#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

Le cannabis et les autochtones…

Aujourd’hui, on discute d’un sujet très important dans le contexte de la légalisation canadienne du cannabis. Pourquoi en discuter maintenant?

Parce que le paysage du cannabis canadien vient de changer à tout jamais.

Comment?

Un groupe de commerçants de la Colombie-Britannique a déclaré qu’ils ont «souffert et continuent de souffrir d’une perte de jouissance de la vie» et qu’ils ont «souffert et continuent de souffrir de troubles émotionnels et de détresse mentale» à cause de l’existence de marchés de cannabis des Premières Nations. Ce sont les mots utilisés, en anglais évidemment, dans le document officiel. Ces revendeurs de cannabis viennent de plusieurs régions de la province et leur plainte est déposée contre la province de la Colombie-Britannique, le procureur général de la Colombie-Britannique et l’unité de sécurité communautaire. 

Pour mieux comprendre la situation, on va revenir sur les moments forts des initiatives autochtones depuis le début de la légalisation.

Bonne écoute!

Liens pour l’épisode

La poursuite des 14 commercants

Seed of Sovereignty: Indigenous Rights and Canadian Cannabis Law

The Red River Métis – la Nouvelle Nation

Le grand chef de Wendake écorche Québec solidaire

THE SUBJECT MATTER OF BILL C-45

Cannabis : « sur notre territoire, la Saskatchewan n’existe plus »

Bill 96 will never apply in our community, Kahnawake leaders say

Dança da Solidão (Marisa Monte e Paulinho da Viola)

Photo de Damon Lam sur Unsplash

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

Consommer du cannabis augmente la créativité? Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?   Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré : «La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana...

#105 FM Lambert, le député des aspirations interdites

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Aujourd’hui, toPot reçoit un ami. Un ami député. Un ami qui va nous fournir des réponses politiques et citoyennes sous forme de clés de lecture hexagonales.  M. Lambert, François-Michel, est un homme politique français né à La Havane.  FM sans tiret pour les amis, il...

#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

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#103 Le cannabis médical vu par…

#103 Le cannabis médical vu par…

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?
Aujourd’hui, je reçois deux Québécois qui connaissent bien la situation du cannabis médical au Québec. Shantal Arroyo et François-Olivier Hébert.

Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, on fait deux choses. MJ la barista du toPot fait une critique du Hash Fût de Chêne de Highly Dutch Organic dont le Terpène dominant est la caryophyllène. Mais dans un premier temps on va regarder la...

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

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Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

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Une entrevue sans fard. 

Bonne écoute!

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

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#103 Le cannabis médical vu par…

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Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

#100 Le centième épisode de toPot!

#100 Le centième épisode de toPot!

100 épisodes déjà!

Et alors on fait quoi pour ce 100e épisode de toPot?

Je vais vous présenter deux nouveaux collaborateurs. 

Si vous êtes dans l’industrie du cannabis, vous connaissez obligatoirement mon invité d’aujourd’hui. Ou vous connaissez son service. 

Je discute d’abord avec Alexandre Voyer, le cerveau derrière Weed Crawler, le service qui permet de presque tout savoir sur les ventes des produits de cannabis à la SQDC. Alexandre vend de l’intelligence, pas des chiffres.

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous connaissez déjà la deuxième collaboratrice de toPot. Et oui, c’est MJ qui a généreusement accepté de nous parler des produits légaux qu’elle a testés récemment. MJ à une connaissance très pointue des produits du cannabis. 

Bon centième épisode!

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

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Consommer du cannabis augmente la créativité? Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?   Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré : «La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana...

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Aujourd’hui, toPot reçoit un ami. Un ami député. Un ami qui va nous fournir des réponses politiques et citoyennes sous forme de clés de lecture hexagonales.  M. Lambert, François-Michel, est un homme politique français né à La Havane.  FM sans tiret pour les amis, il...

#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

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#103 Le cannabis médical vu par…

#103 Le cannabis médical vu par…

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?
Aujourd’hui, je reçois deux Québécois qui connaissent bien la situation du cannabis médical au Québec. Shantal Arroyo et François-Olivier Hébert.

Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, on fait deux choses. MJ la barista du toPot fait une critique du Hash Fût de Chêne de Highly Dutch Organic dont le Terpène dominant est la caryophyllène. Mais dans un premier temps on va regarder la...

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

#99 Potpourri 4A

#99 Potpourri 4A

Vous allez bien? 

Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot à un potpourri pour vous.

  • On commence par notre belle SQDC qui a décidé d’augmenter les prix de ses produits, car dit-elle, ils se détaillent sous les prix du marché illicite.
  • La Nouvelle-Écosse qui à un monopole comme la SQDC, fait l’inverse en augmentant le prix de l’alcool et en diminuant le prix du cannabis.
  • Santé Canada vient de changer sa règlementation et les microproducteurs pourraient peut-être plus facilement se passer des intermédiaires pour vendre à la SQDC. 
  • L’Argentine réinvente le cannabis médical avec une formule qui ressemble aux Clubs Sociaux de Cannabis. 
  • Chez l’oncle Sam, le dossier du cannabis progresse et l’industrie des centres d’appels offre des produits spécifiques à l’industrie. 
  • On conclut avec la première compagnie de cannabis qui apparait dans la liste des 100 compagnies les plus importantes au monde du magazine Time.

Bonne écoute!

Lien pour l’Épisode sur toPot

Canadian pot producers watch closely as Democrats aim to rewrite U.S. cannabis laws

FDA Issues Warning Letters to Companies Claiming Their CBD Products Can Treat COVID-19

NSLC Raises Booze Prices And Drops The Cost Of Cannabis

Cannabis Call Centers

Cannabis company included in Time magazine’s list of the world’s 100 most influential companies

Transcription de l'épisode 99
#99 Potpourri 4A

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.
Bienvenue chez vous!

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast.

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot à un potpourri pour vous.
Je reviens sur quelques développements récents dans le cannabis au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde.

Liste des sujets de discussion
La SQDC modifie sa structure de prix.

On commence par chez nous. Le Québec! Et notre belle SQDC.

Oui, la SQDC vient de changer sa structure de prix. On va y revenir. Mais la SQDC semble aussi se décrire comme une victime de son propre succès. Voici ce qu’elle annonce à l’industrie :

OK.
Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.
Et MJ, Salut, tu vas bien?

Le document en question fait plus que 4 phrases. Mais concentrons-nous sur l’essentiel.

Je répète la première phrase :

Nous observons depuis la légalisation du cannabis, une baisse constante du prix moyen de vente au gramme.

La SQDC constate une baisse constante du moyen de vente au gramme. Si elle le dit, je la crois. La SQDC sait que ces chiffres sont vérifiables très facilement.
Donc je reconnais son observation.
Les prix légaux baissent. C’est indéniable. Et il faut positivement remercier Hexo et son ex-PDG Saint-Louis pour avoir été le premier à oser dire que les prix du cannabis légal étaient trop élevés comparés à ceux du marché noir. Le premier 28 grammes disponible au Québec était un produit Hexo, le OS si ma mémoire est bonne. Cette semaine, il y a avait 36 offres d’onces à la SQDC.
L’industrie a écouté les consommateurs.

La deuxième phrase maintenant :
Cette chute des prix est le résultat d’une offre plus importante que la demande dans l’industrie du cannabis au Canada.

L’industrie canadienne du cannabis est en surproduction depuis la fin de 2019. Les chiffres sont disponibles et indiscutables. On peut en parler, mais ils sont indiscutables ces chiffres de surproduction. Maintenant, comment pourrait-il en être autrement quand Santé Canada octroie ses licences à tour de bras? On augmente le nombre de producteurs sans égard à la taille du marché. C’est légal et ça s’appelle le capitalisme. En parallèle, les producteurs autorisés améliorent leur méthode de production. Donc, le Canada et le Québec ont de plus en plus de PA qui produisent de plus en plus efficacement. Si le cannabis était pour le législateur québécois un produit comme l’alcool, tout irait bien. Mais le cannabis est un produit qui n’est pas socialement acceptable au Québec. Pas pour les libéraux, pas pour les caquistes. Les autres? Impossible de savoir ce qu’ils pensent. Comme il n’y a rien à gagner dans ce dossier, personne ne veut prendre le risque de s’en mêler.

Hey merci MJ!

Fait important à noter, les entreprises qui représentent les PA qui ne peuvent vendre directement à la SQDC encouragent leurs clients à vendre le moins cher possible. C’est du moins ce que j’entends entre les branches. Mais cette situation risque de changer rapidement à cause des plus récents changements règlementaires apportés par Santé Canada. On va en reparler, c’est le prochain sujet…

Revenons à la troisième phrase :

Cela fait en sorte qu’aujourd’hui, plusieurs produits vendus à la SQDC, notamment dans les catégories du 3,5 grammes et des préroulés, se détaillent sous les prix du marché illicite.

Ici, j’avoue ne pas pouvoir suivre la SQDC, mais je suis peut-être mal renseigné. Cela fait des mois que je vois des onces à moins de 100 $ et plus récemment, on a pu voir passer des onces à 55 $ sur Facebook. Des onces commanditées en plus.

Mais la SQDC nomme les formats 3,5 g et les préroulés, pas l’once.
J’ai demandé sur différentes plateformes si les affirmations de la SQDC étaient facilement vérifiables…

D’abord Blaky Black qui est le Chef du BlocPot et le propriétaire de la Clinique VertMédic.
Je lui ai posé la question et il m’a envoyé une photo en guise de réponse. Une offre bilingue parfaitement rédigée, en fait une seule petite faute en français, pour une once à 80 $. Disponible 18 heures par jour. La grande classe.

J’ai ensuite échangé avec une personne sur le Discord de Black Poule qui m’a confirmé que les prix du marché noir ou gris étaient vraiment beaucoup plus bas que ceux de la SQDC.
Est-ce que la SQDC devrait rendre publique les observations et raisonnements qui mènent à une hausse de prix? Un monopole à l’obligation morale de rendre des comptes. En fait, cela permettrait surtout à la population d’adhérer aux choix de la SQDC. Mais on ne retient pas notre souffle. Tout le monde dit que c’est mauvais de fumer ou de fulminer en apnée.

Et maintenant, la dernière phrase :
Cette dynamique contribue à banaliser le cannabis, ce qui est contraire à notre mission.

On doit féliciter la SQDC de désirer respecter son mandat.
Elle obéit.
Il est donc inutile de rappeler que l’alcool tue tous les jours.
C’est 10 personnes par jour au Canada, sans oublier les 400 hospitalisations quotidiennes.
Cela, la SQDC s’en fout. C’est normal.
Son mandat exclut la possibilité de réfléchir à ces questions.
La SQDC réfléchit à sa commercialisation et investit beaucoup de sous dans son projet Omnicanal. Cela ne devrait pas nuire aux ventes.
Peut-être pourra-t-elle même servir plus de monde avec moins de personnel…

Mais la SQDC utilise une drôle de terminologie.
Elle a une marge fixe, mais aussi maintenant une marge protégée.
C’est le privilège des monopoles d’inventer les règles du jeu qui lui seront les plus favorables.
Alors cela veut dire quoi pour les producteurs autorisés?

Je reprends l’exemple proposé par la SQDC.

Et je reprends texto son explication écrite :

Les prix de vente affichés de la SQDC sont calculés selon une marge en pourcentage déterminée par catégorie de produits. La catégorie des fleurs séchées inclut une notion additionnelle de marge fixe en dollar au gramme. Tous les produits d’une même catégorie sont traités de manière identique.
La SQDC a également adopté une approche de protection de la marge en dollar par gramme. Nous appliquons le montant de la marge protégée si celui-ci est plus élevé que le calcul de base.
Les prix de vente affichés à la SQDC incluent les taxes de vente et sont arrondis à la dixième supérieure.

Tous les produits n’ont pas la même marge.
Les fleurs séchées sont à 14,9 %.
Le hash est à 25 %
Les nouveaux produits moulus aussi à 25 %
Pourquoi les prés roulés sont à 26 %?
Aucune idée et je n’ai trouvé personne qui puisse m’expliquer pourquoi.
Concentré, huile, mangeables et atomiseurs oraux sont a 30 %
Les infusions et ingrédients à cuisiner sont à 32 %
Finalement les prêt-à-boire sont à 33 %

C’est évident qu’il y a une réflexion commerciale pour être arrivé à un tel résultat.
On y reviendra peut-être un jour.

Imaginons un pot de fleurs séchées de 3,5 g que la SQDC achète au producteur autorisé pour 12 $.

Sur la catégorie Fleurs séchée de 1 à 15 g, la marge annoncée par la SQDC est de 14,9 %.

14,9 % du 12 $ du coutant de la SQDC = 2,10 $

À cette marge normale, il faut ajouter la marge fixe de 1,05 $ par gramme.
On multiplie les 3,5 g de notre exemple par 105 sous. Le total est maintenant de 5 775 $.

Et c’est là qu’arrive la marge protégée.

La marge protégée varie en fonction du produit.
1,85 $ par gramme pour les fleurs séchées
Mais 5,90 $ pour un gramme de hash.

Si on reprend notre exemple initial d’un pot de fleurs séchées de 3,5 g, la marge protégée est de 1,85 $ par gramme.

On a maintenant calculé nos deux marges et la SQDC va choisir le montant de la marge protégée si elle est plus élevée que le résultat du calcul de base.

Dans notre exemple, le coutant de la SQDC est de 12 $ pour un pot de 3,5 g.
La marge de 14,9 % égale 2,10 $ auquel nous additionnons la marge fixe de 1,05 $/g soit 3 675 $ pour un total de 5 775 $.

Nous devons comparer le calcul de base soit 5 775 $ à la marge protégée qui est de 1,85 $ qu’il faut multiplier par 3,5 g soit un total de 6 475 $

D’un coté, 5,775 et de l’autre 6 475 $

Comme la marge protégée est plus grande, c’est le montant que va utiliser la SQDC.
Le prix avant taxe devient donc 12 $ plus la marge protégée de 6 475 $ soit un total de 18 475 $

Il faut maintenant ajouter les taxes fédérales et provinciales pour un prix de vente final de 21,24 $ qui est arrondi au dixième supérieur soit 21,30 $.

Quelles seront les conséquences de cette nouvelle grille pour l’industrie?
Je ne sais pas.
Mais le trésor québécois devrait être heureux des performances de la SQDC.

Est-ce que ces prix que la SQDC juge trop bas vont réactiver le marché noir?
Trop tôt pour le dire.
Mais on pourrait assister à une professionnalisation du marché médical.

Ailleurs au Canada, on fait les choses différemment. Prenons le marché de la Nouvelle-Écosse. Je le rappelle, la Nouvelle-Écosse a un régime similaire à celui du Québec. Un monopole total de la distribution. Mais vous allez voir que cette province à une autre vision du cannabis, mais aussi de l’alcool.

La société des alcools de la Nouvelle-Écosse fait des ajustements de prix ce printemps. En effet, le coût de l’alcool va augmenter de 3,5 pour cent, tandis que les prix du cannabis baisseront de 2,75 pour cent.

Le NSLC a opté pour une augmentation globale de 3,5 % afin d’éviter toute modification radicale des prix.

«En procédant ainsi, les gens ne verront pas de hausses massives sur des produits particuliers, mais plutôt des hausses réparties sur des produits similaires», a déclaré la porte-parole de la NSLC.

Sur le front du cannabis, les prix baissent, une tendance qui se poursuit depuis l’introduction initiale du cannabis légal. «Nous continuons à voir les prix du cannabis baisser à mesure que de plus en plus d’entreprises s’installent dans cette industrie relativement nouvelle», a déclaré M. Ware.

Les changements de prix sont entrés en vigueur le 25 mars.

Si vous êtes insatisfait de la SQDC parce qu’elle est un monopole, le leadeurship de la Nouvelle-Écosse qui est aussi régi par un monopole devrait vous forcer à réfléchir autrement.

Ok, on passe à l’actualité nationale.
Ben oui, Santé Canada vient de changer sa règlementation et cela pourrait avoir de gros impacts dans l’industrie.

Dès le 19 avril de cette année, et la je traduis le plus texto possible, Santé Canada commencera à accorder l’autorisation de vendre des produits de cannabis séchés et frais à tous les détenteurs de microlicences et de licences de traitement standard au cours du processus d’autorisation initial, sans qu’il soit nécessaire de soumettre une demande de modification des ventes.

Et qu’est-ce que cela veut dire précisément?

Cela veut dire qu’un PA qui a une licence existante qui n’autorise pas la vente de produits de cannabis séchés et frais pourra se faire réémettre une licence avec des conditions modifiées dans les 90 prochains jours.

Un PA avec une telle licence sera autorisé à vendre des produits de cannabis séchés ou frais aux distributeurs au détail provinciaux autorisés une fois que leur licence aura été modifiée.

Pourquoi Santé Canada prend une telle décision 3 ans après le début de la légalisation?
Cette décision serait fondée sur le risque plus faible associé à la production de produits de cannabis séchés et frais. Mais Santé Canada confirme aussi qu’aucune modification n’est apportée aux exigences règlementaires.

Ce changement devrait diminuer les efforts requis pour respecter la charge règlementaire des détenteurs de licences tout en donnant aux nouveaux détenteurs de licences la possibilité de mettre plus rapidement leurs produits sur le marché.

Ce changement règlementaire ne s’applique pas pour l’instant aux producteurs d’extraits, de produits topiques et de produits comestibles du cannabis. Comme la transformation apporte son lot de difficultés supplémentaires, Santé Canada à décider d’attendre pour ces catégories de produits.

Mais en pratique, cela veut dire quoi?

Pour les provinces comme le N-B qui permettent la vente à l’usine, cela pourrait vouloir dire que les microproducteurs vendraient directement aux consommateurs. Quand on sait qu’un microproducteur peut donner à son emballeur-revendeur au moins 100 000 $ par an, cette nouvelle règlementation pourrait favoriser l’essor de la microproduction au Canada.

La plupart des observateurs parlent d’une facilité accrue à commercialiser plus rapidement de nouveaux produits.

Est-ce que les microproducteurs vont pouvoir vendre directement à la SQDC?
Je ne suis pas sur, mais c’est ce que je comprends.
Est-que la SQDC va augmenter ses exigences règlementaires pour éviter un déferlement de nouveaux points de contact?
C’est possible.

Mais il est clair que les plus petits joueurs avec une licence micro ou standard seraient heureux de pouvoir couper un intermédiaire entre eux et la SQDC. Évidemment, cela aurait des conséquences immédiates sur ces intermédiaires qui sont aussi producteurs et compétiteurs des sociétés auxquels ils offrent des services.

Ok, si on veut parler de l’avenir du cannabis au Canada, il faut penser aux États-Unis, notre petit voisin.

Le Congrès américain fait un nouvel effort pour réduire les interdictions fédérales et cette fois, la Chambre des représentants a adopté une loi pour légaliser le cannabis partout sur le territoire américain, éliminant ainsi toutes sanctions pénales pour la fabrication, la distribution et la possession. Le vote a été de 220 pour et 204 contre.

Le Marijuana Opportunity Reinvestment and Expungement Act permettra aussi des procédures de pardon et la création d’une taxe sur la vente des produits du cannabis.

Le dossier progresse, mais rien n’est assuré. Heureusement, instruits des difficultés du marché canadien, les Américains réfléchissent déjà aux taxes d’accises trop élevées qui nuisent à une industrie légale qui côtoie un marché illégal très bien organisé. De plus, Biden, après avoir promis la lune pour être élu, a choisi de rester silencieux sur le sujet en plus de présenter un plan de dépenses presque anticannabis.

Les grands géants canadiens rêvent de pouvoir aller vendre aux États-Unis. Tant mieux s’ils peuvent rêver. Espérons seulement qu’ils ne rêvent pas parce qu’ils sont endormis.

Personnellement, c’est l’inverse qui m’inquiète pour l’industrie canadienne. Pendant combien de temps le législateur canadien pourra-t-il empêcher nos voisins d’exporter leur cannabis au Canada? La Californie produit déjà du pot de terroir avec appellation contrôlée… Quel Canadien amateur de pot ne voudra pas tester ce genre de produit? Oui, les États-Unis sont un marché affriolant. Mais regarder qui remplit votre supermarché. Les Québécois achètent en hiver des poivrons du Chili qui transitent par les États-Unis. Nous sommes incapables d’importer directement on dirait… Et les produits de consommations courantes appartiennent majoritairement à une dizaine de grands groupes américains. Et soudainement, nous serions capables de nous opposer à cette machine?
Imaginons qu’ils n’acceptent que des produits GMP?
Cela élimine presque l’ensemble des producteurs autorisés canadiens qui n’ont pas jugé bon de s’astreindre à ce standard de qualité.

D’ailleurs le discours des géants canadiens est en constante évolution. Il y a un an, Canopy prévoyait des ventes de 1 milliard. Cette année, on parle de la moitié. Cette réduction drastique des objectifs existe partout dans l’industrie canadienne. À un tel point que nos bons géants ont adopté un nouveau mantra selon le journaliste Matt Lamers de MJBiz.

«Nous ne sommes pas là pour la part de marché, nous sommes là pour faire du profit».

Le discours s’adapte à la réalité. Hé.

Mais l’inverse est vrai aussi.
Pas au Canada, mais en Argentine où on vient d’inventer une nouvelle formule pour le cannabis médical…

Dans une initiative qui n’est pas sans rappeler les Clubs Sociaux de Cannabis, l’Argentine va permettre aux patients de faire cultiver leur cannabis par des organisations à but non lucratif agréées et autorisées.

Une ONG regroupera un maximum de 150 personnes pour la culture intérieure et extérieure.

Le programme baptisé REPROCANN détermine le nombre de plants par personne, soit 9 plants qui pourront être cultivés sur des surfaces maximums de 6 m2 en intérieur et de 15 m2 à l’extérieur.

À ma connaissance, il n’y a que la Suisse, pour l’instant, qui prévoit instaurer ce concept des clubs de cannabis.

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine.

On termine avec une nouvelle que je trouve très révélatrice des avancés récentes de l’industrie du cannabis. Au cœur de l’expérience du consommateur de cannabis, il y a cette relation entre lui et l’entreprise qui produit. Comment intensifier cette relation dans un univers règlementaire ou le marketing est interdit plus ou moins? Avec un centre d’appel! Et oui, l’industrie des centres d’appels réagit à la normalisation du cannabis en proposant de nouvelles offres de service spécifique au cannabis.

Aux États-Unis, pas au Canada.

Le raisonnement est simple…
Plus de deux Américains sur 3 supportent la légalisation du cannabis et selon Pew Research, les services de centres de contact prennent une plus grande importance stratégique. Les offres se structurent et des livres blancs, les whites papers en anglais, qui proposent des réflexions spécifiques sur les besoins de l’industrie du cannabis sont maintenant disponibles. Ça c’est nouveau et c’est un signal de confiance envers le développement de l’industrie américaine du cannabis.

Ok une autre avant d’y aller!

Le magazine Time fait chaque année une liste des 100 entreprises les plus influentes du monde. Pour la première fois, une compagnie de cannabis apparait dans ce top 100!
Qui est cette compagnie?

SFX

Curaleaf.
Curaleaf existe depuis 2010 et opère 26 sites de cultures et 128 dispensaires dans 23 États différents avec 5 600 employés.

«Le fait d’être reconnu comme l’une des entreprises les plus influentes du monde par Time confirme une fois de plus que notre travail permet de briser la stigmatisation de la plante, de construire une industrie équitable et passionnante, de lancer de nouveaux produits innovants pour une large base de consommateurs et de soutenir concrètement les communautés que nous servons», a déclaré Joe Bayern, PDG de Curaleaf US, dans un communiqué.

Le futur est déjà là!
Pas au Québec, mais un jour peut-être.
1
Et voila, c’était le 99e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com.
Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez!
Bonne semaine.
Beaucoup de bienêtre.
Et bon chanvre!

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Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

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#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

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Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#98 Deux visages de la lutte aux parasites

#98 Deux visages de la lutte aux parasites

Alors que la plupart des gens éprouvent du dédain pour les insectes, Camille est attiré par eux. Son entreprise, Lady Bug Phytoprotection, fait de la gestion intégrée pour les producteurs autorisés dans l’industrie du cannabis, mais elle offre aussi ses services à M et Mme tout le monde.

Lady Bug est une entreprise spécialisée dans la lutte antiparasitaire avec des techniques de contrôle biologique qui utilise des prédateurs naturels et des produits antiparasitaires approuvés par Santé Canada.

Mais comment devient-on Lady Bug?

Liens de l’épisode

Groupe de discussion Facebook : Lady Bug Phytoprotection https://www.facebook.com/groups/378994473265000

Page Facebook de l’entreprise 

https://www.facebook.com/ladybugphytoprotection

Instagram : ladybug.mtl

https://www.instagram.com/ladybug.mtl/

Chaîne Youtube

https://www.youtube.com/channel/UCWzRfuc9EXIKdaimsGT2qkA

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

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#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

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Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

#97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

#97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

L’irradiation est une technologie. Un outil pour certaines taches. Rien de plus.

Mais pourquoi est-il impossible de savoir si nos produits de cannabis préférés à la SQDC sont irradiés?

Pourquoi le logo de l’irradiation, le radura, est-il absent des étiquettes de tous les produits vendus au Canada?

On tente de faire le tour de la situation en explorant les alternatives disponibles et en faisant une petite enquête!

L’irradiation n’est ni un remède ni une garantie.

Bonne écoute!

 

Liens de l’épisode

Research looks at effects of irradiation on cannabis

Quelles variétés de cannabis de la SQDC préférez-vous?

Cannabis Irradiation: Canada’s Hot Topic

THE SCIENCE OF IRRADIATION

The effect of cannabis dry flower irradiation on the level of cannabinoids, terpenes and anti-cancer properties of the extracts

Irradiation des aliments

Ce qu’il faut savoir sur l’irradiation du cannabis

Plasma treatment as an alternative to cannabis irradiation

Effects of cold plasma, gamma and e-beam irradiations on reduction of fungal colony forming unit levels in medical cannabis inflorescences

Effects of cold plasma, gamma and e-beam irradiations on reduction of fungal colony forming unit levels in medical cannabis inflorescences

Maladies d’origine alimentaire

Comparison between eb, gamma, and x-rays facilities for radiation processing

Innodal

DES PROCÉDURES À GÉOMÉTRIE VARIABLE

OGM Québec

Cell phone popping popcorn!

Transcription de l'épisode 97

#97 Un problème de cannabis irradié à la SQDC?

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot…  votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous ! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ?

Aujourd’hui on discute des produits irradiés qui sont vendus à la SQDC. 

Existe-t-il un problème de cannabis irradié de la SQDC?

Et si oui, de quelle nature?

Quoi, vous ne saviez pas que les producteurs autorisés utilisent l’irradiation? 

C’est un peu normal que vous ne le sachiez pas…

On va y revenir.

Alors ensemble pour tenter de comprendre la situation, on va faire le tour de ce questionnement.

Pourquoi les producteurs autorisés utilisent-ils l’irradiation?

Quels sont les avantages pour eux? Et pour vous, il y en a des avantages?

Quelle est la position de la SQDC dans ce débat?

Etc.?

Alors, par où commencer? 

Peut-être par le traitement journalistique initial au Québec. 

La première fois que les Québécois et les Québécoises peuvent lire un texte qui évoque l’irradiation du cannabis, c’est le 4 janvier 2019 dans un article d’Annabelle Blais du Journal de Montréal. Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode. 

À l’époque il y avait seulement 47 variétés de fleurs à la SQDC et déjà l’irradiation était au coeur de la discussion sur la qualité des produits. Mme Blais sollicite dans son article l’avis de José Martinez qui dit et là je cite l’article texto:

«Ça tue les bactéries, mais attaque aussi l’intégrité des terpènes», déplore José Dominguez, qui est un maître cultivateur.

Quelques jours plus tard, le concurrent La Presse donne la parole à un américain qui affirme que l’irradiation n’est pas une bonne idée. Donc, on positionne d’emblée l’irradiation au centre de la discussion sur les qualités organoleptiques du cannabis. Dans un ouvrage intitulé Le Petit Livre vert du cannabis publié en 2018, les journalistes de La Presse  et auteurs du livre Tristan Péloquin et Philippe Mercure évitent le sujet. C’est très surprenant. Je vais y revenir plus tard pour expliquer autre chose.

Et si on commence par simplement comprendre, c’est quoi l’irradiation?

 

Hein, pourquoi ne pas essayer de comprendre précisément ce qu’est l’irradiation? 

Pour ne pas faire compliqué, on commence avec les explications de la SQDC

L’irradiation, peut-on lire sur son site, est le procédé par lequel on expose un produit à des rayons (généralement gamma ou rayon X), dans le but d’éliminer les bactéries, de prévenir la contamination et la moisissure et ainsi, de prolonger le temps de conservation.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Qu’est-ce que je disais?

Ah oui, c’est quoi l’irradiation?

Vous avez un four microonde?

Pas moi. J’ai une bouilloire. 

Et je fais mon popcorn à l’air chaud ou dans un chaudron familial qui a  au moins 80 ans…

Donc le four microonde est inventé en 1947 par un chercheur américain. Le gars travaillait sur des technologies de radar quand il s’aperçoit que tout fond autour de lui. Après plusieurs développements technologiques, en 2022, le four microonde a perdu en popularité sauf dans la restauration ou il est toujours très utilisé. De plus en plus en fait. Ma belle m’a raconté que lors de son dernier voyage en France, elle a vu une petite affiche dans la fenêtre d’un restaurant qui disait Cuisine faite maison

Que ce soit dans votre microonde ou dans un centre de traitement du cannabis, un rayonnement, c’est de l’énergie sous forme d’ondes invisibles.  Il existe plusieurs types d’irradiation. On va y revenir. 

Mais il est important et utile de contextualiser la dangerosité du cannabis en la comparant aux intoxications alimentaires avant d’aller plus loin.

Santé Canada explique que les maladies d’origine alimentaire, les empoisonnement ou intoxication alimentaire surviennent lorsqu’une personne tombe malade à la suite de l’ingestion de nourriture contaminée par un microorganisme nuisible, qu’il s’agissent de bactéries, de parasites ou de virus. 

Pensez à ce que représente le danger de manger… 

Quand avez-vous été malade la dernière fois après avoir mangé un plat transformé ou une salade? Et bien, c’est 4 millions de personnes qui chaque année vont être victimes d’une intoxication alimentaire. 4 millions. Juste pour le Canada.

Hey merci MJ!

Cela représente 240 morts par an.

11 500 hospitalisations.

Combien de rappels alimentaires? Entre 60 et 80…

Voici quelques chiffres:

Juste pour nous donner une perspective, l’irradiation commence en 1958 aux États-Unis.

L’industrie du cannabis, comme toutes les autres industries canadiennes ont des obligations et un devoir de protection. Mais ses dangers intrinsèques sont toujours évoqué de façon spectaculaire. Une simple comparaison avec l’industrie de la transformation alimentaire permet de relativiser cette vision apocalyptique.

Revenons à l’irradiation. Dans un contexte plus large, cette technique et ses variations ont beaucoup d’autres usages. L’irradiation sert à stériliser les instruments médicaux ou à zapper certains cancers. Dans l’industrie alimentaire, l’irradiation est vraiment employée à toutes les sauces pour réduire les risques de contamination tout en augmentant la durée de vie des produits. 

La SQDC affirme ensuite que et la, je cite texto, Contrairement à la croyance populaire, la pratique d’une irradiation réglementée ne dégrade pas la qualité du cannabis. Elle réduit plutôt les risques de contamination, pour les produits et pour les consommateurs. 

L’humidité de la fleur ne serait pas modifiée par l’irradiation, mais réduirait un peu la présence de certains terpènes. Comme tout le monde, la SQDC cite l’étude de Arno Hazekamp réalisé en 2016. Au final, ce sont les exigences de Santé Canada qui dirigent les actions des producteurs autorisés afin de satisfaire à ces dernières. Donc certains PA irradient tous ce qu’ils produisent. D’autres se contentent de faire traiter uniquement certaines récoltes problématiques. Enfin, certains grâce à leur méthode de production efficace n’ont pas besoin d’irradier leur production. 

Parce que le mot irradiation fait penser à l’énergie atomique, la SQDC consacre un petit chapitre à l’absence de dangerosité du processus pour les humains, quelque soit sa consommation de cannabis. Elle conclut en affirmant ce qui suit:

Les producteurs de cannabis utilisent l’irradiation pour les mêmes raisons que les producteurs agroalimentaires : pour détruire les bactéries, les moisissures et les levures potentielles, et pour lutter contre une éventuelle infestation de parasites. Pour les producteurs, cette méthode constitue le moyen le plus efficace de respecter la réglementation stricte de Santé Canada en matière de sécurité des produits.

Pour en savoir davantage au sujet de l’utilisation de l’irradiation sur les produits que vous consommez, vous pouvez communiquer avec nos fournisseurs accrédités.

L’irradiation ne sert pas que dans le domaine de l’alimentation ou dans le cannabis.

L’irradiation, c’est aussi la stérilisation des objets. Pensez à un scalpel…ou à une sonde.

Il y a quelques années, une enquête journaliste a révéler que certaines sondes qui devaient servir une seule fois étaient systématiquement réutilisées… après irradiation évidemment.

L’irradiation sert dans de nombreux traitements contre le cancer.

Il y a aussi des applications industrielles. Dans l’industrie de la joaillerie, on utilise l’irradiation pour transformer la couleur de certaines pierres précieuses comme la topaze. Je ne savais pas…

En passant, votre téléphone aussi émet des radiations… Mais pas assez forte pour souffler votre, mais, c’est sur.  

Ohohohohoh. Je retire ce que je viens de dire. Par curiosité, je me suis dit, est-ce possible de faire éclater du maïs avec plusieurs téléphones? La réponse est oui. Avec un seul téléphone? Oui aussi. Les curieuses vont trouver un vidéo dans les notes…

OK.

En 2022, quels sont les produits alimentaires qui peuvent être légalement irradiés? 

Le site de Santé Canada précise que seuls les pommes de terre, les ognons, le blé, la farine, la farine de blé entier, les épices entières et moulues ainsi que les assaisonnements déshydratés. Le cannabis ne fait pas partie de cette liste.

Mais l’irradiation n’est pas obligatoire et  reste un choix du producteur alimentaire. Est-ce que tous les cas d’intoxications sont causés par des produits irradiés, non irradiés ou mal irradiés? Impossible de savoir. Pour moi en tout cas.

Là où ça devient intéressant, c’est que les produits irradiés doivent être signalés par le symbole international de l’irradiation. Mais ce n’est pas tout…l’étiquette doit mentionner le produit irradié. Si l’ingrédient irradié constitue plus de 10% du produit final, il sera mentionné comme irradié sur l’étiquette. Par exemple, imaginons un produit qui contient 10 ingrédients irradiés. Parmi ces 10 ingrédients, un seul fait moins de 10% du produit final. Alors l’étiquette devra mentionner les neuf autres comme étant irradiés en plus d’afficher le radura…

Le radura est le nom officiel du logo qui signale l’irradiation.

En soi, l’irradiation n’est pas une garantie. Il s’agit d’une mesure de réduction des risques. Si votre pot a un mauvais gout avant l’irradiation, il aura un mauvais gout après l’irradiation. Et ainsi de suite.

Dans la vraie vie, on ne peut pas zapper n’importe quoi, n’importe comment. 

Au Canada, c’est l’Agence canadienne d’inspection des aliments, l’ACIA, qui gère l’application des règles qui soutiennent la Loi sur les aliments et drogues.

C’est le Règlement sur les aliments et drogues qui s’occupe de toute la poutine comme les types et sources de rayonnement approuvés et le protocole du traitement. 

Quoi?  

Il y a plusieurs sortes d’irradiations? 

Et oui… 

Et les producteurs autorisés ont leurs préférences. Au Canada, il y a 3 sources de radiation approuvées pour dans le domaine alimentaire. Les faisceaux d’électrons, les rayons X et les rayons gamma…

Les rayons gamma proviennent du Cobalt 60 ou du Césium 137. Ils sont utilisés couramment pour stériliser les produits médicaux, dentaires et ménagers et sont également utilisés pour le traitement du cancer par rayonnement.

Les rayons X que tout le monde connait sont une réflexion d’un flux d’électrons, une sorte de rayonnement électromagnétique comme la lumière, mais avec une longueur d’onde plus petite qui lui permet de traverser la matière.

Finalement le faisceau d’électrons ou e-beam qui est similaire aux rayons X. 

 Mais les 3 technologies offrent des avantages et des inconvénients discutent. 

Donc dans un monde parfait, chaque facilité devrait offrir les 3 solutions pour faire face à chaque type d’usage. J’ai trouvé une étude qui date de 2020 qui démontrerait que les faisceaux d’électrons seraient la meilleure solution pour le cannabis car elle couterait moins cher et serait plus facile à utiliser que les rayons gamma… En fait, chaque source à ses particularités physiques. Les faisceaux d’électrons sont unidirectionnels et fonctionnent bien une boite à la fois sur un système de convoyage simple. Les rayons X peuvent traiter plusieurs objets sur un système de convoyage élargi, mais le traitement est plus lent qu’avec les faisceaux d’électrons. Finalement, les rayons gamma émettent dans toutes les directions. Cela permet d’utiliser une dose plus faible pour traiter plusieurs objets, boites ou contenants sur des systèmes de convoyages complexes.  J’ai trouvé un document fascinant d’une centaine de pages qui fait le tour de la question. Son titre est Comparaison entre les installations de traitement des rayonnements Eb, gamma et rayons X. Il y a un lien dans les notes de l’épisode.

Toute l’industrie du cannabis utilise une recherche, la même que celle mise de l’avant par la SQDC, pour prouver que l’irradiation est une bonne solution pour le cannabis.  

Il s’agit d’un papier d’Arno Hazekamp.  Hazekamp, né en 1976, est un néerlandais qui s’est créé une belle réputation en travaillant avec la société Bedrocan en Hollande. Il a déjà 61 publications derrière la cravate. Une licence en biologie moléculaire, une  maitrise en sciences biopharmaceutiques et une thèse publiée en  2007 sur l’utilisation médicale du pot. En 2016 Hazekamp décide de s’intéresser aux effets de l’irradiation du cannabis avec les rayons gamma. Ses conclusions sont claires: 

1. L’irradiation n’affecte pas la qualité des fleurs de cannabis.

2. L’irradiation ne rend pas le cannabis plus sec.

3. Les terpènes souffrent de l’irradiation, mais leurs profils restent facilement identifiables.

Cette recherche confirme des résultats similaires obtenus avec de la coriandre quelques années plus tôt. Avec le pragmatisme des Bataves, Hazekamp affirme que cette perte de terpènes causée par l’irradiation correspond à une perte similaire quand on laisse une fleur de cannabis sur le comptoir de sa cuisine pendant une semaine. Si vous procédez à la décarboxylation de votre stock avant de le fumer, il y a de fortes chances que vous avez fait disparaitre des terpènes. 

La bonne nouvelle ? 

Si l’irradiation détruit certains terpènes, aucun nouveau composé n’est formé donc aucune dégradation qui produirait des nouveaux composée. On peut parler d’une simple évaporation des terpènes.

J’ai déjà écouté Hazekamp discuter de cannabis… Il est brillant. Mais, mais , mais, rappelons que Hazekamp travaille pour Bedrocan, le géant du cannabis médical qui utilise largement l’irradiation. Je ne dis pas que le chercheur est de mauvaise foi. Je dis qu’il ne nomme aucun conflit d’intérêts dans sa recherche, ce qui est discutable en soi. Pas la personne. Le contexte.

Comme toute l’argumentation de la SQDC ou de l’industrie repose sur cette recherche unique, je vais mettre sur pause pendant quelques secondes pour prendre un peu de recul…

Le Canada a légalisé le cannabis en se basant sur de multiples études. En même temps, la France se sent obligée, malgré les tonnes de recherches publiées, la France donc se sent obligée de procéder à ses propres recherches. Et hop on part pour une expérimentation de trois ans afin de  vérifier que les Canadiens ne se sont pas trompés. Chaque pays semble vouloir faire ses propres recherches malgré tout ce que l’on sait déjà. C’est bien. 

Le Québec fait la même chose avec le gouvernement actuel qui va financer des recherches pour démontrer la dangerosité du cannabis. J’en ai parlé dans l’épisode #78 intitulé Balade dans la tête du législateur. Voici ce que je disais:

Le but ultime du programme de recherche proposé est clair: il vise à améliorer les connaissances sur la consommation de cannabis à des fins non médicales dans une perspective de prévention et de réduction des méfaits.

On ne tente absolument de comprendre les bienfaits du cannabis. Ici, le gouvernement ne s’intéresse qu’à la dangerosité du cannabis. Aucunement à ses  bienfaits. C’est la vie, c’est comme ça. 

OK. Ça prend beaucoup de recherches pour prouver ce que tout le monde sait. Ça prend beaucoup, beaucoup, beaucoup de recherches dans beaucoup, beaucoup, beaucoup de pays.

Mais ici,  on a une étude, une seule étude, publiée par un scientifique qui utilise commercialement la solution qui est le sujet de son étude. 

Précaution oratoire. J’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de respect pour Bedrocan qui s’est retiré du marché canadien qu’il trouvait trop tout croche et pour Hazekamp, un vrai phare dans son genre. 

Mais d’un côté, il faut faire des recherches pendant des années, les mêmes recherches d’ailleurs, mais ici, comme ça, par hasard, une seule étude doit suffire pour faire taire ceux et celles qui ont des doutes. L’étude est publiée en 2016. Pourquoi personne ne s’intéresse aux autres recherches sur le même sujet? Je vous donne un exemple, un seul exemple. Une recherche de 2020. Une recherche menée avec une licence de Santé Canada. Une recherche sans accroc éthique. Le titre original The effect of cannabis dry flower irradiation on the level of cannabinoids, terpenes and anti-cancer properties of the extracts.

Ma traduction: L’effet de l’irradiation de la fleur sèche de cannabis sur le niveau des cannabinoïdes, des terpènes et des propriétés anticancéreuses des extraits.

Les chercheurs ont testé 4 variétés de cannabis. Après irradiation, les cannabinoïdes et les terpènes ont été testés.

L’irradiation des fleurs a entrainé une augmentation du niveau de cannabinoïdes. 

On a également constaté une augmentation de la teneur en terpènes chez certains cultivars. 

Si on arrête là, on peut de dire, mais c’est merveilleux l’irradiation si elle permet une augmentation du niveau de THC… MAIS, MAIS, MAIS… La recherche démontre que l’irradiation des fleurs a modifié les propriétés anticancéreuses de trois des quatre extraits testés.

Et là je vais citer texto une partie de la conclusion de l’étude: 

L’analyse de l’effet antiprolifératif des extraits sur plusieurs cellules cancéreuses a également révélé des changements dépendant du cultivar. Cela peut potentiellement poser un problème si les propriétés médicinales de cultivars spécifiques ont été étudiées avant l’irradiation et que le produit effectivement utilisé pour traiter les patients a été fabriqué à partir de tissus irradiés. Notre recherche met en évidence ce problème potentiel qui peut être évité en étudiant les propriétés médicinales d’un cultivar de cannabis donné après l’irradiation des fleurs. 

Vous réalisez l’importance de la conclusion? L’irradiation détruit les propriétés anticancérigènes des fleurs irradiées… C’est immense. C’est très perturbant comme résultat de recherche. Une étude, je le répète, effectuée avec une licence de recherche octroyée par Santé Canada. 

J’en entends dans le fond du café qui se moque en disant: OUINN Luc, c’est juste une recherche. Une seule recherche… 

Voyez la situation dans laquelle on se retrouve?

D’un côté, les autorités justifient l’irradiation sur la base d’une seule recherche. Une bonne recherche. Une belle recherche. Avec Bedrocan et Hazekamp, une gang de génie. Une gang de génie qui utilise l’irradiation pour survivre commercialement.

De l’autre côté, une recherche canadienne qui prouve que l’irradiation nuit à certaines propriétés médicales du cannabis. Mais ce n’est pas tout. Imaginons qu’on producteur québécois réussisse à produire une fleur qui flirte avec la limite de 30% de THC. Et bien, si ce PA fait irradier ses fleurs, il pourrait théoriquement se retrouve avec du stock qui serait au-delà de la limite permise et pourrait être obligé de reprendre sa production qui serait refusée par la SQDC… 

Alors on fait quoi quand plus de 80% des producteurs autorisés canadiens font irradier leur production?

Une étude de 2016 dit que l’irradiation, c’est du bonbon et une autre de 2020 qui dit que l’irradiation détruit certaines propriétés du cannabis… On fait quoi? 

La première question qui me vient à l’esprit? Quelles sont les alternatives?

Oui, il y a des alternatives… Les traitements au plasma par exemple.

Les supporteurs de cette technologie affirment que l’irradiation pour tuer le méchant dans les cocottes de pot, c’est comme utiliser un bazooka pour tuer une mouche. Pourquoi traiter tout le matériel biologique quand la contamination n’existe qu’à la surface des fleurs? Pourquoi irradier quand on sait que certains pays européens interdisent cette pratique? 

Ici l’idée est stérilisée sans irradier. Et c’est possible avec le plasma.

  • En biologie, le plasma est une Partie liquide du sang au sein de laquelle les cellules sanguines sont en suspension. En physique, le plasma est un état de la matière portée à très haute température, composé de molécules gazeuses, d’ions et d’électrons. Ainsi un gaz peut être transformé en plasma.
  • Il y a aussi du plasma dans le vaisseau Entreprise de la série Star trek. 
  • Ma belle et moi on s’amuse souvent à reprendre la séquence d’un épisode ou le capitaine crie PLASMA VENTING après avec été frappé par une torpille quantique. Le capitaine Picard si ma mémoire est bonne…
  • Un traitement au plasma ne pénètre pas profondément le cannabis. Il agit uniquement en surface pour tuer  les bactéries  et microbes sans toucher le reste de la fleur. Si la technologie est complexe, son utilisation ne nécessite pas un doctorat… C’est aussi simple que de mettre une pizza au four. Ou comme faire chauffer de l’eau dans un four microonde/.
  • Tu ouvres la porte, tu places ton stock et tu choisis le programme et hop tu attends la sonnerie. Comme sur tous les nouveaux fours, tu peux choisir un programme qui autonettoie l’appareil après un traitement pour éviter de contaminer la fournée suivante. 
  • Voilà une alternative intéressante. Il y en a d’autres.
  • J’ai découvert une société québécoise qui s’appelle Innodal. Innodal offre une nouvelle gamme de solutions antimicrobiennes. J’ai écouté un court vidéo sur YouTube et j’ai décidé d’appeler la compagnie pour en savoir plus. Vous auriez dû me voir au téléphone quand j’ai reconnu la voix du gars qui faisait la démonstration dans le vidéo. C’était Laurent Daillaire, le grand boss, qui a répondu… On a eu une longue discussion et il m’a dit qu’Innodal avait pensé explorer les problématiques spécifiques à l’industrie du cannabis. La solution qu’il propose utilise des peptides qui ne produisent aucune modification de la composition de l’aliment ou de ses propriétés organoleptiques. C’est aussi une solution facile à installer et à utiliser qui permet un

dosage précis dans un environnement de Grade alimentaire.  Une telle solution pourrait facilement être installée chez le producteur autorisé, ce qui évite des frais de transport et de manutention, entre autres. 

Ça, c’est une solution québécoise.

  •  

Si on veut intervenir encore plus en amont, on peut regarder ce que fait un producteur autorisé comme Flowr qui a décidé d’offrir un produit sans irradiation pour se différencier de la compétition en développant des systèmes de culture intégrés dans des environnements hypercontrôlés pour faire pousser des cultivars de qualité supérieure.  Évidemment, ils ne sont pas les seuls à être capables de produire de fleurs non irradiées. Il y a aussi des producteurs québécois qui réussissent le même exploit. Juste Feu est un bel exemple chez les maitres cultivateurs. Il y a peut-être des PA avec une licence standard qui procèdent de façon similaire. Si vous en connaissez, faites-moi signe. 

En 2020, une fleur non irradiée peut être un différenciateur important. Malheureusement, il est impossible de savoir si un produit est irradié quand on achète à la SQDC… Pourquoi? C’est là que la situation devient intéressante.

J’ai écrit à la SQDC pour bien comprendre la situation. Dans mon courriel, je mentionne l’obligation pour les produits irradiés d’être clairement identifiés par le sceau, / appelé radura qui porte la mention bilingue Irradié/irradiated…

Dans le même courriel à la SQDC, je rappelle l’article de Tristan Péloquin de La Presse dont j’ai parlé au début de l’épisode

Dans son texte du 22 janvier 2018 intitulé Des procédures à géométrie variable, soit 8 mois avant l’adoption des textes définitifs de la Loi sur le cannabis  M. Péloquin dit ceci:

Bon à savoir : l’emballage doit indiquer que les produits sont irradiés, au moyen d’un logo et d’une mention. Le cannabis irradié devrait donc s’afficher ainsi. 

J’ai donc demandé à M. Fabrice Giguère  de m’expliquer les raisons pour lesquelles ce logo est absent de tous les produits irradiés vendus à la SQDC. 

Dans le fond du café, je viens d’entendre c’est comme ça partout au Canada… Ce n’est pas mieux… 

Avant de partager avec vous les éléments de réponse du porte-parole de la SQDC, je veux simplement préciser que les fleurs de cannabis ont toujours été depuis le début de l’humanité, un produit comestible. Que ceux et celles qui ne se sont jamais fait une tisane d’herbes lèvent la main… 

Pas une main de levé ici…

D’ailleurs je viens de vérifier qu’un produit qui s’appelle Tisane Lavande Camomille de la compagnie Everie est disponible à la SQDC. Il s’agit officiellement d’une infusion selon la description officielle sur le site du pusher d’État. 

Je vous cite maintenant texto la première partie de la réponse de M. Giguère de la SQDC:

Tout d’abord, sachez que le cannabis comme tel n’est pas catégorisé comme un produit comestible. Le cannabis comestible est l’une des grandes familles de produits de cannabis. Ce n’est pas parce que l’on peut théoriquement manger une fleur séchée qu’il s’agit d’un produit de cannabis comestible aux yeux de la loi. Cependant, nous pouvons en faire des produits comestibles qui sont définis comme suit dans le Règlement sur le cannabis de Santé Canada : 

 

« Substance ou mélange de substances qui contient, y compris superficiellement, une chose visée aux articles

1 ou

3 de l’annexe 1 de la Loi et qui est destiné à être consommé de la même manière qu’un aliment. Sont exclus de la présente définition le cannabis séché, le cannabis frais, les plantes de cannabis

et les graines provenant de telles plantes. » 

Fin de la citation.

En retirant les fleurs à fumer de la catégorie des produits comestibles, il devient donc normal que les producteurs autorisés n’aient plus l’obligation d’utiliser le radura et les mentions écrites sur l’étiquette.

M. Giguère me fait ensuite remarquer que l’article de Péloquin précède de plusieurs mois l’adoption du texte final de la Loi sur le cannabis de 2018 et qu’il n’est peut-être plus à jour.

Évidemment, je le savais. 

J’espérais que la SQDC apporterait des informations supplémentaires pour éclairer les changements de dernières minutes adoptés par le législateur canadien. 

Il est possible de consulter les échanges entre les élus au moment des négociations sur les éléments de langage finaux, mais je n’ai pas eu le temps. On peut penser que les lobbyistes du cannabis ont négocié cet aménagement sémantique qui simplifie leur travail au niveau de l’étiquetage. Entre autres.

Nous sommes ici, je crois, dans une guerre classique de l’étiquette. Je vous donne un exemple ridicule, mais très parlant. 

Vous avez déjà utilisé un aérosol d’huile comme PAM? C’est un contenant rempli d’huile végétale et sur l’étiquette, c’est écrit qu’une portion de ce produit, un pussshhhttt à la fois, contient zéro calorie. Le contenant est plein d’huile et le pussshhhttt de base représente zéro calorie. Comment est-ce possible? 

Facile, tu t’arranges pour que la dose de ton produit soit inférieure à la dose minimale reconnue par SC. Tu calibres avec tes ingénieurs le pussshhhttt idéal qui va faire moins que la dose minimale reconnue par Santé Canada. Et hop ton pussshhhttt contient maintenant zéro calorie et les gens qui suivent des régimes aiment ton produit car chaque pussshhhttt contient zéro calorie. Alors 20 pussshhhttt égales 20 fois zéro. Donc on peut en toute sécurité consommer le contenant au complet sans prendre une seule calorie.

La prochaine fois que vous passez dans cette rangée au supermarché, vous pourrez penser à toPot…

Parce qu’il est très professionnel, M. Giguère termine son message en me disant

Si vous désirez avoir plus de détail sur les raisons qui justifient cette règlementation ou pourquoi les fournisseurs prennent la décision de ne pas indiquer que leurs produits sont irradiés sur leur étiquettes, je vous invite à contacter directement Santé Canada ou différents producteurs qui seront mieux placés pour expliquer leurs décisions.  

Je remercie M. Giguère et la SQDC pour leur aide dans mes démarches pour vous expliquer l’absence du radura sur les étiquettes de vos produits préférés.

J’ai tenté de discuter avec quelques acteurs canadiens dans le monde de l’irradiation. Au Québec, j’ai laissé un message à une compagnie situé à Laval. Une compagnie avec un beau site unilingue anglais. On ne m’a pas rappelé. C’est mon erreur. J’ai laissé un message uniquement en français. 

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

OK. Je me ramasse.

J’ai aussi discuté avec Gordon R. Dobrindt du labo Steris en Ontario et Nina Ackah qui est la personne responsable de la qualité des produits chez le PA Freedom cannabis. J’attends des réponses. 

Ma compréhension du texte de Péloquin, le gars de La Presse, est que le législateur a changé d’avis entre le 22 janvier et le moment de l’adoption du texte final. Je cherche à confirmer cette hypothèse et la réponse de la SQDC ne nous a pas éclairés à ce sujet. Aucunement. Mais ce n’est pas son mandat.

Alors on va conclure du mieux que je peux.

Les terpènes qui réagissent le plus à l’irradiation sont les monoterpènes. On parle de pertes qui peuvent varier entre 10 et presque 40%. Cette perte a été comparée à la perte qui se produit quand on entrepose son cannabis dans un sac de papier selon une étude de 1996. On sait aussi que les effets de l’irradiation sur un terpène en particulier peuvent varier en fonction de différents cultivars. C’est peut-être une conséquence non documentée de l’effet d’entourage. Est-ce que le gout et l’odeur des fleurs peuvent être modifiés par l’irradiation? On n’a pas encore de preuves formelles même si on sait que les terpènes sont affectés.

Par contre, ce qui est clair, c’est que l’irradiation ne remplace pas de bonnes procédures normalisées de production. L’absence de ces procédures est une invitation au désastre et à des couts de production plus élevés.

D’ailleurs, un aliment ou une fleur qui a été irradié et identifié comme tel n’est pas un gage d’absence de danger. Pourquoi? Parce qui si vous envoyez vos fleurs sur des palettes, vous allez devoir les conditionner après l’irradiation. Et il est possible de les recontaminer. Non seulement c’est possible, mais ça arrive souvent. Des fleurs irradiées dans le meilleur labo au monde peuvent être manipulées ensuite par des cabochons dans des conditions d’insalubrités totales.

J’ai pris le temps d’écouter un webinaire organisé par l’association C-45 dont j’ai parlé ici deux ou trois fois. Voici ce que j’ai retenu des trois spécialistes, Nina Ackah, Gordon Dobirndt et Raj Mattu. 

1)

Irradier un produit ne veut pas dire qu’il était mauvais au départ. 

2)

Plus votre produit reste longtemps dans les étagères, plus le danger augmente. Surtout si vous ajoutez des boveda pour humidifier votre produit.

3)

Dans un monde idéal, on n’irradie pas les fleurs pour régler un problème. L’irradiation devrait être perçue une mesure de sécurité supplémentaire.

Dans les bruits de couloirs et autour des moulins à rumeurs, les histoires d’irradiation qui ont mal tourné sont nombreuses. Trop nombreuses. L’épisode d’aujourd’hui nous a à peine permis d’entrouvrir une fenêtre sur cette pratique qui semble être souvent utilisée comme une béquille plutôt qu’un remède précis.

Je pense que les consommateurs ont droit à plus d’égard. Et à défaut d’une déférence de bon aloi, je crois que le consommateur a droit à de l’information.

Dans ma tête, beaucoup de questions persistent et si je trouve des réponses, je les partagerai dans de futurs épisodes. Forcément, nous reviendrons sur l’irradiation.

Est-ce que le fait de catégoriser comme des produits non comestibles les fleurs destinées à être fumées est le résultat du lobbying de l’industrie du cannabis? 

Si la catégorisation des fleurs à fumer comme produits non comestible n’est pas le fait de pression de l’industrie du cannabis, une nouvelle question surgit… Si l’irradiation est un procédé est si merveilleux et bénin, pourquoi les producteurs autorisés ne sont-il pas fiers d’apposer le radura, le logo de l’irradiation sur leurs étiquettes? Cela serait une façon subtile de dire aux consommateurs: on vous aime tellement qu’on réduit nos profits afin de vous faire bénéficier d’un peu d’irradiation. 

Pourquoi obliger les consommateurs à contacter le PA pour savoir si ses fleurs sont irradiées? À défaut d’être une mention obligatoire sur l’étiquette, les commis de la SQDC devraient pouvoir communiquer cette information au consommateur. 

Finalement, est-ce que les PA qui n’irradient pas leurs fleurs devraient créer leur propre logo pour confirmer sur les étiquettes l’absence d’irradiation qui signalera plus de terpènes?

Nous sommes ici dans une situation qui rappelle la présence des organismes génétiquement modifiés sur les étiquettes. Voici ce que dit le site OGM Québec :

Pour l’instant, il n’existe au Canada aucune norme particulière visant à rendre l’étiquetage obligatoire pour les aliments avec OGM. 

On est en 2022.

C’est plate, mais c’est plus facile de savoir ce que tu mets dans le moteur de ta voiture que ce que tu mets dans ton corps…

Et voilà, c’était le 97e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire: lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre !

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#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

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#103 Le cannabis médical vu par…

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?
Aujourd’hui, je reçois deux Québécois qui connaissent bien la situation du cannabis médical au Québec. Shantal Arroyo et François-Olivier Hébert.

Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

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#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

#96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

Julien Raymond est le maitre cultivateur de Juste Feu, un producteur autorisé québécois détenteur d’une licence de microproduction octroyée par Santé Canada. Julien est aussi un des deux propriétaires avec son associé et ami d’enfance, Philippe Bédard.

Juste Feu est le producteur autorisé du fameux Runtz bio distribué sous la marque Hatrick à la SQDC.

J’ai posé des tonnes de questions à Julien. Ses réponses sont clairs et précises. Cet épisode distribué originalement sur YouTube est le premier d’une série qui va nous permettre de voir la vie d’un artisan du cannabis québécois.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode 95

À venir!

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

Consommer du cannabis augmente la créativité? Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?   Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré : «La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana...

#105 FM Lambert, le député des aspirations interdites

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#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

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#103 Le cannabis médical vu par…

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Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

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Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

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Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#95 Le cannabis agit différemment sur les femmes?

#95 Le cannabis agit différemment sur les femmes?

Dans l’épisode #95, toPot s’intéresse aux différences qui régissent la consommation des femmes et des hommes.

Quel est le rôle des hormones sur les effets subjectifs du cannabis?

Comment le cannabis agit-il sur la sexualité?

Pourquoi les médecins prescrivent-ils moins de cannabis aux femmes?

Comment expliquer la préférence pour les produits comestibles?

Le cannabis agit comme une plante, mais aussi comme un capteur de l’air du temps…

Bonne écoute!

Lien pour l’Épisode sur toPot

Sex and Gender Interactions on the Use and Impact of Recreational Cannabis

How cannabis affects women and men differently

Framework for gender differences in human and animal toxicology

Male/Female Differences in Pharmacology: Safety Issues with QT-Prolonging Drugs

Greater quinidine-induced QTc interval prolongation in women

Gender differences in pharmacokinetics and pharmacodynamics

How important are sex differences in cannabinoid action?

The Modulating Role of Sex and Anabolic-Androgenic Steroid Hormones in Cannabinoid Sensitivity

Sex differences in the acute effects of oral and vaporized cannabis among healthy adults

Cannabinoids in clinical practice

Sex differences in the subjective effects of oral Δ9-THC in cannabis users

Comparison of subjective, pharmacokinetic, and physiologic effects of marijuana smoked as joints and blunts Assessment of the Association of Cannabis on Female Sexual Function With the Female Sexual Function Index

La Russie dit avoir arrêté une basketteuse américaine pour possession de stupéfiants

Women are less likely to smoke cannabis, more likely to abuse it

Sex differences in the acute effects of oral and vaporized cannabis among healthy adults

Gender Differences in Medical Cannabis Use: Symptoms Treated, Physician Support for Use, and Prescription Medication Discontinuation

Sex and Gender Interactions on the Use and Impact of Recreational Cannabis

Photo de shahin khalaji sur Unsplash 

Transcription de l'épisode 95

À venir!

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

Consommer du cannabis augmente la créativité? Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?   Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré : «La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana...

#105 FM Lambert, le député des aspirations interdites

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Aujourd’hui, toPot reçoit un ami. Un ami député. Un ami qui va nous fournir des réponses politiques et citoyennes sous forme de clés de lecture hexagonales.  M. Lambert, François-Michel, est un homme politique français né à La Havane.  FM sans tiret pour les amis, il...

#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

Le cannabis et les autochtones… Aujourd’hui, on discute d’un sujet très important dans le contexte de la légalisation canadienne du cannabis. Pourquoi en discuter maintenant? Parce que le paysage du cannabis canadien vient de changer à tout jamais. Comment? Un groupe...

#103 Le cannabis médical vu par…

#103 Le cannabis médical vu par…

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?
Aujourd’hui, je reçois deux Québécois qui connaissent bien la situation du cannabis médical au Québec. Shantal Arroyo et François-Olivier Hébert.

Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, on fait deux choses. MJ la barista du toPot fait une critique du Hash Fût de Chêne de Highly Dutch Organic dont le Terpène dominant est la caryophyllène. Mais dans un premier temps on va regarder la...

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#94 Pourquoi la SQDC limite le THC à 30% ?

#94 Pourquoi la SQDC limite le THC à 30% ?

Pourquoi la SQDC limite le THC à 30 % dans ses produits de cannabis? 

Dans cet épisode, on explore la science du pour et du contre en considérant le mandat de la SQDC. Un mandat pas simple et avec pas beaucoup de corde…

Le sujet est important pour le gouvernement qui s’en sert pour afficher ses croyances, ses peurs et la science qu’il privilégie. Le sujet est aussi important pour l’industrie qui, depuis le début de la légalisation, se bat avec une seule main contre le marché noir. Bonne écoute!

Lien pour l’Épisode sur toPot

A simple guide to pot, THC and how much is too much

Communicating THC levels and ‘dose’ to consumers

Quelle puissance pour le cannabis?

Légalisation du cannabis: des sénateurs s’inquiètent des taux de THC

Is Marijuana as Safe as We Think?

Availability, retail price and potency of legal and illegal cannabis in Canada after recreational cannabis legalisation

Drogue et alcool: 400 hospitalisations et 10 décès par jour au Canada

Légalisation du cannabis: des sénateurs s’inquiètent des taux de THC

Règlement sur le cannabis

Ottawa isn’t putting a cap on the potency of many cannabis products

Average THC Strength Over Time

Changes in Cannabis Potency Over the Last 2 Decades (1995–2014): Analysis of Current Data in the United States

Marijuana concentrates sharply spike THC levels but don’t necessarily get users higher

What is a high amount of THC for cannabis?

Association of Naturalistic Administration of Cannabis Flower and Concentrates With Intoxication and Impairment

THC Potency Concerns: Are Stronger Products More Problematic?

6 Myths About THC Caps You Shouldn’t Believe

Variation in cannabis potency and prices in a newly legal market: evidence from 30 million cannabis sales in Washington state

A within-person comparison of the subjective effects of higher vs. lower-potency cannabis

The contribution of cannabis use to variation in the incidence of psychotic disorder across Europe (EU-GEI): a multicentre case-control study

Cannabis and Psychosis: a Critical Overview of the Relationship

Acute effects of high-potency cannabis flower and cannabis concentrates on everyday life memory and decision making

The relation between cannabis use, dependence severity and white matter microstructure: A diffusion tensor imaging study

Residual effects of cannabis-use on neuropsychological functioning

Age- and Sex-Related Cortical Gray Matter Volume Differences in Adolescent Cannabis Users: A Systematic Review and Meta-Analysis of Voxel-Based Morphometry Studies

The Effects of Alcohol and Cannabis Use on the Cortical Thickness of Cognitive Control and Salience Brain Networks in Emerging Adulthood: A Co-twin Control Study

Impact of adolescent marijuana use on intelligence: Results from two longitudinal twin studies

The Science Behind THC Caps Is Inadequate, Says Epidemiologist Dr. M-J Milloy

What Is the Science on Cannabis?

Transcription de l'épisode 94

À venir!

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Consommer du cannabis augmente la créativité? Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?   Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré : «La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana...

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Aujourd’hui, toPot reçoit un ami. Un ami député. Un ami qui va nous fournir des réponses politiques et citoyennes sous forme de clés de lecture hexagonales.  M. Lambert, François-Michel, est un homme politique français né à La Havane.  FM sans tiret pour les amis, il...

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#103 Le cannabis médical vu par…

#103 Le cannabis médical vu par…

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?
Aujourd’hui, je reçois deux Québécois qui connaissent bien la situation du cannabis médical au Québec. Shantal Arroyo et François-Olivier Hébert.

Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, on fait deux choses. MJ la barista du toPot fait une critique du Hash Fût de Chêne de Highly Dutch Organic dont le Terpène dominant est la caryophyllène. Mais dans un premier temps on va regarder la...

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

#93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

Le sujet est évité par tout le monde. 

Pire, il est enterré ce sujet. 

Je parle évidemment de l’impact de la production du cannabis sur l’environnement. 

Les chiffres parlent et les spécialistes écrivent sur le sujet. 

Evan Mills, il y a 10 ans déjà, sonnait l’alarme avec son article 

The carbon footprint of indoor Cannabis production.

La légalisation n’a fait qu’empirer la situation.

On va regarder ce qui ne fonctionne pas.

Et ce qui fonctionne déjà bien.

Puis je propose une solution magique!

Lien pour l’Épisode sur toPot

Le site de Evan Mills

The carbon footprint of indoor Cannabis production

La SQ arrête une dizaine de suspects pour avoir revendu pour 8 M$ d’alcool illégalement

A narrative review on environmental impacts of cannabis cultivation

Sustainable cannabis brands to support in 2022

Washington’s Weed Industry Has a Million-Pound Waste Problem

Indoors, Greenhouses or Outdoors: Where Are Cannabis Cultivators Growing?

La carboneutralité d’ici 2050

What is a living wage?

A Glyphosate-Based Herbicide in Soil Differentially Affects Hormonal Homeostasis and Performance of Non-target Crop Plants

« Il faisait jour la nuit ! »

Create Biochar From Hemp Stalks! – OrganiLock

Biochar from hemp stalks

Researching Biochar from Hemp Waste

https://cohpc.org/

The effects of biochar soil amendments on industrial hemp yields

Green roofs biochar and you

Small Scale Biochar production

Charbon actif

Tout comprendre de la conductivité électromagnétique des sols

Le projet Nexus

Researching Biochar from Hemp Waste

Santé Canada veut autoriser plus de pesticide glyphosate sur des aliments

La CAQ refuse de hausser la redevance sur l’eau

Transcription de l'épisode 93

# 93

À venir!

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

Consommer du cannabis augmente la créativité? Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?   Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré : «La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana...

#105 FM Lambert, le député des aspirations interdites

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Aujourd’hui, toPot reçoit un ami. Un ami député. Un ami qui va nous fournir des réponses politiques et citoyennes sous forme de clés de lecture hexagonales.  M. Lambert, François-Michel, est un homme politique français né à La Havane.  FM sans tiret pour les amis, il...

#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

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Le cannabis et les autochtones… Aujourd’hui, on discute d’un sujet très important dans le contexte de la légalisation canadienne du cannabis. Pourquoi en discuter maintenant? Parce que le paysage du cannabis canadien vient de changer à tout jamais. Comment? Un groupe...

#103 Le cannabis médical vu par…

#103 Le cannabis médical vu par…

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?
Aujourd’hui, je reçois deux Québécois qui connaissent bien la situation du cannabis médical au Québec. Shantal Arroyo et François-Olivier Hébert.

Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, on fait deux choses. MJ la barista du toPot fait une critique du Hash Fût de Chêne de Highly Dutch Organic dont le Terpène dominant est la caryophyllène. Mais dans un premier temps on va regarder la...

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#92 Le meilleur pot?  Intérieur ou extérieur?

#92 Le meilleur pot? Intérieur ou extérieur?

Aujourd’hui, toPot aborde plusieurs sujets en tentant de répondre à une seule question : 

le meilleur pot pousse-t-il à l’intérieur ou à l’extérieur? 

Je partage les fragments de science disponibles sur le sujet en gardant à l’esprit que les différences entre la théorie, les pratiques usuelles et les bonnes pratiques sont trois choses très différentes dans la vraie vie. 

À la fin de l’épisode, vous aurez peut-être changé d’avis!

Mais ce n’est pas obligatoire pour en savoir plus sur le cannabis…

Lien pour l’Épisode sur toPot

#8 mbe.io/AurélienPochard

Test BlackPoule

Cannabis cultivation has a dirty secret, but the future is sun-grown | Dan Sutton | TEDxVancouver

Growing Marijuana Indoors vs. Outdoors: The Key Differences

How to Grow Marijuana Outdoors: A Beginner’s Guide

How to Set Up a Greenhouse for Weed

Indoor vs. Outdoor Weed: A Visual Guide

THE PROPAGATION, CHARACTERISATION AND OPTIMISATION OF CANNABIS SATIVA AS A PHYTOPHARMACEUTICAL

Outdoor Versus Indoor Cannabis

How to grow weed outdoors: an intro to outdoor cannabis cultivation

A primer on growing greenhouse weed

The Dark Truth about America’s Agricultural System

Nuances in Parsing Cannabis Cultivation Energy Use: Comment on « Cannabis and the Environment: What Science Tells Us and What We Still Need to Know »

To Make Cannabis Green, We Need to Grow It Outdoors

Energy Use by the Indoor Cannabis Industry: Inconvenient Truths for Producers, Consumers, and Policymakers

Heavy Metals in Cannabis

MOOC Jardiner avec le vivant

Electricity Use in Marijuana Production

Indoors, Greenhouses or Outdoors: Where Are Cannabis Cultivators Growing?

Cannabis can be grown outdoors for pennies on the dollar. So why is hardly anyone doing it?

Resolving Environmental Fluctuations with Environmental Control Technologies

Cannabis Glandular Trichomes: A Cellular Metabolite Factory

Comparing Cannabis Cultivation Energy Consumption

https://www.cannabistech.com/articles/three-eco-friendly-methods-of-cannabis-cultivation/

Outdoor Cannabis Farms Face an Uncertain Future

Electricity Use in Marijuana Production

Tuto : Pellet de semences de cultures intermédiaires

Farmers Embrace Sustainable Cannabis Cultivation

Chemistry Visits: Getting Our Hands Dirty with Alpenglow Farms

Transcription de l'épisode 392

# 92 Le meilleur pot? Intérieur ou extérieur?

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Avant de se lancer dans l’épisode de la semaine, un petit retour sur l’épisode #90 intitulé «Je fume du cannabis. Ma bouche est en santé? Encore une fois, beaucoup d’échanges et des témoignages incroyables. Il y a un internaute qui m’a dit que l’épisode lui avait donné le courage d’arrêter de fumer la cigarette. Pas des joints. La cigarette. L’épisode #90 à eu des effets secondaires que je n’aurais jamais jamais jamais pu imaginer. Merci pour l’hommage collatéral! 

L’épisode #91 avec François Olivier Hébert a bien fait aussi, la semaine passée. Beaucoup d’internautes reconnaissent en lui une grosse pointure du cannabis scientifique. J’ai le plaisir de vous annoncer que l’on travaille sur de nouveaux épisodes. Personnellement, c’est un épisode qui m’a apporté beaucoup de joie et de connaissances.

J’en profite pour faire une correction sur ce que j’ai dit à propos du raid d’Acces Cannabis sur la Clinique La Croix Verte dont j’ai parlé dans l’épisode avec FO. Il n’y avait aucune plantation à la Clinique La Croix Verte. Le mandat d’Accès cannabis (SQ), ce sont les plantations illégales. La Croix Verte avait par contre en sa possession des surplus de ses patients qualifiés qui ont une compagnie, une facture et un test labo. Voilà. C’est pour rassurer la SQ si elle écoute toPot… ce dont je doute.

Aujourd’hui, on aborde plusieurs sujets en tentant de répondre à une seule question : le meilleur pot pousse à l’intérieur ou à l’extérieur? Évidemment, comme d’habitude, je vais tenter de partager les fragments de science disponibles sur le sujet en gardant l’esprit ouvert sur les différences entre la théorie, les pratiques usuelles et les bonnes pratiques… trois choses très différentes dans la vraie vie…

Je commence par partager avec vous un vidéo TED dans lequel le Canadien Dan Sutton présente les problèmes de la culture intérieure du cannabis. 

La culture en bunker avec murs de plastique blanc… 

L’intérêt du vidéo repose sur une question toute simple : pourquoi l’industrie de la tomate n’utilise pas les mêmes techniques que l’industrie du cannabis? Pourquoi utilise-t-elle des serres plutôt qu’une culture en bunker? On va y revenir. 

On touche ici un sujet comme le mythe de la cendre blanche. Tout le monde à une opinion. Une opinion ferme. 

La question que je pose tombe bien, car récemment, il y a eu un arrivage de fleurs cultivées en extérieur à la SQDC. Les fleurs de CBD de Après la pluie. Black Poule a fait un p’tit test et les curieuses vont trouver un lien dans les notes de l’épisode. Si vous reconnaissez l’entreprise, vous avez peut-être écouté l’épisode de toPot, l’épisode #8, sur Après la pluie.

J’ai eu la chance de demander à 2-3 maitres cultivateurs qui travaillent dans l’industrie s’ils avaient une préférence pour la culture intérieure et extérieure. Tous ont indiqué préférer le pot de bunker. Après 2-3 minutes de discussions, tous étaient d’accord pour affirmer qu’ils n’avaient jamais testé un pot extérieur provenant d’un vrai terroir.

Donc je vous pose les deux mêmes questions que j’ai posées à quelques professionnels du cannabis :

1)

Le meilleur pot pousse à l’extérieur ou en bunker intérieur? 

2)

Vous avez déjà gouté du pot de terroir? 

On va revenir à ces questions à la fin de l’épisode.

Perso, j’ai eu la chance de gouter il y a des millions d’années à du pot qui venait d’un champ près du Mont-Hilaire et qui avait séché dans une grange la tête en bas, comme dans les films. Et je ne sais pas comment l’affinage avait été réalisé mais j’avais reçu deux branches en cadeau et je me souviens encore, 25 ans plus tard, de l’expérience. Plus récemment, j’ai pu gouter à la production du producteur délégué de cannabis médical qui avait fait quelques tests en extérieur. Mon souvenir le plus vivide était la qualité de la fumée qui avait des qualités que je ne croyais pas possibles. Un peu comme quand tu te presses une orange après avoir bu du koolaid… La surprise est toujours mémorable!

Je vous propose de commencer de manière très classique en déclinant de façon méthodique le pour et le contre de chaque méthode.

Je vous propose donc le format suivant : d’abord le pour et le contre de la culture intérieure en bunker et ensuite le pour et le contre de la culture extérieure.

Après cette première étape, on va parler de la qualité spécifique de la récolte des deux types de cultures.

 Vous êtes prêts? 

On y va.

Culture en intérieur —Les avantages

Il y a 12 000 ans, personne ne cultivait de pot en bunker.

Voilà une très mauvaise raison pour croire que la pratique du bunker n’a pas de sens. Je vous donne un autre exemple. Sans l’usage de la fourrure et du cuir des animaux, les colons de la Nouvelle-France n’auraient pu survivre. Est-ce que cela justifie l’utilisation de la fourrure en 2022? Je réponds par un autre exemple. Il fait froid dans l’espace. Il fait très très froid sur la lune. On est d’accord? Et bien, c’est un fait indéniable qu’aucun astronaute n’a porté de la fourrure dans une exploration spatiale… Ce qui était vrai, plausible et pertinent il y a 12 000 ou 200 ans peut changer dans le temps.

La culture intérieure abolit les saisons. On peut dire que c’est un progrès dans certaines circonstances. Ne pas dépendre du chaud, du froid, de la pluie ou du soleil simplifie la vie et permet d’augmenter le rythme des récoltes. Cela veut dire aussi que les conditions d’une salle de culture peuvent être ajustées pour un cultivar en particulier. On peut contrôler la longueur de la nuit, la vitesse du vent ainsi que sa direction. Dans un tel environnement, le maitre cultivateur devient le maitre de l’univers capable de nourrir ses plants au compte-goutte avec une intention comparable à la mère qui donne le sein à son enfant. Dans les deux cas, comme c’est drôle, on s’assure que le petit rototo, le burping, est bien effectué. C’est essentiel…

Le soleil est remplacé par des lampes qui elles-mêmes sont remplacées fréquemment, car elles évoluent d’une saison à l’autre. Toujours plus de puissance à des couts de plus en plus bas. La dernière mode, ce sont les lampes LED… 

La culture en bunker, c’est aussi l’avènement de la culture verticale qui fait la promesse de tout révolutionner. Par contre, les couts de démarrages sont tels que cette avenue ne peut être soutenue que par de grands groupes industriels.

L’automatisation de précision est un autre avantage réel de la culture intérieur. Tu veux reproduire les matins froids des montagnes du Rif marocain? Facile. Tu veux reproduire l’altitude de Denver? C’est possible. C’est plus cher mais c’est possible. À défaut d’offrir un vrai terroir, la culture intérieure peut créer des climats virtuels qui n’existent pas dans le vrai monde. 

Culture en intérieur —Les inconvénients

Les lampes pour la culture intérieure promettent de remplacer le soleil et de faire disparaitre les nuages. Dans la vraie vie, le soleil est gratuit. Pas l’électricité. Et la lumière du soleil est ce qui a permis l’apparition de l’humain et du cannabis. Une lampe LED n’aurait jamais pu accomplir ce travail. 

Et les parasites? Oui, les parasites adorent la culture intérieure. Pourquoi? Parce le Bon Dieu du producteur autorisé, le maitre cultivateur, doit manipuler toutes les manettes des contrôles de l’environnement des cultures. La température, les sources de lumière et leurs positionnements, les sources et le débit d’air, l’humidité aussi. Voici quelques-uns des paramètres qui, lorsqu’ils sont mal contrôlés, vont provoquer le développement d’agents pathogènes comme le botrytis. Les contaminations croisées sont évitables mais au prix de constants efforts prophylactiques pour prévenir leurs apparitions. 

Le propriétaire de la ferme Golden Peak au NB, Tom Devost, m’a déjà confié en entrevue que son budget global de protection, les gants de latex, les savons et autres produits nettoyants constituaient presque une surprise tellement cela coutait cher…

Il y a des PA qui ont construit leur bâtiment. D’autres adaptent des bâtiments existants. Dans les deux cas, il y aura des surprises couteuses. En fait, tout coute très cher en intérieur pour respecter les contraintes de Santé Canada. 

Il n’y aurait pas d’industrie québécoise de la tomate s’il elle devait respecter les obligations imposées aux producteurs autorisés. Mais on ne fume pas les tomates… C’est ça la différence.

Il y a des tonnes d’autres problèmes provoqués par la culture intérieure. Si on veut simplifier à l’extrême, on peut dire que le cout de production en intérieur sera toujours plus élevé que la culture extérieure. Beaucoup plus cher. Heureusement pour l’industrie québécoise, les importations sont interdites pour l’instant. Aujourd’hui les PA canadiens évoluent dans une petite compétition nationale. La fermeture des frontières ne sera pas éternelle. Les accords de libre-échange signés par le Canada vont finir par avoir leur effet d’ouverture. Et quand les frontières vont s’ouvrir, les offres de produits de qualité médicale bio nonirradiés vont abonder. Et les dominants dans un marché verrouillé par le législateur vont devoir faire face à des produits équivalents ou supérieurs pour une fraction du prix…

Ce n’est qu’une question de temps!

OK, on passe à la culture extérieure et à ses avantages… 

Culture en extérieur —Les avantages

Commençons par enfoncer la porte ouverte…

Si la culture extérieure n’avait jamais été pratiquée, la SQDC ne pourrait exister.

Cela fait quelques dizaines de milliers d’années que l’humain cultive le cannabis à l’extérieur. Il a su trouver les bons cultivars pour chaque région et chaque microclimat. Il suffit de penser aux Marocains de la région du Rif qui ont longtemps utilisé des espèces qui exigeaient peu d’arrosage. Depuis quelques années, tout l’écosystème du Rif est perturbé par l’utilisation de cultivars qui donnent de plus grosses récoltes mais au prix de l’utilisation de produits agrotoxiques et d’arrosages intensifs qui déstabilisent l’accès aux ressources hydriques de la région. 

En culture extérieure, les insectes pertinents sont gratuits et au travail toute la journée. La gang de guêpes, fourmis et coccinelles se gavent de parasites pour le plus grand plaisir des plants. Sans plafond, les plants les plus vigoureux peuvent prendre de la hauteur pour tenter de toucher les nuages sans que cela ne dérange personne.

Évidemment, les rendements en extérieur sont beaucoup plus grands. Le CO2 indispensable à la croissance qui est injecté dans les salles de cultures est gratuit à l’extérieur. De plus, le bon sol pour un cultivar X, Y ou Z contient tous les nutriments dont le plant a besoin. Un autre besoin comblé par la nature plutôt que par un marchand de terreau ou de substrats neutre comme la noix de coco indienne importée par conteneur.

L’empreinte écologique d’une culture extérieure brille en comparaison d’une culture intérieure. Pas d’éclairage, pas de déshumidificateur, pas de ventilateurs, pas de plancher chauffant… Pas de, pas de, pas de… Vous avez compris.

J’ai trouvé des comparaisons intéressantes. En Californie, la production d’un kilo de fleur exigerait l’équivalent de 90 k de charbon. 

Quelle drôle de comparaison! Personne ne connait le charbon en Amérique.

Vous avez déjà utilisé du charbon pour vous chauffer? J’ai eu cette chance pendant quelques années en Belgique. Je me rappelle encore du crépitement de la poussière du fond de la pelle quand je chargeais la gueule du foyer qui se trouvait dans la cuisine de la maison de maitre ou j’habitais à Anvers. L’odeur aussi est spéciale… 

Une fleur qui pousse à l’extérieur à des qualités organoleptiques particulières impossibles à imiter à l’intérieur. Pensons-y ensemble… Le champage, le vin le plus cher au monde, est cultivé en extérieur. Il n’est jamais venu à l’esprit des Champenois de s’éloigner de leur sol pour cultiver en intérieur bien que le champagne appartienne à la catégorie des produits de luxe. C’est l’idée même du terroir qui est au centre de la vraie promesse de la culture extérieure. La Californie a déjà un ou deux programmes d’appellation contrôlée en place.

Tu cultives dans un coin où il y a beaucoup de pluies au moment de la récolte? Un maitre cultivateur éveillé va planter une espèce avec un cycle de croissance plus court pour les éviter.

Cultiver en extérieur n’est pas une méthode plus facile. C’est une méthode différente. Il y a autant de R&D en extérieur qu’en intérieur. Il est très facile d’inonder une parcelle pour voir qui va survivre et devenir le champion du coin. La plante qui ne pourrit pas immédiatement à un tel traitement est une bonne candidate pour une région fortement touchée par la pluie. Mais forcément l’industrie des fournisseurs de ventilation, automatisation et chauffage ne peut rien vendre à un producteur extérieur… RIEN! Ou si peu… 

Il presque normal de lire tous les jours que les fleurs d’intérieurs sont supérieures dans des médias qui survivent avec la publicité d’une industrie dédiée à la culture intérieure. Je n’insinue même pas qu’il s’agit d’une forme de malhonnêteté intellectuelle. Je dis simplement qu’il n’existe aucun média au monde qui va mordre la main de l’industrie qu’il lui permet d’exister. 

La culture extérieure a aussi ses chasses au phénotype idéal qui amusent tous les producteurs autorisés qui cultivent en bunker. Cette recherche est aussi ouverte pour les maitres cultivateurs spécialisés en culture extérieure mais on en parle jamais ou rarement. Je prédis que ce n’est qu’une question de temps avec qu’apparaisse l’équivalent du JeanGuy mais disponible uniquement en culture extérieure. Un Jean-Guy de terroir. Un cultivar qui pourrait peut-être être planté à l’automne dans une boulette d’argile et qui commencerait à pousser dès la fonte de la neige. Un cultivar qui serait récolté pour la Saint-Jean… Une folie? Je ne crois pas et de toute façon, on a le droit de rêver.

Culture en plein air — Inconvénients

Existe-t-il des désavantages à la culture extérieure? 

Ben oui!

En Montérégie, il ne pleut pas à 14 heures chaque jour comme à Belém do Para en Amazonie. J’ai vécu là et les pluies de deux heures, as chuvas das duas, sont aussi prévisibles que les défaites des équipes sportives de Montréal… En 10 minutes, tu as de l’eau jusqu’au genoux dans la rue principale de Belém. Ce n’est pas compliqué. J’avais une vieille paire de chaussures de cuir que j’ai porté une fois. Je les ai rangés dans un garde-robe de l’hôtel où l’on vivait ma belle et moi. Un mois plus tard en faisant un ménage, j’ai retrouvé mes chaussures mais avec une mousse verte sur tout le périmètre de la semelle. La végétation poussait sur mes chaussures. C’est la seule fois dans ma vie où je me suis promené en gougoune pour aller au restaurant… Une ville incroyable Belém. D’ailleurs le dossier du cannabis au Brésil va être passionnant à suivre! Dans une culture ou la religion catholique est toujours très présente, ça va être beau.

Au Québec, les variations de température sont plus imprévisibles. Une année, il fait chaud avec peu de précipitation. L’année d’après, c’est le déluge et les nuages sont omniprésents. Cela prend du talent pour comprendre tout ça. Quand ton appareil de climatisation fonctionne plus, tu appelles le fournisseur qui te l’a vendu. Et peut-être que tu pars une génératrice en attendant. Quand il fait plus chaud qu’à la moyenne à l’extérieur, le MC est seul face à ses choix… Trop chaud, trop froid, tu fais quoi? Il faut avoir la réponse quand tu plantes. Après, il est déjà trop tard.

Et les gros prédateurs? Non, pas les méchants à deux pattes qui arrivent en camion… Je pense aux cerfs de Virginie. Est-ce que les cerfs qui mangent les plants extérieurs peuvent être stone? Faudrait leur demander… Une tornade avec ça? Un incendie dans la foret voisine? 

OK. 

La culture extérieure donne beaucoup sans rien demander en retour.

Par contre, la perte de contrôle totale sur la température implique l’utilisation de cultivars exceptionnels. Et des maitres-cultivateurs avec une formation complètement différente. 

OK, on a débroussaillé un peu et on commence à voir plus clair. 

Mais on n’est pas sortie du champ pour autant. On va parler un peu d’argent…

Coût de la culture de la marijuana en intérieur

Ce sujet nécessité à lui seul un épisode. 

Mais on peut se donner rapidement une idée de grandeur. 

Comment? 

En consultant les petites annonces. J’en ai parlé récemment. 

Il y au minimum 5 installations de production de cannabis en vente aujourd’hui au Québec. 

La moins chère est vendue 800 000 $. La plus chère 5, 5 millions. Ça, c’est le cout d’acquisition, pas le cout de fonctionnement qui va varier selon le niveau d’automatisation et les méthodes de culture pratiquées. J’ai des chiffres très précis. Par exemple, le cout de la production au kilo ou au gramme qui exclut la gestion, le marketing, la distribution qui vont varier fortement en fonction de l’environnement législatif. Mais ici, je tente juste de faire l’inventaire minimum à fin de comparaison avec la culture extérieure. 

Ce qui est le plus facile à comprendre, c’est l’avantage évident de la répétition des récoltes. 

C’est là où l’humain peut se moquer un peu des dieux du climat. Et il y en a quelques-uns, Poséidon responsable des tremblements de terre, Helios le dieu du soleil, Séléné la déesse de la lune et le fameux Zeus qui s’amuse avec la pluie et la foudre! Il n’est pas inutile de rappeler que c’est un philosophe, Aristote en l’occurrence, à qui on attribue la création de la météorologie. Quand il pleut trop et que tu vas perdre ta récolte, c’est utile d’être philosophe..

L’origine du mot climat, KLIMA en grec ancien, veut dire «région du point de vue de la latitude».

OK. On va maintenant examiner le cout de la culture du cannabis à l’extérieur.

Coût de la culture du cannabis à l’extérieur

La culture extérieure du cannabis doit ressembler aux contraintes financières des fermiers québécois. Beaucoup d’argent au démarrage et peu par la suite. 

J’avoue ne pas connaitre l’ensemble des exigences en termes d’installation minimum pour un microproducteur de culture extérieure. Si tu as déjà un terrain et un climat que tu comprends bien, en caricature, on peut dire que l’essentiel est déjà là. Oui la surveillance du terrain doit couter plus cher que la surveillance d’un bunker. Mais là aussi, la technologie offre de nouveaux moyens pour faire face à ces défis. Je pense, entre autres, aux drones autonomes pour la surveillance et l’agriculture de précision. J’ai déjà couvert le sujet dans l’épisode #4 avec une présentation de la technologie de Telespazio France. Cette solution est valable pour des superficies énormes et est hors de la portée des microproducteurs et même des petits producteurs qui ont une licence standard.

J’ai repéré un producteur canadien de cannabis THC en extérieur. Je me promets de lui demander une entrevue pour discuter du sujet. Sans entrer dans les détails, il est clair que la partie culture coute beaucoup moins cher en extérieur. 

OK. On s’est orienté juste pour partir du même endroit dans la partie cruciale de notre discussion. 

Le meilleur pot pousse à l’intérieur ou à l’extérieur?

Commençons par nous entendre sur le fonds. On va maintenant parler de qualité. Certains facteurs sont intangibles, comme l’odeur. Mais vous et moi, on est de bonne foi, on se connait un peu alors on va se faire confiance et avancer tout en douceur.

Qualité du cannabis cultivé en intérieur et en extérieur

On va commencer par analyser les différences visuelles!

Taille

D’abord la taille. Sur les réseaux sociaux, il est clair que la majorité des consommateurs de cannabis préfèrent les grosses fleurs qui sont associées, plus que les petites, à un produit de qualité. Si on ose faire une comparaison avec les fraises, tout le monde sait que les plus grosses sont rarement les meilleures. Mais ce type de raisonnement ne semble pas s’appliquer au cannabis. Et là, les fleurs de cultures extérieures gagnent le concours haut la main. Les fleurs extérieures comparées à leurs sœurs d’intérieurs ressemblent à des culturistes.

Densité de la fleur

Et la densité des fleurs? 

Avant la légalisation, les fleurs de culture extérieure et leur plant étaient moins bien traités après la récolte. Séchage inégal, manipulation grossière, transport en vrac moins respectueux. Le moment de la récolte était parfois loin d’être idéal, car il était déterminé par beaucoup de facteurs externes à la culture en soi. Je pense évidemment au travail de la police, en avion et en hélicoptère mais aussi aux voleurs qu’il faut savoir déjouer.

À l’inverse, les mariculteurs d’intérieur, les pros comme les amateurs, pouvaient exercer plus de contrôle sur toutes les étapes après la récolte. Il n’y a personne qui te regarde passer du salon au sous-sol alors que sortir des plants d’un champ attire plus de regards et de convoitises. Parce que toutes les étapes après la récolte étaient davantage respectées, historiquement la densité des fleurs extérieures était plus grande.

Ah la taille et la densité…

Il s’agit de deux critères arbitraires qui, dans le fond du fond, ne décident de rien. 

Ce sont précisément des critères facilement manipulables qui ne disent rien de ce qui est important. C’est un peu comme les critères esthétiques pour décrire les humains. Les mannequins sont grands et maigres et leur image ne correspond qu’a une fraction de % de la population générale. 

À certaines époques, l’appréciation de la poitrine change. 

Au cinéma, par exemple, il est de plus en plus courant pour les hommes de devoir montrer leur torse nu. C’est nouveau. La série Reacher de Netflix est l’exemple parfait. Le personnage principal est tellement énorme qu’il n’a pas les deux épaules dans le même code postal. Et chaque épisode montre son torse rasé de plus près que sa face. Ce qui est clair, c’est que l’on voit plus la poitrine du héros que celle de l’héroïne. C’est un changement de paradigme. La taille de la poitrine chez les hommes devient de plus en plus importante sans que cela améliore, dans les faits, la performance de l’acteur en question. Mais c’est devenu un des éléments importants du casting des rôles masculins.

La taille de la poitrine chez les femmes? Même chose. La culture américaine s’est imposée partout avec ses seins en forme de bombe, même au Brésil où c’est historiquement le derrière qui était mis de l’avant. Aux États-Unis, ça bouge un peu depuis l’apparition des Kardashians.

Comme quoi, l’idée de la beauté est une suite de critères interchangeables selon les époques. Pourquoi en serait-il différent dans le cannabis?

En 2022, grâce à la légalisation, on peut penser que la situation n’est plus la même. Parce que la culture extérieure est en train de retrouver ses lettres de noblesse. Et que la notion de terroir va devenir un facteur réel de différenciation dans le marché hyper compétitif de la fleur dont le prix est par ailleurs toujours en chute libre. 

On peut questionner, plus que jamais, la fausse relation entre la taille et la densité des fleurs et la qualité d’un produit. 

Densité des trichomes

Après l’évaluation de la densité de la fleur, on peut discuter de la densité des trichomes. D’après ce dont je peux comprendre de mes discussions informelles, c’est ici que la culture intérieure doit briller en comparaison de la culture extérieure. Ce n’est pas seulement un travail plus précis au niveau de l’éclairage selon moi mais surtout le fait qu’a l’extérieur, la pluie peut parfois tomber avec beaucoup de vélocité, surtout sur une parcelle mal protégée du vent. 

C’est à la fois un travail d’anthropologue doublé d’un agronome qui permettrait d’y voir plus clair. J’avance ici, encore une fois, un peu comme l’idiot du village, car je n’ai pas cette expérience de culture, à l’intérieur ou à l’extérieur. 

Mais je me permets une remarque qui ne peut être contredite. 

Prenons un autre produit extérieur exporté dans le monde entier. Oui, le thé. Et comment récolte-t-on le thé? En effectuant une récolte qui s’étale sur plusieurs mois. Il existe la cueillette dite impériale que ne s’intéresse qu’aux premiers bourgeons et feuilles. Il y a ensuite une cueillette fine et ainsi de suite. Il y a un phénomène de dormance de la plante dans cette méthode et je n’irai pas plus loin de peur de raconter des bêtises. En diffèrent les moments de la récolte, les producteurs créent d’autres plus-values reconnues mondialement par les consommateurs de thé. 

La culture extérieure produit beaucoup abondamment que la culture intérieure. 

Le soleil, c’est le soleil… Mais une cueillette qui irait chercher que les plus belles fleurs permettrait de créer de nouveaux produits. Je pense au Beaujolais nouveau. Et je termine mon exemple en reprenant les propos de Jean-Francois Gaudreault de Cannalys. Quand je vais chercher une tomate dans ma cour pour manger avec ma salade, je n’arrache pas le plant au complet avec les tomates qui n’ont pas encore eu le temps de murir. J’arrache, en fait je détache avec précaution celle que je vais manger et je laisse les autres murir sur le plant. Personnellement, je fais la même chose avec mes salades. Au fur et à mesure de mes besoins, je vais dans la cour chercher juste la quantité de feuilles dont j’ai besoin.

Est-ce une méthode plausible pour un géant du cannabis? Je ne sais pas. Par contre, en extérieur chez un microproducteur, je vois une opportunité commerciale réelle. J’imagine que le premier PA qui va oser vendre un pot de 3,5 dans lequel il n’y a qu’une seule fleur va frapper l’imaginaire des consommateurs.

Quand ton cout de production en extérieur est de moins de 10 sous le gramme, tu as de la marge pour remplir le pot. 

Mon expérience de consommateur ne me permet pas de proposer une réponse définitive sur la production comparée de trichomes produits à l’extérieur et à l’intérieur. Je ne pense pas être le seul québécois dans cette position.

Est-ce que les trichomes d’un cultivar qui a poussé à l’extérieur sont exactement les mêmes que sur un cultivar similaire qui aurait poussé a l’extérieur? Je suis incapable de répondre à cette question. Mais si vous avez un début de réponse, je suis curieux. lucprevost@hotmail.com 

Par contre, j’ai trouvé ceci, une revue scientifique des connaissances actuelles qui tente de synthétiser notre compréhension réelle des trichomes glandulaires du cannabis… Et là je cite texto : 

D’un point de vue scientifique, de multiples questions intéressantes sont associées aux trichomes glandulaires. Ces questions portent principalement sur les différences liées au génotype et aux conditions de culture. La façon dont les changements dans la composition du sol, la lumière, les nutriments, les niveaux d’eau et d’autres facteurs environnementaux affectent la densité des trichomes reste largement inconnue pour le cannabis. Nos connaissances sur la façon dont les profils de métabolites eux-mêmes diffèrent entre les variétés sont limitées et principalement basées sur les rapports des cultivateurs qui sont incomplets au-delà des principaux cannabinoïdes et terpènes, laissant 100 métabolites inconnus. Notre manque de connaissances dans ces domaines du métabolisme et de la composition du cannabis fait qu’il est difficile de formuler directement des hypothèses sur l’origine et la manière dont les différences se produisent, ce qui souligne la nécessité de normes uniformes rigoureuses pour permettre des comparaisons de données impartiales et scientifiquement fondées. Plus nous en saurons sur les trichomes, plus notre connaissance de cette plante sera applicable à ceux qui se trouvent le long de la chaîne de production et de consommation.

Cette recherche a été publiée en septembre 2021 par une équipe montréalaise de l’université McGill… Et oui, au campus Macdonald… On a hâte de voir leurs prochaines études!

Couleurs

Et les couleurs?  

Tout ce qui pousse à l’extérieur aura tendance à devenir plus foncé. Je vais m’en tenir à cette généralité. Je n’ai pas de repères réels pour discuter du sujet et même s’il était largement documenté, la couleur du cannabis ne deviendra jamais un obstacle dans l’appréciation d’une fleur, qu’elle soit cultivée en intérieur ou à l’extérieur. Une fleur terne à 29 % de THC fait taire la plupart des remarques…

Puissance

On arrive maintenant au cœur de cette comparaison pour l’immense majorité des consommateurs. 

Et la puissance? L’effet quoi! Le buzz!

En termes d’effet psychoactif, est-ce que la fleur extérieure est moins puissante que son équivalent qui pousse en bunker? 

La croyance populaire veut que la fleur d’intérieur soit plus puissante. 

Si on exclut tout ce qui est anecdotique, il y a quelques études de disponibles. Je ne dis pas que les témoignages anecdotiques sont ridicules. Je précise qu’ils ne suffisent pas. Aux États-Unis, la ferme Sunna Ra Acres s’amuse depuis des années à faire pousser les mêmes cultivars à l’intérieur et à l’extérieur. Selon les résultats partagés par ce PA américain, les clones cultivés à l’extérieur produisent plus de cannabinoïdes et de terpènes que les mêmes clones à l’intérieur. Il y aurait même des terpènes qui étaient présents uniquement dans les fleurs provenant de l’extérieur. La ferme confirme des résultats similaires pour tous les cultivars différents qu’elle a testés depuis quelques années.

 Une autre étude sur 2700 plants réalisée dans la région de Washington à trouver des taux de THC supérieurs de 1 % pour les plants extérieurs avec aussi, c’est très important, une réponse terpénique supérieure. N’importe quel analyste des ventes de la SQDC vous dira qu’il existe non pas une corrélation mais un lien de causalité entre le % de THC et le prix qui peut être demandé. 

La question de fond qu’on peut se poser en conclusion est la suivante : si jamais la culture intérieure permettait la création de terpènes de façon un peu plus précise, est-ce que le cout environnemental est en vaut la peine? Je ne répondrais pas pour vous…

Meilleures pratiques pour culture extérieure

Il est important de mentionner que l’extérieur n’est pas sans risque…

Ce n’est pas parce qu’un PA produit à l’extérieur qu’il ne doit pas faire attention.

Un exemple?

S’il utilise du fumier, on espère qu’il a testé sa pile de compost pour détecter les métaux lourds qu’il contient. On donne de l’arsenic aux poulets et aux porcs pour lutter contre les parasites. Du cuivre aussi. J’ai trouvé des chiffres qui font peur : «Une comparaison entre les teneurs en métaux des lisiers et les concentrations normales de métaux lourds dans les sols montre que la teneur en cuivre des lisiers de porc est 10 à 40 fois supérieure à celle du sol».

Disons que ces chiffres sont mauvais. Ou imprécis. Je voulais juste attirer notre attention sur le fait que la culture extérieure n’est pas le paradis et qu’il faut attention à chaque geste. Le beau pot bio extérieur contaminé naturellement, ce n’est pas intéressant pour personne. Et sans tomber dans l’agriculture végétalienne qui contourne totalement ce problème, il existe des solutions faciles à mettre en place. Si on part du principe qu’il y a des métaux lourds dans tous les sols, le travail du PA sera de minimiser leur présence dans ses fleurs. 

Fait important à rappeler, toute la culture extérieure n’est pas bio. Loin de là…

OK. On revient à notre question originale.

Le meilleur pot? Intérieur ou extérieur?

Notre première exploration a consisté à se demander ce qui était le mieux pour le consommateur. On n’a pas une réponse définitive mais au final, on a avancé et on sait que l’on doit rester éveiller. Et curieux. Pour la simple joie de l’expérimentation de nouvelles fleurs.

Mais on peut aussi se poser la question suivante : quel est le meilleur pot pour la planète? Pour l’environnement quoi?

Une étude de 2018 réalisée par New Frontier Data démontre que cultiver du pot en bunker consomme 18 fois plus d’énergie. C’est plate mais au Québec, on s’en fout un peu, car la notre d’électricité, elle n’est pas chère. C’est même un argument utilisé par certains PA quand ils sollicitent les investisseurs boursiers.

Une culture de type bunker permet de 5 à 7 récoltes par année.

Au Québec, en extérieur et avec beaucoup de créativité, on peut faire deux récoltes max… Et je ne sais pas si quelqu’un a déjà réussi. Mais je suis sûr que personne n’a encore osé tester le truc des semences roulé en bille avec de l’argile. En franglais on dit pelletiser. Ça vient du mot pellet qui veut dire boulette… En français, on a le verbe bouleter. Alors bouleter ses graines de cannabis est une technique propre à l’agriculture phénologique. La phénologie, c’est juste l’étude de l’influence des climats sur les phénomènes périodiques de la vie végétale et animale. Il y a un lien dans les notes de l’épisode pour un vidéo qui montre comment on peut faire ça à petite échelle avec presque rien.

Si on reste concentré sur notre démarche, il est facile de constater que le stress causé par la production intérieure est réel. L’extraction des matières premières pour le terreau, qu’il vienne du Québec ou du Sri Lanka pour la noix de coco est un stress qui n’existe pas dans la culture extérieure. Les lampes au sodium ou au mercure? Stress. Pollution de l’eau? Pas si c’est bio. Mais le bio n’est pas à la mode dans le cannabis au Canada. Les déchets solides après chaque récolte? Stress… Émissions de gaz à effet de serre? Stress. L’eau contaminée par un des 96 produits toxiques permis par Santé Canada? Stress.

En fait, ni le Canada ni aucun des pays qui s’intéresse à la légalisation ne s’intéresse réellement aux conséquences environnementales causées par l’industrie… On continue de cultiver en bunker exactement comme à l’époque du marché noir original. Est-ce que la machinerie et la culture verticales sont plus sexys qu’un tracteur dans un champ? On dirait que oui. Quand une usine à pot peut s’intégrer dans un parc industriel, tout le monde comprend…

Est-ce que l’industrie a démontré qu’elle était responsable et que le stress de sa production avait diminué depuis le début de la légalisation? Non. Mais elle n’a pas à être plus vertueuse que Bombardier, par exemple, qui fabrique plein de petits véhicules qui polluent l’environnement en plus de rendre le monde fou à cause du bruit…

La légalisation aura tout de même fait disparaitre beaucoup de génératrices diésel du marché noir… 

Qui s’intéresse à l’industrie du cannabis? L’État pour les profits mais pas plus… Tout le cadre mis en place par Santé Canada exclut totalement l’aspect environnemental de la production. Pour une plante qui promet la santé et le bonheur pour tous, il y a comme une erreur de casting.

Les curieuses qui veulent en savoir plus doivent s’intéresser aux travails d’Evan Mills qui patrouille le champ des dépenses énergitiques relié à la production du cannabis. Juste à titre d’exemple, il a chiffré la culture en bunker à 3000 livres de dioxyde de carbone pour chaque livre de cannabis produite. Ce chiffre seul ne nous informe en rien. Il faut le comparer… Combien de CO2 pour produire l’ordi sur lequel vous écoutez toPot? 70 livres. Une livre de viande rouge? 22 livres de CO2. Une livre de poulet? 6 livres de CO2. Bon je suis végan… Ça ne me parle pas le poulet. Ben j’ai trouvé pour les pois chiches. Il faut 0,70 livre de CO2 pour produire une livre de pois chiche. Et je rappelle de nouveau que la livre de cannabis produit 3000 livres de CO2.

Il y a des spécialistes qui remettent en cause les calculs de Mills. Pas de problème. L’idée, c’est de commencer à réfléchir rapidement aux problèmes causés par l’industrie tout en réfléchissant au fait que la production extérieure sera toujours moins stressante pour l’environnement. Une étude qui date de 2012 estimait que la production illégale consommait 1 % de toute l’énergie utilisée aux États-Unis. Une autre étude de 2015 démontre qu’une opération de type bunker de 5000 pieds carrés consommait plus de 40 000 kilowattheures par mois alors qu’une maison moyen dans le même coin utilisait seulement 630 kilowattheures.

Combien de temps avant que l’industrie ne subisse des restrictions imposées par le législateur? En Orégon, dans le coin de Portland, il y a des pannes qui sont causées par une demande trop forte des PA. Je ne connais pas de statistiques au Québec mais j’ai lu que chez certains producteurs autorisés, il peut y avoir jusqu’à 30 changements de température par heure… On appelle ça faire des microajustements.

J’ai trouvé une autre comparaison amusante. L’énergie utilisée pour produire un joint de pot permettrait de produire 18 litres de bière. 

Conclusions

Des fleurs de cannabis produit à l’extérieur, il y en a peu à la SQDC.

Il est donc difficile de faire des comparaisons ici et maintenant qui soient vraiment parlantes.

Par contre, on peut facilement imaginer que l’avènement des bunkers pour la culture du cannabis est une solution récente dans l’histoire de l’humanité… Le gouvernement canadien, pas plus que celui de la province du Québec, ne s’intéresse, pour l’instant, aux conséquences environnementales de l’industrie du cannabis.

Si on se fie à l’histoire récente de l’industrie québécoise, il est clair qu’il n’y a que le consommateur qui soit vraiment alerté aux problèmes de pollutions. La saga du recyclage des pots de plastique, une initiative qui ne venait pas de la SQDC, est limpide de ce point de vue.

Est-il possible de produire en bunker sans nuire à l’environnement? Probablement, mais cela couterait beaucoup plus cher et la différence de prix serait à la charge du consommateur. Et c’est là que le marché noir reviendrait en force. 

Personne ne va investir davantage pour protéger l’environnement si cela se solde par une diminution des ventes à cause de l’augmentation des prix. 

Alors à court terme, que peut faire le consommateur? 

Il peut d’abord constater que les couts de production des PA descendent chaque année. Les meilleurs sont à moins de 1 $ de cout de production par gramme en bunker. Les couts en extérieur descendent aussi. On parle de moins de 10 sous le gramme au Canada. Et certains ont évoqué 3 sous le gramme aux États-Unis sur de très grandes surfaces. Attendez de voir le cout du gramme en Amérique du Sud… LA COLOMBIE fait déjà des miracles! 

Mais c’est une saga pour une autre fois.

À défaut d’avoir une grande sélection de produits de qualité cultivés à l’extérieur, le consommateur peut porter son choix sur les produits cultivés en serre, par exemple. 

De plus en plus de PA se mettent à la serre qui serait l’entredeux parfait… selon les vendeurs de serres. 

Là aussi, il y a une industrie qui, prospère dans la tomate et les concombres, entre autres, une industrie donc qui désire sa part du gâteau. Il y a quelques acteurs québécois très actifs qui convoitent le marché du cannabis avec un appétit non dissimulé. 

Vous vous souvenez des deux questions que je vous ai posées en intro?

1)

Le meilleur pot pousse à l’extérieur où en bunker intérieur? 

2)

Vous avez déjà gouté du pot de terroir? 

Perso, à qualité égale, je préfère du pot extérieur.

L’arrivée d’une once de pot extérieure avec un bon % de THC va être le signal pour le premier 28 g à moins de 100 $. Cette barrière que la SQDC maintient bien en place pour l’instant va sauter dès qu’un producteur avec un certain volume pourra livrer semaine après semaine de fleurs extérieures gorgées de THC. 

La promesse d’un pot qui ne met pas à mal l’environnement va être une pub incroyable pour les producteurs autorisés qui oseront les premiers. Sans même être bio d’ailleurs. Pas obligatoirement en tout cas.

Alors que la catégorie bio progresse toutes les semaines dans l’alimentation, l’industrie du cannabis roule encore avec les schémas du marché noir. Le bio y est vu comme une sorte d’hérésie, pour ne pas dire une niaiserie.

M. Sutton, que nous avons évoqué dans l’introduction de l’épisode, après avoir présenté les dangers de la culture en bunker a finalement décidé de ne pas se lancer dans la culture en plein air. Il a adopté la voie du centre… 

Et c’est quoi cette voie? C’est la serre. 

Une serre n’est pas un bunker ni une parcelle toute bête. 

C’est un engin technologique capable d’utiliser massivement la puissance du soleil. 

S’agit-il du mariage parfait entre les deux cultures classiques?

Je n’ai pas encore de réponse à cette question. 

Mais il me semble que cela ferait un bel épisode pour toPot. 

À suivre!

Et voilà, c’était le 92e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

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Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#91 Et si le cannabis pouvait parler?

#91 Et si le cannabis pouvait parler?

Et si le cannabis pouvait parler?

Pour répondre à cette question, toPot s’entretient cette semaine François Olivier Hébert, un biologiste, génomicien et formateur agréé qui fait aussi de la recherche.

  • Qui a découvert le cannabis?
  • Qui l’a redécouvert?
  • Le système endocannabinoïde, c’est juste pour le pot?
  • Pourquoi le cannabis pousse-t-il si facilement partout?
  • Et comment parler de cannabis quand le nom des cultivars relève du marketing? 

La science aime le cannabis.

toPot aime la science…

Bonne écoute.

!!! CORRECTIF !!!

Il n’y avait aucune plantation à la Clinique La Croix Verte. Le mandat de Accès cannabis (SQ), ce sont les plantations illégales.

La Croix Verte avait en sa possession des surplus de ses patients qualifiés qui ont une compagnie, une facture et un test labo.
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Consommer du cannabis augmente la créativité? Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?   Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré : «La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana...

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Aujourd’hui, toPot reçoit un ami. Un ami député. Un ami qui va nous fournir des réponses politiques et citoyennes sous forme de clés de lecture hexagonales.  M. Lambert, François-Michel, est un homme politique français né à La Havane.  FM sans tiret pour les amis, il...

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#103 Le cannabis médical vu par…

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?
Aujourd’hui, je reçois deux Québécois qui connaissent bien la situation du cannabis médical au Québec. Shantal Arroyo et François-Olivier Hébert.

Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, on fait deux choses. MJ la barista du toPot fait une critique du Hash Fût de Chêne de Highly Dutch Organic dont le Terpène dominant est la caryophyllène. Mais dans un premier temps on va regarder la...

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

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Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#90 Je fume du cannabis… Ma bouche est en santé?

#90 Je fume du cannabis… Ma bouche est en santé?

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE #90

#90 Je fume du cannabis… Ma bouche est en santé?

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot…  votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous ! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien ? Le chanvre est bon par chez vous ?

Avant de se lancer dans l’épisode de cette semaine, je tiens d’abord à remercier tous les membres de la communauté qui m’ont écrit à propos de l’épisode #89 dédié aux mangeables, les produits comestibles dans le lingo de la SQDC… Un sujet qui suscite beaucoup de réactions, car il représente parfaitement ce qui se passe dans la tête du législateur. 

Cette semaine on aborde un sujet rarement évoqué dans la foulée du mot cannabis. On va parler de l’effet du cannabis sur la santé buccodentaire. Deux évènements distincts sont apparus sur mon radar et je me suis dit ohoh!

D’abord, deux chroniques du journal La Presse intitulées « Des factures qui font mal ». Les deux textes décrivaient les pratiques utilisées par certains dentistes et là, je cite le texte afin d’éviter à leurs patients la quote-part de la facture dont ils devraient, en principe, s’acquitter. 

C’est le même problème que pour les paradis fiscaux… On accuse le pays voisin qui offre des taux de taxation insignifiants pour justifier des pratiques similaires. Ici, les dentistes blâment leur clientèle de menacer de changer de professionnels s’ils n’offrent pas d’accommodements déraisonnables…  Mais on n’est pas ici pour faire le procès d’une corporation qui force les citoyens à se rendre à la Bibliothèque Nationale pour consulter la grille de tarif suggéré. Je retiens surtout le fait qu’un article qui fait beaucoup de clics clics numériques mérite une suite.

Je disais quoi? Ah oui… le deuxième évènement.

Le deuxième évènement est plus intéressant. J’ai vu passé une conférence organisée par Para Implanto. Para Implanto est une clinique qui offre des services de parodontie et d’implantologie. Para Implanto affirme être la première clinique au Québec à maitriser et utiliser la technologie du Laser Periolase qui constitue, semble-t-il, une alternative aux chirurgies parodontales.

La conférence donnée par Purnima Kumar est intitulé Getting into the weeds: Marijuana and oral health. En français : S’aventurer dans les méandres ou dans les hautes herbes: Marijuana et santé buccodentaire. 

Madame Kumar est une grande spécialiste du domaine qui a publié plusieurs papiers. On va y revenir plus tard. J’ai écrit à Para Implanto pour en savoir plus. J’ai reçu une très belle réponse de Roxanne Langelier, la coordonnatrice aux communications dentaires de la clinique. Madame Kumar serait donc la plus grande experte du sujet. Nous ne connaissons aucun spécialiste traitant du même sujet au Québec à ce jour me confie Mme Langelier dans son courriel. 

La conférence a lieu le 24 février 2022 à 19:00 et les curieuses trouveront un lien pour s’inscrire dans les notes de l’épisode. Le cout est de 25$.

Cet épisode de toPot n’a pas la prétention de remplacer une spécialiste mondiale du sujet. Par contre, il est parfaitement légitime de s’intéresser au sujet en attendant sa conférence à laquelle je me promets d’assister si j’ai le temps.

Alors je vous pose la question qui reprend le titre de l’épisode: 

Est-ce que vous croyez que le fait de fumer du cannabis à un impact sur votre santé buccodentaire? 

Donc, je vous demandais si vous croyez que votre joint, votre pipe ou votre bong peut avoir un impact sur votre santé buccodentaire…

Comment faire pour savoir quand la grande spécialiste mondiale ne sera là que dans un mois?

Moi, je cherche. Vous me connaissez. Et j’avais déjà un p’tit dossier sur le sujet.

Et je commence en vous proposant d’explorer la position de l’Association dentaire canadienne, l’ADC, qui se dit Porte-parole de la profession dentaire au Canada. Et ça tombe bien ça, car elle a déjà réfléchi au problème. L’ADC prend même la peine d’introduire une mise en garde:

Cette déclaration est un travail en cours qui continuera à être examiné et révisé au fur et à mesure que la compréhension et les informations sur la consommation de cannabis et les produits de vapotage à base de nicotine continueront à émerger.

Il est impossible d’être contre ce type de vertu.

Fumer, quelle que soit la substance, est un acte qui comporte des risques documentés depuis longtemps. C’est comme la consommation d’alcool. On sait qu’elle est désastreuse mais il est plus efficace d’accompagner les gens que de les réprimer…

L’ACD propose un dialogue entre clients et professionnels. 

Au final, les professionnels et là je cite texto, les professionnels recommandent des mesures visant à promouvoir l’abandon et à réduire les dommages causés par l’utilisation de ces substances. Le mix tabac, cannabis et vapotage pourrait créer une augmentation des risques.

L’article sur le site de l’asso canadienne aborde d’abord le tabagisme. On ne va pas refaire ce débat. Par contre, et là de nouveau je cite texto:

Le tabagisme entraîne des taux plus élevés de caries dentaires, de lésions de la muqueuse buccale, de maladies parodontales (c’est-à-dire le déchaussement des gencives, les lésions osseuses, la perte de dents, la perte de la mâchoire) et d’autres problèmes de santé buccale. 

Fumer du tabac avec une pipe à eau n’y change rien. En fait, un tel système permet d’aspirer davantage de fumée en réduisant le stress pour la gorge sans rien changer aux autres paramètres.

Et le texte sur le site de l’ADC décrit ensuite les effets de la nicotine qui affecte le système nerveux central ce qui est précisément la définition d’une drogue. La consommation de nicotine nuirait au développement du cerveau chez les jeunes fumeurs… Tiens tiens, on connait ça dans le cannabis… Mais ce n’est pas une raison pour fermer les commerces de cigarettes autour des écoles primaires. Pour le pot, y faut. Pour la cigarette, ce n’est pas pareil…

Puis l’article aborde le cannabis avec de mauvaises informations sur le nombre de cannabinoïdes présents dans le cannabis. Mais ce n’est pas une raison pour bouder le reste du contenu qui nous informe que le  cannabis partage avec le tabac certains produits cancérigènes communs tout en mentionnant au passage que les consommations de cannabis associés à l’utilisation de tabac cause des problèmes particuliers dont celui d’établir des liens de causalité plutôt que de simples corrélations. 

C’est le moment de définir les principaux mots que nous allons utiliser. 

Le mot paradonte veut dire grosso modo à côté des dents. Para DENT. Mon dictionnaire dit qu’il s’agit de l’ensemble des tissus de soutien qui fixent les dents au maxillaire.

Une leucoplasie, c’est simplement une muqueuse qui se couvre d’une couche cornée et de taches blanchâtres.

Une muqueuse? Ça vient du latin MUCUS et cela concerne toutes les membranes lubrifiées qui recouvrent des cavités dans l’organisme humain. Vous pouvez nommer combien de muqueuses différentes? 

Il y a évidemment la muqueuse buccale mais aussi les muqueuses nasale, intestinale, olfactive, pituitaire, urétrale et vaginale. 

Donc maintenant que l’on partage le même vocabulaire je peux vous préciser que carburer au cannabis peut provoquer des complications parodontales ainsi que des leucoplasies sans oublier les cancers buccaux. OUF

J’aime bien que l’article de L’ADC précise que même si la fumée de cannabis ne contient pas de sucre, sa consommation crée un besoin pour des collations cariogènes ce qui expliquerait pourquoi les gens qui ne consomment pas de cannabis auraient moins de caries.

Finalement, l’article introduit le vapotage en précisant d’entrée que ses effets à long terme sur la santé sont inconnus. Décrit comme une porte d’entrée pour le tabagisme, le vapotage semble être aussi dangereux que le tabac quand tout va bien et quand tout va mal, le vapotage peut causer la mort assez rapidement. L’actualité est là pour nous le rappeler.

Alors, est-ce déjà la fin de l’épisode? 

Ben non. On vient juste d’ouvrir la porte. 

Faut comprendre aussi que cette industrie vend depuis de nombreuses années des traitements de blanchiment qui ne sont pas recommander, car et la je cite l’ADC, les effets à long terme n’ont pas été parfaitement établis… 

Où c’est comme ma pharmacienne qui vend une hormone qui s’appelle mélatonine qui n’est pas recommandée par Santé Canada pour les enfants…

Donc, d’un côté de la bouche on dit faites attention au cannabis

Et de l’autre côté de la même bouche, on vend agressivement du blanchiment sans trop comprendre les conséquences… 

Faut-il bémoliser, mettre un bémol, tout ce que dit le site de l’ADC?

Je ne crois pas.

Alors je me suis dit, Envoye Luc, regarde de l’autre côté de la clôture. Va voir ce que disent les sources d’information procannabis. Et vous savez ce que j’ai trouvé? Moi, je pensais tomber sur des textes qui minimiseraient la portée des dangers décrits par l’ADC. Et ben non. Je suis tombé sur une autre vision de l’utilisation du cannabis dans le contexte de la santé de la bouche. 

J’ai trouvé une organisation qui s’appelle The Cannabis Community. 

Sur leur site, j’ai trouvé un texte intitulé Cannabis, Cavities & CBD: Investigating the Role of Medical Cannabis in Dentistry out en français Cannabis, caries et CBD : Enquête sur le rôle du cannabis médical en dentisterie. 

L’article publié en juillet 2019 affirme que la médecine à amplement négliger ce que le cannabis pour apporter au large problème de l’hygiène dentaire. Renversant complètement la nature du questionnement, l’article ose poser la question des soins au CBD pour la prévention de la carie et même pour la prévention des cancers de la bouche…

C’est n’est pas un papier scientifique mais une bonne dizaine d’études sont citées.

La santé dentaire, ce n’est pas que des dents blanches et propres. Il faut inclure les gencives et la muqueuse que j’ai déjà évoquée, mais pas que. Il y a aussi la langue, les lèvres, la gorge, les glandes salivaires, des muscles et finalement les os de la mâchoire. 

La relation entre la santé buccale et le reste du corps est connue depuis longtemps. Les infections buccales peuvent avoir des conséquences précises sur un large groupe de maladies qui incluent le diabète, des problèmes cardiovasculaires et pleins d’autres trucs pas drôles. 

En fait, une carie peut provoquer un écart de couloir chez les sprinteurs du 100m. 

Je vous assure, c’est documenté. C’est grosso modo un phénomène similaire à celui qui fait marcher en rond quelqu’un de perdu dans la forêt. J’ai aussi souvenir de deux champions cyclistes qui ont guéri leurs problèmes de genoux en allant chez le dentiste. J’ai glissé deux articles légers sur le sujet dans les notes de l’épisode. En gros, une inflammation dans la bouche peut causer un problème d’inflammation ailleurs ou de la bonne et simple arthrite. Les cyclistes sur route passent d’ailleurs leur journée à manger des gels et à boire du sucre. Ils sont très à risque sachant qu’en plus, leurs courses, que ce soit le Tour de France ou le Tour des Flandres, empruntent des routes de fermes recouvertes de déjections animales. Ça prend un système immunitaire énorme pour ne pas être malade. 

Si on se recentre sur la bouche, les problèmes les plus courants sont les caries et l’inflammation des gencives et du parodonte. Bonjour la croissance bactérienne, le Ph déséquilibré et l’émail déminéralisé.

Or, ça tombe bien, le CBD à des propriétés qui combattent efficacement les inflammations, les microbes et la douleur. Le CBD, c’est bien. Super. 

Et le THC? Il y aurait aussi des avantages à l’utiliser en dentisterie… car il est déjà catalogué comme un analgésique efficace. Et dans le contexte de la crise des opiacées, toutes les alternatives moins dangereuses sont bienvenues!

Les Québécois qui ont maintenant l’habitude de voir leur gouvernement provincial subventionner des recherches qui ne cherchent que les dangers du cannabis ne seront pas surpris par la conclusion de l’article qui confirme que et la je cite plus ou moins texto que la majorité des recherches sur l’usage du cannabis et la santé buccodentaire tournent autour des effets indésirables ou négatifs potentiels sur la santé buccodentaire au lieu d’utiliser le cannabis ou le chanvre comme médicament pour le traitement. Ces préoccupations sont principalement liées à la toxicité du tabagisme et de l’inhalation de la fumée sur la santé buccodentaire.

OK. On vient de faire le grand écart. D’un côté, les dangers et les précautions proposées par l’ADC et de l’autre les possibilités du cannabis dans le contexte de la santé de la bouche vue par des activistes avisés qui proposent aussi une réflexion étayée de recherches.

D’un côté, l’image d’un fumeur qui s’enfile sa demi-douzaine de joints quotidiens et de l’autre, des soins à base de cannabis appliqués avec précision. Sommes-nous en train de comparer des bananes avec du brocoli? Il y a un peu de cela, je crois. 

Alors je vous propose maintenant de regarder le même thème mais par le prisme de l’économie. Regardons comment un média comme Forbes aborde le sujet. L’auteur de l’article est Andre Bourque. Il commence par décrire la prévalence des maladies buccodentaires. Ainsi les problèmes parodontaux seraient en 11e position parmi les maladies les plus répandues au monde. Après avoir vanté les propriétés antiinflammatoires du CBD, l’article passe en revue les bains  de bouche et de dentifrices faits à la maison par des gens qui ont décidé de s’occuper activement de leur santé buccale. Puis, il décrit la naissance d’un écosystème qui va produire la prochaine génération des produits pour les soins de la bouche.

Dans l’épisode #52 intitulé, La Chine soigne son économie au CBD, je décrivais comment les entreprises chinoises s’étaient lancées dans les masques de beauté avec des formulations sur mesures. Bourque croit que les consommateurs veulent des solutions à des problèmes précis et que tout passe par des formulations sur mesures. Avec l’impression 3D, on est déjà là. 

Par contre, les années de prohibition ont nui à l’innovation et le processus de captation de la propriété intellectuelle est mal rodé, ce qui perturbe une seconde fois l’ingéniosité commerciale et la recherche scientifique.

L’article de Forbes conclut avec la possible utilisation de CBD la veille et le jour d’un rendez-vous avec son dentiste. Pourquoi être tendu quand on peut relaxer la bouche ouverte devant des inconnus tout en bavant sans se retenir? 

On a donc pour l’instant trois perspectives distinctes que je vais caricaturer pour mieux les illustrer.

1)

Le pot est dangereux pour votre bouche

2)

Le pot est merveilleux.

3)

Le pot est une proposition commerciale intéressante pour les industriels.

Maintenant, si je veux trouver des recherches qui prouvent que le pot est dangereux pour la santé de la bouche, c’est facile.

Et hop!

La consommation de cannabis est-elle associée à la parodontite ? Une revue systématique et une métaanalyse. On trouve ça en moins de 3 secondes.

La conclusion est simple: 

Les résultats de l’examen systématique et des métaanalyses démontrent que la consommation de cannabis est associée à une prévalence plus élevée de parodontite. Par contre, il n’y a pas que le cannabis qui favorise les parodontites… Le diabète aussi. 

J’ai trouvé d’autres recherches qui avancent que l’on ne connait pas encore les mécanismes des actions du cannabis sur les gencives. C’est embêtant quand même. Beaucoup de ces recherches posent des jugements négatifs sur la consommation et les consommateurs. Il s’agit évidemment de remarques inutiles prononcées par des gens qui évoluent clairement à l’extérieur de leur champ de compétence. 

Je pense entre autres à un document  produit par l’Association des hygiénistes dentaires de l’Ontario en 2016. Je n’ai pas vérifié, mais je suis sûr que leur matériel de propagande a été mis à jour depuis la légalisation canadienne.

Certaines études plus récentes reposent les mêmes questions mais en démontrant une ouverture d’esprit rafraichissante. Je partage la conclusion d’une étude sur les Mécanismes potentiels sous-tendant la destruction du tissu parodontal associée à la marijuana. Et là j’y vais le plus texto possible:

 L’augmentation présumée de la susceptibilité à la parodontite chez les consommateurs de marijuana présente de multiples facettes, et il est clair que nous ne faisons que commencer à comprendre les interactions toxicologiques, cellulaires et microbiennes complexes en jeu. Avec l’augmentation de la consommation de marijuana dans tous les groupes démographiques de la société, les complications parodontales de la consommation peuvent représenter un problème de santé buccodentaire important et croissant. En préparation, une réponse de recherche renforcée semble appropriée.

J’ai aussi trouvé un document conçu pour les hygiénistes intitulés Facultés affaiblies à la chaise qui les aident à calibrer leurs interventions quand des patients arrivent stone pour leur rendez-vous… Ici, c’est la notion de consentement aux soins qui est singularisée. Mais c’est aussi une saga pour une autre fois.

Il semble donc exister peu de preuves formelles de l’utilisation du cannabis pour les soins de la bouche. Par contre il existe des preuves BÉTON sur ses propriétés analgésiques, antioxydantes, antiinflammatoires, antimicrobiennes, antiprurigineuses et anticancéreuses. Juste de qualités pertinentes pour leur application en dentisterie.

Antiprurigineuse cela veut juste dire qui agit contre le prurit,  les démangeaisons. J’ai trouvé une autre recherche avec un québécois dans l’équipe. Oui Marc Martel qui enseigne à McGill à participer à la recherche intitulée Conséquences de la consommation de cannabis sur la santé buccodentaire : Un examen rapide des données probantes. Le papier conclut à la dangerosité du cannabis. La voici texto:

Fumer du cannabis est nocif pour le parodonte. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre pleinement comment fumer du cannabis affecte les maladies bucco-dentaires et comment les professionnels dentaires devraient intégrer ces connaissances dans les soins cliniques et la santé publique.

On a peu parlé du vapotage. Mais c’est l’occasion de revenir sur la contribution scientifique de Purnima Kumar, la chercheuse qui va donner cette conférence  dans quelques jours.  Mme Kumar se passionne pour et la j’ai pris ce paragraphe sur le site de l’Université de Ohio, Mme Kumar se passionne donc pour profils bactériens oraux associés à la santé et à la maladie parodontales.

Elle publie depuis 2003. Toujours autour du même sujet. 148 papiers en tout. Pas seule. Évidement. Mais 148 travaux publiés, c’est bien, c’est très bien, j’imagine.

Par contre, aucune mention du cannabis dans toutes ses publications. Mais cela ne lui enlève rien de ses compétences de fonds. 

Elle s’est d’ailleurs intéressée au vapotage… On peut penser que le saut vers le cannabis dans le contexte de la santé buccale était une étape naturelle. Voici les conclusions d’une étude à laquelle Mme Kumar a participé. Effets néfastes des cigarettes électroniques sur le microbiome oral des personnes n’ayant jamais été malades c’est le titre… C’est la première étude humaine sur les effets de l’exposition aux e-cigarettes dans la cavité buccale. L’équipe a découvert une surreprésentation des agents pathogènes, des signatures de virulence plus élevées et un signal pro-inflammatoire vif chez les utilisateurs d’e-cigarettes cliniquement sains qui étaient similaires aux patients atteints de parodontite sévère.  

C’est le véhicule  utilisé dans les cartouches de vapotage pour transporter les molécules de cannabis, le propylène glycol qui est mis en cause par plusieurs recherches, dont celle de Kumar. 

Par contre, j’ai trouvé en quelques secondes des sites qui expliquent pourquoi ce produit est sain et comment l’utiliser. Voici le genre de pub qu’on y retrouve:

Non seulement le propylène glycol n’est pas nocif, mais il est en plus ce qui permet de vapoter dans les meilleures conditions. Lorsqu’il est présent dans les médicaments, il est utilisé dans les bronchodilatateurs. Ces médicaments peuvent s’inhaler et servent par exemple à soulager la gêne respiratoire. Retrouver le même principe actif dans les e-Liquides va alors à l’encontre des idées reçues.

Les plus récentes recherches démontrent que ce véhicule  riche en carbone est un catalyseur important de transformation dans les 24 heures suivant l’exposition. C’est tout le discours sur les avantages du vapotage qui est contesté, dont celui de la réduction des risques. Voici la conclusion texto de l’étude: 

En tant qu’holobiontes (on va y revenir à ce mot), il incombe aux humains de protéger et de maintenir les écosystèmes microbiens qui coexistent. Nos données démontrent que les e-cigarettes exercent un effet puissant et néfaste sur l’écosystème sous-gingival, altérant l’immunotolérance de l’hôte. Il est à noter qu’aucun des 123 individus de notre étude ne souffrait de maladie parodontale, et pourtant les signatures fonctionnelles présentaient une ressemblance remarquable avec celles des individus atteints de parodontite, ce qui atteste du risque de nuisance des e-cigarettes sur l’écosystème buccal.

OK, j’avoue que j’ai dû chercher le mot holobionte. 

Du grec holos, ‘’tout’’ et bios, ‘’vie’’, le terme holobionte décrit tout simplement un hôte et tous ses microbes. Donc moi et mes microbres par exemple.

Dans une entrevue pour le magasine Inverse, Mme Kumar dit ceci:

Lorsque les bactéries du microbiome buccal sont exposées à de la vapeur, elles se recouvrent d’une couche gluante, explique Kumar. Cette « couche de bave » rend difficile la fixation des bactéries saines sur la colonie, mais n’empêche pas les caractères pathogènes de s’accrocher. Cela crée un environnement encore plus virulent.

Le mot utilisé en anglais est SLIME. C’est un mot fort…

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ! Merci beaucoup! Bonne semaine. 

OK. Le titre de l’épisode #90 est Je fume du cannabis. Ma bouche est en santé?

Que pouvons comprendre des dangers de la consommation du cannabis par combustion de joints, de pipées ou de bong? Ils existent. C’est ce que je dois comprendre de mes lectures. Est-il possible d’être un consommateur de pot tout en ayant une bonne santé buccale? Je connais des dentistes qui fument du pot. Mais je ne suis pas leur dentiste donc, je ne sais rien de leur propre santé buccodentaire. 

Je lis depuis des millions d’années que le cannabis est mauvais pour la santé physique générale. Les plus récentes recherches, sans encourager a consommé, contredisent ces affirmations populaires qui relèvent soient d’une sérieuse désinformation, soient de biais cognitifs évidents. Des champions olympiques consomment du cannabis. D’autres préfèrent l’alcool. 

Et parlant d’alcool, on peut se questionner deux secondes sur les dangers de l’alcool sur la santé buccodentaire? Ben oui on peut. Le cannabis c’est dangereux. La cigarette de tabac aussi. Mais l’alcool?  J’ai trouvé un site américain qui s’appelle the Oral cancer Fondation. Et voici ce que l’on peut lire sur sa page d’accueil. L’abus d’alcool est le deuxième facteur de risque le plus important pour développer un cancer de la bouche. Et là je vais citer texto:

L’effet de l’alcool sur la bouche peut être la clé pour comprendre comment il agit avec le tabac pour augmenter le risque de développer un cancer. L’effet déshydratant de l’alcool sur les parois cellulaires renforce la capacité des substances cancérigènes du tabac à pénétrer dans les tissus de la bouche. En outre, les carences nutritionnelles associées à une consommation excessive d’alcool peuvent réduire la capacité naturelle de l’organisme à utiliser les antioxydants pour prévenir la formation de cancers.

Une simple exploration de quelques minutes sur des sites de dentistes au Québec laisse clairement entrevoir que l’ennemie numéro 1 de la santé de la  bouche est d’abord l’alcool suivi de la cigarette. Et le combo des deux? C’est le pire.

Alors!

Le cannabis n’est pas une plante magique.

Il faut l’étudier. Plus que jamais.

À cause de la légalisation canadienne qui va accélérer certaines tendances qui sont invisibles pour l’instant. Mais aussi pour recentrer nos attentes. Je le répète. Le cannabis n’est pas une plante magique. Ses atouts sont remarquables. Mais il n’y a pas de magie. 

Plus fondamentalement, et je sais qu’il y a des gens pour qui c’est une hérésie, il est important de réfléchir aux autres modes de consommation. Si j’élimine toutes formes de combustion, les dangers pour la santé de la bouche disparaissent… en fumée. En théorie.

Et comme voie alternative,  je pense évidemment aux nanoémulsions. Mais pas que. On va en rediscuter assurément.

Évidemment, la meilleure réponse à la question Je fume du cannabis, est-ce que ma bouche est en santé? est de consulter votre dentiste. Ce n’est pas parce que le législateur exclut le dentiste des soins gratuits de la santé qu’il faut le bouder. Sans doute un oubli… Ou une vision tronquée de la santé.

Entre les dangers qui ne peuvent être exclus pour l’instant et les propriétés médicales découvertes presque chaque semaine, le cannabis continue de fasciner et de diviser. Croire qu’un jour, tout sera coulé dans le béton des certitudes est une erreur. La vie est une danse. Et une danse n’est qu’une série de perte d’équilibre enchainé plus ou moins harmonieusement. 

On peut se marcher sur les pieds et sourire.

C’est la relation que je nous souhaite tous avec les pros de la santé.

Et voilà, c’était le 90e épisode de toPot.

Déjà!

Faut peut-être que je pense à fêter le centième…

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire: lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre !

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Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

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Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#88 Mon pot est sec! Pourquoi?

#88 Mon pot est sec! Pourquoi?

Pourquoi mon pot est-il sec?

Qui est imputable? 😉

Pourquoi, en 2022, doit-on encore fumer du cannabis trop sec?

La SQDC propose une explication.

L’industrie aussi. 

Et les utilisateurs démontrent leur mécontentement.

Mais que dit la science à propos du pot trop sec?

L’épisode explore les solutions disponibles pour remplacer des pratiques qui datent parfois de plusieurs siècles…

Bonne écoute!

Lien pour l’Épisode sur toPot

Normales climatiques 1981-2010

The Problem with Drying Cannabis

Master the Art of Drying and Curing Cannabis

A Guide to Drying and Curing Cannabis

Drying and Curing Cannabis: The Art of Enhancing Effect and Flavor

Water Curing

Osmosis: the key to how cannabis plants consume water and nutrients

The New Methods & Technologies of Curing Cannabis

Small Batch Quality Consistent, Repeatable Results

Processing and extraction methods of medicinal cannabis: a narrative review

Trol Master

Munich-based Drapalin Pharmaceuticals Imports Medical Cannabis to Germany from Africa

Bonnes pratiques de fabrication  

Lyophilisation du cannabis

Yofumo

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE #88

La transcription de l’épisode sera publiée dans quelques heures.

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?
Aujourd’hui, je reçois deux Québécois qui connaissent bien la situation du cannabis médical au Québec. Shantal Arroyo et François-Olivier Hébert.

Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

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Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#87 Comment reconnaitre le meilleur cultivar au monde?

#87 Comment reconnaitre le meilleur cultivar au monde?

Cette semaine, on s’amuse sur toPot en posant une question piège :

Comment reconnaitre le meilleur cultivar au monde?

La question est immense. Comment y répondre? 

Avec un peu de science et beaucoup de bon sens.

Je vous propose une grille d’analyse et en conclusion un changement de paradigme.

Pourquoi? 

Parce que les notions de sativa et indica sont une mystification.

J’ai des preuves! 😉

Bonne écoute.

Liens pour l’Épisode sur toPot

The Best Cannabis Strains Of All Time, According To Experts

11 best cannabis strains of the 2021 harvest

Top 10 greatest NFL teams of all time

Fiche limonène CNESST

Que sont les Terpènes ?

Cannabinoid Hyperemesis Syndrome: A Paradoxical Cannabis Effect

Cannabis Systematics at the Levels of Family, Genus, and Species

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE #87

INTRO THÈME toPot (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à topot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui toPot s’amuse en posant une question piège :

 Comment reconnaitre le meilleur cultivar au monde?

La question est immense. Comment y répondre? Mais avant d’aller plus loin, c’est quoi un cultivar? Il s’agit tout simplement d’une variété d’une espèce végétale obtenue par sélection. Si je voulais le dire d’une façon plus émotive, je dirais qu’un cultivar est une plante qui a eu la chance d’être aimée et tellement appréciée qu’elle a été choisie entre mille pour ses talents particuliers. Dans le cannabis, le talent d’un plant en 2022 est de produire des fleurs gorgées au maximum de THC. C’est le souhait directement exprimé par la SQDC aux producteurs autorisés. On peut aussi penser que ce sont les préférences exprimées par les consommateurs qui achètent leur stock à la SQDC. 

Pourquoi on parle d’une quête du meilleur cultivar au monde aujourd’hui? 

C’est à cause d’un article publié dans la presse spécialisée.

Ici il s’agit de Benziga, dont un article qui m’a fait rire comme un déjanté. 

Le titre de l’article publié le 31 décembre 2021 est The Best Cannabis Strains Of All Time, According To Experts. En français ça donne Les meilleures variétés de cannabis de tous les temps, selon les experts.

Je vous laisse quelques secondes pour rire…

Le rédacteur du texte commence en trouvant une belle analogie… Choisir le plus grand cultivar de tous les temps, c’est exactement comme essayer de choisir la meilleure chanson de tous les temps. Dès le premier paragraphe, on apprend que l’article en question a été écrit un an plus tôt par Lindsay MaHarry sur WeedMap. Il est toujours important de comprendre l’origine du texte qu’on lit…

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Avant d’aller plus loin, je vous ai dit la semaine passée que j’étais disponible sur les grandes plateformes comme Spotify, Apple. J’ai oublié de vous dire que je suis aussi présent sur le site québécois PotduQc.com. 

Beaucoup de passion et forcément beaucoup de passionnés sur ce nouveau site. Des spécialistes de la culture qui sont prêts à partager leur connaissance. Et voilà, le message est passé. Je répète Pot Du QC.com 

OK on revient à notre sujet.

L’article publié par Benziga évoque dès les premiers paragraphes la dilution des génétiques au fil des ans en expliquant que le NY Sour Diesel qui était populaire en 2007 n’a plus rien à voir avec les produits du même nom en 2021. Puis, les experts arrivent… Le meilleur cultivar, c’est une affaire de terpène dit le premier expert, en précisant dans l’ordre : flavonoïdes, terpènes, arôme, odeur et gout.

Le deuxième expert argumente sur l’importance du transfert de l’odeur de la fleur à la saveur de la fumée. Ainsi de suite…

Pour ces experts, le NYC Sour Diesel qui se vendait pour 100 $ le gramme est un des meilleurs cultivars de tous les temps. Puis, suivent le Maui Wowie que j’ai vu ce matin en cartouche pour vapoter chez Teedy, le service de livraison de cannabis médical québécois, le Super Silver Haze, le Tangie, le OG Kush qui est le produit que la moitié des experts préfèrent comme cultivar quand on leur demande ce qu’ils aimeraient fumer s’il n’avaient accès qu’a un seul cultivar sur une ile déserte…

C’était un article léger. Amusant aussi. Mais un papier qui m’a laissé sur ma faim. Au même moment, la fin de l’année 2021, plein de média publiaient leur liste des meilleurs cultivars de l’année. Voyez le genre :

Hey Merci MJ!

Personnellement, je ne lis plus ce genre d’articles qui ne veulent absolument plus rien dire. En fait je les parcours pour comprendre le marketing qui tourne autour. En fait, je n’ai jamais accordé d’importance aux noms des produits que j’achetais, car je n’ai jamais acheté mon pot d’un agronome ou d’un spécialiste de la botanique… 

Je vous donne un autre exemple. 

Les quotidiens québécois expliquaient il y a quelques mois que les poissons servis dans les restaurants québécois étaient rarement l’espèce annoncée dans le menu. Alors, si des gens éduqués ne sont même pas capable de reconnaitre la chair d’un poisson, comment voulez-vous que votre pusher, légal ou pas, soit capable de distinguer précisément la nature du cultivar qu’il vous propose…

Je ne dis pas que les grandes familles de cultivar n’existent pas. Je dis que le niveau de complexité dépasse l’entendement… 

Alors je me suis dit que je ne deviendrais pas botaniste demain matin. Ni la semaine prochaine. Comment faire pour mieux comprendre ce que je consomme? Et d’un seul coup Boinggggg, j’ai eu l’idée!

J’échange par courriel et téléphone avec un passionné du cannabis qui s’appelle Jean-François Gaudreault. Il s’intéresse à plein de choses dans le cannabis et il découvre en 2017 le Trichome Institute qui est une formation de sommelier en cannabis créée par Max Montrose. JF est aussi associé avec Cannareps, une organisation de la Colombie-Britannique qui offre un service similaire. Je connais d’ailleurs Axel Holin qui vient juste de commencer officiellement à travailler pour eux. Salut, Axel. 

JF à créé une compagnie qui s’appelle Cannalys pour offrir ses services dont entre autres, un service d’extraction mobile. Les curieuses vont trouver les informations pour le rejoindre dans les notes de l’épisode.

OK, on revient au Trichome Institute que je connais depuis 2-3 ans. Max Montrose, le gars derrière l’idée est un très bon communicateur. En fait, il n’est pas un communicateur. Il est beaucoup mieux que ça. C’est un gars qui sait raconter des histoires. Le premier vidéo que j’ai vu de lui est brulé dans mon cerveau. Pourquoi? Je vous raconte. Quand on va à la SAQ, aucun conseiller n’aborde la clientèle en demandant quel pourcentage d’alcool elle désire. La discussion n’aborde jamais ce sujet sauf comme ultime précision. Une bière qui fait 12 % d’alcool mérite la précision par exemple. Donc dans ce vidéo, Montrose discute de la tendance lourde dans tous les marchés pour les nouvelles exigences dans les produits comme la rosine et autres ambres de cannabis. Oui, j’utilise le terme ambre pour parler des shatters. 

Voici l’entrée pour le mot dans le grand dictionnaire terminologique du Québec et il y a même une photo de produit…

Le terme ambre de cannabis a été proposé par l’Office québécois de la langue française en 2019 pour désigner ce concept, en raison de la ressemblance entre ce type d’extrait de cannabis et l’ambre, tant en ce qui a trait à leur couleur qu’à leur aspect vitreux et translucide.

Le mot fonctionne aussi bien en anglais. D’ailleurs j’ai trouvé plusieurs entreprises qui l’utilisent. OK. J’espère que c’est clair que je ne veux forcer personne à utiliser le mot ambre.

Je désire seulement être compris par vous… d’où la précision.

Donc, Montrose dans ce court vidéo explique pourquoi il n’aimait pas fume des ambres et autres résines qui font 40-50-60-70-80 et parfois même plus de 90 % de THC. Et rapidement il donne un exemple. Quand tu as envie d’un dessert, la plupart des gens vont préférer un morceau de gâteau au chocolat à une tasse de sucre qui contient exactement le même nombre de calories. C’est quoi votre genre : une tranche de gâteau ou une tasse de sucre blanc? Si vous préférez la tasse de sucre, je suis curieux d’en savoir plus. lucprevost@hotmail.com

Je crois que cet exemple parle de la nature de l’appréciation qui est possible dans le cannabis…

Je me suis dit, c’est le temps d’explorer ce que je néglige depuis plus de 40 ans. Je ne serai jamais sommelier de cannabis mais je peux apprendre. Après tout, je roule tous les jours à vélo et je sais que je ne ferai jamais le Tour de France.

Je vais donc pour cet épisode tenter de répondre à la question du titre de l’épisode 

Comment reconnaitre le meilleur cultivar au monde? En utilisant la grille d’analyse proposée par le Trichome Institute.

Comme je n’arrivais pas à trouver une version numérique du livre Interpening, JF m’a donné un ensemble avec des loupes, plein de matériels didactiques intéressants et le livre. Le titre Interpening est ce qu’on appelle en français un mot-valise ou un mot porte-manteau. Comme courriel qui télescope le mot courrier et le mot électronique. Interpening est le télescopage des mots interprétation et terpène.

Je remercie JF pour les nouveaux outils!

Finalement, j’ai trouvé une version électronique du livre mais uniquement sur amazon.com et pas sur amazon.ca. 

Le livre est ambitieux, car il veut ne présenter rien de moins que l’art et la science du sommelier de cannabis. Comme beaucoup de gens qui travaillent dans le cannabis, Max Montrose dédie le livre à sa mère… Dernier détail avant d’embarquer dans notre voyage à la recherche du meilleur cultivar au monde, le livre Interpening évolue rapidement. Il est déjà rendu à la 3e édition qui propose les plus récentes informations scientifiques disponibles. J’attire votre attention sur ce détail, car le monde du cannabis bouge très vite. Personne ne parle de ça au Québec mais le chercheur franco-marocain Kenzi Riboulet-Zémouli a récemment publié un papier indiquant que que ce que nous fumons n’est pas une fleur mais un fruit… Les implications sont gigantesques, à la fois pour les consommateurs et les producteurs autorisés. Mais c’est une saga pour une autre fois…

Ça y est. On est parti. 

Comment faire pour reconnaitre le meilleur cultivar au monde? 

On peut déjà distinguer une appréciation générique d’une appréciation personnelle. Je vous propose un exemple sportif facile… Je peux préférer les Chiefs de Kansas City parce que j’aime le style du quart-arrière tout en sachant que la meilleure équipe est peut-être les Rams de Los Angeles. 

Les amateurs de foot semblent se poser le même genre de questions que les consommateurs de pot. J’ai trouvé un article intitulé Top 10 greatest NFL teams of all time… On dirait un biais cognitif chez les animaux humains. 

Bon, évidemment, je me contrebalance du football mais si j’avais utilisé un exemple dans le cyclisme professionnel, personne n’aurait compris. 

Ça parait simple comme ça mais cette première étape ridicule conditionne tout le reste. Si je comprends la différence entre mes préférences et ce qui est reconnu par la majorité comme étant un produit de qualité, on commence à parler de science et d’appréciation. Quand je comprends la différence entre mes gouts et ceux des autres, j’apprends simultanément à mieux me connaitre et à mieux connaitre les autres… On retrouve dans les interminables discussions entre passionnés de pot les ferments d’une réflexion scientifique. 

Je l’ai dit et je le répète. Le livre de Montrose propose une grille d’analyse plus ou moins universelle. Il y en a d’autres. Le but n’est pas de proposer une recette mais le début d’une réflexion personnelle. Et là je parle de moi. 

La méthode proposée par Montrose est divisée en 5 chapitres.

Le premier est une introduction au concept d’Interpening.

Le chapitre 2 propose ensuite une évaluation des caractéristiques physiques du cannabis.

Le chapitre 3 suit logiquement avec une évaluation des arômes.

Le chapitre 4 est consacré à l’art de prédire les effets psychotropes du pot et finalement le dernier chapitre investigue les possibilités de devenir un professionnel de l’Interpening.

En résumé, le plus important pour nous permettre de reconnaitre le meilleur cultivar au monde est de savoir comment évaluer l’anatomie, l’odeur et l’effet du cannabis.

Voici ce que Montrose écrit d’entrée de jeux :

Il est évident que de nombreuses questions se posent sur le cannabis, compte tenu de l’impact qu’il a sur un grand nombre de personnes aujourd’hui. L’objectif de ce livre est de vous fournir des solutions et des réponses à ces questions, fondées sur des recherches, par le biais d’une méthodologie d’interprétation.

Jusqu’a très récemment, seul le % de THC était considéré pour indiquer la puissance d’une fleur. La légalisation a immédiatement imposé le mot terpène que peu de gens connaissaient sous cette forme. Mais si vous parlez à votre grand-mère d’huile essentielle, elle connait surement ça. Et c’est la même chose. L’aromathérapie qui prétend modifier le psychisme utilise les terpènes sous forme d’huiles essentielles. Et si votre grand-mère ou votre matante est vraiment sérieuse avec ses huiles essentielles, il y a de fortes chances qu’elle en sache plus que vous ou moi sur les terpènes. Les terpènes ne sont que des composés organiques aromatiques d’origine végétale. Il en existe quelques catégories dont on ne discute jamais dans les articles sur le cannabis. Les plus connus sont les Monoterpènes (C10H16) et les Sesquiterpènes (C15H24).

Des exemples?

Le Limonène est un monoterpène tandis que la β-caryophyllène est un Sesquiterpène. 

J’attire votre attention sur la valeur des terpènes des huiles essentielles. La bergamote, souvent utilisé pour aromatiser le thé se vend 15,99 $ pour 15 ml. Le produit Chemdog 30 THC vendus en huile à la SQDC vaut 29,60 $ pour un contenant de 20 ml. Il y a une bonne différence de prix mais les exigences ne sont pas les mêmes. Les taxes aussi sont différentes. Et pas besoin de barbelés et de caméras en circuit fermé pour opérer un extracteur d’huiles essentielles. J’imagine d’ailleurs que les entreprises d’extraction de cannabis les plus intelligentes ont déjà prévu de diversifier leur activité pour augmenter leur chance de survivre…

Je me demande d’ailleurs si c’est légal de sortir un produit de hash aromatisé aux huiles essentielles… 

Va-t-on pouvoir injecter ou vaporiser dans des produits de cannabis des terpènes comme le limonène qui proviendraient de végétaux qui coute moins cher que le cannabis? Une molécule, c’est une molécule, peu importe sa provenance.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, la CNESST, a une fiche sur le limonène qui dit ceci

Le limonène existe sous deux formes isomériques (d — et l — limonène) qui sont des images miroir l’une de l’autre. Le d-limonène est un constituant naturel de certains arbres, plantes, fruits et légumes. On le retrouve entre autres dans la pelure des agrumes (orange, citron, lime, etc.), les cornichons, le céleri, dans l’huile d’orange et dans plusieurs huiles essentielles. L’autre isomère (l-limonène) se retrouve principalement dans les huiles de pin, la térébenthine et les huiles de menthe. Le mélange, en proportions égales, des deux isomères est souvent appelé dipentène.

C’est une OVNI que je partage avec vous. L’innovation, dans les juridictions où elle est bienvenue, va utiliser, je crois, ce subterfuge de l’addition pour créer des mix de cannabis plausible mais impossible à trouver dans la nature. 

https://mbe.io/3qbTw4m

Vous saviez qu’il n’y avait pas d’orange dans le canard à l’orange… La plupart des restaurateurs cuisinent le plat et vont brumiser à la fin, une sorte de mélange d’huile essentielle d’orange et d’eau pour aromatiser le tout. 

C’est aussi la promesse de l’agriculture cellulaire ou fermentation de précision qui est le sujet de l’épisode #18 avec Konilo Zio. Produire du cannabis avec du sucre bio et de la levure donne au final, une molécule de THC bio… En tout cas, c’est un débat qui va bientôt devenir public…

On revient à notre grille d’analyse. Je ne vous referai pas le coup du terroir mais Montrose donne la Californie comme exemple. Ce concept de terroir dans le contexte de la culture intérieure va devoir probablement être encadré par le législateur, histoire d’éviter les abus. D’ailleurs, je vous pose une question : est-ce que le média dans lequel pousse le cannabis devrait être mentionné sur l’étiquette? 

Donc, il existe une façon simple d’analyser un plant. La largeur des feuilles, la disposition des fleurs sur la tige du plant, l’inflorescence et tout le reste de son anatomie. Cela demande de la pratique mais surtout un accès à des plants. L’immense majorité des Québécois n’a pas accès à un vrai plant. C’est là l’utilité jamais comprise par le législateur québécois des 4 plants maison. Mais c’est aussi une saga pour une autre fois.

L’examen des caractéristiques physiques des fleurs se fait en trois volets distincts :

1)

Il faut d’abord évaluer les caractéristiques physiques d’ensemble.

2)

Ensuite on s’attaque aux caractéristiques de qualité inacceptables

Et 3)

On évalue les caractéristiques de qualité.

Petit avertissement d’usage…

J’aborde ce sujet comme un béotien, comme un idiot du village. Il y a des gens qui écoutent toPot qui ont des doctorats en biochimie. Si je dis des bêtises, j’ai besoin de votre aide pour les identifier… lucprevost@hotmail.com avec bienveillance SVP!

OK.

Pour reconnaitre le meilleur cultivar au monde, on vient de dire qu’il faut pouvoir évaluer son apparence, comme on peut juger de la santé d’un animal en examinant ses dents. Vous avez une vision de 40/20? Vous êtes chanceux, car vous n’avez pas besoin d’une loupe pour regarder vos fleurs. Pour le reste du monde et moi, une petite loupe peut faire des merveilles pour vérifier la structure des fleurs. Une loupe permet aussi de regarder les anthères qui constituent la partie supérieure de l’organe mâle de la fleur. C’est important, car les anthères précèdent l’apparition des graines indésirables dans un plant femelle.

Voici alors, bien en selle, le genre de questions que je peux me poser en regardant mes fleurs :

Est-ce que la fleur présente les symptômes d’une récolte prématurée? 

Est que les trichomes sont de bonnes qualités? 

Est-ce que la manucure respecte la fleur?

Est-ce qu’il y a des traces de moisissures et si oui, quels types?

Est-ce que les couleurs indiquent qu’il s’agit d’une culture extérieure? 

Est-ce que les fleurs présentent des décolorations indicatrices d’une surdose chimique?

Est-ce qu’il y a des insectes? Lesquels?

S’agit-il de vieux pot?

J’avoue que je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai fait tout ça…

Quand il n’y avait que le marché noir, le consommateur moyen, celui qui achetait de son pusher avec confiance, le consommateur moyen donc avait accès à des fleurs beaucoup plus belles et surtout plus fraiches en général. Cette étape était avant tout guidée par le vendeur qui proposait deux ou trois variétés, comme un bijoutier à l’écoute…

Est-ce que ce rituel serait possible dans un point de vente? Pas au Canada pour l’instant mais on voit de belles choses aux États-Unis. Évidemment, je comprends les problèmes sanitaires des produits en vrac. En 2021, ce n’était pas un caprice du législateur que d’interdire la vente des produits en vrac pendant la pandémie.

Après l’évaluation des caractéristiques générales de la fleur, la recherche du meilleur cultivar au monde passe ensuite par la vérification des caractéristiques de qualité inacceptables. Notre grille d’analyse propose d’analyse cinq critères : 

1) 

Est-ce que les fleurs présentent les symptômes du verrouillage des nutriments, le fameux nutrient lockdown..

2)

Est que le lessivage, le flush, a été bien réalisé

3)

Est que l’odeur, le piquant de l’odeur, est suffisamment présente?

4)

S’agit-il de vieux cannabis? Est-ce que les fleurs sentent le foin?

S’il faut s’intéresser à tous les problèmes, l’inverse est tout aussi vrai. Trouver le meilleur cultivar de tous les temps implique de s’intéresser aussi et surtout aux caractéristiques de qualité. Notre grille d’analyse en propose plusieurs :

1)

La qualité de la manucure. 

2)

On vérifie ensuite la densité et maturité des trichomes.

3)

Il faut ensuite qualifier l’âcreté ou le piquant de l’odeur.

4)

Il y a plus que le simple piquant de l’odeur. C’est à cette étape que le nez va distinguer les propriétés de la fleur mais aussi l’ensemble des soins qui auront permis une fermentation heureuse qui vient relever le tout.

Suis-je devenu un expert parce que je comprends mieux cette grille d’analyse? Non. 

Suis-je mieux informé? Définitivement. 

Il s’agit en fait d’un rappel de tout ce que j’ai appris au fil des ans de façon informelle. Si j’avais eu la chance de fréquenter un Club Social de Cannabis, les ainés m’auraient appris tout ça avec des tonnes de détails. Mais je n’ai jamais eu cette chance.

Et vous, si je vous demande quel critère de qualité vous vérifiez quand vous ouvrez votre pot de la SQDC? Je suis curieux de connaitre vos secrets! lucprevost@hotmail.com.

Que nous reste-t-il à incorporer dans notre évaluation pour être capable de reconnaitre le meilleur cultivar au monde?

Nous arrivons au cœur de l’expérience qui consiste, avant la consommation, à évaluer les arômes du cannabis. Dans l’étape précédente, notre quête olfactive était générale. Dans cette nouvelle étape de caractérisation, on s’intéresse aux détails, les arômes. Je note d’ailleurs une évolution marquée de cette partie du livre entre la deuxième édition papier et la troisième édition numérique. Je trouve ça très encourageant. C’est peut-être la partie du livre que je trouve la plus pertinente pour les experts. J’avoue, par contre, que je ne sais rien de l’exactitude des infos partagées par l’auteur. Mais j’aime le concept déployé dans le livre qui illustre les zones de la tête qui sont sollicitées par chaque type d’arômes. Le livre propose une petite leçon d’anatomie et même des trucs pour respirer efficacement la fumée, le tout en ligne directe avec la science œnologique ou l’art des testeurs de café qui font circuler le liquide dans leur bouche avant de le recracher. 

Ce que je comprends de cette section est que l’odorat, notre sens le plus reptilien, est peut-être l’outil qui est le plus sous-utilisé de notre expérience lors de la consommation de cannabis. C’est sans doute les informations qui sont le plus pertinentes pour moi. 

Le système Interpening propose aussi plusieurs outils pédagogiques. Des machins bien conçus. Il y a, entre autres, un document de synthèse du livre fait en carton dur qui se plie de millions de façons différentes. Brillant comme produit.

La section la plus ambitieuse du livre propose une méthode pour tenter de prédire les effets psychotropiques des fleurs examinées. La méthode utilise une roulette que l’on tourne et qui révèle des informations selon les critères sélectionnés. Je saute cette étape, car sans l’outil entre les mains, la démonstration est difficile.

Dans la dernière section de notre grille d’analyse qui devrait nous permettre de reconnaitre le meilleur cultivar au monde, la méthode Interpening recense les différentes méthodes pour faire bruler une fleur :

1)

La pof à sec également appelée un Bill Clinton. Cela consiste à respirer dans le joint sans l’allumer.

2)

La pof allumée

3)

Fumer dans un instrument de verre propre qui ne va modifier en rien le gout de la pof.

Et 4)

L’utilisation d’un vaporiseur. Vous ne connaissez pas les avantages du vaporisateur? Une saga pour une autre fois.

Bon, voici en gros, une méthode pour reconnaitre le meilleur cultivar au monde. Ce n’est pas la seule. 

Disons que nous sommes très très très très intelligents et que par science infuse, nous maitrisons cette méthode maintenant, là tout de suite, comme ça. OUF…

Partons du principe que tous nos organes fonctionnent bien et que nous n’avons pas le rhume ou la COVID…

Comment dès lors pouvons-nous reconnaitre le meilleur cultivar au monde? Après tout, les médias cannabis publient à toutes les semaines le genre d’articles dont je parlais au début de l’épisode. 

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis-lui bonjour de ma part! OK Merci.

La quête élusive du meilleur cultivar de la planète Terre peut commencer.

Disons que nous avons envoyé autour du monde des équipes pour recueillir les plus belles fleurs disponibles. Disons que nous avons une centaine de variétés différentes à gouter. Disons que nous sommes un groupe d’élite d’une vingtaine de testeurs. Disons que nous sélectionnons individuellement un toP 3 de nos fleurs préférées. Disons qu’après quelques rounds supplémentaires et quelques jours de négociations, nous avons collectivement sélectionné un cultivar précis. Disons que ce cultivar porte le nom de Silver Québec. OK. On peut penser que nous avons trouvé le meilleur cultivar au monde… Le seul problème, c’est qu’on ne sait pas encore vraiment ce que l’on vient de fumer. Pourquoi? 

Le système que la SQDC utilise au Québec avec les termes indica et sativa ne veut rien dire scientifiquement à cause des croisements volontaires et involontaires des différents cultivars aux fils des siècles. En 2014, une recherche a permis l’analyse de 494 échantillons de 35 souches différentes. La conclusion? Les différences dans la composition chimique des 494 ne permettaient pas de les différencier.

Incroyable non!

Oui, il y a un lien pour les curieuses dans les notes du podcast.

Disons que l’on décide de faire analyse notre fleur gagnante. Et qu’on la renomme Platine Québec… Disons qu’on en fait pousser en masse partout. OK. J’ai une question maintenant.

Si je fais pousser des tomates dans ma cour, est que toutes vont gouter la même chose… Est-ce possible qu’une tomate sur le plant ne soit vraiment pas aussi bonne que les autres? Mon expérience me dit que oui. Cela ne veut pas dire que toutes les tomates de la même sorte sont mauvaises. Voici donc ma question : est-il possible de tomber sur un citron dans un plant de cannabis? 

Ha la magie d’internet!

Après une discussion avec Julien Raymond, le maitre cultivateur de Juste Feu, un producteur autorisé dont les produits seront à la SQDC dans quelques semaines, voici ce que je comprends. Les bons producteurs sont capables de stabiliser le génotype. Et cette stabilisation permet d’éviter les citrons dans les plants mais pas le limonène… héhé! Merci, Julien!

Alors, encore une fois, je reviens encore une fois à ma question initiale : comment reconnaitre le meilleur cultivar au monde? Vous me permettez un pied de nez plein de respect?

On aimerait, moi, vous, avoir la même précision que la médecine moderne mais dans un contexte ou des centaines de molécules dans un organisme vivant cohabite pour nous offrir des produits médicaux et non médicaux. Nous tentons d’appliquer au monde végétal vivant les critères de la médecine qui elle ne s’attache qu’a une seule molécule à la fois… Oui, oui, vous savez cette histoire d’effets d’entourage. Ces deux visions du monde sont réconciliables mais seulement en faisant des compromis. Pourquoi pas, sans la capacité de faire des compromis, nous serions tout le temps en guerre? 

J’en entends dans le fond du café qui me disent : Alors Luc que proposes-tu?

J’ai une solution très très très très simple! 

Dans un premier temps, il faut renoncer à ce type de concours ridicules sauf pour s’amuser.

On a le droit de s’amuser. Faut juste pas se prendre au sérieux…

Dans un deuxième temps, je vous propose un changement de paradigme encore plus simple. 

Ce n’est pas le meilleur cultivar au monde qu’il faut identifier.

C’est plutôt le meilleur maitre cultivateur au monde qu’il faut trouver. 

Ou le meilleur producteur autorisé.

Un maitre cultivateur qui publie de la recherche, par exemple.

Un maitre cultivateur qui partage ses connaissances.

Un maitre cultivateur qui produit des fleurs de qualité, récoltes après récoltes.

Un maitre cultivateur qui va écouter sa clientèle.

Je termine en vous donnant un exemple.

J’ai eu des fermiers de familles depuis plus d’une dizaine d’années.

Je paye mes légumes en février au moment ou la ferme dépense beaucoup sans avoir de vente…

Vous savez le machin d’Équiterre…

Depuis 4-5 ans, j’encourage Philipes et Maxime de la Ferme La Bourrasque.

Je les vois au marché. Je connais leurs parents qui viennent aider. Je connais les employés. Je discute de maraichage chaque weekend et je peux même leur faire des propositions. J’ai l’intime conviction que j’ai la chance de manger les meilleurs légumes au monde. Bio et tout le tralala.

Est-ce qu’une telle formule serait applicable au cannabis?

Je ne sais pas mais c’est une piste à explorer.

Personnellement, si j’avais la chance d’acheter directement à la ferme mon cannabis, je crois que je serais totalement convaincu d’avoir accès aux meilleurs cultivars au monde. En termes de fraicheur, c’est indiscutable. Et la fraicheur fait foi de tout, car le cannabis vieillit mal et très vite comparé à une noix par exemple.

Le cannabis est un rituel de différents partages. 

Le cannabis rapproche les gens. 

Je crois que nous sommes capables au Québec de créer une industrie exceptionnelle qui rapprocherait les producteurs des consommateurs. Et le monopole de la SQDC n’est pas une excuse ou un obstacle, car l’industrie du cannabis au Nouveau-Brunswick innove beaucoup tout en étant dans une situation de monopole d’État comme au Québec.

C’est qui votre maitre-cultivateur préféré? Et surtout pourquoi? C’est la première fois que je fais ça mais si vous avez un avis précis sur ce sujet, j’aimerais vous parler et peut-être partager vos préférences dans un épisode futur. Vous préférez le hash? OK! C’est qui vous sachants du hash? Et pourquoi vous aimez leur travail?

J’attends vos préférences!

Et voilà, c’était le 87e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez!

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

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Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

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