#119 Pot flânage! (2022.09.21)

#119 Pot flânage! (2022.09.21)

Aujourd’hui, on va flâner. 

Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile.

Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le high du coureur, les mangeables, le pot extérieur versus le pot intérieur… Vous voyez le genre. Tous des sujets que j’ai déjà abordés. Mais j’ai envie de papillonner. OUI, papillonner comme dans une discussion plus informelle. Une discussion avec des chums au coin d’une table. Oui, un café, un bat. On discute. J’aimerais faire ça en direct un jour en prenant vos appels… Un jour. 

Je me demande même si je pourrais faire des pauses musicales… Je vais en mettre une dans cet épisode et vous me direz ce que vous en pensez.

Donc, cette semaine, on flâne ensemble avec une thématique très, très large. Oui, on discute en flânant de la croisée des chemins pour l’industrie du cannabis. On flâne, mais vous allez pouvoir consulter des liens pour tous les sujets dont je vais parler. On flâne, mais on flâne en pro…

Alors on flâne. À zéro on commence 3-2-1 ZÉRO.

Transcription Intégrale de l'épisode #119

#119 Pot flânage! (2022.09.21)

INTRO THÈME toPot  (bruits de porte, etc.)

Vous êtes sur les ondes de ToPot… votre podcast en français sur la science, l’industrie et la consommation du cannabis. Mon nom est Luc Prévost et j’ai le plaisir de vous recevoir dans un cannabistrot virtuel, le toPot.    

Bienvenue chez vous! 

Mise en garde (en accéléré…)

toPot ne donne aucun conseil. Consultez votre médecin, votre pharmacien, votre avocat, votre journaliste préféré, le législateur, votre député ou la personne de science de votre choix. Aucun des auteurs, contributeurs, commanditaires, administrateurs ou toute autre personne liée à toPot, de quelque manière que ce soit, ne peut être responsable de votre utilisation de l’information contenue dans le podcast. 

Segment 0 h

Vous allez bien? Le chanvre est bon par chez vous?

Aujourd’hui, on va flâner. 

Oui, le flânage c’est pas seulement le fun, c’est utile.

Pot flânage! va être le titre d’une nouvelle série. C’est amusant de faire des gros dossiers sur le HHC, la santé bucale, les nanoémulsions, les drones, la conduite automobile, le high du coureur, les mangeables, le pot extérieur versus le pot intérieur… Vous voyez le genre. Tous des sujets que j’ai déjà abordés. Mais j’ai envie de papillonner. OUI, papillonner comme dans une discussion plus informelle. Une discussion avec des chums au coin d’une table. Oui, un café, un bat. On discute. J’aimerais faire ça en direct un jour en prenant vos appels… Un jour. 

Je me demande même si je pourrais faire des pauses musicales… Je vais en mettre une dans cet épisode et vous me direz ce que vous en pensez.

Donc, cette semaine, on flâne ensemble avec une thématique très, très large. Oui, on discute en flânant de la croisée des chemins pour l’industrie du cannabis. On flâne, mais vous allez pouvoir consulter des liens pour tous les sujets dont je vais parler. On flâne, mais on flâne en pro…

Alors on flâne. À zéro on commence 3-2-1 ZÉRO.

Le regroupement d’affaires qui est censé veiller aux intérêts de l’industrie du cannabis recevait le mardi 20 septembre ses membres dans le cadre de l’Assemblée générale Annuelle. On y a présenté un PLAN STRATÉGIQUE 2022-2024. On y reviendra peut-être dans un futur épisode. Ce qui a davantage retenu mon attention est le nouveau code d’éthique qui fait 8 pages. On y retrouve un Préambule, les Responsabilités, devoirs et obligations des membres et finalement une présentation du Comité de discipline. Il y a toute une section sur les conflits d’intérêts. On va surement en entendre parler dans les mois à venir. Je m’intéresse particulièrement à la place que l’on fait pour la microproduction au Québec. Donc un gros dossier à suivre.

Mais c’est quoi le flânage? Dans le contexte de la venue au Québec de la Cour suprême du Canada pour l’affaire des 4 plants maison, j’ai pensé que cela serait drôle de connaitre la définition en droit du flânage. C’est drôle, mais ce matin, je réalise que la Cour suprême du Canada a le même acronyme que les Clubs Sociaux de Cannabis (CSC). 

Donc, si quelqu’un vous accuse de flâner, cela veut dire quoi? 

Vous avez déjà demandé à un policier de vous définir le flânage? Ahhh vous n’avez jamais été arrêté par la police. Moi, une seule fois. J’avais 7 ans et j’avais volé des pommes… Mais je ne flânais pas. Donc…

Au Québec, la définition du flânage apparait en 2012. Jusqu’à cette date, chaque municipalité faisait respecter son règlement d’interdiction de flânage de façon arbitraire. Beaucoup de flou et de mou dans la corde… Puis en 2012, un incident à Québec va permettre à la cour de municipale de la même ville d’apporter sa pierre à la construction du droit au Québec. Alors rapidement, une fois c’est un gars de Québec qui décide de se faire bronzer en «string» près du fleuve. La police décide de l’accuser de flânage. Yvan Pouliot, c’est le nom du monsieur qui sera acquitté de l’infraction et la Cour municipale de Québec s’est tout de même longuement questionnée sur l’interprétation du terme «flânage». L’article 5 du Règlement municipal de la ville de Québec disait ceci :

«5. Il est interdit à une personne, sans motif raisonnable dont la preuve lui incombe, de flâner, de vagabonder ou de dormir dans une rue ou dans un endroit public.

Aux fins du présent article, est considérée comme flânant ou vagabondant, une personne qui se trouve dans un des lieux mentionnés au premier alinéa, sans l’autorisation du propriétaire ou de l’occupant des lieux. La preuve de cette autorisation incombe à la personne considérée comme flânant ou vagabondant. […]»

Le tribunal à regarder le Petit Larousse pour s’informer de la définition du mot qui est : 

… se promener sans but, au hasard; avancer sans se presser. Paresser, perdre son temps.

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, Salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mais cela ne suffit pas. Le tribunal s’intéresse ensuite à la jurisprudence des cours d’appel du Québec et de l’Ontario. Après avoir accompli cette recherche, le Tribunal livre sa propre définition : flâner est le fait de traînasser à un endroit, en mouvement ou non, sans justification.

Le bronzé sera donc acquitté puisqu’il était dans un endroit public offert au public. Les policiers se feront aussi rabrouer pour avoir donné un constant d’infraction reliée à une épidémie d’exhibitionnisme dans la région. Voici texto ce que dit le jugement.

Par ailleurs, la simple présence du défendeur à cet endroit, un jour d’été, à 17 heures, ne peut constituer du flânage. Les circonstances de lieux, de jour, d’heure et d’autorisation du propriétaire ne permettent pas de conclure que le défendeur flâne à cette occasion.

Alors si on vous arrête pour flânage, vous avez déjà quelques munitions pour discuter en douceur avec les forces de l’ordre.

Est-ce que cela serait drôle si je segmentais notre flânage avec un thème musical?

SFX

Dans un autre ordre d’idée, j’ai acheté une once de fleur bio récemment. Mais je l’ai acheté au médical. OUI totalement légalement. Il y avait une différence de prix de 40 $… C’est ma surprise personnelle du mois et peut-être même du trimestre.

SFX

Est-ce que vous fréquentez les réseaux sociaux pour vous informer auprès des influenceurs qui font de critiques/reviews sur les réseaux sociaux?

Il y a actuellement une forme de ressac d’après ce que je peux comprendre de leurs discours. Je ne parle pas d’une personne en particulier. Je parle de plusieurs personnes qui avaient des épisodes YouTube avec des audiences de 30 000 ou 40 000 personnes au début de la légalisation. Ils disent, eux hein, pas moi, ils disent donc qu’ils n’ont plus cette capacité d’attraction parce que YouTube a changé ses algorithmes. Pourquoi? Peut-être l’influence des États-Unis, un pays qui résiste de toutes ses forces à la légalisation du cannabis. 

Hey merci MJ!

Au final, peu importe les raisons, le paysage est en train de changer. On assiste aussi à une professionnalisation du contenu. Meilleure captation vidéo et audio et surtout une postproduction PLUS ambitieuse. 

Le modèle d’affaire de l’influenceur/critique est en transformation. C’est rendu que les gens évitent de prononcer le mot cannabis pour être entendu par leur audience. Quel impact ces changements auront-ils sur l’industrie du cannabis? Je ne sais pas, mais il est sûr qu’il existait certains pipelines pour emmener l’information du PA à la clientèle. Ce modèle sous-terrain existe toujours, mais il est en mutation. 

Je note également que l’audience des sites de critiques sur FB et sur le web en général se transforme. Le nombre de membres par groupes augmente et c’est peut-être le résultat d’une migration de l’audience des influenceurs/critiques vers ces plateformes. Par contre, simultanément, le nombre de personnes présente en ligne sur ces plateformes semblent avoir dramatiquement diminué. 

J’y vois plusieurs raisons. Les voici en vrac :

  1. Les nouveaux consommateurs de cannabis savent maintenant le minimum nécessaire pour acheter avec plaisir et discernement. Le site de la SQDC n’est pas parfait, mais il est suffisamment étoffé pour faire un peu d’éducation. 
  2. Les échanges sur FB et Reddit par exemple peuvent être une expérience contrariante. Je vois tous les jours des gens qui disent taire leur préférence et préférer ne pas s’exprimer, car les réponses de certaines personnes, souvent les mêmes, sont vulgaires, inappropriées et démotivantes. Quand des adultes ont peur de se pogner avec des malotrus, c’est le début de la fin d’une communauté.
  3. La clientèle ciblée par les producteurs autorisés n’est pas dans ces groupes. Un PA n’a pas besoin des vociférations de 30 personnes qui bashent son produit. Il préfère une clientèle comme celle de la SAQ. Quand un client de la SAQ achète une bouteille de vin bouchonnée, il ne se plaint pas sur internet. Il en discute avec son conseiller la fois d’après. Ces groupes vont, à long terme, se transformer et certains vont disparaitre. J’ai en tête deux ou trois énergumènes qui géraient des groupes sur FB en professant leur ignorance de toutes leurs forces. Ces groupes ont disparu et leurs administrateurs, qui n’étaient que des tijoe connaissants, ont disparu ou se sont pacifiés pour survivre à leur passion.
  4. Certains groupes sont noyautés par des membres de l’industrie. Le jupon finit toujours par dépasser et les membres ne sont pas aveugles.
  5. Et finalement et peut-être le facteur le plus important, l’émerveillement initial s’est peut-être émoussé. Ce qui était interdit est maintenant légal.

Même la plateforme twitter s’est vidée de son contenu de cannabis. Pour moi, la plus belle plateforme est LinkedIn. Pourquoi? Je croise parfois le même monde que sur FB, mais je croise aussi des entrepreneurs, des chimistes, des maitres cultivateurs, toutes sortes de monde relié directement à l’industrie.

Je vous donne un exemple. Je me pose une question depuis 3 ans : quel est le taux maximum de THC possibles dans une fleur de cannabis? Grâce à FO Hébert qui est venue deux fois sur toPot, j’ai eu un nom. Celui de Davoud Torkamaneh. C’est un généticien/génomicien spécialisé dans le cannabis. Je l’ai trouvé sur LinkedIn. Bing Bang. Une semaine plus tard, toPot recevait le chercheur pour lui poser quelques questions. Pour les curieuses, l’entrevue sera bientôt diffusée sur Bon Stock. Si vous n’êtes pas un voyageur fréquent sur toPot, Bon Stock est un magazine numérique dédié au cannabis que je viens de lancer. On le retrouve @ www.bonstock.quebec.

OK, puisqu’on parle de transformation, il faut parler de l’Allemagne et l’industrie canadienne du cannabis qui se demande si l’Allemagne va la sauver. Et l’industrie canadienne répète comme un mantra. On a l’avantage du premier arrivé… On a l’avantage du premier arrivé… On a l’avantage du premier arrivé…

Si l’Allemagne ouvre ses portes aux producteurs, est-ce que le Canada obtiendra la prépondérance des commandes? L’industrie canadienne est à genoux et ce n’est pas pour prier. Les quelques grands qui sont déjà en Allemagne se croisent les doigts. Cette fois-ci, c’est peut-être pour prier. L’Allemagne pourrait être le premier pays de l’Union européenne à légaliser cette drogue à des fins récréatives. Avec la meilleure économie en Europe et le double de la population canadienne, le marché allemand pourrait être une bouffée d’air frais pour quelques compagnies.

Je dis quelques compagnies, car pour exporter en Allemagne, coucou, il faut avoir une entreprise aux standards EU-GMP. GMP veut dire Good Manufacturing Practices. Et l’industrie canadienne n’a pas cru bon d’y croire dès le début. Ou elle y a cru, mais elle n’en avait pas les moyens. DONC, pour l’immense majorité des entreprises canadiennes dans le cannabis, l’Allemagne n’est même pas un rêve. C’est juste une impossibilité.

La légalisation est sur les rails, mais la gare n’est pas en vue. Le meilleur horizon, c’est 2024. Donc pas sauvetage de vie avant 2024 et plein d’entreprises ne seront plus en vie alors. Le marché potentiel allemand évalué à 400 tonnes fait saliver, car il ne s’est vendu que 100 tonnes de cannabis au Canada lors de la première année de la légalisation. 

En plus, l’Union européenne est inquiète, ce qui risque de ralentir tout le processus. C’est d’ailleurs exactement comme aux États-Unis ou Biden a été élu en promettant la légalisation et il a fait exactement l’inverse.

Terry Booth, l’ex-PDG d’Aurora Cannabis toujours actif dans le cannabis avance que l’Allemagne allait «être plus dure que le Canada» en termes de lois et règlementations. Non, l’herbe n’est jamais plus verte chez le voisin.

Le plus drôle ou triste c’est la récente bévue monumentale de Tilray. Oui Tilray a enjolivé dans un communiqué de presse la semaine passée, sa rencontre avec les responsables allemands de la lutte contre la drogue. 

On a fait une table ronde avec les autorités allemandes pour donner le coup d’envoi d’un projet de légalisation pour le cannabis non médical à déclarer Tilray, en citant hors contexte ou tout croche, le commissaire pour les questions de toxicomanie et de drogue, M.Burkhard Blienert

La réponse allemande n’a pas tardé… 

Non, il n’y a pas de table ronde avec Tilray à répondu le porte-parole de Blienert à MJBizDaily. 

«Le contenu du communiqué de presse n’est tout simplement pas correct. Nous ne minimisons pas la réunion, car il n’y a pas de coopération et il n’y en aura pas non plus avec Tilray. A aucun niveau pour être clair».

Il serait peut-être utile de savoir qui vend à l’Allemagne à part le Canada qui croit y voir une chasse gardée :

×

Import Country

Amount in kilograms

Canada

6493

Denmark

3726

Netherlands

3,724

Portugal

2413

Australia

1566

Uruguay

848

Spain

705

Uganda

439

Austria

288

Columbia

149

Qui va être le premier pays à dépasser les ventes du Canada en Allemagne? S’il y a une guerre des prix, la Colombie va gagner. Si on parle de faire tourner la machine à profit, je vote pour les Pays-Bas. Les Hollandais sont les gens les plus pragmatiques au monde. Mais c’est une saga pour une autre fois.

On flâne qu’on disait… Alors que sait-on des Perceptions des praticiens de la santé sur les obstacles aux pratiques de prescription du cannabis?

On sait certaines choses parce que c’est aussi le titre d’une étude publiée récemment. Les résultats sont intéressants. Comment ça fonctionne une telle étude? C’est très simple. Une équipe produit un questionnaire qui est diffusé par 24 organisations. 70 personnes l’ont remplie le questionnaire. 71 % étaient des médecins ou des résidents en médecine, tandis que les autres étaient des infirmières, des pharmaciens ou d’autres professionnels de la santé. 

Alors que nous apprend cette recherche?

  1. Seulement (6 %) des répondants ont reçu une formation sur le cannabis médical dans une école professionnelle, mais 60 % ont reçu d’autres formations comme des ateliers, des conférences). 
  2. Plus de la moitié (57 %) ont reçu plus de questions sur le cannabis médical depuis la légalisation du cannabis récréatif, 
  3. 82 % des répondants ont déclaré avoir des patients qui utilisent le cannabis médical. 
  4. Par contre, 56 % se sentaient mal équipé pour discuter de cannabis médical 
  5. 27 % ne connaissaient pas les conditions d’obtention du cannabis médical au Canada. 
  6. Selon eux, les symptômes les plus courants pour recommander le cannabis médical sont la douleur et la nausée
  7. Les conditions les plus courantes pour le recommander sont le cancer et la douleur chronique. 
  8. L’obstacle le plus important à l’autorisation du cannabis médical est l’incertitude quant à la posologie et aux voies d’administration sures et efficaces. 
  9. L’obstacle le plus important à la recommandation ou à l’autorisation du cannabis médical est le manque de données de recherche démontrant son innocuité et son efficacité. 
  10. Conclusions : Nos résultats suggèrent que les professionnels de la santé de tout le Canada qui ont répondu à notre enquête ne sont pas familiers avec les sujets liés au cannabis médical. 

Vous savez que la reine anglaise est morte. Vive la reine. Pardon, vive le fils.

Pendant qu’il y a un changement de garde au Palais, Liz Truss, le nouveau Premier ministre britannique à décider de mettre un stop à la légalisation du cannabis aux Bermudes.

Oui, à peine entrée en fonction, Truss a refusé de donner son autorisation pour le passage d’une une «loi cannabis» aux Bermudes.

Les législateurs locaux ont approuvé un projet de loi, mais il a été mis sur la glace en attente de l’approbation du gouverneur du territoire nommé par le Royaume-Uni.

Mme Truss a été expéditive, car le jour de sa prise de fonctions, elle a informé Rena Lalgie, le gouverneur des Bermudes nommé par le Royaume-Uni, de ne pas approuver le projet de loi tel qu’il est rédigé.

Les 60 000 habitants des Bermudes profitent de la légalisation du cannabis médical depuis 2016. Dans un esprit d’apaisement ou peut-être pour le tourisme, les Bermudes ont aussi dépénalisé la possession personnelle jusqu’à sept grammes.

Allons-nous assister à une crise constitutionnelle entre le Royaume-Uni et les Bermudes?

Le premier ministre des Bermudes David Burt croit que ce refus d’accorder la légalisation du cannabis va nuire gravement aux relations entre les deux pays.

Oui, mais le Canada n’est-il pas l’exemple parfait d’un pays qui a envoyé paitre le Royaume-Uni? Est-ce que les Bermudes pourraient venir demander conseil au Canada?

On revient flâner au Canada… pour examiner un paradoxe.

 Notre marché national du cannabis, c’était 3 milliards $ en 2021. Juste derrière la production de canola et de blé, mais nez à nez avec le soya. Les spécialistes qui ont tout croche depuis les débuts de la légalisation estiment que le marché du cannabis atteindra 8 milliards en $ dans 3 ans.

Mais contrairement aux canola, blé et soya, le cannabis est la production qui offre le plus grand retour sur l’investissement, et bien le cannabis n’est pas encore une plante domestiquée. Mais l’Université de Laval a engagé le génomicien Davoud Torkamaneh pour s’attaquer à ce problème. C’est le même Davoud dont je vous parlais au début de l’épisode. J’ai hâte de publier son entrevue.

On continue de flâner un peu?

Vous savez c’est quoi un EBITDA ou BAIIDA in french?

Le BAIIDA, ce sont les BÉNÉFICES avant intérêts, impôts et dotations aux amortissements. En anglais, c’est le Earnings before interest, tax, depreciation and amortization (EBITDA). 

La force du ratio BAIIDA, c’est qu’il permet de mesurer les performances d’une entreprise en excluant les décisions de financement ou l’environnement fiscal. C’est LE ratio phare. Or la plupart des grandes entreprises canadiennes dans l’industrie du cannabis ont un BAIIDA négatif depuis le jour 1. Rien de rassurant. Surtout qu’un BAIIDA négatif sur plusieurs trimestres est considéré comme catastrophique.

Le BAIIDA EST une très bonne mesure de la rentabilité même s’il ne s’agit pas d’un principe comptable généralement reconnu. Par contre, il est très utile pour comparer la performance des entreprises entre elles. 

Cette mesure qui est très pertinente pour les investisseurs a été mise aux poubelles par l’industrie. Comment? Elle s’est inventé un BAIIDA ajusté… Ça nous prendrait un vrai spécialiste pour explorer ça adéquatement. Je vais conclure ce flânage en vous disant que ces ajustements sont généralement arbitraires et contestables…

La bourse ou la vie disaient les mécréants dans les épisodes de Robin des Bois. Cette la grande bourse qui fait peur ou qui écœurent beaucoup de consommateurs. Sur les réseaux sociaux en tout ça.

Oui, beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux punissent les entreprises qui sont à la bourse… Sont juste la pour l’argent, le lucre comme disaient les avocats dans leur présentation à la Cour suprême du Canada pour les 4 plants maisons. Y connaissent rien à plante… Voyez le genre…

IL est quelle heure? Oh c’est l’heure. Et MJ Merci beaucoup! Bonne semaine. Si tu vois X, dis lui bonjour de ma part! Ok Merci.

Heureusement, il y a au moins une entreprise qui prouve que ces commentaires ne sont pas ancrés dans la réalité… Et oui, Cannara qui est coté en bourse va de succès en succès tout en retenant la considération d’une forte majorité de consommateurs. Je veux simplement souligner que Cannara vient tout juste de livrer sa première commande en Colombie-Britannique en plus de proposer pour la première fois une cartouche de vapotage. 

Je regardais les ventes les plus récentes à la SQDC hier et Cannara est partout en bonne position. QcGoldtech aussi occupait dans certaines catégories une très bonne place. Entre la haine sur les réseaux sociaux et le gout des consommateurs, il y a une vraie différence de perception que les chiffres de vente exposent facilement.

Parlant de chiffre de vente, bientôt le Canada va revivre un autre Kroptober. Les couts de production en extérieur tournaient au tour de 10 sous le gramme il y a deux ans. Aujourd’hui je ne sais pas, mais nous aurons bientôt des chiffres. Tous les PA qui veulent vendre leur stock pour extraction sont mieux de se dépêcher, car Kroptober va encore une fois avoir un effet à la baisse sur les prix de vente.

Et si on parlait d’environnement une seconde. Au Canada, l’industrie est tellement aux abois qu’elle n’a pas vraiment le temps pour s’en occuper collectivement. Aux États-Unis, différents États ont déjà commencé à réfléchir au problème. Des chiffres circulent déjà sur les couts pour disposer des déchets de production. Mais il y a des solutions plus simples et les exemples sont nombreux au Québec dans d’autres secteurs industriels. Le journal La Presse présentait cette semaine l’entreprise Malté qui produit des shampoings et des savons faits avec les résidus de céréales de l’industrie brassicole. Une microbrasserie produit autour de 70 tonnes de drêche par année. La drêche est si riche en vitamines et en minéraux, que l’industrie de l’alimentation animale l’utilise. Les humains peuvent aussi en manger.

Un jour, bientôt souhaitons-le, l’industrie du cannabis va trouver des débouchés pour ses déchets. J’en parle dans l’épisode #93 sur l’environnement. Le premier produit dérivé qui me vient à l’esprit est le biochar. 

Ok je dois y aller. Merci d’avoir flâné avec moi. Faites-moi savoir si le format vous plait.

Et voilà, c’était le 119e épisode de toPot.

Questions, commentaires, critiques n’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!

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#93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

#93 Produire du cannabis détruit l’environnement?

Le sujet est évité par tout le monde. 

Pire, il est enterré ce sujet. 

Je parle évidemment de l’impact de la production du cannabis sur l’environnement. 

Les chiffres parlent et les spécialistes écrivent sur le sujet. 

Evan Mills, il y a 10 ans déjà, sonnait l’alarme avec son article 

The carbon footprint of indoor Cannabis production.

La légalisation n’a fait qu’empirer la situation.

On va regarder ce qui ne fonctionne pas.

Et ce qui fonctionne déjà bien.

Puis je propose une solution magique!

Lien pour l’Épisode sur toPot

Le site de Evan Mills

The carbon footprint of indoor Cannabis production

La SQ arrête une dizaine de suspects pour avoir revendu pour 8 M$ d’alcool illégalement

A narrative review on environmental impacts of cannabis cultivation

Sustainable cannabis brands to support in 2022

Washington’s Weed Industry Has a Million-Pound Waste Problem

Indoors, Greenhouses or Outdoors: Where Are Cannabis Cultivators Growing?

La carboneutralité d’ici 2050

What is a living wage?

A Glyphosate-Based Herbicide in Soil Differentially Affects Hormonal Homeostasis and Performance of Non-target Crop Plants

« Il faisait jour la nuit ! »

Create Biochar From Hemp Stalks! – OrganiLock

Biochar from hemp stalks

Researching Biochar from Hemp Waste

https://cohpc.org/

The effects of biochar soil amendments on industrial hemp yields

Green roofs biochar and you

Small Scale Biochar production

Charbon actif

Tout comprendre de la conductivité électromagnétique des sols

Le projet Nexus

Researching Biochar from Hemp Waste

Santé Canada veut autoriser plus de pesticide glyphosate sur des aliments

La CAQ refuse de hausser la redevance sur l’eau

Transcription de l'épisode 93

# 93

À venir!

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Transcription de l'épisode

OK.

Vous le savez, quand je suis au comptoir du toPot, je commence toujours par un café.

Et MJ, salut, tu vas bien?

Mon habituel avec un verre d’eau STP.

Merci. Mon habituel, c’est un double expresso avec triple dose de CBD…

Mythe #1 

OK. Je disais quoi? Ah oui, le mythe numéro 1 : Au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc. Une légende urbaine légère et invisible, l’odeur du cannabis! 

Alors vous croyez qu’au Québec, tout le monde préfère l’odeur du cannabis à celle du purin de porc? Vous faites erreur. Il suffit de voir les reportages des grands médias qui donnent la parole à des citoyens qui se plaignent que ça sent la moufette dans leur quartier. Alors que tout un quartier complet de Montréal sent le gros houblon industriel sans que cela ameute les journalistes de Radio-Canada qui ont pourtant leur bureau près de la Brasserie Molson juste à côté du pont Jacques-Cartier. Il est vrai qu’à Montréal l’odeur de l’argent et du houblon sont intimement liés. Cela est vrai ailleurs aussi. Mais c’est une saga pour une autre fois!

Les Odeurs de l’argent

L’odeur fine de cultivars bichonnés à coup de millions de dollars ne mérite pas la même mansuétude. Tu envoies une équipe et tu filmes des locaux qui ont envie d’être célèbres pendant quelques secondes. Cela fait des nouvelles pas chères qui amusent l’audience. Par contre, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un phénomène strictement québécois, car les statistiques de Santé Canada établissent clairement que l’odeur est le premier irritant recensé avec plus de 50 % les plaintes recueillies. 

Dans un registre plus anecdotique, au simple hasard de mes observations, j’ai trouvé quelques producteurs autorisés qui doivent installer des systèmes couteux pour contrôler les odeurs même s’ils sont situés à un jet de pierre d’un dépotoir à ciel ouvert… Dans un autre cas encore plus rigolo, j’ai repéré un PA qui fait l’objet de plaintes même s’il est situé à côté d’un commerce de frite qui dégage depuis des années son odeur particulière sans déranger personne. 

L’odeur du cannabis est un prétexte facile pour disqualifier une industrie alors que le vin ou la bière qui sont pourtant des drogues beaucoup plus dangereuses selon toutes les études de Santé Canada.

Même le journal La Presse en discute dans son édition du 28 novembre 2021 et là, je cite :

Certains problèmes d’odeurs sont typiques. D’autres, radicalement nouveaux.

Légale ou pas, l’industrie du cannabis dérange maintenant le voisinage. «La période de floraison est très intensive et les poussières et le pollen transportent les odeurs», expose Nicolas Turgeon, qui dirige le service de performance environnementale du CRIQ.

De plus, les plants ne sentent pas tous aussi fort, ni la même chose, et peuvent chacun receler quelque 250 composés odoriférants.

Le CRIQ n’a pas encore planché sur ce problème, mais rencontre souvent des situations uniques, précise le biochimiste Alexandre Pilote, spécialiste en contrôle des émissions. «On doit donc innover sans cesse. Ça passe par des essais sur le terrain, des prototypes à petite échelle, dit-il. Ensuite, on implante la technologie et on réalise des suivis.»

Mettre un procédé au point requiert quelques mois, parfois quelques années. Les grandes industries, qui débitent beaucoup d’odeurs, doivent investir des millions pour les atténuer suffisamment.

Vous voyez la difficulté? On demande à une industrie avec qui les banques ne veulent pas faire affaire de trouver des millions pour régler des problèmes invisibles… Pas une fiction. Juste une friction.

Est-ce que tous les Québécoises et les Québécois préfèrent l’odeur du purin de porc à celle du cannabis? Non. Mais le purin de porc fait partie du décor depuis plus longtemps et son acceptabilité sociale est travaillée par, entre autres, l’association des Éleveurs de porcs du Québec. Je vous invite à consulter le très beau site web de l’association. On y discute de cohabitation et engagement dans la communauté. Une simple recherche sur l’ensemble du site pour le mot Odeur donne un résultat négatif! On souhaite à l’industrie du cannabis une capacité similaire d’influence sur le débat public. 

Mythe #2

Les Québécoises et les Québécois sont les seuls citoyens canadiens à acheter leur cannabis dans un cartel légal, un monopole d’État, la SQDC.

C’est faux évidemment. 

Le Canada offre quatre (4) formules différentes sur son territoire et dans quelques années, nous allons sans doute réaliser que nous sommes assis sur une mine d’informations qui seront très utiles pour les pays qui voudront légaliser. Je vois beaucoup de discussions sérieuses en ligne sur l’Australie par exemple. L’Australie est en train de reproduire une industrie du cannabis Canada 2.0 sans voir les écueils qui bouchent déjà notre horizon national. Alors reprenons rapidement les 4 formes que prennent la commercialisation du cannabis au Canada et dont nous avez déjà parlé dans l’épisode #54 :

Les quatre configurations canadiennes  

La Colombie-Britannique se singularise par une structure de vente hybride au détail et public en ligne.

La Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nunavut proposent un mode privé au détail et en ligne.

L’Alberta, l’Ontario, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon se distinguent par une structure de vente privée au détail et publique en ligne.

Et on termine par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du — Prince-Édouard et le Québec qui sont publics au détail et en ligne. Quatre beaux cartels légaux.

Je disais déjà dans l’épisode #54 que cette diversité de configurations exprime essentiellement des visions complètement différentes du rôle de l’État. Au Québec, le modèle de la SQDC permet de restreindre l’offre en offrant un nombre de points de vente beaucoup plus faible qu’en Ontario, par exemple. Par contre, la SQDC n’a pas à se plier à une recherche absolue du profit et c’est pour cela qu’elle va ouvrir des boutiques dans des régions où les marchés sont moins dynamiques alors qu’un entrepreneur privé n’aurait aucune bonne raison d’aller desservir un marché moins porteur.

J’entends beaucoup de producteurs autorisés affirmer en privé que le problème de l’industrie du cannabis au Québec vient de cette situation de monopole. Je dois avouer ne pas être d’accord. Je vous propose une justification avec deux exemples. 

Premier exemple

Premier exemple : la SAQ. La Société des alcools du Québec. Beaucoup de débat depuis des années sur la privatisation de ce cartel, pardon, monopole d’État. Dans les faits, la SAQ peut se permettre une gamme plus variée de produits que le revendeur privé dont la principale motivation est le profit. Plusieurs études sérieuses soulèvent cet avantage. Bon, la SAQ est incapable de mettre en place un projet de recyclage depuis le début de son existence. Cela pose problème et suscite des tonnes de bonnes questions. Mais cette incapacité chronique n’enlève rien au reste de son service. J’aime le dire et le répéter, la SAQ n’est pas responsable de l’éclosion formidable de cette génération de sommeliers, hommes et femmes québécoises, sur la scène mondiale mais elle y a grandement participé. La SAQ a toujours su communiquer un amour du terroir avant de proposer un % d’alcool. Ce n’est pas pour rien que les Russes buvaient de la vodka. Elle ne coute rien à produire et offre un effet immédiat. Ce n’est plus vrai, car comme au Québec, la consommation des Russes s’est transformée au cours des dernières décennies. 

Deuxième exemple

Deuxième exemple illustrant qu’un monopole d’État n’est pas obligatoirement un éteignoir de marché. Nous venons de voir que 3 autres provinces canadiennes proposent un monopole d’État. Regardons tout simplement ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Les producteurs autorisés voulaient vendre à la ferme. Ça discute, ça réfléchit et hop, les premières ventes à la ferme ont eu lieu il y a une quinzaine de jours. C’est le PA Crystal Cure qui l’a ouvert. Je les connais un peu, car c’est Crystal Cure qui emballe et vend les produits de Tom Devost et Renee Desjardins, les propriétaires de Golden Peak. Pour les curieux, toPot vous propose 5 épisodes sur la ferme Golden Peak, soit les épisodes 25, 26, 27, 28 et 41. 

(insérer lien pour épisode précédent de toPot)

Vous savez comment Crystal Cure a appelé son point de vente «à la ferme»? 

Le backdoor!

C’est adorable…

Mythe #3

  • Le % de THC n’est pas important pour la SQDC.

Ce mythe nous ramène à l’aura de la SAQ que nous venons tout juste d’évoquer. La SQDC est l’enfant de la SAQ. Il existe une politique de porte tournante entre les deux organisations et c’est très bien, car fondamentalement, les deux monopoles sont des pushers de drogues. Les talents de commercialisation de l’alcool se transfèrent très bien dans le commerce du cannabis. On va d’ailleurs constater ça bientôt dans un nouvel épisode de toPot.

Je connais au moins une dizaine de personnes dans l’industrie du cannabis qui viennent du monde de l’alcool. Le fait d’être adossé humainement et comparativement à la SAQ donne une aura presque instantanée de terroir à la SQDC. 

Emmenez en des terpènes, des trichomes, de la consommation intelligente, du sol vivant, des effets d’entourages, des Appellations d’origine protégées, des communautés humaines solidaires… C’est cool l’idée du terroir mais quand tes plants poussent dans une matière inerte et neutre, ça demande beaucoup de marketing. Marketing plus ou moins interdit pour l’instant.

Dans les faits, partout au Canada, il y a une quête au plus fort % de THC.

Dans l’entrevue de toPot avec Vickie et Kevin Laliberté de Cheers, l’épisode #79, les deux nous disent clairement, armés de leur expérience de vente en B2B, que le taux de THC est LE premier facteur déterminant le prix de vente des fleurs de cannabis. Cette tendance est observable partout en Amérique du Nord.

Même en Europe!

Un rapport européen intitulé European drug report 2021 : trends and developments décrit le même phénomène :

La résine de cannabis vendue en Europe est désormais plus puissante qu’auparavant, avec une teneur en THC comprise en moyenne entre 20 % et 28 %, soit près du double de celle de l’herbe de cannabis. 

Les produits à base de cannabis disponibles en Europe comprennent désormais des produits à forte teneur en THC et de nouvelles formes de cannabis sur le marché illicite ainsi qu’une gamme de produits à base de plantes.

Cette recherche de cultivars pouvant générer des fleurs ayant un fort pourcentage de THC est une quête mondiale. Le Graal d’une industrie qui vient à peine de naitre. On dirait presque une course à l’armement.

Est-ce que la SQDC est responsable de cette tendance? 

Non.

En est-elle tributaire?

Oui.

Est-ce que la SQDC exige des producteurs autorisés un minimum de THC?

Contrat d’adhésion

Pour le dire gentiment, sans exiger, la SQDC recommande fortement d’avoir un produit qui fait au moins 20 % de THC pour être vendu en boutique. Pourquoi? La SQDC achète ce qu’elle vend en boutique. Pour la vente en ligne, la SQDC est peut-être moins regardante, car elle y force la consigne. Oui, plutôt d’acheter les produits des producteurs autorisés québécois, la SQDC, en plein pouvoir, offre simplement une vitrine aux PA. Une question de droit me vient à l’esprit. Quand un monopole d’État force de telles conditions, s’agit-il d’un contrat d’adhésion?

Au Québec, l’article 1379 du C.c.Q définit le contrat d’adhésion et là, je cite le Code civil du Québec : 

«Le contrat est d’adhésion lorsque les stipulations essentielles qu’il comporte ont été imposées par l’une des parties ou rédigées par elle, pour son compte ou suivant ses instructions, et qu’elles ne pouvaient être librement discutées»

La relation entre la SQDC et les PA en est une de domination. Le fort contrôle le faible. C’est vrai après tout. Le cannabis est une industrie légale taxée comme une vache à lait et en même temps les banques ne veulent pas faire affaire avec les PA qui se retrouvent coincés des deux côtés de l’équation. 

Au final, la SQDC se préoccupe fortement du taux de THC, car le marché du cannabis est comme celui de l’alcool il y a 70 ans au Québec. Avant d’être légal, il est toléré dans l’esprit du législateur. L’arbitraire règne. Est-ce que le fait qu’il s’agisse d’un monopole d’État devrait pousser la SQDC à faire plus d’éducation? Oui, car sinon qui le fera? Certainement pas les PA qui sont surtout occupés à survivre et à trouver la recette pour faire pousser des fleurs à plus de 30 % de THC.

Mythe #4

  • Vous croyez que le cannabis médical est interdit à l’hôpital? 
  • Vous êtes mal informé ou vos préjugés prennent le dessus. 
  • Il est non seulement possible de consommer du cannabis médical à l’hôpital, mais il existe même un guide qui balise la façon de procéder. Ce guide intitulé CANNABIS À DES FINS MÉDICALES POUR LA CLIENTÈLE HÉBERGÉE OU HOSPITALISÉE a été élaboré par le Regroupement de pharmaciens experts en soins palliatifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec. 

Oh c’est du solide. Tout est là. Et il faut remonter bien avant la légalisation du cannabis non médical de 2018 pour comprendre l’implication des pharmaciennes du Québec. Dès 2013, le gouvernement du Canada décide de confier de nouvelles responsabilités aux médecins, infirmières et pharmaciens d’établissements de santé. Au Québec, une circulaire ministérielle circulait en 2015 pour préciser comment assurer la continuité des soins.

Stationnement

Alors, imaginons ensemble un scénario ou je suis malade et je dois être hospitalisé. J’ai, dans la vraie vie, une prescription médicale obtenue gratuitement dans un commerce québécois. Disons que je prends un taxi et que je débarque à l’hosto. Avant d’entrer, j’ai envie de fumer une petite pipée.

Attention!

Au Québec, le chapitre IV de la Loi encadrant le cannabis m’interdit de fumer ou de vapoter du cannabis récréatif ou thérapeutique sur le terrain d’un établissement comme un hôpital.

Donc, si vous ne voulez pas vous faire des ennemis avant d’entrer pour être hospitalisés, on ne fume pas dans le stationnement. J’en entends dans le fond du café qui disent : «Ouin, si je fume dans mon char avec les fenêtres fermées». 

Allez!

Avant de consommer, il faut toujours se servir de sa tête.

OK. Je me suis enregistré. Je suis dans ma chambre avec une voisine qui consomme aussi du cannabis. Je lui offre un joint et on se fait une session de combustion? Pas vraiment. La solution, si je désire fumer, est de vérifier la présence d’un fumoir tel que précisé dans l’article 3 de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme. S’il n’y a pas de fumoir dédié, je vais chercher l’existence de chambres identifiées et regroupées permettant la consommation de cannabis fumé ou inhalé.  

Pour cela, je ne dois pas oublier de trouver mon autorisation de possession ou mon autorisation de production personnelle avec de partir pour l’hôpital.

Il est évident que si je décide de consommer des nanoémulsions plutôt que des joints pendant mon séjour à l’hôpital, j’élimine beaucoup de problèmes. Mais je ne dois pas oublier de bien danser avec le personnel soignant. 

L’exemple perso!

Je me permets un exemple personnel. 

J’ai eu le privilège d’accompagner ma mère dans ses derniers moments mais avant ça, j’ai été son aidant naturel avec ma belle pendant quelques années. Ma mère prenait du coumadin pour prévenir des problèmes de circulation dans ses jambes. Quand on a déménagé avec elle, je faisais la cuisine pour tout le monde. À l’époque, j’avais un pusher exceptionnel de gingembre frais et j’en mettais dans tout. Après quelques semaines, ma mère passe un test sanguin et son médecin de famille m’appelle pour m’informer qu’il faut revoir la posologie de son coumadin. Je l’ai informé du changement alimentaire et après une petite danse d’ajustement, on a trouvé la bonne carburation pour ma maman. 

Une petite racine comme le gingembre peut avoir un effet réel similaire à celui du coumadin. Comment imaginer que le cannabis n’interfère pas lui aussi à plein de niveaux?

 J’ai utilisé le mot danse, car la danse est une activité librement consentie où les partenaires peuvent occasionnellement se marcher sur les pieds sans s’étriper ou remettre en cause leur relation. La danse, finalement, n’est qu’un déséquilibre permanent chorégraphié pour produire un résultat qui fait du bien à tous les participants. 

Donc, il faut apprendre à danser avec le personnel soignant.

Si j’ai une autorisation de possession ou de production personnelle, je peux utiliser du cannabis sous forme orale, entérale ou topique à l’intérieur à l’hôpital. Je pourrais même commencer un traitement au cannabis dans le cadre de mon plan thérapeutique si et uniquement si l’équipe soignante a épuisé les autres options officielles reconnues. Au passage, j’ai appris un nouvel adjectif, le mot entéral, du grec enteron qui veut dire intestin, donc l’usage de cannabis sous forme de suppositoire.

Si mon médecin veut m’aider à débuter ou continuer un traitement, Santé Canada n’est pas dans l’équation. Mais si mon médecin peut prescrire de son propre chef, je dois avoir une autorisation de possession de cannabis et le cannabis prescrit le sera uniquement pour mes besoins. Pour débuter un traitement, mon médecin et moi avons tous les deux des obligations. Lui doit d’abord s’assurer que toutes les autres options thérapeutiques y compris les cannabinoïdes synthétiques ont été considérées. Il doit documenter mon consentement libre et éclairé. Mon médecin, le pharmacien et moi allons identifier un produit et, au besoin, un producteur autorisé. Finalement, mon médecin inscrira mon nom dans un registre qui informera les autres professionnels de ma consommation médicale de cannabis.

Et mes obligations à moi? 

Je dois d’abord décrire du mieux possible les traitements que j’ai déjà eus et la raison des échecs, sachant que je ne suis pas un spécialiste de la santé. J’ai aussi l’obligation de ne pas partager mon stock, soit en le vendant ou en le donnant. Et ultimement, mes actions ne doivent jamais être en contradiction avec les droits des autres usagers.

Le pharmacien de l’hôpital et le personnel du département de pharmacie ont aussi des obligations. Ils doivent commander le produit sélectionné auprès du ou des PA choisi(s) par moi, en partenariat avec mon médecin traitant et un pharmacien. Ils peuvent aussi proposer un des produits en stock à la pharmacie. Leur rôle est d’aider mon médecin à m’aider.

Les procédures!

Si je ne peux prouver que je détiens une autorisation, il y a une procédure. 

Si mon médecin ne veut pas prescrire de cannabis, il y a une procédure. 

C’est difficile de trouver le bon produit? Il y a une procédure. 

Je voudrais utiliser mon stock en attendant que la pharmacie de l’hôpital reçoive la commande du produit que nous avons sélectionné? Il y a une procédure. 

Je veux passer du mode combustion inhalation à une modalité orale? Oui, vous avez bien deviné… Il y a une procédure. 

OK. Mon médecin et moi avons bien dansé.

 Je vais mieux. Je retourne à la maison. 

Et je veux repartir avec le cannabis qui a été utilisé pour mon traitement à l’hôpital. 

Oui, c’est possible et c’est même facile, car… il y a une procédure pour ça.

Est-ce que le cannabis est bienvenu à l’hôpital au Québec?

Absolument. Par contre, si savoir danser n’est pas obligatoire, votre séjour hospitalier sera plus agréable si vous connaissez la musique…

Mythe #5

OK. 

On arrive au cinquième et dernier mythe exploré dans l’épisode de la semaine. 

Il faut une licence de Santé Canada pour presser commercialement de la rosin. 

Voilà ce que je pensais jusqu’a la semaine passée. 

Une précision avant d’aller plus loin. La rosin est une résine obtenue mécaniquement en pressant les fleurs de cannabis. Une presse, ça peut être un fer à cheveux si vous êtes obligé d’improviser ou ça peut être une presse de 10 tonnes achetée dans une quincaillerie à laquelle vous ajoutez des plaques chauffantes. Entre la pression et la chaleur, les fleurs vont dégager une matière gommeuse plus ou moins liquide et plus ou moins foncée dans laquelle vont se retrouver toutes vos molécules favorites. Les curieuses vont trouver deux liens qui montrent les deux techniques en application.

Le gars qui sait!

Je croyais donc jusqu’à la semaine passée qu’il était interdit d’offrir un service de presse payant pour la rosin au Canada. Pourquoi? Parce que Santé Canada exige une licence de transformation spécifique pour accomplir ce travail. Et récemment, le ministère à envoyer une mise à jour d’information aux PA qui dit ceci :

Dans ma tête, c’était clair. Plus maintenant et je dois remercier Daniel Blackburn de la clinique VertMédic. Pourquoi? Et bien, à sa clinique, oui, il y a un lien dans les notes de l’épisode, et bien M. Blackburn a organisé une session de pressage de rosin avec Hugo Blunt. Il parait que ç’a été un succès. Il semblerait que dans le cannabis médical, c’est possible. Est-ce que je comprends toutes les articulations de la logique qui permet à un individu de faire ce qui est interdit à un PA? Non. Pas encore. Si vous connaissez un avocat qui pourrait m’expliquer en détail les finesses du raisonnement, écrivez-moi à lucprevost@hotmail.com.

Pourquoi alors est-ce que j’affirme que c’est légal même si je ne suis pas totalement sur? 

À cause de Daniel Blackburn. 

Daniel, Blaky pour les amis, s’intéresse au cannabis depuis des millions d’années. 

Il est le chef du Bloc Pot et comme je le disais plutôt, il opère une clinique de cannabis qui fonctionne très bien. Cela est déjà un bon gage. Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé quelques mots avec lui. L’évènement de rosin avec Hugo a été annoncé partout sur les réseaux sociaux. Il y eu un fort achalandage et de beaucoup de va et viens pendant quelques heures. Une semaine après l’évènement, M. Blackburns n’a reçu aucun coup de téléphone et aucune visite de la police, de Santé Canada ou de la SQDC. Si l’évènement avait été illégal, il aurait pu s’attendre à avoir des nouvelles de tout ce bon monde. 

Et voilà, c’était le 82e épisode de toPot.

J’espère que cet épisode qui explorait quelques mythes persistants sur le cannabis au Québec vous a plu. Vous connaissez d’autres mythes persistants que vous aimeriez que j’explore?

N’hésitez pas à m’écrire : lucprevost@hotmail.com. 

Je vous remercie pour votre écoute, vos partages et vos suggestions.

Allez! 

Bonne semaine. 

Beaucoup de bienêtre. 

Et bon chanvre!