#120 Pot flânage (2022.09.28)

#120 Pot flânage (2022.09.28)

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui on va de nouveau flâner ensemble. On va discuter de l’Expo Cannabis Montréal, de Mike Tyson et de l’article du journal La Presse sur le détournement du programme médical canadien. L’Association des directeurs de police du Québec (ADPD) à la chance de s’y exprimer et ça fait dure… 

On va aussi parler de magasinage de labo (lab shopping), un truc utilisé par les producteurs autorisés pour obtenir des pourcentages de THC très élevés dans leur rapport. Et finalement, on va s’amuser à revisiter la récente décision de l’Agence Mondial Antidopage (AMA) qui choisit de continuer de bannir le cannabis pour les sportifs. Par respect pour le sport! 😉 

Bonne écoute.

Transcription Intégrale de l'épisode #120

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Cette semaine on reprend notre flânage. J’ai eu beaucoup de bons REX sur le dernier épisode. Un REX, c’est le fameux retour d’expérience des french people from France. Je remercie particulièrement François Parenteau qui a eu des bons mots pour le flâneur que je suis devenu. 

Alors aujourd’hui on va de nouveau flâner ensemble.

Et si on commençait par l’Expo Cannabis Montréal… 

J’y ai choppé un virus et je suis sur le cul depuis vendredi. J’ai même porté ce weekend un manteau d’hiver dans la maison tellement j’avais froid. Je vais beaucoup mieux, mais on verra pour la voix.

Et c’est parti. L’Expo Cannabis Montréal ça se passait au Palais des congrès, cette année. Quand tu sors du métro Place d’armes, c’est majestueux. Presque un décor d’aéroport. La classe. Assez différent de la Place Bonaventure que j’aime beaucoup pour d’autres raisons.

Je vais cracher un peu de venin avant d’aller plus loin. Il y avait dans l’expo des tonnes d’exposants qui ne savaient même pas dire bonjour en français. C’est plate, mais c’est la vie commerciale. Si l’exposant à un produit irremplaçable, tu fais avec. Si tu as besoin d’infos utiles, tu fais avec. Si tu n’as pas besoin de ses services ou de ses produits, tu le respectes comme n’importe quel humain. Le gars dans le kiosque qui regarde son téléphone n’a peut-être pas demandé de venir de Brampton pour aller chez les Papoues pendant 2-3 jours. Il est peut-être bilingue anglais-latin ou anglais — malinké, une des sept langues officielles du Sénégal. Donc, c’est plate, mais c’est la vie. 

Par contre, quand tu t’installes au bar du resto les 3 amigos dans le Palais des congrès et qu’on refuse de te servir en français, c’est un geste politique. Et rien dans la prochaine élection ne va changer cette situation…

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

OK de retour.

On va flâner sans aucune prétention à l’exhaustivité. Alors, j’ai discuté avec beaucoup d’exposants qui offraient des produits d’assurances. C’est le signe d’un marché qui se professionnalise. Les marchands de fertilisants étaient partout. Beaucoup moins de vendeurs de quincailleries comme les machines pour l’effeuillage, les supports de séchage. Vous voyez le genre. À vue de nez, j’ai l’impression que les entreprises québécoises dans ce secteur d’activité privilégient maintenant les salons à l’extérieur du Québec au moment où le marché québécois commence à saturer. Ça, c’est du pif. Rien de scientifique. Si vous avez un autre scénario, je suis curieux.

Comme pour les éditions précédentes, il y avait des conférences sur deux scènes différentes passées. De bons sujets, du bon monde. Mais mon accent était de serrer des mains et de rencontrer du monde pour faire du contenu pour toPot et Bon Stock, mon nouveau magazine numérique sur le cannabis.

Peu de producteurs québécois de cannabis avaient un kiosque. Très très peu. C’est un peu normal, car c’était un salon professionnel. Par rapport aux dernières années, j’ai l’impression que le nombre d’exposants a considérablement diminué. Il y avait également peu de mégakiosques qui ressemblent à des châteaux. La sobriété était de mise. La fin de l’abondance comme dit le président Macron en France.

Ma plus grande surprise? Les labos de Toronto qui viennent au Québec explorer un nouveau marché. Le plus smatte de ces labos avait une représentante qui parlait français, qui avait des tatouages vraiment intéressants et un vrai bonus, la dame a le titre d’agronome. Ce labo offre un service spécial dont je vous reparlerai bientôt. Une offre unique d’après ce que je peux comprendre.

Mon coup de cœur? J’ai discuté avec le PDG de PurCann Pharma qui est une filiale du Groupe SiliCycle. Le monsieur s’appelle Hugo St-Laurent. Pendant qu’on discutait, il prenait des notes sur une feuille de papier. Cela ne veut pas dire qu’il va me rappeler. Mais lors de notre échange, j’ai eu l’impression que toute sa bande passante était dirigée vers moi. PurCann Pharma produit et commercialise des extraits purifiés et standardisés THC, CBD, CBG, CBN, CBC, CBDA et THCA) sous forme d’huiles, de gélules, de vaporisateurs, de crèmes, de jujubes, genre. PurCann Pharma offre aussi des services de fabrication à façon et sous contrat (CMO) et toute une gamme de services de pointe. 

Ma découverte? Le centre d’innovation en technologie en bio-innovation de la Cité située à Ottawa. En fait je les redécouvrais à ma plus grande surprise. Il y avait sur place une équipe de jeunes gens, dont une technicienne de labo allumée, que je salue au passage. 

J’ai aussi discuté avec deux grandes femmes blondes, Gisèle et Marika, qui vendent de l’intelligence chez EZ Focus. Ez Focus est une société pan canadienne qui offre des services comme ceux de Weed Crawler, si vous savez de quoi et de qui je parle. 

Ahhhh oui, j’ai aussi rencontré Jimbo Jones, un créateur de contenu qui ne montre jamais son visage. Il a une chaine youtube avec différent type de contenu. Forcément, c’est lui qui m’a reconnu. Dans un autre registre, j’ai parlé avec trois personnes différentes de ferblanterie. Eux n’avaient pas de kiosque, mais ils étaient sur place pour prendre le pouls du marché.

OK, c’est tout pour l’instant. Je reviendrai à l’Expo Cannabis Montréal si j’ai un flash.

Dans l’épisode précédent, je parlais des critiques sur les réseaux sociaux dont faisaient l’objet les entreprises de cannabis présentes à la bourse. Bien sûr, certaines ont perdu des milliards pendant que leurs dirigeants s’enrichissaient. Mais vous le savez… une promesse n’engage que celui qui y croit. 

L’éternelle histoire des gros contre les petits. Comme au Québec il y a 30 ans quand les microbrasseries sont apparues. Oh, ce genre de discussion n’annonce pas la fin du monde. Juste la fin du cannabis ou d’une certaine idée que les consommateurs se font de l’industrie du cannabis avec de microproducteurs comme il y a des microbrasseurs.

J’ai vu apparaitre sur mon radar un pic de discussion dont l’essentiel, en gros, se résume à ceci : Big Tobacco, Big Pharma et plein d’autres big tentent actuellement de contrôler le marché légal du cannabis. 

Et je n’ai même pas encore nommé Amazon qui a déjà le plus grand réseau au monde pour distribuer rapidement n’importe quoi… Si on regarde ce qu’Uber a réussi à faire ou à défaire au cours des dernières années, l’hypothèse d’une mainmise par quelques géants sur l’industrie du cannabis n’a rien de farfelu.

L’argument omniprésent dans ces discussions est simplissime : après la prohibition de 1919 aux États-Unis, chaque État a pu passer de lois et des règlementations qui ont su empêcher toutes formes d’intégration verticale. Non seulement la santé publique fut protégée, les niveaux de consommation le prouvent, mais ce formatage a permis l’émergence d’entreprises petites et moyennes qui ont longtemps pu prospérer. Cependant, le lobbying étant l’arme des dominants, il y a eu une reconsolidation de l’industrie de l’alcool partout dans le monde. Au Canada, j’aime le répéter, l’alcool, c’est 400 hospitalisations et 10 morts par jour. Si le cannabis tuait autant de monde, on mettrait en prison les producteurs autorisés canadiens. 

On voit donc apparaitre des groupes de juristes qui disent qu’il faut dès maintenant s’assurer que le marché américain du cannabis ne soit pas contrôlé par quelques conglomérats. Certains influenceurs se moquent de cet activisme. D’autres prédisent encore pire. Quand on voit les efforts déployés par YouTube pour éradiquer le contenu cannabis de sa plateforme, il est évident que certains BIG agissent déjà selon leur propre intérêt. La vraie question est YouTube protège quoi? La jeunesse ou ses revenus?

Est-ce que vous croyez que ce type de raisonnement relève du complotisme? Si oui, faites-moi signe. Pour l’instant, les producteurs canadiens font amplement la démonstration que l’intégration verticale n’est pas à la portée du premier venu. 

OK, on s’en va flâner ailleurs… 

Vous avez entendu parler du refus de la SQDC de distribuer et de vendre les produits de cannabis qui utilisent l’ex-boxeur Mike Tyson comme porte-parole. Certains médias ont félicité la SQDC de ne pas transiger avec lui tandis que d’autres lui ont reproché. Vous savez sans doute aussi que l’un des produits signatures de Tyson est un mangeable en forme d’oreille à laquelle il manque un morceau. C’est qu’il a déjà mordu l’oreille d’un boxeur lors d’un combat. Le nom du produit est brillant : «Mike Bites» 

Certains États américains interdisent, je pense à la Californie, tout produit du cannabis ayant la forme ou portant l’empreinte de la forme, réaliste ou caricaturale, d’un être humain, d’un animal, d’un insecte ou d’un fruit. Dans un secteur économique qui fait encore appelle à des babe bong, le fait que Tyson ait été condamné pour viol ne semble pas déranger beaucoup. Là aussi par contre, il y a des changements réels de mentalités et ce qui était normal il y a 3 ans ne passe plus en 2022. 

SFX

Vous avez lu l’article de La Presse publié lundi? Le titre était Cannabis médicinal Le programme fédéral détourné par le crime organisé. D’abord, il faut remarquer la taille du projet. J’ai compté 3087 mots. Un texte habituel dans ce journal fait 1000 mots. Mais cette fois-ci on parle de journalisme, pas d’une chronique d’opinion. Le Journal de Montréal a fait exactement le même topo il y a deux ans. Le contexte politique, par contre, est totalement différent. Santé Canada est tenu par la Loi sur le cannabis fédérale d’organiser cette consultation. Au même moment, la SQDC fait son propre sondage. Un sondage très ambitieux qui devrait lui permettre de mieux comprendre son marché. Pas pour vendre davantage, juste pour mieux vendre. L’article de La Presse propose des statistiques intéressantes, entre autres. Mais je dois avouer que j’ai éclaté de rire plutôt que de pleurer en lisant certains propos relayés par l’article. Non, je n’ai pas éclater de rire quand j’ai lu que le marché noir était en croissance. Ce n’est pas parce que je le dis depuis des années que je me réjouis. Non ce qui m’a fait rire est l’absence totale de jugeote de l’Association des directeurs de police du Québec, l’ADPD et l’absence de réactions des journalistes élites de La Presse. L’ADPQ se plaint de la situation du cannabis médical. Je ne dis pas qu’elle a tort. Au contraire. Sur les réseaux sociaux, à ciel ouvert quoi, des gens prouvent tous les jours que les abus sont nombreux et connus de tous dans le programme médical. Mais va-t-on interdire les véhicules moteurs parce qu’il y a des conducteurs dangereux, sans empathie et ivres. Jamais et c’est bien ainsi. Là, je vais citer le passage qui m’a fait rire…

Les dirigeants de l’association ne veulent pas pénaliser les consommateurs qui ont besoin de cannabis à des fins médicales, mais ils réclament un moratoire sur la délivrance des certificats d’inscription et la formation d’un comité pour harmoniser les mandats de la sécurité publique et de la santé dans l’approvisionnement du cannabis à des fins médicales.

Ils demandent également que la réglementation actuelle soit abrogée et recommandent que les détenteurs d’une ordonnance qui habitent au Québec s’approvisionnent uniquement à la Société québécoise du cannabis (SQDC).

C’est gentil ça, l’ADPQ ne veut pas pénaliser les gens malades. Elle veut seulement les envoyer s’approvisionner les succursales en grève… ou dans les succursales ouvertes il n’y a pas un seul être humain formé adéquatement pour des malades. PAS UN.

Pourquoi pas alors une opération a cœur ouvert dans une pharmacie Jean Coutu? Y’a plein de monde compétent sur le plancher, plein d’universitaires avec des diplômes et en général, il y a un bureau de médecins juste un étage plus haut pour prescrire des pilules. Évidemment vous sentez la caricature… 

Le reportage relaie la parole de l’ADPQ sans la questionner. Avouez que c’est un peu normal. La police c’est elle qui normalement est payée pour poser des questions. Attendez-vous une réaction de la profession médicale aux recommandations de l’ADPQ? Pas moi. 

L’industrie peine à survivre. On lui jette des grenailles pour le moral. Quelle tristesse. Les patients? Qu’ils se débrouillent.

En même temps, on apprend qu’un audit interne au ministère des Anciens Combattants révèle que le ministère aurait pratiquement perdu le contrôle du programme de cannabis thérapeutique pour les vétérans.

Pas de supervision, pas d’encadrement et même pas de données probantes sur les bénéfices pour la santé des vétérans. Cela me fait penser au récent gouvernement libéral provincial qui donnait trop d’argent aux médecins québécois, mais sans jamais pouvoir le réclamer faute d’avoir noté adéquatement les remises d’argent. Plouc 101.

SFX

Si vous êtes passionné par le cannabis et son écosystème, vous avez compris que le pourcentage de THC est devenu un outil de marketing. Alors que la science nous informe de l’importance des terpènes dans le buzz et de l’immense complexité de l’effet d’entourage, le manque d’information laisse les consommateurs croire que le cannabis est comme l’alcool où il existe un lien de causalité réel entre le pourcentage d’alcool et l’inévitable intoxication. 

Dans ce contexte, il existe maintenant dans l’industrie québécoise du cannabis un niveau de suspicion, de méfiance, de défiance et de scepticisme face aux rapports de laboratoires. Certains acteurs de l’industrie accusent plus ou moins ouvertement certains laboratoires de fournir des rapports de complaisance. Je suis en train de monter un épisode sur le sujet. On va s’en reparler. En attendant, pour ne froisser personne, on peut parler d’un exemple bien documenté ailleurs. Et j’ai choisi la Floride parce que les Québécois y sont un peu chez eux. Au minimum, nous y sommes en terrain connu alors que si je parle du Luxembourg ou de la Croatie, c’est plus vague.

Les autorités de la Floride, consciente de l’importance de son marché dans lequel il faut compter 100 millions de touristes par an, et bien les autorités ont décidé de mettre fin a ce qu’on appelle le Lab shopping qui permet aux producteurs de cannabis d’obtenir le taux qu’ils désirent. 

Quand les consommateurs commencent à douter du travail des labos, et c’est ce qui se passerait en Floride, c’est toute l’industrie qui est a risque. C’est aussi un clin d’œil inutile au marché noir qui n’a pas besoin de ce genre d’encouragement pour prospérer. Pourquoi les labos sont-ils complaisants? Pour rester en affaire. 

L’éditeur de MJBizDaily, Bart Schaneman a récemment documenté toute l’histoire. On a ainsi appris que l’Office of Medical Marijuana Use (OMMU) de la Floride a imposé à deux labos des amendes de 20 000 $ pour usage de méthode non conforme à la réglementation. On les accuse rien de moins que d’avoir fournis de certificats d’analyse faux et inexacts.

Des labos concurrents se plaignent de perdre des parts de marché parce que leurs analyses indiquent systématiquement des niveaux plus bas de THC. C’est comme si la science était au service du marketing… Et tout indique que la compétition entre les laboratoires ne fait que commencer. 

Est-ce que les labos vont se battre uniquement sur les prix? Non. Un nouvel élément de différenciation existe. Oui, la rapidité du traitement des échantillons serait devenue un facteur très important pour l’industrie. 

Dans ce phénomène de lab shopping, quel genre d’écart peut-on voir? C’est ÉNORME… On parle de 10 % d’écart. Un produit annoncé à 30 % de THC serait en réalité à 20 %… La marge d’erreur type pour ce genre de test est de 5 %. 

Si vous êtes un voyageur fréquent sut toPot, je ne vous apprends rien. On a en discuté dans l’épisode #57. Entre autres. Il est important de rappeler que si les labos sont une partie de l’équation, les producteurs autorisés ont la responsabilité de proposer des échantillons représentatifs de leurs récoltes… Et là aussi, c’est n’importe quoi, car même en toute bonne foi, il n’y a aucune méthode standard d’échantillonnage pour l’industrie canadienne. Santé Canada n’a pas jugé bon d’imposer un protocole précis. Donc entre les différents protocoles et les simples abus, il y a une marge de progression pour protéger les consommateurs et créer une compétition saine.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ, merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis-lui bonjour de ma part! OK Merci.

OK je me ramasse.

Je pense que je vais conclure avec une autre nouvelle qui m’a fait rire… Oui. Le sport et le cannabis sont une source inépuisable d’amusement et de mise à nu des niaiseries extraordinaires dont sont capables les États-Unis. 

L’Agence mondiale antidopage, l’AMA en français et la Wada en anglais, et bien elle a décidé que le cannabis est toujours une substance interdite. Depuis que l’AMA existe, les américains ont milité très activement que le cannabis demeure une substance interdite. Malgré leurs pleurnichements quand la sprinteuse américaine Sha’Carri Richardson fut exclue des Jeux olympiques de Tokyo pour avoir consommé du cannabis.

Le comité exécutif de l’AMA a décidé de maintenir l’interdiction parce que la consommation de ce produit violerait l’esprit du sport… Avant 2021, un athlète positif à une drogue récréative était suspendu 2 ans… Ça coute cher le joint hein! Aujourd’hui on parle d’une suspension de 1 à 3 mois si ma mémoire est bonne ou pas trop grippée.

L’ironie est palpable. D’un côté, la science médicale doute globalement de l’efficacité du CBD et du THC, il suffit de regarder ce qui se passe dans la grande expérimentation française qui va d’échec en échec et de l’autre, l’AMA qui affirme que le cannabis nuit à l’équité sportive. Expliquez-moi quelqu’un! 

Et je vais en rajouter une couche pour bien montrer la différence de traitement selon que les molécules incriminées viennent d’une plante ou d’un laboratoire. Je m’intéresse depuis quelques années à une drogue qui s’appelle Tramadol. Le tramadol a longtemps été en vente libre. Tu pouvais ramasser ça juste à côté de la mélatonine. Pourquoi cette drogue m’interpelle? Parce que les équipes de cyclisme professionnelles en fournissaient comme des smarties à leurs coureurs sans même se cacher même s’il s’agit d’un opioïde très dangereux. Les conséquences furent et sont toujours spectaculaires… Quand tu vois un coureur qui tombe en montant un col à 25 km/h, tu te dis forcément que quelque chose cloche. Des coureurs oublient de prendre un virage dans une descente, tu te poses des questions. Le champion américain Tyler Phinney avait alerté les autorités en 2012, cela fait donc 10 ans… Le cycliste canadien Michael Barry en parle dans son autobiographie. Barry courait pour l’équipe anglaise Sky. Voici son témoignage…

Quand je me suis cassé des côtes sur chute au deuxième jour du Tour de France, j’ai pris du Tramadol pour calmer la douleur. Il m’a fait ressentir une légère euphorie. Je ne ressentais aucune douleur aux jambes. Je pouvais appuyer plus fort que d’habitude sur les pédales. Cela améliorait autant la performance que n’importe quel produit dopant que j’avais pris, avec une différence de taille : c’était légal.»

Les cyclistes ne sont pas les seuls athlètes à consommer sans raison ce genre de produits. Dans une récente coupe du monde de football, 39 % des joueurs ont déclaré prendre des antidouleurs comme le tramadol avant de jouer. Le cyclisme est un sport extraordinaire à gérer par des ploucs et contrôlé dans les faits par 2 ou 3 organisations dont le groupe de presse Amaury, propriétaire du journal l’équipe. Comme il n’existe aucun syndicat pour la défense des coureurs, quand un athlète est coincé, on le jette sous l’autobus sans problème. Par contre, les coureurs finissent toujours par parler. Alors tout se sait un jour ou l’autre. Alors que dans le hockey, on ne sait toujours rien de ce que pouvait consommer les joueurs à l’époque de Maurice Richard… Et j’ai aussi quelques un vidéo d’un compteur de 50 buts et ancien entraineur d’une équipe assez connu au Québec déclaré en direct à la télévision que pendant les éliminatoires de la coupe Stanley, les joueurs, entre les périodes supplémentaires recevaient des transfusions sanguines. À sa décharge, il parlait probablement de solutés. L’autre commentateur, également entraineur de plusieurs grandes équipes a tenté de diffusé la tension en disant que dans une situation similaire, ses joueurs mangeaient de la pizza. Je viens de réécouter le vidéo pour être sûr que mon souvenir est précis. Manger de la pizza pour récupérer entre les périodes supplémentaires de la coupe Stanley. C’est fort. Le plus intéressant, c’est l’absence totale de réaction de la presse sportive et de la presse tout court.

Je reviens au tramadol et au cycliste canadien Michael Barry.

Un médecin français a répondu à l’époque aux commentaires de Barry et là je cite texto Gerard Guillaume le médecin de l’équipe FDJ :

«Comment Michael Barry, avec tout ce qu’il prenait, pouvait faire la différence entre l’effet de l’EPO, des hormones de croissance, des corticoïdes et du Tramadol

Ce genre de commentaires est exclusif au vélo. Peut-être dans le bodybuilding aussi, mais je ne m’avancerai pas davantage. Vous comprenez ce que je dirais.

Alors Luc accouche… C’est quoi le lien entre le tramadol et l’interdiction du cannabis? On flâne, on flâne.

L’usage du tramadol est de plus en plus restreint. Pour des raisons de santé publique évidentes.

Mais l’AMA, avec sa sagesse légendaire a annoncé que l’antidouleur tramadol sera ajouté à la liste des substances interdites aux athlètes en compétition à partir de… 2024. Il est urgent d’attendre…  

Pendant ce temps-là, les États-Unis font des pieds et des mains pour rapatrier Brittney Griner la basketteuse américaine emprisonné en Russie pour possession de cannabis. Tant mieux pour l’athlète qui ne mérite pas ça. En même temps, il suffit de lire les nouvelles, les autorités américaines arrêtent des sportifs sur leur territoire pour possession de cannabis. Ils font exactement comme les Russes, mais avec leurs propres citoyens…

Le 4 aout 2022, le récent retraité de la NBA, Iman Shumpert a été arrêté pour possession de cannabis à l’aéroport international de Dallas Fort Worth. 

Ainsi va la vie!

Et voilà, c’était le 120e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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Aujourd’hui, on va flâner. 

Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile.

Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le high du coureur, les mangeables, le pot extérieur versus le pot intérieur… Vous voyez le genre. Tous des sujets que j’ai déjà abordés. Mais j’ai envie de papillonner. OUI, papillonner comme dans une discussion plus informelle. Une discussion avec des chums au coin d’une table. Oui, un café, un bat. On discute. J’aimerais faire ça en direct un jour en prenant vos appels… Un jour. 

Je me demande même si je pourrais faire des pauses musicales… Je vais en mettre une dans cet épisode et vous me direz ce que vous en pensez.

Donc, cette semaine, on flâne ensemble avec une thématique très, très large. Oui, on discute en flânant de la croisée des chemins pour l’industrie du cannabis. On flâne, mais vous allez pouvoir consulter des liens pour tous les sujets dont je vais parler. On flâne, mais on flâne en pro…

Alors on flâne. À zéro on commence 3-2-1 ZÉRO.

Transcription Intégrale de l'épisode #119

#119 Pot flânage! (2022.09.21)

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, on va flâner. 

Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile.

Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le high du coureur, les mangeables, le pot extérieur versus le pot intérieur… Vous voyez le genre. Tous des sujets que j’ai déjà abordés. Mais j’ai envie de papillonner. OUI, papillonner comme dans une discussion plus informelle. Une discussion avec des chums au coin d’une table. Oui, un café, un bat. On discute. J’aimerais faire ça en direct un jour en prenant vos appels… Un jour. 

Je me demande même si je pourrais faire des pauses musicales… Je vais en mettre une dans cet épisode et vous me direz ce que vous en pensez.

Donc, cette semaine, on flâne ensemble avec une thématique très, très large. Oui, on discute en flânant de la croisée des chemins pour l’industrie du cannabis. On flâne, mais vous allez pouvoir consulter des liens pour tous les sujets dont je vais parler. On flâne, mais on flâne en pro…

Alors on flâne. À zéro on commence 3-2-1 ZÉRO.

Le regroupement d’affaires qui est censé veiller aux intérêts de l’industrie du cannabis recevait le mardi 20 septembre ses membres dans le cadre de l’Assemblée générale Annuelle. On y a présenté un PLAN STRATÉGIQUE 2022-2024. On y reviendra peut-être dans un futur épisode. Ce qui a davantage retenu mon attention est le nouveau code d’éthique qui fait 8 pages. On y retrouve un Préambule, les Responsabilités, devoirs et obligations des membres et finalement une présentation du Comité de discipline. Il y a toute une section sur les conflits d’intérêts. On va surement en entendre parler dans les mois à venir. Je m’intéresse particulièrement à la place que l’on fait pour la microproduction au Québec. Donc un gros dossier à suivre.

Mais c’est quoi le flânage? Dans le contexte de la venue au Québec de la Cour suprême du Canada pour l’affaire des 4 plants maison, j’ai pensé que cela serait drôle de connaitre la définition en droit du flânage. C’est drôle, mais ce matin, je réalise que la Cour suprême du Canada a le même acronyme que les Clubs Sociaux de Cannabis (CSC). 

Donc, si quelqu’un vous accuse de flâner, cela veut dire quoi? 

Vous avez déjà demandé à un policier de vous définir le flânage? Ahhh vous n’avez jamais été arrêté par la police. Moi, une seule fois. J’avais 7 ans et j’avais volé des pommes… Mais je ne flânais pas. Donc…

Au Québec, la définition du flânage apparait en 2012. Jusqu’à cette date, chaque municipalité faisait respecter son règlement d’interdiction de flânage de façon arbitraire. Beaucoup de flou et de mou dans la corde… Puis en 2012, un incident à Québec va permettre à la cour de municipale de la même ville d’apporter sa pierre à la construction du droit au Québec. Alors rapidement, une fois c’est un gars de Québec qui décide de se faire bronzer en «string» près du fleuve. La police décide de l’accuser de flânage. Yvan Pouliot, c’est le nom du monsieur qui sera acquitté de l’infraction et la Cour municipale de Québec s’est tout de même longuement questionnée sur l’interprétation du terme «flânage». L’article 5 du Règlement municipal de la ville de Québec disait ceci :

«5. Il est interdit à une personne, sans motif raisonnable dont la preuve lui incombe, de flâner, de vagabonder ou de dormir dans une rue ou dans un endroit public.

Aux fins du présent article, est considérée comme flânant ou vagabondant, une personne qui se trouve dans un des lieux mentionnés au premier alinéa, sans l’autorisation du propriétaire ou de l’occupant des lieux. La preuve de cette autorisation incombe à la personne considérée comme flânant ou vagabondant. […]»

Le tribunal à regarder le Petit Larousse pour s’informer de la définition du mot qui est : 

… se promener sans but, au hasard; avancer sans se presser. Paresser, perdre son temps.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mais cela ne suffit pas. Le tribunal s’intéresse ensuite à la jurisprudence des cours d’appel du Québec et de l’Ontario. Après avoir accompli cette recherche, le Tribunal livre sa propre définition : flâner est le fait de traînasser à un endroit, en mouvement ou non, sans justification.

Le bronzé sera donc acquitté puisqu’il était dans un endroit public offert au public. Les policiers se feront aussi rabrouer pour avoir donné un constant d’infraction reliée à une épidémie d’exhibitionnisme dans la région. Voici texto ce que dit le jugement.

Par ailleurs, la simple présence du défendeur à cet endroit, un jour d’été, à 17 heures, ne peut constituer du flânage. Les circonstances de lieux, de jour, d’heure et d’autorisation du propriétaire ne permettent pas de conclure que le défendeur flâne à cette occasion.

Alors si on vous arrête pour flânage, vous avez déjà quelques munitions pour discuter en douceur avec les forces de l’ordre.

Est-ce que cela serait drôle si je segmentais notre flânage avec un thème musical?

SFX

Dans un autre ordre d’idée, j’ai acheté une once de fleur bio récemment. Mais je l’ai acheté au médical. OUI totalement légalement. Il y avait une différence de prix de 40 $… C’est ma surprise personnelle du mois et peut-être même du trimestre.

SFX

Est-ce que vous fréquentez les réseaux sociaux pour vous informer auprès des influenceurs qui font de critiques/reviews sur les réseaux sociaux?

Il y a actuellement une forme de ressac d’après ce que je peux comprendre de leurs discours. Je ne parle pas d’une personne en particulier. Je parle de plusieurs personnes qui avaient des épisodes YouTube avec des audiences de 30 000 ou 40 000 personnes au début de la légalisation. Ils disent, eux hein, pas moi, ils disent donc qu’ils n’ont plus cette capacité d’attraction parce que YouTube a changé ses algorithmes. Pourquoi? Peut-être l’influence des États-Unis, un pays qui résiste de toutes ses forces à la légalisation du cannabis. 

Hey merci MJ!

Au final, peu importe les raisons, le paysage est en train de changer. On assiste aussi à une professionnalisation du contenu. Meilleure captation vidéo et audio et surtout une postproduction PLUS ambitieuse. 

Le modèle d’affaire de l’influenceur/critique est en transformation. C’est rendu que les gens évitent de prononcer le mot cannabis pour être entendu par leur audience. Quel impact ces changements auront-ils sur l’industrie du cannabis? Je ne sais pas, mais il est sûr qu’il existait certains pipelines pour emmener l’information du PA à la clientèle. Ce modèle sous-terrain existe toujours, mais il est en mutation. 

Je note également que l’audience des sites de critiques sur FB et sur le web en général se transforme. Le nombre de membres par groupes augmente et c’est peut-être le résultat d’une migration de l’audience des influenceurs/critiques vers ces plateformes. Par contre, simultanément, le nombre de personnes présente en ligne sur ces plateformes semblent avoir dramatiquement diminué. 

J’y vois plusieurs raisons. Les voici en vrac :

  1. Les nouveaux consommateurs de cannabis savent maintenant le minimum nécessaire pour acheter avec plaisir et discernement. Le site de la SQDC n’est pas parfait, mais il est suffisamment étoffé pour faire un peu d’éducation. 
  2. Les échanges sur FB et Reddit par exemple peuvent être une expérience contrariante. Je vois tous les jours des gens qui disent taire leur préférence et préférer ne pas s’exprimer, car les réponses de certaines personnes, souvent les mêmes, sont vulgaires, inappropriées et démotivantes. Quand des adultes ont peur de se pogner avec des malotrus, c’est le début de la fin d’une communauté.
  3. La clientèle ciblée par les producteurs autorisés n’est pas dans ces groupes. Un PA n’a pas besoin des vociférations de 30 personnes qui bashent son produit. Il préfère une clientèle comme celle de la SAQ. Quand un client de la SAQ achète une bouteille de vin bouchonnée, il ne se plaint pas sur internet. Il en discute avec son conseiller la fois d’après. Ces groupes vont, à long terme, se transformer et certains vont disparaitre. J’ai en tête deux ou trois énergumènes qui géraient des groupes sur FB en professant leur ignorance de toutes leurs forces. Ces groupes ont disparu et leurs administrateurs, qui n’étaient que des tijoe connaissants, ont disparu ou se sont pacifiés pour survivre à leur passion.
  4. Certains groupes sont noyautés par des membres de l’industrie. Le jupon finit toujours par dépasser et les membres ne sont pas aveugles.
  5. Et finalement et peut-être le facteur le plus important, l’émerveillement initial s’est peut-être émoussé. Ce qui était interdit est maintenant légal.

Même la plateforme twitter s’est vidée de son contenu de cannabis. Pour moi, la plus belle plateforme est LinkedIn. Pourquoi? Je croise parfois le même monde que sur FB, mais je croise aussi des entrepreneurs, des chimistes, des maitres cultivateurs, toutes sortes de monde relié directement à l’industrie.

Je vous donne un exemple. Je me pose une question depuis 3 ans : quel est le taux maximum de THC possibles dans une fleur de cannabis? Grâce à FO Hébert qui est venue deux fois sur toPot, j’ai eu un nom. Celui de Davoud Torkamaneh. C’est un généticien/génomicien spécialisé dans le cannabis. Je l’ai trouvé sur LinkedIn. Bing Bang. Une semaine plus tard, toPot recevait le chercheur pour lui poser quelques questions. Pour les curieuses, l’entrevue sera bientôt diffusée sur Bon Stock. Si vous n’êtes pas un voyageur fréquent sur toPot, Bon Stock est un magazine numérique dédié au cannabis que je viens de lancer. On le retrouve @ www.bonstock.quebec.

OK, puisqu’on parle de transformation, il faut parler de l’Allemagne et l’industrie canadienne du cannabis qui se demande si l’Allemagne va la sauver. Et l’industrie canadienne répète comme un mantra. On a l’avantage du premier arrivé… On a l’avantage du premier arrivé… On a l’avantage du premier arrivé…

Si l’Allemagne ouvre ses portes aux producteurs, est-ce que le Canada obtiendra la prépondérance des commandes? L’industrie canadienne est à genoux et ce n’est pas pour prier. Les quelques grands qui sont déjà en Allemagne se croisent les doigts. Cette fois-ci, c’est peut-être pour prier. L’Allemagne pourrait être le premier pays de l’Union européenne à légaliser cette drogue à des fins récréatives. Avec la meilleure économie en Europe et le double de la population canadienne, le marché allemand pourrait être une bouffée d’air frais pour quelques compagnies.

Je dis quelques compagnies, car pour exporter en Allemagne, coucou, il faut avoir une entreprise aux standards EU-GMP. GMP veut dire Good Manufacturing Practices. Et l’industrie canadienne n’a pas cru bon d’y croire dès le début. Ou elle y a cru, mais elle n’en avait pas les moyens. DONC, pour l’immense majorité des entreprises canadiennes dans le cannabis, l’Allemagne n’est même pas un rêve. C’est juste une impossibilité.

La légalisation est sur les rails, mais la gare n’est pas en vue. Le meilleur horizon, c’est 2024. Donc pas sauvetage de vie avant 2024 et plein d’entreprises ne seront plus en vie alors. Le marché potentiel allemand évalué à 400 tonnes fait saliver, car il ne s’est vendu que 100 tonnes de cannabis au Canada lors de la première année de la légalisation. 

En plus, l’Union européenne est inquiète, ce qui risque de ralentir tout le processus. C’est d’ailleurs exactement comme aux États-Unis ou Biden a été élu en promettant la légalisation et il a fait exactement l’inverse.

Terry Booth, l’ex-PDG d’Aurora Cannabis toujours actif dans le cannabis avance que l’Allemagne allait «être plus dure que le Canada» en termes de lois et règlementations. Non, l’herbe n’est jamais plus verte chez le voisin.

Le plus drôle ou triste c’est la récente bévue monumentale de Tilray. Oui Tilray a enjolivé dans un communiqué de presse la semaine passée, sa rencontre avec les responsables allemands de la lutte contre la drogue. 

On a fait une table ronde avec les autorités allemandes pour donner le coup d’envoi d’un projet de légalisation pour le cannabis non médical à déclarer Tilray, en citant hors contexte ou tout croche, le commissaire pour les questions de toxicomanie et de drogue, M.Burkhard Blienert

La réponse allemande n’a pas tardé… 

Non, il n’y a pas de table ronde avec Tilray à répondu le porte-parole de Blienert à MJBizDaily. 

«Le contenu du communiqué de presse n’est tout simplement pas correct. Nous ne minimisons pas la réunion, car il n’y a pas de coopération et il n’y en aura pas non plus avec Tilray. A aucun niveau pour être clair».

Il serait peut-être utile de savoir qui vend à l’Allemagne à part le Canada qui croit y voir une chasse gardée :

×

Import Country

Amount in kilograms

Canada

6493

Denmark

3726

Netherlands

3,724

Portugal

2413

Australia

1566

Uruguay

848

Spain

705

Uganda

439

Austria

288

Columbia

149

Qui va être le premier pays à dépasser les ventes du Canada en Allemagne? S’il y a une guerre des prix, la Colombie va gagner. Si on parle de faire tourner la machine à profit, je vote pour les Pays-Bas. Les Hollandais sont les gens les plus pragmatiques au monde. Mais c’est une saga pour une autre fois.

On flâne qu’on disait… Alors que sait-on des Perceptions des praticiens de la santé sur les obstacles aux pratiques de prescription du cannabis?

On sait certaines choses parce que c’est aussi le titre d’une étude publiée récemment. Les résultats sont intéressants. Comment ça fonctionne une telle étude? C’est très simple. Une équipe produit un questionnaire qui est diffusé par 24 organisations. 70 personnes l’ont remplie le questionnaire. 71 % étaient des médecins ou des résidents en médecine, tandis que les autres étaient des infirmières, des pharmaciens ou d’autres professionnels de la santé. 

Alors que nous apprend cette recherche?

  1. Seulement (6 %) des répondants ont reçu une formation sur le cannabis médical dans une école professionnelle, mais 60 % ont reçu d’autres formations comme des ateliers, des conférences). 
  2. Plus de la moitié (57 %) ont reçu plus de questions sur le cannabis médical depuis la légalisation du cannabis récréatif, 
  3. 82 % des répondants ont déclaré avoir des patients qui utilisent le cannabis médical. 
  4. Par contre, 56 % se sentaient mal équipé pour discuter de cannabis médical 
  5. 27 % ne connaissaient pas les conditions d’obtention du cannabis médical au Canada. 
  6. Selon eux, les symptômes les plus courants pour recommander le cannabis médical sont la douleur et la nausée
  7. Les conditions les plus courantes pour le recommander sont le cancer et la douleur chronique. 
  8. L’obstacle le plus important à l’autorisation du cannabis médical est l’incertitude quant à la posologie et aux voies d’administration sures et efficaces. 
  9. L’obstacle le plus important à la recommandation ou à l’autorisation du cannabis médical est le manque de données de recherche démontrant son innocuité et son efficacité. 
  10. Conclusions : Nos résultats suggèrent que les professionnels de la santé de tout le Canada qui ont répondu à notre enquête ne sont pas familiers avec les sujets liés au cannabis médical. 

Vous savez que la reine anglaise est morte. Vive la reine. Pardon, vive le fils.

Pendant qu’il y a un changement de garde au Palais, Liz Truss, le nouveau Premier ministre britannique à décider de mettre un stop à la légalisation du cannabis aux Bermudes.

Oui, à peine entrée en fonction, Truss a refusé de donner son autorisation pour le passage d’une une «loi cannabis» aux Bermudes.

Les législateurs locaux ont approuvé un projet de loi, mais il a été mis sur la glace en attente de l’approbation du gouverneur du territoire nommé par le Royaume-Uni.

Mme Truss a été expéditive, car le jour de sa prise de fonctions, elle a informé Rena Lalgie, le gouverneur des Bermudes nommé par le Royaume-Uni, de ne pas approuver le projet de loi tel qu’il est rédigé.

Les 60 000 habitants des Bermudes profitent de la légalisation du cannabis médical depuis 2016. Dans un esprit d’apaisement ou peut-être pour le tourisme, les Bermudes ont aussi dépénalisé la possession personnelle jusqu’à sept grammes.

Allons-nous assister à une crise constitutionnelle entre le Royaume-Uni et les Bermudes?

Le premier ministre des Bermudes David Burt croit que ce refus d’accorder la légalisation du cannabis va nuire gravement aux relations entre les deux pays.

Oui, mais le Canada n’est-il pas l’exemple parfait d’un pays qui a envoyé paitre le Royaume-Uni? Est-ce que les Bermudes pourraient venir demander conseil au Canada?

On revient flâner au Canada… pour examiner un paradoxe.

 Notre marché national du cannabis, c’était 3 milliards $ en 2021. Juste derrière la production de canola et de blé, mais nez à nez avec le soya. Les spécialistes qui ont tout croche depuis les débuts de la légalisation estiment que le marché du cannabis atteindra 8 milliards en $ dans 3 ans.

Mais contrairement aux canola, blé et soya, le cannabis est la production qui offre le plus grand retour sur l’investissement, et bien le cannabis n’est pas encore une plante domestiquée. Mais l’Université de Laval a engagé le génomicien Davoud Torkamaneh pour s’attaquer à ce problème. C’est le même Davoud dont je vous parlais au début de l’épisode. J’ai hâte de publier son entrevue.

On continue de flâner un peu?

Vous savez c’est quoi un EBITDA ou BAIIDA in french?

Le BAIIDA, ce sont les BÉNÉFICES avant intérêts, impôts et dotations aux amortissements. En anglais, c’est le Earnings before interest, tax, depreciation and amortization (EBITDA). 

La force du ratio BAIIDA, c’est qu’il permet de mesurer les performances d’une entreprise en excluant les décisions de financement ou l’environnement fiscal. C’est LE ratio phare. Or la plupart des grandes entreprises canadiennes dans l’industrie du cannabis ont un BAIIDA négatif depuis le jour 1. Rien de rassurant. Surtout qu’un BAIIDA négatif sur plusieurs trimestres est considéré comme catastrophique.

Le BAIIDA EST une très bonne mesure de la rentabilité même s’il ne s’agit pas d’un principe comptable généralement reconnu. Par contre, il est très utile pour comparer la performance des entreprises entre elles. 

Cette mesure qui est très pertinente pour les investisseurs a été mise aux poubelles par l’industrie. Comment? Elle s’est inventé un BAIIDA ajusté… Ça nous prendrait un vrai spécialiste pour explorer ça adéquatement. Je vais conclure ce flânage en vous disant que ces ajustements sont généralement arbitraires et contestables…

La bourse ou la vie disaient les mécréants dans les épisodes de Robin des Bois. Cette la grande bourse qui fait peur ou qui écœurent beaucoup de consommateurs. Sur les réseaux sociaux en tout ça.

Oui, beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux punissent les entreprises qui sont à la bourse… Sont juste la pour l’argent, le lucre comme disaient les avocats dans leur présentation à la Cour suprême du Canada pour les 4 plants maisons. Y connaissent rien à plante… Voyez le genre…

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis lui bonjour de ma part! Ok Merci.

Heureusement, il y a au moins une entreprise qui prouve que ces commentaires ne sont pas ancrés dans la réalité… Et oui, Cannara qui est coté en bourse va de succès en succès tout en retenant la considération d’une forte majorité de consommateurs. Je veux simplement souligner que Cannara vient tout juste de livrer sa première commande en Colombie-Britannique en plus de proposer pour la première fois une cartouche de vapotage. 

Je regardais les ventes les plus récentes à la SQDC hier et Cannara est partout en bonne position. QcGoldtech aussi occupait dans certaines catégories une très bonne place. Entre la haine sur les réseaux sociaux et le gout des consommateurs, il y a une vraie différence de perception que les chiffres de vente exposent facilement.

Parlant de chiffre de vente, bientôt le Canada va revivre un autre Kroptober. Les couts de production en extérieur tournaient au tour de 10 sous le gramme il y a deux ans. Aujourd’hui je ne sais pas, mais nous aurons bientôt des chiffres. Tous les PA qui veulent vendre leur stock pour extraction sont mieux de se dépêcher, car Kroptober va encore une fois avoir un effet à la baisse sur les prix de vente.

Et si on parlait d’environnement une seconde. Au Canada, l’industrie est tellement aux abois qu’elle n’a pas vraiment le temps pour s’en occuper collectivement. Aux États-Unis, différents États ont déjà commencé à réfléchir au problème. Des chiffres circulent déjà sur les couts pour disposer des déchets de production. Mais il y a des solutions plus simples et les exemples sont nombreux au Québec dans d’autres secteurs industriels. Le journal La Presse présentait cette semaine l’entreprise Malté qui produit des shampoings et des savons faits avec les résidus de céréales de l’industrie brassicole. Une microbrasserie produit autour de 70 tonnes de drêche par année. La drêche est si riche en vitamines et en minéraux, que l’industrie de l’alimentation animale l’utilise. Les humains peuvent aussi en manger.

Un jour, bientôt souhaitons-le, l’industrie du cannabis va trouver des débouchés pour ses déchets. J’en parle dans l’épisode #93 sur l’environnement. Le premier produit dérivé qui me vient à l’esprit est le biochar. 

Ok je dois y aller. Merci d’avoir flâné avec moi. Faites-moi savoir si le format vous plait.

Et voilà, c’était le 119e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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Avant de se lancer dans l’épisode, juste vous dire que je vais prendre 2-3 semaines de pause pour recharger les batteries. Cela fait presque 90 semaines de suite que je produis un épisode. Alors, je vais faire comme vous cet été. Je vais me changer les idées. Mais pas trop. C’est que je vous prépare un nouveau projet. Une sorte de magazine numérique avec beaucoup de vidéo, une infolettre, des textes sur l’actualité… Je vous en reparle à la fin de l’épisode et je vous propose de vous inscrire à l’infolettre Bon Stock pour ne rien rater. Ben oui, ça s’appelle Bon Stock. On ne peut pas faire plus Québécois. Je vous en reparle donc. Pour les impatients, c’est bonstock.quebec .

Que sait-on des gens qui sont fiers de consommer sur le marché noir? 

 Des centaines de fois par jour, des citoyens se font traiter d’épais parce qu’ils achètent simplement des produits légaux… Mais s’agit-il vraiment d’une hargne ou d’un état affectif que je n’ai jamais pris le temps d’identifier? Alors c’est aujourd’hui que j’explore pour comprendre un phénomène qui semble échapper à la raison, à la mienne en tout cas…

Donc, je me suis dit que j’allais comprendre la nature de ma propre réaction… Celle d’un découragement momentané doublé d’un jugement sur ma propre incapacité à répondre efficacement à de telles positions. Évidemment, je ne suis pas en croisade. Qu’un citoyen consomme des produits remplis de merde ou pas ne m’affecte aucunement. Pas une seconde en fait. Qu’il s’agisse de pot ou de mélatonine que Santé Canada ne recommande pas pour les enfants. Je ne dis pas que cela m’indiffère. Je précise que chaque citoyen est responsable de sa consommation. Alors, par où commencer?

Bonne écoute!

Lien pour le rapport des citations!

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#112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

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Cette semaine, on reçoit sur toPot un entrepreneur québécois qui pourrait travailler dans plusieurs industries différentes! Heureusement, on est chanceux, il a choisi le cannabis! Maxime Paris est donc le fondateur et PDG d’EXKA, une entreprise spécialisée dans la génétique et l’extraction du cannabis. La vision d’EXKA est à la fois simple et complexe : devenir le standard de référence dans le domaine de la génétique et de l’extraction du cannabis.

Et que diriez-vous d’un cultivar qui ferait 37 % de THC?

Nous en discutons dans l’épisode. Et les curieuses vont trouver la fiche technique du Black Mountain Side… 

Le temps de floraison est de 9 à 10 semaines. Peu de feuilles. Pousse au début dans un Jiffy et ensuite dans du coco. La culture peut se faire en bunker, en serre ou en extérieur. C’est un des phénotypes de la variété «Girl Scout Cookies» qui contient du «Durban Poison» et du «0G Kush». Il s’agit d’une variété indica qui a fini à la troisième place de la Seattle Cannabis Cup en 2014. Ses bourgeons très denses sont verts avec des traces de violette. L’arôme du produit est doux et mentholé avec du linalol, de la caryophillene et de la limonène. Les curieuses et les PA intéressés vont aussi trouver dans les notes de l’épisode plusieurs rapports de laboratoire en prime. Merci à EXKA pour ce partage.

Bonne écoute!

LIEN pour le cultivar  37% de THC

https://mbe.io/BMS-EXKA

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#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important acteur de la distribution et de la vente légale du cannabis au Québec.

Voici les questions que je lui ai posées :

  • Vous êtes un dirigeant assez discret. Vous pouvez vous présenter succinctement?
  • Après une première année à la tête de la SQDC, de quel résultat êtes-vous le plus fier?
  • La SQDC veut être LA référence de l’industrie du cannabis responsable. Quels faits saillants du bilan 2020-2021 expriment le mieux ce souhait?
  • Le premier paragraphe du bilan annuel évoque le marché noir. Sur ce point précis, la SQDC n’a pas atteint son objectif de 66 %. Pourquoi?
  • Êtes-vous satisfait du succès commercial des producteurs autorisés québécois à la SQDC?
  • Comment et pourquoi la SQDC a-t-elle bonifié les espaces réservés aux produits afin que ses magasins soient adaptés à l’enrichissement du catalogue de produits?
  • Le succès de “Cliquez et ramassez” se mesure comment?
  • Pourquoi le volet Accessibilité est-il si important pour la SQDC?
  • Comment les concepts de rotation et de pépinière vont bénéficier à la clientèle de la SQDC?
  • Les microproducteurs québécois représentent moins de 1 % des ventes de la SQDC. Quels sont vos plans pour les aider?
  • Seulement 6 % des ventes de la SQDC sont effectuées en ligne. Est-ce que vous avez l’ambition de revaloriser cette filière?
  • Les charges nettes ont augmenté pour le dernier exercice. Quelles sont les conséquences pour la SQDC (grèves, etc.)?
  • Quel est le bilan environnemental de la SQDC?
  • La question du public : Pourquoi tout le monde est carté? 😉

    Bonne écoute!

    LIEN:

    Connaissez-vous le programme Pépinière de la SAQ?

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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    #117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

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    #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

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    #110 Le vrai visage de Jimbo Jones!

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    Jimbo Jones fait pousser légalement du pot à des fins médicales. Il a une carrière professionnelle normale, mais il reste anonyme pour plein de raisons que j’évoque fréquemment sur toPot… comme le facteur d’acceptabilité sociale qui est plus faible au Québec qu’ailleurs dans le reste du Canada. Cela dit, il ne cache pas ses opinions. Au contraire. Et vous allez voir que son discours est très structuré!

    J’ai construit l’entrevue dans un format classique : le passé, le présent et l’avenir.

    Alors, naturellement, on cherche les premières étincelles…

    Jimbo, comment débute ta relation avec le cannabis?

    #chanvre #cannabis #cannabiscommunity #Quebec #nature #smile #stressrelief #CBD #THC #toPot #QUÉCANN #AQIC #SQDC #JimboJones

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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    #109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

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    Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je m’intéresse aux nanoémulsions de cannabis depuis au moins l’épisode #62 Les nanoémulsions, le cannabis 4.0?.

    Aujourd’hui, on va donc échanger avec Jean-Christophe Parisien-Lasalle pour comprendre la réalité des nanoémulsions, mais par le prisme d’un producteur autorisé qui a obtenu sa licence de microtransformation le 29 novembre 2019. Parce que je sais que vous êtes aussi curieux et impatients que moi, j’ai immédiatement demandé à Jean-Christophe de nous expliquer dans ses mots, ce qu’est une nanoémulsion…

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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    #108 Inconduite sous influence du cannabis?

    #108 Inconduite sous influence du cannabis?

    Cette semaine, on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis. 

    Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être dans les prochaines minutes dire des choses qui vont irriter vos convictions personnelles. Laissez-moi immédiatement contextualiser les informations que je vais partager.

    L’utilisation que nous faisons des recherches est parfois ridicule. 

    Je vous donne un exemple simple. La première étude dont je vous ai parlé aujourd’hui avec ses 26 participants a été publiée en 2020. Son titre est Effect of Cannabidiol and Δ 9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance A Randomized Clinical Trial.  Je l’ai dit, cette recherche prouve que les effets du THC se dissipent après 4 à 5 heures. La même recherche tendait aussi à démontrer l’absence de dangerosité de la conduite sous l’effet du CBD. Fabuleux non? Oui sauf que les auteurs de la recherche ajoutaient un énorme à leur étude, un bémol ignoré par la presse et tous les partisans du CBD… C’était quoi le bémol? Le voici…

    Cependant, l’ampleur de l’effet pour le cannabis à dominante CBD n’a peut-être pas exclu une déficience cliniquement importante, et les doses testées ne représentent peut-être pas l’usage courant.

    J’ai d’abord été surpris de voir des médias reprendre la nouvelle sans mentionner le bémol de fin. Puis je me suis dit qu’une majorette se contente de suivre la parade. 

    Heureusement d’autres chercheurs ont vu ce bémol… Et je suis heureux de partager aujourd’hui avec vous une recherche qui a été publiée il y a exactement une semaine… Effects of cannabidiol on simulated driving and cognitive performance: A dose-ranging randomised controlled trial. 

    Cette recherche répond au bémol de la recherche précédente. Comment?  Bonne écoute!

    Liens pour l’épisode

    BILAN ROUTIER 2021

    Les caractéristiques socio-psychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool

    Effect of Cannabidiol and Δ9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance

    Driving Performance and Cannabis Users’ Perception of Safety

    Standard operation procedures for conducting the on-the-road driving test, and measurement of the standard deviation of lateral position (SDLP)

    High THC Blood Levels Do Not Equal Increased Intoxication: A Study

    Association of Naturalistic Administration of Cannabis Flower and Concentrates With Intoxication and Impairment

    Les caractéristiques sociopsychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool  Le vidéo

    Les caractéristiques sociopsychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool Le PDF

    Clearing the Smoke on Cannabis

    Transcription de l'épisode #108

    #108 Inconduite sous influence du cannabis?

    INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Segment 0 h

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    • Aujourd’hui, on va discuter d’un sujet à la mode. Un sujet qui revient de plus en plus souvent dans les discussions au fur et à mesure que les médias publient les résultats de recherches. Oui, cette semaine on aborde un sujet très important : la conduite de véhicules motorisés sous l’influence du cannabis. 

    Et avant d’aller plus loin, j’aimerais faire une mise en garde doublée d’une expérience mentale importante pour la suite des choses. Je vais peut-être dans les prochaines minutes dire des choses qui vont irriter vos convictions personnelles. Laissez-moi immédiatement contextualiser les informations que je vais partager. Et laissez-moi vous donner un exemple. Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je suis un cycliste. J’aime le vélo sous toutes ses formes. J’ai un tandem de montagne avec freins à disque. Avec ma belle, on a roulé dans des forets de muscadier, ben oui la muscade pousse dans un arbre. On a fait du dérapage contrôlé sous des cathédrales de bambou. J’ai roulé un peu partout en Europe avec des inconnus et des coureurs du Tour de France. Et c’est à Boucherville que j’ai été le plus souvent agressé par des automobilistes. Au fil des ans, j’ai développé une méthode pour interpeler les fous qui se servent de leur véhicule de deux tonnes pour faire peur aux cyclistes. Quand j’ai l’occasion de répondre à un automobiliste qui m’agresse avec son véhicule, je commence toujours par lui dire bonjour et lui demander s’il a des enfants. Je lui propose alors de me donner son adresse pour que je puisse aller faire un tour sur sa rue pour traiter, en tout respect, ses enfants, sa femme ou sa grand-mère de la même façon. Pas plus, pas moins. Juste traiter les gens qu’il aime de la même façon qu’il vient de me traiter. 

    Pas toujours, mais souvent, je vois le doute sur le visage de la personne pendant une fraction de seconde. 

    Dans mon exemple, je parle d’un homme comme agresseur, mais il ne s’agit pas d’un privilège. Les femmes peuvent avoir des comportements similaires. En fait, j’ai une main qui est plus fragile que l’autre parce que j’ai frappé le capot d’une enseignante du Cégep Édouard Montpetit il y a 20 ans. J’ai eu le malheur de faire mon stop et frustrée d’être retardé d’au moins 3 secondes, elle avait fait mine de vouloir m’écraser en frappant ma roue arrière avec son parechoc avant. 

    Donc, pendant cet épisode, à chaque détour, avant de dire que je surestime certains dangers, j’aimerais vous demander de penser à la personne la plus importante dans votre vie. Votre partenaire, votre enfant, un parent, peu importe. Imaginez cet être cher comme on dit dans les magazines bas de gamme, donc imaginez que la personne que vous aimez le plus au monde est en train de traverser une intersection très achalandée. Vous voyez l’intersection dans votre esprit? C’est clair? OK. Vous voyez la personne la plus importante au monde pour vous au milieu de cette intersection? OK! 

    Et ben maintenant, imaginez que la prochaine voiture qui arrive est conduite par une personne qui vient de consommer du cannabis. L’effet est toujours intense. Pas une affaire folle. Juste un excellent buzz. Un bon buzz. Un conducteur moyen avec une intelligence moyenne comme vous et moi. 

    Si vous ne ressentez aucune tension, vous êtes chanceux. Ou psychopathe. Moi, quand je fais cet exercice mental, je suis tendu. Parce que je sais comment je suis quand je consomme. Je suis bien, évidemment. Mais suis-je le meilleur conducteur que je peux être? Forcément, ma réponse est non. Cela ne veut pas dire que je suis mal. Cela veut simplement dire que je ne pourrais pas, par exemple, réagir parfaitement avec le maximum d’efficacité si la personne que vous aimez le plus au monde s’enfarge dans ses lacets. C’est le principe des accidents. On ne peut les prévoir, mais on peut parfois les éviter. Voilà le principe qui guide ma consommation et la conduite d’un véhicule motorisé. Imaginer que tous les gens qui je vais croiser sont toujours l’équivalent de la personne que j’aime le plus au monde. 

    Ce n’est pas hier que les spécialistes ont commencé à s’intéresser à la conduite automobile avec facultés affaiblies. C’était même le titre d’une conférence qui a eu lieu en 2016. Cette rencontre organisée par l’Association des intervenants en dépendance du Québec, l’AIDQ, était la première rencontre du genre au Québec. 

    D’une façon générale, on assiste à une baisse générale des décès et des blessés auquel auraient surement contribué les nombreuses campagnes de sensibilisation à une conduite prudente. En 2009, la catégorie d’âge 20-24 ans était responsable de 13 % des accidents de la route. Même s’il y a de plus en plus de jeunes conducteurs, en 2019, les 20-24 ans ne causaient plus que 11 % des accidents routiers bien qu’ils ne représentent que 6 % des permis de conduire en circulation au Québec. En 2016, il y avait déjà des tonnes d’inquiétudes reliées à la conduite sous influence. Mais depuis, de 2016 à 2020, le nombre de décès a diminué. de 15,0 % chez les 15 à 24 ans et de 8,5 % chez les 75 ans et plus. Par contre les décès ont augmenté de 27,4 % chez les motocyclistes et de 56,9 % chez les cyclistes. Y’en aura pas de facile.

    Alors si tout va bien ou mieux, pourquoi aborder ce sujet?

    Parce que certaines études qui relativisent la consommation de pot et la conduite d’un véhicule motorisé sont brandies comme des étendards par certains partisans de la cause du cannabis. Je vois de plus en plus de gens se vanter de conduire sous influence tout en brandissant des études qui seraient censées leur donner raison. Or on sait déjà très bien et des tests ont déjà été menés au Québec sur ce sujet, on sait très bien donc que le cannabis peut diminuer le niveau d’attention en plus d’avoir un impact sur la perception et les fonctions psychomotrices. Je pense même que le CAA Québec fait régulièrement ce genre de tests sur simulateur en plus de vrais tests routiers. 

    Est-ce que tous les Canadiens ont un comportement similaire de conduite sous influence? 

    Qu’est-ce que je disais? Ah oui…

    Est-ce que tous les Canadiens ont un comportement similaire de conduite sous influence? 

    Bonne question hein! 

    Dans une étude qui date de 2018, on a demandé à un échantillon de consommateurs de cannabis s’ils conduisaient un véhicule motorisé dans les deux heures qui suivent la consommation. Alors selon vous quelle est la province où les gens conduisent le plus dans les deux heures qui suivent la consommation de cannabis? C’est le Nouveau-Brunswick où 52,4 % des gens interrogés. Et la province où l’on est le moins porté à conduire dans les deux heures qui suivent la consommation de cannabis? C’est le Québec avec 32 %. Les Latins canadiens seraient les plus conservateurs par rapport à conduite sous influence du cannabis. Comment expliquer cela? Je ne sais pas. C’est également au Québec que l’acceptabilité sociale pour le cannabis était la plus faible au moment de la légalisation en 2018. Je ne sais pas si les choses ont évoluées depuis, mais la popularité du parti au pouvoir au Québec me laisse croire que non. 

    C’est le temps de regarder ce que la science a à raconter. Et dans le domaine qui nous intéresse, il y a une recherche phare. Une recherche qui date de 2020 et qui a été réalisé en Australie grâce au projet ambitieux du Lambert Initiative for Cannabinoid Therapeutics dont le but est de faire progresser les traitements à base de cannabinoïdes dans la médecine conventionnelle

     

    Derrière ce projet, il y a Barry et Joy Lambert qui ont fait un don de 33,7 millions de dollars pour la recherche sur le cannabis thérapeutique dans les domaines suivants : l’épilepsie, le cancer, la douleur chronique, l’obésité, les troubles neurologiques et la santé mentale.

    Alors cette recherche, c’était quoi?

    26 personnes en bonne santé vont subir des tests de conduite sur route. 

    Et que veut-on mesurer? Simple. La recherche mesure l’écart type de la position latérale. Dit plus simplement, les chercheurs vont mesurer les déviations des trajectoires et des surcorrections sur la route entre 40 et 100 minutes après la consommation de CBD, de THC ou d’une substance placébo. C’est un test reconnu et utilisé partout dans le monde. Dans le fond il quantifie le zigzagague inutile et inapproprié.

    Alors les résultats paraissent simples : pas de différences dans la conduite entre le CBD et la substance placébo. Par contre, la conduite sous influence du THC démontre des écarts de trajectoire beaucoup plus marqués qui diminuaient de façon marquée après 4 à 5 heures. 

    Une étude plus récente intitulée Driving Performance and Cannabis Users’ Perception of Safety a été publiée en mars 2022. La grande question que pose cette recherche est Quels sont les facteurs liés à l’impact du cannabis fumé sur la conduite et la perception de l’aptitude à la conduite par les usagers? L’objectif de l’étude est clair : déterminer, dans un large échantillon de consommateurs réguliers de cannabis, l’ampleur et l’évolution dans le temps de l’altération de la conduite produite par du cannabis fumé avec plus ou moins de THC, les effets de l’historique de consommation et la concordance entre l’altération perçue et la performance observée. 

    Sur une période de deux ans, les chercheurs ont recruté 191 consommateurs de cannabis dont 118 (61,8 %) étaient des hommes. L’âge moyen était de 30 ans. Finalement, le groupe avait un nombre moyen de jours de consommation de 17 jours au cours du mois précédent. Alors que nous apprend cette recherche et la j’y vais le plus texto possible :

    Quand on laisse des consommateurs expérimentés contrôler leur consommation, on ne peut pas déduire une altération de la conduite sur la base de la teneur en THC du joint, de la tolérance comportementale ou des concentrations sanguines de THC. Par contre, le désir des participants de conduire après seulement 1 heure 30 minutes peut indiquer un faux sentiment de sécurité au volant. La dégradation des performances de conduite est évidente pendant plusieurs heures après avoir fumé chez de nombreux consommateurs, mais semble se résorber au bout de 4 heures 30 minutes chez la plupart des individus. 

    Entre nous, comme ça, on discute de conduite de véhicules sous influence. 

    Mais quels sont les chiffres disponibles actuellement par rapport aux accidents de la route? 

    Dans une étude de 2016 qui couvrait une vingtaine de pays, la conduite sous l’influence de l’alcool était responsable de 19 % des accidents. On sait aussi qu’en 2018, juste aux États-Unis, presque un accident sur trois, est plus de 12 000 accidents, étaient causé par une conduite en sous l’influence de l’alcool. Et les décès résultant de la conduite sous l’influence du cannabis? On parle de 8700 décès sur toutes les routes du monde entier en 2013. Par contre, tous les chercheurs constatent que la consommation simultanée d’alcool et de cannabis est à la hausse. 

    Alors quelle est la substance responsable des accidents et décès dans ces cas-là? 

    Je n’ai pas trouvé de réponse à cette question.

    On sait cependant que les recherches démontrent clairement que le pourcentage d’accidents mortels impliquant à la fois le cannabis et de l’alcool a doublé entre 2000 et 2018. Mais c’est comme pour les guerres. On connait généralement le nombre de morts, mais combien de blessés? Aux États-Unis, on parle année après année d’une trentaine de mille décès, mais aussi de plus de 2 millions de blessés. On parle donc d’un ratio de 1 pour 60.  

    Au Canada, en 2020, le nombre total de décès sur les routes était de 1 745; soit une baisse de 1 % par rapport à 2019. Le nombre total de blessures pour la même année est de 101 572, soit un ratio d’un (1) mort pour 58 blessés.

    Ces ratios sont importants et peuvent à l’occasion nous sauver la vie.

    Je vous donne un exemple qui m’a été raconté par une femme qui a planté des arbres en Colombie-Britannique pendant une dizaine d’années. Elle me disait que lorsqu’elle voyait un ours, cela voulait dire qu’il y a dans un périmètre rapproché 7 ours qui l’a regardait… C’est un peu comme dans une manifestation. Si tu croises un policier, c’est sur qu’il n’est pas le seul à te regarder. Je ne connais pas le ratio par contre.

    Plus sérieusement, au Québec, la situation a beaucoup changé depuis les années 70. En 1973, 2209 personnes meurent sur la route. Presque cinquante ans plus tard, en 2021, il y a eu seulement 347 morts, mais avec trois fois plus de véhicules immatriculés. C’est un vrai progrès. Si j’applique le ratio canadien de 1 pour 58, cela fait plus de 20 000 blessés.

    Et quel bonheur, on va pouvoir vérifier mon ratio, car je viens de trouver les chiffres officiels pour le Québec, notre bilan routier collectif : 1 227 personnes blessées gravement et 26 314 personnes ont été blessées légèrement soit un total de 27 541 incidents répertoriés. Notre ratio morts/blessé est beaucoup plus élevé qu’au Canada ou aux États-Unis. Pour chaque mort sur la route, il y a 80 blessés. On pourrait facilement formuler quelques hypothèses, mais on s’éloignerait trop de notre sujet du jour. 

    J’en entends dans le fond du café qui disent : Hey Luc, moi je consomme un cultivar qui contient beaucoup de CBD et ça équilibre l’effet du THC…

    Ben ça tombe mal mon gars, car des chercheurs ont étudié cette prétention et voici les résultats de leur recherche intitulée, Cannabis and Impaired Driving. 

    Bien que les résultats de cette recherche ne permettent pas de conclure qu’il est possible de conduire en toute sécurité après avoir consommé du CBD, il est clair que le THC a altéré les performances de conduite et que les effets du THC ne se sont pas limités à une seule tâche de conduite. La consommation de THC et de THC/CBD a eu un effet négatif sur les performances lors de tests standardisés de vitesse de traitement, d’attention partagée, de fonction psychomotrice, de mémoire de travail, de prise de décision et de flexibilité cognitive. Les conducteurs qui ont consommé du THC étaient généralement conscients que leur conduite était altérée, bien que les participants aient déclaré que la consommation de THC/CBD était associée à moins d’anxiété, à une réduction de la force des effets de la drogue et à une plus grande confiance pour conduire que le THC seul. Ces résultats remettent en question le mythe selon lequel le CBD améliore les effets psychoactifs/psychomoteurs du THC.

    Ne tirez pas sur l’ambulance. Je ne fais que partager ce que les chercheurs disent…

    Dans un épisode précédent, je disais d’ailleurs ceci :

    Est-ce que vous voyez poindre la complexité du sujet? 

    Votre médecin peut vous prescrire du cannabis, mais vous ne pourrez plus conduire votre véhicule pour aller travailler ou pour reconduire votre enfant à la piscine, car le principe de tolérance Zéro va vous trouver fautif 100 % du temps, car si vous fumez un seul joint par semaine, vous allons tester positif tous les jours… Par contre, vous pouvez finir votre bière et allez reconduire votre enfant sans problème parce qu’un policier à l’obligation de vous laissez repartir si votre taux d’alcoolémie est inférieur à .08. 

    DOnc la première conclusion de l’épisode est que le gouvernement du Québec ne considère pas l’alcool comme une drogue et désire la garder hors du concept de zéro tolérance.

    Fin de l’autocitation.

    Ce zéro tolérance est ridicule. Mais mettez-vous à la place du législateur… On ne sait pas encore mesurer le handicap momentané que cause la consommation de cannabis, mais on sait tous très bien qu’au pic des effets d’une consommation de THC, nous ne sommes plus exactement la même personne avec les mêmes moyens.

    Surtout que l’utilisation que nous faisons des recherches est parfois ridicule. 

    Je vous donne un exemple simple. La première étude dont je vous ai parlé aujourd’hui avec ses 26 participants a été publiée en 2020. Son titre est Effect of Cannabidiol and Δ 9-Tetrahydrocannabinol on Driving Performance A Randomized Clinical Trial.  Je l’ai dit, cette recherche prouve que les effets du THC se dissipent après 4 à 5 heures. La même recherche tendait aussi à démontrer l’absence de dangerosité de la conduite sous l’effet du CBD. Fabuleux non? Oui sauf que les auteurs de la recherche ajoutaient un énorme à leur étude, un bémol ignoré par la presse et tous les partisans du CBD… C’était quoi le bémol? Le voici…

    Cependant, l’ampleur de l’effet pour le cannabis à dominante CBD n’a peut-être pas exclu une déficience cliniquement importante, et les doses testées ne représentent peut-être pas l’usage courant.

    J’ai d’abord été surpris de voir des médias reprendre la nouvelle sans mentionner le bémol de fin. Puis je me suis dit qu’une majorette se contente de suivre la parade. 

    Heureusement d’autres chercheurs ont vu ce bémol… Et je suis heureux de partager aujourd’hui avec vous une recherche qui a été publiée il y a exactement une semaine… Effects of cannabidiol on simulated driving and cognitive performance: A dose-ranging randomised controlled trial. 

    Cette recherche répond au bémol de la recherche précédente. Comment?  

    Les résultats de cette étude suggèrent que le traitement aigu par CBD par voie orale à des doses allant jusqu’à 1500 mg n’induit pas de sentiment d’intoxication et n’est pas susceptible d’altérer les fonctions cognitives ou les performances de conduite. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer l’absence d’effet du CBD sur les tâches sensibles à la sécurité dans les heures suivant immédiatement le traitement et lors d’une administration chronique.

    1500 mg de CBD, c’est de la bonne dose non? Mais la science est plus patiente que nous… car là aussi les chercheurs notent un gros bémol qui sera oublié…

    Dans le fond du café, j’en entends qui disent : et le THC Luc, le THC… 

    OK. 

    Je réponds immédiatement en rappelant notre expérience mentale qui consiste à imaginer la personne la plus importante pour vous qui tente de croiser une intersection dangereuse. 

    Alors quelle est la recherche qui est la plus populaire chez les gens qui conduisent sous l’influence du THC? 

    Celle que je vois le plus souvent brandit comme une excuse est celle-ci… et j’en ai déjà parlé, mais pour d’autres raisons. Cette étude à créer des cannavans pour aller tester les gens chez eux dans leur habitat naturel, pour ainsi dire. La responsable de la recherche, Cinnamon Bidwell, voulait contourner la loi qui empêche les universitaires dans certains États d’utiliser du cannabis légal.

    Cette recherche se décrit ainsi :

    • 121 consommateurs réguliers de cannabis, 
    • La moitié consomment des concentrés dont la teneur en THC variait entre 70 et 90 %.
    • L’autre moitié consommaient des fleurs de cannabis avec des teneurs en THC entre 16 et 24 %.
    • Le sang des participants est testé.
    • Leur humeur mesurée ainsi que leur niveau d’intoxication
    • On évalue ensuite leur fonctionnement cognitif et leur équilibre. 
    • Ici on parle de multiples tests sur la même personne, c’est-à-dire avant, juste après et une heure après la consommation de cannabis. 

    Les résultats maintenant…

    Les consommateurs de concentrés de THC avaient des taux de THC dans le sang plus élevé pour chaque test. Presque deux fois plus élevés.

    Dans leur autoévaluation, tous les consommateurs se sentaient tous similaires. Retenez qu’il s’agit d’autoévaluation, on va y revenir, car c’est très important…

    Les chercheurs ont été surpris de constater que les consommateurs de concentrés à 90 % de THC étaient moins perturbés qu’ils avaient anticipé. Cela vient bien sûr d’une comparaison avec l’alcool. La logique veut que la même quantité de vodka et de bière engendrent des réactions différentes. Mais le système endocannabinoïde fonctionne différemment. Est-ce que cette recherche nous informe des dangers de la conduite sous l’effet de concentrés? Pas directement, car ce n’était pas son but. Mais prétendre que consommer un concentré à 90 % de THC c’est juste comme fumer un joint pour certains nous éloigne de la science.

    Et je prends comme témoin votre téléréalité favorite ou plus facile, examinons le concept général des spectacles où des gens inconnus viennent chanter devant des juges qui proviennent de la colonie artistique.

    Dans ce genre de programmes, il y a des gens qui ont du talent, des voix énormes, un look d’enfer. Le gros kit complet quoi. Mais il y a aussi souvent un concurrent qui est là pour rendre encore plus remarquables les meilleurs, car eux sont très très très mauvais. Ces candidats vont passer à la télé. Parfois devant des millions de personnes. Et ils ne savent pas chanter. Ils sont mauvais. Très très très mauvais. Et c’est là qu’arrive la fameuse autoévaluation et le syndrome de Dunning Kruger. Et que dit Wikipédia?

    L’effet Dunning-Kruger, aussi appelé effet de surconfiance [1], est un biais cognitif par lequel les moins qualifiés dans un domaine pourraient surestimer leur compétence

    Le mauvais chanteur dans une émission comme La Voix ne se pense meilleur que les meilleurs. Il croit juste qu’il est meilleur qu’il ne l’est réellement. Il n’est pas fou. Juste mal informé de son propre talent. Et un génie dans un domaine peut vivre l’effet Dunning-Kruger dans un autre domaine. 

    Alors dans la recherche avec les cannavans dont je viens de parler, je me méfie des autoévaluations.

    OK je me ramasse. Je disais que je me méfiais des autoévaluations. Pourquoi? Je vous redonne un exemple avec le vélo. Quand tu pars en vélo pour une sortie de 200 km avec quelqu’un qui ne roule pas souvent, tu es un peu responsable de son retour à la maison. Mon expérience personnelle est que l’autoévaluation de la fatigue chez une personne qui manque d’expérience est déficiente. Je veux dire qu’elle n’a pas les outils pour comprendre ce qui arrive à son corps. Le plus drôle, c’est que la même chose arrive à des gens qui ont beaucoup d’expérience, mais qui n’écoutent pas leur corps. Quand tu combines un ordinateur de vélo, des instruments de mesure des watts développés et la rédaction d’un cahier d’entrainement, ton autoévaluation augmente en qualité. Pourtant, même les pros du Tour de France se trompent à l’occasion. Quand tu ne manges pas assez, on parle de 7000 calories pour une grosse étape, tu vas avoir une fringale. Une fringale, c’est quand le sucre dans le sang est utilisé par le corps comme supercarburant. Puis la glycémie chute brutalement. Ce qui est extraordinaire, c’est que dans les minutes qui précèdent une fringale, l’organisme est dans un état de grâce. Littéralement, tu fly. Puis c’est le crash physique instantané. Et bien même des pros du Tour font une mauvaise autoévaluation de leur état… Alors, imaginez un guerrier de fin de semaine qui se lance dans de grandes manœuvres. Ma dernière grosse fringale, je l’ai eue au Danemark juste en face de la Statue de la Petite Sirène au bord de l’eau à Copenhague. Je me rappelle m’être effoiré dans une station-service pendant 10 minutes à boire des boissons gazeuses et manger des croustilles.

    Cette fringale va arriver un jour ou l’autre. C’est obligatoire. L’idée de les éviter quand c’est possible. Il faut juste ne pas oublier de s’alimenter. C’est pareil pour la conduite automobile sous l’influence du cannabis, mais l’inverse. Faut savoir quand arrêter. 

    Je me souviens d’un collègue de travail plus agé qui était ami avec un gros politicien québécois. Un homme qui aspirait de devenir un jour Premier ministre. Et bien quand ils allaient en vacances ensemble avec leur famille, le politicien était obsédé par sa consommation d’alcool, car il redoutait plus que tout de se faire pincer en train de conduire sous l’influence de l’alcool. Ces précautions guidaient littéralement sa vie. Par contre, un ami policier m’a informé que les limousines auxquelles ont droit les ministres sont très pratiques pour tous ces cas de figure. Un garde du corps, ça ramasse aussi du monde à quatre pattes. 

    Trêve de niaiseries.

    J’aimerais, avant de conclure, citer une recherche québécoise intitulée Les caractéristiques socio-psychologiques et les croyances des conducteurs canadiens d’un véhicule moteur sous l’effet du cannabis ou de l’alcool.

    Qui sont les gens qui consomment du cannabis avant de conduire un véhicule moteur? Et là, je vais directement aux conclusions.

    Et bien, qui sont ces conducteurs?

    1)

    Ils ont davantage d’amis qui conduisent sous l’effet du cannabis et qui approuvent ce comportement. Quand on applique ce raisonnement à l’obésité, certains chercheurs parlent d’obésité comme d’une contagion. 

    2)

    Ils ont plusieurs autres comportements dangereux sur la route. Genre rouler dans le parechoc d’une voiture qui ne roule qu’à 119 km/h dans la voie de gauche sur l’autoroute. Cela dit, je connais du monde qui a ce type de comportement au naturel sans même ne jamais consommer de cannabis.

    3)

    Ils ont une perception négative de leur mobilité par transport en commun.

    4)

    Ils croient moins pouvoir se faire détecter par les autorités.

    5)

    Ils ont une mauvaise connaissance des conséquences judiciaires de leur acte.

    6)

    Ils perçoivent la conduite sous l’effet du cannabis comme une activité sans/faible risque

    7)

    Ils sont plus impulsifs

    Résumé en une phrase : 

    Le cannabis n’a pas/peu d’impact sur ma capacité de conduire, car je ne suis pas en capacités affaiblies et je dois absolument revenir chez moi.

    Je ne suis pas en train de faire la morale à qui que ce soit. Je ne suis pas du tout du tout du tout parfait moi même. Mais avec la légalisation canadienne actuelle et celle des États-Unis qui ne devrait pas tarder, il est important de comprendre que la conduite avec facultés affaiblies est en train de muter. Le Canadien Center on Substance use and addiction mène une veille sur le sujet et a publié plusieurs documents sur le sujet. Voici donc leur conclusion plus au moins texto.

    1)

    Conduire après avoir consommé du cannabis est plus fréquent que conduire après avoir bu,

    en particulier chez les jeunes conducteurs.

    2)

    Après l’alcool, le cannabis est la substance la plus fréquemment détectée chez les conducteurs qui meurent dans des accidents de la route.

    3)

    La nouvelle législation a élargi les outils dont dispose la police pour

    détecter et arrêter les conducteurs dont les facultés sont affaiblies par le cannabis.

    C’est l’occasion de partager une OVNI… Les autorités policières communiquent peu sur le sujet des tests et des méthodes utilisées pour détecter le cannabis lors d’une intervention routière, contribuant peut-être ainsi à diminuer la peur d’un test efficace comme pour l’alcool. ON sait que recevoir un ticket de vitesse par exemple peut calmer les ardeurs des as du volant pendant plusieurs semaines. Après on oublie et la prise de risque reprend.

    4)

    Les hommes sont deux fois plus susceptibles que les femmes de déclarer avoir conduit après avoir consommé du cannabis. 

    J’avoue ne pas savoir du tout comment interpréter ce fait… 

    Les hommes sont plus honnêtes ou plus vantards? 

    Je ne sais pas.

    Est-ce que la personne que vous aimez le plus au monde est encore là? Nos simulations l’ont épargné? Bravo. Et si jamais vous me croisez à pied ou à vélo et que vous conduisez votre véhicule sous l’influence du cannabis, rappelez-vous que je vous aime beaucoup, beaucoup, beaucoup.

    Et voilà, c’était le 108e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

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    #107 8 façons de tuer l’industrie du cannabis

    #107 8 façons de tuer l’industrie du cannabis

    Les Canadiens n’ont jamais autant de choix de produits que l’on sait conformes, minimalement, aux exigences de Santé Canada. Si l’offre de la SQDC est mince comparée à celle des autres provinces, elle reste appréciable.

    Alors pourquoi un tel titre et un tel sujet aujourd’hui? 

    8 façons de tuer l’industrie du cannabis…

    Est-ce vraiment raisonnable? 😉

    Et ben parce que si tout se passe plus ou moins bien pour le consommateur, la réalité pour les producteurs autorisés est différente. 

    Trois ans après la légalisation, il est clair que le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux ont décidé d’abuser de l’industrie à qui ils ont donné la permission d’exister. Avec cette permission vient une série d’abus que nous allons passer en revue. Selon les leadeurs de l’industrie, la situation a atteint un point critique.

    Et ces leadeurs ont décidé de se rencontrer pour discuter de la situation.

    Grass on the Hill: Cannabis Leaders Summit & Industry Lobby Day. 

    Cette rencontre a eu lieu les 30 et 31 mai 2022, soit au début de cette semaine. Tous les leadeurs de l’industrie étaient là. À ma connaissance et après vérification, il n’y avait personne de l’industrie québécoise du cannabis. Et on va voir en conclusion que la situation pourrait être dramatique au Québec dans les mois et années à venir, mais pour des raisons complètement différentes qui s’ajoutent.

    Le cannabis à une industrie qui quémande le droit d’exister. 

    Mais la résistance s’organise.

    J’ai trouvé une belle initiative sous forme d’un rapport écrit pour en discuter intelligemment. Ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

    StandForCraft.com.  

    Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode.

    On y trouve entre autres, une pétition à signer dont la première phrase est :

    Il n’est pas exagéré de dire que le Canada taxe à mort les entreprises artisanales de cannabis.

    J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Uniquement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

    Par contre, on peut analyser facilement la structure des couts en prenant un exemple simple comme un pot de 3,5 gr vendu pour 25 $. Et là je prends les chiffres proposés par Stand for Craft! Donc, pour un gramme de pot, voici la ventilation du cout de votre achat…

    Bonne écoute!

    TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Segment 0 h

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    Comme simple consommateur, le canadien et la canadienne n’ont jamais autant de choix de produits que l’on sait conformes, minimalement, aux exigences de Santé Canada. De nouveaux produits apparaissent chaque semaine. Si l’offre de la SQDC est mince comparée à celle des autres provinces, elle reste appréciable.

    Ce que l’on peut s’y procurer versus ce que le pusher du marché original pouvait offrir ne résiste pas à l’analyse. Avant la légalisation, j’avais un gars, comme dirait la Québécoise Mireille Tessier, propriétaire d’une boutique de pot en Alberta. Ce gars offrait toujours au moins deux choix et parfois en prime, il m’offrait un biscuit de THC avec un thé. Beaucoup de stationnements, un guichet automatique pas loin, un dépanneur pas loin. Le bonheur quoi. Mais rien à voir avec l’offre de la SQDC. 

    Alors pourquoi un tel titre et un tel sujet aujourd’hui? Et ben parce que si tout se passe plus ou moins bien pour le consommateur, la réalité pour les producteurs autorisés est différente. 

    Trois ans après la légalisation, il est clair que le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux ont décidé d’abuser de l’industrie à qui ils ont donné la permission d’exister. Avec cette permission vient une série d’abus que nous allons passer en revue.

    Et pourquoi parler de ce sujet cette semaine?

    Selon les leadeurs de l’industrie, la situation a atteint un point critique.

    Et ces leadeurs ont décidé de se rencontrer pour discuter de la situation.

    Grass on the Hill: Cannabis Leaders Summit & Industry Lobby Day. 

    Cette rencontre à eu lieu les 30 et 31 mai 2022, soit au début de cette semaine. Tous les leadeurs de l’industrie sont là. Évidemment, à ma connaissance et après vérification, il n’y avait personne de l’industrie québécoise du cannabis. Personne. Pas une organisation, pas un individu. Parce qu’on est distinct sans doute. Et on va voir en conclusion que la situation pourrait être dramatique au Québec dans les mois et années à venir.

     

    À la tête de ce sommet Grass on the Hill, il y a George Smitherman. C’est un politicien canadien. Il a représenté la circonscription provinciale de Toronto-Centre durant plus de 10 ans à l’Assemblée législative de l’Ontario. Il a été ministre de la Santé et des Soins de longue durée, ministre de l’Énergie et de l’Infrastructure et Vice-Premier ministre de l’Ontario. Accessoirement, il est le premier Membre du Parlement provincial de l’Ontario ouvertement homosexuel. Voilà donc un homme qui s’intéresse à l’industrie du pot et qui sait comment fonctionnent les gouvernements. Donc, ce Grass on the Hill est un évènement important.

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, Salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

    Qu’est-ce que je disais?

    Ah, oui, la grande rencontre canadienne Grass on the Hill

    Pourquoi une telle rencontre? Pour informer, provoquer et susciter des changements en faveur de la viabilité financière des détenteurs de licences de cannabis.

    Une industrie qui quémande le droit d’exister. C’est intéressant non. Surtout quand le Québec est absent.

    Alors très modestement, vous et moi, on va faire le tour des irritants, voyez comme je suis gentil, le tour des 8 trucs les plus efficaces pour tuer l’industrie canadienne du cannabis. 

    Et le premier truc pour tuer l’industrie du cannabis est de forcer tout le monde a payer une taxe d’accise qui ressemble à de l’extorsion.

    Et ça tombe bien, j’ai trouvé une belle initiative sous forme d’un rapport écrit pour en discuter intelligemment. Évidemment, ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

    StandForCraft.com.  

    Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode.

    On y trouve entre autres, une pétition à signer dont la première phrase est :

    Il n’est pas exagéré de dire que le Canada taxe à mort les entreprises artisanales de cannabis.

    J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Seulement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

    Par contre, on peut analyser facilement la structure des couts en prenant un exemple simple comme un pot de 3,5 gr vendu pour 25 $. Et là je prends les chiffres proposés par Stand for Craft! Donc, pour un gramme de pot, voici la ventilation du cout de votre achat :

    Hey merci MJ!

    Je disais quoi? Ah oui, on parlait de la ventilation du cout de l’achat d’un pot de 3,5 gr vendu à 25 $.

    La marge du détaillant est de 2,54 $ par gramme

    Le cout de la distribution provinciale est de 0,74 $ 

    Les taxes d’accises et autres frais règlementaires sont de 1,26 $

    Le transport serait négligeable…

    Les couts d’emballage sont de 0,50 $

    Les frais de laboratoire sont de 0,55 $

    Les couts de production égalent 1,50 $

    La marge de profit pour le producteur autorisé? 1 sous… par gramme

    Donc sur un pot de 3,5 gr, le PA fait 3 sous et demi.

    Ces chiffres, à ma connaissance, n’ont pas été contestés.

    Comment repayer les gens qui t’ont prêté de l’argent, ta famille sans doute, parce que les banques ne voulaient rien savoir de ton projet, comment donc repayer tes emprunts en faisant 3,5 sous de profit pour un pot de 3,5 gr vendu à 25 $? C’est impossible.

    Quand je vois des internautes passer des commentaires sur les abus présumés des PA qui osent augmenter leur prix pour survivre, je ne suis pas découragé. Parfois ces commentaires ont des répercussions profondes sur la réputation des PA. Je ne suis pas découragé, mais on peut être triste pendant une ou deux secondes.

    Par contre, je constate tout le travail que l’industrie devra faire pour expliquer la situation dans laquelle les gouvernements placent les acteurs du marché. Quand la SQDC vend encore son pot en parlant de sativa et d’indica, on réalise le chemin à parcourir. 

    Les droits d’accise sur le cannabis au Canada sont payés par le producteur, qui doit remettre le plus élevé des deux montants suivants : un droit forfaitaire (1 $/g) ou un droit ad valorem basé sur le prix de vente (10 % de tout prix de gros supérieur à 10 $).

    Ad valorem veut simplement dire qui est déterminé d’après une valeur moyenne.

    Donc, il y a la taxe d’accise, mais il y a aussi des taxes ou droits supplémentaires qui vont être perçus dans toutes les provinces sauf au Manitoba. Mais pourquoi s’arrêter là? L’Ontario, l’Alberta, la Saskatchewan et le Nunavut en ajoutent une autre couche.

    75 % des recettes d’accise restent à la province et les 25 % qui restent sont captés par le fédéral. 

    Quels étaient les objectifs de cette taxe d’accise de 1 $ par gramme? 

    Maintenir des taxes basses pour les consommateurs afin de réussir les objectifs de la légalisation. 

    Ce que le législateur n’avait pas prévu, c’est étonnant d’ailleurs, c’est que les prix allaient baisser dramatiquement depuis le début de la légalisation… En 2022, la taxe d’accise peut valoir jusqu’à 35 % du prix d’une fleur.

    L’évolution de la progression des recettes provenant de la taxe d’accise est remarquable.

    • 18 millions de dollars en 2018-19
    • 52 millions de dollars en 2019-20
    • 109 millions de dollars en 2020-21

    Et vous connaissez le total des recettes fiscales annuelles du Canada?

    200 milliards de dollars. 

    Et juste pour relativiser, le Canada s’apprête à acheter 88 avions F35, des avions tout croches qui fonctionnent à peine, pour la modeste somme de 19 milliards $ CAN, soit un prix unitaire par avion de 215 909 097 $ CAN.

    Là où ça devient presque drôle, c’est quand tu regardes le prix des missiles qui vont avec ce genre d’avion. Un missile Spear-3 valait presque de 300 000 $ CAN il y a un an… Un missile. Et quand tu le tires, y reste rien après, rien.

    Et que nous disent les projections budgétaires? Et ben, les ventes légales de cannabis stagnent, car les provinces prévoient une toute petite augmentation de 6 % entre 2022 et 2023…

    Forcément, au Canada, d’autres produits sont soumis à des taxes d’accise : spiritueux, vin, bière et produits du tabac viennent immédiatement à l’esprit. Et dans tous les cas, c’est le producteur qui paye directement. C’est avec nos voisins américains que la différence saute aux yeux. Partout où l’on vend du cannabis, la taxation au point de vente est la norme. Et voilà d’où va venir la première compétition pour l’industrie canadienne du cannabis. De nos voisins qui sont déjà avantagés à ce niveau-là. Donc, au cours des prochaines années, nous allons assister à une guerre asymétrique…

    Ici, il y a un facteur essentiel a comprendre et je prendre un exemple qui fonctionne bien au Québec. Depuis 2006, le vin et le cidre produits fabriqués avec des ingrédients locaux sont exonérés de droits d’accise. Ce geste aurait permis à l’industrie de se développer agressivement. Mais, mais, mais, ce congé de taxe va prendre fin dans quelques jours à cause d’une plainte de l’Australie auprès de l’Organisation mondiale du commerce pour cause de «mesures discriminatoires». 

    Donc, un pays souverain ne pas faire n’importe quoi, n’importe comment.

    Et les producteurs de vins et de cidre affirment déjà que la situation va mal tourner pour eux.

    Et que disent les auteurs du rapport à cet égard? 

    Et là je cite plus ou moins texto.

    1)

    Il est prouvé qu’un cadre de droits d’accise accommodant peut aider les producteurs nationaux et les petits producteurs à prospérer, en particulier dans le cadre de la production rurale et agricole. 

    2)

    Un ajustement peut avoir un impact considérable — pour le meilleur ou pour le pire — sur les résultats des producteurs.

    Il y aurait plus de 850 entreprises dans l’industrie canadienne du cannabis en incluant, les producteurs, transformateurs et vendeur. 

    Il y a seulement 25 entreprises canadiennes à la bourse qui ont généré des revenus de plus de 2,5 millions $. 

    Par contre, on dénombre 250 de microproduction et 106 licences de microtraitement.

    Entre les deux, il y a de tout et on en revient à la difficulté de qualifier ce qui est artisanal de ce qui ne l’est pas. Car tout bouge à une vitesse folle. Entre mars 2021 et mars 2022, la part de marché des 4 plus grands producteurs canadiens est passée de 52 % à 28 %. 

    Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je crois que le cannabis est une activité économique de maraichage de proximité. Un produit local frais respectueux de l’environnement qui travaille en circularité avec les autres industries de la région.

    La taxe d’accise actuelle tue une industrie qui doit en plus simultanément faire face à un marché original prêt à renaitre de ses cendres à n’importe quel moment.

    Le rapport précise que moins de 5 % des entreprises, quelle que soit leur taille, ont généré des revenus réguliers et viables depuis le début de la légalisation. Et constatation encore plus dramatique, les propriétaires de plus de 60 % de la superficie de production canadienne de cannabis pourraient faire faillite dans la prochaine année.  

    J’ai relayé la semaine passée une nouvelle du journaliste Matt Lamers à l’effet que 141 entreprises canadiennes n’avaient pas encore payé au gouvernement certains montants dus pour la taxe d’accise.

    Peu de producteurs autorisés génèrent des profits. Quand on a demandé à une quarantaine de PA le nombre de mois où leurs entreprises à produit des bénéfices, 63 % ont répondu Zéro… Oui 63 % des producteurs ont généré zéro profit en 2021. Et les 37 % qui restent? Ils affirment avoir généré des profits sur 3 mois différents… Pas plus.

    Les auteurs du rapport affirment que… 

    Nous sommes ici pour ne déclarer rien de moins qu’un état d’urgence financier pour le cannabis canadien.

    Plus de 70 % des producteurs questionnés affirment qu’ils vont fermer dans les 6 prochains mois si la taxe d’accise n’est pas modifié. Et de ces 70 %, près de 30 % avancent qu’ils disparaitront dans les 3 prochains mois.

    Et dans les faits, dans le réel, dans la vraie vie, cela veut dire quoi pour l’industrie dans les prochains mois? Selon les experts du rapport, cela veut dire que la diversité de l’offre va progressivement disparaitre, car les 4-5 grosses sociétés en bourse vont racheter pour des sous sur le dollar toutes les entreprises en voie de disparition. Et là je vais citer texto le rapport pour vous montrer ce que ressentent les petits joueurs sur le marché :

    Ces entreprises ont les ressources nécessaires pour attendre l’échec et le désespoir des producteurs artisanaux qui peuvent gagner dans l’esprit du consommateur, mais qui ne peuvent toujours pas joindre les deux bouts sous le poids des taxes d’accises actuelles. Le cannabis artisanal connaît aujourd’hui diverses réussites commerciales, mais il lui manque toujours un modèle commercial fondamental. Notre nation a déjà appris ces leçons. Des télécommunications aux lignes aériennes, notre pays a ressenti l’impact des environnements à faible concurrence qui nuisent au client final. Dans le cas du cannabis, il existe un marché illicite facile et commode qui bénéficie de décennies de retranchement dans la chaîne d’approvisionnement. La concurrence avec le marché illicite est peut-être plus importante que la concurrence au sein du marché légal. A ce stade, la compression des prix à elle seule n’a pas encore démontré sa capacité à convertir une majorité importante de la consommation du marché légal.

    Fin de la citation

    Le premier truc pour tuer l’industrie du cannabis est d’imposer une taxe d’accise ridicule qui saigne tout le monde, mais surtout les plus petits qui ne peuvent repousser indéfiniment l’endettement en levant des nouvelles sommes auprès d’investisseurs. Il est clair qu’investir dans le cannabis n’est pas la bonne manière pour devenir riche.

    OK, c’est quoi la seconde manière de tuer l’industrie du cannabis? 

    C’est simple. Il suffit que les banques se passent le mot pour ne pas soutenir les artisans du cannabis. Je pense vous avoir déjà parlé de ce producteur autorisé qui voulait déposer un chèque de Santé Canada dans une banque qui refusait de lui permettre d’ouvrir un compte. Je vais vous donner un exemple. Non, pas un exemple québécois. On n’ose pas aborder ce genre de sujets au Québec. Non… On va regarder ce qui se passe en Colombie-Britannique pour avoir un portrait réaliste de la relation entre les banques et l’industrie du cannabis.

    Je ne vais pas citer un obscure bloque ou un petit journal régional. Non, on parle d’un dossier mené par Radio-Canada. Selon le journaliste Joël Ballard, malgré une légalisation en bonne et de la forme, il est difficile pour les détaillants de la Colombie-Britannique d’obtenir des services financiers de base de la part des banques. 

    Au Québec, beaucoup de consommateurs aimeraient voir disparaitre la SQDC pour qu’elle laisse sa place au privé… 

    Je crois qu’ils ne réalisent pas qu’il y a aurait un gros problème pour des investisseurs puissent obtenir des prêts pour se lancer en affaire. Les détaillants de la Colombie-Britannique vont plus loin. Cette frilosité des banques crée des déserts d’accès, des zones où aucun commerce ne s’installe. La conséquence est simple. Le marché original, le marché noir créé par le législateur revient s’imposer là où le vide existe. 

    Aussi ridicule que cela puisse être, il est presque impossible d’ouvrir un simple compte-chèques. Selon l’Association of Canadian Cannabis Retailers (ACCRES), 50 de ses 52 membres ont dû se tourner vers les coopératives de crédit locales suite aux refus des banques. Les spécialistes de la province avancent même qu’il y aurait plus de détaillants de cannabis légaux si les institutions financières offraient un vrai soutien l’industrie. 

    Jaclynn Pehota, la directrice de l’association ACCRES dit que la situation n’est pas limitée à la Colombie-Britannique. Selon elle, 95 % des entreprises de l’industrie vivent des problèmes similaires. Évidemment le discours des banques sur le blanchiment d’argent ne tient pas la route… Pourquoi attirer l’attention des autorités en blanchissant son argent dans le pot… Je ne dis pas que cela n’existe pas. Je dis qu’il est plus simple d’investir dans la restauration ou la bijouterie… L’histoire prouve que cela fonctionne très bien. Cela dit, les banques ont de bonnes excuses pour ne pas prêter aux petits joueurs, mais toutes ces excuses disparaissent quand il s’agit d’investir dans les grandes sociétés canadiennes qui pourtant perdent littéralement des milliards. Après le slogan «too big to fail» on est rendu à «too big to nail»…

    Détail important. Quand les acteurs de l’industrie du cannabis peuvent ouvrir un compte, ils doivent faire face à des frais spéciaux… Cette prime cannabis tue aussi l’industrie. J’adore donné un exemple de ce genre d’abus considérer comme normal par le législateur. Il y a tout juste un peu plus d’un an, obtenir un permis pour vendre du cannabis à Vancouver coûtait 30 000 $. La devinette maintenant… Combien coutait un permis pour vendre de l’alcool à la même époque? 429 $. Voilà l’abus perpétré en plein soleil au vu et au su de tout le monde.

    D’accord. La troisième façon de tuer l’industrie du cannabis?

    Interdire le cannatourisme semble être un bon moyen de ralentir l’industrie dans son ensemble en plus de modérer les progrès de l’acceptabilité sociale. Le tourisme lié au cannabis est désormais une industrie de 17 milliards de dollars et est en plein décollage selon The Switzerland Times. Ceux qui disent que c’est le monopole de la SQDC qui nuit à l’innovation dans le secteur du cannabis se trompent profondément. En tout respect, il suffit de regarder ce que le Nouveau-Brunswick fait. Je crois qu’il y a au minimun 3 points de vente à la ferme. J’adore particulièrement l’initiative de Crystal Cure qui a nommé son point de vente «Le backdoor». Entre la vente à la ferme et les nombreuses initiatives dans le domaine du chanvre, le canna-tourisme à un rôle important à jouer pour dynamiser le secteur du cannabis. Il suffit d’imaginer comment la réputation du Québec dans la restauration pourrait être carte importante à jouer. Entre la poutine et le restaurant Le toqué, il y a un monde d’opportunité à explorer. 

    PETIT BÉMOL. Le chiffre de 17 milliards n’est qu’un chiffre probablement faux. 

    L’important est ailleurs. Le cannatourisme, c’est aussi une fenêtre sur l’économie circulaire où les déchets d’un acteur du secteur devant la matière première de son voisin. Je pense à certains manufacturiers de sols vivants qui incorporent des minéraux qui étaient auparavant rejetés ou simplement mal valorisés. Je pense aux branchages des plants de pot qui peuvent être recyclés en feuille de 4X8 écologiques. Voyez le genre.

    OK. On peut aussi tuer l’industrie du cannabis en ne vendant pas ce que les gens veulent acheter. La quatrième manière est simple.

    Immédiatement les mangeables viennent à l’esprit. Les produits comestibles vendus partout à travers le Canada ne correspondent pas aux attentes des consommateurs. Le dosage est trop faible par exemple. Et on exige, la SQDC en tête, que les produits soient être laid afin de ne pas susciter d’excitation visuelle. En 2022. Un cahier de charge qui mentionne que les produits ne doivent pas, ne peuvent pas être trop beaux… WOW. 

    Le cannabis n’est pas légal. Il est toléré. L’industrie de la transformation alimentaire piaffe d’impatience. Elle sait faire des profits. Va-t-on lui reprocher ou simplement attendre que les Américains légalisent au niveau du pays pour ensuite imposer les désirs comme dans le bois d’œuvre? Personnellement, je ne comprends pas pourquoi les poivrons du Chile que j’achète au supermarché transitent par les États-Unis. Je ne comprends pas pourquoi le Québec n’arrive pas a s’affranchir des pushers de légumes américains. Cela n’a aucun sens. Penser que le Québec va résister aux marques avec des vedettes comme Martha Stuart est illusoire. Et cela nous conduit directement à la 5e façon de tuer l’industrie du cannabis

    L’interdiction d’un vrai MARKETING est aussi une façon très efficace de tuer l’industrie du cannabis. La cinquième…

    Si le Canada existait seul sur la planète, l’interdiction du marketing serait un moindre mal. Mais l’industrie du cannabis canadienne ne vit pas dans un vase clos. Encore une fois, que font nos voisins américains, nos futurs concurrents? Ils construisent des marques. Martha Stewart par ici, Seth Rogen par la, les marques américaines préemptent tous les grands noms disponibles, même les vedettes canadiennes, dans un effort concerté pour être prêt à inonder nos marchés quand cela fera leurs affaires. Encore une fois, il suffit de se rappeler le dossier du bois d’œuvre pour comprendre comment fonctionnent nos voisins. 

    La difficulté des acteurs du secteur pour s’assurer correctement est la 6e manière de tuer l’industrie. 

    Alors que les poursuites contre les producteurs commencent à s’accumuler, les couts pour s’assurer grimpent. Il suffit de regarder ce qui se passe dans les cabinets de médecine pour constater cette hausse vertigineuse de ces frais. Cette crise n’a pas encore atteint le Québec, mais il existe toujours certains cas de figure qui posent problème. J’en ai d’ailleurs discuté avec Isabelle Coulombe dans l’épisode #68.

    La 7e manière pour tuer l’industrie est de limiter le marché potentiel en interdisant à certains adultes d’acheter du cannabis.

    Ici le Québec s’illustre. On peut même lui décerner le titre de champion du monde du Canada de l’absence de jugement. Pourquoi dis-je une telle alors que je suis toujours si modéré dans mes propos? Le Québec de M. Legault, notre premier ministre, est un territoire où le législateur déclare inapte toute une tranche de la population âgée entre 18 et 21 ans. 

    Tu peux t’engager dans l’armée canadienne à 17 ans avec le consentement de tes parents pour aller tuer du monde au bout du monde sans problème. Mais fumer un joint? 10 personnes vont mourir à cause de l’alcool aujourd’hui au Canada. Et 400 seront hospitalisés pour les mêmes raisons. Le jeune de 18 ans qui veut expérimenter sera donc conduit par le discours officiel à se tourner vers l’alcool ou le marché noir du cannabis.

    La 8e manière de tuer l’industrie du cannabis? Négliger l’importance du rôle de la femme dans les futurs achats de cannabis.

    Bien, voyons Luc, qu’est-ce que tu racontes?

    Je vais partager des études américaines, car c’est de là que vient l’info, mais on peut facilement transposer sur le marché canadien. Il faut au passage noter le dynamisme d’une industrie qui n’existe pas encore au niveau fédéral, mais qui se prépare en attendant son moment.

    20 % de tous les Américains adultes sont des voyageurs motivés par le cannabis. Toute la démarche évolutive du cannabis qui passe du buzz au bienêtre ou qui passe du agrotox vers le bio est propulsé par les femmes, qu’elles soient des leadeures de l’industrie ou de simples consommatrices.

    La firme Condé Nast affirme et là je cite texte  que ce sont les femmes qui façonnent de manière créative des espaces surs pour que les curieux et les expérimentés du cannabis puisse profiter de la plante» avec des idées touristiques intéressantes. 

    Petit rappel pour monter le sérieux de cette affirmation, Condé Nast est une entreprise mondiale de médias qui produit certaines des marques imprimées, numériques, vidéos et sociales les plus importantes au monde comme Vogue, GQ, The New Yorker, Vanity Fair, Wired et l’incontournable Condé Nast Traveler. 

    Selon les spécialistes interviewés, les femmes prennent déjà 80 % des décisions de dépenses dans les ménages américains.

    Ce sont les femmes qui prescrivent et achètent la bière, la bouffe et les vêtements. Dans un contexte de consommation balisée, ce sont elles qui vont acheter le pot dans les années à venir.

    Il y a plusieurs autres manières de tuer l’industrie du cannabis. Si j’en ai oublié une très importante, faites-moi signe. lucprevost@hotmail.com

    IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. 

    J’ai pris du retard à cause de cette taxe d’accise qui était un plus gros dossier que prévu.

    Juste une seconde

    Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

    C’est peut-être le moment de se donner une vraie perspective sur l’industrie du cannabis à la comparant aux autres secteurs de cultures agricoles au Québec.

    En 2020, le cannabis entre dans le groupe sélect des cinq principales cultures agricoles du Québec. Par contre, les recettes monétaires québécoises provenant du cannabis auraient diminué en 2021 alors que toutes les productions confondues connaissaient une hausse de 10 % pour la même période. L’amélioration de la rentabilité de l’ensemble du secteur agricole au Québec n’a donc pas été aidée par le recul de la production du cannabis au Québec.

    Reculons encore un peu plus pour se donner d’autres perspectives. Les vins québécois représentent 3 % des achats de vins au Québec alors qu’en Ontario, les produits provinciaux représentent 22 % des ventes. Est-ce que les vins québécois sont moins bons que les vins ontariens? Je ne sais pas. Est-ce que la promotion des vins québécois est nulle? Peut-être. Je ne sais pas. Mais au moins, l’industrie vinicole a le droit de s’annoncer et de commanditer des festivals. 

    On peut traverser la rue et regarder ce qui se passe chez les distilleurs québécois. J’ai écouté le balado de Lionel Levac qui s’appelle La scène Agro. Dans un épisode récent intitulé Pierre Fitzgibbon : Priorité aux alcools québécois, le ministre de l’Économie et de l’Innovation affirme qu’il serait plutôt TRÈS enclin à aider les entreprises utilisant des matières premières du Québec plutôt que des alcools de base achetés en Ontario. Les matières premières produites au Québec coutent, pour l’instant, 3 a 4 fois plus chères que celles produites en Ontario.

    Imaginez que M. Fitzgibbon dise que la priorité c’est le pot québécois…

    Mais, mais, mais, la réalité nous rappelle à l’ordre. 

    Juste avant d’enregistrer, il y a quelques minutes je vois passer cette nouvelle sous la plume de la journaliste Nathaëlle Morissette du Journal de Montréal.

    Plusieurs microdistilleries disparaîtront du paysage québécois avant la fin de la saison estivale, prédit l’Union québécoise des microdistilleries (UQMD), qui représente 55 membres.

    Et là, je vais y aller texto.

    «Il est minuit moins une. Le contexte règlementaire et législatif étouffe les microdistilleries et si rien ne change, ce sera la fin pour plusieurs d’entre nous», a indiqué le président de l’Union québécoise des microdistilleries, Jonathan Roy, dans un communiqué mardi.

    L’UQMD reproche à la Société des alcools du Québec (SAQ) de lui imposer une majoration au moment de la vente sur les lieux de fabrication.

    Le Québec compterait parmi les endroits au monde où la majoration sur la vente de spiritueux est la plus élevée.

    «Résultat : près de deux microdistilleries sur trois sont déficitaires, contraintes de verser plus de 50 % du prix de vente de la bouteille à la SAQ, peut-on lire dans le communiqué. Ajoutons que cette majoration est la même si cette bouteille est vendue sur le lieu de fabrication, alors que la SAQ n’a aucunement contribué ni à la distribution, ni à la commercialisation, ni à la vente du produit.»

    Fin de la citation.

    Si c’est comme ça que le Québec veut sauver les microdistilleries, ça augure mal pour la microproduction de cannabis au Québec qui selon mes estimations très approximatives, représenterait environ 1/2 de 1 % des ventes à la SQDC… Autrement dit un pet, une flatulence.

    Comment conclure un tel épisode sur les meilleures façons de tuer l’industrie du cannabis?

    En mélangeant espoir et science-fiction.

    Les spécialistes en marketing adorent utiliser des ratios pour pousser leur vision du monde. Cette semaine, j’ai réagi à un billet de Matt Lamers qui disait sur LinkedIn que les ventes de cannabis au Québec étaient en dessous des attentes des spécialistes de marché. Je lui ai répondu que le Québec pouvait être distinct dans sa peur irrationnelle du cannabis et que les marketeux devraient s’étouffer sur leur prévision alors qu’ils affirment que les Québécois ne consomment pas comme ils le devraient. Il ne m’a pas répondu…

    Par contre on peut faire l’exercice pour s’amuser.

    Bien que la population du Québec soit la deuxième plus importante au Canada, l’Alberta et la Colombie-Britannique génèrent plus de ventes mensuelles de cannabis. Peut-être parce que le Québec est la dernière province canadienne pour le nombre de magasins par habitant. 

    Selon les estimations de Cannabis Benchmark, le Québec pourrait supporter facilement 1,064 points de vente supplémentaires. Il existerait une corrélation entre le nombre de points de vente et les ventes. Rappelons qu’il y a actuellement 88 boutiques SQDC au Québec et que le plan d’ouverture à été revu à la baisse avec l’objectif d’ouvrir 10 autres points de vente d’ici mars 2023 pour un total de 98 SQDC. Cannabis Benchmark reconnait que toutes les provinces comme le Québec où l’État exerce un monopole sur la vente en ligne et en magasin n’ont pas besoin d’ouvrir autant de boutiques avec pignons sur rue pour satisfaire le marché. L’article reconnait aussi la SQDC est «incroyablement efficace sur le plan opérationnel» et qu’elle offre des prix relativement faibles dans un contexte de respect de la santé publique.

    Et là on arrive au bout crucial…

    L’expansion du marché canadien serait terminée… sauf au Québec. 

    Comment interpréter cette évaluation du marché québécois? 

    Si le marché provincial québécois peut encore prendre de l’expansion, qui en profitera? 

    Les microproducteurs québécois? 

    J’aimerais ça, mais à ma connaissance, la SQDC n’a pas de plans précis pour eux. 

    La seule instance représentative de l’industrie au Québec n’a pas non plus de plan pour les microproducteurs. Est-ce que les producteurs de tailles moyennes vont pouvoir remplir cette promesse d’expansion avec leurs produits? On leur souhaite s’ils ne meurent pas avant à cause de la taxe d’accise qui les ruine. Finalement, il reste les gros joueurs qui continuent de s’enfoncer dans des stratégies foireuses. Leurs parts de marché fondent à vue d’œil, on l’a déjà dit.

    Je vais conclure avec une OVNI, une opinion vulgaire non informée. Ce bassin potentiel d’expansion créée par la gestion de la SQDC va continuer d’exister pendant quelques années, à moins d’un changement de gouvernement à la prochaine élection provinciale. Ce scénario semble improbable. Donc on peut penser que la SQDC va franchir la barre des 150 points de vente dans 4-5 ans. À ce moment-là, les Américains auront légalisé au niveau fédéral et ils seront près à envahir le marché québécois…

    Et voilà, c’était le 107e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

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    Le cannabis et les autochtones…

    Aujourd’hui, on discute d’un sujet très important dans le contexte de la légalisation canadienne du cannabis. Pourquoi en discuter maintenant?

    Parce que le paysage du cannabis canadien vient de changer à tout jamais.

    Comment?

    Un groupe de commerçants de la Colombie-Britannique a déclaré qu’ils ont «souffert et continuent de souffrir d’une perte de jouissance de la vie» et qu’ils ont «souffert et continuent de souffrir de troubles émotionnels et de détresse mentale» à cause de l’existence de marchés de cannabis des Premières Nations. Ce sont les mots utilisés, en anglais évidemment, dans le document officiel. Ces revendeurs de cannabis viennent de plusieurs régions de la province et leur plainte est déposée contre la province de la Colombie-Britannique, le procureur général de la Colombie-Britannique et l’unité de sécurité communautaire. 

    Pour mieux comprendre la situation, on va revenir sur les moments forts des initiatives autochtones depuis le début de la légalisation.

    Bonne écoute!

    Liens pour l’épisode

    La poursuite des 14 commercants

    Seed of Sovereignty: Indigenous Rights and Canadian Cannabis Law

    The Red River Métis – la Nouvelle Nation

    Le grand chef de Wendake écorche Québec solidaire

    THE SUBJECT MATTER OF BILL C-45

    Cannabis : « sur notre territoire, la Saskatchewan n’existe plus »

    Bill 96 will never apply in our community, Kahnawake leaders say

    Dança da Solidão (Marisa Monte e Paulinho da Viola)

    Photo de Damon Lam sur Unsplash

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    #101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

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    Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

    Une entrevue sans fard. 

    Bonne écoute!

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    #100 Le centième épisode de toPot!

    #100 Le centième épisode de toPot!

    100 épisodes déjà!

    Et alors on fait quoi pour ce 100e épisode de toPot?

    Je vais vous présenter deux nouveaux collaborateurs. 

    Si vous êtes dans l’industrie du cannabis, vous connaissez obligatoirement mon invité d’aujourd’hui. Ou vous connaissez son service. 

    Je discute d’abord avec Alexandre Voyer, le cerveau derrière Weed Crawler, le service qui permet de presque tout savoir sur les ventes des produits de cannabis à la SQDC. Alexandre vend de l’intelligence, pas des chiffres.

    Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous connaissez déjà la deuxième collaboratrice de toPot. Et oui, c’est MJ qui a généreusement accepté de nous parler des produits légaux qu’elle a testés récemment. MJ à une connaissance très pointue des produits du cannabis. 

    Bon centième épisode!

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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    #120 Pot flânage (2022.09.28)

    #120 Pot flânage (2022.09.28)

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    #119 Pot flânage! (2022.09.21)

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    Aujourd’hui, on va flâner.  Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile. Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le...

    #118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

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    #117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

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    #99 Potpourri 4A

    #99 Potpourri 4A

    Vous allez bien? 

    Le chanvre est bon par chez vous?

    Aujourd’hui, toPot à un potpourri pour vous.

    • On commence par notre belle SQDC qui a décidé d’augmenter les prix de ses produits, car dit-elle, ils se détaillent sous les prix du marché illicite.
    • La Nouvelle-Écosse qui à un monopole comme la SQDC, fait l’inverse en augmentant le prix de l’alcool et en diminuant le prix du cannabis.
    • Santé Canada vient de changer sa règlementation et les microproducteurs pourraient peut-être plus facilement se passer des intermédiaires pour vendre à la SQDC. 
    • L’Argentine réinvente le cannabis médical avec une formule qui ressemble aux Clubs Sociaux de Cannabis. 
    • Chez l’oncle Sam, le dossier du cannabis progresse et l’industrie des centres d’appels offre des produits spécifiques à l’industrie. 
    • On conclut avec la première compagnie de cannabis qui apparait dans la liste des 100 compagnies les plus importantes au monde du magazine Time.

    Bonne écoute!

    Lien pour l’Épisode sur toPot

    Canadian pot producers watch closely as Democrats aim to rewrite U.S. cannabis laws

    FDA Issues Warning Letters to Companies Claiming Their CBD Products Can Treat COVID-19

    NSLC Raises Booze Prices And Drops The Cost Of Cannabis

    Cannabis Call Centers

    Cannabis company included in Time magazine’s list of the world’s 100 most influential companies

    Transcription de l'épisode 99
    #99 Potpourri 4A

    INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.
    Bienvenue chez vous!

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast.

    Segment 0 h

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    Aujourd’hui, toPot à un potpourri pour vous.
    Je reviens sur quelques développements récents dans le cannabis au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde.

    Liste des sujets de discussion
    La SQDC modifie sa structure de prix.

    On commence par chez nous. Le Québec! Et notre belle SQDC.

    Oui, la SQDC vient de changer sa structure de prix. On va y revenir. Mais la SQDC semble aussi se décrire comme une victime de son propre succès. Voici ce qu’elle annonce à l’industrie :

    OK.
    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.
    Et MJ, Salut, tu vas bien?

    Le document en question fait plus que 4 phrases. Mais concentrons-nous sur l’essentiel.

    Je répète la première phrase :

    Nous observons depuis la légalisation du cannabis, une baisse constante du prix moyen de vente au gramme.

    La SQDC constate une baisse constante du moyen de vente au gramme. Si elle le dit, je la crois. La SQDC sait que ces chiffres sont vérifiables très facilement.
    Donc je reconnais son observation.
    Les prix légaux baissent. C’est indéniable. Et il faut positivement remercier Hexo et son ex-PDG Saint-Louis pour avoir été le premier à oser dire que les prix du cannabis légal étaient trop élevés comparés à ceux du marché noir. Le premier 28 grammes disponible au Québec était un produit Hexo, le OS si ma mémoire est bonne. Cette semaine, il y a avait 36 offres d’onces à la SQDC.
    L’industrie a écouté les consommateurs.

    La deuxième phrase maintenant :
    Cette chute des prix est le résultat d’une offre plus importante que la demande dans l’industrie du cannabis au Canada.

    L’industrie canadienne du cannabis est en surproduction depuis la fin de 2019. Les chiffres sont disponibles et indiscutables. On peut en parler, mais ils sont indiscutables ces chiffres de surproduction. Maintenant, comment pourrait-il en être autrement quand Santé Canada octroie ses licences à tour de bras? On augmente le nombre de producteurs sans égard à la taille du marché. C’est légal et ça s’appelle le capitalisme. En parallèle, les producteurs autorisés améliorent leur méthode de production. Donc, le Canada et le Québec ont de plus en plus de PA qui produisent de plus en plus efficacement. Si le cannabis était pour le législateur québécois un produit comme l’alcool, tout irait bien. Mais le cannabis est un produit qui n’est pas socialement acceptable au Québec. Pas pour les libéraux, pas pour les caquistes. Les autres? Impossible de savoir ce qu’ils pensent. Comme il n’y a rien à gagner dans ce dossier, personne ne veut prendre le risque de s’en mêler.

    Hey merci MJ!

    Fait important à noter, les entreprises qui représentent les PA qui ne peuvent vendre directement à la SQDC encouragent leurs clients à vendre le moins cher possible. C’est du moins ce que j’entends entre les branches. Mais cette situation risque de changer rapidement à cause des plus récents changements règlementaires apportés par Santé Canada. On va en reparler, c’est le prochain sujet…

    Revenons à la troisième phrase :

    Cela fait en sorte qu’aujourd’hui, plusieurs produits vendus à la SQDC, notamment dans les catégories du 3,5 grammes et des préroulés, se détaillent sous les prix du marché illicite.

    Ici, j’avoue ne pas pouvoir suivre la SQDC, mais je suis peut-être mal renseigné. Cela fait des mois que je vois des onces à moins de 100 $ et plus récemment, on a pu voir passer des onces à 55 $ sur Facebook. Des onces commanditées en plus.

    Mais la SQDC nomme les formats 3,5 g et les préroulés, pas l’once.
    J’ai demandé sur différentes plateformes si les affirmations de la SQDC étaient facilement vérifiables…

    D’abord Blaky Black qui est le Chef du BlocPot et le propriétaire de la Clinique VertMédic.
    Je lui ai posé la question et il m’a envoyé une photo en guise de réponse. Une offre bilingue parfaitement rédigée, en fait une seule petite faute en français, pour une once à 80 $. Disponible 18 heures par jour. La grande classe.

    J’ai ensuite échangé avec une personne sur le Discord de Black Poule qui m’a confirmé que les prix du marché noir ou gris étaient vraiment beaucoup plus bas que ceux de la SQDC.
    Est-ce que la SQDC devrait rendre publique les observations et raisonnements qui mènent à une hausse de prix? Un monopole à l’obligation morale de rendre des comptes. En fait, cela permettrait surtout à la population d’adhérer aux choix de la SQDC. Mais on ne retient pas notre souffle. Tout le monde dit que c’est mauvais de fumer ou de fulminer en apnée.

    Et maintenant, la dernière phrase :
    Cette dynamique contribue à banaliser le cannabis, ce qui est contraire à notre mission.

    On doit féliciter la SQDC de désirer respecter son mandat.
    Elle obéit.
    Il est donc inutile de rappeler que l’alcool tue tous les jours.
    C’est 10 personnes par jour au Canada, sans oublier les 400 hospitalisations quotidiennes.
    Cela, la SQDC s’en fout. C’est normal.
    Son mandat exclut la possibilité de réfléchir à ces questions.
    La SQDC réfléchit à sa commercialisation et investit beaucoup de sous dans son projet Omnicanal. Cela ne devrait pas nuire aux ventes.
    Peut-être pourra-t-elle même servir plus de monde avec moins de personnel…

    Mais la SQDC utilise une drôle de terminologie.
    Elle a une marge fixe, mais aussi maintenant une marge protégée.
    C’est le privilège des monopoles d’inventer les règles du jeu qui lui seront les plus favorables.
    Alors cela veut dire quoi pour les producteurs autorisés?

    Je reprends l’exemple proposé par la SQDC.

    Et je reprends texto son explication écrite :

    Les prix de vente affichés de la SQDC sont calculés selon une marge en pourcentage déterminée par catégorie de produits. La catégorie des fleurs séchées inclut une notion additionnelle de marge fixe en dollar au gramme. Tous les produits d’une même catégorie sont traités de manière identique.
    La SQDC a également adopté une approche de protection de la marge en dollar par gramme. Nous appliquons le montant de la marge protégée si celui-ci est plus élevé que le calcul de base.
    Les prix de vente affichés à la SQDC incluent les taxes de vente et sont arrondis à la dixième supérieure.

    Tous les produits n’ont pas la même marge.
    Les fleurs séchées sont à 14,9 %.
    Le hash est à 25 %
    Les nouveaux produits moulus aussi à 25 %
    Pourquoi les prés roulés sont à 26 %?
    Aucune idée et je n’ai trouvé personne qui puisse m’expliquer pourquoi.
    Concentré, huile, mangeables et atomiseurs oraux sont a 30 %
    Les infusions et ingrédients à cuisiner sont à 32 %
    Finalement les prêt-à-boire sont à 33 %

    C’est évident qu’il y a une réflexion commerciale pour être arrivé à un tel résultat.
    On y reviendra peut-être un jour.

    Imaginons un pot de fleurs séchées de 3,5 g que la SQDC achète au producteur autorisé pour 12 $.

    Sur la catégorie Fleurs séchée de 1 à 15 g, la marge annoncée par la SQDC est de 14,9 %.

    14,9 % du 12 $ du coutant de la SQDC = 2,10 $

    À cette marge normale, il faut ajouter la marge fixe de 1,05 $ par gramme.
    On multiplie les 3,5 g de notre exemple par 105 sous. Le total est maintenant de 5 775 $.

    Et c’est là qu’arrive la marge protégée.

    La marge protégée varie en fonction du produit.
    1,85 $ par gramme pour les fleurs séchées
    Mais 5,90 $ pour un gramme de hash.

    Si on reprend notre exemple initial d’un pot de fleurs séchées de 3,5 g, la marge protégée est de 1,85 $ par gramme.

    On a maintenant calculé nos deux marges et la SQDC va choisir le montant de la marge protégée si elle est plus élevée que le résultat du calcul de base.

    Dans notre exemple, le coutant de la SQDC est de 12 $ pour un pot de 3,5 g.
    La marge de 14,9 % égale 2,10 $ auquel nous additionnons la marge fixe de 1,05 $/g soit 3 675 $ pour un total de 5 775 $.

    Nous devons comparer le calcul de base soit 5 775 $ à la marge protégée qui est de 1,85 $ qu’il faut multiplier par 3,5 g soit un total de 6 475 $

    D’un coté, 5,775 et de l’autre 6 475 $

    Comme la marge protégée est plus grande, c’est le montant que va utiliser la SQDC.
    Le prix avant taxe devient donc 12 $ plus la marge protégée de 6 475 $ soit un total de 18 475 $

    Il faut maintenant ajouter les taxes fédérales et provinciales pour un prix de vente final de 21,24 $ qui est arrondi au dixième supérieur soit 21,30 $.

    Quelles seront les conséquences de cette nouvelle grille pour l’industrie?
    Je ne sais pas.
    Mais le trésor québécois devrait être heureux des performances de la SQDC.

    Est-ce que ces prix que la SQDC juge trop bas vont réactiver le marché noir?
    Trop tôt pour le dire.
    Mais on pourrait assister à une professionnalisation du marché médical.

    Ailleurs au Canada, on fait les choses différemment. Prenons le marché de la Nouvelle-Écosse. Je le rappelle, la Nouvelle-Écosse a un régime similaire à celui du Québec. Un monopole total de la distribution. Mais vous allez voir que cette province à une autre vision du cannabis, mais aussi de l’alcool.

    La société des alcools de la Nouvelle-Écosse fait des ajustements de prix ce printemps. En effet, le coût de l’alcool va augmenter de 3,5 pour cent, tandis que les prix du cannabis baisseront de 2,75 pour cent.

    Le NSLC a opté pour une augmentation globale de 3,5 % afin d’éviter toute modification radicale des prix.

    «En procédant ainsi, les gens ne verront pas de hausses massives sur des produits particuliers, mais plutôt des hausses réparties sur des produits similaires», a déclaré la porte-parole de la NSLC.

    Sur le front du cannabis, les prix baissent, une tendance qui se poursuit depuis l’introduction initiale du cannabis légal. «Nous continuons à voir les prix du cannabis baisser à mesure que de plus en plus d’entreprises s’installent dans cette industrie relativement nouvelle», a déclaré M. Ware.

    Les changements de prix sont entrés en vigueur le 25 mars.

    Si vous êtes insatisfait de la SQDC parce qu’elle est un monopole, le leadeurship de la Nouvelle-Écosse qui est aussi régi par un monopole devrait vous forcer à réfléchir autrement.

    Ok, on passe à l’actualité nationale.
    Ben oui, Santé Canada vient de changer sa règlementation et cela pourrait avoir de gros impacts dans l’industrie.

    Dès le 19 avril de cette année, et la je traduis le plus texto possible, Santé Canada commencera à accorder l’autorisation de vendre des produits de cannabis séchés et frais à tous les détenteurs de microlicences et de licences de traitement standard au cours du processus d’autorisation initial, sans qu’il soit nécessaire de soumettre une demande de modification des ventes.

    Et qu’est-ce que cela veut dire précisément?

    Cela veut dire qu’un PA qui a une licence existante qui n’autorise pas la vente de produits de cannabis séchés et frais pourra se faire réémettre une licence avec des conditions modifiées dans les 90 prochains jours.

    Un PA avec une telle licence sera autorisé à vendre des produits de cannabis séchés ou frais aux distributeurs au détail provinciaux autorisés une fois que leur licence aura été modifiée.

    Pourquoi Santé Canada prend une telle décision 3 ans après le début de la légalisation?
    Cette décision serait fondée sur le risque plus faible associé à la production de produits de cannabis séchés et frais. Mais Santé Canada confirme aussi qu’aucune modification n’est apportée aux exigences règlementaires.

    Ce changement devrait diminuer les efforts requis pour respecter la charge règlementaire des détenteurs de licences tout en donnant aux nouveaux détenteurs de licences la possibilité de mettre plus rapidement leurs produits sur le marché.

    Ce changement règlementaire ne s’applique pas pour l’instant aux producteurs d’extraits, de produits topiques et de produits comestibles du cannabis. Comme la transformation apporte son lot de difficultés supplémentaires, Santé Canada à décider d’attendre pour ces catégories de produits.

    Mais en pratique, cela veut dire quoi?

    Pour les provinces comme le N-B qui permettent la vente à l’usine, cela pourrait vouloir dire que les microproducteurs vendraient directement aux consommateurs. Quand on sait qu’un microproducteur peut donner à son emballeur-revendeur au moins 100 000 $ par an, cette nouvelle règlementation pourrait favoriser l’essor de la microproduction au Canada.

    La plupart des observateurs parlent d’une facilité accrue à commercialiser plus rapidement de nouveaux produits.

    Est-ce que les microproducteurs vont pouvoir vendre directement à la SQDC?
    Je ne suis pas sur, mais c’est ce que je comprends.
    Est-que la SQDC va augmenter ses exigences règlementaires pour éviter un déferlement de nouveaux points de contact?
    C’est possible.

    Mais il est clair que les plus petits joueurs avec une licence micro ou standard seraient heureux de pouvoir couper un intermédiaire entre eux et la SQDC. Évidemment, cela aurait des conséquences immédiates sur ces intermédiaires qui sont aussi producteurs et compétiteurs des sociétés auxquels ils offrent des services.

    Ok, si on veut parler de l’avenir du cannabis au Canada, il faut penser aux États-Unis, notre petit voisin.

    Le Congrès américain fait un nouvel effort pour réduire les interdictions fédérales et cette fois, la Chambre des représentants a adopté une loi pour légaliser le cannabis partout sur le territoire américain, éliminant ainsi toutes sanctions pénales pour la fabrication, la distribution et la possession. Le vote a été de 220 pour et 204 contre.

    Le Marijuana Opportunity Reinvestment and Expungement Act permettra aussi des procédures de pardon et la création d’une taxe sur la vente des produits du cannabis.

    Le dossier progresse, mais rien n’est assuré. Heureusement, instruits des difficultés du marché canadien, les Américains réfléchissent déjà aux taxes d’accises trop élevées qui nuisent à une industrie légale qui côtoie un marché illégal très bien organisé. De plus, Biden, après avoir promis la lune pour être élu, a choisi de rester silencieux sur le sujet en plus de présenter un plan de dépenses presque anticannabis.

    Les grands géants canadiens rêvent de pouvoir aller vendre aux États-Unis. Tant mieux s’ils peuvent rêver. Espérons seulement qu’ils ne rêvent pas parce qu’ils sont endormis.

    Personnellement, c’est l’inverse qui m’inquiète pour l’industrie canadienne. Pendant combien de temps le législateur canadien pourra-t-il empêcher nos voisins d’exporter leur cannabis au Canada? La Californie produit déjà du pot de terroir avec appellation contrôlée… Quel Canadien amateur de pot ne voudra pas tester ce genre de produit? Oui, les États-Unis sont un marché affriolant. Mais regarder qui remplit votre supermarché. Les Québécois achètent en hiver des poivrons du Chili qui transitent par les États-Unis. Nous sommes incapables d’importer directement on dirait… Et les produits de consommations courantes appartiennent majoritairement à une dizaine de grands groupes américains. Et soudainement, nous serions capables de nous opposer à cette machine?
    Imaginons qu’ils n’acceptent que des produits GMP?
    Cela élimine presque l’ensemble des producteurs autorisés canadiens qui n’ont pas jugé bon de s’astreindre à ce standard de qualité.

    D’ailleurs le discours des géants canadiens est en constante évolution. Il y a un an, Canopy prévoyait des ventes de 1 milliard. Cette année, on parle de la moitié. Cette réduction drastique des objectifs existe partout dans l’industrie canadienne. À un tel point que nos bons géants ont adopté un nouveau mantra selon le journaliste Matt Lamers de MJBiz.

    «Nous ne sommes pas là pour la part de marché, nous sommes là pour faire du profit».

    Le discours s’adapte à la réalité. Hé.

    Mais l’inverse est vrai aussi.
    Pas au Canada, mais en Argentine où on vient d’inventer une nouvelle formule pour le cannabis médical…

    Dans une initiative qui n’est pas sans rappeler les Clubs Sociaux de Cannabis, l’Argentine va permettre aux patients de faire cultiver leur cannabis par des organisations à but non lucratif agréées et autorisées.

    Une ONG regroupera un maximum de 150 personnes pour la culture intérieure et extérieure.

    Le programme baptisé REPROCANN détermine le nombre de plants par personne, soit 9 plants qui pourront être cultivés sur des surfaces maximums de 6 m2 en intérieur et de 15 m2 à l’extérieur.

    À ma connaissance, il n’y a que la Suisse, pour l’instant, qui prévoit instaurer ce concept des clubs de cannabis.

    IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine.

    On termine avec une nouvelle que je trouve très révélatrice des avancés récentes de l’industrie du cannabis. Au cœur de l’expérience du consommateur de cannabis, il y a cette relation entre lui et l’entreprise qui produit. Comment intensifier cette relation dans un univers règlementaire ou le marketing est interdit plus ou moins? Avec un centre d’appel! Et oui, l’industrie des centres d’appels réagit à la normalisation du cannabis en proposant de nouvelles offres de service spécifique au cannabis.

    Aux États-Unis, pas au Canada.

    Le raisonnement est simple…
    Plus de deux Américains sur 3 supportent la légalisation du cannabis et selon Pew Research, les services de centres de contact prennent une plus grande importance stratégique. Les offres se structurent et des livres blancs, les whites papers en anglais, qui proposent des réflexions spécifiques sur les besoins de l’industrie du cannabis sont maintenant disponibles. Ça c’est nouveau et c’est un signal de confiance envers le développement de l’industrie américaine du cannabis.

    Ok une autre avant d’y aller!

    Le magazine Time fait chaque année une liste des 100 entreprises les plus influentes du monde. Pour la première fois, une compagnie de cannabis apparait dans ce top 100!
    Qui est cette compagnie?

    SFX

    Curaleaf.
    Curaleaf existe depuis 2010 et opère 26 sites de cultures et 128 dispensaires dans 23 États différents avec 5 600 employés.

    «Le fait d’être reconnu comme l’une des entreprises les plus influentes du monde par Time confirme une fois de plus que notre travail permet de briser la stigmatisation de la plante, de construire une industrie équitable et passionnante, de lancer de nouveaux produits innovants pour une large base de consommateurs et de soutenir concrètement les communautés que nous servons», a déclaré Joe Bayern, PDG de Curaleaf US, dans un communiqué.

    Le futur est déjà là!
    Pas au Québec, mais un jour peut-être.
    1
    Et voila, c’était le 99e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com.
    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez!
    Bonne semaine.
    Beaucoup de bienêtre.
    Et bon chanvre!

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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    #120 Pot flânage (2022.09.28)

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    #119 Pot flânage! (2022.09.21)

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    #118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

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    #117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

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    #116 Docteur, mon chat peut-il consommer du cannabis?

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    #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

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    OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit :  Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis? Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois...

    Transcription de l'épisode

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

    Mythe #1 

    OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

    Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

    Les Odeurs de l’argent

    L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

    Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

    L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

    Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

    Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

    Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

    De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

    Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

    Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

    Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

    Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

    Mythe #2

    Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

    C’est faux évidemment. 

    Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

    Les quatre configurations canadiennes  

    La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

    La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

    L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

    Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

    Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

    J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

    Premier exemple

    Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

    Deuxième exemple

    Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

    (insérer lien pour épisode précédent de toPot)

    Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

    Le backdoor!

    C’est adorable…

    Mythe #3

    • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

    Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

    Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

    Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

    Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

    Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

    Même en Europe!

    Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

    La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

    Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

    Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

    Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

    Non.

    En est-elle tributaire?

    Oui.

    Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

    Contrat d’adhésion

    Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

    Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

    «Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

    La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

    Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

    Mythe #4

    • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
    • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
    • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

    Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

    Stationnement

    Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

    Attention!

    Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

    Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

    Allez!

    Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

    OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

    Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

    Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

    L’exemple perso!

    Je me permets un exemple personnel. 

    J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

    Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

     J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

    Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

    Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

    Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

    Et mes obligations à moi? 

    Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

    Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

    Les procédures!

    Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

    Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

    C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

    Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

    Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

    OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

     Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

    Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

    Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

    Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

    Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

    Mythe #5

    OK. 

    On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

    Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

    Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

    Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

    Le gars qui sait!

    Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

    Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

    Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

    À cause de Daniel Blackburn. 

    Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

    Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

    Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

    J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

    N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

    #98 Deux visages de la lutte aux parasites

    #98 Deux visages de la lutte aux parasites

    Alors que la plupart des gens éprouvent du dédain pour les insectes, Camille est attiré par eux. Son entreprise, Lady Bug Phytoprotection, fait de la gestion intégrée pour les producteurs autorisés dans l’industrie du cannabis, mais elle offre aussi ses services à M et Mme tout le monde.

    Lady Bug est une entreprise spécialisée dans la lutte antiparasitaire avec des techniques de contrôle biologique qui utilise des prédateurs naturels et des produits antiparasitaires approuvés par Santé Canada.

    Mais comment devient-on Lady Bug?

    Liens de l’épisode

    Groupe de discussion Facebook : Lady Bug Phytoprotection https://www.facebook.com/groups/378994473265000

    Page Facebook de l’entreprise 

    https://www.facebook.com/ladybugphytoprotection

    Instagram : ladybug.mtl

    https://www.instagram.com/ladybug.mtl/

    Chaîne Youtube

    https://www.youtube.com/channel/UCWzRfuc9EXIKdaimsGT2qkA

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

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    #97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

    #97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

    L’irradiation est une technologie. Un outil pour certaines taches. Rien de plus.

    Mais pourquoi est-il impossible de savoir si nos produits de cannabis préférés à la SQDC sont irradiés?

    Pourquoi le logo de l’irradiation, le radura, est-il absent des étiquettes de tous les produits vendus au Canada?

    On tente de faire le tour de la situation en explorant les alternatives disponibles et en faisant une petite enquête!

    L’irradiation n’est ni un remède ni une garantie.

    Bonne écoute!

     

    Liens de l’épisode

    Research looks at effects of irradiation on cannabis

    Quelles variétés de cannabis de la SQDC préférez-vous?

    Cannabis Irradiation: Canada’s Hot Topic

    THE SCIENCE OF IRRADIATION

    The effect of cannabis dry flower irradiation on the level of cannabinoids, terpenes and anti-cancer properties of the extracts

    Irradiation des aliments

    Ce qu’il faut savoir sur l’irradiation du cannabis

    Plasma treatment as an alternative to cannabis irradiation

    Effects of cold plasma, gamma and e-beam irradiations on reduction of fungal colony forming unit levels in medical cannabis inflorescences

    Effects of cold plasma, gamma and e-beam irradiations on reduction of fungal colony forming unit levels in medical cannabis inflorescences

    Maladies d’origine alimentaire

    Comparison between eb, gamma, and x-rays facilities for radiation processing

    Innodal

    DES PROCÉDURES À GÉOMÉTRIE VARIABLE

    OGM Québec

    Cell phone popping popcorn!

    Transcription de l'épisode 97

    #97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

    INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot…  votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous ! 

    Mise en garde (en accéléré…)

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ?

    Aujourd’hui on discute des produits irradiés qui sont vendus à la SQDC. 

    Existe-t-il un problème de cannabis irradié de la SQDC?

    Et si oui, de quelle nature?

    Quoi, vous ne saviez pas que les producteurs autorisés utilisent l’irradiation? 

    C’est un peu normal que vous ne le sachiez pas…

    On va y revenir.

    Alors ensemble pour tenter de comprendre la situation, on va faire le tour de ce questionnement.

    Pourquoi les producteurs autorisés utilisent-ils l’irradiation?

    Quels sont les avantages pour eux? Et pour vous, il y en a des avantages?

    Quelle est la position de la SQDC dans ce débat?

    Etc.?

    Alors, par où commencer? 

    Peut-être par le traitement journalistique initial au Québec. 

    La première fois que les Québécois et les Québécoises peuvent lire un texte qui évoque l’irradiation du cannabis, c’est le 4 janvier 2019 dans un article d’Annabelle Blais du Journal de Montréal. Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode. 

    À l’époque il y avait seulement 47 variétés de fleurs à la SQDC et déjà l’irradiation était au coeur de la discussion sur la qualité des produits. Mme Blais sollicite dans son article l’avis de José Martinez qui dit et là je cite l’article texto:

    «Ça tue les bactéries, mais attaque aussi l’intégrité des terpènes», déplore José Dominguez, qui est un maître cultivateur.

    Quelques jours plus tard, le concurrent La Presse donne la parole à un américain qui affirme que l’irradiation n’est pas une bonne idée. Donc, on positionne d’emblée l’irradiation au centre de la discussion sur les qualités organoleptiques du cannabis. Dans un ouvrage intitulé Le Petit Livre vert du cannabis publié en 2018, les journalistes de La Presse  et auteurs du livre Tristan Péloquin et Philippe Mercure évitent le sujet. C’est très surprenant. Je vais y revenir plus tard pour expliquer autre chose.

    Et si on commence par simplement comprendre, c’est quoi l’irradiation?

     

    Hein, pourquoi ne pas essayer de comprendre précisément ce qu’est l’irradiation? 

    Pour ne pas faire compliqué, on commence avec les explications de la SQDC

    L’irradiation, peut-on lire sur son site, est le procédé par lequel on expose un produit à des rayons (généralement gamma ou rayon X), dans le but d’éliminer les bactéries, de prévenir la contamination et la moisissure et ainsi, de prolonger le temps de conservation.

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, salut, tu vas bien?

    Qu’est-ce que je disais?

    Ah oui, c’est quoi l’irradiation?

    Vous avez un four microonde?

    Pas moi. J’ai une bouilloire. 

    Et je fais mon popcorn à l’air chaud ou dans un chaudron familial qui a  au moins 80 ans…

    Donc le four microonde est inventé en 1947 par un chercheur américain. Le gars travaillait sur des technologies de radar quand il s’aperçoit que tout fond autour de lui. Après plusieurs développements technologiques, en 2022, le four microonde a perdu en popularité sauf dans la restauration ou il est toujours très utilisé. De plus en plus en fait. Ma belle m’a raconté que lors de son dernier voyage en France, elle a vu une petite affiche dans la fenêtre d’un restaurant qui disait Cuisine faite maison

    Que ce soit dans votre microonde ou dans un centre de traitement du cannabis, un rayonnement, c’est de l’énergie sous forme d’ondes invisibles.  Il existe plusieurs types d’irradiation. On va y revenir. 

    Mais il est important et utile de contextualiser la dangerosité du cannabis en la comparant aux intoxications alimentaires avant d’aller plus loin.

    Santé Canada explique que les maladies d’origine alimentaire, les empoisonnement ou intoxication alimentaire surviennent lorsqu’une personne tombe malade à la suite de l’ingestion de nourriture contaminée par un microorganisme nuisible, qu’il s’agissent de bactéries, de parasites ou de virus. 

    Pensez à ce que représente le danger de manger… 

    Quand avez-vous été malade la dernière fois après avoir mangé un plat transformé ou une salade? Et bien, c’est 4 millions de personnes qui chaque année vont être victimes d’une intoxication alimentaire. 4 millions. Juste pour le Canada.

    Hey merci MJ!

    Cela représente 240 morts par an.

    11 500 hospitalisations.

    Combien de rappels alimentaires? Entre 60 et 80…

    Voici quelques chiffres:

    Juste pour nous donner une perspective, l’irradiation commence en 1958 aux États-Unis.

    L’industrie du cannabis, comme toutes les autres industries canadiennes ont des obligations et un devoir de protection. Mais ses dangers intrinsèques sont toujours évoqué de façon spectaculaire. Une simple comparaison avec l’industrie de la transformation alimentaire permet de relativiser cette vision apocalyptique.

    Revenons à l’irradiation. Dans un contexte plus large, cette technique et ses variations ont beaucoup d’autres usages. L’irradiation sert à stériliser les instruments médicaux ou à zapper certains cancers. Dans l’industrie alimentaire, l’irradiation est vraiment employée à toutes les sauces pour réduire les risques de contamination tout en augmentant la durée de vie des produits. 

    La SQDC affirme ensuite que et la, je cite texto, Contrairement à la croyance populaire, la pratique d’une irradiation réglementée ne dégrade pas la qualité du cannabis. Elle réduit plutôt les risques de contamination, pour les produits et pour les consommateurs. 

    L’humidité de la fleur ne serait pas modifiée par l’irradiation, mais réduirait un peu la présence de certains terpènes. Comme tout le monde, la SQDC cite l’étude de Arno Hazekamp réalisé en 2016. Au final, ce sont les exigences de Santé Canada qui dirigent les actions des producteurs autorisés afin de satisfaire à ces dernières. Donc certains PA irradient tous ce qu’ils produisent. D’autres se contentent de faire traiter uniquement certaines récoltes problématiques. Enfin, certains grâce à leur méthode de production efficace n’ont pas besoin d’irradier leur production. 

    Parce que le mot irradiation fait penser à l’énergie atomique, la SQDC consacre un petit chapitre à l’absence de dangerosité du processus pour les humains, quelque soit sa consommation de cannabis. Elle conclut en affirmant ce qui suit:

    Les producteurs de cannabis utilisent l’irradiation pour les mêmes raisons que les producteurs agroalimentaires : pour détruire les bactéries, les moisissures et les levures potentielles, et pour lutter contre une éventuelle infestation de parasites. Pour les producteurs, cette méthode constitue le moyen le plus efficace de respecter la réglementation stricte de Santé Canada en matière de sécurité des produits.

    Pour en savoir davantage au sujet de l’utilisation de l’irradiation sur les produits que vous consommez, vous pouvez communiquer avec nos fournisseurs accrédités.

    L’irradiation ne sert pas que dans le domaine de l’alimentation ou dans le cannabis.

    L’irradiation, c’est aussi la stérilisation des objets. Pensez à un scalpel…ou à une sonde.

    Il y a quelques années, une enquête journaliste a révéler que certaines sondes qui devaient servir une seule fois étaient systématiquement réutilisées… après irradiation évidemment.

    L’irradiation sert dans de nombreux traitements contre le cancer.

    Il y a aussi des applications industrielles. Dans l’industrie de la joaillerie, on utilise l’irradiation pour transformer la couleur de certaines pierres précieuses comme la topaze. Je ne savais pas…

    En passant, votre téléphone aussi émet des radiations… Mais pas assez forte pour souffler votre, mais, c’est sur.  

    Ohohohohoh. Je retire ce que je viens de dire. Par curiosité, je me suis dit, est-ce possible de faire éclater du maïs avec plusieurs téléphones? La réponse est oui. Avec un seul téléphone? Oui aussi. Les curieuses vont trouver un vidéo dans les notes…

    OK.

    En 2022, quels sont les produits alimentaires qui peuvent être légalement irradiés? 

    Le site de Santé Canada précise que seuls les pommes de terre, les ognons, le blé, la farine, la farine de blé entier, les épices entières et moulues ainsi que les assaisonnements déshydratés. Le cannabis ne fait pas partie de cette liste.

    Mais l’irradiation n’est pas obligatoire et  reste un choix du producteur alimentaire. Est-ce que tous les cas d’intoxications sont causés par des produits irradiés, non irradiés ou mal irradiés? Impossible de savoir. Pour moi en tout cas.

    Là où ça devient intéressant, c’est que les produits irradiés doivent être signalés par le symbole international de l’irradiation. Mais ce n’est pas tout…l’étiquette doit mentionner le produit irradié. Si l’ingrédient irradié constitue plus de 10% du produit final, il sera mentionné comme irradié sur l’étiquette. Par exemple, imaginons un produit qui contient 10 ingrédients irradiés. Parmi ces 10 ingrédients, un seul fait moins de 10% du produit final. Alors l’étiquette devra mentionner les neuf autres comme étant irradiés en plus d’afficher le radura…

    Le radura est le nom officiel du logo qui signale l’irradiation.

    En soi, l’irradiation n’est pas une garantie. Il s’agit d’une mesure de réduction des risques. Si votre pot a un mauvais gout avant l’irradiation, il aura un mauvais gout après l’irradiation. Et ainsi de suite.

    Dans la vraie vie, on ne peut pas zapper n’importe quoi, n’importe comment. 

    Au Canada, c’est l’Agence canadienne d’inspection des aliments, l’ACIA, qui gère l’application des règles qui soutiennent la Loi sur les aliments et drogues.

    C’est le Règlement sur les aliments et drogues qui s’occupe de toute la poutine comme les types et sources de rayonnement approuvés et le protocole du traitement. 

    Quoi?  

    Il y a plusieurs sortes d’irradiations? 

    Et oui… 

    Et les producteurs autorisés ont leurs préférences. Au Canada, il y a 3 sources de radiation approuvées pour dans le domaine alimentaire. Les faisceaux d’électrons, les rayons X et les rayons gamma…

    Les rayons gamma proviennent du Cobalt 60 ou du Césium 137. Ils sont utilisés couramment pour stériliser les produits médicaux, dentaires et ménagers et sont également utilisés pour le traitement du cancer par rayonnement.

    Les rayons X que tout le monde connait sont une réflexion d’un flux d’électrons, une sorte de rayonnement électromagnétique comme la lumière, mais avec une longueur d’onde plus petite qui lui permet de traverser la matière.

    Finalement le faisceau d’électrons ou e-beam qui est similaire aux rayons X. 

     Mais les 3 technologies offrent des avantages et des inconvénients discutent. 

    Donc dans un monde parfait, chaque facilité devrait offrir les 3 solutions pour faire face à chaque type d’usage. J’ai trouvé une étude qui date de 2020 qui démontrerait que les faisceaux d’électrons seraient la meilleure solution pour le cannabis car elle couterait moins cher et serait plus facile à utiliser que les rayons gamma… En fait, chaque source à ses particularités physiques. Les faisceaux d’électrons sont unidirectionnels et fonctionnent bien une boite à la fois sur un système de convoyage simple. Les rayons X peuvent traiter plusieurs objets sur un système de convoyage élargi, mais le traitement est plus lent qu’avec les faisceaux d’électrons. Finalement, les rayons gamma émettent dans toutes les directions. Cela permet d’utiliser une dose plus faible pour traiter plusieurs objets, boites ou contenants sur des systèmes de convoyages complexes.  J’ai trouvé un document fascinant d’une centaine de pages qui fait le tour de la question. Son titre est Comparaison entre les installations de traitement des rayonnements Eb, gamma et rayons X. Il y a un lien dans les notes de l’épisode.

    Toute l’industrie du cannabis utilise une recherche, la même que celle mise de l’avant par la SQDC, pour prouver que l’irradiation est une bonne solution pour le cannabis.  

    Il s’agit d’un papier d’Arno Hazekamp.  Hazekamp, né en 1976, est un néerlandais qui s’est créé une belle réputation en travaillant avec la société Bedrocan en Hollande. Il a déjà 61 publications derrière la cravate. Une licence en biologie moléculaire, une  maitrise en sciences biopharmaceutiques et une thèse publiée en  2007 sur l’utilisation médicale du pot. En 2016 Hazekamp décide de s’intéresser aux effets de l’irradiation du cannabis avec les rayons gamma. Ses conclusions sont claires: 

    1. L’irradiation n’affecte pas la qualité des fleurs de cannabis.

    2. L’irradiation ne rend pas le cannabis plus sec.

    3. Les terpènes souffrent de l’irradiation, mais leurs profils restent facilement identifiables.

    Cette recherche confirme des résultats similaires obtenus avec de la coriandre quelques années plus tôt. Avec le pragmatisme des Bataves, Hazekamp affirme que cette perte de terpènes causée par l’irradiation correspond à une perte similaire quand on laisse une fleur de cannabis sur le comptoir de sa cuisine pendant une semaine. Si vous procédez à la décarboxylation de votre stock avant de le fumer, il y a de fortes chances que vous avez fait disparaitre des terpènes. 

    La bonne nouvelle ? 

    Si l’irradiation détruit certains terpènes, aucun nouveau composé n’est formé donc aucune dégradation qui produirait des nouveaux composée. On peut parler d’une simple évaporation des terpènes.

    J’ai déjà écouté Hazekamp discuter de cannabis… Il est brillant. Mais, mais , mais, rappelons que Hazekamp travaille pour Bedrocan, le géant du cannabis médical qui utilise largement l’irradiation. Je ne dis pas que le chercheur est de mauvaise foi. Je dis qu’il ne nomme aucun conflit d’intérêts dans sa recherche, ce qui est discutable en soi. Pas la personne. Le contexte.

    Comme toute l’argumentation de la SQDC ou de l’industrie repose sur cette recherche unique, je vais mettre sur pause pendant quelques secondes pour prendre un peu de recul…

    Le Canada a légalisé le cannabis en se basant sur de multiples études. En même temps, la France se sent obligée, malgré les tonnes de recherches publiées, la France donc se sent obligée de procéder à ses propres recherches. Et hop on part pour une expérimentation de trois ans afin de  vérifier que les Canadiens ne se sont pas trompés. Chaque pays semble vouloir faire ses propres recherches malgré tout ce que l’on sait déjà. C’est bien. 

    Le Québec fait la même chose avec le gouvernement actuel qui va financer des recherches pour démontrer la dangerosité du cannabis. J’en ai parlé dans l’épisode #78 intitulé Balade dans la tête du législateur. Voici ce que je disais:

    Le but ultime du programme de recherche proposé est clair: il vise à améliorer les connaissances sur la consommation de cannabis à des fins non médicales dans une perspective de prévention et de réduction des méfaits.

    On ne tente absolument de comprendre les bienfaits du cannabis. Ici, le gouvernement ne s’intéresse qu’à la dangerosité du cannabis. Aucunement à ses  bienfaits. C’est la vie, c’est comme ça. 

    OK. Ça prend beaucoup de recherches pour prouver ce que tout le monde sait. Ça prend beaucoup, beaucoup, beaucoup de recherches dans beaucoup, beaucoup, beaucoup de pays.

    Mais ici,  on a une étude, une seule étude, publiée par un scientifique qui utilise commercialement la solution qui est le sujet de son étude. 

    Précaution oratoire. J’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de respect pour Bedrocan qui s’est retiré du marché canadien qu’il trouvait trop tout croche et pour Hazekamp, un vrai phare dans son genre. 

    Mais d’un côté, il faut faire des recherches pendant des années, les mêmes recherches d’ailleurs, mais ici, comme ça, par hasard, une seule étude doit suffire pour faire taire ceux et celles qui ont des doutes. L’étude est publiée en 2016. Pourquoi personne ne s’intéresse aux autres recherches sur le même sujet? Je vous donne un exemple, un seul exemple. Une recherche de 2020. Une recherche menée avec une licence de Santé Canada. Une recherche sans accroc éthique. Le titre original The effect of cannabis dry flower irradiation on the level of cannabinoids, terpenes and anti-cancer properties of the extracts.

    Ma traduction: L’effet de l’irradiation de la fleur sèche de cannabis sur le niveau des cannabinoïdes, des terpènes et des propriétés anticancéreuses des extraits.

    Les chercheurs ont testé 4 variétés de cannabis. Après irradiation, les cannabinoïdes et les terpènes ont été testés.

    L’irradiation des fleurs a entrainé une augmentation du niveau de cannabinoïdes. 

    On a également constaté une augmentation de la teneur en terpènes chez certains cultivars. 

    Si on arrête là, on peut de dire, mais c’est merveilleux l’irradiation si elle permet une augmentation du niveau de THC… MAIS, MAIS, MAIS… La recherche démontre que l’irradiation des fleurs a modifié les propriétés anticancéreuses de trois des quatre extraits testés.

    Et là je vais citer texto une partie de la conclusion de l’étude: 

    L’analyse de l’effet antiprolifératif des extraits sur plusieurs cellules cancéreuses a également révélé des changements dépendant du cultivar. Cela peut potentiellement poser un problème si les propriétés médicinales de cultivars spécifiques ont été étudiées avant l’irradiation et que le produit effectivement utilisé pour traiter les patients a été fabriqué à partir de tissus irradiés. Notre recherche met en évidence ce problème potentiel qui peut être évité en étudiant les propriétés médicinales d’un cultivar de cannabis donné après l’irradiation des fleurs. 

    Vous réalisez l’importance de la conclusion? L’irradiation détruit les propriétés anticancérigènes des fleurs irradiées… C’est immense. C’est très perturbant comme résultat de recherche. Une étude, je le répète, effectuée avec une licence de recherche octroyée par Santé Canada. 

    J’en entends dans le fond du café qui se moque en disant: OUINN Luc, c’est juste une recherche. Une seule recherche… 

    Voyez la situation dans laquelle on se retrouve?

    D’un côté, les autorités justifient l’irradiation sur la base d’une seule recherche. Une bonne recherche. Une belle recherche. Avec Bedrocan et Hazekamp, une gang de génie. Une gang de génie qui utilise l’irradiation pour survivre commercialement.

    De l’autre côté, une recherche canadienne qui prouve que l’irradiation nuit à certaines propriétés médicales du cannabis. Mais ce n’est pas tout. Imaginons qu’on producteur québécois réussisse à produire une fleur qui flirte avec la limite de 30% de THC. Et bien, si ce PA fait irradier ses fleurs, il pourrait théoriquement se retrouve avec du stock qui serait au-delà de la limite permise et pourrait être obligé de reprendre sa production qui serait refusée par la SQDC… 

    Alors on fait quoi quand plus de 80% des producteurs autorisés canadiens font irradier leur production?

    Une étude de 2016 dit que l’irradiation, c’est du bonbon et une autre de 2020 qui dit que l’irradiation détruit certaines propriétés du cannabis… On fait quoi? 

    La première question qui me vient à l’esprit? Quelles sont les alternatives?

    Oui, il y a des alternatives… Les traitements au plasma par exemple.

    Les supporteurs de cette technologie affirment que l’irradiation pour tuer le méchant dans les cocottes de pot, c’est comme utiliser un bazooka pour tuer une mouche. Pourquoi traiter tout le matériel biologique quand la contamination n’existe qu’à la surface des fleurs? Pourquoi irradier quand on sait que certains pays européens interdisent cette pratique? 

    Ici l’idée est stérilisée sans irradier. Et c’est possible avec le plasma.

    • En biologie, le plasma est une Partie liquide du sang au sein de laquelle les cellules sanguines sont en suspension. En physique, le plasma est un état de la matière portée à très haute température, composé de molécules gazeuses, d’ions et d’électrons. Ainsi un gaz peut être transformé en plasma.
    • Il y a aussi du plasma dans le vaisseau Entreprise de la série Star trek. 
    • Ma belle et moi on s’amuse souvent à reprendre la séquence d’un épisode ou le capitaine crie PLASMA VENTING après avec été frappé par une torpille quantique. Le capitaine Picard si ma mémoire est bonne…
    • Un traitement au plasma ne pénètre pas profondément le cannabis. Il agit uniquement en surface pour tuer  les bactéries  et microbes sans toucher le reste de la fleur. Si la technologie est complexe, son utilisation ne nécessite pas un doctorat… C’est aussi simple que de mettre une pizza au four. Ou comme faire chauffer de l’eau dans un four microonde/.
    • Tu ouvres la porte, tu places ton stock et tu choisis le programme et hop tu attends la sonnerie. Comme sur tous les nouveaux fours, tu peux choisir un programme qui autonettoie l’appareil après un traitement pour éviter de contaminer la fournée suivante. 
    • Voilà une alternative intéressante. Il y en a d’autres.
    • J’ai découvert une société québécoise qui s’appelle Innodal. Innodal offre une nouvelle gamme de solutions antimicrobiennes. J’ai écouté un court vidéo sur YouTube et j’ai décidé d’appeler la compagnie pour en savoir plus. Vous auriez dû me voir au téléphone quand j’ai reconnu la voix du gars qui faisait la démonstration dans le vidéo. C’était Laurent Daillaire, le grand boss, qui a répondu… On a eu une longue discussion et il m’a dit qu’Innodal avait pensé explorer les problématiques spécifiques à l’industrie du cannabis. La solution qu’il propose utilise des peptides qui ne produisent aucune modification de la composition de l’aliment ou de ses propriétés organoleptiques. C’est aussi une solution facile à installer et à utiliser qui permet un

    dosage précis dans un environnement de Grade alimentaire.  Une telle solution pourrait facilement être installée chez le producteur autorisé, ce qui évite des frais de transport et de manutention, entre autres. 

    Ça, c’est une solution québécoise.

    •  

    Si on veut intervenir encore plus en amont, on peut regarder ce que fait un producteur autorisé comme Flowr qui a décidé d’offrir un produit sans irradiation pour se différencier de la compétition en développant des systèmes de culture intégrés dans des environnements hypercontrôlés pour faire pousser des cultivars de qualité supérieure.  Évidemment, ils ne sont pas les seuls à être capables de produire de fleurs non irradiées. Il y a aussi des producteurs québécois qui réussissent le même exploit. Juste Feu est un bel exemple chez les maitres cultivateurs. Il y a peut-être des PA avec une licence standard qui procèdent de façon similaire. Si vous en connaissez, faites-moi signe. 

    En 2020, une fleur non irradiée peut être un différenciateur important. Malheureusement, il est impossible de savoir si un produit est irradié quand on achète à la SQDC… Pourquoi? C’est là que la situation devient intéressante.

    J’ai écrit à la SQDC pour bien comprendre la situation. Dans mon courriel, je mentionne l’obligation pour les produits irradiés d’être clairement identifiés par le sceau, / appelé radura qui porte la mention bilingue Irradié/irradiated…

    Dans le même courriel à la SQDC, je rappelle l’article de Tristan Péloquin de La Presse dont j’ai parlé au début de l’épisode

    Dans son texte du 22 janvier 2018 intitulé Des procédures à géométrie variable, soit 8 mois avant l’adoption des textes définitifs de la Loi sur le cannabis  M. Péloquin dit ceci:

    Bon à savoir : l’emballage doit indiquer que les produits sont irradiés, au moyen d’un logo et d’une mention. Le cannabis irradié devrait donc s’afficher ainsi. 

    J’ai donc demandé à M. Fabrice Giguère  de m’expliquer les raisons pour lesquelles ce logo est absent de tous les produits irradiés vendus à la SQDC. 

    Dans le fond du café, je viens d’entendre c’est comme ça partout au Canada… Ce n’est pas mieux… 

    Avant de partager avec vous les éléments de réponse du porte-parole de la SQDC, je veux simplement préciser que les fleurs de cannabis ont toujours été depuis le début de l’humanité, un produit comestible. Que ceux et celles qui ne se sont jamais fait une tisane d’herbes lèvent la main… 

    Pas une main de levé ici…

    D’ailleurs je viens de vérifier qu’un produit qui s’appelle Tisane Lavande Camomille de la compagnie Everie est disponible à la SQDC. Il s’agit officiellement d’une infusion selon la description officielle sur le site du pusher d’État. 

    Je vous cite maintenant texto la première partie de la réponse de M. Giguère de la SQDC:

    Tout d’abord, sachez que le cannabis comme tel n’est pas catégorisé comme un produit comestible. Le cannabis comestible est l’une des grandes familles de produits de cannabis. Ce n’est pas parce que l’on peut théoriquement manger une fleur séchée qu’il s’agit d’un produit de cannabis comestible aux yeux de la loi. Cependant, nous pouvons en faire des produits comestibles qui sont définis comme suit dans le Règlement sur le cannabis de Santé Canada : 

     

    « Substance ou mélange de substances qui contient, y compris superficiellement, une chose visée aux articles

    1 ou

    3 de l’annexe 1 de la Loi et qui est destiné à être consommé de la même manière qu’un aliment. Sont exclus de la présente définition le cannabis séché, le cannabis frais, les plantes de cannabis

    et les graines provenant de telles plantes. » 

    Fin de la citation.

    En retirant les fleurs à fumer de la catégorie des produits comestibles, il devient donc normal que les producteurs autorisés n’aient plus l’obligation d’utiliser le radura et les mentions écrites sur l’étiquette.

    M. Giguère me fait ensuite remarquer que l’article de Péloquin précède de plusieurs mois l’adoption du texte final de la Loi sur le cannabis de 2018 et qu’il n’est peut-être plus à jour.

    Évidemment, je le savais. 

    J’espérais que la SQDC apporterait des informations supplémentaires pour éclairer les changements de dernières minutes adoptés par le législateur canadien. 

    Il est possible de consulter les échanges entre les élus au moment des négociations sur les éléments de langage finaux, mais je n’ai pas eu le temps. On peut penser que les lobbyistes du cannabis ont négocié cet aménagement sémantique qui simplifie leur travail au niveau de l’étiquetage. Entre autres.

    Nous sommes ici, je crois, dans une guerre classique de l’étiquette. Je vous donne un exemple ridicule, mais très parlant. 

    Vous avez déjà utilisé un aérosol d’huile comme PAM? C’est un contenant rempli d’huile végétale et sur l’étiquette, c’est écrit qu’une portion de ce produit, un pussshhhttt à la fois, contient zéro calorie. Le contenant est plein d’huile et le pussshhhttt de base représente zéro calorie. Comment est-ce possible? 

    Facile, tu t’arranges pour que la dose de ton produit soit inférieure à la dose minimale reconnue par SC. Tu calibres avec tes ingénieurs le pussshhhttt idéal qui va faire moins que la dose minimale reconnue par Santé Canada. Et hop ton pussshhhttt contient maintenant zéro calorie et les gens qui suivent des régimes aiment ton produit car chaque pussshhhttt contient zéro calorie. Alors 20 pussshhhttt égales 20 fois zéro. Donc on peut en toute sécurité consommer le contenant au complet sans prendre une seule calorie.

    La prochaine fois que vous passez dans cette rangée au supermarché, vous pourrez penser à toPot…

    Parce qu’il est très professionnel, M. Giguère termine son message en me disant

    Si vous désirez avoir plus de détail sur les raisons qui justifient cette règlementation ou pourquoi les fournisseurs prennent la décision de ne pas indiquer que leurs produits sont irradiés sur leur étiquettes, je vous invite à contacter directement Santé Canada ou différents producteurs qui seront mieux placés pour expliquer leurs décisions.  

    Je remercie M. Giguère et la SQDC pour leur aide dans mes démarches pour vous expliquer l’absence du radura sur les étiquettes de vos produits préférés.

    J’ai tenté de discuter avec quelques acteurs canadiens dans le monde de l’irradiation. Au Québec, j’ai laissé un message à une compagnie situé à Laval. Une compagnie avec un beau site unilingue anglais. On ne m’a pas rappelé. C’est mon erreur. J’ai laissé un message uniquement en français. 

    IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

    OK. Je me ramasse.

    J’ai aussi discuté avec Gordon R. Dobrindt du labo Steris en Ontario et Nina Ackah qui est la personne responsable de la qualité des produits chez le PA Freedom cannabis. J’attends des réponses. 

    Ma compréhension du texte de Péloquin, le gars de La Presse, est que le législateur a changé d’avis entre le 22 janvier et le moment de l’adoption du texte final. Je cherche à confirmer cette hypothèse et la réponse de la SQDC ne nous a pas éclairés à ce sujet. Aucunement. Mais ce n’est pas son mandat.

    Alors on va conclure du mieux que je peux.

    Les terpènes qui réagissent le plus à l’irradiation sont les monoterpènes. On parle de pertes qui peuvent varier entre 10 et presque 40%. Cette perte a été comparée à la perte qui se produit quand on entrepose son cannabis dans un sac de papier selon une étude de 1996. On sait aussi que les effets de l’irradiation sur un terpène en particulier peuvent varier en fonction de différents cultivars. C’est peut-être une conséquence non documentée de l’effet d’entourage. Est-ce que le gout et l’odeur des fleurs peuvent être modifiés par l’irradiation? On n’a pas encore de preuves formelles même si on sait que les terpènes sont affectés.

    Par contre, ce qui est clair, c’est que l’irradiation ne remplace pas de bonnes procédures normalisées de production. L’absence de ces procédures est une invitation au désastre et à des couts de production plus élevés.

    D’ailleurs, un aliment ou une fleur qui a été irradié et identifié comme tel n’est pas un gage d’absence de danger. Pourquoi? Parce qui si vous envoyez vos fleurs sur des palettes, vous allez devoir les conditionner après l’irradiation. Et il est possible de les recontaminer. Non seulement c’est possible, mais ça arrive souvent. Des fleurs irradiées dans le meilleur labo au monde peuvent être manipulées ensuite par des cabochons dans des conditions d’insalubrités totales.

    J’ai pris le temps d’écouter un webinaire organisé par l’association C-45 dont j’ai parlé ici deux ou trois fois. Voici ce que j’ai retenu des trois spécialistes, Nina Ackah, Gordon Dobirndt et Raj Mattu. 

    1)

    Irradier un produit ne veut pas dire qu’il était mauvais au départ. 

    2)

    Plus votre produit reste longtemps dans les étagères, plus le danger augmente. Surtout si vous ajoutez des boveda pour humidifier votre produit.

    3)

    Dans un monde idéal, on n’irradie pas les fleurs pour régler un problème. L’irradiation devrait être perçue une mesure de sécurité supplémentaire.

    Dans les bruits de couloirs et autour des moulins à rumeurs, les histoires d’irradiation qui ont mal tourné sont nombreuses. Trop nombreuses. L’épisode d’aujourd’hui nous a à peine permis d’entrouvrir une fenêtre sur cette pratique qui semble être souvent utilisée comme une béquille plutôt qu’un remède précis.

    Je pense que les consommateurs ont droit à plus d’égard. Et à défaut d’une déférence de bon aloi, je crois que le consommateur a droit à de l’information.

    Dans ma tête, beaucoup de questions persistent et si je trouve des réponses, je les partagerai dans de futurs épisodes. Forcément, nous reviendrons sur l’irradiation.

    Est-ce que le fait de catégoriser comme des produits non comestibles les fleurs destinées à être fumées est le résultat du lobbying de l’industrie du cannabis? 

    Si la catégorisation des fleurs à fumer comme produits non comestible n’est pas le fait de pression de l’industrie du cannabis, une nouvelle question surgit… Si l’irradiation est un procédé est si merveilleux et bénin, pourquoi les producteurs autorisés ne sont-il pas fiers d’apposer le radura, le logo de l’irradiation sur leurs étiquettes? Cela serait une façon subtile de dire aux consommateurs: on vous aime tellement qu’on réduit nos profits afin de vous faire bénéficier d’un peu d’irradiation. 

    Pourquoi obliger les consommateurs à contacter le PA pour savoir si ses fleurs sont irradiées? À défaut d’être une mention obligatoire sur l’étiquette, les commis de la SQDC devraient pouvoir communiquer cette information au consommateur. 

    Finalement, est-ce que les PA qui n’irradient pas leurs fleurs devraient créer leur propre logo pour confirmer sur les étiquettes l’absence d’irradiation qui signalera plus de terpènes?

    Nous sommes ici dans une situation qui rappelle la présence des organismes génétiquement modifiés sur les étiquettes. Voici ce que dit le site OGM Québec :

    Pour l’instant, il n’existe au Canada aucune norme particulière visant à rendre l’étiquetage obligatoire pour les aliments avec OGM. 

    On est en 2022.

    C’est plate, mais c’est plus facile de savoir ce que tu mets dans le moteur de ta voiture que ce que tu mets dans ton corps…

    Et voilà, c’était le 97e épisode de toPot.

    Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire: lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre !

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    Transcription de l'épisode

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

    Mythe #1 

    OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

    Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

    Les Odeurs de l’argent

    L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

    Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

    L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

    Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

    Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

    Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

    De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

    Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

    Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

    Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

    Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

    Mythe #2

    Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

    C’est faux évidemment. 

    Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

    Les quatre configurations canadiennes  

    La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

    La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

    L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

    Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

    Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

    J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

    Premier exemple

    Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

    Deuxième exemple

    Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

    (insérer lien pour épisode précédent de toPot)

    Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

    Le backdoor!

    C’est adorable…

    Mythe #3

    • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

    Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

    Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

    Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

    Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

    Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

    Même en Europe!

    Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

    La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

    Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

    Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

    Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

    Non.

    En est-elle tributaire?

    Oui.

    Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

    Contrat d’adhésion

    Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

    Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

    «Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

    La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

    Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

    Mythe #4

    • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
    • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
    • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

    Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

    Stationnement

    Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

    Attention!

    Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

    Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

    Allez!

    Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

    OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

    Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

    Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

    L’exemple perso!

    Je me permets un exemple personnel. 

    J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

    Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

     J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

    Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

    Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

    Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

    Et mes obligations à moi? 

    Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

    Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

    Les procédures!

    Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

    Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

    C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

    Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

    Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

    OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

     Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

    Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

    Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

    Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

    Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

    Mythe #5

    OK. 

    On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

    Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

    Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

    Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

    Le gars qui sait!

    Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

    Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

    Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

    À cause de Daniel Blackburn. 

    Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

    Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

    Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

    J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

    N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

    #96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

    #96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

    Julien Raymond est le maitre cultivateur de Juste Feu, un producteur autorisé québécois détenteur d’une licence de microproduction octroyée par Santé Canada. Julien est aussi un des deux propriétaires avec son associé et ami d’enfance, Philippe Bédard.

    Juste Feu est le producteur autorisé du fameux Runtz bio distribué sous la marque Hatrick à la SQDC.

    J’ai posé des tonnes de questions à Julien. Ses réponses sont clairs et précises. Cet épisode distribué originalement sur YouTube est le premier d’une série qui va nous permettre de voir la vie d’un artisan du cannabis québécois.

    Bonne écoute!

    Transcription de l'épisode 95

    À venir!

    #111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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    Transcription de l'épisode

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

    Mythe #1 

    OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

    Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

    Les Odeurs de l’argent

    L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

    Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

    L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

    Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

    Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

    Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

    De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

    Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

    Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

    Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

    Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

    Mythe #2

    Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

    C’est faux évidemment. 

    Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

    Les quatre configurations canadiennes  

    La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

    La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

    L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

    Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

    Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

    J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

    Premier exemple

    Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

    Deuxième exemple

    Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

    (insérer lien pour épisode précédent de toPot)

    Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

    Le backdoor!

    C’est adorable…

    Mythe #3

    • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

    Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

    Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

    Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

    Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

    Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

    Même en Europe!

    Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

    La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

    Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

    Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

    Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

    Non.

    En est-elle tributaire?

    Oui.

    Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

    Contrat d’adhésion

    Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

    Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

    «Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

    La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

    Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

    Mythe #4

    • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
    • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
    • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

    Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

    Stationnement

    Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

    Attention!

    Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

    Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

    Allez!

    Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

    OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

    Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

    Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

    L’exemple perso!

    Je me permets un exemple personnel. 

    J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

    Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

     J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

    Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

    Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

    Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

    Et mes obligations à moi? 

    Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

    Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

    Les procédures!

    Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

    Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

    C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

    Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

    Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

    OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

     Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

    Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

    Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

    Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

    Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

    Mythe #5

    OK. 

    On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

    Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

    Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

    Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

    Le gars qui sait!

    Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

    Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

    Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

    À cause de Daniel Blackburn. 

    Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

    Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

    Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

    J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

    N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

    #95 Le cannabis agit différemment sur les femmes?

    #95 Le cannabis agit différemment sur les femmes?

    Dans l’épisode #95, toPot s’intéresse aux différences qui régissent la consommation des femmes et des hommes.

    Quel est le rôle des hormones sur les effets subjectifs du cannabis?

    Comment le cannabis agit-il sur la sexualité?

    Pourquoi les médecins prescrivent-ils moins de cannabis aux femmes?

    Comment expliquer la préférence pour les produits comestibles?

    Le cannabis agit comme une plante, mais aussi comme un capteur de l’air du temps…

    Bonne écoute!

    Lien pour l’Épisode sur toPot

    Sex and Gender Interactions on the Use and Impact of Recreational Cannabis

    How cannabis affects women and men differently

    Framework for gender differences in human and animal toxicology

    Male/Female Differences in Pharmacology: Safety Issues with QT-Prolonging Drugs

    Greater quinidine-induced QTc interval prolongation in women

    Gender differences in pharmacokinetics and pharmacodynamics

    How important are sex differences in cannabinoid action?

    The Modulating Role of Sex and Anabolic-Androgenic Steroid Hormones in Cannabinoid Sensitivity

    Sex differences in the acute effects of oral and vaporized cannabis among healthy adults

    Cannabinoids in clinical practice

    Sex differences in the subjective effects of oral Δ9-THC in cannabis users

    Comparison of subjective, pharmacokinetic, and physiologic effects of marijuana smoked as joints and blunts Assessment of the Association of Cannabis on Female Sexual Function With the Female Sexual Function Index

    La Russie dit avoir arrêté une basketteuse américaine pour possession de stupéfiants

    Women are less likely to smoke cannabis, more likely to abuse it

    Sex differences in the acute effects of oral and vaporized cannabis among healthy adults

    Gender Differences in Medical Cannabis Use: Symptoms Treated, Physician Support for Use, and Prescription Medication Discontinuation

    Sex and Gender Interactions on the Use and Impact of Recreational Cannabis

    Photo de shahin khalaji sur Unsplash 

    Transcription de l'épisode 95

    À venir!

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    Transcription de l'épisode

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

    Mythe #1 

    OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

    Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

    Les Odeurs de l’argent

    L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

    Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

    L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

    Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

    Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

    Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

    De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

    Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

    Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

    Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

    Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

    Mythe #2

    Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

    C’est faux évidemment. 

    Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

    Les quatre configurations canadiennes  

    La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

    La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

    L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

    Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

    Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

    J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

    Premier exemple

    Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

    Deuxième exemple

    Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

    (insérer lien pour épisode précédent de toPot)

    Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

    Le backdoor!

    C’est adorable…

    Mythe #3

    • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

    Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

    Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

    Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

    Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

    Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

    Même en Europe!

    Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

    La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

    Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

    Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

    Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

    Non.

    En est-elle tributaire?

    Oui.

    Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

    Contrat d’adhésion

    Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

    Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

    «Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

    La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

    Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

    Mythe #4

    • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
    • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
    • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

    Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

    Stationnement

    Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

    Attention!

    Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

    Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

    Allez!

    Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

    OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

    Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

    Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

    L’exemple perso!

    Je me permets un exemple personnel. 

    J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

    Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

     J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

    Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

    Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

    Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

    Et mes obligations à moi? 

    Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

    Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

    Les procédures!

    Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

    Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

    C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

    Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

    Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

    OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

     Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

    Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

    Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

    Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

    Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

    Mythe #5

    OK. 

    On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

    Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

    Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

    Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

    Le gars qui sait!

    Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

    Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

    Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

    À cause de Daniel Blackburn. 

    Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

    Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

    Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

    J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

    N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

    #94 Pourquoi la SQDC limite le THC à 30% ?

    #94 Pourquoi la SQDC limite le THC à 30% ?

    Pourquoi la SQDC limite le THC à 30 % dans ses produits de cannabis? 

    Dans cet épisode, on explore la science du pour et du contre en considérant le mandat de la SQDC. Un mandat pas simple et avec pas beaucoup de corde…

    Le sujet est important pour le gouvernement qui s’en sert pour afficher ses croyances, ses peurs et la science qu’il privilégie. Le sujet est aussi important pour l’industrie qui, depuis le début de la légalisation, se bat avec une seule main contre le marché noir. Bonne écoute!

    Lien pour l’Épisode sur toPot

    A simple guide to pot, THC and how much is too much

    Communicating THC levels and ‘dose’ to consumers

    Quelle puissance pour le cannabis?

    Légalisation du cannabis: des sénateurs s’inquiètent des taux de THC

    Is Marijuana as Safe as We Think?

    Availability, retail price and potency of legal and illegal cannabis in Canada after recreational cannabis legalisation

    Drogue et alcool: 400 hospitalisations et 10 décès par jour au Canada

    Légalisation du cannabis: des sénateurs s’inquiètent des taux de THC

    Règlement sur le cannabis

    Ottawa isn’t putting a cap on the potency of many cannabis products

    Average THC Strength Over Time

    Changes in Cannabis Potency Over the Last 2 Decades (1995–2014): Analysis of Current Data in the United States

    Marijuana concentrates sharply spike THC levels but don’t necessarily get users higher

    What is a high amount of THC for cannabis?

    Association of Naturalistic Administration of Cannabis Flower and Concentrates With Intoxication and Impairment

    THC Potency Concerns: Are Stronger Products More Problematic?

    6 Myths About THC Caps You Shouldn’t Believe

    Variation in cannabis potency and prices in a newly legal market: evidence from 30 million cannabis sales in Washington state

    A within-person comparison of the subjective effects of higher vs. lower-potency cannabis

    The contribution of cannabis use to variation in the incidence of psychotic disorder across Europe (EU-GEI): a multicentre case-control study

    Cannabis and Psychosis: a Critical Overview of the Relationship

    Acute effects of high-potency cannabis flower and cannabis concentrates on everyday life memory and decision making

    The relation between cannabis use, dependence severity and white matter microstructure: A diffusion tensor imaging study

    Residual effects of cannabis-use on neuropsychological functioning

    Age- and Sex-Related Cortical Gray Matter Volume Differences in Adolescent Cannabis Users: A Systematic Review and Meta-Analysis of Voxel-Based Morphometry Studies

    The Effects of Alcohol and Cannabis Use on the Cortical Thickness of Cognitive Control and Salience Brain Networks in Emerging Adulthood: A Co-twin Control Study

    Impact of adolescent marijuana use on intelligence: Results from two longitudinal twin studies

    The Science Behind THC Caps Is Inadequate, Says Epidemiologist Dr. M-J Milloy

    What Is the Science on Cannabis?

    Transcription de l'épisode 94

    À venir!

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    #115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

    OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit :  Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis? Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois...

    Transcription de l'épisode

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

    Mythe #1 

    OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

    Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

    Les Odeurs de l’argent

    L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

    Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

    L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

    Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

    Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

    Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

    De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

    Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

    Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

    Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

    Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

    Mythe #2

    Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

    C’est faux évidemment. 

    Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

    Les quatre configurations canadiennes  

    La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

    La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

    L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

    Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

    Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

    J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

    Premier exemple

    Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

    Deuxième exemple

    Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

    (insérer lien pour épisode précédent de toPot)

    Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

    Le backdoor!

    C’est adorable…

    Mythe #3

    • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

    Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

    Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

    Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

    Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

    Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

    Même en Europe!

    Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

    La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

    Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

    Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

    Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

    Non.

    En est-elle tributaire?

    Oui.

    Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

    Contrat d’adhésion

    Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

    Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

    «Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

    La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

    Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

    Mythe #4

    • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
    • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
    • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

    Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

    Stationnement

    Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

    Attention!

    Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

    Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

    Allez!

    Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

    OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

    Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

    Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

    L’exemple perso!

    Je me permets un exemple personnel. 

    J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

    Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

     J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

    Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

    Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

    Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

    Et mes obligations à moi? 

    Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

    Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

    Les procédures!

    Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

    Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

    C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

    Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

    Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

    OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

     Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

    Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

    Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

    Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

    Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

    Mythe #5

    OK. 

    On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

    Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

    Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

    Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

    Le gars qui sait!

    Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

    Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

    Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

    À cause de Daniel Blackburn. 

    Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

    Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

    Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

    J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

    N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

    #93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

    #93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

    Le sujet est évité par tout le monde. 

    Pire, il est enterré ce sujet. 

    Je parle évidemment de l’impact de la production du cannabis sur l’environnement. 

    Les chiffres parlent et les spécialistes écrivent sur le sujet. 

    Evan Mills, il y a 10 ans déjà, sonnait l’alarme avec son article 

    The carbon footprint of indoor Cannabis production.

    La légalisation n’a fait qu’empirer la situation.

    On va regarder ce qui ne fonctionne pas.

    Et ce qui fonctionne déjà bien.

    Puis je propose une solution magique!

    Lien pour l’Épisode sur toPot

    Le site de Evan Mills

    The carbon footprint of indoor Cannabis production

    La SQ arrête une dizaine de suspects pour avoir revendu pour 8 M$ d’alcool illégalement

    A narrative review on environmental impacts of cannabis cultivation

    Sustainable cannabis brands to support in 2022

    Washington’s Weed Industry Has a Million-Pound Waste Problem

    Indoors, Greenhouses or Outdoors: Where Are Cannabis Cultivators Growing?

    La carboneutralité d’ici 2050

    What is a living wage?

    A Glyphosate-Based Herbicide in Soil Differentially Affects Hormonal Homeostasis and Performance of Non-target Crop Plants

    « Il faisait jour la nuit ! »

    Create Biochar From Hemp Stalks! – OrganiLock

    Biochar from hemp stalks

    Researching Biochar from Hemp Waste

    https://cohpc.org/

    The effects of biochar soil amendments on industrial hemp yields

    Green roofs biochar and you

    Small Scale Biochar production

    Charbon actif

    Tout comprendre de la conductivité électromagnétique des sols

    Le projet Nexus

    Researching Biochar from Hemp Waste

    Santé Canada veut autoriser plus de pesticide glyphosate sur des aliments

    La CAQ refuse de hausser la redevance sur l’eau

    Transcription de l'épisode 93

    # 93

    À venir!

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    Transcription de l'épisode

    OK.

    Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

    Et MJ, salut, tu vas bien?

    Mon habituel avec un verre d’eau STP.

    Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

    Mythe #1 

    OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

    Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

    Les Odeurs de l’argent

    L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

    Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

    L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

    Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

    Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

    Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

    De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

    Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

    Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

    Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

    Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

    Mythe #2

    Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

    C’est faux évidemment. 

    Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

    Les quatre configurations canadiennes  

    La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

    La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

    L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

    Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

    Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

    J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

    Premier exemple

    Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

    Deuxième exemple

    Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

    (insérer lien pour épisode précédent de toPot)

    Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

    Le backdoor!

    C’est adorable…

    Mythe #3

    • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

    Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

    Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

    Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

    Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

    Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

    Même en Europe!

    Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

    La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

    Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

    Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

    Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

    Non.

    En est-elle tributaire?

    Oui.

    Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

    Contrat d’adhésion

    Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

    Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

    «Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

    La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

    Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

    Mythe #4

    • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
    • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
    • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

    Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

    Stationnement

    Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

    Attention!

    Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

    Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

    Allez!

    Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

    OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

    Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

    Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

    L’exemple perso!

    Je me permets un exemple personnel. 

    J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

    Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

     J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

    Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

    Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

    Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

    Et mes obligations à moi? 

    Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

    Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

    Les procédures!

    Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

    Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

    C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

    Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

    Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

    OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

     Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

    Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

    Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

    Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

    Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

    Mythe #5

    OK. 

    On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

    Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

    Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

    Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

    Le gars qui sait!

    Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

    Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

    Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

    À cause de Daniel Blackburn. 

    Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

    Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

    Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

    J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

    N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

    Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

    Allez! 

    Bonne semaine. 

    Beaucoup de bienêtre. 

    Et bon chanvre!

    #92 Le meilleur pot?  Intérieur ou extérieur?

    #92 Le meilleur pot? Intérieur ou extérieur?

    Aujourd’hui, toPot aborde plusieurs sujets en tentant de répondre à une seule question : 

    le meilleur pot pousse-t-il à l’intérieur ou à l’extérieur? 

    Je partage les fragments de science disponibles sur le sujet en gardant à l’esprit que les différences entre la théorie, les pratiques usuelles et les bonnes pratiques sont trois choses très différentes dans la vraie vie. 

    À la fin de l’épisode, vous aurez peut-être changé d’avis!

    Mais ce n’est pas obligatoire pour en savoir plus sur le cannabis…

    Lien pour l’Épisode sur toPot

    #8 mbe.io/AurélienPochard

    Test BlackPoule

    Cannabis cultivation has a dirty secret, but the future is sun-grown | Dan Sutton | TEDxVancouver

    Growing Marijuana Indoors vs. Outdoors: The Key Differences

    How to Grow Marijuana Outdoors: A Beginner’s Guide

    How to Set Up a Greenhouse for Weed

    Indoor vs. Outdoor Weed: A Visual Guide

    THE PROPAGATION, CHARACTERISATION AND OPTIMISATION OF CANNABIS SATIVA AS A PHYTOPHARMACEUTICAL

    Outdoor Versus Indoor Cannabis

    How to grow weed outdoors: an intro to outdoor cannabis cultivation

    A primer on growing greenhouse weed

    The Dark Truth about America’s Agricultural System

    Nuances in Parsing Cannabis Cultivation Energy Use: Comment on « Cannabis and the Environment: What Science Tells Us and What We Still Need to Know »

    To Make Cannabis Green, We Need to Grow It Outdoors

    Energy Use by the Indoor Cannabis Industry: Inconvenient Truths for Producers, Consumers, and Policymakers

    Heavy Metals in Cannabis

    MOOC Jardiner avec le vivant

    Electricity Use in Marijuana Production

    Indoors, Greenhouses or Outdoors: Where Are Cannabis Cultivators Growing?

    Cannabis can be grown outdoors for pennies on the dollar. So why is hardly anyone doing it?

    Resolving Environmental Fluctuations with Environmental Control Technologies

    Cannabis Glandular Trichomes: A Cellular Metabolite Factory

    Comparing Cannabis Cultivation Energy Consumption

    https://www.cannabistech.com/articles/three-eco-friendly-methods-of-cannabis-cultivation/

    Outdoor Cannabis Farms Face an Uncertain Future

    Electricity Use in Marijuana Production

    Tuto : Pellet de semences de cultures intermédiaires

    Farmers Embrace Sustainable Cannabis Cultivation

    Chemistry Visits: Getting Our Hands Dirty with Alpenglow Farms

    Transcription de l'épisode 392

    # 92 Le meilleur pot? Intérieur ou extérieur?

    INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

    Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

    Bienvenue chez vous! 

    toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

    Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

    Avant de se lancer dans l’épisode de la semaine, un petit retour sur l’épisode #90 intitulé «Je fume du cannabis. Ma bouche est en santé? Encore une fois, beaucoup d’échanges et des témoignages incroyables. Il y a un internaute qui m’a dit que l’épisode lui avait donné le courage d’arrêter de fumer la cigarette. Pas des joints. La cigarette. L’épisode #90 à eu des effets secondaires que je n’aurais jamais jamais jamais pu imaginer. Merci pour l’hommage collatéral! 

    L’épisode #91 avec François Olivier Hébert a bien fait aussi, la semaine passée. Beaucoup d’internautes reconnaissent en lui une grosse pointure du cannabis scientifique. J’ai le plaisir de vous annoncer que l’on travaille sur de nouveaux épisodes. Personnellement, c’est un épisode qui m’a apporté beaucoup de joie et de connaissances.

    J’en profite pour faire une correction sur ce que j’ai dit à propos du raid d’Acces Cannabis sur la Clinique La Croix Verte dont j’ai parlé dans l’épisode avec FO. Il n’y avait aucune plantation à la Clinique La Croix Verte. Le mandat d’Accès cannabis (SQ), ce sont les plantations illégales. La Croix Verte avait par contre en sa possession des surplus de ses patients qualifiés qui ont une compagnie, une facture et un test labo. Voilà. C’est pour rassurer la SQ si elle écoute toPot… ce dont je doute.

    Aujourd’hui, on aborde plusieurs sujets en tentant de répondre à une seule question : le meilleur pot pousse à l’intérieur ou à l’extérieur? Évidemment, comme d’habitude, je vais tenter de partager les fragments de science disponibles sur le sujet en gardant l’esprit ouvert sur les différences entre la théorie, les pratiques usuelles et les bonnes pratiques… trois choses très différentes dans la vraie vie…

    Je commence par partager avec vous un vidéo TED dans lequel le Canadien Dan Sutton présente les problèmes de la culture intérieure du cannabis. 

    La culture en bunker avec murs de plastique blanc… 

    L’intérêt du vidéo repose sur une question toute simple : pourquoi l’industrie de la tomate n’utilise pas les mêmes techniques que l’industrie du cannabis? Pourquoi utilise-t-elle des serres plutôt qu’une culture en bunker? On va y revenir. 

    On touche ici un sujet comme le mythe de la cendre blanche. Tout le monde à une opinion. Une opinion ferme. 

    La question que je pose tombe bien, car récemment, il y a eu un arrivage de fleurs cultivées en extérieur à la SQDC. Les fleurs de CBD de Après la pluie. Black Poule a fait un p’tit test et les curieuses vont trouver un lien dans les notes de l’épisode. Si vous reconnaissez l’entreprise, vous avez peut-être écouté l’épisode de toPot, l’épisode #8, sur Après la pluie.

    J’ai eu la chance de demander à 2-3 maitres cultivateurs qui travaillent dans l’industrie s’ils avaient une préférence pour la culture intérieure et extérieure. Tous ont indiqué préférer le pot de bunker. Après 2-3 minutes de discussions, tous étaient d’accord pour affirmer qu’ils n’avaient jamais testé un pot extérieur provenant d’un vrai terroir.

    Donc je vous pose les deux mêmes questions que j’ai posées à quelques professionnels du cannabis :

    1)

    Le meilleur pot pousse à l’extérieur ou en bunker intérieur? 

    2)

    Vous avez déjà gouté du pot de terroir? 

    On va revenir à ces questions à la fin de l’épisode.

    Perso, j’ai eu la chance de gouter il y a des millions d’années à du pot qui venait d’un champ près du Mont-Hilaire et qui avait séché dans une grange la tête en bas, comme dans les films. Et je ne sais pas comment l’affinage avait été réalisé mais j’avais reçu deux branches en cadeau et je me souviens encore, 25 ans plus tard, de l’expérience. Plus récemment, j’ai pu gouter à la production du producteur délégué de cannabis médical qui avait fait quelques tests en extérieur. Mon souvenir le plus vivide était la qualité de la fumée qui avait des qualités que je ne croyais pas possibles. Un peu comme quand tu te presses une orange après avoir bu du koolaid… La surprise est toujours mémorable!

    Je vous propose de commencer de manière très classique en déclinant de façon méthodique le pour et le contre de chaque méthode.

    Je vous propose donc le format suivant : d’abord le pour et le contre de la culture intérieure en bunker et ensuite le pour et le contre de la culture extérieure.

    Après cette première étape, on va parler de la qualité spécifique de la récolte des deux types de cultures.

     Vous êtes prêts? 

    On y va.

    Culture en intérieur —Les avantages

    Il y a 12 000 ans, personne ne cultivait de pot en bunker.

    Voilà une très mauvaise raison pour croire que la pratique du bunker n’a pas de sens. Je vous donne un autre exemple. Sans l’usage de la fourrure et du cuir des animaux, les colons de la Nouvelle-France n’auraient pu survivre. Est-ce que cela justifie l’utilisation de la fourrure en 2022? Je réponds par un autre exemple. Il fait froid dans l’espace. Il fait très très froid sur la lune. On est d’accord? Et bien, c’est un fait indéniable qu’aucun astronaute n’a porté de la fourrure dans une exploration spatiale… Ce qui était vrai, plausible et pertinent il y a 12 000 ou 200 ans peut changer dans le temps.

    La culture intérieure abolit les saisons. On peut dire que c’est un progrès dans certaines circonstances. Ne pas dépendre du chaud, du froid, de la pluie ou du soleil simplifie la vie et permet d’augmenter le rythme des récoltes. Cela veut dire aussi que les conditions d’une salle de culture peuvent être ajustées pour un cultivar en particulier. On peut contrôler la longueur de la nuit, la vitesse du vent ainsi que sa direction. Dans un tel environnement, le maitre cultivateur devient le maitre de l’univers capable de nourrir ses plants au compte-goutte avec une intention comparable à la mère qui donne le sein à son enfant. Dans les deux cas, comme c’est drôle, on s’assure que le petit rototo, le burping, est bien effectué. C’est essentiel…

    Le soleil est remplacé par des lampes qui elles-mêmes sont remplacées fréquemment, car elles évoluent d’une saison à l’autre. Toujours plus de puissance à des couts de plus en plus bas. La dernière mode, ce sont les lampes LED… 

    La culture en bunker, c’est aussi l’avènement de la culture verticale qui fait la promesse de tout révolutionner. Par contre, les couts de démarrages sont tels que cette avenue ne peut être soutenue que par de grands groupes industriels.

    L’automatisation de précision est un autre avantage réel de la culture intérieur. Tu veux reproduire les matins froids des montagnes du Rif marocain? Facile. Tu veux reproduire l’altitude de Denver? C’est possible. C’est plus cher mais c’est possible. À défaut d’offrir un vrai terroir, la culture intérieure peut créer des climats virtuels qui n’existent pas dans le vrai monde. 

    Culture en intérieur —Les inconvénients

    Les lampes pour la culture intérieure promettent de remplacer le soleil et de faire disparaitre les nuages. Dans la vraie vie, le soleil est gratuit. Pas l’électricité. Et la lumière du soleil est ce qui a permis l’apparition de l’humain et du cannabis. Une lampe LED n’aurait jamais pu accomplir ce travail. 

    Et les parasites? Oui, les parasites adorent la culture intérieure. Pourquoi? Parce le Bon Dieu du producteur autorisé, le maitre cultivateur, doit manipuler toutes les manettes des contrôles de l’environnement des cultures. La température, les sources de lumière et leurs positionnements, les sources et le débit d’air, l’humidité aussi. Voici quelques-uns des paramètres qui, lorsqu’ils sont mal contrôlés, vont provoquer le développement d’agents pathogènes comme le botrytis. Les contaminations croisées sont évitables mais au prix de constants efforts prophylactiques pour prévenir leurs apparitions. 

    Le propriétaire de la ferme Golden Peak au NB, Tom Devost, m’a déjà confié en entrevue que son budget global de protection, les gants de latex, les savons et autres produits nettoyants constituaient presque une surprise tellement cela coutait cher…

    Il y a des PA qui ont construit leur bâtiment. D’autres adaptent des bâtiments existants. Dans les deux cas, il y aura des surprises couteuses. En fait, tout coute très cher en intérieur pour respecter les contraintes de Santé Canada. 

    Il n’y aurait pas d’industrie québécoise de la tomate s’il elle devait respecter les obligations imposées aux producteurs autorisés. Mais on ne fume pas les tomates… C’est ça la différence.

    Il y a des tonnes d’autres problèmes provoqués par la culture intérieure. Si on veut simplifier à l’extrême, on peut dire que le cout de production en intérieur sera toujours plus élevé que la culture extérieure. Beaucoup plus cher. Heureusement pour l’industrie québécoise, les importations sont interdites pour l’instant. Aujourd’hui les PA canadiens évoluent dans une petite compétition nationale. La fermeture des frontières ne sera pas éternelle. Les accords de libre-échange signés par le Canada vont finir par avoir leur effet d’ouverture. Et quand les frontières vont s’ouvrir, les offres de produits de qualité médicale bio nonirradiés vont abonder. Et les dominants dans un marché verrouillé par le législateur vont devoir faire face à des produits équivalents ou supérieurs pour une fraction du prix…

    Ce n’est qu’une question de temps!

    OK, on passe à la culture extérieure et à ses avantages… 

    Culture en extérieur —Les avantages

    Commençons par enfoncer la porte ouverte…

    Si la culture extérieure n’avait jamais été pratiquée, la SQDC ne pourrait exister.

    Cela fait quelques dizaines de milliers d’années que l’humain cultive le cannabis à l’extérieur. Il a su trouver les bons cultivars pour chaque région et chaque microclimat. Il suffit de penser aux Marocains de la région du Rif qui ont longtemps utilisé des espèces qui exigeaient peu d’arrosage. Depuis quelques années, tout l’écosystème du Rif est perturbé par l’utilisation de cultivars qui donnent de plus grosses récoltes mais au prix de l’utilisation de produits agrotoxiques et d’arrosages intensifs qui déstabilisent l’accès aux ressources hydriques de la région. 

    En culture extérieure, les insectes pertinents sont gratuits et au travail toute la journée. La gang de guêpes, fourmis et coccinelles se gavent de parasites pour le plus grand plaisir des plants. Sans plafond, les plants les plus vigoureux peuvent prendre de la hauteur pour tenter de toucher les nuages sans que cela ne dérange personne.

    Évidemment, les rendements en extérieur sont beaucoup plus grands. Le CO2 indispensable à la croissance qui est injecté dans les salles de cultures est gratuit à l’extérieur. De plus, le bon sol pour un cultivar X, Y ou Z contient tous les nutriments dont le plant a besoin. Un autre besoin comblé par la nature plutôt que par un marchand de terreau ou de substrats neutre comme la noix de coco indienne importée par conteneur.

    L’empreinte écologique d’une culture extérieure brille en comparaison d’une culture intérieure. Pas d’éclairage, pas de déshumidificateur, pas de ventilateurs, pas de plancher chauffant… Pas de, pas de, pas de… Vous avez compris.

    J’ai trouvé des comparaisons intéressantes. En Californie, la production d’un kilo de fleur exigerait l’équivalent de 90 k de charbon. 

    Quelle drôle de comparaison! Personne ne connait le charbon en Amérique.

    Vous avez déjà utilisé du charbon pour vous chauffer? J’ai eu cette chance pendant quelques années en Belgique. Je me rappelle encore du crépitement de la poussière du fond de la pelle quand je chargeais la gueule du foyer qui se trouvait dans la cuisine de la maison de maitre ou j’habitais à Anvers. L’odeur aussi est spéciale… 

    Une fleur qui pousse à l’extérieur à des qualités organoleptiques particulières impossibles à imiter à l’intérieur. Pensons-y ensemble… Le champage, le vin le plus cher au monde, est cultivé en extérieur. Il n’est jamais venu à l’esprit des Champenois de s’éloigner de leur sol pour cultiver en intérieur bien que le champagne appartienne à la catégorie des produits de luxe. C’est l’idée même du terroir qui est au centre de la vraie promesse de la culture extérieure. La Californie a déjà un ou deux programmes d’appellation contrôlée en place.

    Tu cultives dans un coin où il y a beaucoup de pluies au moment de la récolte? Un maitre cultivateur éveillé va planter une espèce avec un cycle de croissance plus court pour les éviter.

    Cultiver en extérieur n’est pas une méthode plus facile. C’est une méthode différente. Il y a autant de R&D en extérieur qu’en intérieur. Il est très facile d’inonder une parcelle pour voir qui va survivre et devenir le champion du coin. La plante qui ne pourrit pas immédiatement à un tel traitement est une bonne candidate pour une région fortement touchée par la pluie. Mais forcément l’industrie des fournisseurs de ventilation, automatisation et chauffage ne peut rien vendre à un producteur extérieur… RIEN! Ou si peu… 

    Il presque normal de lire tous les jours que les fleurs d’intérieurs sont supérieures dans des médias qui survivent avec la publicité d’une industrie dédiée à la culture intérieure. Je n’insinue même pas qu’il s’agit d’une forme de malhonnêteté intellectuelle. Je dis simplement qu’il n’existe aucun média au monde qui va mordre la main de l’industrie qu’il lui permet d’exister. 

    La culture extérieure a aussi ses chasses au phénotype idéal qui amusent tous les producteurs autorisés qui cultivent en bunker. Cette recherche est aussi ouverte pour les maitres cultivateurs spécialisés en culture extérieure mais on en parle jamais ou rarement. Je prédis que ce n’est qu’une question de temps avec qu’apparaisse l’équivalent du JeanGuy mais disponible uniquement en culture extérieure. Un Jean-Guy de terroir. Un cultivar qui pourrait peut-être être planté à l’automne dans une boulette d’argile et qui commencerait à pousser dès la fonte de la neige. Un cultivar qui serait récolté pour la Saint-Jean… Une folie? Je ne crois pas et de toute façon, on a le droit de rêver.

    Culture en plein air — Inconvénients

    Existe-t-il des désavantages à la culture extérieure? 

    Ben oui!

    En Montérégie, il ne pleut pas à 14 heures chaque jour comme à Belém do Para en Amazonie. J’ai vécu là et les pluies de deux heures, as chuvas das duas, sont aussi prévisibles que les défaites des équipes sportives de Montréal… En 10 minutes, tu as de l’eau jusqu’au genoux dans la rue principale de Belém. Ce n’est pas compliqué. J’avais une vieille paire de chaussures de cuir que j’ai porté une fois. Je les ai rangés dans un garde-robe de l’hôtel où l’on vivait ma belle et moi. Un mois plus tard en faisant un ménage, j’ai retrouvé mes chaussures mais avec une mousse verte sur tout le périmètre de la semelle. La végétation poussait sur mes chaussures. C’est la seule fois dans ma vie où je me suis promené en gougoune pour aller au restaurant… Une ville incroyable Belém. D’ailleurs le dossier du cannabis au Brésil va être passionnant à suivre! Dans une culture ou la religion catholique est toujours très présente, ça va être beau.

    Au Québec, les variations de température sont plus imprévisibles. Une année, il fait chaud avec peu de précipitation. L’année d’après, c’est le déluge et les nuages sont omniprésents. Cela prend du talent pour comprendre tout ça. Quand ton appareil de climatisation fonctionne plus, tu appelles le fournisseur qui te l’a vendu. Et peut-être que tu pars une génératrice en attendant. Quand il fait plus chaud qu’à la moyenne à l’extérieur, le MC est seul face