#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

Une entrevue sans fard. 

Bonne écoute!

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

Consommer du cannabis augmente la créativité? Quand vient le temps de parler de pot et de créativité, qui surgit systématiquement?   Steve Jobs évidemment. Pourquoi? Simplement parce qu’il aurait un jour déclaré : «La meilleure façon de décrire l’effet de la marijuana...

#105 FM Lambert, le député des aspirations interdites

#105 FM Lambert, le député des aspirations interdites

Aujourd’hui, toPot reçoit un ami. Un ami député. Un ami qui va nous fournir des réponses politiques et citoyennes sous forme de clés de lecture hexagonales.  M. Lambert, François-Michel, est un homme politique français né à La Havane.  FM sans tiret pour les amis, il...

#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

#104 C’est quoi le marché autochtone du cannabis?

Le cannabis et les autochtones… Aujourd’hui, on discute d’un sujet très important dans le contexte de la légalisation canadienne du cannabis. Pourquoi en discuter maintenant? Parce que le paysage du cannabis canadien vient de changer à tout jamais. Comment? Un groupe...

#103 Le cannabis médical vu par…

#103 Le cannabis médical vu par…

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?
Aujourd’hui, je reçois deux Québécois qui connaissent bien la situation du cannabis médical au Québec. Shantal Arroyo et François-Olivier Hébert.

Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous? Aujourd’hui, on fait deux choses. MJ la barista du toPot fait une critique du Hash Fût de Chêne de Highly Dutch Organic dont le Terpène dominant est la caryophyllène. Mais dans un premier temps on va regarder la...

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

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Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

#96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

#96 «La recette» avec Julien Raymond de Juste Feu

Julien Raymond est le maitre cultivateur de Juste Feu, un producteur autorisé québécois détenteur d’une licence de microproduction octroyée par Santé Canada. Julien est aussi un des deux propriétaires avec son associé et ami d’enfance, Philippe Bédard.

Juste Feu est le producteur autorisé du fameux Runtz bio distribué sous la marque Hatrick à la SQDC.

J’ai posé des tonnes de questions à Julien. Ses réponses sont clairs et précises. Cet épisode distribué originalement sur YouTube est le premier d’une série qui va nous permettre de voir la vie d’un artisan du cannabis québécois.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode 95

À venir!

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

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#103 Le cannabis médical vu par…

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Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?
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Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

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Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#86 Dix mots-clés pour décoder le cannabis en 2022

#86 Dix mots-clés pour décoder le cannabis en 2022

Le cannabis est une plante démonisée depuis plus de 70 ans uniquement pour des raisons politiques. Le Canada a légalisé le cannabis non médical, mais cela ne veut pas dire qu’il s’agit d’une industrie comme les autres. Pour tenter de mieux comprendre comment la politique du cannabis peut évoluer, il faut comprendre ce qui se cache derrière certains mots ou certains concepts. On commence l’année 2022 en respirant l’air ambiant pour mieux comprendre notre aventure humaine inédite. 

Bonne écoute!

Lien pour l’Épisode sur toPot

Post-Pandemic Trends: Business Lessons from The Spanish Flu, Black Death and Roaring 20s

US: « We’re betting billions on the wrong farms »

Who will win in indoor agriculture?

La plus grande ferme verticale de fraises au Canada voit le jour à Vaudreuil!

MJBiz acquired by Emerald X for $120 million-plus

Québec inc. en bourse bilan 2021

Scalable, purpose-built cultivation, processing & research facility in SW Ontario 

Accuracy of Medical Marijuana Claims Made by Popular Websites

Why This Cannabis Brand Made an 850-Pound Pot Brownie—Possibly the World’s Largest

A cannabis company baked the world’s largest pot brownie.

PreRoll-Er – Automatic Pre-rolls machine

Cannabis pre-roll sales soar as Canadians share joints less during pandemic

Ce qui inquiètent les Canadiens sur la route selon CAA

Organigram Buys Quebec Cannabis Producer Laurentian Organic for $36 Million

Enquête canadienne sur le cannabis de 2021 

++ Photo de Sasha Freemind sur Unsplash

TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE #86

La transcription de l’épisode #86 va être ajouté au cours des prochaines heures…

#106 Pot et créativité, ça fonctionne?

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Aujourd’hui, je reçois deux Québécois qui connaissent bien la situation du cannabis médical au Québec. Shantal Arroyo et François-Olivier Hébert.

Shantal est active dans le monde du cannabis depuis 2007 et elle est aussi la fondatrice de la Clinique La Croix Verte, une clinique de cannabis médical à Montréal fermé en décembre 2021 suite à un raid policier…

F-O, vous le connaissez obligatoirement depuis la diffusion de l’épisode # 91 Et si le cannabis pouvait parler!

Il est un biologiste, un génomicien et un formateur agréé qui fait de la recherche. Il travaillait aussi à la Clinique la Croix Verte avant sa fermeture.

Alors entre les différentes chartes et la particularité québécoise, comment le Québec se distingue-t-il dans le cannabis médical?

#102 Gouvernements et cannabis… L’amour vache?

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#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

#101 Cynthia Labelle, pionnière, maman et boss!

Cynthia Labelle est une pionnière dans l’industrie du cannabis. Elle est aussi la «maman» dans la culture de JMF. Pis c’est une boss. Propriétaire également. Avec Jacques Delangis, elle construit une certaine idée du cannabis. Cannabis avec un C comme dans coopération. C comme dans cliniques. C comme dans contrat à hauteur humaine.

Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

#79 Cheers Cannabis: les p’tits derniers de la SQDC!

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toPot reçoit Vickie et Kevin Laliberté de la société Cheers qui est située à Varennes sur la Rive-Sud de Montréal. 

Cheers est une entreprise familiale et un producteur autorisé (PA) avec une licence de production standard depuis plusieurs mois. Leur premier produit à la SQDC sera disponible la semaine prochaine.

On va découvrir ensemble ce que Cheers faisait avant d’apparaitre sur votre radar de la SQDC. On discute aussi de leur plan pour le futur!

Bonne écoute.

Lien pour l’Épisode sur toPot

https://cheerscannabis.com/

https://www.facebook.com/Cheerscannabinc

https://www.instagram.com/cheerscannabis.inc/

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Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!

#76 Nicholas Sosiak: Nouveauté… Du hash chez Cannara!

#76 Nicholas Sosiak: Nouveauté… Du hash chez Cannara!

Nicholas Sosiak est le directeur financier de Cannara Biotech et le bras droit de Zohar Krivorot, le PDG de la compagnie.

Il y a une semaine, Cannara était la seule compagnie à avoir 3 produits dans le toP 10 des ventes en ligne de fleurs au Québec.

Elle lance maintenant deux nouveaux produits de hash et s’apprête à créer de nouveaux espaces de production dans sa nouvelle usine de Valleyfield.

toPot est fier de recevoir Nicholas pour sa première entrevue en français.

Voici une retranscription de mes questions et réflexions aux réponses de M. Sosiak.

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot va faire des heureux, car j’ai le plaisir de recevoir pour vous quelqu’un qui aime le cannabis. C’est un peu normal, car toPot n’est pas un podcast sur la pomme de terre. Notre invité aime donc beaucoup le cannabis et va bientôt lancer deux nouveaux produits de hash. 

Nicholas Sosiak est donc le directeur financier de Cannara Biotech. On peut aussi dire qu’il est le bras droit de Zohar Krivorot, le président-directeur général de la compagnie. Tous les gens qui aiment le cannabis connaissent vos produits et les apprécient pour leur rapport qualité/prix. Il y a une semaine, Cannara était la seule compagnie à avoir 3 produits dans le toP 10 des ventes en ligne de fleurs au Québec. Et pourtant, M. Sosiak, vous semblez très discret. C’est même la première fois que vous donnez une entrevue en français, je pense. Vous pouvez vous présenter? Comment se retrouve-t-on à la tête d’une entreprise qui œuvre dans le cannabis? 

Qui est Nicholas Sosiak?

Cannara Biotech, dans ses documents officiels, se décrit comme un producteur verticalement intégré de cannabis cultivé à l’intérieur et de produits dérivés du cannabis de qualité supérieure destinés aux marchés québécois et canadien. 

Cannara à une production annuelle de 125 000 kg. Malgré ce volume, ses produits à la SQDC sont souvent en rupture de stock. Pour parodier une vieille publicité québécoise, on dirait que les produits de Cannara sont frais parce que plus de gens en fument et plus de gens en fument parce que les produits sont frais.

Comment arriver à tout concilier ça avec une vie de famille?

J’ai demandé à Nicholas s’il couchait au bureau…

La famille

Nicholas Sosiak, je l’ai dit, est le bras droit de Zohar Krivorot qui lui est définitivement très discret. Mais quel genre de patron est-il?

M.Krivorot

C’est M.Krivorot lui-même qui supervise toute l’installation de Valleyfield dont nous reparlerons… Nicholas focalise sur la profitabilité, entre autres, et M. Krivorot s’occupe de la cultivation avec ses maitres cultivateurs et leurs équipes. J’ai eu la chance d’aller visiter les cultures de Farnham et j’ai vu M. Krivorot arpenter les planchers pour discuter avec le personnel. Il n’est pas dans une tour au centre-ville de Montréal. Non. Lui, il préfère toucher la matière.

L’entrevue avec Nicholas a eu lieu le 18 octobre. 

Le jour même de l’anniversaire de la légalisation où Hexo perdait son PDG. 

Pourquoi? Les historiens nous le diront. 

Alors dans ce contexte, la question qui se posait tout naturellement était simple : est-ce que Cannara est rentable? 

Le lancement des nouveaux produits de hash nécessite plusieurs sortes d’investissement. 

Il faut donc avoir une certaine sérénité financière pour oser lancer de nouveaux produits…

Rentabilité

Les produits de Cannara plaisent. Les évaluations des clients sur les réseaux sociaux l’affirment et les chiffres de vente disponibles le confirment. Trouver le cultivar qui va plaire dans un an ou deux est aussi un investissement financier important… J’ai voulu en savoir plus sur le processus de Cannara.

Investissement dans la chasse aux phénotypes

Nicholas m’a demandé si j’avais des chats ;-). 

Pourquoi? 

Il parait que les chats arrivent en courant lorsque les clients ouvrent leur boite Tribal… 

Un jour, peut-être, il y aura des recherches vétérinaires pour tirer profit de ces propriétés. 

Mais c’est une saga pour une autre fois.

OK, on revient au hash. 

Je voulais connaitre les motivations de Cannara Biotech pour oser se lancer dans le hash… 

Et la réponse est complexe et simple. Réponse complexe parce que l’industrie du cannabis est compliquée. Et réponse simple, car, avant tout, Nicholas Sosiak adore le hash et voulait un produit dont il serait fier…

Nicholas, amateur de hash

Personnellement, je trouve ça fascinant d’imaginer des adultes dans une pièce en train de discuter de leur projet de fabriquer le meilleur hash au Canada. Ou les plus beaux joints préroulés… Que cela soit pour du hash ou un biscuit végan à la guimauve, il y a toujours un processus de création. C’est un des grands privilèges de toPot que de pouvoir poser ces questions aux artisans de l’industrie québécoise du cannabis…

Le processus de création 

On entre maintenant dans les détails de la production. 

Vous noterez l’intention particulière de Cannara Biotech pour réduire le % global de matière végétale dans leur produit de hash…  

Les détails des nouveaux produits

Les explications de Nicholas nous informent des immenses difficultés qui attendent les producteurs autorisés qui veulent innover. En toute logique et avec le nombre d’écoles de commerce qui produisent des spécialistes, je voulais savoir si Cannara Biotech avait fait une étude de marché en bonne et du forme…

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, toPot va faire des heureux, car j’ai le plaisir de recevoir pour vous quelqu’un qui aime le cannabis. C’est un peu normal, car toPot n’est pas un podcast sur la pomme de terre. Notre invité aime donc beaucoup le cannabis et va bientôt lancer deux nouveaux produits de hash. 

Nicholas Sosiak est donc le directeur financier de Cannara Biotech. On peut aussi dire qu’il est le bras droit de Zohar Krivorot, le président-directeur général de la compagnie. Tous les gens qui aiment le cannabis connaissent vos produits et les apprécient pour leur rapport qualité/prix. Il y a une semaine, Cannara était la seule compagnie à avoir 3 produits dans le toP 10 des ventes en ligne de fleurs au Québec. Et pourtant, M. Sosiak, vous semblez très discret. C’est même la première fois que vous donnez une entrevue en français, je pense. Vous pouvez vous présenter? Comment se retrouve-t-on à la tête d’une entreprise qui œuvre dans le cannabis? 

Qui est Nicholas Sosiak?

Cannara Biotech, dans ses documents officiels, se décrit comme un producteur verticalement intégré de cannabis cultivé à l’intérieur et de produits dérivés du cannabis de qualité supérieure destinés aux marchés québécois et canadien. 

Cannara à une production annuelle de 125 000 kg. Malgré ce volume, ses produits à la SQDC sont souvent en rupture de stock. Pour parodier une vieille publicité québécoise, on dirait que les produits de Cannara sont frais parce que plus de gens en fument et plus de gens en fument parce que les produits sont frais.

Comment arriver à tout concilier ça avec une vie de famille?

J’ai demandé à Nicholas s’il couchait au bureau…

La famille

Nicholas Sosiak, je l’ai dit, est le bras droit de Zohar Krivorot qui lui est définitivement très discret. Mais quel genre de patron est-il?

M.Krivorot

C’est M.Krivorot lui-même qui supervise toute l’installation de Valleyfield dont nous reparlerons… Nicholas focalise sur la profitabilité, entre autres, et M. Krivorot s’occupe de la cultivation avec ses maitres cultivateurs et leurs équipes. J’ai eu la chance d’aller visiter les cultures de Farnham et j’ai vu M. Krivorot arpenter les planchers pour discuter avec le personnel. Il n’est pas dans une tour au centre-ville de Montréal. Non. Lui, il préfère toucher la matière.

L’entrevue avec Nicholas a eu lieu le 18 octobre. 

Le jour même de l’anniversaire de la légalisation où Hexo perdait son PDG. 

Pourquoi? Les historiens nous le diront. 

Alors dans ce contexte, la question qui se posait tout naturellement était simple : est-ce que Cannara est rentable? 

Le lancement des nouveaux produits de hash nécessite plusieurs sortes d’investissement. 

Il faut donc avoir une certaine sérénité financière pour oser lancer de nouveaux produits…

Rentabilité

Les produits de Cannara plaisent. Les évaluations des clients sur les réseaux sociaux l’affirment et les chiffres de vente disponibles le confirment. Trouver le cultivar qui va plaire dans un an ou deux est aussi un investissement financier important… J’ai voulu en savoir plus sur le processus de Cannara.

Investissement dans la chasse aux phénotypes

Nicholas m’a demandé si j’avais des chats ;-). 

Pourquoi? 

Il parait que les chats arrivent en courant lorsque les clients ouvrent leur boite Tribal… 

Un jour, peut-être, il y aura des recherches vétérinaires pour tirer profit de ces propriétés. 

Mais c’est une saga pour une autre fois.

OK, on revient au hash. 

Je voulais connaitre les motivations de Cannara Biotech pour oser se lancer dans le hash… 

Et la réponse est complexe et simple. Réponse complexe parce que l’industrie du cannabis est compliquée. Et réponse simple, car, avant tout, Nicholas Sosiak adore le hash et voulait un produit dont il serait fier…

Nicholas, amateur de hash

Personnellement, je trouve ça fascinant d’imaginer des adultes dans une pièce en train de discuter de leur projet de fabriquer le meilleur hash au Canada. Ou les plus beaux joints préroulés… Que cela soit pour du hash ou un biscuit végan à la guimauve, il y a toujours un processus de création. C’est un des grands privilèges de toPot que de pouvoir poser ces questions aux artisans de l’industrie québécoise du cannabis…

Le processus de création 

On entre maintenant dans les détails de la production. 

Vous noterez l’intention particulière de Cannara Biotech pour réduire le % global de matière végétale dans leur produit de hash…  

Les détails des nouveaux produits

Les explications de Nicholas nous informent des immenses difficultés qui attendent les producteurs autorisés qui veulent innover. En toute logique et avec le nombre d’écoles de commerce qui produisent des spécialistes, je voulais savoir si Cannara Biotech avait fait une étude de marché en bonne et du forme…

Des études de marché?

Une des raisons du succès de Cannara Biotech est le ratio qualité/prix de ses produits. Sur les réseaux sociaux, ce ratio avantageux revient constamment lorsque les consommateurs évoquent les produits de Cannara. Je pense qu’une partie de ce succès revient au choix des formats proposés. Alors quel est le raisonnement derrière les formats proposés pour les nouveaux produits de hash?

Stratégie des formats

Au détour de notre entretien, Nicholas me confie que ses équipes, à quelques jours du lancement des produits de hash, et bien ses équipes continuent de faire des tests pour trouver la meilleure forme physique pour le produit qui sera vendu sous forme de barrette… 

Conditionnement

Mes premiers souvenirs de hash sont parisiens. Oui, c’est à Paris que j’ai commencé à fumer du hash avec un collègue de l’université qui est d’ailleurs devenu proviseur dans un lycée. Quand j’ai vu les photos des produits de Cannara, pendant quelques secondes, je n’ai pas compris ce que je voyais… J’en ai profité pour demander à M. Sosiak de confirmer mon intuition…

Des trichomes?

Je crois beaucoup à la valorisation des compétences. Pour un Frenchy Cannoli à la renommée internationale, que savons-nous de nos artisans locaux? Cette semaine, un Québécois a été nommé le meilleur sommelier de la planète. Oui, les journaux sont heureux et presque fiers de publier ce genre de nouvelle. Et bien, une partie importante du rôle de toPot est de faire connaitre les artisans québécois du cannabis. Pourquoi? Parce que la légalisation du cannabis est devenue une affaire planétaire et que l’industrie québécoise et canadienne doit dès maintenant se projeter dans le futur. Et le futur, nous le créons actuellement au Québec… On connait le titre maitre cultivateur. Mais les artisans du hash chez Cannara, on les appelle comment?

Maitres Hashshashin?

Je parlais tout à l’heure de Frenchy Cannoli comme figure emblématique de l’éclosion de la culture du hash. Cannara avait commencé à discuter avec lui pour faire de la recherche… Puis Frenchy nous a quittés. Où en sont rendus ces projets de collaboration?

Recherche et Frenchy Cannoli

Et un projet comment celui du lancement de ces deux produits de hash, cela implique quoi en cout de développement?

Couts de développement

Les produits de Cannara sont maintenant disponibles en Ontario. Est-ce que le hash sera aussi vendu chez nos voisins?

Hash pour l’Ontario

Pour être capable de répondre à la demande des consommateurs de la SQDC, Cannara a acheté les installations de TGOD à Valleyfield. Alors, où en est rendu ce projet immense qui pourrait assurer une croissance modulaire intéressante à Cannara?

Et Valleyfield?

On arrive à la fin de notre rencontre avec Nicholas Sosiak.

Le lancement des produits de hash n’a pas encore eu lieu au moment où j’enregistre l’épisode.

Mais ce n’est pas une raison pour ne pas être curieux.

Après le hash, quels sont les nouveaux chantiers à venir pour Cannara Biotech?

Et après le hash, le cannabis 2.0?

L’expression québécoise «la preuve est dans le pouding» est la méthode ultime de différenciation des produits offerts à la SQDC. Entre les discours et les promesses et en l’absence d’un marketing similaire à celui de l’alcool, la preuve est dans la boite, rien que dans la boite, toujours dans la boite.  

Mot de la fin

Et voilà, c’était votre épisode de toPot.

Merci à Cannara Biotech et à Nicholas Sosiak pour leur générosité.

Questions, commentaires, critiques, n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

 

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Une entrevue sans fard.

Bonne écoute!