#129 Pot flânage (2022.11.30)

#129 Pot flânage (2022.11.30)

Toujours en mode flânage sur toPot. Et on se promène un peu partout:

  • Cara Delevingne
  • La victoire du BC Budtenders Union 
  • Deux arnaques planétaires
  • Les terpènes du gui
  • La joke de Karl von Linné
  • Se faire bannir à vie des États-Unis pour du CBD? 
  • La révision de la Loi sur le cannabis fait déjà des malheureux
  • Investissement Québec et l’éclairage intelligent
  • Les «pensées profondes» et votre insula
  • Les étoiles qui éclairent après leur mort
  • Quand l’OCS fait plaisir à l’industrie, presque…

 Bonne écoute!

Lien pour les liens de  lépisode #129

Transcription Intégrale de l'épisode #129

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Notre série Pot flânage continue. Et cette semaine, on va encore s’amuser…

ToPot et Bon Stock ont échangé à beaucoup de monde cette semaine. Ruth Fisher, Michel Dion, Xavier Magrino, Jérome Brassard-Duperré, Dhili NAKEERAN, Fabrice Giguère, Fabricant d’arbres que j’ai qualifiés de Marchand d’arbres la semaine passée, Samuel Maheux, Egzoset, Phil Cathelin de Tahiti qui fait bouger les choses là-bas, Stephane Pacoma, Christina Parsons… et plein d’autres à qui je parle à toutes les semaines comme Dragan.Dragan est un cruncheur de chiffre dans l’industrie.

On commence avec quoi cette semaine? Pourquoi pas avec Cara Delevingne? La dame a une très belle structure osseuse. C’est un mannequin qui semble être célèbre parce qu’elle est célèbre… Elle vient de réaliser un documentaire qui s’appelle Planet Sex. Elle y discute de sa bisexualité et d’une tentative de suicide relié à une homophobie intériorisée. Le cannabis est mentionné dans le documentaire, car Madame Delevingne a mesuré les cannabinoïdes dans son corps juste avant de faire l’amour et juste après… Je ne vous en dis pas plus. 

Et la grève à la SQDC?

Non, on en parle pas.

Par contre je peux vous dire que ça bouge ailleurs dans le ROC.

Un syndicat représentant les budtenders, les cannabissiers de la Colombie-Britannique a ajouté deux nouveaux magasins à ses membres au cours des dernières semaines. 

Le BC Budtenders Union célébrait la semaine passée l’inclusion de deux établissements Seed & Stone. Les cannabissiers auraient obtenu une augmentation de 15 % plus plein d’autres garanties.

Le propriétaire fondateur de Seed & Stone semble heureux de la situation et a accordé les mêmes avantages négociés aux employés de ses magasins, pas encore syndiqués. Mais il avoue ne pas comprendre pourquoi on vise sa chaine qui est si petite comparée aux géants de l’industrie.  

Ce que je comprends de cette information, c’est que les budtenders qui peuvent donner des conseils et vraiment exercer leur fonction ne sont pas plus heureux de leur paye que les conseillers de la SQDC…

Et on va maintenant un peu flâner du côté des arnaques reliées au commerce du cannabis. Ça pourrait ressembler à un hommage à la créativité des voleurs. Je vous donne un premier exemple par relié au cannabis. Il y a un an, en Chine, un groupe de voleurs a construit un faux magasin Apple. Oui, un faux magasin Apple qui ressemblait à un vrai commerce de Apple. Pourquoi construire un vrai faux magasin? Pour vendre de vrais faux téléphones Apple. Le magasin est resté ouvert seulement quelques jours avant d’être abandonné… C’est fort.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Alors, maintenant deux arnaques planétaires dans le domaine du cannabis…

Vous avez entendu parler de l’Amsterdam Cannabis Expo qui devait accueillir 10 000 entreprises du 24 au 26 novembre 2022. L’arnaque semble avoir commencé dès 2020 avec la création d’un site web qui proposait des opportunités de commandites et des visiteurs provenant d’une centaine de pays. Le site de l’organisation à disparu la semaine passée.

Le média BusinessCann a commencé à vérifier qui étaient les commanditaires. Si vous ne connaissez pas BusinessCann, c’est une entreprise qui propose des nouvelles, des articles, des commentaires et des analyses sur les personnes et les entreprises qui façonnent les secteurs du chanvre, du cannabis médicinal et du bienêtre au CBD en Europe. 

Alors BusinessCann a rapidement découvert que les gros commanditaires étaient des entreprises inventées. TOUTES, de A à Z.

D’autres participants potentiels ont réalisé que le plan d’occupation de l’espace d’exposition était non conforme à ce que l’on doit s’attendre de ce type d’évènement. 

Beaucoup d’entreprises qui se sont fait enfirwaper se cachent, car c’est mauvais pour leur réputation. Évidemment, le compte bancaire de l’organisateur a été vidé depuis que les doutes sont devenus publics… 

Pendant qu’on parle de bandits et d’escroquerie, c’est le temps de revenir sur une autre histoire incroyable, je parle évidemment de l’affaire Juicy Fields. Un bref résumé si vous revenez d’une autre planète.

Hey Merci MJ!

Juicy Fields se présentait comme une plateforme d’investissement en ligne. Cette plateforme était censée permettre d’investir dans la production de cannabis médical et devait rapporter 100 % de l’investissement en 12 mois. Derrière le projet Juicy Fields, on retrouve une compagnie néerlandaise nommé Juicy Holding BV mais le site de la compagnie mentionnait une autre compagnie enregistrée en Suisse, la Juicy Fields AG. Je vous passe les détails sur de multiple enregistrement d’autres compagnies qui tissent un voile de confusion sur les responsabilités des uns et des autres. Dans les faits, il semble que cette organisation était un système de Ponzi. Je vous propose texto la définition de Wikipédia :

Un système de Ponzichaîne de Ponzifraude de Ponzi ou pyramide de Ponzi, est un montage financier frauduleux qui consiste à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants. Si l’escroquerie n’est pas découverte, elle apparaît au grand jour au moment où elle s’écroule, c’est-à-dire quand les sommes procurées par les nouveaux entrants ne suffisent plus à couvrir les rémunérations des clients. Elle tient son nom de Charles Ponzi qui est devenu célèbre après avoir mis en place une opération fondée sur ce principe à Boston dans les années 1920.

L’affaire Juicy Fields est très très très intéressante, car les poursuites engagées pourraient mettre en cause les réseaux sociaux qui seraient accusés de ne pas avoir fait disparaitre le contenu d’une arnaque planétaire. Certains influenceurs seraient aussi visés.

Plus de 500 000 personnes auraient investi dans Juicy Fields et on parle de 700 millions $ qui auraient disparu… On parle aussi de la Suède qui aurait adopter une nouvelle loi qui responsabiliser les banques qui n’agissent pas avec diligence pour stopper les arnaques dont elles ont connaissance. Un avocat suédois. Lars Olofsson va déposer un recours collectif pour 800 personnes provenant de 50 pays différents. L’action en justice va s’attaque à des banques, des avocats et des médias comme Facebook, Google, CNN et même YouTube… L’avocat à une liste de presque 200 facilitateurs qui aurait participé à la fraude qui aurait, aux dernières estimations, atteint 2,5 milliards de dollars.

Dans le contexte actuel où la justice vient de condamner Élizabeth Holmes pour avoir menti et tricher les résultats des recherches de son entreprise Theranos et l’affaire de l’effondrement de la bourse de cryptomonnaies FTX, les criminels en col blanc comme les acteurs du scandale Juicy Fields, peuvent s’attendre à se prendre plus qu’une petite tape sur les doigts….

Je me permets de vous signaler trois grosses initiatives intéressantes qui roulent pour l’instant. BudBlockz (BLUNT), Ravencoin (RVN) et Chainlink (LINK). Je ne les compare pas aux scandales précédents. C’est l’inverse. Je dis que ce sont des initiatives à suivre. Budblock est un projet de cryptomonnaie décentralisé appliqué au cannabis. Dans le contexte où les banques n’aiment pas le cannabis, ce système pourrait permettre à tous les acteurs de l’industrie de se payer en eux, sans problème et sans les frais auxquels les banques sont coutumières….

Pour l’instant, au Canada, dans le domaine des arnaques, rien de l’envergure des scandales précédents mais quelques dossiers dont on devrait bientôt entendre parler. Le premier est la contribution des producteurs autorisés au marché noir. Oui, il semble que des détenteurs de licences de Santé Canada revendent du stock dans les marchés illicites. Cela serait courant dans toutes les provinces. Le deuxième mini scandale en devenir concerne l’utilisation dans tout le Canada de timbres de taxe d’accises inappropriés… Si vous avez des infos à partager, lucprevost@hotmail.com

La semaine passée, j’ai parlé de la présence des terpènes dans les canneberges. C’est la période de l’année qui impose son agenda. Mais il n’y a pas que les attaqua qui contiennent des terpènes. Vous avez déjà pensé au gui? Vous savez les petites boules rouges sous lesquelles on doit s’embrasser? Il existe plus de 1500 espèces de gui. Et le gui est considéré comme un parasite qui s’alimente en squattant d’autres plantes. On le retrouve souvent dans les pins. Cette présence modifie les réponses chimiques des pins squattés… comme la teneur en monoterpènes qui augmente avec la présence du gui.

Comme le cannabis, le gui produit du pinène. Je ne sais pas par contre s’il s’agit d’alpha-pinène ou de bêta-pinène. Je ne ferai pas le tour des propriétés de ce terpène, cela serait inutile, car vous savez tous déjà tout… Mais je confirme qu’il y a des études qui prouve que le gui, le Viscum Album L. À des propriétés qui permettent de lutter contre le cancer. 

Vous avez remarqué que j’ai dit Viscum Album L. ça vous rappelle Cannabis Sativa L.? 

C’est le même gars qui a catalogué les deux. Oui, le fabuleux Karl von Linné qui mettait son L. de Linné un peu partout. Voici ce que dit Wikipédia de lui :

Linné est… un naturaliste suédois qui a posé les bases du système moderne de la nomenclature binominale. Considérant que la connaissance scientifique nécessite de nommer les choses, il a répertorié, nommé et classé, systématiquement, l’essentiel des espèces vivantes connues à son époque, en s’appuyant sur ses observations, ainsi que sur celles de son réseau de correspondants. La hiérarchie des classifications qu’il met en avant s’impose au XIXe siècle comme la nomenclature standard.

C’est un sujet captivant. Je vous donne un exemple. Pour réaliser ses travaux, Linné était commandité par la famille royale. Et comme par hasard, sa hiérarchie des classifications va ainsi…

(vivant) (empire règne ( sous-règne)  embranchement  classe  ordre  famille  genre  espèce

Von Linné construit sa structure toujours utilisée aujourd’hui en décrivant la suprématie de la famille royale. Empire comme dans empereur. Règne comme dans royauté, etc.

Pas bête pour deux sous, von Linné sera anobli le 20 avril 1757 par le roi de Suède Adolf Frederick. Dans sa vision du monde, il décrit l’humain comme descendant du singe. La maison royale et l’église lui disent que c’est impossible, car c’est Dieu qui a tout créé. Von Linné ne s’obstinera pas et va modifier ses écrits pour ne pas déplaire à Dieu mais surtout au roi de l’époque…

Ahhhhh oui. On doit changer de continent pour aller flâner aux États-Unis.  

J’allais passer tout droit avec cette histoire-là.

Une fois, c’est un Canadien qui oublie une bouteille de CBD dans sa voiture et qui se voit interdire l’accès aux États-Unis à vie. Le gars qui s’appelle Jonathan Houweling va probablement devoir fermer son entreprise à cause de condamnation à vie d’interdiction de séjour. C’est une suite à une fouille inopinée au poste frontière de Peace Arch en Colombie-Britannique que les douaniers américains ont trouvé le CBD qui est pourtant légal aux États-Unis. On l’a retenu pendant plusieurs heures, on a pris ses empreintes et son ADN en plus d’une amende de 500 É.-U. $…

Il y a une basketteuse américaine en prison en Russie… Et les Américains qui emprisonnent leurs citoyens pour la même raison ne se posent même pas de questions.

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) s’est permis de rappeler encore une fois que … transporter du cannabis à la frontière sous quelque forme que ce soit, y compris toute huile contenant du tétrahydrocannabinol (THC) ou du cannabidiol (CBD), sans un permis ou une exemption autorisée par Santé Canada demeure une infraction criminelle grave passible d’arrestation et de poursuites, malgré la légalisation du cannabis au Canada.

OK, on va aller flâner dans les platebandes de Santé Canada. Parce que c’est formellement inscrit dans la loi, on s’active actuellement a revoir les bons et les mauvais aspects de la légalisation pour améliorer le cadre légal actuel. C’est l’honorable Jean-Yves Duclos, ministre de la Santé, et l’honorable Carolyn Bennett, ministre de la Santé mentale et des Dépendances et ministre associée de la Santé qui ont annoncé la semaine passée les noms des membres du groupe d’experts chargés de l’examen législatif de la Loi sur le cannabis.

Le communiqué bilingue de Santé Canada affirme que :

Le groupe d’experts fournira des conseils éclairés indépendants aux deux ministres quant aux progrès accomplis dans l’atteinte des objectifs de la Loi, et aidera à cerner les domaines potentiels d’amélioration du fonctionnement de la Loi.

Pour faire leur choix, les ministres ont tenu compte d’un certain nombre de facteurs, tels que la géographie, le savoir-faire et la représentation démographique. Ils ont soigneusement sélectionné des personnes qui représentent la diversité du Canada et qui, collectivement, possèdent une vaste expérience du secteur public, une expertise en santé publique et en justice, et une expérience de la collaboration avec les communautés et les organisations autochtones.

Le groupe d’experts, présidé par Morris Rosenberg mènera une étude crédible et inclusive avec les membres suivants :

  • Dr Oyedeji Ayonrinde
  • Dre Patricia J. Conrod
  • Lynda L. Levesque
  • Dr Peter Selby

Les ministres ont chargé le groupe d’experts de s’entretenir avec le public, le gouvernement, les Autochtones, les jeunes, les communautés marginalisées et racisées, les représentants de l’industrie du cannabis, et les personnes qui ont recours au cannabis à des fins médicales, afin de recueillir leurs points de vue sur la mise en œuvre et l’application de la Loi sur le cannabis. Le groupe d’experts indépendant doit également rencontrer et consulter des experts dans des domaines pertinents, comme la santé publique, la consommation de substances, la justice pénale, l’application de la loi, la gouvernance et droits des autochtones et les soins de la santé. 

Fin du communiqué.

Alors, rapidement, les experts ont exprimé leur déception sur la composition du groupe. Les critiques allaient de «Y’a juste des spécialistes des méfaits» à «Pourquoi on n’a pas été capable de trouver des membres de l’industrie pour faire partie du groupe». Une grande déception, d’un océan à l’autre.

Mais, mais, mais, il se peut que l’industrie fasse erreur dans son appréciation de la composition du groupe d’expert. Je suis un gars qui s’appelle David Brown. Il a passé une partie de sa vie professionnelle à Santé Canada dont il connait très bien tous les rouages. Il revient sur le fait que l’industrie se plaint du fait qu’aucun membre de l’industrie ne fait partie du groupe d’expert… Brown rappelle qu’il ne s’agit pas d’un examen règlementaire, mais bien d’un examen législatif. Un examen législatif s’intéresse aux répercussions sociales des grands objectifs de la Loi. 

Le bout qui intéresse l’industrie, c’est ISDE ou Innovation, Sciences et Développement économique Canada qui est responsable de l’organiser. Et c’est écrit en toutes lettres dans le communiqué dont je vous ai parlé…

  • ISDE est actuellement à créer un forum sur le cannabis pour faciliter le dialogue entre l’industrie et le gouvernement et permettre un examen des questions relatives à la compétitivité et à la stabilité à long terme du secteur.

Je vais reprendre texto la conclusion de Brown qui semble en profiter pour régler ses comptes avec certains acteurs de l’industrie :

… s’attendre à ce qu’un examen qui est spécifiquement destiné à examiner les impacts sociétaux globaux vise à donner du pouvoir à l’industrie montre un manque fondamental de compréhension des mécanismes clés en jeu ici. 

Et bing bang…

J’ai vu passer un truc intéressant et je vous le présente juste parce que je sais que vous êtes curieux.

Et là je vous lis texto, un communiqué… 

Montréal, Québec, Canada, le 28 novembre 2022 — Afin de souligner les avantages de l’éclairage intelligent pour les entreprises horticoles québécoises, Investissement Québec, à titre de mandataire du gouvernement du Québec, a accordé à Sollum Technologies un financement d’un montant de 350 000 $ pour un projet inédit de vitrine technologique portant sur les fraises qu’elle réalise en partenariat avec SAVOURA.

Moi je dis qu’on en veut des projets comme ça dans le cannabis. Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que ce genre de programme existe déjà en Ontario pour le cannabis. Plusieurs millions de dollars. Ils font bien les choses en Ontario. On va y revenir plus tard.

Parlant de perception et de compréhension, j’ai vu passer un article intéressant dont le titre m’a fait rigoler comme rarement.

Pourquoi avons-nous des pensées profondes lorsque nous sommes sous l’effet du cannabis?

Et oui, les curieuses vont trouver un lien dans les notes de l’épisode pour ce lien et tous les autres. L’auteur du texte, un gars qui s’appelle Joseph Billions, sans doute un nom de plume, avance que sous l’influence du cannabis, nos schémas cognitifs changent. Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je parle habituellement de changement de perspectives. 

Alors Billions définit son concept de «high thoughts» et la j’y vais texto de l’anglais :

Les «high thoughts», c’est-à-dire la façon dont nous pensons et ressentons lorsque nous sommes sous l’emprise du cannabis, peuvent nous prendre au dépourvu par leurs brusques changements. Les pensées hautes peuvent être hilarantes ou ridicules, innovantes ou apparemment créatives, ou simplement sombres et dangereuses. Ces divers schémas cognitifs peuvent se manifester de manière imprévisible selon les individus. Cependant, ils sont principalement dus à la façon dont le THC et les autres composants du cannabis affectent le cerveau.

Récepteurs endocannabinoïdes? 

Activer, mon capitaine.

Augmentation du flux sanguin au cerveau par le THC?  

Activer, mon capitaine.

Augmentation de l’activité fonctionnelle dans certaines zones ciblées?

Activer, mon capitaine.

Altération mentale et comportementale? 

Activer, mon capitaine.

L’auteur propose que cette mesure du flux sanguin cérébral indique plus précisément une diminution des facultés causée par le cannabis que la mesure des cannabinoïdes dans le sang. Mais comment mesurer ça sur la route en hiver au Québec? C’est une saga pour une autre fois.

La première zone visée par cet afflux sanguin est la partie frontale du cerveau. Cette zone intervient pour gérer des fonctions cérébrales cognitives de la pensée critique dont le traitement du données provenant de nos sens. Une plus grande circulation, une sorte de doping du sang pour reprendre le vocabulaire sportif. D’ailleurs je comprends mieux le mini rush que l’on ressent à la tête. Mais il n’y a pas que lobe frontal qui est singularisé. Vous connaissez votre insula? L’insula est, selon Wikipédia :

Le cortex insulaire ou insula — terme latin signifiant île — est une partie du cortex cérébral et constitue l’un des lobes du cerveau. Son rôle est encore mal connu mais il est généralement associé aux fonctions limbiques et interviendrait notamment dans le dégoût, la dépendance ou encore la conscience.

L’insula est la partie du cerveau responsable de la réponse cardiovasculaire causée par le stress. J’ai cherché 2-3 minutes avant de la trouver dans une illustration. C’est que l’insula n’a pas visible, car elle est cachée par les autres lobes. D’où son nom, l’ile. Puis il y a une troisième région qui est affectée. 

1— le lobe frontal 

2— l’insula, l’ile ou cortex insulaire 

Et 3 — le cortex cingulaire. Une augmentation du flux sanguin et hop, l’effet du THC se révèle. Comme par hasard, le Cortex cingulaire participe à la modulation des comportements et réponses aux informations relatives aux émotions.

Comme toujours avec le cannabis dont les effets biphasiques sont connus, il semble aussi qu’une surconsommation provoquerait l’effet inverse, c’est-à-dire une diminution du flux sanguin et une réduction, dans certaines régions, de l’activité neuronale. 

Je ne suis pas un docteur, ni en philo, ni en sociologie, ni en médecine. J’ai surement oublié d’autres régions qui sont affectées par une augmentation de la circulation sanguine. Mais déjà le premier buzz que j’ai eu depuis cette lecture est éclairé d’une nouvelle perspective. L’image mentale que j’ai de l’insula est très forte. 😉 Et c’est la première fois que je visualisais, dans ma tête, mon insula avec la petite bouffée de chaleur qui annonce le buzz. Pour les curieuses, il y a un lien pour une animation 3D (GIF) qui permet de visualiser votre insula. Pas la mienne, la vôtre.

OK assez pour les hautes pensées…

Mais encore plus haut, il y a les étoiles. Aujourd’hui deux géants qui ne disent plus rien n’ont personne. J’ai nommé Louis Armstrong et Bing Crosby.

Louis Armstrong est né en 1901. joueur de trompette, chanteur, comédien et activiste. C’est ce que je viens de découvrir.

Je savais que Louis Armstrong consommait du pot mais j’ai appris qu’il considérait le cannabis comme un médicament le cannabis médical quoi. Il préférait l’herbe à l’alcool. Il disait que le pot était essentiel pour son sommeil. Il a même été arrêté pour avoir fumé en public en novembre 1930. À cause de ça, le FBI va faire un dossier sur lui. La même chose pourrait arriver aujourd’hui. Armstrong était un ami avec Bing Crosby. Vous connaissez sa voix, c’est lui qui chante LE White Xmas. Le simple le plus vendu au monde a plus de 50 millions de copies. 

Alors, Bing Crosby aimait lui aussi le cannabis et il avait obtenu un permis pour en cultiver. Une sorte de dérogation. Il parait que Armstrong a demandé le même privilège. Armstrong, en 1954, écrit une lettre à Eisenhower, le président américain pour lui demander de légaliser le cannabis. 1954. C’est si bon! Et vous pourrez entendre Armstong dans le film La vie est belle ou It’s a wonderfull life à la télé pendant les fêtes. C’est un film génial de Frank Capra qui s’écoute avec un p’tit joint. L’histoire ou le High Concept comme on dit a Hollywood est géniale. Vous allez pleurer, c’est sur et rire. 

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

OK, je me ramasse.

Au début de l’épisode, j’ai parlé du groupe d’experts qui participaient à la révision de la loi. Dans un autre contexte, cela va nous permettre de comparer le OCS, The Ontario Cannabis Store à la SQDC. L’équivalent de la SQDC en Ontario OCS est le grand pusher de la province ontarienne. Un pusher qui compétitionne aussi les 1600 boutiques qui sont obligées de s’approvisionner à la OCS. Ça, c’est pour la petite histoire.

L’OCS prend position dans le débat à venir sur la révision de la Loi sur le cannabis. Elle fait même 8 propositions précises. La diffusion la semaine passée du document «Opportunities to Improve the Canadian Federal Cannabis Framework: Perspectives from the Ontario Cannabis Store» constitue une prise de position qui va plaire à l’industrie. 

L’OCS souhaite que Santé Canada reconsidère à la hausse les limites de THC. Le document fait 30 pages. Voici les 8 recommandations. Je vous demande de repérer la demande qui vous semble la plus importante… On va en parler après.

  1. Ajuster les limites de THC pour les mangeables. 
  2. Élargir les promotions pour le cannabis comestible et les produits topiques à base de cannabis. 
  3. Clarifier l’admissibilité des évaluations de produits en ligne pour les détaillants légaux 
  4. Ajuster les exigences en matière d’étiquetage des produits 
  5. Ajuster les exigences en matière d’étiquetage pour les produits à dominante de CBD 
  6. Ajuster la déclaration de concentration pour les mangeables. 
  7. Établir des normes nationales pour les tests effectués par des tiers.
  8. Examiner les possibilités de réduire l’impact environnemental de l’emballage du cannabis.

David Lobo, le président directeur général de l’OCS a confirmé que son organisation s’engageait à coopérer avec Santé Canada pour assurer la santé et la sécurité du public tout en luttant contre les activités illégales du marché du cannabis et en favorisant le développement de l’industrie du cannabis récréatif. Vous avez entendu la SQDC prendre position? Je pense que M. Farcy, son PDG, n’a pas cette liberté d’expression même si son salaire est supérieur à celui du premier ministre Legault. 

On a les institutions et le gouvernement que l’on mérite et il n’y a aucun doute que les Québécoises et les Québécois aiment la frilosité du gouvernement actuel envers le cannabis. Sinon, la CAQ ne serait pas au pouvoir. Noël et ses beuveries habituelles n’y changeront rien. 

Par, il serait intéressant de savoir si l’Opération Nez rouge aide beaucoup de citoyens qui ont avant tout les yeux rouges. 

Et voilà, c’était le 129e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire: lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre !

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#122 Pot flânage (2022.10.12)

#122 Pot flânage (2022.10.12)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? 

Allez circuler, circuler! Vous entrez dans la zone Pot flânage! 

La zone pot flânage télescope les nouvelles de toute la planète cannabis. Jamais de nouvelles plates, jamais de régurgitation. La terre est ronde, pas plate. Sur toPot, on a toujours une perspective particulière, car le cannabis, c’est avant tout l’accès à d’autres façons de voir le monde.

Et pour illustrer cette mise en perspective, rien de mieux que de croquer à pleines dents la nouvelle américaine qui a fait le tour de la planète même si personne ne semble s’entendre sur le vrai sens à lui donner. 

Le président américain Joe Biden qui a renié toutes les promesses procannabis qu’il a fait pour être élu contre Donald Trump refait le coup à l’approche des élections de mi-mandat, les midterms elections. Oui, le président américain accorderait un pardon aux Américains condamnés pour simple possession de cannabis. Le chiffre repris partout sans réflexion par les commentateurs est 6500 personnes qui auraient été condamnées pour possession de cannabis au niveau fédéral. 6500 personnes que personne n’arrive à identifier. PERSONNE. Je n’ai trouvé aucune liste. AUCUNE. Personne ne sait qui sont ces 6500 personnes. La seule explication que j’ai trouvé pour les «6500 personnes», c’est le nombre d’ouvriers étrangers morts au Qatar…

Bonne écoute!

Lien pour les sources

Transcription Intégrale de l'épisode #122

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

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toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? 

Allez circuler, circuler! Vous entrez dans la zone Pot flânage! 

La zone pot flânage télescope les nouvelles de toute la planète cannabis. Jamais de nouvelles plates, jamais de régurgitation. La terre est ronde, pas plate. Sur toPot, on a toujours une perspective particulière, car le cannabis, c’est avant tout l’accès à d’autres façons de voir le monde.

Et pour illustrer cette mise en perspective, rien de mieux que de croquer à pleines dents la nouvelle américaine qui a fait le tour de la planète même si personne ne semble s’entendre sur le vrai sens à lui donner. 

Le président américain Joe Biden qui a renié toutes les promesses procannabis qu’il a fait pour être élu contre Donald Trump refait le coup à l’approche des élections de mi-mandat, les midterms elections. Oui, le président américain accorderait un pardon aux Américains condamnés pour simple possession de cannabis. Le chiffre repris partout sans réflexion par les commentateurs est 6500 personnes qui auraient été condamnées pour possession de cannabis au niveau fédéral. 6500 personnes que personne n’arrive à identifier. PERSONNE. Je n’ai trouvé aucune liste. AUCUNE. Personne ne sait qui sont ces 6500 personnes. La seule explication pour 6500 personnes, c’est le nombre d’ouvriers étrangers morts au Qatar… 

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Par contre, tout le monde sait que les noirs américains emprisonnés de façon disproportionnés pour possession de cannabis comparé à la population blanche.

L’annonce de M. Biden a réjoui l’industrie du cannabis des deux côtés de la frontière. Mais la réalité est différente et il suffit de lire quelques articles sur le site du Last prisonner Project. Si vous ne connaissez pas cette initiative américaine fondée par Andrew et Steve Deangelo, je vous résume son action :

L’idée du projet créé en 2019 est simple : personne ne devrait rester incarcéré pour des infractions liées au cannabis. Les frères Deangelo ont réuni des experts de plusieurs secteurs comme le droit, la politique et l’éducation pour transformer les injustices générées par la politique américaine de la prohibition du cannabis.

Voici la réaction de l’organisation à la nouvelle :

Cependant, la réalité est que la grande majorité des accusations fédérales sont plus graves que la simple possession. De ce fait, la population qui a bénéficié d’une grâce aujourd’hui ne représente qu’une fraction du nombre de personnes ayant fait l’objet de condamnations fédérales liées au cannabis. Comme la Maison Blanche l’a elle-même reconnu, l’annonce d’aujourd’hui n’aboutira pas à la libération de quiconque se trouve en détention fédérale.

Le président Biden a interpelé tous les gouverneurs à agir dans le même sens dans leur État respectif, car la majorité des emprisonnements ne sont pas de nature fédérale. Quand les Américains ne se font pas arrêter en Russie pour possession, leur pays est très actif dans la répression, car des milliers de citoyens américains seront arrêtés en 2022 pour des infractions banales reliées au cannabis. L’organisation NORML USA avance que 350 000 personnes ont été arrêtées pour des délits reliés au cannabis l’an passé. J’ai trouvé un chiffre incroyable. Entre 2001 et 2010, les autorités américaines ont procédé à plus de 8 millions d’arrestations en relation avec le cannabis et 88 % relevaient de la simple possession.

Au Québec, au Canada, beaucoup de gens se sont réjouis de la hausse de la valeur des actions des producteurs autorisés canadiens présents à la Bourse. Mais 24 heures plus tard, la plupart de ses actions sont retombées à un niveau plus bas. Aucun gain réel. L’action d’Aurora vient immédiatement à l’esprit. Et certains observateurs de la politique américaine crient à une seconde manipulation de masse, exactement comme les promesses du candidat Biden avant qu’il soit élu. Je partage ici l’argumentation de Jon Farris, un gars que je suis sur LinkedIn :

1) 

Biden ne pardonne personne, car il n’y aurait pas une seule personne dans une prison fédérale américaine pour simple possession. PAS UNE. Et cela correspond aux déclarations de la Maison Blanche.

2) 

Biden prétend inciter les gouverneurs d’État qui ont déjà déployé des programmes de pardon plus généreux que le sien. Et les États plus à droite ne feront jamais rien sans y être obligés.

3)

Biden demande au Secrétaire à la santé et aux services sociaux et au procureur général de revoir la classification du cannabis. Le président américain aurait pu, tout seul, comme un adulte, changer la classification du cannabis par décret. Il a ce pouvoir qu’il a choisi de ne pas exercer. 

L’ensemble des médias a repris la communication du président Biden au moment crucial des élections de mi-mandat. Biden est un génie… de la propagande… On va forcément en reparler dans les prochains mois.

++++++

Hey Merci MJ!

Si on veut parler d’actions qui ont un impact réel, on peut regarder l’initiative du Canadien Seth Rogen et de sa femme Lauren Miller qui ont ramassé 860 000 $ dans le cadre d’une levée de fond organisé par HFC, leur association caritative qui s’intéresse à la maladie d’Alzheimer. C’est quoi la relation avec le cannabis? Et bien deux super fans de Rogen ont payé chacun 40 000 $ pour un cours de poterie et une séance de consommation de cannabis optionnelle…

++++++

OK. Qui n’a pas entendu que le cannabis n’avait jamais tué une personne? Cette affirmation est répétée partout et même par des gens de sciences… L’actualité nous donne l’occasion de réfléchir. Pourquoi? Et bien il y aurait devant la justice le cas d’une travailleuse de l’industrie qui serait morte à cause d’une exposition prolongée à la poussière de cannabis.   Cela se passe aux États-Unis au site de production de Trulieve au Massachusetts. Selon le rapport d’enquête du OSHA, le Occupational Safety and Health Administration, la dame qui broyait des fleurs pour produire de joints préroulés serait décédée suite à l’exposition à la poussière de Kief. Le kief selon mon dictionnaire est une drogue qui provient des glandes résineuses du cannabis. Vous avez évidemment reconnu les trichomes qui se retrouvent sous le tamis de votre égrenoir à trois étages. Dans un site industriel, c’est la taille du tamis et la quantité de fleurs qui changent.

Transportée à l’hôpital, la dame de 27 ans est morte. 

Une étude australienne récente a démontré qu’il existait des risques similaires dans une usine de chanvre et que l’exposition aux poussières de cette matière pouvait avoir des effets négatifs permanents sur la santé respiratoire des travailleurs. D’autres études similaires incitent à la réflexion sur les risques de travailler dans une industrie qui existe depuis seulement quelques années. 

Alors que Santé Canada s’inquiète de la santé des consommateurs, qui s’inquiète de la santé des travailleurs de l’industrie du cannabis? Il semble exister un lien entre la poussière dégagée par la manipulation du cannabis en usine et des risques avérés de problèmes aux poumons… 

Le Département du travail et de l’industrie de l’État de Washington évoque des «réactions allergiques comme l’asthme, des éruptions cutanées et même une possibilité de choc anaphylactique.

Je ne dis pas que travailler dans l’industrie du cannabis est dangereux pour la santé. C’est le rôle de Santé Canada. Pas le mien. Par contre, il est évident que l’industrialisation du cannabis crée des conditions de travail inédites qui méritent notre attention. 

++++++

Vous pensez vous lancer dans l’industrie du cannabis? Bravo. C’est courageux. J’ai trouvé un témoignage intéressant qui commence par une blague.

Savez-vous comment gagner 1 million de dollars dans l’industrie du cannabis? 

Commencez avec 2 millions! 

Les législateurs font ce qu’ils veulent. Il suffit de penser à Ron De Santis aux États-Unis qui affirme que la Floride dont il est le représentant doit exploiter l’industrie du cannabis… Au Canada, l’arbitraire règne entre les exigences fédérales et provinciales. Le monopole provincial de la SQDC semble opérer dans un pays différent quand on le compare au monopole similaire au Nouveau-Brunswick. 

Voici, en résumé express, les recommandations d’un vétéran de l’industrie.

1) 

Dans l’industrie du cannabis, le temps passe plus vite. Ce qui était vrai hier peut être faux le lendemain. Aussi bien au niveau législatif qu’au niveau des opportunités d’affaires.

2) 

Toute décision à une durée de vie d’un trimestre même si votre entreprise n’est pas cotée à la Bourse. L’agilité consiste ici à être capable de remettre en cause des décisions qui semblaient intelligentes il y a seulement quelques semaines.

3) 

Faire un monofocus sur une seule offre commerciale est une erreur dans l’univers du cannabis. Chaque décision doit créer une multitude d’options. Ce qui est vrai dans d’autres secteurs commerciaux est suicidaire dans le cannabis.

4) 

Investir dans le cannabis, c’est comme la conduite automobile sur une surface glacée. Il est facile d’accélérer. Par contre, maintenir le cap exige beaucoup de doigté et ralentir devient un nouveau risque et il est facile de se faire éjecter de sa trajectoire initiale. 

5) 

Pourquoi construire de nouvelles infrastructures quand il y a des opportunités incroyables sur le marché? Le plus bel exemple récent au Québec, c’est le rachat par Cannara des infrastructures de TGOD pour 10 sous sur le dollar. Oui, TGOD a investi plus de 260 dans ses installations à Valleyfield pour les revendre à Cannara pour une vingtaine de millions. Les ventes de feu ne sont pas une exception dans l’industrie du cannabis. L’opérateur intelligent sait tirer profit de cette situation. Dans le contexte de la pénurie de main-d’œuvre et de l’augmentation du prix des matériaux de construction, la sagesse s’impose.

6) 

Les géants de l’industrie ont longtemps cru que l’intégration verticale était la solution pour créer des profits. Pour survivre et prendre une expansion stable, la solution semble être l’intégration horizontale qui permet de trouver des partenariats avec uniquement des entreprises qui dominent le secteur d’activité.

++++++

Le gouvernement ontarien va faire des jaloux partout dans le reste des autres provinces canadiennes. L’Ontario, en effet, vient de lancer un programme de 136 millions de dollars pour les exploitants de serre, programme qui semble inclure l’industrie du cannabis. Ah, rien de compliqué. Juste un petit coup de pource pour favoriser l’utilisation d’éclairages DEL ou LED si vous préférez. Le but est de rendre les serres plus écologiques.

Le lancement de ce train de mesures incitatives est une initiative du ministère de l’Énergie de l’Ontario qui comprend la place des serres dans le futur de son économie et dans la lutte pour préserver l’environnement.

++++++

Complètement par hasard, j’ai découvert, ou redécouvert le dynamisme de l’Université de Moncton au Nouveau-Brunswick. Je suis tombé sur un document qui s’appelle RAPPORT ANNUEL DU CENTRE D’INNOVATION ET DE RECHERCHE SUR LE CANNABIS POUR LE SÉNAT ACADÉMIQUE. 5—6 pages de constats et au détour j’ai trouvé un bel exemple de partenariat. Et là, je cite texto le document écrit en français!

En dehors du circuit académique, deux collaborations ont été mises en place avec des partenaires industriels, soit avec Greenherb Farms et GrowDoc. Une subvention a d’ailleurs été obtenue dans le cadre de la collaboration avec GrowDoc, ce qui permet d’appliquer des concepts d’intelligence artificielle dans certains projets du CIRC.

GrowDoc est une application pour téléphone. Voici la description de l’application sur le site de GrowDoc :

Votre pathologiste du cannabis en format de poche

GrowDoc a été créé pour identifier la cause des plantes de cannabis malades. Que votre plante se fane ou présente des symptômes sur les feuilles, GrowDoc sera là pour déterminer la cause et vous dire ce qu’il faut faire pour la réparer.

Voici l’exemple parfait de l’intégration horizontale que j’évoquais il y a quelques minutes. Pourquoi réinventer la roue ou une application quand il y a déjà quelqu’un qui sait faire ça?

Le Centre d’Innovation et de Recherche sur le Cannabis, le CIRC a des objectifs simples et précis :

  1. Mettre en place des outils et des procédés pour le transfert technologique rapide des produits et des procédés issus des projets de recherche vers des producteurs autorisés et le milieu médical
  2. Développer d’autres projets de recherche sur l’optimisation de la production de cannabis et des molécules d’intérêt
  3. Mettre en place une infrastructure de recherche de pointe
  4. Établir des collaborations avec des entreprises locales et régionales et les impliquer dans des projets porteurs
  5. Concrétiser des projets de recherche et développement sur la culture du cannabis et ses applications médicales
  6. Encadrer et former de jeunes chercheurs
  7. Transférer les résultats de recherche

Personnellement, je trouve cela enthousiasment. 

Le cannabis au Nouveau-Brunswick est géré par un monopole comme au Québec. C’est la seule chose que nos deux provinces ont en commun. 

++++++

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je crois au cannabis de terroir. Le modèle canadien de culture en bunker est très dur, très rough pour l’environnement en bon québécois. Je lisais hier que la Colombie-Britannique a de graves problèmes d’eau. Le Maroc, célèbre pour son hash, vit également une grave crise hydrique. Le titre de l’article dans le journal Le Monde est clair :

Au Maroc, «nous exportons sous forme de fruits l’eau qui nous manque»

Permettez-moi de citer un passage :

Le Maroc est en situation de «stress hydrique structurel», rappelait, en juillet, la Banque mondiale dans un rapport sur l’économie marocaine. Avec 600 mètres cubes d’eau par personne et par an — contre 2 600 mètres cubes en 1960 —, la demande en eau dépasse largement les ressources disponibles.

Les articles sur la situation en Colombie-Britannique ne décrivent la conjoncture en terme technique comme dans Le Monde. C’est le journalisme à la canadienne qui est à blâmer. 

++++++

Par contre, ailleurs, les spécialistes s’intéressent activement au cannabis de terroir. Je pense, par exemple à KARHLYLE FLETCHER qui vient d’écrire un article pour le magazine Cannabis Tech. Le titre du papier est Embracing Nature : Low-Tech Outdoor Cannabis. Et le sous-titre est :

In times of financial trial, low-tech, outdoor cannabis may have a leg-up on the competition.

Je vais résumer les grands énoncés de son plaidoyer.

1)

Cultiver du cannabis low tech, c’est renouer avec le plein air, le soleil, la nature quoi. Il y a dix-mille ans, les humains se soignaient avec du cannabis qui poussait dans les champs. L’apparition du bunker pour la culture du cannabis est récente dans l’histoire de l’humanité. 

2)

Dans le contexte actuel de stress économique extrême, cultiver du cannabis à l’extérieur est une solution bon marché qui nécessite moins d’investissement pour le démarrage et la suite des choses. La situation en Ukraine crée une forte augmentation du cout des engrais. Je n’ai pas encore été capable de chiffrer précisément cette augmentation pour l’industrie du cannabis, mais c’est un poste budgétaire important. Sauf pour les producteurs qui font du bio évidemment.

Cultiver à l’extérieur permet aussi une rotation des cultures intelligente qui augmente la qualité du sol tout en rapportant de l’argent aux producteurs.

Par exemple, le trèfle blanc est un compagnon populaire pour le cannabis. Pourquoi? À cause de son action positive sur les niveaux d’azote dans le sol. Le trèfle blanc est aussi connu pour attirer les abeilles. 

3)

Cultiver du cannabis à l’extérieur est l’occasion de réfléchir aux sources d’énergie alternatives comme le solaire, l’éolien et même l’hydroélectricité. C’est un pas de plus vers l’indépendance énergétique surtout que les exigences énergétiques de la culture extérieure sont minimes comparé à la culture en bunker qui tente de remplacer le vent et le soleil…

4)

Commander des lumières produites en Chine crée une dépendance réelle et exclut les partenaires locaux qui, dans le meilleur des cas, vont prendre un petit pourcentage sur la vente finale. Trouver des solutions locales est avantageux pour tout le monde dans un contexte d’économie circulaire. 

Évidemment, le plus grand défi est de convaincre les consommateurs qui ont, en général, une très mauvaise opinion du cannabis d’extérieur. Et pourtant les grands connaisseurs, je pense à Frenchy Cannoli, expriment souvent leur préférence pour ce dernier, car les terpènes, les flavonoïdes et les cannabinoïdes s’expriment mieux dans le respect de la nature depuis des milliers d’années. Je le dis souvent, il n’y a pas un producteur de champagne qui fait pousser ses raisins en bunker… Y’a une raison. 

Faire pousser du cannabis à l’extérieur est un savoir-faire particulier. La culture low tech du cannabis n’a jamais disparu. Le travail de la police qui trouve chaque année des milliers de plants clandestins est là pour nous le rappeler. 

Il y a un cultivateur québécois qui a remis au gout du jour un petit instrument qui s’appelle uen grelinette. Le même gars a vendu des milliers d’exemplaires à travers le monde d’un petit livre qui explique comment faire plus de 100 000 dollars sur un terrain de plus ou moins un acre. Je prédis qu’il y aura bientôt un livre qui démontrera comment faire autant d’argent sur 200 m2.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis lui bonjour de ma part! OK Merci.

++++++

OK, je me ramasse.

Un pas en avant peut être avec l’annonce de Joe Biden et un pas en arrière surement avec la ministre anglaise de l’Intérieur, Suella Braverman, qui propose de reclasser le cannabis en classe A. Soudainement, au pays des Beatles et des Rollign Stone, le pot redevient une sale drogue qui sert de porte d’entré à la consommation d’autres drogues dures. Le cannabis est de nouveau associé à la psychose, au cancer et la cerise sur le sunday, le cannabis pourrait être à l’origine de malformations congénitales. Madame Braverman veut des sanctions plus sévères contre les consommateurs de cannabis et serait totalement contre la dépénalisation de cette drogue qui serait un signal culturel dangereux à faire disparaitre rapidement.

++++++

OK on a le temps pour une dernière actualité… C’est la première fois que je parle du Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE) qui est l’unité du renseignement financier du Canada. 

On dit sur le site du gouvernement que son mandat est de faciliter la détection, la prévention et la dissuasion du blanchiment d’argent et du financement des activités terroristes, tout en assurant la protection des renseignements personnels qu’il détient.

Et bien, selon le CANAFE, les commerces illicites de vente de cannabis en ligne blanchissent leur profit dans des boutiques d’apparences légales qui ont pignon sur rue. Le centre fonde son opinion sur l’analyse de 5000 transactions suspectes entre mars 2020 et mars 2021. Parmi les entreprises qui blanchissent l’argent, le CANAFE à répertorier les catégories suivantes :

  • commerces de beauté et bienêtre
  • vente en gros d’aliments et de boissons
  • vente d’automobiles
  • réparation d’appareils électroniques
  • compagnie de marketing et publicité 
  • des entreprises de construction

Les transferts de fond utilisent toutes les méthodes traditionnelles

  • Courriel
  • Chèques
  • Traites bancaires
  • Dépôts en espèces
  • Cryptomonnaies 
  • et les traditionnels prête-noms.

Les commerces de façades semblent être gérés grossièrement, avec peu de sophistication, ce qui rend les mouvements d’argent facilement détectables.

Les tricheurs trichent mal.

Vraiment, l’amateurisme est partout présent dans le cannabis au Canada…

Et voilà, c’était le 122e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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#121 Pot flânage! (2022.10.05)

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Encore une fois, on flâne sur toPot. Cela veut dire que l’on discute de tout et de rien en apprenant quelque chose. Un café, un bat, c’est le titre d’une chanson de Pépé et sa guitare. Mais cela peut être aussi Bristish American tobacco (BAT) qui pivote vers le cannabis. Canopy tente de sauver les meubles. La vente de feu continue. Au même moment, des chercheurs viennent d’inventer une nouvelle méthode scientifique pour tester l’effet d’entourage. C’est le C Elegans, un petit ver de 1 mm, qui va nous aider à prouver que la complexité du cannabis peut aider à bien soigner les humains. Est-ce que Santé Canada vend trop de licence de production de cannabis? On va en discuter. Et l’Uruguay? Ce pays a réussi sa légalisation? On fait le tour du sujet au pas de course, car on doit aussi parler du nombre de Canadiens qui font pousser du cannabis à la maison. Et pour finir, on revient sur les déclarations de l’Ordre des pharmaciens qui tente de montrer la pertinence de ses membres pour une vraie industrie du cannabis médical. 

Bonne écoute!

Transcription Intégrale de l'épisode #121

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Est-ce que vous croyez que vous êtes la seule personne qui consomme du cannabis sur votre rue? Cela serait une erreur de vous croire seul dans votre coin. Pourquoi je dis ça? C’est que juste pour le deuxième trimestre de 2022, les canadiens et les canadiennes ont engloutis presque 2 milliards dans leur achat de cannabis, soit une augmentation de 6 % comparé à la même période pour l’année précédente. Ça en fait du pot dont les prix sont à la baisse depuis le début de la légalisation. Il est de plus en plus facile de s’en procurer. Il suffit de penser à l’initiative omnicanal de la SQDC. Les projections les plus optimistes annoncent un marché légal de plus de 8 milliards pour 2023 ainsi qu’un recul des ventes de l’ensemble des marchés illicites.

Cela va faire combien de tonnes de plastiques en emballage de toutes sortes? Alors que la Californie vient tout juste de passer une nouvelle loi sur la prévention de la pollution plastique qui pourrait avoir un impact sur l’industrie du cannabis, le Québec et le Canada sont totalement muets sur le sujet. L’être humain a marché sur la lune, mais serait incapable de faire un emballage de papier sécuritaire pour les enfants. Ainsi va la vie commerciale.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Parlant de vie commerciale, vous avez vu comment les cigarettiers tentent de se réinventer? On peut regarder les activités de British American Tobacco dont l’acronyme est BAT. Un café, un bat comme dirait Pépé et sa guitare. BAT a investi dans le CBD en 2021 puis elle prise une participation de 20 % dans la société canadienne Organigram pour la modique somme de 195 millions $ CAN. Le projet de BAT avec Organigram est de créer un centre d’excellence pour concevoir une nouvelle génération de produits de cannabis. Mais BAT ne s’est pas arrêter là, car elle a aussi investi dans la compagnie Trait Biosciences de Vancouver et dans Kanvas, une société de la Californie spécialisée dans le cannabis et le vapotage à la nicotine. BAT investi aussi en Europe. Mais ses compétiteurs comme Philip Morris et Altria font la même chose. Évidemment toutes ces sociétés font depuis des décennies ce que l’industrie du cannabis tente de réinventer depuis le début de la légalisation. Les cigarettiers ont su créer des réseaux de distribution légaux et illégaux efficaces. Est-ce que les cigarettiers avec leurs investissements massifs veulent sauver l’industrie du cannabis? Je ne crois pas. Cette industrie est elle-même en mode survie et doit se tourner vers des marchés moins règlementés pour maintenir ses profits. On peut penser à l’Asie et à l’Afrique évidemment.

Survivre semble être le genre de progrès visible dans l’industrie canadienne du cannabis. Vous avez vu que Canopy stoppait ses activités de vente au détail en magasin au Canada. 

Cette annonce renforce la volonté de l’entreprise de progresser sur la voie de la rentabilité en tant qu’entreprise de cannabis et de produits de consommation courante (CPG) axée sur les marques de qualité supérieure.

Les revenus nets de Canopy ont baissé de presque 20 % pour le premier trimestre de 2022 comparé à 2021. Le géant canadien, ou ce qu’il en reste à expliqué que cela était due en partie à une diminution des ventes de fleurs de valeur sur le marché canadien du cannabis récréatif, en raison d’une transition commerciale délibérée visant à se concentrer sur des produits à marge plus élevée, de qualité supérieure et grand public. 

Au passage, ce nouveau brassage des cartes par Canopy l’a forcé à mettre fin à son partenariat avec Alimentation Couche-Tard pour tout ce qui concerne la marque Tweed en Ontario.

On va faire un petit tour en France?

Les maires français devraient faire réfléchir les politiciens québécois… C’est qu’ils disent. 

 On ne sait pas ce que fument nos enfants. Au moment d’écrire ces lignes, c’est jour de vote au Québec. Et la CAQ sera de retour pour 4 ans avec sa politique qui déclare inaptes les adultes âgés de 18 à 21 ans. Qu’ils soient forcés d’acheter sur le marché noir n’émeut personne et s’ils en gardent des séquelles, ce sera la faute à pas de chance. 

Je ne dis pas que fumer un joint est bon pour la santé, mais fumer un morceau de pneu est forcément plus mauvais a déclaré un intervenant français…

On les adore ces Français qui ont le gros bon sens de la répartie.

Hey merci MJ!

Ohh avant que j’oublie, j’ai lu un machin absolument incroyable cette semaine et j’ai pensé à vous. Comment on peut faire pour vérifier les effets médicinaux du cannabis sur l’organisme humain? On connait la loi de l’effet qui explique partiellement la difficulté de prouver les effets d’entourage du cannabis. Là on tombe en plein dans la nature subjective de l’expérience humaine. Comment tester des dizaines de molécules différentes quand on sait que le moment de la consommation, l’état d’esprit de la personne et ce qu’elle a mangé la veille peuvent avoir un impact sur les effets du cannabis… Et bien des chercheurs ont trouvé une façon de tester le cannabis sur un tout petit ver qui mesure à peine un millimètre. Ce ver transparent et non parasitaire s’appelle C. Elegans. Les scientifiques s’y intéressent depuis 1949… Donc rien de nouveau, mais il s’agit d’un remix intéressant dans le contexte de l’étude de l’effet d’entourage. Le C. Elegans est présent dans le compost où il se nourrit de bactéries. Il semble que ce petit ver constitue un système de test objectif qui permettrait d’identifier les composés de cannabis actifs dans les effets d’entourage, mais également de comparer différents cultivars. Le C Élegans possède un système nerveux complet et son très petit cycle de vie est idéal pour ce genre d’études. Il n’a pas de récepteurs CB1 et CB2, mais les chercheurs auraient d’autres méthodes pour mesurer ce qui les intéresse. La conclusion du papier est claire et là, j’y vais plus ou moins texto :

En utilisant C. elegans, nous avons pu distinguer objectivement les différents effets des différentes variétés malgré la teneur en cannabinoïdes. C. elegans semble être un système de test utile pour étudier les effets de l’entourage, pour des programmes de sélection de cannabis médicinal ciblés et le développement de produits.

Parce qu’on flâne, je vous propose un détour par Amsterdam. Ou le conseil municipal entend voter contre l’interdiction d’accueillir des touristes dans les 166 coffeed shops. Pourquoi ce vote cette semaine? C’est que la maire de la ville a proposé au mois d’avril une interdiction temporaire pour les non-résidents de la ville d’Amsterdam. Il y a déjà une loi de 2013 qui interdit l’accès des coffee shop aux non-résidents sur tout le territoire national, mais Amsterdam bénéficie d’une loi d’exception. Il y a ici deux discussions de fond qui se superposent. La première concerne la criminalité qui est encouragée par le système hollandais qui rend légal dans les coffee shops ce qui est illégal dans la rue d’en avant ou d’en arrière. La deuxième discussion concerne le tourisme de masse qui est remis en cause par plusieurs grandes villes européennes. Venise vient immédiatement l’esprit. À court terme, il y a peu de chances pour que les touristes se voient interdire l’accès aux Coffes shop. À long terme, c’est une discussion à suivre, car elle peut nous éclairer sur le type de politique à adopter au Canada pour les cannabistrots qui ne manqueront pas d’apparaitre dans un futur plus ou moins proche.

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi Santé Canada continue de vendre des licences de production alors que l’industrie canadienne du cannabis est en surproduction? On peut penser à la liberté d’entreprendre. Peut-être… Mais si vous tentez d’obtenir un permis de vente d’alcool à Montréal, par exemple, le législateur peut regarder l’offre existante dans le quartier où vous désirez ouvrir votre commerce et vous refuser le permis s’il y a déjà des commerces similaires à proximité. En tout cas, c’était comme ça à une époque. Mais il y a une demi-douzaine de licences octroyées chaque semaine par Santé Canada, dont beaucoup de licence de microproduction. Comment vont-ils se débrouiller dans le contexte actuel où la SQDC doit mettre des produits en rotation pour octroyer les maigres places disponibles dans ses points de vente? Là aussi on peut regarder ailleurs pour voir quel genre d’initiatives existent. L’Orégon est un bel exemple. Si l’Orégon est le premier État à inviter des non-résidents en 2016 à investir dans l’industrie du cannabis, le vent à changer de direction. L’Orégon met un stop à la création de nouvelles entreprises. Après une première pause en 2018 et une seconde en 2019, l’industrie en place a fait un énorme lobbying et a obtenu un moratoire très musclé sur l’émission de nouvelles licences. L’Oregon Liquor Control Commission (OLCC) a même commencé à interdire la revente des licences par leurs propriétaires… Cela favorise qui? Les grands joueurs qui ne veulent pas voir une deuxième vague de propriétaires, on peut penser au Big pharma ou Big tabac, qui peuvent leur faire une concurrence réelle avec des investissements massifs qui mettraient à mal leur dominance dans un marché en perte de vitesse.

Vous consommez du CBD? 

Si vous suivez l’actualité, vous avez vu que la qualité générale des produits disponibles est critiquée de partout. Cette situation me rappelle la vague de produits sans cholestérol des années 80. Je me souviens d’une marque de dentifrice sans cholestérol… Et bien le CBD est emporté par un buzz similaire et cela favorise l’apparition de marques bidon qui surfent sur la demande en croissance et l’absence d’une règlementation efficace pour protéger les consommateurs. Une étude publiée en juin 2022 par la John Hopkins Medecine a démontré que les produits de CBD vendu aux États-Unis sont systématiquement mal étiqueté et que certains contenaient même du THC. Moins du quart des 105 produits testés étaient étiquetés correctement. Donc plus des 3/4 des produits auraient dû faire l’objet d’un rappel. La solution? Forcer les fabricants à produire à la norme GMP, les fameuses Good Manufacturing Practices qui éliminent les risques de fraudes, de contaminations croisées et d’erreurs d’étiquetage. Est-il raisonnable de s’attendre à ce que l’industrie du CBD canadienne soit un jour forcée de produire aux normes GMP? Je ne crois pas à court terme. Il va falloir un scandale pour arriver rapidement à un tel changement. Un scandale ou un mort. On peut tromper le consommateur très longtemps au Canada. Il suffit de regarder les scandales à répétitions dans le miel ou le poisson. Mais le cannabis n’aura jamais un regard aussi bienveillant du législateur. Et c’est peut-être ce qui va sauver les consommateurs. 

Est-ce que vous savez quel pays a légalisé le cannabis avant le Canada? L’Uruguay bien sûr. Et que savons-nous des succès de cette légalisation? Pour ne pas avoir su proposer une offre diversifiée, il semble que l’immense majorité des consommateurs uruguayens préfère acheter des produits du marché noir… Dans un pays où l’on peut se procurer du cannabis à la pharmacie ou dans une sorte de Club Social de Cannabis qui offre plus de variétés que la pharmacie… Mais pour devenir membre d’un de ces 249 clubs de consommateurs, cela prend du temps, car la loi limite le nombre de membres, soit entre 15 ou 45 personnes. Par contre, il y a 14 000 personnes qui font pousser légalement des plants à la maison, ce que le gouvernement de la CAQ interdit au Québec. Au final, à peine 27 % des citoyens de l’Uruguay achèteraient leur cannabis dans le marché légal. Si on compare avec les pires chiffres disponibles pour le Canada, on peut affirme que le marché noir à beaucoup plus reculé ici qu’en Uruguay. C’est une très bonne chose.

Il y a eu des élections au Brésil dimanche passé et il y aurait de tonnes de choses à dire sur les impacts que le résultat du 2e tour pourra avoir le cannabis dans ce pays. Mais en attendant que les Brésiliens décident de leur futur, on peut regarder ce qui se passe en Italie… Il y a une dame qui fait beaucoup parler d’elle. On accuse Giorgia Meloni de tous les maux, à tort ou à raison. Je n’ai même pas une OVNI à vous proposer sur elle. Rien. Mais parce que nous aimons tous le cannabis sur ce potcast, on peut parler de son papa. Oui. Francesco Meloni lui aussi aime le cannabis. Trop en fait, car il a été arrêté le 25 septembre 1995 pour avoir transporté 1500 k de hash sur un bateau. Il a été condamné à 9 ans de prison pour trafic de stupéfiants. Quelle sera la position de sa fille sur la légalisation du cannabis en Italie? Là aussi je n’en sais rien, mais il est clair que l’histoire familiale va réapparaitre dans les prochains mois.

Et selon vous, combien de consommateurs canadiens de cannabis font pousser leurs 4 plants maison? Selon une étude de 2019, 10 % des Canadiens font pousser leurs stocks ou confient cette tâche à quelqu’un. Le fait de vivre dans une zone rurale serait un facteur important. S’agit-il de culture extérieure, Impossible de savoir. Mais quand je scanne les réseaux sociaux, je vois beaucoup de gens qui ont seulement 4 plants, mais des monstres qui poussent au soleil. D’ailleurs, nous sommes à l’époque de l’année ou beaucoup de gens se font voler leurs plants…

Parce qu’on flâne, je me permets de revenir sur les rythmes circadiens dont nous avons discuté dans un épisode récent… Il n’y a pas de rapport direct avec le cannabis, mais j’ai été surpris d’apprendre dans une recherche récente que et là, je cite plus ou moins texto : 

que la perturbation chronique du rythme circadien a considérablement augmenté la croissance du cancer du poumon dans des modèles animaux. En identifiant les gènes impliqués, les chercheurs mettent en lumière le lien mystérieux qui existe entre nos habitudes de sommeil et la maladie, ce qui pourrait permettre de développer des traitements plus ciblés contre le cancer et de mieux surveiller les groupes à haut risque.

On sait que les travailleurs qui subissent des horaires de sommeil perturbés ont des taux de cancer plus élevés…

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

OK. Je réalise que je ne suis pas encore revenu sur l’article publié la semaine passée. Il s’agissait d’un article de Daniel Renaud publié le 26 septembre dans La Presse sur le détournement du programme de cannabis médical par le crime organisé. 

Les réactions ont fusé de partout. Je ne sais pas si vous vous rappelez de la proposition de l’ADPD, l’Association des directeurs de police, qui désirait vouloir protéger les Québécois malades en les envoyant à la SQDC. Et bien la SQDC aurait réagi dans une émission de radio, mais je n’ai pas pu ou su l’écouter. Mais d’autres groupes ont pris leur plume pour expliquer leur position…

Je pense entre autres à M. Bertrand Bolduc qui est le PRÉSIDENT DE L’ORDRE DES PHARMACIENS DU QUÉBEC.

Je ne remets absolument pas en cause la bonne foi de l’ordre et de son président, mais l’occasion était parfaite pour exposer leur position à la population. Je dis la population, car le législateur québécois connait bien la position des pharmaciens qui sont de très grands lobbyistes. J’en ai longuement parlé dans l’épisode 33. 

M. Bolduc a eu une phrase très forte et très juste :

Dans le système actuel, une fois la prescription de cannabis obtenue, le patient est littéralement laissé à lui-même et doit trouver une façon pour obtenir son produit.

Comment cela est-il possible dans un pays du G7? 

M. Bolduc continue son explication en disant ceci :

La production doit être mieux encadrée et l’avenir de la distribution se passe en pharmacie. Ne laissons pas d’ouverture au crime organisé et utilisons nos professionnels pour mieux soigner la population comme nous le faisons déjà pour les médicaments traditionnels. Ça tombe sous le sens.

Je disais il y a quelques minutes que les produits de CBD vendus aux États-Unis étaient systématiquement mal étiquetés. Si les produits de CBD étaient vendus en pharmacie, un client qui consommerait un mauvais produit pourrait avoir un recours direct contre le pharmacien. Personne ne souhaite cela. Mais un peu d’imputabilité dans la chaine de production serait une bonne nouvelle pour tout le monde, mais surtout les personnes malades. La distribution en pharmacie ne règle pas tout. Il suffit de penser au dossier de la mélatonine où l’appât du gain est plus grand que la plus élémentaire des prudences… Et avant ça, c’était les cigarettes. Le pharmacien est avant tout un commerçant. La superficie de leurs commerces est éloquente quand on compare avec la pharmacie française. Vendre des chips, ça prend de la place…

Mais, mais, mais, la distribution en pharmacie des produits de cannabis pourrait être une bonne idée si ces produits restent abordables…

Dans ce large contexte, il faut peut-être commencer à penser au rôle de Santé Canada et à son absence de leadeurship. Le journaliste Philipe Mercure, également du journal La Presse, pousse gentiment la candidature qui n’a rien de spontané des pharmaciens dans un autre article sur l’inefficacité de Santé Canada. C’est de bonne guerre. Les pharmaciens sont aussi de très bons annonceurs. 

Mercure explique très bien comment Santé Canada ignore le plaidoyer des policiers québécois qui ont envoyé l’an passé 2950 communications à Santé Canada. Difficile de faire plus…

Et voilà, c’était le 121e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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#129 Pot flânage (2022.11.30)

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128 Pot flânage (2022.11.23)

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#127 Pot flânage (2022.11.16)

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126 Pot flânage (2022.11.09)

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#125 Pot flânage (2022.11.02)

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Alors aujourd’hui, par où va-t-on commencer à flâner? C’est important de tourner en rond à la bonne place… Et je pense que j’ai trouvé un bon spot pour nous lancer. Vous avez tous bien vu que l’industrie canadienne du cannabis tente de faire des pressions sur le...

#124 Pot flânage (2022.10.26)

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#118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

#118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

Alors, comment dit-on munchies en français? 

Mon dictionnaire me propose une fringale. Pour moi, le mot fringale appartient au vocabulaire du cyclisme. Quand un athlète oublie de se nourrir, soudainement son moteur stoppe et les coureurs appellent cela «avoir la fringale». J’ai bien vu les mots grignotage mais il traduit mal la notion d’urgence. Allons-y pour fringale alors. 

La fringale survient après la consommation de cannabis. Et en général, ce n’est pas une envie pour des raisins de Corinthe ou une pomme. Non, les munchies, c’est le gout de manger de la crème glacée, des chips, des frites, du maïs soufflé. Que des aliments à forte densité calorifique.

Pour la chimiothérapie qui enlève l’appétit, la fringale provoquée par le cannabis est une excellente nouvelle. Pour le reste de la planète, cette fringale peut amuser tant que l’on rentre dans ses vêtements…

Mais la question que je nous pose ce matin n’est pas «Avez-vous engraissé depuis le début de la légalisation?». Je laisse ça aux études sur les méfaits qu’aime subventionner le gouvernement du Québec.

La vraie question, celle qui m’intéresse, est d’une autre nature… 

Pourquoi le cannabis ouvre-t-il si férocement l’appétit?

Bonne écoute!

Transcription Intégrale de l'épisode #118

#118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, je passe au café en courant.

Je suis dans le jus avec le lancement de www.bonstock.quebec.

Je l’ai mis en ligne pour corriger les derniers bogues.

Les curieuses pourront dès maintenant aller voir à quoi ça ressemble!

Alors, comment dit-on munchies en français? 

Mon dictionnaire me propose une fringale. Pour moi, le mot fringale appartient au vocabulaire du cyclisme. Quand un athlète oublie de se nourrir, soudainement son moteur stoppe et les coureurs appellent cela une fringale… J’ai bien vu les mots grignotage et grignotine, mais ils sont trop doux. Allons-y pour fringale alors.

Les munchies surviennent après la consommation de cannabis. Et les munchies, en général, ce n’est pas une envie pour des raisins de Corinthe ou une pomme. Non, les munchies, c’est le gout de manger de la crème glacée, des chips, des frites, du maïs soufflé. Que des aliments à forte densité calorifique.

Pour la chimiothérapie qui enlève l’appétit, au minimum, la fringale provoquée par le cannabis est une excellente nouvelle. Pour le reste de la planète, cette fringale peut amuser tant que l’on rentre dans ses vêtements…

Mais la question que je nous pose ce matin n’est pas «Avez-vous engraissé depuis le début de la légalisation?». Je laisse ça aux études sur les méfaits qu’aime subventionner le gouvernement du Québec.

La vraie question, celle qui m’intéresse, est d’une autre nature… 

Pourquoi le cannabis ouvre-t-il si férocement l’appétit?

Évidemment, si vous consommez depuis longtemps, vous avez eu le temps d’apprivoiser le monstre de la fringale. En fait, fumer vous coupe peut-être l’appétit. C’est un phénomène connu. Mais c’est une saga pour une autre fois.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Alors pourquoi la fringale?

Il y a la piste du super héros. Évidemment.

Un super héros court plus vite, frappe plus fort et a de meilleurs réflexes que le citoyen lambda.

Et si je vous disais qu’une personne qui fume pourrait, momentanément, décupler le pouvoir de son nez.

Comment? On sait que chez les souris, le THC envahit les récepteurs du bulbe olfactif du cerveau. La première conséquence? Cela permettrait d’augmenter la capacité des souris à sentir la nourriture dans un premier temps, ce qui les inciterait à manger plus. 

Donc l’humain augmenté, augmenté comme un surhomme, par sa consommation de THC serait potentiellement capable de humer, de sentir plus que lorsqu’il est à jeunes de THC. Si notre cerveau produit des cannabinoïdes, le THC exogène, celui que l’on consomme plus ou moins modérément, va aller jouer dans le système endocannabinoïde, le SEC. Et comme le SEC participe au contrôle des émotions, de la douleur et de l’appétit, il serait normal que le THC modifie notre relation avec l’appétit.

Des souris exposées à des huiles de banane et d’amande ont initialement démontré de la curiosité. Puis les souris se sont désintéressées des produits qui n’avaient l’effet de nouveauté pour les stimuler. On a ensuite administré aux mêmes souris du THC. La période de reniflement fut beaucoup plus longue et les souris ont mangé plus de nourriture, signe d’un appétit plus fort.

Hey Merci MJ!

OK. Tout semble clair et l’expérience aurait pu s’arrêter là. Mais non, les chercheurs ont modifié certaines souris en enlevant de leur cerveau les récepteurs cannabinoïdes situés précisément dans leur bulbe olfactif. Et vous devinez tout seul la suite, j’en suis sur. On a administré du THC aux souris avec un cerveau modifié et leur comportement fut le même que celui des souris normales sans l’effet du THC… Leur intérêt pour les odeurs était faible et leur appétit n’a pas augmenté… 

OK. Je ne suis pas une souris. Mais en toute logique, la piste de la sensibilité exacerbée aux odeurs comme effet du THC est plausible… 

Est-ce que cela explique tout le phénomène de la fringale (munchies)? Trop tôt pour l’affirmer.

Pourquoi? C’est qu’il y a d’autres pistes. Celle des noyaux accumbens par exemple. Je ne suis même pas sur de la façon dont il faut prononcer accumbens. Il s’agit d’un ensemble de neurones qui joueraient un rôle important dans ce qui nous définit comme humains : 

Oui, le système de «récompenses» est nécessaire à notre survie. Pourquoi? C’est lui qui motive et qui préserve notre survie comme humain. Le ou les noyaux accumbens génèrent aussi la dopamine. Et chose que j’ignorais, un TDA(H) indiquerait aussi son mauvais fonctionnement.

Et comme si cela ne suffisait pas, le THC interagit également sur les récepteurs de l’hypothalamus ce qui aurait comme effet de relâcher une hormone. L’hormone ghréline, qui, qui qui, stimule la faim. 

Voilà la complexité du SEC dans toute sa splendeur. Le THC surfe sur le SEC dont la finalité est de régir nos sens.. Le THC agirait sur nos sens en imitant les symptômes de la faim…

Et que se passerait-il si on forçait les souris à jeuner pour mieux observer la quantité de cannabinoïdes endogènes ou naturels qui circulent dans le lobe olfactif. C’est comme pour humains… une souris qui a faim est plus sensible aux odeurs des aliments. Et les souris auxquelles on a enlevé les récepteurs dans les lobes olfactifs? Pas d’augmentation du reniflage et même pas d’appétit alors qu’elles auraient du, techniquement, être affamées.

Dans cette théorie, le THC provoquerait les munchies en disant à notre cerveau ce que notre ventre ignore. TU as faim, mon gars. Envoye, mange!

Est-ce que nous savons maintenant tout des effets du cannabis sur l’appétit? Absolument pas. Car le THC, je l’ai dit plus tôt rapidement pourrait aussi provoquer l’inverse d’une prise de poids indésirable… Et oui, les consommateurs de cannabis mangent plus, mais leur poids est inférieur à la moyenne de la population générale. Il y aurait aussi également moins d’obèses chez les consommateurs de cannabis que dans la population générale. Certains chercheurs croient que le CBD pourrait supprimer l’appétit. 

Peut-être parce que d’autres études ont déterminés que des souris auxquelles ont a administré du THC subissent un changement de leur système intestinal. Et la relation avec le CBD?

  • Le CBD calmerait le tube digestif et le système nerveux d’une personne.
  • Le CBD réduirait ainsi les nausées et donnerait envie de manger. 
  • Le CBD est un analgésique.
  • Et on sait qu’une diminution de la douleur stimulerait l’appétit. Les gens malades mangent moins pour concentrer leur énergie sur la guérison plutôt que la digestion.

Il y a d’autres mécanismes qui pourraient intervenir dans cette absence de prise de poids. Il y a, par exemple, d’autres récepteurs, les PPAR qui participent à la gestion des tissus adipeux. Le cannabis pourrait agir sur ces récepteurs. 

Comprendre et contrôler les effets du cannabis sur la faim est une solution commerciale qui va rendre son inventeur multimilliardaire… car les gens pensent plus à être minces qu’à faire l’amour…

Ce que je comprends également est que la méthode de consommation du cannabis peut avoir un impact sur les munchies… Si tu veux prendre du poids parce que tu en perds trop à cause d’une chimiothérapie, par exemple, et bien les suppositoires de THC sont plus efficaces. Pourquoi? Cela serait dû aux variations de puissance et à la vitesse d’absorption.

Les résultats des recherches sont souvent contradictoires. Il faut comprendre que les études observationnelles transversales sont moins précises parce que, entre autres, il s’agit d’études où les sujets autodéclarent leurs consommations. Il suffit de penser aux sondages politiques pour comprendre les écarts entre les intentions, la réalité et les mensonges. 

Dans de nombreuses recherches, le cannabis a été associé à des prises de poids, mais aussi a l’inverse comme :

  • Tour de taille plus petit.
  • Un Indice de Masse Corporelle plus faible.
  • Une prévalence moins forte de l’obésité.

Finalement, j’ai trouvé une cause dont on parle moins souvent, car elle se situe à l’extérieur de la salle à manger et plutôt dans la chambre à coucher. Et là je vous livre la conclusion texto…

La privation de sommeil a des effets marqués sur la prise alimentaire, déplaçant les choix alimentaires vers des options à forte densité énergétique. Nous testons ici l’hypothèse selon laquelle le traitement neuronal dans les circuits olfactifs centraux, en tandem avec le système endocannabinoïde (SEC), joue un rôle clé dans la médiation de cette relation. Nous avons combiné un protocole de privation partielle de sommeil, une neuro-imagerie olfactive basée sur des motifs et un apport alimentaire sans restriction pour tester comment les mécanismes olfactifs centraux modifient l’apport alimentaire après une privation de sommeil. Nous avons constaté que la privation de sommeil augmentait les niveaux d’un composé du SEC, renforçait l’encodage des odeurs alimentaires dans le cortex et orientait les choix alimentaires vers des aliments à forte densité énergétique. Ces résultats décrivent une voie neurobiologique potentielle par laquelle des changements dépendants de l’état du SEC peuvent moduler le traitement chimiosensoriel pour réguler les choix alimentaires.

En résumé, l’effet global des cannabinoïdes sur l’alimentation semble être déterminé par des effets pré- et postsynaptiques, qui peuvent être indépendants les uns des autres, et c’est leur synchronisation temporelle qui entraine les changements comportementaux globaux.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

OK, je me ramasse.

Le pot réduit aussi les inhibitions. J’ai déjà parlé de la dopamine, mais je n’avais jamais pensé à certaines conséquences comme celle où il y a une perte de contrôle de l’image de soi. 

La mort du cinéaste goddard m’a fait penser au film La Grande Bouffe avec Michel Piccoli. Non, ce n’est pas un film de Godard. Mais Piccoli joue dans le film le plus célèbre de Godard avec Brigitte Bardot qui lui demande, toute nue étendue sur un lit, si il aime ses fesses.

Manger jusqu’à se rendre malade est facile. Ce sont certaines inhibitions qui nous retiennent de procéder ainsi tous les jours. Les pressions sociales par exemple ou le simple fait de pouvoir se dire que 3 bols de crème glacée, cela suffit.

Je pensais terminer l’épisode en expliquant comment :

 L’effet global des cannabinoïdes sur l’alimentation semble être déterminé par des effets pré- et postsynaptiques, qui peuvent être indépendants les uns des autres, et c’est leur synchronisation temporelle qui entraine les changements comportementaux globaux. 

Mais c’est au-dessus de mes forces aujourd’hui. J’ai compris plein de nouvelles choses, mais je ne saurais pas vous expliquer comment…

L’élément présynaptique renferme la machinerie nécessaire à la synthèse, au stockage, à la libération et à l’inactivation du neurotransmetteur. L’élément postsynaptique, spécialisé dans la réception des messages, renferme dans sa membrane plasmique les protéines réceptrices du neurotransmetteur…

La transmission synaptique est unidirectionnelle, «polarisée»; elle n’a lieu que de l’élément présynaptique, qui contient le neurotransmetteur, vers l’élément postsynaptique à la surface duquel se trouvent les récepteurs du neurotransmetteur.

Mais j’ai progressé… car j’ai appris plein de nouvelles choses. Je ne demande pas mieux. C’est presque un privilège.

Je préfère conclure l’épisode avec un fait divers qui avait marqué mon cerveau le premier jour de la légalisation en 2018. 

Imaginez…

On est à Edmonton et il y a une énorme file de gens qui attendent de pouvoir faire leur premier achat légal. Elina Childs est une jeune fille atteinte de fibrose kystique qui est dans le mouvement des guides. Vous savez, l’équivalent des scouts pour les jeunes filles. Chaque année, pour lever des fonds, les guides vendent des grignotines. Quand elle a vu la file d’attente de consommateurs de cannabis, Elina s’est dit «tiens, tiens.» Accompagnée de son papa, elle a vendu, en moins de 45 minutes, tous ses produits aux gens dans la file d’attente.

Oh, il y a peu de science dans cette histoire. Mais, mais, mais quelle intuition! 

Et voilà, c’était le 118e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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#117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

#117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

Tous les consommateurs de cannabis connaissent le lien entre leur consommation et le sommeil. Moi, je sais. Vous aussi, je suis sur. On peut avoir des intuitions, des expériences particulières, des recettes qui fonctionnent la plupart du temps, ce genre de chose. Mais il y a aussi une science du sommeil. Et une économie, et une industrie… Votre sommeil, le mien, celui des voisins ont un impact sur le PIB de la province et du pays.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Les problèmes de sommeil préoccupent donc les autorités. L’agence de la santé publique du Canada communique fréquemment pour informer les citoyens des dangers d’un sommeil inadéquat.

Les chiffres que l’agence avance sont un vrai assommoir :

1 adulte sur 4 âgé de 18 à 34 ans ne dort pas suffisamment

1 adulte sur 3 âgé de 35 à 64 ans ne dort pas suffisamment

1 adulte sur 4 âgé de 65 à 79 ans ne dort pas suffisamment

L’Agence de la santé publique du Canada ne mentionne pas la mélatonine.

Et pour cause… 

Pas plus tard que le 4 septembre 2022, donc il y a moins d’une semaine, la journaliste Alice Girard-Bossé écrivait un article de 881 mots qui était pour le moins alarmiste…

En gros l’article avance qu’aux États-Unis, il y a un boum de 530% de la consommation de la mélatonine. Une tendance à la hausse de la consommation existerait aussi au Québec.

Le centre antipoison Québec s’inquiète.

La mélatonine étant une hormone, et la je cite texto le texte de La Presse:

…il est possible que les suppléments de mélatonine affectent le développement hormonal, notamment la puberté, les cycles menstruels et la surproduction de l’hormone prolactine, mais nous n’en sommes pas certains ».

Dans ce contexte, le cannabis a des réponses à donner.

OK, il manque un élément très important dans notre discussion. Le plus important des arguments qui s’écrit en 3 lettres…

C.B.N.

Oui le cannabinol et non pas le cannabidiol ou CBD… Ils ciblent les mêmes récepteurs du SEC tout en produisant des effets différents.

Le CBN fait partie de la famille des cannabinoïdes mineurs, comme le CBD, mais sa filière de production est différente. Alors que le THC, le CBD ou le CBC proviennent tous du CBG ou cannabigerol, le premier cannabinoïde qui apparait dans la vie d’un plant de cannabis. C’est un travail des enzymes sur le CBG qui le transforme en THC, CBD ou CBC. Le CBN lui est dans une classe à part. C’est une dégradation du THC causé par la chaleur ou le soleil qui le crée.

Si le THC a été isolé pour la première fois en 1964 par Gaoni et Mechoulam à l’Institut Weizmann de Rehovot, ce n’est pas le premier cannabinoïde isolé dans sa forme pure. Ce privilège revient au CBN qui a été découvert 68 ans plus tôt en 1896.

On va voit comment tout ça se goupille avec des récepteurs moins connus qui affectent le rythme  circadien…

Bonne écoute!

Rapport Liens Épisode #117

Transcription Intégrale de l'épisode #117

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Et le sommeil? Il est bon?

Avant de se lancer dans l’épisode #117, juste un petit mot sur Bon Stock, le magazine numérique sur le cannabis que je lance très bientôt. J’ai eu une superbe rencontre ce weekend avec deux amoureux du cannabis qui veulent commencer à écrire des articles. C’est incroyable. J’ai hâte de vous présenter leur premier article. C’est intéressant… Deux gars qui se connaissent. Un qui veut faire de la recherche et l’autre qui veut écrire. La vie est belle. Pour ne rien rater, vous pouvez vous abonner à l’infolettre Bon Stock en vous rendant sur www.bonstock.quebec. 

C’est pour très bientôt. 

Alors on tombe dans le sommeil!

!

Tous les consommateurs de cannabis connaissent le lien entre leur consommation et le sommeil. Moi, je sais. Vous aussi, je suis sur. On peut avoir des intuitions, des expériences particulières, des recettes qui fonctionnent la plupart du temps, ce genre de chose. Mais il y a aussi une science du sommeil. Et une économie, et une industrie… Votre sommeil, le mien, celui des voisins ont un impact sur le PIB de la province et du pays.

Les problèmes de sommeil préoccupent donc les autorités. L’agence de la santé publique du Canada communique fréquemment pour informer les citoyens des dangers d’un sommeil inadéquat.

Les chiffres que l’agence avance sont un vrai assommoir :

1 adulte sur 4 âgé de 18 à 34 ans ne dort pas suffisamment

1 adulte sur 3 âgé de 35 à 64 ans ne dort pas suffisamment

1 adulte sur 4 âgé de 65 à 79 ans ne dort pas suffisamment

1 adulte sur 2 a de la difficulté à s’endormir ou à rester endormi. 

1 adulte sur 5 juge que son sommeil n’est pas réparateur.

1 adulte sur 3 a de la difficulté à demeurer éveillé pendant les heures d’éveil. 

Évidemment l’agence donne des conseils pour mieux dormir :

  • évitez l’alcool, la caféine et la nicotine avant d’aller au lit 
  • couchez-vous et levez-vous à des heures régulières 
  • ayez recours à des techniques de détente et à des techniques de réduction du stress fondées sur la pleine conscience 
  • réduisez le bruit dans l’environnement de sommeil 
  • limitez les siestes à 30 minutes 
  • faites de l’exercice régulièrement 
  • passez en revue régulièrement vos médicaments avec votre médecin ou pharmacien 

  • Vous avez remarqué que la mélatonine n’est pas mentionnée… On dirait que l’Agence de la santé publique du Canada sait quelque chose qu’elle ne partage pas.
  • Et pour cause… 
  • Pas plus tard que le 4 septembre 2022, donc il y a moins d’une semaine, la journaliste Alice Girard-Bossé écrivait un article de 881 mots qui était pour le moins alarmiste…

Et là je cite la journaliste…

Entre 2018 et 2022, le Québec a noté une croissance marquée des ventes de mélatonine. Pendant cette période, la valeur des ventes a augmenté de plus de 50 %, selon des données partielles de l’Association québécoise des distributeurs en pharmacie.

La mélatonine, une hormone sécrétée naturellement par le cerveau dans la noirceur, permet de préparer le corps à l’endormissement. Commercialisés à partir des années 2000, les suppléments de mélatonine, peu coûteux et naturels, semblaient la solution miracle contre les troubles du sommeil. Les études sur leur efficacité se sont toutefois avérées moins concluantes qu’anticipé.

OK, j’étais en train de vous lire un passage de l’article de Mme Girard-Bossé. Je termine…

Un impact positif de la mélatonine s’observe en lien avec le décalage horaire, les troubles du rythme circadien du sommeil ou pour réduire l’anxiété avant une intervention chirurgicale. Toutefois, il existe peu «de preuves solides sur son efficacité ou son innocuité» pour traiter l’insomnie chronique, déclarent sur leur site internet les Instituts américains de la santé.

Fin de la citation.

En gros l’article avance qu’aux États-Unis, il y a un boum de 530 % de la consommation de la mélatonine. Une tendance à la hausse de la consommation existerait aussi au Québec.

Le centre antipoison Québec s’inquiète.

La mélatonine étant une hormone, et la je cite texto le texte de La Presse :

 il est possible que les suppléments de mélatonine affectent le développement hormonal, notamment la puberté, les cycles menstruels et la surproduction de l’hormone prolactine, mais nous n’en sommes pas certains».

Il ne faudrait pas aller à la pharmacie achetée de la mélatoto sans consulter un professionnel de la santé. Exactement comme il ne faut pas aller à la SQDC pour une condition médicale. Ça, on l’entend tous les jours pour le cannabis. Mais jamais pour la mélatonine. 

Plusieurs pays exigent une ordonnance dont la Suisse, le Danemark et le Royaume-Uni.

Les doses vendues sommes MASSIVES comparées à ce que le cerveau produit naturellement

Les effets à long terme sont inconnus…

Contrairement au cannabis, il n’y a pas de réel standard dans la production de la mélatonine. 

Un exemple? L’article de La Presse nous informe qu’en 2017, une étude ontarienne sur 30 compléments commerciaux, à mis à jour que des comprimés de mélatonine contenaient une dose 478 % fois plus forte que la dose annoncée sur l’étiquette avec des variations entre les lots qui pouvaient atteindre 465 %. Il est utile de se rappeler que la mélatonine est une hormone… 

DONC cet article a été publié il y a quelques jours… 

Voilà ce que j’écrivais le 29 octobre 2019… donc il y a presque trois ans dans l’épisode 5 qui portait sur le cannabis et le café. 

Le gouvernement canadien, le gouvernement québécois, tous les organismes à l’exception du crime organisé, exhortent la population à faire attention aux molécules de cannabis. Mais quand un produit est vendu en pharmacie, qu’il s’agisse de formulations homéopathiques ou de mélatonine, le commerce prime. 

Pourquoi les pharmaciens vendaient-ils des produits homéopathiques? 

Pour le profit, comme lorsqu’ils vendaient des cigarettes. 

Certains diront que c’est parce que les clients en demandent. 

La science parle, mais le marché, le grand marché, lui crie!

Et le lien avec la mélatonine qui se vend maintenant sous forme de petits oursons gélatineux? Et ben, la mélatonine est aussi une hormone. Comme les stéroïdes anabolisants. Et quand on prend des stéroïdes, il y a de fortes chances que les testicules deviennent toutes petites, surtout si on est un homme. Et donc, le corps arrête de fabriquer sa propre testostérone. 

La mélatonine, je le disais, est aussi une hormone fabriquée par l’épiphyse ou la glande pinéale. La Société canadienne de pédiatrie affirme sur son site que pour Santé Canada la mélatonine est un produit de santé naturel. 

Est-ce que le corps de l’enfant qui gobe des oursons de mélatoto pour faire plaisir à ses parents va être capable de continuer à produire sa propre mélatonine lorsqu’il sera adulte? 

Faites comme moi! Demander à votre pharmacien : est-ce que la prise de l’hormone mélatonine conduit, à long terme, à une défaillance de la production par l’humain?

La mienne de pharmacienne, qui part ailleurs est une personne remarquable, m’a dit qu’elle ne le savait pas. Trop tôt pour dire. Le plus drôle, enfin drôle…, est que Santé Canada dit de tout son poids de spécialiste de la Santé que la mélatonine est uniquement pour les adultes. Pour les enfants et les ados, il s’agit d’un emploi non autorisé. 

On voit ici clairement le double standard pour un produit qui vient directement d’un laboratoire pharmaceutique versus un produit utilisé depuis des milliers d’années sans histoire particulière. 

Fin de l’autocitation

Toute cette longue intro était une mise en bouche pour examiner comment et pourquoi le cannabis affecte le sommeil. Sans jamais rejeter la science, il me semble important de démontrer que les autorités se servent de la science, de la bonne et de la mauvaise, pour des raisons purement économiques. Non, je ne parle pas de la construction du tunnel à Québec… ou de la promotion de l’alcool par le premier ministre du Québec. L’alcool qui cause dix morts et 400 hospitalisations quotidiennes au Canada.

Une étude récente a même été commentée par le réseau TVA il y a quelques jours, le 4 septembre. Le titre de l’article : La légalisation du cannabis pourrait faire baisser la valeur boursière des entreprises pharmaceutiques. Et là je cite texto encore une fois :

Dans leur étude, «Les lois américaines sur le cannabis devraient coûter des milliards aux entreprises pharmaceutiques», une équipe du département d’économie de l’université du Nouveau-Mexique a étudié comment les rendements boursiers des sociétés pharmaceutiques cotées en bourse ont réagi aux événements de légalisation du cannabis médical et récréatif.

Ils ont constaté que les rendements boursiers étaient de 1,5 à 2 % inférieurs 10 jours après un événement de légalisation du cannabis et que les implications de la vente annuelle de cette réduction se chiffraient en milliards.

On peut donc imaginer, sans dire que je suis un commentateur mal renseigné, que le cannabis vient jouer dans le jardin des géants du pharmaceutique… Si TVA le dit, forcément c’est vrai… 

Les partis politiques québécois ne s’intéressent pas au Cannabis.

Eric Duhaime, le supporteur inconditionnel du privé, ne veut pas toucher à la SQDC. 

Il est le plus récent exemple de ce manque d’intérêt. Ou de la peur d’un dossier explosif…

Et bien le sommeil va finir pour réveiller nos politiciens. 

Évidemment, si la mélatoto est en vente libre malgré les dangers connus, c’est que le législateur se fout de ce qui se passe dans votre maison. Sauf si vous faites pousser 4 plants de cannabis.

Mais pourquoi les problèmes de la population vont-ils réveiller les politiciens?

Parce que les gens qui dorment mal performent mal au travail et les couts sont énormes pour la société.

Annuellement, les États-Unis, les problèmes de sommeil causent une perte évaluée 1,23 million de jours de travail. Cela couterait à l’économie américaine 411 milliards de dollars par an. Suivent, dans l’ordre des plus fortes pertes économiques reliées au manque de sommeil, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Canada qui perdrait environ 78 000 jours ouvrables. Sans oublier que le manque de sommeil est associé à un plus fort risque de mortalité. 

Au Canada, le cout de l’insomnie est estimé à 5 010 $ CA par personne par année à cause de l’absentéisme au travail et de la productivité réduite qui en résulte.

Au détour, j’ai découvert une recherche à laquelle à participer, entre autres, le  

Département de psychologie, Université de Montréal

Centre d’étude avancée en médecine du sommeil de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, 

École de psychologie de l’Université Laval

École de santé publique du Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal,

L’Institut universitaire de santé mentale de Montréal

Le titre de l’étude est clair, Economic burden of insufficient sleep duration in Canadian adults.

La conclusion est toute aussi claire :

La durée insuffisante du sommeil est un facteur important des dépenses de santé et des pertes de productivité liées à la santé au Canada. 

Que les enfants québécois développent de nombreux problèmes parce qu’ils utilisent de la mélatonine n’intéresse pas le législateur québécois. Mais un ralentissement de l’économie a plus de chance de l’interpeler et c’est un peu le motif secret de cet épisode dans le contexte de l’élection provinciale québécoise.

Je précise que certaines compagnies semblent avoir prévu le retour de fronde contre la mélatonine. J’ai vu passé un produit qui s’appelle Prima’s Sleep Tight. Le produit est annoncé comme étant formulé par un médecin avec du CBD, des composés d’acides aminés, des herbes calmantes et surtout, surtout sans mélatonine. C’est écrit sur l’étiquette. C’est la première fois que je voyais ça dans le cannabis… Une étiquette qui annonce la présence d’une absence. En fait, ce n’est pas exact. J’ai vu des étiquettes qui disent que les fleurs ne sont pas irradiées… Encore là présence de l’absence.

Alors regardons rapidement c’est qu’est le sommeil, mais par le prisme du rythme circadien. Il y a une raison qui va devenir apparente plus tard dans l’épisode.

J’avais 6 ans quand j’ai vu un documentaire sur l’explorateur français Michel Siffre qui s’intéressait aux rythmes circadiens. Je me rappelle avoir vu le monsieur descendre s’isoler dans un gouffre à 100 m de profondeur sans repère avec le jour et la nuit. Quand il remonte pour sortir de son gouffre le 14 septembre 1962, Siffre pense qu’il s’agit du 20 aout. À force de confondre sieste et longue nuit entre guillemets. Le plus troublant est que son horloge biologique fut trompée par l’expérience et que Siffre se mettait à table pour son petit déjeuner à 19 h et qu’il se «couchait» pour la nuit aux alentours de midi… 

Siffre dira plus tard que sans repère, c’est le cerveau qui crée l’illusion du temps. Il était un explorateur, spéléologue et géologue de formation, mais j’avais l’impression qu’il explorait surtout ce qu’il se passait dans son cerveau…

C’était peut-être ma première rencontre avec la science… dans le fond d’une grotte.

Comme enfant, j’avais été troublé par ses constatations. Je ne sais pas pourquoi, par contre. Peut-être, voir Siffre surgir d’une nuit éternelle. Il titubait comme s’il était ivre. Des policiers qui ressemblaient au comique Louis de Funes avec leurs képis se sont précipités maladroitement pour l’aider en masquant ses yeux, car le soleil l’aveuglait.

J’ai utilisé le mot circadien. Il vient du latin classique circa diem, «autour du jour».

Le rythme circadien est une forme d’horloge interne qui conditionne les réactions physiologiques et biochimiques à la lumière et à la noirceur. 

Cela va avoir un impact sur nos réactions physiologiques, cognitives et comportementales.

 Les femmes ont un rythme plus court que celui des hommes ce qui expliquerait qu’elles se couchent en moyenne plus tôt que les hommes. Quand tu comprends ça, tu arrêtes de regarder les différences entre les hommes et les femmes dans un contexte de force, d’endurance ou de résistance…

Une bébelle pas importante les rythmes circadiens? Pas vraiment, car en 2017, les chercheurs Hall, Young  Rosbash ont reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine «pour leurs découvertes des mécanismes moléculaires contrôlant le rythme circadien»

Les rythmes circadiens sont générés par des mécanismes cérébraux et l’environnement. Oui, la rotation de la Terre et les variations lumineuses sont impliquées. Mais les petits bébés naissants n’ont pas de rythme circadien, ce qui leur permet de dormir aussi bien le jour que la nuit. Ce n’est que vers la huitième semaine qu’il apparait, d’où l’idée d’une horloge biologique intégrée dans nos organismes…

Ce sont les zeitgebers, aussi appelés donneur du temps qui nous aide à déterminer nos cycles. La lumière est un zeitgeber, mais l’alimentation aussi. Tout cela appartient à la chronobiologie., la science qui étudie donc les rythmes biologiques. 

Mais le rythme circadien n’existe pas que chez l’humain. Les insectes, les plantes, les bactéries et même les champignons. Et on passe du champignon au SEC. Comment? Les organes et tissus du corps humain ont aussi une place de choix dans le SEC et ils produisent des endocannabinoïdes. Et on sait qu’il y a des récepteurs CB1 dans l’hypothalamus qui est aussi la région où trouve le mécanisme central de notre horloge biologique circadienne. 

Cela veut-il dire que l’on pourrait manipuler notre rythme circadien en consommant du cannabis? La réponse est oui! En fait le SEC est relié de plusieurs façons au rythme circadien. En fait le SEC aurait un comportement rythmé. Mais cela sera une saga pour une autre fois.

On sait aussi que le SEC a une influence directe sur le sommeil.

Un rythme circadien perturbé va créer plusieurs types de difficultés : des difficultés à s’endormir, à rester endormi, un sommeil avec des réveils non désirés ou tout simplement un sommeil de mauvaise qualité. Le DSM-5 identifie cinq types de troubles du rythme circadien, du sommeil et de l’éveil. Les curieuses vont trouver un lien dans les notes de l’épisode.

On va se contenter de comprendre qu’entre le rythme circadien et le SEC, il y a une vraie relation d’interdépendance. 

Alors le cannabis et le sommeil?

Forbes, le magazine d’affaire a publié en juin un article intitulé Should You Use CBD for Sleep? Si Forbes en parle, c’est un bon signe. Pour les affaires et pour la déstigmatisation du cannabis. La conclusion est classique, le choix du CBD est l’affaire d’une discussion entre vous et votre médecin. Si vous en avez un. C’est comme ça.

S’il y a une méthode pour constater l’efficacité du cannabis, c’est de regarder l’évolution des ventes de somnifères en vente libre dans les endroits où la consommation de cannabis est légale. Et ça tombe bien, car une telle étude existe pour le Colorado où les ventes de somnifères étaient en augmentation de façon constante. Jusqu’a la légalisation. Alors que les ventes de tous les produits en vente libre restaient constantes, la vente des somnifères s’est effondrée totalement. Plus le nombre de points de vente a augmenté, plus les ventes de somnifères ont diminué. Scientifiquement, cela ne veut pas dire que le cannabis est plus efficace. Cela prouve simplement qu’un produit alternatif naturel semble être une vraie solution pour les gens qui ont des problèmes de sommeil.

Une étude parue la semaine passée et reprise par l’ensemble des médias montre que depuis la légalisation au Colorado en 2014, tout s’est accéléré. Le titre de l’étude est : Les lois américaines sur le cannabis devraient coûter des milliards aux fabricants de médicaments génériques et de marque.

L’étude évalue une perte de presque 10 milliards de dollars avec quelques bémols bien sûr. 

Voici la conclusion de l’article :

En gardant ces limites à l’esprit, la taille de l’impact estimé suggère des implications importantes pour toutes les parties prenantes : les fabricants de médicaments, les patients et leurs fournisseurs, les investisseurs, les régulateurs et la communauté universitaire, tant pour les événements de légalisation passés que futurs. 

Le plus surprenant est de constater les choix des consommateurs quand on sait que les compagnies pharmaceutiques ont déployé des budgets de pub et de lobbying extraordinaires pour lutter contre la légalisation.

Je disais plus tôt que le magazine Forbes parlait du CBD comme solution au problème de sommeil. Évidemment, c’est encore difficile de parle de THC aux États-Unis. 

Devrais-je vous parler de THC et du sommeil? Ça pourrait être drôle, mais je ne ferais que parler de ce que tout le monde connait. Je ne connais aucun consommateur de cannabis dont le THC n’affecte pas le sommeil. Les réactions sur les réseaux sociaux à l’épisode #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis? ont été pour moi une vraie découverte. Les rêves qui stoppent lors des périodes de consommations pour certains ou qui continuent sans interruption pour d’autres. Les présences ou l’absence de cauchemars, ainsi de suite. Évidemment la loi de l’effet joue à plein. Il est d’ailleurs utile de se rappeler que le même cultivar peut provoquer des effets différents chez le même utilisateur dans la même semaine.

Tous ces faits sont d’ailleurs codifiés dans la médecine ayurvédique traditionnelle utilisée depuis des milliers d’années en Inde. 

Au-delà des effets anecdotiques du THC sur l’humain, que savons-nous vraiment?

Le plus important à retenir est que les effets du THC peuvent se transformer au fil des ans. Que la recette de nos 20 ans peut ne pas fonctionner à 45 ans! Cela est aussi vrai pour l’alcool que l’on supporte de moins en moins en vieillissant. Ou les ognons crus. Ou la cuisine très très grasse.

Lorsqu’une personne arrête de consommer, elle dort souvent mal. Des études ont démontré que le sevrage a un impact sur les phases du sommeil. C’est ce qui explique qu’un sommeil d’une durée similaire semble procurer moins de repos. Un exemple? OK. Le sommeil paradoxal va augmenter dans une forme de compensation qui expliquerait l’apparition de rêves désagréables très très vivides qui vont disparaitre si l’abstinence de cannabis est maintenue. Des études sur des rats documentent tout cela en détail et le plus intrigant est de constater une différence entre les rats mâles et femelles qui semblent éviter l’augmentation du rêve paradoxal. 

Mais, mais, mais, il y a aussi des recherches qui contredisent ce que je viens de dire. The Effects of Cannabinoids on Sleep publié en février 2022 est une recherche documentaire dans des bases de données de recherches publiées entre le 1er janvier 1960 et le 1er juillet 2021. Au total, 818 études ont été considérées. Là je résume les grandes lignes plus ou moins texto.

  1. La disponibilité et la commercialisation de produits à base de cannabis destinés à faciliter le sommeil augmentent constamment.
  2. Des améliorations légères du sommeil subjectif ont été signalées avec l’utilisation de produits à base de cannabis dans certains examens antérieurs de sujets souffrant de douleurs chroniques, comme des patients souffrant de sclérose en plaques, de douleurs neuropathiques périphériques ou de douleurs liées à la polyarthrite rhumatoïde.
  3. Il y a peu ou pas de preuves scientifiques convaincantes dans les documents sélectionnés.
  4. La plupart des études incluses dans cette revue étaient de nature observationnelle, basées sur l’autoévaluation.
  5. Le cannabis ne serait pas efficace pour les troubles du comportement des mouvements oculaires rapides

OK. Cette recherche me fait penser à un incident qui est arrivé il y a quelques années. Santé Canada a voulu interdire les produits de citronnelle antimoustique. Des centaines d’années de résultats probants furent jugées par Santé Canada de nature observationnelle et basée sur l’autoévaluation… donc à rejeter.

 Voilà ce qu’écrivait dans Le Devoir le journaliste Guillaume Bourgault-Côté en septembre 2014 :

Après dix ans d’incertitude et de sursis, la petite industrie du chasse-moustiques à base de citronnelle a perdu son combat face à Santé Canada : les dernières bouteilles d’insectifuge devront être retirées des rayons d’ici la fin de l’année, point final. Une décision dénoncée par le NPD à Ottawa.

 

«On se demande pourquoi Santé Canada fait fi des recommandations des scientifiques et interdit la vente d’un produit naturel», a indiqué mardi par communiqué Libby Davies, porte-parole en santé du Nouveau Parti démocratique. «Santé Canada devrait réexaminer sa décision.» 

Fin de la citation.

Finalement, en 2015, sous la pression populaire, Santé Canada revient sur sa décision. Mais c’est une pause temporaire et elle pourrait de nouveau tenter d’interdire la citronnelle.

OK, il manque un élément très important dans notre discussion. Le plus important des arguments qui s’écrit en 3 lettres…

C.B.N.

Oui le cannabinol et non pas le cannabidiol ou CBD… Ils ciblent les mêmes récepteurs du SEC tout en produisant des effets différents.

Le CBN fait partie de la famille des cannabinoïdes mineurs, comme le CBD, mais sa filière de production est différente. Alors que le THC, le CBD ou le CBC proviennent tous du CBG ou cannabigerol, le premier cannabinoïde qui apparait dans la vie d’un plant de cannabis. C’est un travail des enzymes sur le CBG qui le transforme en THC, CBD ou CBC. Le CBN lui est dans une classe à part. C’est une dégradation du THC causé par la chaleur ou le soleil qui le crée.

Si le THC a été isolé pour la première fois en 1964 par Gaoni et Mechoulam à l’Institut Weizmann de Rehovot, ce n’est pas le premier cannabinoïde isolé dans sa forme pure. Ce privilège revient au CBN qui a été découvert 68 ans plus tôt en 1896.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. 

OK je me ramasse…

En 1896 donc, c’est un dénommé Wood qui a isolé le CBN. Il a fallu attendre 1940 pour que l’on connaisse parfaitement sa structure. On a pensé initialement et à tort qui c’était un psychotrope. La dégradation dont on parle, c’est simplement, par exemple, l’exposition du hach au soleil et aux intempéries qui a créé les bonnes conditions pour qu’une forte concentration de CBN apparaisse et s’accumule. Dans une fleur de cannabis, il y a finalement très peu de CBN. C’est là où la fermentation de précision fait rêver la planète cannabis. Mais c’est aussi une saga pour une autre fois.

Le petit coquin de CBN est capable d’agir avec les récepteurs CB1 et CB2 du SEC. Dans cette interaction, les récepteurs seraient la serrure et le CBN serait la clé…

Les bénéfices du CBN sont nombreux :

  1. Il stimule l’appétit.
  2. Il agit sur les glaucomes.
  3. Il est antibactérien
  4. Il est antiinflammatoire
  5. Le CBN protègerait le cerveau. Une étude de 2004 sur des souris a déterminé que le traitement de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) avec du CBN a retardé la progression de la maladie.

Malgré toutes ces qualités, à court terme, c’est-à-dire demain soir, le principal bénéfice du CBN est qu’il agit comme un sédatif très efficace. Son action antiinflammatoire contribue à la relaxation musculaire, ce qui aide quand on est costumé en pyjama.

Voilà la première action du CBN pour le sommeil. Mais il existe une deuxième interaction plus complexe qui nous ramène à Michel Siffre, notre gentil explorateur de la noirceur. Le CBN pourrait interagir avec les récepteurs TRPV2. Oh, le CBD sait aussi faire ça, car c’est aussi un cannabinoïde d’origine végétale qui est les seuls agonistes du TVPR2. Un agoniste, c’est l’inverse d’un antagoniste et voilà un mot que nous connaissons.

Il y a 3 définitions dans mon dictionnaire pour antagoniste et je vais m’en tenir à la première, car c’est la plus simple

Il s’agit d’un individu, groupe, principe, etc., en opposition, en lutte avec un autre ; rival, adversaire, concurrent. Tenter de réconcilier les antagonistes d’un conflit qui a déjà trop duré. D’ardentes antagonistes du régime en place. antagonist
 Quand j’étais petit, ma mère me disait «arrête d’antagoniser ton petit frère»… 

Agoniste est donc l’inverse d’antagoniste.

Alors le CBN est agoniste des récepteurs TRPV2, cela veut dire qu’il se lie de façon réversible à un récepteur. Jusque là, rien de spécial. La pirouette qui nous ramène au début de l’épisode vient du fait que le récepteur TRPV2 serait relié à la gestion du rythme circadien. Le CBN pouvant interagir avec le TRPV2, il est possible qu’il déclenche la somnolence et signale au cerveau et au corps de se reposer. Mais on ne sait pas comment il ferait ça…

Le sommeil est important pour la survie de l’individu et son bon fonctionnement. Mais le sommeil, lorsqu’on le considère globalement, est un des vecteurs les plus importants d’une économie qui performe bien. Les chiffres sont clairs. Le mauvais sommeil coute cher à nos sociétés. Notre environnement, celui que nous créons dans nos résidences avec tous nos appareils électroniques, la WIFI et tout le bataclan, je pense à votre microonde, est de plus en plus problématique. L’autre environnement, celui que nous subissons, et là je pense aux réseaux qui nous bombardent en permanence, le plus récent est le G5, n’est guère plus hospitalier. Le grand principe de précaution prend toujours le bord quand le commerce parle plus fort. 

Nous sommes tous les cobayes d’une expérimentation à ciel ouvert où chacun va devoir trouver la meilleure façon de protéger son sommeil. Je n’ai pas dormi cette nuit. C’est un fait. Après une vie entière sans problème, cela fait 3 fois en un mois que je ne trouve pas le sommeil… Je vais devoir revoir mon protocole. Pour la première fois de ma vie, je suis capable de me mettre à la place de quelqu’un qui a des problèmes de sommeil. Mais c’est peut-être juste le lancement de mon nouveau magazine numérique qui me stresse à fond… www.bon stock. Quebec. 

Je vais bientôt en avoir le coeur net!

Et voilà, c’était le 117e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

#129 Pot flânage (2022.11.30)

#129 Pot flânage (2022.11.30)

Toujours en mode flânage sur toPot. Et on se promène un peu partout: Cara Delevingne La victoire du BC Budtenders Union  Deux arnaques planétaires Les terpènes du gui La joke de Karl von Linné Se faire bannir à vie des États-Unis pour du CBD?  La révision de la Loi...

128 Pot flânage (2022.11.23)

128 Pot flânage (2022.11.23)

Cette semaine, on flâne encore une fois dans l’actualité du cannabis et on s’amuse! Les nouvelles licences de cannabis au Québec Réduction des effets du THC par le CBD… La science parle Bonsaïs de cannabis Le cannabis au Vietnam, une découverte La pyrogazéification du...

#127 Pot flânage (2022.11.16)

#127 Pot flânage (2022.11.16)

Pot flânage! On fait le tour de l’actualité en prenant notre temps… L’influence de la musique sur la germination des graines L’effet du cannabis sur les cerveaux vieillissants Le cannabis pour faire du bois aggloméré Les effets du marché noir en Californie et à New...

126 Pot flânage (2022.11.09)

126 Pot flânage (2022.11.09)

Pot flânage! On fait le tour de l'actualité en prenant notre temps. Extraction à partir de la fumée de cannabis Culture verticale et désillusion technologique Diminution de l'intérêt du chanvre chez les agriculteurs américains Technologie brésilienne dans le cannabis...

#125 Pot flânage (2022.11.02)

#125 Pot flânage (2022.11.02)

Alors aujourd’hui, par où va-t-on commencer à flâner? C’est important de tourner en rond à la bonne place… Et je pense que j’ai trouvé un bon spot pour nous lancer. Vous avez tous bien vu que l’industrie canadienne du cannabis tente de faire des pressions sur le...

#124 Pot flânage (2022.10.26)

#124 Pot flânage (2022.10.26)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? On continue notre série Pot flânage. Ensemble, on va faire le tour des nouvelles et sujets d’intérêts dans l’univers du cannabis. Beaucoup de choses à partager avec vous. Et comme on vient tout juste de célébrer le...

#116 Docteur, mon chat peut-il consommer du cannabis?

#116 Docteur, mon chat peut-il consommer du cannabis?

Pourquoi un épisode sur les soins pour les animaux avec le cannabis? Et je précise qu’aucun animal n’a été blessé pour réaliser le visuel de l’épisode. Donc, c’est une nouvelle de la semaine passée sur la hausse des visites d’enfants aux urgences causée par les mangeables et autres produits de cannabis qui m’a fait réfléchir. Les bébés c’est important. Les jeunes enfants aussi. Les adolescents aussi. Même s’ils ont 21 ans moins un jour. 

 Et pourquoi pas les animaux de compagnie? 

Parce que personne n’aime voir souffrir des êtres chers, qu’il s’agisse d’un animal humain ou non humain. Du point du propriétaire ou du maitre, le mot est moins gros…, c’est une évidence. Mais il y a aussi le commerce. Alors aujourd’hui, je partage mes découvertes et mon parcours sur l’utilisation du cannabis et leurs effets voulus ou pas pour les animaux de compagnie. 

On ne peut évoquer le mieux-être potentiel sans s’intéresser aux dangers d’une consommation non désirée. 

Je nous donne une perspective… En 2014, aux États-Unis, les dépenses pour les animaux de compagnie frisaient le 60 milliards de dollars américains. Il s’agissait d’une augmentation de 5 % sur 2013. On saute en 2020. Le American Pet Products Association évoquait un marché de 95, 5 milliards É.-U..

Au Québec, c’est Fabien Déglise qui, je crois, a été un des premiers journalistes à s’intéresser au sujet. Voilà texto ce qu’il écrivait en novembre 2018 dans Le Devoir…

Bonne écoute!

 

Transcription Intégrale de l'épisode #116

#116 Docteur, mon chat peut-il consommer?

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Cela fait deux, trois épisodes consécutifs où je parle des effets du cannabis sur la santé des humains. L’épisode de la semaine passée, le 115e, qui posait la question Que se passe-t-il dans mon corps quand j’arrête de consommer du cannabis a eu un énorme succès. Je tiens d’ailleurs à remercier Mélanie Forget qui est modératrice d’un gros groupe sur Facebook. Elle a partagé l’épisode et j’ai découvert plein de choses que j’ignorais grâce aux interventions des membres de la communauté Spotted SQDC. Le groupe Reddit a aussi été très réceptif. C’est d’ailleurs une communauté à connaitre, car elle regroupe plus de 35 000 personnes. Le post que j’ai fait pour l’épisode a été vu plus de 7000 fois. Merci Reddit SQDC. Merci, Mélanie!

J’en profite pour faire une petite mise au point technique. Je réalise que je ne dis pas toujours qu’il y a, pour chacun des sujets que j’aborde des avis contraires… Il y a plein de recherches qui tentent de prouver que le cannabis est un fléau. Mon approche est simple. Je tente d’aborder ce qui est porteur d’espoir sans jamais oublier les bémols des recherches que je partage. Un jour, j’espère, j’aurai un réseau assez développé pour pouvoir commenter toutes ces recherches en laissant la parole aux experts et de sachants du Québec et d’ailleurs.

Et finalement, le magazine Bon Stock avance. La première infolettre est sortie. Des nouveaux abonnés se sont joints au groupe. Je continue d’écrire des articles. Je viens tout juste d’en terminer un sur le Fruit Tartar Haze, un cultivar inédit cultivé par Michaël Baril chez JMF Growers. Plein de photos et des infos précises sur ce cultivar qui est maintenant disponible.

OK. On revient à nos affaires et à l’épisode de la semaine.

 

Pourquoi un épisode sur les soins pour les animaux avec le cannabis? Et je précise qu’aucun animal n’a été blessé pour réaliser le visuel de l’épisode. Je n’ai laissé un chat se rouler un joint en ma présence. Non, c’est non. La sécurité de tous les animaux est importante sur toPot.

Donc, c’est une nouvelle de la semaine passée sur la hausse des visites d’enfants aux urgences causée par les mangeables et autres produits de cannabis qui m’a fait réfléchir.

Les bébés c’est important. Les jeunes enfants aussi. Les adolescents aussi. Même s’ils ont 21 ans moins un jour. 

Et pourquoi pas les animaux de compagnie? 

Je pense à Édie ma petite chatte atteinte de leucémie qui est maintenant enterrée dans notre cours. Je pense aussi à Gougou le beau chat noir de Mel et Julie, deux influenceuses cannabis partout présentent. Je viens de voir quelques photos de Gougou sur FB. Bonjour à vous trois!

Techniquement, je suis allergique aux chats, mais ce n’est pas cher payé pour être heureux en couple. J’ai aussi des questionnements, des problèmes de fonds en fait, sur toutes les relations de dépendance. Et je connais des tonnes de véganes qui ne comprennent pas ça. Mais c’est une saga pour une autre fois. 

Ah oui, mon épaule va mieux. Je ne prends aucun médicament et on avait à la maison une vieille bouteille de comprimés d’acétaminophène. Bas répondeur. Je suis allé voir ma pharmacienne et maintenant je sais que je suis un haut répondeur à l’ibuprofène. La vie est belle.

Alors pourquoi est-ce important de parler des soins animaux avec du cannabis? Parce que personne n’aime voir souffrir des êtres chers, qu’il s’agisse d’un animal humain ou non humain. Du point du propriétaire ou du maitre, le mot est moins gros…, c’est une évidence. Mais il y a aussi le commerce. Alors aujourd’hui, je partage mes découvertes et mon parcours sur l’utilisation du cannabis et leurs effets voulus ou pas pour les animaux de compagnie. 

On ne peut évoquer le mieux-être potentiel sans s’intéresser aux dangers d’une consommation non désirée. 

Je nous donne une perspective… En 2014, aux États-Unis, les dépenses pour les animaux de compagnie frisaient le 60 milliards de dollars américains. Il s’agissait d’une augmentation de 5 % sur 2013. On saute en 2020. Le American Pet Products Association évoquait un marché de 95, 5 milliards É.-U..

Au Québec, c’est Fabien Déglise qui, je crois, a été un des premiers journalistes à s’intéresser au sujet. Voilà texto ce qu’il écrivait en novembre 2018 dans Le Devoir.

Qu’est-ce que je disais? Ah oui, Fabien Déglise, journaliste au Devoir, écrivait ceci un mois après le début de la légalisation :

Les dépenses pour les animaux domestiques sont en croissance au Québec où, en 2016, selon Statistique Canada, elles ont atteint 1,7 milliard de dollars, pour 16 millions de compagnons à poils. Le marché des médicaments vétérinaires à base de cannabis, mais également des biscuits, des gâteries et des produits d’hygiène, dont les crèmes et les shampooings pour animaux, issus de cette plante est estimé à plusieurs millions de dollars annuellement. 

Évidemment, au Québec, dans le ROC et dans le reste du monde entier, ces chiffres font saliver. 

Depuis les débuts de la légalisation, je regarde qui fait quoi, qui dit quoi au sujet des soins pour les animaux avec le cannabis. Voici donc ce que j’ai initialement observé. Ai-je tout vu? Non. Ma veille était moins performante au début de la légalisation.

Alors selon qui selon a fait entendre sa voix en premier? 

Le 15 mars 2018, 7 mois avant le début de la légalisation, c’est l’Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux, l’AMVQ, qui communique les résultats d’un sondage sur les causes les plus fréquentes de consultation pour intoxication chez les chiens. Pour la petite histoire, l’AMVQ existe depuis les années 50… Et elle fait à chaque novembre une campagne de sensibilisation à la douleur animale.

Alors quelles sont les causes les plus fréquentes d’intoxication chez les chiens au Québec?

  1. chocolat (31 %)
  2. médicaments pour humains (25,7 %)
  3. cannabis (17,6 %)
  4. rodenticides/insecticides (14,3 %) 
  5. plantes toxiques (7,4 %)

Et les causes d’hospitalisations? Oui comme chez les humains, une intoxication ne signifie pas obligatoirement une hospitalisation.

  1. médicaments pour humains arrivent aussi en tête (27 %)
  2. chocolat (24,7 %)
  3. cannabis (23,2 %)

  

Et dans la vraie vie, cela veut dire combien de cas? 

L’AMVQ estime que juste pour l’année 2017, entre 700 et 900 chiens victimes d’intoxications au cannabis ont consulté un médecin vétérinaire en pratique générale. L’histoire ne dit pas si les chiens ont appelé pour prendre rendez-vous et comment ils ont payé… C’est d’ailleurs cette formulation qui a inspiré le titre de l’épisode.

La légalisation canadienne est probablement partiellement responsable de l’augmentation des cas de toxicoses chez les animaux de compagnie. Mais il ne faut pas oublier le volet du cannabis médical. Beaucoup de patients font pousser du stock dans leur sous-sol ou dans une pièce à laquelle leurs animaux ont accès. Mais personne ne tient ce genre de statistiques au Québec. Il n’y a pas de registre du cancer… Alors imaginer un compte précis de ces types d’incidents relève de la magie. 

Ce que l’on dit rarement, car cela ferait moins peur aux maitres, c’est que la plupart des cas d’empoisonnement au cannabis se terminent bien sans effets néfastes à long terme. Comme pour les humains. Mais le maitre est responsable. Toujours, 100 % du temps. Comme pour la consommation des mangeables par les enfants. Seuls les parents peuvent être blâmés.

Mais comment soigne-t-on les overdoses des animaux non humains? 

J’ai cherché.

J’ai trouvé. 

Je vous en reparle dans la conclusion de l’épisode.

Bon, la première question que je me pose est la suivante?

Pourquoi le cannabis fonctionnerait sur les animaux non humains? 

Les animaux humains, on le sait, disposent du SEC, le système endocannabinoïde. Mais les autres animaux? J’ai été chanceux, car j’ai trouvé la recherche de Robert J. Silver publiée en 2018 intitulée Le système endocannabinoïde des animaux. Voici texto le résumé simple de son papier :

Notre compréhension du système endocannabinoïde des animaux, et de son omniprésence chez presque tous les membres de la famille animale, a ouvert la voie à de nouvelles approches visant la gestion de la douleur, la thérapeutique du cancer, la modulation des troubles neurologiques, la réduction du stress, la gestion de l’anxiété et les maladies inflammatoires. 

J’ai parcouru la recherche et voici ce que je comprends.

  1. Le système endocannabinoïde est présent chez presque tous les animaux,
  2. Pour tous les animaux, le rôle du SEC est essentiel dans le maintien de l’homéostasie pour un certain nombre de systèmes organiques. 
  3. Le SEC module plein d’affaires
    • Le système nerveux
    • Le système immunitaire 
    • Par le biais de récepteurs et de molécules de signalisation chimique, le SEC participe au soulagement de la douleur et l’inflammation, 
    • Il module le métabolisme et la fonction neurologique, 
    • Il participe aux processus digestifs 
    • Il soutient la fonction de reproduction et le développement embryologique. 

Le chercheur Silver est très optimiste sur l’avenir des recherches sur les cannabinoïdes. Selon lui, le SEC n’a pas encore révélé tous les secrets de la pathogenèse des maladies d’un côté et du maintien de la santé de l’autre. 

Pathogenèse De patho⁠-, «maladie» + — ⁠gène, «produire»… 

Donc, la pathogenèse des maladies, et là je cite mon dictionnaire, c’est juste l’étude du processus par lequel une cause pathogène, connue ou inconnue, agit sur l’organisme et détermine une maladie. 

Théoriquement, si les animaux non humains ont un SEC, on peut penser qu’ils pourraient, comme vous et moi, bénéficier de traitements préventifs et curatifs qui cibleraient le SEC.

Est-ce que des vaches qui sourient vont produire un lait souriant, plus léger, moins gras? 

Il est important de comprendre que ce qui est parfait pour un soin ponctuel peut être dangereux dans l’alimentation quotidienne.

Et comme certains animaux ont un cycle de vie plus court et très propice à l’expérimentation, et bien une équipe a produit une étude sur les rongeurs et leur conclusion était claire et j’y vais plus ou moins texto : 

La consommation de THC par une maman rat produit un faible effet sur le comportement de ses petits qui se traduit par une activité moindre. Au final, le THC affecterait moyennement le comportement cognitif et faiblement le comportement locomoteur et émotionnel des bébés rats.

Bon, on le sait maintenant, les animaux humains ne sont pas uniques avec leur SEC. Alors que sait-on en 2022 des avancées réelles en termes de traitements pour les animaux. Sans être exhaustif, j’ai trouvé des recherches qui concluaient que les traitements suivants étaient pertinents :

  1. Arthrose
  2. Démangeaisons
  3. Cancer
  4. Anxiété
  5. Crises d’épilepsie 

Et comment administrer des soins aux animaux non humains? J’ai vu de l’huile, des capsules et des petites gâteries… C’est possible qu’il existe d’autres produits plus innovants. Je pense surtout aux chevaux qui peuvent valoir plus cher que ma maison… Les chevaux de luxe ont accès, par exemple, à des pansements d’argile pour diminuer certains problèmes à leurs jambes. On y introduit en plus des substances actives. Depuis au moins une vingtaine d’années.

J’ai trouvé une université du Texas qui semble se spécialiser dans les traitements de CBD pour les chevaux. C’est la chercheuse Kimberly Guay qui s’intéresse aussi à la nutrition animale à base de chanvre. C’est l’entreprise HempMy Pet qui finance cette recherche.

L’objectif de la recherche visait à comprendre la place que l’huile de CBD à spectre complet peut occuper comme outil pour atténuer le stress et réduire les blessures. Il y avait également un volet qui visait et là je cite texto, donc un volet qui visait à promouvoir la santé en minimisant la surstimulation de l’hypothalamus, de l’hypophyse et des glandes surrénales.

La conclusion de la recherche démontre des doses plus élevées de CBD à .6 mg/kg de poids corporel) étaient plus efficaces que des doses plus faibles de CBD. Le CBD était non détectable après 24 heures pour les deux dosages. S’agissant d’un animal qui subit des contrôles antidopage, c’est un détail important.

Avant d’aller plus loin, après les chevaux, on va discuter de l’éléphant dans la pièce. Oui, si vous consommez à la maison, vous êtes responsables de ne pas laisser trainer les médicaments prescrits par votre médecin, le chocolat prescrit par votre douce moitié et votre cannabis non prescrit par la SQDC. Si malgré toutes ces précautions, vous avez oublié une boulette de hach sur comptoir de cuisine, SVP ne pas demander de conseils sur Facebook. Consulter votre vet. Ou votre pédiatre… Cela dépend de l’animal qui a ingurgité votre bon stock.

Pendant les premiers mois de la légalisation, je me suis amusé à comparer les articles de la presse québécoise avec ceux de la presse du ROC et des États-Unis.

Alors que les spécialistes locaux incitaient les propriétaires à attendre, voici ce que je pouvais lire dans la presse de NY :

New York Medical Marijuana Program May Soon Include Care for Pets

Les législateurs de New York travaillent sur un nouveau projet de loi sur le cannabis médical. Le programme de marijuana médicale de New York pourrait bientôt inclure les soins pour les animaux de compagnie. 29 mai 2018

En janvier 2018, Green Island Naturals, une entreprise de la Colombie-Britannique offre plusieurs extraits de cannabis à usage médicinal pour les animaux non humains.

Leur pub dit, grosso modo, que : 

Leurs teintures CBD Medico Pet sont une option contemporaine pour combattre l’anxiété, la douleur et d’autres maux chez les chiens et les chats. Le traitement par teinture de CBD est une option de traitement naturel. Le produit est doux et sans effet psychoactif. Il est conseillé aux propriétaires de prescrire une dose plus faible lors de la première exposition du chien ou du chat au traitement, et d’augmenter la dose si nécessaire.

Pour ma veille, j’utilise un logiciel libre qui s’appelle Zotero. Quand je visite un site et qu’une page m’intéresse, je peux la saisir en format HTML pour en garder une copie locale. ZOTERO pour les curieuses. Pourquoi je vous parle de mes bébelles normalement invisibles? C’est que j’ai fait des recherches dans ma veille Zotero et j’ai redécouvert un des premiers produits pour chien que j’ai croisé. 

Les Smart Hemp Soft Bites, un produit américain :

Présentation du produit :

  • Un savoureux délice au gout de bœuf et de bacon
  • Formulées par des vétérinaires pour les chiens 
  • Faciles à ajouter au régime quotidien de chanvre de votre chien. 
  • Chaque bouchée molle contient 2 mg de chanvre PCR hydrosoluble, 
  • Suivez le mode d’emploi et donnez à votre chien la portion appropriée en fonction de son poids. Il est facile de couper les Soft Bites en petits morceaux pour les petits chiens. Et surtout, les Soft Bites contiennent ZÉRO THC!

Avantages :

  1. Formulé par des vétérinaires
  2. Soutiens le système endocannabinoïde de l’animal.
  3. Sans gluten ni céréales
  4. Saveurs que les chiens apprécient
  5. La boîte à large ouverture réduit les risques d’écrasement et permet un accès facile.
  6. Chanvre américain entièrement naturel, sans OGM et cultivé biologiquement.
  7. Formulé pour la pureté — Fabriqué aux É.-U.

C’est incroyable, hein! 

Et bien cette compagnie n’existe plus. Son site web est fermé. Mais grâce à cette version locale, je peux constater ce qui a disparu… Et voir les reculs d’une industrie toujours à la recherche de ses marques.

Après Fabien Déglise, il y a aussi Stéphanie Vallet de La Presse qui a posé un regard thérapeutique sur le cannabis. Elle écrit sur le sujet le 12 novembre 2018. En gros texto :

Calmer la douleur, prévenir l’épilepsie, apaiser les angoisses. De nombreux propriétaires d’animaux se tournent vers de nouveaux produits à base de cannabis pour traiter leurs compagnons à quatre pattes. Bien que les produits soient seulement offerts sur le marché noir pour le moment, de nombreuses entreprises sont déjà prêtes à lancer officiellement leurs huiles, croquettes et gâteries à base de CBD ou de THC, des substances présentes dans le chanvre et le cannabis, dès que le gouvernement leur donnera le feu vert.

Stéphanie Vallet donne ensuite la parole à Sébastien Kfoury, le directeur des services vétérinaires de l’Hôpital vétérinaire Rive-Sud. Au moment de l’entrevue, M. Kfoury n’en avait encore jamais prescript. Un bon travail de la journaliste et du sachant. Les curieuses vont trouver un lien pour le commerce dans les notes de l’épisode. Il est ouvert 24/24, 7 jours par semaine. Mais je n’ai pas réussi à les rejoindre au téléphone… Ça ne répond pas.

Un mois plus tôt, la veille de la légalisation du 18 octobre 2018, chacun son rôle, good cop bad cop, l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec publie ce communiqué :

Même si le cannabis récréatif est maintenant en vente libre pour les humains, la prescription par un médecin vétérinaire demeure obligatoire pour l’utilisation de cannabis médical chez les animaux. Toutefois, le manque de données probantes sur l’efficacité et sur les doses à recommander ainsi que l’absence de voie légale pour s’en procurer pour les animaux rendent la prescription non recommandable pour l’instant.

Au niveau canadien, c’est l’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) qui livre ce travail de fond. L’ACVM a aussi travaillé avec le gouvernement du Canada et la Direction des médicaments vétérinaires (DMV) de Santé Canada. 

Au fédéral, l’ACVM place très tôt ses billes en énonçant que :

  • Les médecins vétérinaires devraient être inclus dans la définition de «praticien de la santé» en vertu du RACFM. Cela leur permettrait de fournir des médicaments contenant des cannabinoïdes à leurs patients vétérinaires.
  • L’étiquetage des produits humains devrait inclure des messages afin de protéger les animaux. 

Mais sans que je comprenne vraiment immédiatement toutes les ramifications de la chose, j’ai réalisé qu’il existe un Programme de notification des Produits de soins animaux, les PSA. Ce programme a sa page sur le site de Santé Canada. On y retrouve les vitamines, minéraux et médicaments traditionnels pour les animaux de compagnie et les animaux destinés à la consommation humaine. 

Je me suis dit c’est merveilleux! Mais deux secondes plus tard, je me suis dit l’inverse… Pourquoi? À cause de ces deux paragraphes :

Le premier paragraphe :

Les exclusions suivantes s’appliquent, ce qui signifie qu’un produit appartenant à l’une ou l’autre des catégories suivantes ne peut être notifié dans la cadre de ce programme

Le deuxième paragraphe confirme que le cannabis ne peut être notifié. Oui, le…

Cannabis tel que défini dans la Loi sur le cannabis, à moins d’être exempté de la Loi par le biais du Règlement sur le chanvre industriel

Je comprends le mot notifié comme enregistré dans le sens d’une déclaration.

SI je comprends bien, un vétérinaire n’a donc pas le droit de prescrire du cannabis en 2022. Sans doute un oubli du législateur… Mon ovni sur le sujet est simple : je comprends formellement qu’aucun vétérinaire ne peut prescrire en aout 2022. Seuls les animaux humains ont le droit d’être les bénéficiaires d’une prescription de cannabis. 

Depuis le début de la légalisation, l’intérêt des propriétaires de bêtes et de l’industrie vétérinaire pour le cannabis est en hausse. Probablement que tous les consommateurs qui ont des animaux de compagnie réfléchissent à haute voix sur les soins qu’ils aimeraient pour leur bête.

Oupppp, je viens de réaliser que je n’ai pas encore parlé des symptômes d’une overdose de cannabis chez les animaux de compagnie. Voici les symptômes les plus usuels après un délai de 60 à 120 minutes :

  • Somnolence
  • Abattement
  • Vacillement
  • Va-et-vient
  • Agitation
  • Sensibilité aux sons et à la lumière
  • Miction inappropriée
  • Pupilles dilatées
  • Vomissements
  • Yeux injectés de sang
  • Salivation
  • Fréquences cardiaques rapides ou lentes
  • Faible température corporelle
  • Vocalisation
  • L’overdose sévère peut causer une crises d’épilepsie, le coma et mort 

J’ai trouvé une liste des symptômes pour les humains et les deux se ressemblent beaucoup.

Vous saviez qu’il existe un secret professionnel entre vous et votre vet? Je viens d’apprendre ça. Vous pouvez donc en toute confiance lui dire ce que votre animal a ingéré pour que votre vétérinaire puisse lui donner les meilleurs soins possibles.

J’ai aussi remarqué qu’on fait plus de recherches sur les chiens que les chats. Je n’ai pas d’explication.

Si on fait un saut en aout 2021, on peut trouver un bel article de Émilie Gougeon-Pelletier dans Le Droit : Le titre? Du cannabis comme remède pour chiens anxieux.

C’est un article qui montre le leadeurship de Canopy Growth avec une belle mise en avant de M. Bob Menardi, le directeur des services techniques et éducatifs vétérinaires chez Canopy. Une belle opération de relation publique à l’époque où Canopy faisait tourner les têtes. Il y a avait aussi à cette époque un effort réel de Canopy qui avait même créé une division de santé animale. Cette division a d’ailleurs publié deux recherches. La première portait sur l’impact à long terme de l’utilisation quotidienne du CBD chez les chiens.

La deuxième étude de Canopy Growth s’intéressait à la sécurité et à la tolérance de doses croissantes de cannabinoïdes chez des chats en bonne santé.

Voici la conclusion des chercheurs :

Il s’agit de la première étude féline à explorer la sécurité et la tolérance du CBD et du THC, seuls et en combinaison, dans un cadre de recherche contrôlé. Ces résultats informeront les vétérinaires du profil de sécurité des cannabinoïdes, notamment lorsqu’ils envisagent l’utilisation thérapeutique potentielle du CBD chez les chats ou lorsqu’ils reconnaissent les signes cliniques associés à une exposition accidentelle à des produits contenant du THC.

Je crois qu’il s’agit d’une honnête recherche. Par contre, l’ensemble des chercheurs déclarent des conflits d’intérêts. Ils travaillent tous pour Canopy. Je le mentionne, car ce sont des arguments qui pourraient être utilisés pour discréditer la recherche et nuire à l’utilisation des cannabinoïdes en médecine vétérinaire.

La canadienne Martha Stewart, voyez la chance, s’est associé avec Bob Menardi pour développer des gâteries pour chiens au CBD. Mme Stewart travaille avec Canopy depuis le début de 2019. La marque Martha Stewart, rejoint 100 millions de consommateurs par mois, soit environ 70 millions de foyers distincts. Je ne connais pas les chiffres spécifiques pour le Canada, mais le jour où Mme Stewart pourra faire son entrée sur notre marché du cannabis, elle aura un réseau exceptionnel à sa disposition. Mais c’est une saga pour une autre fois.

C’est exactement pour cette raison que les partis politiques recrutent des journalistes. Ils arrivent avec un profil, un public et une forte reconnaissance. C’est exactement ce que Trump a fait aux États-Unis en squattant la télévision pendant plusieurs années. Journaliste, animateur, c’est pareil et tout bon pour les partis politiques.

On revient à nos animaux non humains.

Nos animaux de compagnie vivent de plus en plus longtemps. Comme les humains centenaires, une vieille chatte, un vieux chien auront des besoins particuliers. Comme chez les humains, la maladie d’Alzheimer va rôder autour de nos amies à quatre pattes.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

Ok, je me ramasse!

Votre chat veut se soigner avec des cannabinoïdes, personne ne peut vous aider. 

Vous voulez faire traiter votre chat avec des cannabinoïdes? C’est n’est pas encore officiellement possible au Canada.

Et vous n’avez pas le droit de les aider. 

Voilà le contexte actuel en rafale :

  • Le marché des produits de soins animaux additionnés de cannabis est en croissance.
  • Les études prouvant l’efficacité du CBD chez les chiens apparaissent un peu partout.
  • Il y a encore peu de preuves cependant pour soutenir les allégations de bénéfices cliniquement significatifs.
  • L’environnement juridique et règlementaire n’est pas connu des citoyens.
  • La qualité des produits disponibles reste peu fiable.
  • Peu d’études sur les produits à base de cannabis chez les chats

Si on est logique, voici ce que l’on peut imaginer et conclure…

  • Le système endocannabinoïde (SEC) et les récepteurs cannabinoïdes ont le même fonctionnement chez tous les mammifères. Les bienfaits des cannabinoïdes pourraient également s’appliquer aux 6 495 espèces connues. 
  • Le CBD est sans danger pour les animaux humains. Cela devrait être également le cas pour les animaux non humains.
  • Les produits de CBD destinés aux chats sont disponibles sans ordonnance dans plusieurs pays.
  • Il existe peu d’études directes sur les chats pour des pathologies spécifiques, telle l’agressivité.
  • La FDA n’a jamais approuvé un produit à base de cannabis. Le Canada va sans doute adopter la position de la FDA comme elle le fait fréquemment, faute d’avoir les moyens de ses ambitions. Donc, ce n’est pas demain matin que Santé Canada va approuver les Produits de Santé Animale à base de cannabis.
  • Aucun vétérinaire ne peut actuellement prescrire du CBD sauf en Californie, semble-t-il.
  • Le risque d’interaction entre le CBD et certains médicaments avec les enzymes métaboliques du foie peuvent causer des problèmes.

Et maintenant avant que j’oublie, voici les traitements pour soigner un animal de compagnie qui vient d’ingurgiter du cannabis.

  • On parle généralement d’un suivi ambulatoire. Il s’agit de soins où la prise en charge médicale est de courte durée et sans hospitalisation.
  • Le spécialiste peut aussi administrer du charbon actif pour stopper toute absorption supplémentaire de la substance ingérée. Cela faciliterait simultanément la décontamination de l’animal.
  • Les antiémétiques font aussi dans l’arsenal habituel. Il s’agit de médicaments pour combattre le vomissement. J’ai aussi compris qu’il peut être utile de faire vomir les chiens et les chats si la substance toxique a été ingérée dans la demi-heure précédente.
  • Des fluides intraveineux peuvent être administrés comme une forme de soins de soutien. Cela permet de réduire la déshydratation et l’hypothermie.

Actuellement, ce sont les soins dont on parle le plus. Le législateur québécois s’intéresse avant tout aux méfaits du cannabis. Il s’intéresse notre législateur aux soins nécessaires pour corriger l’erreur des maitres ou des parents.

Oui, les chats et les enfants n’ont pas le droit d’entrer à la SQDC, car ils ne peuvent présenter une pièce d’identité…   Par contre, je pense que dans 2-3 ans, l’industrie vétérinaire va pivoter au fil des changements de la législation pour devenir pourvoyeur de conseils et de produits de mieux-être pour nos animaux de compagnies. 

J’ai confiance. Le législateur est une drôle de bête. Mais c’est une bête qui peut être domptée. Une fois aux 4 ans.

Et voila, c’était le 116e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

#129 Pot flânage (2022.11.30)

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Toujours en mode flânage sur toPot. Et on se promène un peu partout: Cara Delevingne La victoire du BC Budtenders Union  Deux arnaques planétaires Les terpènes du gui La joke de Karl von Linné Se faire bannir à vie des États-Unis pour du CBD?  La révision de la Loi...

128 Pot flânage (2022.11.23)

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Cette semaine, on flâne encore une fois dans l’actualité du cannabis et on s’amuse! Les nouvelles licences de cannabis au Québec Réduction des effets du THC par le CBD… La science parle Bonsaïs de cannabis Le cannabis au Vietnam, une découverte La pyrogazéification du...

#127 Pot flânage (2022.11.16)

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Pot flânage! On fait le tour de l’actualité en prenant notre temps… L’influence de la musique sur la germination des graines L’effet du cannabis sur les cerveaux vieillissants Le cannabis pour faire du bois aggloméré Les effets du marché noir en Californie et à New...

126 Pot flânage (2022.11.09)

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Pot flânage! On fait le tour de l'actualité en prenant notre temps. Extraction à partir de la fumée de cannabis Culture verticale et désillusion technologique Diminution de l'intérêt du chanvre chez les agriculteurs américains Technologie brésilienne dans le cannabis...

#125 Pot flânage (2022.11.02)

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Alors aujourd’hui, par où va-t-on commencer à flâner? C’est important de tourner en rond à la bonne place… Et je pense que j’ai trouvé un bon spot pour nous lancer. Vous avez tous bien vu que l’industrie canadienne du cannabis tente de faire des pressions sur le...

#124 Pot flânage (2022.10.26)

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? On continue notre série Pot flânage. Ensemble, on va faire le tour des nouvelles et sujets d’intérêts dans l’univers du cannabis. Beaucoup de choses à partager avec vous. Et comme on vient tout juste de célébrer le...

#115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

#115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit : 

Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis?

Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois renoncer à quelque chose de très important. Je vous en reparle dans la conclusion…

Alors Luc, est-ce le temps de réinitialiser ton corps? 

Est-ce le temps non pas d’un reset mais de ce que j’appelle affectueusement un freeset? 

Oui, est-ce le temps de faire une pause? Je me permets de partager ces réflexions parce qu’on est entre nous. Si vous avez écouté un seul épisode de toPot, vous savez que je ne suis pas vraiment contre le cannabis. Pas du tout en fait. Est-ce une raison pour arrêter de se poser des questions? Ben non. Donc, je me suis dit :

  1. Que se passe-t-il dans mon corps quand j’arrête de consommer?
  2. Est-ce le temps de faire une pause comme j’en fais régulièrement depuis que j’ai consommé à consommer il y a 40 ans?
  3. Est-ce que les récepteurs du SEC sont comme nettoyés par une abstinence suffisante? 

Et très rapidement, je me suis trouvé une vraie excuse pour reporter ma pause. Mon excuse? 

Bonne écoute! 😉

Transcription Intégrale de l'épisode #115

# 115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis?

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Oh que j’ai vécu un beau retour au potcast avec l’épisode précédent, le 114e de toPot. L’épisode de la semaine passée, le premier depuis mon retour de vacances, a été beaucoup partagé et apprécié. Un gros merci à toute la communauté pour l’aide et l’accueil. Des fois, au détour de ma veille sur les réseaux sociaux, je découvre des gens qui apprécient mon travail et qui le partagent. Ahhhhm c’est toujours précieux, très précieux. 

Beaucoup de gens se sont aussi abonnés à bonstock. quebec. WWW.bonstock.quebec est un magazine en ligne sur le Cannabis. Le lancement officiel est dans quelques jours. Pour ne rien rater, vous pouvez vous abonner à l’infolettre Bon Stock en vous rendant sur www.bonstock.québec. Vous ne serez pas seul. Il y a des membres connus de l’industrie et de simples consommateurs. Il y a une seule condition pour s’inscrire gratuitement… Il faut aimer le cannabis. 

OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit : 

Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis?

Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois renoncer à quelque chose de très important. Je vous en reparle dans la conclusion…

Alors Luc, est-ce le temps de réinitialiser ton corps? 

Est-ce le temps non pas d’un reset mais de ce que j’appelle affectueusement un freeset? 

Oui, est-ce le temps de faire une pause? Je me permets de partager ces réflexions parce qu’on est entre nous. Si vous avez écouté un seul épisode de toPot, vous savez que je ne suis pas vraiment contre le cannabis. Pas du tout en fait. Est-ce une raison pour arrêter de se poser des questions? Ben non. Donc, je me suis dit :

  1. Que se passe-t-il dans mon corps quand j’arrête de consommer?
  2. Est-ce le temps de faire une pause comme j’en fais régulièrement depuis que j’ai consommé à consommer il y a 40 ans?
  3. Est-ce que les récepteurs du SEC sont comme nettoyés par une abstinence suffisante? 

Et très rapidement, je me suis trouvé une vraie excuse pour reporter ma pause. Mon excuse? En descendant les marches du patio dans ma cour pour enterrer mon chat qui venait d’être euthanasié pour cause de leucémie, j’ai glissé dans l’escalier. J’avais la main sur le garde-personne heureusement. Mais l’angle de mon bras était mauvais et mon épaule s’est disloquée. Et j’ai amorti ma chute dans la dislocation en arrachant tout au passage. C’était la première fois que cela m’arrivait. Un choc vagal en plus, juste pour bien marquer l’occasion. Après 2-3 jours où mon épaule était comme un bloc de béton, j’ai regagné presque toute la mobilité perdue, mais la douleur est énorme, surtout la nuit. Donc, je me suis dit que c’était une très bonne excuse, presque une bonne raison pour ne pas faire une pause maintenant. Je suis un bas répondeur aux molécules comme l’acétaminophène d’un côté et le cannabis me relaxe alors que le choix est simple. Ce n’est pas le bon moment pour faire une pause cannabis.

Par contre, c’est le temps de la pause café. 

Quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

OK. Avant de reprendre le fil de mon raisonnement, j’aimerais simplement citer une évidence qui permet de relativiser non pas mon questionnement, mais la dangerosité du cannabis, bien que je n’aime pas ça en général. La semaine passée, une étude publiée par The Lancet, LA référence dans le genre, donc The Lancet à publier une étude reprise par tous les grands médias mondiaux et même La Presse qui conclue 44,4 % des décès par cancer dans le monde était attribuables à un facteur de risque connu, soit la consommation de tabac et d’alcool.

Donc je disais quoi? Ah oui, je parlais de la dislocation de mon épaule. Donc, est-ce le temps d’une freeset?

Mais si le cannabis est une substance anodine, pourquoi à chaque fois que je pense faire une pause, je pense aux effets du sevrage qui l’accompagne? Hein? Pourquoi?

Je suis ici toutes les semaines à vous parler de cannabis et je me cacherais le fait que je pourrais être dépendant, car je redoute, sans les craindre, les effets du sevrage?

Ben oui, si le pot n’est pas une drogue comme je lis tous les jours sur les réseaux sociaux, pourquoi vais-je vivre des effets physiques déplaisants? Si le pot est un médicament, c’est que je soumets mon SEC à un stress qui pourrait le rendre moins performant quand j’en aurai besoin? 

Je me suis dit que c’était une piste intéressante, car elle me force a réfléchir à contrecourant. 

Je vous donne un autre exemple…

Hey merci MJ!

Je me questionne aussi sur le fait que le CBD ne serait pas une drogue de performance… Si tous les athlètes en consomment, c’est qu’ils y trouvent un avantage. Et cela nous amène à discuter de la définition du mot psychotropique versus psychoactif. L’amplification versus la lubrification… Est-ce que le psychoactif impliquerait seulement qu’une substance puisse traverser la barrière érigée entre le système sanguin et le cerveau, la barrière hématoencéphalique? Est-ce qu’une substance psychotropique en est une qui affecte l’état mental de l’utilisateur? Mais si le CBD procure un mieux-être qui affecte mon état mental? Vous voyez le genre. Mais c’est aussi une saga pour une autre fois.

Pour amorcer ma réflexion sur le sujet du jour, j’ai commencé par me poser la question incontournable… Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis? Quels sont les effets de ce sevrage? Car, je ne connais personne qui n’a pas vécus des effets réels occasionnés par l’arrêt de la consommation du cannabis.

Et cela nous recherche à une grande question existentielle :

Est-ce que le cannabis crée une dépendance? 

Car si le cannabis crée une dépendance, cela change beaucoup de choses…

Pour répondre à cette question, on doit d’abord décrire ce qu’est une dépendance… 

Une dépendance s’installe parfois de manière sournoise, à l’insu de nos préoccupations immédiates. Parfois de manière immédiate et douloureuse. Je pense ici à la dépendance amoureuse qui peut démarrer sur un coup de foudre… Hollywood nous raconte cette histoire depuis l’invention du cinéma. Le classique du genre est Liaison fatale de Adrian Lyne avec Glenn Close et Michael Douglas. 

Dans le monde des drogues, chaque humain réagit différemment. Je connais du monde qui s’effondre après un zopiclon ou un verre de vin. J’en connais d’autres qui ne perdre jamais le nord même s’ils ont une pharmacie derrière la cravate.

On peut donc être dépendant affectivement, dépendant au tramadol, dépendant au café, au tabac, à l’alcool, au travail, au sucre… La dépendance a le dos large. Certains iront jusqu’à dire que le Québec vit une dépendance par rapport au Canada… Mais c’est une saga pour une autre fois.

Si on s’en tient aux problèmes de substances, la dépendance transforme la consommation occasionnelle en usage puis en abus. La dépendance, aussi appelée addiction, finit par controler la vie de l’usager en imposant un fil ininterrompu de pensées reliées à la consommation.

Et pour lancer notre conversation à distance, je vais prendre le café comme exemple, car il est moins stigmatisé que le cannabis et que l’introspection volontaire est réellement facile tellement le café est une drogue banalisée.

Tout le monde boit du café. Certains philosophes ont dit qu’il n’y a jamais eu de grandes civilisations sans café comme drogue de grande consommation. Pourquoi j’utilise le mot drogue pour parler du café? Si vous vous posez la question, c’est que vous n’avez jamais tenté d’arrêter d’en boire. Et si vous avez déjà tenté de stopper de boire du café, vous comprenez exactement ce que je veux dire… Le café peut provoquer de l’insomnie, de l’hypertension, il peut aussi déshydrater et donner des maux de tête. Comme le THC qui est présent dans plus d’une plante, on retrouve de la caféine dans une soixantaine de plantes dont le thé et le cacao sont les plus connus.

Je ne reviendrai pas sur le mécanisme qui fait passer la caféine de l’estomac à la circulation sanguine pour ensuite stimuler le système nerveux central. Certaines personnes peuvent boire du café avant de se coucher sans problème. D’autres doivent limité leur consommation, car le café leur donne des brulements d’estomac. Voilà ce que je disais dans l’épisode 5 dédié au café et au cannabis.

Je vous pose une question personnelle : pour bien dormir le soir, vous devez limiter votre consommation à combien de tasses de café par jour?

Je vous entends de loin là : 2, 3, 5, 6 cafés par jour, ça dépend pour chacun. Ça dépend de quoi? Ça dépend entre autres de votre SNC… et de ce qui s’appelle la loi de l’effet. La loi de l’effet est un concept très simple, mais très puissant qui s’articule en trois temps.

  1. Chaque être humain est une usine différente de celle du voisin ou même du frère ou de la sœur. On peut être haut répondeur à telle ou telle molécule et faible répondeur à telle ou telles autres molécules. Moi je suis haut répondeur au café et bas répondeur à l’acétaminophène. 
  2. La substance consommée n’est jamais la même dans le cas des drogues récréatives. 
  3. Troisième et dernier élément de la loi de l’effet, le contexte. Boire du champagne quand on est triste ne provoque pas les mêmes effets qu’après avoir gagné la Coupe Stanley… 

Voici ce que je disais dans l’épisode 5 à propos du café…

… faut que je vous raconte l’histoire de Floyd Landis. Landis est un producteur de CBD aux États-Unis. Mais avant ça, c’était un coureur cycliste. Toujours dans la drogue. Le champion Lance Armstrong l’avait repéré et voulait l’avoir comme équipier. Alors Armstrong donne rendez-vous à Landis dans un café à Gérone en Espagne. Quand Armstrong arrive, Landis est déjà assis à la terrasse et boit un cappucino. Il en offre un à Armstrong. Et un deuxième. Et un troisième. Armstrong lui demande alors : «Heille gars, ça fait combien que tu bois?»

 

28 répond Landis. 

28 cappucinos juste pour commencer la journée…

Je vous raconte cette histoire pour illustrer plusieurs éléments différents. Les éléments de ce que la science appelle la loi de l’effet. 

Landis est l’exemple parfait du problème d’accoutumance ou la dose doit être augmentée sans cesse pour maintenir le niveau et la qualité de l’effet. C’est bon pour le café, mais aussi pour les amphétamines par exemple, la drogue des ploucs en cyclisme.

OK, luc, mais c’est quoi les symptômes génériques de la dépendance? Ça tombe bien, je les ai recensés.

Les symptômes génériques de la dépendance sont les suivants :

  • Tremblements
  • Transpiration excessive
  • Irritabilité
  • Concentration difficile
  • Troubles du transit 
  • Sommeil troublé
  • Anxiété 
  • Attaques de panique
  • Maux de tête
  • Vertiges
  • Douleurs physiques
  • Fatigue
  • Hallucinations…

Ça ressemble aux symptômes de sevrage du café… sauf pour les hallucinations.

Pouvant survenir 12 heures après la dernière ingestion, ces symptômes dureront entre 2 et 10 jours selon les individus et les habitudes de consommation.

La recherche Caffeine Withdrawal publiée en avril 2022 résume bien la situation… et là c’est plus ou moins texto…

La caféine est un stimulant du système nerveux central (SNC) de la classe des méthylxanthines et l’une des drogues les plus utilisées dans le monde. La caféine est légale, pas cher et non règlementée dans presque toutes les régions du monde. De multiples études ont démontré que le syndrome de sevrage à la caféine est une entité cliniquement pertinente et qu’il est inclus dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e édition; DSM-5; American Psychiatric Association, 2013).

Les médecins travaillant dans les services d’urgence (ED) et à l’hôpital doivent connaitre ce syndrome lorsqu’ils rencontrent des patients présentant des symptômes pertinents, car ils se superposent à des symptômes tels que l’anxiété, la dépression, les troubles de l’humeur, l’insomnie. Ils peuvent également être à l’origine de signes vitaux anormaux, comme la tachycardie, l’augmentation de la fréquence respiratoire et une pression artérielle basse ou élevée, et à ce titre, ils peuvent présenter un défi diagnostique et/ou être à l’origine d’un bilan inutile aux urgences.

Maintenant que nous avons un terrain commun, grâce au café, pour comprendre la base du concept de dépendance, on peut regarder comment la dépendance et le sevrage du cannabis opèrent…

Quels sont les signes de la dépendance au cannabis avant de voir les symptômes du sevrage?

Est-ce que tu passes tes journées à penser à ta consommation et tes achats de produit? Ça commence mal… Quand la vie quotidienne est centrée autour de la consommation, il y a une perte évidente de qualité de vie et d’autonomie. Qu’il s’agisse d’héroïne ou de cannabis… La France a déjà eu un immense ministre de la Culture qui était un consommateur fonctionnel d’opium. Alors oui, on peut consommer des substances tout en étant fonctionnel. Mais un consommateur peut être fonctionnel et en état de dépendance face au cannabis ou à l’héroïne.

La traitrise des substances provient de leur accaparement progressif, mais sournois de l’espace mental… 

Il y a plein de gens, la majorité peut-être, qui ne développeront jamais de problèmes d’accoutumance lourds au cannabis. Par contre, c’est officiel, le cannabis fait maintenant partie du fameux DSM-5, le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. En français, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.

La plus récente version combine les diagnostics d’abus et de dépendance à un nouveau et unique trouble d’utilisation d’une substance.

Dans les Critères diagnostiques du trouble d’utilisation du cannabis, une utilisation problématique du cannabis est révélée par l’apparition d’un minimum de 2 des 11 critères suivants sur une période de 12 mois.

Le DSM-5 propose des niveaux de sévérité. 

La présence de 2-3 symptômes indique une sévérité légère.

4—5 symptômes? Sévérité modérée

6 symptômes ou plus? On tombe dans la sévérité sévère.

Voici donc ces critères du DSM-5 pour reconnaitre une consommation de cannabis qui relève de la dépendance : 

  1. Augmenter la consommation en quantité et fréquence
  2. Tenter de diminuer ou de controler la consommation du cannabis
  3. Consacrer de plus en plus de temps à l’obtention et à la consommation
  4. Penser à sa consommation de plus en plus fréquemment
  5. Manquer à ses obligations pour consommer ou à cause de la consommation
  6. Ne pas stopper sa consommation pour rectifier l’apparition de problèmes causés par cette dernière
  7. Réduire ses activités sociales et autres pour consommer
  8. Consommer à des moments de risques physiques
  9. Consommer en dépit d’être conscient des problèmes causés par le cannabis
  10. Tolérer de plus en plus le cannabis
  11. Vivre un sevrage sévère ou consommer pour éviter le sevrage.

En complément, le DSM-5 propose des critères et des symptômes nouveaux pour le sevrage du cannabis.

 Critère 1 Il faut arrêter de consommer après une utilisation quotidienne sur plusieurs mois

Critère 2 Il faut, après une semaine sans consommation, oui justes 7 petits jours, faire l’expérience de 3 ou plus des états suivant :

  • Irritabilité, agressivité ou colère
  • Nervosité ou anxiété
  • Trouble du sommeil
  • Diminution de l’appétit ou perte de poids
  • Agitation
  • Humeur dépressive
  • Une gêne physique réelle causée par l’un des facteurs suivants : douleur abdominale, tremblements, sueurs, fièvre, frissons ou maux de tête

Le DSM-5 propose ensuite un critère sur les effets du sevrage que nous venons de voir. Si le sevrage crée globalement de la détresse ou une modification des comportements sociaux et professionnels, il y a un problème. Merci DSM-5!

Le DSM-5 propose également de vérifier que les signes, les symptômes, que nous venons de détailler ne sont pas causés par une condition médicale ou mentale différente. C’est gentil. 😉

Finalement le DSM-5 nous informe que la majorité des symptômes apparaissent rapidement, soit entre un et trois jours après l’arrêt de la consommation. Les symptômes culminent dans la première semaine, mais peuvent durer jusqu’à deux semaines. Les troubles de sommeil? Ça peut prendre un mois…

Ne reculant devant aucun sacrifice, j’ai regardé sur YouTube des tonnes de vidéos ou l’on explique les difficultés pour stopper l’usage du cannabis. Tous reprennent les symptômes que je vous ai déjà présentés. Beaucoup de ces vidéos m’ont aussi parlé de Dieu qui était là pour m’épauler dans mes choix d’abstinence. Je remercie aussi tous ces Dieux-là! Ce que je retiens de ces vidéos, c’est qu’il y a beaucoup plus de gens qui ont des problèmes de consommation que je le croyais. Les témoignages sur les difficultés pour arrêter sont parfois très émouvants.

Il est important de dire que le DSM-5 ne fait pas l’unanimité. On accuse ses auteurs de vouloir transformer en besoin de soins, des états humains normaux. Tous les symptômes que nous avons vus précédemment peuvent exister chez une personne en bonne santé physique et mentale.

Alors la question qui s’est ensuite imposé à mon esprit est la suivante :

Quel est le % de la population qui va développer des problèmes de consommations? 

Il y a peu de chiffres. J’ai trouvé une recherche publiée en 2015 par le National Institute on Drug Abuse, le NIDA, qui affirmait alors que 30 % des consommateurs de cannabis vont développer un problème d’utilisation. La recherche conclut que l’augmentation de la prévalence des troubles liés à la consommation de marijuana est due à une augmentation de la prévalence des consommateurs dans la population adulte américaine et non pas à une augmentation du risque. Donc selon cette étude, un consommateur de cannabis sur 3 va développer des problèmes de consommation. Si on accepte ce %, cela veut dire que 70 % des consommateurs n’auront jamais aucun problème de dépendance au cannabis. C’est une bonne nouvelle, je crois. Même si je ne crois pas trop au chiffre de 30 %. Si vous connaissez des chercheurs qui ont des chiffres pour le Québec ou le Canada, faite-moi signe. Il est clair que je préfèrerais faire parler un spécialiste. Si vous êtes un spécialiste et que je dis des bêtises, vous avez l’obligation morale de m’appeler pour me corriger. Luc Prévost. 450. 552.35.05.

J’ai été chanceux de découvrir une étude de 2007 dans laquelle le même NIDA affirmait que seulement 9 % des consommateurs qui allaient développer un problème de consommation de cannabis. En quelques années, le profil des consommateurs à risque serait donc passé de 9 % à 30 %… Je n’ai pas d’explication. J’ai bien sur une OVNI, une opinion vulgaire non informée sur le sujet, mais elle est trop ridicule pour que je la partage…

Alors, sait-on pourquoi certaines personnes vont devenir dépendantes et d’autres pas? Moi, je ne sais pas. Et je n’ai pas trouvé d’explications scientifiques récentes assez substantielles pour les partager. 

Par contre, je peux vous parle de Rat Park. C’est le nom d’une expérience du chercheur Bruce Alexander qui date déjà des années 70. À l’époque on savait déjà que des rats isolés seuls dans une cage avec deux bouteilles de liquides, une remplie d’eau pure et l’autre remplie d’eau coupée avec de la cocaïne ou de l’héroïne, et bien ces rats allaient boire de l’eau coupée avec de la drogue jusqu’a une overdose mortelle. Alexander à osé penser, à l’extérieur de la cage si je peux me permettre. Le chercher a osé se demander s’il s’agissait d’un problème de rat ou d’environnement. Son expérience était simple à réaliser… Il a repris les mêmes deux bouteilles, mais il les a disposées dans un parc à rat, comme un skate park, où les rats pouvaient jouer, socialiser et baiser. Le résultat final? Les habitants du parc à rat préféraient l’eau plate. Les rats qui prenaient de la drogue dans la deuxième bouteille le faisaient par intermittence, sans compulsion et sans surdose. 

Je connaissais l’existence de cette étude depuis plusieurs années, mais c’est aussi la première fois que je lisais dans ma recherche pour l’épisode que d’autres chercheurs ont tenté de reproduire l’expérience d’Alexander sans succès. Cela ne veut pas dire qu’elle est mauvaise. Cela veut dire qu’il y a des doutes.

L’augmentation supposée des niveaux de THC depuis les années 70 est souvent avancée comme raison des problèmes d’accoutumance. J’avoue ne pas trop y croire, mais je ne vous demande de me croire. 

On sait que les enfants de parents alcooliques peuvent avoir une prédisposition génétique pour l’alcool. Une étude de 2020 soutient que l’usage problématique du cannabis pourrait avoir une composante génétique similaire. Du coup, il serait possible de faire une une distinction entre la responsabilité génétique dans l’usage inapproprié du cannabis versus le trouble de l’usage du cannabis qui serait de la responsabilité de l’individu. Il est évident que les enfants de parents alcooliques ont des tonnes d’autres bonnes raisons pour vivre un dérèglement de leur pilote automatique dans la vie. Tout comme l’obésité est un phénomène contagieux, une enfance pas normale a de fortes chances de venir nous embêter aux détours de nos consommations et autres excès. Après tout, la santé mentale est aussi importante que la santé physique pour évoluer sereinement dans son environnement.

Je ne ferai pas le tour des traitements disponibles pour les gens qui voudraient arrêter de consommer. J’ai envie de dire… Faites vos recherches et consultez! Mais en gros, j’ai trouvé 3 grands types de thérapie.

  1. Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
  2. Gestion des imprévus par la récompense
  3. La thérapie d’amélioration de la motivation 

Une thérapie ne vous amuse pas?

Vous avez trois solutions de type volontaristes.

  1. Vous pouvez changer votre environnement social 
  2. Vous pouvez vous concentrer sur vos raisons spécifiques pour arrêter de consommer 
  3. Vous pouvez trouver des nouveaux passetemps.

J’imagine que votre médecin pourrait aussi vous prescrire un assommoir chimique pour vous calmer le pompon pendant que vous décrochez de votre dépendance. Le problème de cette solution est que vous risquez de devenir accro à une substance plus dangereuse que le cannabis…

On a vu ce que le corps peut subir comme stress ou symptômes quand on arrête de consommer du cannabis. Mais que se passe-t-il au niveau du SEC? Ça tombe bien, il y a une recherche de 2012, ce n’est pas la seule évidemment, qui a trouvé ceci et la je cite texto :

La consommation chronique de cannabis peut entraîner une dépendance. Des études sur les rongeurs montrent une régulation réversible à la baisse des récepteurs cannabinoïdes CB1 (récepteurs cannabinoïdes de type 1) du cerveau après une exposition chronique au cannabis. Cependant, on ne sait pas si cette régulation se produit chez les humains qui fument du cannabis de façon chronique.

Cette recherche a donc démontré qu’après 4 semaines d’abstinence, la densité des récepteurs CB1 est revenue à la normale. Vue négativement ou dans une perspective du contrôle des méfaits du cannabis comme dirait le législateur québécois, la régulation négative des récepteurs cannabinoïdes CB1 corticaux en tant que neuroadaptation pourrait favoriser la dépendance au cannabis dans le cerveau humain. Autrement dit, trop consommer stresse le SEC et crée une dépendance.

On sait aussi que le cannabis pour l’humain peut être soit gratifiant soit aversif. Je connais plein de gens qui doivent arrêter de consommer dans la soixantaine, car les effets négatifs du cannabis sont devenus exorbitants en comparaison des plaisirs obtenus.

Et là on retrouve la réponse à la question posée dans cet épisodique. Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis? Et bien cela peut varier d’un individu à l’autre, car l’expression des récepteurs CB1 et CB2 peut différer dans le cerveau de différents sujets. 

C’est comme le café. Ou le ritalin. 

Alors, que se passe-t-il quand on arrête le cannabis?

J’ai lu une belle histoire dans un article sur le cannabis.

Une fois, c’est l’histoire d’un gars qui trouve que sa consommation d’alcool devient problématique. Ok. Il arrête de boire et commence a fumer du cannabis. Le gars réalise qu’il est super bon pour ses enfants quand il a un peu consommé avant de mettre sa casquette de papa. Tout est devenu plus facile, même de transporter ses enfants au soccer. Et que se passe-t-il quand il doit faire ces taches à jeun? S’occuper de ses enfants devient plus lourd et pas drôle…

Il n’existe aucune drogue sans effets négatifs. Aucune. On sait que le syndrome de la bouche sèche est un effet secondaire connu qui serait dû à l’activation des récepteurs CB1 par le THC tandis que simultanément le CBD s’y oppose, avec une puissance similaire. 

C’est un effet secondaire qui se remarque facilement. Il est impossible qu’il n’y ait pas d’autres effets secondaires plus discrets. Si notre SEC existe pour réguler le corps par homéostasie, on peut penser que chaque bouffée de fumée ou chaque mangeable de cannabis ingurgité vient noyer notre SEC dans un déluge supplémentaire de molécules exogènes, qui ne proviennent donc pas naturellement de notre corps. 

Je prends le sang comme exemple. Chaque humain a une quantité X dans son corps. Je connais des gens qui vont en Suisse pour le faire changer. Cela permet d’éviter de faire une longue cure de désintoxication de cocaïne par exemple. Mais je ne connais personne qui va tenter d’augmenter son volume total de sang.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

On se ramasse!

Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis?

La majorité des gens semble sortir d’un état qui ressemble à une intoxication.

Du latin classique toxicum, «poison». Comme dans le mot toxine.

Je ne suis pas sur que le mot intoxication soit le bon.

Mon dictionnaire me dit qu’une intoxication est l’Effet nocif d’une substance toxique sur l’organisme ainsi que l’ensemble des troubles qui en résultent.

Le corps humain ne fabrique pas d’alcool. Voilà la différence. L’humain à un SEC. Pas une distillerie.

Mais même s’il n’y a pas d’intoxication, on pourrait parler d’un surplus, disons, il est clair que la plupart des humains qui cessent de consommer vont vivre un sevrage et des problèmes biopsychosociaux. 

Le prix à payer va différer pour chaque individu. 

Personnellement, en fumant, j’ai appris que je dois renoncer à me rappeler de mes rêves. C’est un prix qui parait ridicule. Mais les rêves ont une fonction. Cette fonction est-elle moins importante dans l’histoire de l’humanité que la découverte du cannabis? Je ne sais pas, mais j’en rêve… quand je suis réveillé.

Et voila, c’était le XXe épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

#129 Pot flânage (2022.11.30)

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128 Pot flânage (2022.11.23)

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#127 Pot flânage (2022.11.16)

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126 Pot flânage (2022.11.09)

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#125 Pot flânage (2022.11.02)

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Alors aujourd’hui, par où va-t-on commencer à flâner? C’est important de tourner en rond à la bonne place… Et je pense que j’ai trouvé un bon spot pour nous lancer. Vous avez tous bien vu que l’industrie canadienne du cannabis tente de faire des pressions sur le...

#124 Pot flânage (2022.10.26)

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#114 Tabac vs  cannabis, c’est quoi la différence pour les poumons?

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Et oui, je me suis ennuyé de vous et de la production des épisodes de toPot. J’ai profité de ce repos pour travailler sur le prochain projet que je vous présenterai officiellement dans quelques jours.

Le site www.bonstock.quebec avance bien hors ligne. J’ai mis en ligne une version minimaliste pour les gens qui voudraient s’inscrire à l’infolettre qui accompagne le site.

J’ai écrit une dizaine d’articles pendant mes vacances pour que toutes les catégories du site aient du contenu pertinent. J’ai hâte de vous présenter les nouveaux producteurs autorisés (PA) que j’ai rencontrés. Je pense à Vincent de Green Culture Verte. Je pense aussi à Alexandre de Teca Canna. J’ai aussi trouvé, par hasard, un PA qui paye les études de ses employés… Et le microproducteur Julien de Juste Feu qui nous montre l’agrandissement de son usine pour fournir à la demande. Entre autres…

L’industrie du cannabis ne va pas très bien, mais il y a des belles histoires à raconter et Bon Stock va pouvoir relayer très efficacement ces informations.

ToPot aura d’ailleurs sa page sur Bon Stock. Évidemment, il y a une page et un groupe Bon Stock sur Facebook et LinkedIn. Je vous invite à venir nous rejoindre. 

Alors de quoi allons-nous discuter aujourd’hui? De cannabis! Mais de quoi en particulier? Et bien, je me suis levé un jour cette semaine et je me suis dit : c’est quoi la différence pour les poumons entre la fumée d’une cigarette commerciale de tabac et un joint de cannabis? 

La fumée tue. Ce ne sont pas les pompiers qui le disent. Ce sont les médecins qui s’intéressent aux problèmes de la cigarette de tabac. Mais qu’en est-il de la fumée du pot? De la boucane, c’est de la boucane, diront certains. Mais les amoureux des courses automobiles vous diront que ce n’est pas vrai et que la fumée des pneus Pirelli est aphrodisiaque…

Bonne écoute!

 

Transcription Intégrale de l'épisode #114

#114 Tabac vs  cannabis, c’est quoi la différence pour les poumons? 

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Et oui, je me suis ennuyé de vous et de la production des épisodes de toPot. J’ai profité de ce repos pour travailler sur le prochain projet que je vous présenterai officiellement dans quelques jours. Le site www.bonstock.quebec avance bien hors ligne. J’ai mis en ligne une version minimaliste pour les gens qui voudraient s’inscrire à l’infolettre qui accompagne le site. J’ai écrit une dizaine d’articles pendant mes vacances pour que toutes les catégories du site aient du contenu pertinent. J’ai hâte de vous présenter les nouveaux producteurs autorisés (PA) que j’ai rencontrés. Je pense à Vincent de Green Culture Verte. Je pense aussi à Alexandre de Teca Canna. J’ai aussi trouvé, par hasard, un PA qui paye les études de ses employés… Et le microproducteur Julien de Juste Feu qui nous montre l’agrandissement de son usine pour fournir à la demande. Entre autres… L’industrie du cannabis ne va pas très bien, mais il y a des belles histoires à raconter et Bon Stock va pouvoir relayer très efficacement ces informations. ToPot aura d’ailleurs sa page sur Bon Stock. Évidemment, il y a une page et un groupe Bon Stock sur Facebook et LinkedIn. Je vous invite à venir nous rejoindre. 

Alors de quoi allons-nous discuter aujourd’hui? De cannabis! Mais de quoi en particulier? Et bien, je me suis levé un jour cette semaine et je me suis dit : c’est quoi la différence pour les poumons entre la fumée d’une cigarette commerciale de tabac et un joint de cannabis? 

La fumée tue. Ce ne sont pas les pompiers qui le disent. Ce sont les médecins qui s’intéressent aux problèmes de la cigarette de tabac. Mais qu’en est-il de la fumée du pot? De la boucane, c’est de la boucane, diront certains. Mais les amoureux des courses automobiles vous diront que ce n’est pas vrai et que la fumée des pneus Pirelli est aphrodisiaque. Les fins observateurs savent que Pirelli ouvre maintenant les pages de son calendrier sexiste aux hommes. Les fans d’Iggy Pop, Brian Adams et de Bohan Phenix apprécieront leur présence cette année. Pirelli et l’industrie du cannabis ont plus que la fumée en commun. Une certaine idée de l’homme, disons.

Pour simplifier la discussion, on va aborder la discussion en segmentant informellement notre questionnement de la façon suivante :

Quelle différence entre la fumée de cannabis et la fumée de cigarette?

Le cancer et les fumées

Le fonctionnement des poumons et les fumées

Les fumées et les COPD

Ok, nous savons que la fumée du tabac tue. Parfois à petit feu, parfois en grande pompe. La fameuse bronchopneumopathie chronique obstructive, oui la bronchopneumopathie chronique obstructive qui est une affection à développement lent, dont les symptômes n’apparaissent généralement que vers la quarantaine ou la cinquantaine, et dont l’une des causes principales est le tabagisme. Elle touche autant les hommes que les femmes selon le Grand Dictionnaire terminologique du Québec où j’ai trouvé cette définition. En anglais on dit le COPD et je ne savais pas que cela voulait dire chronic obstructive pulmonary disease. En français, on dit BPCO ou broncho pneumo pathie chronique obstructive.

Beaucoup d’études semblent prouver que la fumée du cannabis ne provoque pas les mêmes effets que la fumée du tabac. Et c’est le moment de vous dire que je ne suis pas une personne de science. Je tente de comprendre dans mon coin avec vous. C’est ma seule prétention. Pour le reste, consulter votre pusher d’opinion habituel.

Alors, quelle est la différence entre la fumée de cannabis et la fumée de cigarette?

La première étude que j’ai trouvée sur la différence entre la fumée du tabac et du pot date de 2005. Le chercheur Robert Melamede a démontré que même si les deux sont similaires, on peut observer des différences fondamentales dans leurs propriétés pharmacologiques respectives. D’un côté des cannabinoïdes et de l’autre, de la nicotine. La conclusion de sa recherche est la suivante : 

Les données scientifiques disponibles, qui examinent les propriétés cancérigènes de l’inhalation de la fumée et ses conséquences biologiques, suggèrent les raisons pour lesquelles la fumée du tabac, mais pas celle du cannabis, peut entraîner un cancer du poumon.

Je vous résume les points saillants de son étude : 

  1. Les deux types de fumée génèrent des activités pharmacologiques différentes. 
  2. Les composants de la fumée de cannabis minimisent certaines voies cancérigènes 
  3. La fumée de tabac en renforce certaines. 
  4. Les deux types de fumée contiennent des substances cancérigènes pouvant renforcer les effets cancérigènes de la fumée. 
  5. Cependant, le cannabis régule généralement à la baisse la production de radicaux libres d’origine immunologique 
  6. Le THC inhibe l’enzyme nécessaire à l’activation de certains des carcinogènes présents dans la fumée. 
  7. La fumée de tabac, par contre, augmente la probabilité de carcinogenèse en surmontant les mécanismes normaux de protection des points de contrôle cellulaires 
  8. La nicotine présente dans le tabac favorise l’angiogenèse tumorale alors que le cannabis l’inhibe. 

Entre vous et moi, l’angiogenèse, c’est juste le processus de formation des vaisseaux sanguins. Angio veut dire vaisseau et génèse formation. Angiogenèse donc.

Robert Melamede avance que le vieillissement de la population des fumeurs de pot pourrait avoir des conséquences similaires à celui des fumeurs de tabac. C’est une affirmation qui est rarement relayée quand on parle de sa recherche. Évidemment, si tout le monde utilise des vaporisateurs, les dangers potentiels du cannabis disparaissent totalement.

Melamede suggère que les composés du cannabis «se sont avérés capables de tuer de nombreux types de cancer, notamment le cancer du poumon, le cancer du sein et de la prostate, la leucémie et le lymphome, le cancer de la peau et le phéochromocytome.»

Je ne savais pas ce qu’était un phéochromocytome… C’est juste une tumeur qui se manifeste par des accès d’hypertension selon mon dictionnaire.

Melamede est un chercheur remarquable. Les curieuses pourront consulter le lien dans les notes de l’épisode pour regarder sa remarquable conférence sur le système endocannabinoïde. 

Les fumées et le cancer

Que savons-nous vraiment des dangers de la fumée du cannabis pour le cancer? Dans une étude qui donne le vertige par son ampleur, le chercheur Donald Tashkin de l’université de Californie à Los Angeles s’est dit surpris de voir ses hypothèses négatives contrariées par sa recherche… 

Ce pneumologue qui étudie la marijuana depuis plus de 50 ans a trouvé que fumer du cannabis régulièrement et en grande quantité, n’entraine pas de cancer du poumon.

Il croyait qu’il allait prouver une association positive entre le cancer du poumon et la consommation du cannabis. Sa recherche à prouver l’inverse, il n’y a pas de corrélation ou de causation entre le fait de consommer du cannabis par combustion et le fait de développer un cancer du poumon. D’autres recherches prouvent la même chose, celle du chercheur Hashibe qui concluait ainsi en 2006 sa recherche intitulée Marijuana Use and the Risk of Lung and Upper Aerodigestive Tract Cancers :

«Nos résultats peuvent avoir été affectés par un biais de sélection ou une erreur dans la mesure de l’exposition au cours de la vie et des antécédents des facteurs de confusion; mais ils suggèrent que l’association de ces cancers avec la marijuana, même à long terme ou en cas de forte consommation, n’est pas forte et peut être inférieure aux limites pratiquement détectables.» 

Cette étude a porté sur 1 200 personnes de Los Angeles atteintes d’un cancer du poumon, du cou ou de la tête et sur 1 040 autres personnes sans cancer. Le niveau de la consommation forte était défini comme le fait d’avoir fumé entre 11 000 et 22 000 joints dans sa vie. 

22 000 joints c’est 5 joints par jour pendant 12 ans. Même les consommateurs qui avaient plus de 22 000 joints derrière la cravate ne présentaient aucune incidence accrue des trois cancers étudiés.

La mauvaise nouvelle pour les fumeuses de tabac c’est que les plus récentes recherches indiquent que les ex-fumeurs et les fumeurs «raisonnables», ceux qui fument que quelques fois par jour, et bien, ils souffrent tous d’une réduction de leur fonction pulmonaire par rapport aux personnes n’ayant jamais fumé de tabac. La morale de cette histoire? Tous les gens, qui fument du tabac et peu importe la quantité, vont souffrir de lésions pulmonaires.

Une méta-analyse publiée en 2014 dans le Journal of cancer rapporte des résultats similaires. Dans le bouquet des études recensées, plusieurs présentaient des données contradictoires. Dans tous les cas, les chercheurs ont réalisé que les fumeurs de cannabis étaient également des consommateurs lourds de tabac…

Le fonctionnement des poumons et les fumées

On va maintenant s’intéresse à une recherche publiée en 2015 intitulée Les effets de l’exposition à la marijuana sur le flux d’air expiratoire. Les chercheurs ont tenté de déterminer les conséquences de l’exposition récente et chronique à la fumée de cannabis en fonction de paramètres spirométriques mesurables de la fonction pulmonaire et les symptômes de santé respiratoire dans une grande cohorte d’adultes américains. Les conclusions, encore une fois, vont à l’encontre des idées populaires sur le sujet…

Ainsi, pour un large échantillon d’adultes américains, fumer du pot pendant toute une vie n’a pas été associée à des changements négatifs dans les mesures spirométriques de la santé pulmonaire. 

Je rappelle qu’un spiromètre est un appareil qui mesure la capacité respiratoire des poumons

Les fumées et les BPCO ou broncho pneumo pathie chronique obstructive.

Il existe un consensus scientifique pour qualifier le tabagisme comme étant un facteur de risque majeur pour développer une inflammation chronique des voies respiratoires. Mais la fumée de cannabis est différente et c’est un médecin chercheur de l’Université McGill, M. Mark Ware, qui affirme ce qui suit :

«Fumer du cannabis ne semble pas augmenter le risque de maladie pulmonaire obstructive chronique ou de cancers des voies respiratoires… Les efforts pour développer des systèmes d’administration de cannabinoïdes plus propres peuvent et doivent se poursuivre, mais au moins pour le moment, (ceux) qui fument de petites quantités de cannabis à des fins médicales ou récréatives peuvent respirer un peu plus facilement.»

En résumé :

  1. Fumer du cannabis ne se compare pas à fumer du tabac en ce concerne les risques respiratoires 
  2. Les substances cancérigènes, gaz toxiques et autres particules présentes dans le cannabis en combustion ne semblent pas augmenter le risque de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou de cancers des voies respiratoires. 
  3. À faible dose, la fumée de cannabis pourrait être protectrice pour ces deux maladies. 

Maintenant La fumette technologique

Et le bong? Est-ce que le bong est un outil qui aide à préserver la santé des consommateurs de cannabis? D’après ce que j’ai pu lire et comprendre, le bong ne sert à presque rien, si ce n’est de refroidir la fumée. Et pour refroidir la fumée, on peut aussi fumer dans une banane ou une pomme congelée, si on est mal pris. Et je n’aborde même pas l’état de propreté des bongs que je vois sur les réseaux sociaux. Ça fait peur…

Non, pour éliminer les produits dangereux générés par la combustion, cela prend un autre genre d’outil. Un vaporisateur. Le vaporisateur chauffe le cannabis en dessous de son point de combustion. Cela réduit la création et l’absorption de monoxyde de carbone et de goudron, par exemple. Le buzz peut être rapide et la technique permet d’éviter ou de réduire les problèmes respiratoires communs comme la toux. Les vaporisateurs sont de plus en plus populaires. J’avoue que j’en ai acheté plusieurs dans ma vie sans jamais trouver un modèle qui me plaise. C’est à ça que servent les Clubs Sociaux de Cannabis. Entre autres. On peut y tester de façon sécuritaire ce type d’équipement avec des gens qui sont près à partager leurs expériences et leurs savoirs. Les curieuses pourront écouter ou réécouter l’épisode #60 intitulé Les Clubs Sociaux de Cannabis, la solution pour le Québec? . Si vous avez des recommandations pour le meilleur vaporisateur au monde, votre partage est bienvenu.

Pourquoi aborder un tel sujet? 

Le Québec et le Canada peuvent être des influenceurs dans la marche mondiale du cannabis vers sa légalisation. La France dans sa grande expérimentation sur le cannabis médical exclut la combustion de son protocole de recherche. Pauvre France qui a oublié de lire la recherche scientifique disponible… Elle agit comme certains États américains qui interdisaient la combustion pour légaliser le cannabis médical… Les préparations orales de cannabis ont leur place dans la pharmacopée. Pour les patients très souffrants, la combustion apporte un soulagement immédiat dont ils ne devraient pas être privés. Et si effets secondaires il y a, on pourrait les comparer aux effets secondaires des médicaments les plus populaires… Y’a pas photo…

Je vous donne un exemple pour le ZOPICLON, qui est un médicament très populaire pour les gens qui ont des problèmes de sommeil

Les effets secondaires connus sont les suivants :

  • agressivité;
  • anxiété ou agitation pendant le jour;
  • confusion (plus fréquente pour les aînés);
  • difficultés de coordination (plus fréquentes pour les personnes âgées);
  • effets de sevrage (par ex. des crampes abdominales, des vomissements, de la sudation, des tremblements, des crises convulsives);
  • essoufflement;
  • hallucinations (voir ou entendre des choses qui n’existent pas);
  • maladresse ou manque de stabilité (plus fréquemment pour les personnes âgées);
  • modifications du comportement (par ex. excitation, hyperactivité, comportement violent);
  • problèmes de mémoire (plus fréquents pour les personnes âgées);
  • respiration difficile ou laborieuse;
  • signes de dépression (par ex. un manque de concentration, des fluctuations pondérales, des changements du sommeil, désintérêt à l’égard de nombreuses activités, des pensées suicidaires);
  • somnambulisme;
  • somnolence (importante).
  • pensées relatives à l’automutilation ou au suicide;

La liste est plus longue, mais vous avez compris le principe.

Pour y voir plus clair, j’ai trouvé une remarquable recherche longitudinale. Le Dunedin Study a documenté l’usage du cannabis et des fonctions pulmonaires de plus de mille adultes. Il s’agit peut-être du corpus de données le plus exhaustif au monde sur la consommation de cannabis et la fonction pulmonaire. Les chercheurs ont constaté une forme d’emphysème chez certains patients parmi les 1037 participants. Ils appellent ça le Bong Lung.

Trois méthodes ont été utilisées pour cette étude. La spirométrie que nous connaissons déjà. La plé-thys-mo-graphie également qui est un ensemble de méthodes servant à mesurer des volumes. 

Comment on fait ça? On installe les personnes dans des cabines étanches qui permettent de mesurer les variations de pression. C’est ainsi que l’on teste le facteur de transfert du monoxyde de carbone.

La conclusion est intrigante. L’usage du cannabis est relié à des volumes pulmonaires plus élevés. Cette étude apporterait donc une première preuve d’une altération du transfert gazeux causée par la consommation du cannabis. Mais personne ne comprend pourquoi ce phénomène apparait. Le Bong Lung serait une réalité à ne pas balayer sous le tapis…

Si vous le permettez, je vais conclure avec une recherche qui remet en cause beaucoup de certitude. Il n’y a pas longtemps, le SEC n’était connu de personne. PERSONNE. Il n’est toujours pas enseigné dans les écoles de médecine, mais en 2022, personne ne remet en cause l’existence du SEC.

L’étude Le microbiome pulmonaire régule l’auto-immunité du cerveau, et la je cite texto démontre l’existence d’un axe poumon-cerveau dans lequel le microbiome pulmonaire régule la réactivité immunitaire du tissu nerveux central et influence ainsi sa susceptibilité au développement de maladies auto-immunes.

Juste pour nous orienter, un microbiome décrit l’ensemble des microorganismes d’un environnement donné. Il y a un microbiome intestinal comme il y a un microbiome pulmonaire. 

Pour la thérapie, cette découverte ouvre de nouvelles fenêtres de traitements pour les troubles infectieux ou dégénératifs.

D’un point de vue médical, c’est énorme. Les infections pulmonaires, le tabagisme, les manipulations thérapeutiques et les facteurs environnementaux pourraient donc tous agir sur le microbiome pulmonaire et donc influencer la réactivité immunitaire du cerveau. Il est largement documenté que les gens riches vivent dans des quartiers où l’air est meilleur. On a qu’a pensé aux gestionnaires du pont Champlain qui étaient très à l’aise pour faire circuler des milliers de voitures dans des bretelles de contournement qui touchaient uniquement des populations pauvres. 

Ok on revient au cannabis et à une question que je me posais depuis très longtemps…

Est-ce que le fait de retenir son souffle dans l’espoir d’augmenter le buzz fonctionne?

Avoir le visage rouge et être sur le point d’exploser peut donner l’impression que l’effet du cannabis est plus fort. L’idée derrière le geste repose sur le gonflement des poumons qui ouvriraient des zones jusque-là intouchées par les vapeurs de cannabis. Cette action créerait une plus grande disponibilité pour transférer le THC dans le sang par le biais des alvéoles pulmonaires exposées par le gonflement. J’appelle ça l’effet pruneau. Avant d’être tout ratatiné, le pruneau est une belle prune rondelette. 

Dans les faits, il faut à peine 3 secondes pour que le THC fumé soit transféré dans le sang. Et le fait de tousser produit l’effet inverse à celui recherché… La quantité d’oxygène dans le corps augmente instantanément, réduisant du même coup la concentration de THC.

Quand on retient son souffle assez longtemps, le corps, privé d’oxygène, subit une baisse de pression provoquant du même coup un étourdissement léger jusqu’à la prochaine respiration. Voilà comment des millions de gens se croient plus stones alors qu’ils ne sont qu’étourdis par le propre comportement. Cela me fait penser à la première fois que j’ai fumé. C’était en France il y a des millions d’années. Je que je croyais être l’effet du hach n’était que l’effet du tabac que m’a rendu plus ou moins malade. 

Le parodoxe du cannabis

Pour conclure, j’aimerais évoquer le paradoxe du cannabis. Le cannabis, dans toute sa splendeur, propose un conflit d’interprétation. L’évolution humaine à donner au SEC un rôle d’homéostasie. L’homéostasie, ce n’est que la stabilisation des différents phénomènes physiologiques chez les organismes vivants. On peut aussi parler de l’homéostasie du risque qui consiste, quand on a des meilleurs freins sur son vélo ou sa voiture à freiner plus tard. Le risque reste le même en dépit des avantages technologiques. C’est exactement ce qui se passe dans le cyclisme professionnel ou les freins à disque se sont imposés dans les 4-5 dernières années. 

Les cannabinoïdes sont présents naturellement dans le lait maternel. Un des premiers doping officiellement reconnus dans les Jeux de la Grèce Antique consistait à boire le lait d’une femme enceinte avant la compétition. Déjà, les athlètes avaient une intuition précise du système endocannabinoïde.

Pour le reste des humains rampants comme vous et moi qui ne sont pas des dieux du stage, et bien, toute notre vie, les endocannabinoïdes participent à la gestion de notre corps en réduisant l’inflammation ou en régulant le rythme du cœur. Le SEC nous aide à réduire les dommages que nos activités génèrent. Le SEC est donc particulièrement actif pour réduire les dommages causés par le vieillissement.

Est-ce que fumer du cannabis est aussi dangereux que fumer du tabac?

On peut, je pense, affirmer que la fumée du cannabis est beaucoup moins dangereuse.

Est-ce que fumer du cannabis est sans danger?

Non. Tout comme manger peut être un danger si on mange mal ou trop.

Est-ce que fumer du cannabis est bon pour la santé?

Je vais me contenter de dire que le cannabis semble très utile pour réduire ou éliminer certaines pathologies.

Alors est-ce que la fumée du cannabis vous fait encore peur? Vous avez surement raison de ne pas croire les arguments que je vous ai présentés. Après tout, je ne suis pas un spécialiste.

Vous croyez qu’exposer vos poumons à des fleurs que l’on fait pousser légalement avec près de 100 produits agrotox autorisés par Santé Canada n’est pas une bonne chose?

Ça tombe bien, car vous allez bientôt pouvoir tester des nanoémulsions fabriquées au Québec par une famille québécoise…  

Et voila, c’était le 114e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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#124 Pot flânage (2022.10.26)

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#113 Sexy, le refus du marché légal?

#113 Sexy, le refus du marché légal?

Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas trop. C’est que je vous prépare un nouveau projet. Une sorte de magazine numérique avec beaucoup de vidéo, une infolettre, des textes sur l’actualité… Je vous en reparle à la fin de l’épisode et je vous propose de vous inscrire à l’infolettre Bon Stock pour ne rien rater. Ben oui, ça s’appelle Bon Stock. On ne peut pas faire plus Québécois. Je vous en reparle donc. Pour les impatients, c’est bonstock.quebec .

Que sait-on des gens qui sont fiers de consommer sur le marché noir? 

 Des centaines de fois par jour, des citoyens se font traiter d’épais parce qu’ils achètent simplement des produits légaux… Mais s’agit-il vraiment d’une hargne ou d’un état affectif que je n’ai jamais pris le temps d’identifier? Alors c’est aujourd’hui que j’explore pour comprendre un phénomène qui semble échapper à la raison, à la mienne en tout cas…

Donc, je me suis dit que j’allais comprendre la nature de ma propre réaction… Celle d’un découragement momentané doublé d’un jugement sur ma propre incapacité à répondre efficacement à de telles positions. Évidemment, je ne suis pas en croisade. Qu’un citoyen consomme des produits remplis de merde ou pas ne m’affecte aucunement. Pas une seconde en fait. Qu’il s’agisse de pot ou de mélatonine que Santé Canada ne recommande pas pour les enfants. Je ne dis pas que cela m’indiffère. Je précise que chaque citoyen est responsable de sa consommation. Alors, par où commencer?

Bonne écoute!

Lien pour le rapport des citations!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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126 Pot flânage (2022.11.09)

126 Pot flânage (2022.11.09)

Pot flânage! On fait le tour de l'actualité en prenant notre temps. Extraction à partir de la fumée de cannabis Culture verticale et désillusion technologique Diminution de l'intérêt du chanvre chez les agriculteurs américains Technologie brésilienne dans le cannabis...

#125 Pot flânage (2022.11.02)

#125 Pot flânage (2022.11.02)

Alors aujourd’hui, par où va-t-on commencer à flâner? C’est important de tourner en rond à la bonne place… Et je pense que j’ai trouvé un bon spot pour nous lancer. Vous avez tous bien vu que l’industrie canadienne du cannabis tente de faire des pressions sur le...

#124 Pot flânage (2022.10.26)

#124 Pot flânage (2022.10.26)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? On continue notre série Pot flânage. Ensemble, on va faire le tour des nouvelles et sujets d’intérêts dans l’univers du cannabis. Beaucoup de choses à partager avec vous. Et comme on vient tout juste de célébrer le...

#112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

#112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

Cette semaine, on reçoit sur toPot un entrepreneur québécois qui pourrait travailler dans plusieurs industries différentes! Heureusement, on est chanceux, il a choisi le cannabis! Maxime Paris est donc le fondateur et PDG d’EXKA, une entreprise spécialisée dans la génétique et l’extraction du cannabis. La vision d’EXKA est à la fois simple et complexe : devenir le standard de référence dans le domaine de la génétique et de l’extraction du cannabis.

Et que diriez-vous d’un cultivar qui ferait 37 % de THC?

Nous en discutons dans l’épisode. Et les curieuses vont trouver la fiche technique du Black Mountain Side… 

Le temps de floraison est de 9 à 10 semaines. Peu de feuilles. Pousse au début dans un Jiffy et ensuite dans du coco. La culture peut se faire en bunker, en serre ou en extérieur. C’est un des phénotypes de la variété «Girl Scout Cookies» qui contient du «Durban Poison» et du «0G Kush». Il s’agit d’une variété indica qui a fini à la troisième place de la Seattle Cannabis Cup en 2014. Ses bourgeons très denses sont verts avec des traces de violette. L’arôme du produit est doux et mentholé avec du linalol, de la caryophillene et de la limonène. Les curieuses et les PA intéressés vont aussi trouver dans les notes de l’épisode plusieurs rapports de laboratoire en prime. Merci à EXKA pour ce partage.

Bonne écoute!

LIEN pour le cultivar  37% de THC

https://mbe.io/BMS-EXKA

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

#129 Pot flânage (2022.11.30)

#129 Pot flânage (2022.11.30)

Toujours en mode flânage sur toPot. Et on se promène un peu partout: Cara Delevingne La victoire du BC Budtenders Union  Deux arnaques planétaires Les terpènes du gui La joke de Karl von Linné Se faire bannir à vie des États-Unis pour du CBD?  La révision de la Loi...

128 Pot flânage (2022.11.23)

128 Pot flânage (2022.11.23)

Cette semaine, on flâne encore une fois dans l’actualité du cannabis et on s’amuse! Les nouvelles licences de cannabis au Québec Réduction des effets du THC par le CBD… La science parle Bonsaïs de cannabis Le cannabis au Vietnam, une découverte La pyrogazéification du...

#127 Pot flânage (2022.11.16)

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#124 Pot flânage (2022.10.26)

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#110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

#110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

Jimbo Jones fait pousser légalement du pot à des fins médicales. Il a une carrière professionnelle normale, mais il reste anonyme pour plein de raisons que j’évoque fréquemment sur toPot… comme le facteur d’acceptabilité sociale qui est plus faible au Québec qu’ailleurs dans le reste du Canada. Cela dit, il ne cache pas ses opinions. Au contraire. Et vous allez voir que son discours est très structuré!

J’ai construit l’entrevue dans un format classique : le passé, le présent et l’avenir.

Alors, naturellement, on cherche les premières étincelles…

Jimbo, comment débute ta relation avec le cannabis?

#chanvre #cannabis #cannabiscommunity #Quebec #nature #smile #stressrelief #CBD #THC #toPot #QUÉCANN #AQIC #SQDC #JimboJones

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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128 Pot flânage (2022.11.23)

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#125 Pot flânage (2022.11.02)

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#124 Pot flânage (2022.10.26)

#124 Pot flânage (2022.10.26)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? On continue notre série Pot flânage. Ensemble, on va faire le tour des nouvelles et sujets d’intérêts dans l’univers du cannabis. Beaucoup de choses à partager avec vous. Et comme on vient tout juste de célébrer le...

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

Cette semaine, on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis. 

Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être dans les prochaines minutes dire des choses qui vont irriter vos convictions personnelles. Laissez-moi immédiatement contextualiser les informations que je vais partager.

L’utilisation que nous faisons des recherches est parfois ridicule. 

Je vous donne un exemple simple. La première étude dont je vous ai parlé aujourd’hui avec ses 26 participants a été publiée en 2020. Son titre est Effect of Cannabidiol and Δ 9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance A Randomized Clinical Trial.  Je l’ai dit, cette recherche prouve que les effets du THC se dissipent après 4 à 5 heures. La même recherche tendait aussi à démontrer l’absence de dangerosité de la conduite sous l’effet du CBD. Fabuleux non? Oui sauf que les auteurs de la recherche ajoutaient un énorme à leur étude, un bémol ignoré par la presse et tous les partisans du CBD… C’était quoi le bémol? Le voici…

Cependant, l’ampleur de l’effet pour le cannabis à dominante CBD n’a peut-être pas exclu une déficience cliniquement importante, et les doses testées ne représentent peut-être pas l’usage courant.

J’ai d’abord été surpris de voir des médias reprendre la nouvelle sans mentionner le bémol de fin. Puis je me suis dit qu’une majorette se contente de suivre la parade. 

Heureusement d’autres chercheurs ont vu ce bémol… Et je suis heureux de partager aujourd’hui avec vous une recherche qui a été publiée il y a exactement une semaine… Effects of cannabidiol on simulated driving and cognitive performance: A dose-ranging randomised controlled trial. 

Cette recherche répond au bémol de la recherche précédente. Comment?  Bonne écoute!

Liens pour l’épisode

BILAN ROUTIER 2021

Les caractéristiques socio-psychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool

Effect of Cannabidiol and Δ9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance

Driving Performance and Cannabis Users’ Perception of Safety

Standard operation procedures for conducting the on-the-road driving test, and measurement of the standard deviation of lateral position (SDLP)

High THC Blood Levels Do Not Equal Increased Intoxication: A Study

Association of Naturalistic Administration of Cannabis Flower and Concentrates With Intoxication and Impairment

Les caractéristiques sociopsychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool  Le vidéo

Les caractéristiques sociopsychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool Le PDF

Clearing the Smoke on Cannabis

Transcription de l'épisode #108

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

  • Aujourd’hui, on va discuter d’un sujet à la mode. Un sujet qui revient de plus en plus souvent dans les discussions au fur et à mesure que les médias publient les résultats de recherches. Oui, cette semaine on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis. 

Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être dans les prochaines minutes dire des choses qui vont irriter vos convictions personnelles. Laissez-moi immédiatement contextualiser les informations que je vais partager. Et laissez-moi vous donner un exemple. Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je suis un cycliste. J’aime le vélo sous toutes ses formes. J’ai un tandem de montagne avec freins à disque. Avec ma belle, on a roulé dans des forets de muscadier, ben oui la muscade pousse dans un arbre. On a fait du dérapage contrôlé sous des cathédrales de bambou. J’ai roulé un peu partout en Europe avec des inconnus et des coureurs du Tour de France. Et c’est à Boucherville que j’ai été le plus souvent agressé par des automobilistes. Au fil des ans, j’ai développé une méthode pour interpeler les fous qui se servent de leur véhicule de deux tonnes pour faire peur aux cyclistes. Quand j’ai l’occasion de répondre à un automobiliste qui m’agresse avec son véhicule, je commence toujours par lui dire bonjour et lui demander s’il a des enfants. Je lui propose alors de me donner son adresse pour que je puisse aller faire un tour sur sa rue pour traiter, en tout respect, ses enfants, sa femme ou sa grand-mère de la même façon. Pas plus, pas moins. Juste traiter les gens qu’il aime de la même façon qu’il vient de me traiter. 

Pas toujours, mais souvent, je vois le doute sur le visage de la personne pendant une fraction de seconde. 

Dans mon exemple, je parle d’un homme comme agresseur, mais il ne s’agit pas d’un privilège. Les femmes peuvent avoir des comportements similaires. En fait, j’ai une main qui est plus fragile que l’autre parce que j’ai frappé le capot d’une enseignante du Cégep Édouard Montpetit il y a 20 ans. J’ai eu le malheur de faire mon stop et frustrée d’être retardé d’au moins 3 secondes, elle avait fait mine de vouloir m’écraser en frappant ma roue arrière avec son parechoc avant. 

Donc, pendant cet épisode, à chaque détour, avant de dire que je surestime certains dangers, j’aimerais vous demander de penser à la personne la plus importante dans votre vie. Votre partenaire, votre enfant, un parent, peu importe. Imaginez cet être cher comme on dit dans les magazines bas de gamme, donc imaginez que la personne que vous aimez le plus au monde est en train de traverser une intersection très achalandée. Vous voyez l’intersection dans votre esprit? C’est clair? OK. Vous voyez la personne la plus importante au monde pour vous au milieu de cette intersection? OK! 

Et ben maintenant, imaginez que la prochaine voiture qui arrive est conduite par une personne qui vient de consommer du cannabis. L’effet est toujours intense. Pas une affaire folle. Juste un excellent buzz. Un bon buzz. Un conducteur moyen avec une intelligence moyenne comme vous et moi. 

Si vous ne ressentez aucune tension, vous êtes chanceux. Ou psychopathe. Moi, quand je fais cet exercice mental, je suis tendu. Parce que je sais comment je suis quand je consomme. Je suis bien, évidemment. Mais suis-je le meilleur conducteur que je peux être? Forcément, ma réponse est non. Cela ne veut pas dire que je suis mal. Cela veut simplement dire que je ne pourrais pas, par exemple, réagir parfaitement avec le maximum d’efficacité si la personne que vous aimez le plus au monde s’enfarge dans ses lacets. C’est le principe des accidents. On ne peut les prévoir, mais on peut parfois les éviter. Voilà le principe qui guide ma consommation et la conduite d’un véhicule motorisé. Imaginer que tous les gens qui je vais croiser sont toujours l’équivalent de la personne que j’aime le plus au monde. 

Ce n’est pas hier que les spécialistes ont commencé à s’intéresser à la conduite automobile avec facultés affaiblies. C’était même le titre d’une conférence qui a eu lieu en 2016. Cette rencontre organisée par l’Association des intervenants en dépendance du Québec, l’AIDQ, était la première rencontre du genre au Québec. 

D’une façon générale, on assiste à une baisse générale des décès et des blessés auquel auraient surement contribué les nombreuses campagnes de sensibilisation à une conduite prudente. En 2009, la catégorie d’âge 20-24 ans était responsable de 13 % des accidents de la route. Même s’il y a de plus en plus de jeunes conducteurs, en 2019, les 20-24 ans ne causaient plus que 11 % des accidents routiers bien qu’ils ne représentent que 6 % des permis de conduire en circulation au Québec. En 2016, il y avait déjà des tonnes d’inquiétudes reliées à la conduite sous influence. Mais depuis, de 2016 à 2020, le nombre de décès a diminué. de 15,0 % chez les 15 à 24 ans et de 8,5 % chez les 75 ans et plus. Par contre les décès ont augmenté de 27,4 % chez les motocyclistes et de 56,9 % chez les cyclistes. Y’en aura pas de facile.

Alors si tout va bien ou mieux, pourquoi aborder ce sujet?

Parce que certaines études qui relativisent la consommation de pot et la conduite d’un véhicule motorisé sont brandies comme des étendards par certains partisans de la cause du cannabis. Je vois de plus en plus de gens se vanter de conduire sous influence tout en brandissant des études qui seraient censées leur donner raison. Or on sait déjà très bien et des tests ont déjà été menés au Québec sur ce sujet, on sait très bien donc que le cannabis peut diminuer le niveau d’attention en plus d’avoir un impact sur la perception et les fonctions psychomotrices. Je pense même que le CAA Québec fait régulièrement ce genre de tests sur simulateur en plus de vrais tests routiers. 

Est-ce que tous les Canadiens ont un comportement similaire de conduite sous influence? 

Qu’est-ce que je disais? Ah oui…

Est-ce que tous les Canadiens ont un comportement similaire de conduite sous influence? 

Bonne question hein! 

Dans une étude qui date de 2018, on a demandé à un échantillon de consommateurs de cannabis s’ils conduisaient un véhicule motorisé dans les deux heures qui suivent la consommation. Alors selon vous quelle est la province où les gens conduisent le plus dans les deux heures qui suivent la consommation de cannabis? C’est le Nouveau-Brunswick où 52,4 % des gens interrogés. Et la province où l’on est le moins porté à conduire dans les deux heures qui suivent la consommation de cannabis? C’est le Québec avec 32 %. Les Latins canadiens seraient les plus conservateurs par rapport à conduite sous influence du cannabis. Comment expliquer cela? Je ne sais pas. C’est également au Québec que l’acceptabilité sociale pour le cannabis était la plus faible au moment de la légalisation en 2018. Je ne sais pas si les choses ont évoluées depuis, mais la popularité du parti au pouvoir au Québec me laisse croire que non. 

C’est le temps de regarder ce que la science a à raconter. Et dans le domaine qui nous intéresse, il y a une recherche phare. Une recherche qui date de 2020 et qui a été réalisé en Australie grâce au projet ambitieux du Lambert Initiative for Cannabinoid Therapeutics dont le but est de faire progresser les traitements à base de cannabinoïdes dans la médecine conventionnelle

 

Derrière ce projet, il y a Barry et Joy Lambert qui ont fait un don de 33,7 millions de dollars pour la recherche sur le cannabis thérapeutique dans les domaines suivants : l’épilepsie, le cancer, la douleur chronique, l’obésité, les troubles neurologiques et la santé mentale.

Alors cette recherche, c’était quoi?

26 personnes en bonne santé vont subir des tests de conduite sur route. 

Et que veut-on mesurer? Simple. La recherche mesure l’écart type de la position latérale. Dit plus simplement, les chercheurs vont mesurer les déviations des trajectoires et des surcorrections sur la route entre 40 et 100 minutes après la consommation de CBD, de THC ou d’une substance placébo. C’est un test reconnu et utilisé partout dans le monde. Dans le fond il quantifie le zigzagague inutile et inapproprié.

Alors les résultats paraissent simples : pas de différences dans la conduite entre le CBD et la substance placébo. Par contre, la conduite sous influence du THC démontre des écarts de trajectoire beaucoup plus marqués qui diminuaient de façon marquée après 4 à 5 heures. 

Une étude plus récente intitulée Driving Performance and Cannabis Users’ Perception of Safety a été publiée en mars 2022. La grande question que pose cette recherche est Quels sont les facteurs liés à l’impact du cannabis fumé sur la conduite et la perception de l’aptitude à la conduite par les usagers? L’objectif de l’étude est clair : déterminer, dans un large échantillon de consommateurs réguliers de cannabis, l’ampleur et l’évolution dans le temps de l’altération de la conduite produite par du cannabis fumé avec plus ou moins de THC, les effets de l’historique de consommation et la concordance entre l’altération perçue et la performance observée. 

Sur une période de deux ans, les chercheurs ont recruté 191 consommateurs de cannabis dont 118 (61,8 %) étaient des hommes. L’âge moyen était de 30 ans. Finalement, le groupe avait un nombre moyen de jours de consommation de 17 jours au cours du mois précédent. Alors que nous apprend cette recherche et la j’y vais le plus texto possible :

Quand on laisse des consommateurs expérimentés contrôler leur consommation, on ne peut pas déduire une altération de la conduite sur la base de la teneur en THC du joint, de la tolérance comportementale ou des concentrations sanguines de THC. Par contre, le désir des participants de conduire après seulement 1 heure 30 minutes peut indiquer un faux sentiment de sécurité au volant. La dégradation des performances de conduite est évidente pendant plusieurs heures après avoir fumé chez de nombreux consommateurs, mais semble se résorber au bout de 4 heures 30 minutes chez la plupart des individus. 

Entre nous, comme ça, on discute de conduite de véhicules sous influence. 

Mais quels sont les chiffres disponibles actuellement par rapport aux accidents de la route? 

Dans une étude de 2016 qui couvrait une vingtaine de pays, la conduite sous l’influence de l’alcool était responsable de 19 % des accidents. On sait aussi qu’en 2018, juste aux États-Unis, presque un accident sur trois, est plus de 12 000 accidents, étaient causé par une conduite en sous l’influence de l’alcool. Et les décès résultant de la conduite sous l’influence du cannabis? On parle de 8700 décès sur toutes les routes du monde entier en 2013. Par contre, tous les chercheurs constatent que la consommation simultanée d’alcool et de cannabis est à la hausse. 

Alors quelle est la substance responsable des accidents et décès dans ces cas-là? 

Je n’ai pas trouvé de réponse à cette question.

On sait cependant que les recherches démontrent clairement que le pourcentage d’accidents mortels impliquant à la fois le cannabis et de l’alcool a doublé entre 2000 et 2018. Mais c’est comme pour les guerres. On connait généralement le nombre de morts, mais combien de blessés? Aux États-Unis, on parle année après année d’une trentaine de mille décès, mais aussi de plus de 2 millions de blessés. On parle donc d’un ratio de 1 pour 60.  

Au Canada, en 2020, le nombre total de décès sur les routes était de 1 745; soit une baisse de 1 % par rapport à 2019. Le nombre total de blessures pour la même année est de 101 572, soit un ratio d’un (1) mort pour 58 blessés.

Ces ratios sont importants et peuvent à l’occasion nous sauver la vie.

Je vous donne un exemple qui m’a été raconté par une femme qui a planté des arbres en Colombie-Britannique pendant une dizaine d’années. Elle me disait que lorsqu’elle voyait un ours, cela voulait dire qu’il y a dans un périmètre rapproché 7 ours qui l’a regardait… C’est un peu comme dans une manifestation. Si tu croises un policier, c’est sur qu’il n’est pas le seul à te regarder. Je ne connais pas le ratio par contre.

Plus sérieusement, au Québec, la situation a beaucoup changé depuis les années 70. En 1973, 2209 personnes meurent sur la route. Presque cinquante ans plus tard, en 2021, il y a eu seulement 347 morts, mais avec trois fois plus de véhicules immatriculés. C’est un vrai progrès. Si j’applique le ratio canadien de 1 pour 58, cela fait plus de 20 000 blessés.

Et quel bonheur, on va pouvoir vérifier mon ratio, car je viens de trouver les chiffres officiels pour le Québec, notre bilan routier collectif : 1 227 personnes blessées gravement et 26 314 personnes ont été blessées légèrement soit un total de 27 541 incidents répertoriés. Notre ratio morts/blessé est beaucoup plus élevé qu’au Canada ou aux États-Unis. Pour chaque mort sur la route, il y a 80 blessés. On pourrait facilement formuler quelques hypothèses, mais on s’éloignerait trop de notre sujet du jour. 

J’en entends dans le fond du café qui disent : Hey Luc, moi je consomme un cultivar qui contient beaucoup de CBD et ça équilibre l’effet du THC…

Ben ça tombe mal mon gars, car des chercheurs ont étudié cette prétention et voici les résultats de leur recherche intitulée, Cannabis and Impaired Driving. 

Bien que les résultats de cette recherche ne permettent pas de conclure qu’il est possible de conduire en toute sécurité après avoir consommé du CBD, il est clair que le THC a altéré les performances de conduite et que les effets du THC ne se sont pas limités à une seule tâche de conduite. La consommation de THC et de THC/CBD a eu un effet négatif sur les performances lors de tests standardisés de vitesse de traitement, d’attention partagée, de fonction psychomotrice, de mémoire de travail, de prise de décision et de flexibilité cognitive. Les conducteurs qui ont consommé du THC étaient généralement conscients que leur conduite était altérée, bien que les participants aient déclaré que la consommation de THC/CBD était associée à moins d’anxiété, à une réduction de la force des effets de la drogue et à une plus grande confiance pour conduire que le THC seul. Ces résultats remettent en question le mythe selon lequel le CBD améliore les effets psychoactifs/psychomoteurs du THC.

Ne tirez pas sur l’ambulance. Je ne fais que partager ce que les chercheurs disent…

Dans un épisode précédent, je disais d’ailleurs ceci :

Est-ce que vous voyez poindre la complexité du sujet? 

Votre médecin peut vous prescrire du cannabis, mais vous ne pourrez plus conduire votre véhicule pour aller travailler ou pour reconduire votre enfant à la piscine, car le principe de tolérance Zéro va vous trouver fautif 100 % du temps, car si vous fumez un seul joint par semaine, vous allons tester positif tous les jours… Par contre, vous pouvez finir votre bière et allez reconduire votre enfant sans problème parce qu’un policier à l’obligation de vous laissez repartir si votre taux d’alcoolémie est inférieur à .08. 

DOnc la première conclusion de l’épisode est que le gouvernement du Québec ne considère pas l’alcool comme une drogue et désire la garder hors du concept de zéro tolérance.

Fin de l’autocitation.

Ce zéro tolérance est ridicule. Mais mettez-vous à la place du législateur… On ne sait pas encore mesurer le handicap momentané que cause la consommation de cannabis, mais on sait tous très bien qu’au pic des effets d’une consommation de THC, nous ne sommes plus exactement la même personne avec les mêmes moyens.

Surtout que l’utilisation que nous faisons des recherches est parfois ridicule. 

Je vous donne un exemple simple. La première étude dont je vous ai parlé aujourd’hui avec ses 26 participants a été publiée en 2020. Son titre est Effect of Cannabidiol and Δ 9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance A Randomized Clinical Trial.  Je l’ai dit, cette recherche prouve que les effets du THC se dissipent après 4 à 5 heures. La même recherche tendait aussi à démontrer l’absence de dangerosité de la conduite sous l’effet du CBD. Fabuleux non? Oui sauf que les auteurs de la recherche ajoutaient un énorme à leur étude, un bémol ignoré par la presse et tous les partisans du CBD… C’était quoi le bémol? Le voici…

Cependant, l’ampleur de l’effet pour le cannabis à dominante CBD n’a peut-être pas exclu une déficience cliniquement importante, et les doses testées ne représentent peut-être pas l’usage courant.

J’ai d’abord été surpris de voir des médias reprendre la nouvelle sans mentionner le bémol de fin. Puis je me suis dit qu’une majorette se contente de suivre la parade. 

Heureusement d’autres chercheurs ont vu ce bémol… Et je suis heureux de partager aujourd’hui avec vous une recherche qui a été publiée il y a exactement une semaine… Effects of cannabidiol on simulated driving and cognitive performance: A dose-ranging randomised controlled trial. 

Cette recherche répond au bémol de la recherche précédente. Comment?  

Les résultats de cette étude suggèrent que le traitement aigu par CBD par voie orale à des doses allant jusqu’à 1500 mg n’induit pas de sentiment d’intoxication et n’est pas susceptible d’altérer les fonctions cognitives ou les performances de conduite. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer l’absence d’effet du CBD sur les tâches sensibles à la sécurité dans les heures suivant immédiatement le traitement et lors d’une administration chronique.

1500 mg de CBD, c’est de la bonne dose non? Mais la science est plus patiente que nous… car là aussi les chercheurs notent un gros bémol qui sera oublié…

Dans le fond du café, j’en entends qui disent : et le THC Luc, le THC… 

OK. 

Je réponds immédiatement en rappelant notre expérience mentale qui consiste à imaginer la personne la plus importante pour vous qui tente de croiser une intersection dangereuse. 

Alors quelle est la recherche qui est la plus populaire chez les gens qui conduisent sous l’influence du THC? 

Celle que je vois le plus souvent brandit comme une excuse est celle-ci… et j’en ai déjà parlé, mais pour d’autres raisons. Cette étude à créer des cannavans pour aller tester les gens chez eux dans leur habitat naturel, pour ainsi dire. La responsable de la recherche, Cinnamon Bidwell, voulait contourner la loi qui empêche les universitaires dans certains États d’utiliser du cannabis légal.

Cette recherche se décrit ainsi :

  • 121 consommateurs réguliers de cannabis, 
  • La moitié consomment des concentrés dont la teneur en THC variait entre 70 et 90 %.
  • L’autre moitié consommaient des fleurs de cannabis avec des teneurs en THC entre 16 et 24 %.
  • Le sang des participants est testé.
  • Leur humeur mesurée ainsi que leur niveau d’intoxication
  • On évalue ensuite leur fonctionnement cognitif et leur équilibre. 
  • Ici on parle de multiples tests sur la même personne, c’est-à-dire avant, juste après et une heure après la consommation de cannabis. 

Les résultats maintenant…

Les consommateurs de concentrés de THC avaient des taux de THC dans le sang plus élevé pour chaque test. Presque deux fois plus élevés.

Dans leur autoévaluation, tous les consommateurs se sentaient tous similaires. Retenez qu’il s’agit d’autoévaluation, on va y revenir, car c’est très important…

Les chercheurs ont été surpris de constater que les consommateurs de concentrés à 90 % de THC étaient moins perturbés qu’ils avaient anticipé. Cela vient bien sûr d’une comparaison avec l’alcool. La logique veut que la même quantité de vodka et de bière engendrent des réactions différentes. Mais le système endocannabinoïde fonctionne différemment. Est-ce que cette recherche nous informe des dangers de la conduite sous l’effet de concentrés? Pas directement, car ce n’était pas son but. Mais prétendre que consommer un concentré à 90 % de THC c’est juste comme fumer un joint pour certains nous éloigne de la science.

Et je prends comme témoin votre téléréalité favorite ou plus facile, examinons le concept général des spectacles où des gens inconnus viennent chanter devant des juges qui proviennent de la colonie artistique.

Dans ce genre de programmes, il y a des gens qui ont du talent, des voix énormes, un look d’enfer. Le gros kit complet quoi. Mais il y a aussi souvent un concurrent qui est là pour rendre encore plus remarquables les meilleurs, car eux sont très très très mauvais. Ces candidats vont passer à la télé. Parfois devant des millions de personnes. Et ils ne savent pas chanter. Ils sont mauvais. Très très très mauvais. Et c’est là qu’arrive la fameuse autoévaluation et le syndrome de Dunning Kruger. Et que dit Wikipédia?

L’effet Dunning-Kruger, aussi appelé effet de surconfiance [1], est un biais cognitif par lequel les moins qualifiés dans un domaine pourraient surestimer leur compétence

Le mauvais chanteur dans une émission comme La Voix ne se pense meilleur que les meilleurs. Il croit juste qu’il est meilleur qu’il ne l’est réellement. Il n’est pas fou. Juste mal informé de son propre talent. Et un génie dans un domaine peut vivre l’effet Dunning-Kruger dans un autre domaine. 

Alors dans la recherche avec les cannavans dont je viens de parler, je me méfie des autoévaluations.

OK je me ramasse. Je disais que je me méfiais des autoévaluations. Pourquoi? Je vous redonne un exemple avec le vélo. Quand tu pars en vélo pour une sortie de 200 km avec quelqu’un qui ne roule pas souvent, tu es un peu responsable de son retour à la maison. Mon expérience personnelle est que l’autoévaluation de la fatigue chez une personne qui manque d’expérience est déficiente. Je veux dire qu’elle n’a pas les outils pour comprendre ce qui arrive à son corps. Le plus drôle, c’est que la même chose arrive à des gens qui ont beaucoup d’expérience, mais qui n’écoutent pas leur corps. Quand tu combines un ordinateur de vélo, des instruments de mesure des watts développés et la rédaction d’un cahier d’entrainement, ton autoévaluation augmente en qualité. Pourtant, même les pros du Tour de France se trompent à l’occasion. Quand tu ne manges pas assez, on parle de 7000 calories pour une grosse étape, tu vas avoir une fringale. Une fringale, c’est quand le sucre dans le sang est utilisé par le corps comme supercarburant. Puis la glycémie chute brutalement. Ce qui est extraordinaire, c’est que dans les minutes qui précèdent une fringale, l’organisme est dans un état de grâce. Littéralement, tu fly. Puis c’est le crash physique instantané. Et bien même des pros du Tour font une mauvaise autoévaluation de leur état… Alors, imaginez un guerrier de fin de semaine qui se lance dans de grandes manœuvres. Ma dernière grosse fringale, je l’ai eue au Danemark juste en face de la Statue de la Petite Sirène au bord de l’eau à Copenhague. Je me rappelle m’être effoiré dans une station-service pendant 10 minutes à boire des boissons gazeuses et manger des croustilles.

Cette fringale va arriver un jour ou l’autre. C’est obligatoire. L’idée de les éviter quand c’est possible. Il faut juste ne pas oublier de s’alimenter. C’est pareil pour la conduite automobile sous l’influence du cannabis, mais l’inverse. Faut savoir quand arrêter. 

Je me souviens d’un collègue de travail plus agé qui était ami avec un gros politicien québécois. Un homme qui aspirait de devenir un jour Premier ministre. Et bien quand ils allaient en vacances ensemble avec leur famille, le politicien était obsédé par sa consommation d’alcool, car il redoutait plus que tout de se faire pincer en train de conduire sous l’influence de l’alcool. Ces précautions guidaient littéralement sa vie. Par contre, un ami policier m’a informé que les limousines auxquelles ont droit les ministres sont très pratiques pour tous ces cas de figure. Un garde du corps, ça ramasse aussi du monde à quatre pattes. 

Trêve de niaiseries.

J’aimerais, avant de conclure, citer une recherche québécoise intitulée Les caractéristiques socio-psychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool.

Qui sont les gens qui consomment du cannabis avant de conduire un véhicule moteur? Et là, je vais directement aux conclusions.

Et bien, qui sont ces conducteurs?

1)

Ils ont davantage d’amis qui conduisent sous l’effet du cannabis et qui approuvent ce comportement. Quand on applique ce raisonnement à l’obésité, certains chercheurs parlent d’obésité comme d’une contagion. 

2)

Ils ont plusieurs autres comportements dangereux sur la route. Genre rouler dans le parechoc d’une voiture qui ne roule qu’à 119 km/h dans la voie de gauche sur l’autoroute. Cela dit, je connais du monde qui a ce type de comportement au naturel sans même ne jamais consommer de cannabis.

3)

Ils ont une perception négative de leur mobilité par transport en commun.

4)

Ils croient moins pouvoir se faire détecter par les autorités.

5)

Ils ont une mauvaise connaissance des conséquences judiciaires de leur acte.

6)

Ils perçoivent la conduite sous l’effet du cannabis comme une activité sans/faible risque

7)

Ils sont plus impulsifs

Résumé en une phrase : 

Le cannabis n’a pas/peu d’impact sur ma capacité de conduire, car je ne suis pas en capacités affaiblies et je dois absolument revenir chez moi.

Je ne suis pas en train de faire la morale à qui que ce soit. Je ne suis pas du tout du tout du tout parfait moi même. Mais avec la légalisation canadienne actuelle et celle des États-Unis qui ne devrait pas tarder, il est important de comprendre que la conduite avec facultés affaiblies est en train de muter. Le Canadien Center on Substance use and addiction mène une veille sur le sujet et a publié plusieurs documents sur le sujet. Voici donc leur conclusion plus au moins texto.

1)

Conduire après avoir consommé du cannabis est plus fréquent que conduire après avoir bu,

en particulier chez les jeunes conducteurs.

2)

Après l’alcool, le cannabis est la substance la plus fréquemment détectée chez les conducteurs qui meurent dans des accidents de la route.

3)

La nouvelle législation a élargi les outils dont dispose la police pour

détecter et arrêter les conducteurs dont les facultés sont affaiblies par le cannabis.

C’est l’occasion de partager une OVNI… Les autorités policières communiquent peu sur le sujet des tests et des méthodes utilisées pour détecter le cannabis lors d’une intervention routière, contribuant peut-être ainsi à diminuer la peur d’un test efficace comme pour l’alcool. ON sait que recevoir un ticket de vitesse par exemple peut calmer les ardeurs des as du volant pendant plusieurs semaines. Après on oublie et la prise de risque reprend.

4)

Les hommes sont deux fois plus susceptibles que les femmes de déclarer avoir conduit après avoir consommé du cannabis. 

J’avoue ne pas savoir du tout comment interpréter ce fait… 

Les hommes sont plus honnêtes ou plus vantards? 

Je ne sais pas.

Est-ce que la personne que vous aimez le plus au monde est encore là? Nos simulations l’ont épargné? Bravo. Et si jamais vous me croisez à pied ou à vélo et que vous conduisez votre véhicule sous l’influence du cannabis, rappelez-vous que je vous aime beaucoup, beaucoup, beaucoup.

Et voilà, c’était le 108e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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#107 8 façons de tuer l’industrie du cannabis

#107 8 façons de tuer l’industrie du cannabis

Les Canadiens n’ont jamais autant de choix de produits que l’on sait conformes, minimalement, aux exigences de Santé Canada. Si l’offre de la SQDC est mince comparée à celle des autres provinces, elle reste appréciable.

Alors pourquoi un tel titre et un tel sujet aujourd’hui? 

8 façons de tuer l’industrie du cannabis…

Est-ce vraiment raisonnable? 😉

Et ben parce que si tout se passe plus ou moins bien pour le consommateur, la réalité pour les producteurs autorisés est différente. 

Trois ans après la légalisation, il est clair que le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux ont décidé d’abuser de l’industrie à qui ils ont donné la permission d’exister. Avec cette permission vient une série d’abus que nous allons passer en revue. Selon les leadeurs de l’industrie, la situation a atteint un point critique.

Et ces leadeurs ont décidé de se rencontrer pour discuter de la situation.

Grass on the Hill: Cannabis Leaders Summit & Industry Lobby Day. 

Cette rencontre a eu lieu les 30 et 31 mai 2022, soit au début de cette semaine. Tous les leadeurs de l’industrie étaient là. À ma connaissance et après vérification, il n’y avait personne de l’industrie québécoise du cannabis. Et on va voir en conclusion que la situation pourrait être dramatique au Québec dans les mois et années à venir, mais pour des raisons complètement différentes qui s’ajoutent.

Le cannabis à une industrie qui quémande le droit d’exister. 

Mais la résistance s’organise.

J’ai trouvé une belle initiative sous forme d’un rapport écrit pour en discuter intelligemment. Ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

StandForCraft.com.  

Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode.

On y trouve entre autres, une pétition à signer dont la première phrase est :

Il n’est pas exagéré de dire que le Canada taxe à mort les entreprises artisanales de cannabis.

J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Uniquement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

Par contre, on peut analyser facilement la structure des couts en prenant un exemple simple comme un pot de 3,5 gr vendu pour 25 $. Et là je prends les chiffres proposés par Stand for Craft! Donc, pour un gramme de pot, voici la ventilation du cout de votre achat…

Bonne écoute!

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Comme simple consommateur, le canadien et la canadienne n’ont jamais autant de choix de produits que l’on sait conformes, minimalement, aux exigences de Santé Canada. De nouveaux produits apparaissent chaque semaine. Si l’offre de la SQDC est mince comparée à celle des autres provinces, elle reste appréciable.

Ce que l’on peut s’y procurer versus ce que le pusher du marché original pouvait offrir ne résiste pas à l’analyse. Avant la légalisation, j’avais un gars, comme dirait la Québécoise Mireille Tessier, propriétaire d’une boutique de pot en Alberta. Ce gars offrait toujours au moins deux choix et parfois en prime, il m’offrait un biscuit de THC avec un thé. Beaucoup de stationnements, un guichet automatique pas loin, un dépanneur pas loin. Le bonheur quoi. Mais rien à voir avec l’offre de la SQDC. 

Alors pourquoi un tel titre et un tel sujet aujourd’hui? Et ben parce que si tout se passe plus ou moins bien pour le consommateur, la réalité pour les producteurs autorisés est différente. 

Trois ans après la légalisation, il est clair que le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux ont décidé d’abuser de l’industrie à qui ils ont donné la permission d’exister. Avec cette permission vient une série d’abus que nous allons passer en revue.

Et pourquoi parler de ce sujet cette semaine?

Selon les leadeurs de l’industrie, la situation a atteint un point critique.

Et ces leadeurs ont décidé de se rencontrer pour discuter de la situation.

Grass on the Hill: Cannabis Leaders Summit & Industry Lobby Day. 

Cette rencontre à eu lieu les 30 et 31 mai 2022, soit au début de cette semaine. Tous les leadeurs de l’industrie sont là. Évidemment, à ma connaissance et après vérification, il n’y avait personne de l’industrie québécoise du cannabis. Personne. Pas une organisation, pas un individu. Parce qu’on est distinct sans doute. Et on va voir en conclusion que la situation pourrait être dramatique au Québec dans les mois et années à venir.

 

À la tête de ce sommet Grass on the Hill, il y a George Smitherman. C’est un politicien canadien. Il a représenté la circonscription provinciale de Toronto-Centre durant plus de 10 ans à l’Assemblée législative de l’Ontario. Il a été ministre de la Santé et des Soins de longue durée, ministre de l’Énergie et de l’Infrastructure et Vice-Premier ministre de l’Ontario. Accessoirement, il est le premier Membre du Parlement provincial de l’Ontario ouvertement homosexuel. Voilà donc un homme qui s’intéresse à l’industrie du pot et qui sait comment fonctionnent les gouvernements. Donc, ce Grass on the Hill est un évènement important.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Qu’est-ce que je disais?

Ah, oui, la grande rencontre canadienne Grass on the Hill

Pourquoi une telle rencontre? Pour informer, provoquer et susciter des changements en faveur de la viabilité financière des détenteurs de licences de cannabis.

Une industrie qui quémande le droit d’exister. C’est intéressant non. Surtout quand le Québec est absent.

Alors très modestement, vous et moi, on va faire le tour des irritants, voyez comme je suis gentil, le tour des 8 trucs les plus efficaces pour tuer l’industrie canadienne du cannabis. 

Et le premier truc pour tuer l’industrie du cannabis est de forcer tout le monde a payer une taxe d’accise qui ressemble à de l’extorsion.

Et ça tombe bien, j’ai trouvé une belle initiative sous forme d’un rapport écrit pour en discuter intelligemment. Évidemment, ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

StandForCraft.com.  

Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode.

On y trouve entre autres, une pétition à signer dont la première phrase est :

Il n’est pas exagéré de dire que le Canada taxe à mort les entreprises artisanales de cannabis.

J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Seulement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

Par contre, on peut analyser facilement la structure des couts en prenant un exemple simple comme un pot de 3,5 gr vendu pour 25 $. Et là je prends les chiffres proposés par Stand for Craft! Donc, pour un gramme de pot, voici la ventilation du cout de votre achat :

Hey merci MJ!

Je disais quoi? Ah oui, on parlait de la ventilation du cout de l’achat d’un pot de 3,5 gr vendu à 25 $.

La marge du détaillant est de 2,54 $ par gramme

Le cout de la distribution provinciale est de 0,74 $ 

Les taxes d’accises et autres frais règlementaires sont de 1,26 $

Le transport serait négligeable…

Les couts d’emballage sont de 0,50 $

Les frais de laboratoire sont de 0,55 $

Les couts de production égalent 1,50 $

La marge de profit pour le producteur autorisé? 1 sous… par gramme

Donc sur un pot de 3,5 gr, le PA fait 3 sous et demi.

Ces chiffres, à ma connaissance, n’ont pas été contestés.

Comment repayer les gens qui t’ont prêté de l’argent, ta famille sans doute, parce que les banques ne voulaient rien savoir de ton projet, comment donc repayer tes emprunts en faisant 3,5 sous de profit pour un pot de 3,5 gr vendu à 25 $? C’est impossible.

Quand je vois des internautes passer des commentaires sur les abus présumés des PA qui osent augmenter leur prix pour survivre, je ne suis pas découragé. Parfois ces commentaires ont des répercussions profondes sur la réputation des PA. Je ne suis pas découragé, mais on peut être triste pendant une ou deux secondes.

Par contre, je constate tout le travail que l’industrie devra faire pour expliquer la situation dans laquelle les gouvernements placent les acteurs du marché. Quand la SQDC vend encore son pot en parlant de sativa et d’indica, on réalise le chemin à parcourir. 

Les droits d’accise sur le cannabis au Canada sont payés par le producteur, qui doit remettre le plus élevé des deux montants suivants : un droit forfaitaire (1 $/g) ou un droit ad valorem basé sur le prix de vente (10 % de tout prix de gros supérieur à 10 $).

Ad valorem veut simplement dire qui est déterminé d’après une valeur moyenne.

Donc, il y a la taxe d’accise, mais il y a aussi des taxes ou droits supplémentaires qui vont être perçus dans toutes les provinces sauf au Manitoba. Mais pourquoi s’arrêter là? L’Ontario, l’Alberta, la Saskatchewan et le Nunavut en ajoutent une autre couche.

75 % des recettes d’accise restent à la province et les 25 % qui restent sont captés par le fédéral. 

Quels étaient les objectifs de cette taxe d’accise de 1 $ par gramme? 

Maintenir des taxes basses pour les consommateurs afin de réussir les objectifs de la légalisation. 

Ce que le législateur n’avait pas prévu, c’est étonnant d’ailleurs, c’est que les prix allaient baisser dramatiquement depuis le début de la légalisation… En 2022, la taxe d’accise peut valoir jusqu’à 35 % du prix d’une fleur.

L’évolution de la progression des recettes provenant de la taxe d’accise est remarquable.

  • 18 millions de dollars en 2018-19
  • 52 millions de dollars en 2019-20
  • 109 millions de dollars en 2020-21

Et vous connaissez le total des recettes fiscales annuelles du Canada?

200 milliards de dollars. 

Et juste pour relativiser, le Canada s’apprête à acheter 88 avions F35, des avions tout croches qui fonctionnent à peine, pour la modeste somme de 19 milliards $ CAN, soit un prix unitaire par avion de 215 909 097 $ CAN.

Là où ça devient presque drôle, c’est quand tu regardes le prix des missiles qui vont avec ce genre d’avion. Un missile Spear-3 valait presque de 300 000 $ CAN il y a un an… Un missile. Et quand tu le tires, y reste rien après, rien.

Et que nous disent les projections budgétaires? Et ben, les ventes légales de cannabis stagnent, car les provinces prévoient une toute petite augmentation de 6 % entre 2022 et 2023…

Forcément, au Canada, d’autres produits sont soumis à des taxes d’accise : spiritueux, vin, bière et produits du tabac viennent immédiatement à l’esprit. Et dans tous les cas, c’est le producteur qui paye directement. C’est avec nos voisins américains que la différence saute aux yeux. Partout où l’on vend du cannabis, la taxation au point de vente est la norme. Et voilà d’où va venir la première compétition pour l’industrie canadienne du cannabis. De nos voisins qui sont déjà avantagés à ce niveau-là. Donc, au cours des prochaines années, nous allons assister à une guerre asymétrique…

Ici, il y a un facteur essentiel a comprendre et je prendre un exemple qui fonctionne bien au Québec. Depuis 2006, le vin et le cidre produits fabriqués avec des ingrédients locaux sont exonérés de droits d’accise. Ce geste aurait permis à l’industrie de se développer agressivement. Mais, mais, mais, ce congé de taxe va prendre fin dans quelques jours à cause d’une plainte de l’Australie auprès de l’Organisation mondiale du commerce pour cause de «mesures discriminatoires». 

Donc, un pays souverain ne pas faire n’importe quoi, n’importe comment.

Et les producteurs de vins et de cidre affirment déjà que la situation va mal tourner pour eux.

Et que disent les auteurs du rapport à cet égard? 

Et là je cite plus ou moins texto.

1)

Il est prouvé qu’un cadre de droits d’accise accommodant peut aider les producteurs nationaux et les petits producteurs à prospérer, en particulier dans le cadre de la production rurale et agricole. 

2)

Un ajustement peut avoir un impact considérable — pour le meilleur ou pour le pire — sur les résultats des producteurs.

Il y aurait plus de 850 entreprises dans l’industrie canadienne du cannabis en incluant, les producteurs, transformateurs et vendeur. 

Il y a seulement 25 entreprises canadiennes à la bourse qui ont généré des revenus de plus de 2,5 millions $. 

Par contre, on dénombre 250 de microproduction et 106 licences de microtraitement.

Entre les deux, il y a de tout et on en revient à la difficulté de qualifier ce qui est artisanal de ce qui ne l’est pas. Car tout bouge à une vitesse folle. Entre mars 2021 et mars 2022, la part de marché des 4 plus grands producteurs canadiens est passée de 52 % à 28 %. 

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je crois que le cannabis est une activité économique de maraichage de proximité. Un produit local frais respectueux de l’environnement qui travaille en circularité avec les autres industries de la région.

La taxe d’accise actuelle tue une industrie qui doit en plus simultanément faire face à un marché original prêt à renaitre de ses cendres à n’importe quel moment.

Le rapport précise que moins de 5 % des entreprises, quelle que soit leur taille, ont généré des revenus réguliers et viables depuis le début de la légalisation. Et constatation encore plus dramatique, les propriétaires de plus de 60 % de la superficie de production canadienne de cannabis pourraient faire faillite dans la prochaine année.  

J’ai relayé la semaine passée une nouvelle du journaliste Matt Lamers à l’effet que 141 entreprises canadiennes n’avaient pas encore payé au gouvernement certains montants dus pour la taxe d’accise.

Peu de producteurs autorisés génèrent des profits. Quand on a demandé à une quarantaine de PA le nombre de mois où leurs entreprises à produit des bénéfices, 63 % ont répondu Zéro… Oui 63 % des producteurs ont généré zéro profit en 2021. Et les 37 % qui restent? Ils affirment avoir généré des profits sur 3 mois différents… Pas plus.

Les auteurs du rapport affirment que… 

Nous sommes ici pour ne déclarer rien de moins qu’un état d’urgence financier pour le cannabis canadien.

Plus de 70 % des producteurs questionnés affirment qu’ils vont fermer dans les 6 prochains mois si la taxe d’accise n’est pas modifié. Et de ces 70 %, près de 30 % avancent qu’ils disparaitront dans les 3 prochains mois.

Et dans les faits, dans le réel, dans la vraie vie, cela veut dire quoi pour l’industrie dans les prochains mois? Selon les experts du rapport, cela veut dire que la diversité de l’offre va progressivement disparaitre, car les 4-5 grosses sociétés en bourse vont racheter pour des sous sur le dollar toutes les entreprises en voie de disparition. Et là je vais citer texto le rapport pour vous montrer ce que ressentent les petits joueurs sur le marché :

Ces entreprises ont les ressources nécessaires pour attendre l’échec et le désespoir des producteurs artisanaux qui peuvent gagner dans l’esprit du consommateur, mais qui ne peuvent toujours pas joindre les deux bouts sous le poids des taxes d’accises actuelles. Le cannabis artisanal connaît aujourd’hui diverses réussites commerciales, mais il lui manque toujours un modèle commercial fondamental. Notre nation a déjà appris ces leçons. Des télécommunications aux lignes aériennes, notre pays a ressenti l’impact des environnements à faible concurrence qui nuisent au client final. Dans le cas du cannabis, il existe un marché illicite facile et commode qui bénéficie de décennies de retranchement dans la chaîne d’approvisionnement. La concurrence avec le marché illicite est peut-être plus importante que la concurrence au sein du marché légal. A ce stade, la compression des prix à elle seule n’a pas encore démontré sa capacité à convertir une majorité importante de la consommation du marché légal.

Fin de la citation

Le premier truc pour tuer l’industrie du cannabis est d’imposer une taxe d’accise ridicule qui saigne tout le monde, mais surtout les plus petits qui ne peuvent repousser indéfiniment l’endettement en levant des nouvelles sommes auprès d’investisseurs. Il est clair qu’investir dans le cannabis n’est pas la bonne manière pour devenir riche.

OK, c’est quoi la seconde manière de tuer l’industrie du cannabis? 

C’est simple. Il suffit que les banques se passent le mot pour ne pas soutenir les artisans du cannabis. Je pense vous avoir déjà parlé de ce producteur autorisé qui voulait déposer un chèque de Santé Canada dans une banque qui refusait de lui permettre d’ouvrir un compte. Je vais vous donner un exemple. Non, pas un exemple québécois. On n’ose pas aborder ce genre de sujets au Québec. Non… On va regarder ce qui se passe en Colombie-Britannique pour avoir un portrait réaliste de la relation entre les banques et l’industrie du cannabis.

Je ne vais pas citer un obscure bloque ou un petit journal régional. Non, on parle d’un dossier mené par Radio-Canada. Selon le journaliste Joël Ballard, malgré une légalisation en bonne et de la forme, il est difficile pour les détaillants de la Colombie-Britannique d’obtenir des services financiers de base de la part des banques. 

Au Québec, beaucoup de consommateurs aimeraient voir disparaitre la SQDC pour qu’elle laisse sa place au privé… 

Je crois qu’ils ne réalisent pas qu’il y a aurait un gros problème pour des investisseurs puissent obtenir des prêts pour se lancer en affaire. Les détaillants de la Colombie-Britannique vont plus loin. Cette frilosité des banques crée des déserts d’accès, des zones où aucun commerce ne s’installe. La conséquence est simple. Le marché original, le marché noir créé par le législateur revient s’imposer là où le vide existe. 

Aussi ridicule que cela puisse être, il est presque impossible d’ouvrir un simple compte-chèques. Selon l’Association of Canadian Cannabis Retailers (ACCRES), 50 de ses 52 membres ont dû se tourner vers les coopératives de crédit locales suite aux refus des banques. Les spécialistes de la province avancent même qu’il y aurait plus de détaillants de cannabis légaux si les institutions financières offraient un vrai soutien l’industrie. 

Jaclynn Pehota, la directrice de l’association ACCRES dit que la situation n’est pas limitée à la Colombie-Britannique. Selon elle, 95 % des entreprises de l’industrie vivent des problèmes similaires. Évidemment le discours des banques sur le blanchiment d’argent ne tient pas la route… Pourquoi attirer l’attention des autorités en blanchissant son argent dans le pot… Je ne dis pas que cela n’existe pas. Je dis qu’il est plus simple d’investir dans la restauration ou la bijouterie… L’histoire prouve que cela fonctionne très bien. Cela dit, les banques ont de bonnes excuses pour ne pas prêter aux petits joueurs, mais toutes ces excuses disparaissent quand il s’agit d’investir dans les grandes sociétés canadiennes qui pourtant perdent littéralement des milliards. Après le slogan «too big to fail» on est rendu à «too big to nail»…

Détail important. Quand les acteurs de l’industrie du cannabis peuvent ouvrir un compte, ils doivent faire face à des frais spéciaux… Cette prime cannabis tue aussi l’industrie. J’adore donné un exemple de ce genre d’abus considérer comme normal par le législateur. Il y a tout juste un peu plus d’un an, obtenir un permis pour vendre du cannabis à Vancouver coûtait 30 000 $. La devinette maintenant… Combien coutait un permis pour vendre de l’alcool à la même époque? 429 $. Voilà l’abus perpétré en plein soleil au vu et au su de tout le monde.

D’accord. La troisième façon de tuer l’industrie du cannabis?

Interdire le cannatourisme semble être un bon moyen de ralentir l’industrie dans son ensemble en plus de modérer les progrès de l’acceptabilité sociale. Le tourisme lié au cannabis est désormais une industrie de 17 milliards de dollars et est en plein décollage selon The Switzerland Times. Ceux qui disent que c’est le monopole de la SQDC qui nuit à l’innovation dans le secteur du cannabis se trompent profondément. En tout respect, il suffit de regarder ce que le Nouveau-Brunswick fait. Je crois qu’il y a au minimun 3 points de vente à la ferme. J’adore particulièrement l’initiative de Crystal Cure qui a nommé son point de vente «Le backdoor». Entre la vente à la ferme et les nombreuses initiatives dans le domaine du chanvre, le canna-tourisme à un rôle important à jouer pour dynamiser le secteur du cannabis. Il suffit d’imaginer comment la réputation du Québec dans la restauration pourrait être carte importante à jouer. Entre la poutine et le restaurant Le toqué, il y a un monde d’opportunité à explorer. 

PETIT BÉMOL. Le chiffre de 17 milliards n’est qu’un chiffre probablement faux. 

L’important est ailleurs. Le cannatourisme, c’est aussi une fenêtre sur l’économie circulaire où les déchets d’un acteur du secteur devant la matière première de son voisin. Je pense à certains manufacturiers de sols vivants qui incorporent des minéraux qui étaient auparavant rejetés ou simplement mal valorisés. Je pense aux branchages des plants de pot qui peuvent être recyclés en feuille de 4X8 écologiques. Voyez le genre.

OK. On peut aussi tuer l’industrie du cannabis en ne vendant pas ce que les gens veulent acheter. La quatrième manière est simple.

Immédiatement les mangeables viennent à l’esprit. Les produits comestibles vendus partout à travers le Canada ne correspondent pas aux attentes des consommateurs. Le dosage est trop faible par exemple. Et on exige, la SQDC en tête, que les produits soient être laid afin de ne pas susciter d’excitation visuelle. En 2022. Un cahier de charge qui mentionne que les produits ne doivent pas, ne peuvent pas être trop beaux… WOW. 

Le cannabis n’est pas légal. Il est toléré. L’industrie de la transformation alimentaire piaffe d’impatience. Elle sait faire des profits. Va-t-on lui reprocher ou simplement attendre que les Américains légalisent au niveau du pays pour ensuite imposer les désirs comme dans le bois d’œuvre? Personnellement, je ne comprends pas pourquoi les poivrons du Chile que j’achète au supermarché transitent par les États-Unis. Je ne comprends pas pourquoi le Québec n’arrive pas a s’affranchir des pushers de légumes américains. Cela n’a aucun sens. Penser que le Québec va résister aux marques avec des vedettes comme Martha Stuart est illusoire. Et cela nous conduit directement à la 5e façon de tuer l’industrie du cannabis

L’interdiction d’un vrai MARKETING est aussi une façon très efficace de tuer l’industrie du cannabis. La cinquième…

Si le Canada existait seul sur la planète, l’interdiction du marketing serait un moindre mal. Mais l’industrie du cannabis canadienne ne vit pas dans un vase clos. Encore une fois, que font nos voisins américains, nos futurs concurrents? Ils construisent des marques. Martha Stewart par ici, Seth Rogen par la, les marques américaines préemptent tous les grands noms disponibles, même les vedettes canadiennes, dans un effort concerté pour être prêt à inonder nos marchés quand cela fera leurs affaires. Encore une fois, il suffit de se rappeler le dossier du bois d’œuvre pour comprendre comment fonctionnent nos voisins. 

La difficulté des acteurs du secteur pour s’assurer correctement est la 6e manière de tuer l’industrie. 

Alors que les poursuites contre les producteurs commencent à s’accumuler, les couts pour s’assurer grimpent. Il suffit de regarder ce qui se passe dans les cabinets de médecine pour constater cette hausse vertigineuse de ces frais. Cette crise n’a pas encore atteint le Québec, mais il existe toujours certains cas de figure qui posent problème. J’en ai d’ailleurs discuté avec Isabelle Coulombe dans l’épisode #68.

La 7e manière pour tuer l’industrie est de limiter le marché potentiel en interdisant à certains adultes d’acheter du cannabis.

Ici le Québec s’illustre. On peut même lui décerner le titre de champion du monde du Canada de l’absence de jugement. Pourquoi dis-je une telle alors que je suis toujours si modéré dans mes propos? Le Québec de M. Legault, notre premier ministre, est un territoire où le législateur déclare inapte toute une tranche de la population âgée entre 18 et 21 ans. 

Tu peux t’engager dans l’armée canadienne à 17 ans avec le consentement de tes parents pour aller tuer du monde au bout du monde sans problème. Mais fumer un joint? 10 personnes vont mourir à cause de l’alcool aujourd’hui au Canada. Et 400 seront hospitalisés pour les mêmes raisons. Le jeune de 18 ans qui veut expérimenter sera donc conduit par le discours officiel à se tourner vers l’alcool ou le marché noir du cannabis.

La 8e manière de tuer l’industrie du cannabis? Négliger l’importance du rôle de la femme dans les futurs achats de cannabis.

Bien, voyons Luc, qu’est-ce que tu racontes?

Je vais partager des études américaines, car c’est de là que vient l’info, mais on peut facilement transposer sur le marché canadien. Il faut au passage noter le dynamisme d’une industrie qui n’existe pas encore au niveau fédéral, mais qui se prépare en attendant son moment.

20 % de tous les Américains adultes sont des voyageurs motivés par le cannabis. Toute la démarche évolutive du cannabis qui passe du buzz au bienêtre ou qui passe du agrotox vers le bio est propulsé par les femmes, qu’elles soient des leadeures de l’industrie ou de simples consommatrices.

La firme Condé Nast affirme et là je cite texte  que ce sont les femmes qui façonnent de manière créative des espaces surs pour que les curieux et les expérimentés du cannabis puisse profiter de la plante» avec des idées touristiques intéressantes. 

Petit rappel pour monter le sérieux de cette affirmation, Condé Nast est une entreprise mondiale de médias qui produit certaines des marques imprimées, numériques, vidéos et sociales les plus importantes au monde comme Vogue, GQ, The New Yorker, Vanity Fair, Wired et l’incontournable Condé Nast Traveler. 

Selon les spécialistes interviewés, les femmes prennent déjà 80 % des décisions de dépenses dans les ménages américains.

Ce sont les femmes qui prescrivent et achètent la bière, la bouffe et les vêtements. Dans un contexte de consommation balisée, ce sont elles qui vont acheter le pot dans les années à venir.

Il y a plusieurs autres manières de tuer l’industrie du cannabis. Si j’en ai oublié une très importante, faites-moi signe. lucprevost@hotmail.com

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. 

J’ai pris du retard à cause de cette taxe d’accise qui était un plus gros dossier que prévu.

Juste une seconde

Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

C’est peut-être le moment de se donner une vraie perspective sur l’industrie du cannabis à la comparant aux autres secteurs de cultures agricoles au Québec.

En 2020, le cannabis entre dans le groupe sélect des cinq principales cultures agricoles du Québec. Par contre, les recettes monétaires québécoises provenant du cannabis auraient diminué en 2021 alors que toutes les productions confondues connaissaient une hausse de 10 % pour la même période. L’amélioration de la rentabilité de l’ensemble du secteur agricole au Québec n’a donc pas été aidée par le recul de la production du cannabis au Québec.

Reculons encore un peu plus pour se donner d’autres perspectives. Les vins québécois représentent 3 % des achats de vins au Québec alors qu’en Ontario, les produits provinciaux représentent 22 % des ventes. Est-ce que les vins québécois sont moins bons que les vins ontariens? Je ne sais pas. Est-ce que la promotion des vins québécois est nulle? Peut-être. Je ne sais pas. Mais au moins, l’industrie vinicole a le droit de s’annoncer et de commanditer des festivals. 

On peut traverser la rue et regarder ce qui se passe chez les distilleurs québécois. J’ai écouté le balado de Lionel Levac qui s’appelle La scène Agro. Dans un épisode récent intitulé Pierre Fitzgibbon : Priorité aux alcools québécois, le ministre de l’Économie et de l’Innovation affirme qu’il serait plutôt TRÈS enclin à aider les entreprises utilisant des matières premières du Québec plutôt que des alcools de base achetés en Ontario. Les matières premières produites au Québec coutent, pour l’instant, 3 a 4 fois plus chères que celles produites en Ontario.

Imaginez que M. Fitzgibbon dise que la priorité c’est le pot québécois…

Mais, mais, mais, la réalité nous rappelle à l’ordre. 

Juste avant d’enregistrer, il y a quelques minutes je vois passer cette nouvelle sous la plume de la journaliste Nathaëlle Morissette du Journal de Montréal.

Plusieurs microdistilleries disparaîtront du paysage québécois avant la fin de la saison estivale, prédit l’Union québécoise des microdistilleries (UQMD), qui représente 55 membres.

Et là, je vais y aller texto.

«Il est minuit moins une. Le contexte règlementaire et législatif étouffe les microdistilleries et si rien ne change, ce sera la fin pour plusieurs d’entre nous», a indiqué le président de l’Union québécoise des microdistilleries, Jonathan Roy, dans un communiqué mardi.

L’UQMD reproche à la Société des alcools du Québec (SAQ) de lui imposer une majoration au moment de la vente sur les lieux de fabrication.

Le Québec compterait parmi les endroits au monde où la majoration sur la vente de spiritueux est la plus élevée.

«Résultat : près de deux microdistilleries sur trois sont déficitaires, contraintes de verser plus de 50 % du prix de vente de la bouteille à la SAQ, peut-on lire dans le communiqué. Ajoutons que cette majoration est la même si cette bouteille est vendue sur le lieu de fabrication, alors que la SAQ n’a aucunement contribué ni à la distribution, ni à la commercialisation, ni à la vente du produit.»

Fin de la citation.

Si c’est comme ça que le Québec veut sauver les microdistilleries, ça augure mal pour la microproduction de cannabis au Québec qui selon mes estimations très approximatives, représenterait environ 1/2 de 1 % des ventes à la SQDC… Autrement dit un pet, une flatulence.

Comment conclure un tel épisode sur les meilleures façons de tuer l’industrie du cannabis?

En mélangeant espoir et science-fiction.

Les spécialistes en marketing adorent utiliser des ratios pour pousser leur vision du monde. Cette semaine, j’ai réagi à un billet de Matt Lamers qui disait sur LinkedIn que les ventes de cannabis au Québec étaient en dessous des attentes des spécialistes de marché. Je lui ai répondu que le Québec pouvait être distinct dans sa peur irrationnelle du cannabis et que les marketeux devraient s’étouffer sur leur prévision alors qu’ils affirment que les Québécois ne consomment pas comme ils le devraient. Il ne m’a pas répondu…

Par contre on peut faire l’exercice pour s’amuser.

Bien que la population du Québec soit la deuxième plus importante au Canada, l’Alberta et la Colombie-Britannique génèrent plus de ventes mensuelles de cannabis. Peut-être parce que le Québec est la dernière province canadienne pour le nombre de magasins par habitant. 

Selon les estimations de Cannabis Benchmark, le Québec pourrait supporter facilement 1,064 points de vente supplémentaires. Il existerait une corrélation entre le nombre de points de vente et les ventes. Rappelons qu’il y a actuellement 88 boutiques SQDC au Québec et que le plan d’ouverture à été revu à la baisse avec l’objectif d’ouvrir 10 autres points de vente d’ici mars 2023 pour un total de 98 SQDC. Cannabis Benchmark reconnait que toutes les provinces comme le Québec où l’État exerce un monopole sur la vente en ligne et en magasin n’ont pas besoin d’ouvrir autant de boutiques avec pignons sur rue pour satisfaire le marché. L’article reconnait aussi la SQDC est «incroyablement efficace sur le plan opérationnel» et qu’elle offre des prix relativement faibles dans un contexte de respect de la santé publique.

Et là on arrive au bout crucial…

L’expansion du marché canadien serait terminée… sauf au Québec. 

Comment interpréter cette évaluation du marché québécois? 

Si le marché provincial québécois peut encore prendre de l’expansion, qui en profitera? 

Les microproducteurs québécois? 

J’aimerais ça, mais à ma connaissance, la SQDC n’a pas de plans précis pour eux. 

La seule instance représentative de l’industrie au Québec n’a pas non plus de plan pour les microproducteurs. Est-ce que les producteurs de tailles moyennes vont pouvoir remplir cette promesse d’expansion avec leurs produits? On leur souhaite s’ils ne meurent pas avant à cause de la taxe d’accise qui les ruine. Finalement, il reste les gros joueurs qui continuent de s’enfoncer dans des stratégies foireuses. Leurs parts de marché fondent à vue d’œil, on l’a déjà dit.

Je vais conclure avec une OVNI, une opinion vulgaire non informée. Ce bassin potentiel d’expansion créée par la gestion de la SQDC va continuer d’exister pendant quelques années, à moins d’un changement de gouvernement à la prochaine élection provinciale. Ce scénario semble improbable. Donc on peut penser que la SQDC va franchir la barre des 150 points de vente dans 4-5 ans. À ce moment-là, les Américains auront légalisé au niveau fédéral et ils seront près à envahir le marché québécois…

Et voilà, c’était le 107e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

Consommer du cannabis augmente la créativité?

Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?  

Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré :

«La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana et du hachich est de dire qu’ils me rendent détendu et créatif.»

Évidemment demander à un dropout ce qu’il pense d’un sujet précis ne le transforme pas en expert. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Et Bill Gates?» Bill Gates est aussi un dropout que les journalistes aiment citer sur des sujets aussi variés que le dernier virus à la mode ou le futur de l’être humain. 

Les gens riches et célèbres ne sont pas plus intelligents. Les journaux les aiment car leurs déclarations convenues remplissent de l’espace jour après jour alors qu’un expert pointu sur la malaria, sujet qui intéresse M. Gates, est une matière moins souple et moins sexy.

Et nous comme citoyens les Bill Gates de ce monde nous intéressent car on aimerait qu’ils nous offrent des recettes faciles à appliquer. Genre Brian Wilson des Beach Boys qui a toujours dit que sans le pot, il n’aurait jamais pu écrire son album phare Pet Sounds. 

Si la consommation de cannabis améliore vraiment la créativité, il y a un faisceau d’intérêts en jeu. Enjeu théorique. Enjeu psychologique. Enjeu culturel. Et enjeu économique et politique.

Alors aujourd’hui ensemble, on va s’intéresser à ce que la science dit sur le lien entre la créativité et la consommation du cannabis. On va examiner certains concepts modernes comme l’hyperamorçage et d’autres plus anciens. Car personne n’a attendu la légalisation canadienne pour expérimenter avec les drogues pour stimuler leur créativité.

Mais avant d’aller plus loin, on doit s’entendre ou tenter de comprendre ce qu’est la créativité…

Liens pour l’épisode

Les sources antiques des fables de La Fontaine

Inspired by Mary Jane? Mechanisms underlying enhanced creativity in cannabis users

Creativity and culture

Originality in Relation to Personality and Intellect

Hashing It Out: A Survey of Programmers’ Cannabis Usage, Perception, and Motivation

Reflective and non-reflective influences on cannabis use among undergraduate students: A qualitative study

Hyper-priming in cannabis users: A naturalistic study of the effects of cannabis on semantic memory function

Differential Cognitive Performance in Females and Males with Regular Cannabis Use

Investigating the interaction between schizotypy, divergent thinking and cannabis use

 

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Avant de se lancer dans l’épisode de cette semaine, un bref retour sur l’épisode #105 intitulé François-Michel Lambert, le député des aspirations interdites. Deux jours après la diffusion de l’épisode, le député français Lambert a finalement décidé de ne pas se représenter à la législative qui aura lieu dans quelques semaines. Sur Twitter, dans un enfilage de tweets, il a évoqué sa carrière et pour imager son implication pour la légalisation du cannabis en France, il a utilisé le visuel que j’avais créé pour les réseaux sociaux. Boum, il y a eu des tonnes de partages. Je souhaite à FM une belle nouvelle carrière.

OK. Aujourd’hui, on discute de créativité et de cannabis.

Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?  

Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré :

«La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana et du hachich est de dire qu’ils me rendent détendu et créatif.»

Évidemment demander à un dropout ce qu’il pense d’un sujet précis ne le transforme pas en expert. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Et Bill Gates?» Bill Gates est aussi un dropout que les journalistes aiment citer sur des sujets aussi variés que le dernier virus à la mode ou le futur de l’être humain. 

Les gens riches et célèbres ne sont pas plus intelligents. Les journaux les aiment car leurs déclarations convenues remplissent de l’espace jour après jour alors qu’un expert pointu sur la malaria, sujet qui intéresse M. Gates, est une matière moins souple et moins sexy.

Et nous comme citoyens les Bill Gates de ce monde nous intéressent car on aimerait qu’ils nous offrent des recettes faciles à appliquer. Genre Brian Wilson des Beach Boys qui a toujours dit que sans la marijeanne, il n’aurait jamais pu écrire son album phare Pet Sounds. 

M. Wilson n’est pas le meilleur exemple, par contre. Enfoncé dans l’abus de substances, il va réémerger après au moins une quinzaine d’années et il semble de nouveau créatif… à défaut d’être encore original. On va y revenir.

Si la consommation de cannabis améliore vraiment la créativité, il y a un faisceau d’intérêts en jeu. Enjeu théorique. Enjeu psychologique. Enjeu culturel. Et enjeu économique et politique.

Alors aujourd’hui ensemble, on va s’intéresser à ce que la science dit sur le lien entre la créativité et la consommation du cannabis. On va examiner certains concepts modernes comme l’hyperamorçage et d’autres plus anciens. Car personne n’a attendu la légalisation canadienne pour expérimenter avec les drogues pour stimuler leur créativité.

Mais avant d’aller plus loin, on doit s’entendre ou tenter de comprendre ce qu’est la créativité… 

Mon dictionnaire affirme qu’il s’agit d’un pouvoir de création, d’invention, d’imagination. La page Wikipédia contient plus de 4500 mots pour tenter de décrire la notion de créativité. En voici un aperçu…

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Je disais quoi? Ah oui la définition Wiki de la créativité…

La créativité et la je cite:

Opérationnellement, la créativité d’un individu est sa capacité à imaginer et produire (généralement sur commande en un court laps de temps ou dans des délais donnés), une grande quantité de solutions, d’idées ou de concepts permettant de réaliser de façon efficace puis efficiente et plus ou moins inattendue un effet ou une action donnée.

Inutile de dire qu’il s’agit d’un terrain miné. 

Inventer des choses est un évènement rare. En général, on améliore une chose qui existe déjà.

Il y a vraiment peu ou pas du tout d’inventions ou de solutions qui jaillissent de nulle part. Le plus bel exemple est encore une fois Steve Jobs qui a volé ou emprunter la plupart des grands concepts de la société Apple. Tout cela est évidemment bien documenté. 

Votre esprit refuse ce fait? 

Je me permets de vous présenter un exemple moins récent, mais beaucoup plus universel…

Les fables de Lafontaine, vous connaissez? 

Toute ma jeunesse, c’était Lafontaine par ici, Lafontaine par là. Le monsieur qui a tout inventé pour mieux nous expliquer la vie en utilisant des animaux pour singer le comportement des humains. Et bien Lafontaine, et j’ai du attendre d’être un adulte pour le savoir, Lafontaine donc a largement pioché dans les fables d’Ésope écrites 25 siècles plus tôt. À l’époque, on ne parlait pas de plagiat, mais d’emprunt ou d’inspiration. En 2022, Lafontaine serait définitivement accusé de plagiat… Là aussi, il y a des débats d’écoles stratosphériques. Un peu comme le plagiat évident de la chanson Stairway to heaven que la justice refuse de reconnaitre.

Puis, puis, puis, il y a aussi toutes les variations de la créativité… On dit de certaines stars du foot qu’elles sont créatives. On parle aussi de créativité en entreprise… Hé oui, vous voyez le genre.

Une vision analytique greffée à un mode de pensée atypique doublé d’une capacité d’observation et de synthèse hors du commun avec, pour le dessert, une capacité d’entreprendre remarquable… 

Puis, il y a la vraie science. 

Un vrai gouffre. 

Le fameux «down the rabbit hole»…

D’abord, il y a une histoire de la définition de la créativité. 

Des recherches, des papiers, des thèses, des séminaires, des bourses. 

Et il y a aussi une histoire de ce qu’est une définition standard. 

Qu’est-ce que fait qu’une définition standard est reconnue? C’est important en science, une définition standard.

Et si on recule un peu, il y a une quête aussi pour définir l’originalité qui diffère de la créativité. 

Il y a donc des définitions standards pour l’originalité et la créativité.

Si on parle de pot et de créativité, on est mieux de se comprendre sur le fond…

La définition standard de l’originalité date de 1955 et vient de Frank Barron. 

Le premier critère d’une réponse originale est qu’elle doit présenter une certaine rareté déclarée dans le groupe particulier étudié. Un exemple familier de cela dans la pratique psychologique est la définition d’une réponse originale aux taches d’encre de Rorschach, l’exigence étant que la réponse, dans l’expérience de l’examinateur, ne doit pas se produire plus d’une fois sur 100 examens. 

Un deuxième critère qui doit être rempli pour qu’une réponse soit qualifiée d’originale est qu’elle doit, dans une certaine mesure, s’adapter à la réalité. L’intention de cette exigence est d’exclure les réponses peu communes qui sont simplement aléatoires, ou qui procèdent de l’ignorance ou de l’illusion).

C’est bien hein!

Son document original dans les notes de l’épisode.

Je viens de partager la définition standard de l’originalité.

Et la créativité, Luc?

La définition standard de la créativité vient de Morris Stein en 1953.

C’est plus ou moins texto de l’anglais.

On peut faire une expérience mentale, si ça vous amuse.

Imaginez que l’on discute de créativité dans le contexte de la cuisine. 

De vos plats que vous préparez par exemple pour un repas exceptionnel…

Donc voici la définition standard de la créativité qui date de 1953…

L’œuvre créative est une œuvre nouvelle qui est acceptée comme défendable, utile ou satisfaisante par un groupe à un moment donné… . Par «nouveau», j’entends que le produit créatif n’existait pas auparavant sous la même forme… La mesure dans laquelle une œuvre est nouvelle dépend de la mesure dans laquelle elle s’écarte de la tradition ou du statu quo. Cela peut dépendre de la nature du problème auquel on s’attaque, du fonds de connaissances ou d’expérience qui existe dans le domaine à ce moment-là, et des caractéristiques de l’individu créatif et de celles des individus avec lesquels il «communique». Souvent, dans l’étude de la créativité, on a tendance à se limiter à l’étude du génie parce que la «distance» entre ce qu’il a fait et ce qui a existé est assez marquée… En parlant de créativité, il est donc nécessaire de distinguer les cadres de référence internes et externes.

Une définition standard n’est pas une limite à la liberté de penser. 

Mais tu es mieux de te lever tôt et être très créatif pour convaincre le reste de la planète.

Notre questionnement en soulève d’autres…

Est-ce que la créativité est la même chose dans toutes les cultures? 

Plein d’universitaires s’intéressent au sujet. On sait aussi que les autochtones de toutes les régions du monde ont toujours expérimenté avec de multiples substances diverses pour avoir accès à d’autres perspectives. Différentes drogues égalent différentes créativités. J’ai eu le privilège de faire de l’Ayahuasca au Brésil dans un dôme géodésique rempli d’une centaine de personnes. Je peux confirmer que les impacts positifs sur ma vie n’ont rien à voir avec les effets du cannabis. Par contre je ne suis en train de créer une hiérarchie des valeurs entre les drogues. Un marteau n’est pas une clé anglaise et c’est très bien ainsi. 

La créativité est aussi ce que d’autres nomment pensée productive, pensée inventive, pensée divergente, pensée latérale ou tout simplement l’imagination. Rien de scientifique, mais la poésie est une forme pure de créativité. Pourquoi s’en priver?

Sur toPot, on tente d’utiliser les définitions standards.

Pourquoi un tel intérêt académique sur un produit mal aimé? 

Surement parce que le sujet est intéressant. 

Parce que l’industrie du recrutement aussi… 

En 2022, la détection des esprits non créatifs est désirable pour certains emplois. 

Gardien de but me vient tout de suite à l’esprit… 😉

Et les esprits créatifs dans le contexte d’une planète en pleine surchauffe, ça pourrait bien valoir cher, très cher.

OK. 

Si je résume bêtement : la créativité exige à la fois une dose d’originalité et une dose d’efficacité.  

Mais la science, certaines études en tout cas, affirment que le cannabis n’a pas ce genre de propriété qui aideraient à être créatif… 

À Leiden, aux Pays-Bas, une étude qui date de 2014 suggère qu’à faible dose le cannabis n’a pas d’impact sur la créativité, alors qu’à fortes doses, le cannabis nuirait à la pensée divergente.

Mais pour rassurer celles qui ont commencé à crier dans le fond du café, je vais immédiatement citer Carl Sagan, un scientifique et astronome américain très populaire à une époque qui a largement parlé de son utilisation du cannabis :

Je trouve que la plupart des idées que je trouve quand je suis défoncé concernent des questions sociales, un domaine de recherche créative très différent de celui pour lequel je suis généralement connu. Je me souviens d’une occasion où, en prenant une douche avec ma femme alors que j’étais défoncé, j’ai eu une idée sur les origines et les invalidités du racisme en termes de courbes de distribution gaussiennes. C’était un point évident d’une certaine manière, mais dont on parlait rarement. J’ai dessiné les courbes au savon sur le mur de la douche et je suis allé écrire mon idée. Une idée a mené à une autre, et au bout d’une heure de travail extrêmement difficile, j’ai découvert que j’avais écrit onze courts essais sur un large éventail de sujets sociaux, politiques, philosophiques et biologiques. Bla bla bla…

OK. 

Le gars est un astronome… Le pot ne l’a aidé à élucider la nature de l’énergie dite sombre qui semble dominer notre Univers en plus de provoquer une accélération de son expansion. Le pot l’a aidé à écrire des petits essais.  C’est bien, mais ce n’est pas un prix Nobel grâce au cannabis par contre.

Hey Merci MJ!

Regardons un peu ce que la science tente de nous dire.

Une première étude a attiré mon attention. Son titre parle de lui-même:

Inspired by Mary Jane? Mechanisms underlying enhanced creativity in cannabis users

In french: Inspiré par Mary Jane ? Les mécanismes qui sous-tendent une créativité accrue chez les consommateurs de cannabis. L’auteur principale est Emily LaFrance.

L’étude date de 2017. Un classique. Évidemment, les curieuses vont trouver un lien dans les notes de l’épisode…

L’étude à trois buts

1)

Examiner si les consommateurs de cannabis à jeun présentent une meilleure performance aux tests de pensée divergente et convergente. 

2)

Examiner si les consommateurs de cannabis à jeun rapportent des niveaux plus élevés de créativité en utilisant des mesures standardisées d’autoévaluation de la créativité. 

3)

Explorer les cinq grands traits de personnalité comme mécanismes possibles sous-jacents aux liens supposés entre la consommation de cannabis et la créativité. 

J’ai dû chercher les 5 grands traits en question. 

Ça s’appelle Le Big Five en anglais. 

Ce n’est pas vraiment une théorie, mais plutôt une sorte de modèle. 

En français, on a créé le« modèle OCEAN », acronyme du nom de ses différentes dimensions[1].

(O) Ouverture : appréciation de l’art, de l’émotion, de l’aventure, des idées peu communes ou des idées nouvelles, curiosité et imagination ;

(C) Conscienciosité (conscience morale, virtus, c’est-à-dire vertu au sens romain) : autodiscipline, respect des obligations, organisation plutôt que spontanéité ; orienté vers des buts ;

(E) Extraversion : énergie, émotions positives, tendance à chercher la stimulation et la compagnie des autres ;

(A) Agréabilité (amabilité) : une tendance à être compatissant et coopératif plutôt que soupçonneux et antagonique envers les autres ;

(N) Neuroticisme ou névrosisme : contraire de stabilité émotionnelle : tendance à éprouver facilement des émotions désagréables comme la colère, l’inquiétude ou la dépression, vulnérabilité.

Pour la petite histoire, on parle ici d’un échantillon de consommateurs de cannabis à jeun de 412 personnes et de 309  non-consommateurs de cannabis. Les deux groupes ont répondu à des questions sur les sujets suivants: consommation de cannabis, personnalité, créativité autodéclarée et objective. 

Les résultats sont clairs. 

Les consommateurs de cannabis sobres ont fait preuve d’une plus grande créativité autodéclarée que les non-consommateurs.

Les consommateurs de cannabis sobres ont montré une capacité de pensée convergente supérieure à celle des non-consommateurs.

Les consommateurs de cannabis sont plus extravertis, plus ouverts à l’expérience et moins consciencieux.

Les différences d’ouverture à l’expérience expliquent la meilleure créativité des consommateurs de cannabis.

OK. Ça regarde mal.

Et si on se demandait l’effet du pot sur les programmeurs? 

Ça tombe bien, la recherche existe.

C’est la première étude empirique sur la prévalence, les perceptions et les motivations d’utilisation du cannabis dans les environnements de programmation. La recherche publiée en 2021 a été réalisée auprès de 803 programmeurs (dont 450 développeurs professionnels à temps plein) recrutés dans les communautés de programmation des logiciels libres, des universités et des médias sociaux. Les résultats? À première vue, cela semble un enfonçage de porte ouverte…

1)

Certains programmeurs consomment régulièrement du cannabis tout en programmant. 

2)

18% de l’échantillon fumaient au moins une fois par mois. 

3)

Le cannabis est utilisé pour des projets personnels et professionnels. 

4)

On fume pour une amélioration perçue des compétences liées à la programmation plutôt que par des raisons médicales. 

5)

Tous les employés consomment du cannabis à des taux similaires, malgré les différences de perception et de visibilité du cannabis. 

Rien de super étonnant n’est-ce pas?

Mais les politiques antidrogues dans l’industrie du génie logiciel entrent en collision avec cette consommation.

29 % de l’échantillon a déclaré avoir passé un test de dépistage de drogue pour un emploi lié à la programmation, cette pratique, en période de pénurie de travailleurs, peut ralentir l’industrie. Il y a donc des choses à faire pour enligner les deux situations. 

En savons-nous plus sur le duo cannabis-créativité? 

Pas vraiment. 

Par contre, en termes de perceptions, il semble pour certains programmeurs qu’une causalité existe. C’est une progression.

Par contre, beaucoup de gens se trouvent drôles après avoir consommé du cannabis. Vous le savez aussi bien que moi, ce n’est pas souvent le cas…

Une autre étude d’Emily LaFrance apparait en 2021.

Head in the clouds? Cannabis users’ creativity in new venture ideation depends on their entrepreneurial passion and experience.

En français: La tête dans les nuages ? La créativité des consommateurs de cannabis dans l’idéation de nouvelles entreprises dépend de leur passion et de leur expérience entrepreneuriale.

L’hypothèse derrière la recherche est simple: 

les consommateurs de cannabis génèrent des idées qui sont plus originales, mais moins réalisables, par rapport aux non-consommateurs. 

Vous vous souvenez de la définition standard de la créativité?

La créativité exige à la fois une dose d’originalité et une dose d’efficacité. 

La conclusion de l’étude est sans ambigüité:

L’originalité accrue et la faisabilité réduite des idées des consommateurs de cannabis ont fait surface dans la mesure où ils avaient une passion entrepreneuriale pour l’invention et ont diminué proportionnellement à leur expérience entrepreneuriale. 

Cela veut dire que la qualité des idées, leur faisabilité, ne dépend pas de la dose, mais de l’expérience personnelle des sujets de l’étude. 

Garbage in, garbage out.

Des entrepreneurs, des programmeurs… C’est bien.

Et si on regardait ce qui se passe à l’université? 

J’ai trouvé une revue de la littérature dans une étude qualitative intitulée:

Influences réflexives et non réflexives sur la consommation de cannabis chez les étudiants de premier cycle.

Près de 40% des étudiants universitaires américains consomment du cannabis. L’étude s’est intéressée à la contribution simultanée des processus réflexifs et des processus non réflexifs. Les processus réflexifs sont ceux qui  produisent l’action par une délibération, une volonté consciente tandis que les  processus non réflexifs sont ceux qui incitent automatiquement au comportement. 

Les conclusions de la revue de littérature sont nombreuses.

L’intoxication au cannabis favorise la pensée divergente, c’est-à-dire la capacité de voir des liens entre des concepts éloignés et de révéler quelque chose de nouveau.

Mais, mais, mais, la consommation du cannabis altère en même temps la pensée convergente, c’est-à-dire la capacité de raisonner sur la base d’une inférence logique. 

Le mot inférence est important. Selon mon dictionnaire, il s’agit d’une opération logique qui consiste à admettre une vérité en vertu de sa liaison avec d’autres vérités déjà admises. C’est à ça que servent les définitions standards. Chaque définition est une brique et à la fin, on se retrouve avec quelque chose. Un mur, une maison ou une construction mentale solide.

Pourquoi discutons-nous de ce genre de choses aujourd’hui? 

Dans le contexte sportif, tout le monde comprend les avantages d’un bon programme de dopage. Le but est de physiquement devenir un sur humain. Mais vous et moi, ne consomme-t-on pas du cannabis pour des raisons similaires? Comme dans le but de mieux penser ou de penser différemment? 

Voilà le contexte de la NEURO-AMÉLIORATION. Le monde des drogues de performance pour l’esprit. 

Un consommateur de cannabis trouve accès à d’autres perspectives. Ce point de vue différent, comme celui d’un chamane dans certaines cultures, peut constituer une forme d’augmentation de l’humain. Et l’étude des consommateurs de cannabis avec entre autres le concept amorçage ouvre la porte à une meilleure compréhension des différents mécanismes cognitifs en action.

J’ai trouvé une étude intitulée L’hyper-amorçage chez les consommateurs de cannabis : Une étude naturaliste des effets du cannabis sur la fonction de la mémoire sémantique.

Je pourrais commencer à faire débouler les définitions standards qui étayent toute cette discussion. Mais ce n’est pas le but de l’épisode… 

Rapidement tout de même, la mémoire sémantique, c’est tout ce que l’on n’a pas oublié après une amnésie suite à une commotion par exemple. Et le pot, parce qu’il affecte la mémoire, est étudié dans ce contexte.

Un exemple d’amorçage? Je vous montre une photo avec un contenu complexe une première fois. Si je vous la montre une seconde fois, vous comprenez que vous serez en mesure de la reconnaitre plus rapidement la seconde fois. Une personne exposée à la photo a donc été amorcée positivement la première fois qu’elle a été en contact avec l’image.

OK

Le cannabis est  la drogue illicite la plus populaire au monde, c’est un fait. Cela fait partie de l’intérêt de mesurer ses effets.

Une étude a testé la mémoire sémantique de 36 consommateurs de cannabis sous l’influence. Les 36 consommateurs ont de nouveau été testés à jeun tout en étant comparés à 38 témoins non consommateurs de drogue.

Sous l’influence du cannabis, les consommateurs ont démontré une augmentation de l’amorçage sémantique automatique et des symptômes schizotypiques par rapport aux témoins. Un symptôme schizotypique c’est un état mental caractérisé par un repli sur soi et une forme de prédisposition à la schizophrénie. La schizophrénie, c’est grosso modo une psychose délirante chronique caractérisée par une discordance ou si vous préférez, une perte d’harmonie de la pensée, de la vie émotionnelle et du rapport au monde extérieur.

On ne va pas devenir des spécialistes du cerveau humain d’ici la fin de l’épisode. Mais moi et vous, on avance à petits pas pour se construire des références pour toutes nos futures discussions.

Alors…

Les consommateurs de cannabis présentaient un profil similaire de schizothymie à celui des non-consommateurs lorsqu’ils ne sont pas intoxiqués. La consommation aigüe de cannabis augmente les symptômes schizotypiques et peut accroitre l’amorçage sémantique automatique chez les consommateurs récréatifs de cette drogue. Une augmentation forte de l’amorçage sémantique automatique pourrait être un facteur contribuant à des manifestations psychotiques. La première étude du  genre que j’ai trouvé date de 2010 et a démontré que la principale propriété du cannabis est sa capacité à augmenter l’hyperamorçage. Pour faire simple, l’hyperamorçage est ce qui se produit lorsque votre cerveau établit un lien entre deux éléments apparemment sans rapport. 

Si vous consommez, je n’ai pas besoin de vous expliquer la dernière phrase. Si vous ne consommez pas, je ne peux pas vous l’expliquer… 😉

Pour être créatif, il faut être bien. Et ça tombe bien car la consommation de cannabis affecte nos sentiments et donc pèse nos pensées. En général, les études qui s’intéressent à ce type de problèmes évoquent systématiquement des problèmes de motivations chez les consommateurs de cannabis. En caricature, sur le plan physique, les usagers de pot seraient des gros gras paresseux alors qu’autres études prouvent que les consommateurs de cannabis sont plus actifs physiquement et présente un meilleur indice de masse corporelle.

Au début de l’épisode, j’ai évoqué les différences qui pourraient exister dans ce qu’est la créativité selon des cultures radicalement différentes. Mais on n’a pas encore évoqué les différences des effets du cannabis chez les hommes et chez les femmes. Dans  l’épisode #95 http://mbe.io/Les-Femmes-et-le-Cannabis , j’aborde plusieurs sujets, mais pas celui de la créativité.

Là aussi, on est chanceux car des chercheurs ont publié en 2021 l’étude Differential Cognitive Performance in Females and Males with Regular Cannabis Use. En français, Différence de performance cognitive chez les femmes et les hommes consommant régulièrement du cannabis. Cette étude éclaire un peu notre discussion car elle suggère que le sexe biologique influence la relation entre le cannabis et la cognition, les hommes étant potentiellement plus vulnérables aux déficits neurocognitifs liés à la consommation de cannabis. 

Après avoir fait le tour d’internet aller-retour, je suis  tombé sur la psychologue clinicienne Gráinne Schafer. La créativité et le cannabis, c’est son truc. Dans une étude, Mme Schafer a formé deux groupes de sujets:  des sujets à «faible créativité» et d’autres à «forte créativité». Un test de fluidité verbale est ensuite proposé aux deux groupes, d’abord sobre et ensuite sous influence du cannabis.

Après une semaine de consommation, le groupe catalogué comme faible avait rejoint le niveau du groupe «forte créativité».  Par contre, les groupes des forts n’ont pas amélioré ses performances. Que faut-il en comprendre? Les personnes qui ne se considéraient comme créatives trouvent des avantages réels dans l’usage du cannabis. Le groupe qui se considérait comme plus créatif n’a pas amélioré ses performances, mais elles n’ont pas diminué non plus.

Ce que l’étude offre comme perspective de nouvelles recherches est une possible théorie selon laquelle il y existerait un lien entre la réduction des inhibitions des fonctions corticales frontales et la pensée divergente. Selon Wikipédia, la pensée divergente est une méthode de pensée utilisée pour produire des idées créatives en envisageant de nombreuses solutions possibles. Ce concept est souvent utilisé en conjonction avec la pensée convergente, qui suit un ensemble particulier d’étapes logiques pour parvenir à une solution.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ merci beaucoup! Bonne semaine. 

Est-ce que le cannabis rend plus créatif? 

La réponse facile est non.

La réponse difficile est plus complexe.

Si le buzz du cannabis pour un consommateur régulier est différent à chaque fois, il serait normal que la créativité d’une personne varie différemment à chaque consommation.

Si je me ramasse, en gros les effets du cannabis sur la créativité sont:

  1. La culture peut influencer ce que l’on croit être créatif.
  2. Les hommes et les femmes réagissent différemment.
  3. L’état d’esprit, je suis créatif, je ne suis pas créatif, a un impact sur la perception de la créativité accrue suite à la consommation du cannabis.
  4. La quantité consommée à un impact sur la créative. Un peu ça fonctionne, trop, c’est moins bon.
  5. Une OVNI… Je crois que le sens du terme créativité utilisé dans chacune de recherche n’est pas le même ce qui implique que les chercheurs ne mesurent pas obligatoirement la même chose.
  6. Et finalement, fait indéniable, beaucoup de gens qui consomment du cannabis croient être plus  créatifs sous influence. Évidemment, la tâche à effectuer sous influence doit avoir préalablement apprivoisé. Je vous donne un exemple. Beaucoup de joueurs de foot sont incapables de jouer à jeun. Mais moi je serais incapable car je n’ai aucun référent personnel dans ce sport.
     Il y a l’histoire de Doc Ellis un lanceur au baseball américain qui a réussi un match parfait sans point ni coup sur sous l’influence de la mescaline… Si on demandait aux mêmes personnes d’être efficaces dans un autre sport, les résultats pourraient être catastrophiques.

Et voilà, c’était le 106e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire: lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre !

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#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

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Le cannabis et les autochtones…

Aujourd’hui, on discute d’un sujet très important dans le contexte de la légalisation canadienne du cannabis. Pourquoi en discuter maintenant?

Parce que le paysage du cannabis canadien vient de changer à tout jamais.

Comment?

Un groupe de commerçants de la Colombie-Britannique a déclaré qu’ils ont «souffert et continuent de souffrir d’une perte de jouissance de la vie» et qu’ils ont «souffert et continuent de souffrir de troubles émotionnels et de détresse mentale» à cause de l’existence de marchés de cannabis des Premières Nations. Ce sont les mots utilisés, en anglais évidemment, dans le document officiel. Ces revendeurs de cannabis viennent de plusieurs régions de la province et leur plainte est déposée contre la province de la Colombie-Britannique, le procureur général de la Colombie-Britannique et l’unité de sécurité communautaire. 

Pour mieux comprendre la situation, on va revenir sur les moments forts des initiatives autochtones depuis le début de la légalisation.

Bonne écoute!

Liens pour l’épisode

La poursuite des 14 commercants

Seed of Sovereignty: Indigenous Rights and Canadian Cannabis Law

The Red River Métis – la Nouvelle Nation

Le grand chef de Wendake écorche Québec solidaire

THE SUBJECT MATTER OF BILL C-45

Cannabis : « sur notre territoire, la Saskatchewan n’existe plus »

Bill 96 will never apply in our community, Kahnawake leaders say

Dança da Solidão (Marisa Monte e Paulinho da Viola)

Photo de Damon Lam sur Unsplash

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#103 Le cannabis médical vu par…

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, je reçois deux Québécois qui connaissent bien la situation du cannabis médical au Québec. Shantal Arroyo et François-Olivier Hébert.  

Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!   

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

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#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, on fait deux choses. MJ la barista du toPot fait une critique du Hash Fût de Chêne de Highly Dutch Organic dont le Terpène dominant est la caryophyllène.

Mais dans un premier temps on va regarder la relation d’amour-haine qui existe entre les gouvernements et l’industrie du cannabis.

Au Québec, la SQDC vient de changer sa façon de faire des affaires. 

Et l’industrie est littéralement en train de freaker.

Au niveau fédéral, Santé Canada change ses lignes directrices pour le cannabis médical et là ce sont les prescripteurs qui sont aux abois.

Mais avant de se lancer dans cette poutine, j’ai trouvé deux exemples à l’extérieur du Québec pour illustrer cette relation haine-amour entre les gouvernements et l’industrie du cannabis…

Chez nos voisins américains, dans le cadre de l’enquête YouGov, 27 % des personnes interrogées ont déclaré que l’idéal serait que les gens consomment davantage de cannabis au lieu de l’alcool, tandis que 20 % ont déclaré que ce serait une mauvaise idée. L’acceptabilité sociale augmente à vue d’oeil…

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

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Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

Une entrevue sans fard. 

Bonne écoute!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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126 Pot flânage (2022.11.09)

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Pot flânage! On fait le tour de l'actualité en prenant notre temps. Extraction à partir de la fumée de cannabis Culture verticale et désillusion technologique Diminution de l'intérêt du chanvre chez les agriculteurs américains Technologie brésilienne dans le cannabis...

#125 Pot flânage (2022.11.02)

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Alors aujourd’hui, par où va-t-on commencer à flâner? C’est important de tourner en rond à la bonne place… Et je pense que j’ai trouvé un bon spot pour nous lancer. Vous avez tous bien vu que l’industrie canadienne du cannabis tente de faire des pressions sur le...

#124 Pot flânage (2022.10.26)

#124 Pot flânage (2022.10.26)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? On continue notre série Pot flânage. Ensemble, on va faire le tour des nouvelles et sujets d’intérêts dans l’univers du cannabis. Beaucoup de choses à partager avec vous. Et comme on vient tout juste de célébrer le...

#99 Potpourri 4A

#99 Potpourri 4A

Vous allez bien? 

Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot à un potpourri pour vous.

  • On commence par notre belle SQDC qui a décidé d’augmenter les prix de ses produits, car dit-elle, ils se détaillent sous les prix du marché illicite.
  • La Nouvelle-Écosse qui à un monopole comme la SQDC, fait l’inverse en augmentant le prix de l’alcool et en diminuant le prix du cannabis.
  • Santé Canada vient de changer sa règlementation et les microproducteurs pourraient peut-être plus facilement se passer des intermédiaires pour vendre à la SQDC. 
  • L’Argentine réinvente le cannabis médical avec une formule qui ressemble aux Clubs Sociaux de Cannabis. 
  • Chez l’oncle Sam, le dossier du cannabis progresse et l’industrie des centres d’appels offre des produits spécifiques à l’industrie. 
  • On conclut avec la première compagnie de cannabis qui apparait dans la liste des 100 compagnies les plus importantes au monde du magazine Time.

Bonne écoute!

Lien pour l’Épisode sur toPot

Canadian pot producers watch closely as Democrats aim to rewrite U.S. cannabis laws

FDA Issues Warning Letters to Companies Claiming Their CBD Products Can Treat COVID-19

NSLC Raises Booze Prices And Drops The Cost Of Cannabis

Cannabis Call Centers

Cannabis company included in Time magazine’s list of the world’s 100 most influential companies

Transcription de l'épisode 99
#99 Potpourri 4A

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.
Bienvenue chez vous!

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast.

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot à un potpourri pour vous.
Je reviens sur quelques développements récents dans le cannabis au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde.

Liste des sujets de discussion
La SQDC modifie sa structure de prix.

On commence par chez nous. Le Québec! Et notre belle SQDC.

Oui, la SQDC vient de changer sa structure de prix. On va y revenir. Mais la SQDC semble aussi se décrire comme une victime de son propre succès. Voici ce qu’elle annonce à l’industrie :

OK.
Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.
Et MJ, Salut, tu vas bien?

Le document en question fait plus que 4 phrases. Mais concentrons-nous sur l’essentiel.

Je répète la première phrase :

Nous observons depuis la légalisation du cannabis, une baisse constante du prix moyen de vente au gramme.

La SQDC constate une baisse constante du moyen de vente au gramme. Si elle le dit, je la crois. La SQDC sait que ces chiffres sont vérifiables très facilement.
Donc je reconnais son observation.
Les prix légaux baissent. C’est indéniable. Et il faut positivement remercier Hexo et son ex-PDG Saint-Louis pour avoir été le premier à oser dire que les prix du cannabis légal étaient trop élevés comparés à ceux du marché noir. Le premier 28 grammes disponible au Québec était un produit Hexo, le OS si ma mémoire est bonne. Cette semaine, il y a avait 36 offres d’onces à la SQDC.
L’industrie a écouté les consommateurs.

La deuxième phrase maintenant :
Cette chute des prix est le résultat d’une offre plus importante que la demande dans l’industrie du cannabis au Canada.

L’industrie canadienne du cannabis est en surproduction depuis la fin de 2019. Les chiffres sont disponibles et indiscutables. On peut en parler, mais ils sont indiscutables ces chiffres de surproduction. Maintenant, comment pourrait-il en être autrement quand Santé Canada octroie ses licences à tour de bras? On augmente le nombre de producteurs sans égard à la taille du marché. C’est légal et ça s’appelle le capitalisme. En parallèle, les producteurs autorisés améliorent leur méthode de production. Donc, le Canada et le Québec ont de plus en plus de PA qui produisent de plus en plus efficacement. Si le cannabis était pour le législateur québécois un produit comme l’alcool, tout irait bien. Mais le cannabis est un produit qui n’est pas socialement acceptable au Québec. Pas pour les libéraux, pas pour les caquistes. Les autres? Impossible de savoir ce qu’ils pensent. Comme il n’y a rien à gagner dans ce dossier, personne ne veut prendre le risque de s’en mêler.

Hey merci MJ!

Fait important à noter, les entreprises qui représentent les PA qui ne peuvent vendre directement à la SQDC encouragent leurs clients à vendre le moins cher possible. C’est du moins ce que j’entends entre les branches. Mais cette situation risque de changer rapidement à cause des plus récents changements règlementaires apportés par Santé Canada. On va en reparler, c’est le prochain sujet…

Revenons à la troisième phrase :

Cela fait en sorte qu’aujourd’hui, plusieurs produits vendus à la SQDC, notamment dans les catégories du 3,5 grammes et des préroulés, se détaillent sous les prix du marché illicite.

Ici, j’avoue ne pas pouvoir suivre la SQDC, mais je suis peut-être mal renseigné. Cela fait des mois que je vois des onces à moins de 100 $ et plus récemment, on a pu voir passer des onces à 55 $ sur Facebook. Des onces commanditées en plus.

Mais la SQDC nomme les formats 3,5 g et les préroulés, pas l’once.
J’ai demandé sur différentes plateformes si les affirmations de la SQDC étaient facilement vérifiables…

D’abord Blaky Black qui est le Chef du BlocPot et le propriétaire de la Clinique VertMédic.
Je lui ai posé la question et il m’a envoyé une photo en guise de réponse. Une offre bilingue parfaitement rédigée, en fait une seule petite faute en français, pour une once à 80 $. Disponible 18 heures par jour. La grande classe.

J’ai ensuite échangé avec une personne sur le Discord de Black Poule qui m’a confirmé que les prix du marché noir ou gris étaient vraiment beaucoup plus bas que ceux de la SQDC.
Est-ce que la SQDC devrait rendre publique les observations et raisonnements qui mènent à une hausse de prix? Un monopole à l’obligation morale de rendre des comptes. En fait, cela permettrait surtout à la population d’adhérer aux choix de la SQDC. Mais on ne retient pas notre souffle. Tout le monde dit que c’est mauvais de fumer ou de fulminer en apnée.

Et maintenant, la dernière phrase :
Cette dynamique contribue à banaliser le cannabis, ce qui est contraire à notre mission.

On doit féliciter la SQDC de désirer respecter son mandat.
Elle obéit.
Il est donc inutile de rappeler que l’alcool tue tous les jours.
C’est 10 personnes par jour au Canada, sans oublier les 400 hospitalisations quotidiennes.
Cela, la SQDC s’en fout. C’est normal.
Son mandat exclut la possibilité de réfléchir à ces questions.
La SQDC réfléchit à sa commercialisation et investit beaucoup de sous dans son projet Omnicanal. Cela ne devrait pas nuire aux ventes.
Peut-être pourra-t-elle même servir plus de monde avec moins de personnel…

Mais la SQDC utilise une drôle de terminologie.
Elle a une marge fixe, mais aussi maintenant une marge protégée.
C’est le privilège des monopoles d’inventer les règles du jeu qui lui seront les plus favorables.
Alors cela veut dire quoi pour les producteurs autorisés?

Je reprends l’exemple proposé par la SQDC.

Et je reprends texto son explication écrite :

Les prix de vente affichés de la SQDC sont calculés selon une marge en pourcentage déterminée par catégorie de produits. La catégorie des fleurs séchées inclut une notion additionnelle de marge fixe en dollar au gramme. Tous les produits d’une même catégorie sont traités de manière identique.
La SQDC a également adopté une approche de protection de la marge en dollar par gramme. Nous appliquons le montant de la marge protégée si celui-ci est plus élevé que le calcul de base.
Les prix de vente affichés à la SQDC incluent les taxes de vente et sont arrondis à la dixième supérieure.

Tous les produits n’ont pas la même marge.
Les fleurs séchées sont à 14,9 %.
Le hash est à 25 %
Les nouveaux produits moulus aussi à 25 %
Pourquoi les prés roulés sont à 26 %?
Aucune idée et je n’ai trouvé personne qui puisse m’expliquer pourquoi.
Concentré, huile, mangeables et atomiseurs oraux sont a 30 %
Les infusions et ingrédients à cuisiner sont à 32 %
Finalement les prêt-à-boire sont à 33 %

C’est évident qu’il y a une réflexion commerciale pour être arrivé à un tel résultat.
On y reviendra peut-être un jour.

Imaginons un pot de fleurs séchées de 3,5 g que la SQDC achète au producteur autorisé pour 12 $.

Sur la catégorie Fleurs séchée de 1 à 15 g, la marge annoncée par la SQDC est de 14,9 %.

14,9 % du 12 $ du coutant de la SQDC = 2,10 $

À cette marge normale, il faut ajouter la marge fixe de 1,05 $ par gramme.
On multiplie les 3,5 g de notre exemple par 105 sous. Le total est maintenant de 5 775 $.

Et c’est là qu’arrive la marge protégée.

La marge protégée varie en fonction du produit.
1,85 $ par gramme pour les fleurs séchées
Mais 5,90 $ pour un gramme de hash.

Si on reprend notre exemple initial d’un pot de fleurs séchées de 3,5 g, la marge protégée est de 1,85 $ par gramme.

On a maintenant calculé nos deux marges et la SQDC va choisir le montant de la marge protégée si elle est plus élevée que le résultat du calcul de base.

Dans notre exemple, le coutant de la SQDC est de 12 $ pour un pot de 3,5 g.
La marge de 14,9 % égale 2,10 $ auquel nous additionnons la marge fixe de 1,05 $/g soit 3 675 $ pour un total de 5 775 $.

Nous devons comparer le calcul de base soit 5 775 $ à la marge protégée qui est de 1,85 $ qu’il faut multiplier par 3,5 g soit un total de 6 475 $

D’un coté, 5,775 et de l’autre 6 475 $

Comme la marge protégée est plus grande, c’est le montant que va utiliser la SQDC.
Le prix avant taxe devient donc 12 $ plus la marge protégée de 6 475 $ soit un total de 18 475 $

Il faut maintenant ajouter les taxes fédérales et provinciales pour un prix de vente final de 21,24 $ qui est arrondi au dixième supérieur soit 21,30 $.

Quelles seront les conséquences de cette nouvelle grille pour l’industrie?
Je ne sais pas.
Mais le trésor québécois devrait être heureux des performances de la SQDC.

Est-ce que ces prix que la SQDC juge trop bas vont réactiver le marché noir?
Trop tôt pour le dire.
Mais on pourrait assister à une professionnalisation du marché médical.

Ailleurs au Canada, on fait les choses différemment. Prenons le marché de la Nouvelle-Écosse. Je le rappelle, la Nouvelle-Écosse a un régime similaire à celui du Québec. Un monopole total de la distribution. Mais vous allez voir que cette province à une autre vision du cannabis, mais aussi de l’alcool.

La société des alcools de la Nouvelle-Écosse fait des ajustements de prix ce printemps. En effet, le coût de l’alcool va augmenter de 3,5 pour cent, tandis que les prix du cannabis baisseront de 2,75 pour cent.

Le NSLC a opté pour une augmentation globale de 3,5 % afin d’éviter toute modification radicale des prix.

«En procédant ainsi, les gens ne verront pas de hausses massives sur des produits particuliers, mais plutôt des hausses réparties sur des produits similaires», a déclaré la porte-parole de la NSLC.

Sur le front du cannabis, les prix baissent, une tendance qui se poursuit depuis l’introduction initiale du cannabis légal. «Nous continuons à voir les prix du cannabis baisser à mesure que de plus en plus d’entreprises s’installent dans cette industrie relativement nouvelle», a déclaré M. Ware.

Les changements de prix sont entrés en vigueur le 25 mars.

Si vous êtes insatisfait de la SQDC parce qu’elle est un monopole, le leadeurship de la Nouvelle-Écosse qui est aussi régi par un monopole devrait vous forcer à réfléchir autrement.

Ok, on passe à l’actualité nationale.
Ben oui, Santé Canada vient de changer sa règlementation et cela pourrait avoir de gros impacts dans l’industrie.

Dès le 19 avril de cette année, et la je traduis le plus texto possible, Santé Canada commencera à accorder l’autorisation de vendre des produits de cannabis séchés et frais à tous les détenteurs de microlicences et de licences de traitement standard au cours du processus d’autorisation initial, sans qu’il soit nécessaire de soumettre une demande de modification des ventes.

Et qu’est-ce que cela veut dire précisément?

Cela veut dire qu’un PA qui a une licence existante qui n’autorise pas la vente de produits de cannabis séchés et frais pourra se faire réémettre une licence avec des conditions modifiées dans les 90 prochains jours.

Un PA avec une telle licence sera autorisé à vendre des produits de cannabis séchés ou frais aux distributeurs au détail provinciaux autorisés une fois que leur licence aura été modifiée.

Pourquoi Santé Canada prend une telle décision 3 ans après le début de la légalisation?
Cette décision serait fondée sur le risque plus faible associé à la production de produits de cannabis séchés et frais. Mais Santé Canada confirme aussi qu’aucune modification n’est apportée aux exigences règlementaires.

Ce changement devrait diminuer les efforts requis pour respecter la charge règlementaire des détenteurs de licences tout en donnant aux nouveaux détenteurs de licences la possibilité de mettre plus rapidement leurs produits sur le marché.

Ce changement règlementaire ne s’applique pas pour l’instant aux producteurs d’extraits, de produits topiques et de produits comestibles du cannabis. Comme la transformation apporte son lot de difficultés supplémentaires, Santé Canada à décider d’attendre pour ces catégories de produits.

Mais en pratique, cela veut dire quoi?

Pour les provinces comme le N-B qui permettent la vente à l’usine, cela pourrait vouloir dire que les microproducteurs vendraient directement aux consommateurs. Quand on sait qu’un microproducteur peut donner à son emballeur-revendeur au moins 100 000 $ par an, cette nouvelle règlementation pourrait favoriser l’essor de la microproduction au Canada.

La plupart des observateurs parlent d’une facilité accrue à commercialiser plus rapidement de nouveaux produits.

Est-ce que les microproducteurs vont pouvoir vendre directement à la SQDC?
Je ne suis pas sur, mais c’est ce que je comprends.
Est-que la SQDC va augmenter ses exigences règlementaires pour éviter un déferlement de nouveaux points de contact?
C’est possible.

Mais il est clair que les plus petits joueurs avec une licence micro ou standard seraient heureux de pouvoir couper un intermédiaire entre eux et la SQDC. Évidemment, cela aurait des conséquences immédiates sur ces intermédiaires qui sont aussi producteurs et compétiteurs des sociétés auxquels ils offrent des services.

Ok, si on veut parler de l’avenir du cannabis au Canada, il faut penser aux États-Unis, notre petit voisin.

Le Congrès américain fait un nouvel effort pour réduire les interdictions fédérales et cette fois, la Chambre des représentants a adopté une loi pour légaliser le cannabis partout sur le territoire américain, éliminant ainsi toutes sanctions pénales pour la fabrication, la distribution et la possession. Le vote a été de 220 pour et 204 contre.

Le Marijuana Opportunity Reinvestment and Expungement Act permettra aussi des procédures de pardon et la création d’une taxe sur la vente des produits du cannabis.

Le dossier progresse, mais rien n’est assuré. Heureusement, instruits des difficultés du marché canadien, les Américains réfléchissent déjà aux taxes d’accises trop élevées qui nuisent à une industrie légale qui côtoie un marché illégal très bien organisé. De plus, Biden, après avoir promis la lune pour être élu, a choisi de rester silencieux sur le sujet en plus de présenter un plan de dépenses presque anticannabis.

Les grands géants canadiens rêvent de pouvoir aller vendre aux États-Unis. Tant mieux s’ils peuvent rêver. Espérons seulement qu’ils ne rêvent pas parce qu’ils sont endormis.

Personnellement, c’est l’inverse qui m’inquiète pour l’industrie canadienne. Pendant combien de temps le législateur canadien pourra-t-il empêcher nos voisins d’exporter leur cannabis au Canada? La Californie produit déjà du pot de terroir avec appellation contrôlée… Quel Canadien amateur de pot ne voudra pas tester ce genre de produit? Oui, les États-Unis sont un marché affriolant. Mais regarder qui remplit votre supermarché. Les Québécois achètent en hiver des poivrons du Chili qui transitent par les États-Unis. Nous sommes incapables d’importer directement on dirait… Et les produits de consommations courantes appartiennent majoritairement à une dizaine de grands groupes américains. Et soudainement, nous serions capables de nous opposer à cette machine?
Imaginons qu’ils n’acceptent que des produits GMP?
Cela élimine presque l’ensemble des producteurs autorisés canadiens qui n’ont pas jugé bon de s’astreindre à ce standard de qualité.

D’ailleurs le discours des géants canadiens est en constante évolution. Il y a un an, Canopy prévoyait des ventes de 1 milliard. Cette année, on parle de la moitié. Cette réduction drastique des objectifs existe partout dans l’industrie canadienne. À un tel point que nos bons géants ont adopté un nouveau mantra selon le journaliste Matt Lamers de MJBiz.

«Nous ne sommes pas là pour la part de marché, nous sommes là pour faire du profit».

Le discours s’adapte à la réalité. Hé.

Mais l’inverse est vrai aussi.
Pas au Canada, mais en Argentine où on vient d’inventer une nouvelle formule pour le cannabis médical…

Dans une initiative qui n’est pas sans rappeler les Clubs Sociaux de Cannabis, l’Argentine va permettre aux patients de faire cultiver leur cannabis par des organisations à but non lucratif agréées et autorisées.

Une ONG regroupera un maximum de 150 personnes pour la culture intérieure et extérieure.

Le programme baptisé REPROCANN détermine le nombre de plants par personne, soit 9 plants qui pourront être cultivés sur des surfaces maximums de 6 m2 en intérieur et de 15 m2 à l’extérieur.

À ma connaissance, il n’y a que la Suisse, pour l’instant, qui prévoit instaurer ce concept des clubs de cannabis.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine.

On termine avec une nouvelle que je trouve très révélatrice des avancés récentes de l’industrie du cannabis. Au cœur de l’expérience du consommateur de cannabis, il y a cette relation entre lui et l’entreprise qui produit. Comment intensifier cette relation dans un univers règlementaire ou le marketing est interdit plus ou moins? Avec un centre d’appel! Et oui, l’industrie des centres d’appels réagit à la normalisation du cannabis en proposant de nouvelles offres de service spécifique au cannabis.

Aux États-Unis, pas au Canada.

Le raisonnement est simple…
Plus de deux Américains sur 3 supportent la légalisation du cannabis et selon Pew Research, les services de centres de contact prennent une plus grande importance stratégique. Les offres se structurent et des livres blancs, les whites papers en anglais, qui proposent des réflexions spécifiques sur les besoins de l’industrie du cannabis sont maintenant disponibles. Ça c’est nouveau et c’est un signal de confiance envers le développement de l’industrie américaine du cannabis.

Ok une autre avant d’y aller!

Le magazine Time fait chaque année une liste des 100 entreprises les plus influentes du monde. Pour la première fois, une compagnie de cannabis apparait dans ce top 100!
Qui est cette compagnie?

SFX

Curaleaf.
Curaleaf existe depuis 2010 et opère 26 sites de cultures et 128 dispensaires dans 23 États différents avec 5 600 employés.

«Le fait d’être reconnu comme l’une des entreprises les plus influentes du monde par Time confirme une fois de plus que notre travail permet de briser la stigmatisation de la plante, de construire une industrie équitable et passionnante, de lancer de nouveaux produits innovants pour une large base de consommateurs et de soutenir concrètement les communautés que nous servons», a déclaré Joe Bayern, PDG de Curaleaf US, dans un communiqué.

Le futur est déjà là!
Pas au Québec, mais un jour peut-être.
1
Et voila, c’était le 99e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com.
Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez!
Bonne semaine.
Beaucoup de bienêtre.
Et bon chanvre!

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Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#98 Deux visages de la lutte aux parasites

#98 Deux visages de la lutte aux parasites

Alors que la plupart des gens éprouvent du dédain pour les insectes, Camille est attiré par eux. Son entreprise, Lady Bug Phytoprotection, fait de la gestion intégrée pour les producteurs autorisés dans l’industrie du cannabis, mais elle offre aussi ses services à M et Mme tout le monde.

Lady Bug est une entreprise spécialisée dans la lutte antiparasitaire avec des techniques de contrôle biologique qui utilise des prédateurs naturels et des produits antiparasitaires approuvés par Santé Canada.

Mais comment devient-on Lady Bug?

Liens de l’épisode

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