sujets que j’ai déjà abordés. Mais j’ai envie de papillonner. OUI, papillonner comme dans une discussion plus informelle. Une discussion avec des chums au coin d’une table. Oui, un café, un bat. On discute. J’aimerais faire ça en direct un jour en prenant vos appels… Un jour. 

Je me demande même si je pourrais faire des pauses musicales… Je vais en mettre une dans cet épisode et vous me direz ce que vous en pensez.

Donc, cette semaine, on flâne ensemble avec une thématique très, très large. Oui, on discute en flânant de la croisée des chemins pour l’industrie du cannabis. On flâne, mais vous allez pouvoir consulter des liens pour tous les sujets dont je vais parler. On flâne, mais on flâne en pro…

Alors on flâne. À zéro on commence 3-2-1 ZÉRO.

Le regroupement d’affaires qui est censé veiller aux intérêts de l’industrie du cannabis recevait le mardi 20 septembre ses membres dans le cadre de l’Assemblée générale Annuelle. On y a présenté un PLAN STRATÉGIQUE 2022-2024. On y reviendra peut-être dans un futur épisode. Ce qui a davantage retenu mon attention est le nouveau code d’éthique qui fait 8 pages. On y retrouve un Préambule, les Responsabilités, devoirs et obligations des membres et finalement une présentation du Comité de discipline. Il y a toute une section sur les conflits d’intérêts. On va surement en entendre parler dans les mois à venir. Je m’intéresse particulièrement à la place que l’on fait pour la microproduction au Québec. Donc un gros dossier à suivre.

Mais c’est quoi le flânage? Dans le contexte de la venue au Québec de la Cour suprême du Canada pour l’affaire des 4 plants maison, j’ai pensé que cela serait drôle de connaitre la définition en droit du flânage. C’est drôle, mais ce matin, je réalise que la Cour suprême du Canada a le même acronyme que les Clubs Sociaux de Cannabis (CSC). 

Donc, si quelqu’un vous accuse de flâner, cela veut dire quoi? 

Vous avez déjà demandé à un policier de vous définir le flânage? Ahhh vous n’avez jamais été arrêté par la police. Moi, une seule fois. J’avais 7 ans et j’avais volé des pommes… Mais je ne flânais pas. Donc…

Au Québec, la définition du flânage apparait en 2012. Jusqu’à cette date, chaque municipalité faisait respecter son règlement d’interdiction de flânage de façon arbitraire. Beaucoup de flou et de mou dans la corde… Puis en 2012, un incident à Québec va permettre à la cour de municipale de la même ville d’apporter sa pierre à la construction du droit au Québec. Alors rapidement, une fois c’est un gars de Québec qui décide de se faire bronzer en «string» près du fleuve. La police décide de l’accuser de flânage. Yvan Pouliot, c’est le nom du monsieur qui sera acquitté de l’infraction et la Cour municipale de Québec s’est tout de même longuement questionnée sur l’interprétation du terme «flânage». L’article 5 du Règlement municipal de la ville de Québec disait ceci :

«5. Il est interdit à une personne, sans motif raisonnable dont la preuve lui incombe, de flâner, de vagabonder ou de dormir dans une rue ou dans un endroit public.

Aux fins du présent article, est considérée comme flânant ou vagabondant, une personne qui se trouve dans un des lieux mentionnés au premier alinéa, sans l’autorisation du propriétaire ou de l’occupant des lieux. La preuve de cette autorisation incombe à la personne considérée comme flânant ou vagabondant. […]»

Le tribunal à regarder le Petit Larousse pour s’informer de la définition du mot qui est : 

… se promener sans but, au hasard; avancer sans se presser. Paresser, perdre son temps.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mais cela ne suffit pas. Le tribunal s’intéresse ensuite à la jurisprudence des cours d’appel du Québec et de l’Ontario. Après avoir accompli cette recherche, le Tribunal livre sa propre définition : flâner est le fait de traînasser à un endroit, en mouvement ou non, sans justification.

Le bronzé sera donc acquitté puisqu’il était dans un endroit public offert au public. Les policiers se feront aussi rabrouer pour avoir donné un constant d’infraction reliée à une épidémie d’exhibitionnisme dans la région. Voici texto ce que dit le jugement.

Par ailleurs, la simple présence du défendeur à cet endroit, un jour d’été, à 17 heures, ne peut constituer du flânage. Les circonstances de lieux, de jour, d’heure et d’autorisation du propriétaire ne permettent pas de conclure que le défendeur flâne à cette occasion.

Alors si on vous arrête pour flânage, vous avez déjà quelques munitions pour discuter en douceur avec les forces de l’ordre.

Est-ce que cela serait drôle si je segmentais notre flânage avec un thème musical?

SFX

Dans un autre ordre d’idée, j’ai acheté une once de fleur bio récemment. Mais je l’ai acheté au médical. OUI totalement légalement. Il y avait une différence de prix de 40 $… C’est ma surprise personnelle du mois et peut-être même du trimestre.

SFX

Est-ce que vous fréquentez les réseaux sociaux pour vous informer auprès des influenceurs qui font de critiques/reviews sur les réseaux sociaux?

Il y a actuellement une forme de ressac d’après ce que je peux comprendre de leurs discours. Je ne parle pas d’une personne en particulier. Je parle de plusieurs personnes qui avaient des épisodes YouTube avec des audiences de 30 000 ou 40 000 personnes au début de la légalisation. Ils disent, eux hein, pas moi, ils disent donc qu’ils n’ont plus cette capacité d’attraction parce que YouTube a changé ses algorithmes. Pourquoi? Peut-être l’influence des États-Unis, un pays qui résiste de toutes ses forces à la légalisation du cannabis. 

Hey merci MJ!

Au final, peu importe les raisons, le paysage est en train de changer. On assiste aussi à une professionnalisation du contenu. Meilleure captation vidéo et audio et surtout une postproduction PLUS ambitieuse. 

Le modèle d’affaire de l’influenceur/critique est en transformation. C’est rendu que les gens évitent de prononcer le mot cannabis pour être entendu par leur audience. Quel impact ces changements auront-ils sur l’industrie du cannabis? Je ne sais pas, mais il est sûr qu’il existait certains pipelines pour emmener l’information du PA à la clientèle. Ce modèle sous-terrain existe toujours, mais il est en mutation. 

Je note également que l’audience des sites de critiques sur FB et sur le web en général se transforme. Le nombre de membres par groupes augmente et c’est peut-être le résultat d’une migration de l’audience des influenceurs/critiques vers ces plateformes. Par contre, simultanément, le nombre de personnes présente en ligne sur ces plateformes semblent avoir dramatiquement diminué. 

J’y vois plusieurs raisons. Les voici en vrac :

  1. Les nouveaux consommateurs de cannabis savent maintenant le minimum nécessaire pour acheter avec plaisir et discernement. Le site de la SQDC n’est pas parfait, mais il est suffisamment étoffé pour faire un peu d’éducation. 
  2. Les échanges sur FB et Reddit par exemple peuvent être une expérience contrariante. Je vois tous les jours des gens qui disent taire leur préférence et préférer ne pas s’exprimer, car les réponses de certaines personnes, souvent les mêmes, sont vulgaires, inappropriées et démotivantes. Quand des adultes ont peur de se pogner avec des malotrus, c’est le début de la fin d’une communauté.
  3. La clientèle ciblée par les producteurs autorisés n’est pas dans ces groupes. Un PA n’a pas besoin des vociférations de 30 personnes qui bashent son produit. Il préfère une clientèle comme celle de la SAQ. Quand un client de la SAQ achète une bouteille de vin bouchonnée, il ne se plaint pas sur internet. Il en discute avec son conseiller la fois d’après. Ces groupes vont, à long terme, se transformer et certains vont disparaitre. J’ai en tête deux ou trois énergumènes qui géraient des groupes sur FB en professant leur ignorance de toutes leurs forces. Ces groupes ont disparu et leurs administrateurs, qui n’étaient que des tijoe connaissants, ont disparu ou se sont pacifiés pour survivre à leur passion.
  4. Certains groupes sont noyautés par des membres de l’industrie. Le jupon finit toujours par dépasser et les membres ne sont pas aveugles.
  5. Et finalement et peut-être le facteur le plus important, l’émerveillement initial s’est peut-être émoussé. Ce qui était interdit est maintenant légal.

Même la plateforme twitter s’est vidée de son contenu de cannabis. Pour moi, la plus belle plateforme est LinkedIn. Pourquoi? Je croise parfois le même monde que sur FB, mais je croise aussi des entrepreneurs, des chimistes, des maitres cultivateurs, toutes sortes de monde relié directement à l’industrie.

Je vous donne un exemple. Je me pose une question depuis 3 ans : quel est le taux maximum de THC possibles dans une fleur de cannabis? Grâce à FO Hébert qui est venue deux fois sur toPot, j’ai eu un nom. Celui de Davoud Torkamaneh. C’est un généticien/génomicien spécialisé dans le cannabis. Je l’ai trouvé sur LinkedIn. Bing Bang. Une semaine plus tard, toPot recevait le chercheur pour lui poser quelques questions. Pour les curieuses, l’entrevue sera bientôt diffusée sur Bon Stock. Si vous n’êtes pas un voyageur fréquent sur toPot, Bon Stock est un magazine numérique dédié au cannabis que je viens de lancer. On le retrouve @ www.bonstock.quebec.

OK, puisqu’on parle de transformation, il faut parler de l’Allemagne et l’industrie canadienne du cannabis qui se demande si l’Allemagne va la sauver. Et l’industrie canadienne répète comme un mantra. On a l’avantage du premier arrivé… On a l’avantage du premier arrivé… On a l’avantage du premier arrivé…

Si l’Allemagne ouvre ses portes aux producteurs, est-ce que le Canada obtiendra la prépondérance des commandes? L’industrie canadienne est à genoux et ce n’est pas pour prier. Les quelques grands qui sont déjà en Allemagne se croisent les doigts. Cette fois-ci, c’est peut-être pour prier. L’Allemagne pourrait être le premier pays de l’Union européenne à légaliser cette drogue à des fins récréatives. Avec la meilleure économie en Europe et le double de la population canadienne, le marché allemand pourrait être une bouffée d’air frais pour quelques compagnies.

Je dis quelques compagnies, car pour exporter en Allemagne, coucou, il faut avoir une entreprise aux standards EU-GMP. GMP veut dire Good Manufacturing Practices. Et l’industrie canadienne n’a pas cru bon d’y croire dès le début. Ou elle y a cru, mais elle n’en avait pas les moyens. DONC, pour l’immense majorité des entreprises canadiennes dans le cannabis, l’Allemagne n’est même pas un rêve. C’est juste une impossibilité.

La légalisation est sur les rails, mais la gare n’est pas en vue. Le meilleur horizon, c’est 2024. Donc pas sauvetage de vie avant 2024 et plein d’entreprises ne seront plus en vie alors. Le marché potentiel allemand évalué à 400 tonnes fait saliver, car il ne s’est vendu que 100 tonnes de cannabis au Canada lors de la première année de la légalisation. 

En plus, l’Union européenne est inquiète, ce qui risque de ralentir tout le processus. C’est d’ailleurs exactement comme aux États-Unis ou Biden a été élu en promettant la légalisation et il a fait exactement l’inverse.

Terry Booth, l’ex-PDG d’Aurora Cannabis toujours actif dans le cannabis avance que l’Allemagne allait «être plus dure que le Canada» en termes de lois et règlementations. Non, l’herbe n’est jamais plus verte chez le voisin.

Le plus drôle ou triste c’est la récente bévue monumentale de Tilray. Oui Tilray a enjolivé dans un communiqué de presse la semaine passée, sa rencontre avec les responsables allemands de la lutte contre la drogue. 

On a fait une table ronde avec les autorités allemandes pour donner le coup d’envoi d’un projet de légalisation pour le cannabis non médical à déclarer Tilray, en citant hors contexte ou tout croche, le commissaire pour les questions de toxicomanie et de drogue, M.Burkhard Blienert

La réponse allemande n’a pas tardé… 

Non, il n’y a pas de table ronde avec Tilray à répondu le porte-parole de Blienert à MJBizDaily. 

«Le contenu du communiqué de presse n’est tout simplement pas correct. Nous ne minimisons pas la réunion, car il n’y a pas de coopération et il n’y en aura pas non plus avec Tilray. A aucun niveau pour être clair».

Il serait peut-être utile de savoir qui vend à l’Allemagne à part le Canada qui croit y voir une chasse gardée :

×

Import Country

Amount in kilograms

Canada

6493

Denmark

3726

Netherlands

3,724

Portugal

2413

Australia

1566

Uruguay

848

Spain

705

Uganda

439

Austria

288

Columbia

149

Qui va être le premier pays à dépasser les ventes du Canada en Allemagne? S’il y a une guerre des prix, la Colombie va gagner. Si on parle de faire tourner la machine à profit, je vote pour les Pays-Bas. Les Hollandais sont les gens les plus pragmatiques au monde. Mais c’est une saga pour une autre fois.

On flâne qu’on disait… Alors que sait-on des Perceptions des praticiens de la santé sur les obstacles aux pratiques de prescription du cannabis?

On sait certaines choses parce que c’est aussi le titre d’une étude publiée récemment. Les résultats sont intéressants. Comment ça fonctionne une telle étude? C’est très simple. Une équipe produit un questionnaire qui est diffusé par 24 organisations. 70 personnes l’ont remplie le questionnaire. 71 % étaient des médecins ou des résidents en médecine, tandis que les autres étaient des infirmières, des pharmaciens ou d’autres professionnels de la santé. 

Alors que nous apprend cette recherche?

  1. Seulement (6 %) des répondants ont reçu une formation sur le cannabis médical dans une école professionnelle, mais 60 % ont reçu d’autres formations comme des ateliers, des conférences). 
  2. Plus de la moitié (57 %) ont reçu plus de questions sur le cannabis médical depuis la légalisation du cannabis récréatif, 
  3. 82 % des répondants ont déclaré avoir des patients qui utilisent le cannabis médical. 
  4. Par contre, 56 % se sentaient mal équipé pour discuter de cannabis médical 
  5. 27 % ne connaissaient pas les conditions d’obtention du cannabis médical au Canada. 
  6. Selon eux, les symptômes les plus courants pour recommander le cannabis médical sont la douleur et la nausée
  7. Les conditions les plus courantes pour le recommander sont le cancer et la douleur chronique. 
  8. L’obstacle le plus important à l’autorisation du cannabis médical est l’incertitude quant à la posologie et aux voies d’administration sures et efficaces. 
  9. L’obstacle le plus important à la recommandation ou à l’autorisation du cannabis médical est le manque de données de recherche démontrant son innocuité et son efficacité. 
  10. Conclusions : Nos résultats suggèrent que les professionnels de la santé de tout le Canada qui ont répondu à notre enquête ne sont pas familiers avec les sujets liés au cannabis médical. 

Vous savez que la reine anglaise est morte. Vive la reine. Pardon, vive le fils.

Pendant qu’il y a un changement de garde au Palais, Liz Truss, le nouveau Premier ministre britannique à décider de mettre un stop à la légalisation du cannabis aux Bermudes.

Oui, à peine entrée en fonction, Truss a refusé de donner son autorisation pour le passage d’une une «loi cannabis» aux Bermudes.

Les législateurs locaux ont approuvé un projet de loi, mais il a été mis sur la glace en attente de l’approbation du gouverneur du territoire nommé par le Royaume-Uni.

Mme Truss a été expéditive, car le jour de sa prise de fonctions, elle a informé Rena Lalgie, le gouverneur des Bermudes nommé par le Royaume-Uni, de ne pas approuver le projet de loi tel qu’il est rédigé.

Les 60 000 habitants des Bermudes profitent de la légalisation du cannabis médical depuis 2016. Dans un esprit d’apaisement ou peut-être pour le tourisme, les Bermudes ont aussi dépénalisé la possession personnelle jusqu’à sept grammes.

Allons-nous assister à une crise constitutionnelle entre le Royaume-Uni et les Bermudes?

Le premier ministre des Bermudes David Burt croit que ce refus d’accorder la légalisation du cannabis va nuire gravement aux relations entre les deux pays.

Oui, mais le Canada n’est-il pas l’exemple parfait d’un pays qui a envoyé paitre le Royaume-Uni? Est-ce que les Bermudes pourraient venir demander conseil au Canada?

On revient flâner au Canada… pour examiner un paradoxe.

 Notre marché national du cannabis, c’était 3 milliards $ en 2021. Juste derrière la production de canola et de blé, mais nez à nez avec le soya. Les spécialistes qui ont tout croche depuis les débuts de la légalisation estiment que le marché du cannabis atteindra 8 milliards en $ dans 3 ans.

Mais contrairement aux canola, blé et soya, le cannabis est la production qui offre le plus grand retour sur l’investissement, et bien le cannabis n’est pas encore une plante domestiquée. Mais l’Université de Laval a engagé le génomicien Davoud Torkamaneh pour s’attaquer à ce problème. C’est le même Davoud dont je vous parlais au début de l’épisode. J’ai hâte de publier son entrevue.

On continue de flâner un peu?

Vous savez c’est quoi un EBITDA ou BAIIDA in french?

Le BAIIDA, ce sont les BÉNÉFICES avant intérêts, impôts et dotations aux amortissements. En anglais, c’est le Earnings before interest, tax, depreciation and amortization (EBITDA). 

La force du ratio BAIIDA, c’est qu’il permet de mesurer les performances d’une entreprise en excluant les décisions de financement ou l’environnement fiscal. C’est LE ratio phare. Or la plupart des grandes entreprises canadiennes dans l’industrie du cannabis ont un BAIIDA négatif depuis le jour 1. Rien de rassurant. Surtout qu’un BAIIDA négatif sur plusieurs trimestres est considéré comme catastrophique.

Le BAIIDA EST une très bonne mesure de la rentabilité même s’il ne s’agit pas d’un principe comptable généralement reconnu. Par contre, il est très utile pour comparer la performance des entreprises entre elles. 

Cette mesure qui est très pertinente pour les investisseurs a été mise aux poubelles par l’industrie. Comment? Elle s’est inventé un BAIIDA ajusté… Ça nous prendrait un vrai spécialiste pour explorer ça adéquatement. Je vais conclure ce flânage en vous disant que ces ajustements sont généralement arbitraires et contestables…

La bourse ou la vie disaient les mécréants dans les épisodes de Robin des Bois. Cette la grande bourse qui fait peur ou qui écœurent beaucoup de consommateurs. Sur les réseaux sociaux en tout ça.

Oui, beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux punissent les entreprises qui sont à la bourse… Sont juste la pour l’argent, le lucre comme disaient les avocats dans leur présentation à la Cour suprême du Canada pour les 4 plants maisons. Y connaissent rien à plante… Voyez le genre…

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis lui bonjour de ma part! Ok Merci.

Heureusement, il y a au moins une entreprise qui prouve que ces commentaires ne sont pas ancrés dans la réalité… Et oui, Cannara qui est coté en bourse va de succès en succès tout en retenant la considération d’une forte majorité de consommateurs. Je veux simplement souligner que Cannara vient tout juste de livrer sa première commande en Colombie-Britannique en plus de proposer pour la première fois une cartouche de vapotage. 

Je regardais les ventes les plus récentes à la SQDC hier et Cannara est partout en bonne position. QcGoldtech aussi occupait dans certaines catégories une très bonne place. Entre la haine sur les réseaux sociaux et le gout des consommateurs, il y a une vraie différence de perception que les chiffres de vente exposent facilement.

Parlant de chiffre de vente, bientôt le Canada va revivre un autre Kroptober. Les couts de production en extérieur tournaient au tour de 10 sous le gramme il y a deux ans. Aujourd’hui je ne sais pas, mais nous aurons bientôt des chiffres. Tous les PA qui veulent vendre leur stock pour extraction sont mieux de se dépêcher, car Kroptober va encore une fois avoir un effet à la baisse sur les prix de vente.

Et si on parlait d’environnement une seconde. Au Canada, l’industrie est tellement aux abois qu’elle n’a pas vraiment le temps pour s’en occuper collectivement. Aux États-Unis, différents États ont déjà commencé à réfléchir au problème. Des chiffres circulent déjà sur les couts pour disposer des déchets de production. Mais il y a des solutions plus simples et les exemples sont nombreux au Québec dans d’autres secteurs industriels. Le journal La Presse présentait cette semaine l’entreprise Malté qui produit des shampoings et des savons faits avec les résidus de céréales de l’industrie brassicole. Une microbrasserie produit autour de 70 tonnes de drêche par année. La drêche est si riche en vitamines et en minéraux, que l’industrie de l’alimentation animale l’utilise. Les humains peuvent aussi en manger.

Un jour, bientôt souhaitons-le, l’industrie du cannabis va trouver des débouchés pour ses déchets. J’en parle dans l’épisode #93 sur l’environnement. Le premier produit dérivé qui me vient à l’esprit est le biochar. 

Ok je dois y aller. Merci d’avoir flâné avec moi. Faites-moi savoir si le format vous plait.

Et voilà, c’était le 119e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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#118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

#118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

Alors, comment dit-on munchies en français? 

Mon dictionnaire me propose une fringale. Pour moi, le mot fringale appartient au vocabulaire du cyclisme. Quand un athlète oublie de se nourrir, soudainement son moteur stoppe et les coureurs appellent cela «avoir la fringale». J’ai bien vu les mots grignotage mais il traduit mal la notion d’urgence. Allons-y pour fringale alors. 

La fringale survient après la consommation de cannabis. Et en général, ce n’est pas une envie pour des raisins de Corinthe ou une pomme. Non, les munchies, c’est le gout de manger de la crème glacée, des chips, des frites, du maïs soufflé. Que des aliments à forte densité calorifique.

Pour la chimiothérapie qui enlève l’appétit, la fringale provoquée par le cannabis est une excellente nouvelle. Pour le reste de la planète, cette fringale peut amuser tant que l’on rentre dans ses vêtements…

Mais la question que je nous pose ce matin n’est pas «Avez-vous engraissé depuis le début de la légalisation?». Je laisse ça aux études sur les méfaits qu’aime subventionner le gouvernement du Québec.

La vraie question, celle qui m’intéresse, est d’une autre nature… 

Pourquoi le cannabis ouvre-t-il si férocement l’appétit?

Bonne écoute!

Transcription Intégrale de l'épisode #118

#118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, je passe au café en courant.

Je suis dans le jus avec le lancement de www.bonstock.quebec.

Je l’ai mis en ligne pour corriger les derniers bogues.

Les curieuses pourront dès maintenant aller voir à quoi ça ressemble!

Alors, comment dit-on munchies en français? 

Mon dictionnaire me propose une fringale. Pour moi, le mot fringale appartient au vocabulaire du cyclisme. Quand un athlète oublie de se nourrir, soudainement son moteur stoppe et les coureurs appellent cela une fringale… J’ai bien vu les mots grignotage et grignotine, mais ils sont trop doux. Allons-y pour fringale alors.

Les munchies surviennent après la consommation de cannabis. Et les munchies, en général, ce n’est pas une envie pour des raisins de Corinthe ou une pomme. Non, les munchies, c’est le gout de manger de la crème glacée, des chips, des frites, du maïs soufflé. Que des aliments à forte densité calorifique.

Pour la chimiothérapie qui enlève l’appétit, au minimum, la fringale provoquée par le cannabis est une excellente nouvelle. Pour le reste de la planète, cette fringale peut amuser tant que l’on rentre dans ses vêtements…

Mais la question que je nous pose ce matin n’est pas «Avez-vous engraissé depuis le début de la légalisation?». Je laisse ça aux études sur les méfaits qu’aime subventionner le gouvernement du Québec.

La vraie question, celle qui m’intéresse, est d’une autre nature… 

Pourquoi le cannabis ouvre-t-il si férocement l’appétit?

Évidemment, si vous consommez depuis longtemps, vous avez eu le temps d’apprivoiser le monstre de la fringale. En fait, fumer vous coupe peut-être l’appétit. C’est un phénomène connu. Mais c’est une saga pour une autre fois.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Alors pourquoi la fringale?

Il y a la piste du super héros. Évidemment.

Un super héros court plus vite, frappe plus fort et a de meilleurs réflexes que le citoyen lambda.

Et si je vous disais qu’une personne qui fume pourrait, momentanément, décupler le pouvoir de son nez.

Comment? On sait que chez les souris, le THC envahit les récepteurs du bulbe olfactif du cerveau. La première conséquence? Cela permettrait d’augmenter la capacité des souris à sentir la nourriture dans un premier temps, ce qui les inciterait à manger plus. 

Donc l’humain augmenté, augmenté comme un surhomme, par sa consommation de THC serait potentiellement capable de humer, de sentir plus que lorsqu’il est à jeunes de THC. Si notre cerveau produit des cannabinoïdes, le THC exogène, celui que l’on consomme plus ou moins modérément, va aller jouer dans le système endocannabinoïde, le SEC. Et comme le SEC participe au contrôle des émotions, de la douleur et de l’appétit, il serait normal que le THC modifie notre relation avec l’appétit.

Des souris exposées à des huiles de banane et d’amande ont initialement démontré de la curiosité. Puis les souris se sont désintéressées des produits qui n’avaient l’effet de nouveauté pour les stimuler. On a ensuite administré aux mêmes souris du THC. La période de reniflement fut beaucoup plus longue et les souris ont mangé plus de nourriture, signe d’un appétit plus fort.

Hey Merci MJ!

OK. Tout semble clair et l’expérience aurait pu s’arrêter là. Mais non, les chercheurs ont modifié certaines souris en enlevant de leur cerveau les récepteurs cannabinoïdes situés précisément dans leur bulbe olfactif. Et vous devinez tout seul la suite, j’en suis sur. On a administré du THC aux souris avec un cerveau modifié et leur comportement fut le même que celui des souris normales sans l’effet du THC… Leur intérêt pour les odeurs était faible et leur appétit n’a pas augmenté… 

OK. Je ne suis pas une souris. Mais en toute logique, la piste de la sensibilité exacerbée aux odeurs comme effet du THC est plausible… 

Est-ce que cela explique tout le phénomène de la fringale (munchies)? Trop tôt pour l’affirmer.

Pourquoi? C’est qu’il y a d’autres pistes. Celle des noyaux accumbens par exemple. Je ne suis même pas sur de la façon dont il faut prononcer accumbens. Il s’agit d’un ensemble de neurones qui joueraient un rôle important dans ce qui nous définit comme humains : 

Oui, le système de «récompenses» est nécessaire à notre survie. Pourquoi? C’est lui qui motive et qui préserve notre survie comme humain. Le ou les noyaux accumbens génèrent aussi la dopamine. Et chose que j’ignorais, un TDA(H) indiquerait aussi son mauvais fonctionnement.

Et comme si cela ne suffisait pas, le THC interagit également sur les récepteurs de l’hypothalamus ce qui aurait comme effet de relâcher une hormone. L’hormone ghréline, qui, qui qui, stimule la faim. 

Voilà la complexité du SEC dans toute sa splendeur. Le THC surfe sur le SEC dont la finalité est de régir nos sens.. Le THC agirait sur nos sens en imitant les symptômes de la faim…

Et que se passerait-il si on forçait les souris à jeuner pour mieux observer la quantité de cannabinoïdes endogènes ou naturels qui circulent dans le lobe olfactif. C’est comme pour humains… une souris qui a faim est plus sensible aux odeurs des aliments. Et les souris auxquelles on a enlevé les récepteurs dans les lobes olfactifs? Pas d’augmentation du reniflage et même pas d’appétit alors qu’elles auraient du, techniquement, être affamées.

Dans cette théorie, le THC provoquerait les munchies en disant à notre cerveau ce que notre ventre ignore. TU as faim, mon gars. Envoye, mange!

Est-ce que nous savons maintenant tout des effets du cannabis sur l’appétit? Absolument pas. Car le THC, je l’ai dit plus tôt rapidement pourrait aussi provoquer l’inverse d’une prise de poids indésirable… Et oui, les consommateurs de cannabis mangent plus, mais leur poids est inférieur à la moyenne de la population générale. Il y aurait aussi également moins d’obèses chez les consommateurs de cannabis que dans la population générale. Certains chercheurs croient que le CBD pourrait supprimer l’appétit. 

Peut-être parce que d’autres études ont déterminés que des souris auxquelles ont a administré du THC subissent un changement de leur système intestinal. Et la relation avec le CBD?

  • Le CBD calmerait le tube digestif et le système nerveux d’une personne.
  • Le CBD réduirait ainsi les nausées et donnerait envie de manger. 
  • Le CBD est un analgésique.
  • Et on sait qu’une diminution de la douleur stimulerait l’appétit. Les gens malades mangent moins pour concentrer leur énergie sur la guérison plutôt que la digestion.

Il y a d’autres mécanismes qui pourraient intervenir dans cette absence de prise de poids. Il y a, par exemple, d’autres récepteurs, les PPAR qui participent à la gestion des tissus adipeux. Le cannabis pourrait agir sur ces récepteurs. 

Comprendre et contrôler les effets du cannabis sur la faim est une solution commerciale qui va rendre son inventeur multimilliardaire… car les gens pensent plus à être minces qu’à faire l’amour…

Ce que je comprends également est que la méthode de consommation du cannabis peut avoir un impact sur les munchies… Si tu veux prendre du poids parce que tu en perds trop à cause d’une chimiothérapie, par exemple, et bien les suppositoires de THC sont plus efficaces. Pourquoi? Cela serait dû aux variations de puissance et à la vitesse d’absorption.

Les résultats des recherches sont souvent contradictoires. Il faut comprendre que les études observationnelles transversales sont moins précises parce que, entre autres, il s’agit d’études où les sujets autodéclarent leurs consommations. Il suffit de penser aux sondages politiques pour comprendre les écarts entre les intentions, la réalité et les mensonges. 

Dans de nombreuses recherches, le cannabis a été associé à des prises de poids, mais aussi a l’inverse comme :

  • Tour de taille plus petit.
  • Un Indice de Masse Corporelle plus faible.
  • Une prévalence moins forte de l’obésité.

Finalement, j’ai trouvé une cause dont on parle moins souvent, car elle se situe à l’extérieur de la salle à manger et plutôt dans la chambre à coucher. Et là je vous livre la conclusion texto…

La privation de sommeil a des effets marqués sur la prise alimentaire, déplaçant les choix alimentaires vers des options à forte densité énergétique. Nous testons ici l’hypothèse selon laquelle le traitement neuronal dans les circuits olfactifs centraux, en tandem avec le système endocannabinoïde (SEC), joue un rôle clé dans la médiation de cette relation. Nous avons combiné un protocole de privation partielle de sommeil, une neuro-imagerie olfactive basée sur des motifs et un apport alimentaire sans restriction pour tester comment les mécanismes olfactifs centraux modifient l’apport alimentaire après une privation de sommeil. Nous avons constaté que la privation de sommeil augmentait les niveaux d’un composé du SEC, renforçait l’encodage des odeurs alimentaires dans le cortex et orientait les choix alimentaires vers des aliments à forte densité énergétique. Ces résultats décrivent une voie neurobiologique potentielle par laquelle des changements dépendants de l’état du SEC peuvent moduler le traitement chimiosensoriel pour réguler les choix alimentaires.

En résumé, l’effet global des cannabinoïdes sur l’alimentation semble être déterminé par des effets pré- et postsynaptiques, qui peuvent être indépendants les uns des autres, et c’est leur synchronisation temporelle qui entraine les changements comportementaux globaux.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

OK, je me ramasse.

Le pot réduit aussi les inhibitions. J’ai déjà parlé de la dopamine, mais je n’avais jamais pensé à certaines conséquences comme celle où il y a une perte de contrôle de l’image de soi. 

La mort du cinéaste goddard m’a fait penser au film La Grande Bouffe avec Michel Piccoli. Non, ce n’est pas un film de Godard. Mais Piccoli joue dans le film le plus célèbre de Godard avec Brigitte Bardot qui lui demande, toute nue étendue sur un lit, si il aime ses fesses.

Manger jusqu’à se rendre malade est facile. Ce sont certaines inhibitions qui nous retiennent de procéder ainsi tous les jours. Les pressions sociales par exemple ou le simple fait de pouvoir se dire que 3 bols de crème glacée, cela suffit.

Je pensais terminer l’épisode en expliquant comment :

 L’effet global des cannabinoïdes sur l’alimentation semble être déterminé par des effets pré- et postsynaptiques, qui peuvent être indépendants les uns des autres, et c’est leur synchronisation temporelle qui entraine les changements comportementaux globaux. 

Mais c’est au-dessus de mes forces aujourd’hui. J’ai compris plein de nouvelles choses, mais je ne saurais pas vous expliquer comment…

L’élément présynaptique renferme la machinerie nécessaire à la synthèse, au stockage, à la libération et à l’inactivation du neurotransmetteur. L’élément postsynaptique, spécialisé dans la réception des messages, renferme dans sa membrane plasmique les protéines réceptrices du neurotransmetteur…

La transmission synaptique est unidirectionnelle, «polarisée»; elle n’a lieu que de l’élément présynaptique, qui contient le neurotransmetteur, vers l’élément postsynaptique à la surface duquel se trouvent les récepteurs du neurotransmetteur.

Mais j’ai progressé… car j’ai appris plein de nouvelles choses. Je ne demande pas mieux. C’est presque un privilège.

Je préfère conclure l’épisode avec un fait divers qui avait marqué mon cerveau le premier jour de la légalisation en 2018. 

Imaginez…

On est à Edmonton et il y a une énorme file de gens qui attendent de pouvoir faire leur premier achat légal. Elina Childs est une jeune fille atteinte de fibrose kystique qui est dans le mouvement des guides. Vous savez, l’équivalent des scouts pour les jeunes filles. Chaque année, pour lever des fonds, les guides vendent des grignotines. Quand elle a vu la file d’attente de consommateurs de cannabis, Elina s’est dit «tiens, tiens.» Accompagnée de son papa, elle a vendu, en moins de 45 minutes, tous ses produits aux gens dans la file d’attente.

Oh, il y a peu de science dans cette histoire. Mais, mais, mais quelle intuition! 

Et voilà, c’était le 118e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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#117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

#117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

Tous les consommateurs de cannabis connaissent le lien entre leur consommation et le sommeil. Moi, je sais. Vous aussi, je suis sur. On peut avoir des intuitions, des expériences particulières, des recettes qui fonctionnent la plupart du temps, ce genre de chose. Mais il y a aussi une science du sommeil. Et une économie, et une industrie… Votre sommeil, le mien, celui des voisins ont un impact sur le PIB de la province et du pays.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Les problèmes de sommeil préoccupent donc les autorités. L’agence de la santé publique du Canada communique fréquemment pour informer les citoyens des dangers d’un sommeil inadéquat.

Les chiffres que l’agence avance sont un vrai assommoir :

1 adulte sur 4 âgé de 18 à 34 ans ne dort pas suffisamment

1 adulte sur 3 âgé de 35 à 64 ans ne dort pas suffisamment

1 adulte sur 4 âgé de 65 à 79 ans ne dort pas suffisamment

L’Agence de la santé publique du Canada ne mentionne pas la mélatonine.

Et pour cause… 

Pas plus tard que le 4 septembre 2022, donc il y a moins d’une semaine, la journaliste Alice Girard-Bossé écrivait un article de 881 mots qui était pour le moins alarmiste…

En gros l’article avance qu’aux États-Unis, il y a un boum de 530% de la consommation de la mélatonine. Une tendance à la hausse de la consommation existerait aussi au Québec.

Le centre antipoison Québec s’inquiète.

La mélatonine étant une hormone, et la je cite texto le texte de La Presse:

…il est possible que les suppléments de mélatonine affectent le développement hormonal, notamment la puberté, les cycles menstruels et la surproduction de l’hormone prolactine, mais nous n’en sommes pas certains ».

Dans ce contexte, le cannabis a des réponses à donner.

OK, il manque un élément très important dans notre discussion. Le plus important des arguments qui s’écrit en 3 lettres…

C.B.N.

Oui le cannabinol et non pas le cannabidiol ou CBD… Ils ciblent les mêmes récepteurs du SEC tout en produisant des effets différents.

Le CBN fait partie de la famille des cannabinoïdes mineurs, comme le CBD, mais sa filière de production est différente. Alors que le THC, le CBD ou le CBC proviennent tous du CBG ou cannabigerol, le premier cannabinoïde qui apparait dans la vie d’un plant de cannabis. C’est un travail des enzymes sur le CBG qui le transforme en THC, CBD ou CBC. Le CBN lui est dans une classe à part. C’est une dégradation du THC causé par la chaleur ou le soleil qui le crée.

Si le THC a été isolé pour la première fois en 1964 par Gaoni et Mechoulam à l’Institut Weizmann de Rehovot, ce n’est pas le premier cannabinoïde isolé dans sa forme pure. Ce privilège revient au CBN qui a été découvert 68 ans plus tôt en 1896.

On va voit comment tout ça se goupille avec des récepteurs moins connus qui affectent le rythme  circadien…

Bonne écoute!

Rapport Liens Épisode #117

Transcription Intégrale de l'épisode #117

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Et le sommeil? Il est bon?

Avant de se lancer dans l’épisode #117, juste un petit mot sur Bon Stock, le magazine numérique sur le cannabis que je lance très bientôt. J’ai eu une superbe rencontre ce weekend avec deux amoureux du cannabis qui veulent commencer à écrire des articles. C’est incroyable. J’ai hâte de vous présenter leur premier article. C’est intéressant… Deux gars qui se connaissent. Un qui veut faire de la recherche et l’autre qui veut écrire. La vie est belle. Pour ne rien rater, vous pouvez vous abonner à l’infolettre Bon Stock en vous rendant sur www.bonstock.quebec. 

C’est pour très bientôt. 

Alors on tombe dans le sommeil!

!

Tous les consommateurs de cannabis connaissent le lien entre leur consommation et le sommeil. Moi, je sais. Vous aussi, je suis sur. On peut avoir des intuitions, des expériences particulières, des recettes qui fonctionnent la plupart du temps, ce genre de chose. Mais il y a aussi une science du sommeil. Et une économie, et une industrie… Votre sommeil, le mien, celui des voisins ont un impact sur le PIB de la province et du pays.

Les problèmes de sommeil préoccupent donc les autorités. L’agence de la santé publique du Canada communique fréquemment pour informer les citoyens des dangers d’un sommeil inadéquat.

Les chiffres que l’agence avance sont un vrai assommoir :

1 adulte sur 4 âgé de 18 à 34 ans ne dort pas suffisamment

1 adulte sur 3 âgé de 35 à 64 ans ne dort pas suffisamment

1 adulte sur 4 âgé de 65 à 79 ans ne dort pas suffisamment

1 adulte sur 2 a de la difficulté à s’endormir ou à rester endormi. 

1 adulte sur 5 juge que son sommeil n’est pas réparateur.

1 adulte sur 3 a de la difficulté à demeurer éveillé pendant les heures d’éveil. 

Évidemment l’agence donne des conseils pour mieux dormir :

  • évitez l’alcool, la caféine et la nicotine avant d’aller au lit 
  • couchez-vous et levez-vous à des heures régulières 
  • ayez recours à des techniques de détente et à des techniques de réduction du stress fondées sur la pleine conscience 
  • réduisez le bruit dans l’environnement de sommeil 
  • limitez les siestes à 30 minutes 
  • faites de l’exercice régulièrement 
  • passez en revue régulièrement vos médicaments avec votre médecin ou pharmacien 

  • Vous avez remarqué que la mélatonine n’est pas mentionnée… On dirait que l’Agence de la santé publique du Canada sait quelque chose qu’elle ne partage pas.
  • Et pour cause… 
  • Pas plus tard que le 4 septembre 2022, donc il y a moins d’une semaine, la journaliste Alice Girard-Bossé écrivait un article de 881 mots qui était pour le moins alarmiste…

Et là je cite la journaliste…

Entre 2018 et 2022, le Québec a noté une croissance marquée des ventes de mélatonine. Pendant cette période, la valeur des ventes a augmenté de plus de 50 %, selon des données partielles de l’Association québécoise des distributeurs en pharmacie.

La mélatonine, une hormone sécrétée naturellement par le cerveau dans la noirceur, permet de préparer le corps à l’endormissement. Commercialisés à partir des années 2000, les suppléments de mélatonine, peu coûteux et naturels, semblaient la solution miracle contre les troubles du sommeil. Les études sur leur efficacité se sont toutefois avérées moins concluantes qu’anticipé.

OK, j’étais en train de vous lire un passage de l’article de Mme Girard-Bossé. Je termine…

Un impact positif de la mélatonine s’observe en lien avec le décalage horaire, les troubles du rythme circadien du sommeil ou pour réduire l’anxiété avant une intervention chirurgicale. Toutefois, il existe peu «de preuves solides sur son efficacité ou son innocuité» pour traiter l’insomnie chronique, déclarent sur leur site internet les Instituts américains de la santé.

Fin de la citation.

En gros l’article avance qu’aux États-Unis, il y a un boum de 530 % de la consommation de la mélatonine. Une tendance à la hausse de la consommation existerait aussi au Québec.

Le centre antipoison Québec s’inquiète.

La mélatonine étant une hormone, et la je cite texto le texte de La Presse :

 il est possible que les suppléments de mélatonine affectent le développement hormonal, notamment la puberté, les cycles menstruels et la surproduction de l’hormone prolactine, mais nous n’en sommes pas certains».

Il ne faudrait pas aller à la pharmacie achetée de la mélatoto sans consulter un professionnel de la santé. Exactement comme il ne faut pas aller à la SQDC pour une condition médicale. Ça, on l’entend tous les jours pour le cannabis. Mais jamais pour la mélatonine. 

Plusieurs pays exigent une ordonnance dont la Suisse, le Danemark et le Royaume-Uni.

Les doses vendues sommes MASSIVES comparées à ce que le cerveau produit naturellement

Les effets à long terme sont inconnus…

Contrairement au cannabis, il n’y a pas de réel standard dans la production de la mélatonine. 

Un exemple? L’article de La Presse nous informe qu’en 2017, une étude ontarienne sur 30 compléments commerciaux, à mis à jour que des comprimés de mélatonine contenaient une dose 478 % fois plus forte que la dose annoncée sur l’étiquette avec des variations entre les lots qui pouvaient atteindre 465 %. Il est utile de se rappeler que la mélatonine est une hormone… 

DONC cet article a été publié il y a quelques jours… 

Voilà ce que j’écrivais le 29 octobre 2019… donc il y a presque trois ans dans l’épisode 5 qui portait sur le cannabis et le café. 

Le gouvernement canadien, le gouvernement québécois, tous les organismes à l’exception du crime organisé, exhortent la population à faire attention aux molécules de cannabis. Mais quand un produit est vendu en pharmacie, qu’il s’agisse de formulations homéopathiques ou de mélatonine, le commerce prime. 

Pourquoi les pharmaciens vendaient-ils des produits homéopathiques? 

Pour le profit, comme lorsqu’ils vendaient des cigarettes. 

Certains diront que c’est parce que les clients en demandent. 

La science parle, mais le marché, le grand marché, lui crie!

Et le lien avec la mélatonine qui se vend maintenant sous forme de petits oursons gélatineux? Et ben, la mélatonine est aussi une hormone. Comme les stéroïdes anabolisants. Et quand on prend des stéroïdes, il y a de fortes chances que les testicules deviennent toutes petites, surtout si on est un homme. Et donc, le corps arrête de fabriquer sa propre testostérone. 

La mélatonine, je le disais, est aussi une hormone fabriquée par l’épiphyse ou la glande pinéale. La Société canadienne de pédiatrie affirme sur son site que pour Santé Canada la mélatonine est un produit de santé naturel. 

Est-ce que le corps de l’enfant qui gobe des oursons de mélatoto pour faire plaisir à ses parents va être capable de continuer à produire sa propre mélatonine lorsqu’il sera adulte? 

Faites comme moi! Demander à votre pharmacien : est-ce que la prise de l’hormone mélatonine conduit, à long terme, à une défaillance de la production par l’humain?

La mienne de pharmacienne, qui part ailleurs est une personne remarquable, m’a dit qu’elle ne le savait pas. Trop tôt pour dire. Le plus drôle, enfin drôle…, est que Santé Canada dit de tout son poids de spécialiste de la Santé que la mélatonine est uniquement pour les adultes. Pour les enfants et les ados, il s’agit d’un emploi non autorisé. 

On voit ici clairement le double standard pour un produit qui vient directement d’un laboratoire pharmaceutique versus un produit utilisé depuis des milliers d’années sans histoire particulière. 

Fin de l’autocitation

Toute cette longue intro était une mise en bouche pour examiner comment et pourquoi le cannabis affecte le sommeil. Sans jamais rejeter la science, il me semble important de démontrer que les autorités se servent de la science, de la bonne et de la mauvaise, pour des raisons purement économiques. Non, je ne parle pas de la construction du tunnel à Québec… ou de la promotion de l’alcool par le premier ministre du Québec. L’alcool qui cause dix morts et 400 hospitalisations quotidiennes au Canada.

Une étude récente a même été commentée par le réseau TVA il y a quelques jours, le 4 septembre. Le titre de l’article : La légalisation du cannabis pourrait faire baisser la valeur boursière des entreprises pharmaceutiques. Et là je cite texto encore une fois :

Dans leur étude, «Les lois américaines sur le cannabis devraient coûter des milliards aux entreprises pharmaceutiques», une équipe du département d’économie de l’université du Nouveau-Mexique a étudié comment les rendements boursiers des sociétés pharmaceutiques cotées en bourse ont réagi aux événements de légalisation du cannabis médical et récréatif.

Ils ont constaté que les rendements boursiers étaient de 1,5 à 2 % inférieurs 10 jours après un événement de légalisation du cannabis et que les implications de la vente annuelle de cette réduction se chiffraient en milliards.

On peut donc imaginer, sans dire que je suis un commentateur mal renseigné, que le cannabis vient jouer dans le jardin des géants du pharmaceutique… Si TVA le dit, forcément c’est vrai… 

Les partis politiques québécois ne s’intéressent pas au Cannabis.

Eric Duhaime, le supporteur inconditionnel du privé, ne veut pas toucher à la SQDC. 

Il est le plus récent exemple de ce manque d’intérêt. Ou de la peur d’un dossier explosif…

Et bien le sommeil va finir pour réveiller nos politiciens. 

Évidemment, si la mélatoto est en vente libre malgré les dangers connus, c’est que le législateur se fout de ce qui se passe dans votre maison. Sauf si vous faites pousser 4 plants de cannabis.

Mais pourquoi les problèmes de la population vont-ils réveiller les politiciens?

Parce que les gens qui dorment mal performent mal au travail et les couts sont énormes pour la société.

Annuellement, les États-Unis, les problèmes de sommeil causent une perte évaluée 1,23 million de jours de travail. Cela couterait à l’économie américaine 411 milliards de dollars par an. Suivent, dans l’ordre des plus fortes pertes économiques reliées au manque de sommeil, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Canada qui perdrait environ 78 000 jours ouvrables. Sans oublier que le manque de sommeil est associé à un plus fort risque de mortalité. 

Au Canada, le cout de l’insomnie est estimé à 5 010 $ CA par personne par année à cause de l’absentéisme au travail et de la productivité réduite qui en résulte.

Au détour, j’ai découvert une recherche à laquelle à participer, entre autres, le  

Département de psychologie, Université de Montréal

Centre d’étude avancée en médecine du sommeil de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, 

École de psychologie de l’Université Laval

École de santé publique du Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal,

L’Institut universitaire de santé mentale de Montréal

Le titre de l’étude est clair, Economic burden of insufficient sleep duration in Canadian adults.

La conclusion est toute aussi claire :

La durée insuffisante du sommeil est un facteur important des dépenses de santé et des pertes de productivité liées à la santé au Canada. 

Que les enfants québécois développent de nombreux problèmes parce qu’ils utilisent de la mélatonine n’intéresse pas le législateur québécois. Mais un ralentissement de l’économie a plus de chance de l’interpeler et c’est un peu le motif secret de cet épisode dans le contexte de l’élection provinciale québécoise.

Je précise que certaines compagnies semblent avoir prévu le retour de fronde contre la mélatonine. J’ai vu passé un produit qui s’appelle Prima’s Sleep Tight. Le produit est annoncé comme étant formulé par un médecin avec du CBD, des composés d’acides aminés, des herbes calmantes et surtout, surtout sans mélatonine. C’est écrit sur l’étiquette. C’est la première fois que je voyais ça dans le cannabis… Une étiquette qui annonce la présence d’une absence. En fait, ce n’est pas exact. J’ai vu des étiquettes qui disent que les fleurs ne sont pas irradiées… Encore là présence de l’absence.

Alors regardons rapidement c’est qu’est le sommeil, mais par le prisme du rythme circadien. Il y a une raison qui va devenir apparente plus tard dans l’épisode.

J’avais 6 ans quand j’ai vu un documentaire sur l’explorateur français Michel Siffre qui s’intéressait aux rythmes circadiens. Je me rappelle avoir vu le monsieur descendre s’isoler dans un gouffre à 100 m de profondeur sans repère avec le jour et la nuit. Quand il remonte pour sortir de son gouffre le 14 septembre 1962, Siffre pense qu’il s’agit du 20 aout. À force de confondre sieste et longue nuit entre guillemets. Le plus troublant est que son horloge biologique fut trompée par l’expérience et que Siffre se mettait à table pour son petit déjeuner à 19 h et qu’il se «couchait» pour la nuit aux alentours de midi… 

Siffre dira plus tard que sans repère, c’est le cerveau qui crée l’illusion du temps. Il était un explorateur, spéléologue et géologue de formation, mais j’avais l’impression qu’il explorait surtout ce qu’il se passait dans son cerveau…

C’était peut-être ma première rencontre avec la science… dans le fond d’une grotte.

Comme enfant, j’avais été troublé par ses constatations. Je ne sais pas pourquoi, par contre. Peut-être, voir Siffre surgir d’une nuit éternelle. Il titubait comme s’il était ivre. Des policiers qui ressemblaient au comique Louis de Funes avec leurs képis se sont précipités maladroitement pour l’aider en masquant ses yeux, car le soleil l’aveuglait.

J’ai utilisé le mot circadien. Il vient du latin classique circa diem, «autour du jour».

Le rythme circadien est une forme d’horloge interne qui conditionne les réactions physiologiques et biochimiques à la lumière et à la noirceur. 

Cela va avoir un impact sur nos réactions physiologiques, cognitives et comportementales.

 Les femmes ont un rythme plus court que celui des hommes ce qui expliquerait qu’elles se couchent en moyenne plus tôt que les hommes. Quand tu comprends ça, tu arrêtes de regarder les différences entre les hommes et les femmes dans un contexte de force, d’endurance ou de résistance…

Une bébelle pas importante les rythmes circadiens? Pas vraiment, car en 2017, les chercheurs Hall, Young  Rosbash ont reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine «pour leurs découvertes des mécanismes moléculaires contrôlant le rythme circadien»

Les rythmes circadiens sont générés par des mécanismes cérébraux et l’environnement. Oui, la rotation de la Terre et les variations lumineuses sont impliquées. Mais les petits bébés naissants n’ont pas de rythme circadien, ce qui leur permet de dormir aussi bien le jour que la nuit. Ce n’est que vers la huitième semaine qu’il apparait, d’où l’idée d’une horloge biologique intégrée dans nos organismes…

Ce sont les zeitgebers, aussi appelés donneur du temps qui nous aide à déterminer nos cycles. La lumière est un zeitgeber, mais l’alimentation aussi. Tout cela appartient à la chronobiologie., la science qui étudie donc les rythmes biologiques. 

Mais le rythme circadien n’existe pas que chez l’humain. Les insectes, les plantes, les bactéries et même les champignons. Et on passe du champignon au SEC. Comment? Les organes et tissus du corps humain ont aussi une place de choix dans le SEC et ils produisent des endocannabinoïdes. Et on sait qu’il y a des récepteurs CB1 dans l’hypothalamus qui est aussi la région où trouve le mécanisme central de notre horloge biologique circadienne. 

Cela veut-il dire que l’on pourrait manipuler notre rythme circadien en consommant du cannabis? La réponse est oui! En fait le SEC est relié de plusieurs façons au rythme circadien. En fait le SEC aurait un comportement rythmé. Mais cela sera une saga pour une autre fois.

On sait aussi que le SEC a une influence directe sur le sommeil.

Un rythme circadien perturbé va créer plusieurs types de difficultés : des difficultés à s’endormir, à rester endormi, un sommeil avec des réveils non désirés ou tout simplement un sommeil de mauvaise qualité. Le DSM-5 identifie cinq types de troubles du rythme circadien, du sommeil et de l’éveil. Les curieuses vont trouver un lien dans les notes de l’épisode.

On va se contenter de comprendre qu’entre le rythme circadien et le SEC, il y a une vraie relation d’interdépendance. 

Alors le cannabis et le sommeil?

Forbes, le magazine d’affaire a publié en juin un article intitulé Should You Use CBD for Sleep? Si Forbes en parle, c’est un bon signe. Pour les affaires et pour la déstigmatisation du cannabis. La conclusion est classique, le choix du CBD est l’affaire d’une discussion entre vous et votre médecin. Si vous en avez un. C’est comme ça.

S’il y a une méthode pour constater l’efficacité du cannabis, c’est de regarder l’évolution des ventes de somnifères en vente libre dans les endroits où la consommation de cannabis est légale. Et ça tombe bien, car une telle étude existe pour le Colorado où les ventes de somnifères étaient en augmentation de façon constante. Jusqu’a la légalisation. Alors que les ventes de tous les produits en vente libre restaient constantes, la vente des somnifères s’est effondrée totalement. Plus le nombre de points de vente a augmenté, plus les ventes de somnifères ont diminué. Scientifiquement, cela ne veut pas dire que le cannabis est plus efficace. Cela prouve simplement qu’un produit alternatif naturel semble être une vraie solution pour les gens qui ont des problèmes de sommeil.

Une étude parue la semaine passée et reprise par l’ensemble des médias montre que depuis la légalisation au Colorado en 2014, tout s’est accéléré. Le titre de l’étude est : Les lois américaines sur le cannabis devraient coûter des milliards aux fabricants de médicaments génériques et de marque.

L’étude évalue une perte de presque 10 milliards de dollars avec quelques bémols bien sûr. 

Voici la conclusion de l’article :

En gardant ces limites à l’esprit, la taille de l’impact estimé suggère des implications importantes pour toutes les parties prenantes : les fabricants de médicaments, les patients et leurs fournisseurs, les investisseurs, les régulateurs et la communauté universitaire, tant pour les événements de légalisation passés que futurs. 

Le plus surprenant est de constater les choix des consommateurs quand on sait que les compagnies pharmaceutiques ont déployé des budgets de pub et de lobbying extraordinaires pour lutter contre la légalisation.

Je disais plus tôt que le magazine Forbes parlait du CBD comme solution au problème de sommeil. Évidemment, c’est encore difficile de parle de THC aux États-Unis. 

Devrais-je vous parler de THC et du sommeil? Ça pourrait être drôle, mais je ne ferais que parler de ce que tout le monde connait. Je ne connais aucun consommateur de cannabis dont le THC n’affecte pas le sommeil. Les réactions sur les réseaux sociaux à l’épisode #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis? ont été pour moi une vraie découverte. Les rêves qui stoppent lors des périodes de consommations pour certains ou qui continuent sans interruption pour d’autres. Les présences ou l’absence de cauchemars, ainsi de suite. Évidemment la loi de l’effet joue à plein. Il est d’ailleurs utile de se rappeler que le même cultivar peut provoquer des effets différents chez le même utilisateur dans la même semaine.

Tous ces faits sont d’ailleurs codifiés dans la médecine ayurvédique traditionnelle utilisée depuis des milliers d’années en Inde. 

Au-delà des effets anecdotiques du THC sur l’humain, que savons-nous vraiment?

Le plus important à retenir est que les effets du THC peuvent se transformer au fil des ans. Que la recette de nos 20 ans peut ne pas fonctionner à 45 ans! Cela est aussi vrai pour l’alcool que l’on supporte de moins en moins en vieillissant. Ou les ognons crus. Ou la cuisine très très grasse.

Lorsqu’une personne arrête de consommer, elle dort souvent mal. Des études ont démontré que le sevrage a un impact sur les phases du sommeil. C’est ce qui explique qu’un sommeil d’une durée similaire semble procurer moins de repos. Un exemple? OK. Le sommeil paradoxal va augmenter dans une forme de compensation qui expliquerait l’apparition de rêves désagréables très très vivides qui vont disparaitre si l’abstinence de cannabis est maintenue. Des études sur des rats documentent tout cela en détail et le plus intrigant est de constater une différence entre les rats mâles et femelles qui semblent éviter l’augmentation du rêve paradoxal. 

Mais, mais, mais, il y a aussi des recherches qui contredisent ce que je viens de dire. The Effects of Cannabinoids on Sleep publié en février 2022 est une recherche documentaire dans des bases de données de recherches publiées entre le 1er janvier 1960 et le 1er juillet 2021. Au total, 818 études ont été considérées. Là je résume les grandes lignes plus ou moins texto.

  1. La disponibilité et la commercialisation de produits à base de cannabis destinés à faciliter le sommeil augmentent constamment.
  2. Des améliorations légères du sommeil subjectif ont été signalées avec l’utilisation de produits à base de cannabis dans certains examens antérieurs de sujets souffrant de douleurs chroniques, comme des patients souffrant de sclérose en plaques, de douleurs neuropathiques périphériques ou de douleurs liées à la polyarthrite rhumatoïde.
  3. Il y a peu ou pas de preuves scientifiques convaincantes dans les documents sélectionnés.
  4. La plupart des études incluses dans cette revue étaient de nature observationnelle, basées sur l’autoévaluation.
  5. Le cannabis ne serait pas efficace pour les troubles du comportement des mouvements oculaires rapides

OK. Cette recherche me fait penser à un incident qui est arrivé il y a quelques années. Santé Canada a voulu interdire les produits de citronnelle antimoustique. Des centaines d’années de résultats probants furent jugées par Santé Canada de nature observationnelle et basée sur l’autoévaluation… donc à rejeter.

 Voilà ce qu’écrivait dans Le Devoir le journaliste Guillaume Bourgault-Côté en septembre 2014 :

Après dix ans d’incertitude et de sursis, la petite industrie du chasse-moustiques à base de citronnelle a perdu son combat face à Santé Canada : les dernières bouteilles d’insectifuge devront être retirées des rayons d’ici la fin de l’année, point final. Une décision dénoncée par le NPD à Ottawa.

 

«On se demande pourquoi Santé Canada fait fi des recommandations des scientifiques et interdit la vente d’un produit naturel», a indiqué mardi par communiqué Libby Davies, porte-parole en santé du Nouveau Parti démocratique. «Santé Canada devrait réexaminer sa décision.» 

Fin de la citation.

Finalement, en 2015, sous la pression populaire, Santé Canada revient sur sa décision. Mais c’est une pause temporaire et elle pourrait de nouveau tenter d’interdire la citronnelle.

OK, il manque un élément très important dans notre discussion. Le plus important des arguments qui s’écrit en 3 lettres…

C.B.N.

Oui le cannabinol et non pas le cannabidiol ou CBD… Ils ciblent les mêmes récepteurs du SEC tout en produisant des effets différents.

Le CBN fait partie de la famille des cannabinoïdes mineurs, comme le CBD, mais sa filière de production est différente. Alors que le THC, le CBD ou le CBC proviennent tous du CBG ou cannabigerol, le premier cannabinoïde qui apparait dans la vie d’un plant de cannabis. C’est un travail des enzymes sur le CBG qui le transforme en THC, CBD ou CBC. Le CBN lui est dans une classe à part. C’est une dégradation du THC causé par la chaleur ou le soleil qui le crée.

Si le THC a été isolé pour la première fois en 1964 par Gaoni et Mechoulam à l’Institut Weizmann de Rehovot, ce n’est pas le premier cannabinoïde isolé dans sa forme pure. Ce privilège revient au CBN qui a été découvert 68 ans plus tôt en 1896.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. 

OK je me ramasse…

En 1896 donc, c’est un dénommé Wood qui a isolé le CBN. Il a fallu attendre 1940 pour que l’on connaisse parfaitement sa structure. On a pensé initialement et à tort qui c’était un psychotrope. La dégradation dont on parle, c’est simplement, par exemple, l’exposition du hach au soleil et aux intempéries qui a créé les bonnes conditions pour qu’une forte concentration de CBN apparaisse et s’accumule. Dans une fleur de cannabis, il y a finalement très peu de CBN. C’est là où la fermentation de précision fait rêver la planète cannabis. Mais c’est aussi une saga pour une autre fois.

Le petit coquin de CBN est capable d’agir avec les récepteurs CB1 et CB2 du SEC. Dans cette interaction, les récepteurs seraient la serrure et le CBN serait la clé…

Les bénéfices du CBN sont nombreux :

  1. Il stimule l’appétit.
  2. Il agit sur les glaucomes.
  3. Il est antibactérien
  4. Il est antiinflammatoire
  5. Le CBN protègerait le cerveau. Une étude de 2004 sur des souris a déterminé que le traitement de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) avec du CBN a retardé la progression de la maladie.

Malgré toutes ces qualités, à court terme, c’est-à-dire demain soir, le principal bénéfice du CBN est qu’il agit comme un sédatif très efficace. Son action antiinflammatoire contribue à la relaxation musculaire, ce qui aide quand on est costumé en pyjama.

Voilà la première action du CBN pour le sommeil. Mais il existe une deuxième interaction plus complexe qui nous ramène à Michel Siffre, notre gentil explorateur de la noirceur. Le CBN pourrait interagir avec les récepteurs TRPV2. Oh, le CBD sait aussi faire ça, car c’est aussi un cannabinoïde d’origine végétale qui est les seuls agonistes du TVPR2. Un agoniste, c’est l’inverse d’un antagoniste et voilà un mot que nous connaissons.

Il y a 3 définitions dans mon dictionnaire pour antagoniste et je vais m’en tenir à la première, car c’est la plus simple

Il s’agit d’un individu, groupe, principe, etc., en opposition, en lutte avec un autre ; rival, adversaire, concurrent. Tenter de réconcilier les antagonistes d’un conflit qui a déjà trop duré. D’ardentes antagonistes du régime en place. antagonist
 Quand j’étais petit, ma mère me disait «arrête d’antagoniser ton petit frère»… 

Agoniste est donc l’inverse d’antagoniste.

Alors le CBN est agoniste des récepteurs TRPV2, cela veut dire qu’il se lie de façon réversible à un récepteur. Jusque là, rien de spécial. La pirouette qui nous ramène au début de l’épisode vient du fait que le récepteur TRPV2 serait relié à la gestion du rythme circadien. Le CBN pouvant interagir avec le TRPV2, il est possible qu’il déclenche la somnolence et signale au cerveau et au corps de se reposer. Mais on ne sait pas comment il ferait ça…

Le sommeil est important pour la survie de l’individu et son bon fonctionnement. Mais le sommeil, lorsqu’on le considère globalement, est un des vecteurs les plus importants d’une économie qui performe bien. Les chiffres sont clairs. Le mauvais sommeil coute cher à nos sociétés. Notre environnement, celui que nous créons dans nos résidences avec tous nos appareils électroniques, la WIFI et tout le bataclan, je pense à votre microonde, est de plus en plus problématique. L’autre environnement, celui que nous subissons, et là je pense aux réseaux qui nous bombardent en permanence, le plus récent est le G5, n’est guère plus hospitalier. Le grand principe de précaution prend toujours le bord quand le commerce parle plus fort. 

Nous sommes tous les cobayes d’une expérimentation à ciel ouvert où chacun va devoir trouver la meilleure façon de protéger son sommeil. Je n’ai pas dormi cette nuit. C’est un fait. Après une vie entière sans problème, cela fait 3 fois en un mois que je ne trouve pas le sommeil… Je vais devoir revoir mon protocole. Pour la première fois de ma vie, je suis capable de me mettre à la place de quelqu’un qui a des problèmes de sommeil. Mais c’est peut-être juste le lancement de mon nouveau magazine numérique qui me stresse à fond… www.bon stock. Quebec. 

Je vais bientôt en avoir le coeur net!

Et voilà, c’était le 117e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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#116 Docteur, mon chat peut-il consommer du cannabis?

#116 Docteur, mon chat peut-il consommer du cannabis?

Pourquoi un épisode sur les soins pour les animaux avec le cannabis? Et je précise qu’aucun animal n’a été blessé pour réaliser le visuel de l’épisode. Donc, c’est une nouvelle de la semaine passée sur la hausse des visites d’enfants aux urgences causée par les mangeables et autres produits de cannabis qui m’a fait réfléchir. Les bébés c’est important. Les jeunes enfants aussi. Les adolescents aussi. Même s’ils ont 21 ans moins un jour. 

 Et pourquoi pas les animaux de compagnie? 

Parce que personne n’aime voir souffrir des êtres chers, qu’il s’agisse d’un animal humain ou non humain. Du point du propriétaire ou du maitre, le mot est moins gros…, c’est une évidence. Mais il y a aussi le commerce. Alors aujourd’hui, je partage mes découvertes et mon parcours sur l’utilisation du cannabis et leurs effets voulus ou pas pour les animaux de compagnie. 

On ne peut évoquer le mieux-être potentiel sans s’intéresser aux dangers d’une consommation non désirée. 

Je nous donne une perspective… En 2014, aux États-Unis, les dépenses pour les animaux de compagnie frisaient le 60 milliards de dollars américains. Il s’agissait d’une augmentation de 5 % sur 2013. On saute en 2020. Le American Pet Products Association évoquait un marché de 95, 5 milliards É.-U..

Au Québec, c’est Fabien Déglise qui, je crois, a été un des premiers journalistes à s’intéresser au sujet. Voilà texto ce qu’il écrivait en novembre 2018 dans Le Devoir…

Bonne écoute!

 

Transcription Intégrale de l'épisode #116

#116 Docteur, mon chat peut-il consommer?

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Cela fait deux, trois épisodes consécutifs où je parle des effets du cannabis sur la santé des humains. L’épisode de la semaine passée, le 115e, qui posait la question Que se passe-t-il dans mon corps quand j’arrête de consommer du cannabis a eu un énorme succès. Je tiens d’ailleurs à remercier Mélanie Forget qui est modératrice d’un gros groupe sur Facebook. Elle a partagé l’épisode et j’ai découvert plein de choses que j’ignorais grâce aux interventions des membres de la communauté Spotted SQDC. Le groupe Reddit a aussi été très réceptif. C’est d’ailleurs une communauté à connaitre, car elle regroupe plus de 35 000 personnes. Le post que j’ai fait pour l’épisode a été vu plus de 7000 fois. Merci Reddit SQDC. Merci, Mélanie!

J’en profite pour faire une petite mise au point technique. Je réalise que je ne dis pas toujours qu’il y a, pour chacun des sujets que j’aborde des avis contraires… Il y a plein de recherches qui tentent de prouver que le cannabis est un fléau. Mon approche est simple. Je tente d’aborder ce qui est porteur d’espoir sans jamais oublier les bémols des recherches que je partage. Un jour, j’espère, j’aurai un réseau assez développé pour pouvoir commenter toutes ces recherches en laissant la parole aux experts et de sachants du Québec et d’ailleurs.

Et finalement, le magazine Bon Stock avance. La première infolettre est sortie. Des nouveaux abonnés se sont joints au groupe. Je continue d’écrire des articles. Je viens tout juste d’en terminer un sur le Fruit Tartar Haze, un cultivar inédit cultivé par Michaël Baril chez JMF Growers. Plein de photos et des infos précises sur ce cultivar qui est maintenant disponible.

OK. On revient à nos affaires et à l’épisode de la semaine.

 

Pourquoi un épisode sur les soins pour les animaux avec le cannabis? Et je précise qu’aucun animal n’a été blessé pour réaliser le visuel de l’épisode. Je n’ai laissé un chat se rouler un joint en ma présence. Non, c’est non. La sécurité de tous les animaux est importante sur toPot.

Donc, c’est une nouvelle de la semaine passée sur la hausse des visites d’enfants aux urgences causée par les mangeables et autres produits de cannabis qui m’a fait réfléchir.

Les bébés c’est important. Les jeunes enfants aussi. Les adolescents aussi. Même s’ils ont 21 ans moins un jour. 

Et pourquoi pas les animaux de compagnie? 

Je pense à Édie ma petite chatte atteinte de leucémie qui est maintenant enterrée dans notre cours. Je pense aussi à Gougou le beau chat noir de Mel et Julie, deux influenceuses cannabis partout présentent. Je viens de voir quelques photos de Gougou sur FB. Bonjour à vous trois!

Techniquement, je suis allergique aux chats, mais ce n’est pas cher payé pour être heureux en couple. J’ai aussi des questionnements, des problèmes de fonds en fait, sur toutes les relations de dépendance. Et je connais des tonnes de véganes qui ne comprennent pas ça. Mais c’est une saga pour une autre fois. 

Ah oui, mon épaule va mieux. Je ne prends aucun médicament et on avait à la maison une vieille bouteille de comprimés d’acétaminophène. Bas répondeur. Je suis allé voir ma pharmacienne et maintenant je sais que je suis un haut répondeur à l’ibuprofène. La vie est belle.

Alors pourquoi est-ce important de parler des soins animaux avec du cannabis? Parce que personne n’aime voir souffrir des êtres chers, qu’il s’agisse d’un animal humain ou non humain. Du point du propriétaire ou du maitre, le mot est moins gros…, c’est une évidence. Mais il y a aussi le commerce. Alors aujourd’hui, je partage mes découvertes et mon parcours sur l’utilisation du cannabis et leurs effets voulus ou pas pour les animaux de compagnie. 

On ne peut évoquer le mieux-être potentiel sans s’intéresser aux dangers d’une consommation non désirée. 

Je nous donne une perspective… En 2014, aux États-Unis, les dépenses pour les animaux de compagnie frisaient le 60 milliards de dollars américains. Il s’agissait d’une augmentation de 5 % sur 2013. On saute en 2020. Le American Pet Products Association évoquait un marché de 95, 5 milliards É.-U..

Au Québec, c’est Fabien Déglise qui, je crois, a été un des premiers journalistes à s’intéresser au sujet. Voilà texto ce qu’il écrivait en novembre 2018 dans Le Devoir.

Qu’est-ce que je disais? Ah oui, Fabien Déglise, journaliste au Devoir, écrivait ceci un mois après le début de la légalisation :

Les dépenses pour les animaux domestiques sont en croissance au Québec où, en 2016, selon Statistique Canada, elles ont atteint 1,7 milliard de dollars, pour 16 millions de compagnons à poils. Le marché des médicaments vétérinaires à base de cannabis, mais également des biscuits, des gâteries et des produits d’hygiène, dont les crèmes et les shampooings pour animaux, issus de cette plante est estimé à plusieurs millions de dollars annuellement. 

Évidemment, au Québec, dans le ROC et dans le reste du monde entier, ces chiffres font saliver. 

Depuis les débuts de la légalisation, je regarde qui fait quoi, qui dit quoi au sujet des soins pour les animaux avec le cannabis. Voici donc ce que j’ai initialement observé. Ai-je tout vu? Non. Ma veille était moins performante au début de la légalisation.

Alors selon qui selon a fait entendre sa voix en premier? 

Le 15 mars 2018, 7 mois avant le début de la légalisation, c’est l’Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux, l’AMVQ, qui communique les résultats d’un sondage sur les causes les plus fréquentes de consultation pour intoxication chez les chiens. Pour la petite histoire, l’AMVQ existe depuis les années 50… Et elle fait à chaque novembre une campagne de sensibilisation à la douleur animale.

Alors quelles sont les causes les plus fréquentes d’intoxication chez les chiens au Québec?

  1. chocolat (31 %)
  2. médicaments pour humains (25,7 %)
  3. cannabis (17,6 %)
  4. rodenticides/insecticides (14,3 %) 
  5. plantes toxiques (7,4 %)

Et les causes d’hospitalisations? Oui comme chez les humains, une intoxication ne signifie pas obligatoirement une hospitalisation.

  1. médicaments pour humains arrivent aussi en tête (27 %)
  2. chocolat (24,7 %)
  3. cannabis (23,2 %)

  

Et dans la vraie vie, cela veut dire combien de cas? 

L’AMVQ estime que juste pour l’année 2017, entre 700 et 900 chiens victimes d’intoxications au cannabis ont consulté un médecin vétérinaire en pratique générale. L’histoire ne dit pas si les chiens ont appelé pour prendre rendez-vous et comment ils ont payé… C’est d’ailleurs cette formulation qui a inspiré le titre de l’épisode.

La légalisation canadienne est probablement partiellement responsable de l’augmentation des cas de toxicoses chez les animaux de compagnie. Mais il ne faut pas oublier le volet du cannabis médical. Beaucoup de patients font pousser du stock dans leur sous-sol ou dans une pièce à laquelle leurs animaux ont accès. Mais personne ne tient ce genre de statistiques au Québec. Il n’y a pas de registre du cancer… Alors imaginer un compte précis de ces types d’incidents relève de la magie. 

Ce que l’on dit rarement, car cela ferait moins peur aux maitres, c’est que la plupart des cas d’empoisonnement au cannabis se terminent bien sans effets néfastes à long terme. Comme pour les humains. Mais le maitre est responsable. Toujours, 100 % du temps. Comme pour la consommation des mangeables par les enfants. Seuls les parents peuvent être blâmés.

Mais comment soigne-t-on les overdoses des animaux non humains? 

J’ai cherché.

J’ai trouvé. 

Je vous en reparle dans la conclusion de l’épisode.

Bon, la première question que je me pose est la suivante?

Pourquoi le cannabis fonctionnerait sur les animaux non humains? 

Les animaux humains, on le sait, disposent du SEC, le système endocannabinoïde. Mais les autres animaux? J’ai été chanceux, car j’ai trouvé la recherche de Robert J. Silver publiée en 2018 intitulée Le système endocannabinoïde des animaux. Voici texto le résumé simple de son papier :

Notre compréhension du système endocannabinoïde des animaux, et de son omniprésence chez presque tous les membres de la famille animale, a ouvert la voie à de nouvelles approches visant la gestion de la douleur, la thérapeutique du cancer, la modulation des troubles neurologiques, la réduction du stress, la gestion de l’anxiété et les maladies inflammatoires. 

J’ai parcouru la recherche et voici ce que je comprends.

  1. Le système endocannabinoïde est présent chez presque tous les animaux,
  2. Pour tous les animaux, le rôle du SEC est essentiel dans le maintien de l’homéostasie pour un certain nombre de systèmes organiques. 
  3. Le SEC module plein d’affaires
    • Le système nerveux
    • Le système immunitaire 
    • Par le biais de récepteurs et de molécules de signalisation chimique, le SEC participe au soulagement de la douleur et l’inflammation, 
    • Il module le métabolisme et la fonction neurologique, 
    • Il participe aux processus digestifs 
    • Il soutient la fonction de reproduction et le développement embryologique. 

Le chercheur Silver est très optimiste sur l’avenir des recherches sur les cannabinoïdes. Selon lui, le SEC n’a pas encore révélé tous les secrets de la pathogenèse des maladies d’un côté et du maintien de la santé de l’autre. 

Pathogenèse De patho⁠-, «maladie» + — ⁠gène, «produire»… 

Donc, la pathogenèse des maladies, et là je cite mon dictionnaire, c’est juste l’étude du processus par lequel une cause pathogène, connue ou inconnue, agit sur l’organisme et détermine une maladie. 

Théoriquement, si les animaux non humains ont un SEC, on peut penser qu’ils pourraient, comme vous et moi, bénéficier de traitements préventifs et curatifs qui cibleraient le SEC.

Est-ce que des vaches qui sourient vont produire un lait souriant, plus léger, moins gras? 

Il est important de comprendre que ce qui est parfait pour un soin ponctuel peut être dangereux dans l’alimentation quotidienne.

Et comme certains animaux ont un cycle de vie plus court et très propice à l’expérimentation, et bien une équipe a produit une étude sur les rongeurs et leur conclusion était claire et j’y vais plus ou moins texto : 

La consommation de THC par une maman rat produit un faible effet sur le comportement de ses petits qui se traduit par une activité moindre. Au final, le THC affecterait moyennement le comportement cognitif et faiblement le comportement locomoteur et émotionnel des bébés rats.

Bon, on le sait maintenant, les animaux humains ne sont pas uniques avec leur SEC. Alors que sait-on en 2022 des avancées réelles en termes de traitements pour les animaux. Sans être exhaustif, j’ai trouvé des recherches qui concluaient que les traitements suivants étaient pertinents :

  1. Arthrose
  2. Démangeaisons
  3. Cancer
  4. Anxiété
  5. Crises d’épilepsie 

Et comment administrer des soins aux animaux non humains? J’ai vu de l’huile, des capsules et des petites gâteries… C’est possible qu’il existe d’autres produits plus innovants. Je pense surtout aux chevaux qui peuvent valoir plus cher que ma maison… Les chevaux de luxe ont accès, par exemple, à des pansements d’argile pour diminuer certains problèmes à leurs jambes. On y introduit en plus des substances actives. Depuis au moins une vingtaine d’années.

J’ai trouvé une université du Texas qui semble se spécialiser dans les traitements de CBD pour les chevaux. C’est la chercheuse Kimberly Guay qui s’intéresse aussi à la nutrition animale à base de chanvre. C’est l’entreprise HempMy Pet qui finance cette recherche.

L’objectif de la recherche visait à comprendre la place que l’huile de CBD à spectre complet peut occuper comme outil pour atténuer le stress et réduire les blessures. Il y avait également un volet qui visait et là je cite texto, donc un volet qui visait à promouvoir la santé en minimisant la surstimulation de l’hypothalamus, de l’hypophyse et des glandes surrénales.

La conclusion de la recherche démontre des doses plus élevées de CBD à .6 mg/kg de poids corporel) étaient plus efficaces que des doses plus faibles de CBD. Le CBD était non détectable après 24 heures pour les deux dosages. S’agissant d’un animal qui subit des contrôles antidopage, c’est un détail important.

Avant d’aller plus loin, après les chevaux, on va discuter de l’éléphant dans la pièce. Oui, si vous consommez à la maison, vous êtes responsables de ne pas laisser trainer les médicaments prescrits par votre médecin, le chocolat prescrit par votre douce moitié et votre cannabis non prescrit par la SQDC. Si malgré toutes ces précautions, vous avez oublié une boulette de hach sur comptoir de cuisine, SVP ne pas demander de conseils sur Facebook. Consulter votre vet. Ou votre pédiatre… Cela dépend de l’animal qui a ingurgité votre bon stock.

Pendant les premiers mois de la légalisation, je me suis amusé à comparer les articles de la presse québécoise avec ceux de la presse du ROC et des États-Unis.

Alors que les spécialistes locaux incitaient les propriétaires à attendre, voici ce que je pouvais lire dans la presse de NY :

New York Medical Marijuana Program May Soon Include Care for Pets

Les législateurs de New York travaillent sur un nouveau projet de loi sur le cannabis médical. Le programme de marijuana médicale de New York pourrait bientôt inclure les soins pour les animaux de compagnie. 29 mai 2018

En janvier 2018, Green Island Naturals, une entreprise de la Colombie-Britannique offre plusieurs extraits de cannabis à usage médicinal pour les animaux non humains.

Leur pub dit, grosso modo, que : 

Leurs teintures CBD Medico Pet sont une option contemporaine pour combattre l’anxiété, la douleur et d’autres maux chez les chiens et les chats. Le traitement par teinture de CBD est une option de traitement naturel. Le produit est doux et sans effet psychoactif. Il est conseillé aux propriétaires de prescrire une dose plus faible lors de la première exposition du chien ou du chat au traitement, et d’augmenter la dose si nécessaire.

Pour ma veille, j’utilise un logiciel libre qui s’appelle Zotero. Quand je visite un site et qu’une page m’intéresse, je peux la saisir en format HTML pour en garder une copie locale. ZOTERO pour les curieuses. Pourquoi je vous parle de mes bébelles normalement invisibles? C’est que j’ai fait des recherches dans ma veille Zotero et j’ai redécouvert un des premiers produits pour chien que j’ai croisé. 

Les Smart Hemp Soft Bites, un produit américain :

Présentation du produit :

  • Un savoureux délice au gout de bœuf et de bacon
  • Formulées par des vétérinaires pour les chiens 
  • Faciles à ajouter au régime quotidien de chanvre de votre chien. 
  • Chaque bouchée molle contient 2 mg de chanvre PCR hydrosoluble, 
  • Suivez le mode d’emploi et donnez à votre chien la portion appropriée en fonction de son poids. Il est facile de couper les Soft Bites en petits morceaux pour les petits chiens. Et surtout, les Soft Bites contiennent ZÉRO THC!

Avantages :

  1. Formulé par des vétérinaires
  2. Soutiens le système endocannabinoïde de l’animal.
  3. Sans gluten ni céréales
  4. Saveurs que les chiens apprécient
  5. La boîte à large ouverture réduit les risques d’écrasement et permet un accès facile.
  6. Chanvre américain entièrement naturel, sans OGM et cultivé biologiquement.
  7. Formulé pour la pureté — Fabriqué aux É.-U.

C’est incroyable, hein! 

Et bien cette compagnie n’existe plus. Son site web est fermé. Mais grâce à cette version locale, je peux constater ce qui a disparu… Et voir les reculs d’une industrie toujours à la recherche de ses marques.

Après Fabien Déglise, il y a aussi Stéphanie Vallet de La Presse qui a posé un regard thérapeutique sur le cannabis. Elle écrit sur le sujet le 12 novembre 2018. En gros texto :

Calmer la douleur, prévenir l’épilepsie, apaiser les angoisses. De nombreux propriétaires d’animaux se tournent vers de nouveaux produits à base de cannabis pour traiter leurs compagnons à quatre pattes. Bien que les produits soient seulement offerts sur le marché noir pour le moment, de nombreuses entreprises sont déjà prêtes à lancer officiellement leurs huiles, croquettes et gâteries à base de CBD ou de THC, des substances présentes dans le chanvre et le cannabis, dès que le gouvernement leur donnera le feu vert.

Stéphanie Vallet donne ensuite la parole à Sébastien Kfoury, le directeur des services vétérinaires de l’Hôpital vétérinaire Rive-Sud. Au moment de l’entrevue, M. Kfoury n’en avait encore jamais prescript. Un bon travail de la journaliste et du sachant. Les curieuses vont trouver un lien pour le commerce dans les notes de l’épisode. Il est ouvert 24/24, 7 jours par semaine. Mais je n’ai pas réussi à les rejoindre au téléphone… Ça ne répond pas.

Un mois plus tôt, la veille de la légalisation du 18 octobre 2018, chacun son rôle, good cop bad cop, l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec publie ce communiqué :

Même si le cannabis récréatif est maintenant en vente libre pour les humains, la prescription par un médecin vétérinaire demeure obligatoire pour l’utilisation de cannabis médical chez les animaux. Toutefois, le manque de données probantes sur l’efficacité et sur les doses à recommander ainsi que l’absence de voie légale pour s’en procurer pour les animaux rendent la prescription non recommandable pour l’instant.

Au niveau canadien, c’est l’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) qui livre ce travail de fond. L’ACVM a aussi travaillé avec le gouvernement du Canada et la Direction des médicaments vétérinaires (DMV) de Santé Canada. 

Au fédéral, l’ACVM place très tôt ses billes en énonçant que :

  • Les médecins vétérinaires devraient être inclus dans la définition de «praticien de la santé» en vertu du RACFM. Cela leur permettrait de fournir des médicaments contenant des cannabinoïdes à leurs patients vétérinaires.
  • L’étiquetage des produits humains devrait inclure des messages afin de protéger les animaux. 

Mais sans que je comprenne vraiment immédiatement toutes les ramifications de la chose, j’ai réalisé qu’il existe un Programme de notification des Produits de soins animaux, les PSA. Ce programme a sa page sur le site de Santé Canada. On y retrouve les vitamines, minéraux et médicaments traditionnels pour les animaux de compagnie et les animaux destinés à la consommation humaine. 

Je me suis dit c’est merveilleux! Mais deux secondes plus tard, je me suis dit l’inverse… Pourquoi? À cause de ces deux paragraphes :

Le premier paragraphe :

Les exclusions suivantes s’appliquent, ce qui signifie qu’un produit appartenant à l’une ou l’autre des catégories suivantes ne peut être notifié dans la cadre de ce programme

Le deuxième paragraphe confirme que le cannabis ne peut être notifié. Oui, le…

Cannabis tel que défini dans la Loi sur le cannabis, à moins d’être exempté de la Loi par le biais du Règlement sur le chanvre industriel

Je comprends le mot notifié comme enregistré dans le sens d’une déclaration.

SI je comprends bien, un vétérinaire n’a donc pas le droit de prescrire du cannabis en 2022. Sans doute un oubli du législateur… Mon ovni sur le sujet est simple : je comprends formellement qu’aucun vétérinaire ne peut prescrire en aout 2022. Seuls les animaux humains ont le droit d’être les bénéficiaires d’une prescription de cannabis. 

Depuis le début de la légalisation, l’intérêt des propriétaires de bêtes et de l’industrie vétérinaire pour le cannabis est en hausse. Probablement que tous les consommateurs qui ont des animaux de compagnie réfléchissent à haute voix sur les soins qu’ils aimeraient pour leur bête.

Oupppp, je viens de réaliser que je n’ai pas encore parlé des symptômes d’une overdose de cannabis chez les animaux de compagnie. Voici les symptômes les plus usuels après un délai de 60 à 120 minutes :

  • Somnolence
  • Abattement
  • Vacillement
  • Va-et-vient
  • Agitation
  • Sensibilité aux sons et à la lumière
  • Miction inappropriée
  • Pupilles dilatées
  • Vomissements
  • Yeux injectés de sang
  • Salivation
  • Fréquences cardiaques rapides ou lentes
  • Faible température corporelle
  • Vocalisation
  • L’overdose sévère peut causer une crises d’épilepsie, le coma et mort 

J’ai trouvé une liste des symptômes pour les humains et les deux se ressemblent beaucoup.

Vous saviez qu’il existe un secret professionnel entre vous et votre vet? Je viens d’apprendre ça. Vous pouvez donc en toute confiance lui dire ce que votre animal a ingéré pour que votre vétérinaire puisse lui donner les meilleurs soins possibles.

J’ai aussi remarqué qu’on fait plus de recherches sur les chiens que les chats. Je n’ai pas d’explication.

Si on fait un saut en aout 2021, on peut trouver un bel article de Émilie Gougeon-Pelletier dans Le Droit : Le titre? Du cannabis comme remède pour chiens anxieux.

C’est un article qui montre le leadeurship de Canopy Growth avec une belle mise en avant de M. Bob Menardi, le directeur des services techniques et éducatifs vétérinaires chez Canopy. Une belle opération de relation publique à l’époque où Canopy faisait tourner les têtes. Il y a avait aussi à cette époque un effort réel de Canopy qui avait même créé une division de santé animale. Cette division a d’ailleurs publié deux recherches. La première portait sur l’impact à long terme de l’utilisation quotidienne du CBD chez les chiens.

La deuxième étude de Canopy Growth s’intéressait à la sécurité et à la tolérance de doses croissantes de cannabinoïdes chez des chats en bonne santé.

Voici la conclusion des chercheurs :

Il s’agit de la première étude féline à explorer la sécurité et la tolérance du CBD et du THC, seuls et en combinaison, dans un cadre de recherche contrôlé. Ces résultats informeront les vétérinaires du profil de sécurité des cannabinoïdes, notamment lorsqu’ils envisagent l’utilisation thérapeutique potentielle du CBD chez les chats ou lorsqu’ils reconnaissent les signes cliniques associés à une exposition accidentelle à des produits contenant du THC.

Je crois qu’il s’agit d’une honnête recherche. Par contre, l’ensemble des chercheurs déclarent des conflits d’intérêts. Ils travaillent tous pour Canopy. Je le mentionne, car ce sont des arguments qui pourraient être utilisés pour discréditer la recherche et nuire à l’utilisation des cannabinoïdes en médecine vétérinaire.

La canadienne Martha Stewart, voyez la chance, s’est associé avec Bob Menardi pour développer des gâteries pour chiens au CBD. Mme Stewart travaille avec Canopy depuis le début de 2019. La marque Martha Stewart, rejoint 100 millions de consommateurs par mois, soit environ 70 millions de foyers distincts. Je ne connais pas les chiffres spécifiques pour le Canada, mais le jour où Mme Stewart pourra faire son entrée sur notre marché du cannabis, elle aura un réseau exceptionnel à sa disposition. Mais c’est une saga pour une autre fois.

C’est exactement pour cette raison que les partis politiques recrutent des journalistes. Ils arrivent avec un profil, un public et une forte reconnaissance. C’est exactement ce que Trump a fait aux États-Unis en squattant la télévision pendant plusieurs années. Journaliste, animateur, c’est pareil et tout bon pour les partis politiques.

On revient à nos animaux non humains.

Nos animaux de compagnie vivent de plus en plus longtemps. Comme les humains centenaires, une vieille chatte, un vieux chien auront des besoins particuliers. Comme chez les humains, la maladie d’Alzheimer va rôder autour de nos amies à quatre pattes.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

Ok, je me ramasse!

Votre chat veut se soigner avec des cannabinoïdes, personne ne peut vous aider. 

Vous voulez faire traiter votre chat avec des cannabinoïdes? C’est n’est pas encore officiellement possible au Canada.

Et vous n’avez pas le droit de les aider. 

Voilà le contexte actuel en rafale :

  • Le marché des produits de soins animaux additionnés de cannabis est en croissance.
  • Les études prouvant l’efficacité du CBD chez les chiens apparaissent un peu partout.
  • Il y a encore peu de preuves cependant pour soutenir les allégations de bénéfices cliniquement significatifs.
  • L’environnement juridique et règlementaire n’est pas connu des citoyens.
  • La qualité des produits disponibles reste peu fiable.
  • Peu d’études sur les produits à base de cannabis chez les chats

Si on est logique, voici ce que l’on peut imaginer et conclure…

  • Le système endocannabinoïde (SEC) et les récepteurs cannabinoïdes ont le même fonctionnement chez tous les mammifères. Les bienfaits des cannabinoïdes pourraient également s’appliquer aux 6 495 espèces connues. 
  • Le CBD est sans danger pour les animaux humains. Cela devrait être également le cas pour les animaux non humains.
  • Les produits de CBD destinés aux chats sont disponibles sans ordonnance dans plusieurs pays.
  • Il existe peu d’études directes sur les chats pour des pathologies spécifiques, telle l’agressivité.
  • La FDA n’a jamais approuvé un produit à base de cannabis. Le Canada va sans doute adopter la position de la FDA comme elle le fait fréquemment, faute d’avoir les moyens de ses ambitions. Donc, ce n’est pas demain matin que Santé Canada va approuver les Produits de Santé Animale à base de cannabis.
  • Aucun vétérinaire ne peut actuellement prescrire du CBD sauf en Californie, semble-t-il.
  • Le risque d’interaction entre le CBD et certains médicaments avec les enzymes métaboliques du foie peuvent causer des problèmes.

Et maintenant avant que j’oublie, voici les traitements pour soigner un animal de compagnie qui vient d’ingurgiter du cannabis.

  • On parle généralement d’un suivi ambulatoire. Il s’agit de soins où la prise en charge médicale est de courte durée et sans hospitalisation.
  • Le spécialiste peut aussi administrer du charbon actif pour stopper toute absorption supplémentaire de la substance ingérée. Cela faciliterait simultanément la décontamination de l’animal.
  • Les antiémétiques font aussi dans l’arsenal habituel. Il s’agit de médicaments pour combattre le vomissement. J’ai aussi compris qu’il peut être utile de faire vomir les chiens et les chats si la substance toxique a été ingérée dans la demi-heure précédente.
  • Des fluides intraveineux peuvent être administrés comme une forme de soins de soutien. Cela permet de réduire la déshydratation et l’hypothermie.

Actuellement, ce sont les soins dont on parle le plus. Le législateur québécois s’intéresse avant tout aux méfaits du cannabis. Il s’intéresse notre législateur aux soins nécessaires pour corriger l’erreur des maitres ou des parents.

Oui, les chats et les enfants n’ont pas le droit d’entrer à la SQDC, car ils ne peuvent présenter une pièce d’identité…   Par contre, je pense que dans 2-3 ans, l’industrie vétérinaire va pivoter au fil des changements de la législation pour devenir pourvoyeur de conseils et de produits de mieux-être pour nos animaux de compagnies. 

J’ai confiance. Le législateur est une drôle de bête. Mais c’est une bête qui peut être domptée. Une fois aux 4 ans.

Et voila, c’était le 116e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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