#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important acteur de la distribution et de la vente légale du cannabis au Québec.

Voici les questions que je lui ai posées :

  • Vous êtes un dirigeant assez discret. Vous pouvez vous présenter succinctement?
  • Après une première année à la tête de la SQDC, de quel résultat êtes-vous le plus fier?
  • La SQDC veut être LA référence de l’industrie du cannabis responsable. Quels faits saillants du bilan 2020-2021 expriment le mieux ce souhait?
  • Le premier paragraphe du bilan annuel évoque le marché noir. Sur ce point précis, la SQDC n’a pas atteint son objectif de 66 %. Pourquoi?
  • Êtes-vous satisfait du succès commercial des producteurs autorisés québécois à la SQDC?
  • Comment et pourquoi la SQDC a-t-elle bonifié les espaces réservés aux produits afin que ses magasins soient adaptés à l’enrichissement du catalogue de produits?
  • Le succès de “Cliquez et ramassez” se mesure comment?
  • Pourquoi le volet Accessibilité est-il si important pour la SQDC?
  • Comment les concepts de rotation et de pépinière vont bénéficier à la clientèle de la SQDC?
  • Les microproducteurs québécois représentent moins de 1 % des ventes de la SQDC. Quels sont vos plans pour les aider?
  • Seulement 6 % des ventes de la SQDC sont effectuées en ligne. Est-ce que vous avez l’ambition de revaloriser cette filière?
  • Les charges nettes ont augmenté pour le dernier exercice. Quelles sont les conséquences pour la SQDC (grèves, etc.)?
  • Quel est le bilan environnemental de la SQDC?
  • La question du public : Pourquoi tout le monde est carté? 😉

    Bonne écoute!

    LIEN:

    Connaissez-vous le programme Pépinière de la SAQ?

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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    #120 Pot flânage (2022.09.28)

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    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui on va de nouveau flâner ensemble. On va discuter de l’Expo Cannabis Montréal, de Mike Tyson et de l’article du journal La Presse sur le détournement du programme médical canadien. L’Association des directeurs de police du Québec (ADPD) à la chance de s’y exprimer et ça fait dure… 

    On va aussi parler de magasinage de labo (lab shopping), un truc utilisé par les producteurs autorisés pour obtenir des pourcentages de THC très élevés dans leur rapport. Et finalement, on va s’amuser à revisiter la récente décision de l’Agence Mondial Antidopage (AMA) qui choisit de continuer de bannir le cannabis pour les sportifs. Par respect pour le sport! 😉 

    Bonne écoute.

    Transcription Intégrale de l'épisode #120

    INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Segment 0 h

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    Cette semaine on reprend notre flânage. J’ai eu beaucoup de bons REX sur le dernier épisode. Un REX, c’est le fameux retour d’expérience des french people from France. Je remercie particulièrement François Parenteau qui a eu des bons mots pour le flâneur que je suis devenu. 

    Alors aujourd’hui on va de nouveau flâner ensemble.

    Et si on commençait par l’Expo Cannabis Montréal… 

    J’y ai choppé un virus et je suis sur le cul depuis vendredi. J’ai même porté ce weekend un manteau d’hiver dans la maison tellement j’avais froid. Je vais beaucoup mieux, mais on verra pour la voix.

    Et c’est parti. L’Expo Cannabis Montréal ça se passait au Palais des congrès, cette année. Quand tu sors du métro Place d’armes, c’est majestueux. Presque un décor d’aéroport. La classe. Assez différent de la Place Bonaventure que j’aime beaucoup pour d’autres raisons.

    Je vais cracher un peu de venin avant d’aller plus loin. Il y avait dans l’expo des tonnes d’exposants qui ne savaient même pas dire bonjour en français. C’est plate, mais c’est la vie commerciale. Si l’exposant à un produit irremplaçable, tu fais avec. Si tu as besoin d’infos utiles, tu fais avec. Si tu n’as pas besoin de ses services ou de ses produits, tu le respectes comme n’importe quel humain. Le gars dans le kiosque qui regarde son téléphone n’a peut-être pas demandé de venir de Brampton pour aller chez les Papoues pendant 2-3 jours. Il est peut-être bilingue anglais-latin ou anglais — malinké, une des sept langues officielles du Sénégal. Donc, c’est plate, mais c’est la vie. 

    Par contre, quand tu t’installes au bar du resto les 3 amigos dans le Palais des congrès et qu’on refuse de te servir en français, c’est un geste politique. Et rien dans la prochaine élection ne va changer cette situation…

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, Salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    OK de retour.

    On va flâner sans aucune prétention à l’exhaustivité. Alors, j’ai discuté avec beaucoup d’exposants qui offraient des produits d’assurances. C’est le signe d’un marché qui se professionnalise. Les marchands de fertilisants étaient partout. Beaucoup moins de vendeurs de quincailleries comme les machines pour l’effeuillage, les supports de séchage. Vous voyez le genre. À vue de nez, j’ai l’impression que les entreprises québécoises dans ce secteur d’activité privilégient maintenant les salons à l’extérieur du Québec au moment où le marché québécois commence à saturer. Ça, c’est du pif. Rien de scientifique. Si vous avez un autre scénario, je suis curieux.

    Comme pour les éditions précédentes, il y avait des conférences sur deux scènes différentes passées. De bons sujets, du bon monde. Mais mon accent était de serrer des mains et de rencontrer du monde pour faire du contenu pour toPot et Bon Stock, mon nouveau magazine numérique sur le cannabis.

    Peu de producteurs québécois de cannabis avaient un kiosque. Très très peu. C’est un peu normal, car c’était un salon professionnel. Par rapport aux dernières années, j’ai l’impression que le nombre d’exposants a considérablement diminué. Il y avait également peu de mégakiosques qui ressemblent à des châteaux. La sobriété était de mise. La fin de l’abondance comme dit le président Macron en France.

    Ma plus grande surprise? Les labos de Toronto qui viennent au Québec explorer un nouveau marché. Le plus smatte de ces labos avait une représentante qui parlait français, qui avait des tatouages vraiment intéressants et un vrai bonus, la dame a le titre d’agronome. Ce labo offre un service spécial dont je vous reparlerai bientôt. Une offre unique d’après ce que je peux comprendre.

    Mon coup de cœur? J’ai discuté avec le PDG de PurCann Pharma qui est une filiale du Groupe SiliCycle. Le monsieur s’appelle Hugo St-Laurent. Pendant qu’on discutait, il prenait des notes sur une feuille de papier. Cela ne veut pas dire qu’il va me rappeler. Mais lors de notre échange, j’ai eu l’impression que toute sa bande passante était dirigée vers moi. PurCann Pharma produit et commercialise des extraits purifiés et standardisés THC, CBD, CBG, CBN, CBC, CBDA et THCA) sous forme d’huiles, de gélules, de vaporisateurs, de crèmes, de jujubes, genre. PurCann Pharma offre aussi des services de fabrication à façon et sous contrat (CMO) et toute une gamme de services de pointe. 

    Ma découverte? Le centre d’innovation en technologie en bio-innovation de la Cité située à Ottawa. En fait je les redécouvrais à ma plus grande surprise. Il y avait sur place une équipe de jeunes gens, dont une technicienne de labo allumée, que je salue au passage. 

    J’ai aussi discuté avec deux grandes femmes blondes, Gisèle et Marika, qui vendent de l’intelligence chez EZ Focus. Ez Focus est une société pan canadienne qui offre des services comme ceux de Weed Crawler, si vous savez de quoi et de qui je parle. 

    Ahhhh oui, j’ai aussi rencontré Jimbo Jones, un créateur de contenu qui ne montre jamais son visage. Il a une chaine youtube avec différent type de contenu. Forcément, c’est lui qui m’a reconnu. Dans un autre registre, j’ai parlé avec trois personnes différentes de ferblanterie. Eux n’avaient pas de kiosque, mais ils étaient sur place pour prendre le pouls du marché.

    OK, c’est tout pour l’instant. Je reviendrai à l’Expo Cannabis Montréal si j’ai un flash.

    Dans l’épisode précédent, je parlais des critiques sur les réseaux sociaux dont faisaient l’objet les entreprises de cannabis présentes à la bourse. Bien sûr, certaines ont perdu des milliards pendant que leurs dirigeants s’enrichissaient. Mais vous le savez… une promesse n’engage que celui qui y croit. 

    L’éternelle histoire des gros contre les petits. Comme au Québec il y a 30 ans quand les microbrasseries sont apparues. Oh, ce genre de discussion n’annonce pas la fin du monde. Juste la fin du cannabis ou d’une certaine idée que les consommateurs se font de l’industrie du cannabis avec de microproducteurs comme il y a des microbrasseurs.

    J’ai vu apparaitre sur mon radar un pic de discussion dont l’essentiel, en gros, se résume à ceci : Big Tobacco, Big Pharma et plein d’autres big tentent actuellement de contrôler le marché légal du cannabis. 

    Et je n’ai même pas encore nommé Amazon qui a déjà le plus grand réseau au monde pour distribuer rapidement n’importe quoi… Si on regarde ce qu’Uber a réussi à faire ou à défaire au cours des dernières années, l’hypothèse d’une mainmise par quelques géants sur l’industrie du cannabis n’a rien de farfelu.

    L’argument omniprésent dans ces discussions est simplissime : après la prohibition de 1919 aux États-Unis, chaque État a pu passer de lois et des règlementations qui ont su empêcher toutes formes d’intégration verticale. Non seulement la santé publique fut protégée, les niveaux de consommation le prouvent, mais ce formatage a permis l’émergence d’entreprises petites et moyennes qui ont longtemps pu prospérer. Cependant, le lobbying étant l’arme des dominants, il y a eu une reconsolidation de l’industrie de l’alcool partout dans le monde. Au Canada, j’aime le répéter, l’alcool, c’est 400 hospitalisations et 10 morts par jour. Si le cannabis tuait autant de monde, on mettrait en prison les producteurs autorisés canadiens. 

    On voit donc apparaitre des groupes de juristes qui disent qu’il faut dès maintenant s’assurer que le marché américain du cannabis ne soit pas contrôlé par quelques conglomérats. Certains influenceurs se moquent de cet activisme. D’autres prédisent encore pire. Quand on voit les efforts déployés par YouTube pour éradiquer le contenu cannabis de sa plateforme, il est évident que certains BIG agissent déjà selon leur propre intérêt. La vraie question est YouTube protège quoi? La jeunesse ou ses revenus?

    Est-ce que vous croyez que ce type de raisonnement relève du complotisme? Si oui, faites-moi signe. Pour l’instant, les producteurs canadiens font amplement la démonstration que l’intégration verticale n’est pas à la portée du premier venu. 

    OK, on s’en va flâner ailleurs… 

    Vous avez entendu parler du refus de la SQDC de distribuer et de vendre les produits de cannabis qui utilisent l’ex-boxeur Mike Tyson comme porte-parole. Certains médias ont félicité la SQDC de ne pas transiger avec lui tandis que d’autres lui ont reproché. Vous savez sans doute aussi que l’un des produits signatures de Tyson est un mangeable en forme d’oreille à laquelle il manque un morceau. C’est qu’il a déjà mordu l’oreille d’un boxeur lors d’un combat. Le nom du produit est brillant : «Mike Bites» 

    Certains États américains interdisent, je pense à la Californie, tout produit du cannabis ayant la forme ou portant l’empreinte de la forme, réaliste ou caricaturale, d’un être humain, d’un animal, d’un insecte ou d’un fruit. Dans un secteur économique qui fait encore appelle à des babe bong, le fait que Tyson ait été condamné pour viol ne semble pas déranger beaucoup. Là aussi par contre, il y a des changements réels de mentalités et ce qui était normal il y a 3 ans ne passe plus en 2022. 

    SFX

    Vous avez lu l’article de La Presse publié lundi? Le titre était Cannabis médicinal Le programme fédéral détourné par le crime organisé. D’abord, il faut remarquer la taille du projet. J’ai compté 3087 mots. Un texte habituel dans ce journal fait 1000 mots. Mais cette fois-ci on parle de journalisme, pas d’une chronique d’opinion. Le Journal de Montréal a fait exactement le même topo il y a deux ans. Le contexte politique, par contre, est totalement différent. Santé Canada est tenu par la Loi sur le cannabis fédérale d’organiser cette consultation. Au même moment, la SQDC fait son propre sondage. Un sondage très ambitieux qui devrait lui permettre de mieux comprendre son marché. Pas pour vendre davantage, juste pour mieux vendre. L’article de La Presse propose des statistiques intéressantes, entre autres. Mais je dois avouer que j’ai éclaté de rire plutôt que de pleurer en lisant certains propos relayés par l’article. Non, je n’ai pas éclater de rire quand j’ai lu que le marché noir était en croissance. Ce n’est pas parce que je le dis depuis des années que je me réjouis. Non ce qui m’a fait rire est l’absence totale de jugeote de l’Association des directeurs de police du Québec, l’ADPD et l’absence de réactions des journalistes élites de La Presse. L’ADPQ se plaint de la situation du cannabis médical. Je ne dis pas qu’elle a tort. Au contraire. Sur les réseaux sociaux, à ciel ouvert quoi, des gens prouvent tous les jours que les abus sont nombreux et connus de tous dans le programme médical. Mais va-t-on interdire les véhicules moteurs parce qu’il y a des conducteurs dangereux, sans empathie et ivres. Jamais et c’est bien ainsi. Là, je vais citer le passage qui m’a fait rire…

    Les dirigeants de l’association ne veulent pas pénaliser les consommateurs qui ont besoin de cannabis à des fins médicales, mais ils réclament un moratoire sur la délivrance des certificats d’inscription et la formation d’un comité pour harmoniser les mandats de la sécurité publique et de la santé dans l’approvisionnement du cannabis à des fins médicales.

    Ils demandent également que la réglementation actuelle soit abrogée et recommandent que les détenteurs d’une ordonnance qui habitent au Québec s’approvisionnent uniquement à la Société québécoise du cannabis (SQDC).

    C’est gentil ça, l’ADPQ ne veut pas pénaliser les gens malades. Elle veut seulement les envoyer s’approvisionner les succursales en grève… ou dans les succursales ouvertes il n’y a pas un seul être humain formé adéquatement pour des malades. PAS UN.

    Pourquoi pas alors une opération a cœur ouvert dans une pharmacie Jean Coutu? Y’a plein de monde compétent sur le plancher, plein d’universitaires avec des diplômes et en général, il y a un bureau de médecins juste un étage plus haut pour prescrire des pilules. Évidemment vous sentez la caricature… 

    Le reportage relaie la parole de l’ADPQ sans la questionner. Avouez que c’est un peu normal. La police c’est elle qui normalement est payée pour poser des questions. Attendez-vous une réaction de la profession médicale aux recommandations de l’ADPQ? Pas moi. 

    L’industrie peine à survivre. On lui jette des grenailles pour le moral. Quelle tristesse. Les patients? Qu’ils se débrouillent.

    En même temps, on apprend qu’un audit interne au ministère des Anciens Combattants révèle que le ministère aurait pratiquement perdu le contrôle du programme de cannabis thérapeutique pour les vétérans.

    Pas de supervision, pas d’encadrement et même pas de données probantes sur les bénéfices pour la santé des vétérans. Cela me fait penser au récent gouvernement libéral provincial qui donnait trop d’argent aux médecins québécois, mais sans jamais pouvoir le réclamer faute d’avoir noté adéquatement les remises d’argent. Plouc 101.

    SFX

    Si vous êtes passionné par le cannabis et son écosystème, vous avez compris que le pourcentage de THC est devenu un outil de marketing. Alors que la science nous informe de l’importance des terpènes dans le buzz et de l’immense complexité de l’effet d’entourage, le manque d’information laisse les consommateurs croire que le cannabis est comme l’alcool où il existe un lien de causalité réel entre le pourcentage d’alcool et l’inévitable intoxication. 

    Dans ce contexte, il existe maintenant dans l’industrie québécoise du cannabis un niveau de suspicion, de méfiance, de défiance et de scepticisme face aux rapports de laboratoires. Certains acteurs de l’industrie accusent plus ou moins ouvertement certains laboratoires de fournir des rapports de complaisance. Je suis en train de monter un épisode sur le sujet. On va s’en reparler. En attendant, pour ne froisser personne, on peut parler d’un exemple bien documenté ailleurs. Et j’ai choisi la Floride parce que les Québécois y sont un peu chez eux. Au minimum, nous y sommes en terrain connu alors que si je parle du Luxembourg ou de la Croatie, c’est plus vague.

    Les autorités de la Floride, consciente de l’importance de son marché dans lequel il faut compter 100 millions de touristes par an, et bien les autorités ont décidé de mettre fin a ce qu’on appelle le Lab shopping qui permet aux producteurs de cannabis d’obtenir le taux qu’ils désirent. 

    Quand les consommateurs commencent à douter du travail des labos, et c’est ce qui se passerait en Floride, c’est toute l’industrie qui est a risque. C’est aussi un clin d’œil inutile au marché noir qui n’a pas besoin de ce genre d’encouragement pour prospérer. Pourquoi les labos sont-ils complaisants? Pour rester en affaire. 

    L’éditeur de MJBizDaily, Bart Schaneman a récemment documenté toute l’histoire. On a ainsi appris que l’Office of Medical Marijuana Use (OMMU) de la Floride a imposé à deux labos des amendes de 20 000 $ pour usage de méthode non conforme à la réglementation. On les accuse rien de moins que d’avoir fournis de certificats d’analyse faux et inexacts.

    Des labos concurrents se plaignent de perdre des parts de marché parce que leurs analyses indiquent systématiquement des niveaux plus bas de THC. C’est comme si la science était au service du marketing… Et tout indique que la compétition entre les laboratoires ne fait que commencer. 

    Est-ce que les labos vont se battre uniquement sur les prix? Non. Un nouvel élément de différenciation existe. Oui, la rapidité du traitement des échantillons serait devenue un facteur très important pour l’industrie. 

    Dans ce phénomène de lab shopping, quel genre d’écart peut-on voir? C’est ÉNORME… On parle de 10 % d’écart. Un produit annoncé à 30 % de THC serait en réalité à 20 %… La marge d’erreur type pour ce genre de test est de 5 %. 

    Si vous êtes un voyageur fréquent sut toPot, je ne vous apprends rien. On a en discuté dans l’épisode #57. Entre autres. Il est important de rappeler que si les labos sont une partie de l’équation, les producteurs autorisés ont la responsabilité de proposer des échantillons représentatifs de leurs récoltes… Et là aussi, c’est n’importe quoi, car même en toute bonne foi, il n’y a aucune méthode standard d’échantillonnage pour l’industrie canadienne. Santé Canada n’a pas jugé bon d’imposer un protocole précis. Donc entre les différents protocoles et les simples abus, il y a une marge de progression pour protéger les consommateurs et créer une compétition saine.

    IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ, merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis-lui bonjour de ma part! OK Merci.

    OK je me ramasse.

    Je pense que je vais conclure avec une autre nouvelle qui m’a fait rire… Oui. Le sport et le cannabis sont une source inépuisable d’amusement et de mise à nu des niaiseries extraordinaires dont sont capables les États-Unis. 

    L’Agence mondiale antidopage, l’AMA en français et la Wada en anglais, et bien elle a décidé que le cannabis est toujours une substance interdite. Depuis que l’AMA existe, les américains ont milité très activement que le cannabis demeure une substance interdite. Malgré leurs pleurnichements quand la sprinteuse américaine Sha’Carri Richardson fut exclue des Jeux olympiques de Tokyo pour avoir consommé du cannabis.

    Le comité exécutif de l’AMA a décidé de maintenir l’interdiction parce que la consommation de ce produit violerait l’esprit du sport… Avant 2021, un athlète positif à une drogue récréative était suspendu 2 ans… Ça coute cher le joint hein! Aujourd’hui on parle d’une suspension de 1 à 3 mois si ma mémoire est bonne ou pas trop grippée.

    L’ironie est palpable. D’un côté, la science médicale doute globalement de l’efficacité du CBD et du THC, il suffit de regarder ce qui se passe dans la grande expérimentation française qui va d’échec en échec et de l’autre, l’AMA qui affirme que le cannabis nuit à l’équité sportive. Expliquez-moi quelqu’un! 

    Et je vais en rajouter une couche pour bien montrer la différence de traitement selon que les molécules incriminées viennent d’une plante ou d’un laboratoire. Je m’intéresse depuis quelques années à une drogue qui s’appelle Tramadol. Le tramadol a longtemps été en vente libre. Tu pouvais ramasser ça juste à côté de la mélatonine. Pourquoi cette drogue m’interpelle? Parce que les équipes de cyclisme professionnelles en fournissaient comme des smarties à leurs coureurs sans même se cacher même s’il s’agit d’un opioïde très dangereux. Les conséquences furent et sont toujours spectaculaires… Quand tu vois un coureur qui tombe en montant un col à 25 km/h, tu te dis forcément que quelque chose cloche. Des coureurs oublient de prendre un virage dans une descente, tu te poses des questions. Le champion américain Tyler Phinney avait alerté les autorités en 2012, cela fait donc 10 ans… Le cycliste canadien Michael Barry en parle dans son autobiographie. Barry courait pour l’équipe anglaise Sky. Voici son témoignage…

    Quand je me suis cassé des côtes sur chute au deuxième jour du Tour de France, j’ai pris du Tramadol pour calmer la douleur. Il m’a fait ressentir une légère euphorie. Je ne ressentais aucune douleur aux jambes. Je pouvais appuyer plus fort que d’habitude sur les pédales. Cela améliorait autant la performance que n’importe quel produit dopant que j’avais pris, avec une différence de taille : c’était légal.»

    Les cyclistes ne sont pas les seuls athlètes à consommer sans raison ce genre de produits. Dans une récente coupe du monde de football, 39 % des joueurs ont déclaré prendre des antidouleurs comme le tramadol avant de jouer. Le cyclisme est un sport extraordinaire à gérer par des ploucs et contrôlé dans les faits par 2 ou 3 organisations dont le groupe de presse Amaury, propriétaire du journal l’équipe. Comme il n’existe aucun syndicat pour la défense des coureurs, quand un athlète est coincé, on le jette sous l’autobus sans problème. Par contre, les coureurs finissent toujours par parler. Alors tout se sait un jour ou l’autre. Alors que dans le hockey, on ne sait toujours rien de ce que pouvait consommer les joueurs à l’époque de Maurice Richard… Et j’ai aussi quelques un vidéo d’un compteur de 50 buts et ancien entraineur d’une équipe assez connu au Québec déclaré en direct à la télévision que pendant les éliminatoires de la coupe Stanley, les joueurs, entre les périodes supplémentaires recevaient des transfusions sanguines. À sa décharge, il parlait probablement de solutés. L’autre commentateur, également entraineur de plusieurs grandes équipes a tenté de diffusé la tension en disant que dans une situation similaire, ses joueurs mangeaient de la pizza. Je viens de réécouter le vidéo pour être sûr que mon souvenir est précis. Manger de la pizza pour récupérer entre les périodes supplémentaires de la coupe Stanley. C’est fort. Le plus intéressant, c’est l’absence totale de réaction de la presse sportive et de la presse tout court.

    Je reviens au tramadol et au cycliste canadien Michael Barry.

    Un médecin français a répondu à l’époque aux commentaires de Barry et là je cite texto Gerard Guillaume le médecin de l’équipe FDJ :

    «Comment Michael Barry, avec tout ce qu’il prenait, pouvait faire la différence entre l’effet de l’EPO, des hormones de croissance, des corticoïdes et du Tramadol

    Ce genre de commentaires est exclusif au vélo. Peut-être dans le bodybuilding aussi, mais je ne m’avancerai pas davantage. Vous comprenez ce que je dirais.

    Alors Luc accouche… C’est quoi le lien entre le tramadol et l’interdiction du cannabis? On flâne, on flâne.

    L’usage du tramadol est de plus en plus restreint. Pour des raisons de santé publique évidentes.

    Mais l’AMA, avec sa sagesse légendaire a annoncé que l’antidouleur tramadol sera ajouté à la liste des substances interdites aux athlètes en compétition à partir de… 2024. Il est urgent d’attendre…  

    Pendant ce temps-là, les États-Unis font des pieds et des mains pour rapatrier Brittney Griner la basketteuse américaine emprisonné en Russie pour possession de cannabis. Tant mieux pour l’athlète qui ne mérite pas ça. En même temps, il suffit de lire les nouvelles, les autorités américaines arrêtent des sportifs sur leur territoire pour possession de cannabis. Ils font exactement comme les Russes, mais avec leurs propres citoyens…

    Le 4 aout 2022, le récent retraité de la NBA, Iman Shumpert a été arrêté pour possession de cannabis à l’aéroport international de Dallas Fort Worth. 

    Ainsi va la vie!

    Et voilà, c’était le 120e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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    #118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

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    Alors, comment dit-on munchies en français?  Mon dictionnaire me propose une fringale. Pour moi, le mot fringale appartient au vocabulaire du cyclisme. Quand un athlète oublie de se nourrir, soudainement son moteur stoppe et les coureurs appellent cela «avoir la...

    #117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

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    Tous les consommateurs de cannabis connaissent le lien entre leur consommation et le sommeil. Moi, je sais. Vous aussi, je suis sur. On peut avoir des intuitions, des expériences particulières, des recettes qui fonctionnent la plupart du temps, ce genre de chose. Mais...

    #116 Docteur, mon chat peut-il consommer du cannabis?

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    Pourquoi un épisode sur les soins pour les animaux avec le cannabis? Et je précise qu’aucun animal n’a été blessé pour réaliser le visuel de l’épisode. Donc, c’est une nouvelle de la semaine passée sur la hausse des visites d’enfants aux urgences causée par les...

    #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

    #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

    OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit :  Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis? Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois...

    #119 Pot flânage! (2022.09.21)

    #119 Pot flânage! (2022.09.21)

    Aujourd’hui, on va flâner. 

    Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile.

    Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le high du coureur, les mangeables, le pot extérieur versus le pot intérieur… Vous voyez le genre. Tous des sujets que j’ai déjà abordés. Mais j’ai envie de papillonner. OUI, papillonner comme dans une discussion plus informelle. Une discussion avec des chums au coin d’une table. Oui, un café, un bat. On discute. J’aimerais faire ça en direct un jour en prenant vos appels… Un jour. 

    Je me demande même si je pourrais faire des pauses musicales… Je vais en mettre une dans cet épisode et vous me direz ce que vous en pensez.

    Donc, cette semaine, on flâne ensemble avec une thématique très, très large. Oui, on discute en flânant de la croisée des chemins pour l’industrie du cannabis. On flâne, mais vous allez pouvoir consulter des liens pour tous les sujets dont je vais parler. On flâne, mais on flâne en pro…

    Alors on flâne. À zéro on commence 3-2-1 ZÉRO.

    Transcription Intégrale de l'épisode #119

    #119 Pot flânage! (2022.09.21)

    INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Segment 0 h

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    Aujourd’hui, on va flâner. 

    Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile.

    Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le high du coureur, les mangeables, le pot extérieur versus le pot intérieur… Vous voyez le genre. Tous des sujets que j’ai déjà abordés. Mais j’ai envie de papillonner. OUI, papillonner comme dans une discussion plus informelle. Une discussion avec des chums au coin d’une table. Oui, un café, un bat. On discute. J’aimerais faire ça en direct un jour en prenant vos appels… Un jour. 

    Je me demande même si je pourrais faire des pauses musicales… Je vais en mettre une dans cet épisode et vous me direz ce que vous en pensez.

    Donc, cette semaine, on flâne ensemble avec une thématique très, très large. Oui, on discute en flânant de la croisée des chemins pour l’industrie du cannabis. On flâne, mais vous allez pouvoir consulter des liens pour tous les sujets dont je vais parler. On flâne, mais on flâne en pro…

    Alors on flâne. À zéro on commence 3-2-1 ZÉRO.

    Le regroupement d’affaires qui est censé veiller aux intérêts de l’industrie du cannabis recevait le mardi 20 septembre ses membres dans le cadre de l’Assemblée générale Annuelle. On y a présenté un PLAN STRATÉGIQUE 2022-2024. On y reviendra peut-être dans un futur épisode. Ce qui a davantage retenu mon attention est le nouveau code d’éthique qui fait 8 pages. On y retrouve un Préambule, les Responsabilités, devoirs et obligations des membres et finalement une présentation du Comité de discipline. Il y a toute une section sur les conflits d’intérêts. On va surement en entendre parler dans les mois à venir. Je m’intéresse particulièrement à la place que l’on fait pour la microproduction au Québec. Donc un gros dossier à suivre.

    Mais c’est quoi le flânage? Dans le contexte de la venue au Québec de la Cour suprême du Canada pour l’affaire des 4 plants maison, j’ai pensé que cela serait drôle de connaitre la définition en droit du flânage. C’est drôle, mais ce matin, je réalise que la Cour suprême du Canada a le même acronyme que les Clubs Sociaux de Cannabis (CSC). 

    Donc, si quelqu’un vous accuse de flâner, cela veut dire quoi? 

    Vous avez déjà demandé à un policier de vous définir le flânage? Ahhh vous n’avez jamais été arrêté par la police. Moi, une seule fois. J’avais 7 ans et j’avais volé des pommes… Mais je ne flânais pas. Donc…

    Au Québec, la définition du flânage apparait en 2012. Jusqu’à cette date, chaque municipalité faisait respecter son règlement d’interdiction de flânage de façon arbitraire. Beaucoup de flou et de mou dans la corde… Puis en 2012, un incident à Québec va permettre à la cour de municipale de la même ville d’apporter sa pierre à la construction du droit au Québec. Alors rapidement, une fois c’est un gars de Québec qui décide de se faire bronzer en «string» près du fleuve. La police décide de l’accuser de flânage. Yvan Pouliot, c’est le nom du monsieur qui sera acquitté de l’infraction et la Cour municipale de Québec s’est tout de même longuement questionnée sur l’interprétation du terme «flânage». L’article 5 du Règlement municipal de la ville de Québec disait ceci :

    «5. Il est interdit à une personne, sans motif raisonnable dont la preuve lui incombe, de flâner, de vagabonder ou de dormir dans une rue ou dans un endroit public.

    Aux fins du présent article, est considérée comme flânant ou vagabondant, une personne qui se trouve dans un des lieux mentionnés au premier alinéa, sans l’autorisation du propriétaire ou de l’occupant des lieux. La preuve de cette autorisation incombe à la personne considérée comme flânant ou vagabondant. […]»

    Le tribunal à regarder le Petit Larousse pour s’informer de la définition du mot qui est : 

    … se promener sans but, au hasard; avancer sans se presser. Paresser, perdre son temps.

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, Salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

    Mais cela ne suffit pas. Le tribunal s’intéresse ensuite à la jurisprudence des cours d’appel du Québec et de l’Ontario. Après avoir accompli cette recherche, le Tribunal livre sa propre définition : flâner est le fait de traînasser à un endroit, en mouvement ou non, sans justification.

    Le bronzé sera donc acquitté puisqu’il était dans un endroit public offert au public. Les policiers se feront aussi rabrouer pour avoir donné un constant d’infraction reliée à une épidémie d’exhibitionnisme dans la région. Voici texto ce que dit le jugement.

    Par ailleurs, la simple présence du défendeur à cet endroit, un jour d’été, à 17 heures, ne peut constituer du flânage. Les circonstances de lieux, de jour, d’heure et d’autorisation du propriétaire ne permettent pas de conclure que le défendeur flâne à cette occasion.

    Alors si on vous arrête pour flânage, vous avez déjà quelques munitions pour discuter en douceur avec les forces de l’ordre.

    Est-ce que cela serait drôle si je segmentais notre flânage avec un thème musical?

    SFX

    Dans un autre ordre d’idée, j’ai acheté une once de fleur bio récemment. Mais je l’ai acheté au médical. OUI totalement légalement. Il y avait une différence de prix de 40 $… C’est ma surprise personnelle du mois et peut-être même du trimestre.

    SFX

    Est-ce que vous fréquentez les réseaux sociaux pour vous informer auprès des influenceurs qui font de critiques/reviews sur les réseaux sociaux?

    Il y a actuellement une forme de ressac d’après ce que je peux comprendre de leurs discours. Je ne parle pas d’une personne en particulier. Je parle de plusieurs personnes qui avaient des épisodes YouTube avec des audiences de 30 000 ou 40 000 personnes au début de la légalisation. Ils disent, eux hein, pas moi, ils disent donc qu’ils n’ont plus cette capacité d’attraction parce que YouTube a changé ses algorithmes. Pourquoi? Peut-être l’influence des États-Unis, un pays qui résiste de toutes ses forces à la légalisation du cannabis. 

    Hey merci MJ!

    Au final, peu importe les raisons, le paysage est en train de changer. On assiste aussi à une professionnalisation du contenu. Meilleure captation vidéo et audio et surtout une postproduction PLUS ambitieuse. 

    Le modèle d’affaire de l’influenceur/critique est en transformation. C’est rendu que les gens évitent de prononcer le mot cannabis pour être entendu par leur audience. Quel impact ces changements auront-ils sur l’industrie du cannabis? Je ne sais pas, mais il est sûr qu’il existait certains pipelines pour emmener l’information du PA à la clientèle. Ce modèle sous-terrain existe toujours, mais il est en mutation. 

    Je note également que l’audience des sites de critiques sur FB et sur le web en général se transforme. Le nombre de membres par groupes augmente et c’est peut-être le résultat d’une migration de l’audience des influenceurs/critiques vers ces plateformes. Par contre, simultanément, le nombre de personnes présente en ligne sur ces plateformes semblent avoir dramatiquement diminué. 

    J’y vois plusieurs raisons. Les voici en vrac :

    1. Les nouveaux consommateurs de cannabis savent maintenant le minimum nécessaire pour acheter avec plaisir et discernement. Le site de la SQDC n’est pas parfait, mais il est suffisamment étoffé pour faire un peu d’éducation. 
    2. Les échanges sur FB et Reddit par exemple peuvent être une expérience contrariante. Je vois tous les jours des gens qui disent taire leur préférence et préférer ne pas s’exprimer, car les réponses de certaines personnes, souvent les mêmes, sont vulgaires, inappropriées et démotivantes. Quand des adultes ont peur de se pogner avec des malotrus, c’est le début de la fin d’une communauté.
    3. La clientèle ciblée par les producteurs autorisés n’est pas dans ces groupes. Un PA n’a pas besoin des vociférations de 30 personnes qui bashent son produit. Il préfère une clientèle comme celle de la SAQ. Quand un client de la SAQ achète une bouteille de vin bouchonnée, il ne se plaint pas sur internet. Il en discute avec son conseiller la fois d’après. Ces groupes vont, à long terme, se transformer et certains vont disparaitre. J’ai en tête deux ou trois énergumènes qui géraient des groupes sur FB en professant leur ignorance de toutes leurs forces. Ces groupes ont disparu et leurs administrateurs, qui n’étaient que des tijoe connaissants, ont disparu ou se sont pacifiés pour survivre à leur passion.
    4. Certains groupes sont noyautés par des membres de l’industrie. Le jupon finit toujours par dépasser et les membres ne sont pas aveugles.
    5. Et finalement et peut-être le facteur le plus important, l’émerveillement initial s’est peut-être émoussé. Ce qui était interdit est maintenant légal.

    Même la plateforme twitter s’est vidée de son contenu de cannabis. Pour moi, la plus belle plateforme est LinkedIn. Pourquoi? Je croise parfois le même monde que sur FB, mais je croise aussi des entrepreneurs, des chimistes, des maitres cultivateurs, toutes sortes de monde relié directement à l’industrie.

    Je vous donne un exemple. Je me pose une question depuis 3 ans : quel est le taux maximum de THC possibles dans une fleur de cannabis? Grâce à FO Hébert qui est venue deux fois sur toPot, j’ai eu un nom. Celui de Davoud Torkamaneh. C’est un généticien/génomicien spécialisé dans le cannabis. Je l’ai trouvé sur LinkedIn. Bing Bang. Une semaine plus tard, toPot recevait le chercheur pour lui poser quelques questions. Pour les curieuses, l’entrevue sera bientôt diffusée sur Bon Stock. Si vous n’êtes pas un voyageur fréquent sur toPot, Bon Stock est un magazine numérique dédié au cannabis que je viens de lancer. On le retrouve @ www.bonstock.quebec.

    OK, puisqu’on parle de transformation, il faut parler de l’Allemagne et l’industrie canadienne du cannabis qui se demande si l’Allemagne va la sauver. Et l’industrie canadienne répète comme un mantra. On a l’avantage du premier arrivé… On a l’avantage du premier arrivé… On a l’avantage du premier arrivé…

    Si l’Allemagne ouvre ses portes aux producteurs, est-ce que le Canada obtiendra la prépondérance des commandes? L’industrie canadienne est à genoux et ce n’est pas pour prier. Les quelques grands qui sont déjà en Allemagne se croisent les doigts. Cette fois-ci, c’est peut-être pour prier. L’Allemagne pourrait être le premier pays de l’Union européenne à légaliser cette drogue à des fins récréatives. Avec la meilleure économie en Europe et le double de la population canadienne, le marché allemand pourrait être une bouffée d’air frais pour quelques compagnies.

    Je dis quelques compagnies, car pour exporter en Allemagne, coucou, il faut avoir une entreprise aux standards EU-GMP. GMP veut dire Good Manufacturing Practices. Et l’industrie canadienne n’a pas cru bon d’y croire dès le début. Ou elle y a cru, mais elle n’en avait pas les moyens. DONC, pour l’immense majorité des entreprises canadiennes dans le cannabis, l’Allemagne n’est même pas un rêve. C’est juste une impossibilité.

    La légalisation est sur les rails, mais la gare n’est pas en vue. Le meilleur horizon, c’est 2024. Donc pas sauvetage de vie avant 2024 et plein d’entreprises ne seront plus en vie alors. Le marché potentiel allemand évalué à 400 tonnes fait saliver, car il ne s’est vendu que 100 tonnes de cannabis au Canada lors de la première année de la légalisation. 

    En plus, l’Union européenne est inquiète, ce qui risque de ralentir tout le processus. C’est d’ailleurs exactement comme aux États-Unis ou Biden a été élu en promettant la légalisation et il a fait exactement l’inverse.

    Terry Booth, l’ex-PDG d’Aurora Cannabis toujours actif dans le cannabis avance que l’Allemagne allait «être plus dure que le Canada» en termes de lois et règlementations. Non, l’herbe n’est jamais plus verte chez le voisin.

    Le plus drôle ou triste c’est la récente bévue monumentale de Tilray. Oui Tilray a enjolivé dans un communiqué de presse la semaine passée, sa rencontre avec les responsables allemands de la lutte contre la drogue. 

    On a fait une table ronde avec les autorités allemandes pour donner le coup d’envoi d’un projet de légalisation pour le cannabis non médical à déclarer Tilray, en citant hors contexte ou tout croche, le commissaire pour les questions de toxicomanie et de drogue, M.Burkhard Blienert

    La réponse allemande n’a pas tardé… 

    Non, il n’y a pas de table ronde avec Tilray à répondu le porte-parole de Blienert à MJBizDaily. 

    «Le contenu du communiqué de presse n’est tout simplement pas correct. Nous ne minimisons pas la réunion, car il n’y a pas de coopération et il n’y en aura pas non plus avec Tilray. A aucun niveau pour être clair».

    Il serait peut-être utile de savoir qui vend à l’Allemagne à part le Canada qui croit y voir une chasse gardée :

    ×

    Import Country

    Amount in kilograms

    Canada

    6493

    Denmark

    3726

    Netherlands

    3,724

    Portugal

    2413

    Australia

    1566

    Uruguay

    848

    Spain

    705

    Uganda

    439

    Austria

    288

    Columbia

    149

    Qui va être le premier pays à dépasser les ventes du Canada en Allemagne? S’il y a une guerre des prix, la Colombie va gagner. Si on parle de faire tourner la machine à profit, je vote pour les Pays-Bas. Les Hollandais sont les gens les plus pragmatiques au monde. Mais c’est une saga pour une autre fois.

    On flâne qu’on disait… Alors que sait-on des Perceptions des praticiens de la santé sur les obstacles aux pratiques de prescription du cannabis?

    On sait certaines choses parce que c’est aussi le titre d’une étude publiée récemment. Les résultats sont intéressants. Comment ça fonctionne une telle étude? C’est très simple. Une équipe produit un questionnaire qui est diffusé par 24 organisations. 70 personnes l’ont remplie le questionnaire. 71 % étaient des médecins ou des résidents en médecine, tandis que les autres étaient des infirmières, des pharmaciens ou d’autres professionnels de la santé. 

    Alors que nous apprend cette recherche?

    1. Seulement (6 %) des répondants ont reçu une formation sur le cannabis médical dans une école professionnelle, mais 60 % ont reçu d’autres formations comme des ateliers, des conférences). 
    2. Plus de la moitié (57 %) ont reçu plus de questions sur le cannabis médical depuis la légalisation du cannabis récréatif, 
    3. 82 % des répondants ont déclaré avoir des patients qui utilisent le cannabis médical. 
    4. Par contre, 56 % se sentaient mal équipé pour discuter de cannabis médical 
    5. 27 % ne connaissaient pas les conditions d’obtention du cannabis médical au Canada. 
    6. Selon eux, les symptômes les plus courants pour recommander le cannabis médical sont la douleur et la nausée
    7. Les conditions les plus courantes pour le recommander sont le cancer et la douleur chronique. 
    8. L’obstacle le plus important à l’autorisation du cannabis médical est l’incertitude quant à la posologie et aux voies d’administration sures et efficaces. 
    9. L’obstacle le plus important à la recommandation ou à l’autorisation du cannabis médical est le manque de données de recherche démontrant son innocuité et son efficacité. 
    10. Conclusions : Nos résultats suggèrent que les professionnels de la santé de tout le Canada qui ont répondu à notre enquête ne sont pas familiers avec les sujets liés au cannabis médical. 

    Vous savez que la reine anglaise est morte. Vive la reine. Pardon, vive le fils.

    Pendant qu’il y a un changement de garde au Palais, Liz Truss, le nouveau Premier ministre britannique à décider de mettre un stop à la légalisation du cannabis aux Bermudes.

    Oui, à peine entrée en fonction, Truss a refusé de donner son autorisation pour le passage d’une une «loi cannabis» aux Bermudes.

    Les législateurs locaux ont approuvé un projet de loi, mais il a été mis sur la glace en attente de l’approbation du gouverneur du territoire nommé par le Royaume-Uni.

    Mme Truss a été expéditive, car le jour de sa prise de fonctions, elle a informé Rena Lalgie, le gouverneur des Bermudes nommé par le Royaume-Uni, de ne pas approuver le projet de loi tel qu’il est rédigé.

    Les 60 000 habitants des Bermudes profitent de la légalisation du cannabis médical depuis 2016. Dans un esprit d’apaisement ou peut-être pour le tourisme, les Bermudes ont aussi dépénalisé la possession personnelle jusqu’à sept grammes.

    Allons-nous assister à une crise constitutionnelle entre le Royaume-Uni et les Bermudes?

    Le premier ministre des Bermudes David Burt croit que ce refus d’accorder la légalisation du cannabis va nuire gravement aux relations entre les deux pays.

    Oui, mais le Canada n’est-il pas l’exemple parfait d’un pays qui a envoyé paitre le Royaume-Uni? Est-ce que les Bermudes pourraient venir demander conseil au Canada?

    On revient flâner au Canada… pour examiner un paradoxe.

     Notre marché national du cannabis, c’était 3 milliards $ en 2021. Juste derrière la production de canola et de blé, mais nez à nez avec le soya. Les spécialistes qui ont tout croche depuis les débuts de la légalisation estiment que le marché du cannabis atteindra 8 milliards en $ dans 3 ans.

    Mais contrairement aux canola, blé et soya, le cannabis est la production qui offre le plus grand retour sur l’investissement, et bien le cannabis n’est pas encore une plante domestiquée. Mais l’Université de Laval a engagé le génomicien Davoud Torkamaneh pour s’attaquer à ce problème. C’est le même Davoud dont je vous parlais au début de l’épisode. J’ai hâte de publier son entrevue.

    On continue de flâner un peu?

    Vous savez c’est quoi un EBITDA ou BAIIDA in french?

    Le BAIIDA, ce sont les BÉNÉFICES avant intérêts, impôts et dotations aux amortissements. En anglais, c’est le Earnings before interest, tax, depreciation and amortization (EBITDA). 

    La force du ratio BAIIDA, c’est qu’il permet de mesurer les performances d’une entreprise en excluant les décisions de financement ou l’environnement fiscal. C’est LE ratio phare. Or la plupart des grandes entreprises canadiennes dans l’industrie du cannabis ont un BAIIDA négatif depuis le jour 1. Rien de rassurant. Surtout qu’un BAIIDA négatif sur plusieurs trimestres est considéré comme catastrophique.

    Le BAIIDA EST une très bonne mesure de la rentabilité même s’il ne s’agit pas d’un principe comptable généralement reconnu. Par contre, il est très utile pour comparer la performance des entreprises entre elles. 

    Cette mesure qui est très pertinente pour les investisseurs a été mise aux poubelles par l’industrie. Comment? Elle s’est inventé un BAIIDA ajusté… Ça nous prendrait un vrai spécialiste pour explorer ça adéquatement. Je vais conclure ce flânage en vous disant que ces ajustements sont généralement arbitraires et contestables…

    La bourse ou la vie disaient les mécréants dans les épisodes de Robin des Bois. Cette la grande bourse qui fait peur ou qui écœurent beaucoup de consommateurs. Sur les réseaux sociaux en tout ça.

    Oui, beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux punissent les entreprises qui sont à la bourse… Sont juste la pour l’argent, le lucre comme disaient les avocats dans leur présentation à la Cour suprême du Canada pour les 4 plants maisons. Y connaissent rien à plante… Voyez le genre…

    IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis lui bonjour de ma part! Ok Merci.

    Heureusement, il y a au moins une entreprise qui prouve que ces commentaires ne sont pas ancrés dans la réalité… Et oui, Cannara qui est coté en bourse va de succès en succès tout en retenant la considération d’une forte majorité de consommateurs. Je veux simplement souligner que Cannara vient tout juste de livrer sa première commande en Colombie-Britannique en plus de proposer pour la première fois une cartouche de vapotage. 

    Je regardais les ventes les plus récentes à la SQDC hier et Cannara est partout en bonne position. QcGoldtech aussi occupait dans certaines catégories une très bonne place. Entre la haine sur les réseaux sociaux et le gout des consommateurs, il y a une vraie différence de perception que les chiffres de vente exposent facilement.

    Parlant de chiffre de vente, bientôt le Canada va revivre un autre Kroptober. Les couts de production en extérieur tournaient au tour de 10 sous le gramme il y a deux ans. Aujourd’hui je ne sais pas, mais nous aurons bientôt des chiffres. Tous les PA qui veulent vendre leur stock pour extraction sont mieux de se dépêcher, car Kroptober va encore une fois avoir un effet à la baisse sur les prix de vente.

    Et si on parlait d’environnement une seconde. Au Canada, l’industrie est tellement aux abois qu’elle n’a pas vraiment le temps pour s’en occuper collectivement. Aux États-Unis, différents États ont déjà commencé à réfléchir au problème. Des chiffres circulent déjà sur les couts pour disposer des déchets de production. Mais il y a des solutions plus simples et les exemples sont nombreux au Québec dans d’autres secteurs industriels. Le journal La Presse présentait cette semaine l’entreprise Malté qui produit des shampoings et des savons faits avec les résidus de céréales de l’industrie brassicole. Une microbrasserie produit autour de 70 tonnes de drêche par année. La drêche est si riche en vitamines et en minéraux, que l’industrie de l’alimentation animale l’utilise. Les humains peuvent aussi en manger.

    Un jour, bientôt souhaitons-le, l’industrie du cannabis va trouver des débouchés pour ses déchets. J’en parle dans l’épisode #93 sur l’environnement. Le premier produit dérivé qui me vient à l’esprit est le biochar. 

    Ok je dois y aller. Merci d’avoir flâné avec moi. Faites-moi savoir si le format vous plait.

    Et voilà, c’était le 119e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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    #120 Pot flânage (2022.09.28)

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    #119 Pot flânage! (2022.09.21)

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    Aujourd’hui, on va flâner.  Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile. Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le...

    #118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

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    #117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

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    Tous les consommateurs de cannabis connaissent le lien entre leur consommation et le sommeil. Moi, je sais. Vous aussi, je suis sur. On peut avoir des intuitions, des expériences particulières, des recettes qui fonctionnent la plupart du temps, ce genre de chose. Mais...

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    Pourquoi un épisode sur les soins pour les animaux avec le cannabis? Et je précise qu’aucun animal n’a été blessé pour réaliser le visuel de l’épisode. Donc, c’est une nouvelle de la semaine passée sur la hausse des visites d’enfants aux urgences causée par les...

    #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

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    OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit :  Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis? Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois...

    #118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

    #118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

    Alors, comment dit-on munchies en français? 

    Mon dictionnaire me propose une fringale. Pour moi, le mot fringale appartient au vocabulaire du cyclisme. Quand un athlète oublie de se nourrir, soudainement son moteur stoppe et les coureurs appellent cela «avoir la fringale». J’ai bien vu les mots grignotage mais il traduit mal la notion d’urgence. Allons-y pour fringale alors. 

    La fringale survient après la consommation de cannabis. Et en général, ce n’est pas une envie pour des raisins de Corinthe ou une pomme. Non, les munchies, c’est le gout de manger de la crème glacée, des chips, des frites, du maïs soufflé. Que des aliments à forte densité calorifique.

    Pour la chimiothérapie qui enlève l’appétit, la fringale provoquée par le cannabis est une excellente nouvelle. Pour le reste de la planète, cette fringale peut amuser tant que l’on rentre dans ses vêtements…

    Mais la question que je nous pose ce matin n’est pas «Avez-vous engraissé depuis le début de la légalisation?». Je laisse ça aux études sur les méfaits qu’aime subventionner le gouvernement du Québec.

    La vraie question, celle qui m’intéresse, est d’une autre nature… 

    Pourquoi le cannabis ouvre-t-il si férocement l’appétit?

    Bonne écoute!

    Transcription Intégrale de l'épisode #118

    #118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

    INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    Aujourd’hui, je passe au café en courant.

    Je suis dans le jus avec le lancement de www.bonstock.quebec.

    Je l’ai mis en ligne pour corriger les derniers bogues.

    Les curieuses pourront dès maintenant aller voir à quoi ça ressemble!

    Alors, comment dit-on munchies en français? 

    Mon dictionnaire me propose une fringale. Pour moi, le mot fringale appartient au vocabulaire du cyclisme. Quand un athlète oublie de se nourrir, soudainement son moteur stoppe et les coureurs appellent cela une fringale… J’ai bien vu les mots grignotage et grignotine, mais ils sont trop doux. Allons-y pour fringale alors.

    Les munchies surviennent après la consommation de cannabis. Et les munchies, en général, ce n’est pas une envie pour des raisins de Corinthe ou une pomme. Non, les munchies, c’est le gout de manger de la crème glacée, des chips, des frites, du maïs soufflé. Que des aliments à forte densité calorifique.

    Pour la chimiothérapie qui enlève l’appétit, au minimum, la fringale provoquée par le cannabis est une excellente nouvelle. Pour le reste de la planète, cette fringale peut amuser tant que l’on rentre dans ses vêtements…

    Mais la question que je nous pose ce matin n’est pas «Avez-vous engraissé depuis le début de la légalisation?». Je laisse ça aux études sur les méfaits qu’aime subventionner le gouvernement du Québec.

    La vraie question, celle qui m’intéresse, est d’une autre nature… 

    Pourquoi le cannabis ouvre-t-il si férocement l’appétit?

    Évidemment, si vous consommez depuis longtemps, vous avez eu le temps d’apprivoiser le monstre de la fringale. En fait, fumer vous coupe peut-être l’appétit. C’est un phénomène connu. Mais c’est une saga pour une autre fois.

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, Salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    Alors pourquoi la fringale?

    Il y a la piste du super héros. Évidemment.

    Un super héros court plus vite, frappe plus fort et a de meilleurs réflexes que le citoyen lambda.

    Et si je vous disais qu’une personne qui fume pourrait, momentanément, décupler le pouvoir de son nez.

    Comment? On sait que chez les souris, le THC envahit les récepteurs du bulbe olfactif du cerveau. La première conséquence? Cela permettrait d’augmenter la capacité des souris à sentir la nourriture dans un premier temps, ce qui les inciterait à manger plus. 

    Donc l’humain augmenté, augmenté comme un surhomme, par sa consommation de THC serait potentiellement capable de humer, de sentir plus que lorsqu’il est à jeunes de THC. Si notre cerveau produit des cannabinoïdes, le THC exogène, celui que l’on consomme plus ou moins modérément, va aller jouer dans le système endocannabinoïde, le SEC. Et comme le SEC participe au contrôle des émotions, de la douleur et de l’appétit, il serait normal que le THC modifie notre relation avec l’appétit.

    Des souris exposées à des huiles de banane et d’amande ont initialement démontré de la curiosité. Puis les souris se sont désintéressées des produits qui n’avaient l’effet de nouveauté pour les stimuler. On a ensuite administré aux mêmes souris du THC. La période de reniflement fut beaucoup plus longue et les souris ont mangé plus de nourriture, signe d’un appétit plus fort.

    Hey Merci MJ!

    OK. Tout semble clair et l’expérience aurait pu s’arrêter là. Mais non, les chercheurs ont modifié certaines souris en enlevant de leur cerveau les récepteurs cannabinoïdes situés précisément dans leur bulbe olfactif. Et vous devinez tout seul la suite, j’en suis sur. On a administré du THC aux souris avec un cerveau modifié et leur comportement fut le même que celui des souris normales sans l’effet du THC… Leur intérêt pour les odeurs était faible et leur appétit n’a pas augmenté… 

    OK. Je ne suis pas une souris. Mais en toute logique, la piste de la sensibilité exacerbée aux odeurs comme effet du THC est plausible… 

    Est-ce que cela explique tout le phénomène de la fringale (munchies)? Trop tôt pour l’affirmer.

    Pourquoi? C’est qu’il y a d’autres pistes. Celle des noyaux accumbens par exemple. Je ne suis même pas sur de la façon dont il faut prononcer accumbens. Il s’agit d’un ensemble de neurones qui joueraient un rôle important dans ce qui nous définit comme humains : 

    Oui, le système de «récompenses» est nécessaire à notre survie. Pourquoi? C’est lui qui motive et qui préserve notre survie comme humain. Le ou les noyaux accumbens génèrent aussi la dopamine. Et chose que j’ignorais, un TDA(H) indiquerait aussi son mauvais fonctionnement.

    Et comme si cela ne suffisait pas, le THC interagit également sur les récepteurs de l’hypothalamus ce qui aurait comme effet de relâcher une hormone. L’hormone ghréline, qui, qui qui, stimule la faim. 

    Voilà la complexité du SEC dans toute sa splendeur. Le THC surfe sur le SEC dont la finalité est de régir nos sens.. Le THC agirait sur nos sens en imitant les symptômes de la faim…

    Et que se passerait-il si on forçait les souris à jeuner pour mieux observer la quantité de cannabinoïdes endogènes ou naturels qui circulent dans le lobe olfactif. C’est comme pour humains… une souris qui a faim est plus sensible aux odeurs des aliments. Et les souris auxquelles on a enlevé les récepteurs dans les lobes olfactifs? Pas d’augmentation du reniflage et même pas d’appétit alors qu’elles auraient du, techniquement, être affamées.

    Dans cette théorie, le THC provoquerait les munchies en disant à notre cerveau ce que notre ventre ignore. TU as faim, mon gars. Envoye, mange!

    Est-ce que nous savons maintenant tout des effets du cannabis sur l’appétit? Absolument pas. Car le THC, je l’ai dit plus tôt rapidement pourrait aussi provoquer l’inverse d’une prise de poids indésirable… Et oui, les consommateurs de cannabis mangent plus, mais leur poids est inférieur à la moyenne de la population générale. Il y aurait aussi également moins d’obèses chez les consommateurs de cannabis que dans la population générale. Certains chercheurs croient que le CBD pourrait supprimer l’appétit. 

    Peut-être parce que d’autres études ont déterminés que des souris auxquelles ont a administré du THC subissent un changement de leur système intestinal. Et la relation avec le CBD?

    • Le CBD calmerait le tube digestif et le système nerveux d’une personne.
    • Le CBD réduirait ainsi les nausées et donnerait envie de manger. 
    • Le CBD est un analgésique.
    • Et on sait qu’une diminution de la douleur stimulerait l’appétit. Les gens malades mangent moins pour concentrer leur énergie sur la guérison plutôt que la digestion.

    Il y a d’autres mécanismes qui pourraient intervenir dans cette absence de prise de poids. Il y a, par exemple, d’autres récepteurs, les PPAR qui participent à la gestion des tissus adipeux. Le cannabis pourrait agir sur ces récepteurs. 

    Comprendre et contrôler les effets du cannabis sur la faim est une solution commerciale qui va rendre son inventeur multimilliardaire… car les gens pensent plus à être minces qu’à faire l’amour…

    Ce que je comprends également est que la méthode de consommation du cannabis peut avoir un impact sur les munchies… Si tu veux prendre du poids parce que tu en perds trop à cause d’une chimiothérapie, par exemple, et bien les suppositoires de THC sont plus efficaces. Pourquoi? Cela serait dû aux variations de puissance et à la vitesse d’absorption.

    Les résultats des recherches sont souvent contradictoires. Il faut comprendre que les études observationnelles transversales sont moins précises parce que, entre autres, il s’agit d’études où les sujets autodéclarent leurs consommations. Il suffit de penser aux sondages politiques pour comprendre les écarts entre les intentions, la réalité et les mensonges. 

    Dans de nombreuses recherches, le cannabis a été associé à des prises de poids, mais aussi a l’inverse comme :

    • Tour de taille plus petit.
    • Un Indice de Masse Corporelle plus faible.
    • Une prévalence moins forte de l’obésité.

    Finalement, j’ai trouvé une cause dont on parle moins souvent, car elle se situe à l’extérieur de la salle à manger et plutôt dans la chambre à coucher. Et là je vous livre la conclusion texto…

    La privation de sommeil a des effets marqués sur la prise alimentaire, déplaçant les choix alimentaires vers des options à forte densité énergétique. Nous testons ici l’hypothèse selon laquelle le traitement neuronal dans les circuits olfactifs centraux, en tandem avec le système endocannabinoïde (SEC), joue un rôle clé dans la médiation de cette relation. Nous avons combiné un protocole de privation partielle de sommeil, une neuro-imagerie olfactive basée sur des motifs et un apport alimentaire sans restriction pour tester comment les mécanismes olfactifs centraux modifient l’apport alimentaire après une privation de sommeil. Nous avons constaté que la privation de sommeil augmentait les niveaux d’un composé du SEC, renforçait l’encodage des odeurs alimentaires dans le cortex et orientait les choix alimentaires vers des aliments à forte densité énergétique. Ces résultats décrivent une voie neurobiologique potentielle par laquelle des changements dépendants de l’état du SEC peuvent moduler le traitement chimiosensoriel pour réguler les choix alimentaires.

    En résumé, l’effet global des cannabinoïdes sur l’alimentation semble être déterminé par des effets pré- et postsynaptiques, qui peuvent être indépendants les uns des autres, et c’est leur synchronisation temporelle qui entraine les changements comportementaux globaux.

    IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

    OK, je me ramasse.

    Le pot réduit aussi les inhibitions. J’ai déjà parlé de la dopamine, mais je n’avais jamais pensé à certaines conséquences comme celle où il y a une perte de contrôle de l’image de soi. 

    La mort du cinéaste goddard m’a fait penser au film La Grande Bouffe avec Michel Piccoli. Non, ce n’est pas un film de Godard. Mais Piccoli joue dans le film le plus célèbre de Godard avec Brigitte Bardot qui lui demande, toute nue étendue sur un lit, si il aime ses fesses.

    Manger jusqu’à se rendre malade est facile. Ce sont certaines inhibitions qui nous retiennent de procéder ainsi tous les jours. Les pressions sociales par exemple ou le simple fait de pouvoir se dire que 3 bols de crème glacée, cela suffit.

    Je pensais terminer l’épisode en expliquant comment :

     L’effet global des cannabinoïdes sur l’alimentation semble être déterminé par des effets pré- et postsynaptiques, qui peuvent être indépendants les uns des autres, et c’est leur synchronisation temporelle qui entraine les changements comportementaux globaux. 

    Mais c’est au-dessus de mes forces aujourd’hui. J’ai compris plein de nouvelles choses, mais je ne saurais pas vous expliquer comment…

    L’élément présynaptique renferme la machinerie nécessaire à la synthèse, au stockage, à la libération et à l’inactivation du neurotransmetteur. L’élément postsynaptique, spécialisé dans la réception des messages, renferme dans sa membrane plasmique les protéines réceptrices du neurotransmetteur…

    La transmission synaptique est unidirectionnelle, «polarisée»; elle n’a lieu que de l’élément présynaptique, qui contient le neurotransmetteur, vers l’élément postsynaptique à la surface duquel se trouvent les récepteurs du neurotransmetteur.

    Mais j’ai progressé… car j’ai appris plein de nouvelles choses. Je ne demande pas mieux. C’est presque un privilège.

    Je préfère conclure l’épisode avec un fait divers qui avait marqué mon cerveau le premier jour de la légalisation en 2018. 

    Imaginez…

    On est à Edmonton et il y a une énorme file de gens qui attendent de pouvoir faire leur premier achat légal. Elina Childs est une jeune fille atteinte de fibrose kystique qui est dans le mouvement des guides. Vous savez, l’équivalent des scouts pour les jeunes filles. Chaque année, pour lever des fonds, les guides vendent des grignotines. Quand elle a vu la file d’attente de consommateurs de cannabis, Elina s’est dit «tiens, tiens.» Accompagnée de son papa, elle a vendu, en moins de 45 minutes, tous ses produits aux gens dans la file d’attente.

    Oh, il y a peu de science dans cette histoire. Mais, mais, mais quelle intuition! 

    Et voilà, c’était le 118e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

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    #117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

    #117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

    Tous les consommateurs de cannabis connaissent le lien entre leur consommation et le sommeil. Moi, je sais. Vous aussi, je suis sur. On peut avoir des intuitions, des expériences particulières, des recettes qui fonctionnent la plupart du temps, ce genre de chose. Mais il y a aussi une science du sommeil. Et une économie, et une industrie… Votre sommeil, le mien, celui des voisins ont un impact sur le PIB de la province et du pays.

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, Salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    Les problèmes de sommeil préoccupent donc les autorités. L’agence de la santé publique du Canada communique fréquemment pour informer les citoyens des dangers d’un sommeil inadéquat.

    Les chiffres que l’agence avance sont un vrai assommoir :

    1 adulte sur 4 âgé de 18 à 34 ans ne dort pas suffisamment

    1 adulte sur 3 âgé de 35 à 64 ans ne dort pas suffisamment

    1 adulte sur 4 âgé de 65 à 79 ans ne dort pas suffisamment

    L’Agence de la santé publique du Canada ne mentionne pas la mélatonine.

    Et pour cause… 

    Pas plus tard que le 4 septembre 2022, donc il y a moins d’une semaine, la journaliste Alice Girard-Bossé écrivait un article de 881 mots qui était pour le moins alarmiste…

    En gros l’article avance qu’aux États-Unis, il y a un boum de 530% de la consommation de la mélatonine. Une tendance à la hausse de la consommation existerait aussi au Québec.

    Le centre antipoison Québec s’inquiète.

    La mélatonine étant une hormone, et la je cite texto le texte de La Presse:

    …il est possible que les suppléments de mélatonine affectent le développement hormonal, notamment la puberté, les cycles menstruels et la surproduction de l’hormone prolactine, mais nous n’en sommes pas certains ».

    Dans ce contexte, le cannabis a des réponses à donner.

    OK, il manque un élément très important dans notre discussion. Le plus important des arguments qui s’écrit en 3 lettres…

    C.B.N.

    Oui le cannabinol et non pas le cannabidiol ou CBD… Ils ciblent les mêmes récepteurs du SEC tout en produisant des effets différents.

    Le CBN fait partie de la famille des cannabinoïdes mineurs, comme le CBD, mais sa filière de production est différente. Alors que le THC, le CBD ou le CBC proviennent tous du CBG ou cannabigerol, le premier cannabinoïde qui apparait dans la vie d’un plant de cannabis. C’est un travail des enzymes sur le CBG qui le transforme en THC, CBD ou CBC. Le CBN lui est dans une classe à part. C’est une dégradation du THC causé par la chaleur ou le soleil qui le crée.

    Si le THC a été isolé pour la première fois en 1964 par Gaoni et Mechoulam à l’Institut Weizmann de Rehovot, ce n’est pas le premier cannabinoïde isolé dans sa forme pure. Ce privilège revient au CBN qui a été découvert 68 ans plus tôt en 1896.

    On va voit comment tout ça se goupille avec des récepteurs moins connus qui affectent le rythme  circadien…

    Bonne écoute!

    Rapport Liens Épisode #117

    Transcription Intégrale de l'épisode #117

    INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Et le sommeil? Il est bon?

    Avant de se lancer dans l’épisode #117, juste un petit mot sur Bon Stock, le magazine numérique sur le cannabis que je lance très bientôt. J’ai eu une superbe rencontre ce weekend avec deux amoureux du cannabis qui veulent commencer à écrire des articles. C’est incroyable. J’ai hâte de vous présenter leur premier article. C’est intéressant… Deux gars qui se connaissent. Un qui veut faire de la recherche et l’autre qui veut écrire. La vie est belle. Pour ne rien rater, vous pouvez vous abonner à l’infolettre Bon Stock en vous rendant sur www.bonstock.quebec. 

    C’est pour très bientôt. 

    Alors on tombe dans le sommeil!

    !

    Tous les consommateurs de cannabis connaissent le lien entre leur consommation et le sommeil. Moi, je sais. Vous aussi, je suis sur. On peut avoir des intuitions, des expériences particulières, des recettes qui fonctionnent la plupart du temps, ce genre de chose. Mais il y a aussi une science du sommeil. Et une économie, et une industrie… Votre sommeil, le mien, celui des voisins ont un impact sur le PIB de la province et du pays.

    Les problèmes de sommeil préoccupent donc les autorités. L’agence de la santé publique du Canada communique fréquemment pour informer les citoyens des dangers d’un sommeil inadéquat.

    Les chiffres que l’agence avance sont un vrai assommoir :

    1 adulte sur 4 âgé de 18 à 34 ans ne dort pas suffisamment

    1 adulte sur 3 âgé de 35 à 64 ans ne dort pas suffisamment

    1 adulte sur 4 âgé de 65 à 79 ans ne dort pas suffisamment

    1 adulte sur 2 a de la difficulté à s’endormir ou à rester endormi. 

    1 adulte sur 5 juge que son sommeil n’est pas réparateur.

    1 adulte sur 3 a de la difficulté à demeurer éveillé pendant les heures d’éveil. 

    Évidemment l’agence donne des conseils pour mieux dormir :

    • évitez l’alcool, la caféine et la nicotine avant d’aller au lit 
    • couchez-vous et levez-vous à des heures régulières 
    • ayez recours à des techniques de détente et à des techniques de réduction du stress fondées sur la pleine conscience 
    • réduisez le bruit dans l’environnement de sommeil 
    • limitez les siestes à 30 minutes 
    • faites de l’exercice régulièrement 
    • passez en revue régulièrement vos médicaments avec votre médecin ou pharmacien 

    • Vous avez remarqué que la mélatonine n’est pas mentionnée… On dirait que l’Agence de la santé publique du Canada sait quelque chose qu’elle ne partage pas.
    • Et pour cause… 
    • Pas plus tard que le 4 septembre 2022, donc il y a moins d’une semaine, la journaliste Alice Girard-Bossé écrivait un article de 881 mots qui était pour le moins alarmiste…

    Et là je cite la journaliste…

    Entre 2018 et 2022, le Québec a noté une croissance marquée des ventes de mélatonine. Pendant cette période, la valeur des ventes a augmenté de plus de 50 %, selon des données partielles de l’Association québécoise des distributeurs en pharmacie.

    La mélatonine, une hormone sécrétée naturellement par le cerveau dans la noirceur, permet de préparer le corps à l’endormissement. Commercialisés à partir des années 2000, les suppléments de mélatonine, peu coûteux et naturels, semblaient la solution miracle contre les troubles du sommeil. Les études sur leur efficacité se sont toutefois avérées moins concluantes qu’anticipé.

    OK, j’étais en train de vous lire un passage de l’article de Mme Girard-Bossé. Je termine…

    Un impact positif de la mélatonine s’observe en lien avec le décalage horaire, les troubles du rythme circadien du sommeil ou pour réduire l’anxiété avant une intervention chirurgicale. Toutefois, il existe peu «de preuves solides sur son efficacité ou son innocuité» pour traiter l’insomnie chronique, déclarent sur leur site internet les Instituts américains de la santé.

    Fin de la citation.

    En gros l’article avance qu’aux États-Unis, il y a un boum de 530 % de la consommation de la mélatonine. Une tendance à la hausse de la consommation existerait aussi au Québec.

    Le centre antipoison Québec s’inquiète.

    La mélatonine étant une hormone, et la je cite texto le texte de La Presse :

     il est possible que les suppléments de mélatonine affectent le développement hormonal, notamment la puberté, les cycles menstruels et la surproduction de l’hormone prolactine, mais nous n’en sommes pas certains».

    Il ne faudrait pas aller à la pharmacie achetée de la mélatoto sans consulter un professionnel de la santé. Exactement comme il ne faut pas aller à la SQDC pour une condition médicale. Ça, on l’entend tous les jours pour le cannabis. Mais jamais pour la mélatonine. 

    Plusieurs pays exigent une ordonnance dont la Suisse, le Danemark et le Royaume-Uni.

    Les doses vendues sommes MASSIVES comparées à ce que le cerveau produit naturellement

    Les effets à long terme sont inconnus…

    Contrairement au cannabis, il n’y a pas de réel standard dans la production de la mélatonine. 

    Un exemple? L’article de La Presse nous informe qu’en 2017, une étude ontarienne sur 30 compléments commerciaux, à mis à jour que des comprimés de mélatonine contenaient une dose 478 % fois plus forte que la dose annoncée sur l’étiquette avec des variations entre les lots qui pouvaient atteindre 465 %. Il est utile de se rappeler que la mélatonine est une hormone… 

    DONC cet article a été publié il y a quelques jours… 

    Voilà ce que j’écrivais le 29 octobre 2019… donc il y a presque trois ans dans l’épisode 5 qui portait sur le cannabis et le café. 

    Le gouvernement canadien, le gouvernement québécois, tous les organismes à l’exception du crime organisé, exhortent la population à faire attention aux molécules de cannabis. Mais quand un produit est vendu en pharmacie, qu’il s’agisse de formulations homéopathiques ou de mélatonine, le commerce prime. 

    Pourquoi les pharmaciens vendaient-ils des produits homéopathiques? 

    Pour le profit, comme lorsqu’ils vendaient des cigarettes. 

    Certains diront que c’est parce que les clients en demandent. 

    La science parle, mais le marché, le grand marché, lui crie!

    Et le lien avec la mélatonine qui se vend maintenant sous forme de petits oursons gélatineux? Et ben, la mélatonine est aussi une hormone. Comme les stéroïdes anabolisants. Et quand on prend des stéroïdes, il y a de fortes chances que les testicules deviennent toutes petites, surtout si on est un homme. Et donc, le corps arrête de fabriquer sa propre testostérone. 

    La mélatonine, je le disais, est aussi une hormone fabriquée par l’épiphyse ou la glande pinéale. La Société canadienne de pédiatrie affirme sur son site que pour Santé Canada la mélatonine est un produit de santé naturel. 

    Est-ce que le corps de l’enfant qui gobe des oursons de mélatoto pour faire plaisir à ses parents va être capable de continuer à produire sa propre mélatonine lorsqu’il sera adulte? 

    Faites comme moi! Demander à votre pharmacien : est-ce que la prise de l’hormone mélatonine conduit, à long terme, à une défaillance de la production par l’humain?

    La mienne de pharmacienne, qui part ailleurs est une personne remarquable, m’a dit qu’elle ne le savait pas. Trop tôt pour dire. Le plus drôle, enfin drôle…, est que Santé Canada dit de tout son poids de spécialiste de la Santé que la mélatonine est uniquement pour les adultes. Pour les enfants et les ados, il s’agit d’un emploi non autorisé. 

    On voit ici clairement le double standard pour un produit qui vient directement d’un laboratoire pharmaceutique versus un produit utilisé depuis des milliers d’années sans histoire particulière. 

    Fin de l’autocitation

    Toute cette longue intro était une mise en bouche pour examiner comment et pourquoi le cannabis affecte le sommeil. Sans jamais rejeter la science, il me semble important de démontrer que les autorités se servent de la science, de la bonne et de la mauvaise, pour des raisons purement économiques. Non, je ne parle pas de la construction du tunnel à Québec… ou de la promotion de l’alcool par le premier ministre du Québec. L’alcool qui cause dix morts et 400 hospitalisations quotidiennes au Canada.

    Une étude récente a même été commentée par le réseau TVA il y a quelques jours, le 4 septembre. Le titre de l’article : La légalisation du cannabis pourrait faire baisser la valeur boursière des entreprises pharmaceutiques. Et là je cite texto encore une fois :

    Dans leur étude, «Les lois américaines sur le cannabis devraient coûter des milliards aux entreprises pharmaceutiques», une équipe du département d’économie de l’université du Nouveau-Mexique a étudié comment les rendements boursiers des sociétés pharmaceutiques cotées en bourse ont réagi aux événements de légalisation du cannabis médical et récréatif.

    Ils ont constaté que les rendements boursiers étaient de 1,5 à 2 % inférieurs 10 jours après un événement de légalisation du cannabis et que les implications de la vente annuelle de cette réduction se chiffraient en milliards.

    On peut donc imaginer, sans dire que je suis un commentateur mal renseigné, que le cannabis vient jouer dans le jardin des géants du pharmaceutique… Si TVA le dit, forcément c’est vrai… 

    Les partis politiques québécois ne s’intéressent pas au Cannabis.

    Eric Duhaime, le supporteur inconditionnel du privé, ne veut pas toucher à la SQDC. 

    Il est le plus récent exemple de ce manque d’intérêt. Ou de la peur d’un dossier explosif…

    Et bien le sommeil va finir pour réveiller nos politiciens. 

    Évidemment, si la mélatoto est en vente libre malgré les dangers connus, c’est que le législateur se fout de ce qui se passe dans votre maison. Sauf si vous faites pousser 4 plants de cannabis.

    Mais pourquoi les problèmes de la population vont-ils réveiller les politiciens?

    Parce que les gens qui dorment mal performent mal au travail et les couts sont énormes pour la société.

    Annuellement, les États-Unis, les problèmes de sommeil causent une perte évaluée 1,23 million de jours de travail. Cela couterait à l’économie américaine 411 milliards de dollars par an. Suivent, dans l’ordre des plus fortes pertes économiques reliées au manque de sommeil, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Canada qui perdrait environ 78 000 jours ouvrables. Sans oublier que le manque de sommeil est associé à un plus fort risque de mortalité. 

    Au Canada, le cout de l’insomnie est estimé à 5 010 $ CA par personne par année à cause de l’absentéisme au travail et de la productivité réduite qui en résulte.

    Au détour, j’ai découvert une recherche à laquelle à participer, entre autres, le  

    Département de psychologie, Université de Montréal

    Centre d’étude avancée en médecine du sommeil de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, 

    École de psychologie de l’Université Laval

    École de santé publique du Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal,

    L’Institut universitaire de santé mentale de Montréal

    Le titre de l’étude est clair, Economic burden of insufficient sleep duration in Canadian adults.

    La conclusion est toute aussi claire :

    La durée insuffisante du sommeil est un facteur important des dépenses de santé et des pertes de productivité liées à la santé au Canada. 

    Que les enfants québécois développent de nombreux problèmes parce qu’ils utilisent de la mélatonine n’intéresse pas le législateur québécois. Mais un ralentissement de l’économie a plus de chance de l’interpeler et c’est un peu le motif secret de cet épisode dans le contexte de l’élection provinciale québécoise.

    Je précise que certaines compagnies semblent avoir prévu le retour de fronde contre la mélatonine. J’ai vu passé un produit qui s’appelle Prima’s Sleep Tight. Le produit est annoncé comme étant formulé par un médecin avec du CBD, des composés d’acides aminés, des herbes calmantes et surtout, surtout sans mélatonine. C’est écrit sur l’étiquette. C’est la première fois que je voyais ça dans le cannabis… Une étiquette qui annonce la présence d’une absence. En fait, ce n’est pas exact. J’ai vu des étiquettes qui disent que les fleurs ne sont pas irradiées… Encore là présence de l’absence.

    Alors regardons rapidement c’est qu’est le sommeil, mais par le prisme du rythme circadien. Il y a une raison qui va devenir apparente plus tard dans l’épisode.

    J’avais 6 ans quand j’ai vu un documentaire sur l’explorateur français Michel Siffre qui s’intéressait aux rythmes circadiens. Je me rappelle avoir vu le monsieur descendre s’isoler dans un gouffre à 100 m de profondeur sans repère avec le jour et la nuit. Quand il remonte pour sortir de son gouffre le 14 septembre 1962, Siffre pense qu’il s’agit du 20 aout. À force de confondre sieste et longue nuit entre guillemets. Le plus troublant est que son horloge biologique fut trompée par l’expérience et que Siffre se mettait à table pour son petit déjeuner à 19 h et qu’il se «couchait» pour la nuit aux alentours de midi… 

    Siffre dira plus tard que sans repère, c’est le cerveau qui crée l’illusion du temps. Il était un explorateur, spéléologue et géologue de formation, mais j’avais l’impression qu’il explorait surtout ce qu’il se passait dans son cerveau…

    C’était peut-être ma première rencontre avec la science… dans le fond d’une grotte.

    Comme enfant, j’avais été troublé par ses constatations. Je ne sais pas pourquoi, par contre. Peut-être, voir Siffre surgir d’une nuit éternelle. Il titubait comme s’il était ivre. Des policiers qui ressemblaient au comique Louis de Funes avec leurs képis se sont précipités maladroitement pour l’aider en masquant ses yeux, car le soleil l’aveuglait.

    J’ai utilisé le mot circadien. Il vient du latin classique circa diem, «autour du jour».

    Le rythme circadien est une forme d’horloge interne qui conditionne les réactions physiologiques et biochimiques à la lumière et à la noirceur. 

    Cela va avoir un impact sur nos réactions physiologiques, cognitives et comportementales.

     Les femmes ont un rythme plus court que celui des hommes ce qui expliquerait qu’elles se couchent en moyenne plus tôt que les hommes. Quand tu comprends ça, tu arrêtes de regarder les différences entre les hommes et les femmes dans un contexte de force, d’endurance ou de résistance…

    Une bébelle pas importante les rythmes circadiens? Pas vraiment, car en 2017, les chercheurs Hall, Young  Rosbash ont reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine «pour leurs découvertes des mécanismes moléculaires contrôlant le rythme circadien»

    Les rythmes circadiens sont générés par des mécanismes cérébraux et l’environnement. Oui, la rotation de la Terre et les variations lumineuses sont impliquées. Mais les petits bébés naissants n’ont pas de rythme circadien, ce qui leur permet de dormir aussi bien le jour que la nuit. Ce n’est que vers la huitième semaine qu’il apparait, d’où l’idée d’une horloge biologique intégrée dans nos organismes…

    Ce sont les zeitgebers, aussi appelés donneur du temps qui nous aide à déterminer nos cycles. La lumière est un zeitgeber, mais l’alimentation aussi. Tout cela appartient à la chronobiologie., la science qui étudie donc les rythmes biologiques. 

    Mais le rythme circadien n’existe pas que chez l’humain. Les insectes, les plantes, les bactéries et même les champignons. Et on passe du champignon au SEC. Comment? Les organes et tissus du corps humain ont aussi une place de choix dans le SEC et ils produisent des endocannabinoïdes. Et on sait qu’il y a des récepteurs CB1 dans l’hypothalamus qui est aussi la région où trouve le mécanisme central de notre horloge biologique circadienne. 

    Cela veut-il dire que l’on pourrait manipuler notre rythme circadien en consommant du cannabis? La réponse est oui! En fait le SEC est relié de plusieurs façons au rythme circadien. En fait le SEC aurait un comportement rythmé. Mais cela sera une saga pour une autre fois.

    On sait aussi que le SEC a une influence directe sur le sommeil.

    Un rythme circadien perturbé va créer plusieurs types de difficultés : des difficultés à s’endormir, à rester endormi, un sommeil avec des réveils non désirés ou tout simplement un sommeil de mauvaise qualité. Le DSM-5 identifie cinq types de troubles du rythme circadien, du sommeil et de l’éveil. Les curieuses vont trouver un lien dans les notes de l’épisode.

    On va se contenter de comprendre qu’entre le rythme circadien et le SEC, il y a une vraie relation d’interdépendance. 

    Alors le cannabis et le sommeil?

    Forbes, le magazine d’affaire a publié en juin un article intitulé Should You Use CBD for Sleep? Si Forbes en parle, c’est un bon signe. Pour les affaires et pour la déstigmatisation du cannabis. La conclusion est classique, le choix du CBD est l’affaire d’une discussion entre vous et votre médecin. Si vous en avez un. C’est comme ça.

    S’il y a une méthode pour constater l’efficacité du cannabis, c’est de regarder l’évolution des ventes de somnifères en vente libre dans les endroits où la consommation de cannabis est légale. Et ça tombe bien, car une telle étude existe pour le Colorado où les ventes de somnifères étaient en augmentation de façon constante. Jusqu’a la légalisation. Alors que les ventes de tous les produits en vente libre restaient constantes, la vente des somnifères s’est effondrée totalement. Plus le nombre de points de vente a augmenté, plus les ventes de somnifères ont diminué. Scientifiquement, cela ne veut pas dire que le cannabis est plus efficace. Cela prouve simplement qu’un produit alternatif naturel semble être une vraie solution pour les gens qui ont des problèmes de sommeil.

    Une étude parue la semaine passée et reprise par l’ensemble des médias montre que depuis la légalisation au Colorado en 2014, tout s’est accéléré. Le titre de l’étude est : Les lois américaines sur le cannabis devraient coûter des milliards aux fabricants de médicaments génériques et de marque.

    L’étude évalue une perte de presque 10 milliards de dollars avec quelques bémols bien sûr. 

    Voici la conclusion de l’article :

    En gardant ces limites à l’esprit, la taille de l’impact estimé suggère des implications importantes pour toutes les parties prenantes : les fabricants de médicaments, les patients et leurs fournisseurs, les investisseurs, les régulateurs et la communauté universitaire, tant pour les événements de légalisation passés que futurs. 

    Le plus surprenant est de constater les choix des consommateurs quand on sait que les compagnies pharmaceutiques ont déployé des budgets de pub et de lobbying extraordinaires pour lutter contre la légalisation.

    Je disais plus tôt que le magazine Forbes parlait du CBD comme solution au problème de sommeil. Évidemment, c’est encore difficile de parle de THC aux États-Unis. 

    Devrais-je vous parler de THC et du sommeil? Ça pourrait être drôle, mais je ne ferais que parler de ce que tout le monde connait. Je ne connais aucun consommateur de cannabis dont le THC n’affecte pas le sommeil. Les réactions sur les réseaux sociaux à l’épisode #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis? ont été pour moi une vraie découverte. Les rêves qui stoppent lors des périodes de consommations pour certains ou qui continuent sans interruption pour d’autres. Les présences ou l’absence de cauchemars, ainsi de suite. Évidemment la loi de l’effet joue à plein. Il est d’ailleurs utile de se rappeler que le même cultivar peut provoquer des effets différents chez le même utilisateur dans la même semaine.

    Tous ces faits sont d’ailleurs codifiés dans la médecine ayurvédique traditionnelle utilisée depuis des milliers d’années en Inde. 

    Au-delà des effets anecdotiques du THC sur l’humain, que savons-nous vraiment?

    Le plus important à retenir est que les effets du THC peuvent se transformer au fil des ans. Que la recette de nos 20 ans peut ne pas fonctionner à 45 ans! Cela est aussi vrai pour l’alcool que l’on supporte de moins en moins en vieillissant. Ou les ognons crus. Ou la cuisine très très grasse.

    Lorsqu’une personne arrête de consommer, elle dort souvent mal. Des études ont démontré que le sevrage a un impact sur les phases du sommeil. C’est ce qui explique qu’un sommeil d’une durée similaire semble procurer moins de repos. Un exemple? OK. Le sommeil paradoxal va augmenter dans une forme de compensation qui expliquerait l’apparition de rêves désagréables très très vivides qui vont disparaitre si l’abstinence de cannabis est maintenue. Des études sur des rats documentent tout cela en détail et le plus intrigant est de constater une différence entre les rats mâles et femelles qui semblent éviter l’augmentation du rêve paradoxal. 

    Mais, mais, mais, il y a aussi des recherches qui contredisent ce que je viens de dire. The Effects of Cannabinoids on Sleep publié en février 2022 est une recherche documentaire dans des bases de données de recherches publiées entre le 1er janvier 1960 et le 1er juillet 2021. Au total, 818 études ont été considérées. Là je résume les grandes lignes plus ou moins texto.

    1. La disponibilité et la commercialisation de produits à base de cannabis destinés à faciliter le sommeil augmentent constamment.
    2. Des améliorations légères du sommeil subjectif ont été signalées avec l’utilisation de produits à base de cannabis dans certains examens antérieurs de sujets souffrant de douleurs chroniques, comme des patients souffrant de sclérose en plaques, de douleurs neuropathiques périphériques ou de douleurs liées à la polyarthrite rhumatoïde.
    3. Il y a peu ou pas de preuves scientifiques convaincantes dans les documents sélectionnés.
    4. La plupart des études incluses dans cette revue étaient de nature observationnelle, basées sur l’autoévaluation.
    5. Le cannabis ne serait pas efficace pour les troubles du comportement des mouvements oculaires rapides

    OK. Cette recherche me fait penser à un incident qui est arrivé il y a quelques années. Santé Canada a voulu interdire les produits de citronnelle antimoustique. Des centaines d’années de résultats probants furent jugées par Santé Canada de nature observationnelle et basée sur l’autoévaluation… donc à rejeter.

     Voilà ce qu’écrivait dans Le Devoir le journaliste Guillaume Bourgault-Côté en septembre 2014 :

    Après dix ans d’incertitude et de sursis, la petite industrie du chasse-moustiques à base de citronnelle a perdu son combat face à Santé Canada : les dernières bouteilles d’insectifuge devront être retirées des rayons d’ici la fin de l’année, point final. Une décision dénoncée par le NPD à Ottawa.

     

    «On se demande pourquoi Santé Canada fait fi des recommandations des scientifiques et interdit la vente d’un produit naturel», a indiqué mardi par communiqué Libby Davies, porte-parole en santé du Nouveau Parti démocratique. «Santé Canada devrait réexaminer sa décision.» 

    Fin de la citation.

    Finalement, en 2015, sous la pression populaire, Santé Canada revient sur sa décision. Mais c’est une pause temporaire et elle pourrait de nouveau tenter d’interdire la citronnelle.

    OK, il manque un élément très important dans notre discussion. Le plus important des arguments qui s’écrit en 3 lettres…

    C.B.N.

    Oui le cannabinol et non pas le cannabidiol ou CBD… Ils ciblent les mêmes récepteurs du SEC tout en produisant des effets différents.

    Le CBN fait partie de la famille des cannabinoïdes mineurs, comme le CBD, mais sa filière de production est différente. Alors que le THC, le CBD ou le CBC proviennent tous du CBG ou cannabigerol, le premier cannabinoïde qui apparait dans la vie d’un plant de cannabis. C’est un travail des enzymes sur le CBG qui le transforme en THC, CBD ou CBC. Le CBN lui est dans une classe à part. C’est une dégradation du THC causé par la chaleur ou le soleil qui le crée.

    Si le THC a été isolé pour la première fois en 1964 par Gaoni et Mechoulam à l’Institut Weizmann de Rehovot, ce n’est pas le premier cannabinoïde isolé dans sa forme pure. Ce privilège revient au CBN qui a été découvert 68 ans plus tôt en 1896.

    IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. 

    OK je me ramasse…

    En 1896 donc, c’est un dénommé Wood qui a isolé le CBN. Il a fallu attendre 1940 pour que l’on connaisse parfaitement sa structure. On a pensé initialement et à tort qui c’était un psychotrope. La dégradation dont on parle, c’est simplement, par exemple, l’exposition du hach au soleil et aux intempéries qui a créé les bonnes conditions pour qu’une forte concentration de CBN apparaisse et s’accumule. Dans une fleur de cannabis, il y a finalement très peu de CBN. C’est là où la fermentation de précision fait rêver la planète cannabis. Mais c’est aussi une saga pour une autre fois.

    Le petit coquin de CBN est capable d’agir avec les récepteurs CB1 et CB2 du SEC. Dans cette interaction, les récepteurs seraient la serrure et le CBN serait la clé…

    Les bénéfices du CBN sont nombreux :

    1. Il stimule l’appétit.
    2. Il agit sur les glaucomes.
    3. Il est antibactérien
    4. Il est antiinflammatoire
    5. Le CBN protègerait le cerveau. Une étude de 2004 sur des souris a déterminé que le traitement de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) avec du CBN a retardé la progression de la maladie.

    Malgré toutes ces qualités, à court terme, c’est-à-dire demain soir, le principal bénéfice du CBN est qu’il agit comme un sédatif très efficace. Son action antiinflammatoire contribue à la relaxation musculaire, ce qui aide quand on est costumé en pyjama.

    Voilà la première action du CBN pour le sommeil. Mais il existe une deuxième interaction plus complexe qui nous ramène à Michel Siffre, notre gentil explorateur de la noirceur. Le CBN pourrait interagir avec les récepteurs TRPV2. Oh, le CBD sait aussi faire ça, car c’est aussi un cannabinoïde d’origine végétale qui est les seuls agonistes du TVPR2. Un agoniste, c’est l’inverse d’un antagoniste et voilà un mot que nous connaissons.

    Il y a 3 définitions dans mon dictionnaire pour antagoniste et je vais m’en tenir à la première, car c’est la plus simple

    Il s’agit d’un individu, groupe, principe, etc., en opposition, en lutte avec un autre ; rival, adversaire, concurrent. Tenter de réconcilier les antagonistes d’un conflit qui a déjà trop duré. D’ardentes antagonistes du régime en place. antagonist
     Quand j’étais petit, ma mère me disait «arrête d’antagoniser ton petit frère»… 

    Agoniste est donc l’inverse d’antagoniste.

    Alors le CBN est agoniste des récepteurs TRPV2, cela veut dire qu’il se lie de façon réversible à un récepteur. Jusque là, rien de spécial. La pirouette qui nous ramène au début de l’épisode vient du fait que le récepteur TRPV2 serait relié à la gestion du rythme circadien. Le CBN pouvant interagir avec le TRPV2, il est possible qu’il déclenche la somnolence et signale au cerveau et au corps de se reposer. Mais on ne sait pas comment il ferait ça…

    Le sommeil est important pour la survie de l’individu et son bon fonctionnement. Mais le sommeil, lorsqu’on le considère globalement, est un des vecteurs les plus importants d’une économie qui performe bien. Les chiffres sont clairs. Le mauvais sommeil coute cher à nos sociétés. Notre environnement, celui que nous créons dans nos résidences avec tous nos appareils électroniques, la WIFI et tout le bataclan, je pense à votre microonde, est de plus en plus problématique. L’autre environnement, celui que nous subissons, et là je pense aux réseaux qui nous bombardent en permanence, le plus récent est le G5, n’est guère plus hospitalier. Le grand principe de précaution prend toujours le bord quand le commerce parle plus fort. 

    Nous sommes tous les cobayes d’une expérimentation à ciel ouvert où chacun va devoir trouver la meilleure façon de protéger son sommeil. Je n’ai pas dormi cette nuit. C’est un fait. Après une vie entière sans problème, cela fait 3 fois en un mois que je ne trouve pas le sommeil… Je vais devoir revoir mon protocole. Pour la première fois de ma vie, je suis capable de me mettre à la place de quelqu’un qui a des problèmes de sommeil. Mais c’est peut-être juste le lancement de mon nouveau magazine numérique qui me stresse à fond… www.bon stock. Quebec. 

    Je vais bientôt en avoir le coeur net!

    Et voilà, c’était le 117e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

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    #116 Docteur, mon chat peut-il consommer du cannabis?

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    Pourquoi un épisode sur les soins pour les animaux avec le cannabis? Et je précise qu’aucun animal n’a été blessé pour réaliser le visuel de l’épisode. Donc, c’est une nouvelle de la semaine passée sur la hausse des visites d’enfants aux urgences causée par les...

    #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

    #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

    OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit :  Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis? Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois...

    #116 Docteur, mon chat peut-il consommer du cannabis?

    #116 Docteur, mon chat peut-il consommer du cannabis?

    Pourquoi un épisode sur les soins pour les animaux avec le cannabis? Et je précise qu’aucun animal n’a été blessé pour réaliser le visuel de l’épisode. Donc, c’est une nouvelle de la semaine passée sur la hausse des visites d’enfants aux urgences causée par les mangeables et autres produits de cannabis qui m’a fait réfléchir. Les bébés c’est important. Les jeunes enfants aussi. Les adolescents aussi. Même s’ils ont 21 ans moins un jour. 

     Et pourquoi pas les animaux de compagnie? 

    Parce que personne n’aime voir souffrir des êtres chers, qu’il s’agisse d’un animal humain ou non humain. Du point du propriétaire ou du maitre, le mot est moins gros…, c’est une évidence. Mais il y a aussi le commerce. Alors aujourd’hui, je partage mes découvertes et mon parcours sur l’utilisation du cannabis et leurs effets voulus ou pas pour les animaux de compagnie. 

    On ne peut évoquer le mieux-être potentiel sans s’intéresser aux dangers d’une consommation non désirée. 

    Je nous donne une perspective… En 2014, aux États-Unis, les dépenses pour les animaux de compagnie frisaient le 60 milliards de dollars américains. Il s’agissait d’une augmentation de 5 % sur 2013. On saute en 2020. Le American Pet Products Association évoquait un marché de 95, 5 milliards É.-U..

    Au Québec, c’est Fabien Déglise qui, je crois, a été un des premiers journalistes à s’intéresser au sujet. Voilà texto ce qu’il écrivait en novembre 2018 dans Le Devoir…

    Bonne écoute!

     

    Transcription Intégrale de l'épisode #116

    #116 Docteur, mon chat peut-il consommer?

    INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Segment 0 h

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    Cela fait deux, trois épisodes consécutifs où je parle des effets du cannabis sur la santé des humains. L’épisode de la semaine passée, le 115e, qui posait la question Que se passe-t-il dans mon corps quand j’arrête de consommer du cannabis a eu un énorme succès. Je tiens d’ailleurs à remercier Mélanie Forget qui est modératrice d’un gros groupe sur Facebook. Elle a partagé l’épisode et j’ai découvert plein de choses que j’ignorais grâce aux interventions des membres de la communauté Spotted SQDC. Le groupe Reddit a aussi été très réceptif. C’est d’ailleurs une communauté à connaitre, car elle regroupe plus de 35 000 personnes. Le post que j’ai fait pour l’épisode a été vu plus de 7000 fois. Merci Reddit SQDC. Merci, Mélanie!

    J’en profite pour faire une petite mise au point technique. Je réalise que je ne dis pas toujours qu’il y a, pour chacun des sujets que j’aborde des avis contraires… Il y a plein de recherches qui tentent de prouver que le cannabis est un fléau. Mon approche est simple. Je tente d’aborder ce qui est porteur d’espoir sans jamais oublier les bémols des recherches que je partage. Un jour, j’espère, j’aurai un réseau assez développé pour pouvoir commenter toutes ces recherches en laissant la parole aux experts et de sachants du Québec et d’ailleurs.

    Et finalement, le magazine Bon Stock avance. La première infolettre est sortie. Des nouveaux abonnés se sont joints au groupe. Je continue d’écrire des articles. Je viens tout juste d’en terminer un sur le Fruit Tartar Haze, un cultivar inédit cultivé par Michaël Baril chez JMF Growers. Plein de photos et des infos précises sur ce cultivar qui est maintenant disponible.

    OK. On revient à nos affaires et à l’épisode de la semaine.

     

    Pourquoi un épisode sur les soins pour les animaux avec le cannabis? Et je précise qu’aucun animal n’a été blessé pour réaliser le visuel de l’épisode. Je n’ai laissé un chat se rouler un joint en ma présence. Non, c’est non. La sécurité de tous les animaux est importante sur toPot.

    Donc, c’est une nouvelle de la semaine passée sur la hausse des visites d’enfants aux urgences causée par les mangeables et autres produits de cannabis qui m’a fait réfléchir.

    Les bébés c’est important. Les jeunes enfants aussi. Les adolescents aussi. Même s’ils ont 21 ans moins un jour. 

    Et pourquoi pas les animaux de compagnie? 

    Je pense à Édie ma petite chatte atteinte de leucémie qui est maintenant enterrée dans notre cours. Je pense aussi à Gougou le beau chat noir de Mel et Julie, deux influenceuses cannabis partout présentent. Je viens de voir quelques photos de Gougou sur FB. Bonjour à vous trois!

    Techniquement, je suis allergique aux chats, mais ce n’est pas cher payé pour être heureux en couple. J’ai aussi des questionnements, des problèmes de fonds en fait, sur toutes les relations de dépendance. Et je connais des tonnes de véganes qui ne comprennent pas ça. Mais c’est une saga pour une autre fois. 

    Ah oui, mon épaule va mieux. Je ne prends aucun médicament et on avait à la maison une vieille bouteille de comprimés d’acétaminophène. Bas répondeur. Je suis allé voir ma pharmacienne et maintenant je sais que je suis un haut répondeur à l’ibuprofène. La vie est belle.

    Alors pourquoi est-ce important de parler des soins animaux avec du cannabis? Parce que personne n’aime voir souffrir des êtres chers, qu’il s’agisse d’un animal humain ou non humain. Du point du propriétaire ou du maitre, le mot est moins gros…, c’est une évidence. Mais il y a aussi le commerce. Alors aujourd’hui, je partage mes découvertes et mon parcours sur l’utilisation du cannabis et leurs effets voulus ou pas pour les animaux de compagnie. 

    On ne peut évoquer le mieux-être potentiel sans s’intéresser aux dangers d’une consommation non désirée. 

    Je nous donne une perspective… En 2014, aux États-Unis, les dépenses pour les animaux de compagnie frisaient le 60 milliards de dollars américains. Il s’agissait d’une augmentation de 5 % sur 2013. On saute en 2020. Le American Pet Products Association évoquait un marché de 95, 5 milliards É.-U..

    Au Québec, c’est Fabien Déglise qui, je crois, a été un des premiers journalistes à s’intéresser au sujet. Voilà texto ce qu’il écrivait en novembre 2018 dans Le Devoir.

    Qu’est-ce que je disais? Ah oui, Fabien Déglise, journaliste au Devoir, écrivait ceci un mois après le début de la légalisation :

    Les dépenses pour les animaux domestiques sont en croissance au Québec où, en 2016, selon Statistique Canada, elles ont atteint 1,7 milliard de dollars, pour 16 millions de compagnons à poils. Le marché des médicaments vétérinaires à base de cannabis, mais également des biscuits, des gâteries et des produits d’hygiène, dont les crèmes et les shampooings pour animaux, issus de cette plante est estimé à plusieurs millions de dollars annuellement. 

    Évidemment, au Québec, dans le ROC et dans le reste du monde entier, ces chiffres font saliver. 

    Depuis les débuts de la légalisation, je regarde qui fait quoi, qui dit quoi au sujet des soins pour les animaux avec le cannabis. Voici donc ce que j’ai initialement observé. Ai-je tout vu? Non. Ma veille était moins performante au début de la légalisation.

    Alors selon qui selon a fait entendre sa voix en premier? 

    Le 15 mars 2018, 7 mois avant le début de la légalisation, c’est l’Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux, l’AMVQ, qui communique les résultats d’un sondage sur les causes les plus fréquentes de consultation pour intoxication chez les chiens. Pour la petite histoire, l’AMVQ existe depuis les années 50… Et elle fait à chaque novembre une campagne de sensibilisation à la douleur animale.

    Alors quelles sont les causes les plus fréquentes d’intoxication chez les chiens au Québec?

    1. chocolat (31 %)
    2. médicaments pour humains (25,7 %)
    3. cannabis (17,6 %)
    4. rodenticides/insecticides (14,3 %) 
    5. plantes toxiques (7,4 %)

    Et les causes d’hospitalisations? Oui comme chez les humains, une intoxication ne signifie pas obligatoirement une hospitalisation.

    1. médicaments pour humains arrivent aussi en tête (27 %)
    2. chocolat (24,7 %)
    3. cannabis (23,2 %)

      

    Et dans la vraie vie, cela veut dire combien de cas? 

    L’AMVQ estime que juste pour l’année 2017, entre 700 et 900 chiens victimes d’intoxications au cannabis ont consulté un médecin vétérinaire en pratique générale. L’histoire ne dit pas si les chiens ont appelé pour prendre rendez-vous et comment ils ont payé… C’est d’ailleurs cette formulation qui a inspiré le titre de l’épisode.

    La légalisation canadienne est probablement partiellement responsable de l’augmentation des cas de toxicoses chez les animaux de compagnie. Mais il ne faut pas oublier le volet du cannabis médical. Beaucoup de patients font pousser du stock dans leur sous-sol ou dans une pièce à laquelle leurs animaux ont accès. Mais personne ne tient ce genre de statistiques au Québec. Il n’y a pas de registre du cancer… Alors imaginer un compte précis de ces types d’incidents relève de la magie. 

    Ce que l’on dit rarement, car cela ferait moins peur aux maitres, c’est que la plupart des cas d’empoisonnement au cannabis se terminent bien sans effets néfastes à long terme. Comme pour les humains. Mais le maitre est responsable. Toujours, 100 % du temps. Comme pour la consommation des mangeables par les enfants. Seuls les parents peuvent être blâmés.

    Mais comment soigne-t-on les overdoses des animaux non humains? 

    J’ai cherché.

    J’ai trouvé. 

    Je vous en reparle dans la conclusion de l’épisode.

    Bon, la première question que je me pose est la suivante?

    Pourquoi le cannabis fonctionnerait sur les animaux non humains? 

    Les animaux humains, on le sait, disposent du SEC, le système endocannabinoïde. Mais les autres animaux? J’ai été chanceux, car j’ai trouvé la recherche de Robert J. Silver publiée en 2018 intitulée Le système endocannabinoïde des animaux. Voici texto le résumé simple de son papier :

    Notre compréhension du système endocannabinoïde des animaux, et de son omniprésence chez presque tous les membres de la famille animale, a ouvert la voie à de nouvelles approches visant la gestion de la douleur, la thérapeutique du cancer, la modulation des troubles neurologiques, la réduction du stress, la gestion de l’anxiété et les maladies inflammatoires. 

    J’ai parcouru la recherche et voici ce que je comprends.

    1. Le système endocannabinoïde est présent chez presque tous les animaux,
    2. Pour tous les animaux, le rôle du SEC est essentiel dans le maintien de l’homéostasie pour un certain nombre de systèmes organiques. 
    3. Le SEC module plein d’affaires
      • Le système nerveux
      • Le système immunitaire 
      • Par le biais de récepteurs et de molécules de signalisation chimique, le SEC participe au soulagement de la douleur et l’inflammation, 
      • Il module le métabolisme et la fonction neurologique, 
      • Il participe aux processus digestifs 
      • Il soutient la fonction de reproduction et le développement embryologique. 

    Le chercheur Silver est très optimiste sur l’avenir des recherches sur les cannabinoïdes. Selon lui, le SEC n’a pas encore révélé tous les secrets de la pathogenèse des maladies d’un côté et du maintien de la santé de l’autre. 

    Pathogenèse De patho⁠-, «maladie» + — ⁠gène, «produire»… 

    Donc, la pathogenèse des maladies, et là je cite mon dictionnaire, c’est juste l’étude du processus par lequel une cause pathogène, connue ou inconnue, agit sur l’organisme et détermine une maladie. 

    Théoriquement, si les animaux non humains ont un SEC, on peut penser qu’ils pourraient, comme vous et moi, bénéficier de traitements préventifs et curatifs qui cibleraient le SEC.

    Est-ce que des vaches qui sourient vont produire un lait souriant, plus léger, moins gras? 

    Il est important de comprendre que ce qui est parfait pour un soin ponctuel peut être dangereux dans l’alimentation quotidienne.

    Et comme certains animaux ont un cycle de vie plus court et très propice à l’expérimentation, et bien une équipe a produit une étude sur les rongeurs et leur conclusion était claire et j’y vais plus ou moins texto : 

    La consommation de THC par une maman rat produit un faible effet sur le comportement de ses petits qui se traduit par une activité moindre. Au final, le THC affecterait moyennement le comportement cognitif et faiblement le comportement locomoteur et émotionnel des bébés rats.

    Bon, on le sait maintenant, les animaux humains ne sont pas uniques avec leur SEC. Alors que sait-on en 2022 des avancées réelles en termes de traitements pour les animaux. Sans être exhaustif, j’ai trouvé des recherches qui concluaient que les traitements suivants étaient pertinents :

    1. Arthrose
    2. Démangeaisons
    3. Cancer
    4. Anxiété
    5. Crises d’épilepsie 

    Et comment administrer des soins aux animaux non humains? J’ai vu de l’huile, des capsules et des petites gâteries… C’est possible qu’il existe d’autres produits plus innovants. Je pense surtout aux chevaux qui peuvent valoir plus cher que ma maison… Les chevaux de luxe ont accès, par exemple, à des pansements d’argile pour diminuer certains problèmes à leurs jambes. On y introduit en plus des substances actives. Depuis au moins une vingtaine d’années.

    J’ai trouvé une université du Texas qui semble se spécialiser dans les traitements de CBD pour les chevaux. C’est la chercheuse Kimberly Guay qui s’intéresse aussi à la nutrition animale à base de chanvre. C’est l’entreprise HempMy Pet qui finance cette recherche.

    L’objectif de la recherche visait à comprendre la place que l’huile de CBD à spectre complet peut occuper comme outil pour atténuer le stress et réduire les blessures. Il y avait également un volet qui visait et là je cite texto, donc un volet qui visait à promouvoir la santé en minimisant la surstimulation de l’hypothalamus, de l’hypophyse et des glandes surrénales.

    La conclusion de la recherche démontre des doses plus élevées de CBD à .6 mg/kg de poids corporel) étaient plus efficaces que des doses plus faibles de CBD. Le CBD était non détectable après 24 heures pour les deux dosages. S’agissant d’un animal qui subit des contrôles antidopage, c’est un détail important.

    Avant d’aller plus loin, après les chevaux, on va discuter de l’éléphant dans la pièce. Oui, si vous consommez à la maison, vous êtes responsables de ne pas laisser trainer les médicaments prescrits par votre médecin, le chocolat prescrit par votre douce moitié et votre cannabis non prescrit par la SQDC. Si malgré toutes ces précautions, vous avez oublié une boulette de hach sur comptoir de cuisine, SVP ne pas demander de conseils sur Facebook. Consulter votre vet. Ou votre pédiatre… Cela dépend de l’animal qui a ingurgité votre bon stock.

    Pendant les premiers mois de la légalisation, je me suis amusé à comparer les articles de la presse québécoise avec ceux de la presse du ROC et des États-Unis.

    Alors que les spécialistes locaux incitaient les propriétaires à attendre, voici ce que je pouvais lire dans la presse de NY :

    New York Medical Marijuana Program May Soon Include Care for Pets

    Les législateurs de New York travaillent sur un nouveau projet de loi sur le cannabis médical. Le programme de marijuana médicale de New York pourrait bientôt inclure les soins pour les animaux de compagnie. 29 mai 2018

    En janvier 2018, Green Island Naturals, une entreprise de la Colombie-Britannique offre plusieurs extraits de cannabis à usage médicinal pour les animaux non humains.

    Leur pub dit, grosso modo, que : 

    Leurs teintures CBD Medico Pet sont une option contemporaine pour combattre l’anxiété, la douleur et d’autres maux chez les chiens et les chats. Le traitement par teinture de CBD est une option de traitement naturel. Le produit est doux et sans effet psychoactif. Il est conseillé aux propriétaires de prescrire une dose plus faible lors de la première exposition du chien ou du chat au traitement, et d’augmenter la dose si nécessaire.

    Pour ma veille, j’utilise un logiciel libre qui s’appelle Zotero. Quand je visite un site et qu’une page m’intéresse, je peux la saisir en format HTML pour en garder une copie locale. ZOTERO pour les curieuses. Pourquoi je vous parle de mes bébelles normalement invisibles? C’est que j’ai fait des recherches dans ma veille Zotero et j’ai redécouvert un des premiers produits pour chien que j’ai croisé. 

    Les Smart Hemp Soft Bites, un produit américain :

    Présentation du produit :

    • Un savoureux délice au gout de bœuf et de bacon
    • Formulées par des vétérinaires pour les chiens 
    • Faciles à ajouter au régime quotidien de chanvre de votre chien. 
    • Chaque bouchée molle contient 2 mg de chanvre PCR hydrosoluble, 
    • Suivez le mode d’emploi et donnez à votre chien la portion appropriée en fonction de son poids. Il est facile de couper les Soft Bites en petits morceaux pour les petits chiens. Et surtout, les Soft Bites contiennent ZÉRO THC!

    Avantages :

    1. Formulé par des vétérinaires
    2. Soutiens le système endocannabinoïde de l’animal.
    3. Sans gluten ni céréales
    4. Saveurs que les chiens apprécient
    5. La boîte à large ouverture réduit les risques d’écrasement et permet un accès facile.
    6. Chanvre américain entièrement naturel, sans OGM et cultivé biologiquement.
    7. Formulé pour la pureté — Fabriqué aux É.-U.

    C’est incroyable, hein! 

    Et bien cette compagnie n’existe plus. Son site web est fermé. Mais grâce à cette version locale, je peux constater ce qui a disparu… Et voir les reculs d’une industrie toujours à la recherche de ses marques.

    Après Fabien Déglise, il y a aussi Stéphanie Vallet de La Presse qui a posé un regard thérapeutique sur le cannabis. Elle écrit sur le sujet le 12 novembre 2018. En gros texto :

    Calmer la douleur, prévenir l’épilepsie, apaiser les angoisses. De nombreux propriétaires d’animaux se tournent vers de nouveaux produits à base de cannabis pour traiter leurs compagnons à quatre pattes. Bien que les produits soient seulement offerts sur le marché noir pour le moment, de nombreuses entreprises sont déjà prêtes à lancer officiellement leurs huiles, croquettes et gâteries à base de CBD ou de THC, des substances présentes dans le chanvre et le cannabis, dès que le gouvernement leur donnera le feu vert.

    Stéphanie Vallet donne ensuite la parole à Sébastien Kfoury, le directeur des services vétérinaires de l’Hôpital vétérinaire Rive-Sud. Au moment de l’entrevue, M. Kfoury n’en avait encore jamais prescript. Un bon travail de la journaliste et du sachant. Les curieuses vont trouver un lien pour le commerce dans les notes de l’épisode. Il est ouvert 24/24, 7 jours par semaine. Mais je n’ai pas réussi à les rejoindre au téléphone… Ça ne répond pas.

    Un mois plus tôt, la veille de la légalisation du 18 octobre 2018, chacun son rôle, good cop bad cop, l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec publie ce communiqué :

    Même si le cannabis récréatif est maintenant en vente libre pour les humains, la prescription par un médecin vétérinaire demeure obligatoire pour l’utilisation de cannabis médical chez les animaux. Toutefois, le manque de données probantes sur l’efficacité et sur les doses à recommander ainsi que l’absence de voie légale pour s’en procurer pour les animaux rendent la prescription non recommandable pour l’instant.

    Au niveau canadien, c’est l’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) qui livre ce travail de fond. L’ACVM a aussi travaillé avec le gouvernement du Canada et la Direction des médicaments vétérinaires (DMV) de Santé Canada. 

    Au fédéral, l’ACVM place très tôt ses billes en énonçant que :

    • Les médecins vétérinaires devraient être inclus dans la définition de «praticien de la santé» en vertu du RACFM. Cela leur permettrait de fournir des médicaments contenant des cannabinoïdes à leurs patients vétérinaires.
    • L’étiquetage des produits humains devrait inclure des messages afin de protéger les animaux. 

    Mais sans que je comprenne vraiment immédiatement toutes les ramifications de la chose, j’ai réalisé qu’il existe un Programme de notification des Produits de soins animaux, les PSA. Ce programme a sa page sur le site de Santé Canada. On y retrouve les vitamines, minéraux et médicaments traditionnels pour les animaux de compagnie et les animaux destinés à la consommation humaine. 

    Je me suis dit c’est merveilleux! Mais deux secondes plus tard, je me suis dit l’inverse… Pourquoi? À cause de ces deux paragraphes :

    Le premier paragraphe :

    Les exclusions suivantes s’appliquent, ce qui signifie qu’un produit appartenant à l’une ou l’autre des catégories suivantes ne peut être notifié dans la cadre de ce programme

    Le deuxième paragraphe confirme que le cannabis ne peut être notifié. Oui, le…

    Cannabis tel que défini dans la Loi sur le cannabis, à moins d’être exempté de la Loi par le biais du Règlement sur le chanvre industriel

    Je comprends le mot notifié comme enregistré dans le sens d’une déclaration.

    SI je comprends bien, un vétérinaire n’a donc pas le droit de prescrire du cannabis en 2022. Sans doute un oubli du législateur… Mon ovni sur le sujet est simple : je comprends formellement qu’aucun vétérinaire ne peut prescrire en aout 2022. Seuls les animaux humains ont le droit d’être les bénéficiaires d’une prescription de cannabis. 

    Depuis le début de la légalisation, l’intérêt des propriétaires de bêtes et de l’industrie vétérinaire pour le cannabis est en hausse. Probablement que tous les consommateurs qui ont des animaux de compagnie réfléchissent à haute voix sur les soins qu’ils aimeraient pour leur bête.

    Oupppp, je viens de réaliser que je n’ai pas encore parlé des symptômes d’une overdose de cannabis chez les animaux de compagnie. Voici les symptômes les plus usuels après un délai de 60 à 120 minutes :

    • Somnolence
    • Abattement
    • Vacillement
    • Va-et-vient
    • Agitation
    • Sensibilité aux sons et à la lumière
    • Miction inappropriée
    • Pupilles dilatées
    • Vomissements
    • Yeux injectés de sang
    • Salivation
    • Fréquences cardiaques rapides ou lentes
    • Faible température corporelle
    • Vocalisation
    • L’overdose sévère peut causer une crises d’épilepsie, le coma et mort 

    J’ai trouvé une liste des symptômes pour les humains et les deux se ressemblent beaucoup.

    Vous saviez qu’il existe un secret professionnel entre vous et votre vet? Je viens d’apprendre ça. Vous pouvez donc en toute confiance lui dire ce que votre animal a ingéré pour que votre vétérinaire puisse lui donner les meilleurs soins possibles.

    J’ai aussi remarqué qu’on fait plus de recherches sur les chiens que les chats. Je n’ai pas d’explication.

    Si on fait un saut en aout 2021, on peut trouver un bel article de Émilie Gougeon-Pelletier dans Le Droit : Le titre? Du cannabis comme remède pour chiens anxieux.

    C’est un article qui montre le leadeurship de Canopy Growth avec une belle mise en avant de M. Bob Menardi, le directeur des services techniques et éducatifs vétérinaires chez Canopy. Une belle opération de relation publique à l’époque où Canopy faisait tourner les têtes. Il y a avait aussi à cette époque un effort réel de Canopy qui avait même créé une division de santé animale. Cette division a d’ailleurs publié deux recherches. La première portait sur l’impact à long terme de l’utilisation quotidienne du CBD chez les chiens.

    La deuxième étude de Canopy Growth s’intéressait à la sécurité et à la tolérance de doses croissantes de cannabinoïdes chez des chats en bonne santé.

    Voici la conclusion des chercheurs :

    Il s’agit de la première étude féline à explorer la sécurité et la tolérance du CBD et du THC, seuls et en combinaison, dans un cadre de recherche contrôlé. Ces résultats informeront les vétérinaires du profil de sécurité des cannabinoïdes, notamment lorsqu’ils envisagent l’utilisation thérapeutique potentielle du CBD chez les chats ou lorsqu’ils reconnaissent les signes cliniques associés à une exposition accidentelle à des produits contenant du THC.

    Je crois qu’il s’agit d’une honnête recherche. Par contre, l’ensemble des chercheurs déclarent des conflits d’intérêts. Ils travaillent tous pour Canopy. Je le mentionne, car ce sont des arguments qui pourraient être utilisés pour discréditer la recherche et nuire à l’utilisation des cannabinoïdes en médecine vétérinaire.

    La canadienne Martha Stewart, voyez la chance, s’est associé avec Bob Menardi pour développer des gâteries pour chiens au CBD. Mme Stewart travaille avec Canopy depuis le début de 2019. La marque Martha Stewart, rejoint 100 millions de consommateurs par mois, soit environ 70 millions de foyers distincts. Je ne connais pas les chiffres spécifiques pour le Canada, mais le jour où Mme Stewart pourra faire son entrée sur notre marché du cannabis, elle aura un réseau exceptionnel à sa disposition. Mais c’est une saga pour une autre fois.

    C’est exactement pour cette raison que les partis politiques recrutent des journalistes. Ils arrivent avec un profil, un public et une forte reconnaissance. C’est exactement ce que Trump a fait aux États-Unis en squattant la télévision pendant plusieurs années. Journaliste, animateur, c’est pareil et tout bon pour les partis politiques.

    On revient à nos animaux non humains.

    Nos animaux de compagnie vivent de plus en plus longtemps. Comme les humains centenaires, une vieille chatte, un vieux chien auront des besoins particuliers. Comme chez les humains, la maladie d’Alzheimer va rôder autour de nos amies à quatre pattes.

    IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

    Ok, je me ramasse!

    Votre chat veut se soigner avec des cannabinoïdes, personne ne peut vous aider. 

    Vous voulez faire traiter votre chat avec des cannabinoïdes? C’est n’est pas encore officiellement possible au Canada.

    Et vous n’avez pas le droit de les aider. 

    Voilà le contexte actuel en rafale :

    • Le marché des produits de soins animaux additionnés de cannabis est en croissance.
    • Les études prouvant l’efficacité du CBD chez les chiens apparaissent un peu partout.
    • Il y a encore peu de preuves cependant pour soutenir les allégations de bénéfices cliniquement significatifs.
    • L’environnement juridique et règlementaire n’est pas connu des citoyens.
    • La qualité des produits disponibles reste peu fiable.
    • Peu d’études sur les produits à base de cannabis chez les chats

    Si on est logique, voici ce que l’on peut imaginer et conclure…

    • Le système endocannabinoïde (SEC) et les récepteurs cannabinoïdes ont le même fonctionnement chez tous les mammifères. Les bienfaits des cannabinoïdes pourraient également s’appliquer aux 6 495 espèces connues. 
    • Le CBD est sans danger pour les animaux humains. Cela devrait être également le cas pour les animaux non humains.
    • Les produits de CBD destinés aux chats sont disponibles sans ordonnance dans plusieurs pays.
    • Il existe peu d’études directes sur les chats pour des pathologies spécifiques, telle l’agressivité.
    • La FDA n’a jamais approuvé un produit à base de cannabis. Le Canada va sans doute adopter la position de la FDA comme elle le fait fréquemment, faute d’avoir les moyens de ses ambitions. Donc, ce n’est pas demain matin que Santé Canada va approuver les Produits de Santé Animale à base de cannabis.
    • Aucun vétérinaire ne peut actuellement prescrire du CBD sauf en Californie, semble-t-il.
    • Le risque d’interaction entre le CBD et certains médicaments avec les enzymes métaboliques du foie peuvent causer des problèmes.

    Et maintenant avant que j’oublie, voici les traitements pour soigner un animal de compagnie qui vient d’ingurgiter du cannabis.

    • On parle généralement d’un suivi ambulatoire. Il s’agit de soins où la prise en charge médicale est de courte durée et sans hospitalisation.
    • Le spécialiste peut aussi administrer du charbon actif pour stopper toute absorption supplémentaire de la substance ingérée. Cela faciliterait simultanément la décontamination de l’animal.
    • Les antiémétiques font aussi dans l’arsenal habituel. Il s’agit de médicaments pour combattre le vomissement. J’ai aussi compris qu’il peut être utile de faire vomir les chiens et les chats si la substance toxique a été ingérée dans la demi-heure précédente.
    • Des fluides intraveineux peuvent être administrés comme une forme de soins de soutien. Cela permet de réduire la déshydratation et l’hypothermie.

    Actuellement, ce sont les soins dont on parle le plus. Le législateur québécois s’intéresse avant tout aux méfaits du cannabis. Il s’intéresse notre législateur aux soins nécessaires pour corriger l’erreur des maitres ou des parents.

    Oui, les chats et les enfants n’ont pas le droit d’entrer à la SQDC, car ils ne peuvent présenter une pièce d’identité…   Par contre, je pense que dans 2-3 ans, l’industrie vétérinaire va pivoter au fil des changements de la législation pour devenir pourvoyeur de conseils et de produits de mieux-être pour nos animaux de compagnies. 

    J’ai confiance. Le législateur est une drôle de bête. Mais c’est une bête qui peut être domptée. Une fois aux 4 ans.

    Et voila, c’était le 116e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

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    OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit :  Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis? Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois...

    #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

    #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

    OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit : 

    Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis?

    Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois renoncer à quelque chose de très important. Je vous en reparle dans la conclusion…

    Alors Luc, est-ce le temps de réinitialiser ton corps? 

    Est-ce le temps non pas d’un reset mais de ce que j’appelle affectueusement un freeset? 

    Oui, est-ce le temps de faire une pause? Je me permets de partager ces réflexions parce qu’on est entre nous. Si vous avez écouté un seul épisode de toPot, vous savez que je ne suis pas vraiment contre le cannabis. Pas du tout en fait. Est-ce une raison pour arrêter de se poser des questions? Ben non. Donc, je me suis dit :

    1. Que se passe-t-il dans mon corps quand j’arrête de consommer?
    2. Est-ce le temps de faire une pause comme j’en fais régulièrement depuis que j’ai consommé à consommer il y a 40 ans?
    3. Est-ce que les récepteurs du SEC sont comme nettoyés par une abstinence suffisante? 

    Et très rapidement, je me suis trouvé une vraie excuse pour reporter ma pause. Mon excuse? 

    Bonne écoute! 😉

    Transcription Intégrale de l'épisode #115

    # 115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis?

    INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Segment 0 h

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    Oh que j’ai vécu un beau retour au potcast avec l’épisode précédent, le 114e de toPot. L’épisode de la semaine passée, le premier depuis mon retour de vacances, a été beaucoup partagé et apprécié. Un gros merci à toute la communauté pour l’aide et l’accueil. Des fois, au détour de ma veille sur les réseaux sociaux, je découvre des gens qui apprécient mon travail et qui le partagent. Ahhhhm c’est toujours précieux, très précieux. 

    Beaucoup de gens se sont aussi abonnés à bonstock. quebec. WWW.bonstock.quebec est un magazine en ligne sur le Cannabis. Le lancement officiel est dans quelques jours. Pour ne rien rater, vous pouvez vous abonner à l’infolettre Bon Stock en vous rendant sur www.bonstock.québec. Vous ne serez pas seul. Il y a des membres connus de l’industrie et de simples consommateurs. Il y a une seule condition pour s’inscrire gratuitement… Il faut aimer le cannabis. 

    OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit : 

    Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis?

    Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois renoncer à quelque chose de très important. Je vous en reparle dans la conclusion…

    Alors Luc, est-ce le temps de réinitialiser ton corps? 

    Est-ce le temps non pas d’un reset mais de ce que j’appelle affectueusement un freeset? 

    Oui, est-ce le temps de faire une pause? Je me permets de partager ces réflexions parce qu’on est entre nous. Si vous avez écouté un seul épisode de toPot, vous savez que je ne suis pas vraiment contre le cannabis. Pas du tout en fait. Est-ce une raison pour arrêter de se poser des questions? Ben non. Donc, je me suis dit :

    1. Que se passe-t-il dans mon corps quand j’arrête de consommer?
    2. Est-ce le temps de faire une pause comme j’en fais régulièrement depuis que j’ai consommé à consommer il y a 40 ans?
    3. Est-ce que les récepteurs du SEC sont comme nettoyés par une abstinence suffisante? 

    Et très rapidement, je me suis trouvé une vraie excuse pour reporter ma pause. Mon excuse? En descendant les marches du patio dans ma cour pour enterrer mon chat qui venait d’être euthanasié pour cause de leucémie, j’ai glissé dans l’escalier. J’avais la main sur le garde-personne heureusement. Mais l’angle de mon bras était mauvais et mon épaule s’est disloquée. Et j’ai amorti ma chute dans la dislocation en arrachant tout au passage. C’était la première fois que cela m’arrivait. Un choc vagal en plus, juste pour bien marquer l’occasion. Après 2-3 jours où mon épaule était comme un bloc de béton, j’ai regagné presque toute la mobilité perdue, mais la douleur est énorme, surtout la nuit. Donc, je me suis dit que c’était une très bonne excuse, presque une bonne raison pour ne pas faire une pause maintenant. Je suis un bas répondeur aux molécules comme l’acétaminophène d’un côté et le cannabis me relaxe alors que le choix est simple. Ce n’est pas le bon moment pour faire une pause cannabis.

    Par contre, c’est le temps de la pause café. 

    Quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, Salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    OK. Avant de reprendre le fil de mon raisonnement, j’aimerais simplement citer une évidence qui permet de relativiser non pas mon questionnement, mais la dangerosité du cannabis, bien que je n’aime pas ça en général. La semaine passée, une étude publiée par The Lancet, LA référence dans le genre, donc The Lancet à publier une étude reprise par tous les grands médias mondiaux et même La Presse qui conclue 44,4 % des décès par cancer dans le monde était attribuables à un facteur de risque connu, soit la consommation de tabac et d’alcool.

    Donc je disais quoi? Ah oui, je parlais de la dislocation de mon épaule. Donc, est-ce le temps d’une freeset?

    Mais si le cannabis est une substance anodine, pourquoi à chaque fois que je pense faire une pause, je pense aux effets du sevrage qui l’accompagne? Hein? Pourquoi?

    Je suis ici toutes les semaines à vous parler de cannabis et je me cacherais le fait que je pourrais être dépendant, car je redoute, sans les craindre, les effets du sevrage?

    Ben oui, si le pot n’est pas une drogue comme je lis tous les jours sur les réseaux sociaux, pourquoi vais-je vivre des effets physiques déplaisants? Si le pot est un médicament, c’est que je soumets mon SEC à un stress qui pourrait le rendre moins performant quand j’en aurai besoin? 

    Je me suis dit que c’était une piste intéressante, car elle me force a réfléchir à contrecourant. 

    Je vous donne un autre exemple…

    Hey merci MJ!

    Je me questionne aussi sur le fait que le CBD ne serait pas une drogue de performance… Si tous les athlètes en consomment, c’est qu’ils y trouvent un avantage. Et cela nous amène à discuter de la définition du mot psychotropique versus psychoactif. L’amplification versus la lubrification… Est-ce que le psychoactif impliquerait seulement qu’une substance puisse traverser la barrière érigée entre le système sanguin et le cerveau, la barrière hématoencéphalique? Est-ce qu’une substance psychotropique en est une qui affecte l’état mental de l’utilisateur? Mais si le CBD procure un mieux-être qui affecte mon état mental? Vous voyez le genre. Mais c’est aussi une saga pour une autre fois.

    Pour amorcer ma réflexion sur le sujet du jour, j’ai commencé par me poser la question incontournable… Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis? Quels sont les effets de ce sevrage? Car, je ne connais personne qui n’a pas vécus des effets réels occasionnés par l’arrêt de la consommation du cannabis.

    Et cela nous recherche à une grande question existentielle :

    Est-ce que le cannabis crée une dépendance? 

    Car si le cannabis crée une dépendance, cela change beaucoup de choses…

    Pour répondre à cette question, on doit d’abord décrire ce qu’est une dépendance… 

    Une dépendance s’installe parfois de manière sournoise, à l’insu de nos préoccupations immédiates. Parfois de manière immédiate et douloureuse. Je pense ici à la dépendance amoureuse qui peut démarrer sur un coup de foudre… Hollywood nous raconte cette histoire depuis l’invention du cinéma. Le classique du genre est Liaison fatale de Adrian Lyne avec Glenn Close et Michael Douglas. 

    Dans le monde des drogues, chaque humain réagit différemment. Je connais du monde qui s’effondre après un zopiclon ou un verre de vin. J’en connais d’autres qui ne perdre jamais le nord même s’ils ont une pharmacie derrière la cravate.

    On peut donc être dépendant affectivement, dépendant au tramadol, dépendant au café, au tabac, à l’alcool, au travail, au sucre… La dépendance a le dos large. Certains iront jusqu’à dire que le Québec vit une dépendance par rapport au Canada… Mais c’est une saga pour une autre fois.

    Si on s’en tient aux problèmes de substances, la dépendance transforme la consommation occasionnelle en usage puis en abus. La dépendance, aussi appelée addiction, finit par controler la vie de l’usager en imposant un fil ininterrompu de pensées reliées à la consommation.

    Et pour lancer notre conversation à distance, je vais prendre le café comme exemple, car il est moins stigmatisé que le cannabis et que l’introspection volontaire est réellement facile tellement le café est une drogue banalisée.

    Tout le monde boit du café. Certains philosophes ont dit qu’il n’y a jamais eu de grandes civilisations sans café comme drogue de grande consommation. Pourquoi j’utilise le mot drogue pour parler du café? Si vous vous posez la question, c’est que vous n’avez jamais tenté d’arrêter d’en boire. Et si vous avez déjà tenté de stopper de boire du café, vous comprenez exactement ce que je veux dire… Le café peut provoquer de l’insomnie, de l’hypertension, il peut aussi déshydrater et donner des maux de tête. Comme le THC qui est présent dans plus d’une plante, on retrouve de la caféine dans une soixantaine de plantes dont le thé et le cacao sont les plus connus.

    Je ne reviendrai pas sur le mécanisme qui fait passer la caféine de l’estomac à la circulation sanguine pour ensuite stimuler le système nerveux central. Certaines personnes peuvent boire du café avant de se coucher sans problème. D’autres doivent limité leur consommation, car le café leur donne des brulements d’estomac. Voilà ce que je disais dans l’épisode 5 dédié au café et au cannabis.

    Je vous pose une question personnelle : pour bien dormir le soir, vous devez limiter votre consommation à combien de tasses de café par jour?

    Je vous entends de loin là : 2, 3, 5, 6 cafés par jour, ça dépend pour chacun. Ça dépend de quoi? Ça dépend entre autres de votre SNC… et de ce qui s’appelle la loi de l’effet. La loi de l’effet est un concept très simple, mais très puissant qui s’articule en trois temps.

    1. Chaque être humain est une usine différente de celle du voisin ou même du frère ou de la sœur. On peut être haut répondeur à telle ou telle molécule et faible répondeur à telle ou telles autres molécules. Moi je suis haut répondeur au café et bas répondeur à l’acétaminophène. 
    2. La substance consommée n’est jamais la même dans le cas des drogues récréatives. 
    3. Troisième et dernier élément de la loi de l’effet, le contexte. Boire du champagne quand on est triste ne provoque pas les mêmes effets qu’après avoir gagné la Coupe Stanley… 

    Voici ce que je disais dans l’épisode 5 à propos du café…

    … faut que je vous raconte l’histoire de Floyd Landis. Landis est un producteur de CBD aux États-Unis. Mais avant ça, c’était un coureur cycliste. Toujours dans la drogue. Le champion Lance Armstrong l’avait repéré et voulait l’avoir comme équipier. Alors Armstrong donne rendez-vous à Landis dans un café à Gérone en Espagne. Quand Armstrong arrive, Landis est déjà assis à la terrasse et boit un cappucino. Il en offre un à Armstrong. Et un deuxième. Et un troisième. Armstrong lui demande alors : «Heille gars, ça fait combien que tu bois?»

     

    28 répond Landis. 

    28 cappucinos juste pour commencer la journée…

    Je vous raconte cette histoire pour illustrer plusieurs éléments différents. Les éléments de ce que la science appelle la loi de l’effet. 

    Landis est l’exemple parfait du problème d’accoutumance ou la dose doit être augmentée sans cesse pour maintenir le niveau et la qualité de l’effet. C’est bon pour le café, mais aussi pour les amphétamines par exemple, la drogue des ploucs en cyclisme.

    OK, luc, mais c’est quoi les symptômes génériques de la dépendance? Ça tombe bien, je les ai recensés.

    Les symptômes génériques de la dépendance sont les suivants :

    • Tremblements
    • Transpiration excessive
    • Irritabilité
    • Concentration difficile
    • Troubles du transit 
    • Sommeil troublé
    • Anxiété 
    • Attaques de panique
    • Maux de tête
    • Vertiges
    • Douleurs physiques
    • Fatigue
    • Hallucinations…

    Ça ressemble aux symptômes de sevrage du café… sauf pour les hallucinations.

    Pouvant survenir 12 heures après la dernière ingestion, ces symptômes dureront entre 2 et 10 jours selon les individus et les habitudes de consommation.

    La recherche Caffeine Withdrawal publiée en avril 2022 résume bien la situation… et là c’est plus ou moins texto…

    La caféine est un stimulant du système nerveux central (SNC) de la classe des méthylxanthines et l’une des drogues les plus utilisées dans le monde. La caféine est légale, pas cher et non règlementée dans presque toutes les régions du monde. De multiples études ont démontré que le syndrome de sevrage à la caféine est une entité cliniquement pertinente et qu’il est inclus dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e édition; DSM-5; American Psychiatric Association, 2013).

    Les médecins travaillant dans les services d’urgence (ED) et à l’hôpital doivent connaitre ce syndrome lorsqu’ils rencontrent des patients présentant des symptômes pertinents, car ils se superposent à des symptômes tels que l’anxiété, la dépression, les troubles de l’humeur, l’insomnie. Ils peuvent également être à l’origine de signes vitaux anormaux, comme la tachycardie, l’augmentation de la fréquence respiratoire et une pression artérielle basse ou élevée, et à ce titre, ils peuvent présenter un défi diagnostique et/ou être à l’origine d’un bilan inutile aux urgences.

    Maintenant que nous avons un terrain commun, grâce au café, pour comprendre la base du concept de dépendance, on peut regarder comment la dépendance et le sevrage du cannabis opèrent…

    Quels sont les signes de la dépendance au cannabis avant de voir les symptômes du sevrage?

    Est-ce que tu passes tes journées à penser à ta consommation et tes achats de produit? Ça commence mal… Quand la vie quotidienne est centrée autour de la consommation, il y a une perte évidente de qualité de vie et d’autonomie. Qu’il s’agisse d’héroïne ou de cannabis… La France a déjà eu un immense ministre de la Culture qui était un consommateur fonctionnel d’opium. Alors oui, on peut consommer des substances tout en étant fonctionnel. Mais un consommateur peut être fonctionnel et en état de dépendance face au cannabis ou à l’héroïne.

    La traitrise des substances provient de leur accaparement progressif, mais sournois de l’espace mental… 

    Il y a plein de gens, la majorité peut-être, qui ne développeront jamais de problèmes d’accoutumance lourds au cannabis. Par contre, c’est officiel, le cannabis fait maintenant partie du fameux DSM-5, le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. En français, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.

    La plus récente version combine les diagnostics d’abus et de dépendance à un nouveau et unique trouble d’utilisation d’une substance.

    Dans les Critères diagnostiques du trouble d’utilisation du cannabis, une utilisation problématique du cannabis est révélée par l’apparition d’un minimum de 2 des 11 critères suivants sur une période de 12 mois.

    Le DSM-5 propose des niveaux de sévérité. 

    La présence de 2-3 symptômes indique une sévérité légère.

    4—5 symptômes? Sévérité modérée

    6 symptômes ou plus? On tombe dans la sévérité sévère.

    Voici donc ces critères du DSM-5 pour reconnaitre une consommation de cannabis qui relève de la dépendance : 

    1. Augmenter la consommation en quantité et fréquence
    2. Tenter de diminuer ou de controler la consommation du cannabis
    3. Consacrer de plus en plus de temps à l’obtention et à la consommation
    4. Penser à sa consommation de plus en plus fréquemment
    5. Manquer à ses obligations pour consommer ou à cause de la consommation
    6. Ne pas stopper sa consommation pour rectifier l’apparition de problèmes causés par cette dernière
    7. Réduire ses activités sociales et autres pour consommer
    8. Consommer à des moments de risques physiques
    9. Consommer en dépit d’être conscient des problèmes causés par le cannabis
    10. Tolérer de plus en plus le cannabis
    11. Vivre un sevrage sévère ou consommer pour éviter le sevrage.

    En complément, le DSM-5 propose des critères et des symptômes nouveaux pour le sevrage du cannabis.

     Critère 1 Il faut arrêter de consommer après une utilisation quotidienne sur plusieurs mois

    Critère 2 Il faut, après une semaine sans consommation, oui justes 7 petits jours, faire l’expérience de 3 ou plus des états suivant :

    • Irritabilité, agressivité ou colère
    • Nervosité ou anxiété
    • Trouble du sommeil
    • Diminution de l’appétit ou perte de poids
    • Agitation
    • Humeur dépressive
    • Une gêne physique réelle causée par l’un des facteurs suivants : douleur abdominale, tremblements, sueurs, fièvre, frissons ou maux de tête

    Le DSM-5 propose ensuite un critère sur les effets du sevrage que nous venons de voir. Si le sevrage crée globalement de la détresse ou une modification des comportements sociaux et professionnels, il y a un problème. Merci DSM-5!

    Le DSM-5 propose également de vérifier que les signes, les symptômes, que nous venons de détailler ne sont pas causés par une condition médicale ou mentale différente. C’est gentil. 😉

    Finalement le DSM-5 nous informe que la majorité des symptômes apparaissent rapidement, soit entre un et trois jours après l’arrêt de la consommation. Les symptômes culminent dans la première semaine, mais peuvent durer jusqu’à deux semaines. Les troubles de sommeil? Ça peut prendre un mois…

    Ne reculant devant aucun sacrifice, j’ai regardé sur YouTube des tonnes de vidéos ou l’on explique les difficultés pour stopper l’usage du cannabis. Tous reprennent les symptômes que je vous ai déjà présentés. Beaucoup de ces vidéos m’ont aussi parlé de Dieu qui était là pour m’épauler dans mes choix d’abstinence. Je remercie aussi tous ces Dieux-là! Ce que je retiens de ces vidéos, c’est qu’il y a beaucoup plus de gens qui ont des problèmes de consommation que je le croyais. Les témoignages sur les difficultés pour arrêter sont parfois très émouvants.

    Il est important de dire que le DSM-5 ne fait pas l’unanimité. On accuse ses auteurs de vouloir transformer en besoin de soins, des états humains normaux. Tous les symptômes que nous avons vus précédemment peuvent exister chez une personne en bonne santé physique et mentale.

    Alors la question qui s’est ensuite imposé à mon esprit est la suivante :

    Quel est le % de la population qui va développer des problèmes de consommations? 

    Il y a peu de chiffres. J’ai trouvé une recherche publiée en 2015 par le National Institute on Drug Abuse, le NIDA, qui affirmait alors que 30 % des consommateurs de cannabis vont développer un problème d’utilisation. La recherche conclut que l’augmentation de la prévalence des troubles liés à la consommation de marijuana est due à une augmentation de la prévalence des consommateurs dans la population adulte américaine et non pas à une augmentation du risque. Donc selon cette étude, un consommateur de cannabis sur 3 va développer des problèmes de consommation. Si on accepte ce %, cela veut dire que 70 % des consommateurs n’auront jamais aucun problème de dépendance au cannabis. C’est une bonne nouvelle, je crois. Même si je ne crois pas trop au chiffre de 30 %. Si vous connaissez des chercheurs qui ont des chiffres pour le Québec ou le Canada, faite-moi signe. Il est clair que je préfèrerais faire parler un spécialiste. Si vous êtes un spécialiste et que je dis des bêtises, vous avez l’obligation morale de m’appeler pour me corriger. Luc Prévost. 450. 552.35.05.

    J’ai été chanceux de découvrir une étude de 2007 dans laquelle le même NIDA affirmait que seulement 9 % des consommateurs qui allaient développer un problème de consommation de cannabis. En quelques années, le profil des consommateurs à risque serait donc passé de 9 % à 30 %… Je n’ai pas d’explication. J’ai bien sur une OVNI, une opinion vulgaire non informée sur le sujet, mais elle est trop ridicule pour que je la partage…

    Alors, sait-on pourquoi certaines personnes vont devenir dépendantes et d’autres pas? Moi, je ne sais pas. Et je n’ai pas trouvé d’explications scientifiques récentes assez substantielles pour les partager. 

    Par contre, je peux vous parle de Rat Park. C’est le nom d’une expérience du chercheur Bruce Alexander qui date déjà des années 70. À l’époque on savait déjà que des rats isolés seuls dans une cage avec deux bouteilles de liquides, une remplie d’eau pure et l’autre remplie d’eau coupée avec de la cocaïne ou de l’héroïne, et bien ces rats allaient boire de l’eau coupée avec de la drogue jusqu’a une overdose mortelle. Alexander à osé penser, à l’extérieur de la cage si je peux me permettre. Le chercher a osé se demander s’il s’agissait d’un problème de rat ou d’environnement. Son expérience était simple à réaliser… Il a repris les mêmes deux bouteilles, mais il les a disposées dans un parc à rat, comme un skate park, où les rats pouvaient jouer, socialiser et baiser. Le résultat final? Les habitants du parc à rat préféraient l’eau plate. Les rats qui prenaient de la drogue dans la deuxième bouteille le faisaient par intermittence, sans compulsion et sans surdose. 

    Je connaissais l’existence de cette étude depuis plusieurs années, mais c’est aussi la première fois que je lisais dans ma recherche pour l’épisode que d’autres chercheurs ont tenté de reproduire l’expérience d’Alexander sans succès. Cela ne veut pas dire qu’elle est mauvaise. Cela veut dire qu’il y a des doutes.

    L’augmentation supposée des niveaux de THC depuis les années 70 est souvent avancée comme raison des problèmes d’accoutumance. J’avoue ne pas trop y croire, mais je ne vous demande de me croire. 

    On sait que les enfants de parents alcooliques peuvent avoir une prédisposition génétique pour l’alcool. Une étude de 2020 soutient que l’usage problématique du cannabis pourrait avoir une composante génétique similaire. Du coup, il serait possible de faire une une distinction entre la responsabilité génétique dans l’usage inapproprié du cannabis versus le trouble de l’usage du cannabis qui serait de la responsabilité de l’individu. Il est évident que les enfants de parents alcooliques ont des tonnes d’autres bonnes raisons pour vivre un dérèglement de leur pilote automatique dans la vie. Tout comme l’obésité est un phénomène contagieux, une enfance pas normale a de fortes chances de venir nous embêter aux détours de nos consommations et autres excès. Après tout, la santé mentale est aussi importante que la santé physique pour évoluer sereinement dans son environnement.

    Je ne ferai pas le tour des traitements disponibles pour les gens qui voudraient arrêter de consommer. J’ai envie de dire… Faites vos recherches et consultez! Mais en gros, j’ai trouvé 3 grands types de thérapie.

    1. Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
    2. Gestion des imprévus par la récompense
    3. La thérapie d’amélioration de la motivation 

    Une thérapie ne vous amuse pas?

    Vous avez trois solutions de type volontaristes.

    1. Vous pouvez changer votre environnement social 
    2. Vous pouvez vous concentrer sur vos raisons spécifiques pour arrêter de consommer 
    3. Vous pouvez trouver des nouveaux passetemps.

    J’imagine que votre médecin pourrait aussi vous prescrire un assommoir chimique pour vous calmer le pompon pendant que vous décrochez de votre dépendance. Le problème de cette solution est que vous risquez de devenir accro à une substance plus dangereuse que le cannabis…

    On a vu ce que le corps peut subir comme stress ou symptômes quand on arrête de consommer du cannabis. Mais que se passe-t-il au niveau du SEC? Ça tombe bien, il y a une recherche de 2012, ce n’est pas la seule évidemment, qui a trouvé ceci et la je cite texto :

    La consommation chronique de cannabis peut entraîner une dépendance. Des études sur les rongeurs montrent une régulation réversible à la baisse des récepteurs cannabinoïdes CB1 (récepteurs cannabinoïdes de type 1) du cerveau après une exposition chronique au cannabis. Cependant, on ne sait pas si cette régulation se produit chez les humains qui fument du cannabis de façon chronique.

    Cette recherche a donc démontré qu’après 4 semaines d’abstinence, la densité des récepteurs CB1 est revenue à la normale. Vue négativement ou dans une perspective du contrôle des méfaits du cannabis comme dirait le législateur québécois, la régulation négative des récepteurs cannabinoïdes CB1 corticaux en tant que neuroadaptation pourrait favoriser la dépendance au cannabis dans le cerveau humain. Autrement dit, trop consommer stresse le SEC et crée une dépendance.

    On sait aussi que le cannabis pour l’humain peut être soit gratifiant soit aversif. Je connais plein de gens qui doivent arrêter de consommer dans la soixantaine, car les effets négatifs du cannabis sont devenus exorbitants en comparaison des plaisirs obtenus.

    Et là on retrouve la réponse à la question posée dans cet épisodique. Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis? Et bien cela peut varier d’un individu à l’autre, car l’expression des récepteurs CB1 et CB2 peut différer dans le cerveau de différents sujets. 

    C’est comme le café. Ou le ritalin. 

    Alors, que se passe-t-il quand on arrête le cannabis?

    J’ai lu une belle histoire dans un article sur le cannabis.

    Une fois, c’est l’histoire d’un gars qui trouve que sa consommation d’alcool devient problématique. Ok. Il arrête de boire et commence a fumer du cannabis. Le gars réalise qu’il est super bon pour ses enfants quand il a un peu consommé avant de mettre sa casquette de papa. Tout est devenu plus facile, même de transporter ses enfants au soccer. Et que se passe-t-il quand il doit faire ces taches à jeun? S’occuper de ses enfants devient plus lourd et pas drôle…

    Il n’existe aucune drogue sans effets négatifs. Aucune. On sait que le syndrome de la bouche sèche est un effet secondaire connu qui serait dû à l’activation des récepteurs CB1 par le THC tandis que simultanément le CBD s’y oppose, avec une puissance similaire. 

    C’est un effet secondaire qui se remarque facilement. Il est impossible qu’il n’y ait pas d’autres effets secondaires plus discrets. Si notre SEC existe pour réguler le corps par homéostasie, on peut penser que chaque bouffée de fumée ou chaque mangeable de cannabis ingurgité vient noyer notre SEC dans un déluge supplémentaire de molécules exogènes, qui ne proviennent donc pas naturellement de notre corps. 

    Je prends le sang comme exemple. Chaque humain a une quantité X dans son corps. Je connais des gens qui vont en Suisse pour le faire changer. Cela permet d’éviter de faire une longue cure de désintoxication de cocaïne par exemple. Mais je ne connais personne qui va tenter d’augmenter son volume total de sang.

    IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

    On se ramasse!

    Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis?

    La majorité des gens semble sortir d’un état qui ressemble à une intoxication.

    Du latin classique toxicum, «poison». Comme dans le mot toxine.

    Je ne suis pas sur que le mot intoxication soit le bon.

    Mon dictionnaire me dit qu’une intoxication est l’Effet nocif d’une substance toxique sur l’organisme ainsi que l’ensemble des troubles qui en résultent.

    Le corps humain ne fabrique pas d’alcool. Voilà la différence. L’humain à un SEC. Pas une distillerie.

    Mais même s’il n’y a pas d’intoxication, on pourrait parler d’un surplus, disons, il est clair que la plupart des humains qui cessent de consommer vont vivre un sevrage et des problèmes biopsychosociaux. 

    Le prix à payer va différer pour chaque individu. 

    Personnellement, en fumant, j’ai appris que je dois renoncer à me rappeler de mes rêves. C’est un prix qui parait ridicule. Mais les rêves ont une fonction. Cette fonction est-elle moins importante dans l’histoire de l’humanité que la découverte du cannabis? Je ne sais pas, mais j’en rêve… quand je suis réveillé.

    Et voila, c’était le XXe épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

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    #114 Tabac vs cannabis, c’est quoi la différence pour les poumons?

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    Et oui, je me suis ennuyé de vous et de la production des épisodes de toPot. J’ai profité de ce repos pour travailler sur le prochain projet que je vous présenterai officiellement dans quelques jours.

    Le site www.bonstock.quebec avance bien hors ligne. J’ai mis en ligne une version minimaliste pour les gens qui voudraient s’inscrire à l’infolettre qui accompagne le site.

    J’ai écrit une dizaine d’articles pendant mes vacances pour que toutes les catégories du site aient du contenu pertinent. J’ai hâte de vous présenter les nouveaux producteurs autorisés (PA) que j’ai rencontrés. Je pense à Vincent de Green Culture Verte. Je pense aussi à Alexandre de Teca Canna. J’ai aussi trouvé, par hasard, un PA qui paye les études de ses employés… Et le microproducteur Julien de Juste Feu qui nous montre l’agrandissement de son usine pour fournir à la demande. Entre autres…

    L’industrie du cannabis ne va pas très bien, mais il y a des belles histoires à raconter et Bon Stock va pouvoir relayer très efficacement ces informations.

    ToPot aura d’ailleurs sa page sur Bon Stock. Évidemment, il y a une page et un groupe Bon Stock sur Facebook et LinkedIn. Je vous invite à venir nous rejoindre. 

    Alors de quoi allons-nous discuter aujourd’hui? De cannabis! Mais de quoi en particulier? Et bien, je me suis levé un jour cette semaine et je me suis dit : c’est quoi la différence pour les poumons entre la fumée d’une cigarette commerciale de tabac et un joint de cannabis? 

    La fumée tue. Ce ne sont pas les pompiers qui le disent. Ce sont les médecins qui s’intéressent aux problèmes de la cigarette de tabac. Mais qu’en est-il de la fumée du pot? De la boucane, c’est de la boucane, diront certains. Mais les amoureux des courses automobiles vous diront que ce n’est pas vrai et que la fumée des pneus Pirelli est aphrodisiaque…

    Bonne écoute!

     

    Transcription Intégrale de l'épisode #114

    #114 Tabac vs  cannabis, c’est quoi la différence pour les poumons? 

    INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Et oui, je me suis ennuyé de vous et de la production des épisodes de toPot. J’ai profité de ce repos pour travailler sur le prochain projet que je vous présenterai officiellement dans quelques jours. Le site www.bonstock.quebec avance bien hors ligne. J’ai mis en ligne une version minimaliste pour les gens qui voudraient s’inscrire à l’infolettre qui accompagne le site. J’ai écrit une dizaine d’articles pendant mes vacances pour que toutes les catégories du site aient du contenu pertinent. J’ai hâte de vous présenter les nouveaux producteurs autorisés (PA) que j’ai rencontrés. Je pense à Vincent de Green Culture Verte. Je pense aussi à Alexandre de Teca Canna. J’ai aussi trouvé, par hasard, un PA qui paye les études de ses employés… Et le microproducteur Julien de Juste Feu qui nous montre l’agrandissement de son usine pour fournir à la demande. Entre autres… L’industrie du cannabis ne va pas très bien, mais il y a des belles histoires à raconter et Bon Stock va pouvoir relayer très efficacement ces informations. ToPot aura d’ailleurs sa page sur Bon Stock. Évidemment, il y a une page et un groupe Bon Stock sur Facebook et LinkedIn. Je vous invite à venir nous rejoindre. 

    Alors de quoi allons-nous discuter aujourd’hui? De cannabis! Mais de quoi en particulier? Et bien, je me suis levé un jour cette semaine et je me suis dit : c’est quoi la différence pour les poumons entre la fumée d’une cigarette commerciale de tabac et un joint de cannabis? 

    La fumée tue. Ce ne sont pas les pompiers qui le disent. Ce sont les médecins qui s’intéressent aux problèmes de la cigarette de tabac. Mais qu’en est-il de la fumée du pot? De la boucane, c’est de la boucane, diront certains. Mais les amoureux des courses automobiles vous diront que ce n’est pas vrai et que la fumée des pneus Pirelli est aphrodisiaque. Les fins observateurs savent que Pirelli ouvre maintenant les pages de son calendrier sexiste aux hommes. Les fans d’Iggy Pop, Brian Adams et de Bohan Phenix apprécieront leur présence cette année. Pirelli et l’industrie du cannabis ont plus que la fumée en commun. Une certaine idée de l’homme, disons.

    Pour simplifier la discussion, on va aborder la discussion en segmentant informellement notre questionnement de la façon suivante :

    Quelle différence entre la fumée de cannabis et la fumée de cigarette?

    Le cancer et les fumées

    Le fonctionnement des poumons et les fumées

    Les fumées et les COPD

    Ok, nous savons que la fumée du tabac tue. Parfois à petit feu, parfois en grande pompe. La fameuse bronchopneumopathie chronique obstructive, oui la bronchopneumopathie chronique obstructive qui est une affection à développement lent, dont les symptômes n’apparaissent généralement que vers la quarantaine ou la cinquantaine, et dont l’une des causes principales est le tabagisme. Elle touche autant les hommes que les femmes selon le Grand Dictionnaire terminologique du Québec où j’ai trouvé cette définition. En anglais on dit le COPD et je ne savais pas que cela voulait dire chronic obstructive pulmonary disease. En français, on dit BPCO ou broncho pneumo pathie chronique obstructive.

    Beaucoup d’études semblent prouver que la fumée du cannabis ne provoque pas les mêmes effets que la fumée du tabac. Et c’est le moment de vous dire que je ne suis pas une personne de science. Je tente de comprendre dans mon coin avec vous. C’est ma seule prétention. Pour le reste, consulter votre pusher d’opinion habituel.

    Alors, quelle est la différence entre la fumée de cannabis et la fumée de cigarette?

    La première étude que j’ai trouvée sur la différence entre la fumée du tabac et du pot date de 2005. Le chercheur Robert Melamede a démontré que même si les deux sont similaires, on peut observer des différences fondamentales dans leurs propriétés pharmacologiques respectives. D’un côté des cannabinoïdes et de l’autre, de la nicotine. La conclusion de sa recherche est la suivante : 

    Les données scientifiques disponibles, qui examinent les propriétés cancérigènes de l’inhalation de la fumée et ses conséquences biologiques, suggèrent les raisons pour lesquelles la fumée du tabac, mais pas celle du cannabis, peut entraîner un cancer du poumon.

    Je vous résume les points saillants de son étude : 

    1. Les deux types de fumée génèrent des activités pharmacologiques différentes. 
    2. Les composants de la fumée de cannabis minimisent certaines voies cancérigènes 
    3. La fumée de tabac en renforce certaines. 
    4. Les deux types de fumée contiennent des substances cancérigènes pouvant renforcer les effets cancérigènes de la fumée. 
    5. Cependant, le cannabis régule généralement à la baisse la production de radicaux libres d’origine immunologique 
    6. Le THC inhibe l’enzyme nécessaire à l’activation de certains des carcinogènes présents dans la fumée. 
    7. La fumée de tabac, par contre, augmente la probabilité de carcinogenèse en surmontant les mécanismes normaux de protection des points de contrôle cellulaires 
    8. La nicotine présente dans le tabac favorise l’angiogenèse tumorale alors que le cannabis l’inhibe. 

    Entre vous et moi, l’angiogenèse, c’est juste le processus de formation des vaisseaux sanguins. Angio veut dire vaisseau et génèse formation. Angiogenèse donc.

    Robert Melamede avance que le vieillissement de la population des fumeurs de pot pourrait avoir des conséquences similaires à celui des fumeurs de tabac. C’est une affirmation qui est rarement relayée quand on parle de sa recherche. Évidemment, si tout le monde utilise des vaporisateurs, les dangers potentiels du cannabis disparaissent totalement.

    Melamede suggère que les composés du cannabis «se sont avérés capables de tuer de nombreux types de cancer, notamment le cancer du poumon, le cancer du sein et de la prostate, la leucémie et le lymphome, le cancer de la peau et le phéochromocytome.»

    Je ne savais pas ce qu’était un phéochromocytome… C’est juste une tumeur qui se manifeste par des accès d’hypertension selon mon dictionnaire.

    Melamede est un chercheur remarquable. Les curieuses pourront consulter le lien dans les notes de l’épisode pour regarder sa remarquable conférence sur le système endocannabinoïde. 

    Les fumées et le cancer

    Que savons-nous vraiment des dangers de la fumée du cannabis pour le cancer? Dans une étude qui donne le vertige par son ampleur, le chercheur Donald Tashkin de l’université de Californie à Los Angeles s’est dit surpris de voir ses hypothèses négatives contrariées par sa recherche… 

    Ce pneumologue qui étudie la marijuana depuis plus de 50 ans a trouvé que fumer du cannabis régulièrement et en grande quantité, n’entraine pas de cancer du poumon.

    Il croyait qu’il allait prouver une association positive entre le cancer du poumon et la consommation du cannabis. Sa recherche à prouver l’inverse, il n’y a pas de corrélation ou de causation entre le fait de consommer du cannabis par combustion et le fait de développer un cancer du poumon. D’autres recherches prouvent la même chose, celle du chercheur Hashibe qui concluait ainsi en 2006 sa recherche intitulée Marijuana Use and the Risk of Lung and Upper Aerodigestive Tract Cancers :

    «Nos résultats peuvent avoir été affectés par un biais de sélection ou une erreur dans la mesure de l’exposition au cours de la vie et des antécédents des facteurs de confusion; mais ils suggèrent que l’association de ces cancers avec la marijuana, même à long terme ou en cas de forte consommation, n’est pas forte et peut être inférieure aux limites pratiquement détectables.» 

    Cette étude a porté sur 1 200 personnes de Los Angeles atteintes d’un cancer du poumon, du cou ou de la tête et sur 1 040 autres personnes sans cancer. Le niveau de la consommation forte était défini comme le fait d’avoir fumé entre 11 000 et 22 000 joints dans sa vie. 

    22 000 joints c’est 5 joints par jour pendant 12 ans. Même les consommateurs qui avaient plus de 22 000 joints derrière la cravate ne présentaient aucune incidence accrue des trois cancers étudiés.

    La mauvaise nouvelle pour les fumeuses de tabac c’est que les plus récentes recherches indiquent que les ex-fumeurs et les fumeurs «raisonnables», ceux qui fument que quelques fois par jour, et bien, ils souffrent tous d’une réduction de leur fonction pulmonaire par rapport aux personnes n’ayant jamais fumé de tabac. La morale de cette histoire? Tous les gens, qui fument du tabac et peu importe la quantité, vont souffrir de lésions pulmonaires.

    Une méta-analyse publiée en 2014 dans le Journal of cancer rapporte des résultats similaires. Dans le bouquet des études recensées, plusieurs présentaient des données contradictoires. Dans tous les cas, les chercheurs ont réalisé que les fumeurs de cannabis étaient également des consommateurs lourds de tabac…

    Le fonctionnement des poumons et les fumées

    On va maintenant s’intéresse à une recherche publiée en 2015 intitulée Les effets de l’exposition à la marijuana sur le flux d’air expiratoire. Les chercheurs ont tenté de déterminer les conséquences de l’exposition récente et chronique à la fumée de cannabis en fonction de paramètres spirométriques mesurables de la fonction pulmonaire et les symptômes de santé respiratoire dans une grande cohorte d’adultes américains. Les conclusions, encore une fois, vont à l’encontre des idées populaires sur le sujet…

    Ainsi, pour un large échantillon d’adultes américains, fumer du pot pendant toute une vie n’a pas été associée à des changements négatifs dans les mesures spirométriques de la santé pulmonaire. 

    Je rappelle qu’un spiromètre est un appareil qui mesure la capacité respiratoire des poumons

    Les fumées et les BPCO ou broncho pneumo pathie chronique obstructive.

    Il existe un consensus scientifique pour qualifier le tabagisme comme étant un facteur de risque majeur pour développer une inflammation chronique des voies respiratoires. Mais la fumée de cannabis est différente et c’est un médecin chercheur de l’Université McGill, M. Mark Ware, qui affirme ce qui suit :

    «Fumer du cannabis ne semble pas augmenter le risque de maladie pulmonaire obstructive chronique ou de cancers des voies respiratoires… Les efforts pour développer des systèmes d’administration de cannabinoïdes plus propres peuvent et doivent se poursuivre, mais au moins pour le moment, (ceux) qui fument de petites quantités de cannabis à des fins médicales ou récréatives peuvent respirer un peu plus facilement.»

    En résumé :

    1. Fumer du cannabis ne se compare pas à fumer du tabac en ce concerne les risques respiratoires 
    2. Les substances cancérigènes, gaz toxiques et autres particules présentes dans le cannabis en combustion ne semblent pas augmenter le risque de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou de cancers des voies respiratoires. 
    3. À faible dose, la fumée de cannabis pourrait être protectrice pour ces deux maladies. 

    Maintenant La fumette technologique

    Et le bong? Est-ce que le bong est un outil qui aide à préserver la santé des consommateurs de cannabis? D’après ce que j’ai pu lire et comprendre, le bong ne sert à presque rien, si ce n’est de refroidir la fumée. Et pour refroidir la fumée, on peut aussi fumer dans une banane ou une pomme congelée, si on est mal pris. Et je n’aborde même pas l’état de propreté des bongs que je vois sur les réseaux sociaux. Ça fait peur…

    Non, pour éliminer les produits dangereux générés par la combustion, cela prend un autre genre d’outil. Un vaporisateur. Le vaporisateur chauffe le cannabis en dessous de son point de combustion. Cela réduit la création et l’absorption de monoxyde de carbone et de goudron, par exemple. Le buzz peut être rapide et la technique permet d’éviter ou de réduire les problèmes respiratoires communs comme la toux. Les vaporisateurs sont de plus en plus populaires. J’avoue que j’en ai acheté plusieurs dans ma vie sans jamais trouver un modèle qui me plaise. C’est à ça que servent les Clubs Sociaux de Cannabis. Entre autres. On peut y tester de façon sécuritaire ce type d’équipement avec des gens qui sont près à partager leurs expériences et leurs savoirs. Les curieuses pourront écouter ou réécouter l’épisode #60 intitulé Les Clubs Sociaux de Cannabis, la solution pour le Québec? . Si vous avez des recommandations pour le meilleur vaporisateur au monde, votre partage est bienvenu.

    Pourquoi aborder un tel sujet? 

    Le Québec et le Canada peuvent être des influenceurs dans la marche mondiale du cannabis vers sa légalisation. La France dans sa grande expérimentation sur le cannabis médical exclut la combustion de son protocole de recherche. Pauvre France qui a oublié de lire la recherche scientifique disponible… Elle agit comme certains États américains qui interdisaient la combustion pour légaliser le cannabis médical… Les préparations orales de cannabis ont leur place dans la pharmacopée. Pour les patients très souffrants, la combustion apporte un soulagement immédiat dont ils ne devraient pas être privés. Et si effets secondaires il y a, on pourrait les comparer aux effets secondaires des médicaments les plus populaires… Y’a pas photo…

    Je vous donne un exemple pour le ZOPICLON, qui est un médicament très populaire pour les gens qui ont des problèmes de sommeil

    Les effets secondaires connus sont les suivants :

    • agressivité;
    • anxiété ou agitation pendant le jour;
    • confusion (plus fréquente pour les aînés);
    • difficultés de coordination (plus fréquentes pour les personnes âgées);
    • effets de sevrage (par ex. des crampes abdominales, des vomissements, de la sudation, des tremblements, des crises convulsives);
    • essoufflement;
    • hallucinations (voir ou entendre des choses qui n’existent pas);
    • maladresse ou manque de stabilité (plus fréquemment pour les personnes âgées);
    • modifications du comportement (par ex. excitation, hyperactivité, comportement violent);
    • problèmes de mémoire (plus fréquents pour les personnes âgées);
    • respiration difficile ou laborieuse;
    • signes de dépression (par ex. un manque de concentration, des fluctuations pondérales, des changements du sommeil, désintérêt à l’égard de nombreuses activités, des pensées suicidaires);
    • somnambulisme;
    • somnolence (importante).
    • pensées relatives à l’automutilation ou au suicide;

    La liste est plus longue, mais vous avez compris le principe.

    Pour y voir plus clair, j’ai trouvé une remarquable recherche longitudinale. Le Dunedin Study a documenté l’usage du cannabis et des fonctions pulmonaires de plus de mille adultes. Il s’agit peut-être du corpus de données le plus exhaustif au monde sur la consommation de cannabis et la fonction pulmonaire. Les chercheurs ont constaté une forme d’emphysème chez certains patients parmi les 1037 participants. Ils appellent ça le Bong Lung.

    Trois méthodes ont été utilisées pour cette étude. La spirométrie que nous connaissons déjà. La plé-thys-mo-graphie également qui est un ensemble de méthodes servant à mesurer des volumes. 

    Comment on fait ça? On installe les personnes dans des cabines étanches qui permettent de mesurer les variations de pression. C’est ainsi que l’on teste le facteur de transfert du monoxyde de carbone.

    La conclusion est intrigante. L’usage du cannabis est relié à des volumes pulmonaires plus élevés. Cette étude apporterait donc une première preuve d’une altération du transfert gazeux causée par la consommation du cannabis. Mais personne ne comprend pourquoi ce phénomène apparait. Le Bong Lung serait une réalité à ne pas balayer sous le tapis…

    Si vous le permettez, je vais conclure avec une recherche qui remet en cause beaucoup de certitude. Il n’y a pas longtemps, le SEC n’était connu de personne. PERSONNE. Il n’est toujours pas enseigné dans les écoles de médecine, mais en 2022, personne ne remet en cause l’existence du SEC.

    L’étude Le microbiome pulmonaire régule l’auto-immunité du cerveau, et la je cite texto démontre l’existence d’un axe poumon-cerveau dans lequel le microbiome pulmonaire régule la réactivité immunitaire du tissu nerveux central et influence ainsi sa susceptibilité au développement de maladies auto-immunes.

    Juste pour nous orienter, un microbiome décrit l’ensemble des microorganismes d’un environnement donné. Il y a un microbiome intestinal comme il y a un microbiome pulmonaire. 

    Pour la thérapie, cette découverte ouvre de nouvelles fenêtres de traitements pour les troubles infectieux ou dégénératifs.

    D’un point de vue médical, c’est énorme. Les infections pulmonaires, le tabagisme, les manipulations thérapeutiques et les facteurs environnementaux pourraient donc tous agir sur le microbiome pulmonaire et donc influencer la réactivité immunitaire du cerveau. Il est largement documenté que les gens riches vivent dans des quartiers où l’air est meilleur. On a qu’a pensé aux gestionnaires du pont Champlain qui étaient très à l’aise pour faire circuler des milliers de voitures dans des bretelles de contournement qui touchaient uniquement des populations pauvres. 

    Ok on revient au cannabis et à une question que je me posais depuis très longtemps…

    Est-ce que le fait de retenir son souffle dans l’espoir d’augmenter le buzz fonctionne?

    Avoir le visage rouge et être sur le point d’exploser peut donner l’impression que l’effet du cannabis est plus fort. L’idée derrière le geste repose sur le gonflement des poumons qui ouvriraient des zones jusque-là intouchées par les vapeurs de cannabis. Cette action créerait une plus grande disponibilité pour transférer le THC dans le sang par le biais des alvéoles pulmonaires exposées par le gonflement. J’appelle ça l’effet pruneau. Avant d’être tout ratatiné, le pruneau est une belle prune rondelette. 

    Dans les faits, il faut à peine 3 secondes pour que le THC fumé soit transféré dans le sang. Et le fait de tousser produit l’effet inverse à celui recherché… La quantité d’oxygène dans le corps augmente instantanément, réduisant du même coup la concentration de THC.

    Quand on retient son souffle assez longtemps, le corps, privé d’oxygène, subit une baisse de pression provoquant du même coup un étourdissement léger jusqu’à la prochaine respiration. Voilà comment des millions de gens se croient plus stones alors qu’ils ne sont qu’étourdis par le propre comportement. Cela me fait penser à la première fois que j’ai fumé. C’était en France il y a des millions d’années. Je que je croyais être l’effet du hach n’était que l’effet du tabac que m’a rendu plus ou moins malade. 

    Le parodoxe du cannabis

    Pour conclure, j’aimerais évoquer le paradoxe du cannabis. Le cannabis, dans toute sa splendeur, propose un conflit d’interprétation. L’évolution humaine à donner au SEC un rôle d’homéostasie. L’homéostasie, ce n’est que la stabilisation des différents phénomènes physiologiques chez les organismes vivants. On peut aussi parler de l’homéostasie du risque qui consiste, quand on a des meilleurs freins sur son vélo ou sa voiture à freiner plus tard. Le risque reste le même en dépit des avantages technologiques. C’est exactement ce qui se passe dans le cyclisme professionnel ou les freins à disque se sont imposés dans les 4-5 dernières années. 

    Les cannabinoïdes sont présents naturellement dans le lait maternel. Un des premiers doping officiellement reconnus dans les Jeux de la Grèce Antique consistait à boire le lait d’une femme enceinte avant la compétition. Déjà, les athlètes avaient une intuition précise du système endocannabinoïde.

    Pour le reste des humains rampants comme vous et moi qui ne sont pas des dieux du stage, et bien, toute notre vie, les endocannabinoïdes participent à la gestion de notre corps en réduisant l’inflammation ou en régulant le rythme du cœur. Le SEC nous aide à réduire les dommages que nos activités génèrent. Le SEC est donc particulièrement actif pour réduire les dommages causés par le vieillissement.

    Est-ce que fumer du cannabis est aussi dangereux que fumer du tabac?

    On peut, je pense, affirmer que la fumée du cannabis est beaucoup moins dangereuse.

    Est-ce que fumer du cannabis est sans danger?

    Non. Tout comme manger peut être un danger si on mange mal ou trop.

    Est-ce que fumer du cannabis est bon pour la santé?

    Je vais me contenter de dire que le cannabis semble très utile pour réduire ou éliminer certaines pathologies.

    Alors est-ce que la fumée du cannabis vous fait encore peur? Vous avez surement raison de ne pas croire les arguments que je vous ai présentés. Après tout, je ne suis pas un spécialiste.

    Vous croyez qu’exposer vos poumons à des fleurs que l’on fait pousser légalement avec près de 100 produits agrotox autorisés par Santé Canada n’est pas une bonne chose?

    Ça tombe bien, car vous allez bientôt pouvoir tester des nanoémulsions fabriquées au Québec par une famille québécoise…  

    Et voila, c’était le 114e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

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    Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas trop. C’est que je vous prépare un nouveau projet. Une sorte de magazine numérique avec beaucoup de vidéo, une infolettre, des textes sur l’actualité… Je vous en reparle à la fin de l’épisode et je vous propose de vous inscrire à l’infolettre Bon Stock pour ne rien rater. Ben oui, ça s’appelle Bon Stock. On ne peut pas faire plus Québécois. Je vous en reparle donc. Pour les impatients, c’est bonstock.quebec .

    Que sait-on des gens qui sont fiers de consommer sur le marché noir? 

     Des centaines de fois par jour, des citoyens se font traiter d’épais parce qu’ils achètent simplement des produits légaux… Mais s’agit-il vraiment d’une hargne ou d’un état affectif que je n’ai jamais pris le temps d’identifier? Alors c’est aujourd’hui que j’explore pour comprendre un phénomène qui semble échapper à la raison, à la mienne en tout cas…

    Donc, je me suis dit que j’allais comprendre la nature de ma propre réaction… Celle d’un découragement momentané doublé d’un jugement sur ma propre incapacité à répondre efficacement à de telles positions. Évidemment, je ne suis pas en croisade. Qu’un citoyen consomme des produits remplis de merde ou pas ne m’affecte aucunement. Pas une seconde en fait. Qu’il s’agisse de pot ou de mélatonine que Santé Canada ne recommande pas pour les enfants. Je ne dis pas que cela m’indiffère. Je précise que chaque citoyen est responsable de sa consommation. Alors, par où commencer?

    Bonne écoute!

    Lien pour le rapport des citations!

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    #112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

    #112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

    Cette semaine, on reçoit sur toPot un entrepreneur québécois qui pourrait travailler dans plusieurs industries différentes! Heureusement, on est chanceux, il a choisi le cannabis! Maxime Paris est donc le fondateur et PDG d’EXKA, une entreprise spécialisée dans la génétique et l’extraction du cannabis. La vision d’EXKA est à la fois simple et complexe : devenir le standard de référence dans le domaine de la génétique et de l’extraction du cannabis.

    Et que diriez-vous d’un cultivar qui ferait 37 % de THC?

    Nous en discutons dans l’épisode. Et les curieuses vont trouver la fiche technique du Black Mountain Side… 

    Le temps de floraison est de 9 à 10 semaines. Peu de feuilles. Pousse au début dans un Jiffy et ensuite dans du coco. La culture peut se faire en bunker, en serre ou en extérieur. C’est un des phénotypes de la variété «Girl Scout Cookies» qui contient du «Durban Poison» et du «0G Kush». Il s’agit d’une variété indica qui a fini à la troisième place de la Seattle Cannabis Cup en 2014. Ses bourgeons très denses sont verts avec des traces de violette. L’arôme du produit est doux et mentholé avec du linalol, de la caryophillene et de la limonène. Les curieuses et les PA intéressés vont aussi trouver dans les notes de l’épisode plusieurs rapports de laboratoire en prime. Merci à EXKA pour ce partage.

    Bonne écoute!

    LIEN pour le cultivar  37% de THC

    https://mbe.io/BMS-EXKA

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

    #120 Pot flânage (2022.09.28)

    #120 Pot flânage (2022.09.28)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui on va de nouveau flâner ensemble. On va discuter de l’Expo Cannabis Montréal, de Mike Tyson et de l’article du journal La Presse sur le détournement du programme médical canadien. L’Association des...

    #119 Pot flânage! (2022.09.21)

    #119 Pot flânage! (2022.09.21)

    Aujourd’hui, on va flâner.  Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile. Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le...

    #118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

    #118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

    Alors, comment dit-on munchies en français?  Mon dictionnaire me propose une fringale. Pour moi, le mot fringale appartient au vocabulaire du cyclisme. Quand un athlète oublie de se nourrir, soudainement son moteur stoppe et les coureurs appellent cela «avoir la...

    #117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

    #117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

    Tous les consommateurs de cannabis connaissent le lien entre leur consommation et le sommeil. Moi, je sais. Vous aussi, je suis sur. On peut avoir des intuitions, des expériences particulières, des recettes qui fonctionnent la plupart du temps, ce genre de chose. Mais...

    #116 Docteur, mon chat peut-il consommer du cannabis?

    #116 Docteur, mon chat peut-il consommer du cannabis?

    Pourquoi un épisode sur les soins pour les animaux avec le cannabis? Et je précise qu’aucun animal n’a été blessé pour réaliser le visuel de l’épisode. Donc, c’est une nouvelle de la semaine passée sur la hausse des visites d’enfants aux urgences causée par les...

    #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

    #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

    OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit :  Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis? Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois...