#110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

#110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

Jimbo Jones fait pousser légalement du pot à des fins médicales. Il a une carrière professionnelle normale, mais il reste anonyme pour plein de raisons que j’évoque fréquemment sur toPot… comme le facteur d’acceptabilité sociale qui est plus faible au Québec qu’ailleurs dans le reste du Canada. Cela dit, il ne cache pas ses opinions. Au contraire. Et vous allez voir que son discours est très structuré!

J’ai construit l’entrevue dans un format classique : le passé, le présent et l’avenir.

Alors, naturellement, on cherche les premières étincelles…

Jimbo, comment débute ta relation avec le cannabis?

#chanvre #cannabis #cannabiscommunity #Quebec #nature #smile #stressrelief #CBD #THC #toPot #QUÉCANN #AQIC #SQDC #JimboJones

#98 Deux visages de la lutte aux parasites

#98 Deux visages de la lutte aux parasites

Alors que la plupart des gens éprouvent du dédain pour les insectes, Camille est attiré par eux. Son entreprise, Lady Bug Phytoprotection, fait de la gestion intégrée pour les producteurs autorisés dans l’industrie du cannabis, mais elle offre aussi ses services à M...

#97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

#97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

L’irradiation est une technologie. Un outil pour certaines taches. Rien de plus.
Mais pourquoi est-il impossible de savoir si nos produits de cannabis préférés à la SQDC sont irradiés? Pourquoi le logo de l’irradiation, le radura, est-il absent des étiquettes de tous les produits vendus au Canada? On tente de faire le tour de la situation en explorant les alternatives disponibles et en faisant une petite enquête! L’irradiation n’est ni un remède ni une garantie. Bonne écoute!

#96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

#96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

Julien Raymond est le maitre cultivateur de Juste Feu, un producteur autorisé québécois détenteur d’une licence de microproduction octroyée par Santé Canada. Julien est aussi un des deux propriétaires avec son associé et ami d’enfance, Philippe Bédard.

Juste Feu est le producteur autorisé du fameux Runtz bio distribué sous la marque Hatrick à la SQDC.

J’ai posé des tonnes de questions à Julien. Ses réponses sont clairs et précises. Cet épisode distribué originalement sur YouTube est le premier d’une série qui va nous permettre de voir la vie d’un artisan du cannabis québécois.

#95 Le cannabis agit différemment sur les femmes?

#95 Le cannabis agit différemment sur les femmes?

Dans l’épisode #95, toPot s’intéresse aux différences qui régissent la consommation des femmes et des hommes. Quel est le rôle des hormones sur les effets subjectifs du cannabis? Comment le cannabis agit-il sur la sexualité? Pourquoi les médecins prescrivent-ils moins...

#94 Pourquoi la SQDC limite le THC à 30% ?

#94 Pourquoi la SQDC limite le THC à 30% ?

Pourquoi la SQDC limite le THC à 30 % dans ses produits de cannabis?  Dans cet épisode, on explore la science du pour et du contre en considérant le mandat de la SQDC. Un mandat pas simple et avec pas beaucoup de corde… Le sujet est important pour le gouvernement qui...

#93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

#93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

Le sujet est évité par tout le monde.  Pire, il est enterré ce sujet.  Je parle évidemment de l’impact de la production du cannabis sur l’environnement.  Les chiffres parlent et les spécialistes écrivent sur le sujet.  Evan Mills, il y a 10 ans déjà, sonnait l’alarme...

#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je m’intéresse aux nanoémulsions de cannabis depuis au moins l’épisode #62 Les nanoémulsions, le cannabis 4.0?.

Aujourd’hui, on va donc échanger avec Jean-Christophe Parisien-Lasalle pour comprendre la réalité des nanoémulsions, mais par le prisme d’un producteur autorisé qui a obtenu sa licence de microtransformation le 29 novembre 2019. Parce que je sais que vous êtes aussi curieux et impatients que moi, j’ai immédiatement demandé à Jean-Christophe de nous expliquer dans ses mots, ce qu’est une nanoémulsion…

#98 Deux visages de la lutte aux parasites

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#97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

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#96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

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Julien Raymond est le maitre cultivateur de Juste Feu, un producteur autorisé québécois détenteur d’une licence de microproduction octroyée par Santé Canada. Julien est aussi un des deux propriétaires avec son associé et ami d’enfance, Philippe Bédard.

Juste Feu est le producteur autorisé du fameux Runtz bio distribué sous la marque Hatrick à la SQDC.

J’ai posé des tonnes de questions à Julien. Ses réponses sont clairs et précises. Cet épisode distribué originalement sur YouTube est le premier d’une série qui va nous permettre de voir la vie d’un artisan du cannabis québécois.

#95 Le cannabis agit différemment sur les femmes?

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#94 Pourquoi la SQDC limite le THC à 30% ?

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#93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

#93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

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#108 Inconduite sous influence du cannabis?

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

Cette semaine, on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis. 

Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être dans les prochaines minutes dire des choses qui vont irriter vos convictions personnelles. Laissez-moi immédiatement contextualiser les informations que je vais partager.

L’utilisation que nous faisons des recherches est parfois ridicule. 

Je vous donne un exemple simple. La première étude dont je vous ai parlé aujourd’hui avec ses 26 participants a été publiée en 2020. Son titre est Effect of Cannabidiol and Δ 9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance A Randomized Clinical Trial.  Je l’ai dit, cette recherche prouve que les effets du THC se dissipent après 4 à 5 heures. La même recherche tendait aussi à démontrer l’absence de dangerosité de la conduite sous l’effet du CBD. Fabuleux non? Oui sauf que les auteurs de la recherche ajoutaient un énorme à leur étude, un bémol ignoré par la presse et tous les partisans du CBD… C’était quoi le bémol? Le voici…

Cependant, l’ampleur de l’effet pour le cannabis à dominante CBD n’a peut-être pas exclu une déficience cliniquement importante, et les doses testées ne représentent peut-être pas l’usage courant.

J’ai d’abord été surpris de voir des médias reprendre la nouvelle sans mentionner le bémol de fin. Puis je me suis dit qu’une majorette se contente de suivre la parade. 

Heureusement d’autres chercheurs ont vu ce bémol… Et je suis heureux de partager aujourd’hui avec vous une recherche qui a été publiée il y a exactement une semaine… Effects of cannabidiol on simulated driving and cognitive performance: A dose-ranging randomised controlled trial. 

Cette recherche répond au bémol de la recherche précédente. Comment?  Bonne écoute!

Liens pour l’épisode

BILAN ROUTIER 2021

Les caractéristiques socio-psychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool

Effect of Cannabidiol and Δ9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance

Driving Performance and Cannabis Users’ Perception of Safety

Standard operation procedures for conducting the on-the-road driving test, and measurement of the standard deviation of lateral position (SDLP)

High THC Blood Levels Do Not Equal Increased Intoxication: A Study

Association of Naturalistic Administration of Cannabis Flower and Concentrates With Intoxication and Impairment

Les caractéristiques sociopsychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool  Le vidéo

Les caractéristiques sociopsychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool Le PDF

Clearing the Smoke on Cannabis

Transcription de l'épisode #108

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

  • Aujourd’hui, on va discuter d’un sujet à la mode. Un sujet qui revient de plus en plus souvent dans les discussions au fur et à mesure que les médias publient les résultats de recherches. Oui, cette semaine on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis. 

Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être dans les prochaines minutes dire des choses qui vont irriter vos convictions personnelles. Laissez-moi immédiatement contextualiser les informations que je vais partager. Et laissez-moi vous donner un exemple. Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je suis un cycliste. J’aime le vélo sous toutes ses formes. J’ai un tandem de montagne avec freins à disque. Avec ma belle, on a roulé dans des forets de muscadier, ben oui la muscade pousse dans un arbre. On a fait du dérapage contrôlé sous des cathédrales de bambou. J’ai roulé un peu partout en Europe avec des inconnus et des coureurs du Tour de France. Et c’est à Boucherville que j’ai été le plus souvent agressé par des automobilistes. Au fil des ans, j’ai développé une méthode pour interpeler les fous qui se servent de leur véhicule de deux tonnes pour faire peur aux cyclistes. Quand j’ai l’occasion de répondre à un automobiliste qui m’agresse avec son véhicule, je commence toujours par lui dire bonjour et lui demander s’il a des enfants. Je lui propose alors de me donner son adresse pour que je puisse aller faire un tour sur sa rue pour traiter, en tout respect, ses enfants, sa femme ou sa grand-mère de la même façon. Pas plus, pas moins. Juste traiter les gens qu’il aime de la même façon qu’il vient de me traiter. 

Pas toujours, mais souvent, je vois le doute sur le visage de la personne pendant une fraction de seconde. 

Dans mon exemple, je parle d’un homme comme agresseur, mais il ne s’agit pas d’un privilège. Les femmes peuvent avoir des comportements similaires. En fait, j’ai une main qui est plus fragile que l’autre parce que j’ai frappé le capot d’une enseignante du Cégep Édouard Montpetit il y a 20 ans. J’ai eu le malheur de faire mon stop et frustrée d’être retardé d’au moins 3 secondes, elle avait fait mine de vouloir m’écraser en frappant ma roue arrière avec son parechoc avant. 

Donc, pendant cet épisode, à chaque détour, avant de dire que je surestime certains dangers, j’aimerais vous demander de penser à la personne la plus importante dans votre vie. Votre partenaire, votre enfant, un parent, peu importe. Imaginez cet être cher comme on dit dans les magazines bas de gamme, donc imaginez que la personne que vous aimez le plus au monde est en train de traverser une intersection très achalandée. Vous voyez l’intersection dans votre esprit? C’est clair? OK. Vous voyez la personne la plus importante au monde pour vous au milieu de cette intersection? OK! 

Et ben maintenant, imaginez que la prochaine voiture qui arrive est conduite par une personne qui vient de consommer du cannabis. L’effet est toujours intense. Pas une affaire folle. Juste un excellent buzz. Un bon buzz. Un conducteur moyen avec une intelligence moyenne comme vous et moi. 

Si vous ne ressentez aucune tension, vous êtes chanceux. Ou psychopathe. Moi, quand je fais cet exercice mental, je suis tendu. Parce que je sais comment je suis quand je consomme. Je suis bien, évidemment. Mais suis-je le meilleur conducteur que je peux être? Forcément, ma réponse est non. Cela ne veut pas dire que je suis mal. Cela veut simplement dire que je ne pourrais pas, par exemple, réagir parfaitement avec le maximum d’efficacité si la personne que vous aimez le plus au monde s’enfarge dans ses lacets. C’est le principe des accidents. On ne peut les prévoir, mais on peut parfois les éviter. Voilà le principe qui guide ma consommation et la conduite d’un véhicule motorisé. Imaginer que tous les gens qui je vais croiser sont toujours l’équivalent de la personne que j’aime le plus au monde. 

Ce n’est pas hier que les spécialistes ont commencé à s’intéresser à la conduite automobile avec facultés affaiblies. C’était même le titre d’une conférence qui a eu lieu en 2016. Cette rencontre organisée par l’Association des intervenants en dépendance du Québec, l’AIDQ, était la première rencontre du genre au Québec. 

D’une façon générale, on assiste à une baisse générale des décès et des blessés auquel auraient surement contribué les nombreuses campagnes de sensibilisation à une conduite prudente. En 2009, la catégorie d’âge 20-24 ans était responsable de 13 % des accidents de la route. Même s’il y a de plus en plus de jeunes conducteurs, en 2019, les 20-24 ans ne causaient plus que 11 % des accidents routiers bien qu’ils ne représentent que 6 % des permis de conduire en circulation au Québec. En 2016, il y avait déjà des tonnes d’inquiétudes reliées à la conduite sous influence. Mais depuis, de 2016 à 2020, le nombre de décès a diminué. de 15,0 % chez les 15 à 24 ans et de 8,5 % chez les 75 ans et plus. Par contre les décès ont augmenté de 27,4 % chez les motocyclistes et de 56,9 % chez les cyclistes. Y’en aura pas de facile.

Alors si tout va bien ou mieux, pourquoi aborder ce sujet?

Parce que certaines études qui relativisent la consommation de pot et la conduite d’un véhicule motorisé sont brandies comme des étendards par certains partisans de la cause du cannabis. Je vois de plus en plus de gens se vanter de conduire sous influence tout en brandissant des études qui seraient censées leur donner raison. Or on sait déjà très bien et des tests ont déjà été menés au Québec sur ce sujet, on sait très bien donc que le cannabis peut diminuer le niveau d’attention en plus d’avoir un impact sur la perception et les fonctions psychomotrices. Je pense même que le CAA Québec fait régulièrement ce genre de tests sur simulateur en plus de vrais tests routiers. 

Est-ce que tous les Canadiens ont un comportement similaire de conduite sous influence? 

Qu’est-ce que je disais? Ah oui…

Est-ce que tous les Canadiens ont un comportement similaire de conduite sous influence? 

Bonne question hein! 

Dans une étude qui date de 2018, on a demandé à un échantillon de consommateurs de cannabis s’ils conduisaient un véhicule motorisé dans les deux heures qui suivent la consommation. Alors selon vous quelle est la province où les gens conduisent le plus dans les deux heures qui suivent la consommation de cannabis? C’est le Nouveau-Brunswick où 52,4 % des gens interrogés. Et la province où l’on est le moins porté à conduire dans les deux heures qui suivent la consommation de cannabis? C’est le Québec avec 32 %. Les Latins canadiens seraient les plus conservateurs par rapport à conduite sous influence du cannabis. Comment expliquer cela? Je ne sais pas. C’est également au Québec que l’acceptabilité sociale pour le cannabis était la plus faible au moment de la légalisation en 2018. Je ne sais pas si les choses ont évoluées depuis, mais la popularité du parti au pouvoir au Québec me laisse croire que non. 

C’est le temps de regarder ce que la science a à raconter. Et dans le domaine qui nous intéresse, il y a une recherche phare. Une recherche qui date de 2020 et qui a été réalisé en Australie grâce au projet ambitieux du Lambert Initiative for Cannabinoid Therapeutics dont le but est de faire progresser les traitements à base de cannabinoïdes dans la médecine conventionnelle

 

Derrière ce projet, il y a Barry et Joy Lambert qui ont fait un don de 33,7 millions de dollars pour la recherche sur le cannabis thérapeutique dans les domaines suivants : l’épilepsie, le cancer, la douleur chronique, l’obésité, les troubles neurologiques et la santé mentale.

Alors cette recherche, c’était quoi?

26 personnes en bonne santé vont subir des tests de conduite sur route. 

Et que veut-on mesurer? Simple. La recherche mesure l’écart type de la position latérale. Dit plus simplement, les chercheurs vont mesurer les déviations des trajectoires et des surcorrections sur la route entre 40 et 100 minutes après la consommation de CBD, de THC ou d’une substance placébo. C’est un test reconnu et utilisé partout dans le monde. Dans le fond il quantifie le zigzagague inutile et inapproprié.

Alors les résultats paraissent simples : pas de différences dans la conduite entre le CBD et la substance placébo. Par contre, la conduite sous influence du THC démontre des écarts de trajectoire beaucoup plus marqués qui diminuaient de façon marquée après 4 à 5 heures. 

Une étude plus récente intitulée Driving Performance and Cannabis Users’ Perception of Safety a été publiée en mars 2022. La grande question que pose cette recherche est Quels sont les facteurs liés à l’impact du cannabis fumé sur la conduite et la perception de l’aptitude à la conduite par les usagers? L’objectif de l’étude est clair : déterminer, dans un large échantillon de consommateurs réguliers de cannabis, l’ampleur et l’évolution dans le temps de l’altération de la conduite produite par du cannabis fumé avec plus ou moins de THC, les effets de l’historique de consommation et la concordance entre l’altération perçue et la performance observée. 

Sur une période de deux ans, les chercheurs ont recruté 191 consommateurs de cannabis dont 118 (61,8 %) étaient des hommes. L’âge moyen était de 30 ans. Finalement, le groupe avait un nombre moyen de jours de consommation de 17 jours au cours du mois précédent. Alors que nous apprend cette recherche et la j’y vais le plus texto possible :

Quand on laisse des consommateurs expérimentés contrôler leur consommation, on ne peut pas déduire une altération de la conduite sur la base de la teneur en THC du joint, de la tolérance comportementale ou des concentrations sanguines de THC. Par contre, le désir des participants de conduire après seulement 1 heure 30 minutes peut indiquer un faux sentiment de sécurité au volant. La dégradation des performances de conduite est évidente pendant plusieurs heures après avoir fumé chez de nombreux consommateurs, mais semble se résorber au bout de 4 heures 30 minutes chez la plupart des individus. 

Entre nous, comme ça, on discute de conduite de véhicules sous influence. 

Mais quels sont les chiffres disponibles actuellement par rapport aux accidents de la route? 

Dans une étude de 2016 qui couvrait une vingtaine de pays, la conduite sous l’influence de l’alcool était responsable de 19 % des accidents. On sait aussi qu’en 2018, juste aux États-Unis, presque un accident sur trois, est plus de 12 000 accidents, étaient causé par une conduite en sous l’influence de l’alcool. Et les décès résultant de la conduite sous l’influence du cannabis? On parle de 8700 décès sur toutes les routes du monde entier en 2013. Par contre, tous les chercheurs constatent que la consommation simultanée d’alcool et de cannabis est à la hausse. 

Alors quelle est la substance responsable des accidents et décès dans ces cas-là? 

Je n’ai pas trouvé de réponse à cette question.

On sait cependant que les recherches démontrent clairement que le pourcentage d’accidents mortels impliquant à la fois le cannabis et de l’alcool a doublé entre 2000 et 2018. Mais c’est comme pour les guerres. On connait généralement le nombre de morts, mais combien de blessés? Aux États-Unis, on parle année après année d’une trentaine de mille décès, mais aussi de plus de 2 millions de blessés. On parle donc d’un ratio de 1 pour 60.  

Au Canada, en 2020, le nombre total de décès sur les routes était de 1 745; soit une baisse de 1 % par rapport à 2019. Le nombre total de blessures pour la même année est de 101 572, soit un ratio d’un (1) mort pour 58 blessés.

Ces ratios sont importants et peuvent à l’occasion nous sauver la vie.

Je vous donne un exemple qui m’a été raconté par une femme qui a planté des arbres en Colombie-Britannique pendant une dizaine d’années. Elle me disait que lorsqu’elle voyait un ours, cela voulait dire qu’il y a dans un périmètre rapproché 7 ours qui l’a regardait… C’est un peu comme dans une manifestation. Si tu croises un policier, c’est sur qu’il n’est pas le seul à te regarder. Je ne connais pas le ratio par contre.

Plus sérieusement, au Québec, la situation a beaucoup changé depuis les années 70. En 1973, 2209 personnes meurent sur la route. Presque cinquante ans plus tard, en 2021, il y a eu seulement 347 morts, mais avec trois fois plus de véhicules immatriculés. C’est un vrai progrès. Si j’applique le ratio canadien de 1 pour 58, cela fait plus de 20 000 blessés.

Et quel bonheur, on va pouvoir vérifier mon ratio, car je viens de trouver les chiffres officiels pour le Québec, notre bilan routier collectif : 1 227 personnes blessées gravement et 26 314 personnes ont été blessées légèrement soit un total de 27 541 incidents répertoriés. Notre ratio morts/blessé est beaucoup plus élevé qu’au Canada ou aux États-Unis. Pour chaque mort sur la route, il y a 80 blessés. On pourrait facilement formuler quelques hypothèses, mais on s’éloignerait trop de notre sujet du jour. 

J’en entends dans le fond du café qui disent : Hey Luc, moi je consomme un cultivar qui contient beaucoup de CBD et ça équilibre l’effet du THC…

Ben ça tombe mal mon gars, car des chercheurs ont étudié cette prétention et voici les résultats de leur recherche intitulée, Cannabis and Impaired Driving. 

Bien que les résultats de cette recherche ne permettent pas de conclure qu’il est possible de conduire en toute sécurité après avoir consommé du CBD, il est clair que le THC a altéré les performances de conduite et que les effets du THC ne se sont pas limités à une seule tâche de conduite. La consommation de THC et de THC/CBD a eu un effet négatif sur les performances lors de tests standardisés de vitesse de traitement, d’attention partagée, de fonction psychomotrice, de mémoire de travail, de prise de décision et de flexibilité cognitive. Les conducteurs qui ont consommé du THC étaient généralement conscients que leur conduite était altérée, bien que les participants aient déclaré que la consommation de THC/CBD était associée à moins d’anxiété, à une réduction de la force des effets de la drogue et à une plus grande confiance pour conduire que le THC seul. Ces résultats remettent en question le mythe selon lequel le CBD améliore les effets psychoactifs/psychomoteurs du THC.

Ne tirez pas sur l’ambulance. Je ne fais que partager ce que les chercheurs disent…

Dans un épisode précédent, je disais d’ailleurs ceci :

Est-ce que vous voyez poindre la complexité du sujet? 

Votre médecin peut vous prescrire du cannabis, mais vous ne pourrez plus conduire votre véhicule pour aller travailler ou pour reconduire votre enfant à la piscine, car le principe de tolérance Zéro va vous trouver fautif 100 % du temps, car si vous fumez un seul joint par semaine, vous allons tester positif tous les jours… Par contre, vous pouvez finir votre bière et allez reconduire votre enfant sans problème parce qu’un policier à l’obligation de vous laissez repartir si votre taux d’alcoolémie est inférieur à .08. 

DOnc la première conclusion de l’épisode est que le gouvernement du Québec ne considère pas l’alcool comme une drogue et désire la garder hors du concept de zéro tolérance.

Fin de l’autocitation.

Ce zéro tolérance est ridicule. Mais mettez-vous à la place du législateur… On ne sait pas encore mesurer le handicap momentané que cause la consommation de cannabis, mais on sait tous très bien qu’au pic des effets d’une consommation de THC, nous ne sommes plus exactement la même personne avec les mêmes moyens.

Surtout que l’utilisation que nous faisons des recherches est parfois ridicule. 

Je vous donne un exemple simple. La première étude dont je vous ai parlé aujourd’hui avec ses 26 participants a été publiée en 2020. Son titre est Effect of Cannabidiol and Δ 9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance A Randomized Clinical Trial.  Je l’ai dit, cette recherche prouve que les effets du THC se dissipent après 4 à 5 heures. La même recherche tendait aussi à démontrer l’absence de dangerosité de la conduite sous l’effet du CBD. Fabuleux non? Oui sauf que les auteurs de la recherche ajoutaient un énorme à leur étude, un bémol ignoré par la presse et tous les partisans du CBD… C’était quoi le bémol? Le voici…

Cependant, l’ampleur de l’effet pour le cannabis à dominante CBD n’a peut-être pas exclu une déficience cliniquement importante, et les doses testées ne représentent peut-être pas l’usage courant.

J’ai d’abord été surpris de voir des médias reprendre la nouvelle sans mentionner le bémol de fin. Puis je me suis dit qu’une majorette se contente de suivre la parade. 

Heureusement d’autres chercheurs ont vu ce bémol… Et je suis heureux de partager aujourd’hui avec vous une recherche qui a été publiée il y a exactement une semaine… Effects of cannabidiol on simulated driving and cognitive performance: A dose-ranging randomised controlled trial. 

Cette recherche répond au bémol de la recherche précédente. Comment?  

Les résultats de cette étude suggèrent que le traitement aigu par CBD par voie orale à des doses allant jusqu’à 1500 mg n’induit pas de sentiment d’intoxication et n’est pas susceptible d’altérer les fonctions cognitives ou les performances de conduite. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer l’absence d’effet du CBD sur les tâches sensibles à la sécurité dans les heures suivant immédiatement le traitement et lors d’une administration chronique.

1500 mg de CBD, c’est de la bonne dose non? Mais la science est plus patiente que nous… car là aussi les chercheurs notent un gros bémol qui sera oublié…

Dans le fond du café, j’en entends qui disent : et le THC Luc, le THC… 

OK. 

Je réponds immédiatement en rappelant notre expérience mentale qui consiste à imaginer la personne la plus importante pour vous qui tente de croiser une intersection dangereuse. 

Alors quelle est la recherche qui est la plus populaire chez les gens qui conduisent sous l’influence du THC? 

Celle que je vois le plus souvent brandit comme une excuse est celle-ci… et j’en ai déjà parlé, mais pour d’autres raisons. Cette étude à créer des cannavans pour aller tester les gens chez eux dans leur habitat naturel, pour ainsi dire. La responsable de la recherche, Cinnamon Bidwell, voulait contourner la loi qui empêche les universitaires dans certains États d’utiliser du cannabis légal.

Cette recherche se décrit ainsi :

  • 121 consommateurs réguliers de cannabis, 
  • La moitié consomment des concentrés dont la teneur en THC variait entre 70 et 90 %.
  • L’autre moitié consommaient des fleurs de cannabis avec des teneurs en THC entre 16 et 24 %.
  • Le sang des participants est testé.
  • Leur humeur mesurée ainsi que leur niveau d’intoxication
  • On évalue ensuite leur fonctionnement cognitif et leur équilibre. 
  • Ici on parle de multiples tests sur la même personne, c’est-à-dire avant, juste après et une heure après la consommation de cannabis. 

Les résultats maintenant…

Les consommateurs de concentrés de THC avaient des taux de THC dans le sang plus élevé pour chaque test. Presque deux fois plus élevés.

Dans leur autoévaluation, tous les consommateurs se sentaient tous similaires. Retenez qu’il s’agit d’autoévaluation, on va y revenir, car c’est très important…

Les chercheurs ont été surpris de constater que les consommateurs de concentrés à 90 % de THC étaient moins perturbés qu’ils avaient anticipé. Cela vient bien sûr d’une comparaison avec l’alcool. La logique veut que la même quantité de vodka et de bière engendrent des réactions différentes. Mais le système endocannabinoïde fonctionne différemment. Est-ce que cette recherche nous informe des dangers de la conduite sous l’effet de concentrés? Pas directement, car ce n’était pas son but. Mais prétendre que consommer un concentré à 90 % de THC c’est juste comme fumer un joint pour certains nous éloigne de la science.

Et je prends comme témoin votre téléréalité favorite ou plus facile, examinons le concept général des spectacles où des gens inconnus viennent chanter devant des juges qui proviennent de la colonie artistique.

Dans ce genre de programmes, il y a des gens qui ont du talent, des voix énormes, un look d’enfer. Le gros kit complet quoi. Mais il y a aussi souvent un concurrent qui est là pour rendre encore plus remarquables les meilleurs, car eux sont très très très mauvais. Ces candidats vont passer à la télé. Parfois devant des millions de personnes. Et ils ne savent pas chanter. Ils sont mauvais. Très très très mauvais. Et c’est là qu’arrive la fameuse autoévaluation et le syndrome de Dunning Kruger. Et que dit Wikipédia?

L’effet Dunning-Kruger, aussi appelé effet de surconfiance [1], est un biais cognitif par lequel les moins qualifiés dans un domaine pourraient surestimer leur compétence

Le mauvais chanteur dans une émission comme La Voix ne se pense meilleur que les meilleurs. Il croit juste qu’il est meilleur qu’il ne l’est réellement. Il n’est pas fou. Juste mal informé de son propre talent. Et un génie dans un domaine peut vivre l’effet Dunning-Kruger dans un autre domaine. 

Alors dans la recherche avec les cannavans dont je viens de parler, je me méfie des autoévaluations.

OK je me ramasse. Je disais que je me méfiais des autoévaluations. Pourquoi? Je vous redonne un exemple avec le vélo. Quand tu pars en vélo pour une sortie de 200 km avec quelqu’un qui ne roule pas souvent, tu es un peu responsable de son retour à la maison. Mon expérience personnelle est que l’autoévaluation de la fatigue chez une personne qui manque d’expérience est déficiente. Je veux dire qu’elle n’a pas les outils pour comprendre ce qui arrive à son corps. Le plus drôle, c’est que la même chose arrive à des gens qui ont beaucoup d’expérience, mais qui n’écoutent pas leur corps. Quand tu combines un ordinateur de vélo, des instruments de mesure des watts développés et la rédaction d’un cahier d’entrainement, ton autoévaluation augmente en qualité. Pourtant, même les pros du Tour de France se trompent à l’occasion. Quand tu ne manges pas assez, on parle de 7000 calories pour une grosse étape, tu vas avoir une fringale. Une fringale, c’est quand le sucre dans le sang est utilisé par le corps comme supercarburant. Puis la glycémie chute brutalement. Ce qui est extraordinaire, c’est que dans les minutes qui précèdent une fringale, l’organisme est dans un état de grâce. Littéralement, tu fly. Puis c’est le crash physique instantané. Et bien même des pros du Tour font une mauvaise autoévaluation de leur état… Alors, imaginez un guerrier de fin de semaine qui se lance dans de grandes manœuvres. Ma dernière grosse fringale, je l’ai eue au Danemark juste en face de la Statue de la Petite Sirène au bord de l’eau à Copenhague. Je me rappelle m’être effoiré dans une station-service pendant 10 minutes à boire des boissons gazeuses et manger des croustilles.

Cette fringale va arriver un jour ou l’autre. C’est obligatoire. L’idée de les éviter quand c’est possible. Il faut juste ne pas oublier de s’alimenter. C’est pareil pour la conduite automobile sous l’influence du cannabis, mais l’inverse. Faut savoir quand arrêter. 

Je me souviens d’un collègue de travail plus agé qui était ami avec un gros politicien québécois. Un homme qui aspirait de devenir un jour Premier ministre. Et bien quand ils allaient en vacances ensemble avec leur famille, le politicien était obsédé par sa consommation d’alcool, car il redoutait plus que tout de se faire pincer en train de conduire sous l’influence de l’alcool. Ces précautions guidaient littéralement sa vie. Par contre, un ami policier m’a informé que les limousines auxquelles ont droit les ministres sont très pratiques pour tous ces cas de figure. Un garde du corps, ça ramasse aussi du monde à quatre pattes. 

Trêve de niaiseries.

J’aimerais, avant de conclure, citer une recherche québécoise intitulée Les caractéristiques socio-psychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool.

Qui sont les gens qui consomment du cannabis avant de conduire un véhicule moteur? Et là, je vais directement aux conclusions.

Et bien, qui sont ces conducteurs?

1)

Ils ont davantage d’amis qui conduisent sous l’effet du cannabis et qui approuvent ce comportement. Quand on applique ce raisonnement à l’obésité, certains chercheurs parlent d’obésité comme d’une contagion. 

2)

Ils ont plusieurs autres comportements dangereux sur la route. Genre rouler dans le parechoc d’une voiture qui ne roule qu’à 119 km/h dans la voie de gauche sur l’autoroute. Cela dit, je connais du monde qui a ce type de comportement au naturel sans même ne jamais consommer de cannabis.

3)

Ils ont une perception négative de leur mobilité par transport en commun.

4)

Ils croient moins pouvoir se faire détecter par les autorités.

5)

Ils ont une mauvaise connaissance des conséquences judiciaires de leur acte.

6)

Ils perçoivent la conduite sous l’effet du cannabis comme une activité sans/faible risque

7)

Ils sont plus impulsifs

Résumé en une phrase : 

Le cannabis n’a pas/peu d’impact sur ma capacité de conduire, car je ne suis pas en capacités affaiblies et je dois absolument revenir chez moi.

Je ne suis pas en train de faire la morale à qui que ce soit. Je ne suis pas du tout du tout du tout parfait moi même. Mais avec la légalisation canadienne actuelle et celle des États-Unis qui ne devrait pas tarder, il est important de comprendre que la conduite avec facultés affaiblies est en train de muter. Le Canadien Center on Substance use and addiction mène une veille sur le sujet et a publié plusieurs documents sur le sujet. Voici donc leur conclusion plus au moins texto.

1)

Conduire après avoir consommé du cannabis est plus fréquent que conduire après avoir bu,

en particulier chez les jeunes conducteurs.

2)

Après l’alcool, le cannabis est la substance la plus fréquemment détectée chez les conducteurs qui meurent dans des accidents de la route.

3)

La nouvelle législation a élargi les outils dont dispose la police pour

détecter et arrêter les conducteurs dont les facultés sont affaiblies par le cannabis.

C’est l’occasion de partager une OVNI… Les autorités policières communiquent peu sur le sujet des tests et des méthodes utilisées pour détecter le cannabis lors d’une intervention routière, contribuant peut-être ainsi à diminuer la peur d’un test efficace comme pour l’alcool. ON sait que recevoir un ticket de vitesse par exemple peut calmer les ardeurs des as du volant pendant plusieurs semaines. Après on oublie et la prise de risque reprend.

4)

Les hommes sont deux fois plus susceptibles que les femmes de déclarer avoir conduit après avoir consommé du cannabis. 

J’avoue ne pas savoir du tout comment interpréter ce fait… 

Les hommes sont plus honnêtes ou plus vantards? 

Je ne sais pas.

Est-ce que la personne que vous aimez le plus au monde est encore là? Nos simulations l’ont épargné? Bravo. Et si jamais vous me croisez à pied ou à vélo et que vous conduisez votre véhicule sous l’influence du cannabis, rappelez-vous que je vous aime beaucoup, beaucoup, beaucoup.

Et voilà, c’était le 108e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#98 Deux visages de la lutte aux parasites

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Alors que la plupart des gens éprouvent du dédain pour les insectes, Camille est attiré par eux. Son entreprise, Lady Bug Phytoprotection, fait de la gestion intégrée pour les producteurs autorisés dans l’industrie du cannabis, mais elle offre aussi ses services à M...

#97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

#97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

L’irradiation est une technologie. Un outil pour certaines taches. Rien de plus.
Mais pourquoi est-il impossible de savoir si nos produits de cannabis préférés à la SQDC sont irradiés? Pourquoi le logo de l’irradiation, le radura, est-il absent des étiquettes de tous les produits vendus au Canada? On tente de faire le tour de la situation en explorant les alternatives disponibles et en faisant une petite enquête! L’irradiation n’est ni un remède ni une garantie. Bonne écoute!

#96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

#96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

Julien Raymond est le maitre cultivateur de Juste Feu, un producteur autorisé québécois détenteur d’une licence de microproduction octroyée par Santé Canada. Julien est aussi un des deux propriétaires avec son associé et ami d’enfance, Philippe Bédard.

Juste Feu est le producteur autorisé du fameux Runtz bio distribué sous la marque Hatrick à la SQDC.

J’ai posé des tonnes de questions à Julien. Ses réponses sont clairs et précises. Cet épisode distribué originalement sur YouTube est le premier d’une série qui va nous permettre de voir la vie d’un artisan du cannabis québécois.

#95 Le cannabis agit différemment sur les femmes?

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Dans l’épisode #95, toPot s’intéresse aux différences qui régissent la consommation des femmes et des hommes. Quel est le rôle des hormones sur les effets subjectifs du cannabis? Comment le cannabis agit-il sur la sexualité? Pourquoi les médecins prescrivent-ils moins...

#94 Pourquoi la SQDC limite le THC à 30% ?

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#93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

Le sujet est évité par tout le monde.  Pire, il est enterré ce sujet.  Je parle évidemment de l’impact de la production du cannabis sur l’environnement.  Les chiffres parlent et les spécialistes écrivent sur le sujet.  Evan Mills, il y a 10 ans déjà, sonnait l’alarme...

#107 8 façons de tuer l’industrie du cannabis

#107 8 façons de tuer l’industrie du cannabis

Les Canadiens n’ont jamais autant de choix de produits que l’on sait conformes, minimalement, aux exigences de Santé Canada. Si l’offre de la SQDC est mince comparée à celle des autres provinces, elle reste appréciable.

Alors pourquoi un tel titre et un tel sujet aujourd’hui? 

8 façons de tuer l’industrie du cannabis…

Est-ce vraiment raisonnable? 😉

Et ben parce que si tout se passe plus ou moins bien pour le consommateur, la réalité pour les producteurs autorisés est différente. 

Trois ans après la légalisation, il est clair que le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux ont décidé d’abuser de l’industrie à qui ils ont donné la permission d’exister. Avec cette permission vient une série d’abus que nous allons passer en revue. Selon les leadeurs de l’industrie, la situation a atteint un point critique.

Et ces leadeurs ont décidé de se rencontrer pour discuter de la situation.

Grass on the Hill: Cannabis Leaders Summit & Industry Lobby Day. 

Cette rencontre a eu lieu les 30 et 31 mai 2022, soit au début de cette semaine. Tous les leadeurs de l’industrie étaient là. À ma connaissance et après vérification, il n’y avait personne de l’industrie québécoise du cannabis. Et on va voir en conclusion que la situation pourrait être dramatique au Québec dans les mois et années à venir, mais pour des raisons complètement différentes qui s’ajoutent.

Le cannabis à une industrie qui quémande le droit d’exister. 

Mais la résistance s’organise.

J’ai trouvé une belle initiative sous forme d’un rapport écrit pour en discuter intelligemment. Ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

StandForCraft.com.  

Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode.

On y trouve entre autres, une pétition à signer dont la première phrase est :

Il n’est pas exagéré de dire que le Canada taxe à mort les entreprises artisanales de cannabis.

J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Uniquement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

Par contre, on peut analyser facilement la structure des couts en prenant un exemple simple comme un pot de 3,5 gr vendu pour 25 $. Et là je prends les chiffres proposés par Stand for Craft! Donc, pour un gramme de pot, voici la ventilation du cout de votre achat…

Bonne écoute!

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Comme simple consommateur, le canadien et la canadienne n’ont jamais autant de choix de produits que l’on sait conformes, minimalement, aux exigences de Santé Canada. De nouveaux produits apparaissent chaque semaine. Si l’offre de la SQDC est mince comparée à celle des autres provinces, elle reste appréciable.

Ce que l’on peut s’y procurer versus ce que le pusher du marché original pouvait offrir ne résiste pas à l’analyse. Avant la légalisation, j’avais un gars, comme dirait la Québécoise Mireille Tessier, propriétaire d’une boutique de pot en Alberta. Ce gars offrait toujours au moins deux choix et parfois en prime, il m’offrait un biscuit de THC avec un thé. Beaucoup de stationnements, un guichet automatique pas loin, un dépanneur pas loin. Le bonheur quoi. Mais rien à voir avec l’offre de la SQDC. 

Alors pourquoi un tel titre et un tel sujet aujourd’hui? Et ben parce que si tout se passe plus ou moins bien pour le consommateur, la réalité pour les producteurs autorisés est différente. 

Trois ans après la légalisation, il est clair que le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux ont décidé d’abuser de l’industrie à qui ils ont donné la permission d’exister. Avec cette permission vient une série d’abus que nous allons passer en revue.

Et pourquoi parler de ce sujet cette semaine?

Selon les leadeurs de l’industrie, la situation a atteint un point critique.

Et ces leadeurs ont décidé de se rencontrer pour discuter de la situation.

Grass on the Hill: Cannabis Leaders Summit & Industry Lobby Day. 

Cette rencontre à eu lieu les 30 et 31 mai 2022, soit au début de cette semaine. Tous les leadeurs de l’industrie sont là. Évidemment, à ma connaissance et après vérification, il n’y avait personne de l’industrie québécoise du cannabis. Personne. Pas une organisation, pas un individu. Parce qu’on est distinct sans doute. Et on va voir en conclusion que la situation pourrait être dramatique au Québec dans les mois et années à venir.

 

À la tête de ce sommet Grass on the Hill, il y a George Smitherman. C’est un politicien canadien. Il a représenté la circonscription provinciale de Toronto-Centre durant plus de 10 ans à l’Assemblée législative de l’Ontario. Il a été ministre de la Santé et des Soins de longue durée, ministre de l’Énergie et de l’Infrastructure et Vice-Premier ministre de l’Ontario. Accessoirement, il est le premier Membre du Parlement provincial de l’Ontario ouvertement homosexuel. Voilà donc un homme qui s’intéresse à l’industrie du pot et qui sait comment fonctionnent les gouvernements. Donc, ce Grass on the Hill est un évènement important.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Qu’est-ce que je disais?

Ah, oui, la grande rencontre canadienne Grass on the Hill

Pourquoi une telle rencontre? Pour informer, provoquer et susciter des changements en faveur de la viabilité financière des détenteurs de licences de cannabis.

Une industrie qui quémande le droit d’exister. C’est intéressant non. Surtout quand le Québec est absent.

Alors très modestement, vous et moi, on va faire le tour des irritants, voyez comme je suis gentil, le tour des 8 trucs les plus efficaces pour tuer l’industrie canadienne du cannabis. 

Et le premier truc pour tuer l’industrie du cannabis est de forcer tout le monde a payer une taxe d’accise qui ressemble à de l’extorsion.

Et ça tombe bien, j’ai trouvé une belle initiative sous forme d’un rapport écrit pour en discuter intelligemment. Évidemment, ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

StandForCraft.com.  

Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode.

On y trouve entre autres, une pétition à signer dont la première phrase est :

Il n’est pas exagéré de dire que le Canada taxe à mort les entreprises artisanales de cannabis.

J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Seulement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

Par contre, on peut analyser facilement la structure des couts en prenant un exemple simple comme un pot de 3,5 gr vendu pour 25 $. Et là je prends les chiffres proposés par Stand for Craft! Donc, pour un gramme de pot, voici la ventilation du cout de votre achat :

Hey merci MJ!

Je disais quoi? Ah oui, on parlait de la ventilation du cout de l’achat d’un pot de 3,5 gr vendu à 25 $.

La marge du détaillant est de 2,54 $ par gramme

Le cout de la distribution provinciale est de 0,74 $ 

Les taxes d’accises et autres frais règlementaires sont de 1,26 $

Le transport serait négligeable…

Les couts d’emballage sont de 0,50 $

Les frais de laboratoire sont de 0,55 $

Les couts de production égalent 1,50 $

La marge de profit pour le producteur autorisé? 1 sous… par gramme

Donc sur un pot de 3,5 gr, le PA fait 3 sous et demi.

Ces chiffres, à ma connaissance, n’ont pas été contestés.

Comment repayer les gens qui t’ont prêté de l’argent, ta famille sans doute, parce que les banques ne voulaient rien savoir de ton projet, comment donc repayer tes emprunts en faisant 3,5 sous de profit pour un pot de 3,5 gr vendu à 25 $? C’est impossible.

Quand je vois des internautes passer des commentaires sur les abus présumés des PA qui osent augmenter leur prix pour survivre, je ne suis pas découragé. Parfois ces commentaires ont des répercussions profondes sur la réputation des PA. Je ne suis pas découragé, mais on peut être triste pendant une ou deux secondes.

Par contre, je constate tout le travail que l’industrie devra faire pour expliquer la situation dans laquelle les gouvernements placent les acteurs du marché. Quand la SQDC vend encore son pot en parlant de sativa et d’indica, on réalise le chemin à parcourir. 

Les droits d’accise sur le cannabis au Canada sont payés par le producteur, qui doit remettre le plus élevé des deux montants suivants : un droit forfaitaire (1 $/g) ou un droit ad valorem basé sur le prix de vente (10 % de tout prix de gros supérieur à 10 $).

Ad valorem veut simplement dire qui est déterminé d’après une valeur moyenne.

Donc, il y a la taxe d’accise, mais il y a aussi des taxes ou droits supplémentaires qui vont être perçus dans toutes les provinces sauf au Manitoba. Mais pourquoi s’arrêter là? L’Ontario, l’Alberta, la Saskatchewan et le Nunavut en ajoutent une autre couche.

75 % des recettes d’accise restent à la province et les 25 % qui restent sont captés par le fédéral. 

Quels étaient les objectifs de cette taxe d’accise de 1 $ par gramme? 

Maintenir des taxes basses pour les consommateurs afin de réussir les objectifs de la légalisation. 

Ce que le législateur n’avait pas prévu, c’est étonnant d’ailleurs, c’est que les prix allaient baisser dramatiquement depuis le début de la légalisation… En 2022, la taxe d’accise peut valoir jusqu’à 35 % du prix d’une fleur.

L’évolution de la progression des recettes provenant de la taxe d’accise est remarquable.

  • 18 millions de dollars en 2018-19
  • 52 millions de dollars en 2019-20
  • 109 millions de dollars en 2020-21

Et vous connaissez le total des recettes fiscales annuelles du Canada?

200 milliards de dollars. 

Et juste pour relativiser, le Canada s’apprête à acheter 88 avions F35, des avions tout croches qui fonctionnent à peine, pour la modeste somme de 19 milliards $ CAN, soit un prix unitaire par avion de 215 909 097 $ CAN.

Là où ça devient presque drôle, c’est quand tu regardes le prix des missiles qui vont avec ce genre d’avion. Un missile Spear-3 valait presque de 300 000 $ CAN il y a un an… Un missile. Et quand tu le tires, y reste rien après, rien.

Et que nous disent les projections budgétaires? Et ben, les ventes légales de cannabis stagnent, car les provinces prévoient une toute petite augmentation de 6 % entre 2022 et 2023…

Forcément, au Canada, d’autres produits sont soumis à des taxes d’accise : spiritueux, vin, bière et produits du tabac viennent immédiatement à l’esprit. Et dans tous les cas, c’est le producteur qui paye directement. C’est avec nos voisins américains que la différence saute aux yeux. Partout où l’on vend du cannabis, la taxation au point de vente est la norme. Et voilà d’où va venir la première compétition pour l’industrie canadienne du cannabis. De nos voisins qui sont déjà avantagés à ce niveau-là. Donc, au cours des prochaines années, nous allons assister à une guerre asymétrique…

Ici, il y a un facteur essentiel a comprendre et je prendre un exemple qui fonctionne bien au Québec. Depuis 2006, le vin et le cidre produits fabriqués avec des ingrédients locaux sont exonérés de droits d’accise. Ce geste aurait permis à l’industrie de se développer agressivement. Mais, mais, mais, ce congé de taxe va prendre fin dans quelques jours à cause d’une plainte de l’Australie auprès de l’Organisation mondiale du commerce pour cause de «mesures discriminatoires». 

Donc, un pays souverain ne pas faire n’importe quoi, n’importe comment.

Et les producteurs de vins et de cidre affirment déjà que la situation va mal tourner pour eux.

Et que disent les auteurs du rapport à cet égard? 

Et là je cite plus ou moins texto.

1)

Il est prouvé qu’un cadre de droits d’accise accommodant peut aider les producteurs nationaux et les petits producteurs à prospérer, en particulier dans le cadre de la production rurale et agricole. 

2)

Un ajustement peut avoir un impact considérable — pour le meilleur ou pour le pire — sur les résultats des producteurs.

Il y aurait plus de 850 entreprises dans l’industrie canadienne du cannabis en incluant, les producteurs, transformateurs et vendeur. 

Il y a seulement 25 entreprises canadiennes à la bourse qui ont généré des revenus de plus de 2,5 millions $. 

Par contre, on dénombre 250 de microproduction et 106 licences de microtraitement.

Entre les deux, il y a de tout et on en revient à la difficulté de qualifier ce qui est artisanal de ce qui ne l’est pas. Car tout bouge à une vitesse folle. Entre mars 2021 et mars 2022, la part de marché des 4 plus grands producteurs canadiens est passée de 52 % à 28 %. 

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je crois que le cannabis est une activité économique de maraichage de proximité. Un produit local frais respectueux de l’environnement qui travaille en circularité avec les autres industries de la région.

La taxe d’accise actuelle tue une industrie qui doit en plus simultanément faire face à un marché original prêt à renaitre de ses cendres à n’importe quel moment.

Le rapport précise que moins de 5 % des entreprises, quelle que soit leur taille, ont généré des revenus réguliers et viables depuis le début de la légalisation. Et constatation encore plus dramatique, les propriétaires de plus de 60 % de la superficie de production canadienne de cannabis pourraient faire faillite dans la prochaine année.  

J’ai relayé la semaine passée une nouvelle du journaliste Matt Lamers à l’effet que 141 entreprises canadiennes n’avaient pas encore payé au gouvernement certains montants dus pour la taxe d’accise.

Peu de producteurs autorisés génèrent des profits. Quand on a demandé à une quarantaine de PA le nombre de mois où leurs entreprises à produit des bénéfices, 63 % ont répondu Zéro… Oui 63 % des producteurs ont généré zéro profit en 2021. Et les 37 % qui restent? Ils affirment avoir généré des profits sur 3 mois différents… Pas plus.

Les auteurs du rapport affirment que… 

Nous sommes ici pour ne déclarer rien de moins qu’un état d’urgence financier pour le cannabis canadien.

Plus de 70 % des producteurs questionnés affirment qu’ils vont fermer dans les 6 prochains mois si la taxe d’accise n’est pas modifié. Et de ces 70 %, près de 30 % avancent qu’ils disparaitront dans les 3 prochains mois.

Et dans les faits, dans le réel, dans la vraie vie, cela veut dire quoi pour l’industrie dans les prochains mois? Selon les experts du rapport, cela veut dire que la diversité de l’offre va progressivement disparaitre, car les 4-5 grosses sociétés en bourse vont racheter pour des sous sur le dollar toutes les entreprises en voie de disparition. Et là je vais citer texto le rapport pour vous montrer ce que ressentent les petits joueurs sur le marché :

Ces entreprises ont les ressources nécessaires pour attendre l’échec et le désespoir des producteurs artisanaux qui peuvent gagner dans l’esprit du consommateur, mais qui ne peuvent toujours pas joindre les deux bouts sous le poids des taxes d’accises actuelles. Le cannabis artisanal connaît aujourd’hui diverses réussites commerciales, mais il lui manque toujours un modèle commercial fondamental. Notre nation a déjà appris ces leçons. Des télécommunications aux lignes aériennes, notre pays a ressenti l’impact des environnements à faible concurrence qui nuisent au client final. Dans le cas du cannabis, il existe un marché illicite facile et commode qui bénéficie de décennies de retranchement dans la chaîne d’approvisionnement. La concurrence avec le marché illicite est peut-être plus importante que la concurrence au sein du marché légal. A ce stade, la compression des prix à elle seule n’a pas encore démontré sa capacité à convertir une majorité importante de la consommation du marché légal.

Fin de la citation

Le premier truc pour tuer l’industrie du cannabis est d’imposer une taxe d’accise ridicule qui saigne tout le monde, mais surtout les plus petits qui ne peuvent repousser indéfiniment l’endettement en levant des nouvelles sommes auprès d’investisseurs. Il est clair qu’investir dans le cannabis n’est pas la bonne manière pour devenir riche.

OK, c’est quoi la seconde manière de tuer l’industrie du cannabis? 

C’est simple. Il suffit que les banques se passent le mot pour ne pas soutenir les artisans du cannabis. Je pense vous avoir déjà parlé de ce producteur autorisé qui voulait déposer un chèque de Santé Canada dans une banque qui refusait de lui permettre d’ouvrir un compte. Je vais vous donner un exemple. Non, pas un exemple québécois. On n’ose pas aborder ce genre de sujets au Québec. Non… On va regarder ce qui se passe en Colombie-Britannique pour avoir un portrait réaliste de la relation entre les banques et l’industrie du cannabis.

Je ne vais pas citer un obscure bloque ou un petit journal régional. Non, on parle d’un dossier mené par Radio-Canada. Selon le journaliste Joël Ballard, malgré une légalisation en bonne et de la forme, il est difficile pour les détaillants de la Colombie-Britannique d’obtenir des services financiers de base de la part des banques. 

Au Québec, beaucoup de consommateurs aimeraient voir disparaitre la SQDC pour qu’elle laisse sa place au privé… 

Je crois qu’ils ne réalisent pas qu’il y a aurait un gros problème pour des investisseurs puissent obtenir des prêts pour se lancer en affaire. Les détaillants de la Colombie-Britannique vont plus loin. Cette frilosité des banques crée des déserts d’accès, des zones où aucun commerce ne s’installe. La conséquence est simple. Le marché original, le marché noir créé par le législateur revient s’imposer là où le vide existe. 

Aussi ridicule que cela puisse être, il est presque impossible d’ouvrir un simple compte-chèques. Selon l’Association of Canadian Cannabis Retailers (ACCRES), 50 de ses 52 membres ont dû se tourner vers les coopératives de crédit locales suite aux refus des banques. Les spécialistes de la province avancent même qu’il y aurait plus de détaillants de cannabis légaux si les institutions financières offraient un vrai soutien l’industrie. 

Jaclynn Pehota, la directrice de l’association ACCRES dit que la situation n’est pas limitée à la Colombie-Britannique. Selon elle, 95 % des entreprises de l’industrie vivent des problèmes similaires. Évidemment le discours des banques sur le blanchiment d’argent ne tient pas la route… Pourquoi attirer l’attention des autorités en blanchissant son argent dans le pot… Je ne dis pas que cela n’existe pas. Je dis qu’il est plus simple d’investir dans la restauration ou la bijouterie… L’histoire prouve que cela fonctionne très bien. Cela dit, les banques ont de bonnes excuses pour ne pas prêter aux petits joueurs, mais toutes ces excuses disparaissent quand il s’agit d’investir dans les grandes sociétés canadiennes qui pourtant perdent littéralement des milliards. Après le slogan «too big to fail» on est rendu à «too big to nail»…

Détail important. Quand les acteurs de l’industrie du cannabis peuvent ouvrir un compte, ils doivent faire face à des frais spéciaux… Cette prime cannabis tue aussi l’industrie. J’adore donné un exemple de ce genre d’abus considérer comme normal par le législateur. Il y a tout juste un peu plus d’un an, obtenir un permis pour vendre du cannabis à Vancouver coûtait 30 000 $. La devinette maintenant… Combien coutait un permis pour vendre de l’alcool à la même époque? 429 $. Voilà l’abus perpétré en plein soleil au vu et au su de tout le monde.

D’accord. La troisième façon de tuer l’industrie du cannabis?

Interdire le cannatourisme semble être un bon moyen de ralentir l’industrie dans son ensemble en plus de modérer les progrès de l’acceptabilité sociale. Le tourisme lié au cannabis est désormais une industrie de 17 milliards de dollars et est en plein décollage selon The Switzerland Times. Ceux qui disent que c’est le monopole de la SQDC qui nuit à l’innovation dans le secteur du cannabis se trompent profondément. En tout respect, il suffit de regarder ce que le Nouveau-Brunswick fait. Je crois qu’il y a au minimun 3 points de vente à la ferme. J’adore particulièrement l’initiative de Crystal Cure qui a nommé son point de vente «Le backdoor». Entre la vente à la ferme et les nombreuses initiatives dans le domaine du chanvre, le canna-tourisme à un rôle important à jouer pour dynamiser le secteur du cannabis. Il suffit d’imaginer comment la réputation du Québec dans la restauration pourrait être carte importante à jouer. Entre la poutine et le restaurant Le toqué, il y a un monde d’opportunité à explorer. 

PETIT BÉMOL. Le chiffre de 17 milliards n’est qu’un chiffre probablement faux. 

L’important est ailleurs. Le cannatourisme, c’est aussi une fenêtre sur l’économie circulaire où les déchets d’un acteur du secteur devant la matière première de son voisin. Je pense à certains manufacturiers de sols vivants qui incorporent des minéraux qui étaient auparavant rejetés ou simplement mal valorisés. Je pense aux branchages des plants de pot qui peuvent être recyclés en feuille de 4X8 écologiques. Voyez le genre.

OK. On peut aussi tuer l’industrie du cannabis en ne vendant pas ce que les gens veulent acheter. La quatrième manière est simple.

Immédiatement les mangeables viennent à l’esprit. Les produits comestibles vendus partout à travers le Canada ne correspondent pas aux attentes des consommateurs. Le dosage est trop faible par exemple. Et on exige, la SQDC en tête, que les produits soient être laid afin de ne pas susciter d’excitation visuelle. En 2022. Un cahier de charge qui mentionne que les produits ne doivent pas, ne peuvent pas être trop beaux… WOW. 

Le cannabis n’est pas légal. Il est toléré. L’industrie de la transformation alimentaire piaffe d’impatience. Elle sait faire des profits. Va-t-on lui reprocher ou simplement attendre que les Américains légalisent au niveau du pays pour ensuite imposer les désirs comme dans le bois d’œuvre? Personnellement, je ne comprends pas pourquoi les poivrons du Chile que j’achète au supermarché transitent par les États-Unis. Je ne comprends pas pourquoi le Québec n’arrive pas a s’affranchir des pushers de légumes américains. Cela n’a aucun sens. Penser que le Québec va résister aux marques avec des vedettes comme Martha Stuart est illusoire. Et cela nous conduit directement à la 5e façon de tuer l’industrie du cannabis

L’interdiction d’un vrai MARKETING est aussi une façon très efficace de tuer l’industrie du cannabis. La cinquième…

Si le Canada existait seul sur la planète, l’interdiction du marketing serait un moindre mal. Mais l’industrie du cannabis canadienne ne vit pas dans un vase clos. Encore une fois, que font nos voisins américains, nos futurs concurrents? Ils construisent des marques. Martha Stewart par ici, Seth Rogen par la, les marques américaines préemptent tous les grands noms disponibles, même les vedettes canadiennes, dans un effort concerté pour être prêt à inonder nos marchés quand cela fera leurs affaires. Encore une fois, il suffit de se rappeler le dossier du bois d’œuvre pour comprendre comment fonctionnent nos voisins. 

La difficulté des acteurs du secteur pour s’assurer correctement est la 6e manière de tuer l’industrie. 

Alors que les poursuites contre les producteurs commencent à s’accumuler, les couts pour s’assurer grimpent. Il suffit de regarder ce qui se passe dans les cabinets de médecine pour constater cette hausse vertigineuse de ces frais. Cette crise n’a pas encore atteint le Québec, mais il existe toujours certains cas de figure qui posent problème. J’en ai d’ailleurs discuté avec Isabelle Coulombe dans l’épisode #68.

La 7e manière pour tuer l’industrie est de limiter le marché potentiel en interdisant à certains adultes d’acheter du cannabis.

Ici le Québec s’illustre. On peut même lui décerner le titre de champion du monde du Canada de l’absence de jugement. Pourquoi dis-je une telle alors que je suis toujours si modéré dans mes propos? Le Québec de M. Legault, notre premier ministre, est un territoire où le législateur déclare inapte toute une tranche de la population âgée entre 18 et 21 ans. 

Tu peux t’engager dans l’armée canadienne à 17 ans avec le consentement de tes parents pour aller tuer du monde au bout du monde sans problème. Mais fumer un joint? 10 personnes vont mourir à cause de l’alcool aujourd’hui au Canada. Et 400 seront hospitalisés pour les mêmes raisons. Le jeune de 18 ans qui veut expérimenter sera donc conduit par le discours officiel à se tourner vers l’alcool ou le marché noir du cannabis.

La 8e manière de tuer l’industrie du cannabis? Négliger l’importance du rôle de la femme dans les futurs achats de cannabis.

Bien, voyons Luc, qu’est-ce que tu racontes?

Je vais partager des études américaines, car c’est de là que vient l’info, mais on peut facilement transposer sur le marché canadien. Il faut au passage noter le dynamisme d’une industrie qui n’existe pas encore au niveau fédéral, mais qui se prépare en attendant son moment.

20 % de tous les Américains adultes sont des voyageurs motivés par le cannabis. Toute la démarche évolutive du cannabis qui passe du buzz au bienêtre ou qui passe du agrotox vers le bio est propulsé par les femmes, qu’elles soient des leadeures de l’industrie ou de simples consommatrices.

La firme Condé Nast affirme et là je cite texte  que ce sont les femmes qui façonnent de manière créative des espaces surs pour que les curieux et les expérimentés du cannabis puisse profiter de la plante» avec des idées touristiques intéressantes. 

Petit rappel pour monter le sérieux de cette affirmation, Condé Nast est une entreprise mondiale de médias qui produit certaines des marques imprimées, numériques, vidéos et sociales les plus importantes au monde comme Vogue, GQ, The New Yorker, Vanity Fair, Wired et l’incontournable Condé Nast Traveler. 

Selon les spécialistes interviewés, les femmes prennent déjà 80 % des décisions de dépenses dans les ménages américains.

Ce sont les femmes qui prescrivent et achètent la bière, la bouffe et les vêtements. Dans un contexte de consommation balisée, ce sont elles qui vont acheter le pot dans les années à venir.

Il y a plusieurs autres manières de tuer l’industrie du cannabis. Si j’en ai oublié une très importante, faites-moi signe. lucprevost@hotmail.com

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. 

J’ai pris du retard à cause de cette taxe d’accise qui était un plus gros dossier que prévu.

Juste une seconde

Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

C’est peut-être le moment de se donner une vraie perspective sur l’industrie du cannabis à la comparant aux autres secteurs de cultures agricoles au Québec.

En 2020, le cannabis entre dans le groupe sélect des cinq principales cultures agricoles du Québec. Par contre, les recettes monétaires québécoises provenant du cannabis auraient diminué en 2021 alors que toutes les productions confondues connaissaient une hausse de 10 % pour la même période. L’amélioration de la rentabilité de l’ensemble du secteur agricole au Québec n’a donc pas été aidée par le recul de la production du cannabis au Québec.

Reculons encore un peu plus pour se donner d’autres perspectives. Les vins québécois représentent 3 % des achats de vins au Québec alors qu’en Ontario, les produits provinciaux représentent 22 % des ventes. Est-ce que les vins québécois sont moins bons que les vins ontariens? Je ne sais pas. Est-ce que la promotion des vins québécois est nulle? Peut-être. Je ne sais pas. Mais au moins, l’industrie vinicole a le droit de s’annoncer et de commanditer des festivals. 

On peut traverser la rue et regarder ce qui se passe chez les distilleurs québécois. J’ai écouté le balado de Lionel Levac qui s’appelle La scène Agro. Dans un épisode récent intitulé Pierre Fitzgibbon : Priorité aux alcools québécois, le ministre de l’Économie et de l’Innovation affirme qu’il serait plutôt TRÈS enclin à aider les entreprises utilisant des matières premières du Québec plutôt que des alcools de base achetés en Ontario. Les matières premières produites au Québec coutent, pour l’instant, 3 a 4 fois plus chères que celles produites en Ontario.

Imaginez que M. Fitzgibbon dise que la priorité c’est le pot québécois…

Mais, mais, mais, la réalité nous rappelle à l’ordre. 

Juste avant d’enregistrer, il y a quelques minutes je vois passer cette nouvelle sous la plume de la journaliste Nathaëlle Morissette du Journal de Montréal.

Plusieurs microdistilleries disparaîtront du paysage québécois avant la fin de la saison estivale, prédit l’Union québécoise des microdistilleries (UQMD), qui représente 55 membres.

Et là, je vais y aller texto.

«Il est minuit moins une. Le contexte règlementaire et législatif étouffe les microdistilleries et si rien ne change, ce sera la fin pour plusieurs d’entre nous», a indiqué le président de l’Union québécoise des microdistilleries, Jonathan Roy, dans un communiqué mardi.

L’UQMD reproche à la Société des alcools du Québec (SAQ) de lui imposer une majoration au moment de la vente sur les lieux de fabrication.

Le Québec compterait parmi les endroits au monde où la majoration sur la vente de spiritueux est la plus élevée.

«Résultat : près de deux microdistilleries sur trois sont déficitaires, contraintes de verser plus de 50 % du prix de vente de la bouteille à la SAQ, peut-on lire dans le communiqué. Ajoutons que cette majoration est la même si cette bouteille est vendue sur le lieu de fabrication, alors que la SAQ n’a aucunement contribué ni à la distribution, ni à la commercialisation, ni à la vente du produit.»

Fin de la citation.

Si c’est comme ça que le Québec veut sauver les microdistilleries, ça augure mal pour la microproduction de cannabis au Québec qui selon mes estimations très approximatives, représenterait environ 1/2 de 1 % des ventes à la SQDC… Autrement dit un pet, une flatulence.

Comment conclure un tel épisode sur les meilleures façons de tuer l’industrie du cannabis?

En mélangeant espoir et science-fiction.

Les spécialistes en marketing adorent utiliser des ratios pour pousser leur vision du monde. Cette semaine, j’ai réagi à un billet de Matt Lamers qui disait sur LinkedIn que les ventes de cannabis au Québec étaient en dessous des attentes des spécialistes de marché. Je lui ai répondu que le Québec pouvait être distinct dans sa peur irrationnelle du cannabis et que les marketeux devraient s’étouffer sur leur prévision alors qu’ils affirment que les Québécois ne consomment pas comme ils le devraient. Il ne m’a pas répondu…

Par contre on peut faire l’exercice pour s’amuser.

Bien que la population du Québec soit la deuxième plus importante au Canada, l’Alberta et la Colombie-Britannique génèrent plus de ventes mensuelles de cannabis. Peut-être parce que le Québec est la dernière province canadienne pour le nombre de magasins par habitant. 

Selon les estimations de Cannabis Benchmark, le Québec pourrait supporter facilement 1,064 points de vente supplémentaires. Il existerait une corrélation entre le nombre de points de vente et les ventes. Rappelons qu’il y a actuellement 88 boutiques SQDC au Québec et que le plan d’ouverture à été revu à la baisse avec l’objectif d’ouvrir 10 autres points de vente d’ici mars 2023 pour un total de 98 SQDC. Cannabis Benchmark reconnait que toutes les provinces comme le Québec où l’État exerce un monopole sur la vente en ligne et en magasin n’ont pas besoin d’ouvrir autant de boutiques avec pignons sur rue pour satisfaire le marché. L’article reconnait aussi la SQDC est «incroyablement efficace sur le plan opérationnel» et qu’elle offre des prix relativement faibles dans un contexte de respect de la santé publique.

Et là on arrive au bout crucial…

L’expansion du marché canadien serait terminée… sauf au Québec. 

Comment interpréter cette évaluation du marché québécois? 

Si le marché provincial québécois peut encore prendre de l’expansion, qui en profitera? 

Les microproducteurs québécois? 

J’aimerais ça, mais à ma connaissance, la SQDC n’a pas de plans précis pour eux. 

La seule instance représentative de l’industrie au Québec n’a pas non plus de plan pour les microproducteurs. Est-ce que les producteurs de tailles moyennes vont pouvoir remplir cette promesse d’expansion avec leurs produits? On leur souhaite s’ils ne meurent pas avant à cause de la taxe d’accise qui les ruine. Finalement, il reste les gros joueurs qui continuent de s’enfoncer dans des stratégies foireuses. Leurs parts de marché fondent à vue d’œil, on l’a déjà dit.

Je vais conclure avec une OVNI, une opinion vulgaire non informée. Ce bassin potentiel d’expansion créée par la gestion de la SQDC va continuer d’exister pendant quelques années, à moins d’un changement de gouvernement à la prochaine élection provinciale. Ce scénario semble improbable. Donc on peut penser que la SQDC va franchir la barre des 150 points de vente dans 4-5 ans. À ce moment-là, les Américains auront légalisé au niveau fédéral et ils seront près à envahir le marché québécois…

Et voilà, c’était le 107e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#98 Deux visages de la lutte aux parasites

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#97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

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L’irradiation est une technologie. Un outil pour certaines taches. Rien de plus.
Mais pourquoi est-il impossible de savoir si nos produits de cannabis préférés à la SQDC sont irradiés? Pourquoi le logo de l’irradiation, le radura, est-il absent des étiquettes de tous les produits vendus au Canada? On tente de faire le tour de la situation en explorant les alternatives disponibles et en faisant une petite enquête! L’irradiation n’est ni un remède ni une garantie. Bonne écoute!

#96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

#96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

Julien Raymond est le maitre cultivateur de Juste Feu, un producteur autorisé québécois détenteur d’une licence de microproduction octroyée par Santé Canada. Julien est aussi un des deux propriétaires avec son associé et ami d’enfance, Philippe Bédard.

Juste Feu est le producteur autorisé du fameux Runtz bio distribué sous la marque Hatrick à la SQDC.

J’ai posé des tonnes de questions à Julien. Ses réponses sont clairs et précises. Cet épisode distribué originalement sur YouTube est le premier d’une série qui va nous permettre de voir la vie d’un artisan du cannabis québécois.

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Dans l’épisode #95, toPot s’intéresse aux différences qui régissent la consommation des femmes et des hommes. Quel est le rôle des hormones sur les effets subjectifs du cannabis? Comment le cannabis agit-il sur la sexualité? Pourquoi les médecins prescrivent-ils moins...

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Pourquoi la SQDC limite le THC à 30 % dans ses produits de cannabis?  Dans cet épisode, on explore la science du pour et du contre en considérant le mandat de la SQDC. Un mandat pas simple et avec pas beaucoup de corde… Le sujet est important pour le gouvernement qui...

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Le sujet est évité par tout le monde.  Pire, il est enterré ce sujet.  Je parle évidemment de l’impact de la production du cannabis sur l’environnement.  Les chiffres parlent et les spécialistes écrivent sur le sujet.  Evan Mills, il y a 10 ans déjà, sonnait l’alarme...

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

Consommer du cannabis augmente la créativité?

Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?  

Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré :

«La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana et du hachich est de dire qu’ils me rendent détendu et créatif.»

Évidemment demander à un dropout ce qu’il pense d’un sujet précis ne le transforme pas en expert. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Et Bill Gates?» Bill Gates est aussi un dropout que les journalistes aiment citer sur des sujets aussi variés que le dernier virus à la mode ou le futur de l’être humain. 

Les gens riches et célèbres ne sont pas plus intelligents. Les journaux les aiment car leurs déclarations convenues remplissent de l’espace jour après jour alors qu’un expert pointu sur la malaria, sujet qui intéresse M. Gates, est une matière moins souple et moins sexy.

Et nous comme citoyens les Bill Gates de ce monde nous intéressent car on aimerait qu’ils nous offrent des recettes faciles à appliquer. Genre Brian Wilson des Beach Boys qui a toujours dit que sans le pot, il n’aurait jamais pu écrire son album phare Pet Sounds. 

Si la consommation de cannabis améliore vraiment la créativité, il y a un faisceau d’intérêts en jeu. Enjeu théorique. Enjeu psychologique. Enjeu culturel. Et enjeu économique et politique.

Alors aujourd’hui ensemble, on va s’intéresser à ce que la science dit sur le lien entre la créativité et la consommation du cannabis. On va examiner certains concepts modernes comme l’hyperamorçage et d’autres plus anciens. Car personne n’a attendu la légalisation canadienne pour expérimenter avec les drogues pour stimuler leur créativité.

Mais avant d’aller plus loin, on doit s’entendre ou tenter de comprendre ce qu’est la créativité…

Liens pour l’épisode

Les sources antiques des fables de La Fontaine

Inspired by Mary Jane? Mechanisms underlying enhanced creativity in cannabis users

Creativity and culture

Originality in Relation to Personality and Intellect

Hashing It Out: A Survey of Programmers’ Cannabis Usage, Perception, and Motivation

Reflective and non-reflective influences on cannabis use among undergraduate students: A qualitative study

Hyper-priming in cannabis users: A naturalistic study of the effects of cannabis on semantic memory function

Differential Cognitive Performance in Females and Males with Regular Cannabis Use

Investigating the interaction between schizotypy, divergent thinking and cannabis use

 

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Avant de se lancer dans l’épisode de cette semaine, un bref retour sur l’épisode #105 intitulé François-Michel Lambert, le député des aspirations interdites. Deux jours après la diffusion de l’épisode, le député français Lambert a finalement décidé de ne pas se représenter à la législative qui aura lieu dans quelques semaines. Sur Twitter, dans un enfilage de tweets, il a évoqué sa carrière et pour imager son implication pour la légalisation du cannabis en France, il a utilisé le visuel que j’avais créé pour les réseaux sociaux. Boum, il y a eu des tonnes de partages. Je souhaite à FM une belle nouvelle carrière.

OK. Aujourd’hui, on discute de créativité et de cannabis.

Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?  

Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré :

«La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana et du hachich est de dire qu’ils me rendent détendu et créatif.»

Évidemment demander à un dropout ce qu’il pense d’un sujet précis ne le transforme pas en expert. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Et Bill Gates?» Bill Gates est aussi un dropout que les journalistes aiment citer sur des sujets aussi variés que le dernier virus à la mode ou le futur de l’être humain. 

Les gens riches et célèbres ne sont pas plus intelligents. Les journaux les aiment car leurs déclarations convenues remplissent de l’espace jour après jour alors qu’un expert pointu sur la malaria, sujet qui intéresse M. Gates, est une matière moins souple et moins sexy.

Et nous comme citoyens les Bill Gates de ce monde nous intéressent car on aimerait qu’ils nous offrent des recettes faciles à appliquer. Genre Brian Wilson des Beach Boys qui a toujours dit que sans la marijeanne, il n’aurait jamais pu écrire son album phare Pet Sounds. 

M. Wilson n’est pas le meilleur exemple, par contre. Enfoncé dans l’abus de substances, il va réémerger après au moins une quinzaine d’années et il semble de nouveau créatif… à défaut d’être encore original. On va y revenir.

Si la consommation de cannabis améliore vraiment la créativité, il y a un faisceau d’intérêts en jeu. Enjeu théorique. Enjeu psychologique. Enjeu culturel. Et enjeu économique et politique.

Alors aujourd’hui ensemble, on va s’intéresser à ce que la science dit sur le lien entre la créativité et la consommation du cannabis. On va examiner certains concepts modernes comme l’hyperamorçage et d’autres plus anciens. Car personne n’a attendu la légalisation canadienne pour expérimenter avec les drogues pour stimuler leur créativité.

Mais avant d’aller plus loin, on doit s’entendre ou tenter de comprendre ce qu’est la créativité… 

Mon dictionnaire affirme qu’il s’agit d’un pouvoir de création, d’invention, d’imagination. La page Wikipédia contient plus de 4500 mots pour tenter de décrire la notion de créativité. En voici un aperçu…

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Je disais quoi? Ah oui la définition Wiki de la créativité…

La créativité et la je cite:

Opérationnellement, la créativité d’un individu est sa capacité à imaginer et produire (généralement sur commande en un court laps de temps ou dans des délais donnés), une grande quantité de solutions, d’idées ou de concepts permettant de réaliser de façon efficace puis efficiente et plus ou moins inattendue un effet ou une action donnée.

Inutile de dire qu’il s’agit d’un terrain miné. 

Inventer des choses est un évènement rare. En général, on améliore une chose qui existe déjà.

Il y a vraiment peu ou pas du tout d’inventions ou de solutions qui jaillissent de nulle part. Le plus bel exemple est encore une fois Steve Jobs qui a volé ou emprunter la plupart des grands concepts de la société Apple. Tout cela est évidemment bien documenté. 

Votre esprit refuse ce fait? 

Je me permets de vous présenter un exemple moins récent, mais beaucoup plus universel…

Les fables de Lafontaine, vous connaissez? 

Toute ma jeunesse, c’était Lafontaine par ici, Lafontaine par là. Le monsieur qui a tout inventé pour mieux nous expliquer la vie en utilisant des animaux pour singer le comportement des humains. Et bien Lafontaine, et j’ai du attendre d’être un adulte pour le savoir, Lafontaine donc a largement pioché dans les fables d’Ésope écrites 25 siècles plus tôt. À l’époque, on ne parlait pas de plagiat, mais d’emprunt ou d’inspiration. En 2022, Lafontaine serait définitivement accusé de plagiat… Là aussi, il y a des débats d’écoles stratosphériques. Un peu comme le plagiat évident de la chanson Stairway to heaven que la justice refuse de reconnaitre.

Puis, puis, puis, il y a aussi toutes les variations de la créativité… On dit de certaines stars du foot qu’elles sont créatives. On parle aussi de créativité en entreprise… Hé oui, vous voyez le genre.

Une vision analytique greffée à un mode de pensée atypique doublé d’une capacité d’observation et de synthèse hors du commun avec, pour le dessert, une capacité d’entreprendre remarquable… 

Puis, il y a la vraie science. 

Un vrai gouffre. 

Le fameux «down the rabbit hole»…

D’abord, il y a une histoire de la définition de la créativité. 

Des recherches, des papiers, des thèses, des séminaires, des bourses. 

Et il y a aussi une histoire de ce qu’est une définition standard. 

Qu’est-ce que fait qu’une définition standard est reconnue? C’est important en science, une définition standard.

Et si on recule un peu, il y a une quête aussi pour définir l’originalité qui diffère de la créativité. 

Il y a donc des définitions standards pour l’originalité et la créativité.

Si on parle de pot et de créativité, on est mieux de se comprendre sur le fond…

La définition standard de l’originalité date de 1955 et vient de Frank Barron. 

Le premier critère d’une réponse originale est qu’elle doit présenter une certaine rareté déclarée dans le groupe particulier étudié. Un exemple familier de cela dans la pratique psychologique est la définition d’une réponse originale aux taches d’encre de Rorschach, l’exigence étant que la réponse, dans l’expérience de l’examinateur, ne doit pas se produire plus d’une fois sur 100 examens. 

Un deuxième critère qui doit être rempli pour qu’une réponse soit qualifiée d’originale est qu’elle doit, dans une certaine mesure, s’adapter à la réalité. L’intention de cette exigence est d’exclure les réponses peu communes qui sont simplement aléatoires, ou qui procèdent de l’ignorance ou de l’illusion).

C’est bien hein!

Son document original dans les notes de l’épisode.

Je viens de partager la définition standard de l’originalité.

Et la créativité, Luc?

La définition standard de la créativité vient de Morris Stein en 1953.

C’est plus ou moins texto de l’anglais.

On peut faire une expérience mentale, si ça vous amuse.

Imaginez que l’on discute de créativité dans le contexte de la cuisine. 

De vos plats que vous préparez par exemple pour un repas exceptionnel…

Donc voici la définition standard de la créativité qui date de 1953…

L’œuvre créative est une œuvre nouvelle qui est acceptée comme défendable, utile ou satisfaisante par un groupe à un moment donné… . Par «nouveau», j’entends que le produit créatif n’existait pas auparavant sous la même forme… La mesure dans laquelle une œuvre est nouvelle dépend de la mesure dans laquelle elle s’écarte de la tradition ou du statu quo. Cela peut dépendre de la nature du problème auquel on s’attaque, du fonds de connaissances ou d’expérience qui existe dans le domaine à ce moment-là, et des caractéristiques de l’individu créatif et de celles des individus avec lesquels il «communique». Souvent, dans l’étude de la créativité, on a tendance à se limiter à l’étude du génie parce que la «distance» entre ce qu’il a fait et ce qui a existé est assez marquée… En parlant de créativité, il est donc nécessaire de distinguer les cadres de référence internes et externes.

Une définition standard n’est pas une limite à la liberté de penser. 

Mais tu es mieux de te lever tôt et être très créatif pour convaincre le reste de la planète.

Notre questionnement en soulève d’autres…

Est-ce que la créativité est la même chose dans toutes les cultures? 

Plein d’universitaires s’intéressent au sujet. On sait aussi que les autochtones de toutes les régions du monde ont toujours expérimenté avec de multiples substances diverses pour avoir accès à d’autres perspectives. Différentes drogues égalent différentes créativités. J’ai eu le privilège de faire de l’Ayahuasca au Brésil dans un dôme géodésique rempli d’une centaine de personnes. Je peux confirmer que les impacts positifs sur ma vie n’ont rien à voir avec les effets du cannabis. Par contre je ne suis en train de créer une hiérarchie des valeurs entre les drogues. Un marteau n’est pas une clé anglaise et c’est très bien ainsi. 

La créativité est aussi ce que d’autres nomment pensée productive, pensée inventive, pensée divergente, pensée latérale ou tout simplement l’imagination. Rien de scientifique, mais la poésie est une forme pure de créativité. Pourquoi s’en priver?

Sur toPot, on tente d’utiliser les définitions standards.

Pourquoi un tel intérêt académique sur un produit mal aimé? 

Surement parce que le sujet est intéressant. 

Parce que l’industrie du recrutement aussi… 

En 2022, la détection des esprits non créatifs est désirable pour certains emplois. 

Gardien de but me vient tout de suite à l’esprit… 😉

Et les esprits créatifs dans le contexte d’une planète en pleine surchauffe, ça pourrait bien valoir cher, très cher.

OK. 

Si je résume bêtement : la créativité exige à la fois une dose d’originalité et une dose d’efficacité.  

Mais la science, certaines études en tout cas, affirment que le cannabis n’a pas ce genre de propriété qui aideraient à être créatif… 

À Leiden, aux Pays-Bas, une étude qui date de 2014 suggère qu’à faible dose le cannabis n’a pas d’impact sur la créativité, alors qu’à fortes doses, le cannabis nuirait à la pensée divergente.

Mais pour rassurer celles qui ont commencé à crier dans le fond du café, je vais immédiatement citer Carl Sagan, un scientifique et astronome américain très populaire à une époque qui a largement parlé de son utilisation du cannabis :

Je trouve que la plupart des idées que je trouve quand je suis défoncé concernent des questions sociales, un domaine de recherche créative très différent de celui pour lequel je suis généralement connu. Je me souviens d’une occasion où, en prenant une douche avec ma femme alors que j’étais défoncé, j’ai eu une idée sur les origines et les invalidités du racisme en termes de courbes de distribution gaussiennes. C’était un point évident d’une certaine manière, mais dont on parlait rarement. J’ai dessiné les courbes au savon sur le mur de la douche et je suis allé écrire mon idée. Une idée a mené à une autre, et au bout d’une heure de travail extrêmement difficile, j’ai découvert que j’avais écrit onze courts essais sur un large éventail de sujets sociaux, politiques, philosophiques et biologiques. Bla bla bla…

OK. 

Le gars est un astronome… Le pot ne l’a aidé à élucider la nature de l’énergie dite sombre qui semble dominer notre Univers en plus de provoquer une accélération de son expansion. Le pot l’a aidé à écrire des petits essais.  C’est bien, mais ce n’est pas un prix Nobel grâce au cannabis par contre.

Hey Merci MJ!

Regardons un peu ce que la science tente de nous dire.

Une première étude a attiré mon attention. Son titre parle de lui-même:

Inspired by Mary Jane? Mechanisms underlying enhanced creativity in cannabis users

In french: Inspiré par Mary Jane ? Les mécanismes qui sous-tendent une créativité accrue chez les consommateurs de cannabis. L’auteur principale est Emily LaFrance.

L’étude date de 2017. Un classique. Évidemment, les curieuses vont trouver un lien dans les notes de l’épisode…

L’étude à trois buts

1)

Examiner si les consommateurs de cannabis à jeun présentent une meilleure performance aux tests de pensée divergente et convergente. 

2)

Examiner si les consommateurs de cannabis à jeun rapportent des niveaux plus élevés de créativité en utilisant des mesures standardisées d’autoévaluation de la créativité. 

3)

Explorer les cinq grands traits de personnalité comme mécanismes possibles sous-jacents aux liens supposés entre la consommation de cannabis et la créativité. 

J’ai dû chercher les 5 grands traits en question. 

Ça s’appelle Le Big Five en anglais. 

Ce n’est pas vraiment une théorie, mais plutôt une sorte de modèle. 

En français, on a créé le« modèle OCEAN », acronyme du nom de ses différentes dimensions[1].

(O) Ouverture : appréciation de l’art, de l’émotion, de l’aventure, des idées peu communes ou des idées nouvelles, curiosité et imagination ;

(C) Conscienciosité (conscience morale, virtus, c’est-à-dire vertu au sens romain) : autodiscipline, respect des obligations, organisation plutôt que spontanéité ; orienté vers des buts ;

(E) Extraversion : énergie, émotions positives, tendance à chercher la stimulation et la compagnie des autres ;

(A) Agréabilité (amabilité) : une tendance à être compatissant et coopératif plutôt que soupçonneux et antagonique envers les autres ;

(N) Neuroticisme ou névrosisme : contraire de stabilité émotionnelle : tendance à éprouver facilement des émotions désagréables comme la colère, l’inquiétude ou la dépression, vulnérabilité.

Pour la petite histoire, on parle ici d’un échantillon de consommateurs de cannabis à jeun de 412 personnes et de 309  non-consommateurs de cannabis. Les deux groupes ont répondu à des questions sur les sujets suivants: consommation de cannabis, personnalité, créativité autodéclarée et objective. 

Les résultats sont clairs. 

Les consommateurs de cannabis sobres ont fait preuve d’une plus grande créativité autodéclarée que les non-consommateurs.

Les consommateurs de cannabis sobres ont montré une capacité de pensée convergente supérieure à celle des non-consommateurs.

Les consommateurs de cannabis sont plus extravertis, plus ouverts à l’expérience et moins consciencieux.

Les différences d’ouverture à l’expérience expliquent la meilleure créativité des consommateurs de cannabis.

OK. Ça regarde mal.

Et si on se demandait l’effet du pot sur les programmeurs? 

Ça tombe bien, la recherche existe.

C’est la première étude empirique sur la prévalence, les perceptions et les motivations d’utilisation du cannabis dans les environnements de programmation. La recherche publiée en 2021 a été réalisée auprès de 803 programmeurs (dont 450 développeurs professionnels à temps plein) recrutés dans les communautés de programmation des logiciels libres, des universités et des médias sociaux. Les résultats? À première vue, cela semble un enfonçage de porte ouverte…

1)

Certains programmeurs consomment régulièrement du cannabis tout en programmant. 

2)

18% de l’échantillon fumaient au moins une fois par mois. 

3)

Le cannabis est utilisé pour des projets personnels et professionnels. 

4)

On fume pour une amélioration perçue des compétences liées à la programmation plutôt que par des raisons médicales. 

5)

Tous les employés consomment du cannabis à des taux similaires, malgré les différences de perception et de visibilité du cannabis. 

Rien de super étonnant n’est-ce pas?

Mais les politiques antidrogues dans l’industrie du génie logiciel entrent en collision avec cette consommation.

29 % de l’échantillon a déclaré avoir passé un test de dépistage de drogue pour un emploi lié à la programmation, cette pratique, en période de pénurie de travailleurs, peut ralentir l’industrie. Il y a donc des choses à faire pour enligner les deux situations. 

En savons-nous plus sur le duo cannabis-créativité? 

Pas vraiment. 

Par contre, en termes de perceptions, il semble pour certains programmeurs qu’une causalité existe. C’est une progression.

Par contre, beaucoup de gens se trouvent drôles après avoir consommé du cannabis. Vous le savez aussi bien que moi, ce n’est pas souvent le cas…

Une autre étude d’Emily LaFrance apparait en 2021.

Head in the clouds? Cannabis users’ creativity in new venture ideation depends on their entrepreneurial passion and experience.

En français: La tête dans les nuages ? La créativité des consommateurs de cannabis dans l’idéation de nouvelles entreprises dépend de leur passion et de leur expérience entrepreneuriale.

L’hypothèse derrière la recherche est simple: 

les consommateurs de cannabis génèrent des idées qui sont plus originales, mais moins réalisables, par rapport aux non-consommateurs. 

Vous vous souvenez de la définition standard de la créativité?

La créativité exige à la fois une dose d’originalité et une dose d’efficacité. 

La conclusion de l’étude est sans ambigüité:

L’originalité accrue et la faisabilité réduite des idées des consommateurs de cannabis ont fait surface dans la mesure où ils avaient une passion entrepreneuriale pour l’invention et ont diminué proportionnellement à leur expérience entrepreneuriale. 

Cela veut dire que la qualité des idées, leur faisabilité, ne dépend pas de la dose, mais de l’expérience personnelle des sujets de l’étude. 

Garbage in, garbage out.

Des entrepreneurs, des programmeurs… C’est bien.

Et si on regardait ce qui se passe à l’université? 

J’ai trouvé une revue de la littérature dans une étude qualitative intitulée:

Influences réflexives et non réflexives sur la consommation de cannabis chez les étudiants de premier cycle.

Près de 40% des étudiants universitaires américains consomment du cannabis. L’étude s’est intéressée à la contribution simultanée des processus réflexifs et des processus non réflexifs. Les processus réflexifs sont ceux qui  produisent l’action par une délibération, une volonté consciente tandis que les  processus non réflexifs sont ceux qui incitent automatiquement au comportement. 

Les conclusions de la revue de littérature sont nombreuses.

L’intoxication au cannabis favorise la pensée divergente, c’est-à-dire la capacité de voir des liens entre des concepts éloignés et de révéler quelque chose de nouveau.

Mais, mais, mais, la consommation du cannabis altère en même temps la pensée convergente, c’est-à-dire la capacité de raisonner sur la base d’une inférence logique. 

Le mot inférence est important. Selon mon dictionnaire, il s’agit d’une opération logique qui consiste à admettre une vérité en vertu de sa liaison avec d’autres vérités déjà admises. C’est à ça que servent les définitions standards. Chaque définition est une brique et à la fin, on se retrouve avec quelque chose. Un mur, une maison ou une construction mentale solide.

Pourquoi discutons-nous de ce genre de choses aujourd’hui? 

Dans le contexte sportif, tout le monde comprend les avantages d’un bon programme de dopage. Le but est de physiquement devenir un sur humain. Mais vous et moi, ne consomme-t-on pas du cannabis pour des raisons similaires? Comme dans le but de mieux penser ou de penser différemment? 

Voilà le contexte de la NEURO-AMÉLIORATION. Le monde des drogues de performance pour l’esprit. 

Un consommateur de cannabis trouve accès à d’autres perspectives. Ce point de vue différent, comme celui d’un chamane dans certaines cultures, peut constituer une forme d’augmentation de l’humain. Et l’étude des consommateurs de cannabis avec entre autres le concept amorçage ouvre la porte à une meilleure compréhension des différents mécanismes cognitifs en action.

J’ai trouvé une étude intitulée L’hyper-amorçage chez les consommateurs de cannabis : Une étude naturaliste des effets du cannabis sur la fonction de la mémoire sémantique.

Je pourrais commencer à faire débouler les définitions standards qui étayent toute cette discussion. Mais ce n’est pas le but de l’épisode… 

Rapidement tout de même, la mémoire sémantique, c’est tout ce que l’on n’a pas oublié après une amnésie suite à une commotion par exemple. Et le pot, parce qu’il affecte la mémoire, est étudié dans ce contexte.

Un exemple d’amorçage? Je vous montre une photo avec un contenu complexe une première fois. Si je vous la montre une seconde fois, vous comprenez que vous serez en mesure de la reconnaitre plus rapidement la seconde fois. Une personne exposée à la photo a donc été amorcée positivement la première fois qu’elle a été en contact avec l’image.

OK

Le cannabis est  la drogue illicite la plus populaire au monde, c’est un fait. Cela fait partie de l’intérêt de mesurer ses effets.

Une étude a testé la mémoire sémantique de 36 consommateurs de cannabis sous l’influence. Les 36 consommateurs ont de nouveau été testés à jeun tout en étant comparés à 38 témoins non consommateurs de drogue.

Sous l’influence du cannabis, les consommateurs ont démontré une augmentation de l’amorçage sémantique automatique et des symptômes schizotypiques par rapport aux témoins. Un symptôme schizotypique c’est un état mental caractérisé par un repli sur soi et une forme de prédisposition à la schizophrénie. La schizophrénie, c’est grosso modo une psychose délirante chronique caractérisée par une discordance ou si vous préférez, une perte d’harmonie de la pensée, de la vie émotionnelle et du rapport au monde extérieur.

On ne va pas devenir des spécialistes du cerveau humain d’ici la fin de l’épisode. Mais moi et vous, on avance à petits pas pour se construire des références pour toutes nos futures discussions.

Alors…

Les consommateurs de cannabis présentaient un profil similaire de schizothymie à celui des non-consommateurs lorsqu’ils ne sont pas intoxiqués. La consommation aigüe de cannabis augmente les symptômes schizotypiques et peut accroitre l’amorçage sémantique automatique chez les consommateurs récréatifs de cette drogue. Une augmentation forte de l’amorçage sémantique automatique pourrait être un facteur contribuant à des manifestations psychotiques. La première étude du  genre que j’ai trouvé date de 2010 et a démontré que la principale propriété du cannabis est sa capacité à augmenter l’hyperamorçage. Pour faire simple, l’hyperamorçage est ce qui se produit lorsque votre cerveau établit un lien entre deux éléments apparemment sans rapport. 

Si vous consommez, je n’ai pas besoin de vous expliquer la dernière phrase. Si vous ne consommez pas, je ne peux pas vous l’expliquer… 😉

Pour être créatif, il faut être bien. Et ça tombe bien car la consommation de cannabis affecte nos sentiments et donc pèse nos pensées. En général, les études qui s’intéressent à ce type de problèmes évoquent systématiquement des problèmes de motivations chez les consommateurs de cannabis. En caricature, sur le plan physique, les usagers de pot seraient des gros gras paresseux alors qu’autres études prouvent que les consommateurs de cannabis sont plus actifs physiquement et présente un meilleur indice de masse corporelle.

Au début de l’épisode, j’ai évoqué les différences qui pourraient exister dans ce qu’est la créativité selon des cultures radicalement différentes. Mais on n’a pas encore évoqué les différences des effets du cannabis chez les hommes et chez les femmes. Dans  l’épisode #95 http://mbe.io/Les-Femmes-et-le-Cannabis , j’aborde plusieurs sujets, mais pas celui de la créativité.

Là aussi, on est chanceux car des chercheurs ont publié en 2021 l’étude Differential Cognitive Performance in Females and Males with Regular Cannabis Use. En français, Différence de performance cognitive chez les femmes et les hommes consommant régulièrement du cannabis. Cette étude éclaire un peu notre discussion car elle suggère que le sexe biologique influence la relation entre le cannabis et la cognition, les hommes étant potentiellement plus vulnérables aux déficits neurocognitifs liés à la consommation de cannabis. 

Après avoir fait le tour d’internet aller-retour, je suis  tombé sur la psychologue clinicienne Gráinne Schafer. La créativité et le cannabis, c’est son truc. Dans une étude, Mme Schafer a formé deux groupes de sujets:  des sujets à «faible créativité» et d’autres à «forte créativité». Un test de fluidité verbale est ensuite proposé aux deux groupes, d’abord sobre et ensuite sous influence du cannabis.

Après une semaine de consommation, le groupe catalogué comme faible avait rejoint le niveau du groupe «forte créativité».  Par contre, les groupes des forts n’ont pas amélioré ses performances. Que faut-il en comprendre? Les personnes qui ne se considéraient comme créatives trouvent des avantages réels dans l’usage du cannabis. Le groupe qui se considérait comme plus créatif n’a pas amélioré ses performances, mais elles n’ont pas diminué non plus.

Ce que l’étude offre comme perspective de nouvelles recherches est une possible théorie selon laquelle il y existerait un lien entre la réduction des inhibitions des fonctions corticales frontales et la pensée divergente. Selon Wikipédia, la pensée divergente est une méthode de pensée utilisée pour produire des idées créatives en envisageant de nombreuses solutions possibles. Ce concept est souvent utilisé en conjonction avec la pensée convergente, qui suit un ensemble particulier d’étapes logiques pour parvenir à une solution.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ merci beaucoup! Bonne semaine. 

Est-ce que le cannabis rend plus créatif? 

La réponse facile est non.

La réponse difficile est plus complexe.

Si le buzz du cannabis pour un consommateur régulier est différent à chaque fois, il serait normal que la créativité d’une personne varie différemment à chaque consommation.

Si je me ramasse, en gros les effets du cannabis sur la créativité sont:

  1. La culture peut influencer ce que l’on croit être créatif.
  2. Les hommes et les femmes réagissent différemment.
  3. L’état d’esprit, je suis créatif, je ne suis pas créatif, a un impact sur la perception de la créativité accrue suite à la consommation du cannabis.
  4. La quantité consommée à un impact sur la créative. Un peu ça fonctionne, trop, c’est moins bon.
  5. Une OVNI… Je crois que le sens du terme créativité utilisé dans chacune de recherche n’est pas le même ce qui implique que les chercheurs ne mesurent pas obligatoirement la même chose.
  6. Et finalement, fait indéniable, beaucoup de gens qui consomment du cannabis croient être plus  créatifs sous influence. Évidemment, la tâche à effectuer sous influence doit avoir préalablement apprivoisé. Je vous donne un exemple. Beaucoup de joueurs de foot sont incapables de jouer à jeun. Mais moi je serais incapable car je n’ai aucun référent personnel dans ce sport.
     Il y a l’histoire de Doc Ellis un lanceur au baseball américain qui a réussi un match parfait sans point ni coup sur sous l’influence de la mescaline… Si on demandait aux mêmes personnes d’être efficaces dans un autre sport, les résultats pourraient être catastrophiques.

Et voilà, c’était le 106e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire: lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre !

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