#113 Sexy, le refus du marché légal?

#113 Sexy, le refus du marché légal?

Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas trop. C’est que je vous prépare un nouveau projet. Une sorte de magazine numérique avec beaucoup de vidéo, une infolettre, des textes sur l’actualité… Je vous en reparle à la fin de l’épisode et je vous propose de vous inscrire à l’infolettre Bon Stock pour ne rien rater. Ben oui, ça s’appelle Bon Stock. On ne peut pas faire plus Québécois. Je vous en reparle donc. Pour les impatients, c’est bonstock.quebec .

Que sait-on des gens qui sont fiers de consommer sur le marché noir? 

 Des centaines de fois par jour, des citoyens se font traiter d’épais parce qu’ils achètent simplement des produits légaux… Mais s’agit-il vraiment d’une hargne ou d’un état affectif que je n’ai jamais pris le temps d’identifier? Alors c’est aujourd’hui que j’explore pour comprendre un phénomène qui semble échapper à la raison, à la mienne en tout cas…

Donc, je me suis dit que j’allais comprendre la nature de ma propre réaction… Celle d’un découragement momentané doublé d’un jugement sur ma propre incapacité à répondre efficacement à de telles positions. Évidemment, je ne suis pas en croisade. Qu’un citoyen consomme des produits remplis de merde ou pas ne m’affecte aucunement. Pas une seconde en fait. Qu’il s’agisse de pot ou de mélatonine que Santé Canada ne recommande pas pour les enfants. Je ne dis pas que cela m’indiffère. Je précise que chaque citoyen est responsable de sa consommation. Alors, par où commencer?

Bonne écoute!

Lien pour le rapport des citations!

#113 Sexy, le refus du marché légal?

#113 Sexy, le refus du marché légal?

Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas...

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

#110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

#110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

Jimbo Jones fait pousser légalement du pot à des fins médicales. Il a une carrière professionnelle normale, mais il reste anonyme pour plein de raisons que j’évoque fréquemment sur toPot… comme le facteur d’acceptabilité sociale qui est plus faible au Québec...

#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je m’intéresse aux nanoémulsions de cannabis depuis au moins l’épisode #62 Les nanoémulsions, le cannabis 4.0?. Aujourd’hui, on va donc échanger avec Jean-Christophe Parisien-Lasalle pour comprendre la...

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

Cette semaine, on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis.  Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être...

#112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

#112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

Cette semaine, on reçoit sur toPot un entrepreneur québécois qui pourrait travailler dans plusieurs industries différentes! Heureusement, on est chanceux, il a choisi le cannabis! Maxime Paris est donc le fondateur et PDG d’EXKA, une entreprise spécialisée dans la génétique et l’extraction du cannabis. La vision d’EXKA est à la fois simple et complexe : devenir le standard de référence dans le domaine de la génétique et de l’extraction du cannabis.

Et que diriez-vous d’un cultivar qui ferait 37 % de THC?

Nous en discutons dans l’épisode. Et les curieuses vont trouver la fiche technique du Black Mountain Side… 

Le temps de floraison est de 9 à 10 semaines. Peu de feuilles. Pousse au début dans un Jiffy et ensuite dans du coco. La culture peut se faire en bunker, en serre ou en extérieur. C’est un des phénotypes de la variété «Girl Scout Cookies» qui contient du «Durban Poison» et du «0G Kush». Il s’agit d’une variété indica qui a fini à la troisième place de la Seattle Cannabis Cup en 2014. Ses bourgeons très denses sont verts avec des traces de violette. L’arôme du produit est doux et mentholé avec du linalol, de la caryophillene et de la limonène. Les curieuses et les PA intéressés vont aussi trouver dans les notes de l’épisode plusieurs rapports de laboratoire en prime. Merci à EXKA pour ce partage.

Bonne écoute!

LIEN pour le cultivar  37% de THC

https://mbe.io/BMS-EXKA

#113 Sexy, le refus du marché légal?

#113 Sexy, le refus du marché légal?

Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas...

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

#110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

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Jimbo Jones fait pousser légalement du pot à des fins médicales. Il a une carrière professionnelle normale, mais il reste anonyme pour plein de raisons que j’évoque fréquemment sur toPot… comme le facteur d’acceptabilité sociale qui est plus faible au Québec...

#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

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Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je m’intéresse aux nanoémulsions de cannabis depuis au moins l’épisode #62 Les nanoémulsions, le cannabis 4.0?. Aujourd’hui, on va donc échanger avec Jean-Christophe Parisien-Lasalle pour comprendre la...

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

Cette semaine, on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis.  Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être...

#110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

#110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

Jimbo Jones fait pousser légalement du pot à des fins médicales. Il a une carrière professionnelle normale, mais il reste anonyme pour plein de raisons que j’évoque fréquemment sur toPot… comme le facteur d’acceptabilité sociale qui est plus faible au Québec qu’ailleurs dans le reste du Canada. Cela dit, il ne cache pas ses opinions. Au contraire. Et vous allez voir que son discours est très structuré!

J’ai construit l’entrevue dans un format classique : le passé, le présent et l’avenir.

Alors, naturellement, on cherche les premières étincelles…

Jimbo, comment débute ta relation avec le cannabis?

#chanvre #cannabis #cannabiscommunity #Quebec #nature #smile #stressrelief #CBD #THC #toPot #QUÉCANN #AQIC #SQDC #JimboJones

#113 Sexy, le refus du marché légal?

#113 Sexy, le refus du marché légal?

Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas...

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

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Jimbo Jones fait pousser légalement du pot à des fins médicales. Il a une carrière professionnelle normale, mais il reste anonyme pour plein de raisons que j’évoque fréquemment sur toPot… comme le facteur d’acceptabilité sociale qui est plus faible au Québec...

#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je m’intéresse aux nanoémulsions de cannabis depuis au moins l’épisode #62 Les nanoémulsions, le cannabis 4.0?. Aujourd’hui, on va donc échanger avec Jean-Christophe Parisien-Lasalle pour comprendre la...

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

Cette semaine, on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis.  Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être...

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

Cette semaine, on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis. 

Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être dans les prochaines minutes dire des choses qui vont irriter vos convictions personnelles. Laissez-moi immédiatement contextualiser les informations que je vais partager.

L’utilisation que nous faisons des recherches est parfois ridicule. 

Je vous donne un exemple simple. La première étude dont je vous ai parlé aujourd’hui avec ses 26 participants a été publiée en 2020. Son titre est Effect of Cannabidiol and Δ 9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance A Randomized Clinical Trial.  Je l’ai dit, cette recherche prouve que les effets du THC se dissipent après 4 à 5 heures. La même recherche tendait aussi à démontrer l’absence de dangerosité de la conduite sous l’effet du CBD. Fabuleux non? Oui sauf que les auteurs de la recherche ajoutaient un énorme à leur étude, un bémol ignoré par la presse et tous les partisans du CBD… C’était quoi le bémol? Le voici…

Cependant, l’ampleur de l’effet pour le cannabis à dominante CBD n’a peut-être pas exclu une déficience cliniquement importante, et les doses testées ne représentent peut-être pas l’usage courant.

J’ai d’abord été surpris de voir des médias reprendre la nouvelle sans mentionner le bémol de fin. Puis je me suis dit qu’une majorette se contente de suivre la parade. 

Heureusement d’autres chercheurs ont vu ce bémol… Et je suis heureux de partager aujourd’hui avec vous une recherche qui a été publiée il y a exactement une semaine… Effects of cannabidiol on simulated driving and cognitive performance: A dose-ranging randomised controlled trial. 

Cette recherche répond au bémol de la recherche précédente. Comment?  Bonne écoute!

Liens pour l’épisode

BILAN ROUTIER 2021

Les caractéristiques socio-psychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool

Effect of Cannabidiol and Δ9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance

Driving Performance and Cannabis Users’ Perception of Safety

Standard operation procedures for conducting the on-the-road driving test, and measurement of the standard deviation of lateral position (SDLP)

High THC Blood Levels Do Not Equal Increased Intoxication: A Study

Association of Naturalistic Administration of Cannabis Flower and Concentrates With Intoxication and Impairment

Les caractéristiques sociopsychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool  Le vidéo

Les caractéristiques sociopsychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool Le PDF

Clearing the Smoke on Cannabis

Transcription de l'épisode #108

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

  • Aujourd’hui, on va discuter d’un sujet à la mode. Un sujet qui revient de plus en plus souvent dans les discussions au fur et à mesure que les médias publient les résultats de recherches. Oui, cette semaine on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis. 

Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être dans les prochaines minutes dire des choses qui vont irriter vos convictions personnelles. Laissez-moi immédiatement contextualiser les informations que je vais partager. Et laissez-moi vous donner un exemple. Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je suis un cycliste. J’aime le vélo sous toutes ses formes. J’ai un tandem de montagne avec freins à disque. Avec ma belle, on a roulé dans des forets de muscadier, ben oui la muscade pousse dans un arbre. On a fait du dérapage contrôlé sous des cathédrales de bambou. J’ai roulé un peu partout en Europe avec des inconnus et des coureurs du Tour de France. Et c’est à Boucherville que j’ai été le plus souvent agressé par des automobilistes. Au fil des ans, j’ai développé une méthode pour interpeler les fous qui se servent de leur véhicule de deux tonnes pour faire peur aux cyclistes. Quand j’ai l’occasion de répondre à un automobiliste qui m’agresse avec son véhicule, je commence toujours par lui dire bonjour et lui demander s’il a des enfants. Je lui propose alors de me donner son adresse pour que je puisse aller faire un tour sur sa rue pour traiter, en tout respect, ses enfants, sa femme ou sa grand-mère de la même façon. Pas plus, pas moins. Juste traiter les gens qu’il aime de la même façon qu’il vient de me traiter. 

Pas toujours, mais souvent, je vois le doute sur le visage de la personne pendant une fraction de seconde. 

Dans mon exemple, je parle d’un homme comme agresseur, mais il ne s’agit pas d’un privilège. Les femmes peuvent avoir des comportements similaires. En fait, j’ai une main qui est plus fragile que l’autre parce que j’ai frappé le capot d’une enseignante du Cégep Édouard Montpetit il y a 20 ans. J’ai eu le malheur de faire mon stop et frustrée d’être retardé d’au moins 3 secondes, elle avait fait mine de vouloir m’écraser en frappant ma roue arrière avec son parechoc avant. 

Donc, pendant cet épisode, à chaque détour, avant de dire que je surestime certains dangers, j’aimerais vous demander de penser à la personne la plus importante dans votre vie. Votre partenaire, votre enfant, un parent, peu importe. Imaginez cet être cher comme on dit dans les magazines bas de gamme, donc imaginez que la personne que vous aimez le plus au monde est en train de traverser une intersection très achalandée. Vous voyez l’intersection dans votre esprit? C’est clair? OK. Vous voyez la personne la plus importante au monde pour vous au milieu de cette intersection? OK! 

Et ben maintenant, imaginez que la prochaine voiture qui arrive est conduite par une personne qui vient de consommer du cannabis. L’effet est toujours intense. Pas une affaire folle. Juste un excellent buzz. Un bon buzz. Un conducteur moyen avec une intelligence moyenne comme vous et moi. 

Si vous ne ressentez aucune tension, vous êtes chanceux. Ou psychopathe. Moi, quand je fais cet exercice mental, je suis tendu. Parce que je sais comment je suis quand je consomme. Je suis bien, évidemment. Mais suis-je le meilleur conducteur que je peux être? Forcément, ma réponse est non. Cela ne veut pas dire que je suis mal. Cela veut simplement dire que je ne pourrais pas, par exemple, réagir parfaitement avec le maximum d’efficacité si la personne que vous aimez le plus au monde s’enfarge dans ses lacets. C’est le principe des accidents. On ne peut les prévoir, mais on peut parfois les éviter. Voilà le principe qui guide ma consommation et la conduite d’un véhicule motorisé. Imaginer que tous les gens qui je vais croiser sont toujours l’équivalent de la personne que j’aime le plus au monde. 

Ce n’est pas hier que les spécialistes ont commencé à s’intéresser à la conduite automobile avec facultés affaiblies. C’était même le titre d’une conférence qui a eu lieu en 2016. Cette rencontre organisée par l’Association des intervenants en dépendance du Québec, l’AIDQ, était la première rencontre du genre au Québec. 

D’une façon générale, on assiste à une baisse générale des décès et des blessés auquel auraient surement contribué les nombreuses campagnes de sensibilisation à une conduite prudente. En 2009, la catégorie d’âge 20-24 ans était responsable de 13 % des accidents de la route. Même s’il y a de plus en plus de jeunes conducteurs, en 2019, les 20-24 ans ne causaient plus que 11 % des accidents routiers bien qu’ils ne représentent que 6 % des permis de conduire en circulation au Québec. En 2016, il y avait déjà des tonnes d’inquiétudes reliées à la conduite sous influence. Mais depuis, de 2016 à 2020, le nombre de décès a diminué. de 15,0 % chez les 15 à 24 ans et de 8,5 % chez les 75 ans et plus. Par contre les décès ont augmenté de 27,4 % chez les motocyclistes et de 56,9 % chez les cyclistes. Y’en aura pas de facile.

Alors si tout va bien ou mieux, pourquoi aborder ce sujet?

Parce que certaines études qui relativisent la consommation de pot et la conduite d’un véhicule motorisé sont brandies comme des étendards par certains partisans de la cause du cannabis. Je vois de plus en plus de gens se vanter de conduire sous influence tout en brandissant des études qui seraient censées leur donner raison. Or on sait déjà très bien et des tests ont déjà été menés au Québec sur ce sujet, on sait très bien donc que le cannabis peut diminuer le niveau d’attention en plus d’avoir un impact sur la perception et les fonctions psychomotrices. Je pense même que le CAA Québec fait régulièrement ce genre de tests sur simulateur en plus de vrais tests routiers. 

Est-ce que tous les Canadiens ont un comportement similaire de conduite sous influence? 

Qu’est-ce que je disais? Ah oui…

Est-ce que tous les Canadiens ont un comportement similaire de conduite sous influence? 

Bonne question hein! 

Dans une étude qui date de 2018, on a demandé à un échantillon de consommateurs de cannabis s’ils conduisaient un véhicule motorisé dans les deux heures qui suivent la consommation. Alors selon vous quelle est la province où les gens conduisent le plus dans les deux heures qui suivent la consommation de cannabis? C’est le Nouveau-Brunswick où 52,4 % des gens interrogés. Et la province où l’on est le moins porté à conduire dans les deux heures qui suivent la consommation de cannabis? C’est le Québec avec 32 %. Les Latins canadiens seraient les plus conservateurs par rapport à conduite sous influence du cannabis. Comment expliquer cela? Je ne sais pas. C’est également au Québec que l’acceptabilité sociale pour le cannabis était la plus faible au moment de la légalisation en 2018. Je ne sais pas si les choses ont évoluées depuis, mais la popularité du parti au pouvoir au Québec me laisse croire que non. 

C’est le temps de regarder ce que la science a à raconter. Et dans le domaine qui nous intéresse, il y a une recherche phare. Une recherche qui date de 2020 et qui a été réalisé en Australie grâce au projet ambitieux du Lambert Initiative for Cannabinoid Therapeutics dont le but est de faire progresser les traitements à base de cannabinoïdes dans la médecine conventionnelle

 

Derrière ce projet, il y a Barry et Joy Lambert qui ont fait un don de 33,7 millions de dollars pour la recherche sur le cannabis thérapeutique dans les domaines suivants : l’épilepsie, le cancer, la douleur chronique, l’obésité, les troubles neurologiques et la santé mentale.

Alors cette recherche, c’était quoi?

26 personnes en bonne santé vont subir des tests de conduite sur route. 

Et que veut-on mesurer? Simple. La recherche mesure l’écart type de la position latérale. Dit plus simplement, les chercheurs vont mesurer les déviations des trajectoires et des surcorrections sur la route entre 40 et 100 minutes après la consommation de CBD, de THC ou d’une substance placébo. C’est un test reconnu et utilisé partout dans le monde. Dans le fond il quantifie le zigzagague inutile et inapproprié.

Alors les résultats paraissent simples : pas de différences dans la conduite entre le CBD et la substance placébo. Par contre, la conduite sous influence du THC démontre des écarts de trajectoire beaucoup plus marqués qui diminuaient de façon marquée après 4 à 5 heures. 

Une étude plus récente intitulée Driving Performance and Cannabis Users’ Perception of Safety a été publiée en mars 2022. La grande question que pose cette recherche est Quels sont les facteurs liés à l’impact du cannabis fumé sur la conduite et la perception de l’aptitude à la conduite par les usagers? L’objectif de l’étude est clair : déterminer, dans un large échantillon de consommateurs réguliers de cannabis, l’ampleur et l’évolution dans le temps de l’altération de la conduite produite par du cannabis fumé avec plus ou moins de THC, les effets de l’historique de consommation et la concordance entre l’altération perçue et la performance observée. 

Sur une période de deux ans, les chercheurs ont recruté 191 consommateurs de cannabis dont 118 (61,8 %) étaient des hommes. L’âge moyen était de 30 ans. Finalement, le groupe avait un nombre moyen de jours de consommation de 17 jours au cours du mois précédent. Alors que nous apprend cette recherche et la j’y vais le plus texto possible :

Quand on laisse des consommateurs expérimentés contrôler leur consommation, on ne peut pas déduire une altération de la conduite sur la base de la teneur en THC du joint, de la tolérance comportementale ou des concentrations sanguines de THC. Par contre, le désir des participants de conduire après seulement 1 heure 30 minutes peut indiquer un faux sentiment de sécurité au volant. La dégradation des performances de conduite est évidente pendant plusieurs heures après avoir fumé chez de nombreux consommateurs, mais semble se résorber au bout de 4 heures 30 minutes chez la plupart des individus. 

Entre nous, comme ça, on discute de conduite de véhicules sous influence. 

Mais quels sont les chiffres disponibles actuellement par rapport aux accidents de la route? 

Dans une étude de 2016 qui couvrait une vingtaine de pays, la conduite sous l’influence de l’alcool était responsable de 19 % des accidents. On sait aussi qu’en 2018, juste aux États-Unis, presque un accident sur trois, est plus de 12 000 accidents, étaient causé par une conduite en sous l’influence de l’alcool. Et les décès résultant de la conduite sous l’influence du cannabis? On parle de 8700 décès sur toutes les routes du monde entier en 2013. Par contre, tous les chercheurs constatent que la consommation simultanée d’alcool et de cannabis est à la hausse. 

Alors quelle est la substance responsable des accidents et décès dans ces cas-là? 

Je n’ai pas trouvé de réponse à cette question.

On sait cependant que les recherches démontrent clairement que le pourcentage d’accidents mortels impliquant à la fois le cannabis et de l’alcool a doublé entre 2000 et 2018. Mais c’est comme pour les guerres. On connait généralement le nombre de morts, mais combien de blessés? Aux États-Unis, on parle année après année d’une trentaine de mille décès, mais aussi de plus de 2 millions de blessés. On parle donc d’un ratio de 1 pour 60.  

Au Canada, en 2020, le nombre total de décès sur les routes était de 1 745; soit une baisse de 1 % par rapport à 2019. Le nombre total de blessures pour la même année est de 101 572, soit un ratio d’un (1) mort pour 58 blessés.

Ces ratios sont importants et peuvent à l’occasion nous sauver la vie.

Je vous donne un exemple qui m’a été raconté par une femme qui a planté des arbres en Colombie-Britannique pendant une dizaine d’années. Elle me disait que lorsqu’elle voyait un ours, cela voulait dire qu’il y a dans un périmètre rapproché 7 ours qui l’a regardait… C’est un peu comme dans une manifestation. Si tu croises un policier, c’est sur qu’il n’est pas le seul à te regarder. Je ne connais pas le ratio par contre.

Plus sérieusement, au Québec, la situation a beaucoup changé depuis les années 70. En 1973, 2209 personnes meurent sur la route. Presque cinquante ans plus tard, en 2021, il y a eu seulement 347 morts, mais avec trois fois plus de véhicules immatriculés. C’est un vrai progrès. Si j’applique le ratio canadien de 1 pour 58, cela fait plus de 20 000 blessés.

Et quel bonheur, on va pouvoir vérifier mon ratio, car je viens de trouver les chiffres officiels pour le Québec, notre bilan routier collectif : 1 227 personnes blessées gravement et 26 314 personnes ont été blessées légèrement soit un total de 27 541 incidents répertoriés. Notre ratio morts/blessé est beaucoup plus élevé qu’au Canada ou aux États-Unis. Pour chaque mort sur la route, il y a 80 blessés. On pourrait facilement formuler quelques hypothèses, mais on s’éloignerait trop de notre sujet du jour. 

J’en entends dans le fond du café qui disent : Hey Luc, moi je consomme un cultivar qui contient beaucoup de CBD et ça équilibre l’effet du THC…

Ben ça tombe mal mon gars, car des chercheurs ont étudié cette prétention et voici les résultats de leur recherche intitulée, Cannabis and Impaired Driving. 

Bien que les résultats de cette recherche ne permettent pas de conclure qu’il est possible de conduire en toute sécurité après avoir consommé du CBD, il est clair que le THC a altéré les performances de conduite et que les effets du THC ne se sont pas limités à une seule tâche de conduite. La consommation de THC et de THC/CBD a eu un effet négatif sur les performances lors de tests standardisés de vitesse de traitement, d’attention partagée, de fonction psychomotrice, de mémoire de travail, de prise de décision et de flexibilité cognitive. Les conducteurs qui ont consommé du THC étaient généralement conscients que leur conduite était altérée, bien que les participants aient déclaré que la consommation de THC/CBD était associée à moins d’anxiété, à une réduction de la force des effets de la drogue et à une plus grande confiance pour conduire que le THC seul. Ces résultats remettent en question le mythe selon lequel le CBD améliore les effets psychoactifs/psychomoteurs du THC.

Ne tirez pas sur l’ambulance. Je ne fais que partager ce que les chercheurs disent…

Dans un épisode précédent, je disais d’ailleurs ceci :

Est-ce que vous voyez poindre la complexité du sujet? 

Votre médecin peut vous prescrire du cannabis, mais vous ne pourrez plus conduire votre véhicule pour aller travailler ou pour reconduire votre enfant à la piscine, car le principe de tolérance Zéro va vous trouver fautif 100 % du temps, car si vous fumez un seul joint par semaine, vous allons tester positif tous les jours… Par contre, vous pouvez finir votre bière et allez reconduire votre enfant sans problème parce qu’un policier à l’obligation de vous laissez repartir si votre taux d’alcoolémie est inférieur à .08. 

DOnc la première conclusion de l’épisode est que le gouvernement du Québec ne considère pas l’alcool comme une drogue et désire la garder hors du concept de zéro tolérance.

Fin de l’autocitation.

Ce zéro tolérance est ridicule. Mais mettez-vous à la place du législateur… On ne sait pas encore mesurer le handicap momentané que cause la consommation de cannabis, mais on sait tous très bien qu’au pic des effets d’une consommation de THC, nous ne sommes plus exactement la même personne avec les mêmes moyens.

Surtout que l’utilisation que nous faisons des recherches est parfois ridicule. 

Je vous donne un exemple simple. La première étude dont je vous ai parlé aujourd’hui avec ses 26 participants a été publiée en 2020. Son titre est Effect of Cannabidiol and Δ 9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance A Randomized Clinical Trial.  Je l’ai dit, cette recherche prouve que les effets du THC se dissipent après 4 à 5 heures. La même recherche tendait aussi à démontrer l’absence de dangerosité de la conduite sous l’effet du CBD. Fabuleux non? Oui sauf que les auteurs de la recherche ajoutaient un énorme à leur étude, un bémol ignoré par la presse et tous les partisans du CBD… C’était quoi le bémol? Le voici…

Cependant, l’ampleur de l’effet pour le cannabis à dominante CBD n’a peut-être pas exclu une déficience cliniquement importante, et les doses testées ne représentent peut-être pas l’usage courant.

J’ai d’abord été surpris de voir des médias reprendre la nouvelle sans mentionner le bémol de fin. Puis je me suis dit qu’une majorette se contente de suivre la parade. 

Heureusement d’autres chercheurs ont vu ce bémol… Et je suis heureux de partager aujourd’hui avec vous une recherche qui a été publiée il y a exactement une semaine… Effects of cannabidiol on simulated driving and cognitive performance: A dose-ranging randomised controlled trial. 

Cette recherche répond au bémol de la recherche précédente. Comment?  

Les résultats de cette étude suggèrent que le traitement aigu par CBD par voie orale à des doses allant jusqu’à 1500 mg n’induit pas de sentiment d’intoxication et n’est pas susceptible d’altérer les fonctions cognitives ou les performances de conduite. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer l’absence d’effet du CBD sur les tâches sensibles à la sécurité dans les heures suivant immédiatement le traitement et lors d’une administration chronique.

1500 mg de CBD, c’est de la bonne dose non? Mais la science est plus patiente que nous… car là aussi les chercheurs notent un gros bémol qui sera oublié…

Dans le fond du café, j’en entends qui disent : et le THC Luc, le THC… 

OK. 

Je réponds immédiatement en rappelant notre expérience mentale qui consiste à imaginer la personne la plus importante pour vous qui tente de croiser une intersection dangereuse. 

Alors quelle est la recherche qui est la plus populaire chez les gens qui conduisent sous l’influence du THC? 

Celle que je vois le plus souvent brandit comme une excuse est celle-ci… et j’en ai déjà parlé, mais pour d’autres raisons. Cette étude à créer des cannavans pour aller tester les gens chez eux dans leur habitat naturel, pour ainsi dire. La responsable de la recherche, Cinnamon Bidwell, voulait contourner la loi qui empêche les universitaires dans certains États d’utiliser du cannabis légal.

Cette recherche se décrit ainsi :

  • 121 consommateurs réguliers de cannabis, 
  • La moitié consomment des concentrés dont la teneur en THC variait entre 70 et 90 %.
  • L’autre moitié consommaient des fleurs de cannabis avec des teneurs en THC entre 16 et 24 %.
  • Le sang des participants est testé.
  • Leur humeur mesurée ainsi que leur niveau d’intoxication
  • On évalue ensuite leur fonctionnement cognitif et leur équilibre. 
  • Ici on parle de multiples tests sur la même personne, c’est-à-dire avant, juste après et une heure après la consommation de cannabis. 

Les résultats maintenant…

Les consommateurs de concentrés de THC avaient des taux de THC dans le sang plus élevé pour chaque test. Presque deux fois plus élevés.

Dans leur autoévaluation, tous les consommateurs se sentaient tous similaires. Retenez qu’il s’agit d’autoévaluation, on va y revenir, car c’est très important…

Les chercheurs ont été surpris de constater que les consommateurs de concentrés à 90 % de THC étaient moins perturbés qu’ils avaient anticipé. Cela vient bien sûr d’une comparaison avec l’alcool. La logique veut que la même quantité de vodka et de bière engendrent des réactions différentes. Mais le système endocannabinoïde fonctionne différemment. Est-ce que cette recherche nous informe des dangers de la conduite sous l’effet de concentrés? Pas directement, car ce n’était pas son but. Mais prétendre que consommer un concentré à 90 % de THC c’est juste comme fumer un joint pour certains nous éloigne de la science.

Et je prends comme témoin votre téléréalité favorite ou plus facile, examinons le concept général des spectacles où des gens inconnus viennent chanter devant des juges qui proviennent de la colonie artistique.

Dans ce genre de programmes, il y a des gens qui ont du talent, des voix énormes, un look d’enfer. Le gros kit complet quoi. Mais il y a aussi souvent un concurrent qui est là pour rendre encore plus remarquables les meilleurs, car eux sont très très très mauvais. Ces candidats vont passer à la télé. Parfois devant des millions de personnes. Et ils ne savent pas chanter. Ils sont mauvais. Très très très mauvais. Et c’est là qu’arrive la fameuse autoévaluation et le syndrome de Dunning Kruger. Et que dit Wikipédia?

L’effet Dunning-Kruger, aussi appelé effet de surconfiance [1], est un biais cognitif par lequel les moins qualifiés dans un domaine pourraient surestimer leur compétence

Le mauvais chanteur dans une émission comme La Voix ne se pense meilleur que les meilleurs. Il croit juste qu’il est meilleur qu’il ne l’est réellement. Il n’est pas fou. Juste mal informé de son propre talent. Et un génie dans un domaine peut vivre l’effet Dunning-Kruger dans un autre domaine. 

Alors dans la recherche avec les cannavans dont je viens de parler, je me méfie des autoévaluations.

OK je me ramasse. Je disais que je me méfiais des autoévaluations. Pourquoi? Je vous redonne un exemple avec le vélo. Quand tu pars en vélo pour une sortie de 200 km avec quelqu’un qui ne roule pas souvent, tu es un peu responsable de son retour à la maison. Mon expérience personnelle est que l’autoévaluation de la fatigue chez une personne qui manque d’expérience est déficiente. Je veux dire qu’elle n’a pas les outils pour comprendre ce qui arrive à son corps. Le plus drôle, c’est que la même chose arrive à des gens qui ont beaucoup d’expérience, mais qui n’écoutent pas leur corps. Quand tu combines un ordinateur de vélo, des instruments de mesure des watts développés et la rédaction d’un cahier d’entrainement, ton autoévaluation augmente en qualité. Pourtant, même les pros du Tour de France se trompent à l’occasion. Quand tu ne manges pas assez, on parle de 7000 calories pour une grosse étape, tu vas avoir une fringale. Une fringale, c’est quand le sucre dans le sang est utilisé par le corps comme supercarburant. Puis la glycémie chute brutalement. Ce qui est extraordinaire, c’est que dans les minutes qui précèdent une fringale, l’organisme est dans un état de grâce. Littéralement, tu fly. Puis c’est le crash physique instantané. Et bien même des pros du Tour font une mauvaise autoévaluation de leur état… Alors, imaginez un guerrier de fin de semaine qui se lance dans de grandes manœuvres. Ma dernière grosse fringale, je l’ai eue au Danemark juste en face de la Statue de la Petite Sirène au bord de l’eau à Copenhague. Je me rappelle m’être effoiré dans une station-service pendant 10 minutes à boire des boissons gazeuses et manger des croustilles.

Cette fringale va arriver un jour ou l’autre. C’est obligatoire. L’idée de les éviter quand c’est possible. Il faut juste ne pas oublier de s’alimenter. C’est pareil pour la conduite automobile sous l’influence du cannabis, mais l’inverse. Faut savoir quand arrêter. 

Je me souviens d’un collègue de travail plus agé qui était ami avec un gros politicien québécois. Un homme qui aspirait de devenir un jour Premier ministre. Et bien quand ils allaient en vacances ensemble avec leur famille, le politicien était obsédé par sa consommation d’alcool, car il redoutait plus que tout de se faire pincer en train de conduire sous l’influence de l’alcool. Ces précautions guidaient littéralement sa vie. Par contre, un ami policier m’a informé que les limousines auxquelles ont droit les ministres sont très pratiques pour tous ces cas de figure. Un garde du corps, ça ramasse aussi du monde à quatre pattes. 

Trêve de niaiseries.

J’aimerais, avant de conclure, citer une recherche québécoise intitulée Les caractéristiques socio-psychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool.

Qui sont les gens qui consomment du cannabis avant de conduire un véhicule moteur? Et là, je vais directement aux conclusions.

Et bien, qui sont ces conducteurs?

1)

Ils ont davantage d’amis qui conduisent sous l’effet du cannabis et qui approuvent ce comportement. Quand on applique ce raisonnement à l’obésité, certains chercheurs parlent d’obésité comme d’une contagion. 

2)

Ils ont plusieurs autres comportements dangereux sur la route. Genre rouler dans le parechoc d’une voiture qui ne roule qu’à 119 km/h dans la voie de gauche sur l’autoroute. Cela dit, je connais du monde qui a ce type de comportement au naturel sans même ne jamais consommer de cannabis.

3)

Ils ont une perception négative de leur mobilité par transport en commun.

4)

Ils croient moins pouvoir se faire détecter par les autorités.

5)

Ils ont une mauvaise connaissance des conséquences judiciaires de leur acte.

6)

Ils perçoivent la conduite sous l’effet du cannabis comme une activité sans/faible risque

7)

Ils sont plus impulsifs

Résumé en une phrase : 

Le cannabis n’a pas/peu d’impact sur ma capacité de conduire, car je ne suis pas en capacités affaiblies et je dois absolument revenir chez moi.

Je ne suis pas en train de faire la morale à qui que ce soit. Je ne suis pas du tout du tout du tout parfait moi même. Mais avec la légalisation canadienne actuelle et celle des États-Unis qui ne devrait pas tarder, il est important de comprendre que la conduite avec facultés affaiblies est en train de muter. Le Canadien Center on Substance use and addiction mène une veille sur le sujet et a publié plusieurs documents sur le sujet. Voici donc leur conclusion plus au moins texto.

1)

Conduire après avoir consommé du cannabis est plus fréquent que conduire après avoir bu,

en particulier chez les jeunes conducteurs.

2)

Après l’alcool, le cannabis est la substance la plus fréquemment détectée chez les conducteurs qui meurent dans des accidents de la route.

3)

La nouvelle législation a élargi les outils dont dispose la police pour

détecter et arrêter les conducteurs dont les facultés sont affaiblies par le cannabis.

C’est l’occasion de partager une OVNI… Les autorités policières communiquent peu sur le sujet des tests et des méthodes utilisées pour détecter le cannabis lors d’une intervention routière, contribuant peut-être ainsi à diminuer la peur d’un test efficace comme pour l’alcool. ON sait que recevoir un ticket de vitesse par exemple peut calmer les ardeurs des as du volant pendant plusieurs semaines. Après on oublie et la prise de risque reprend.

4)

Les hommes sont deux fois plus susceptibles que les femmes de déclarer avoir conduit après avoir consommé du cannabis. 

J’avoue ne pas savoir du tout comment interpréter ce fait… 

Les hommes sont plus honnêtes ou plus vantards? 

Je ne sais pas.

Est-ce que la personne que vous aimez le plus au monde est encore là? Nos simulations l’ont épargné? Bravo. Et si jamais vous me croisez à pied ou à vélo et que vous conduisez votre véhicule sous l’influence du cannabis, rappelez-vous que je vous aime beaucoup, beaucoup, beaucoup.

Et voilà, c’était le 108e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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#107 8 façons de tuer l’industrie du cannabis

#107 8 façons de tuer l’industrie du cannabis

Les Canadiens n’ont jamais autant de choix de produits que l’on sait conformes, minimalement, aux exigences de Santé Canada. Si l’offre de la SQDC est mince comparée à celle des autres provinces, elle reste appréciable.

Alors pourquoi un tel titre et un tel sujet aujourd’hui? 

8 façons de tuer l’industrie du cannabis…

Est-ce vraiment raisonnable? 😉

Et ben parce que si tout se passe plus ou moins bien pour le consommateur, la réalité pour les producteurs autorisés est différente. 

Trois ans après la légalisation, il est clair que le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux ont décidé d’abuser de l’industrie à qui ils ont donné la permission d’exister. Avec cette permission vient une série d’abus que nous allons passer en revue. Selon les leadeurs de l’industrie, la situation a atteint un point critique.

Et ces leadeurs ont décidé de se rencontrer pour discuter de la situation.

Grass on the Hill: Cannabis Leaders Summit & Industry Lobby Day. 

Cette rencontre a eu lieu les 30 et 31 mai 2022, soit au début de cette semaine. Tous les leadeurs de l’industrie étaient là. À ma connaissance et après vérification, il n’y avait personne de l’industrie québécoise du cannabis. Et on va voir en conclusion que la situation pourrait être dramatique au Québec dans les mois et années à venir, mais pour des raisons complètement différentes qui s’ajoutent.

Le cannabis à une industrie qui quémande le droit d’exister. 

Mais la résistance s’organise.

J’ai trouvé une belle initiative sous forme d’un rapport écrit pour en discuter intelligemment. Ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

StandForCraft.com.  

Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode.

On y trouve entre autres, une pétition à signer dont la première phrase est :

Il n’est pas exagéré de dire que le Canada taxe à mort les entreprises artisanales de cannabis.

J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Uniquement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

Par contre, on peut analyser facilement la structure des couts en prenant un exemple simple comme un pot de 3,5 gr vendu pour 25 $. Et là je prends les chiffres proposés par Stand for Craft! Donc, pour un gramme de pot, voici la ventilation du cout de votre achat…

Bonne écoute!

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Comme simple consommateur, le canadien et la canadienne n’ont jamais autant de choix de produits que l’on sait conformes, minimalement, aux exigences de Santé Canada. De nouveaux produits apparaissent chaque semaine. Si l’offre de la SQDC est mince comparée à celle des autres provinces, elle reste appréciable.

Ce que l’on peut s’y procurer versus ce que le pusher du marché original pouvait offrir ne résiste pas à l’analyse. Avant la légalisation, j’avais un gars, comme dirait la Québécoise Mireille Tessier, propriétaire d’une boutique de pot en Alberta. Ce gars offrait toujours au moins deux choix et parfois en prime, il m’offrait un biscuit de THC avec un thé. Beaucoup de stationnements, un guichet automatique pas loin, un dépanneur pas loin. Le bonheur quoi. Mais rien à voir avec l’offre de la SQDC. 

Alors pourquoi un tel titre et un tel sujet aujourd’hui? Et ben parce que si tout se passe plus ou moins bien pour le consommateur, la réalité pour les producteurs autorisés est différente. 

Trois ans après la légalisation, il est clair que le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux ont décidé d’abuser de l’industrie à qui ils ont donné la permission d’exister. Avec cette permission vient une série d’abus que nous allons passer en revue.

Et pourquoi parler de ce sujet cette semaine?

Selon les leadeurs de l’industrie, la situation a atteint un point critique.

Et ces leadeurs ont décidé de se rencontrer pour discuter de la situation.

Grass on the Hill: Cannabis Leaders Summit & Industry Lobby Day. 

Cette rencontre à eu lieu les 30 et 31 mai 2022, soit au début de cette semaine. Tous les leadeurs de l’industrie sont là. Évidemment, à ma connaissance et après vérification, il n’y avait personne de l’industrie québécoise du cannabis. Personne. Pas une organisation, pas un individu. Parce qu’on est distinct sans doute. Et on va voir en conclusion que la situation pourrait être dramatique au Québec dans les mois et années à venir.

 

À la tête de ce sommet Grass on the Hill, il y a George Smitherman. C’est un politicien canadien. Il a représenté la circonscription provinciale de Toronto-Centre durant plus de 10 ans à l’Assemblée législative de l’Ontario. Il a été ministre de la Santé et des Soins de longue durée, ministre de l’Énergie et de l’Infrastructure et Vice-Premier ministre de l’Ontario. Accessoirement, il est le premier Membre du Parlement provincial de l’Ontario ouvertement homosexuel. Voilà donc un homme qui s’intéresse à l’industrie du pot et qui sait comment fonctionnent les gouvernements. Donc, ce Grass on the Hill est un évènement important.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Qu’est-ce que je disais?

Ah, oui, la grande rencontre canadienne Grass on the Hill

Pourquoi une telle rencontre? Pour informer, provoquer et susciter des changements en faveur de la viabilité financière des détenteurs de licences de cannabis.

Une industrie qui quémande le droit d’exister. C’est intéressant non. Surtout quand le Québec est absent.

Alors très modestement, vous et moi, on va faire le tour des irritants, voyez comme je suis gentil, le tour des 8 trucs les plus efficaces pour tuer l’industrie canadienne du cannabis. 

Et le premier truc pour tuer l’industrie du cannabis est de forcer tout le monde a payer une taxe d’accise qui ressemble à de l’extorsion.

Et ça tombe bien, j’ai trouvé une belle initiative sous forme d’un rapport écrit pour en discuter intelligemment. Évidemment, ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

StandForCraft.com.  

Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode.

On y trouve entre autres, une pétition à signer dont la première phrase est :

Il n’est pas exagéré de dire que le Canada taxe à mort les entreprises artisanales de cannabis.

J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Seulement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

Par contre, on peut analyser facilement la structure des couts en prenant un exemple simple comme un pot de 3,5 gr vendu pour 25 $. Et là je prends les chiffres proposés par Stand for Craft! Donc, pour un gramme de pot, voici la ventilation du cout de votre achat :

Hey merci MJ!

Je disais quoi? Ah oui, on parlait de la ventilation du cout de l’achat d’un pot de 3,5 gr vendu à 25 $.

La marge du détaillant est de 2,54 $ par gramme

Le cout de la distribution provinciale est de 0,74 $ 

Les taxes d’accises et autres frais règlementaires sont de 1,26 $

Le transport serait négligeable…

Les couts d’emballage sont de 0,50 $

Les frais de laboratoire sont de 0,55 $

Les couts de production égalent 1,50 $

La marge de profit pour le producteur autorisé? 1 sous… par gramme

Donc sur un pot de 3,5 gr, le PA fait 3 sous et demi.

Ces chiffres, à ma connaissance, n’ont pas été contestés.

Comment repayer les gens qui t’ont prêté de l’argent, ta famille sans doute, parce que les banques ne voulaient rien savoir de ton projet, comment donc repayer tes emprunts en faisant 3,5 sous de profit pour un pot de 3,5 gr vendu à 25 $? C’est impossible.

Quand je vois des internautes passer des commentaires sur les abus présumés des PA qui osent augmenter leur prix pour survivre, je ne suis pas découragé. Parfois ces commentaires ont des répercussions profondes sur la réputation des PA. Je ne suis pas découragé, mais on peut être triste pendant une ou deux secondes.

Par contre, je constate tout le travail que l’industrie devra faire pour expliquer la situation dans laquelle les gouvernements placent les acteurs du marché. Quand la SQDC vend encore son pot en parlant de sativa et d’indica, on réalise le chemin à parcourir. 

Les droits d’accise sur le cannabis au Canada sont payés par le producteur, qui doit remettre le plus élevé des deux montants suivants : un droit forfaitaire (1 $/g) ou un droit ad valorem basé sur le prix de vente (10 % de tout prix de gros supérieur à 10 $).

Ad valorem veut simplement dire qui est déterminé d’après une valeur moyenne.

Donc, il y a la taxe d’accise, mais il y a aussi des taxes ou droits supplémentaires qui vont être perçus dans toutes les provinces sauf au Manitoba. Mais pourquoi s’arrêter là? L’Ontario, l’Alberta, la Saskatchewan et le Nunavut en ajoutent une autre couche.

75 % des recettes d’accise restent à la province et les 25 % qui restent sont captés par le fédéral. 

Quels étaient les objectifs de cette taxe d’accise de 1 $ par gramme? 

Maintenir des taxes basses pour les consommateurs afin de réussir les objectifs de la légalisation. 

Ce que le législateur n’avait pas prévu, c’est étonnant d’ailleurs, c’est que les prix allaient baisser dramatiquement depuis le début de la légalisation… En 2022, la taxe d’accise peut valoir jusqu’à 35 % du prix d’une fleur.

L’évolution de la progression des recettes provenant de la taxe d’accise est remarquable.

  • 18 millions de dollars en 2018-19
  • 52 millions de dollars en 2019-20
  • 109 millions de dollars en 2020-21

Et vous connaissez le total des recettes fiscales annuelles du Canada?

200 milliards de dollars. 

Et juste pour relativiser, le Canada s’apprête à acheter 88 avions F35, des avions tout croches qui fonctionnent à peine, pour la modeste somme de 19 milliards $ CAN, soit un prix unitaire par avion de 215 909 097 $ CAN.

Là où ça devient presque drôle, c’est quand tu regardes le prix des missiles qui vont avec ce genre d’avion. Un missile Spear-3 valait presque de 300 000 $ CAN il y a un an… Un missile. Et quand tu le tires, y reste rien après, rien.

Et que nous disent les projections budgétaires? Et ben, les ventes légales de cannabis stagnent, car les provinces prévoient une toute petite augmentation de 6 % entre 2022 et 2023…

Forcément, au Canada, d’autres produits sont soumis à des taxes d’accise : spiritueux, vin, bière et produits du tabac viennent immédiatement à l’esprit. Et dans tous les cas, c’est le producteur qui paye directement. C’est avec nos voisins américains que la différence saute aux yeux. Partout où l’on vend du cannabis, la taxation au point de vente est la norme. Et voilà d’où va venir la première compétition pour l’industrie canadienne du cannabis. De nos voisins qui sont déjà avantagés à ce niveau-là. Donc, au cours des prochaines années, nous allons assister à une guerre asymétrique…

Ici, il y a un facteur essentiel a comprendre et je prendre un exemple qui fonctionne bien au Québec. Depuis 2006, le vin et le cidre produits fabriqués avec des ingrédients locaux sont exonérés de droits d’accise. Ce geste aurait permis à l’industrie de se développer agressivement. Mais, mais, mais, ce congé de taxe va prendre fin dans quelques jours à cause d’une plainte de l’Australie auprès de l’Organisation mondiale du commerce pour cause de «mesures discriminatoires». 

Donc, un pays souverain ne pas faire n’importe quoi, n’importe comment.

Et les producteurs de vins et de cidre affirment déjà que la situation va mal tourner pour eux.

Et que disent les auteurs du rapport à cet égard? 

Et là je cite plus ou moins texto.

1)

Il est prouvé qu’un cadre de droits d’accise accommodant peut aider les producteurs nationaux et les petits producteurs à prospérer, en particulier dans le cadre de la production rurale et agricole. 

2)

Un ajustement peut avoir un impact considérable — pour le meilleur ou pour le pire — sur les résultats des producteurs.

Il y aurait plus de 850 entreprises dans l’industrie canadienne du cannabis en incluant, les producteurs, transformateurs et vendeur. 

Il y a seulement 25 entreprises canadiennes à la bourse qui ont généré des revenus de plus de 2,5 millions $. 

Par contre, on dénombre 250 de microproduction et 106 licences de microtraitement.

Entre les deux, il y a de tout et on en revient à la difficulté de qualifier ce qui est artisanal de ce qui ne l’est pas. Car tout bouge à une vitesse folle. Entre mars 2021 et mars 2022, la part de marché des 4 plus grands producteurs canadiens est passée de 52 % à 28 %. 

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je crois que le cannabis est une activité économique de maraichage de proximité. Un produit local frais respectueux de l’environnement qui travaille en circularité avec les autres industries de la région.

La taxe d’accise actuelle tue une industrie qui doit en plus simultanément faire face à un marché original prêt à renaitre de ses cendres à n’importe quel moment.

Le rapport précise que moins de 5 % des entreprises, quelle que soit leur taille, ont généré des revenus réguliers et viables depuis le début de la légalisation. Et constatation encore plus dramatique, les propriétaires de plus de 60 % de la superficie de production canadienne de cannabis pourraient faire faillite dans la prochaine année.  

J’ai relayé la semaine passée une nouvelle du journaliste Matt Lamers à l’effet que 141 entreprises canadiennes n’avaient pas encore payé au gouvernement certains montants dus pour la taxe d’accise.

Peu de producteurs autorisés génèrent des profits. Quand on a demandé à une quarantaine de PA le nombre de mois où leurs entreprises à produit des bénéfices, 63 % ont répondu Zéro… Oui 63 % des producteurs ont généré zéro profit en 2021. Et les 37 % qui restent? Ils affirment avoir généré des profits sur 3 mois différents… Pas plus.

Les auteurs du rapport affirment que… 

Nous sommes ici pour ne déclarer rien de moins qu’un état d’urgence financier pour le cannabis canadien.

Plus de 70 % des producteurs questionnés affirment qu’ils vont fermer dans les 6 prochains mois si la taxe d’accise n’est pas modifié. Et de ces 70 %, près de 30 % avancent qu’ils disparaitront dans les 3 prochains mois.

Et dans les faits, dans le réel, dans la vraie vie, cela veut dire quoi pour l’industrie dans les prochains mois? Selon les experts du rapport, cela veut dire que la diversité de l’offre va progressivement disparaitre, car les 4-5 grosses sociétés en bourse vont racheter pour des sous sur le dollar toutes les entreprises en voie de disparition. Et là je vais citer texto le rapport pour vous montrer ce que ressentent les petits joueurs sur le marché :

Ces entreprises ont les ressources nécessaires pour attendre l’échec et le désespoir des producteurs artisanaux qui peuvent gagner dans l’esprit du consommateur, mais qui ne peuvent toujours pas joindre les deux bouts sous le poids des taxes d’accises actuelles. Le cannabis artisanal connaît aujourd’hui diverses réussites commerciales, mais il lui manque toujours un modèle commercial fondamental. Notre nation a déjà appris ces leçons. Des télécommunications aux lignes aériennes, notre pays a ressenti l’impact des environnements à faible concurrence qui nuisent au client final. Dans le cas du cannabis, il existe un marché illicite facile et commode qui bénéficie de décennies de retranchement dans la chaîne d’approvisionnement. La concurrence avec le marché illicite est peut-être plus importante que la concurrence au sein du marché légal. A ce stade, la compression des prix à elle seule n’a pas encore démontré sa capacité à convertir une majorité importante de la consommation du marché légal.

Fin de la citation

Le premier truc pour tuer l’industrie du cannabis est d’imposer une taxe d’accise ridicule qui saigne tout le monde, mais surtout les plus petits qui ne peuvent repousser indéfiniment l’endettement en levant des nouvelles sommes auprès d’investisseurs. Il est clair qu’investir dans le cannabis n’est pas la bonne manière pour devenir riche.

OK, c’est quoi la seconde manière de tuer l’industrie du cannabis? 

C’est simple. Il suffit que les banques se passent le mot pour ne pas soutenir les artisans du cannabis. Je pense vous avoir déjà parlé de ce producteur autorisé qui voulait déposer un chèque de Santé Canada dans une banque qui refusait de lui permettre d’ouvrir un compte. Je vais vous donner un exemple. Non, pas un exemple québécois. On n’ose pas aborder ce genre de sujets au Québec. Non… On va regarder ce qui se passe en Colombie-Britannique pour avoir un portrait réaliste de la relation entre les banques et l’industrie du cannabis.

Je ne vais pas citer un obscure bloque ou un petit journal régional. Non, on parle d’un dossier mené par Radio-Canada. Selon le journaliste Joël Ballard, malgré une légalisation en bonne et de la forme, il est difficile pour les détaillants de la Colombie-Britannique d’obtenir des services financiers de base de la part des banques. 

Au Québec, beaucoup de consommateurs aimeraient voir disparaitre la SQDC pour qu’elle laisse sa place au privé… 

Je crois qu’ils ne réalisent pas qu’il y a aurait un gros problème pour des investisseurs puissent obtenir des prêts pour se lancer en affaire. Les détaillants de la Colombie-Britannique vont plus loin. Cette frilosité des banques crée des déserts d’accès, des zones où aucun commerce ne s’installe. La conséquence est simple. Le marché original, le marché noir créé par le législateur revient s’imposer là où le vide existe. 

Aussi ridicule que cela puisse être, il est presque impossible d’ouvrir un simple compte-chèques. Selon l’Association of Canadian Cannabis Retailers (ACCRES), 50 de ses 52 membres ont dû se tourner vers les coopératives de crédit locales suite aux refus des banques. Les spécialistes de la province avancent même qu’il y aurait plus de détaillants de cannabis légaux si les institutions financières offraient un vrai soutien l’industrie. 

Jaclynn Pehota, la directrice de l’association ACCRES dit que la situation n’est pas limitée à la Colombie-Britannique. Selon elle, 95 % des entreprises de l’industrie vivent des problèmes similaires. Évidemment le discours des banques sur le blanchiment d’argent ne tient pas la route… Pourquoi attirer l’attention des autorités en blanchissant son argent dans le pot… Je ne dis pas que cela n’existe pas. Je dis qu’il est plus simple d’investir dans la restauration ou la bijouterie… L’histoire prouve que cela fonctionne très bien. Cela dit, les banques ont de bonnes excuses pour ne pas prêter aux petits joueurs, mais toutes ces excuses disparaissent quand il s’agit d’investir dans les grandes sociétés canadiennes qui pourtant perdent littéralement des milliards. Après le slogan «too big to fail» on est rendu à «too big to nail»…

Détail important. Quand les acteurs de l’industrie du cannabis peuvent ouvrir un compte, ils doivent faire face à des frais spéciaux… Cette prime cannabis tue aussi l’industrie. J’adore donné un exemple de ce genre d’abus considérer comme normal par le législateur. Il y a tout juste un peu plus d’un an, obtenir un permis pour vendre du cannabis à Vancouver coûtait 30 000 $. La devinette maintenant… Combien coutait un permis pour vendre de l’alcool à la même époque? 429 $. Voilà l’abus perpétré en plein soleil au vu et au su de tout le monde.

D’accord. La troisième façon de tuer l’industrie du cannabis?

Interdire le cannatourisme semble être un bon moyen de ralentir l’industrie dans son ensemble en plus de modérer les progrès de l’acceptabilité sociale. Le tourisme lié au cannabis est désormais une industrie de 17 milliards de dollars et est en plein décollage selon The Switzerland Times. Ceux qui disent que c’est le monopole de la SQDC qui nuit à l’innovation dans le secteur du cannabis se trompent profondément. En tout respect, il suffit de regarder ce que le Nouveau-Brunswick fait. Je crois qu’il y a au minimun 3 points de vente à la ferme. J’adore particulièrement l’initiative de Crystal Cure qui a nommé son point de vente «Le backdoor». Entre la vente à la ferme et les nombreuses initiatives dans le domaine du chanvre, le canna-tourisme à un rôle important à jouer pour dynamiser le secteur du cannabis. Il suffit d’imaginer comment la réputation du Québec dans la restauration pourrait être carte importante à jouer. Entre la poutine et le restaurant Le toqué, il y a un monde d’opportunité à explorer. 

PETIT BÉMOL. Le chiffre de 17 milliards n’est qu’un chiffre probablement faux. 

L’important est ailleurs. Le cannatourisme, c’est aussi une fenêtre sur l’économie circulaire où les déchets d’un acteur du secteur devant la matière première de son voisin. Je pense à certains manufacturiers de sols vivants qui incorporent des minéraux qui étaient auparavant rejetés ou simplement mal valorisés. Je pense aux branchages des plants de pot qui peuvent être recyclés en feuille de 4X8 écologiques. Voyez le genre.

OK. On peut aussi tuer l’industrie du cannabis en ne vendant pas ce que les gens veulent acheter. La quatrième manière est simple.

Immédiatement les mangeables viennent à l’esprit. Les produits comestibles vendus partout à travers le Canada ne correspondent pas aux attentes des consommateurs. Le dosage est trop faible par exemple. Et on exige, la SQDC en tête, que les produits soient être laid afin de ne pas susciter d’excitation visuelle. En 2022. Un cahier de charge qui mentionne que les produits ne doivent pas, ne peuvent pas être trop beaux… WOW. 

Le cannabis n’est pas légal. Il est toléré. L’industrie de la transformation alimentaire piaffe d’impatience. Elle sait faire des profits. Va-t-on lui reprocher ou simplement attendre que les Américains légalisent au niveau du pays pour ensuite imposer les désirs comme dans le bois d’œuvre? Personnellement, je ne comprends pas pourquoi les poivrons du Chile que j’achète au supermarché transitent par les États-Unis. Je ne comprends pas pourquoi le Québec n’arrive pas a s’affranchir des pushers de légumes américains. Cela n’a aucun sens. Penser que le Québec va résister aux marques avec des vedettes comme Martha Stuart est illusoire. Et cela nous conduit directement à la 5e façon de tuer l’industrie du cannabis

L’interdiction d’un vrai MARKETING est aussi une façon très efficace de tuer l’industrie du cannabis. La cinquième…

Si le Canada existait seul sur la planète, l’interdiction du marketing serait un moindre mal. Mais l’industrie du cannabis canadienne ne vit pas dans un vase clos. Encore une fois, que font nos voisins américains, nos futurs concurrents? Ils construisent des marques. Martha Stewart par ici, Seth Rogen par la, les marques américaines préemptent tous les grands noms disponibles, même les vedettes canadiennes, dans un effort concerté pour être prêt à inonder nos marchés quand cela fera leurs affaires. Encore une fois, il suffit de se rappeler le dossier du bois d’œuvre pour comprendre comment fonctionnent nos voisins. 

La difficulté des acteurs du secteur pour s’assurer correctement est la 6e manière de tuer l’industrie. 

Alors que les poursuites contre les producteurs commencent à s’accumuler, les couts pour s’assurer grimpent. Il suffit de regarder ce qui se passe dans les cabinets de médecine pour constater cette hausse vertigineuse de ces frais. Cette crise n’a pas encore atteint le Québec, mais il existe toujours certains cas de figure qui posent problème. J’en ai d’ailleurs discuté avec Isabelle Coulombe dans l’épisode #68.

La 7e manière pour tuer l’industrie est de limiter le marché potentiel en interdisant à certains adultes d’acheter du cannabis.

Ici le Québec s’illustre. On peut même lui décerner le titre de champion du monde du Canada de l’absence de jugement. Pourquoi dis-je une telle alors que je suis toujours si modéré dans mes propos? Le Québec de M. Legault, notre premier ministre, est un territoire où le législateur déclare inapte toute une tranche de la population âgée entre 18 et 21 ans. 

Tu peux t’engager dans l’armée canadienne à 17 ans avec le consentement de tes parents pour aller tuer du monde au bout du monde sans problème. Mais fumer un joint? 10 personnes vont mourir à cause de l’alcool aujourd’hui au Canada. Et 400 seront hospitalisés pour les mêmes raisons. Le jeune de 18 ans qui veut expérimenter sera donc conduit par le discours officiel à se tourner vers l’alcool ou le marché noir du cannabis.

La 8e manière de tuer l’industrie du cannabis? Négliger l’importance du rôle de la femme dans les futurs achats de cannabis.

Bien, voyons Luc, qu’est-ce que tu racontes?

Je vais partager des études américaines, car c’est de là que vient l’info, mais on peut facilement transposer sur le marché canadien. Il faut au passage noter le dynamisme d’une industrie qui n’existe pas encore au niveau fédéral, mais qui se prépare en attendant son moment.

20 % de tous les Américains adultes sont des voyageurs motivés par le cannabis. Toute la démarche évolutive du cannabis qui passe du buzz au bienêtre ou qui passe du agrotox vers le bio est propulsé par les femmes, qu’elles soient des leadeures de l’industrie ou de simples consommatrices.

La firme Condé Nast affirme et là je cite texte  que ce sont les femmes qui façonnent de manière créative des espaces surs pour que les curieux et les expérimentés du cannabis puisse profiter de la plante» avec des idées touristiques intéressantes. 

Petit rappel pour monter le sérieux de cette affirmation, Condé Nast est une entreprise mondiale de médias qui produit certaines des marques imprimées, numériques, vidéos et sociales les plus importantes au monde comme Vogue, GQ, The New Yorker, Vanity Fair, Wired et l’incontournable Condé Nast Traveler. 

Selon les spécialistes interviewés, les femmes prennent déjà 80 % des décisions de dépenses dans les ménages américains.

Ce sont les femmes qui prescrivent et achètent la bière, la bouffe et les vêtements. Dans un contexte de consommation balisée, ce sont elles qui vont acheter le pot dans les années à venir.

Il y a plusieurs autres manières de tuer l’industrie du cannabis. Si j’en ai oublié une très importante, faites-moi signe. lucprevost@hotmail.com

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. 

J’ai pris du retard à cause de cette taxe d’accise qui était un plus gros dossier que prévu.

Juste une seconde

Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

C’est peut-être le moment de se donner une vraie perspective sur l’industrie du cannabis à la comparant aux autres secteurs de cultures agricoles au Québec.

En 2020, le cannabis entre dans le groupe sélect des cinq principales cultures agricoles du Québec. Par contre, les recettes monétaires québécoises provenant du cannabis auraient diminué en 2021 alors que toutes les productions confondues connaissaient une hausse de 10 % pour la même période. L’amélioration de la rentabilité de l’ensemble du secteur agricole au Québec n’a donc pas été aidée par le recul de la production du cannabis au Québec.

Reculons encore un peu plus pour se donner d’autres perspectives. Les vins québécois représentent 3 % des achats de vins au Québec alors qu’en Ontario, les produits provinciaux représentent 22 % des ventes. Est-ce que les vins québécois sont moins bons que les vins ontariens? Je ne sais pas. Est-ce que la promotion des vins québécois est nulle? Peut-être. Je ne sais pas. Mais au moins, l’industrie vinicole a le droit de s’annoncer et de commanditer des festivals. 

On peut traverser la rue et regarder ce qui se passe chez les distilleurs québécois. J’ai écouté le balado de Lionel Levac qui s’appelle La scène Agro. Dans un épisode récent intitulé Pierre Fitzgibbon : Priorité aux alcools québécois, le ministre de l’Économie et de l’Innovation affirme qu’il serait plutôt TRÈS enclin à aider les entreprises utilisant des matières premières du Québec plutôt que des alcools de base achetés en Ontario. Les matières premières produites au Québec coutent, pour l’instant, 3 a 4 fois plus chères que celles produites en Ontario.

Imaginez que M. Fitzgibbon dise que la priorité c’est le pot québécois…

Mais, mais, mais, la réalité nous rappelle à l’ordre. 

Juste avant d’enregistrer, il y a quelques minutes je vois passer cette nouvelle sous la plume de la journaliste Nathaëlle Morissette du Journal de Montréal.

Plusieurs microdistilleries disparaîtront du paysage québécois avant la fin de la saison estivale, prédit l’Union québécoise des microdistilleries (UQMD), qui représente 55 membres.

Et là, je vais y aller texto.

«Il est minuit moins une. Le contexte règlementaire et législatif étouffe les microdistilleries et si rien ne change, ce sera la fin pour plusieurs d’entre nous», a indiqué le président de l’Union québécoise des microdistilleries, Jonathan Roy, dans un communiqué mardi.

L’UQMD reproche à la Société des alcools du Québec (SAQ) de lui imposer une majoration au moment de la vente sur les lieux de fabrication.

Le Québec compterait parmi les endroits au monde où la majoration sur la vente de spiritueux est la plus élevée.

«Résultat : près de deux microdistilleries sur trois sont déficitaires, contraintes de verser plus de 50 % du prix de vente de la bouteille à la SAQ, peut-on lire dans le communiqué. Ajoutons que cette majoration est la même si cette bouteille est vendue sur le lieu de fabrication, alors que la SAQ n’a aucunement contribué ni à la distribution, ni à la commercialisation, ni à la vente du produit.»

Fin de la citation.

Si c’est comme ça que le Québec veut sauver les microdistilleries, ça augure mal pour la microproduction de cannabis au Québec qui selon mes estimations très approximatives, représenterait environ 1/2 de 1 % des ventes à la SQDC… Autrement dit un pet, une flatulence.

Comment conclure un tel épisode sur les meilleures façons de tuer l’industrie du cannabis?

En mélangeant espoir et science-fiction.

Les spécialistes en marketing adorent utiliser des ratios pour pousser leur vision du monde. Cette semaine, j’ai réagi à un billet de Matt Lamers qui disait sur LinkedIn que les ventes de cannabis au Québec étaient en dessous des attentes des spécialistes de marché. Je lui ai répondu que le Québec pouvait être distinct dans sa peur irrationnelle du cannabis et que les marketeux devraient s’étouffer sur leur prévision alors qu’ils affirment que les Québécois ne consomment pas comme ils le devraient. Il ne m’a pas répondu…

Par contre on peut faire l’exercice pour s’amuser.

Bien que la population du Québec soit la deuxième plus importante au Canada, l’Alberta et la Colombie-Britannique génèrent plus de ventes mensuelles de cannabis. Peut-être parce que le Québec est la dernière province canadienne pour le nombre de magasins par habitant. 

Selon les estimations de Cannabis Benchmark, le Québec pourrait supporter facilement 1,064 points de vente supplémentaires. Il existerait une corrélation entre le nombre de points de vente et les ventes. Rappelons qu’il y a actuellement 88 boutiques SQDC au Québec et que le plan d’ouverture à été revu à la baisse avec l’objectif d’ouvrir 10 autres points de vente d’ici mars 2023 pour un total de 98 SQDC. Cannabis Benchmark reconnait que toutes les provinces comme le Québec où l’État exerce un monopole sur la vente en ligne et en magasin n’ont pas besoin d’ouvrir autant de boutiques avec pignons sur rue pour satisfaire le marché. L’article reconnait aussi la SQDC est «incroyablement efficace sur le plan opérationnel» et qu’elle offre des prix relativement faibles dans un contexte de respect de la santé publique.

Et là on arrive au bout crucial…

L’expansion du marché canadien serait terminée… sauf au Québec. 

Comment interpréter cette évaluation du marché québécois? 

Si le marché provincial québécois peut encore prendre de l’expansion, qui en profitera? 

Les microproducteurs québécois? 

J’aimerais ça, mais à ma connaissance, la SQDC n’a pas de plans précis pour eux. 

La seule instance représentative de l’industrie au Québec n’a pas non plus de plan pour les microproducteurs. Est-ce que les producteurs de tailles moyennes vont pouvoir remplir cette promesse d’expansion avec leurs produits? On leur souhaite s’ils ne meurent pas avant à cause de la taxe d’accise qui les ruine. Finalement, il reste les gros joueurs qui continuent de s’enfoncer dans des stratégies foireuses. Leurs parts de marché fondent à vue d’œil, on l’a déjà dit.

Je vais conclure avec une OVNI, une opinion vulgaire non informée. Ce bassin potentiel d’expansion créée par la gestion de la SQDC va continuer d’exister pendant quelques années, à moins d’un changement de gouvernement à la prochaine élection provinciale. Ce scénario semble improbable. Donc on peut penser que la SQDC va franchir la barre des 150 points de vente dans 4-5 ans. À ce moment-là, les Américains auront légalisé au niveau fédéral et ils seront près à envahir le marché québécois…

Et voilà, c’était le 107e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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Consommer du cannabis augmente la créativité?

Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?  

Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré :

«La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana et du hachich est de dire qu’ils me rendent détendu et créatif.»

Évidemment demander à un dropout ce qu’il pense d’un sujet précis ne le transforme pas en expert. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Et Bill Gates?» Bill Gates est aussi un dropout que les journalistes aiment citer sur des sujets aussi variés que le dernier virus à la mode ou le futur de l’être humain. 

Les gens riches et célèbres ne sont pas plus intelligents. Les journaux les aiment car leurs déclarations convenues remplissent de l’espace jour après jour alors qu’un expert pointu sur la malaria, sujet qui intéresse M. Gates, est une matière moins souple et moins sexy.

Et nous comme citoyens les Bill Gates de ce monde nous intéressent car on aimerait qu’ils nous offrent des recettes faciles à appliquer. Genre Brian Wilson des Beach Boys qui a toujours dit que sans le pot, il n’aurait jamais pu écrire son album phare Pet Sounds. 

Si la consommation de cannabis améliore vraiment la créativité, il y a un faisceau d’intérêts en jeu. Enjeu théorique. Enjeu psychologique. Enjeu culturel. Et enjeu économique et politique.

Alors aujourd’hui ensemble, on va s’intéresser à ce que la science dit sur le lien entre la créativité et la consommation du cannabis. On va examiner certains concepts modernes comme l’hyperamorçage et d’autres plus anciens. Car personne n’a attendu la légalisation canadienne pour expérimenter avec les drogues pour stimuler leur créativité.

Mais avant d’aller plus loin, on doit s’entendre ou tenter de comprendre ce qu’est la créativité…

Liens pour l’épisode

Les sources antiques des fables de La Fontaine

Inspired by Mary Jane? Mechanisms underlying enhanced creativity in cannabis users

Creativity and culture

Originality in Relation to Personality and Intellect

Hashing It Out: A Survey of Programmers’ Cannabis Usage, Perception, and Motivation

Reflective and non-reflective influences on cannabis use among undergraduate students: A qualitative study

Hyper-priming in cannabis users: A naturalistic study of the effects of cannabis on semantic memory function

Differential Cognitive Performance in Females and Males with Regular Cannabis Use

Investigating the interaction between schizotypy, divergent thinking and cannabis use

 

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Avant de se lancer dans l’épisode de cette semaine, un bref retour sur l’épisode #105 intitulé François-Michel Lambert, le député des aspirations interdites. Deux jours après la diffusion de l’épisode, le député français Lambert a finalement décidé de ne pas se représenter à la législative qui aura lieu dans quelques semaines. Sur Twitter, dans un enfilage de tweets, il a évoqué sa carrière et pour imager son implication pour la légalisation du cannabis en France, il a utilisé le visuel que j’avais créé pour les réseaux sociaux. Boum, il y a eu des tonnes de partages. Je souhaite à FM une belle nouvelle carrière.

OK. Aujourd’hui, on discute de créativité et de cannabis.

Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?  

Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré :

«La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana et du hachich est de dire qu’ils me rendent détendu et créatif.»

Évidemment demander à un dropout ce qu’il pense d’un sujet précis ne le transforme pas en expert. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Et Bill Gates?» Bill Gates est aussi un dropout que les journalistes aiment citer sur des sujets aussi variés que le dernier virus à la mode ou le futur de l’être humain. 

Les gens riches et célèbres ne sont pas plus intelligents. Les journaux les aiment car leurs déclarations convenues remplissent de l’espace jour après jour alors qu’un expert pointu sur la malaria, sujet qui intéresse M. Gates, est une matière moins souple et moins sexy.

Et nous comme citoyens les Bill Gates de ce monde nous intéressent car on aimerait qu’ils nous offrent des recettes faciles à appliquer. Genre Brian Wilson des Beach Boys qui a toujours dit que sans la marijeanne, il n’aurait jamais pu écrire son album phare Pet Sounds. 

M. Wilson n’est pas le meilleur exemple, par contre. Enfoncé dans l’abus de substances, il va réémerger après au moins une quinzaine d’années et il semble de nouveau créatif… à défaut d’être encore original. On va y revenir.

Si la consommation de cannabis améliore vraiment la créativité, il y a un faisceau d’intérêts en jeu. Enjeu théorique. Enjeu psychologique. Enjeu culturel. Et enjeu économique et politique.

Alors aujourd’hui ensemble, on va s’intéresser à ce que la science dit sur le lien entre la créativité et la consommation du cannabis. On va examiner certains concepts modernes comme l’hyperamorçage et d’autres plus anciens. Car personne n’a attendu la légalisation canadienne pour expérimenter avec les drogues pour stimuler leur créativité.

Mais avant d’aller plus loin, on doit s’entendre ou tenter de comprendre ce qu’est la créativité… 

Mon dictionnaire affirme qu’il s’agit d’un pouvoir de création, d’invention, d’imagination. La page Wikipédia contient plus de 4500 mots pour tenter de décrire la notion de créativité. En voici un aperçu…

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Je disais quoi? Ah oui la définition Wiki de la créativité…

La créativité et la je cite:

Opérationnellement, la créativité d’un individu est sa capacité à imaginer et produire (généralement sur commande en un court laps de temps ou dans des délais donnés), une grande quantité de solutions, d’idées ou de concepts permettant de réaliser de façon efficace puis efficiente et plus ou moins inattendue un effet ou une action donnée.

Inutile de dire qu’il s’agit d’un terrain miné. 

Inventer des choses est un évènement rare. En général, on améliore une chose qui existe déjà.

Il y a vraiment peu ou pas du tout d’inventions ou de solutions qui jaillissent de nulle part. Le plus bel exemple est encore une fois Steve Jobs qui a volé ou emprunter la plupart des grands concepts de la société Apple. Tout cela est évidemment bien documenté. 

Votre esprit refuse ce fait? 

Je me permets de vous présenter un exemple moins récent, mais beaucoup plus universel…

Les fables de Lafontaine, vous connaissez? 

Toute ma jeunesse, c’était Lafontaine par ici, Lafontaine par là. Le monsieur qui a tout inventé pour mieux nous expliquer la vie en utilisant des animaux pour singer le comportement des humains. Et bien Lafontaine, et j’ai du attendre d’être un adulte pour le savoir, Lafontaine donc a largement pioché dans les fables d’Ésope écrites 25 siècles plus tôt. À l’époque, on ne parlait pas de plagiat, mais d’emprunt ou d’inspiration. En 2022, Lafontaine serait définitivement accusé de plagiat… Là aussi, il y a des débats d’écoles stratosphériques. Un peu comme le plagiat évident de la chanson Stairway to heaven que la justice refuse de reconnaitre.

Puis, puis, puis, il y a aussi toutes les variations de la créativité… On dit de certaines stars du foot qu’elles sont créatives. On parle aussi de créativité en entreprise… Hé oui, vous voyez le genre.

Une vision analytique greffée à un mode de pensée atypique doublé d’une capacité d’observation et de synthèse hors du commun avec, pour le dessert, une capacité d’entreprendre remarquable… 

Puis, il y a la vraie science. 

Un vrai gouffre. 

Le fameux «down the rabbit hole»…

D’abord, il y a une histoire de la définition de la créativité. 

Des recherches, des papiers, des thèses, des séminaires, des bourses. 

Et il y a aussi une histoire de ce qu’est une définition standard. 

Qu’est-ce que fait qu’une définition standard est reconnue? C’est important en science, une définition standard.

Et si on recule un peu, il y a une quête aussi pour définir l’originalité qui diffère de la créativité. 

Il y a donc des définitions standards pour l’originalité et la créativité.

Si on parle de pot et de créativité, on est mieux de se comprendre sur le fond…

La définition standard de l’originalité date de 1955 et vient de Frank Barron. 

Le premier critère d’une réponse originale est qu’elle doit présenter une certaine rareté déclarée dans le groupe particulier étudié. Un exemple familier de cela dans la pratique psychologique est la définition d’une réponse originale aux taches d’encre de Rorschach, l’exigence étant que la réponse, dans l’expérience de l’examinateur, ne doit pas se produire plus d’une fois sur 100 examens. 

Un deuxième critère qui doit être rempli pour qu’une réponse soit qualifiée d’originale est qu’elle doit, dans une certaine mesure, s’adapter à la réalité. L’intention de cette exigence est d’exclure les réponses peu communes qui sont simplement aléatoires, ou qui procèdent de l’ignorance ou de l’illusion).

C’est bien hein!

Son document original dans les notes de l’épisode.

Je viens de partager la définition standard de l’originalité.

Et la créativité, Luc?

La définition standard de la créativité vient de Morris Stein en 1953.

C’est plus ou moins texto de l’anglais.

On peut faire une expérience mentale, si ça vous amuse.

Imaginez que l’on discute de créativité dans le contexte de la cuisine. 

De vos plats que vous préparez par exemple pour un repas exceptionnel…

Donc voici la définition standard de la créativité qui date de 1953…

L’œuvre créative est une œuvre nouvelle qui est acceptée comme défendable, utile ou satisfaisante par un groupe à un moment donné… . Par «nouveau», j’entends que le produit créatif n’existait pas auparavant sous la même forme… La mesure dans laquelle une œuvre est nouvelle dépend de la mesure dans laquelle elle s’écarte de la tradition ou du statu quo. Cela peut dépendre de la nature du problème auquel on s’attaque, du fonds de connaissances ou d’expérience qui existe dans le domaine à ce moment-là, et des caractéristiques de l’individu créatif et de celles des individus avec lesquels il «communique». Souvent, dans l’étude de la créativité, on a tendance à se limiter à l’étude du génie parce que la «distance» entre ce qu’il a fait et ce qui a existé est assez marquée… En parlant de créativité, il est donc nécessaire de distinguer les cadres de référence internes et externes.

Une définition standard n’est pas une limite à la liberté de penser. 

Mais tu es mieux de te lever tôt et être très créatif pour convaincre le reste de la planète.

Notre questionnement en soulève d’autres…

Est-ce que la créativité est la même chose dans toutes les cultures? 

Plein d’universitaires s’intéressent au sujet. On sait aussi que les autochtones de toutes les régions du monde ont toujours expérimenté avec de multiples substances diverses pour avoir accès à d’autres perspectives. Différentes drogues égalent différentes créativités. J’ai eu le privilège de faire de l’Ayahuasca au Brésil dans un dôme géodésique rempli d’une centaine de personnes. Je peux confirmer que les impacts positifs sur ma vie n’ont rien à voir avec les effets du cannabis. Par contre je ne suis en train de créer une hiérarchie des valeurs entre les drogues. Un marteau n’est pas une clé anglaise et c’est très bien ainsi. 

La créativité est aussi ce que d’autres nomment pensée productive, pensée inventive, pensée divergente, pensée latérale ou tout simplement l’imagination. Rien de scientifique, mais la poésie est une forme pure de créativité. Pourquoi s’en priver?

Sur toPot, on tente d’utiliser les définitions standards.

Pourquoi un tel intérêt académique sur un produit mal aimé? 

Surement parce que le sujet est intéressant. 

Parce que l’industrie du recrutement aussi… 

En 2022, la détection des esprits non créatifs est désirable pour certains emplois. 

Gardien de but me vient tout de suite à l’esprit… 😉

Et les esprits créatifs dans le contexte d’une planète en pleine surchauffe, ça pourrait bien valoir cher, très cher.

OK. 

Si je résume bêtement : la créativité exige à la fois une dose d’originalité et une dose d’efficacité.  

Mais la science, certaines études en tout cas, affirment que le cannabis n’a pas ce genre de propriété qui aideraient à être créatif… 

À Leiden, aux Pays-Bas, une étude qui date de 2014 suggère qu’à faible dose le cannabis n’a pas d’impact sur la créativité, alors qu’à fortes doses, le cannabis nuirait à la pensée divergente.

Mais pour rassurer celles qui ont commencé à crier dans le fond du café, je vais immédiatement citer Carl Sagan, un scientifique et astronome américain très populaire à une époque qui a largement parlé de son utilisation du cannabis :

Je trouve que la plupart des idées que je trouve quand je suis défoncé concernent des questions sociales, un domaine de recherche créative très différent de celui pour lequel je suis généralement connu. Je me souviens d’une occasion où, en prenant une douche avec ma femme alors que j’étais défoncé, j’ai eu une idée sur les origines et les invalidités du racisme en termes de courbes de distribution gaussiennes. C’était un point évident d’une certaine manière, mais dont on parlait rarement. J’ai dessiné les courbes au savon sur le mur de la douche et je suis allé écrire mon idée. Une idée a mené à une autre, et au bout d’une heure de travail extrêmement difficile, j’ai découvert que j’avais écrit onze courts essais sur un large éventail de sujets sociaux, politiques, philosophiques et biologiques. Bla bla bla…

OK. 

Le gars est un astronome… Le pot ne l’a aidé à élucider la nature de l’énergie dite sombre qui semble dominer notre Univers en plus de provoquer une accélération de son expansion. Le pot l’a aidé à écrire des petits essais.  C’est bien, mais ce n’est pas un prix Nobel grâce au cannabis par contre.

Hey Merci MJ!

Regardons un peu ce que la science tente de nous dire.

Une première étude a attiré mon attention. Son titre parle de lui-même:

Inspired by Mary Jane? Mechanisms underlying enhanced creativity in cannabis users

In french: Inspiré par Mary Jane ? Les mécanismes qui sous-tendent une créativité accrue chez les consommateurs de cannabis. L’auteur principale est Emily LaFrance.

L’étude date de 2017. Un classique. Évidemment, les curieuses vont trouver un lien dans les notes de l’épisode…

L’étude à trois buts

1)

Examiner si les consommateurs de cannabis à jeun présentent une meilleure performance aux tests de pensée divergente et convergente. 

2)

Examiner si les consommateurs de cannabis à jeun rapportent des niveaux plus élevés de créativité en utilisant des mesures standardisées d’autoévaluation de la créativité. 

3)

Explorer les cinq grands traits de personnalité comme mécanismes possibles sous-jacents aux liens supposés entre la consommation de cannabis et la créativité. 

J’ai dû chercher les 5 grands traits en question. 

Ça s’appelle Le Big Five en anglais. 

Ce n’est pas vraiment une théorie, mais plutôt une sorte de modèle. 

En français, on a créé le« modèle OCEAN », acronyme du nom de ses différentes dimensions[1].

(O) Ouverture : appréciation de l’art, de l’émotion, de l’aventure, des idées peu communes ou des idées nouvelles, curiosité et imagination ;

(C) Conscienciosité (conscience morale, virtus, c’est-à-dire vertu au sens romain) : autodiscipline, respect des obligations, organisation plutôt que spontanéité ; orienté vers des buts ;

(E) Extraversion : énergie, émotions positives, tendance à chercher la stimulation et la compagnie des autres ;

(A) Agréabilité (amabilité) : une tendance à être compatissant et coopératif plutôt que soupçonneux et antagonique envers les autres ;

(N) Neuroticisme ou névrosisme : contraire de stabilité émotionnelle : tendance à éprouver facilement des émotions désagréables comme la colère, l’inquiétude ou la dépression, vulnérabilité.

Pour la petite histoire, on parle ici d’un échantillon de consommateurs de cannabis à jeun de 412 personnes et de 309  non-consommateurs de cannabis. Les deux groupes ont répondu à des questions sur les sujets suivants: consommation de cannabis, personnalité, créativité autodéclarée et objective. 

Les résultats sont clairs. 

Les consommateurs de cannabis sobres ont fait preuve d’une plus grande créativité autodéclarée que les non-consommateurs.

Les consommateurs de cannabis sobres ont montré une capacité de pensée convergente supérieure à celle des non-consommateurs.

Les consommateurs de cannabis sont plus extravertis, plus ouverts à l’expérience et moins consciencieux.

Les différences d’ouverture à l’expérience expliquent la meilleure créativité des consommateurs de cannabis.

OK. Ça regarde mal.

Et si on se demandait l’effet du pot sur les programmeurs? 

Ça tombe bien, la recherche existe.

C’est la première étude empirique sur la prévalence, les perceptions et les motivations d’utilisation du cannabis dans les environnements de programmation. La recherche publiée en 2021 a été réalisée auprès de 803 programmeurs (dont 450 développeurs professionnels à temps plein) recrutés dans les communautés de programmation des logiciels libres, des universités et des médias sociaux. Les résultats? À première vue, cela semble un enfonçage de porte ouverte…

1)

Certains programmeurs consomment régulièrement du cannabis tout en programmant. 

2)

18% de l’échantillon fumaient au moins une fois par mois. 

3)

Le cannabis est utilisé pour des projets personnels et professionnels. 

4)

On fume pour une amélioration perçue des compétences liées à la programmation plutôt que par des raisons médicales. 

5)

Tous les employés consomment du cannabis à des taux similaires, malgré les différences de perception et de visibilité du cannabis. 

Rien de super étonnant n’est-ce pas?

Mais les politiques antidrogues dans l’industrie du génie logiciel entrent en collision avec cette consommation.

29 % de l’échantillon a déclaré avoir passé un test de dépistage de drogue pour un emploi lié à la programmation, cette pratique, en période de pénurie de travailleurs, peut ralentir l’industrie. Il y a donc des choses à faire pour enligner les deux situations. 

En savons-nous plus sur le duo cannabis-créativité? 

Pas vraiment. 

Par contre, en termes de perceptions, il semble pour certains programmeurs qu’une causalité existe. C’est une progression.

Par contre, beaucoup de gens se trouvent drôles après avoir consommé du cannabis. Vous le savez aussi bien que moi, ce n’est pas souvent le cas…

Une autre étude d’Emily LaFrance apparait en 2021.

Head in the clouds? Cannabis users’ creativity in new venture ideation depends on their entrepreneurial passion and experience.

En français: La tête dans les nuages ? La créativité des consommateurs de cannabis dans l’idéation de nouvelles entreprises dépend de leur passion et de leur expérience entrepreneuriale.

L’hypothèse derrière la recherche est simple: 

les consommateurs de cannabis génèrent des idées qui sont plus originales, mais moins réalisables, par rapport aux non-consommateurs. 

Vous vous souvenez de la définition standard de la créativité?

La créativité exige à la fois une dose d’originalité et une dose d’efficacité. 

La conclusion de l’étude est sans ambigüité:

L’originalité accrue et la faisabilité réduite des idées des consommateurs de cannabis ont fait surface dans la mesure où ils avaient une passion entrepreneuriale pour l’invention et ont diminué proportionnellement à leur expérience entrepreneuriale. 

Cela veut dire que la qualité des idées, leur faisabilité, ne dépend pas de la dose, mais de l’expérience personnelle des sujets de l’étude. 

Garbage in, garbage out.

Des entrepreneurs, des programmeurs… C’est bien.

Et si on regardait ce qui se passe à l’université? 

J’ai trouvé une revue de la littérature dans une étude qualitative intitulée:

Influences réflexives et non réflexives sur la consommation de cannabis chez les étudiants de premier cycle.

Près de 40% des étudiants universitaires américains consomment du cannabis. L’étude s’est intéressée à la contribution simultanée des processus réflexifs et des processus non réflexifs. Les processus réflexifs sont ceux qui  produisent l’action par une délibération, une volonté consciente tandis que les  processus non réflexifs sont ceux qui incitent automatiquement au comportement. 

Les conclusions de la revue de littérature sont nombreuses.

L’intoxication au cannabis favorise la pensée divergente, c’est-à-dire la capacité de voir des liens entre des concepts éloignés et de révéler quelque chose de nouveau.

Mais, mais, mais, la consommation du cannabis altère en même temps la pensée convergente, c’est-à-dire la capacité de raisonner sur la base d’une inférence logique. 

Le mot inférence est important. Selon mon dictionnaire, il s’agit d’une opération logique qui consiste à admettre une vérité en vertu de sa liaison avec d’autres vérités déjà admises. C’est à ça que servent les définitions standards. Chaque définition est une brique et à la fin, on se retrouve avec quelque chose. Un mur, une maison ou une construction mentale solide.

Pourquoi discutons-nous de ce genre de choses aujourd’hui? 

Dans le contexte sportif, tout le monde comprend les avantages d’un bon programme de dopage. Le but est de physiquement devenir un sur humain. Mais vous et moi, ne consomme-t-on pas du cannabis pour des raisons similaires? Comme dans le but de mieux penser ou de penser différemment? 

Voilà le contexte de la NEURO-AMÉLIORATION. Le monde des drogues de performance pour l’esprit. 

Un consommateur de cannabis trouve accès à d’autres perspectives. Ce point de vue différent, comme celui d’un chamane dans certaines cultures, peut constituer une forme d’augmentation de l’humain. Et l’étude des consommateurs de cannabis avec entre autres le concept amorçage ouvre la porte à une meilleure compréhension des différents mécanismes cognitifs en action.

J’ai trouvé une étude intitulée L’hyper-amorçage chez les consommateurs de cannabis : Une étude naturaliste des effets du cannabis sur la fonction de la mémoire sémantique.

Je pourrais commencer à faire débouler les définitions standards qui étayent toute cette discussion. Mais ce n’est pas le but de l’épisode… 

Rapidement tout de même, la mémoire sémantique, c’est tout ce que l’on n’a pas oublié après une amnésie suite à une commotion par exemple. Et le pot, parce qu’il affecte la mémoire, est étudié dans ce contexte.

Un exemple d’amorçage? Je vous montre une photo avec un contenu complexe une première fois. Si je vous la montre une seconde fois, vous comprenez que vous serez en mesure de la reconnaitre plus rapidement la seconde fois. Une personne exposée à la photo a donc été amorcée positivement la première fois qu’elle a été en contact avec l’image.

OK

Le cannabis est  la drogue illicite la plus populaire au monde, c’est un fait. Cela fait partie de l’intérêt de mesurer ses effets.

Une étude a testé la mémoire sémantique de 36 consommateurs de cannabis sous l’influence. Les 36 consommateurs ont de nouveau été testés à jeun tout en étant comparés à 38 témoins non consommateurs de drogue.

Sous l’influence du cannabis, les consommateurs ont démontré une augmentation de l’amorçage sémantique automatique et des symptômes schizotypiques par rapport aux témoins. Un symptôme schizotypique c’est un état mental caractérisé par un repli sur soi et une forme de prédisposition à la schizophrénie. La schizophrénie, c’est grosso modo une psychose délirante chronique caractérisée par une discordance ou si vous préférez, une perte d’harmonie de la pensée, de la vie émotionnelle et du rapport au monde extérieur.

On ne va pas devenir des spécialistes du cerveau humain d’ici la fin de l’épisode. Mais moi et vous, on avance à petits pas pour se construire des références pour toutes nos futures discussions.

Alors…

Les consommateurs de cannabis présentaient un profil similaire de schizothymie à celui des non-consommateurs lorsqu’ils ne sont pas intoxiqués. La consommation aigüe de cannabis augmente les symptômes schizotypiques et peut accroitre l’amorçage sémantique automatique chez les consommateurs récréatifs de cette drogue. Une augmentation forte de l’amorçage sémantique automatique pourrait être un facteur contribuant à des manifestations psychotiques. La première étude du  genre que j’ai trouvé date de 2010 et a démontré que la principale propriété du cannabis est sa capacité à augmenter l’hyperamorçage. Pour faire simple, l’hyperamorçage est ce qui se produit lorsque votre cerveau établit un lien entre deux éléments apparemment sans rapport. 

Si vous consommez, je n’ai pas besoin de vous expliquer la dernière phrase. Si vous ne consommez pas, je ne peux pas vous l’expliquer… 😉

Pour être créatif, il faut être bien. Et ça tombe bien car la consommation de cannabis affecte nos sentiments et donc pèse nos pensées. En général, les études qui s’intéressent à ce type de problèmes évoquent systématiquement des problèmes de motivations chez les consommateurs de cannabis. En caricature, sur le plan physique, les usagers de pot seraient des gros gras paresseux alors qu’autres études prouvent que les consommateurs de cannabis sont plus actifs physiquement et présente un meilleur indice de masse corporelle.

Au début de l’épisode, j’ai évoqué les différences qui pourraient exister dans ce qu’est la créativité selon des cultures radicalement différentes. Mais on n’a pas encore évoqué les différences des effets du cannabis chez les hommes et chez les femmes. Dans  l’épisode #95 http://mbe.io/Les-Femmes-et-le-Cannabis , j’aborde plusieurs sujets, mais pas celui de la créativité.

Là aussi, on est chanceux car des chercheurs ont publié en 2021 l’étude Differential Cognitive Performance in Females and Males with Regular Cannabis Use. En français, Différence de performance cognitive chez les femmes et les hommes consommant régulièrement du cannabis. Cette étude éclaire un peu notre discussion car elle suggère que le sexe biologique influence la relation entre le cannabis et la cognition, les hommes étant potentiellement plus vulnérables aux déficits neurocognitifs liés à la consommation de cannabis. 

Après avoir fait le tour d’internet aller-retour, je suis  tombé sur la psychologue clinicienne Gráinne Schafer. La créativité et le cannabis, c’est son truc. Dans une étude, Mme Schafer a formé deux groupes de sujets:  des sujets à «faible créativité» et d’autres à «forte créativité». Un test de fluidité verbale est ensuite proposé aux deux groupes, d’abord sobre et ensuite sous influence du cannabis.

Après une semaine de consommation, le groupe catalogué comme faible avait rejoint le niveau du groupe «forte créativité».  Par contre, les groupes des forts n’ont pas amélioré ses performances. Que faut-il en comprendre? Les personnes qui ne se considéraient comme créatives trouvent des avantages réels dans l’usage du cannabis. Le groupe qui se considérait comme plus créatif n’a pas amélioré ses performances, mais elles n’ont pas diminué non plus.

Ce que l’étude offre comme perspective de nouvelles recherches est une possible théorie selon laquelle il y existerait un lien entre la réduction des inhibitions des fonctions corticales frontales et la pensée divergente. Selon Wikipédia, la pensée divergente est une méthode de pensée utilisée pour produire des idées créatives en envisageant de nombreuses solutions possibles. Ce concept est souvent utilisé en conjonction avec la pensée convergente, qui suit un ensemble particulier d’étapes logiques pour parvenir à une solution.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ merci beaucoup! Bonne semaine. 

Est-ce que le cannabis rend plus créatif? 

La réponse facile est non.

La réponse difficile est plus complexe.

Si le buzz du cannabis pour un consommateur régulier est différent à chaque fois, il serait normal que la créativité d’une personne varie différemment à chaque consommation.

Si je me ramasse, en gros les effets du cannabis sur la créativité sont:

  1. La culture peut influencer ce que l’on croit être créatif.
  2. Les hommes et les femmes réagissent différemment.
  3. L’état d’esprit, je suis créatif, je ne suis pas créatif, a un impact sur la perception de la créativité accrue suite à la consommation du cannabis.
  4. La quantité consommée à un impact sur la créative. Un peu ça fonctionne, trop, c’est moins bon.
  5. Une OVNI… Je crois que le sens du terme créativité utilisé dans chacune de recherche n’est pas le même ce qui implique que les chercheurs ne mesurent pas obligatoirement la même chose.
  6. Et finalement, fait indéniable, beaucoup de gens qui consomment du cannabis croient être plus  créatifs sous influence. Évidemment, la tâche à effectuer sous influence doit avoir préalablement apprivoisé. Je vous donne un exemple. Beaucoup de joueurs de foot sont incapables de jouer à jeun. Mais moi je serais incapable car je n’ai aucun référent personnel dans ce sport.
     Il y a l’histoire de Doc Ellis un lanceur au baseball américain qui a réussi un match parfait sans point ni coup sur sous l’influence de la mescaline… Si on demandait aux mêmes personnes d’être efficaces dans un autre sport, les résultats pourraient être catastrophiques.

Et voilà, c’était le 106e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire: lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre !

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#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

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Le cannabis et les autochtones…

Aujourd’hui, on discute d’un sujet très important dans le contexte de la légalisation canadienne du cannabis. Pourquoi en discuter maintenant?

Parce que le paysage du cannabis canadien vient de changer à tout jamais.

Comment?

Un groupe de commerçants de la Colombie-Britannique a déclaré qu’ils ont «souffert et continuent de souffrir d’une perte de jouissance de la vie» et qu’ils ont «souffert et continuent de souffrir de troubles émotionnels et de détresse mentale» à cause de l’existence de marchés de cannabis des Premières Nations. Ce sont les mots utilisés, en anglais évidemment, dans le document officiel. Ces revendeurs de cannabis viennent de plusieurs régions de la province et leur plainte est déposée contre la province de la Colombie-Britannique, le procureur général de la Colombie-Britannique et l’unité de sécurité communautaire. 

Pour mieux comprendre la situation, on va revenir sur les moments forts des initiatives autochtones depuis le début de la légalisation.

Bonne écoute!

Liens pour l’épisode

La poursuite des 14 commercants

Seed of Sovereignty: Indigenous Rights and Canadian Cannabis Law

The Red River Métis – la Nouvelle Nation

Le grand chef de Wendake écorche Québec solidaire

THE SUBJECT MATTER OF BILL C-45

Cannabis : « sur notre territoire, la Saskatchewan n’existe plus »

Bill 96 will never apply in our community, Kahnawake leaders say

Dança da Solidão (Marisa Monte e Paulinho da Viola)

Photo de Damon Lam sur Unsplash

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#103 Le cannabis médical vu par…

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, je reçois deux Québécois qui connaissent bien la situation du cannabis médical au Québec. Shantal Arroyo et François-Olivier Hébert.  

Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!   

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

#113 Sexy, le refus du marché légal?

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#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, on fait deux choses. MJ la barista du toPot fait une critique du Hash Fût de Chêne de Highly Dutch Organic dont le Terpène dominant est la caryophyllène.

Mais dans un premier temps on va regarder la relation d’amour-haine qui existe entre les gouvernements et l’industrie du cannabis.

Au Québec, la SQDC vient de changer sa façon de faire des affaires. 

Et l’industrie est littéralement en train de freaker.

Au niveau fédéral, Santé Canada change ses lignes directrices pour le cannabis médical et là ce sont les prescripteurs qui sont aux abois.

Mais avant de se lancer dans cette poutine, j’ai trouvé deux exemples à l’extérieur du Québec pour illustrer cette relation haine-amour entre les gouvernements et l’industrie du cannabis…

Chez nos voisins américains, dans le cadre de l’enquête YouGov, 27 % des personnes interrogées ont déclaré que l’idéal serait que les gens consomment davantage de cannabis au lieu de l’alcool, tandis que 20 % ont déclaré que ce serait une mauvaise idée. L’acceptabilité sociale augmente à vue d’oeil…

#113 Sexy, le refus du marché légal?

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#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

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#108 Inconduite sous influence du cannabis?

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#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

Une entrevue sans fard. 

Bonne écoute!

#113 Sexy, le refus du marché légal?

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#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

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#108 Inconduite sous influence du cannabis?

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#99 Potpourri 4A

#99 Potpourri 4A

Vous allez bien? 

Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot à un potpourri pour vous.

  • On commence par notre belle SQDC qui a décidé d’augmenter les prix de ses produits, car dit-elle, ils se détaillent sous les prix du marché illicite.
  • La Nouvelle-Écosse qui à un monopole comme la SQDC, fait l’inverse en augmentant le prix de l’alcool et en diminuant le prix du cannabis.
  • Santé Canada vient de changer sa règlementation et les microproducteurs pourraient peut-être plus facilement se passer des intermédiaires pour vendre à la SQDC. 
  • L’Argentine réinvente le cannabis médical avec une formule qui ressemble aux Clubs Sociaux de Cannabis. 
  • Chez l’oncle Sam, le dossier du cannabis progresse et l’industrie des centres d’appels offre des produits spécifiques à l’industrie. 
  • On conclut avec la première compagnie de cannabis qui apparait dans la liste des 100 compagnies les plus importantes au monde du magazine Time.

Bonne écoute!

Lien pour l’Épisode sur toPot

Canadian pot producers watch closely as Democrats aim to rewrite U.S. cannabis laws

FDA Issues Warning Letters to Companies Claiming Their CBD Products Can Treat COVID-19

NSLC Raises Booze Prices And Drops The Cost Of Cannabis

Cannabis Call Centers

Cannabis company included in Time magazine’s list of the world’s 100 most influential companies

Transcription de l'épisode 99
#99 Potpourri 4A

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.
Bienvenue chez vous!

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast.

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot à un potpourri pour vous.
Je reviens sur quelques développements récents dans le cannabis au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde.

Liste des sujets de discussion
La SQDC modifie sa structure de prix.

On commence par chez nous. Le Québec! Et notre belle SQDC.

Oui, la SQDC vient de changer sa structure de prix. On va y revenir. Mais la SQDC semble aussi se décrire comme une victime de son propre succès. Voici ce qu’elle annonce à l’industrie :

OK.
Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.
Et MJ, Salut, tu vas bien?

Le document en question fait plus que 4 phrases. Mais concentrons-nous sur l’essentiel.

Je répète la première phrase :

Nous observons depuis la légalisation du cannabis, une baisse constante du prix moyen de vente au gramme.

La SQDC constate une baisse constante du moyen de vente au gramme. Si elle le dit, je la crois. La SQDC sait que ces chiffres sont vérifiables très facilement.
Donc je reconnais son observation.
Les prix légaux baissent. C’est indéniable. Et il faut positivement remercier Hexo et son ex-PDG Saint-Louis pour avoir été le premier à oser dire que les prix du cannabis légal étaient trop élevés comparés à ceux du marché noir. Le premier 28 grammes disponible au Québec était un produit Hexo, le OS si ma mémoire est bonne. Cette semaine, il y a avait 36 offres d’onces à la SQDC.
L’industrie a écouté les consommateurs.

La deuxième phrase maintenant :
Cette chute des prix est le résultat d’une offre plus importante que la demande dans l’industrie du cannabis au Canada.

L’industrie canadienne du cannabis est en surproduction depuis la fin de 2019. Les chiffres sont disponibles et indiscutables. On peut en parler, mais ils sont indiscutables ces chiffres de surproduction. Maintenant, comment pourrait-il en être autrement quand Santé Canada octroie ses licences à tour de bras? On augmente le nombre de producteurs sans égard à la taille du marché. C’est légal et ça s’appelle le capitalisme. En parallèle, les producteurs autorisés améliorent leur méthode de production. Donc, le Canada et le Québec ont de plus en plus de PA qui produisent de plus en plus efficacement. Si le cannabis était pour le législateur québécois un produit comme l’alcool, tout irait bien. Mais le cannabis est un produit qui n’est pas socialement acceptable au Québec. Pas pour les libéraux, pas pour les caquistes. Les autres? Impossible de savoir ce qu’ils pensent. Comme il n’y a rien à gagner dans ce dossier, personne ne veut prendre le risque de s’en mêler.

Hey merci MJ!

Fait important à noter, les entreprises qui représentent les PA qui ne peuvent vendre directement à la SQDC encouragent leurs clients à vendre le moins cher possible. C’est du moins ce que j’entends entre les branches. Mais cette situation risque de changer rapidement à cause des plus récents changements règlementaires apportés par Santé Canada. On va en reparler, c’est le prochain sujet…

Revenons à la troisième phrase :

Cela fait en sorte qu’aujourd’hui, plusieurs produits vendus à la SQDC, notamment dans les catégories du 3,5 grammes et des préroulés, se détaillent sous les prix du marché illicite.

Ici, j’avoue ne pas pouvoir suivre la SQDC, mais je suis peut-être mal renseigné. Cela fait des mois que je vois des onces à moins de 100 $ et plus récemment, on a pu voir passer des onces à 55 $ sur Facebook. Des onces commanditées en plus.

Mais la SQDC nomme les formats 3,5 g et les préroulés, pas l’once.
J’ai demandé sur différentes plateformes si les affirmations de la SQDC étaient facilement vérifiables…

D’abord Blaky Black qui est le Chef du BlocPot et le propriétaire de la Clinique VertMédic.
Je lui ai posé la question et il m’a envoyé une photo en guise de réponse. Une offre bilingue parfaitement rédigée, en fait une seule petite faute en français, pour une once à 80 $. Disponible 18 heures par jour. La grande classe.

J’ai ensuite échangé avec une personne sur le Discord de Black Poule qui m’a confirmé que les prix du marché noir ou gris étaient vraiment beaucoup plus bas que ceux de la SQDC.
Est-ce que la SQDC devrait rendre publique les observations et raisonnements qui mènent à une hausse de prix? Un monopole à l’obligation morale de rendre des comptes. En fait, cela permettrait surtout à la population d’adhérer aux choix de la SQDC. Mais on ne retient pas notre souffle. Tout le monde dit que c’est mauvais de fumer ou de fulminer en apnée.

Et maintenant, la dernière phrase :
Cette dynamique contribue à banaliser le cannabis, ce qui est contraire à notre mission.

On doit féliciter la SQDC de désirer respecter son mandat.
Elle obéit.
Il est donc inutile de rappeler que l’alcool tue tous les jours.
C’est 10 personnes par jour au Canada, sans oublier les 400 hospitalisations quotidiennes.
Cela, la SQDC s’en fout. C’est normal.
Son mandat exclut la possibilité de réfléchir à ces questions.
La SQDC réfléchit à sa commercialisation et investit beaucoup de sous dans son projet Omnicanal. Cela ne devrait pas nuire aux ventes.
Peut-être pourra-t-elle même servir plus de monde avec moins de personnel…

Mais la SQDC utilise une drôle de terminologie.
Elle a une marge fixe, mais aussi maintenant une marge protégée.
C’est le privilège des monopoles d’inventer les règles du jeu qui lui seront les plus favorables.
Alors cela veut dire quoi pour les producteurs autorisés?

Je reprends l’exemple proposé par la SQDC.

Et je reprends texto son explication écrite :

Les prix de vente affichés de la SQDC sont calculés selon une marge en pourcentage déterminée par catégorie de produits. La catégorie des fleurs séchées inclut une notion additionnelle de marge fixe en dollar au gramme. Tous les produits d’une même catégorie sont traités de manière identique.
La SQDC a également adopté une approche de protection de la marge en dollar par gramme. Nous appliquons le montant de la marge protégée si celui-ci est plus élevé que le calcul de base.
Les prix de vente affichés à la SQDC incluent les taxes de vente et sont arrondis à la dixième supérieure.

Tous les produits n’ont pas la même marge.
Les fleurs séchées sont à 14,9 %.
Le hash est à 25 %
Les nouveaux produits moulus aussi à 25 %
Pourquoi les prés roulés sont à 26 %?
Aucune idée et je n’ai trouvé personne qui puisse m’expliquer pourquoi.
Concentré, huile, mangeables et atomiseurs oraux sont a 30 %
Les infusions et ingrédients à cuisiner sont à 32 %
Finalement les prêt-à-boire sont à 33 %

C’est évident qu’il y a une réflexion commerciale pour être arrivé à un tel résultat.
On y reviendra peut-être un jour.

Imaginons un pot de fleurs séchées de 3,5 g que la SQDC achète au producteur autorisé pour 12 $.

Sur la catégorie Fleurs séchée de 1 à 15 g, la marge annoncée par la SQDC est de 14,9 %.

14,9 % du 12 $ du coutant de la SQDC = 2,10 $

À cette marge normale, il faut ajouter la marge fixe de 1,05 $ par gramme.
On multiplie les 3,5 g de notre exemple par 105 sous. Le total est maintenant de 5 775 $.

Et c’est là qu’arrive la marge protégée.

La marge protégée varie en fonction du produit.
1,85 $ par gramme pour les fleurs séchées
Mais 5,90 $ pour un gramme de hash.

Si on reprend notre exemple initial d’un pot de fleurs séchées de 3,5 g, la marge protégée est de 1,85 $ par gramme.

On a maintenant calculé nos deux marges et la SQDC va choisir le montant de la marge protégée si elle est plus élevée que le résultat du calcul de base.

Dans notre exemple, le coutant de la SQDC est de 12 $ pour un pot de 3,5 g.
La marge de 14,9 % égale 2,10 $ auquel nous additionnons la marge fixe de 1,05 $/g soit 3 675 $ pour un total de 5 775 $.

Nous devons comparer le calcul de base soit 5 775 $ à la marge protégée qui est de 1,85 $ qu’il faut multiplier par 3,5 g soit un total de 6 475 $

D’un coté, 5,775 et de l’autre 6 475 $

Comme la marge protégée est plus grande, c’est le montant que va utiliser la SQDC.
Le prix avant taxe devient donc 12 $ plus la marge protégée de 6 475 $ soit un total de 18 475 $

Il faut maintenant ajouter les taxes fédérales et provinciales pour un prix de vente final de 21,24 $ qui est arrondi au dixième supérieur soit 21,30 $.

Quelles seront les conséquences de cette nouvelle grille pour l’industrie?
Je ne sais pas.
Mais le trésor québécois devrait être heureux des performances de la SQDC.

Est-ce que ces prix que la SQDC juge trop bas vont réactiver le marché noir?
Trop tôt pour le dire.
Mais on pourrait assister à une professionnalisation du marché médical.

Ailleurs au Canada, on fait les choses différemment. Prenons le marché de la Nouvelle-Écosse. Je le rappelle, la Nouvelle-Écosse a un régime similaire à celui du Québec. Un monopole total de la distribution. Mais vous allez voir que cette province à une autre vision du cannabis, mais aussi de l’alcool.

La société des alcools de la Nouvelle-Écosse fait des ajustements de prix ce printemps. En effet, le coût de l’alcool va augmenter de 3,5 pour cent, tandis que les prix du cannabis baisseront de 2,75 pour cent.

Le NSLC a opté pour une augmentation globale de 3,5 % afin d’éviter toute modification radicale des prix.

«En procédant ainsi, les gens ne verront pas de hausses massives sur des produits particuliers, mais plutôt des hausses réparties sur des produits similaires», a déclaré la porte-parole de la NSLC.

Sur le front du cannabis, les prix baissent, une tendance qui se poursuit depuis l’introduction initiale du cannabis légal. «Nous continuons à voir les prix du cannabis baisser à mesure que de plus en plus d’entreprises s’installent dans cette industrie relativement nouvelle», a déclaré M. Ware.

Les changements de prix sont entrés en vigueur le 25 mars.

Si vous êtes insatisfait de la SQDC parce qu’elle est un monopole, le leadeurship de la Nouvelle-Écosse qui est aussi régi par un monopole devrait vous forcer à réfléchir autrement.

Ok, on passe à l’actualité nationale.
Ben oui, Santé Canada vient de changer sa règlementation et cela pourrait avoir de gros impacts dans l’industrie.

Dès le 19 avril de cette année, et la je traduis le plus texto possible, Santé Canada commencera à accorder l’autorisation de vendre des produits de cannabis séchés et frais à tous les détenteurs de microlicences et de licences de traitement standard au cours du processus d’autorisation initial, sans qu’il soit nécessaire de soumettre une demande de modification des ventes.

Et qu’est-ce que cela veut dire précisément?

Cela veut dire qu’un PA qui a une licence existante qui n’autorise pas la vente de produits de cannabis séchés et frais pourra se faire réémettre une licence avec des conditions modifiées dans les 90 prochains jours.

Un PA avec une telle licence sera autorisé à vendre des produits de cannabis séchés ou frais aux distributeurs au détail provinciaux autorisés une fois que leur licence aura été modifiée.

Pourquoi Santé Canada prend une telle décision 3 ans après le début de la légalisation?
Cette décision serait fondée sur le risque plus faible associé à la production de produits de cannabis séchés et frais. Mais Santé Canada confirme aussi qu’aucune modification n’est apportée aux exigences règlementaires.

Ce changement devrait diminuer les efforts requis pour respecter la charge règlementaire des détenteurs de licences tout en donnant aux nouveaux détenteurs de licences la possibilité de mettre plus rapidement leurs produits sur le marché.

Ce changement règlementaire ne s’applique pas pour l’instant aux producteurs d’extraits, de produits topiques et de produits comestibles du cannabis. Comme la transformation apporte son lot de difficultés supplémentaires, Santé Canada à décider d’attendre pour ces catégories de produits.

Mais en pratique, cela veut dire quoi?

Pour les provinces comme le N-B qui permettent la vente à l’usine, cela pourrait vouloir dire que les microproducteurs vendraient directement aux consommateurs. Quand on sait qu’un microproducteur peut donner à son emballeur-revendeur au moins 100 000 $ par an, cette nouvelle règlementation pourrait favoriser l’essor de la microproduction au Canada.

La plupart des observateurs parlent d’une facilité accrue à commercialiser plus rapidement de nouveaux produits.

Est-ce que les microproducteurs vont pouvoir vendre directement à la SQDC?
Je ne suis pas sur, mais c’est ce que je comprends.
Est-que la SQDC va augmenter ses exigences règlementaires pour éviter un déferlement de nouveaux points de contact?
C’est possible.

Mais il est clair que les plus petits joueurs avec une licence micro ou standard seraient heureux de pouvoir couper un intermédiaire entre eux et la SQDC. Évidemment, cela aurait des conséquences immédiates sur ces intermédiaires qui sont aussi producteurs et compétiteurs des sociétés auxquels ils offrent des services.

Ok, si on veut parler de l’avenir du cannabis au Canada, il faut penser aux États-Unis, notre petit voisin.

Le Congrès américain fait un nouvel effort pour réduire les interdictions fédérales et cette fois, la Chambre des représentants a adopté une loi pour légaliser le cannabis partout sur le territoire américain, éliminant ainsi toutes sanctions pénales pour la fabrication, la distribution et la possession. Le vote a été de 220 pour et 204 contre.

Le Marijuana Opportunity Reinvestment and Expungement Act permettra aussi des procédures de pardon et la création d’une taxe sur la vente des produits du cannabis.

Le dossier progresse, mais rien n’est assuré. Heureusement, instruits des difficultés du marché canadien, les Américains réfléchissent déjà aux taxes d’accises trop élevées qui nuisent à une industrie légale qui côtoie un marché illégal très bien organisé. De plus, Biden, après avoir promis la lune pour être élu, a choisi de rester silencieux sur le sujet en plus de présenter un plan de dépenses presque anticannabis.

Les grands géants canadiens rêvent de pouvoir aller vendre aux États-Unis. Tant mieux s’ils peuvent rêver. Espérons seulement qu’ils ne rêvent pas parce qu’ils sont endormis.

Personnellement, c’est l’inverse qui m’inquiète pour l’industrie canadienne. Pendant combien de temps le législateur canadien pourra-t-il empêcher nos voisins d’exporter leur cannabis au Canada? La Californie produit déjà du pot de terroir avec appellation contrôlée… Quel Canadien amateur de pot ne voudra pas tester ce genre de produit? Oui, les États-Unis sont un marché affriolant. Mais regarder qui remplit votre supermarché. Les Québécois achètent en hiver des poivrons du Chili qui transitent par les États-Unis. Nous sommes incapables d’importer directement on dirait… Et les produits de consommations courantes appartiennent majoritairement à une dizaine de grands groupes américains. Et soudainement, nous serions capables de nous opposer à cette machine?
Imaginons qu’ils n’acceptent que des produits GMP?
Cela élimine presque l’ensemble des producteurs autorisés canadiens qui n’ont pas jugé bon de s’astreindre à ce standard de qualité.

D’ailleurs le discours des géants canadiens est en constante évolution. Il y a un an, Canopy prévoyait des ventes de 1 milliard. Cette année, on parle de la moitié. Cette réduction drastique des objectifs existe partout dans l’industrie canadienne. À un tel point que nos bons géants ont adopté un nouveau mantra selon le journaliste Matt Lamers de MJBiz.

«Nous ne sommes pas là pour la part de marché, nous sommes là pour faire du profit».

Le discours s’adapte à la réalité. Hé.

Mais l’inverse est vrai aussi.
Pas au Canada, mais en Argentine où on vient d’inventer une nouvelle formule pour le cannabis médical…

Dans une initiative qui n’est pas sans rappeler les Clubs Sociaux de Cannabis, l’Argentine va permettre aux patients de faire cultiver leur cannabis par des organisations à but non lucratif agréées et autorisées.

Une ONG regroupera un maximum de 150 personnes pour la culture intérieure et extérieure.

Le programme baptisé REPROCANN détermine le nombre de plants par personne, soit 9 plants qui pourront être cultivés sur des surfaces maximums de 6 m2 en intérieur et de 15 m2 à l’extérieur.

À ma connaissance, il n’y a que la Suisse, pour l’instant, qui prévoit instaurer ce concept des clubs de cannabis.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine.

On termine avec une nouvelle que je trouve très révélatrice des avancés récentes de l’industrie du cannabis. Au cœur de l’expérience du consommateur de cannabis, il y a cette relation entre lui et l’entreprise qui produit. Comment intensifier cette relation dans un univers règlementaire ou le marketing est interdit plus ou moins? Avec un centre d’appel! Et oui, l’industrie des centres d’appels réagit à la normalisation du cannabis en proposant de nouvelles offres de service spécifique au cannabis.

Aux États-Unis, pas au Canada.

Le raisonnement est simple…
Plus de deux Américains sur 3 supportent la légalisation du cannabis et selon Pew Research, les services de centres de contact prennent une plus grande importance stratégique. Les offres se structurent et des livres blancs, les whites papers en anglais, qui proposent des réflexions spécifiques sur les besoins de l’industrie du cannabis sont maintenant disponibles. Ça c’est nouveau et c’est un signal de confiance envers le développement de l’industrie américaine du cannabis.

Ok une autre avant d’y aller!

Le magazine Time fait chaque année une liste des 100 entreprises les plus influentes du monde. Pour la première fois, une compagnie de cannabis apparait dans ce top 100!
Qui est cette compagnie?

SFX

Curaleaf.
Curaleaf existe depuis 2010 et opère 26 sites de cultures et 128 dispensaires dans 23 États différents avec 5 600 employés.

«Le fait d’être reconnu comme l’une des entreprises les plus influentes du monde par Time confirme une fois de plus que notre travail permet de briser la stigmatisation de la plante, de construire une industrie équitable et passionnante, de lancer de nouveaux produits innovants pour une large base de consommateurs et de soutenir concrètement les communautés que nous servons», a déclaré Joe Bayern, PDG de Curaleaf US, dans un communiqué.

Le futur est déjà là!
Pas au Québec, mais un jour peut-être.
1
Et voila, c’était le 99e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com.
Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez!
Bonne semaine.
Beaucoup de bienêtre.
Et bon chanvre!

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Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#98 Deux visages de la lutte aux parasites

#98 Deux visages de la lutte aux parasites

Alors que la plupart des gens éprouvent du dédain pour les insectes, Camille est attiré par eux. Son entreprise, Lady Bug Phytoprotection, fait de la gestion intégrée pour les producteurs autorisés dans l’industrie du cannabis, mais elle offre aussi ses services à M et Mme tout le monde.

Lady Bug est une entreprise spécialisée dans la lutte antiparasitaire avec des techniques de contrôle biologique qui utilise des prédateurs naturels et des produits antiparasitaires approuvés par Santé Canada.

Mais comment devient-on Lady Bug?

Liens de l’épisode

Groupe de discussion Facebook : Lady Bug Phytoprotection https://www.facebook.com/groups/378994473265000

Page Facebook de l’entreprise 

https://www.facebook.com/ladybugphytoprotection

Instagram : ladybug.mtl

https://www.instagram.com/ladybug.mtl/

Chaîne Youtube

https://www.youtube.com/channel/UCWzRfuc9EXIKdaimsGT2qkA

#113 Sexy, le refus du marché légal?

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Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas...

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

#110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

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Jimbo Jones fait pousser légalement du pot à des fins médicales. Il a une carrière professionnelle normale, mais il reste anonyme pour plein de raisons que j’évoque fréquemment sur toPot… comme le facteur d’acceptabilité sociale qui est plus faible au Québec...

#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

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#108 Inconduite sous influence du cannabis?

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

Cette semaine, on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis.  Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être...

#95 Le cannabis agit différemment sur les femmes?

#95 Le cannabis agit différemment sur les femmes?

Dans l’épisode #95, toPot s’intéresse aux différences qui régissent la consommation des femmes et des hommes.

Quel est le rôle des hormones sur les effets subjectifs du cannabis?

Comment le cannabis agit-il sur la sexualité?

Pourquoi les médecins prescrivent-ils moins de cannabis aux femmes?

Comment expliquer la préférence pour les produits comestibles?

Le cannabis agit comme une plante, mais aussi comme un capteur de l’air du temps…

Bonne écoute!

Lien pour l’Épisode sur toPot

Sex and Gender Interactions on the Use and Impact of Recreational Cannabis

How cannabis affects women and men differently

Framework for gender differences in human and animal toxicology

Male/Female Differences in Pharmacology: Safety Issues with QT-Prolonging Drugs

Greater quinidine-induced QTc interval prolongation in women

Gender differences in pharmacokinetics and pharmacodynamics

How important are sex differences in cannabinoid action?

The Modulating Role of Sex and Anabolic-Androgenic Steroid Hormones in Cannabinoid Sensitivity

Sex differences in the acute effects of oral and vaporized cannabis among healthy adults

Cannabinoids in clinical practice

Sex differences in the subjective effects of oral Δ9-THC in cannabis users

Comparison of subjective, pharmacokinetic, and physiologic effects of marijuana smoked as joints and blunts Assessment of the Association of Cannabis on Female Sexual Function With the Female Sexual Function Index

La Russie dit avoir arrêté une basketteuse américaine pour possession de stupéfiants

Women are less likely to smoke cannabis, more likely to abuse it

Sex differences in the acute effects of oral and vaporized cannabis among healthy adults

Gender Differences in Medical Cannabis Use: Symptoms Treated, Physician Support for Use, and Prescription Medication Discontinuation

Sex and Gender Interactions on the Use and Impact of Recreational Cannabis

Photo de shahin khalaji sur Unsplash 

Transcription de l'épisode 95

À venir!

#113 Sexy, le refus du marché légal?

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#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

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#108 Inconduite sous influence du cannabis?

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

Cette semaine, on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis.  Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être...

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#94 Pourquoi la SQDC limite le THC à 30% ?

#94 Pourquoi la SQDC limite le THC à 30% ?

Pourquoi la SQDC limite le THC à 30 % dans ses produits de cannabis? 

Dans cet épisode, on explore la science du pour et du contre en considérant le mandat de la SQDC. Un mandat pas simple et avec pas beaucoup de corde…

Le sujet est important pour le gouvernement qui s’en sert pour afficher ses croyances, ses peurs et la science qu’il privilégie. Le sujet est aussi important pour l’industrie qui, depuis le début de la légalisation, se bat avec une seule main contre le marché noir. Bonne écoute!

Lien pour l’Épisode sur toPot

A simple guide to pot, THC and how much is too much

Communicating THC levels and ‘dose’ to consumers

Quelle puissance pour le cannabis?

Légalisation du cannabis: des sénateurs s’inquiètent des taux de THC

Is Marijuana as Safe as We Think?

Availability, retail price and potency of legal and illegal cannabis in Canada after recreational cannabis legalisation

Drogue et alcool: 400 hospitalisations et 10 décès par jour au Canada

Légalisation du cannabis: des sénateurs s’inquiètent des taux de THC

Règlement sur le cannabis

Ottawa isn’t putting a cap on the potency of many cannabis products

Average THC Strength Over Time

Changes in Cannabis Potency Over the Last 2 Decades (1995–2014): Analysis of Current Data in the United States

Marijuana concentrates sharply spike THC levels but don’t necessarily get users higher

What is a high amount of THC for cannabis?

Association of Naturalistic Administration of Cannabis Flower and Concentrates With Intoxication and Impairment

THC Potency Concerns: Are Stronger Products More Problematic?

6 Myths About THC Caps You Shouldn’t Believe

Variation in cannabis potency and prices in a newly legal market: evidence from 30 million cannabis sales in Washington state

A within-person comparison of the subjective effects of higher vs. lower-potency cannabis

The contribution of cannabis use to variation in the incidence of psychotic disorder across Europe (EU-GEI): a multicentre case-control study

Cannabis and Psychosis: a Critical Overview of the Relationship

Acute effects of high-potency cannabis flower and cannabis concentrates on everyday life memory and decision making

The relation between cannabis use, dependence severity and white matter microstructure: A diffusion tensor imaging study

Residual effects of cannabis-use on neuropsychological functioning

Age- and Sex-Related Cortical Gray Matter Volume Differences in Adolescent Cannabis Users: A Systematic Review and Meta-Analysis of Voxel-Based Morphometry Studies

The Effects of Alcohol and Cannabis Use on the Cortical Thickness of Cognitive Control and Salience Brain Networks in Emerging Adulthood: A Co-twin Control Study

Impact of adolescent marijuana use on intelligence: Results from two longitudinal twin studies

The Science Behind THC Caps Is Inadequate, Says Epidemiologist Dr. M-J Milloy

What Is the Science on Cannabis?

Transcription de l'épisode 94

À venir!

#113 Sexy, le refus du marché légal?

#113 Sexy, le refus du marché légal?

Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas...

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

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Jimbo Jones fait pousser légalement du pot à des fins médicales. Il a une carrière professionnelle normale, mais il reste anonyme pour plein de raisons que j’évoque fréquemment sur toPot… comme le facteur d’acceptabilité sociale qui est plus faible au Québec...

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Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je m’intéresse aux nanoémulsions de cannabis depuis au moins l’épisode #62 Les nanoémulsions, le cannabis 4.0?. Aujourd’hui, on va donc échanger avec Jean-Christophe Parisien-Lasalle pour comprendre la...

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

Cette semaine, on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis.  Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être...

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

#93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

Le sujet est évité par tout le monde. 

Pire, il est enterré ce sujet. 

Je parle évidemment de l’impact de la production du cannabis sur l’environnement. 

Les chiffres parlent et les spécialistes écrivent sur le sujet. 

Evan Mills, il y a 10 ans déjà, sonnait l’alarme avec son article 

The carbon footprint of indoor Cannabis production.

La légalisation n’a fait qu’empirer la situation.

On va regarder ce qui ne fonctionne pas.

Et ce qui fonctionne déjà bien.

Puis je propose une solution magique!

Lien pour l’Épisode sur toPot

Le site de Evan Mills

The carbon footprint of indoor Cannabis production

La SQ arrête une dizaine de suspects pour avoir revendu pour 8 M$ d’alcool illégalement

A narrative review on environmental impacts of cannabis cultivation

Sustainable cannabis brands to support in 2022

Washington’s Weed Industry Has a Million-Pound Waste Problem

Indoors, Greenhouses or Outdoors: Where Are Cannabis Cultivators Growing?

La carboneutralité d’ici 2050

What is a living wage?

A Glyphosate-Based Herbicide in Soil Differentially Affects Hormonal Homeostasis and Performance of Non-target Crop Plants

« Il faisait jour la nuit ! »

Create Biochar From Hemp Stalks! – OrganiLock

Biochar from hemp stalks

Researching Biochar from Hemp Waste

https://cohpc.org/

The effects of biochar soil amendments on industrial hemp yields

Green roofs biochar and you

Small Scale Biochar production

Charbon actif

Tout comprendre de la conductivité électromagnétique des sols

Le projet Nexus

Researching Biochar from Hemp Waste

Santé Canada veut autoriser plus de pesticide glyphosate sur des aliments

La CAQ refuse de hausser la redevance sur l’eau

Transcription de l'épisode 93

# 93

À venir!

#113 Sexy, le refus du marché légal?

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Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas...

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

#110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

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Jimbo Jones fait pousser légalement du pot à des fins médicales. Il a une carrière professionnelle normale, mais il reste anonyme pour plein de raisons que j’évoque fréquemment sur toPot… comme le facteur d’acceptabilité sociale qui est plus faible au Québec...

#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

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Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je m’intéresse aux nanoémulsions de cannabis depuis au moins l’épisode #62 Les nanoémulsions, le cannabis 4.0?. Aujourd’hui, on va donc échanger avec Jean-Christophe Parisien-Lasalle pour comprendre la...

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

#108 Inconduite sous influence du cannabis?

Cette semaine, on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis.  Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être...

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#92 Le meilleur pot?  Intérieur ou extérieur?

#92 Le meilleur pot? Intérieur ou extérieur?

Aujourd’hui, toPot aborde plusieurs sujets en tentant de répondre à une seule question : 

le meilleur pot pousse-t-il à l’intérieur ou à l’extérieur? 

Je partage les fragments de science disponibles sur le sujet en gardant à l’esprit que les différences entre la théorie, les pratiques usuelles et les bonnes pratiques sont trois choses très différentes dans la vraie vie. 

À la fin de l’épisode, vous aurez peut-être changé d’avis!

Mais ce n’est pas obligatoire pour en savoir plus sur le cannabis…

Lien pour l’Épisode sur toPot

#8 mbe.io/AurélienPochard

Test BlackPoule

Cannabis cultivation has a dirty secret, but the future is sun-grown | Dan Sutton | TEDxVancouver

Growing Marijuana Indoors vs. Outdoors: The Key Differences

How to Grow Marijuana Outdoors: A Beginner’s Guide

How to Set Up a Greenhouse for Weed

Indoor vs. Outdoor Weed: A Visual Guide

THE PROPAGATION, CHARACTERISATION AND OPTIMISATION OF CANNABIS SATIVA AS A PHYTOPHARMACEUTICAL

Outdoor Versus Indoor Cannabis

How to grow weed outdoors: an intro to outdoor cannabis cultivation

A primer on growing greenhouse weed

The Dark Truth about America’s Agricultural System

Nuances in Parsing Cannabis Cultivation Energy Use: Comment on « Cannabis and the Environment: What Science Tells Us and What We Still Need to Know »

To Make Cannabis Green, We Need to Grow It Outdoors

Energy Use by the Indoor Cannabis Industry: Inconvenient Truths for Producers, Consumers, and Policymakers

Heavy Metals in Cannabis

MOOC Jardiner avec le vivant

Electricity Use in Marijuana Production

Indoors, Greenhouses or Outdoors: Where Are Cannabis Cultivators Growing?

Cannabis can be grown outdoors for pennies on the dollar. So why is hardly anyone doing it?

Resolving Environmental Fluctuations with Environmental Control Technologies

Cannabis Glandular Trichomes: A Cellular Metabolite Factory

Comparing Cannabis Cultivation Energy Consumption

https://www.cannabistech.com/articles/three-eco-friendly-methods-of-cannabis-cultivation/

Outdoor Cannabis Farms Face an Uncertain Future

Electricity Use in Marijuana Production

Tuto : Pellet de semences de cultures intermédiaires

Farmers Embrace Sustainable Cannabis Cultivation

Chemistry Visits: Getting Our Hands Dirty with Alpenglow Farms

Transcription de l'épisode 392

# 92 Le meilleur pot? Intérieur ou extérieur?

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Avant de se lancer dans l’épisode de la semaine, un petit retour sur l’épisode #90 intitulé «Je fume du cannabis. Ma bouche est en santé? Encore une fois, beaucoup d’échanges et des témoignages incroyables. Il y a un internaute qui m’a dit que l’épisode lui avait donné le courage d’arrêter de fumer la cigarette. Pas des joints. La cigarette. L’épisode #90 à eu des effets secondaires que je n’aurais jamais jamais jamais pu imaginer. Merci pour l’hommage collatéral! 

L’épisode #91 avec François Olivier Hébert a bien fait aussi, la semaine passée. Beaucoup d’internautes reconnaissent en lui une grosse pointure du cannabis scientifique. J’ai le plaisir de vous annoncer que l’on travaille sur de nouveaux épisodes. Personnellement, c’est un épisode qui m’a apporté beaucoup de joie et de connaissances.

J’en profite pour faire une correction sur ce que j’ai dit à propos du raid d’Acces Cannabis sur la Clinique La Croix Verte dont j’ai parlé dans l’épisode avec FO. Il n’y avait aucune plantation à la Clinique La Croix Verte. Le mandat d’Accès cannabis (SQ), ce sont les plantations illégales. La Croix Verte avait par contre en sa possession des surplus de ses patients qualifiés qui ont une compagnie, une facture et un test labo. Voilà. C’est pour rassurer la SQ si elle écoute toPot… ce dont je doute.

Aujourd’hui, on aborde plusieurs sujets en tentant de répondre à une seule question : le meilleur pot pousse à l’intérieur ou à l’extérieur? Évidemment, comme d’habitude, je vais tenter de partager les fragments de science disponibles sur le sujet en gardant l’esprit ouvert sur les différences entre la théorie, les pratiques usuelles et les bonnes pratiques… trois choses très différentes dans la vraie vie…

Je commence par partager avec vous un vidéo TED dans lequel le Canadien Dan Sutton présente les problèmes de la culture intérieure du cannabis. 

La culture en bunker avec murs de plastique blanc… 

L’intérêt du vidéo repose sur une question toute simple : pourquoi l’industrie de la tomate n’utilise pas les mêmes techniques que l’industrie du cannabis? Pourquoi utilise-t-elle des serres plutôt qu’une culture en bunker? On va y revenir. 

On touche ici un sujet comme le mythe de la cendre blanche. Tout le monde à une opinion. Une opinion ferme. 

La question que je pose tombe bien, car récemment, il y a eu un arrivage de fleurs cultivées en extérieur à la SQDC. Les fleurs de CBD de Après la pluie. Black Poule a fait un p’tit test et les curieuses vont trouver un lien dans les notes de l’épisode. Si vous reconnaissez l’entreprise, vous avez peut-être écouté l’épisode de toPot, l’épisode #8, sur Après la pluie.

J’ai eu la chance de demander à 2-3 maitres cultivateurs qui travaillent dans l’industrie s’ils avaient une préférence pour la culture intérieure et extérieure. Tous ont indiqué préférer le pot de bunker. Après 2-3 minutes de discussions, tous étaient d’accord pour affirmer qu’ils n’avaient jamais testé un pot extérieur provenant d’un vrai terroir.

Donc je vous pose les deux mêmes questions que j’ai posées à quelques professionnels du cannabis :

1)

Le meilleur pot pousse à l’extérieur ou en bunker intérieur? 

2)

Vous avez déjà gouté du pot de terroir? 

On va revenir à ces questions à la fin de l’épisode.

Perso, j’ai eu la chance de gouter il y a des millions d’années à du pot qui venait d’un champ près du Mont-Hilaire et qui avait séché dans une grange la tête en bas, comme dans les films. Et je ne sais pas comment l’affinage avait été réalisé mais j’avais reçu deux branches en cadeau et je me souviens encore, 25 ans plus tard, de l’expérience. Plus récemment, j’ai pu gouter à la production du producteur délégué de cannabis médical qui avait fait quelques tests en extérieur. Mon souvenir le plus vivide était la qualité de la fumée qui avait des qualités que je ne croyais pas possibles. Un peu comme quand tu te presses une orange après avoir bu du koolaid… La surprise est toujours mémorable!

Je vous propose de commencer de manière très classique en déclinant de façon méthodique le pour et le contre de chaque méthode.

Je vous propose donc le format suivant : d’abord le pour et le contre de la culture intérieure en bunker et ensuite le pour et le contre de la culture extérieure.

Après cette première étape, on va parler de la qualité spécifique de la récolte des deux types de cultures.

 Vous êtes prêts? 

On y va.

Culture en intérieur —Les avantages

Il y a 12 000 ans, personne ne cultivait de pot en bunker.

Voilà une très mauvaise raison pour croire que la pratique du bunker n’a pas de sens. Je vous donne un autre exemple. Sans l’usage de la fourrure et du cuir des animaux, les colons de la Nouvelle-France n’auraient pu survivre. Est-ce que cela justifie l’utilisation de la fourrure en 2022? Je réponds par un autre exemple. Il fait froid dans l’espace. Il fait très très froid sur la lune. On est d’accord? Et bien, c’est un fait indéniable qu’aucun astronaute n’a porté de la fourrure dans une exploration spatiale… Ce qui était vrai, plausible et pertinent il y a 12 000 ou 200 ans peut changer dans le temps.

La culture intérieure abolit les saisons. On peut dire que c’est un progrès dans certaines circonstances. Ne pas dépendre du chaud, du froid, de la pluie ou du soleil simplifie la vie et permet d’augmenter le rythme des récoltes. Cela veut dire aussi que les conditions d’une salle de culture peuvent être ajustées pour un cultivar en particulier. On peut contrôler la longueur de la nuit, la vitesse du vent ainsi que sa direction. Dans un tel environnement, le maitre cultivateur devient le maitre de l’univers capable de nourrir ses plants au compte-goutte avec une intention comparable à la mère qui donne le sein à son enfant. Dans les deux cas, comme c’est drôle, on s’assure que le petit rototo, le burping, est bien effectué. C’est essentiel…

Le soleil est remplacé par des lampes qui elles-mêmes sont remplacées fréquemment, car elles évoluent d’une saison à l’autre. Toujours plus de puissance à des couts de plus en plus bas. La dernière mode, ce sont les lampes LED… 

La culture en bunker, c’est aussi l’avènement de la culture verticale qui fait la promesse de tout révolutionner. Par contre, les couts de démarrages sont tels que cette avenue ne peut être soutenue que par de grands groupes industriels.

L’automatisation de précision est un autre avantage réel de la culture intérieur. Tu veux reproduire les matins froids des montagnes du Rif marocain? Facile. Tu veux reproduire l’altitude de Denver? C’est possible. C’est plus cher mais c’est possible. À défaut d’offrir un vrai terroir, la culture intérieure peut créer des climats virtuels qui n’existent pas dans le vrai monde. 

Culture en intérieur —Les inconvénients

Les lampes pour la culture intérieure promettent de remplacer le soleil et de faire disparaitre les nuages. Dans la vraie vie, le soleil est gratuit. Pas l’électricité. Et la lumière du soleil est ce qui a permis l’apparition de l’humain et du cannabis. Une lampe LED n’aurait jamais pu accomplir ce travail. 

Et les parasites? Oui, les parasites adorent la culture intérieure. Pourquoi? Parce le Bon Dieu du producteur autorisé, le maitre cultivateur, doit manipuler toutes les manettes des contrôles de l’environnement des cultures. La température, les sources de lumière et leurs positionnements, les sources et le débit d’air, l’humidité aussi. Voici quelques-uns des paramètres qui, lorsqu’ils sont mal contrôlés, vont provoquer le développement d’agents pathogènes comme le botrytis. Les contaminations croisées sont évitables mais au prix de constants efforts prophylactiques pour prévenir leurs apparitions. 

Le propriétaire de la ferme Golden Peak au NB, Tom Devost, m’a déjà confié en entrevue que son budget global de protection, les gants de latex, les savons et autres produits nettoyants constituaient presque une surprise tellement cela coutait cher…

Il y a des PA qui ont construit leur bâtiment. D’autres adaptent des bâtiments existants. Dans les deux cas, il y aura des surprises couteuses. En fait, tout coute très cher en intérieur pour respecter les contraintes de Santé Canada. 

Il n’y aurait pas d’industrie québécoise de la tomate s’il elle devait respecter les obligations imposées aux producteurs autorisés. Mais on ne fume pas les tomates… C’est ça la différence.

Il y a des tonnes d’autres problèmes provoqués par la culture intérieure. Si on veut simplifier à l’extrême, on peut dire que le cout de production en intérieur sera toujours plus élevé que la culture extérieure. Beaucoup plus cher. Heureusement pour l’industrie québécoise, les importations sont interdites pour l’instant. Aujourd’hui les PA canadiens évoluent dans une petite compétition nationale. La fermeture des frontières ne sera pas éternelle. Les accords de libre-échange signés par le Canada vont finir par avoir leur effet d’ouverture. Et quand les frontières vont s’ouvrir, les offres de produits de qualité médicale bio nonirradiés vont abonder. Et les dominants dans un marché verrouillé par le législateur vont devoir faire face à des produits équivalents ou supérieurs pour une fraction du prix…

Ce n’est qu’une question de temps!

OK, on passe à la culture extérieure et à ses avantages… 

Culture en extérieur —Les avantages

Commençons par enfoncer la porte ouverte…

Si la culture extérieure n’avait jamais été pratiquée, la SQDC ne pourrait exister.

Cela fait quelques dizaines de milliers d’années que l’humain cultive le cannabis à l’extérieur. Il a su trouver les bons cultivars pour chaque région et chaque microclimat. Il suffit de penser aux Marocains de la région du Rif qui ont longtemps utilisé des espèces qui exigeaient peu d’arrosage. Depuis quelques années, tout l’écosystème du Rif est perturbé par l’utilisation de cultivars qui donnent de plus grosses récoltes mais au prix de l’utilisation de produits agrotoxiques et d’arrosages intensifs qui déstabilisent l’accès aux ressources hydriques de la région. 

En culture extérieure, les insectes pertinents sont gratuits et au travail toute la journée. La gang de guêpes, fourmis et coccinelles se gavent de parasites pour le plus grand plaisir des plants. Sans plafond, les plants les plus vigoureux peuvent prendre de la hauteur pour tenter de toucher les nuages sans que cela ne dérange personne.

Évidemment, les rendements en extérieur sont beaucoup plus grands. Le CO2 indispensable à la croissance qui est injecté dans les salles de cultures est gratuit à l’extérieur. De plus, le bon sol pour un cultivar X, Y ou Z contient tous les nutriments dont le plant a besoin. Un autre besoin comblé par la nature plutôt que par un marchand de terreau ou de substrats neutre comme la noix de coco indienne importée par conteneur.

L’empreinte écologique d’une culture extérieure brille en comparaison d’une culture intérieure. Pas d’éclairage, pas de déshumidificateur, pas de ventilateurs, pas de plancher chauffant… Pas de, pas de, pas de… Vous avez compris.

J’ai trouvé des comparaisons intéressantes. En Californie, la production d’un kilo de fleur exigerait l’équivalent de 90 k de charbon. 

Quelle drôle de comparaison! Personne ne connait le charbon en Amérique.

Vous avez déjà utilisé du charbon pour vous chauffer? J’ai eu cette chance pendant quelques années en Belgique. Je me rappelle encore du crépitement de la poussière du fond de la pelle quand je chargeais la gueule du foyer qui se trouvait dans la cuisine de la maison de maitre ou j’habitais à Anvers. L’odeur aussi est spéciale… 

Une fleur qui pousse à l’extérieur à des qualités organoleptiques particulières impossibles à imiter à l’intérieur. Pensons-y ensemble… Le champage, le vin le plus cher au monde, est cultivé en extérieur. Il n’est jamais venu à l’esprit des Champenois de s’éloigner de leur sol pour cultiver en intérieur bien que le champagne appartienne à la catégorie des produits de luxe. C’est l’idée même du terroir qui est au centre de la vraie promesse de la culture extérieure. La Californie a déjà un ou deux programmes d’appellation contrôlée en place.

Tu cultives dans un coin où il y a beaucoup de pluies au moment de la récolte? Un maitre cultivateur éveillé va planter une espèce avec un cycle de croissance plus court pour les éviter.

Cultiver en extérieur n’est pas une méthode plus facile. C’est une méthode différente. Il y a autant de R&D en extérieur qu’en intérieur. Il est très facile d’inonder une parcelle pour voir qui va survivre et devenir le champion du coin. La plante qui ne pourrit pas immédiatement à un tel traitement est une bonne candidate pour une région fortement touchée par la pluie. Mais forcément l’industrie des fournisseurs de ventilation, automatisation et chauffage ne peut rien vendre à un producteur extérieur… RIEN! Ou si peu… 

Il presque normal de lire tous les jours que les fleurs d’intérieurs sont supérieures dans des médias qui survivent avec la publicité d’une industrie dédiée à la culture intérieure. Je n’insinue même pas qu’il s’agit d’une forme de malhonnêteté intellectuelle. Je dis simplement qu’il n’existe aucun média au monde qui va mordre la main de l’industrie qu’il lui permet d’exister. 

La culture extérieure a aussi ses chasses au phénotype idéal qui amusent tous les producteurs autorisés qui cultivent en bunker. Cette recherche est aussi ouverte pour les maitres cultivateurs spécialisés en culture extérieure mais on en parle jamais ou rarement. Je prédis que ce n’est qu’une question de temps avec qu’apparaisse l’équivalent du JeanGuy mais disponible uniquement en culture extérieure. Un Jean-Guy de terroir. Un cultivar qui pourrait peut-être être planté à l’automne dans une boulette d’argile et qui commencerait à pousser dès la fonte de la neige. Un cultivar qui serait récolté pour la Saint-Jean… Une folie? Je ne crois pas et de toute façon, on a le droit de rêver.

Culture en plein air — Inconvénients

Existe-t-il des désavantages à la culture extérieure? 

Ben oui!

En Montérégie, il ne pleut pas à 14 heures chaque jour comme à Belém do Para en Amazonie. J’ai vécu là et les pluies de deux heures, as chuvas das duas, sont aussi prévisibles que les défaites des équipes sportives de Montréal… En 10 minutes, tu as de l’eau jusqu’au genoux dans la rue principale de Belém. Ce n’est pas compliqué. J’avais une vieille paire de chaussures de cuir que j’ai porté une fois. Je les ai rangés dans un garde-robe de l’hôtel où l’on vivait ma belle et moi. Un mois plus tard en faisant un ménage, j’ai retrouvé mes chaussures mais avec une mousse verte sur tout le périmètre de la semelle. La végétation poussait sur mes chaussures. C’est la seule fois dans ma vie où je me suis promené en gougoune pour aller au restaurant… Une ville incroyable Belém. D’ailleurs le dossier du cannabis au Brésil va être passionnant à suivre! Dans une culture ou la religion catholique est toujours très présente, ça va être beau.

Au Québec, les variations de température sont plus imprévisibles. Une année, il fait chaud avec peu de précipitation. L’année d’après, c’est le déluge et les nuages sont omniprésents. Cela prend du talent pour comprendre tout ça. Quand ton appareil de climatisation fonctionne plus, tu appelles le fournisseur qui te l’a vendu. Et peut-être que tu pars une génératrice en attendant. Quand il fait plus chaud qu’à la moyenne à l’extérieur, le MC est seul face à ses choix… Trop chaud, trop froid, tu fais quoi? Il faut avoir la réponse quand tu plantes. Après, il est déjà trop tard.

Et les gros prédateurs? Non, pas les méchants à deux pattes qui arrivent en camion… Je pense aux cerfs de Virginie. Est-ce que les cerfs qui mangent les plants extérieurs peuvent être stone? Faudrait leur demander… Une tornade avec ça? Un incendie dans la foret voisine? 

OK. 

La culture extérieure donne beaucoup sans rien demander en retour.

Par contre, la perte de contrôle totale sur la température implique l’utilisation de cultivars exceptionnels. Et des maitres-cultivateurs avec une formation complètement différente. 

OK, on a débroussaillé un peu et on commence à voir plus clair. 

Mais on n’est pas sortie du champ pour autant. On va parler un peu d’argent…

Coût de la culture de la marijuana en intérieur

Ce sujet nécessité à lui seul un épisode. 

Mais on peut se donner rapidement une idée de grandeur. 

Comment? 

En consultant les petites annonces. J’en ai parlé récemment. 

Il y au minimum 5 installations de production de cannabis en vente aujourd’hui au Québec. 

La moins chère est vendue 800 000 $. La plus chère 5, 5 millions. Ça, c’est le cout d’acquisition, pas le cout de fonctionnement qui va varier selon le niveau d’automatisation et les méthodes de culture pratiquées. J’ai des chiffres très précis. Par exemple, le cout de la production au kilo ou au gramme qui exclut la gestion, le marketing, la distribution qui vont varier fortement en fonction de l’environnement législatif. Mais ici, je tente juste de faire l’inventaire minimum à fin de comparaison avec la culture extérieure. 

Ce qui est le plus facile à comprendre, c’est l’avantage évident de la répétition des récoltes. 

C’est là où l’humain peut se moquer un peu des dieux du climat. Et il y en a quelques-uns, Poséidon responsable des tremblements de terre, Helios le dieu du soleil, Séléné la déesse de la lune et le fameux Zeus qui s’amuse avec la pluie et la foudre! Il n’est pas inutile de rappeler que c’est un philosophe, Aristote en l’occurrence, à qui on attribue la création de la météorologie. Quand il pleut trop et que tu vas perdre ta récolte, c’est utile d’être philosophe..

L’origine du mot climat, KLIMA en grec ancien, veut dire «région du point de vue de la latitude».

OK. On va maintenant examiner le cout de la culture du cannabis à l’extérieur.

Coût de la culture du cannabis à l’extérieur

La culture extérieure du cannabis doit ressembler aux contraintes financières des fermiers québécois. Beaucoup d’argent au démarrage et peu par la suite. 

J’avoue ne pas connaitre l’ensemble des exigences en termes d’installation minimum pour un microproducteur de culture extérieure. Si tu as déjà un terrain et un climat que tu comprends bien, en caricature, on peut dire que l’essentiel est déjà là. Oui la surveillance du terrain doit couter plus cher que la surveillance d’un bunker. Mais là aussi, la technologie offre de nouveaux moyens pour faire face à ces défis. Je pense, entre autres, aux drones autonomes pour la surveillance et l’agriculture de précision. J’ai déjà couvert le sujet dans l’épisode #4 avec une présentation de la technologie de Telespazio France. Cette solution est valable pour des superficies énormes et est hors de la portée des microproducteurs et même des petits producteurs qui ont une licence standard.

J’ai repéré un producteur canadien de cannabis THC en extérieur. Je me promets de lui demander une entrevue pour discuter du sujet. Sans entrer dans les détails, il est clair que la partie culture coute beaucoup moins cher en extérieur. 

OK. On s’est orienté juste pour partir du même endroit dans la partie cruciale de notre discussion. 

Le meilleur pot pousse à l’intérieur ou à l’extérieur?

Commençons par nous entendre sur le fonds. On va maintenant parler de qualité. Certains facteurs sont intangibles, comme l’odeur. Mais vous et moi, on est de bonne foi, on se connait un peu alors on va se faire confiance et avancer tout en douceur.

Qualité du cannabis cultivé en intérieur et en extérieur

On va commencer par analyser les différences visuelles!

Taille

D’abord la taille. Sur les réseaux sociaux, il est clair que la majorité des consommateurs de cannabis préfèrent les grosses fleurs qui sont associées, plus que les petites, à un produit de qualité. Si on ose faire une comparaison avec les fraises, tout le monde sait que les plus grosses sont rarement les meilleures. Mais ce type de raisonnement ne semble pas s’appliquer au cannabis. Et là, les fleurs de cultures extérieures gagnent le concours haut la main. Les fleurs extérieures comparées à leurs sœurs d’intérieurs ressemblent à des culturistes.

Densité de la fleur

Et la densité des fleurs? 

Avant la légalisation, les fleurs de culture extérieure et leur plant étaient moins bien traités après la récolte. Séchage inégal, manipulation grossière, transport en vrac moins respectueux. Le moment de la récolte était parfois loin d’être idéal, car il était déterminé par beaucoup de facteurs externes à la culture en soi. Je pense évidemment au travail de la police, en avion et en hélicoptère mais aussi aux voleurs qu’il faut savoir déjouer.

À l’inverse, les mariculteurs d’intérieur, les pros comme les amateurs, pouvaient exercer plus de contrôle sur toutes les étapes après la récolte. Il n’y a personne qui te regarde passer du salon au sous-sol alors que sortir des plants d’un champ attire plus de regards et de convoitises. Parce que toutes les étapes après la récolte étaient davantage respectées, historiquement la densité des fleurs extérieures était plus grande.

Ah la taille et la densité…

Il s’agit de deux critères arbitraires qui, dans le fond du fond, ne décident de rien. 

Ce sont précisément des critères facilement manipulables qui ne disent rien de ce qui est important. C’est un peu comme les critères esthétiques pour décrire les humains. Les mannequins sont grands et maigres et leur image ne correspond qu’a une fraction de % de la population générale. 

À certaines époques, l’appréciation de la poitrine change. 

Au cinéma, par exemple, il est de plus en plus courant pour les hommes de devoir montrer leur torse nu. C’est nouveau. La série Reacher de Netflix est l’exemple parfait. Le personnage principal est tellement énorme qu’il n’a pas les deux épaules dans le même code postal. Et chaque épisode montre son torse rasé de plus près que sa face. Ce qui est clair, c’est que l’on voit plus la poitrine du héros que celle de l’héroïne. C’est un changement de paradigme. La taille de la poitrine chez les hommes devient de plus en plus importante sans que cela améliore, dans les faits, la performance de l’acteur en question. Mais c’est devenu un des éléments importants du casting des rôles masculins.

La taille de la poitrine chez les femmes? Même chose. La culture américaine s’est imposée partout avec ses seins en forme de bombe, même au Brésil où c’est historiquement le derrière qui était mis de l’avant. Aux États-Unis, ça bouge un peu depuis l’apparition des Kardashians.

Comme quoi, l’idée de la beauté est une suite de critères interchangeables selon les époques. Pourquoi en serait-il différent dans le cannabis?

En 2022, grâce à la légalisation, on peut penser que la situation n’est plus la même. Parce que la culture extérieure est en train de retrouver ses lettres de noblesse. Et que la notion de terroir va devenir un facteur réel de différenciation dans le marché hyper compétitif de la fleur dont le prix est par ailleurs toujours en chute libre. 

On peut questionner, plus que jamais, la fausse relation entre la taille et la densité des fleurs et la qualité d’un produit. 

Densité des trichomes

Après l’évaluation de la densité de la fleur, on peut discuter de la densité des trichomes. D’après ce dont je peux comprendre de mes discussions informelles, c’est ici que la culture intérieure doit briller en comparaison de la culture extérieure. Ce n’est pas seulement un travail plus précis au niveau de l’éclairage selon moi mais surtout le fait qu’a l’extérieur, la pluie peut parfois tomber avec beaucoup de vélocité, surtout sur une parcelle mal protégée du vent. 

C’est à la fois un travail d’anthropologue doublé d’un agronome qui permettrait d’y voir plus clair. J’avance ici, encore une fois, un peu comme l’idiot du village, car je n’ai pas cette expérience de culture, à l’intérieur ou à l’extérieur. 

Mais je me permets une remarque qui ne peut être contredite. 

Prenons un autre produit extérieur exporté dans le monde entier. Oui, le thé. Et comment récolte-t-on le thé? En effectuant une récolte qui s’étale sur plusieurs mois. Il existe la cueillette dite impériale que ne s’intéresse qu’aux premiers bourgeons et feuilles. Il y a ensuite une cueillette fine et ainsi de suite. Il y a un phénomène de dormance de la plante dans cette méthode et je n’irai pas plus loin de peur de raconter des bêtises. En diffèrent les moments de la récolte, les producteurs créent d’autres plus-values reconnues mondialement par les consommateurs de thé. 

La culture extérieure produit beaucoup abondamment que la culture intérieure. 

Le soleil, c’est le soleil… Mais une cueillette qui irait chercher que les plus belles fleurs permettrait de créer de nouveaux produits. Je pense au Beaujolais nouveau. Et je termine mon exemple en reprenant les propos de Jean-Francois Gaudreault de Cannalys. Quand je vais chercher une tomate dans ma cour pour manger avec ma salade, je n’arrache pas le plant au complet avec les tomates qui n’ont pas encore eu le temps de murir. J’arrache, en fait je détache avec précaution celle que je vais manger et je laisse les autres murir sur le plant. Personnellement, je fais la même chose avec mes salades. Au fur et à mesure de mes besoins, je vais dans la cour chercher juste la quantité de feuilles dont j’ai besoin.

Est-ce une méthode plausible pour un géant du cannabis? Je ne sais pas. Par contre, en extérieur chez un microproducteur, je vois une opportunité commerciale réelle. J’imagine que le premier PA qui va oser vendre un pot de 3,5 dans lequel il n’y a qu’une seule fleur va frapper l’imaginaire des consommateurs.

Quand ton cout de production en extérieur est de moins de 10 sous le gramme, tu as de la marge pour remplir le pot. 

Mon expérience de consommateur ne me permet pas de proposer une réponse définitive sur la production comparée de trichomes produits à l’extérieur et à l’intérieur. Je ne pense pas être le seul québécois dans cette position.

Est-ce que les trichomes d’un cultivar qui a poussé à l’extérieur sont exactement les mêmes que sur un cultivar similaire qui aurait poussé a l’extérieur? Je suis incapable de répondre à cette question. Mais si vous avez un début de réponse, je suis curieux. lucprevost@hotmail.com 

Par contre, j’ai trouvé ceci, une revue scientifique des connaissances actuelles qui tente de synthétiser notre compréhension réelle des trichomes glandulaires du cannabis… Et là je cite texto : 

D’un point de vue scientifique, de multiples questions intéressantes sont associées aux trichomes glandulaires. Ces questions portent principalement sur les différences liées au génotype et aux conditions de culture. La façon dont les changements dans la composition du sol, la lumière, les nutriments, les niveaux d’eau et d’autres facteurs environnementaux affectent la densité des trichomes reste largement inconnue pour le cannabis. Nos connaissances sur la façon dont les profils de métabolites eux-mêmes diffèrent entre les variétés sont limitées et principalement basées sur les rapports des cultivateurs qui sont incomplets au-delà des principaux cannabinoïdes et terpènes, laissant 100 métabolites inconnus. Notre manque de connaissances dans ces domaines du métabolisme et de la composition du cannabis fait qu’il est difficile de formuler directement des hypothèses sur l’origine et la manière dont les différences se produisent, ce qui souligne la nécessité de normes uniformes rigoureuses pour permettre des comparaisons de données impartiales et scientifiquement fondées. Plus nous en saurons sur les trichomes, plus notre connaissance de cette plante sera applicable à ceux qui se trouvent le long de la chaîne de production et de consommation.

Cette recherche a été publiée en septembre 2021 par une équipe montréalaise de l’université McGill… Et oui, au campus Macdonald… On a hâte de voir leurs prochaines études!

Couleurs

Et les couleurs?  

Tout ce qui pousse à l’extérieur aura tendance à devenir plus foncé. Je vais m’en tenir à cette généralité. Je n’ai pas de repères réels pour discuter du sujet et même s’il était largement documenté, la couleur du cannabis ne deviendra jamais un obstacle dans l’appréciation d’une fleur, qu’elle soit cultivée en intérieur ou à l’extérieur. Une fleur terne à 29 % de THC fait taire la plupart des remarques…

Puissance

On arrive maintenant au cœur de cette comparaison pour l’immense majorité des consommateurs. 

Et la puissance? L’effet quoi! Le buzz!

En termes d’effet psychoactif, est-ce que la fleur extérieure est moins puissante que son équivalent qui pousse en bunker? 

La croyance populaire veut que la fleur d’intérieur soit plus puissante. 

Si on exclut tout ce qui est anecdotique, il y a quelques études de disponibles. Je ne dis pas que les témoignages anecdotiques sont ridicules. Je précise qu’ils ne suffisent pas. Aux États-Unis, la ferme Sunna Ra Acres s’amuse depuis des années à faire pousser les mêmes cultivars à l’intérieur et à l’extérieur. Selon les résultats partagés par ce PA américain, les clones cultivés à l’extérieur produisent plus de cannabinoïdes et de terpènes que les mêmes clones à l’intérieur. Il y aurait même des terpènes qui étaient présents uniquement dans les fleurs provenant de l’extérieur. La ferme confirme des résultats similaires pour tous les cultivars différents qu’elle a testés depuis quelques années.

 Une autre étude sur 2700 plants réalisée dans la région de Washington à trouver des taux de THC supérieurs de 1 % pour les plants extérieurs avec aussi, c’est très important, une réponse terpénique supérieure. N’importe quel analyste des ventes de la SQDC vous dira qu’il existe non pas une corrélation mais un lien de causalité entre le % de THC et le prix qui peut être demandé. 

La question de fond qu’on peut se poser en conclusion est la suivante : si jamais la culture intérieure permettait la création de terpènes de façon un peu plus précise, est-ce que le cout environnemental est en vaut la peine? Je ne répondrais pas pour vous…

Meilleures pratiques pour culture extérieure

Il est important de mentionner que l’extérieur n’est pas sans risque…

Ce n’est pas parce qu’un PA produit à l’extérieur qu’il ne doit pas faire attention.

Un exemple?

S’il utilise du fumier, on espère qu’il a testé sa pile de compost pour détecter les métaux lourds qu’il contient. On donne de l’arsenic aux poulets et aux porcs pour lutter contre les parasites. Du cuivre aussi. J’ai trouvé des chiffres qui font peur : «Une comparaison entre les teneurs en métaux des lisiers et les concentrations normales de métaux lourds dans les sols montre que la teneur en cuivre des lisiers de porc est 10 à 40 fois supérieure à celle du sol».

Disons que ces chiffres sont mauvais. Ou imprécis. Je voulais juste attirer notre attention sur le fait que la culture extérieure n’est pas le paradis et qu’il faut attention à chaque geste. Le beau pot bio extérieur contaminé naturellement, ce n’est pas intéressant pour personne. Et sans tomber dans l’agriculture végétalienne qui contourne totalement ce problème, il existe des solutions faciles à mettre en place. Si on part du principe qu’il y a des métaux lourds dans tous les sols, le travail du PA sera de minimiser leur présence dans ses fleurs. 

Fait important à rappeler, toute la culture extérieure n’est pas bio. Loin de là…

OK. On revient à notre question originale.

Le meilleur pot? Intérieur ou extérieur?

Notre première exploration a consisté à se demander ce qui était le mieux pour le consommateur. On n’a pas une réponse définitive mais au final, on a avancé et on sait que l’on doit rester éveiller. Et curieux. Pour la simple joie de l’expérimentation de nouvelles fleurs.

Mais on peut aussi se poser la question suivante : quel est le meilleur pot pour la planète? Pour l’environnement quoi?

Une étude de 2018 réalisée par New Frontier Data démontre que cultiver du pot en bunker consomme 18 fois plus d’énergie. C’est plate mais au Québec, on s’en fout un peu, car la notre d’électricité, elle n’est pas chère. C’est même un argument utilisé par certains PA quand ils sollicitent les investisseurs boursiers.

Une culture de type bunker permet de 5 à 7 récoltes par année.

Au Québec, en extérieur et avec beaucoup de créativité, on peut faire deux récoltes max… Et je ne sais pas si quelqu’un a déjà réussi. Mais je suis sûr que personne n’a encore osé tester le truc des semences roulé en bille avec de l’argile. En franglais on dit pelletiser. Ça vient du mot pellet qui veut dire boulette… En français, on a le verbe bouleter. Alors bouleter ses graines de cannabis est une technique propre à l’agriculture phénologique. La phénologie, c’est juste l’étude de l’influence des climats sur les phénomènes périodiques de la vie végétale et animale. Il y a un lien dans les notes de l’épisode pour un vidéo qui montre comment on peut faire ça à petite échelle avec presque rien.

Si on reste concentré sur notre démarche, il est facile de constater que le stress causé par la production intérieure est réel. L’extraction des matières premières pour le terreau, qu’il vienne du Québec ou du Sri Lanka pour la noix de coco est un stress qui n’existe pas dans la culture extérieure. Les lampes au sodium ou au mercure? Stress. Pollution de l’eau? Pas si c’est bio. Mais le bio n’est pas à la mode dans le cannabis au Canada. Les déchets solides après chaque récolte? Stress… Émissions de gaz à effet de serre? Stress. L’eau contaminée par un des 96 produits toxiques permis par Santé Canada? Stress.

En fait, ni le Canada ni aucun des pays qui s’intéresse à la légalisation ne s’intéresse réellement aux conséquences environnementales causées par l’industrie… On continue de cultiver en bunker exactement comme à l’époque du marché noir original. Est-ce que la machinerie et la culture verticales sont plus sexys qu’un tracteur dans un champ? On dirait que oui. Quand une usine à pot peut s’intégrer dans un parc industriel, tout le monde comprend…

Est-ce que l’industrie a démontré qu’elle était responsable et que le stress de sa production avait diminué depuis le début de la légalisation? Non. Mais elle n’a pas à être plus vertueuse que Bombardier, par exemple, qui fabrique plein de petits véhicules qui polluent l’environnement en plus de rendre le monde fou à cause du bruit…

La légalisation aura tout de même fait disparaitre beaucoup de génératrices diésel du marché noir… 

Qui s’intéresse à l’industrie du cannabis? L’État pour les profits mais pas plus… Tout le cadre mis en place par Santé Canada exclut totalement l’aspect environnemental de la production. Pour une plante qui promet la santé et le bonheur pour tous, il y a comme une erreur de casting.

Les curieuses qui veulent en savoir plus doivent s’intéresser aux travails d’Evan Mills qui patrouille le champ des dépenses énergitiques relié à la production du cannabis. Juste à titre d’exemple, il a chiffré la culture en bunker à 3000 livres de dioxyde de carbone pour chaque livre de cannabis produite. Ce chiffre seul ne nous informe en rien. Il faut le comparer… Combien de CO2 pour produire l’ordi sur lequel vous écoutez toPot? 70 livres. Une livre de viande rouge? 22 livres de CO2. Une livre de poulet? 6 livres de CO2. Bon je suis végan… Ça ne me parle pas le poulet. Ben j’ai trouvé pour les pois chiches. Il faut 0,70 livre de CO2 pour produire une livre de pois chiche. Et je rappelle de nouveau que la livre de cannabis produit 3000 livres de CO2.

Il y a des spécialistes qui remettent en cause les calculs de Mills. Pas de problème. L’idée, c’est de commencer à réfléchir rapidement aux problèmes causés par l’industrie tout en réfléchissant au fait que la production extérieure sera toujours moins stressante pour l’environnement. Une étude qui date de 2012 estimait que la production illégale consommait 1 % de toute l’énergie utilisée aux États-Unis. Une autre étude de 2015 démontre qu’une opération de type bunker de 5000 pieds carrés consommait plus de 40 000 kilowattheures par mois alors qu’une maison moyen dans le même coin utilisait seulement 630 kilowattheures.

Combien de temps avant que l’industrie ne subisse des restrictions imposées par le législateur? En Orégon, dans le coin de Portland, il y a des pannes qui sont causées par une demande trop forte des PA. Je ne connais pas de statistiques au Québec mais j’ai lu que chez certains producteurs autorisés, il peut y avoir jusqu’à 30 changements de température par heure… On appelle ça faire des microajustements.

J’ai trouvé une autre comparaison amusante. L’énergie utilisée pour produire un joint de pot permettrait de produire 18 litres de bière. 

Conclusions

Des fleurs de cannabis produit à l’extérieur, il y en a peu à la SQDC.

Il est donc difficile de faire des comparaisons ici et maintenant qui soient vraiment parlantes.

Par contre, on peut facilement imaginer que l’avènement des bunkers pour la culture du cannabis est une solution récente dans l’histoire de l’humanité… Le gouvernement canadien, pas plus que celui de la province du Québec, ne s’intéresse, pour l’instant, aux conséquences environnementales de l’industrie du cannabis.

Si on se fie à l’histoire récente de l’industrie québécoise, il est clair qu’il n’y a que le consommateur qui soit vraiment alerté aux problèmes de pollutions. La saga du recyclage des pots de plastique, une initiative qui ne venait pas de la SQDC, est limpide de ce point de vue.

Est-il possible de produire en bunker sans nuire à l’environnement? Probablement, mais cela couterait beaucoup plus cher et la différence de prix serait à la charge du consommateur. Et c’est là que le marché noir reviendrait en force. 

Personne ne va investir davantage pour protéger l’environnement si cela se solde par une diminution des ventes à cause de l’augmentation des prix. 

Alors à court terme, que peut faire le consommateur? 

Il peut d’abord constater que les couts de production des PA descendent chaque année. Les meilleurs sont à moins de 1 $ de cout de production par gramme en bunker. Les couts en extérieur descendent aussi. On parle de moins de 10 sous le gramme au Canada. Et certains ont évoqué 3 sous le gramme aux États-Unis sur de très grandes surfaces. Attendez de voir le cout du gramme en Amérique du Sud… LA COLOMBIE fait déjà des miracles! 

Mais c’est une saga pour une autre fois.

À défaut d’avoir une grande sélection de produits de qualité cultivés à l’extérieur, le consommateur peut porter son choix sur les produits cultivés en serre, par exemple. 

De plus en plus de PA se mettent à la serre qui serait l’entredeux parfait… selon les vendeurs de serres. 

Là aussi, il y a une industrie qui, prospère dans la tomate et les concombres, entre autres, une industrie donc qui désire sa part du gâteau. Il y a quelques acteurs québécois très actifs qui convoitent le marché du cannabis avec un appétit non dissimulé. 

Vous vous souvenez des deux questions que je vous ai posées en intro?

1)

Le meilleur pot pousse à l’extérieur où en bunker intérieur? 

2)

Vous avez déjà gouté du pot de terroir? 

Perso, à qualité égale, je préfère du pot extérieur.

L’arrivée d’une once de pot extérieure avec un bon % de THC va être le signal pour le premier 28 g à moins de 100 $. Cette barrière que la SQDC maintient bien en place pour l’instant va sauter dès qu’un producteur avec un certain volume pourra livrer semaine après semaine de fleurs extérieures gorgées de THC. 

La promesse d’un pot qui ne met pas à mal l’environnement va être une pub incroyable pour les producteurs autorisés qui oseront les premiers. Sans même être bio d’ailleurs. Pas obligatoirement en tout cas.

Alors que la catégorie bio progresse toutes les semaines dans l’alimentation, l’industrie du cannabis roule encore avec les schémas du marché noir. Le bio y est vu comme une sorte d’hérésie, pour ne pas dire une niaiserie.

M. Sutton, que nous avons évoqué dans l’introduction de l’épisode, après avoir présenté les dangers de la culture en bunker a finalement décidé de ne pas se lancer dans la culture en plein air. Il a adopté la voie du centre… 

Et c’est quoi cette voie? C’est la serre. 

Une serre n’est pas un bunker ni une parcelle toute bête. 

C’est un engin technologique capable d’utiliser massivement la puissance du soleil. 

S’agit-il du mariage parfait entre les deux cultures classiques?

Je n’ai pas encore de réponse à cette question. 

Mais il me semble que cela ferait un bel épisode pour toPot. 

À suivre!

Et voilà, c’était le 92e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#91 Et si le cannabis pouvait parler?

#91 Et si le cannabis pouvait parler?

Et si le cannabis pouvait parler?

Pour répondre à cette question, toPot s’entretient cette semaine François Olivier Hébert, un biologiste, génomicien et formateur agréé qui fait aussi de la recherche.

  • Qui a découvert le cannabis?
  • Qui l’a redécouvert?
  • Le système endocannabinoïde, c’est juste pour le pot?
  • Pourquoi le cannabis pousse-t-il si facilement partout?
  • Et comment parler de cannabis quand le nom des cultivars relève du marketing? 

La science aime le cannabis.

toPot aime la science…

Bonne écoute.

!!! CORRECTIF !!!

Il n’y avait aucune plantation à la Clinique La Croix Verte. Le mandat de Accès cannabis (SQ), ce sont les plantations illégales.

La Croix Verte avait en sa possession des surplus de ses patients qualifiés qui ont une compagnie, une facture et un test labo.
#113 Sexy, le refus du marché légal?

#113 Sexy, le refus du marché légal?

Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas...

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

#110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

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#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

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#108 Inconduite sous influence du cannabis?

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Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#90 Je fume du cannabis… Ma bouche est en santé?

#90 Je fume du cannabis… Ma bouche est en santé?

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE #90

#90 Je fume du cannabis… Ma bouche est en santé?

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot…  votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous ! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ?

Avant de se lancer dans l’épisode de cette semaine, je tiens d’abord à remercier tous les membres de la communauté qui m’ont écrit à propos de l’épisode #89 dédié aux mangeables, les produits comestibles dans le lingo de la SQDC… Un sujet qui suscite beaucoup de réactions, car il représente parfaitement ce qui se passe dans la tête du législateur. 

Cette semaine on aborde un sujet rarement évoqué dans la foulée du mot cannabis. On va parler de l’effet du cannabis sur la santé buccodentaire. Deux évènements distincts sont apparus sur mon radar et je me suis dit ohoh!

D’abord, deux chroniques du journal La Presse intitulées « Des factures qui font mal ». Les deux textes décrivaient les pratiques utilisées par certains dentistes et là, je cite le texte afin d’éviter à leurs patients la quote-part de la facture dont ils devraient, en principe, s’acquitter. 

C’est le même problème que pour les paradis fiscaux… On accuse le pays voisin qui offre des taux de taxation insignifiants pour justifier des pratiques similaires. Ici, les dentistes blâment leur clientèle de menacer de changer de professionnels s’ils n’offrent pas d’accommodements déraisonnables…  Mais on n’est pas ici pour faire le procès d’une corporation qui force les citoyens à se rendre à la Bibliothèque Nationale pour consulter la grille de tarif suggéré. Je retiens surtout le fait qu’un article qui fait beaucoup de clics clics numériques mérite une suite.

Je disais quoi? Ah oui… le deuxième évènement.

Le deuxième évènement est plus intéressant. J’ai vu passé une conférence organisée par Para Implanto. Para Implanto est une clinique qui offre des services de parodontie et d’implantologie. Para Implanto affirme être la première clinique au Québec à maitriser et utiliser la technologie du Laser Periolase qui constitue, semble-t-il, une alternative aux chirurgies parodontales.

La conférence donnée par Purnima Kumar est intitulé Getting into the weeds: Marijuana and oral health. En français : S’aventurer dans les méandres ou dans les hautes herbes: Marijuana et santé buccodentaire. 

Madame Kumar est une grande spécialiste du domaine qui a publié plusieurs papiers. On va y revenir plus tard. J’ai écrit à Para Implanto pour en savoir plus. J’ai reçu une très belle réponse de Roxanne Langelier, la coordonnatrice aux communications dentaires de la clinique. Madame Kumar serait donc la plus grande experte du sujet. Nous ne connaissons aucun spécialiste traitant du même sujet au Québec à ce jour me confie Mme Langelier dans son courriel. 

La conférence a lieu le 24 février 2022 à 19:00 et les curieuses trouveront un lien pour s’inscrire dans les notes de l’épisode. Le cout est de 25$.

Cet épisode de toPot n’a pas la prétention de remplacer une spécialiste mondiale du sujet. Par contre, il est parfaitement légitime de s’intéresser au sujet en attendant sa conférence à laquelle je me promets d’assister si j’ai le temps.

Alors je vous pose la question qui reprend le titre de l’épisode: 

Est-ce que vous croyez que le fait de fumer du cannabis à un impact sur votre santé buccodentaire? 

Donc, je vous demandais si vous croyez que votre joint, votre pipe ou votre bong peut avoir un impact sur votre santé buccodentaire…

Comment faire pour savoir quand la grande spécialiste mondiale ne sera là que dans un mois?

Moi, je cherche. Vous me connaissez. Et j’avais déjà un p’tit dossier sur le sujet.

Et je commence en vous proposant d’explorer la position de l’Association dentaire canadienne, l’ADC, qui se dit Porte-parole de la profession dentaire au Canada. Et ça tombe bien ça, car elle a déjà réfléchi au problème. L’ADC prend même la peine d’introduire une mise en garde:

Cette déclaration est un travail en cours qui continuera à être examiné et révisé au fur et à mesure que la compréhension et les informations sur la consommation de cannabis et les produits de vapotage à base de nicotine continueront à émerger.

Il est impossible d’être contre ce type de vertu.

Fumer, quelle que soit la substance, est un acte qui comporte des risques documentés depuis longtemps. C’est comme la consommation d’alcool. On sait qu’elle est désastreuse mais il est plus efficace d’accompagner les gens que de les réprimer…

L’ACD propose un dialogue entre clients et professionnels. 

Au final, les professionnels et là je cite texto, les professionnels recommandent des mesures visant à promouvoir l’abandon et à réduire les dommages causés par l’utilisation de ces substances. Le mix tabac, cannabis et vapotage pourrait créer une augmentation des risques.

L’article sur le site de l’asso canadienne aborde d’abord le tabagisme. On ne va pas refaire ce débat. Par contre, et là de nouveau je cite texto:

Le tabagisme entraîne des taux plus élevés de caries dentaires, de lésions de la muqueuse buccale, de maladies parodontales (c’est-à-dire le déchaussement des gencives, les lésions osseuses, la perte de dents, la perte de la mâchoire) et d’autres problèmes de santé buccale. 

Fumer du tabac avec une pipe à eau n’y change rien. En fait, un tel système permet d’aspirer davantage de fumée en réduisant le stress pour la gorge sans rien changer aux autres paramètres.

Et le texte sur le site de l’ADC décrit ensuite les effets de la nicotine qui affecte le système nerveux central ce qui est précisément la définition d’une drogue. La consommation de nicotine nuirait au développement du cerveau chez les jeunes fumeurs… Tiens tiens, on connait ça dans le cannabis… Mais ce n’est pas une raison pour fermer les commerces de cigarettes autour des écoles primaires. Pour le pot, y faut. Pour la cigarette, ce n’est pas pareil…

Puis l’article aborde le cannabis avec de mauvaises informations sur le nombre de cannabinoïdes présents dans le cannabis. Mais ce n’est pas une raison pour bouder le reste du contenu qui nous informe que le  cannabis partage avec le tabac certains produits cancérigènes communs tout en mentionnant au passage que les consommations de cannabis associés à l’utilisation de tabac cause des problèmes particuliers dont celui d’établir des liens de causalité plutôt que de simples corrélations. 

C’est le moment de définir les principaux mots que nous allons utiliser. 

Le mot paradonte veut dire grosso modo à côté des dents. Para DENT. Mon dictionnaire dit qu’il s’agit de l’ensemble des tissus de soutien qui fixent les dents au maxillaire.

Une leucoplasie, c’est simplement une muqueuse qui se couvre d’une couche cornée et de taches blanchâtres.

Une muqueuse? Ça vient du latin MUCUS et cela concerne toutes les membranes lubrifiées qui recouvrent des cavités dans l’organisme humain. Vous pouvez nommer combien de muqueuses différentes? 

Il y a évidemment la muqueuse buccale mais aussi les muqueuses nasale, intestinale, olfactive, pituitaire, urétrale et vaginale. 

Donc maintenant que l’on partage le même vocabulaire je peux vous préciser que carburer au cannabis peut provoquer des complications parodontales ainsi que des leucoplasies sans oublier les cancers buccaux. OUF

J’aime bien que l’article de L’ADC précise que même si la fumée de cannabis ne contient pas de sucre, sa consommation crée un besoin pour des collations cariogènes ce qui expliquerait pourquoi les gens qui ne consomment pas de cannabis auraient moins de caries.

Finalement, l’article introduit le vapotage en précisant d’entrée que ses effets à long terme sur la santé sont inconnus. Décrit comme une porte d’entrée pour le tabagisme, le vapotage semble être aussi dangereux que le tabac quand tout va bien et quand tout va mal, le vapotage peut causer la mort assez rapidement. L’actualité est là pour nous le rappeler.

Alors, est-ce déjà la fin de l’épisode? 

Ben non. On vient juste d’ouvrir la porte. 

Faut comprendre aussi que cette industrie vend depuis de nombreuses années des traitements de blanchiment qui ne sont pas recommander, car et la je cite l’ADC, les effets à long terme n’ont pas été parfaitement établis… 

Où c’est comme ma pharmacienne qui vend une hormone qui s’appelle mélatonine qui n’est pas recommandée par Santé Canada pour les enfants…

Donc, d’un côté de la bouche on dit faites attention au cannabis

Et de l’autre côté de la même bouche, on vend agressivement du blanchiment sans trop comprendre les conséquences… 

Faut-il bémoliser, mettre un bémol, tout ce que dit le site de l’ADC?

Je ne crois pas.

Alors je me suis dit, Envoye Luc, regarde de l’autre côté de la clôture. Va voir ce que disent les sources d’information procannabis. Et vous savez ce que j’ai trouvé? Moi, je pensais tomber sur des textes qui minimiseraient la portée des dangers décrits par l’ADC. Et ben non. Je suis tombé sur une autre vision de l’utilisation du cannabis dans le contexte de la santé de la bouche. 

J’ai trouvé une organisation qui s’appelle The Cannabis Community. 

Sur leur site, j’ai trouvé un texte intitulé Cannabis, Cavities & CBD: Investigating the Role of Medical Cannabis in Dentistry out en français Cannabis, caries et CBD : Enquête sur le rôle du cannabis médical en dentisterie. 

L’article publié en juillet 2019 affirme que la médecine à amplement négliger ce que le cannabis pour apporter au large problème de l’hygiène dentaire. Renversant complètement la nature du questionnement, l’article ose poser la question des soins au CBD pour la prévention de la carie et même pour la prévention des cancers de la bouche…

C’est n’est pas un papier scientifique mais une bonne dizaine d’études sont citées.

La santé dentaire, ce n’est pas que des dents blanches et propres. Il faut inclure les gencives et la muqueuse que j’ai déjà évoquée, mais pas que. Il y a aussi la langue, les lèvres, la gorge, les glandes salivaires, des muscles et finalement les os de la mâchoire. 

La relation entre la santé buccale et le reste du corps est connue depuis longtemps. Les infections buccales peuvent avoir des conséquences précises sur un large groupe de maladies qui incluent le diabète, des problèmes cardiovasculaires et pleins d’autres trucs pas drôles. 

En fait, une carie peut provoquer un écart de couloir chez les sprinteurs du 100m. 

Je vous assure, c’est documenté. C’est grosso modo un phénomène similaire à celui qui fait marcher en rond quelqu’un de perdu dans la forêt. J’ai aussi souvenir de deux champions cyclistes qui ont guéri leurs problèmes de genoux en allant chez le dentiste. J’ai glissé deux articles légers sur le sujet dans les notes de l’épisode. En gros, une inflammation dans la bouche peut causer un problème d’inflammation ailleurs ou de la bonne et simple arthrite. Les cyclistes sur route passent d’ailleurs leur journée à manger des gels et à boire du sucre. Ils sont très à risque sachant qu’en plus, leurs courses, que ce soit le Tour de France ou le Tour des Flandres, empruntent des routes de fermes recouvertes de déjections animales. Ça prend un système immunitaire énorme pour ne pas être malade. 

Si on se recentre sur la bouche, les problèmes les plus courants sont les caries et l’inflammation des gencives et du parodonte. Bonjour la croissance bactérienne, le Ph déséquilibré et l’émail déminéralisé.

Or, ça tombe bien, le CBD à des propriétés qui combattent efficacement les inflammations, les microbes et la douleur. Le CBD, c’est bien. Super. 

Et le THC? Il y aurait aussi des avantages à l’utiliser en dentisterie… car il est déjà catalogué comme un analgésique efficace. Et dans le contexte de la crise des opiacées, toutes les alternatives moins dangereuses sont bienvenues!

Les Québécois qui ont maintenant l’habitude de voir leur gouvernement provincial subventionner des recherches qui ne cherchent que les dangers du cannabis ne seront pas surpris par la conclusion de l’article qui confirme que et la je cite plus ou moins texto que la majorité des recherches sur l’usage du cannabis et la santé buccodentaire tournent autour des effets indésirables ou négatifs potentiels sur la santé buccodentaire au lieu d’utiliser le cannabis ou le chanvre comme médicament pour le traitement. Ces préoccupations sont principalement liées à la toxicité du tabagisme et de l’inhalation de la fumée sur la santé buccodentaire.

OK. On vient de faire le grand écart. D’un côté, les dangers et les précautions proposées par l’ADC et de l’autre les possibilités du cannabis dans le contexte de la santé de la bouche vue par des activistes avisés qui proposent aussi une réflexion étayée de recherches.

D’un côté, l’image d’un fumeur qui s’enfile sa demi-douzaine de joints quotidiens et de l’autre, des soins à base de cannabis appliqués avec précision. Sommes-nous en train de comparer des bananes avec du brocoli? Il y a un peu de cela, je crois. 

Alors je vous propose maintenant de regarder le même thème mais par le prisme de l’économie. Regardons comment un média comme Forbes aborde le sujet. L’auteur de l’article est Andre Bourque. Il commence par décrire la prévalence des maladies buccodentaires. Ainsi les problèmes parodontaux seraient en 11e position parmi les maladies les plus répandues au monde. Après avoir vanté les propriétés antiinflammatoires du CBD, l’article passe en revue les bains  de bouche et de dentifrices faits à la maison par des gens qui ont décidé de s’occuper activement de leur santé buccale. Puis, il décrit la naissance d’un écosystème qui va produire la prochaine génération des produits pour les soins de la bouche.

Dans l’épisode #52 intitulé, La Chine soigne son économie au CBD, je décrivais comment les entreprises chinoises s’étaient lancées dans les masques de beauté avec des formulations sur mesures. Bourque croit que les consommateurs veulent des solutions à des problèmes précis et que tout passe par des formulations sur mesures. Avec l’impression 3D, on est déjà là. 

Par contre, les années de prohibition ont nui à l’innovation et le processus de captation de la propriété intellectuelle est mal rodé, ce qui perturbe une seconde fois l’ingéniosité commerciale et la recherche scientifique.

L’article de Forbes conclut avec la possible utilisation de CBD la veille et le jour d’un rendez-vous avec son dentiste. Pourquoi être tendu quand on peut relaxer la bouche ouverte devant des inconnus tout en bavant sans se retenir? 

On a donc pour l’instant trois perspectives distinctes que je vais caricaturer pour mieux les illustrer.

1)

Le pot est dangereux pour votre bouche

2)

Le pot est merveilleux.

3)

Le pot est une proposition commerciale intéressante pour les industriels.

Maintenant, si je veux trouver des recherches qui prouvent que le pot est dangereux pour la santé de la bouche, c’est facile.

Et hop!

La consommation de cannabis est-elle associée à la parodontite ? Une revue systématique et une métaanalyse. On trouve ça en moins de 3 secondes.

La conclusion est simple: 

Les résultats de l’examen systématique et des métaanalyses démontrent que la consommation de cannabis est associée à une prévalence plus élevée de parodontite. Par contre, il n’y a pas que le cannabis qui favorise les parodontites… Le diabète aussi. 

J’ai trouvé d’autres recherches qui avancent que l’on ne connait pas encore les mécanismes des actions du cannabis sur les gencives. C’est embêtant quand même. Beaucoup de ces recherches posent des jugements négatifs sur la consommation et les consommateurs. Il s’agit évidemment de remarques inutiles prononcées par des gens qui évoluent clairement à l’extérieur de leur champ de compétence. 

Je pense entre autres à un document  produit par l’Association des hygiénistes dentaires de l’Ontario en 2016. Je n’ai pas vérifié, mais je suis sûr que leur matériel de propagande a été mis à jour depuis la légalisation canadienne.

Certaines études plus récentes reposent les mêmes questions mais en démontrant une ouverture d’esprit rafraichissante. Je partage la conclusion d’une étude sur les Mécanismes potentiels sous-tendant la destruction du tissu parodontal associée à la marijuana. Et là j’y vais le plus texto possible:

 L’augmentation présumée de la susceptibilité à la parodontite chez les consommateurs de marijuana présente de multiples facettes, et il est clair que nous ne faisons que commencer à comprendre les interactions toxicologiques, cellulaires et microbiennes complexes en jeu. Avec l’augmentation de la consommation de marijuana dans tous les groupes démographiques de la société, les complications parodontales de la consommation peuvent représenter un problème de santé buccodentaire important et croissant. En préparation, une réponse de recherche renforcée semble appropriée.

J’ai aussi trouvé un document conçu pour les hygiénistes intitulés Facultés affaiblies à la chaise qui les aident à calibrer leurs interventions quand des patients arrivent stone pour leur rendez-vous… Ici, c’est la notion de consentement aux soins qui est singularisée. Mais c’est aussi une saga pour une autre fois.

Il semble donc exister peu de preuves formelles de l’utilisation du cannabis pour les soins de la bouche. Par contre il existe des preuves BÉTON sur ses propriétés analgésiques, antioxydantes, antiinflammatoires, antimicrobiennes, antiprurigineuses et anticancéreuses. Juste de qualités pertinentes pour leur application en dentisterie.

Antiprurigineuse cela veut juste dire qui agit contre le prurit,  les démangeaisons. J’ai trouvé une autre recherche avec un québécois dans l’équipe. Oui Marc Martel qui enseigne à McGill à participer à la recherche intitulée Conséquences de la consommation de cannabis sur la santé buccodentaire : Un examen rapide des données probantes. Le papier conclut à la dangerosité du cannabis. La voici texto:

Fumer du cannabis est nocif pour le parodonte. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre pleinement comment fumer du cannabis affecte les maladies bucco-dentaires et comment les professionnels dentaires devraient intégrer ces connaissances dans les soins cliniques et la santé publique.

On a peu parlé du vapotage. Mais c’est l’occasion de revenir sur la contribution scientifique de Purnima Kumar, la chercheuse qui va donner cette conférence  dans quelques jours.  Mme Kumar se passionne pour et la j’ai pris ce paragraphe sur le site de l’Université de Ohio, Mme Kumar se passionne donc pour profils bactériens oraux associés à la santé et à la maladie parodontales.

Elle publie depuis 2003. Toujours autour du même sujet. 148 papiers en tout. Pas seule. Évidement. Mais 148 travaux publiés, c’est bien, c’est très bien, j’imagine.

Par contre, aucune mention du cannabis dans toutes ses publications. Mais cela ne lui enlève rien de ses compétences de fonds. 

Elle s’est d’ailleurs intéressée au vapotage… On peut penser que le saut vers le cannabis dans le contexte de la santé buccale était une étape naturelle. Voici les conclusions d’une étude à laquelle Mme Kumar a participé. Effets néfastes des cigarettes électroniques sur le microbiome oral des personnes n’ayant jamais été malades c’est le titre… C’est la première étude humaine sur les effets de l’exposition aux e-cigarettes dans la cavité buccale. L’équipe a découvert une surreprésentation des agents pathogènes, des signatures de virulence plus élevées et un signal pro-inflammatoire vif chez les utilisateurs d’e-cigarettes cliniquement sains qui étaient similaires aux patients atteints de parodontite sévère.  

C’est le véhicule  utilisé dans les cartouches de vapotage pour transporter les molécules de cannabis, le propylène glycol qui est mis en cause par plusieurs recherches, dont celle de Kumar. 

Par contre, j’ai trouvé en quelques secondes des sites qui expliquent pourquoi ce produit est sain et comment l’utiliser. Voici le genre de pub qu’on y retrouve:

Non seulement le propylène glycol n’est pas nocif, mais il est en plus ce qui permet de vapoter dans les meilleures conditions. Lorsqu’il est présent dans les médicaments, il est utilisé dans les bronchodilatateurs. Ces médicaments peuvent s’inhaler et servent par exemple à soulager la gêne respiratoire. Retrouver le même principe actif dans les e-Liquides va alors à l’encontre des idées reçues.

Les plus récentes recherches démontrent que ce véhicule  riche en carbone est un catalyseur important de transformation dans les 24 heures suivant l’exposition. C’est tout le discours sur les avantages du vapotage qui est contesté, dont celui de la réduction des risques. Voici la conclusion texto de l’étude: 

En tant qu’holobiontes (on va y revenir à ce mot), il incombe aux humains de protéger et de maintenir les écosystèmes microbiens qui coexistent. Nos données démontrent que les e-cigarettes exercent un effet puissant et néfaste sur l’écosystème sous-gingival, altérant l’immunotolérance de l’hôte. Il est à noter qu’aucun des 123 individus de notre étude ne souffrait de maladie parodontale, et pourtant les signatures fonctionnelles présentaient une ressemblance remarquable avec celles des individus atteints de parodontite, ce qui atteste du risque de nuisance des e-cigarettes sur l’écosystème buccal.

OK, j’avoue que j’ai dû chercher le mot holobionte. 

Du grec holos, ‘’tout’’ et bios, ‘’vie’’, le terme holobionte décrit tout simplement un hôte et tous ses microbes. Donc moi et mes microbres par exemple.

Dans une entrevue pour le magasine Inverse, Mme Kumar dit ceci:

Lorsque les bactéries du microbiome buccal sont exposées à de la vapeur, elles se recouvrent d’une couche gluante, explique Kumar. Cette « couche de bave » rend difficile la fixation des bactéries saines sur la colonie, mais n’empêche pas les caractères pathogènes de s’accrocher. Cela crée un environnement encore plus virulent.

Le mot utilisé en anglais est SLIME. C’est un mot fort…

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ! Merci beaucoup! Bonne semaine. 

OK. Le titre de l’épisode #90 est Je fume du cannabis. Ma bouche est en santé?

Que pouvons comprendre des dangers de la consommation du cannabis par combustion de joints, de pipées ou de bong? Ils existent. C’est ce que je dois comprendre de mes lectures. Est-il possible d’être un consommateur de pot tout en ayant une bonne santé buccale? Je connais des dentistes qui fument du pot. Mais je ne suis pas leur dentiste donc, je ne sais rien de leur propre santé buccodentaire. 

Je lis depuis des millions d’années que le cannabis est mauvais pour la santé physique générale. Les plus récentes recherches, sans encourager a consommé, contredisent ces affirmations populaires qui relèvent soient d’une sérieuse désinformation, soient de biais cognitifs évidents. Des champions olympiques consomment du cannabis. D’autres préfèrent l’alcool. 

Et parlant d’alcool, on peut se questionner deux secondes sur les dangers de l’alcool sur la santé buccodentaire? Ben oui on peut. Le cannabis c’est dangereux. La cigarette de tabac aussi. Mais l’alcool?  J’ai trouvé un site américain qui s’appelle the Oral cancer Fondation. Et voici ce que l’on peut lire sur sa page d’accueil. L’abus d’alcool est le deuxième facteur de risque le plus important pour développer un cancer de la bouche. Et là je vais citer texto:

L’effet de l’alcool sur la bouche peut être la clé pour comprendre comment il agit avec le tabac pour augmenter le risque de développer un cancer. L’effet déshydratant de l’alcool sur les parois cellulaires renforce la capacité des substances cancérigènes du tabac à pénétrer dans les tissus de la bouche. En outre, les carences nutritionnelles associées à une consommation excessive d’alcool peuvent réduire la capacité naturelle de l’organisme à utiliser les antioxydants pour prévenir la formation de cancers.

Une simple exploration de quelques minutes sur des sites de dentistes au Québec laisse clairement entrevoir que l’ennemie numéro 1 de la santé de la  bouche est d’abord l’alcool suivi de la cigarette. Et le combo des deux? C’est le pire.

Alors!

Le cannabis n’est pas une plante magique.

Il faut l’étudier. Plus que jamais.

À cause de la légalisation canadienne qui va accélérer certaines tendances qui sont invisibles pour l’instant. Mais aussi pour recentrer nos attentes. Je le répète. Le cannabis n’est pas une plante magique. Ses atouts sont remarquables. Mais il n’y a pas de magie. 

Plus fondamentalement, et je sais qu’il y a des gens pour qui c’est une hérésie, il est important de réfléchir aux autres modes de consommation. Si j’élimine toutes formes de combustion, les dangers pour la santé de la bouche disparaissent… en fumée. En théorie.

Et comme voie alternative,  je pense évidemment aux nanoémulsions. Mais pas que. On va en rediscuter assurément.

Évidemment, la meilleure réponse à la question Je fume du cannabis, est-ce que ma bouche est en santé? est de consulter votre dentiste. Ce n’est pas parce que le législateur exclut le dentiste des soins gratuits de la santé qu’il faut le bouder. Sans doute un oubli… Ou une vision tronquée de la santé.

Entre les dangers qui ne peuvent être exclus pour l’instant et les propriétés médicales découvertes presque chaque semaine, le cannabis continue de fasciner et de diviser. Croire qu’un jour, tout sera coulé dans le béton des certitudes est une erreur. La vie est une danse. Et une danse n’est qu’une série de perte d’équilibre enchainé plus ou moins harmonieusement. 

On peut se marcher sur les pieds et sourire.

C’est la relation que je nous souhaite tous avec les pros de la santé.

Et voilà, c’était le 90e épisode de toPot.

Déjà!

Faut peut-être que je pense à fêter le centième…

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire: lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre !

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Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#89 Les mangeables? Écrapoutis comme l’industrie?

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L’offre réduite des mangeables à la SQDC, les officieux produits comestibles,  laisse les consommateurs sur leur faim. Le marché et le capitalisme ont horreur du vide. 

Ce que j’observe, c’est une appétence pour ce type de produits. Je n’ai jamais autant de petits oursons ou de chocolat au THC de ma vie. 

Cette semaine, toPot examine la situation et profite de l’actualité pour comparer le dynamisme de ce segment à celui de l’industrie québécoise et canadienne.

Y’a de l’espoir!

Bonne écoute.

Lien pour l’Épisode sur toPot

Bientôt des délices au pot dans les restos ?

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C-45 Quality Association Cautions New Study’s Conclusions May Not be Supported by Limited Data

Programme d’appui à la laïcité

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Photo de eniko kis sur Unsplash

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE #89

La transcription de l’épisode sera publiée dans quelques heures.