134 Pot flânage (2023.01.11)

134 Pot flânage (2023.01.11)

Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec. 

Oui, la compagnie québécoise 9403-2968 Québec Inc. a obtenu le 6 janvier 2023 une licence de microcultivation.  😉

Aucune licence standard dans tout le Canada.

Que des micros. La tendance se poursuit donc.

Cela veut dire quoi ? 

Qu’il y a un ajustement de la vision des entrepreneurs ! Le cout d’acquisition d’une licence standard coute plus cher, c’est vrai. Et les opérations quotidiennes aussi. Mais l’attrait des micros n’est pas qu’une histoire de sous. Les micros qui apparaissent semblent être poussés par le même vent local qui pousse fièrement les microbrasseries. C’est intéressant d’ailleurs de voir que même si les alcools « faibles » comme le vin et la bière perdent des parts de marché, ce sont les microbrasseries qui progressent dans un segment de marché de la drogue qui recule. Ça fait drôle hein quand quand on dit vin, bière et drogue dans la même phrase. 

Voici la fleur de Julien avec sa perle, telle que promise.

Une guttation de Runtz bio.

Study Summary: Chemical Composition of Cannabis Roots

Wikipédia Ulmus davidiana

https://pubchem.ncbi.nlm.nih.gov/compound/Friedelin#section=3D-Conformer

Google opens door, just barely, for advertising of CBD products

Cannabis au Maroc : plus de 100 licences d’exploitation octroyées

T-4-130 – Exigences en matière d’étiquetage des engrais et des suppléments

Analyse obligatoire du cannabis pour les résidus de principes actifs de pesticides

Massachusetts becomes first state to incorporate marijuana education in driver’s ed

Make Way For the Next Cannabis King

For young people, emotions are highly contagious social viruses

Bon flânage!

luc

PS: l’image de l’épisode a été créée par ChatSonic avec la demande suivante:
«Young adults loitering in urban landscape». L’Intelligence artificielle peut tout faire, sauf comprendre le français.

Transcription Intégrale de l'épisode #134

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

J’espère que l’épisode #133 vous a plu. 2023 va être une année importante pour l’industrie canadienne et québécoise du cannabis et je suis heureux d’être ici avec vous. 

Avant de continuer notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine.

Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec. 

Oui, la compagnie québécoise 9403-2968 Québec Inc. a obtenu le 6 janvier 2023 une licence de microcultivation. Aucune licence standard dans tout le Canada. Que des micros. La tendance se poursuit donc. Cela veut dire quoi? Qu’il y a un ajustement de la vision des entrepreneurs! Le cout d’acquisition d’une licence standard coute plus cher, c’est vrai. Et les opérations quotidiennes aussi. Mais l’attrait des micros n’est pas qu’une histoire de sous. Les micros qui apparaissent semblent être poussés par le même vent local qui pousse fièrement les microbrasseries. C’est intéressant d’ailleurs de voir que même si les alcools «faibles» comme le vin et la bière perdent des parts de marché, ce sont les microbrasseries qui progressent dans un segment de marché de la drogue qui recule. 

Ça fait drôle hein quand quand on dit vin, bière et drogue dans la même phrase.

On peut même penser que des microproducteurs autorisés pourraient s’inspirer, voir s’allier avec l’industrie des microbrasseries. Leur mission est similaire et on peut penser que le profil sociodémographique des propriétaires est semblable. En tout cas, il y en a beaucoup qui portent des casquettes. 

Sinon, c’était tranquille au Québec. Je n’ai pas vu de transaction ou de grosse déclaration. 

Faut pas oublier que tout change cette semaine à la SQDC pour les PA québécois. Oui, cette semaine, un vendredi 13 en plus, la SQDC va communiquer ses décisions de commercialisation. Cela devait avoir lieu le 9 décembre 2022, mais la SQDC a unilatéralement décidé de repousser d’un mois son processus. Pas facile quand ton métier consiste à faire pousser des fleurs de voir ton calendrier chamboulé à la dernière minute. Mais c’est le privilège des monopoles d’avoir toujours raison. Je vais sans doute écrire un article sur Bon Stock vendredi avant de pouvoir vous en reparler la semaine prochaine. En tout cas, ce vendredi 13 sera une date historique pour l’industrie. Il y aura forcément plus de malheureux que d’heureux.

Mais on flâne aujourd’hui. Alors je vais m’amuser, puisqu’on flâne, je vais m’amuser donc à faire comme si j’étais au pouvoir. Oui comme dans Si j’étais au pouvoir…, je ferais telle ou telle chose pour développer l’industrie du cannabis. OK. Ça va? Le président français François Hollande a donné une entrevue où il répétait : Moi, président de la République. C’est une anaphore. C’est la répétition d’un mot, d’un groupe de mots au début de phrases successives pour produire un effet de symétrie ou de renforcement. 

Moi, Président du Québec… genre.

 Vous connaissez l’épifriedélanol ou epifriedelanol en anglais. C’est un triterpène. Oui, encore une substance organique présente dans la résine de certains arbres. Comme l’orme de David par exemple.

Wikipédia dit ceci :

Ulmus davidiana, également connu sous le nom d’orme de David, ou orme du Père David, est un petit arbre à feuilles caduques largement répandu en Chine, en Mongolie, en Corée, en Sibérie et au Japon, où on le trouve dans les zones humides le long des cours d’eau à des altitudes de 2000-2300 m (6 500–7 500 ft). L’arbre a été décrit pour la première fois en 1873 dans les collines au nord de Pékin, en Chine.

Depuis une grosse recherche qui date de 2010, on sait que l’épifriedelanol est des inhibiteurs les plus efficaces contre la sénescence cellulaire ou le vieillissement des cellules. Entre autres… Ça vaut 86 $ le gramme pour un acheteur commercial.

Il n’y a pas d’épifriedélanol dans la partie visible d’un plant de cannabis. Mais, mais, mais, il y en a plein de l’épifriedélanol dans ce que jette les producteurs autorisés. Oui, l’épifriedélanol se trouve dans les racines du plant de cannabis. 

Moi, président du Québec… 

Alors si j’étais au pouvoir, je lancerais une recherche scientifique sur la mise en valeur des racines de cannabis. Les Chinois utilisent les racines de cannabis depuis toujours. Je ne vais pas me lancer dans la liste moderne ou ancienne des vertus de l’épifriedélanol. Les deux sont très longues. Mais si j’étais au pouvoir et que je tenais un discours cohérent sur l’économie circulaire, je ferais tout pour valoriser ce que les producteurs jettent et qui vaut plus cher que la plus chère des fleurs disponibles à la SQDC.

Si j’étais au pouvoir, je pourrais aussi aider à la création d’une coopérative qui ramasserait les racines pour faire des études sur l’extraction de toutes les molécules présentes dans les racines de cannabis.

Il s’agit peut-être de très très bonnes mauvaises idées. J’en suis conscient. Mais si j’étais au pouvoir, je rassemblerais 3-4 sachantEs et après une heure, on aurait un projet. Ou pas, si c’est une mauvaise idée. Mais j’ai trouvé une étude qui date de 2021 qui démontre la quantité massive de triterpénoïdes dans les racines des plants de cannabis. Les chercheurs ont réussi à quantifie l’épifriedelinol en fonction du chémovar, de la période de récolte, des conditions de séchage et de l’efficacité de l’extraction à l’éthanol et au CO2 supercritique. Ce n’est pas merveilleux! On transformerait des déchets en or…

C’est quoi la différence entre des terpènes et des triterpènes? J’ai posé la question à un système de recherche doté d’intelligence artificielle. Voici sa réponse texto!

Les terpènes sont des composés volatils responsables de l’arôme et de la saveur de nombreuses plantes et fruits, tandis que les triterpènes sont des composés non volatils qui se trouvent dans les parois cellulaires des plantes et ont diverses activités biologiques.

Une très bonne pour l’industrie du CBD en Amérique du Nord

Google va permettre la publicité pour les produits à base de CBD en Californie, au Colorado et à Porto Rico. C’est tout ce que je sais pour l’instant, mais c’est l’équivalent d’un mouvement de plaques tectoniques.

Vous avez vu la nouvelle, je suis sur… Canopy Growth se retire du marché canadien de la vente au détail de cannabis. On ne va pas faire un chapitre sur ce sujet. C’était écrit dans les astres comme dans désastres… M. David Klein, le PDG, affirme que ce geste permettra à Canopy de se concentrer sur l’atteinte de la rentabilité grâce à des opérations rationalisées au Canada.

Qu’est-ce qu’on dit? 

Merdoum pour la suite.

Ça ne va pas mieux pour Tilray. On parle d’une perte de 61,6 millions US pour le dernier trimestre alors que l’an passé, pour la même période, la société dégageait un profit net de 5,8 millions US.

Dans un registre complètement différent, je voudrais vous parler rapidement d’une photo que j’ai reçue cette semaine de Julien Raymond. Julien est le proprio et le maitre cultivateur de Juste Feu, un microproducteur établi dans la région de Lachute. Cela m’a pris une seconde pour comprendre ce que je voyais. Et soudainement, je me suis rappelé d’un mot que j’avais oublié. Guttation. Oui, la guttation, c’est un phénomène d’excrétion d’eau par les plantes. La photo d’une fleur de son cultivar à succès Runtz parle d’elle-même. Il y a littéralement une grosse goutte foncée sur une de ses fleurs en période de séchage. Les curieuses vont trouver une photo dans les notes de l’épisode. Je vais aussi la mettre sur le groupe Facebook de Bon Stock. 

La sève contient des aliments et des déchets. Ce que je ne savais jusqu’à ce matin, c’est qu’il y a deux types de sève. La sève du xylème s’occupe de tout ce qui transite du sol vers les feuilles. L’autre sève, dite du phloème, transporte les nutriments des feuilles vers les autres parties de la plante. Le sirop d’érable est une sève xylème. La définition de xylème est tissu végétal constituant le bois qui conduit la sève brute.

Et si on faisait un détour par le Maroc! Ça bouge très très vite là-bas. Le Roi s’arrange pour prendre de vitesse tout le continent africain et une partie de l’Europe. Le royaume aurait déjà accordé une petite centaine de licences de production. Selon le journal ObservAlgérie et là je cite texto :

 Ces licences ont été octroyées au bénéfice des agriculteurs exerçant dans des régions spécifiques. En effet, ces agriculteurs sont issus de l’une des trois régions codifiées à savoir Chefchaouen, Taounate et Al Hoceima. Il faut aussi souligner que la deuxième activité concerne la production et l’exploitation de plants, l’importation de semences et plants, ou l’exportation de ces derniers, et il s’agit d’activités menées par des personnes et non par des entreprises. Le reste des activités est réalisé par des entreprises, soit celles liées à la transformation, au transport, à la commercialisation et à l’exportation de cannabis et à l’importation de produits à base de cannabis.

On est très très loin de la bulle financière créée au Canada. Et c’est tant mieux pour les Marocains.

Le radar des consommateurs se rafine depuis les débuts de la légalisation… Certains d’entre eux commencent à se plaindre de l’utilisation des PGR ou régulateurs de croissance des plantes, les plant growth regulators en anglais. Pour augmenter leur production, les PA se servent de ces produits qui sont en fait des hormones synthétiques. Certains de ces produits sont permis par Santé Canada. Le consommateur à deux choix en l’absence de mentions de ces produits sur les étiquettes des produits légaux qu’il achète. Soit tu achètes du bio, soit tu apprends à reconnaitre les fleurs qui ont été traitées avec ce genre de produits. Pour les curieuses, il y a un lien pour 2 articles sur le sujet. Perso, je n’ai pas été convaincu par la description de ces signaux… Le plus fou, c’est que les régulateurs de croissances sont efficaces pour obtenir des cocottes qui sont jolies, mais ils réduisent aussi généralement le % de THC. Et ils donneraient aussi une saveur artificielle aux fleurs… D’un côté, un bag appeal à la hausse et de l’autre un cultivar qui n’a pas accompli tout son destin…

Vous avez fait ce genre de constat avec des produits légaux que vous avez achetés à la SQDC? Vous travaillez dans l’industrie et votre entreprise utilise des régulateurs de croissance permis par Santé Canada? Je suis curieux d’en savoir plus. lucprevost@hotmail.com

Le lien pour tous les produits permis par Santé Canada est dans les notes de l’épisode. Il y en a 96 en tout.

Il est important, par contre, de comprendre que leur utilisation n’est pas forcément illégale. Voici ce que dit le site de Santé Canada :

Les régulateurs de croissance des plantes constituent un sous-ensemble des suppléments qui déclenchent des réactions de croissance spécifiques chez les végétaux (par exemple, une augmentation de la croissance des racines, le développement des pousses, le déclenchement de la floraison, etc.). Les régulateurs de croissance des plantes sont réglementés soit par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), soit par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada, selon le mode d’action, le profil d’utilisation et les allégations de rendement.

Fin de la citation.

Le sujet des régulateurs de croissance est captivant. On va y revenir quand j’aurai trouvé un spécialiste pour en discuter avec moi. Vous connaissez un spécialiste… Vous savez où me rejoindre… lucprevost@hotmail.com

Y a pas que des mauvaises nouvelles dans le cannabis. J’en ai vu une bonne nouvelle cette semaine qui provenait du Massachusetts. Il est fort probable que le SEC n’est pas encore enseigné dans les facultés de médecine là-bas, mais si tu suis un cours de conduite dans cet état américain, tu vas devoir étudier un module sur les déficiences cognitives et physiques causées par la consommation du cannabis.

Le nouveau module, intitulé «Shifting Gears: the Blunt Truth about Marijuana and Driving» est une réalisation de l’American Automobile Association. Le programme devrait commencer ce mois-ci, en janvier donc et serait le premier du genre aux États-Unis.

Cela veut dire que 50 000 conducteurs débutants recevraient la formation par an…

La fondation de l’AAA croit que les États américains, à cause de la légalisation du cannabis, seront confrontés à des problèmes provenant de la conduite sous influence du cannabis. 

On va bientôt en reparler, ici ou sur Bon Stock, car j’ai trouvé un document incroyable que je suis en train d’étudier avant de le partager avec vous.

J’ai beaucoup parlé récemment des tonnes de cannabis qui ont été détruits. On vient d’avoir les chiffres pour 2021 et ceux de 2022 et 2023 ne seront pas meilleurs. Si tu produis plus que tu peux vendre, tu fais quoi avec ton surplus?

L’extraction semble être la réponse habituelle et naturellement, il y a de plus en plus d’offres sur le marché, ce qui devrait faire baisser le cout de l’extraction… Oui, c’est un sujet en soi l’extraction au Québec et au Canada. Mais c’est une saga pour une autre fois. On peut par contre dire sans se tromper qu’il y a beaucoup d’avancées technologiques dans ce secteur, des avancées qui seront des facteurs de différenciation dans un marché qui est peut-être déjà surdimensionné par rapport aux besoins réels de l’industrie du cannabis. La Rosin fait à partir de fleurs congelées qui semble être un produit qui va éclater en 2023. Le produit final est génial et peut être consommer de multiples manières dont le vapotage qui plait tant aux consommateurs légaux les plus jeunes. Sa conservation est aussi beaucoup plus simple et sa durée de vie plus longue et plus simple à gérer.

Est-ce que l’on va voir une nouvelle génération de créateurs de produits qui vont simplement agencer les ingrédients actifs pour générer des produits inédits et faciles à consommer? 

La production à façon devrait aussi décoller. Je vous donne un exemple. J’achète depuis quelques années un produit fait à base de margousier. Je mets ça sur le chamois de mes cuissards de vélo. Cela permet de ne pas s’user certaines bouts de peau qui sont assez tendres. La compagnie qui fabrique ça s’appelle Ferlow Botanical. Et bien, je pourrais demain matin demander à Ferlow de me créer un produit de cannabis fait avec des fleurs de mon choix. La compagnie me soumettrait 4 -5 versions initiales et après quelques tests, elle pourrait me fournir des produits que je pourrais vendre partout au Canada. Ce genre de service existe peut-être également au Québec, mais je n’ai pas encore fait la recherche. Vous connaissez une boite québécoise qui offre ce service de fabrication à façon? Faites-moi signe… 

Le premier produit qui me vient à l’esprit serait la création d’un baume cannabis pour aider la cicatrisation des tatouages… Cela pourrait être même une sorte de cheval de Troie pour lancer toute une gamme de produits «styles de vie»! Comment me demandez-vous?

Par contagion qui n’est pas unique à la propagation des maladies…

Nos émotions, la science le prouve régulièrement, nos émotions sont socialement transmissibles. La contagion émotionnelle va être la bonne façon de faire du marketing pour le cannabis. Bienvenue en 2023!

Parlant de contagion et par extension d’absence au travail, la recherche de personnel qualifié s’avère un gros défi pour l’industrie canadienne du cannabis. La grande majorité des salaires ne rendra personne riche et on peut même penser que beaucoup de petites mains de l’industrie vivent sous le seuil de la pauvreté et donc dans la misère. Cela n’est pas propre à l’industrie du cannabis évidemment. Je lisais cette que l’industrie française du luxe fait également face à un problème similaire. 

Le joailler Van Cleef & Arpels, par exemple, fabrique tout en France. Et le grand patron de cette entreprise est très focalisé sur la transmission des savoir-faire essentiels pour la pérennité de l’entreprise. L’industrie du luxe en France a perdu de son lustre, car les petites mains se détournent de ce secteur d’activité très exigeant, mais connu pour être peu payant. Historiquement, l’appel du prestige suffisait. Plus maintenant. Exactement comme dans l’industrie du cannabis où le facteur de nouveauté a dépassé sa date de péremption. Et oui, le cannabis légal ne fait plus rêver. Plus de la même façon en tout cas. Heureusement, l’industrie peut recruter à l’étranger et là, ce qui fait rêver, c’est le salaire qui parait dérisoire aux Québécois… C’est comme pour les racines… Ici on les jette. Ailleurs, on les transforme en profit. En France, les marques de luxes se livrent à des efforts non concertés. À vue de nez, c’est dû chacun pour soi. Au Canada, les principaux acteurs de l’industrie du cannabis n’ont pas cette marge de manœuvre. Verrons-nous un effort commun pour nous assurer d’une relève compétente? Peut-être. Ce que l’on sait pour sûr, c’est que ceux qui savent, les ex du marché noir, eux ne sont pas bienvenus dans l’industrie canadienne. Tant pis pour l’industrie… 

Et si on flânait un peu côté chirurgie? Une grosse recherche est sortie il y a quelques semaines. Je vous lis les prémisses de cette recherche en commençant par le contexte.

Les deux dernières décennies ont vu une augmentation de la consommation de cannabis en raison à la fois de changements réglementaires et d’un intérêt pour les effets thérapeutiques potentiels de la substance, mais de nombreux aspects de la substance et de leurs implications pour la santé restent controversés ou peu clairs. 

Alors en novembre 2020, l’American Society of Regional Anesthesia and Pain Medicine a élaboré des directives pour l’utilisation périopératoire du cannabis. 

La définition de périopératoire?

Qui a trait à toute la période qui entoure une intervention chirurgicale. Par exemple, l’expression soins périopératoires désigne les soins à donner à un patient avant, pendant et après une intervention chirurgicale.  

Alors pour les besoins de l’étude, on a conçu neuf questions. Comme :

Tous les patients qui subissent une intervention chirurgicale ou une procédure nécessitant une anesthésie devraient-ils subir un dépistage des cannabinoïdes avant l’intervention et, dans l’affirmative, quelles informations devraient être obtenues?

Les sujets abordés comprenaient le dépistage périopératoire, le report d’une chirurgie élective, l’utilisation concomitante d’opioïdes et de cannabis en périopératoire…

Les premiers résultats de la recherche?

Les patients chirurgicaux qui utilisent des cannabinoïdes présentent un risque potentiellement accru de résultats périopératoires négatifs. 

Conclusions?

Les médecins doivent-ils dépister le cannabis chez les patients qui subissent une anesthésie? Selon l’Americans Society of Regional Anesthesia (ASRA), les patients qui subissent une anesthésie devraient faire l’objet d’un dépistage pour le cannabis. Pourquoi? Entre autres, parce que selon une recherche produite par le Cleveland Clinic, les non-consommateurs de cannabis souffrent moins que les consommateurs de cannabis le lendemain d’une opération.

Évidemment, les militants procannabis se demande comment on peut réduire les libertés civiles des patients et troubler leur vie privée sur la foi d’une seule étude. C’est le même type de raisonnement auquel se livre le législateur québécois en rendant le cannabis légal pour les plus de 21 ans.

Je ne dis pas que le raisonnement de l’ASRA est faux.

Je dis qu’il y a plus de 42 000 études sur le cannabis, mais le gouvernement français dit qu’il manque encore de recherche. OK.

Dans le cas dont je vous parle, il y a une seule recherche. Et cela est suffisant, semble-t-il, pour tirer des conclusions qui vont impacter des milliers de gens en attente de chirurgie… On dirait que les exigences de la science se modulent en fonction de critères corporatifs ou financiers. Est-ce vraiment raisonnable?

Je disais dans la revue de l’année 2022 la semaine passée que de bas prix, voilà ce que désirent les consommateurs. Cela nous emmène en Colombie où les choses bougent aussi vite qu’au Maroc on dirait.

Prenons l’entreprise Flora (NASDAQ : FLGC). Il s’agirait du plus grand cultivateur commercial de cannabis en Colombie.

On parle de cannabis extérieur qui pousse dans des conditions idéales. Il s’agit donc de culture économique et potentiellement naturelle, c’est-à-dire sans intrant agrotoxique ou même des produits qui pourraient être qualifiés de biologiques. Flora a commencé en septembre 2022 à livrer des isolats de CBD aux États-Unis et des fleurs en Suisse et en République tchèque. Donc l’Amérique du Sud sait aussi naviguer dans les labyrinthes de la réglementation internationale. Flora a depuis vendu et livré des fleurs de cannabis aux États-Unis et en Europe. Juste pour se donner une idée des volumes produits, Flora avait initialement plafonné ses exportations à 43 000 k, mais la forte demande l’a forcé à relever ses objectifs initiaux. L’entreprise a même finalisé l’achat la semaine passée de Franchise Global Health pour ouvrir les vannes en Europe. Franchise Global Health est une société de cannabis médical entièrement intégrée et axée sur l’Europe, avec des expertises en génétique et en culture. Cet achat lui permet aussi d’attendre activement la légalisation du cannabis nonmédical en Europe.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

J’ai une dernière nouvelle à partager. Je suis attentivement toutes les publications d’un média qui s’appelle The Cannigma. Je vous ai souvent parlé d’eux et du fait que chaque article publié est vérifié par un scientifique. Il y a pharmacien dans l’équipe qui s’appelle Cody Peterson. Et bien ce matin, il a lancé un appel à l’aide, car l’argent provenant de la première levée de fond pour lancer le projet est épuisé. Malgré plus de 5 millions de visites sur son site, The Cannigma va devoir cesser ses activités si de l’argent frais ne rentre pas rapidement. Le cannabis n’est pas facile pour les producteurs autorisés, c’est un fait. Mais toutes les industries en périphérie n’ont pas la vie plus facile. Ce projet était remarquable, mais cela ne semble pas suffire…

Bon j’ai le temps d’encore vous faire rire ou pleurer… 

VOus savez c’est qui du snus? C’est de la Poudre de tabac mélangée avec de l’eau et des arômes, qui se consomme en la plaçant entre la gencive et la lèvre supérieure selon mon dictionnaire. Et bien il semblerait que beaucoup d’enfants en Islande se retrouvent aux urgences parce qu’ils ont piqué le snus de leurs parents. Presque un tiers des 18 – 34 ans consomment ce type de produits. Les intoxications à la nicotine ne sont pas un phénomène nouveau, mais le format des snus rend la consommation plus intéressante, car on parle d’aromes choisis avec soin. Ça ne sent pas le fond de cendrier ces machins-là.

Alors si vous avez des enfants en bas âge, vous pouvez laisser vos cigarettes sur la table de cuisine, mais pas vous snus. Votre enfant ou votre chat vous remerciera un jour!

Et voilà, c’était le 134e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

136 Pot flânage (2023.01.25)

136 Pot flânage (2023.01.25)

Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

135 Pot flânage (2023.01.18)

135 Pot flânage (2023.01.18)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

134 Pot flânage (2023.01.11)

134 Pot flânage (2023.01.11)

Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

133 Pot flânage (2023.01.04)

133 Pot flânage (2023.01.04)

L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

132 Pot flânage (2022.12.21)

132 Pot flânage (2022.12.21)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

128 Pot flânage (2022.11.23)

128 Pot flânage (2022.11.23)

Cette semaine, on flâne encore une fois dans l’actualité du cannabis et on s’amuse!

  • Les nouvelles licences de cannabis au Québec
  • Réduction des effets du THC par le CBD… La science parle
  • Bonsaïs de cannabis
  • Le cannabis au Vietnam, une découverte
  • La pyrogazéification du chanvre en France
  • Compression du prix des fleurs au Canada et aux États-Unis
  • Documentaire du magazine Forbes sur l’industrie américaine 
  • New York incapable de vendre du cannabis légal
  • Première Conférence africaine sur les risques en santé à Marrakech
  • Santé Canada tente de faire disparaitre le cannabis médical
  • Quand les scientifiques canadiens font des niaiseries
  • Des vaches stones pour la science

Bonne écoute!

Liens pour l’épisode #128

Transcription Intégrale de l'épisode #128

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Beaucoup de bon stock cette semaine sur toPot. Mais avant de se lancer, je tiens à dire bonjour à quelques-unes des personnes avec qui j’ai échangé cette semaine. Stéphane Plante, Benjamin Vachon, Hank Vargas, Dragan Radulovic, Jean-François Lévesque, Daniel Blackburn, Jean-François Gaudrault, David Sinte, Sandrime Grimm, Michael Baril, Mathieu Bochamp, le duo dynamique dit la paire, j’ai nommé Kim Bercet et Marine Zanini, Julien Raymond, Roxanne Casavant, Ghyslain Coutu, Valérie Vedere, Katherine Murray, Karine Desjardins, Dominic Laflamme, Loukas Labelle, Micheal Reeves et Jonathan Messier… C’est n’est pas la totale, mais c’est un début de reconnaissance. Merci à tout le monde de partager vos infos et vos intuitions. 

À partir de cette semaine, on a une nouvelle capsule sur toPot. Oui, j’ai décidé de vous présenter les compagnies québécoises qui viennent d’obtenir leur licence de Santé Canada. Beaucoup de postulants utilisent des compagnies à numéro. C’est moins drôle… 

On leur souhaite un bon début! 

Si vous désirez parler des progrès de votre entreprise après l’obtention de votre licence, les portes de toPot et Bon Stock sont grandes ouvertes. 

C’est intéressant de constater que beaucoup d’entreprises ne partagent aucune information pour les rejoindre. Pas de téléphone, pas de courriel, pas d’instragram. RIEN. Je pourrais nommer les gens qui sont derrière ces entreprises grâce au registraire des entreprises du Québec et l’adresse de l’entreprise. Mais je n’en vois pas l’intérêt. Pas dans le contexte actuel au Québec ou les entrepreneurs doivent cacher leurs intentions pour ne pas avoir de problème bancaire par exemple. 

Qu’est-ce que fait votre entreprise, dit le banquier? 

Le producteur autorisé répond : «Recherche et travaux agricoles divers».

Un classique du genre.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Vous avez déjà entendu que consommer une fleur qui contient beaucoup de CBD diminuerait l’effet du THC… Un peu comme les gens qui prennent de la coke pour dessouler… Et bien il y a une équipe de chercheurs qui s’est intéressée à la question. Ils ont utilisé quatre dosages différents de CBD et de THC.

Le cannabis vaporisé contenait 10 mg de THC et soit 0, 10, 20 ou 30 mg de CBD.

46 volontaires consommateurs occasionnels de cannabis, sains et âgés de 21 à 50 ans ont participé à l’étude. Pour connaitre l’effet de la dose, les sujets participants ont été évalués avec le test Hopkins Verbal Learning Task.

Le test est simple. Il demande aux participants de mémoriser une liste de mots. On teste ensuite pour un rappel immédiat et 20 minutes plus tard pour un rappel différé. Les participants ont également été soumis à l’Échelle des symptômes positifs et négatifs (ESPN) (PANSS). En anglais : Positive And Negative Syndrome Scale (PANSS). C’est une échelle qui permettrait de mesurer la sévérité des symptômes chez les patients atteints de schizophrénie. 

Et alors? Je rappelle que la quantité de THC restait la même dans tous les cas. 

  • Ses effets furent similaires, quel que soit le ratio THC/CBD.
  • La moitié des participants ont vu leur score PANSS-P augmenter de trois points, quel que soit le ratio et sans différence significative entre les ratios. 
  • Les pensées psychotiques? Elles ont augmenté sans différence, quel que soit le ratio.
  • L’euphorie? Le buzz? Pareil quel que soit le ratio CBD : THC. 
  • Le cœur battait plus fort chez tous les participants, mais sans augmentation de la pression sanguine ou de la température corporelle.

Alors quel est l’enseignement principal?

Là, j’y vais plus ou moins texto.

Aux ratios CBD : THC les plus courants dans les produits de cannabis médicinal et récréatif, nous n’avons trouvé aucune preuve que le CBD protège contre les effets indésirables aigus du cannabis. Ce point doit être pris en compte dans les décisions de politique de santé et de sécurité concernant le cannabis médicinal et récréatif.

J’adore ce genre de recherche qui nous force à recalibrer nos croyances… 

Hey Merci MJ!

J’ai fait une autre belle exploration cette semaine.

J’ai découvert formellement cette semaine les bonsaïs de cannabis… D’ailleurs, comment concilier la petite taille d’un plant avec le désir d’avoir la meilleure récolte possible? On peut même penser que la variété Ruderalis qui est plus rustique et plus petite s’y prêterait très bien. Quand on y pense bien, le bonzaï de cannabis, ça ressemble aux mandalas de sable coloré que réalisent les moines tibétains. Tu fais un truc merveilleux et tu le détruis à sa plénitude, preuve de la temporalité des objets terrestres… L’article que j’ai trouvé explique tout. Une fois la récolte terminée, la plante peut survivre assez longtemps en mode végétatif en l’éclairant adéquatement. Trois cultivars sont recommandés. 

Évidemment, comme d’habitude, le lien est disponible dans les notes de l’épisode. 

Alors cette semaine, j’ai découvert la culture traditionnelle du chanvre au Vietnam. Comme au Maroc, sa culture se fait dans les montagnes et principalement le long de la frontière chinoise. Historiquement, comme dans beaucoup de régions du monde, on fait des cordages, mais aussi des vêtements. Il existe des témoignages écrits qui datent du 6e siècle. Et le Vietnam a même une légende qui raconte l’histoire d’une princesse et d’un fermier dans une région où le chanvre abondait. Elle finira par le marier… parce qu’il était nu quand elle l’a croisée la première fois… Ce que les preuves écrites racontent et c’est important dans le contexte actuel, les producteurs de chanvre étaient davantage taxés que les cultivateurs de riz par exemple. On sait aussi que dès le 16e siècle, le Vietnam exportait du chanvre en Europe et en Asie. Comme aujourd’hui, les cultivars étaient choisis en fonction de leur utilisation finale. Des cultivars pour les cordes et autres productions plus rustiques et d’autres cultivars uniquement pour le chanvre qui sera transformé en textile. Après l’arrivée de la France au Vietnam, tout change et le chanvre textile restera populaire uniquement pour la confection de certains vêtements traditionnels. Aujourd’hui, le chanvre a presque disparu au Vietnam. Sera-t-il de retour bientôt? Est-ce que le cannabis médical et non médical y trouvera sa place? Impossible pour moi d’affirmer quoi que ce soit. Si vous connaissez le Vietnam et la place que le cannabis y occupe, faites-moi signe. Vous êtes bienvenue sur toPot et Bon Stock.

Après le Vietnam, naturellement on se retrouve en France où l’entreprise Qairos Energies veut créer une usine de fabrication d’hydrogène à partir de chanvre. Sont incroyables ces Français. En dépit de tous les freins, ils osent se lancer dans des projets insensés. Pourquoi je dis insensé? Parce que pour réussir, il faudra approvisionner le réacteur avec la récolte de 1500 hectares de chanvre. Les tiges de chanvre devront être conditionnées avant de passer dans un réacteur pour compléter le processus de pyrogazéification. On parle d’une production d’hydrogène pur, de CO2 liquide et de méthane qui au final représente 40 GWh, une production suffisante pour subvenir à la consommation de 6000 logements… Le projet va nécessiter des investissements de 25 M€, avec la création de 45 emplois. Pour bien faire, une députée du coin soutient la création d’une filière chanvre pour approvisionner l’usine.

J’adore l’idée que l’on va récupérer une partie de la fibre pour la revendre à l’industrie textile et aux producteurs de produits pour la construction. On pense ici aux briques de chanvre, aux isolants, etc.

«L’enjeu de la souveraineté énergétique est plus que jamais d’actualité avec la guerre en Ukraine, rappelle Jean Foyer, un des promoteur. Avec ce projet, on est dans du gaz produit localement avec des matières premières locales et une utilisation locale. C’est de l’économie circulaire!»

Pourrions-nous faire un jour un tel projet au Québec? Va falloir importer des Français si on veut faire ça rapidement. Leur importance est d’ailleurs grandissante dans l’écosystème québécois du cannabis. Et je ne pense pas à Jacques Farcy, le PDG de la SQDC.

Le prix des fleurs, ça vous intéresse? 

J’ai trouvé un rapport qui s’appelle Fleur de cannabis : examen de la compression des prix aux États-Unis et au Canada.

Le rapport est produit par le vendeur d’intelligence commercial Headset Insights. La Californie, le Colorado le Michigan et l’Ontario ont été pris en compte. Faut tout de même retenir que c’est au Québec que les prix sont les plus bas au Canada. En gros voici les conclusions qui ne surprendront personne :

  • Tout baisse. Le prix moyen et le prix moyen équivalent (EQ) de la fleur sont à la baisse depuis deux ans sur les marchés observés. Le prix moyen équivalent est le prix par gramme.
  • La compression des prix s’accélère aux États-Unis, mais ralentit en Ontario. 
  • Le pourcentage de marge en Ontario baisse inéluctablement. 
  • Un des principaux effets de cette compression des prix est que l’achat moyen, le panier comme on dit dans le jargon marketing et bien le panier moyen diminue puisque les clients achètent les mêmes produits pour les moins chers.

Ce rapport va plaire aux consommateurs et faire peur aux producteurs autorisés. 

Parce qu’on flâne, j’ai le gout de vous parler d’un beau documentaire que j’ai regardé hier soir.

Un très beau reportage vidéo produit par la revue de commerce Forbes. 

Le documentaire donne la parole à des acteurs du marché légal qui expliquent tous comment la légalisation américaine a été botchée en bon québécois. Un vrai travail de cochon ou de cabochon si vous préférez. C’est exactement la même chose qui se passe au Canada où les petits et moyens producteurs ont un accès limité aux services bancaires. Beaucoup ne pourront financer leur besoin de croissance avec de prix partout à la baisse. Ce qui revient le plus souvent est que le travail de producteur autorisé est un travail de maraichage de proximité. Les géants du cannabis ont toujours des problèmes, 4 ans après la légalisation canadienne à réaliser une mise à l’échelle de leur production qui soit rentable avec des produits de qualités similaires à ceux des producteurs artisanaux. Il y a un lien dans les notes de l’épisode pour les curieuses qui aimeraient voir des témoignages très touchants.

On pense souvent à nos voisins américains comme les plus habiles pour faire de l’argent. La légalisation montre bien les limites de capitalisme à l’américaine. Les Canadiens ne font guère mieux quand on pense aux épargnants qui ont perdu plus de 130 milliards en investissant dans l’industrie du cannabis. Mais les Américains, même quand ça va mal, et bien, ils continuent de battre des records.

Prenons l’état de New York. L’État a distribué 200 licences de culture à des fermiers l’an passé. Et là tenez vous bien, les producteurs autorisés ont fait ce qu’ils savent faire. Ils ont fait pousser collectivement près de 300 000 livres de pot. Et qu’ont-ils fait avec toutes ces fleurs? Rien. 300 000 livres de pot dorment parce qu’aucun point de vente légal n’a été ouvert… En donnant une valeur moyenne de 2500 $ la livre, on parle d’un manque à gagner ou à vendre de 750 millions de dollars. Même en ajustant le prix de la livre à 700 $, ce qui est plus réaliste, on peut parler d’un vrai gâchis industriel. 

La tentation d’écouler le stock sur les marchés illicites est tentante et pourrait forcer d’anciens acteurs du marché noir à y retourner pour survivre. On les a attirés avec des promesses d’un avenir meilleur et légal. L’État les laisse tomber sans se soucier de leur survie. C’est d’une tristesse abyssale. Et les magasins illégaux sont partout sans que la police intervienne. 

Et tout ça arrive au moment où un rapport de Leafly nous informe que le cannabis est la 6e culture la plus rentable aux États-Unis. Le marché du cannabis est estimé à 5 milliards de dollars. On parle de 2834 tonnes récoltées soit une hausse de 554 tonnes par rapport à l’année précédente alors que la demande réelle potentielle serait de 12 à 15 millions de tonnes métriques.

Certains États produisent trop de cannabis. On pense à l’Oregon, au Colorado et à la Californie. D’autres régions comme le Midwest ont sous-produit. Il faut comprendre que les producteurs ne peuvent pas vendre d’un État à un autre. Donc le cannabis a le vent dans les voiles, mais le bateau n’avance pas. En fait, il recule. Et cela se passe au pays emblématique du capitalisme qui est incapable d’organiser le commerce de fleurs… 

Au même moment, l’Afrique se réveille et veut se lancer aussi dans le cannabis. La semaine passée avait lieu la Première Conférence africaine sur les risques en santé à Marrakech. On y a discuté des opportunités économiques d’une filière du cannabis médical. Le thème de la table ronde organisée était «Comment réussir le lancement de la filière du cannabis médical en Afrique». C’est amusant dans le contexte ou je viens de démontrer l’échec nord-américain.

LÀ, j’y vais un peu texto :

… l’usage thérapeutique, médical, cosmétique et industriel du cannabis présente des opportunités importantes pour l’économie africaine, appelant à promouvoir le cannabis médical en tant que nouveau traitement contrôlé pour des symptômes et des maladies spécifiques et à établir des principes directeurs éthiques pour réglementer le cannabis médical afin de les mettre en œuvre comme mesure de réduction des risques.

Le Maroc, un des plus grands producteurs de hach au monde, vient d’adopter une loi autorisant, tiens tiens, les usages du cannabis à des fins médicales, cosmétiques et industrielles. Israël était présent à la conférence et entend se positionner comme un leadeur dans la recherche sur le cannabis médical. C’est étonnant comme déclaration car j’ai l’impression que l’État hébreu est déjà en tête de peloton. Alors que le Canada a abandonné les patients du cannabis médical, là-bas, au Maroc, on parlait la semaine passée d’un programme qui permet aux patients de suivre un traitement avec des produits dont le prix serait plafonné. Prix plafonné toi… Mais ces malades sont malades…

Le Maroc s’est doté une Association consultative d’utilisation du cannabis. L’AMCUC veut mettre le Maroc au centre du monde du cannabis. Elle désire aussi que les cannabiculteurs soient formés aux plus récentes techniques pour revamper la culture ancestrale du cannabis.

Chez nous, au Canada, on dirait que nous allons dans le sens inverse. Santé Canada songerait actuellement à abolir le programme médical en place… Cela ne serait pas la première fois. C’est arrivé en 2013. Sans succès heureusement grâce à la décision Allard dont j’aimerais bien vous parlez, mais cela sera une saga pour une autre fois.

Neuf ans plus tard, les experts pensent que Santé Canada va tout simplement éliminer le Règlement sur l’accès au cannabis à des fins médicales (RACFM) en prétextant que la Loi sur le cannabis prévoit déjà la possibilité de faire pousser quatre plants à la maison et que cela serait suffisant pour les malades au Canada. Dans le pire des cas, on pourrait passer, pour certains malades de 4 à 8 plants à la maison.

On s’en prend aux malades plutôt que de serrer la vis aux médecins prescripteurs de permis improbables. Il n’y a pas de lobby pour les malades alors que les médecins, eux, sont des pros dans ce domaine…

Oui, le Canada prétend encore à la domination mondiale du cannabis, mais est incapable de s’occuper de son industrie et pire, de ses malades.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

Une histoire d’horreur, ça vous dit pour terminer?

Vous avez vu passer cette recherche partout au Québec et dans le reste du monde à l’effet que l’inflammation des voies respiratoires et l’emphysème étaient plus fréquents chez les fumeurs de marijuana que chez les non-fumeurs et les fumeurs de tabac. Je ne sais pas comment qualifier ces chercheurs ou ces journalistes qui ont publié des phrases faites pour semer la confusion alors que la conclusion de la recherche spécifiait précisément qu’il fallait prendre l’étude avec un grain de sel parce que les fumeurs de cannabis étaient aussi de consommateurs de tabac… Une vraie niaiserie. Il n’y a pas d’autres mots et ce sont des mots que je n’utilise pratiquement jamais…

Ça n’a pas rapport avec le cannabis, mais juste pour démontrer que la drogue semble faire partie du destin humain, les douaniers belges rapportent qu’ils ont saisi tellement de cocaïne en 2021 qu’ils ne sont pas capables de s’en débarrasser adéquatement. En effet, comment se débarrasse-t-on de 100 tonnes de coke? Il est impossible de bruler plus de 1000 k de coke à la fois car cela bloque les filtres de l’incinérateur qui est utilisé.

OK. Puisque les patients médicaux n’intéressent pas notre gouvernement fédéral, pourquoi ne pas s’intéresser aux vaches? Qu’arrive-t-il quand on nourrit des vaches laitières avec des rebuts de chanvre industriel? Là je vous cite texto les conclusions de cette étude :

L’alimentation au chanvre a entraîné des changements dans la consommation d’aliments, le rendement laitier, les fréquences respiratoire et cardiaque, et le comportement. 

Les vaches qui mangeaient du chanvre plutôt que du foin et du maïs bâillaient plus, elles étaient plus détendues. Comme les animaux humains, leurs yeux sont devenus rouges et tombants. Elles sont même devenues temporairement un peu fofolles. C’est bien pour les vaches. Par contre leur lait contenait trop de THC pour être considéré comme sécuritaire selon les normes édictées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments. 

Après le syndrome de la vache folle, le syndrome de la vache défoncée vient de naitre. 

La science du cannabis nous prépare une vache relax, cool, bien dans sa peau. Probablement qu’elle va aussi, au passage, produire plus de lait. 

Je parie que l’on va investir plus d’argent pour le bienêtre des ruminants que les humains.

Les patients canadiens vont trouver ça… vache

Et voilà, c’était le 128e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

136 Pot flânage (2023.01.25)

136 Pot flânage (2023.01.25)

Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

135 Pot flânage (2023.01.18)

135 Pot flânage (2023.01.18)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

134 Pot flânage (2023.01.11)

134 Pot flânage (2023.01.11)

Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

133 Pot flânage (2023.01.04)

133 Pot flânage (2023.01.04)

L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

132 Pot flânage (2022.12.21)

132 Pot flânage (2022.12.21)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

#127 Pot flânage (2022.11.16)

#127 Pot flânage (2022.11.16)

Pot flânage!

On fait le tour de l’actualité en prenant notre temps…

  • L’influence de la musique sur la germination des graines
  • L’effet du cannabis sur les cerveaux vieillissants
  • Le cannabis pour faire du bois aggloméré
  • Les effets du marché noir en Californie et à New York
  • Les serviettes hygiéniques et le chanvre
  • Les problèmes de main-d’œuvre dans l’industrie du cannabis
  • La canneberge, c’est comme le pot?
  • Etc.

Bonne écoute!

Liens pour l’épisode #127

Transcription Intégrale de l'épisode #126

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Avant que je passe en mode flânage, j’ai deux ou trois remerciements à faire. J’ai fait un double lapsus la semaine passée. Dans le segment sur le nouveau service de livraison d’Uber, j’ai dit Leafy au lieu de Leafly. Merci à Marchand d’arbre pour sa remarque sur mon erreur.

J’ai reçu un courriel extraordinaire d’une personne qui a fait le tour des épisodes de toPot en quelques jours. Merci pour le courriel hypermotivant. 

Finalement sur Bon Stock, mon nouveau magazine numérique, j’ai publié un article sur la productrice Karine Desjardins, la propriétaire de Vertuose. Un beau partage de Karine et une super réception un peu partout sur le Net. 

Alors, aujourd’hui, ToPot continue de flâner parce que c’est une formule qui fonctionne. C’est ce que vous me dites en tout cas. On m’a dit que j’étais plus coquin… C’est un bon signe. 

OK. Tant qu’à flâner, je me permets de revenir sur un partage de la semaine passée. Je racontais comment Puff Diddy avait acheté une entreprise de cannabis pour 180 millions de dollars. Et bien il a suffi de moins d’une semaine ouvrable pour que des experts remettent en cause son achat…

Un bref rappel si vous n’avez pas eu le temps d’écouter l’épisode 126. Diddy a acheté les actifs de production et de vente de Columbia Care et Cresco Labs. Juste 185 millions de dollars. Pour les vendeurs, c’était une obligation de vendre à cause des exigences règlementaires des législateurs américains suite à leur fusion de 2 milliards de dollars, 

Un marché d’acheteurs quoi… Et là les spécialistes questionnent la diligence raisonnable, en anglais la due diligence effectuée ou pas par l’équipe de Diddy.

Si Combs pourrait devenir le plus grand opérateur d’une entreprise appartenant à une minorité visible, il n’est pas le premier black à investir dans le cannabis. «Jay-Z» Carter, est propriétaire de la marque Monogram depuis 2020. La ou Diddy innove, c’est qu’il pourrait le premier MSO noir à être intégré verticalement… Évidemment, si les autorités antitrusts américaines autorisent la transaction.

Au final tout le monde affirme que la transaction de Diddy est bonne pour tout le monde, mais beaucoup de gens pensent qu’il a payé trop cher… Personnellement, je suis enclin à penser que Diddy a tout réussi dans sa vie. Il semble bien conseillé. Et plus généralement, pourquoi aurait-il perdu soudainement sa perspicacité? 

Parlant de perspicacité, pourquoi ne pas regarder celle du gouvernement irlandais…

La Haute Cour de l’Irlande, un de ses juges en fait, vient d’affirmer qu’il faut interdire la vente d’huile de chanvre importée qui pourrait contenir des traces de THC. Pourquoi? Parce que cela est interdit par la Convention de 1971 sur les substances psychédéliques. 

M. Alexander Owens, c’est le juge, rejette aussi le précédent de l’affaire KanaVape. Cette position de l’Irlande pourrait avoir un gros impact sur les projets de légalisation dans d’autres pays comme l’Allemagne. Donc toute la communauté européenne vient de faire un gros pas en arrière.

Le Canada s’est affranchi de la Convention de 1971. Je me souviens que dans les mois qui ont précédé la légalisation canadienne, Poutine disait que le Canada se positionnait en marge de la communauté mondiale… On souhaite bonne chance aux Russes pour la suite. 

Comment rendre le cannabis plus acceptable? Peut-être en passant par le chanvre et l’alimentation… 

Pour donner une forme à cette vision, un groupe d’industriels américains qui dormait depuis une vingtaine d’années vient de renaitre de ses cendres. Le Hemp Food Association (HFA) croit que leur industrie pour générer un milliard de chiffre d’affaires très rapidement.

Le marché alimentaire et la graine de chanvre sont généralement encadrés par une législation stable et claire pour tout le monde. La FDA n’a pas ou peu de problèmes avec ce type de produits. Donc on parle de produits sans danger, facile à produire et à exporter. 

C’est le pionnier Richard Rose qui relance le groupe qu’il avait mis sur pieds en 1998.

Le chanvre alimentaire dit Rose est le seul produit à base de chanvre vendu partout depuis des années

Il existe des dizaines de millions de clients réguliers 

Ce genre de produit permet de lutter contre le changement climatique 

Il répond aussi à plusieurs des objectifs de développement durable. 

Le raisonnement de l’asso est simple : tout le monde doit manger. Donc le marché potentiel est énorme.

On peut s’abonner gratuitement à l’association, ce que j’ai fait. Je vous encourage à vous inscrire pour comprendre les enjeux et les écueils qui ne manqueront d’apparaitre. Mais aussi tous les bons coups. M. Rose est très présent sur LinkedIn et il est très généreux. Je lui ai parlé il y a quelques mois pour lui demander quel était le produit le plus facile à produire avec des déchets de l’industrie du cannabis. Dans le secteur non alimentaire, il m’a parlé de la fabrication de bois aggloméré. Je voulais être sûr de ne pas dire des bêtises alors voici la définition de Wikipédia pour ce matériau :

Le bois aggloméré — appelé communément aggloméré de façon raccourcie — désigne des panneaux fabriqués à partir de fibres ou de particules de bois. L’ensemble est lié par une colle et pressé à chaud.

OK. C’est bien la vertu. Mais ça prend du monde pour le faire pousser ce cannabis-là. Il est difficile d’avoir des chiffres au Canada, encore plus au Québec, mais on peut tenter de comprendre notre situation en regardant chez nos voisins du sud… Et le problème de main-d’œuvre s’étend évidemment à tout ce qui pousse dans les serres et les pépinières.

J’ai trouvé une enquête qui s’est penchée sur cette problématique. Il s’agit d’une collaboration entre deux universités, Davis en Californie et de l’Université d’État du Michigan, deux universités donc et une association qui s’appelle AmericanHort.

AmericanHort veut représenter l’industrie horticole afin de cultiver des entreprises prospères, et pour que notre industrie améliore les vies grâce aux bienfaits des plantes.

Ça pourrait être la mission d’un groupe de représentation des intérêts de l’industrie du cannabis.

Les buts de leur enquête étaient simples :

  • Mesurer la prévalence des problèmes de main-d’œuvre
  • Comprendre l’impact de la pandémie COVID-19 
  • La mesure de l’impact réel des technologies d’économie de main-d’œuvre 

Les résultats sont pour l’année 2021.

On parle de serres et de pépinières sur tout le territoire américain.

  • OK, au pas de course, une synthèse de la conclusion de l’enquête :

  • 2/3 des répondants n’ont pas pu embaucher toute la main-d’œuvre dont ils avaient besoin et que le COVID-19 avait aggravé la situation en 2021
  • 20 % de la main-d’œuvre nécessaire pour fonctionner à pleine capacité manquait
  • La moitié de producteurs ont investi dans des technologies de réduction de main-d’œuvre. 
  • Dans la moitié de ces projets, les sommes investies dépassaient 100 000 dollars.
  • Un peu plus du tiers des producteurs interrogés ont utilisé le programme H-24 qui permet d’engager des travailleurs agricoles temporaires.

Cela ressemble au Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) qui permet aux producteurs autorisés d’embaucher des travailleurs étrangers temporaires (TET).

La première condition est simple. Des Canadiens et des résidents permanents ne sont pas disponibles pour le travail. 

Que doit-on retenir de ces études? Même les technologies couteuses ne solutionnent pas tous les problèmes. 

On va continuer de flâner aux États-Unis.

Born in the USA, la première poursuite pour publicité mensongère…

Il y avait de l’action ces dernières semaines donc avec, entre autres, une poursuite en Californie de deux consommateurs contre les sociétés DreamFields Brands, Inc. et Med for America pour publicité mensongère. 

La marque annonçait que leur joint vous transporterait sur Mars plus rapidement qu’Elon Musk. Le produit aurait été mal étiqueté et contiendrait moins de THC qu’annoncé. Les gens sont prêts à payer plus cher pour un produit à forte teneur en THC. Ici, l’argument décisif est que l’écart entre la teneur annoncée et la teneur réelle après évaluation dans un laboratoire est plus grand que la marge permise de 10 %.

La poursuite parle de concurrence déloyale, de publicité mensongère et de fausse représentation. Elle exigerait, entre autres, en fait la poursuite demande, elle ne peut pas exiger, des dommages et intérêts. Au Canada, je ne crois pas que cela soit déjà arrivé. J’ai entendu parler d’un écart de 9 % pour un produit au Nouveau-Brunswick la semaine passée. Ce producteur aurait été sauvé par la règle du 10 % également adopté par le Canada. 

C’est une saga pour une autre fois, mais le 10 % c’est une compétence fédérale de santé, Statistique Canada hein, mais une province pourrait-elle tenter d’imposer une autre norme? 

Impossible d’entrer dans la tête du législateur. C’est un fait. Mais le cannabis lui peut entrer dans le cerveau de tout le monde. M. Legault est né en 1957. On peut dire qu’il n’est pas jeune en termes d’âge. Et que vient-on d’apprendre? Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode… On vient d’apprendre grâce à la recherche de Karli K. Watson que consommer du cannabis pourrait être une bonne chose pour le cerveau des personnes âgées.

Avant d’aller plus loin, c’est quoi une personne âgée? Est-ce que M. Legault est une personne âgée? On va se trouver une réponse facile en utilisant la définition de la recherche. L’âge d’une personne âgée est compris entre 60 et 88 ans. Le premier ministre du Québec est considéré comme une personne âgée… dans cette recherche. Pas au Québec où il pourrait au pouvoir pour les 40 prochaines années. 

En gros, le cerveau d’un animal humain de 60 à 88 ans, un vieux quoi, réagit mieux au cannabis que celui d’un adolescent. Ce n’est pas une opinion. Ça se mesure. 

Une fois c’est un étudiant universitaire qui s’appelle Bharat Biswal. On est en 1992 dans le Wisconsin. Le gars découvre que le cerveau de l’animal humain, même au repos, et bien notre cerveau au neutre nous informe de son déclin. r Son test s’appelle rsFC ou Resting state functional connectivity. En français, connectivité fonctionnelle à l’état de repos. Le sujet a sa page Wikipedia en anglais avec quelques traductions. J’y vais par ordre alphabétique :

Arabe, cantonais, chinois, Perse. Suivant une demi-douzaine de variations, un pour Macau. Oh Macau. Le paradis des mauvais garçons. Pour vrai, c’est le titre d’un film de Josef von Sternberg avec Robert Mitchum et Jane Russel. 

Nick Cochran, un américain en exil à Macao, peut sauver sa réputation s’il aide à capturer un seigneur du crime international. Infiltré, peut-il tromper les méchants et, en même temps, courtiser la belle chanteuse et petite escroc, Julie Benson?

C’est le résumé de Imdb.

Le titre de la recherche dont je vous parle est «Consommation de cannabis et connectivité fonctionnelle de l’état de repos dans le cerveau vieillissant». En voici les grands constats :

  • La retraite est le début d’une consommation de cannabis qui quadruple. Les chiffres de ventes confirment que les boomers sont une cible de choix pour les producteurs autorisés.
  • Le cannabis nous affecte différemment selon notre âge. Vulnérabilité en bas âge d’un côté et avantages évidents en vieillissant de l’autre.
  • Il y aurait une association entre le fait de consommer du cannabis et une connectivité fonctionnelle de l’état de repos amélioré.

Est-ce que le cannabis provoque des transformations positives dans le cerveau? On ne peut l’affirmer.

Est-ce que le cannabis ralentit ou empêche le déclin normal de la connectivité du cerveau dû à l’âge? On ne peut l’affirmer. Mais la consommation de faibles doses quotidiennes à partir de 55 ans aiderait à diminuer la dégénérescence du cerveau.

On flâne.

Plus on avance dans le déploiement de la légalisation au Canada, plus on apprend des choses intéressantes. Ici, par exemple, je vous présente une étude transversale qui existe depuis 2019. Plus de 15 000 répondants d’âge légal qui étaient des consommateurs de cannabis au cours des 12 derniers mois

Voici plus ou moins texto la traduction de la conclusion…

Trois ans après la légalisation, les consommateurs canadiens de cannabis avaient généralement des perceptions de plus en plus favorables des produits légaux par rapport aux produits illégaux — à l’exception du prix — avec des variations selon les provinces et la fréquence de consommation de cannabis. Pour atteindre les objectifs de santé publique de la légalisation, les gouvernements fédéral et provinciaux doivent s’assurer que les produits de cannabis légaux sont préférés aux illégaux, sans pour autant attirer les non-consommateurs.

Capter le marché sans faire de promotion en d’autres mots. Le leitmotiv de la SQDC.

C’est au Québec que les prix sont les plus bas au Canada. Mais pour beaucoup de gens, c’est encore trop cher.

Dans un autre genre, j’ai vu passer une recherche sur l’effet de la musique sur les plantes. Il n’y avait pas de cannabis dans cette expérience qui a confirmé l’influence de la musique sur le développement des plantes. Il a été observé comment ces organismes modifient leur cycle de vie en réponse à des stimuli sonores externes. 

Moi je serai un PA et je me mettrais sur ce dossier-là rapidement. Bientôt on va voir des tests du même cultivar soumis à du heavy metal ou de la musique classique. Une belle histoire à suivre, non?

On disait il y a quelques minutes que les produits de chanvre dans l’alimentation nourrissent un marché captif. Ben oui, on doit tous manger. En flânant, j’ai trouvé un autre type de produit qui concerne la moitié des gens qui doivent manger… Les femmes. Quelle est la caractéristique dont je parle? Les menstruations. Et oui, en flânant j’ai trouvé une recherche qui s’intéresse aux produits de chanvre et à l’hygiène féminine. En fait on a évalué l’effet des serviettes hygiéniques en chanvre sur la microécologie vaginale.

La conclusion? J’y vais texto encore une fois.

 Pour les femmes sans inflammation vaginale, l’utilisation de serviettes hygiéniques en coton de chanvre pendant les menstruations peut aider à maintenir l’équilibre de la microécologie vaginale pour prévenir les infections de l’appareil reproducteur.

Parlant de gros bon sens, vous avez sans doute remarqué que les élections récentes aux États-Unis ont excité la planète cannabis qui rêve d’y faire fortune… Même chose en Allemagne. Mais dans les deux cas, c’est un pas en avant et deux pas en arrière. 

Le grand spécialiste de ce genre de truc, c’est Kenzi Riboulet-Zemouli dont j’ai parlé à plusieurs reprises sur toPot. Il juge le document de 12 pages publié par l’Allemagne «parsemé d’erreurs» et «mal conçu». Matt Lamers de MJBiz a dit quelque chose de similaire lorsque le papier de la position allemande a été publié ou coulé par on ne sait qui à la presse. Personne n’a encore vu les arguments juridiques allemands. Par contre, sans défier les cadres légaux déjà en place, l’Allemagne semble vouloir contourner les problèmes sur la route de sa légalisation.

Malgré tous ces bémols, les géants canadiens continuent de s’énerver le poil des jambes en pensant que le chemin est déjà déblayé pour envahir ces nouveaux marchés… Ce n’est pas demain la veille. Mais ça plait aux boursicoteurs.

OK. Un dernier partage… La canneberge à beaucoup de choses en commun avec le cannabis. D’abord, la période de la récolte qui va de la fin septembre à la fin d’octobre…

Mais il y a beaucoup plus évidemment, sinon je n’en ferais pas tout un plat d’accompagnement. C’est d’autant plus pertinent que dans beaucoup d’endroits où la canneberge dominait l’activité économique, elle est maintenant dépassée par la culture du cannabis. C’est déjà le cas chez nos voisins du Massachusetts.  

Vous avez sans doute deviné que la canneberge et le cannabis ont en commun les terpènes. Et oui, les fameux terpènes. La canneberge contient beaucoup de terpinéol, de limonène et de nérol. Mais comme pour le cannabis, il y a d’autres terpènes et plus faibles quantités. On sait d’ailleurs depuis le début des années 60 que les terpènes déterminent l’arome et la saveur de la canneberge.

Si vous souffrez d’un choc posttraumatique, il vous faudra peut-être éviter les attaqua à Noël car le pinène qu’elles contiennent pourrait selon certains experts potentialiser le souvenir des évènements ayant causé le traumatisme initial.

Vous ajoutez de la cannelle et des clous de girofles dans votre recette de canneberge? Ces deux épices contiennent beaucoup de caryophyllènes. Le gingembre? Il est rempli de bisabolol que l’on retrouve aussi dans le cannabis, mais pas que… Le bisobolol est antiinflammatoire  et on le retrouve aussi dans la camomille sauvage et l’huile de bergamote, donc dans le thé Earl Grey. Je me demande si les spécialistes de la cuisine au cannabis tiennent compte des propriétés spécifiques des épices qu’ils utilisent dans la confection de leurs repas… 

OK. Un dernier partage flânage… 

Si on veut comprendre la réalité du marché noir au Canada, il faut regarder aux États-Unis pour avoir des chiffres et des opinions précises. Il semble que le marché noir de la Californie domine le marché légal 6 ans après la légalisation. On blâme là aussi les taxes et la frilosité des différents législateurs. Alors que New York à légaliser en 2021, on craint que la lune de miel provoqué par la nouveauté de la légalisation arrive à sa fin. Les acteurs de l’industrie croient que la solution réside dans la prolifération des points de vente. On sait que cela n’est complètement vérifié dans les faits. La SQDC en est la preuve. Dans les derniers mois, la croissance de ses ventes était plus forte que celles des provinces où le privé domine.

Mais le marché noir mine aussi la confiance des investisseurs potentiels… Pourquoi investir dans un secteur économique où les tricheurs ont pignon sur rue et des sites internet qui promettent la livraison dans la demi-journée? Si on veut de nouveaux investissements dans le secteur du cannabis, ce ne sont pas des profits qu’il faut promettre. C’est une absence de marché noir… Un marché noir qui s’affiche d’ailleurs sans retenue sur les réseaux sociaux. Facebook va vous éjecter pour avoir osé contredire votre gouvernement, mais vous pouvez y faire concurrence à la SQDC sans problème. Facebook, comme le marché noir, marche à l’argent…

Et voilà, c’était le 127e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

136 Pot flânage (2023.01.25)

136 Pot flânage (2023.01.25)

Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

135 Pot flânage (2023.01.18)

135 Pot flânage (2023.01.18)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

134 Pot flânage (2023.01.11)

134 Pot flânage (2023.01.11)

Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

133 Pot flânage (2023.01.04)

133 Pot flânage (2023.01.04)

L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

132 Pot flânage (2022.12.21)

132 Pot flânage (2022.12.21)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

126 Pot flânage (2022.11.09)

126 Pot flânage (2022.11.09)

Pot flânage!

On fait le tour de l’actualité en prenant notre temps.

  • Extraction à partir de la fumée de cannabis
  • Culture verticale et désillusion technologique
  • Diminution de l’intérêt du chanvre chez les agriculteurs américains
  • Technologie brésilienne dans le cannabis canadien 
  • Le nez intelligent des consommateurs sans expertise
  • Etc.

 

Liens pour l’épisode #126

Transcription Intégrale de l'épisode #126

#126 Pot flânage (2022.11.09)

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis.

 Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil.

 Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix.

 Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast.

 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

On continue notre série «Pot flânage» cette semaine.

 

Parce que vous me dites que ça vous plait.

 Pas compliqué.

 

Évidemment, il y a des interviews dans le pipeline.

Des personnes très intéressantes.

Qui font aussi des choses très intéressantes.

Si vous avez des sujets qui vous intéressent particulièrement, n’hésitez pas à m’écrire.

 lucprevost@hotmail.com.

Si vous connaissez des gens qui font des choses remarquables dans le cannabis, écrivez-moi.

J’oublie toujours de le dire.

Cette fois-ci, je me suis fait une note.

 Je partage plein de liens pour chaque épisode.

 

Même une transcription.

J’ai commencé à faire ça il y a quelques semaines.

 

J’ai juste oublié de le dire.

On peut trouver ça sur le site de toPot.

Ou dans les notes de l’épisode si vous écoutez le potcast sur Spotify par exemple.

Ou sur Youtube.

 

Y’a des gens qui aiment recevoir des alertes quand toPot sort le mardi soir à 11 h 59. C’est pour cela qu’ils écoutent toPot sur Youtube.

Pot flânage…

OK.

 Une drôle de nouvelle pour commencer.

 

La compagnie privée de biotechnologie Real Isolates a reçu un brevet de l’Office des brevets et des marques des États-Unis pour une nouvelle méthode d’extraction.

 Selon vous, la compagnie va extraire à partir des fleurs et feuilles ou à partir d’un concentré? 

Je vous laisse y penser pendant que je me commande un café.

Alors ce brevet concerne l’extraction à partir de la matière végétale ou à partir de concentré? 

Vous faites erreur, peu importe votre réponse.

 

C’est comme ça.

La nouvelle méthode va extraire des cannabinoïdes à partir de la fumée de cannabis.

Incroyable, non! 

Le produit extrait a été baptisé Smokenol™.

 

La compagnie affirme que sa méthode lui permet d’extraire les cannabinoïdes habituels, mais aussi d’autres, beaucoup plus rares.

Real Isolates prétend qu’il une nouvelle catégorie de produits de cannabis oraux, topiques et inhalés.

La méthode utilise zéro solvant.

Le boss de l’entreprise, un monsieur Westerkamp, affirme que les producteurs de mangeables, les produits comestibles dans le lingo de la SQDC, et bien ils pourront proposer des produits avec des effets similaires à ceux de la combustion.

Parce que son procédé utilise des températures élevées, le produit final proposerait une plus grande diversité de cannabinoïdes.

Le Smokenol est déjà disponible pour les producteurs de mangeables.

 Personnellement, je suis enchanté par le concept.

 Mais la preuve est dans le pouding.

 Une autre affaire à suivre.

J’ai vu passer un autre truc du genre, mais décalé dans la chaine de production.

 J’ai échangé deux secondes avec le PDG de WestCan, Monsieur Andreas Gedeon.

 Sa compagnie Westcann a maintenant accès à la technologie brésilienne de IOTO initialement conçu pour l’industrie du tabac et qui est maintenant appliquée au cannabis.

 Cette technologie, c’est la promesse de M. Gedeon, devrait perturber le marché des préroulés.

 Westcann fait des préroulés qui ressemblent à 100 % à des cigarettes de tabac.

 Mais ça, c’est le bout facile que d’autres compagnies comme Redecan maitrisent parfaitement.

 Non, la promesse est dans la reconstitution de la matière végétale du cannabis.

 Et là je vais citer le communiqué de presse texto :

Développées à l’origine pour le traitement primaire du tabac, les technologies d’IOTO permettent une homogénéisation complète du cannabis ainsi qu’un contrôle total du processus sur les ingrédients actifs et les caractéristiques de fumage.

 En conséquence, les équipements de précision pour la fabrication et le conditionnement des cigarettes peuvent être utilisés pour la fabrication des rouleaux de tabac, créant ainsi un produit de consommation très cohérent et reproductible, avec des avantages significatifs en termes de qualité et de coûts.

Fin de la citation.

Je disais quoi? Ah oui, les préroulés de Westcann.

WestCann veut débuter la production de ses préroulé dès décembre 2022 à son usine en Saskatchewan et les préroulés devaient être disponible dans le premier trimestre de 2023.

Comme toutes les cigarettes de tabac qui sont exactement pareilles, M. Gedeon croit que les consommateurs des préroulés apprécieront l’expérience et le prix qui devrait être inférieur a celui de ses compétiteurs.

Les préroules seraient vendus dans un emballage qui offre le fameux look des paquets de cigarettes tout en étant sécuritaire pour les enfants.

L’entreprise a des visées sur plusieurs marchés à l’extérieur du Canada.

Les États-Unis évidemment, mais aussi l’Allemagne et la Thaïlande.

On flâne, on flâne.

Par hasard, je suis tombé sur des chiffres de vente par point de vente pour tout le Canada.

Les chiffres datent de presque un an, mais ils donnent une belle idée de la bataille dans les provinces où la vente du cannabis se fait au privé.

Les points de vente qui appartiennent à des monopoles dominent largement.

#

Province

Sales/Store

1

Quebec

$728,765

2

New Brunswick

$317,950

3

Nova Scotia

239 600 $

4

Saskatchewan

194,955 $

5

Newfoundland

$157,367

6

Ontario

143,269 $

11

Alberta

$  93,708

Techniquement, à vue de nez, cela veut dire que la SQDC est quand même assez  bien placée pour mieux payer ses employés.

 Je vais revenir sur le sujet dans les prochains mois, car je viens de finaliser un premier partenariat avec une entreprise qui vend de l’intelligence.

 Je vais donc bientôt pouvoir commenter plein de choses grâce à cette nouvelle source d’information dont j’ai très hâte de vous parler.

Dans le contexte de la grève actuelle, c’est tout ce que je voulais dire, mais cela me permet d’affirmer que si ça va mal pour les employés de la SQDC, que se passe-t-il dans l’industrie? 

Les producteurs autorisés se plaignent.

 Et on les entend dans les médias.

 C’est bien.

Les conseillers de la SQDC se plaignent.

 Et on les entend dans les médias.

 C’est très bien.

Les employés de l’industrie se plaignent.

 Et on n’entend rien.

 Et ce n’est pas bien.

SFX bruit de criquets

Ça gagne combien une trimmeuse au Québec? Est-ce que son salaire lui permet de vivre? 

J’ai eu la chance de faire de la trime à la main à quelques reprises.

 Ce n’est pas facile.

 Ça demande du doigté.

 Et c’est très dur physiquement.

 Si vous avez le gout de partager des infos sur votre travail et votre salaire dans l’anonymat et le respect de votre employeur, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

 Merci d’avance.

 

Vous vous souvenez qu’il y a à peine quelques jours, la planète cannabis était en feu à cause de la nouvelle du nouveau service de livraison proposé par Uber et Leafy.

Après le buzz de la nouvelle, la réalité semble plus convenue.

Les acteurs de l’industrie commencent à admettre qu’il ne s’agit que d’un autre service de livraison et que si le nombre d’utilisateurs de ce genre de service n’augmente pas, et bien, les profits devront maintenant se partage avec un joueur de plus.

 C’est tout.

 Les grossistes provinciaux y gagnent un outil de plus dans leur stratégie omnicanale.

 Les consommateurs et les petits revendeurs légaux n’y gagneront rien.

 Mais Uber et Leafy ont accès aux médias et les retombés publicitaires de la simple mention de leurs noms sont remarquables.

C’est comme le pardon de Biden.

 La nouvelle a fait le tour du monde.

 Zéro personne sortie de prison à date.

 Biden le nouveau héros qui propose une action qui fait plaisir, qui peut être contre la vertu, mais qui dans les faits ne change rien.

Dans un autre registre maintenant… Pour moi, c’est une première.

Vous me direz si c’est aussi le cas pour vous. 

Une femme du Nouveau-Brunswick, Mme Pam Staples-Wilkinson n’a jamais consommé de cannabis de sa vie.

Mais on peut être sobre et avoir un accident de voiture et c’est exactement ce qui lui arrive en mars 2021.

 La dame n’est même pas en faute.

C’est une voiture qui circulait dans l’autre sens qui la frappe.

 Elle est évidemment ébranlée et pourrait souffrir d’une commotion cérébrale.

 Mme Pam Staples-Wilkinson appelle le 911 et donne le mauvais modèle de voiture, car elle conduit habituellement un autre véhicule. Elle est sous le chox la dame.

 Le répartiteur du 911 informe les policiers que la dame pourrait avoir conduit sous influence.

 Le policier qui arrive sur le lieu de l’accident lui fait passer un test physique qu’elle échoue.

On oublie pas qu’elle vient de subir une commotion. Et on lui demande de  prendre une posture comme le Karaté Kid. 

 On la menotte pour l’emmener au poste de police afin de l’interroger pendant deux heures en plus de lui faire passer un test en 12 étapes.

 Jugeant qu’elle avait été mal traitée, elle porte plainte.

 Et bien, la Commission de police du Nouveau-Brunswick vient de lui donner raison.

 Il y aurait eu négligence et plein d’autres gestes incorrects.

 Heureusement, le test de dépistage prouvera qu’elle n’avait pas consommé de cannabis.

 Les agents recevront une petite tape sur la main et Mme Staples-Wilkinson a reçu une lettre d’excuses de la part du chef de la police de Fredericton.

 Ce genre d’incidents devraient exploser au cours des prochains mois.

On salut le manque d’empathie des policiers.

Ça, c’était une bonne nouvelle.

Une mauvaise nouvelle, ça vous tente?

OK.

 

La semaine passée, l’Office of Cannabis Management de New York a éliminé les critères de limitation des bactéries, des levures et des moisissures pour ses producteurs autorisés suite à leurs plaintes. 

Les PA affirmaient que les limites imposées les empêchaient de commercer.

Le Bureau de gestion du cannabis (Office of Cannabis Management) à décider de remettre à jour ses exigences.

Comment?

Simplement en suprimant l’obligation de déclarer le résultat des tests.

Ohhh, les PA doivent continuer de faire des tests, mais maintenant l’OCM leur demande de simplement tenir compte des résultats… pour en parler seulement si ça les amusent.

Des producteurs autorisés qui sont incapables de faire pousser du pot qui passe des tests standards et on pense leur rendre service en abolissant l’obligation de déclarer le résultat des tests. 

Les autorités et certains PA affirment que leur stock sera plus propre que celui du marché noir.

 Je ne sais pas qui ça rassure.

 Évidemment les propriétaires des services d’irradiation vont se réjouir de cette nouvelle.

 Le casse-tête américain ne fait que commencer.

Doit-on craindre queSanté Canada diminue ses exigences dans un proche avenir? 

Pas à court terme.

Pas avant que les producteurs autorisés américains décident qu’ils veulent leur portion du marché canadien.

Ce jour-là, Santé Canada diminuera ses exigences pour respecter la liberté de commercer des PA américains.

Pour ceux qui ne s’en doute pas, Santé Canada accepte les médicaments américains approuvés par la FDA sans se livrer aux mêmes tests, car elle n’a a pas ni les moyens ni l’autorité réelle face au bulldozer américain.

Beaucoup d’observateurs croient que cette mesure aura un impact négatif sur le marché.

C’est peut-être une occasion en or pour les producteurs canadiens.

 

OK.

 Une vedette à mon attention cette semaine.

 Et oui, Sean «Diddy» Combs devrait acheter pour 185 millions de dollars des opérations de production et de distribution de cannabis.

 Cet investissement permettrait la création du premier MSO d’envergure nationale contrôler et géré par une minorité visible.

 Un MSO, c’est un Multi State Operator.

 

Ma mission a toujours été de créer des opportunités pour les entrepreneurs noirs dans des secteurs où l’accès nous a traditionnellement été refusé et cette acquisition fournit l’échelle et l’impact immédiats nécessaires pour créer un avenir plus équitable dans le domaine du cannabis… a déclaré M Combs.

Bon, c’est le temps de flâner ailleurs.

On entend parler de chanvre partout en Amérique par les temps qui courent.

On parle de le transformer en matériau isolant, en chaussure, en vêtement, en plastique, en bouffe pour animaux, en brique… Vous voyez le genre.

Dans les faits la réalité est toute autre.

Chez nos voisins du Sud, année après année, la superficie des surfaces de chanvre cultivées diminue.

En 2019, les fermiers américains cultivaient 511 442 acres de chanvre et en 2022, la surface totale est passée à 107 702 acres.

En Europe, c’est l’inverse.

Et oui, entre 2018 et 2021, la superficie totale consacrée au chanvre a augmenté de 30 % et ce n’est pas fini.

La diminution de la surface de culture aux États-Unis serait due à un ajustement suite à la course vers l’or du marché du CBD.

 La promesse d’une culture de rente extraordinaire n’a pas tenu et les producteurs de chanvre s’ajustent à la vraie dimension du marché américain. 

En quelques années, on est passé d’un cash crop a un crash cop.

Comme à NY où l’on diminue les normes d’inspection, beaucoup d’agriculteurs sans expérience dans le chanvre n’ont pas été capables, par simple manque d’expérience, de produire des fleurs qui correspondaient aux exigences des producteurs de CBD.

Ce mini désastre américain va encourager plusieurs nations européennes à augmenter leur production de chanvre.

Après la culture extérieure, on va rentrer à l’intérieur et discuter 2 secondes de culture verticale.

 Si vous avez un intérêt pour la culture des fruits et légumes, vous avez entendu parler de la culture verticale.

 Si vous aimez le pot de haute technologie, vous savez aussi que les fournisseurs de technologies promettent le fameux pot of gold, le pot d’or au bout de l’arc-en-ciel.

 Cette semaine, j’ai vu le commentaire d’un gars qui s’appelle Jim Plamondon sur LinkedIn.

 J’aime bien sa façon de penser.

 Il a aussi écrit deux ou trois trucs très très brillants sur le cannabis.

 Il s’est éloigné du domaine depuis quelques mois, mais à l’occasion, il lâche un coup de gueule.

 Donc il a évoqué la faillite de la startup d’agriculture verticale Fifth Season.

 

Fifth Season qui est établie à Pittsburgh, en Pennsylvanie, a fermé ses portes il y a quelques jours.

 L’entreprise possédait des installations d’agriculture verticale dernier cri avec beaucoup de robotique pour faire pousser des légumes.

 Juste avant de fermer, l’entreprise avait pourtant ramassé un capital supplémentaire de 35 millions de dollars US.

 

Jim Plamondon a dit que la seule façon que l’agriculture verticale pouvait réussir c’est quand l’argent et la technologie seraient gratuits.

 Le gars est un peu baveux, mais toujours très logique.

 Donc d’un côté, beaucoup de promesses des vendeurs de technologies et de l’autre peu de données probantes sur les résultats et les retours sur investissement.

 L’installation que Fifth Season devait construire dans l’Ohio en 2023 nécessitait des investissements surprenants.

 Pour une ferme verticale de 180 000 pieds carrés, Fith Season prévoyait investir 70 millions de dollars.

 Ça fait tout de même environ 17 millions de dollars par acre.

 Et Fifth Season, j’adore ce nom, n’est pas la seule à fermer.

 L’entreprise française Agrocool vient d’être rachetée pour 50 000 euros malgré des investissements totaux de plus de 25 millions d’Euros.

 Il y a toute une flopée d’entreprises similaires qui ont fermé dans les derniers mois.

 Sommes-nous rendus à ce moment où la désillusion technologique devient un phénomène contagieux? Je ne sais pas.

Je sais qu’il y a des expériences en cours au Québec dans le cannabis et dans la fraise par exemple.

 Je ne sais rien de leur vrai résultat en termes de qualité et de profitabilité.

 Rien.

 Ce genre d’entreprise communique peu.

 Est-ce que la fermeture de Fifth Season résulte d’un problème de gestion ou d’un problème technologique? Je connais quelques personnes qui œuvrent dans le domaine, mais personne ne parle.

 C’est OK.

 On espère juste de bonnes nouvelles.

 

Est-ce qu’il y a des compagnies qui font de l’argent dans le cannabis?

C’est une question légitime.

OUI . Y’a des gens qui font de l’argent dans le cannabis.

 Et pas juste la SQDC.

 Sont pas difficiles à trouver en plus.

 Je vous donne un exemple.

 La compagnie Scotts Miracle-Gro qui est un des leadeur mondial des produits de culture intérieure et hydroponique annonce des profits.

 Leur chiffre d’affaires de 168,5 millions de dollars pour le quatrième trimestre augmente de 9 % par rapport au trimestre précédent. 

 

Et même si l’avenir de la culture verticale n’est pas assuré, il y a plein d’entreprises qui croient à la haute technologie.

 La compagnie canadienne Eteros Technologie par exemple qui veut développer de l’intelligence artificielle pour l’industrie du cannabis.

Pour y arriver, elle vient d’acquérir Bloom Automation.

Fondée en 2016, Eteros Technology est maintenant le plus grand fabricant d’équipement d’automatisation au monde pour tout ce qui se passe après la récolte.

En achetant Bloom, Eteros se donne les moyens de ses ambitions pour mettre l’IA aux services des producteurs autorisés de cannabis.

L’automatisation dans le contexte de la difficulté de recruter du personnel compétent et de bien les payer est une solution qui devrait plaire aux gestionnaires.

J’ai l’impression que toute cette IA pourrait servir à remplacer plein de tâches manuelles.

OK. Je me ramasse.

 Je connaissais la théorie et la pratique, mais pas l’expression scientifique.

 L’effet biphasique du cannabis.

 À petite dose, le THC, par exemple, démontre de propriétés qui diminuent l’anxiété.

 Une dose plus forte peut provoquer une réaction inverse.

 Je suis tombé par hasard sur l’expression dans un article qui discutait du microdosage du cannabis.

 L’idée du microdosage est de maintenir un état positif sans jamais déborder dans l’ivresse du THC. Ou minimalement.

 Une dose trop forte avant de se coucher peut provoquer des réactions adverses au sommeil.

 Le CBD ne serait pas biphasique.

 L’eau non plus.

 Si je me trompe dans mon interprétation, n’hésitez pas à me signaler mes erreurs.

 

OK.

 Un dernier partage.

 Un truc brillant en plus.

 C’est une recherche réalisée par Anna L. Schwabe.

 Sur Discord la semaine passée, un gars que je croise à l’occasion m’a parlé de la dame et m’a mis en contact avec elle.

 Par hasard, quelques jours plus tard, j’ai vu qu’elle publiait une recherche assez originale.

Les cultivars de cannabis sont souvent associés par les consommateurs à des odeurs et une certaine teneur en cannabinoïdes.

 Parallèlement, le nom des souches est parfois incohérent avec la nature réelle des plants analysés.

 Alors Mme Schwabe et son équipe se sont demandé si les consommateurs pouvaient détecter ces incohérences en fonction de l’odeur des produits.

Je vous propose la conclusion plus ou moins texto :

… Nous avons trouvé des preuves que la variation génétique au sein d’une même souche de Cannabis est associée à une altération de la perception des arômes.

 La variation phénotypique de la production d’odeur mérite une attention particulière, car elle est détectable par des consommateurs non experts et peut avoir un impact sur leurs jugements de la qualité du produit et leurs décisions d’achat.

 

Fin de la citation.

En d’autres mots? On savait que les consommateurs étaient capables de se servir de leur tête pour consommer intelligemment.

 On sait maintenant qu’ils savent aussi se servir de leur nez.

Et oui.

 L’argent n’a pas d’odeur.

 Mais pas nos fleurs.

Et voilà, c’était le 126e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : 

lucprevost@hotmail.com.

 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine.

 

Beaucoup de bienêtre.

 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

136 Pot flânage (2023.01.25)

136 Pot flânage (2023.01.25)

Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

135 Pot flânage (2023.01.18)

135 Pot flânage (2023.01.18)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

134 Pot flânage (2023.01.11)

134 Pot flânage (2023.01.11)

Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

133 Pot flânage (2023.01.04)

133 Pot flânage (2023.01.04)

L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

132 Pot flânage (2022.12.21)

132 Pot flânage (2022.12.21)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

#125 Pot flânage (2022.11.02)

#125 Pot flânage (2022.11.02)

Alors aujourd’hui, par où va-t-on commencer à flâner? C’est important de tourner en rond à la bonne place… Et je pense que j’ai trouvé un bon spot pour nous lancer. Vous avez tous bien vu que l’industrie canadienne du cannabis tente de faire des pressions sur le gouvernement pour faire annuler ou tout au moins réduire la taxe d’accise. Si vous écouter toPot depuis un bout de temps, vous savez déjà tout. L’épisode #107 de toPot Comment tuer une industrie du cannabis fait le tour du sujet en s’inspirant du travail de Dan Sutton.

 Évidemment, ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

Voici l’initiative StandForCraft.com 

Dan Sutton est le PA derrière @TantalusLabs. Voici ce que l’on peut lire sur son site :

«CANNABIS DURABLE EN PETITES QUANTITÉS, FABRIQUÉ EN C.-B.

Tantalus Labs se concentre sur la production de cannabis exceptionnel avec des méthodes de culture durables. La meilleure façon de prédire l’avenir est de le construire.»

Ça commence bien une session de flânage, non? 😉

Bonne écoute!

Liens pour l’Épisode #125

Transcription Intégrale de l'épisode #125

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, c’est encore un épisode Pot flânage! J’ai eu beaucoup de REX très positifs. Un REX, c’est un retour d’expérience… Merci pour vos encouragements. D’ailleurs, cette semaine, en parcourant les réseaux, je suis parti à rire. Une belle émotion. Dans un échange sur un site qui compte plus de 35 milles personnes, je lis la réponse d’un internaute qui dit en répondant à quelqu’un d’autre :

C’est une saga pour une autre fois…

J’ai vérifié et cette personne que je ne connais que sous son nom de compte écoute bien toPot et oui l’expression lui a plu. 

WOW!

Salut fjoergyn_23

C’est toujours un peu renversant. J’ai vu aussi des gens parler d’OVNI. Ça aussi ça m’a fait rigoler. Si vous n’êtes pas un voyageur fréquent sur toPot, une OVNI, c’est une opinion vulgaire non informée. On a tous le droit de dire n’importe quoi. Moi je vous avertis avant… Par délicatesse je dirais.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Alors aujourd’hui, par où va-t-on commencer à flâner? C’est important de tourner en rond à la bonne place… Et je pense que j’ai trouvé un bon spot pour nous lancer. Vous avez tous bien vu que l’industrie canadienne du cannabis tente de faire des pressions sur le gouvernement pour faire annuler ou tout au moins réduire la taxe d’accise. Si vous écouter toPot depuis un bout de temps, vous savez déjà tout. L’épisode #107 https://mbe.io/Comment-tuer-une-industrie-du-canabis fait le tour du sujet en s’inspirant du travail de Dan Sutton.

 Évidemment, ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

StandForCraft.com 

J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Seulement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

Dan Sutton est le PA derrière @TantalusLabs. Voici ce que l’on peut lire sur son site :

CANNABIS DURABLE EN PETITES QUANTITÉS, FABRIQUÉ EN C.-B.

Tantalus Labs se concentre sur la production de cannabis exceptionnel avec des méthodes de culture durables.

La meilleure façon de prédire l’avenir est de le construire.

Hey Merci MJ!

Et bien cette semaine, j’ai croisé M. Sutton sur Twitter et j’ai pu lui poser LA question que je me posais depuis des mois. Personne au Québec ne semblait intéressé ou capable de répondre à cette question : 

Qui se qualifie pour être un producteur de cannabis artisanal? 

En Anglais, Craft Cannabis….

La réponse de Dan Sutton a le mérite d’être simple et là je le cite texto :

Let’s call it small to medium enterprise under 100 employees for the purposes of this discussion!

In french:

Appelons-la petite ou moyenne entreprise de moins de 100 employés pour les besoins de cette discussion!

Quand tu fais du lobbying, c’est important de préciser qui sont les bénéficiaires de tes actions. Pour moi, cela reste très vague. Et je connais plein d’entreprises de moins de 100 personnes qui ne méritent pas cette appellation. L’artisanat mérite mieux qu’une définition toute croche ou inachevée. On peut tous comprendre que l’industrie ne veut pas se priver de certains joueurs dans cette bataille. Et il s’agit d’une industrie qui se structure en tentant de survivre. Rien de facile en soi.

 Mais l’engagement de M. Sutton est remarquable et sur la simple foi de son travail bénévole pour l’industrie, je suis enclin à lui faire confiance. Son discours est droit. Évidemment, il défend aussi son biftèque au passage, mais comme son site l’affirme LA meilleure façon de prédire l’avenir est de le construire.

Alors, comment engager le public dans le combat d’une industrie? Pourquoi ne pas tenter de recruter les consommateurs qui sortent massivement de l’illégalité? Il y a 4 ans, on achetait tous du marché noir avec tous les risques que cela comporte. Cette semaine, j’ai commencé à mettre les épisodes de toPot sur mon nouveau site Bon Stock. J’ai écrit récemment un article sur l’existence de l’esclavagisme dans le marché noir du cannabis au Canada. J’ai pu mettre un lien qui renvoyait à l’épisode #72 qui expliquait une recherche sur la dangerosité des produits illégaux au Nouveau-Brunswick. En gros je disais ceci :

Les échantillons de cannabis provenant du marché légal et illégal ont été testés uniquement par les scientifiques du Conseil de la recherche et de la productivité (CRP) du Nouveau-Brunswick qui est une société d’État sans but lucratif avec toutes les accréditations ISO pertinentes. Le CRP détient aussi les licences d’analyse et de recherche sur le cannabis de Santé Canada.

On ne peut pas faire plus légal que ça.

L’équipe de Mme Betelho à tester 7 échantillons différents de fleurs et 6 échantillons différents de mangeables ou produits comestibles provenant du marché noir. 

Parallèlement, l’équipe a aussi testé 4 échantillons de fleurs et 5 échantillons de produits mangeables provenant du marché légal.

OK. Et bien, un lecteur m’a écrit pour me dire qu’il arrêtait d’acheter sur le marché noir…

Pour des raisons de confiance. Le détour valait la peine, non?

Et voilà, je pense, où se trouve la pierre angulaire de la participation du public au combat de l’industrie du cannabis. La CONFIANCE!

Et cela nous emmène à la première nouvelle de la semaine. Le journaliste Patrick Williams du média Cannabis Business Times s’intéresse au magasinage de labo dont est coupable l’industrie… Il écrit sur la réalité du marché É.-U., mais l’industrie canadienne, et c’est largement documenté, donc l’industrie canadienne du cannabis se livre aux mêmes manipulations. Et le sous-titre de son article est l’entrée en matière parfaite : 

Selon les experts en matière de tests et de conformité, les pratiques frauduleuses pourraient nuire à la confiance des consommateurs.

Je pourrais nommer des labos et des intervenants canadiens. Mais c’est plus simple de parler des Américains. Personne ne va m’accuser d’être de mauvaise foi. Je constate, et ce n’est pas un aveu, car tout le monde peut le voir aussi clairement que moi, que de plus en plus de producteurs autorisés prennent position publiquement contre leur compétition. Personnellement, je trouve que ces acteurs de l’industrie se tirent une balle dans le pied. 

Revenons à l’article du journaliste Patrick Williams qui affirme que non seulement l’industrie triche sur la teneur en THC, MAIS AUSSI SUR LA TENEUR EN PRODUITS CONTAMINANTS… Le magasinage des résultats les plus favorables s’étendrait aussi contaminants microbiologiques, aux pesticides et même aux solvants résiduels dans les concentrés. L’inverse est également vrai. Il y a des producteurs de chanvre qui veulent des résultats inférieurs à la limite fédérale de 0,3 % de THC delta-9. 

Et l’industrie ne se cacherait même pas en formulant des demandes explicites… Je veux tant ou tant sinon je vais travailler avec un autre labo. Et les bonnes pratiques de fabrication et production? Aux poubelles. 

Aux États-Unis, il existe maintenant un test conforme et parfaitement applicable à tous les États. Le «National Hemp Testing Panel» teste 18 cannabinoïdes, 105 pesticides, 24 métaux lourds, 55 solvants résiduels potentiels, 17 microorganismes différents, ainsi que la teneur en humidité, l’activité de l’eau et les terpènes affirment l’article du CBT.

Il s’agit d’une initiative du labo ACS Laboratory qui affirme être le plus grand centre d’analyse du chanvre et du cannabis de l’est des États-Unis. Ce labo tente en fait de se suppléer aux régulateurs fédéraux qui n’ont pas jugé bon de proposer des protocoles précis. 

La situation canadienne est différente, mais il n’existe pas de protocole précis pour l’échantillonnage. Et c’est un énorme problème. Aux États-Unis, il y a des producteurs qui évitent complètement les tests de contamination dans le secteur du chanvre.

Là je vais citer texto l’article de Williams :

Il est donc possible d’envoyer un échantillon pour tester les métaux lourds, puis le même échantillon pour les pesticides et les solvants résiduels, en essayant de collecter tous les points de données différents qu’ils veulent. Il s’agit donc d’un seul lot qu’ils envoient ensuite à tous ces différents laboratoires, en essayant de recueillir les chiffres qu’ils veulent pour refléter leur produit.»

Au moment même où l’industrie canadienne du cannabis tente de convaincre le gouvernement fédéral de revoir sa taxe d’accise, on assiste à une perte de confiance des consommateurs dans la qualité de l’information de l’étiquetage des produits vendus sur le marché légal médical et non médical. Ces doutes, je les vois quotidiennement exprimés sur les réseaux sociaux. 

  • Les curieuses qui veulent mieux comprendre les enjeux de l’échantillonnage peuvent écouter l’épisode 57 de toPot qui fait le tour de certains problèmes dans le contexte canadien avec un biochimiste québécois.

Je vois toutes les semaines des rapports qui confirment que l’étiquetage des produits de CBD en Europe et aux États-Unis est catastrophique. En Europe, c’est ridicule. Des produits sont vendus avec l’objectif de tromper les consommateurs. Vous voyez que j’évite de parler de la situation canadienne… Mais j’entends toutes les semaines des producteurs autorisés se plaindre en public et en privé de ce magasinage de laboratoires. Ces PA se plaignent d’une compétition qui triche. Ils ont raison. Mais le lien de confiance entre le consommateur et l’industrie qui est la raison d’être de la légalisation, et bien ce lien de confiance s’effrite semaine après semaine. Et personne n’en parle.

 Si comme consommateur, je ne peux pas me fier aux étiquettes de l’industrie, c’est une victoire pour le marché noir. Pas de confiance, pas de vraie bizness. C’est une loi fondamentale des affaires.

Dans un autre registre, je relève que je n’ai pas vu un seul article sur les cadres de CannTrust qui ont plaidé non coupables la semaine passée.

Parlant de lobbying, j’ai vu passer une drôle de nouvelle la semaine passée. 

Le comté de San Diego doit-il taxer les entreprises de cannabis? Par voie de proposition, la proposition A, on demande aux électeurs de décider!

C’est intéressant comme point de vue, non?

San Diego va demander à ses citoyens de se prononcer sur l’opportunité d’imposer une taxe de vente sur les produits de cannabis… La mesure A ou la proposition A suggère de taxer les recettes brutes des ventes des entreprises de cannabis. Il s’agit des gains totaux avant déduction des couts. Ainsi l’industrie aurait des taux d’imposition maximums pour chaque type d’opérations. Là je cite l’article texto :

La mesure autoriserait des taxes locales allant jusqu’à 6 % pour la vente au détail, 3 % pour la distribution, 2 % pour les tests, 3 % ou 10 $ par pied carré pour la culture et 4 % pour les autres activités connexes. Les superviseurs du comté pourraient fixer des taux inférieurs à ces limites, mais ne pourraient pas les dépasser.

Fin de la citation.

Le cannabis médical serait taxé à des taux inférieurs et les plants maison qui sont permis ne seraient pas imposés. La proposition est assez étoffée pour parler d’une uniformisation avec les taxes perçues par les villes voisines. Les recettes escomptées varient en 3 et 5,6 millions de dollars par an et pourraient financer la construction ou l’entretien de parc, des routes, etc. Dans l’argumentaire de la proposition, on affirme que ces taxes permettraient aussi de lutter contre les commerces illégaux.  

Les curieuses vont trouver un PDF qui expose tous les détails de la proposition. 

Il y a des gens qui sont contre la proposition A. Ils avancent que rien ne garantit que les nouvelles recettes fiscales bénéficieraient aux communautés visées. L’iniquité à son pire, disent les opposants… Une taxe injuste… 

Faut savoir qu’en Californie, les gouvernements locaux peuvent imposer des taxes générales ou des taxes spéciales qui seront obligatoirement affectées à des usages spécifiques. Or la proposition A est présentée comme une taxe générale…

Évidemment, cette taxe locale serait en surplus des taxes de l’État qui culminent à 26 %.

Est-ce que vous aimeriez que le gouvernement vous consulte sur la taxation des entreprises de cannabis? La réponse est non si on se fie à l’absence de débats sur le cannabis à la dernière élection provinciale au Québec. Et si l’industrie a encore des doutes, il est important de rappeler que ce sont les Québécois qui ont élu le gouvernement actuel en pleine connaissance de cause. Donc, c’est la population qu’il faut convaincre de l’importance d’une industrie du cannabis forte et prospère. Pour l’instant, c’est au Québec que le taux d’acceptabilité du pot est le plus faible au Canada. C’est également au Québec ou le cannabis médical est le moins considéré comme une solution. Il y a des tonnes de facteurs à évoquer, mais cela sera une saga pour une autre fois.

OK. Ça vous tente d’aller flâner en Europe? Dans quelques heures, une chaine de télé régionale française va diffuser un reportage sur la Mocromafia… C’est quoi la Mocromafia? Je vais reprendre texto l’annonce du reportage :

En quelques années, les Pays-Bas et la Belgique sont devenus les plaques tournantes du trafic de drogue en Europe. Près de 80 % de la cocaïne consommée sur le continent transite par les ports de Rotterdam et d’Anvers. Ce «marché» a entraîné l’émergence d’une nouvelle organisation criminelle : la «mocromafia», essentiellement composée de Hollandais d’origine marocaine. À l origine, leurs filières servaient à acheminer le haschich du Maroc jusqu’aux Pays-Bas. Désormais, ils les utilisent aussi pour la cocaïne, avec des rendements bien plus rémunérateurs que les produits à base de cannabis. Et même les cartels d’Amérique latine se sont mêlés aux trafics.

Je vais tenter d’écouter le reportage et je vous en reparle. 

Il n’y a pas de hasard. Ce reportage arrive au moment précis où le Maroc organise sa production du cannabis pour donner vie à une industrie qui permettrait, entre autres, aux habitants du RIF de sortir de l’illégalité et surtout de la pauvreté.

C’est un labo privé du Maroc qui a créé cette vision pour transformer le Maroc en un leadeur mondial du cannabis. Pas LE leadeur. Un des leadeurs. Déjà on voit une belle dose de réalisme dans cet énoncé. La domination mondiale, c’est notre truc à nous les Canadiens. Comme Canopy qui voulait envahir les États-Unis la semaine passée avant de se faire remettre à sa place par certaines institutions américaines.

C’est le même labo qui est mis en vedette dans un reportage récent de Arte, la chaine de TV franco-allemande qui a fait un topo sur la future place du cannabis dans l’économie marocaine. Exactement le genre de reportage qui devrait faire peur aux industries canadienne et américaine du cannabis. J’ai vu une feuille de route détaillée. 

Le document produit par le labo privé Pharma 5 dit ceci…

Comme la France a son champagne ou le Japon a son bœuf de Kobe, le Maroc doit créer son appellation d’origine contrôlée, gage de qualité supérieure et de responsabilité écologique et sociale.

Le document prend 3 marchés comme repères : Israël, les États-Unis et le Canada. Le constat fait mal, mais ne surprend personne qui s’intéresse un tant soit peu au marché :

  • Surproduction
  • Compétitivité déclinante
  • Couts et qualité à la dérive
  • Normes GMP pharmaceutiques non respectées
  • Débouchés limités

Le Maroc ne veut pas se contenter de faire du cannabis de terroir, ce qu’il fait depuis le protectorat français. Le Maroc veut aussi dominer la production en Bunker et en serre. Le trifecta parfait.

Le Maghreb exporte déjà ses ingénieurs au Québec. Des francophones trilingues qui excellent en science. Sans attendre la signature du roi, on parle déjà du label «Made in Rif».

Il existe même un cultivar vedette que l’on veut remettre au centre de la production. Ce cultivar s’appelle la Beldiya et on considère au Maroc qu’il s’agit d’un trésor national à sauver. Il s’agit d’une variété plus respectueuse de l’environnement. La Beldyia est cultivée en hiver, car les eaux de pluie suffisent à sa croissance et nécessite pas ou peu d’intrants agrotox.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

Donc le Maroc devrait être très bientôt un compétiteur du Canada pour l’obtention des marchés européens. Et je pense que nous serons tous d’accord. Même en triplant le salaire des ouvriers marocains, leur cannabis sera beaucoup moins cher que celui produit au Canada… Je ne connais pas un être humain qui doute de cela. Et cet écart va, inéluctablement, s’agrandir au fur et à mesure que la syndicalisation va apparaitre dans l’industrie canadienne. 

OK, j’ai encore le temps de partage au moins une info pertinente. On a tous vu passer sur les réseaux sociaux des affirmations à l’effet que le cannabis pouvait traiter efficacement les symptômes du COVID long…

Et bien j’ai vu une recherche très intrigante dont le but était de mesurer l’efficacité d’un produit qui s’appelle Formula C™. Il s’agit d’une préparation de CBD et de terpènes de fleurs pour gérer les symptômes du syndrome postaigu du COVID-19. Le fameux COVID long. 

Don, un groupe a reçu le produit Formula C et l’autre un placébo.

En cours d’expérimentation, une seconde analyse du placébo a confirmé l’absence de CBD, mais, mais, mais, la présence d’une concentration médicale inattendue de terpènes. Donc, un faux vrai placébo. On a décidé de tout de même poursuivre l’étude. Au final, on s’est aperçu que les deux groupes allaient mieux. Donc, malgré l’absence d’un vrai placébo pour comparer, cette recherche pourrait être le début d’une preuve que ce n’est pas le CBD qui est l’ingrédient actif le plus important… 

Je trouve ça assez fort…

Partout on entend que le CBD va sauver le monde. Cela me fait penser à ce fait divers incroyable. Cette semaine on a appris qu’un tableau de Piet Mondrian a été accroché à l’envers dans différents musées depuis qu’il a été exposé pour la première fois il y a 75 ans.

Mondrian est un artiste abstrait néerlandais. Son tableau qui date de 1941 est un mélange de lignes noires, jaunes, rouges et bleues qui sont en fait des bouts de rubans adhésifs. Du tape quoi… Ce tableau avait un sens pour Mondrian, mais il a toujours été accroché à l’envers. Tous les musées, sans se poser de question, accrochaient le tableau comme le musée précédent. 

Parfois, j’ai l’impression que c,est la même chose pour le CBD. Ou encore la fameuse phytoremédiation qui, selon toutes les histoires que l’on peut lire, permettrait de décontaminer le sol radioactif sur les lieux de l’expérimentation française à Tahiti. C’est un exemple fictif. D’après ce que je peux comprendre, un, cela n’a encore jamais été prouver et deux, personne n’a jamais pu m’expliquer ce que l’on fait avec les plants de cannabis qui auraient capté la radioactivité présente dans le sol. Tu fais quoi avec ces plants? Tu les brules? Tu fais un trou plus loin et tu les enterres? Je ne sais pas. Je n’ai pas de réponses. Mais je ne suis pas le seul. Chose certaine, si on transforme les plants qui auraient capté la radioactivité en feuille de contreplaqué aggloméré de 4 x 8, je n’en achèterais jamais. Pas dans l’état actuel de la science. Faut pas rire, car l’industrie de la construction s’est déjà retrouvée avec un problème de contreplaqué radioactif il n’y a pas longtemps. Suite à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, plusieurs pays exportateurs de bois comme la Russie, l’Ukraine, le Belarus, la Pologne, la Slovaquie, l’Allemagne, la Finlande et la Suède ont vendu du bois radioactif partout dans le monde entier.

Et oui Ikea a admis avoir acheté du bois de ces pays.

Mais la société surveille et teste les produits provenant de pays touchés par les retombées de Tchernobyl… Fiouuuu on est sauvé.

OK. Une dernière nouvelle. Une nouvelle adorable… Rien de moins. 

Il y a des gens qui ont commencé à entrainer des chiens pour repérer les parasites qui affectent les plants cultivés en serres. Le concept est simple et on se demande pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt : chaque insecte a une odeur propre et les chiens pourront détecter cette odeur…

 Quand tu penses acheter des drones pour inspecter tes salles de cultures, la recherche de petites bébittes devient un problème… Alors pour aider toutes les industries qui cultivent en bunker ou en serre, une entreprise de Seattle dans l’État de Washington fait actuellement un test dans une serre de poivrons au Mexique. La compagnie qui veut réinventer la chasse aux insectes nuisibles s’appelle Green Dog Pest Service. Le type de chien utilisé est le malinois belge. Je ne connais pas grand-chose aux chiens alors j’ai cherché et j’ai trouvé cette description :

Le Berger Belge Malinois est un extraordinaire chien de protection, de garde et de défense. Il est attachant, intelligent, vif et se montre d’une fabuleuse loyauté envers son maître. Il est joueur et présente un avantage à l’entretien par rapport à ses cousins belges. De plus, sa santé, solide, ne demande aucune dépense superflue. Le Berger Belge Malinois est notamment reconnaissable à son masque s’étendant des lèvres aux paupières.

 

Les chiens utilisés seraient aussi des rescapés. J’imagine que cela veut dire qu’ils viennent d’un refuge animal… 

AU départ, l’entreprise voulait dépister des punaises de lits. 

Les chiens peuvent détecter plein de trucs. Au Québec, dans l’industrie de la construction, il y a une compagnie qui loue ou louait un chien pour détecter de l’humidité dans les murs. 

C’est suite à une demande d’un producteur autorisé de cannabis de la Colombie-Britannique que l’entreprise a pivoté vers ce genre de détection.

Les chiens peuvent être facilement entrainés à détecter uniquement les insectes qui ne sont pas bénéfiques. Non, le chien ne sait pas encore téléphoner au maitre cultivateur. Il doit être accompagné d’un maitre chien qui confirme le diagnostic initial de son animal. Un des principaux avantages de l’utilisation d’un chien est qu’il permet la détection d’une toute petite population d’insecte, une population qui peut être éliminée avant qu’elle se démultiplie rapidement. Plus la détection se fait tôt, plus les ravages sont faibles.

Les pucerons présents dans les plants de cannabis sont immédiatement détectés par un chien bien entrainé… L’entreprise veut étendre ses services aux cultures extérieures et croit que ses animaux pourraient aussi détecter très facilement les maladies racinaires.

Je sais que dans la culture chinoise, depuis au moins deux-mille ans, on peut louer les services de canards qui se promènent dans des parcelles cultivées en mangeant des parasites. C’est une job qui revient à la mode en Amériques.

Alors, qui sera la première entreprise québécoise dans le cannabis à utiliser des chiens détecteurs de parasites? 

J’ai une ovni, une opinion vulgaire non informée.

Je pense qu’il va s’agir d’une entreprise qui fait du cannabis de terroir sur une grande surface. Cela coute moins cher que de s’acheter un système de drone autonome. 

Et voilà, c’était le XXe épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

136 Pot flânage (2023.01.25)

136 Pot flânage (2023.01.25)

Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

135 Pot flânage (2023.01.18)

135 Pot flânage (2023.01.18)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

134 Pot flânage (2023.01.11)

134 Pot flânage (2023.01.11)

Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

133 Pot flânage (2023.01.04)

133 Pot flânage (2023.01.04)

L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

132 Pot flânage (2022.12.21)

132 Pot flânage (2022.12.21)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

#124 Pot flânage (2022.10.26)

#124 Pot flânage (2022.10.26)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? On continue notre série Pot flânage.

Ensemble, on va faire le tour des nouvelles et sujets d’intérêts dans l’univers du cannabis. Beaucoup de choses à partager avec vous. Et comme on vient tout juste de célébrer le 4e anniversaire de la légalisation canadienne, l’occasion est parfaite pour faire la démonstration que rien n’est simple et que l’acceptabilité sociale du cannabis est toujours assez faible au Québec. Plus faible que dans le reste du Canada. On ne va quand même pas se comparer à la France ou à la Belgique.

Donc je commence avec un article de la journaliste Stéphanie Marin du journal Le Devoir publié le dimanche 23 octobre 2022. Le titre du papier ne laisse aucune place à l’ambigüité :

Le cannabis toujours un obstacle potentiel pour avoir la garde des enfants

Signe des temps, le cannabis est beaucoup plus présent dans les dossiers de droit de la famille. Et les tests de dépistage requis par les juges sont assez fréquents, semble-t-il.

Évidemment, nous allons discuter de plusieurs autres sujets!

  • Un policier à la tête de la plus grande entreprise de pot au monde
  • Leafy supprime 21 % de son personnel
  • Un producteur autorisé veut vendre du pot d’extérieur à 20 $/g
  • La Colombie-Britannique manque d’eau pour le cannabis
  • Et plus! 

Bonne écoute.

Liens pour l’épisode

Transcription Intégrale de l'épisode #124

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

On continue notre série Pot flânage. Ensemble, on va faire le tour des nouvelles et sujets d’intérêts dans l’univers du cannabis. Beaucoup de choses à partager avec vous. Et comme on vient tout juste de célébrer le 4e anniversaire de la légalisation canadienne, l’occasion est parfaite pour faire la démonstration que rien n’est simple et que l’acceptabilité sociale du cannabis est toujours assez faible au Québec. Plus faible que dans le reste du Canada. On ne va quand même pas se comparer à la France ou à la Belgique. Donc je commence avec un article de la journaliste Stéphanie Marin du journal Le Devoir publié le dimanche 23 octobre 2022. Le titre du papier ne laisse aucune place à l’ambigüité :

Le cannabis toujours un obstacle potentiel pour avoir la garde des enfants

Voici texto le premier paragraphe :

Le cannabis récréatif est légal depuis quatre ans, mais sa consommation peut toujours être un obstacle pour un parent qui veut obtenir la garde de ses enfants ou exercer ses droits d’accès. La jurisprudence rendue ces dernières années au Québec met en garde contre la «banalisation» du cannabis, rapporte une experte en droit familial.

Au cœur de l’article, on retrouve le témoignage de l’avocate Élisabeth Jutras, une spécialiste du droit familial. La dame a exploré les 4 dernières années de jurisprudence et sa conclusion est simple. 

«… ce n’est pas parce que c’est devenu légal que c’est devenu pour autant banal»

Signe des temps, le cannabis est beaucoup plus présent dans les dossiers de droit de la famille. Et les tests de dépistage requis par les juges sont assez fréquents, semble-t-il.

La consommation quotidienne peut rapidement devenir un obstacle à la garde des enfants. Si votre bat de l’aile, ce n’est pas le temps de montrer votre consommation sur les réseaux sociaux. Votre compte FB intéresse la partie adverse, c’est sur. Et prétendre que vous ne fumez pas devant vos enfants est une mauvaise défense.  

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je viens de lancer un magazine en ligne qui s’appelle Bon Stock. Pourquoi? Parce que ce média nous permet de rejoindre d’autres groupes sociodémographiques. Le fait de pivoter permet de progresser et devenir un média profitable économiquement. C’est le but. 

L’actualité nous a donné un bel exemple cette semaine de pivotement. Vous connaissez Leafy?

Voici comment Leafy se présente sur son site web :

Leafly est la destination la plus fiable au monde pour découvrir les produits du cannabis et les commander auprès de détaillants légaux et autorisés. Plus de 100 millions de personnes visitent Leafly chaque année pour en savoir plus sur le cannabis et commander en ligne auprès de commerces locaux. 

Et bien malgré 100 millions de visiteurs par année, Leafy vient d’annoncer il y a quelques jours que la société allait supprimer 21 % de son personnel (56 personnes). Bien sûr Leafy veut «améliorer les performances opérationnelles». 

Yoko Miyashita, la PDG, affirmait ceci dans un communiqué de presse.

Pour l’instant, Leafy fait de l’argent en vendant des abonnements mensuels aux vendeurs de cannabis. L’abonnement offre une présence sur la plateforme en plus de fournir des outils de commerce électronique. Malgré une hausse de ses revenus, l’achalandage mensuel a chuté de plus de 25 % et le nombre d’abonnements payant à diminuer de 3 %. Le service est peut-être excellent, mais les données des habitudes de consommation appartiennent à Leafy. Or ces données sont le nerf de la guerre et les producteurs de cannabis qui veulent survivre ont besoin de ces données. 

Et c’est là que Leafy a décidé de pivoter en s’associant à Uber pour livrer du cannabis à Toronto. L’opération a fait du bruit, car c’est la première fois qu’une grosse plateforme de livraison se greffe à l’industrie de cannabis. Évidemment Leafy va extraire des données précieuses de ses nouvelles activités. À suivre donc…

Hey Merci MJ!

Si une plateforme comme Leafly qui accueille 100 millions de visiteurs par année à des problèmes financiers alors qu’elle ne prend aucun risque de production, on peut imaginer l’état de l’industrie de la production et l’anniversaire de la légalisation canadienne à laisser un gout amer à plusieurs producteurs autorisés avec qui j’ai discuté la semaine passée.

Et cela m’emmène à vous parler des entreprises qui, inversement, fabriquent de la nouvelle positive. Vous savez le genre d’entreprise qui produit et vend des rapports sur les opportunités dans les différents marchés du cannabis. Alors qu’on ne comprend même pas la portée réelle de la récente amnistie du président Biden aux États-Unis, les producteurs du rapport affirment que le marché mondial du cannabis serait de 169 milliards de dollars US en 2029. Pourquoi une telle croissance? Et bien, on parie sur l’augmentation des maladies chroniques chez les plus de 50 ans et sur le fait que le cannabis pourrait aider à traiter ces maladies. 

Et l’article termine en proposant d’investir dans Cronos à qui le CVMO, la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario, vient d’imposer des sanctions pour avoir déposé des états financiers inexacts, même après deux révisions. Selon le CVMO, Cronos a gonflé ses revenus de 7,6 millions de dollars pour les trois premiers trimestres en 2019. Cronos aurait également surévalué ses actifs de 235 millions de dollars US pour le deuxième trimestre 2021.

L’article propose d’autres investissements aussi rigolos. Mais le cas Cronos est particulièrement savoureux quand on sait qu’il faisait un lobbying au Québec pour inciter la SAQ et la SQDC à prendre les mesures nécessaires pour que tous les produits vendus proviennent de producteurs de cannabis certifiés par Santé Canada, qu’il y ait suffisamment d’inspecteurs pour surveiller les détaillants et que le niveau de taxation soit raisonnable pour lutter efficacement contre le marché noir tout en générant des recettes fiscales. 

Comme le dit le journalist Kieran Delamont dans un article intitulé What Do You Do with a Billion Grams of Surplus Weed? publié par le magazine Walrus il y a exactement un an, les achat de cannabis légal en 2020 ont totalisé 2,6 milliards de dollars alors que les spécialistes de la Banque CIBC estimaient en 2018 le marché de 2020 à plus de 6,5 milliards. Jusque une erreur de 4 milliards. 

Ce genre d’articles fait toujours miroiter le rêve allemand qui permettrait aux producteurs autorisés canadiens de se refaire une santé financière en soignant leurs citoyens. 

Il y a quelques semaines, la compagnie Tilray se vantait d’avoir eu une rencontre avec des officiels Allemands qui lui réservait une belle place dans le futur processus de légalisation.

La réponse des autorités allemandes n’a pas tardé.

«Le contenu du communiqué de presse n’est tout simplement pas correct. Nous ne minimisons pas la réunion, car il n’y a pas de coopération et il n’y en aura pas non plus avec Tilray. À aucun niveau pour être clair».

Cette forme d’aveuglement volontaire peut durer un certain temps… Mais la date de péremption de ce genre de promesse approche à grands pas. En ce qui concerne l’Allemagne, on a appris cette semaine et c’est le ministère de la santé allemand qui s’exprimait, que le marché récréatif pourrait être réservé aux entreprises du pays. Le projet de loi n’est pas encore disponible, mais les autorités semblent vouloir immédiatement rassurer l’industrie allemande du cannabis. Et les producteurs canadiens de cannabis qui voudraient se plaindre devraient commencer par exiger que les importations de la Colombie et du Portugal soient autorisées au Canada. Le premier producteur canadien qui va oser dire cela n’aura plus d’amis dans l’industrie qui est très heureuse de pouvoir exporter sans offrir la réciprocité. Pourtant, cela serait certainement une bonne façon de défier le marché noir avec des prix incroyables. Mais c’est une saga pour une autre fois. 

Puisque l’on parle de l’industrie, vous avez vu passer les reportages de Radio-Canada sur les ravages de l’environnement causé par la production du cannabis. ToPot a couvert ça il y a plusieurs mois. Par contre, j’ai vu un truc nouveau cette semaine. Pas au Canada, mais assez proche pour que les signaux d’alerte apparaissent jusqu’au Québec. Cela se passe en Orégon ou la livre de pot se vend à moins de 100 $ à certaines périodes de l’année. L’Orégon s’est doté de nouvelles lois sur la consommation de l’eau et le OWRD, l’Oregon Water Resources Department visite et inspecte, sans avertissement, tous les producteurs autorisés de cannabis et de chanvre. Les PA doivent fournir des documents pour justifier leur consommation d’eau… L’eau est achetée de différents fournisseurs et la loi 4061, c’est son nom, exige que les acheteurs puissent fournir les documents suivants :

  1. La date et le lieu de l’achat
  2. La date à laquelle l’eau est livrée
  3. Le nom et les coordonnées de la personne à qui l’eau sera livrée et la date de la livraison
  4. La quantité d’eau
  5. L’utilisation prévue de l’eau, y compris le type d’installation pour lequel l’eau est destinée à être utilisée
  6. L’endroit où l’eau est utilisée

Les vendeurs d’eau sont également soumis une tenue de livre rigoureuse. Le OWRD vient de recevoir 5 millions de dollars US du programme Oregon Illegal Marijuana Market Enforcement Grant Program. La Californie a arraché un million de plants de cannabis sur son territoire dans les 3-4 derniers mois. Au Canada, j’ai écrit sur le sujet dans Bon Stock, la GRC vient de libérer plusieurs ressortissants mexicains de l’emprise du crime organisé en Ontario. Ce qui est nouveau est la fois que le consulat mexicain à Toronto a formellement évoqué qu’il pourrait s’agir, dans ce cas précis, d’esclavagisme. Dans le cadre d’une large opération policière conjointe, le Project Gateway, c’est le nom de l’opération, le projet Gateway a donc permis la saisie de 20 000 livres de cannabis transformé d’une valeur de 62 millions de dollars. Ça commence à faire beaucoup de stock…

L’industrie du cannabis tente de s’organiser au Canada et aux États-Unis. C’est très bien. Mais la compétition légitime s’organise aussi et je ne pense pas à de possibles exportations de la Belgique ou du grand duché du Luxembourg.

Je pense plus à Mary Jane Oatman qui est une autochtone de la tribu Nez Perce dans l’Idaho et la toute nouvelle directrice générale de l’Indigenous Cannabis Industry Association (ICIA). Mme Oatman déclarait récemment : 

«Une véritable histoire de la plante contribuera à faciliter la vérité et la réconciliation pour nos communautés indigènes, afin qu’elles puissent se réapproprier la guérison et le sacrement de la plante». 

Cette déclaration est intéressante pour plusieurs raisons. Je ne referai pas le panorama du cannabis autochtone au Canada. Les curieuses peuvent consulter l’épisode #104 intitulé C’est quoi le marché autochtone du cannabis? La situation est complexe et ne se réduit pas à interdire certains commerces comme le suggèrent quelques producteurs autorisés. 

Il y a aux États-Unis 574 tribus amérindiennes reconnues qui s’intéressent de nouveau aux vertus médicales du cannabis. Leur arrivée dans le marché pourrait avoir des effets très positifs en ce qui concerne l’environnement. Sans se livrer à un exposé anthropologique, cela sera une saga pour une autre fois, la séparation de l’humain et de la nature comme une simple ressource à exploiter est vécue différemment dans d’autres cultures. L’industrie du cannabis est encore trop fragile pour oser remettre en cause les dégâts qu’elle cause par ses pratiques. À défaut d’espérer quoi que ce soit, je nous souhaite collectivement cette chance. 

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

OK, j’ai le temps de vous parler d’une nouvelle qui semble récurrent comme le jour de la marmotte. Je parle de l’histoire de policiers qui deviennent PDG d’entreprises de cannabis. Au Québec, l’ex-chef du SPVM, M. Yvan Delorme, est devenu le PDG de QcGoldtech. J’ai parlé de cette entreprise sur Bon Stock et comment le PDG a aussi perturbé gentiment la paix industrielle dans l’industrie du cannabis en prenant a parti la SQDC. En toute gentillesse, évidemment. Certaines instances représentatives de l’industrie n’ont pas vraiment apprécié.

Cette fois, je vous parle de l’aventure de Kyle Kazan, un policier de Los Angeles sur sa poitrine qui pensait qu’il allait pouvoir aider à sauver la vie des bons contre les méchants… M. Kazan est devenu le PDG du groupe Glasshouse, la plus grande entreprise légale de cannabis au monde selon l’article publié dans CannabisTech. Et oui, déjà le championnat du monde de la plus grosse entreprise de cannabis n’appartient plus au Canada… Et évidemment, cela n’a aucune importance dans cette histoire. 

L’ex policier reconnait avoir fait son quota d’arrestation pour possession simple de cannabis, il a également affronté des gangs armés et procédés à l’arrestation de pédophiles. 

Puis un jour il a réalisé qu’il n’avait que des menottes et son arme pour aider les gens qu’ils rencontraient dans son travail. Alors qu’un de ses informateurs lui demandait de l’aider à faire une cure de désintoxication, Kyla Kazan a eu son moment de révélation :

J’ai réalisé que je faisais plus de mal que de bien, et que c’était un mauvais investissement pour la société. 

Sa propre famille lui en a voulu quand il a commencé à discuter publiquement de dépénaliser le cannabis et d’autres drogues.

Comme pour Delorme au Québec, Kazan doit affronter beaucoup de critiques qui sont au minimum très très très négative. Dans le meilleur des cas. Quand il est devenu policier, il a admis avoir consommé du cannabis plus jeune et il a dû passer un test au détecteur de mensonges pour obtenir son job.

Le PDG de Glasshouse dénonce l’hypocrisie des lois sur le cannabis aux États-Unis et il croit qu’elles sont la raison de la méfiance de la population envers la police.

Je suis le PDG d’une entreprise avec six-millions de pieds carrés de serre. Techniquement, je devrais être en prison.

Je dois vous avouer que cette entrevue me donne le gout de suivre de plus près cette entreprise.

OK. J’ai le temps pour une dernière remarque. Un PA m’a envoyé un p’tit mot sur LinkedIn pour me dire de regarder un reportage sur l’état de l’industrie dans le cadre de l’anniversaire de la légalisation. C’est un des seuls moments de l’année où les grands médias font de vrais reportages sur le cannabis. Et le reportage se déroulait dans une autre province.

Je dois avouer avoir rigolé et avoir été triste en même temps. 

J’ai vu le PDG d’une entreprise dire qu’il fallait absolument s’attaquer au marché noir et gris du cannabis avec plus de force et d’opiniâtreté. Opiniâtreté comme dans obstination, constance, détermination, fermeté, acharnement, entêtement, volonté, persistance, insistance… Voyez le genre.

C’est une opinion respectable.

Tout va bien. 

Le monsieur a le droit d’être plus ou moins bien renseigné. 

Là où ça devient ridicule, c’est quand il discute ouvertement de son produit. Le gars fait du pot de terroir. J’adore. Une sorte de culture hydrique ou les plants peuvent profiter du soleil et être protégés de la pluie. Génial.

Le PA termine l’entrevue en disant que dans son plan d’affaires, il prévoyait vendre son cannabis 20 $ le gramme. 20 $ le gramme. Peut-être. Dans une réalité alternative. 

Et il affirme qu’il ne peut pas compétitionner contre le marché noir qui vendrait des produits similaires à 8 $ le gramme.

Un reportage diffusé à une heure de grande écoute. 

Un membre de l’industrie assez important pour être interviewé par un média national affirme que le marché noir vendrait une once de cannabis d’extérieur à 224 $.

Est-ce vraiment raisonnable?

Et voilà, c’était le 124e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

136 Pot flânage (2023.01.25)

136 Pot flânage (2023.01.25)

Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

135 Pot flânage (2023.01.18)

135 Pot flânage (2023.01.18)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

134 Pot flânage (2023.01.11)

134 Pot flânage (2023.01.11)

Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

133 Pot flânage (2023.01.04)

133 Pot flânage (2023.01.04)

L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

132 Pot flânage (2022.12.21)

132 Pot flânage (2022.12.21)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

#123 Pot flânage (2022.10.19)

#123 Pot flânage (2022.10.19)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui on continue nos sessions de flânage ensemble.

ToPot est produit au Québec et nous célébrons cette semaine le 4e anniversaire de la légalisation du cannabis au Canada. Les consommateurs ont de bonnes raisons de se réjouir même si tout est loin d’être parfait. Il y a 4 ans, on avait accès a des produits dont on ne savait rien. Aujourd’hui, il y a trop de produits sur le marché. Et sans dire que le consommateur a le bon bout du bâton, sa position n’a jamais été aussi bonne. 

Alors aujourd’hui, c’est avant tout l’occasion de célébrer les producteurs qui travaillent très durement pour proposer des cultivars dont on ne savait qu’il y a à peine quelques mois. C’est le temps de reconnaitre leur courage ou leur inconscience. Certains de ces entrepreneurs, qui n’avaient réussi à faire pousser un pissenlit, sont maintenant à la tête d’entreprises qui vendent de tonnes de cannabis. Et derrière ces entrepreneurs, il y a une armée de travailleuses et de travailleurs qui, chaque jour, se présentent à l’usine pour produire des fleurs et plein de produits dérivés. 

Bon flânage!

Transcription Intégrale de l'épisode #123

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui on continue nos sessions de flânage ensemble.

ToPot est produit au Québec et nous célébrons cette semaine le 4e anniversaire de la légalisation du cannabis au Canada. Les consommateurs ont de bonnes raisons de se réjouir même si tout est loin d’être parfait. Il y a 4 ans, on avait accès a des produits dont on ne savait rien. Aujourd’hui, il y a trop de produits sur le marché. Et sans dire que le consommateur a le bon bout du bâton, sa position n’a jamais été aussi bonne. 

Alors aujourd’hui, c’est avant tout l’occasion de célébrer les producteurs qui travaillent très durement pour proposer des cultivars dont on ne savait qu’il y a à peine quelques mois. C’est le temps de reconnaitre leur courage ou leur inconscience. Certains de ces entrepreneurs, qui n’avaient réussi à faire pousser un pissenlit, sont maintenant à la tête d’entreprises qui vendent de tonnes de cannabis. Et derrière ces entrepreneurs, il y a une armée de travailleuses et de travailleurs qui, chaque jour, se présentent à l’usine pour produire des fleurs et plein de produits dérivés. 

Bon flânage!

Aujourd’hui, c’est à eux que je veux rendre hommage. Tous ces humains qui bossent très dur pour produire des fleurs. Juste des fleurs, mais quelles fleurs!

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Les acquis positifs de la législation :

  • Approvisionnement sûr. 
    • Les produits sont testés
    • Normes d’assurance qualité
  • Choix en progression
    • Section mangeable
    • Préroulé infusé
    • Mise en valeur des produits québécois
    • Hach est devenu une catégorie noble

  • L’étiquettage progresse
    • Irradiation
    • Bio
    • Etc.

Je fais une collection d’étiquettes que je ramasse sur les réseaux sociaux pour suivre les progrès et la créativité des producteurs autorisés et surtout des microproducteurs qui innovent une étiquette à la fois. Je pense aussi à ce que fait TGDO qui partage ses rapports de laboratoire qui sont disponibles à partir des numéros de lots qui sont obligatoirement sur l’étiquette. 

  • Éducation
    • Protection de la jeunesse par rebond
      • Diminution de la consommation
      • «le taux de jeunes âgés de 16 à 19 ans déclarant avoir consommé du cannabis au cours de l’année précédente a considérablement diminué, passant de 44 % en 2020 à 37 % en 2021.»

OVNI ce qui n’est pas interdit est moins intéressant pour les transgressions

Hey Merci MJ!

  • Le site pour les achats en ligne progresse

Les irritants sont nombreux et certains sont mortels pour les entreprises.

  • la surrèglementation
  • le manque de compréhension et d’éducation concernant le cannabis
  • la concurrence du marché illicite
  • Limite de 10 mg par portion et par emballage pour les produits comestibles
  • Taxe d’accice ridicule
    • Comment faire avec la taxe d’accice pour les vins, par exemple?
  • Marketing limité
  • Ensemble de conditions favorisant le marché noir comme des mangeables aux choux-fleurs
  • Limite de possession de 30 g
  • Incompréhension des législateurs des cycles de production du cannabis

À la SQDC, malgré la tutelle législative, il y a, au minimum, une progression.

Les employés sont mieux payés. Non. Sérieusement. On parle du quart des succursales en grève… Est-ce que la SQDC est en train d’apprendre à se passer des cannabissiers, les fameux commis/conseillers? 

D’ailleurs quels rôles jouent les conseillers de la SQDC dans vos achats quand vous allez dans une succursale? Vous arrivez en sachant ce que vous voulez? Vous aimez discuter avec les conseillers? Est-ce une valeur ajoutée dans votre processus d’achat? 

J’ai eu la chance récemment de discuter avec deux conseillers en grève. J’ai également contacté le syndicat, qui, après un premier très bon contact, a disparu de mon radar. Il ne semble pas souhaiter partager leur point de vue. 

Personnellement, je suis ambivalent. Leur mandat est impossible. Alors j’évite de les placer dans une situation difficile en leur posant des questions qui pourraient m’éclairer, mais qui les placeraient dans une situation de travail difficile.

Et si on parlait deux secondes de cannabis médical.

La demande, en terme économique, n’est pas élastique. C’est pour ça que certaines thérapies coutent un million de dollars par année. C’est aussi pour cette raison que de plus en plus de gens malades se tournent vers le marché noir pour apaiser leur souffrance et parlant de souffrance, Santé Canada a publié le jour de l’anniversaire de la légalisation les résultats d’une recherche sur la consommation de cannabis à des fins médicales et non médicales au Canada.

Les résultats de l’Enquête nationale sur le cannabis ont révélé qu’à la fin de 2020, soit après la légalisation, 1 personne sur 5 (20 %) vivant dans une province a déclaré avoir consommé du cannabis au cours des trois mois précédents, en hausse par rapport à la proportion de 14 % associée à la période ayant précédé la légalisation.

Basées sur un échantillon de grande taille, les données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2019/2020 aident à brosser un portrait plus complet de la consommation de cannabis à des fins exclusivement médicales ou non médicales au Canada.

Les données indiquent que plus de 1 personne de 15 ans et plus sur 5 (21 %) vivant dans une province ou un territoire a déclaré avoir consommé du cannabis au cours des 12 mois précédents. Ce résultat est réparti entre les personnes ayant déclaré avoir consommé du cannabis à des fins exclusivement non médicales (13 %), celles qui en ont consommé tant à des fins médicales que non médicales (5 %) et celles qui en ont consommé exclusivement à des fins médicales (4 %).

Les résidents du Québec sont moins susceptibles de consommer du cannabis exclusivement à des fins médicales qu’ailleurs au Canada. 

On est distinct, on est distinct au Québec.

Le soulagement de la douleur est la principale raison médicale associée à la consommation de cannabis, sauf chez les jeunes qui consomment médicalement pour soulager leur problème de dépression et d’anxiété.

Le joint est toujours le principal mode de consommation.

Près de 3 personnes sur 4 parmi les consommateurs de cannabis à des fins exclusivement non médicales (73 %) et les consommateurs de cannabis à des fins à la fois médicales et non médicales (70 %) ont choisi de fumer le cannabis comme méthode de consommation principale. De plus, 38 % des consommateurs de cannabis à des fins exclusivement médicales ont déclaré le consommer surtout en fumant.

L’information la plus pointue pour moi et peut-être la plus importante pour les prochaines années est la suivante :

Environ 1 personne sur 10 ayant consommé du cannabis au cours des 12 mois précédents a utilisé un vaporisateur.

Ce type d’appareils semble de plus en plus efficace et les prix descendent. Les avantages pour la santé des poumons sont évidents.

Parlant de l’anniversaire de la légalisation, voici une nouvelle qui est passée sous le radar des médias. J’ai trouvé un article de TARA DESCHAMPS de La Presse canadienne publié dans le journal Le Soleil.

Oui, le jour de la célébration de la légalisation canadienne, 3 anciens dirigeants de la société CannTrust Holdings ont décidé de plaider non coupables à des accusations d’avoir fait pousser illégalement des tonnes de cannabis alors qu’ils avaient une licence de production standard de Santé Canada. Les trois dirigeants sont non seulement accusés de fraude, mais également d’avoir facilité son déroulement tout en étant accusé de délit d’initié en plus d’avoir créé de faux documents. 

Les ex-dirigeants accusés s’exposent à un maximum de 5 ans de prison moins un jour et une amende maximale de 5 millions.

Évidemment CannTrust renaitra de ses cendres sous le nom de Phoena Holdings et a récemment reçu un financement de 17 millions de dollars d’une société hollandaise.

Ça, c’était une nouvelle triste le jour de l’anniversaire de la légalisation. Mais il y eut aussi une très bonne nouvelle pour l’industrie québécoise du cannabis. C’est que le producteur autorisé Neptune a trouvé un acheteur pour son usine. C’est PurCann Pharma du Groupe Silicycle qui a racheté pour un peu plus de 5 millions de dollars les installations et les marques de Neptune évalué en juin à 21 millions. La transaction devra être payée en espèce. C’est très bien pour le producteur autorisé PurCann Pharma. C’est merveilleux pour les talents québécois qui pourront continuer de travailler dans un secteur industriel qui les passionne.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

OK, on peut penser que si vous écoutez toPot, vous consommez du cannabis.

Alors j’ai une question toute simple à vous poser, mais ne répondez pas à voix haute…

Est-ce que vous urinez plus quand vous consommez? 

La question n’est pas compliquée.

Mais Luc, pourquoi tu nous poses cette question?

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous avez un doute, c’est sur… 

C’est que j’ai trouvé une recherche intrigante publiée le 21 septembre 2022 dans The American Journal of Medicine.

L’étude s’intéresse à la vessie hyperactive et à la nycturie. Nycturie est formé de l’affixe d’origine grecque nycti⁠-, «nuit», et urie, «urine». Ça, c’est un nouveau mot pour moi. Et un problème que je ne connais parce que je dors profondément probablement grâce au cannabis.

Plusieurs recherches établissent depuis longtemps que le cannabis peut soulager de certains types de problèmes urinaires, mais cette recherche récente semble aller dans la direction contraire.

Le sujet est important, car les médicaments qui existent pour traiter les vessies hyperactives soulagent certains patients, mais entrainent quantité d’effets secondaires indésirables. Comme la recherche médicale appliquée au cannabis se développe partout, il est normal que la science tente de résoudre cette condition qui affecte une grande partie de la population. 

Les patients inscrits à l’étude étaient âgés de 20 à 59 ans et devaient autodéclarer la fréquence de leur consommation plus d’autre information comme l’âge, le sexe, la race, le revenu annuel du ménage, le ratio revenu familial/pauvreté (RFP), le niveau d’éducation et l’état civil des participants, l’indice de masse corporelle (IMC), le syndrome métabolique, le diabète sucré, l’hypertension et le tabagisme.

Un second questionnaire a permis d’évaluer la présence des symptômes d’une hyperactivité de la vessie.

La conclusion?

Cette étude démontrerait que les consommateurs réguliers de cannabis avaient une probabilité plus élevée de développer et de souffrir d’un problème de vessie hyper plus sévère. Et la nycturie, l’un des symptômes de l’hyperactivité vésicale, était significativement plus élevée chez les consommateurs réguliers. Donc, pour l’instant, en attendant d’en savoir plus, le cannabis semble peu intéressant pour traiter les vessies hyperactives.

Et voilà, c’était le 123e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

136 Pot flânage (2023.01.25)

136 Pot flânage (2023.01.25)

Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

135 Pot flânage (2023.01.18)

135 Pot flânage (2023.01.18)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

134 Pot flânage (2023.01.11)

134 Pot flânage (2023.01.11)

Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

133 Pot flânage (2023.01.04)

133 Pot flânage (2023.01.04)

L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

132 Pot flânage (2022.12.21)

132 Pot flânage (2022.12.21)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

#120 Pot flânage (2022.09.28)

#120 Pot flânage (2022.09.28)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui on va de nouveau flâner ensemble. On va discuter de l’Expo Cannabis Montréal, de Mike Tyson et de l’article du journal La Presse sur le détournement du programme médical canadien. L’Association des directeurs de police du Québec (ADPD) à la chance de s’y exprimer et ça fait dure… 

On va aussi parler de magasinage de labo (lab shopping), un truc utilisé par les producteurs autorisés pour obtenir des pourcentages de THC très élevés dans leur rapport. Et finalement, on va s’amuser à revisiter la récente décision de l’Agence Mondial Antidopage (AMA) qui choisit de continuer de bannir le cannabis pour les sportifs. Par respect pour le sport! 😉 

Bonne écoute.

Transcription Intégrale de l'épisode #120

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Cette semaine on reprend notre flânage. J’ai eu beaucoup de bons REX sur le dernier épisode. Un REX, c’est le fameux retour d’expérience des french people from France. Je remercie particulièrement François Parenteau qui a eu des bons mots pour le flâneur que je suis devenu. 

Alors aujourd’hui on va de nouveau flâner ensemble.

Et si on commençait par l’Expo Cannabis Montréal… 

J’y ai choppé un virus et je suis sur le cul depuis vendredi. J’ai même porté ce weekend un manteau d’hiver dans la maison tellement j’avais froid. Je vais beaucoup mieux, mais on verra pour la voix.

Et c’est parti. L’Expo Cannabis Montréal ça se passait au Palais des congrès, cette année. Quand tu sors du métro Place d’armes, c’est majestueux. Presque un décor d’aéroport. La classe. Assez différent de la Place Bonaventure que j’aime beaucoup pour d’autres raisons.

Je vais cracher un peu de venin avant d’aller plus loin. Il y avait dans l’expo des tonnes d’exposants qui ne savaient même pas dire bonjour en français. C’est plate, mais c’est la vie commerciale. Si l’exposant à un produit irremplaçable, tu fais avec. Si tu as besoin d’infos utiles, tu fais avec. Si tu n’as pas besoin de ses services ou de ses produits, tu le respectes comme n’importe quel humain. Le gars dans le kiosque qui regarde son téléphone n’a peut-être pas demandé de venir de Brampton pour aller chez les Papoues pendant 2-3 jours. Il est peut-être bilingue anglais-latin ou anglais — malinké, une des sept langues officielles du Sénégal. Donc, c’est plate, mais c’est la vie. 

Par contre, quand tu t’installes au bar du resto les 3 amigos dans le Palais des congrès et qu’on refuse de te servir en français, c’est un geste politique. Et rien dans la prochaine élection ne va changer cette situation…

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

OK de retour.

On va flâner sans aucune prétention à l’exhaustivité. Alors, j’ai discuté avec beaucoup d’exposants qui offraient des produits d’assurances. C’est le signe d’un marché qui se professionnalise. Les marchands de fertilisants étaient partout. Beaucoup moins de vendeurs de quincailleries comme les machines pour l’effeuillage, les supports de séchage. Vous voyez le genre. À vue de nez, j’ai l’impression que les entreprises québécoises dans ce secteur d’activité privilégient maintenant les salons à l’extérieur du Québec au moment où le marché québécois commence à saturer. Ça, c’est du pif. Rien de scientifique. Si vous avez un autre scénario, je suis curieux.

Comme pour les éditions précédentes, il y avait des conférences sur deux scènes différentes passées. De bons sujets, du bon monde. Mais mon accent était de serrer des mains et de rencontrer du monde pour faire du contenu pour toPot et Bon Stock, mon nouveau magazine numérique sur le cannabis.

Peu de producteurs québécois de cannabis avaient un kiosque. Très très peu. C’est un peu normal, car c’était un salon professionnel. Par rapport aux dernières années, j’ai l’impression que le nombre d’exposants a considérablement diminué. Il y avait également peu de mégakiosques qui ressemblent à des châteaux. La sobriété était de mise. La fin de l’abondance comme dit le président Macron en France.

Ma plus grande surprise? Les labos de Toronto qui viennent au Québec explorer un nouveau marché. Le plus smatte de ces labos avait une représentante qui parlait français, qui avait des tatouages vraiment intéressants et un vrai bonus, la dame a le titre d’agronome. Ce labo offre un service spécial dont je vous reparlerai bientôt. Une offre unique d’après ce que je peux comprendre.

Mon coup de cœur? J’ai discuté avec le PDG de PurCann Pharma qui est une filiale du Groupe SiliCycle. Le monsieur s’appelle Hugo St-Laurent. Pendant qu’on discutait, il prenait des notes sur une feuille de papier. Cela ne veut pas dire qu’il va me rappeler. Mais lors de notre échange, j’ai eu l’impression que toute sa bande passante était dirigée vers moi. PurCann Pharma produit et commercialise des extraits purifiés et standardisés THC, CBD, CBG, CBN, CBC, CBDA et THCA) sous forme d’huiles, de gélules, de vaporisateurs, de crèmes, de jujubes, genre. PurCann Pharma offre aussi des services de fabrication à façon et sous contrat (CMO) et toute une gamme de services de pointe. 

Ma découverte? Le centre d’innovation en technologie en bio-innovation de la Cité située à Ottawa. En fait je les redécouvrais à ma plus grande surprise. Il y avait sur place une équipe de jeunes gens, dont une technicienne de labo allumée, que je salue au passage. 

J’ai aussi discuté avec deux grandes femmes blondes, Gisèle et Marika, qui vendent de l’intelligence chez EZ Focus. Ez Focus est une société pan canadienne qui offre des services comme ceux de Weed Crawler, si vous savez de quoi et de qui je parle. 

Ahhhh oui, j’ai aussi rencontré Jimbo Jones, un créateur de contenu qui ne montre jamais son visage. Il a une chaine youtube avec différent type de contenu. Forcément, c’est lui qui m’a reconnu. Dans un autre registre, j’ai parlé avec trois personnes différentes de ferblanterie. Eux n’avaient pas de kiosque, mais ils étaient sur place pour prendre le pouls du marché.

OK, c’est tout pour l’instant. Je reviendrai à l’Expo Cannabis Montréal si j’ai un flash.

Dans l’épisode précédent, je parlais des critiques sur les réseaux sociaux dont faisaient l’objet les entreprises de cannabis présentes à la bourse. Bien sûr, certaines ont perdu des milliards pendant que leurs dirigeants s’enrichissaient. Mais vous le savez… une promesse n’engage que celui qui y croit. 

L’éternelle histoire des gros contre les petits. Comme au Québec il y a 30 ans quand les microbrasseries sont apparues. Oh, ce genre de discussion n’annonce pas la fin du monde. Juste la fin du cannabis ou d’une certaine idée que les consommateurs se font de l’industrie du cannabis avec de microproducteurs comme il y a des microbrasseurs.

J’ai vu apparaitre sur mon radar un pic de discussion dont l’essentiel, en gros, se résume à ceci : Big Tobacco, Big Pharma et plein d’autres big tentent actuellement de contrôler le marché légal du cannabis. 

Et je n’ai même pas encore nommé Amazon qui a déjà le plus grand réseau au monde pour distribuer rapidement n’importe quoi… Si on regarde ce qu’Uber a réussi à faire ou à défaire au cours des dernières années, l’hypothèse d’une mainmise par quelques géants sur l’industrie du cannabis n’a rien de farfelu.

L’argument omniprésent dans ces discussions est simplissime : après la prohibition de 1919 aux États-Unis, chaque État a pu passer de lois et des règlementations qui ont su empêcher toutes formes d’intégration verticale. Non seulement la santé publique fut protégée, les niveaux de consommation le prouvent, mais ce formatage a permis l’émergence d’entreprises petites et moyennes qui ont longtemps pu prospérer. Cependant, le lobbying étant l’arme des dominants, il y a eu une reconsolidation de l’industrie de l’alcool partout dans le monde. Au Canada, j’aime le répéter, l’alcool, c’est 400 hospitalisations et 10 morts par jour. Si le cannabis tuait autant de monde, on mettrait en prison les producteurs autorisés canadiens. 

On voit donc apparaitre des groupes de juristes qui disent qu’il faut dès maintenant s’assurer que le marché américain du cannabis ne soit pas contrôlé par quelques conglomérats. Certains influenceurs se moquent de cet activisme. D’autres prédisent encore pire. Quand on voit les efforts déployés par YouTube pour éradiquer le contenu cannabis de sa plateforme, il est évident que certains BIG agissent déjà selon leur propre intérêt. La vraie question est YouTube protège quoi? La jeunesse ou ses revenus?

Est-ce que vous croyez que ce type de raisonnement relève du complotisme? Si oui, faites-moi signe. Pour l’instant, les producteurs canadiens font amplement la démonstration que l’intégration verticale n’est pas à la portée du premier venu. 

OK, on s’en va flâner ailleurs… 

Vous avez entendu parler du refus de la SQDC de distribuer et de vendre les produits de cannabis qui utilisent l’ex-boxeur Mike Tyson comme porte-parole. Certains médias ont félicité la SQDC de ne pas transiger avec lui tandis que d’autres lui ont reproché. Vous savez sans doute aussi que l’un des produits signatures de Tyson est un mangeable en forme d’oreille à laquelle il manque un morceau. C’est qu’il a déjà mordu l’oreille d’un boxeur lors d’un combat. Le nom du produit est brillant : «Mike Bites» 

Certains États américains interdisent, je pense à la Californie, tout produit du cannabis ayant la forme ou portant l’empreinte de la forme, réaliste ou caricaturale, d’un être humain, d’un animal, d’un insecte ou d’un fruit. Dans un secteur économique qui fait encore appelle à des babe bong, le fait que Tyson ait été condamné pour viol ne semble pas déranger beaucoup. Là aussi par contre, il y a des changements réels de mentalités et ce qui était normal il y a 3 ans ne passe plus en 2022. 

SFX

Vous avez lu l’article de La Presse publié lundi? Le titre était Cannabis médicinal Le programme fédéral détourné par le crime organisé. D’abord, il faut remarquer la taille du projet. J’ai compté 3087 mots. Un texte habituel dans ce journal fait 1000 mots. Mais cette fois-ci on parle de journalisme, pas d’une chronique d’opinion. Le Journal de Montréal a fait exactement le même topo il y a deux ans. Le contexte politique, par contre, est totalement différent. Santé Canada est tenu par la Loi sur le cannabis fédérale d’organiser cette consultation. Au même moment, la SQDC fait son propre sondage. Un sondage très ambitieux qui devrait lui permettre de mieux comprendre son marché. Pas pour vendre davantage, juste pour mieux vendre. L’article de La Presse propose des statistiques intéressantes, entre autres. Mais je dois avouer que j’ai éclaté de rire plutôt que de pleurer en lisant certains propos relayés par l’article. Non, je n’ai pas éclater de rire quand j’ai lu que le marché noir était en croissance. Ce n’est pas parce que je le dis depuis des années que je me réjouis. Non ce qui m’a fait rire est l’absence totale de jugeote de l’Association des directeurs de police du Québec, l’ADPD et l’absence de réactions des journalistes élites de La Presse. L’ADPQ se plaint de la situation du cannabis médical. Je ne dis pas qu’elle a tort. Au contraire. Sur les réseaux sociaux, à ciel ouvert quoi, des gens prouvent tous les jours que les abus sont nombreux et connus de tous dans le programme médical. Mais va-t-on interdire les véhicules moteurs parce qu’il y a des conducteurs dangereux, sans empathie et ivres. Jamais et c’est bien ainsi. Là, je vais citer le passage qui m’a fait rire…

Les dirigeants de l’association ne veulent pas pénaliser les consommateurs qui ont besoin de cannabis à des fins médicales, mais ils réclament un moratoire sur la délivrance des certificats d’inscription et la formation d’un comité pour harmoniser les mandats de la sécurité publique et de la santé dans l’approvisionnement du cannabis à des fins médicales.

Ils demandent également que la réglementation actuelle soit abrogée et recommandent que les détenteurs d’une ordonnance qui habitent au Québec s’approvisionnent uniquement à la Société québécoise du cannabis (SQDC).

C’est gentil ça, l’ADPQ ne veut pas pénaliser les gens malades. Elle veut seulement les envoyer s’approvisionner les succursales en grève… ou dans les succursales ouvertes il n’y a pas un seul être humain formé adéquatement pour des malades. PAS UN.

Pourquoi pas alors une opération a cœur ouvert dans une pharmacie Jean Coutu? Y’a plein de monde compétent sur le plancher, plein d’universitaires avec des diplômes et en général, il y a un bureau de médecins juste un étage plus haut pour prescrire des pilules. Évidemment vous sentez la caricature… 

Le reportage relaie la parole de l’ADPQ sans la questionner. Avouez que c’est un peu normal. La police c’est elle qui normalement est payée pour poser des questions. Attendez-vous une réaction de la profession médicale aux recommandations de l’ADPQ? Pas moi. 

L’industrie peine à survivre. On lui jette des grenailles pour le moral. Quelle tristesse. Les patients? Qu’ils se débrouillent.

En même temps, on apprend qu’un audit interne au ministère des Anciens Combattants révèle que le ministère aurait pratiquement perdu le contrôle du programme de cannabis thérapeutique pour les vétérans.

Pas de supervision, pas d’encadrement et même pas de données probantes sur les bénéfices pour la santé des vétérans. Cela me fait penser au récent gouvernement libéral provincial qui donnait trop d’argent aux médecins québécois, mais sans jamais pouvoir le réclamer faute d’avoir noté adéquatement les remises d’argent. Plouc 101.

SFX

Si vous êtes passionné par le cannabis et son écosystème, vous avez compris que le pourcentage de THC est devenu un outil de marketing. Alors que la science nous informe de l’importance des terpènes dans le buzz et de l’immense complexité de l’effet d’entourage, le manque d’information laisse les consommateurs croire que le cannabis est comme l’alcool où il existe un lien de causalité réel entre le pourcentage d’alcool et l’inévitable intoxication. 

Dans ce contexte, il existe maintenant dans l’industrie québécoise du cannabis un niveau de suspicion, de méfiance, de défiance et de scepticisme face aux rapports de laboratoires. Certains acteurs de l’industrie accusent plus ou moins ouvertement certains laboratoires de fournir des rapports de complaisance. Je suis en train de monter un épisode sur le sujet. On va s’en reparler. En attendant, pour ne froisser personne, on peut parler d’un exemple bien documenté ailleurs. Et j’ai choisi la Floride parce que les Québécois y sont un peu chez eux. Au minimum, nous y sommes en terrain connu alors que si je parle du Luxembourg ou de la Croatie, c’est plus vague.

Les autorités de la Floride, consciente de l’importance de son marché dans lequel il faut compter 100 millions de touristes par an, et bien les autorités ont décidé de mettre fin a ce qu’on appelle le Lab shopping qui permet aux producteurs de cannabis d’obtenir le taux qu’ils désirent. 

Quand les consommateurs commencent à douter du travail des labos, et c’est ce qui se passerait en Floride, c’est toute l’industrie qui est a risque. C’est aussi un clin d’œil inutile au marché noir qui n’a pas besoin de ce genre d’encouragement pour prospérer. Pourquoi les labos sont-ils complaisants? Pour rester en affaire. 

L’éditeur de MJBizDaily, Bart Schaneman a récemment documenté toute l’histoire. On a ainsi appris que l’Office of Medical Marijuana Use (OMMU) de la Floride a imposé à deux labos des amendes de 20 000 $ pour usage de méthode non conforme à la réglementation. On les accuse rien de moins que d’avoir fournis de certificats d’analyse faux et inexacts.

Des labos concurrents se plaignent de perdre des parts de marché parce que leurs analyses indiquent systématiquement des niveaux plus bas de THC. C’est comme si la science était au service du marketing… Et tout indique que la compétition entre les laboratoires ne fait que commencer. 

Est-ce que les labos vont se battre uniquement sur les prix? Non. Un nouvel élément de différenciation existe. Oui, la rapidité du traitement des échantillons serait devenue un facteur très important pour l’industrie. 

Dans ce phénomène de lab shopping, quel genre d’écart peut-on voir? C’est ÉNORME… On parle de 10 % d’écart. Un produit annoncé à 30 % de THC serait en réalité à 20 %… La marge d’erreur type pour ce genre de test est de 5 %. 

Si vous êtes un voyageur fréquent sut toPot, je ne vous apprends rien. On a en discuté dans l’épisode #57. Entre autres. Il est important de rappeler que si les labos sont une partie de l’équation, les producteurs autorisés ont la responsabilité de proposer des échantillons représentatifs de leurs récoltes… Et là aussi, c’est n’importe quoi, car même en toute bonne foi, il n’y a aucune méthode standard d’échantillonnage pour l’industrie canadienne. Santé Canada n’a pas jugé bon d’imposer un protocole précis. Donc entre les différents protocoles et les simples abus, il y a une marge de progression pour protéger les consommateurs et créer une compétition saine.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ, merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis-lui bonjour de ma part! OK Merci.

OK je me ramasse.

Je pense que je vais conclure avec une autre nouvelle qui m’a fait rire… Oui. Le sport et le cannabis sont une source inépuisable d’amusement et de mise à nu des niaiseries extraordinaires dont sont capables les États-Unis. 

L’Agence mondiale antidopage, l’AMA en français et la Wada en anglais, et bien elle a décidé que le cannabis est toujours une substance interdite. Depuis que l’AMA existe, les américains ont milité très activement que le cannabis demeure une substance interdite. Malgré leurs pleurnichements quand la sprinteuse américaine Sha’Carri Richardson fut exclue des Jeux olympiques de Tokyo pour avoir consommé du cannabis.

Le comité exécutif de l’AMA a décidé de maintenir l’interdiction parce que la consommation de ce produit violerait l’esprit du sport… Avant 2021, un athlète positif à une drogue récréative était suspendu 2 ans… Ça coute cher le joint hein! Aujourd’hui on parle d’une suspension de 1 à 3 mois si ma mémoire est bonne ou pas trop grippée.

L’ironie est palpable. D’un côté, la science médicale doute globalement de l’efficacité du CBD et du THC, il suffit de regarder ce qui se passe dans la grande expérimentation française qui va d’échec en échec et de l’autre, l’AMA qui affirme que le cannabis nuit à l’équité sportive. Expliquez-moi quelqu’un! 

Et je vais en rajouter une couche pour bien montrer la différence de traitement selon que les molécules incriminées viennent d’une plante ou d’un laboratoire. Je m’intéresse depuis quelques années à une drogue qui s’appelle Tramadol. Le tramadol a longtemps été en vente libre. Tu pouvais ramasser ça juste à côté de la mélatonine. Pourquoi cette drogue m’interpelle? Parce que les équipes de cyclisme professionnelles en fournissaient comme des smarties à leurs coureurs sans même se cacher même s’il s’agit d’un opioïde très dangereux. Les conséquences furent et sont toujours spectaculaires… Quand tu vois un coureur qui tombe en montant un col à 25 km/h, tu te dis forcément que quelque chose cloche. Des coureurs oublient de prendre un virage dans une descente, tu te poses des questions. Le champion américain Tyler Phinney avait alerté les autorités en 2012, cela fait donc 10 ans… Le cycliste canadien Michael Barry en parle dans son autobiographie. Barry courait pour l’équipe anglaise Sky. Voici son témoignage…

Quand je me suis cassé des côtes sur chute au deuxième jour du Tour de France, j’ai pris du Tramadol pour calmer la douleur. Il m’a fait ressentir une légère euphorie. Je ne ressentais aucune douleur aux jambes. Je pouvais appuyer plus fort que d’habitude sur les pédales. Cela améliorait autant la performance que n’importe quel produit dopant que j’avais pris, avec une différence de taille : c’était légal.»

Les cyclistes ne sont pas les seuls athlètes à consommer sans raison ce genre de produits. Dans une récente coupe du monde de football, 39 % des joueurs ont déclaré prendre des antidouleurs comme le tramadol avant de jouer. Le cyclisme est un sport extraordinaire à gérer par des ploucs et contrôlé dans les faits par 2 ou 3 organisations dont le groupe de presse Amaury, propriétaire du journal l’équipe. Comme il n’existe aucun syndicat pour la défense des coureurs, quand un athlète est coincé, on le jette sous l’autobus sans problème. Par contre, les coureurs finissent toujours par parler. Alors tout se sait un jour ou l’autre. Alors que dans le hockey, on ne sait toujours rien de ce que pouvait consommer les joueurs à l’époque de Maurice Richard… Et j’ai aussi quelques un vidéo d’un compteur de 50 buts et ancien entraineur d’une équipe assez connu au Québec déclaré en direct à la télévision que pendant les éliminatoires de la coupe Stanley, les joueurs, entre les périodes supplémentaires recevaient des transfusions sanguines. À sa décharge, il parlait probablement de solutés. L’autre commentateur, également entraineur de plusieurs grandes équipes a tenté de diffusé la tension en disant que dans une situation similaire, ses joueurs mangeaient de la pizza. Je viens de réécouter le vidéo pour être sûr que mon souvenir est précis. Manger de la pizza pour récupérer entre les périodes supplémentaires de la coupe Stanley. C’est fort. Le plus intéressant, c’est l’absence totale de réaction de la presse sportive et de la presse tout court.

Je reviens au tramadol et au cycliste canadien Michael Barry.

Un médecin français a répondu à l’époque aux commentaires de Barry et là je cite texto Gerard Guillaume le médecin de l’équipe FDJ :

«Comment Michael Barry, avec tout ce qu’il prenait, pouvait faire la différence entre l’effet de l’EPO, des hormones de croissance, des corticoïdes et du Tramadol

Ce genre de commentaires est exclusif au vélo. Peut-être dans le bodybuilding aussi, mais je ne m’avancerai pas davantage. Vous comprenez ce que je dirais.

Alors Luc accouche… C’est quoi le lien entre le tramadol et l’interdiction du cannabis? On flâne, on flâne.

L’usage du tramadol est de plus en plus restreint. Pour des raisons de santé publique évidentes.

Mais l’AMA, avec sa sagesse légendaire a annoncé que l’antidouleur tramadol sera ajouté à la liste des substances interdites aux athlètes en compétition à partir de… 2024. Il est urgent d’attendre…  

Pendant ce temps-là, les États-Unis font des pieds et des mains pour rapatrier Brittney Griner la basketteuse américaine emprisonné en Russie pour possession de cannabis. Tant mieux pour l’athlète qui ne mérite pas ça. En même temps, il suffit de lire les nouvelles, les autorités américaines arrêtent des sportifs sur leur territoire pour possession de cannabis. Ils font exactement comme les Russes, mais avec leurs propres citoyens…

Le 4 aout 2022, le récent retraité de la NBA, Iman Shumpert a été arrêté pour possession de cannabis à l’aéroport international de Dallas Fort Worth. 

Ainsi va la vie!

Et voilà, c’était le 120e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

136 Pot flânage (2023.01.25)

136 Pot flânage (2023.01.25)

Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

135 Pot flânage (2023.01.18)

135 Pot flânage (2023.01.18)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

134 Pot flânage (2023.01.11)

134 Pot flânage (2023.01.11)

Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

133 Pot flânage (2023.01.04)

133 Pot flânage (2023.01.04)

L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

132 Pot flânage (2022.12.21)

132 Pot flânage (2022.12.21)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

#119 Pot flânage! (2022.09.21)

#119 Pot flânage! (2022.09.21)

Aujourd’hui, on va flâner. 

Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile.

Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le high du coureur, les mangeables, le pot extérieur versus le pot intérieur… Vous voyez le genre. Tous des sujets que j’ai déjà abordés. Mais j’ai envie de papillonner. OUI, papillonner comme dans une discussion plus informelle. Une discussion avec des chums au coin d’une table. Oui, un café, un bat. On discute. J’aimerais faire ça en direct un jour en prenant vos appels… Un jour. 

Je me demande même si je pourrais faire des pauses musicales… Je vais en mettre une dans cet épisode et vous me direz ce que vous en pensez.

Donc, cette semaine, on flâne ensemble avec une thématique très, très large. Oui, on discute en flânant de la croisée des chemins pour l’industrie du cannabis. On flâne, mais vous allez pouvoir consulter des liens pour tous les sujets dont je vais parler. On flâne, mais on flâne en pro…

Alors on flâne. À zéro on commence 3-2-1 ZÉRO.

Transcription Intégrale de l'épisode #119

#119 Pot flânage! (2022.09.21)

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, on va flâner. 

Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile.

Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le high du coureur, les mangeables, le pot extérieur versus le pot intérieur… Vous voyez le genre. Tous des sujets que j’ai déjà abordés. Mais j’ai envie de papillonner. OUI, papillonner comme dans une discussion plus informelle. Une discussion avec des chums au coin d’une table. Oui, un café, un bat. On discute. J’aimerais faire ça en direct un jour en prenant vos appels… Un jour. 

Je me demande même si je pourrais faire des pauses musicales… Je vais en mettre une dans cet épisode et vous me direz ce que vous en pensez.

Donc, cette semaine, on flâne ensemble avec une thématique très, très large. Oui, on discute en flânant de la croisée des chemins pour l’industrie du cannabis. On flâne, mais vous allez pouvoir consulter des liens pour tous les sujets dont je vais parler. On flâne, mais on flâne en pro…

Alors on flâne. À zéro on commence 3-2-1 ZÉRO.

Le regroupement d’affaires qui est censé veiller aux intérêts de l’industrie du cannabis recevait le mardi 20 septembre ses membres dans le cadre de l’Assemblée générale Annuelle. On y a présenté un PLAN STRATÉGIQUE 2022-2024. On y reviendra peut-être dans un futur épisode. Ce qui a davantage retenu mon attention est le nouveau code d’éthique qui fait 8 pages. On y retrouve un Préambule, les Responsabilités, devoirs et obligations des membres et finalement une présentation du Comité de discipline. Il y a toute une section sur les conflits d’intérêts. On va surement en entendre parler dans les mois à venir. Je m’intéresse particulièrement à la place que l’on fait pour la microproduction au Québec. Donc un gros dossier à suivre.

Mais c’est quoi le flânage? Dans le contexte de la venue au Québec de la Cour suprême du Canada pour l’affaire des 4 plants maison, j’ai pensé que cela serait drôle de connaitre la définition en droit du flânage. C’est drôle, mais ce matin, je réalise que la Cour suprême du Canada a le même acronyme que les Clubs Sociaux de Cannabis (CSC). 

Donc, si quelqu’un vous accuse de flâner, cela veut dire quoi? 

Vous avez déjà demandé à un policier de vous définir le flânage? Ahhh vous n’avez jamais été arrêté par la police. Moi, une seule fois. J’avais 7 ans et j’avais volé des pommes… Mais je ne flânais pas. Donc…

Au Québec, la définition du flânage apparait en 2012. Jusqu’à cette date, chaque municipalité faisait respecter son règlement d’interdiction de flânage de façon arbitraire. Beaucoup de flou et de mou dans la corde… Puis en 2012, un incident à Québec va permettre à la cour de municipale de la même ville d’apporter sa pierre à la construction du droit au Québec. Alors rapidement, une fois c’est un gars de Québec qui décide de se faire bronzer en «string» près du fleuve. La police décide de l’accuser de flânage. Yvan Pouliot, c’est le nom du monsieur qui sera acquitté de l’infraction et la Cour municipale de Québec s’est tout de même longuement questionnée sur l’interprétation du terme «flânage». L’article 5 du Règlement municipal de la ville de Québec disait ceci :

«5. Il est interdit à une personne, sans motif raisonnable dont la preuve lui incombe, de flâner, de vagabonder ou de dormir dans une rue ou dans un endroit public.

Aux fins du présent article, est considérée comme flânant ou vagabondant, une personne qui se trouve dans un des lieux mentionnés au premier alinéa, sans l’autorisation du propriétaire ou de l’occupant des lieux. La preuve de cette autorisation incombe à la personne considérée comme flânant ou vagabondant. […]»

Le tribunal à regarder le Petit Larousse pour s’informer de la définition du mot qui est : 

… se promener sans but, au hasard; avancer sans se presser. Paresser, perdre son temps.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mais cela ne suffit pas. Le tribunal s’intéresse ensuite à la jurisprudence des cours d’appel du Québec et de l’Ontario. Après avoir accompli cette recherche, le Tribunal livre sa propre définition : flâner est le fait de traînasser à un endroit, en mouvement ou non, sans justification.

Le bronzé sera donc acquitté puisqu’il était dans un endroit public offert au public. Les policiers se feront aussi rabrouer pour avoir donné un constant d’infraction reliée à une épidémie d’exhibitionnisme dans la région. Voici texto ce que dit le jugement.

Par ailleurs, la simple présence du défendeur à cet endroit, un jour d’été, à 17 heures, ne peut constituer du flânage. Les circonstances de lieux, de jour, d’heure et d’autorisation du propriétaire ne permettent pas de conclure que le défendeur flâne à cette occasion.

Alors si on vous arrête pour flânage, vous avez déjà quelques munitions pour discuter en douceur avec les forces de l’ordre.

Est-ce que cela serait drôle si je segmentais notre flânage avec un thème musical?

SFX

Dans un autre ordre d’idée, j’ai acheté une once de fleur bio récemment. Mais je l’ai acheté au médical. OUI totalement légalement. Il y avait une différence de prix de 40 $… C’est ma surprise personnelle du mois et peut-être même du trimestre.

SFX

Est-ce que vous fréquentez les réseaux sociaux pour vous informer auprès des influenceurs qui font de critiques/reviews sur les réseaux sociaux?

Il y a actuellement une forme de ressac d’après ce que je peux comprendre de leurs discours. Je ne parle pas d’une personne en particulier. Je parle de plusieurs personnes qui avaient des épisodes YouTube avec des audiences de 30 000 ou 40 000 personnes au début de la légalisation. Ils disent, eux hein, pas moi, ils disent donc qu’ils n’ont plus cette capacité d’attraction parce que YouTube a changé ses algorithmes. Pourquoi? Peut-être l’influence des États-Unis, un pays qui résiste de toutes ses forces à la légalisation du cannabis. 

Hey merci MJ!

Au final, peu importe les raisons, le paysage est en train de changer. On assiste aussi à une professionnalisation du contenu. Meilleure captation vidéo et audio et surtout une postproduction PLUS ambitieuse. 

Le modèle d’affaire de l’influenceur/critique est en transformation. C’est rendu que les gens évitent de prononcer le mot cannabis pour être entendu par leur audience. Quel impact ces changements auront-ils sur l’industrie du cannabis? Je ne sais pas, mais il est sûr qu’il existait certains pipelines pour emmener l’information du PA à la clientèle. Ce modèle sous-terrain existe toujours, mais il est en mutation. 

Je note également que l’audience des sites de critiques sur FB et sur le web en général se transforme. Le nombre de membres par groupes augmente et c’est peut-être le résultat d’une migration de l’audience des influenceurs/critiques vers ces plateformes. Par contre, simultanément, le nombre de personnes présente en ligne sur ces plateformes semblent avoir dramatiquement diminué. 

J’y vois plusieurs raisons. Les voici en vrac :

  1. Les nouveaux consommateurs de cannabis savent maintenant le minimum nécessaire pour acheter avec plaisir et discernement. Le site de la SQDC n’est pas parfait, mais il est suffisamment étoffé pour faire un peu d’éducation. 
  2. Les échanges sur FB et Reddit par exemple peuvent être une expérience contrariante. Je vois tous les jours des gens qui disent taire leur préférence et préférer ne pas s’exprimer, car les réponses de certaines personnes, souvent les mêmes, sont vulgaires, inappropriées et démotivantes. Quand des adultes ont peur de se pogner avec des malotrus, c’est le début de la fin d’une communauté.
  3. La clientèle ciblée par les producteurs autorisés n’est pas dans ces groupes. Un PA n’a pas besoin des vociférations de 30 personnes qui bashent son produit. Il préfère une clientèle comme celle de la SAQ. Quand un client de la SAQ achète une bouteille de vin bouchonnée, il ne se plaint pas sur internet. Il en discute avec son conseiller la fois d’après. Ces groupes vont, à long terme, se transformer et certains vont disparaitre. J’ai en tête deux ou trois énergumènes qui géraient des groupes sur FB en professant leur ignorance de toutes leurs forces. Ces groupes ont disparu et leurs administrateurs, qui n’étaient que des tijoe connaissants, ont disparu ou se sont pacifiés pour survivre à leur passion.
  4. Certains groupes sont noyautés par des membres de l’industrie. Le jupon finit toujours par dépasser et les membres ne sont pas aveugles.
  5. Et finalement et peut-être le facteur le plus important, l’émerveillement initial s’est peut-être émoussé. Ce qui était interdit est maintenant légal.

Même la plateforme twitter s’est vidée de son contenu de cannabis. Pour moi, la plus belle plateforme est LinkedIn. Pourquoi? Je croise parfois le même monde que sur FB, mais je croise aussi des entrepreneurs, des chimistes, des maitres cultivateurs, toutes sortes de monde relié directement à l’industrie.

Je vous donne un exemple. Je me pose une question depuis 3 ans : quel est le taux maximum de THC possibles dans une fleur de cannabis? Grâce à FO Hébert qui est venue deux fois sur toPot, j’ai eu un nom. Celui de Davoud Torkamaneh. C’est un généticien/génomicien spécialisé dans le cannabis. Je l’ai trouvé sur LinkedIn. Bing Bang. Une semaine plus tard, toPot recevait le chercheur pour lui poser quelques questions. Pour les curieuses, l’entrevue sera bientôt diffusée sur Bon Stock. Si vous n’êtes pas un voyageur fréquent sur toPot, Bon Stock est un magazine numérique dédié au cannabis que je viens de lancer. On le retrouve @ www.bonstock.quebec.

OK, puisqu’on parle de transformation, il faut parler de l’Allemagne et l’industrie canadienne du cannabis qui se demande si l’Allemagne va la sauver. Et l’industrie canadienne répète comme un mantra. On a l’avantage du premier arrivé… On a l’avantage du premier arrivé… On a l’avantage du premier arrivé…

Si l’Allemagne ouvre ses portes aux producteurs, est-ce que le Canada obtiendra la prépondérance des commandes? L’industrie canadienne est à genoux et ce n’est pas pour prier. Les quelques grands qui sont déjà en Allemagne se croisent les doigts. Cette fois-ci, c’est peut-être pour prier. L’Allemagne pourrait être le premier pays de l’Union européenne à légaliser cette drogue à des fins récréatives. Avec la meilleure économie en Europe et le double de la population canadienne, le marché allemand pourrait être une bouffée d’air frais pour quelques compagnies.

Je dis quelques compagnies, car pour exporter en Allemagne, coucou, il faut avoir une entreprise aux standards EU-GMP. GMP veut dire Good Manufacturing Practices. Et l’industrie canadienne n’a pas cru bon d’y croire dès le début. Ou elle y a cru, mais elle n’en avait pas les moyens. DONC, pour l’immense majorité des entreprises canadiennes dans le cannabis, l’Allemagne n’est même pas un rêve. C’est juste une impossibilité.

La légalisation est sur les rails, mais la gare n’est pas en vue. Le meilleur horizon, c’est 2024. Donc pas sauvetage de vie avant 2024 et plein d’entreprises ne seront plus en vie alors. Le marché potentiel allemand évalué à 400 tonnes fait saliver, car il ne s’est vendu que 100 tonnes de cannabis au Canada lors de la première année de la légalisation. 

En plus, l’Union européenne est inquiète, ce qui risque de ralentir tout le processus. C’est d’ailleurs exactement comme aux États-Unis ou Biden a été élu en promettant la légalisation et il a fait exactement l’inverse.

Terry Booth, l’ex-PDG d’Aurora Cannabis toujours actif dans le cannabis avance que l’Allemagne allait «être plus dure que le Canada» en termes de lois et règlementations. Non, l’herbe n’est jamais plus verte chez le voisin.

Le plus drôle ou triste c’est la récente bévue monumentale de Tilray. Oui Tilray a enjolivé dans un communiqué de presse la semaine passée, sa rencontre avec les responsables allemands de la lutte contre la drogue. 

On a fait une table ronde avec les autorités allemandes pour donner le coup d’envoi d’un projet de légalisation pour le cannabis non médical à déclarer Tilray, en citant hors contexte ou tout croche, le commissaire pour les questions de toxicomanie et de drogue, M.Burkhard Blienert

La réponse allemande n’a pas tardé… 

Non, il n’y a pas de table ronde avec Tilray à répondu le porte-parole de Blienert à MJBizDaily. 

«Le contenu du communiqué de presse n’est tout simplement pas correct. Nous ne minimisons pas la réunion, car il n’y a pas de coopération et il n’y en aura pas non plus avec Tilray. A aucun niveau pour être clair».

Il serait peut-être utile de savoir qui vend à l’Allemagne à part le Canada qui croit y voir une chasse gardée :

×

Import Country

Amount in kilograms

Canada

6493

Denmark

3726

Netherlands

3,724

Portugal

2413

Australia

1566

Uruguay

848

Spain

705

Uganda

439

Austria

288

Columbia

149

Qui va être le premier pays à dépasser les ventes du Canada en Allemagne? S’il y a une guerre des prix, la Colombie va gagner. Si on parle de faire tourner la machine à profit, je vote pour les Pays-Bas. Les Hollandais sont les gens les plus pragmatiques au monde. Mais c’est une saga pour une autre fois.

On flâne qu’on disait… Alors que sait-on des Perceptions des praticiens de la santé sur les obstacles aux pratiques de prescription du cannabis?

On sait certaines choses parce que c’est aussi le titre d’une étude publiée récemment. Les résultats sont intéressants. Comment ça fonctionne une telle étude? C’est très simple. Une équipe produit un questionnaire qui est diffusé par 24 organisations. 70 personnes l’ont remplie le questionnaire. 71 % étaient des médecins ou des résidents en médecine, tandis que les autres étaient des infirmières, des pharmaciens ou d’autres professionnels de la santé. 

Alors que nous apprend cette recherche?

  1. Seulement (6 %) des répondants ont reçu une formation sur le cannabis médical dans une école professionnelle, mais 60 % ont reçu d’autres formations comme des ateliers, des conférences). 
  2. Plus de la moitié (57 %) ont reçu plus de questions sur le cannabis médical depuis la légalisation du cannabis récréatif, 
  3. 82 % des répondants ont déclaré avoir des patients qui utilisent le cannabis médical. 
  4. Par contre, 56 % se sentaient mal équipé pour discuter de cannabis médical 
  5. 27 % ne connaissaient pas les conditions d’obtention du cannabis médical au Canada. 
  6. Selon eux, les symptômes les plus courants pour recommander le cannabis médical sont la douleur et la nausée
  7. Les conditions les plus courantes pour le recommander sont le cancer et la douleur chronique. 
  8. L’obstacle le plus important à l’autorisation du cannabis médical est l’incertitude quant à la posologie et aux voies d’administration sures et efficaces. 
  9. L’obstacle le plus important à la recommandation ou à l’autorisation du cannabis médical est le manque de données de recherche démontrant son innocuité et son efficacité. 
  10. Conclusions : Nos résultats suggèrent que les professionnels de la santé de tout le Canada qui ont répondu à notre enquête ne sont pas familiers avec les sujets liés au cannabis médical. 

Vous savez que la reine anglaise est morte. Vive la reine. Pardon, vive le fils.

Pendant qu’il y a un changement de garde au Palais, Liz Truss, le nouveau Premier ministre britannique à décider de mettre un stop à la légalisation du cannabis aux Bermudes.

Oui, à peine entrée en fonction, Truss a refusé de donner son autorisation pour le passage d’une une «loi cannabis» aux Bermudes.

Les législateurs locaux ont approuvé un projet de loi, mais il a été mis sur la glace en attente de l’approbation du gouverneur du territoire nommé par le Royaume-Uni.

Mme Truss a été expéditive, car le jour de sa prise de fonctions, elle a informé Rena Lalgie, le gouverneur des Bermudes nommé par le Royaume-Uni, de ne pas approuver le projet de loi tel qu’il est rédigé.

Les 60 000 habitants des Bermudes profitent de la légalisation du cannabis médical depuis 2016. Dans un esprit d’apaisement ou peut-être pour le tourisme, les Bermudes ont aussi dépénalisé la possession personnelle jusqu’à sept grammes.

Allons-nous assister à une crise constitutionnelle entre le Royaume-Uni et les Bermudes?

Le premier ministre des Bermudes David Burt croit que ce refus d’accorder la légalisation du cannabis va nuire gravement aux relations entre les deux pays.

Oui, mais le Canada n’est-il pas l’exemple parfait d’un pays qui a envoyé paitre le Royaume-Uni? Est-ce que les Bermudes pourraient venir demander conseil au Canada?

On revient flâner au Canada… pour examiner un paradoxe.

 Notre marché national du cannabis, c’était 3 milliards $ en 2021. Juste derrière la production de canola et de blé, mais nez à nez avec le soya. Les spécialistes qui ont tout croche depuis les débuts de la légalisation estiment que le marché du cannabis atteindra 8 milliards en $ dans 3 ans.

Mais contrairement aux canola, blé et soya, le cannabis est la production qui offre le plus grand retour sur l’investissement, et bien le cannabis n’est pas encore une plante domestiquée. Mais l’Université de Laval a engagé le génomicien Davoud Torkamaneh pour s’attaquer à ce problème. C’est le même Davoud dont je vous parlais au début de l’épisode. J’ai hâte de publier son entrevue.

On continue de flâner un peu?

Vous savez c’est quoi un EBITDA ou BAIIDA in french?

Le BAIIDA, ce sont les BÉNÉFICES avant intérêts, impôts et dotations aux amortissements. En anglais, c’est le Earnings before interest, tax, depreciation and amortization (EBITDA). 

La force du ratio BAIIDA, c’est qu’il permet de mesurer les performances d’une entreprise en excluant les décisions de financement ou l’environnement fiscal. C’est LE ratio phare. Or la plupart des grandes entreprises canadiennes dans l’industrie du cannabis ont un BAIIDA négatif depuis le jour 1. Rien de rassurant. Surtout qu’un BAIIDA négatif sur plusieurs trimestres est considéré comme catastrophique.

Le BAIIDA EST une très bonne mesure de la rentabilité même s’il ne s’agit pas d’un principe comptable généralement reconnu. Par contre, il est très utile pour comparer la performance des entreprises entre elles. 

Cette mesure qui est très pertinente pour les investisseurs a été mise aux poubelles par l’industrie. Comment? Elle s’est inventé un BAIIDA ajusté… Ça nous prendrait un vrai spécialiste pour explorer ça adéquatement. Je vais conclure ce flânage en vous disant que ces ajustements sont généralement arbitraires et contestables…

La bourse ou la vie disaient les mécréants dans les épisodes de Robin des Bois. Cette la grande bourse qui fait peur ou qui écœurent beaucoup de consommateurs. Sur les réseaux sociaux en tout ça.

Oui, beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux punissent les entreprises qui sont à la bourse… Sont juste la pour l’argent, le lucre comme disaient les avocats dans leur présentation à la Cour suprême du Canada pour les 4 plants maisons. Y connaissent rien à plante… Voyez le genre…

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis lui bonjour de ma part! Ok Merci.

Heureusement, il y a au moins une entreprise qui prouve que ces commentaires ne sont pas ancrés dans la réalité… Et oui, Cannara qui est coté en bourse va de succès en succès tout en retenant la considération d’une forte majorité de consommateurs. Je veux simplement souligner que Cannara vient tout juste de livrer sa première commande en Colombie-Britannique en plus de proposer pour la première fois une cartouche de vapotage. 

Je regardais les ventes les plus récentes à la SQDC hier et Cannara est partout en bonne position. QcGoldtech aussi occupait dans certaines catégories une très bonne place. Entre la haine sur les réseaux sociaux et le gout des consommateurs, il y a une vraie différence de perception que les chiffres de vente exposent facilement.

Parlant de chiffre de vente, bientôt le Canada va revivre un autre Kroptober. Les couts de production en extérieur tournaient au tour de 10 sous le gramme il y a deux ans. Aujourd’hui je ne sais pas, mais nous aurons bientôt des chiffres. Tous les PA qui veulent vendre leur stock pour extraction sont mieux de se dépêcher, car Kroptober va encore une fois avoir un effet à la baisse sur les prix de vente.

Et si on parlait d’environnement une seconde. Au Canada, l’industrie est tellement aux abois qu’elle n’a pas vraiment le temps pour s’en occuper collectivement. Aux États-Unis, différents États ont déjà commencé à réfléchir au problème. Des chiffres circulent déjà sur les couts pour disposer des déchets de production. Mais il y a des solutions plus simples et les exemples sont nombreux au Québec dans d’autres secteurs industriels. Le journal La Presse présentait cette semaine l’entreprise Malté qui produit des shampoings et des savons faits avec les résidus de céréales de l’industrie brassicole. Une microbrasserie produit autour de 70 tonnes de drêche par année. La drêche est si riche en vitamines et en minéraux, que l’industrie de l’alimentation animale l’utilise. Les humains peuvent aussi en manger.

Un jour, bientôt souhaitons-le, l’industrie du cannabis va trouver des débouchés pour ses déchets. J’en parle dans l’épisode #93 sur l’environnement. Le premier produit dérivé qui me vient à l’esprit est le biochar. 

Ok je dois y aller. Merci d’avoir flâné avec moi. Faites-moi savoir si le format vous plait.

Et voilà, c’était le 119e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

136 Pot flânage (2023.01.25)

136 Pot flânage (2023.01.25)

Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

135 Pot flânage (2023.01.18)

135 Pot flânage (2023.01.18)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

134 Pot flânage (2023.01.11)

134 Pot flânage (2023.01.11)

Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

133 Pot flânage (2023.01.04)

133 Pot flânage (2023.01.04)

L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

132 Pot flânage (2022.12.21)

132 Pot flânage (2022.12.21)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

#113 Sexy, le refus du marché légal?

#113 Sexy, le refus du marché légal?

Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas trop. C’est que je vous prépare un nouveau projet. Une sorte de magazine numérique avec beaucoup de vidéo, une infolettre, des textes sur l’actualité… Je vous en reparle à la fin de l’épisode et je vous propose de vous inscrire à l’infolettre Bon Stock pour ne rien rater. Ben oui, ça s’appelle Bon Stock. On ne peut pas faire plus Québécois. Je vous en reparle donc. Pour les impatients, c’est bonstock.quebec .

Que sait-on des gens qui sont fiers de consommer sur le marché noir? 

 Des centaines de fois par jour, des citoyens se font traiter d’épais parce qu’ils achètent simplement des produits légaux… Mais s’agit-il vraiment d’une hargne ou d’un état affectif que je n’ai jamais pris le temps d’identifier? Alors c’est aujourd’hui que j’explore pour comprendre un phénomène qui semble échapper à la raison, à la mienne en tout cas…

Donc, je me suis dit que j’allais comprendre la nature de ma propre réaction… Celle d’un découragement momentané doublé d’un jugement sur ma propre incapacité à répondre efficacement à de telles positions. Évidemment, je ne suis pas en croisade. Qu’un citoyen consomme des produits remplis de merde ou pas ne m’affecte aucunement. Pas une seconde en fait. Qu’il s’agisse de pot ou de mélatonine que Santé Canada ne recommande pas pour les enfants. Je ne dis pas que cela m’indiffère. Je précise que chaque citoyen est responsable de sa consommation. Alors, par où commencer?

Bonne écoute!

Lien pour le rapport des citations!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

136 Pot flânage (2023.01.25)

136 Pot flânage (2023.01.25)

Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

135 Pot flânage (2023.01.18)

135 Pot flânage (2023.01.18)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

134 Pot flânage (2023.01.11)

134 Pot flânage (2023.01.11)

Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

133 Pot flânage (2023.01.04)

133 Pot flânage (2023.01.04)

L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

132 Pot flânage (2022.12.21)

132 Pot flânage (2022.12.21)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

#112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

#112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

Cette semaine, on reçoit sur toPot un entrepreneur québécois qui pourrait travailler dans plusieurs industries différentes! Heureusement, on est chanceux, il a choisi le cannabis! Maxime Paris est donc le fondateur et PDG d’EXKA, une entreprise spécialisée dans la génétique et l’extraction du cannabis. La vision d’EXKA est à la fois simple et complexe : devenir le standard de référence dans le domaine de la génétique et de l’extraction du cannabis.

Et que diriez-vous d’un cultivar qui ferait 37 % de THC?

Nous en discutons dans l’épisode. Et les curieuses vont trouver la fiche technique du Black Mountain Side… 

Le temps de floraison est de 9 à 10 semaines. Peu de feuilles. Pousse au début dans un Jiffy et ensuite dans du coco. La culture peut se faire en bunker, en serre ou en extérieur. C’est un des phénotypes de la variété «Girl Scout Cookies» qui contient du «Durban Poison» et du «0G Kush». Il s’agit d’une variété indica qui a fini à la troisième place de la Seattle Cannabis Cup en 2014. Ses bourgeons très denses sont verts avec des traces de violette. L’arôme du produit est doux et mentholé avec du linalol, de la caryophillene et de la limonène. Les curieuses et les PA intéressés vont aussi trouver dans les notes de l’épisode plusieurs rapports de laboratoire en prime. Merci à EXKA pour ce partage.

Bonne écoute!

LIEN pour le cultivar  37% de THC

https://mbe.io/BMS-EXKA

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

136 Pot flânage (2023.01.25)

136 Pot flânage (2023.01.25)

Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

135 Pot flânage (2023.01.18)

135 Pot flânage (2023.01.18)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

134 Pot flânage (2023.01.11)

134 Pot flânage (2023.01.11)

Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

133 Pot flânage (2023.01.04)

133 Pot flânage (2023.01.04)

L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

132 Pot flânage (2022.12.21)

132 Pot flânage (2022.12.21)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important acteur de la distribution et de la vente légale du cannabis au Québec.

Voici les questions que je lui ai posées :

  • Vous êtes un dirigeant assez discret. Vous pouvez vous présenter succinctement?
  • Après une première année à la tête de la SQDC, de quel résultat êtes-vous le plus fier?
  • La SQDC veut être LA référence de l’industrie du cannabis responsable. Quels faits saillants du bilan 2020-2021 expriment le mieux ce souhait?
  • Le premier paragraphe du bilan annuel évoque le marché noir. Sur ce point précis, la SQDC n’a pas atteint son objectif de 66 %. Pourquoi?
  • Êtes-vous satisfait du succès commercial des producteurs autorisés québécois à la SQDC?
  • Comment et pourquoi la SQDC a-t-elle bonifié les espaces réservés aux produits afin que ses magasins soient adaptés à l’enrichissement du catalogue de produits?
  • Le succès de “Cliquez et ramassez” se mesure comment?
  • Pourquoi le volet Accessibilité est-il si important pour la SQDC?
  • Comment les concepts de rotation et de pépinière vont bénéficier à la clientèle de la SQDC?
  • Les microproducteurs québécois représentent moins de 1 % des ventes de la SQDC. Quels sont vos plans pour les aider?
  • Seulement 6 % des ventes de la SQDC sont effectuées en ligne. Est-ce que vous avez l’ambition de revaloriser cette filière?
  • Les charges nettes ont augmenté pour le dernier exercice. Quelles sont les conséquences pour la SQDC (grèves, etc.)?
  • Quel est le bilan environnemental de la SQDC?
  • La question du public : Pourquoi tout le monde est carté? 😉

    Bonne écoute!

    LIEN:

    Connaissez-vous le programme Pépinière de la SAQ?

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

    #110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

    #110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

    Jimbo Jones fait pousser légalement du pot à des fins médicales. Il a une carrière professionnelle normale, mais il reste anonyme pour plein de raisons que j’évoque fréquemment sur toPot… comme le facteur d’acceptabilité sociale qui est plus faible au Québec qu’ailleurs dans le reste du Canada. Cela dit, il ne cache pas ses opinions. Au contraire. Et vous allez voir que son discours est très structuré!

    J’ai construit l’entrevue dans un format classique : le passé, le présent et l’avenir.

    Alors, naturellement, on cherche les premières étincelles…

    Jimbo, comment débute ta relation avec le cannabis?

    #chanvre #cannabis #cannabiscommunity #Quebec #nature #smile #stressrelief #CBD #THC #toPot #QUÉCANN #AQIC #SQDC #JimboJones

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

    #109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

    #109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

    Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je m’intéresse aux nanoémulsions de cannabis depuis au moins l’épisode #62 Les nanoémulsions, le cannabis 4.0?.

    Aujourd’hui, on va donc échanger avec Jean-Christophe Parisien-Lasalle pour comprendre la réalité des nanoémulsions, mais par le prisme d’un producteur autorisé qui a obtenu sa licence de microtransformation le 29 novembre 2019. Parce que je sais que vous êtes aussi curieux et impatients que moi, j’ai immédiatement demandé à Jean-Christophe de nous expliquer dans ses mots, ce qu’est une nanoémulsion…

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

    #108 Inconduite sous influence du cannabis?

    #108 Inconduite sous influence du cannabis?

    Cette semaine, on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis. 

    Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être dans les prochaines minutes dire des choses qui vont irriter vos convictions personnelles. Laissez-moi immédiatement contextualiser les informations que je vais partager.

    L’utilisation que nous faisons des recherches est parfois ridicule. 

    Je vous donne un exemple simple. La première étude dont je vous ai parlé aujourd’hui avec ses 26 participants a été publiée en 2020. Son titre est Effect of Cannabidiol and Δ 9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance A Randomized Clinical Trial.  Je l’ai dit, cette recherche prouve que les effets du THC se dissipent après 4 à 5 heures. La même recherche tendait aussi à démontrer l’absence de dangerosité de la conduite sous l’effet du CBD. Fabuleux non? Oui sauf que les auteurs de la recherche ajoutaient un énorme à leur étude, un bémol ignoré par la presse et tous les partisans du CBD… C’était quoi le bémol? Le voici…

    Cependant, l’ampleur de l’effet pour le cannabis à dominante CBD n’a peut-être pas exclu une déficience cliniquement importante, et les doses testées ne représentent peut-être pas l’usage courant.

    J’ai d’abord été surpris de voir des médias reprendre la nouvelle sans mentionner le bémol de fin. Puis je me suis dit qu’une majorette se contente de suivre la parade. 

    Heureusement d’autres chercheurs ont vu ce bémol… Et je suis heureux de partager aujourd’hui avec vous une recherche qui a été publiée il y a exactement une semaine… Effects of cannabidiol on simulated driving and cognitive performance: A dose-ranging randomised controlled trial. 

    Cette recherche répond au bémol de la recherche précédente. Comment?  Bonne écoute!

    Liens pour l’épisode

    BILAN ROUTIER 2021

    Les caractéristiques socio-psychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool

    Effect of Cannabidiol and Δ9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance

    Driving Performance and Cannabis Users’ Perception of Safety

    Standard operation procedures for conducting the on-the-road driving test, and measurement of the standard deviation of lateral position (SDLP)

    High THC Blood Levels Do Not Equal Increased Intoxication: A Study

    Association of Naturalistic Administration of Cannabis Flower and Concentrates With Intoxication and Impairment

    Les caractéristiques sociopsychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool  Le vidéo

    Les caractéristiques sociopsychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool Le PDF

    Clearing the Smoke on Cannabis

    Transcription de l'épisode #108

    #108 Inconduite sous influence du cannabis?

    INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Segment 0 h

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    • Aujourd’hui, on va discuter d’un sujet à la mode. Un sujet qui revient de plus en plus souvent dans les discussions au fur et à mesure que les médias publient les résultats de recherches. Oui, cette semaine on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis. 

    Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être dans les prochaines minutes dire des choses qui vont irriter vos convictions personnelles. Laissez-moi immédiatement contextualiser les informations que je vais partager. Et laissez-moi vous donner un exemple. Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je suis un cycliste. J’aime le vélo sous toutes ses formes. J’ai un tandem de montagne avec freins à disque. Avec ma belle, on a roulé dans des forets de muscadier, ben oui la muscade pousse dans un arbre. On a fait du dérapage contrôlé sous des cathédrales de bambou. J’ai roulé un peu partout en Europe avec des inconnus et des coureurs du Tour de France. Et c’est à Boucherville que j’ai été le plus souvent agressé par des automobilistes. Au fil des ans, j’ai développé une méthode pour interpeler les fous qui se servent de leur véhicule de deux tonnes pour faire peur aux cyclistes. Quand j’ai l’occasion de répondre à un automobiliste qui m’agresse avec son véhicule, je commence toujours par lui dire bonjour et lui demander s’il a des enfants. Je lui propose alors de me donner son adresse pour que je puisse aller faire un tour sur sa rue pour traiter, en tout respect, ses enfants, sa femme ou sa grand-mère de la même façon. Pas plus, pas moins. Juste traiter les gens qu’il aime de la même façon qu’il vient de me traiter. 

    Pas toujours, mais souvent, je vois le doute sur le visage de la personne pendant une fraction de seconde. 

    Dans mon exemple, je parle d’un homme comme agresseur, mais il ne s’agit pas d’un privilège. Les femmes peuvent avoir des comportements similaires. En fait, j’ai une main qui est plus fragile que l’autre parce que j’ai frappé le capot d’une enseignante du Cégep Édouard Montpetit il y a 20 ans. J’ai eu le malheur de faire mon stop et frustrée d’être retardé d’au moins 3 secondes, elle avait fait mine de vouloir m’écraser en frappant ma roue arrière avec son parechoc avant. 

    Donc, pendant cet épisode, à chaque détour, avant de dire que je surestime certains dangers, j’aimerais vous demander de penser à la personne la plus importante dans votre vie. Votre partenaire, votre enfant, un parent, peu importe. Imaginez cet être cher comme on dit dans les magazines bas de gamme, donc imaginez que la personne que vous aimez le plus au monde est en train de traverser une intersection très achalandée. Vous voyez l’intersection dans votre esprit? C’est clair? OK. Vous voyez la personne la plus importante au monde pour vous au milieu de cette intersection? OK! 

    Et ben maintenant, imaginez que la prochaine voiture qui arrive est conduite par une personne qui vient de consommer du cannabis. L’effet est toujours intense. Pas une affaire folle. Juste un excellent buzz. Un bon buzz. Un conducteur moyen avec une intelligence moyenne comme vous et moi. 

    Si vous ne ressentez aucune tension, vous êtes chanceux. Ou psychopathe. Moi, quand je fais cet exercice mental, je suis tendu. Parce que je sais comment je suis quand je consomme. Je suis bien, évidemment. Mais suis-je le meilleur conducteur que je peux être? Forcément, ma réponse est non. Cela ne veut pas dire que je suis mal. Cela veut simplement dire que je ne pourrais pas, par exemple, réagir parfaitement avec le maximum d’efficacité si la personne que vous aimez le plus au monde s’enfarge dans ses lacets. C’est le principe des accidents. On ne peut les prévoir, mais on peut parfois les éviter. Voilà le principe qui guide ma consommation et la conduite d’un véhicule motorisé. Imaginer que tous les gens qui je vais croiser sont toujours l’équivalent de la personne que j’aime le plus au monde. 

    Ce n’est pas hier que les spécialistes ont commencé à s’intéresser à la conduite automobile avec facultés affaiblies. C’était même le titre d’une conférence qui a eu lieu en 2016. Cette rencontre organisée par l’Association des intervenants en dépendance du Québec, l’AIDQ, était la première rencontre du genre au Québec. 

    D’une façon générale, on assiste à une baisse générale des décès et des blessés auquel auraient surement contribué les nombreuses campagnes de sensibilisation à une conduite prudente. En 2009, la catégorie d’âge 20-24 ans était responsable de 13 % des accidents de la route. Même s’il y a de plus en plus de jeunes conducteurs, en 2019, les 20-24 ans ne causaient plus que 11 % des accidents routiers bien qu’ils ne représentent que 6 % des permis de conduire en circulation au Québec. En 2016, il y avait déjà des tonnes d’inquiétudes reliées à la conduite sous influence. Mais depuis, de 2016 à 2020, le nombre de décès a diminué. de 15,0 % chez les 15 à 24 ans et de 8,5 % chez les 75 ans et plus. Par contre les décès ont augmenté de 27,4 % chez les motocyclistes et de 56,9 % chez les cyclistes. Y’en aura pas de facile.

    Alors si tout va bien ou mieux, pourquoi aborder ce sujet?

    Parce que certaines études qui relativisent la consommation de pot et la conduite d’un véhicule motorisé sont brandies comme des étendards par certains partisans de la cause du cannabis. Je vois de plus en plus de gens se vanter de conduire sous influence tout en brandissant des études qui seraient censées leur donner raison. Or on sait déjà très bien et des tests ont déjà été menés au Québec sur ce sujet, on sait très bien donc que le cannabis peut diminuer le niveau d’attention en plus d’avoir un impact sur la perception et les fonctions psychomotrices. Je pense même que le CAA Québec fait régulièrement ce genre de tests sur simulateur en plus de vrais tests routiers. 

    Est-ce que tous les Canadiens ont un comportement similaire de conduite sous influence? 

    Qu’est-ce que je disais? Ah oui…

    Est-ce que tous les Canadiens ont un comportement similaire de conduite sous influence? 

    Bonne question hein! 

    Dans une étude qui date de 2018, on a demandé à un échantillon de consommateurs de cannabis s’ils conduisaient un véhicule motorisé dans les deux heures qui suivent la consommation. Alors selon vous quelle est la province où les gens conduisent le plus dans les deux heures qui suivent la consommation de cannabis? C’est le Nouveau-Brunswick où 52,4 % des gens interrogés. Et la province où l’on est le moins porté à conduire dans les deux heures qui suivent la consommation de cannabis? C’est le Québec avec 32 %. Les Latins canadiens seraient les plus conservateurs par rapport à conduite sous influence du cannabis. Comment expliquer cela? Je ne sais pas. C’est également au Québec que l’acceptabilité sociale pour le cannabis était la plus faible au moment de la légalisation en 2018. Je ne sais pas si les choses ont évoluées depuis, mais la popularité du parti au pouvoir au Québec me laisse croire que non. 

    C’est le temps de regarder ce que la science a à raconter. Et dans le domaine qui nous intéresse, il y a une recherche phare. Une recherche qui date de 2020 et qui a été réalisé en Australie grâce au projet ambitieux du Lambert Initiative for Cannabinoid Therapeutics dont le but est de faire progresser les traitements à base de cannabinoïdes dans la médecine conventionnelle

     

    Derrière ce projet, il y a Barry et Joy Lambert qui ont fait un don de 33,7 millions de dollars pour la recherche sur le cannabis thérapeutique dans les domaines suivants : l’épilepsie, le cancer, la douleur chronique, l’obésité, les troubles neurologiques et la santé mentale.

    Alors cette recherche, c’était quoi?

    26 personnes en bonne santé vont subir des tests de conduite sur route. 

    Et que veut-on mesurer? Simple. La recherche mesure l’écart type de la position latérale. Dit plus simplement, les chercheurs vont mesurer les déviations des trajectoires et des surcorrections sur la route entre 40 et 100 minutes après la consommation de CBD, de THC ou d’une substance placébo. C’est un test reconnu et utilisé partout dans le monde. Dans le fond il quantifie le zigzagague inutile et inapproprié.

    Alors les résultats paraissent simples : pas de différences dans la conduite entre le CBD et la substance placébo. Par contre, la conduite sous influence du THC démontre des écarts de trajectoire beaucoup plus marqués qui diminuaient de façon marquée après 4 à 5 heures. 

    Une étude plus récente intitulée Driving Performance and Cannabis Users’ Perception of Safety a été publiée en mars 2022. La grande question que pose cette recherche est Quels sont les facteurs liés à l’impact du cannabis fumé sur la conduite et la perception de l’aptitude à la conduite par les usagers? L’objectif de l’étude est clair : déterminer, dans un large échantillon de consommateurs réguliers de cannabis, l’ampleur et l’évolution dans le temps de l’altération de la conduite produite par du cannabis fumé avec plus ou moins de THC, les effets de l’historique de consommation et la concordance entre l’altération perçue et la performance observée. 

    Sur une période de deux ans, les chercheurs ont recruté 191 consommateurs de cannabis dont 118 (61,8 %) étaient des hommes. L’âge moyen était de 30 ans. Finalement, le groupe avait un nombre moyen de jours de consommation de 17 jours au cours du mois précédent. Alors que nous apprend cette recherche et la j’y vais le plus texto possible :

    Quand on laisse des consommateurs expérimentés contrôler leur consommation, on ne peut pas déduire une altération de la conduite sur la base de la teneur en THC du joint, de la tolérance comportementale ou des concentrations sanguines de THC. Par contre, le désir des participants de conduire après seulement 1 heure 30 minutes peut indiquer un faux sentiment de sécurité au volant. La dégradation des performances de conduite est évidente pendant plusieurs heures après avoir fumé chez de nombreux consommateurs, mais semble se résorber au bout de 4 heures 30 minutes chez la plupart des individus. 

    Entre nous, comme ça, on discute de conduite de véhicules sous influence. 

    Mais quels sont les chiffres disponibles actuellement par rapport aux accidents de la route? 

    Dans une étude de 2016 qui couvrait une vingtaine de pays, la conduite sous l’influence de l’alcool était responsable de 19 % des accidents. On sait aussi qu’en 2018, juste aux États-Unis, presque un accident sur trois, est plus de 12 000 accidents, étaient causé par une conduite en sous l’influence de l’alcool. Et les décès résultant de la conduite sous l’influence du cannabis? On parle de 8700 décès sur toutes les routes du monde entier en 2013. Par contre, tous les chercheurs constatent que la consommation simultanée d’alcool et de cannabis est à la hausse. 

    Alors quelle est la substance responsable des accidents et décès dans ces cas-là? 

    Je n’ai pas trouvé de réponse à cette question.

    On sait cependant que les recherches démontrent clairement que le pourcentage d’accidents mortels impliquant à la fois le cannabis et de l’alcool a doublé entre 2000 et 2018. Mais c’est comme pour les guerres. On connait généralement le nombre de morts, mais combien de blessés? Aux États-Unis, on parle année après année d’une trentaine de mille décès, mais aussi de plus de 2 millions de blessés. On parle donc d’un ratio de 1 pour 60.  

    Au Canada, en 2020, le nombre total de décès sur les routes était de 1 745; soit une baisse de 1 % par rapport à 2019. Le nombre total de blessures pour la même année est de 101 572, soit un ratio d’un (1) mort pour 58 blessés.

    Ces ratios sont importants et peuvent à l’occasion nous sauver la vie.

    Je vous donne un exemple qui m’a été raconté par une femme qui a planté des arbres en Colombie-Britannique pendant une dizaine d’années. Elle me disait que lorsqu’elle voyait un ours, cela voulait dire qu’il y a dans un périmètre rapproché 7 ours qui l’a regardait… C’est un peu comme dans une manifestation. Si tu croises un policier, c’est sur qu’il n’est pas le seul à te regarder. Je ne connais pas le ratio par contre.

    Plus sérieusement, au Québec, la situation a beaucoup changé depuis les années 70. En 1973, 2209 personnes meurent sur la route. Presque cinquante ans plus tard, en 2021, il y a eu seulement 347 morts, mais avec trois fois plus de véhicules immatriculés. C’est un vrai progrès. Si j’applique le ratio canadien de 1 pour 58, cela fait plus de 20 000 blessés.

    Et quel bonheur, on va pouvoir vérifier mon ratio, car je viens de trouver les chiffres officiels pour le Québec, notre bilan routier collectif : 1 227 personnes blessées gravement et 26 314 personnes ont été blessées légèrement soit un total de 27 541 incidents répertoriés. Notre ratio morts/blessé est beaucoup plus élevé qu’au Canada ou aux États-Unis. Pour chaque mort sur la route, il y a 80 blessés. On pourrait facilement formuler quelques hypothèses, mais on s’éloignerait trop de notre sujet du jour. 

    J’en entends dans le fond du café qui disent : Hey Luc, moi je consomme un cultivar qui contient beaucoup de CBD et ça équilibre l’effet du THC…

    Ben ça tombe mal mon gars, car des chercheurs ont étudié cette prétention et voici les résultats de leur recherche intitulée, Cannabis and Impaired Driving. 

    Bien que les résultats de cette recherche ne permettent pas de conclure qu’il est possible de conduire en toute sécurité après avoir consommé du CBD, il est clair que le THC a altéré les performances de conduite et que les effets du THC ne se sont pas limités à une seule tâche de conduite. La consommation de THC et de THC/CBD a eu un effet négatif sur les performances lors de tests standardisés de vitesse de traitement, d’attention partagée, de fonction psychomotrice, de mémoire de travail, de prise de décision et de flexibilité cognitive. Les conducteurs qui ont consommé du THC étaient généralement conscients que leur conduite était altérée, bien que les participants aient déclaré que la consommation de THC/CBD était associée à moins d’anxiété, à une réduction de la force des effets de la drogue et à une plus grande confiance pour conduire que le THC seul. Ces résultats remettent en question le mythe selon lequel le CBD améliore les effets psychoactifs/psychomoteurs du THC.

    Ne tirez pas sur l’ambulance. Je ne fais que partager ce que les chercheurs disent…

    Dans un épisode précédent, je disais d’ailleurs ceci :

    Est-ce que vous voyez poindre la complexité du sujet? 

    Votre médecin peut vous prescrire du cannabis, mais vous ne pourrez plus conduire votre véhicule pour aller travailler ou pour reconduire votre enfant à la piscine, car le principe de tolérance Zéro va vous trouver fautif 100 % du temps, car si vous fumez un seul joint par semaine, vous allons tester positif tous les jours… Par contre, vous pouvez finir votre bière et allez reconduire votre enfant sans problème parce qu’un policier à l’obligation de vous laissez repartir si votre taux d’alcoolémie est inférieur à .08. 

    DOnc la première conclusion de l’épisode est que le gouvernement du Québec ne considère pas l’alcool comme une drogue et désire la garder hors du concept de zéro tolérance.

    Fin de l’autocitation.

    Ce zéro tolérance est ridicule. Mais mettez-vous à la place du législateur… On ne sait pas encore mesurer le handicap momentané que cause la consommation de cannabis, mais on sait tous très bien qu’au pic des effets d’une consommation de THC, nous ne sommes plus exactement la même personne avec les mêmes moyens.

    Surtout que l’utilisation que nous faisons des recherches est parfois ridicule. 

    Je vous donne un exemple simple. La première étude dont je vous ai parlé aujourd’hui avec ses 26 participants a été publiée en 2020. Son titre est Effect of Cannabidiol and Δ 9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance A Randomized Clinical Trial.  Je l’ai dit, cette recherche prouve que les effets du THC se dissipent après 4 à 5 heures. La même recherche tendait aussi à démontrer l’absence de dangerosité de la conduite sous l’effet du CBD. Fabuleux non? Oui sauf que les auteurs de la recherche ajoutaient un énorme à leur étude, un bémol ignoré par la presse et tous les partisans du CBD… C’était quoi le bémol? Le voici…

    Cependant, l’ampleur de l’effet pour le cannabis à dominante CBD n’a peut-être pas exclu une déficience cliniquement importante, et les doses testées ne représentent peut-être pas l’usage courant.

    J’ai d’abord été surpris de voir des médias reprendre la nouvelle sans mentionner le bémol de fin. Puis je me suis dit qu’une majorette se contente de suivre la parade. 

    Heureusement d’autres chercheurs ont vu ce bémol… Et je suis heureux de partager aujourd’hui avec vous une recherche qui a été publiée il y a exactement une semaine… Effects of cannabidiol on simulated driving and cognitive performance: A dose-ranging randomised controlled trial. 

    Cette recherche répond au bémol de la recherche précédente. Comment?  

    Les résultats de cette étude suggèrent que le traitement aigu par CBD par voie orale à des doses allant jusqu’à 1500 mg n’induit pas de sentiment d’intoxication et n’est pas susceptible d’altérer les fonctions cognitives ou les performances de conduite. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer l’absence d’effet du CBD sur les tâches sensibles à la sécurité dans les heures suivant immédiatement le traitement et lors d’une administration chronique.

    1500 mg de CBD, c’est de la bonne dose non? Mais la science est plus patiente que nous… car là aussi les chercheurs notent un gros bémol qui sera oublié…

    Dans le fond du café, j’en entends qui disent : et le THC Luc, le THC… 

    OK. 

    Je réponds immédiatement en rappelant notre expérience mentale qui consiste à imaginer la personne la plus importante pour vous qui tente de croiser une intersection dangereuse. 

    Alors quelle est la recherche qui est la plus populaire chez les gens qui conduisent sous l’influence du THC? 

    Celle que je vois le plus souvent brandit comme une excuse est celle-ci… et j’en ai déjà parlé, mais pour d’autres raisons. Cette étude à créer des cannavans pour aller tester les gens chez eux dans leur habitat naturel, pour ainsi dire. La responsable de la recherche, Cinnamon Bidwell, voulait contourner la loi qui empêche les universitaires dans certains États d’utiliser du cannabis légal.

    Cette recherche se décrit ainsi :

    • 121 consommateurs réguliers de cannabis, 
    • La moitié consomment des concentrés dont la teneur en THC variait entre 70 et 90 %.
    • L’autre moitié consommaient des fleurs de cannabis avec des teneurs en THC entre 16 et 24 %.
    • Le sang des participants est testé.
    • Leur humeur mesurée ainsi que leur niveau d’intoxication
    • On évalue ensuite leur fonctionnement cognitif et leur équilibre. 
    • Ici on parle de multiples tests sur la même personne, c’est-à-dire avant, juste après et une heure après la consommation de cannabis. 

    Les résultats maintenant…

    Les consommateurs de concentrés de THC avaient des taux de THC dans le sang plus élevé pour chaque test. Presque deux fois plus élevés.

    Dans leur autoévaluation, tous les consommateurs se sentaient tous similaires. Retenez qu’il s’agit d’autoévaluation, on va y revenir, car c’est très important…

    Les chercheurs ont été surpris de constater que les consommateurs de concentrés à 90 % de THC étaient moins perturbés qu’ils avaient anticipé. Cela vient bien sûr d’une comparaison avec l’alcool. La logique veut que la même quantité de vodka et de bière engendrent des réactions différentes. Mais le système endocannabinoïde fonctionne différemment. Est-ce que cette recherche nous informe des dangers de la conduite sous l’effet de concentrés? Pas directement, car ce n’était pas son but. Mais prétendre que consommer un concentré à 90 % de THC c’est juste comme fumer un joint pour certains nous éloigne de la science.

    Et je prends comme témoin votre téléréalité favorite ou plus facile, examinons le concept général des spectacles où des gens inconnus viennent chanter devant des juges qui proviennent de la colonie artistique.

    Dans ce genre de programmes, il y a des gens qui ont du talent, des voix énormes, un look d’enfer. Le gros kit complet quoi. Mais il y a aussi souvent un concurrent qui est là pour rendre encore plus remarquables les meilleurs, car eux sont très très très mauvais. Ces candidats vont passer à la télé. Parfois devant des millions de personnes. Et ils ne savent pas chanter. Ils sont mauvais. Très très très mauvais. Et c’est là qu’arrive la fameuse autoévaluation et le syndrome de Dunning Kruger. Et que dit Wikipédia?

    L’effet Dunning-Kruger, aussi appelé effet de surconfiance [1], est un biais cognitif par lequel les moins qualifiés dans un domaine pourraient surestimer leur compétence

    Le mauvais chanteur dans une émission comme La Voix ne se pense meilleur que les meilleurs. Il croit juste qu’il est meilleur qu’il ne l’est réellement. Il n’est pas fou. Juste mal informé de son propre talent. Et un génie dans un domaine peut vivre l’effet Dunning-Kruger dans un autre domaine. 

    Alors dans la recherche avec les cannavans dont je viens de parler, je me méfie des autoévaluations.

    OK je me ramasse. Je disais que je me méfiais des autoévaluations. Pourquoi? Je vous redonne un exemple avec le vélo. Quand tu pars en vélo pour une sortie de 200 km avec quelqu’un qui ne roule pas souvent, tu es un peu responsable de son retour à la maison. Mon expérience personnelle est que l’autoévaluation de la fatigue chez une personne qui manque d’expérience est déficiente. Je veux dire qu’elle n’a pas les outils pour comprendre ce qui arrive à son corps. Le plus drôle, c’est que la même chose arrive à des gens qui ont beaucoup d’expérience, mais qui n’écoutent pas leur corps. Quand tu combines un ordinateur de vélo, des instruments de mesure des watts développés et la rédaction d’un cahier d’entrainement, ton autoévaluation augmente en qualité. Pourtant, même les pros du Tour de France se trompent à l’occasion. Quand tu ne manges pas assez, on parle de 7000 calories pour une grosse étape, tu vas avoir une fringale. Une fringale, c’est quand le sucre dans le sang est utilisé par le corps comme supercarburant. Puis la glycémie chute brutalement. Ce qui est extraordinaire, c’est que dans les minutes qui précèdent une fringale, l’organisme est dans un état de grâce. Littéralement, tu fly. Puis c’est le crash physique instantané. Et bien même des pros du Tour font une mauvaise autoévaluation de leur état… Alors, imaginez un guerrier de fin de semaine qui se lance dans de grandes manœuvres. Ma dernière grosse fringale, je l’ai eue au Danemark juste en face de la Statue de la Petite Sirène au bord de l’eau à Copenhague. Je me rappelle m’être effoiré dans une station-service pendant 10 minutes à boire des boissons gazeuses et manger des croustilles.

    Cette fringale va arriver un jour ou l’autre. C’est obligatoire. L’idée de les éviter quand c’est possible. Il faut juste ne pas oublier de s’alimenter. C’est pareil pour la conduite automobile sous l’influence du cannabis, mais l’inverse. Faut savoir quand arrêter. 

    Je me souviens d’un collègue de travail plus agé qui était ami avec un gros politicien québécois. Un homme qui aspirait de devenir un jour Premier ministre. Et bien quand ils allaient en vacances ensemble avec leur famille, le politicien était obsédé par sa consommation d’alcool, car il redoutait plus que tout de se faire pincer en train de conduire sous l’influence de l’alcool. Ces précautions guidaient littéralement sa vie. Par contre, un ami policier m’a informé que les limousines auxquelles ont droit les ministres sont très pratiques pour tous ces cas de figure. Un garde du corps, ça ramasse aussi du monde à quatre pattes. 

    Trêve de niaiseries.

    J’aimerais, avant de conclure, citer une recherche québécoise intitulée Les caractéristiques socio-psychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool.

    Qui sont les gens qui consomment du cannabis avant de conduire un véhicule moteur? Et là, je vais directement aux conclusions.

    Et bien, qui sont ces conducteurs?

    1)

    Ils ont davantage d’amis qui conduisent sous l’effet du cannabis et qui approuvent ce comportement. Quand on applique ce raisonnement à l’obésité, certains chercheurs parlent d’obésité comme d’une contagion. 

    2)

    Ils ont plusieurs autres comportements dangereux sur la route. Genre rouler dans le parechoc d’une voiture qui ne roule qu’à 119 km/h dans la voie de gauche sur l’autoroute. Cela dit, je connais du monde qui a ce type de comportement au naturel sans même ne jamais consommer de cannabis.

    3)

    Ils ont une perception négative de leur mobilité par transport en commun.

    4)

    Ils croient moins pouvoir se faire détecter par les autorités.

    5)

    Ils ont une mauvaise connaissance des conséquences judiciaires de leur acte.

    6)

    Ils perçoivent la conduite sous l’effet du cannabis comme une activité sans/faible risque

    7)

    Ils sont plus impulsifs

    Résumé en une phrase : 

    Le cannabis n’a pas/peu d’impact sur ma capacité de conduire, car je ne suis pas en capacités affaiblies et je dois absolument revenir chez moi.

    Je ne suis pas en train de faire la morale à qui que ce soit. Je ne suis pas du tout du tout du tout parfait moi même. Mais avec la légalisation canadienne actuelle et celle des États-Unis qui ne devrait pas tarder, il est important de comprendre que la conduite avec facultés affaiblies est en train de muter. Le Canadien Center on Substance use and addiction mène une veille sur le sujet et a publié plusieurs documents sur le sujet. Voici donc leur conclusion plus au moins texto.

    1)

    Conduire après avoir consommé du cannabis est plus fréquent que conduire après avoir bu,

    en particulier chez les jeunes conducteurs.

    2)

    Après l’alcool, le cannabis est la substance la plus fréquemment détectée chez les conducteurs qui meurent dans des accidents de la route.

    3)

    La nouvelle législation a élargi les outils dont dispose la police pour

    détecter et arrêter les conducteurs dont les facultés sont affaiblies par le cannabis.

    C’est l’occasion de partager une OVNI… Les autorités policières communiquent peu sur le sujet des tests et des méthodes utilisées pour détecter le cannabis lors d’une intervention routière, contribuant peut-être ainsi à diminuer la peur d’un test efficace comme pour l’alcool. ON sait que recevoir un ticket de vitesse par exemple peut calmer les ardeurs des as du volant pendant plusieurs semaines. Après on oublie et la prise de risque reprend.

    4)

    Les hommes sont deux fois plus susceptibles que les femmes de déclarer avoir conduit après avoir consommé du cannabis. 

    J’avoue ne pas savoir du tout comment interpréter ce fait… 

    Les hommes sont plus honnêtes ou plus vantards? 

    Je ne sais pas.

    Est-ce que la personne que vous aimez le plus au monde est encore là? Nos simulations l’ont épargné? Bravo. Et si jamais vous me croisez à pied ou à vélo et que vous conduisez votre véhicule sous l’influence du cannabis, rappelez-vous que je vous aime beaucoup, beaucoup, beaucoup.

    Et voilà, c’était le 108e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

    #107 8 façons de tuer l’industrie du cannabis

    #107 8 façons de tuer l’industrie du cannabis

    Les Canadiens n’ont jamais autant de choix de produits que l’on sait conformes, minimalement, aux exigences de Santé Canada. Si l’offre de la SQDC est mince comparée à celle des autres provinces, elle reste appréciable.

    Alors pourquoi un tel titre et un tel sujet aujourd’hui? 

    8 façons de tuer l’industrie du cannabis…

    Est-ce vraiment raisonnable? 😉

    Et ben parce que si tout se passe plus ou moins bien pour le consommateur, la réalité pour les producteurs autorisés est différente. 

    Trois ans après la légalisation, il est clair que le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux ont décidé d’abuser de l’industrie à qui ils ont donné la permission d’exister. Avec cette permission vient une série d’abus que nous allons passer en revue. Selon les leadeurs de l’industrie, la situation a atteint un point critique.

    Et ces leadeurs ont décidé de se rencontrer pour discuter de la situation.

    Grass on the Hill: Cannabis Leaders Summit & Industry Lobby Day. 

    Cette rencontre a eu lieu les 30 et 31 mai 2022, soit au début de cette semaine. Tous les leadeurs de l’industrie étaient là. À ma connaissance et après vérification, il n’y avait personne de l’industrie québécoise du cannabis. Et on va voir en conclusion que la situation pourrait être dramatique au Québec dans les mois et années à venir, mais pour des raisons complètement différentes qui s’ajoutent.

    Le cannabis à une industrie qui quémande le droit d’exister. 

    Mais la résistance s’organise.

    J’ai trouvé une belle initiative sous forme d’un rapport écrit pour en discuter intelligemment. Ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

    StandForCraft.com.  

    Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode.

    On y trouve entre autres, une pétition à signer dont la première phrase est :

    Il n’est pas exagéré de dire que le Canada taxe à mort les entreprises artisanales de cannabis.

    J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Uniquement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

    Par contre, on peut analyser facilement la structure des couts en prenant un exemple simple comme un pot de 3,5 gr vendu pour 25 $. Et là je prends les chiffres proposés par Stand for Craft! Donc, pour un gramme de pot, voici la ventilation du cout de votre achat…

    Bonne écoute!

    TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Segment 0 h

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    Comme simple consommateur, le canadien et la canadienne n’ont jamais autant de choix de produits que l’on sait conformes, minimalement, aux exigences de Santé Canada. De nouveaux produits apparaissent chaque semaine. Si l’offre de la SQDC est mince comparée à celle des autres provinces, elle reste appréciable.

    Ce que l’on peut s’y procurer versus ce que le pusher du marché original pouvait offrir ne résiste pas à l’analyse. Avant la légalisation, j’avais un gars, comme dirait la Québécoise Mireille Tessier, propriétaire d’une boutique de pot en Alberta. Ce gars offrait toujours au moins deux choix et parfois en prime, il m’offrait un biscuit de THC avec un thé. Beaucoup de stationnements, un guichet automatique pas loin, un dépanneur pas loin. Le bonheur quoi. Mais rien à voir avec l’offre de la SQDC. 

    Alors pourquoi un tel titre et un tel sujet aujourd’hui? Et ben parce que si tout se passe plus ou moins bien pour le consommateur, la réalité pour les producteurs autorisés est différente. 

    Trois ans après la légalisation, il est clair que le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux ont décidé d’abuser de l’industrie à qui ils ont donné la permission d’exister. Avec cette permission vient une série d’abus que nous allons passer en revue.

    Et pourquoi parler de ce sujet cette semaine?

    Selon les leadeurs de l’industrie, la situation a atteint un point critique.

    Et ces leadeurs ont décidé de se rencontrer pour discuter de la situation.

    Grass on the Hill: Cannabis Leaders Summit & Industry Lobby Day. 

    Cette rencontre à eu lieu les 30 et 31 mai 2022, soit au début de cette semaine. Tous les leadeurs de l’industrie sont là. Évidemment, à ma connaissance et après vérification, il n’y avait personne de l’industrie québécoise du cannabis. Personne. Pas une organisation, pas un individu. Parce qu’on est distinct sans doute. Et on va voir en conclusion que la situation pourrait être dramatique au Québec dans les mois et années à venir.

     

    À la tête de ce sommet Grass on the Hill, il y a George Smitherman. C’est un politicien canadien. Il a représenté la circonscription provinciale de Toronto-Centre durant plus de 10 ans à l’Assemblée législative de l’Ontario. Il a été ministre de la Santé et des Soins de longue durée, ministre de l’Énergie et de l’Infrastructure et Vice-Premier ministre de l’Ontario. Accessoirement, il est le premier Membre du Parlement provincial de l’Ontario ouvertement homosexuel. Voilà donc un homme qui s’intéresse à l’industrie du pot et qui sait comment fonctionnent les gouvernements. Donc, ce Grass on the Hill est un évènement important.

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, Salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

    Qu’est-ce que je disais?

    Ah, oui, la grande rencontre canadienne Grass on the Hill

    Pourquoi une telle rencontre? Pour informer, provoquer et susciter des changements en faveur de la viabilité financière des détenteurs de licences de cannabis.

    Une industrie qui quémande le droit d’exister. C’est intéressant non. Surtout quand le Québec est absent.

    Alors très modestement, vous et moi, on va faire le tour des irritants, voyez comme je suis gentil, le tour des 8 trucs les plus efficaces pour tuer l’industrie canadienne du cannabis. 

    Et le premier truc pour tuer l’industrie du cannabis est de forcer tout le monde a payer une taxe d’accise qui ressemble à de l’extorsion.

    Et ça tombe bien, j’ai trouvé une belle initiative sous forme d’un rapport écrit pour en discuter intelligemment. Évidemment, ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

    StandForCraft.com.  

    Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode.

    On y trouve entre autres, une pétition à signer dont la première phrase est :

    Il n’est pas exagéré de dire que le Canada taxe à mort les entreprises artisanales de cannabis.

    J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Seulement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

    Par contre, on peut analyser facilement la structure des couts en prenant un exemple simple comme un pot de 3,5 gr vendu pour 25 $. Et là je prends les chiffres proposés par Stand for Craft! Donc, pour un gramme de pot, voici la ventilation du cout de votre achat :

    Hey merci MJ!

    Je disais quoi? Ah oui, on parlait de la ventilation du cout de l’achat d’un pot de 3,5 gr vendu à 25 $.

    La marge du détaillant est de 2,54 $ par gramme

    Le cout de la distribution provinciale est de 0,74 $ 

    Les taxes d’accises et autres frais règlementaires sont de 1,26 $

    Le transport serait négligeable…

    Les couts d’emballage sont de 0,50 $

    Les frais de laboratoire sont de 0,55 $

    Les couts de production égalent 1,50 $

    La marge de profit pour le producteur autorisé? 1 sous… par gramme

    Donc sur un pot de 3,5 gr, le PA fait 3 sous et demi.

    Ces chiffres, à ma connaissance, n’ont pas été contestés.

    Comment repayer les gens qui t’ont prêté de l’argent, ta famille sans doute, parce que les banques ne voulaient rien savoir de ton projet, comment donc repayer tes emprunts en faisant 3,5 sous de profit pour un pot de 3,5 gr vendu à 25 $? C’est impossible.

    Quand je vois des internautes passer des commentaires sur les abus présumés des PA qui osent augmenter leur prix pour survivre, je ne suis pas découragé. Parfois ces commentaires ont des répercussions profondes sur la réputation des PA. Je ne suis pas découragé, mais on peut être triste pendant une ou deux secondes.

    Par contre, je constate tout le travail que l’industrie devra faire pour expliquer la situation dans laquelle les gouvernements placent les acteurs du marché. Quand la SQDC vend encore son pot en parlant de sativa et d’indica, on réalise le chemin à parcourir. 

    Les droits d’accise sur le cannabis au Canada sont payés par le producteur, qui doit remettre le plus élevé des deux montants suivants : un droit forfaitaire (1 $/g) ou un droit ad valorem basé sur le prix de vente (10 % de tout prix de gros supérieur à 10 $).

    Ad valorem veut simplement dire qui est déterminé d’après une valeur moyenne.

    Donc, il y a la taxe d’accise, mais il y a aussi des taxes ou droits supplémentaires qui vont être perçus dans toutes les provinces sauf au Manitoba. Mais pourquoi s’arrêter là? L’Ontario, l’Alberta, la Saskatchewan et le Nunavut en ajoutent une autre couche.

    75 % des recettes d’accise restent à la province et les 25 % qui restent sont captés par le fédéral. 

    Quels étaient les objectifs de cette taxe d’accise de 1 $ par gramme? 

    Maintenir des taxes basses pour les consommateurs afin de réussir les objectifs de la légalisation. 

    Ce que le législateur n’avait pas prévu, c’est étonnant d’ailleurs, c’est que les prix allaient baisser dramatiquement depuis le début de la légalisation… En 2022, la taxe d’accise peut valoir jusqu’à 35 % du prix d’une fleur.

    L’évolution de la progression des recettes provenant de la taxe d’accise est remarquable.

    • 18 millions de dollars en 2018-19
    • 52 millions de dollars en 2019-20
    • 109 millions de dollars en 2020-21

    Et vous connaissez le total des recettes fiscales annuelles du Canada?

    200 milliards de dollars. 

    Et juste pour relativiser, le Canada s’apprête à acheter 88 avions F35, des avions tout croches qui fonctionnent à peine, pour la modeste somme de 19 milliards $ CAN, soit un prix unitaire par avion de 215 909 097 $ CAN.

    Là où ça devient presque drôle, c’est quand tu regardes le prix des missiles qui vont avec ce genre d’avion. Un missile Spear-3 valait presque de 300 000 $ CAN il y a un an… Un missile. Et quand tu le tires, y reste rien après, rien.

    Et que nous disent les projections budgétaires? Et ben, les ventes légales de cannabis stagnent, car les provinces prévoient une toute petite augmentation de 6 % entre 2022 et 2023…

    Forcément, au Canada, d’autres produits sont soumis à des taxes d’accise : spiritueux, vin, bière et produits du tabac viennent immédiatement à l’esprit. Et dans tous les cas, c’est le producteur qui paye directement. C’est avec nos voisins américains que la différence saute aux yeux. Partout où l’on vend du cannabis, la taxation au point de vente est la norme. Et voilà d’où va venir la première compétition pour l’industrie canadienne du cannabis. De nos voisins qui sont déjà avantagés à ce niveau-là. Donc, au cours des prochaines années, nous allons assister à une guerre asymétrique…

    Ici, il y a un facteur essentiel a comprendre et je prendre un exemple qui fonctionne bien au Québec. Depuis 2006, le vin et le cidre produits fabriqués avec des ingrédients locaux sont exonérés de droits d’accise. Ce geste aurait permis à l’industrie de se développer agressivement. Mais, mais, mais, ce congé de taxe va prendre fin dans quelques jours à cause d’une plainte de l’Australie auprès de l’Organisation mondiale du commerce pour cause de «mesures discriminatoires». 

    Donc, un pays souverain ne pas faire n’importe quoi, n’importe comment.

    Et les producteurs de vins et de cidre affirment déjà que la situation va mal tourner pour eux.

    Et que disent les auteurs du rapport à cet égard? 

    Et là je cite plus ou moins texto.

    1)

    Il est prouvé qu’un cadre de droits d’accise accommodant peut aider les producteurs nationaux et les petits producteurs à prospérer, en particulier dans le cadre de la production rurale et agricole. 

    2)

    Un ajustement peut avoir un impact considérable — pour le meilleur ou pour le pire — sur les résultats des producteurs.

    Il y aurait plus de 850 entreprises dans l’industrie canadienne du cannabis en incluant, les producteurs, transformateurs et vendeur. 

    Il y a seulement 25 entreprises canadiennes à la bourse qui ont généré des revenus de plus de 2,5 millions $. 

    Par contre, on dénombre 250 de microproduction et 106 licences de microtraitement.

    Entre les deux, il y a de tout et on en revient à la difficulté de qualifier ce qui est artisanal de ce qui ne l’est pas. Car tout bouge à une vitesse folle. Entre mars 2021 et mars 2022, la part de marché des 4 plus grands producteurs canadiens est passée de 52 % à 28 %. 

    Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je crois que le cannabis est une activité économique de maraichage de proximité. Un produit local frais respectueux de l’environnement qui travaille en circularité avec les autres industries de la région.

    La taxe d’accise actuelle tue une industrie qui doit en plus simultanément faire face à un marché original prêt à renaitre de ses cendres à n’importe quel moment.

    Le rapport précise que moins de 5 % des entreprises, quelle que soit leur taille, ont généré des revenus réguliers et viables depuis le début de la légalisation. Et constatation encore plus dramatique, les propriétaires de plus de 60 % de la superficie de production canadienne de cannabis pourraient faire faillite dans la prochaine année.  

    J’ai relayé la semaine passée une nouvelle du journaliste Matt Lamers à l’effet que 141 entreprises canadiennes n’avaient pas encore payé au gouvernement certains montants dus pour la taxe d’accise.

    Peu de producteurs autorisés génèrent des profits. Quand on a demandé à une quarantaine de PA le nombre de mois où leurs entreprises à produit des bénéfices, 63 % ont répondu Zéro… Oui 63 % des producteurs ont généré zéro profit en 2021. Et les 37 % qui restent? Ils affirment avoir généré des profits sur 3 mois différents… Pas plus.

    Les auteurs du rapport affirment que… 

    Nous sommes ici pour ne déclarer rien de moins qu’un état d’urgence financier pour le cannabis canadien.

    Plus de 70 % des producteurs questionnés affirment qu’ils vont fermer dans les 6 prochains mois si la taxe d’accise n’est pas modifié. Et de ces 70 %, près de 30 % avancent qu’ils disparaitront dans les 3 prochains mois.

    Et dans les faits, dans le réel, dans la vraie vie, cela veut dire quoi pour l’industrie dans les prochains mois? Selon les experts du rapport, cela veut dire que la diversité de l’offre va progressivement disparaitre, car les 4-5 grosses sociétés en bourse vont racheter pour des sous sur le dollar toutes les entreprises en voie de disparition. Et là je vais citer texto le rapport pour vous montrer ce que ressentent les petits joueurs sur le marché :

    Ces entreprises ont les ressources nécessaires pour attendre l’échec et le désespoir des producteurs artisanaux qui peuvent gagner dans l’esprit du consommateur, mais qui ne peuvent toujours pas joindre les deux bouts sous le poids des taxes d’accises actuelles. Le cannabis artisanal connaît aujourd’hui diverses réussites commerciales, mais il lui manque toujours un modèle commercial fondamental. Notre nation a déjà appris ces leçons. Des télécommunications aux lignes aériennes, notre pays a ressenti l’impact des environnements à faible concurrence qui nuisent au client final. Dans le cas du cannabis, il existe un marché illicite facile et commode qui bénéficie de décennies de retranchement dans la chaîne d’approvisionnement. La concurrence avec le marché illicite est peut-être plus importante que la concurrence au sein du marché légal. A ce stade, la compression des prix à elle seule n’a pas encore démontré sa capacité à convertir une majorité importante de la consommation du marché légal.

    Fin de la citation

    Le premier truc pour tuer l’industrie du cannabis est d’imposer une taxe d’accise ridicule qui saigne tout le monde, mais surtout les plus petits qui ne peuvent repousser indéfiniment l’endettement en levant des nouvelles sommes auprès d’investisseurs. Il est clair qu’investir dans le cannabis n’est pas la bonne manière pour devenir riche.

    OK, c’est quoi la seconde manière de tuer l’industrie du cannabis? 

    C’est simple. Il suffit que les banques se passent le mot pour ne pas soutenir les artisans du cannabis. Je pense vous avoir déjà parlé de ce producteur autorisé qui voulait déposer un chèque de Santé Canada dans une banque qui refusait de lui permettre d’ouvrir un compte. Je vais vous donner un exemple. Non, pas un exemple québécois. On n’ose pas aborder ce genre de sujets au Québec. Non… On va regarder ce qui se passe en Colombie-Britannique pour avoir un portrait réaliste de la relation entre les banques et l’industrie du cannabis.

    Je ne vais pas citer un obscure bloque ou un petit journal régional. Non, on parle d’un dossier mené par Radio-Canada. Selon le journaliste Joël Ballard, malgré une légalisation en bonne et de la forme, il est difficile pour les détaillants de la Colombie-Britannique d’obtenir des services financiers de base de la part des banques. 

    Au Québec, beaucoup de consommateurs aimeraient voir disparaitre la SQDC pour qu’elle laisse sa place au privé… 

    Je crois qu’ils ne réalisent pas qu’il y a aurait un gros problème pour des investisseurs puissent obtenir des prêts pour se lancer en affaire. Les détaillants de la Colombie-Britannique vont plus loin. Cette frilosité des banques crée des déserts d’accès, des zones où aucun commerce ne s’installe. La conséquence est simple. Le marché original, le marché noir créé par le législateur revient s’imposer là où le vide existe. 

    Aussi ridicule que cela puisse être, il est presque impossible d’ouvrir un simple compte-chèques. Selon l’Association of Canadian Cannabis Retailers (ACCRES), 50 de ses 52 membres ont dû se tourner vers les coopératives de crédit locales suite aux refus des banques. Les spécialistes de la province avancent même qu’il y aurait plus de détaillants de cannabis légaux si les institutions financières offraient un vrai soutien l’industrie. 

    Jaclynn Pehota, la directrice de l’association ACCRES dit que la situation n’est pas limitée à la Colombie-Britannique. Selon elle, 95 % des entreprises de l’industrie vivent des problèmes similaires. Évidemment le discours des banques sur le blanchiment d’argent ne tient pas la route… Pourquoi attirer l’attention des autorités en blanchissant son argent dans le pot… Je ne dis pas que cela n’existe pas. Je dis qu’il est plus simple d’investir dans la restauration ou la bijouterie… L’histoire prouve que cela fonctionne très bien. Cela dit, les banques ont de bonnes excuses pour ne pas prêter aux petits joueurs, mais toutes ces excuses disparaissent quand il s’agit d’investir dans les grandes sociétés canadiennes qui pourtant perdent littéralement des milliards. Après le slogan «too big to fail» on est rendu à «too big to nail»…

    Détail important. Quand les acteurs de l’industrie du cannabis peuvent ouvrir un compte, ils doivent faire face à des frais spéciaux… Cette prime cannabis tue aussi l’industrie. J’adore donné un exemple de ce genre d’abus considérer comme normal par le législateur. Il y a tout juste un peu plus d’un an, obtenir un permis pour vendre du cannabis à Vancouver coûtait 30 000 $. La devinette maintenant… Combien coutait un permis pour vendre de l’alcool à la même époque? 429 $. Voilà l’abus perpétré en plein soleil au vu et au su de tout le monde.

    D’accord. La troisième façon de tuer l’industrie du cannabis?

    Interdire le cannatourisme semble être un bon moyen de ralentir l’industrie dans son ensemble en plus de modérer les progrès de l’acceptabilité sociale. Le tourisme lié au cannabis est désormais une industrie de 17 milliards de dollars et est en plein décollage selon The Switzerland Times. Ceux qui disent que c’est le monopole de la SQDC qui nuit à l’innovation dans le secteur du cannabis se trompent profondément. En tout respect, il suffit de regarder ce que le Nouveau-Brunswick fait. Je crois qu’il y a au minimun 3 points de vente à la ferme. J’adore particulièrement l’initiative de Crystal Cure qui a nommé son point de vente «Le backdoor». Entre la vente à la ferme et les nombreuses initiatives dans le domaine du chanvre, le canna-tourisme à un rôle important à jouer pour dynamiser le secteur du cannabis. Il suffit d’imaginer comment la réputation du Québec dans la restauration pourrait être carte importante à jouer. Entre la poutine et le restaurant Le toqué, il y a un monde d’opportunité à explorer. 

    PETIT BÉMOL. Le chiffre de 17 milliards n’est qu’un chiffre probablement faux. 

    L’important est ailleurs. Le cannatourisme, c’est aussi une fenêtre sur l’économie circulaire où les déchets d’un acteur du secteur devant la matière première de son voisin. Je pense à certains manufacturiers de sols vivants qui incorporent des minéraux qui étaient auparavant rejetés ou simplement mal valorisés. Je pense aux branchages des plants de pot qui peuvent être recyclés en feuille de 4X8 écologiques. Voyez le genre.

    OK. On peut aussi tuer l’industrie du cannabis en ne vendant pas ce que les gens veulent acheter. La quatrième manière est simple.

    Immédiatement les mangeables viennent à l’esprit. Les produits comestibles vendus partout à travers le Canada ne correspondent pas aux attentes des consommateurs. Le dosage est trop faible par exemple. Et on exige, la SQDC en tête, que les produits soient être laid afin de ne pas susciter d’excitation visuelle. En 2022. Un cahier de charge qui mentionne que les produits ne doivent pas, ne peuvent pas être trop beaux… WOW. 

    Le cannabis n’est pas légal. Il est toléré. L’industrie de la transformation alimentaire piaffe d’impatience. Elle sait faire des profits. Va-t-on lui reprocher ou simplement attendre que les Américains légalisent au niveau du pays pour ensuite imposer les désirs comme dans le bois d’œuvre? Personnellement, je ne comprends pas pourquoi les poivrons du Chile que j’achète au supermarché transitent par les États-Unis. Je ne comprends pas pourquoi le Québec n’arrive pas a s’affranchir des pushers de légumes américains. Cela n’a aucun sens. Penser que le Québec va résister aux marques avec des vedettes comme Martha Stuart est illusoire. Et cela nous conduit directement à la 5e façon de tuer l’industrie du cannabis

    L’interdiction d’un vrai MARKETING est aussi une façon très efficace de tuer l’industrie du cannabis. La cinquième…

    Si le Canada existait seul sur la planète, l’interdiction du marketing serait un moindre mal. Mais l’industrie du cannabis canadienne ne vit pas dans un vase clos. Encore une fois, que font nos voisins américains, nos futurs concurrents? Ils construisent des marques. Martha Stewart par ici, Seth Rogen par la, les marques américaines préemptent tous les grands noms disponibles, même les vedettes canadiennes, dans un effort concerté pour être prêt à inonder nos marchés quand cela fera leurs affaires. Encore une fois, il suffit de se rappeler le dossier du bois d’œuvre pour comprendre comment fonctionnent nos voisins. 

    La difficulté des acteurs du secteur pour s’assurer correctement est la 6e manière de tuer l’industrie. 

    Alors que les poursuites contre les producteurs commencent à s’accumuler, les couts pour s’assurer grimpent. Il suffit de regarder ce qui se passe dans les cabinets de médecine pour constater cette hausse vertigineuse de ces frais. Cette crise n’a pas encore atteint le Québec, mais il existe toujours certains cas de figure qui posent problème. J’en ai d’ailleurs discuté avec Isabelle Coulombe dans l’épisode #68.

    La 7e manière pour tuer l’industrie est de limiter le marché potentiel en interdisant à certains adultes d’acheter du cannabis.

    Ici le Québec s’illustre. On peut même lui décerner le titre de champion du monde du Canada de l’absence de jugement. Pourquoi dis-je une telle alors que je suis toujours si modéré dans mes propos? Le Québec de M. Legault, notre premier ministre, est un territoire où le législateur déclare inapte toute une tranche de la population âgée entre 18 et 21 ans. 

    Tu peux t’engager dans l’armée canadienne à 17 ans avec le consentement de tes parents pour aller tuer du monde au bout du monde sans problème. Mais fumer un joint? 10 personnes vont mourir à cause de l’alcool aujourd’hui au Canada. Et 400 seront hospitalisés pour les mêmes raisons. Le jeune de 18 ans qui veut expérimenter sera donc conduit par le discours officiel à se tourner vers l’alcool ou le marché noir du cannabis.

    La 8e manière de tuer l’industrie du cannabis? Négliger l’importance du rôle de la femme dans les futurs achats de cannabis.

    Bien, voyons Luc, qu’est-ce que tu racontes?

    Je vais partager des études américaines, car c’est de là que vient l’info, mais on peut facilement transposer sur le marché canadien. Il faut au passage noter le dynamisme d’une industrie qui n’existe pas encore au niveau fédéral, mais qui se prépare en attendant son moment.

    20 % de tous les Américains adultes sont des voyageurs motivés par le cannabis. Toute la démarche évolutive du cannabis qui passe du buzz au bienêtre ou qui passe du agrotox vers le bio est propulsé par les femmes, qu’elles soient des leadeures de l’industrie ou de simples consommatrices.

    La firme Condé Nast affirme et là je cite texte  que ce sont les femmes qui façonnent de manière créative des espaces surs pour que les curieux et les expérimentés du cannabis puisse profiter de la plante» avec des idées touristiques intéressantes. 

    Petit rappel pour monter le sérieux de cette affirmation, Condé Nast est une entreprise mondiale de médias qui produit certaines des marques imprimées, numériques, vidéos et sociales les plus importantes au monde comme Vogue, GQ, The New Yorker, Vanity Fair, Wired et l’incontournable Condé Nast Traveler. 

    Selon les spécialistes interviewés, les femmes prennent déjà 80 % des décisions de dépenses dans les ménages américains.

    Ce sont les femmes qui prescrivent et achètent la bière, la bouffe et les vêtements. Dans un contexte de consommation balisée, ce sont elles qui vont acheter le pot dans les années à venir.

    Il y a plusieurs autres manières de tuer l’industrie du cannabis. Si j’en ai oublié une très importante, faites-moi signe. lucprevost@hotmail.com

    IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. 

    J’ai pris du retard à cause de cette taxe d’accise qui était un plus gros dossier que prévu.

    Juste une seconde

    Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

    C’est peut-être le moment de se donner une vraie perspective sur l’industrie du cannabis à la comparant aux autres secteurs de cultures agricoles au Québec.

    En 2020, le cannabis entre dans le groupe sélect des cinq principales cultures agricoles du Québec. Par contre, les recettes monétaires québécoises provenant du cannabis auraient diminué en 2021 alors que toutes les productions confondues connaissaient une hausse de 10 % pour la même période. L’amélioration de la rentabilité de l’ensemble du secteur agricole au Québec n’a donc pas été aidée par le recul de la production du cannabis au Québec.

    Reculons encore un peu plus pour se donner d’autres perspectives. Les vins québécois représentent 3 % des achats de vins au Québec alors qu’en Ontario, les produits provinciaux représentent 22 % des ventes. Est-ce que les vins québécois sont moins bons que les vins ontariens? Je ne sais pas. Est-ce que la promotion des vins québécois est nulle? Peut-être. Je ne sais pas. Mais au moins, l’industrie vinicole a le droit de s’annoncer et de commanditer des festivals. 

    On peut traverser la rue et regarder ce qui se passe chez les distilleurs québécois. J’ai écouté le balado de Lionel Levac qui s’appelle La scène Agro. Dans un épisode récent intitulé Pierre Fitzgibbon : Priorité aux alcools québécois, le ministre de l’Économie et de l’Innovation affirme qu’il serait plutôt TRÈS enclin à aider les entreprises utilisant des matières premières du Québec plutôt que des alcools de base achetés en Ontario. Les matières premières produites au Québec coutent, pour l’instant, 3 a 4 fois plus chères que celles produites en Ontario.

    Imaginez que M. Fitzgibbon dise que la priorité c’est le pot québécois…

    Mais, mais, mais, la réalité nous rappelle à l’ordre. 

    Juste avant d’enregistrer, il y a quelques minutes je vois passer cette nouvelle sous la plume de la journaliste Nathaëlle Morissette du Journal de Montréal.

    Plusieurs microdistilleries disparaîtront du paysage québécois avant la fin de la saison estivale, prédit l’Union québécoise des microdistilleries (UQMD), qui représente 55 membres.

    Et là, je vais y aller texto.

    «Il est minuit moins une. Le contexte règlementaire et législatif étouffe les microdistilleries et si rien ne change, ce sera la fin pour plusieurs d’entre nous», a indiqué le président de l’Union québécoise des microdistilleries, Jonathan Roy, dans un communiqué mardi.

    L’UQMD reproche à la Société des alcools du Québec (SAQ) de lui imposer une majoration au moment de la vente sur les lieux de fabrication.

    Le Québec compterait parmi les endroits au monde où la majoration sur la vente de spiritueux est la plus élevée.

    «Résultat : près de deux microdistilleries sur trois sont déficitaires, contraintes de verser plus de 50 % du prix de vente de la bouteille à la SAQ, peut-on lire dans le communiqué. Ajoutons que cette majoration est la même si cette bouteille est vendue sur le lieu de fabrication, alors que la SAQ n’a aucunement contribué ni à la distribution, ni à la commercialisation, ni à la vente du produit.»

    Fin de la citation.

    Si c’est comme ça que le Québec veut sauver les microdistilleries, ça augure mal pour la microproduction de cannabis au Québec qui selon mes estimations très approximatives, représenterait environ 1/2 de 1 % des ventes à la SQDC… Autrement dit un pet, une flatulence.

    Comment conclure un tel épisode sur les meilleures façons de tuer l’industrie du cannabis?

    En mélangeant espoir et science-fiction.

    Les spécialistes en marketing adorent utiliser des ratios pour pousser leur vision du monde. Cette semaine, j’ai réagi à un billet de Matt Lamers qui disait sur LinkedIn que les ventes de cannabis au Québec étaient en dessous des attentes des spécialistes de marché. Je lui ai répondu que le Québec pouvait être distinct dans sa peur irrationnelle du cannabis et que les marketeux devraient s’étouffer sur leur prévision alors qu’ils affirment que les Québécois ne consomment pas comme ils le devraient. Il ne m’a pas répondu…

    Par contre on peut faire l’exercice pour s’amuser.

    Bien que la population du Québec soit la deuxième plus importante au Canada, l’Alberta et la Colombie-Britannique génèrent plus de ventes mensuelles de cannabis. Peut-être parce que le Québec est la dernière province canadienne pour le nombre de magasins par habitant. 

    Selon les estimations de Cannabis Benchmark, le Québec pourrait supporter facilement 1,064 points de vente supplémentaires. Il existerait une corrélation entre le nombre de points de vente et les ventes. Rappelons qu’il y a actuellement 88 boutiques SQDC au Québec et que le plan d’ouverture à été revu à la baisse avec l’objectif d’ouvrir 10 autres points de vente d’ici mars 2023 pour un total de 98 SQDC. Cannabis Benchmark reconnait que toutes les provinces comme le Québec où l’État exerce un monopole sur la vente en ligne et en magasin n’ont pas besoin d’ouvrir autant de boutiques avec pignons sur rue pour satisfaire le marché. L’article reconnait aussi la SQDC est «incroyablement efficace sur le plan opérationnel» et qu’elle offre des prix relativement faibles dans un contexte de respect de la santé publique.

    Et là on arrive au bout crucial…

    L’expansion du marché canadien serait terminée… sauf au Québec. 

    Comment interpréter cette évaluation du marché québécois? 

    Si le marché provincial québécois peut encore prendre de l’expansion, qui en profitera? 

    Les microproducteurs québécois? 

    J’aimerais ça, mais à ma connaissance, la SQDC n’a pas de plans précis pour eux. 

    La seule instance représentative de l’industrie au Québec n’a pas non plus de plan pour les microproducteurs. Est-ce que les producteurs de tailles moyennes vont pouvoir remplir cette promesse d’expansion avec leurs produits? On leur souhaite s’ils ne meurent pas avant à cause de la taxe d’accise qui les ruine. Finalement, il reste les gros joueurs qui continuent de s’enfoncer dans des stratégies foireuses. Leurs parts de marché fondent à vue d’œil, on l’a déjà dit.

    Je vais conclure avec une OVNI, une opinion vulgaire non informée. Ce bassin potentiel d’expansion créée par la gestion de la SQDC va continuer d’exister pendant quelques années, à moins d’un changement de gouvernement à la prochaine élection provinciale. Ce scénario semble improbable. Donc on peut penser que la SQDC va franchir la barre des 150 points de vente dans 4-5 ans. À ce moment-là, les Américains auront légalisé au niveau fédéral et ils seront près à envahir le marché québécois…

    Et voilà, c’était le 107e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

    #104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

    #104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

    Le cannabis et les autochtones…

    Aujourd’hui, on discute d’un sujet très important dans le contexte de la légalisation canadienne du cannabis. Pourquoi en discuter maintenant?

    Parce que le paysage du cannabis canadien vient de changer à tout jamais.

    Comment?

    Un groupe de commerçants de la Colombie-Britannique a déclaré qu’ils ont «souffert et continuent de souffrir d’une perte de jouissance de la vie» et qu’ils ont «souffert et continuent de souffrir de troubles émotionnels et de détresse mentale» à cause de l’existence de marchés de cannabis des Premières Nations. Ce sont les mots utilisés, en anglais évidemment, dans le document officiel. Ces revendeurs de cannabis viennent de plusieurs régions de la province et leur plainte est déposée contre la province de la Colombie-Britannique, le procureur général de la Colombie-Britannique et l’unité de sécurité communautaire. 

    Pour mieux comprendre la situation, on va revenir sur les moments forts des initiatives autochtones depuis le début de la légalisation.

    Bonne écoute!

    Liens pour l’épisode

    La poursuite des 14 commercants

    Seed of Sovereignty: Indigenous Rights and Canadian Cannabis Law

    The Red River Métis – la Nouvelle Nation

    Le grand chef de Wendake écorche Québec solidaire

    THE SUBJECT MATTER OF BILL C-45

    Cannabis : « sur notre territoire, la Saskatchewan n’existe plus »

    Bill 96 will never apply in our community, Kahnawake leaders say

    Dança da Solidão (Marisa Monte e Paulinho da Viola)

    Photo de Damon Lam sur Unsplash

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

    #101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

    #101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

    Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

    Une entrevue sans fard. 

    Bonne écoute!

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

    #100 Le centième épisode de toPot!

    #100 Le centième épisode de toPot!

    100 épisodes déjà!

    Et alors on fait quoi pour ce 100e épisode de toPot?

    Je vais vous présenter deux nouveaux collaborateurs. 

    Si vous êtes dans l’industrie du cannabis, vous connaissez obligatoirement mon invité d’aujourd’hui. Ou vous connaissez son service. 

    Je discute d’abord avec Alexandre Voyer, le cerveau derrière Weed Crawler, le service qui permet de presque tout savoir sur les ventes des produits de cannabis à la SQDC. Alexandre vend de l’intelligence, pas des chiffres.

    Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous connaissez déjà la deuxième collaboratrice de toPot. Et oui, c’est MJ qui a généreusement accepté de nous parler des produits légaux qu’elle a testés récemment. MJ à une connaissance très pointue des produits du cannabis. 

    Bon centième épisode!

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

    #99 Potpourri 4A

    #99 Potpourri 4A

    Vous allez bien? 

    Le chanvre est bon par chez vous?

    Aujourd’hui, toPot à un potpourri pour vous.

    • On commence par notre belle SQDC qui a décidé d’augmenter les prix de ses produits, car dit-elle, ils se détaillent sous les prix du marché illicite.
    • La Nouvelle-Écosse qui à un monopole comme la SQDC, fait l’inverse en augmentant le prix de l’alcool et en diminuant le prix du cannabis.
    • Santé Canada vient de changer sa règlementation et les microproducteurs pourraient peut-être plus facilement se passer des intermédiaires pour vendre à la SQDC. 
    • L’Argentine réinvente le cannabis médical avec une formule qui ressemble aux Clubs Sociaux de Cannabis. 
    • Chez l’oncle Sam, le dossier du cannabis progresse et l’industrie des centres d’appels offre des produits spécifiques à l’industrie. 
    • On conclut avec la première compagnie de cannabis qui apparait dans la liste des 100 compagnies les plus importantes au monde du magazine Time.

    Bonne écoute!

    Lien pour l’Épisode sur toPot

    Canadian pot producers watch closely as Democrats aim to rewrite U.S. cannabis laws

    FDA Issues Warning Letters to Companies Claiming Their CBD Products Can Treat COVID-19

    NSLC Raises Booze Prices And Drops The Cost Of Cannabis

    Cannabis Call Centers

    Cannabis company included in Time magazine’s list of the world’s 100 most influential companies

    Transcription de l'épisode 99
    #99 Potpourri 4A

    INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.
    Bienvenue chez vous!

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast.

    Segment 0 h

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    Aujourd’hui, toPot à un potpourri pour vous.
    Je reviens sur quelques développements récents dans le cannabis au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde.

    Liste des sujets de discussion
    La SQDC modifie sa structure de prix.

    On commence par chez nous. Le Québec! Et notre belle SQDC.

    Oui, la SQDC vient de changer sa structure de prix. On va y revenir. Mais la SQDC semble aussi se décrire comme une victime de son propre succès. Voici ce qu’elle annonce à l’industrie :

    OK.
    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.
    Et MJ, Salut, tu vas bien?

    Le document en question fait plus que 4 phrases. Mais concentrons-nous sur l’essentiel.

    Je répète la première phrase :

    Nous observons depuis la légalisation du cannabis, une baisse constante du prix moyen de vente au gramme.

    La SQDC constate une baisse constante du moyen de vente au gramme. Si elle le dit, je la crois. La SQDC sait que ces chiffres sont vérifiables très facilement.
    Donc je reconnais son observation.
    Les prix légaux baissent. C’est indéniable. Et il faut positivement remercier Hexo et son ex-PDG Saint-Louis pour avoir été le premier à oser dire que les prix du cannabis légal étaient trop élevés comparés à ceux du marché noir. Le premier 28 grammes disponible au Québec était un produit Hexo, le OS si ma mémoire est bonne. Cette semaine, il y a avait 36 offres d’onces à la SQDC.
    L’industrie a écouté les consommateurs.

    La deuxième phrase maintenant :
    Cette chute des prix est le résultat d’une offre plus importante que la demande dans l’industrie du cannabis au Canada.

    L’industrie canadienne du cannabis est en surproduction depuis la fin de 2019. Les chiffres sont disponibles et indiscutables. On peut en parler, mais ils sont indiscutables ces chiffres de surproduction. Maintenant, comment pourrait-il en être autrement quand Santé Canada octroie ses licences à tour de bras? On augmente le nombre de producteurs sans égard à la taille du marché. C’est légal et ça s’appelle le capitalisme. En parallèle, les producteurs autorisés améliorent leur méthode de production. Donc, le Canada et le Québec ont de plus en plus de PA qui produisent de plus en plus efficacement. Si le cannabis était pour le législateur québécois un produit comme l’alcool, tout irait bien. Mais le cannabis est un produit qui n’est pas socialement acceptable au Québec. Pas pour les libéraux, pas pour les caquistes. Les autres? Impossible de savoir ce qu’ils pensent. Comme il n’y a rien à gagner dans ce dossier, personne ne veut prendre le risque de s’en mêler.

    Hey merci MJ!

    Fait important à noter, les entreprises qui représentent les PA qui ne peuvent vendre directement à la SQDC encouragent leurs clients à vendre le moins cher possible. C’est du moins ce que j’entends entre les branches. Mais cette situation risque de changer rapidement à cause des plus récents changements règlementaires apportés par Santé Canada. On va en reparler, c’est le prochain sujet…

    Revenons à la troisième phrase :

    Cela fait en sorte qu’aujourd’hui, plusieurs produits vendus à la SQDC, notamment dans les catégories du 3,5 grammes et des préroulés, se détaillent sous les prix du marché illicite.

    Ici, j’avoue ne pas pouvoir suivre la SQDC, mais je suis peut-être mal renseigné. Cela fait des mois que je vois des onces à moins de 100 $ et plus récemment, on a pu voir passer des onces à 55 $ sur Facebook. Des onces commanditées en plus.

    Mais la SQDC nomme les formats 3,5 g et les préroulés, pas l’once.
    J’ai demandé sur différentes plateformes si les affirmations de la SQDC étaient facilement vérifiables…

    D’abord Blaky Black qui est le Chef du BlocPot et le propriétaire de la Clinique VertMédic.
    Je lui ai posé la question et il m’a envoyé une photo en guise de réponse. Une offre bilingue parfaitement rédigée, en fait une seule petite faute en français, pour une once à 80 $. Disponible 18 heures par jour. La grande classe.

    J’ai ensuite échangé avec une personne sur le Discord de Black Poule qui m’a confirmé que les prix du marché noir ou gris étaient vraiment beaucoup plus bas que ceux de la SQDC.
    Est-ce que la SQDC devrait rendre publique les observations et raisonnements qui mènent à une hausse de prix? Un monopole à l’obligation morale de rendre des comptes. En fait, cela permettrait surtout à la population d’adhérer aux choix de la SQDC. Mais on ne retient pas notre souffle. Tout le monde dit que c’est mauvais de fumer ou de fulminer en apnée.

    Et maintenant, la dernière phrase :
    Cette dynamique contribue à banaliser le cannabis, ce qui est contraire à notre mission.

    On doit féliciter la SQDC de désirer respecter son mandat.
    Elle obéit.
    Il est donc inutile de rappeler que l’alcool tue tous les jours.
    C’est 10 personnes par jour au Canada, sans oublier les 400 hospitalisations quotidiennes.
    Cela, la SQDC s’en fout. C’est normal.
    Son mandat exclut la possibilité de réfléchir à ces questions.
    La SQDC réfléchit à sa commercialisation et investit beaucoup de sous dans son projet Omnicanal. Cela ne devrait pas nuire aux ventes.
    Peut-être pourra-t-elle même servir plus de monde avec moins de personnel…

    Mais la SQDC utilise une drôle de terminologie.
    Elle a une marge fixe, mais aussi maintenant une marge protégée.
    C’est le privilège des monopoles d’inventer les règles du jeu qui lui seront les plus favorables.
    Alors cela veut dire quoi pour les producteurs autorisés?

    Je reprends l’exemple proposé par la SQDC.

    Et je reprends texto son explication écrite :

    Les prix de vente affichés de la SQDC sont calculés selon une marge en pourcentage déterminée par catégorie de produits. La catégorie des fleurs séchées inclut une notion additionnelle de marge fixe en dollar au gramme. Tous les produits d’une même catégorie sont traités de manière identique.
    La SQDC a également adopté une approche de protection de la marge en dollar par gramme. Nous appliquons le montant de la marge protégée si celui-ci est plus élevé que le calcul de base.
    Les prix de vente affichés à la SQDC incluent les taxes de vente et sont arrondis à la dixième supérieure.

    Tous les produits n’ont pas la même marge.
    Les fleurs séchées sont à 14,9 %.
    Le hash est à 25 %
    Les nouveaux produits moulus aussi à 25 %
    Pourquoi les prés roulés sont à 26 %?
    Aucune idée et je n’ai trouvé personne qui puisse m’expliquer pourquoi.
    Concentré, huile, mangeables et atomiseurs oraux sont a 30 %
    Les infusions et ingrédients à cuisiner sont à 32 %
    Finalement les prêt-à-boire sont à 33 %

    C’est évident qu’il y a une réflexion commerciale pour être arrivé à un tel résultat.
    On y reviendra peut-être un jour.

    Imaginons un pot de fleurs séchées de 3,5 g que la SQDC achète au producteur autorisé pour 12 $.

    Sur la catégorie Fleurs séchée de 1 à 15 g, la marge annoncée par la SQDC est de 14,9 %.

    14,9 % du 12 $ du coutant de la SQDC = 2,10 $

    À cette marge normale, il faut ajouter la marge fixe de 1,05 $ par gramme.
    On multiplie les 3,5 g de notre exemple par 105 sous. Le total est maintenant de 5 775 $.

    Et c’est là qu’arrive la marge protégée.

    La marge protégée varie en fonction du produit.
    1,85 $ par gramme pour les fleurs séchées
    Mais 5,90 $ pour un gramme de hash.

    Si on reprend notre exemple initial d’un pot de fleurs séchées de 3,5 g, la marge protégée est de 1,85 $ par gramme.

    On a maintenant calculé nos deux marges et la SQDC va choisir le montant de la marge protégée si elle est plus élevée que le résultat du calcul de base.

    Dans notre exemple, le coutant de la SQDC est de 12 $ pour un pot de 3,5 g.
    La marge de 14,9 % égale 2,10 $ auquel nous additionnons la marge fixe de 1,05 $/g soit 3 675 $ pour un total de 5 775 $.

    Nous devons comparer le calcul de base soit 5 775 $ à la marge protégée qui est de 1,85 $ qu’il faut multiplier par 3,5 g soit un total de 6 475 $

    D’un coté, 5,775 et de l’autre 6 475 $

    Comme la marge protégée est plus grande, c’est le montant que va utiliser la SQDC.
    Le prix avant taxe devient donc 12 $ plus la marge protégée de 6 475 $ soit un total de 18 475 $

    Il faut maintenant ajouter les taxes fédérales et provinciales pour un prix de vente final de 21,24 $ qui est arrondi au dixième supérieur soit 21,30 $.

    Quelles seront les conséquences de cette nouvelle grille pour l’industrie?
    Je ne sais pas.
    Mais le trésor québécois devrait être heureux des performances de la SQDC.

    Est-ce que ces prix que la SQDC juge trop bas vont réactiver le marché noir?
    Trop tôt pour le dire.
    Mais on pourrait assister à une professionnalisation du marché médical.

    Ailleurs au Canada, on fait les choses différemment. Prenons le marché de la Nouvelle-Écosse. Je le rappelle, la Nouvelle-Écosse a un régime similaire à celui du Québec. Un monopole total de la distribution. Mais vous allez voir que cette province à une autre vision du cannabis, mais aussi de l’alcool.

    La société des alcools de la Nouvelle-Écosse fait des ajustements de prix ce printemps. En effet, le coût de l’alcool va augmenter de 3,5 pour cent, tandis que les prix du cannabis baisseront de 2,75 pour cent.

    Le NSLC a opté pour une augmentation globale de 3,5 % afin d’éviter toute modification radicale des prix.

    «En procédant ainsi, les gens ne verront pas de hausses massives sur des produits particuliers, mais plutôt des hausses réparties sur des produits similaires», a déclaré la porte-parole de la NSLC.

    Sur le front du cannabis, les prix baissent, une tendance qui se poursuit depuis l’introduction initiale du cannabis légal. «Nous continuons à voir les prix du cannabis baisser à mesure que de plus en plus d’entreprises s’installent dans cette industrie relativement nouvelle», a déclaré M. Ware.

    Les changements de prix sont entrés en vigueur le 25 mars.

    Si vous êtes insatisfait de la SQDC parce qu’elle est un monopole, le leadeurship de la Nouvelle-Écosse qui est aussi régi par un monopole devrait vous forcer à réfléchir autrement.

    Ok, on passe à l’actualité nationale.
    Ben oui, Santé Canada vient de changer sa règlementation et cela pourrait avoir de gros impacts dans l’industrie.

    Dès le 19 avril de cette année, et la je traduis le plus texto possible, Santé Canada commencera à accorder l’autorisation de vendre des produits de cannabis séchés et frais à tous les détenteurs de microlicences et de licences de traitement standard au cours du processus d’autorisation initial, sans qu’il soit nécessaire de soumettre une demande de modification des ventes.

    Et qu’est-ce que cela veut dire précisément?

    Cela veut dire qu’un PA qui a une licence existante qui n’autorise pas la vente de produits de cannabis séchés et frais pourra se faire réémettre une licence avec des conditions modifiées dans les 90 prochains jours.

    Un PA avec une telle licence sera autorisé à vendre des produits de cannabis séchés ou frais aux distributeurs au détail provinciaux autorisés une fois que leur licence aura été modifiée.

    Pourquoi Santé Canada prend une telle décision 3 ans après le début de la légalisation?
    Cette décision serait fondée sur le risque plus faible associé à la production de produits de cannabis séchés et frais. Mais Santé Canada confirme aussi qu’aucune modification n’est apportée aux exigences règlementaires.

    Ce changement devrait diminuer les efforts requis pour respecter la charge règlementaire des détenteurs de licences tout en donnant aux nouveaux détenteurs de licences la possibilité de mettre plus rapidement leurs produits sur le marché.

    Ce changement règlementaire ne s’applique pas pour l’instant aux producteurs d’extraits, de produits topiques et de produits comestibles du cannabis. Comme la transformation apporte son lot de difficultés supplémentaires, Santé Canada à décider d’attendre pour ces catégories de produits.

    Mais en pratique, cela veut dire quoi?

    Pour les provinces comme le N-B qui permettent la vente à l’usine, cela pourrait vouloir dire que les microproducteurs vendraient directement aux consommateurs. Quand on sait qu’un microproducteur peut donner à son emballeur-revendeur au moins 100 000 $ par an, cette nouvelle règlementation pourrait favoriser l’essor de la microproduction au Canada.

    La plupart des observateurs parlent d’une facilité accrue à commercialiser plus rapidement de nouveaux produits.

    Est-ce que les microproducteurs vont pouvoir vendre directement à la SQDC?
    Je ne suis pas sur, mais c’est ce que je comprends.
    Est-que la SQDC va augmenter ses exigences règlementaires pour éviter un déferlement de nouveaux points de contact?
    C’est possible.

    Mais il est clair que les plus petits joueurs avec une licence micro ou standard seraient heureux de pouvoir couper un intermédiaire entre eux et la SQDC. Évidemment, cela aurait des conséquences immédiates sur ces intermédiaires qui sont aussi producteurs et compétiteurs des sociétés auxquels ils offrent des services.

    Ok, si on veut parler de l’avenir du cannabis au Canada, il faut penser aux États-Unis, notre petit voisin.

    Le Congrès américain fait un nouvel effort pour réduire les interdictions fédérales et cette fois, la Chambre des représentants a adopté une loi pour légaliser le cannabis partout sur le territoire américain, éliminant ainsi toutes sanctions pénales pour la fabrication, la distribution et la possession. Le vote a été de 220 pour et 204 contre.

    Le Marijuana Opportunity Reinvestment and Expungement Act permettra aussi des procédures de pardon et la création d’une taxe sur la vente des produits du cannabis.

    Le dossier progresse, mais rien n’est assuré. Heureusement, instruits des difficultés du marché canadien, les Américains réfléchissent déjà aux taxes d’accises trop élevées qui nuisent à une industrie légale qui côtoie un marché illégal très bien organisé. De plus, Biden, après avoir promis la lune pour être élu, a choisi de rester silencieux sur le sujet en plus de présenter un plan de dépenses presque anticannabis.

    Les grands géants canadiens rêvent de pouvoir aller vendre aux États-Unis. Tant mieux s’ils peuvent rêver. Espérons seulement qu’ils ne rêvent pas parce qu’ils sont endormis.

    Personnellement, c’est l’inverse qui m’inquiète pour l’industrie canadienne. Pendant combien de temps le législateur canadien pourra-t-il empêcher nos voisins d’exporter leur cannabis au Canada? La Californie produit déjà du pot de terroir avec appellation contrôlée… Quel Canadien amateur de pot ne voudra pas tester ce genre de produit? Oui, les États-Unis sont un marché affriolant. Mais regarder qui remplit votre supermarché. Les Québécois achètent en hiver des poivrons du Chili qui transitent par les États-Unis. Nous sommes incapables d’importer directement on dirait… Et les produits de consommations courantes appartiennent majoritairement à une dizaine de grands groupes américains. Et soudainement, nous serions capables de nous opposer à cette machine?
    Imaginons qu’ils n’acceptent que des produits GMP?
    Cela élimine presque l’ensemble des producteurs autorisés canadiens qui n’ont pas jugé bon de s’astreindre à ce standard de qualité.

    D’ailleurs le discours des géants canadiens est en constante évolution. Il y a un an, Canopy prévoyait des ventes de 1 milliard. Cette année, on parle de la moitié. Cette réduction drastique des objectifs existe partout dans l’industrie canadienne. À un tel point que nos bons géants ont adopté un nouveau mantra selon le journaliste Matt Lamers de MJBiz.

    «Nous ne sommes pas là pour la part de marché, nous sommes là pour faire du profit».

    Le discours s’adapte à la réalité. Hé.

    Mais l’inverse est vrai aussi.
    Pas au Canada, mais en Argentine où on vient d’inventer une nouvelle formule pour le cannabis médical…

    Dans une initiative qui n’est pas sans rappeler les Clubs Sociaux de Cannabis, l’Argentine va permettre aux patients de faire cultiver leur cannabis par des organisations à but non lucratif agréées et autorisées.

    Une ONG regroupera un maximum de 150 personnes pour la culture intérieure et extérieure.

    Le programme baptisé REPROCANN détermine le nombre de plants par personne, soit 9 plants qui pourront être cultivés sur des surfaces maximums de 6 m2 en intérieur et de 15 m2 à l’extérieur.

    À ma connaissance, il n’y a que la Suisse, pour l’instant, qui prévoit instaurer ce concept des clubs de cannabis.

    IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine.

    On termine avec une nouvelle que je trouve très révélatrice des avancés récentes de l’industrie du cannabis. Au cœur de l’expérience du consommateur de cannabis, il y a cette relation entre lui et l’entreprise qui produit. Comment intensifier cette relation dans un univers règlementaire ou le marketing est interdit plus ou moins? Avec un centre d’appel! Et oui, l’industrie des centres d’appels réagit à la normalisation du cannabis en proposant de nouvelles offres de service spécifique au cannabis.

    Aux États-Unis, pas au Canada.

    Le raisonnement est simple…
    Plus de deux Américains sur 3 supportent la légalisation du cannabis et selon Pew Research, les services de centres de contact prennent une plus grande importance stratégique. Les offres se structurent et des livres blancs, les whites papers en anglais, qui proposent des réflexions spécifiques sur les besoins de l’industrie du cannabis sont maintenant disponibles. Ça c’est nouveau et c’est un signal de confiance envers le développement de l’industrie américaine du cannabis.

    Ok une autre avant d’y aller!

    Le magazine Time fait chaque année une liste des 100 entreprises les plus influentes du monde. Pour la première fois, une compagnie de cannabis apparait dans ce top 100!
    Qui est cette compagnie?

    SFX

    Curaleaf.
    Curaleaf existe depuis 2010 et opère 26 sites de cultures et 128 dispensaires dans 23 États différents avec 5 600 employés.

    «Le fait d’être reconnu comme l’une des entreprises les plus influentes du monde par Time confirme une fois de plus que notre travail permet de briser la stigmatisation de la plante, de construire une industrie équitable et passionnante, de lancer de nouveaux produits innovants pour une large base de consommateurs et de soutenir concrètement les communautés que nous servons», a déclaré Joe Bayern, PDG de Curaleaf US, dans un communiqué.

    Le futur est déjà là!
    Pas au Québec, mais un jour peut-être.
    1
    Et voila, c’était le 99e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com.
    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez!
    Bonne semaine.
    Beaucoup de bienêtre.
    Et bon chanvre!

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    137 Dernier épisode: Le toPot ferme!

    Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ? Aujourd’hui, je commence tout de suite avec un café. Parce que je suis pressé. Mais surtout parce que j’en ai besoin… Donc, j’ai décidé de stopper mon potcast toPot. Pourquoi ? J’aimerais vous donner le contexte de...

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    136 Pot flânage (2023.01.25)

    Du coq à l’âne, en passant par la Thaïlande, on va flâner dans l’actualité du cannabis. Par exemple, un collège au Nouveau-Brunswick doit annuler sa  formation sur le cannabis, faute d’étudiants… Ou encore en quoi le pot des champs est-il supérieur au pot de bunker?…...

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    135 Pot flânage (2023.01.18)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? C’est le 135e épisode de toPot. Et nous continuons notre flânage dans l’actu du cannabis. Seulement 4 licences à travers tout le Canada cette semaine. Deux en Ontario, une en Saskatchewan et une au Québec. Quatre...

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    134 Pot flânage (2023.01.11)

    Avant de débuter notre flânage dans l’actualité du cannabis comme on le fait depuis quelques épisodes, on revient d’abord sur les nouvelles licences accordées par Santé Canada cette semaine. Trois en Colombie-Britannique, une au Manitoba et une au Québec.  Oui, la...

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    133 Pot flânage (2023.01.04)

    L’épisode qui chevauche 2022 et 2023… en flânant. La première Opinion Vulgaire Non Informée (OVNI) de l’année 2023? 7 sous le gramme… Sinon, on va profiter de ce premier épisode de 2023 pour revenir sur les 12 derniers mois afin de mieux se projeter ensuite dans...

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    132 Pot flânage (2022.12.21)

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Un autre épisode Pot flânage cette semaine. Et on commence par les nouvelles licences octroyées par Santé Canada. On passe ensuite en revue toutes les nouvelles de l’actualité du Québec. Après ça? On flâne pour de...

    Transcription de l'épisode

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

    Mythe #1 

    OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

    Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

    Les Odeurs de l’argent

    L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

    Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

    L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

    Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

    Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

    Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

    De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

    Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

    Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

    Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

    Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

    Mythe #2

    Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

    C’est faux évidemment. 

    Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

    Les quatre configurations canadiennes  

    La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

    La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

    L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

    Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

    Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

    J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

    Premier exemple

    Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

    Deuxième exemple

    Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

    (insérer lien pour épisode précédent de toPot)

    Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

    Le backdoor!

    C’est adorable…

    Mythe #3

    • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

    Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

    Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

    Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

    Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

    Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

    Même en Europe!

    Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

    La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

    Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

    Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

    Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

    Non.

    En est-elle tributaire?

    Oui.

    Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

    Contrat d’adhésion

    Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

    Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

    «Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

    La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

    Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

    Mythe #4

    • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
    • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
    • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

    Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

    Stationnement

    Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

    Attention!

    Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

    Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

    Allez!

    Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

    OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

    Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

    Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

    L’exemple perso!

    Je me permets un exemple personnel. 

    J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

    Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

     J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

    Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

    Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

    Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

    Et mes obligations à moi? 

    Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

    Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

    Les procédures!

    Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

    Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

    C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

    Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

    Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

    OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

     Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

    Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

    Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

    Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

    Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

    Mythe #5

    OK. 

    On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

    Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

    Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

    Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

    Le gars qui sait!

    Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

    Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

    Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

    À cause de Daniel Blackburn. 

    Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

    Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

    Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

    J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

    N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!