#112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

#112 Maxime Paris: EXKA a des cultivars à 37% de THC… à vendre!

Cette semaine, on reçoit sur toPot un entrepreneur québécois qui pourrait travailler dans plusieurs industries différentes! Heureusement, on est chanceux, il a choisi le cannabis! Maxime Paris est donc le fondateur et PDG d’EXKA, une entreprise spécialisée dans la génétique et l’extraction du cannabis. La vision d’EXKA est à la fois simple et complexe : devenir le standard de référence dans le domaine de la génétique et de l’extraction du cannabis.

Et que diriez-vous d’un cultivar qui ferait 37 % de THC?

Nous en discutons dans l’épisode. Et les curieuses vont trouver la fiche technique du Black Mountain Side… 

Le temps de floraison est de 9 à 10 semaines. Peu de feuilles. Pousse au début dans un Jiffy et ensuite dans du coco. La culture peut se faire en bunker, en serre ou en extérieur. C’est un des phénotypes de la variété «Girl Scout Cookies» qui contient du «Durban Poison» et du «0G Kush». Il s’agit d’une variété indica qui a fini à la troisième place de la Seattle Cannabis Cup en 2014. Ses bourgeons très denses sont verts avec des traces de violette. L’arôme du produit est doux et mentholé avec du linalol, de la caryophillene et de la limonène. Les curieuses et les PA intéressés vont aussi trouver dans les notes de l’épisode plusieurs rapports de laboratoire en prime. Merci à EXKA pour ce partage.

Bonne écoute!

LIEN pour le cultivar  37% de THC

https://mbe.io/BMS-EXKA

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, toPot reçoit un invité vraiment incontournable. Jacques Farcy. Le président de la SQDC. Pour le 111e épisode de toPot, j’ai eu la chance de discuter un dirigeant discret qui est aussi le plus important...

#120 Pot flânage (2022.09.28)

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#119 Pot flânage! (2022.09.21)

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#118 Pourquoi le cannabis provoque la fringale (munchies)?

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#117 Sommeil et cannabis: l’expérience peut varier!

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#115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

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#109 J-C Parisien-LaSalle : Nano arrive à la SQDC!

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Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je m’intéresse aux nanoémulsions de cannabis depuis au moins l’épisode #62 Les nanoémulsions, le cannabis 4.0?.

Aujourd’hui, on va donc échanger avec Jean-Christophe Parisien-Lasalle pour comprendre la réalité des nanoémulsions, mais par le prisme d’un producteur autorisé qui a obtenu sa licence de microtransformation le 29 novembre 2019. Parce que je sais que vous êtes aussi curieux et impatients que moi, j’ai immédiatement demandé à Jean-Christophe de nous expliquer dans ses mots, ce qu’est une nanoémulsion…

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit :  Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis? Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois...

#107 8 façons de tuer l’industrie du cannabis

#107 8 façons de tuer l’industrie du cannabis

Les Canadiens n’ont jamais autant de choix de produits que l’on sait conformes, minimalement, aux exigences de Santé Canada. Si l’offre de la SQDC est mince comparée à celle des autres provinces, elle reste appréciable.

Alors pourquoi un tel titre et un tel sujet aujourd’hui? 

8 façons de tuer l’industrie du cannabis…

Est-ce vraiment raisonnable? 😉

Et ben parce que si tout se passe plus ou moins bien pour le consommateur, la réalité pour les producteurs autorisés est différente. 

Trois ans après la légalisation, il est clair que le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux ont décidé d’abuser de l’industrie à qui ils ont donné la permission d’exister. Avec cette permission vient une série d’abus que nous allons passer en revue. Selon les leadeurs de l’industrie, la situation a atteint un point critique.

Et ces leadeurs ont décidé de se rencontrer pour discuter de la situation.

Grass on the Hill: Cannabis Leaders Summit & Industry Lobby Day. 

Cette rencontre a eu lieu les 30 et 31 mai 2022, soit au début de cette semaine. Tous les leadeurs de l’industrie étaient là. À ma connaissance et après vérification, il n’y avait personne de l’industrie québécoise du cannabis. Et on va voir en conclusion que la situation pourrait être dramatique au Québec dans les mois et années à venir, mais pour des raisons complètement différentes qui s’ajoutent.

Le cannabis à une industrie qui quémande le droit d’exister. 

Mais la résistance s’organise.

J’ai trouvé une belle initiative sous forme d’un rapport écrit pour en discuter intelligemment. Ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

StandForCraft.com.  

Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode.

On y trouve entre autres, une pétition à signer dont la première phrase est :

Il n’est pas exagéré de dire que le Canada taxe à mort les entreprises artisanales de cannabis.

J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Uniquement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

Par contre, on peut analyser facilement la structure des couts en prenant un exemple simple comme un pot de 3,5 gr vendu pour 25 $. Et là je prends les chiffres proposés par Stand for Craft! Donc, pour un gramme de pot, voici la ventilation du cout de votre achat…

Bonne écoute!

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Comme simple consommateur, le canadien et la canadienne n’ont jamais autant de choix de produits que l’on sait conformes, minimalement, aux exigences de Santé Canada. De nouveaux produits apparaissent chaque semaine. Si l’offre de la SQDC est mince comparée à celle des autres provinces, elle reste appréciable.

Ce que l’on peut s’y procurer versus ce que le pusher du marché original pouvait offrir ne résiste pas à l’analyse. Avant la légalisation, j’avais un gars, comme dirait la Québécoise Mireille Tessier, propriétaire d’une boutique de pot en Alberta. Ce gars offrait toujours au moins deux choix et parfois en prime, il m’offrait un biscuit de THC avec un thé. Beaucoup de stationnements, un guichet automatique pas loin, un dépanneur pas loin. Le bonheur quoi. Mais rien à voir avec l’offre de la SQDC. 

Alors pourquoi un tel titre et un tel sujet aujourd’hui? Et ben parce que si tout se passe plus ou moins bien pour le consommateur, la réalité pour les producteurs autorisés est différente. 

Trois ans après la légalisation, il est clair que le gouvernement fédéral et tous les gouvernements provinciaux ont décidé d’abuser de l’industrie à qui ils ont donné la permission d’exister. Avec cette permission vient une série d’abus que nous allons passer en revue.

Et pourquoi parler de ce sujet cette semaine?

Selon les leadeurs de l’industrie, la situation a atteint un point critique.

Et ces leadeurs ont décidé de se rencontrer pour discuter de la situation.

Grass on the Hill: Cannabis Leaders Summit & Industry Lobby Day. 

Cette rencontre à eu lieu les 30 et 31 mai 2022, soit au début de cette semaine. Tous les leadeurs de l’industrie sont là. Évidemment, à ma connaissance et après vérification, il n’y avait personne de l’industrie québécoise du cannabis. Personne. Pas une organisation, pas un individu. Parce qu’on est distinct sans doute. Et on va voir en conclusion que la situation pourrait être dramatique au Québec dans les mois et années à venir.

 

À la tête de ce sommet Grass on the Hill, il y a George Smitherman. C’est un politicien canadien. Il a représenté la circonscription provinciale de Toronto-Centre durant plus de 10 ans à l’Assemblée législative de l’Ontario. Il a été ministre de la Santé et des Soins de longue durée, ministre de l’Énergie et de l’Infrastructure et Vice-Premier ministre de l’Ontario. Accessoirement, il est le premier Membre du Parlement provincial de l’Ontario ouvertement homosexuel. Voilà donc un homme qui s’intéresse à l’industrie du pot et qui sait comment fonctionnent les gouvernements. Donc, ce Grass on the Hill est un évènement important.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Qu’est-ce que je disais?

Ah, oui, la grande rencontre canadienne Grass on the Hill

Pourquoi une telle rencontre? Pour informer, provoquer et susciter des changements en faveur de la viabilité financière des détenteurs de licences de cannabis.

Une industrie qui quémande le droit d’exister. C’est intéressant non. Surtout quand le Québec est absent.

Alors très modestement, vous et moi, on va faire le tour des irritants, voyez comme je suis gentil, le tour des 8 trucs les plus efficaces pour tuer l’industrie canadienne du cannabis. 

Et le premier truc pour tuer l’industrie du cannabis est de forcer tout le monde a payer une taxe d’accise qui ressemble à de l’extorsion.

Et ça tombe bien, j’ai trouvé une belle initiative sous forme d’un rapport écrit pour en discuter intelligemment. Évidemment, ce sont des intérêts de l’Ouest canadien qui ont trouvé la force et l’énergie pour créer un document remarquable. 

StandForCraft.com.  

Il y a un lien pour les curieuses dans les notes de l’épisode.

On y trouve entre autres, une pétition à signer dont la première phrase est :

Il n’est pas exagéré de dire que le Canada taxe à mort les entreprises artisanales de cannabis.

J’avoue candidement que je ne sais pas qui se qualifie à titre d’entreprises artisanales de cannabis. Canopy, Aurora? Seulement les microproducteurs? Seulement les entreprises qui vendent leur gramme de pot à plus de 10 $? Je ne sais pas et cela sera une saga pour une autre fois.

Par contre, on peut analyser facilement la structure des couts en prenant un exemple simple comme un pot de 3,5 gr vendu pour 25 $. Et là je prends les chiffres proposés par Stand for Craft! Donc, pour un gramme de pot, voici la ventilation du cout de votre achat :

Hey merci MJ!

Je disais quoi? Ah oui, on parlait de la ventilation du cout de l’achat d’un pot de 3,5 gr vendu à 25 $.

La marge du détaillant est de 2,54 $ par gramme

Le cout de la distribution provinciale est de 0,74 $ 

Les taxes d’accises et autres frais règlementaires sont de 1,26 $

Le transport serait négligeable…

Les couts d’emballage sont de 0,50 $

Les frais de laboratoire sont de 0,55 $

Les couts de production égalent 1,50 $

La marge de profit pour le producteur autorisé? 1 sous… par gramme

Donc sur un pot de 3,5 gr, le PA fait 3 sous et demi.

Ces chiffres, à ma connaissance, n’ont pas été contestés.

Comment repayer les gens qui t’ont prêté de l’argent, ta famille sans doute, parce que les banques ne voulaient rien savoir de ton projet, comment donc repayer tes emprunts en faisant 3,5 sous de profit pour un pot de 3,5 gr vendu à 25 $? C’est impossible.

Quand je vois des internautes passer des commentaires sur les abus présumés des PA qui osent augmenter leur prix pour survivre, je ne suis pas découragé. Parfois ces commentaires ont des répercussions profondes sur la réputation des PA. Je ne suis pas découragé, mais on peut être triste pendant une ou deux secondes.

Par contre, je constate tout le travail que l’industrie devra faire pour expliquer la situation dans laquelle les gouvernements placent les acteurs du marché. Quand la SQDC vend encore son pot en parlant de sativa et d’indica, on réalise le chemin à parcourir. 

Les droits d’accise sur le cannabis au Canada sont payés par le producteur, qui doit remettre le plus élevé des deux montants suivants : un droit forfaitaire (1 $/g) ou un droit ad valorem basé sur le prix de vente (10 % de tout prix de gros supérieur à 10 $).

Ad valorem veut simplement dire qui est déterminé d’après une valeur moyenne.

Donc, il y a la taxe d’accise, mais il y a aussi des taxes ou droits supplémentaires qui vont être perçus dans toutes les provinces sauf au Manitoba. Mais pourquoi s’arrêter là? L’Ontario, l’Alberta, la Saskatchewan et le Nunavut en ajoutent une autre couche.

75 % des recettes d’accise restent à la province et les 25 % qui restent sont captés par le fédéral. 

Quels étaient les objectifs de cette taxe d’accise de 1 $ par gramme? 

Maintenir des taxes basses pour les consommateurs afin de réussir les objectifs de la légalisation. 

Ce que le législateur n’avait pas prévu, c’est étonnant d’ailleurs, c’est que les prix allaient baisser dramatiquement depuis le début de la légalisation… En 2022, la taxe d’accise peut valoir jusqu’à 35 % du prix d’une fleur.

L’évolution de la progression des recettes provenant de la taxe d’accise est remarquable.

  • 18 millions de dollars en 2018-19
  • 52 millions de dollars en 2019-20
  • 109 millions de dollars en 2020-21

Et vous connaissez le total des recettes fiscales annuelles du Canada?

200 milliards de dollars. 

Et juste pour relativiser, le Canada s’apprête à acheter 88 avions F35, des avions tout croches qui fonctionnent à peine, pour la modeste somme de 19 milliards $ CAN, soit un prix unitaire par avion de 215 909 097 $ CAN.

Là où ça devient presque drôle, c’est quand tu regardes le prix des missiles qui vont avec ce genre d’avion. Un missile Spear-3 valait presque de 300 000 $ CAN il y a un an… Un missile. Et quand tu le tires, y reste rien après, rien.

Et que nous disent les projections budgétaires? Et ben, les ventes légales de cannabis stagnent, car les provinces prévoient une toute petite augmentation de 6 % entre 2022 et 2023…

Forcément, au Canada, d’autres produits sont soumis à des taxes d’accise : spiritueux, vin, bière et produits du tabac viennent immédiatement à l’esprit. Et dans tous les cas, c’est le producteur qui paye directement. C’est avec nos voisins américains que la différence saute aux yeux. Partout où l’on vend du cannabis, la taxation au point de vente est la norme. Et voilà d’où va venir la première compétition pour l’industrie canadienne du cannabis. De nos voisins qui sont déjà avantagés à ce niveau-là. Donc, au cours des prochaines années, nous allons assister à une guerre asymétrique…

Ici, il y a un facteur essentiel a comprendre et je prendre un exemple qui fonctionne bien au Québec. Depuis 2006, le vin et le cidre produits fabriqués avec des ingrédients locaux sont exonérés de droits d’accise. Ce geste aurait permis à l’industrie de se développer agressivement. Mais, mais, mais, ce congé de taxe va prendre fin dans quelques jours à cause d’une plainte de l’Australie auprès de l’Organisation mondiale du commerce pour cause de «mesures discriminatoires». 

Donc, un pays souverain ne pas faire n’importe quoi, n’importe comment.

Et les producteurs de vins et de cidre affirment déjà que la situation va mal tourner pour eux.

Et que disent les auteurs du rapport à cet égard? 

Et là je cite plus ou moins texto.

1)

Il est prouvé qu’un cadre de droits d’accise accommodant peut aider les producteurs nationaux et les petits producteurs à prospérer, en particulier dans le cadre de la production rurale et agricole. 

2)

Un ajustement peut avoir un impact considérable — pour le meilleur ou pour le pire — sur les résultats des producteurs.

Il y aurait plus de 850 entreprises dans l’industrie canadienne du cannabis en incluant, les producteurs, transformateurs et vendeur. 

Il y a seulement 25 entreprises canadiennes à la bourse qui ont généré des revenus de plus de 2,5 millions $. 

Par contre, on dénombre 250 de microproduction et 106 licences de microtraitement.

Entre les deux, il y a de tout et on en revient à la difficulté de qualifier ce qui est artisanal de ce qui ne l’est pas. Car tout bouge à une vitesse folle. Entre mars 2021 et mars 2022, la part de marché des 4 plus grands producteurs canadiens est passée de 52 % à 28 %. 

Si vous êtes un voyageur fréquent sur toPot, vous savez que je crois que le cannabis est une activité économique de maraichage de proximité. Un produit local frais respectueux de l’environnement qui travaille en circularité avec les autres industries de la région.

La taxe d’accise actuelle tue une industrie qui doit en plus simultanément faire face à un marché original prêt à renaitre de ses cendres à n’importe quel moment.

Le rapport précise que moins de 5 % des entreprises, quelle que soit leur taille, ont généré des revenus réguliers et viables depuis le début de la légalisation. Et constatation encore plus dramatique, les propriétaires de plus de 60 % de la superficie de production canadienne de cannabis pourraient faire faillite dans la prochaine année.  

J’ai relayé la semaine passée une nouvelle du journaliste Matt Lamers à l’effet que 141 entreprises canadiennes n’avaient pas encore payé au gouvernement certains montants dus pour la taxe d’accise.

Peu de producteurs autorisés génèrent des profits. Quand on a demandé à une quarantaine de PA le nombre de mois où leurs entreprises à produit des bénéfices, 63 % ont répondu Zéro… Oui 63 % des producteurs ont généré zéro profit en 2021. Et les 37 % qui restent? Ils affirment avoir généré des profits sur 3 mois différents… Pas plus.

Les auteurs du rapport affirment que… 

Nous sommes ici pour ne déclarer rien de moins qu’un état d’urgence financier pour le cannabis canadien.

Plus de 70 % des producteurs questionnés affirment qu’ils vont fermer dans les 6 prochains mois si la taxe d’accise n’est pas modifié. Et de ces 70 %, près de 30 % avancent qu’ils disparaitront dans les 3 prochains mois.

Et dans les faits, dans le réel, dans la vraie vie, cela veut dire quoi pour l’industrie dans les prochains mois? Selon les experts du rapport, cela veut dire que la diversité de l’offre va progressivement disparaitre, car les 4-5 grosses sociétés en bourse vont racheter pour des sous sur le dollar toutes les entreprises en voie de disparition. Et là je vais citer texto le rapport pour vous montrer ce que ressentent les petits joueurs sur le marché :

Ces entreprises ont les ressources nécessaires pour attendre l’échec et le désespoir des producteurs artisanaux qui peuvent gagner dans l’esprit du consommateur, mais qui ne peuvent toujours pas joindre les deux bouts sous le poids des taxes d’accises actuelles. Le cannabis artisanal connaît aujourd’hui diverses réussites commerciales, mais il lui manque toujours un modèle commercial fondamental. Notre nation a déjà appris ces leçons. Des télécommunications aux lignes aériennes, notre pays a ressenti l’impact des environnements à faible concurrence qui nuisent au client final. Dans le cas du cannabis, il existe un marché illicite facile et commode qui bénéficie de décennies de retranchement dans la chaîne d’approvisionnement. La concurrence avec le marché illicite est peut-être plus importante que la concurrence au sein du marché légal. A ce stade, la compression des prix à elle seule n’a pas encore démontré sa capacité à convertir une majorité importante de la consommation du marché légal.

Fin de la citation

Le premier truc pour tuer l’industrie du cannabis est d’imposer une taxe d’accise ridicule qui saigne tout le monde, mais surtout les plus petits qui ne peuvent repousser indéfiniment l’endettement en levant des nouvelles sommes auprès d’investisseurs. Il est clair qu’investir dans le cannabis n’est pas la bonne manière pour devenir riche.

OK, c’est quoi la seconde manière de tuer l’industrie du cannabis? 

C’est simple. Il suffit que les banques se passent le mot pour ne pas soutenir les artisans du cannabis. Je pense vous avoir déjà parlé de ce producteur autorisé qui voulait déposer un chèque de Santé Canada dans une banque qui refusait de lui permettre d’ouvrir un compte. Je vais vous donner un exemple. Non, pas un exemple québécois. On n’ose pas aborder ce genre de sujets au Québec. Non… On va regarder ce qui se passe en Colombie-Britannique pour avoir un portrait réaliste de la relation entre les banques et l’industrie du cannabis.

Je ne vais pas citer un obscure bloque ou un petit journal régional. Non, on parle d’un dossier mené par Radio-Canada. Selon le journaliste Joël Ballard, malgré une légalisation en bonne et de la forme, il est difficile pour les détaillants de la Colombie-Britannique d’obtenir des services financiers de base de la part des banques. 

Au Québec, beaucoup de consommateurs aimeraient voir disparaitre la SQDC pour qu’elle laisse sa place au privé… 

Je crois qu’ils ne réalisent pas qu’il y a aurait un gros problème pour des investisseurs puissent obtenir des prêts pour se lancer en affaire. Les détaillants de la Colombie-Britannique vont plus loin. Cette frilosité des banques crée des déserts d’accès, des zones où aucun commerce ne s’installe. La conséquence est simple. Le marché original, le marché noir créé par le législateur revient s’imposer là où le vide existe. 

Aussi ridicule que cela puisse être, il est presque impossible d’ouvrir un simple compte-chèques. Selon l’Association of Canadian Cannabis Retailers (ACCRES), 50 de ses 52 membres ont dû se tourner vers les coopératives de crédit locales suite aux refus des banques. Les spécialistes de la province avancent même qu’il y aurait plus de détaillants de cannabis légaux si les institutions financières offraient un vrai soutien l’industrie. 

Jaclynn Pehota, la directrice de l’association ACCRES dit que la situation n’est pas limitée à la Colombie-Britannique. Selon elle, 95 % des entreprises de l’industrie vivent des problèmes similaires. Évidemment le discours des banques sur le blanchiment d’argent ne tient pas la route… Pourquoi attirer l’attention des autorités en blanchissant son argent dans le pot… Je ne dis pas que cela n’existe pas. Je dis qu’il est plus simple d’investir dans la restauration ou la bijouterie… L’histoire prouve que cela fonctionne très bien. Cela dit, les banques ont de bonnes excuses pour ne pas prêter aux petits joueurs, mais toutes ces excuses disparaissent quand il s’agit d’investir dans les grandes sociétés canadiennes qui pourtant perdent littéralement des milliards. Après le slogan «too big to fail» on est rendu à «too big to nail»…

Détail important. Quand les acteurs de l’industrie du cannabis peuvent ouvrir un compte, ils doivent faire face à des frais spéciaux… Cette prime cannabis tue aussi l’industrie. J’adore donné un exemple de ce genre d’abus considérer comme normal par le législateur. Il y a tout juste un peu plus d’un an, obtenir un permis pour vendre du cannabis à Vancouver coûtait 30 000 $. La devinette maintenant… Combien coutait un permis pour vendre de l’alcool à la même époque? 429 $. Voilà l’abus perpétré en plein soleil au vu et au su de tout le monde.

D’accord. La troisième façon de tuer l’industrie du cannabis?

Interdire le cannatourisme semble être un bon moyen de ralentir l’industrie dans son ensemble en plus de modérer les progrès de l’acceptabilité sociale. Le tourisme lié au cannabis est désormais une industrie de 17 milliards de dollars et est en plein décollage selon The Switzerland Times. Ceux qui disent que c’est le monopole de la SQDC qui nuit à l’innovation dans le secteur du cannabis se trompent profondément. En tout respect, il suffit de regarder ce que le Nouveau-Brunswick fait. Je crois qu’il y a au minimun 3 points de vente à la ferme. J’adore particulièrement l’initiative de Crystal Cure qui a nommé son point de vente «Le backdoor». Entre la vente à la ferme et les nombreuses initiatives dans le domaine du chanvre, le canna-tourisme à un rôle important à jouer pour dynamiser le secteur du cannabis. Il suffit d’imaginer comment la réputation du Québec dans la restauration pourrait être carte importante à jouer. Entre la poutine et le restaurant Le toqué, il y a un monde d’opportunité à explorer. 

PETIT BÉMOL. Le chiffre de 17 milliards n’est qu’un chiffre probablement faux. 

L’important est ailleurs. Le cannatourisme, c’est aussi une fenêtre sur l’économie circulaire où les déchets d’un acteur du secteur devant la matière première de son voisin. Je pense à certains manufacturiers de sols vivants qui incorporent des minéraux qui étaient auparavant rejetés ou simplement mal valorisés. Je pense aux branchages des plants de pot qui peuvent être recyclés en feuille de 4X8 écologiques. Voyez le genre.

OK. On peut aussi tuer l’industrie du cannabis en ne vendant pas ce que les gens veulent acheter. La quatrième manière est simple.

Immédiatement les mangeables viennent à l’esprit. Les produits comestibles vendus partout à travers le Canada ne correspondent pas aux attentes des consommateurs. Le dosage est trop faible par exemple. Et on exige, la SQDC en tête, que les produits soient être laid afin de ne pas susciter d’excitation visuelle. En 2022. Un cahier de charge qui mentionne que les produits ne doivent pas, ne peuvent pas être trop beaux… WOW. 

Le cannabis n’est pas légal. Il est toléré. L’industrie de la transformation alimentaire piaffe d’impatience. Elle sait faire des profits. Va-t-on lui reprocher ou simplement attendre que les Américains légalisent au niveau du pays pour ensuite imposer les désirs comme dans le bois d’œuvre? Personnellement, je ne comprends pas pourquoi les poivrons du Chile que j’achète au supermarché transitent par les États-Unis. Je ne comprends pas pourquoi le Québec n’arrive pas a s’affranchir des pushers de légumes américains. Cela n’a aucun sens. Penser que le Québec va résister aux marques avec des vedettes comme Martha Stuart est illusoire. Et cela nous conduit directement à la 5e façon de tuer l’industrie du cannabis

L’interdiction d’un vrai MARKETING est aussi une façon très efficace de tuer l’industrie du cannabis. La cinquième…

Si le Canada existait seul sur la planète, l’interdiction du marketing serait un moindre mal. Mais l’industrie du cannabis canadienne ne vit pas dans un vase clos. Encore une fois, que font nos voisins américains, nos futurs concurrents? Ils construisent des marques. Martha Stewart par ici, Seth Rogen par la, les marques américaines préemptent tous les grands noms disponibles, même les vedettes canadiennes, dans un effort concerté pour être prêt à inonder nos marchés quand cela fera leurs affaires. Encore une fois, il suffit de se rappeler le dossier du bois d’œuvre pour comprendre comment fonctionnent nos voisins. 

La difficulté des acteurs du secteur pour s’assurer correctement est la 6e manière de tuer l’industrie. 

Alors que les poursuites contre les producteurs commencent à s’accumuler, les couts pour s’assurer grimpent. Il suffit de regarder ce qui se passe dans les cabinets de médecine pour constater cette hausse vertigineuse de ces frais. Cette crise n’a pas encore atteint le Québec, mais il existe toujours certains cas de figure qui posent problème. J’en ai d’ailleurs discuté avec Isabelle Coulombe dans l’épisode #68.

La 7e manière pour tuer l’industrie est de limiter le marché potentiel en interdisant à certains adultes d’acheter du cannabis.

Ici le Québec s’illustre. On peut même lui décerner le titre de champion du monde du Canada de l’absence de jugement. Pourquoi dis-je une telle alors que je suis toujours si modéré dans mes propos? Le Québec de M. Legault, notre premier ministre, est un territoire où le législateur déclare inapte toute une tranche de la population âgée entre 18 et 21 ans. 

Tu peux t’engager dans l’armée canadienne à 17 ans avec le consentement de tes parents pour aller tuer du monde au bout du monde sans problème. Mais fumer un joint? 10 personnes vont mourir à cause de l’alcool aujourd’hui au Canada. Et 400 seront hospitalisés pour les mêmes raisons. Le jeune de 18 ans qui veut expérimenter sera donc conduit par le discours officiel à se tourner vers l’alcool ou le marché noir du cannabis.

La 8e manière de tuer l’industrie du cannabis? Négliger l’importance du rôle de la femme dans les futurs achats de cannabis.

Bien, voyons Luc, qu’est-ce que tu racontes?

Je vais partager des études américaines, car c’est de là que vient l’info, mais on peut facilement transposer sur le marché canadien. Il faut au passage noter le dynamisme d’une industrie qui n’existe pas encore au niveau fédéral, mais qui se prépare en attendant son moment.

20 % de tous les Américains adultes sont des voyageurs motivés par le cannabis. Toute la démarche évolutive du cannabis qui passe du buzz au bienêtre ou qui passe du agrotox vers le bio est propulsé par les femmes, qu’elles soient des leadeures de l’industrie ou de simples consommatrices.

La firme Condé Nast affirme et là je cite texte  que ce sont les femmes qui façonnent de manière créative des espaces surs pour que les curieux et les expérimentés du cannabis puisse profiter de la plante» avec des idées touristiques intéressantes. 

Petit rappel pour monter le sérieux de cette affirmation, Condé Nast est une entreprise mondiale de médias qui produit certaines des marques imprimées, numériques, vidéos et sociales les plus importantes au monde comme Vogue, GQ, The New Yorker, Vanity Fair, Wired et l’incontournable Condé Nast Traveler. 

Selon les spécialistes interviewés, les femmes prennent déjà 80 % des décisions de dépenses dans les ménages américains.

Ce sont les femmes qui prescrivent et achètent la bière, la bouffe et les vêtements. Dans un contexte de consommation balisée, ce sont elles qui vont acheter le pot dans les années à venir.

Il y a plusieurs autres manières de tuer l’industrie du cannabis. Si j’en ai oublié une très importante, faites-moi signe. lucprevost@hotmail.com

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. 

J’ai pris du retard à cause de cette taxe d’accise qui était un plus gros dossier que prévu.

Juste une seconde

Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. 

C’est peut-être le moment de se donner une vraie perspective sur l’industrie du cannabis à la comparant aux autres secteurs de cultures agricoles au Québec.

En 2020, le cannabis entre dans le groupe sélect des cinq principales cultures agricoles du Québec. Par contre, les recettes monétaires québécoises provenant du cannabis auraient diminué en 2021 alors que toutes les productions confondues connaissaient une hausse de 10 % pour la même période. L’amélioration de la rentabilité de l’ensemble du secteur agricole au Québec n’a donc pas été aidée par le recul de la production du cannabis au Québec.

Reculons encore un peu plus pour se donner d’autres perspectives. Les vins québécois représentent 3 % des achats de vins au Québec alors qu’en Ontario, les produits provinciaux représentent 22 % des ventes. Est-ce que les vins québécois sont moins bons que les vins ontariens? Je ne sais pas. Est-ce que la promotion des vins québécois est nulle? Peut-être. Je ne sais pas. Mais au moins, l’industrie vinicole a le droit de s’annoncer et de commanditer des festivals. 

On peut traverser la rue et regarder ce qui se passe chez les distilleurs québécois. J’ai écouté le balado de Lionel Levac qui s’appelle La scène Agro. Dans un épisode récent intitulé Pierre Fitzgibbon : Priorité aux alcools québécois, le ministre de l’Économie et de l’Innovation affirme qu’il serait plutôt TRÈS enclin à aider les entreprises utilisant des matières premières du Québec plutôt que des alcools de base achetés en Ontario. Les matières premières produites au Québec coutent, pour l’instant, 3 a 4 fois plus chères que celles produites en Ontario.

Imaginez que M. Fitzgibbon dise que la priorité c’est le pot québécois…

Mais, mais, mais, la réalité nous rappelle à l’ordre. 

Juste avant d’enregistrer, il y a quelques minutes je vois passer cette nouvelle sous la plume de la journaliste Nathaëlle Morissette du Journal de Montréal.

Plusieurs microdistilleries disparaîtront du paysage québécois avant la fin de la saison estivale, prédit l’Union québécoise des microdistilleries (UQMD), qui représente 55 membres.

Et là, je vais y aller texto.

«Il est minuit moins une. Le contexte règlementaire et législatif étouffe les microdistilleries et si rien ne change, ce sera la fin pour plusieurs d’entre nous», a indiqué le président de l’Union québécoise des microdistilleries, Jonathan Roy, dans un communiqué mardi.

L’UQMD reproche à la Société des alcools du Québec (SAQ) de lui imposer une majoration au moment de la vente sur les lieux de fabrication.

Le Québec compterait parmi les endroits au monde où la majoration sur la vente de spiritueux est la plus élevée.

«Résultat : près de deux microdistilleries sur trois sont déficitaires, contraintes de verser plus de 50 % du prix de vente de la bouteille à la SAQ, peut-on lire dans le communiqué. Ajoutons que cette majoration est la même si cette bouteille est vendue sur le lieu de fabrication, alors que la SAQ n’a aucunement contribué ni à la distribution, ni à la commercialisation, ni à la vente du produit.»

Fin de la citation.

Si c’est comme ça que le Québec veut sauver les microdistilleries, ça augure mal pour la microproduction de cannabis au Québec qui selon mes estimations très approximatives, représenterait environ 1/2 de 1 % des ventes à la SQDC… Autrement dit un pet, une flatulence.

Comment conclure un tel épisode sur les meilleures façons de tuer l’industrie du cannabis?

En mélangeant espoir et science-fiction.

Les spécialistes en marketing adorent utiliser des ratios pour pousser leur vision du monde. Cette semaine, j’ai réagi à un billet de Matt Lamers qui disait sur LinkedIn que les ventes de cannabis au Québec étaient en dessous des attentes des spécialistes de marché. Je lui ai répondu que le Québec pouvait être distinct dans sa peur irrationnelle du cannabis et que les marketeux devraient s’étouffer sur leur prévision alors qu’ils affirment que les Québécois ne consomment pas comme ils le devraient. Il ne m’a pas répondu…

Par contre on peut faire l’exercice pour s’amuser.

Bien que la population du Québec soit la deuxième plus importante au Canada, l’Alberta et la Colombie-Britannique génèrent plus de ventes mensuelles de cannabis. Peut-être parce que le Québec est la dernière province canadienne pour le nombre de magasins par habitant. 

Selon les estimations de Cannabis Benchmark, le Québec pourrait supporter facilement 1,064 points de vente supplémentaires. Il existerait une corrélation entre le nombre de points de vente et les ventes. Rappelons qu’il y a actuellement 88 boutiques SQDC au Québec et que le plan d’ouverture à été revu à la baisse avec l’objectif d’ouvrir 10 autres points de vente d’ici mars 2023 pour un total de 98 SQDC. Cannabis Benchmark reconnait que toutes les provinces comme le Québec où l’État exerce un monopole sur la vente en ligne et en magasin n’ont pas besoin d’ouvrir autant de boutiques avec pignons sur rue pour satisfaire le marché. L’article reconnait aussi la SQDC est «incroyablement efficace sur le plan opérationnel» et qu’elle offre des prix relativement faibles dans un contexte de respect de la santé publique.

Et là on arrive au bout crucial…

L’expansion du marché canadien serait terminée… sauf au Québec. 

Comment interpréter cette évaluation du marché québécois? 

Si le marché provincial québécois peut encore prendre de l’expansion, qui en profitera? 

Les microproducteurs québécois? 

J’aimerais ça, mais à ma connaissance, la SQDC n’a pas de plans précis pour eux. 

La seule instance représentative de l’industrie au Québec n’a pas non plus de plan pour les microproducteurs. Est-ce que les producteurs de tailles moyennes vont pouvoir remplir cette promesse d’expansion avec leurs produits? On leur souhaite s’ils ne meurent pas avant à cause de la taxe d’accise qui les ruine. Finalement, il reste les gros joueurs qui continuent de s’enfoncer dans des stratégies foireuses. Leurs parts de marché fondent à vue d’œil, on l’a déjà dit.

Je vais conclure avec une OVNI, une opinion vulgaire non informée. Ce bassin potentiel d’expansion créée par la gestion de la SQDC va continuer d’exister pendant quelques années, à moins d’un changement de gouvernement à la prochaine élection provinciale. Ce scénario semble improbable. Donc on peut penser que la SQDC va franchir la barre des 150 points de vente dans 4-5 ans. À ce moment-là, les Américains auront légalisé au niveau fédéral et ils seront près à envahir le marché québécois…

Et voilà, c’était le 107e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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Une entrevue sans fard. 

Bonne écoute!

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#96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

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Julien Raymond est le maitre cultivateur de Juste Feu, un producteur autorisé québécois détenteur d’une licence de microproduction octroyée par Santé Canada. Julien est aussi un des deux propriétaires avec son associé et ami d’enfance, Philippe Bédard.

Juste Feu est le producteur autorisé du fameux Runtz bio distribué sous la marque Hatrick à la SQDC.

J’ai posé des tonnes de questions à Julien. Ses réponses sont clairs et précises. Cet épisode distribué originalement sur YouTube est le premier d’une série qui va nous permettre de voir la vie d’un artisan du cannabis québécois.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode 95

À venir!

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit :  Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis? Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois...

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#86 Dix mots-clés pour décoder le cannabis en 2022

#86 Dix mots-clés pour décoder le cannabis en 2022

Le cannabis est une plante démonisée depuis plus de 70 ans uniquement pour des raisons politiques. Le Canada a légalisé le cannabis non médical, mais cela ne veut pas dire qu’il s’agit d’une industrie comme les autres. Pour tenter de mieux comprendre comment la politique du cannabis peut évoluer, il faut comprendre ce qui se cache derrière certains mots ou certains concepts. On commence l’année 2022 en respirant l’air ambiant pour mieux comprendre notre aventure humaine inédite. 

Bonne écoute!

Lien pour l’Épisode sur toPot

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Who will win in indoor agriculture?

La plus grande ferme verticale de fraises au Canada voit le jour à Vaudreuil!

MJBiz acquired by Emerald X for $120 million-plus

Québec inc. en bourse bilan 2021

Scalable, purpose-built cultivation, processing & research facility in SW Ontario 

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Why This Cannabis Brand Made an 850-Pound Pot Brownie—Possibly the World’s Largest

A cannabis company baked the world’s largest pot brownie.

PreRoll-Er – Automatic Pre-rolls machine

Cannabis pre-roll sales soar as Canadians share joints less during pandemic

Ce qui inquiètent les Canadiens sur la route selon CAA

Organigram Buys Quebec Cannabis Producer Laurentian Organic for $36 Million

Enquête canadienne sur le cannabis de 2021 

++ Photo de Sasha Freemind sur Unsplash

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE #86

La transcription de l’épisode #86 va être ajouté au cours des prochaines heures…

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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#115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

#115 Que se passe-t-il quand on arrête le cannabis ?

OK. Je me suis levé un jour la semaine passée et je me suis dit :  Mais que se passe-t-il dans le corps humain quand on arrête de consommer du cannabis? Oui, il y a un prix à payer quand on consomme. Personnellement, j’ai appris que lorsque je consomme, je dois...

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#79 Cheers Cannabis: les p’tits derniers de la SQDC!

#79 Cheers Cannabis: les p’tits derniers de la SQDC!

toPot reçoit Vickie et Kevin Laliberté de la société Cheers qui est située à Varennes sur la Rive-Sud de Montréal. 

Cheers est une entreprise familiale et un producteur autorisé (PA) avec une licence de production standard depuis plusieurs mois. Leur premier produit à la SQDC sera disponible la semaine prochaine.

On va découvrir ensemble ce que Cheers faisait avant d’apparaitre sur votre radar de la SQDC. On discute aussi de leur plan pour le futur!

Bonne écoute.

Lien pour l’Épisode sur toPot

https://cheerscannabis.com/

https://www.facebook.com/Cheerscannabinc

https://www.instagram.com/cheerscannabis.inc/

#111 Jacques Farcy: La première entrevue du PDG de la SQDC

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#120 Pot flânage (2022.09.28)

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#76 Nicholas Sosiak: Nouveauté… Du hash chez Cannara!

#76 Nicholas Sosiak: Nouveauté… Du hash chez Cannara!

Nicholas Sosiak est le directeur financier de Cannara Biotech et le bras droit de Zohar Krivorot, le PDG de la compagnie.

Il y a une semaine, Cannara était la seule compagnie à avoir 3 produits dans le toP 10 des ventes en ligne de fleurs au Québec.

Elle lance maintenant deux nouveaux produits de hash et s’apprête à créer de nouveaux espaces de production dans sa nouvelle usine de Valleyfield.

toPot est fier de recevoir Nicholas pour sa première entrevue en français.

Voici une retranscription de mes questions et réflexions aux réponses de M. Sosiak.

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot va faire des heureux, car j’ai le plaisir de recevoir pour vous quelqu’un qui aime le cannabis. C’est un peu normal, car toPot n’est pas un podcast sur la pomme de terre. Notre invité aime donc beaucoup le cannabis et va bientôt lancer deux nouveaux produits de hash. 

Nicholas Sosiak est donc le directeur financier de Cannara Biotech. On peut aussi dire qu’il est le bras droit de Zohar Krivorot, le président-directeur général de la compagnie. Tous les gens qui aiment le cannabis connaissent vos produits et les apprécient pour leur rapport qualité/prix. Il y a une semaine, Cannara était la seule compagnie à avoir 3 produits dans le toP 10 des ventes en ligne de fleurs au Québec. Et pourtant, M. Sosiak, vous semblez très discret. C’est même la première fois que vous donnez une entrevue en français, je pense. Vous pouvez vous présenter? Comment se retrouve-t-on à la tête d’une entreprise qui œuvre dans le cannabis? 

Qui est Nicholas Sosiak?

Cannara Biotech, dans ses documents officiels, se décrit comme un producteur verticalement intégré de cannabis cultivé à l’intérieur et de produits dérivés du cannabis de qualité supérieure destinés aux marchés québécois et canadien. 

Cannara à une production annuelle de 125 000 kg. Malgré ce volume, ses produits à la SQDC sont souvent en rupture de stock. Pour parodier une vieille publicité québécoise, on dirait que les produits de Cannara sont frais parce que plus de gens en fument et plus de gens en fument parce que les produits sont frais.

Comment arriver à tout concilier ça avec une vie de famille?

J’ai demandé à Nicholas s’il couchait au bureau…

La famille

Nicholas Sosiak, je l’ai dit, est le bras droit de Zohar Krivorot qui lui est définitivement très discret. Mais quel genre de patron est-il?

M.Krivorot

C’est M.Krivorot lui-même qui supervise toute l’installation de Valleyfield dont nous reparlerons… Nicholas focalise sur la profitabilité, entre autres, et M. Krivorot s’occupe de la cultivation avec ses maitres cultivateurs et leurs équipes. J’ai eu la chance d’aller visiter les cultures de Farnham et j’ai vu M. Krivorot arpenter les planchers pour discuter avec le personnel. Il n’est pas dans une tour au centre-ville de Montréal. Non. Lui, il préfère toucher la matière.

L’entrevue avec Nicholas a eu lieu le 18 octobre. 

Le jour même de l’anniversaire de la légalisation où Hexo perdait son PDG. 

Pourquoi? Les historiens nous le diront. 

Alors dans ce contexte, la question qui se posait tout naturellement était simple : est-ce que Cannara est rentable? 

Le lancement des nouveaux produits de hash nécessite plusieurs sortes d’investissement. 

Il faut donc avoir une certaine sérénité financière pour oser lancer de nouveaux produits…

Rentabilité

Les produits de Cannara plaisent. Les évaluations des clients sur les réseaux sociaux l’affirment et les chiffres de vente disponibles le confirment. Trouver le cultivar qui va plaire dans un an ou deux est aussi un investissement financier important… J’ai voulu en savoir plus sur le processus de Cannara.

Investissement dans la chasse aux phénotypes

Nicholas m’a demandé si j’avais des chats ;-). 

Pourquoi? 

Il parait que les chats arrivent en courant lorsque les clients ouvrent leur boite Tribal… 

Un jour, peut-être, il y aura des recherches vétérinaires pour tirer profit de ces propriétés. 

Mais c’est une saga pour une autre fois.

OK, on revient au hash. 

Je voulais connaitre les motivations de Cannara Biotech pour oser se lancer dans le hash… 

Et la réponse est complexe et simple. Réponse complexe parce que l’industrie du cannabis est compliquée. Et réponse simple, car, avant tout, Nicholas Sosiak adore le hash et voulait un produit dont il serait fier…

Nicholas, amateur de hash

Personnellement, je trouve ça fascinant d’imaginer des adultes dans une pièce en train de discuter de leur projet de fabriquer le meilleur hash au Canada. Ou les plus beaux joints préroulés… Que cela soit pour du hash ou un biscuit végan à la guimauve, il y a toujours un processus de création. C’est un des grands privilèges de toPot que de pouvoir poser ces questions aux artisans de l’industrie québécoise du cannabis…

Le processus de création 

On entre maintenant dans les détails de la production. 

Vous noterez l’intention particulière de Cannara Biotech pour réduire le % global de matière végétale dans leur produit de hash…  

Les détails des nouveaux produits

Les explications de Nicholas nous informent des immenses difficultés qui attendent les producteurs autorisés qui veulent innover. En toute logique et avec le nombre d’écoles de commerce qui produisent des spécialistes, je voulais savoir si Cannara Biotech avait fait une étude de marché en bonne et du forme…

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot va faire des heureux, car j’ai le plaisir de recevoir pour vous quelqu’un qui aime le cannabis. C’est un peu normal, car toPot n’est pas un podcast sur la pomme de terre. Notre invité aime donc beaucoup le cannabis et va bientôt lancer deux nouveaux produits de hash. 

Nicholas Sosiak est donc le directeur financier de Cannara Biotech. On peut aussi dire qu’il est le bras droit de Zohar Krivorot, le président-directeur général de la compagnie. Tous les gens qui aiment le cannabis connaissent vos produits et les apprécient pour leur rapport qualité/prix. Il y a une semaine, Cannara était la seule compagnie à avoir 3 produits dans le toP 10 des ventes en ligne de fleurs au Québec. Et pourtant, M. Sosiak, vous semblez très discret. C’est même la première fois que vous donnez une entrevue en français, je pense. Vous pouvez vous présenter? Comment se retrouve-t-on à la tête d’une entreprise qui œuvre dans le cannabis? 

Qui est Nicholas Sosiak?

Cannara Biotech, dans ses documents officiels, se décrit comme un producteur verticalement intégré de cannabis cultivé à l’intérieur et de produits dérivés du cannabis de qualité supérieure destinés aux marchés québécois et canadien. 

Cannara à une production annuelle de 125 000 kg. Malgré ce volume, ses produits à la SQDC sont souvent en rupture de stock. Pour parodier une vieille publicité québécoise, on dirait que les produits de Cannara sont frais parce que plus de gens en fument et plus de gens en fument parce que les produits sont frais.

Comment arriver à tout concilier ça avec une vie de famille?

J’ai demandé à Nicholas s’il couchait au bureau…

La famille

Nicholas Sosiak, je l’ai dit, est le bras droit de Zohar Krivorot qui lui est définitivement très discret. Mais quel genre de patron est-il?

M.Krivorot

C’est M.Krivorot lui-même qui supervise toute l’installation de Valleyfield dont nous reparlerons… Nicholas focalise sur la profitabilité, entre autres, et M. Krivorot s’occupe de la cultivation avec ses maitres cultivateurs et leurs équipes. J’ai eu la chance d’aller visiter les cultures de Farnham et j’ai vu M. Krivorot arpenter les planchers pour discuter avec le personnel. Il n’est pas dans une tour au centre-ville de Montréal. Non. Lui, il préfère toucher la matière.

L’entrevue avec Nicholas a eu lieu le 18 octobre. 

Le jour même de l’anniversaire de la légalisation où Hexo perdait son PDG. 

Pourquoi? Les historiens nous le diront. 

Alors dans ce contexte, la question qui se posait tout naturellement était simple : est-ce que Cannara est rentable? 

Le lancement des nouveaux produits de hash nécessite plusieurs sortes d’investissement. 

Il faut donc avoir une certaine sérénité financière pour oser lancer de nouveaux produits…

Rentabilité

Les produits de Cannara plaisent. Les évaluations des clients sur les réseaux sociaux l’affirment et les chiffres de vente disponibles le confirment. Trouver le cultivar qui va plaire dans un an ou deux est aussi un investissement financier important… J’ai voulu en savoir plus sur le processus de Cannara.

Investissement dans la chasse aux phénotypes

Nicholas m’a demandé si j’avais des chats ;-). 

Pourquoi? 

Il parait que les chats arrivent en courant lorsque les clients ouvrent leur boite Tribal… 

Un jour, peut-être, il y aura des recherches vétérinaires pour tirer profit de ces propriétés. 

Mais c’est une saga pour une autre fois.

OK, on revient au hash. 

Je voulais connaitre les motivations de Cannara Biotech pour oser se lancer dans le hash… 

Et la réponse est complexe et simple. Réponse complexe parce que l’industrie du cannabis est compliquée. Et réponse simple, car, avant tout, Nicholas Sosiak adore le hash et voulait un produit dont il serait fier…

Nicholas, amateur de hash

Personnellement, je trouve ça fascinant d’imaginer des adultes dans une pièce en train de discuter de leur projet de fabriquer le meilleur hash au Canada. Ou les plus beaux joints préroulés… Que cela soit pour du hash ou un biscuit végan à la guimauve, il y a toujours un processus de création. C’est un des grands privilèges de toPot que de pouvoir poser ces questions aux artisans de l’industrie québécoise du cannabis…

Le processus de création 

On entre maintenant dans les détails de la production. 

Vous noterez l’intention particulière de Cannara Biotech pour réduire le % global de matière végétale dans leur produit de hash…  

Les détails des nouveaux produits

Les explications de Nicholas nous informent des immenses difficultés qui attendent les producteurs autorisés qui veulent innover. En toute logique et avec le nombre d’écoles de commerce qui produisent des spécialistes, je voulais savoir si Cannara Biotech avait fait une étude de marché en bonne et du forme…

Des études de marché?

Une des raisons du succès de Cannara Biotech est le ratio qualité/prix de ses produits. Sur les réseaux sociaux, ce ratio avantageux revient constamment lorsque les consommateurs évoquent les produits de Cannara. Je pense qu’une partie de ce succès revient au choix des formats proposés. Alors quel est le raisonnement derrière les formats proposés pour les nouveaux produits de hash?

Stratégie des formats

Au détour de notre entretien, Nicholas me confie que ses équipes, à quelques jours du lancement des produits de hash, et bien ses équipes continuent de faire des tests pour trouver la meilleure forme physique pour le produit qui sera vendu sous forme de barrette… 

Conditionnement

Mes premiers souvenirs de hash sont parisiens. Oui, c’est à Paris que j’ai commencé à fumer du hash avec un collègue de l’université qui est d’ailleurs devenu proviseur dans un lycée. Quand j’ai vu les photos des produits de Cannara, pendant quelques secondes, je n’ai pas compris ce que je voyais… J’en ai profité pour demander à M. Sosiak de confirmer mon intuition…

Des trichomes?

Je crois beaucoup à la valorisation des compétences. Pour un Frenchy Cannoli à la renommée internationale, que savons-nous de nos artisans locaux? Cette semaine, un Québécois a été nommé le meilleur sommelier de la planète. Oui, les journaux sont heureux et presque fiers de publier ce genre de nouvelle. Et bien, une partie importante du rôle de toPot est de faire connaitre les artisans québécois du cannabis. Pourquoi? Parce que la légalisation du cannabis est devenue une affaire planétaire et que l’industrie québécoise et canadienne doit dès maintenant se projeter dans le futur. Et le futur, nous le créons actuellement au Québec… On connait le titre maitre cultivateur. Mais les artisans du hash chez Cannara, on les appelle comment?

Maitres Hashshashin?

Je parlais tout à l’heure de Frenchy Cannoli comme figure emblématique de l’éclosion de la culture du hash. Cannara avait commencé à discuter avec lui pour faire de la recherche… Puis Frenchy nous a quittés. Où en sont rendus ces projets de collaboration?

Recherche et Frenchy Cannoli

Et un projet comment celui du lancement de ces deux produits de hash, cela implique quoi en cout de développement?

Couts de développement

Les produits de Cannara sont maintenant disponibles en Ontario. Est-ce que le hash sera aussi vendu chez nos voisins?

Hash pour l’Ontario

Pour être capable de répondre à la demande des consommateurs de la SQDC, Cannara a acheté les installations de TGOD à Valleyfield. Alors, où en est rendu ce projet immense qui pourrait assurer une croissance modulaire intéressante à Cannara?

Et Valleyfield?

On arrive à la fin de notre rencontre avec Nicholas Sosiak.

Le lancement des produits de hash n’a pas encore eu lieu au moment où j’enregistre l’épisode.

Mais ce n’est pas une raison pour ne pas être curieux.

Après le hash, quels sont les nouveaux chantiers à venir pour Cannara Biotech?

Et après le hash, le cannabis 2.0?

L’expression québécoise «la preuve est dans le pouding» est la méthode ultime de différenciation des produits offerts à la SQDC. Entre les discours et les promesses et en l’absence d’un marketing similaire à celui de l’alcool, la preuve est dans la boite, rien que dans la boite, toujours dans la boite.  

Mot de la fin

Et voilà, c’était votre épisode de toPot.

Merci à Cannara Biotech et à Nicholas Sosiak pour leur générosité.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

 

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